0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
57 vues28 pages

L'éthique et le sens de la vie

Transféré par

srhiri.lina2006
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
57 vues28 pages

L'éthique et le sens de la vie

Transféré par

srhiri.lina2006
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L’Ethique

Moi et les autres


Un sujet hautement d’actualité !
Une mise en bouche et quatre exercices pour y
réfléchir
D’où vient l’éthique ?
Un premier type de réponse considère que les valeurs morales existent par
elles-mêmes. Elles n’ont pas été créées par les humains. Cette conception, on la
trouve évidemment dans les points de vue religieux. Le Bien, la Justice constituent
des vérités éternelles Qui existent dans l’esprit de Dieu, et Dieu les transmet aux
êtres humains
Chez les philosophes, un premier courant (Platon) pense le « noyau dur » (la morale
universelle) de l’éthique n’est pas forgé par l’imagination humaine ni créée par les
réglementations culturelles
Un deuxième courant (Jean-Jacques Rousseau) pense que les principes de la morale
parlent spontanément dans notre cœur, dans notre sensibilité. La « voix de la
conscience » nous indique le bien et le mal. La compassion en fait partie
Un troisième courant pense que les êtres humains de chaque société, de chaque
époque, de chaque culture fabriquent leurs normes et leurs valeurs morales. Il n’y a
pas de sens à l’existence de l’espèce humaine ni à celle du monde, sauf si on leur en
accorde
Quelques réflexions et maximes
« Quand on fait quelque chose qui, en apparence, ne concerne que soi, on propose
en fait un exemple, un modèle à tous les autres, à l’humanité. » Jean-Paul Sartre
« Nous décidons seuls et sans excuses. » « Le ciel est vide, la nature ce tait, et c’est
à nous seuls qu’il incombe de décider de nos règles d’action. Cette liberté peut
paraître écrasante, mais elle reflète le caractère, à la fois tragique et grandiose de la
condition humaine. » Jean-Paul Sartre
« Le monde et l’existence sont radicalement absurdes, dépourvus de signification
par eux-mêmes. Mais les humains se révoltent face à cette absurdité, comme face à
la cruauté de leur condition, face aussi à l’arbitraire de la domination et de la
servitude, face à l’horreur de la violence, des rapports de forces. Dans cette révolte,
une norme éthique est posée. En effet le sentiment que l’on éprouve en se
révoltant, la conscience que « ça ne peut plus durer comme ça», sont porteur d’
éthique. Albert Camus
« On ne peut être juste si on n’est pas humain. » Vauvenargues, « Réflexions et
maximes »
Les règles de nos actions sont-elles transmises ou
sont-elles construites ?
Serait-ce par nature que nous les avons (inné) ou par culture qu’elles nous seraient
transmises (acquis) ? L’éthique c’est d’abord avoir le souci des autres

Il y a quand même des règles de conduite qui semble faire partie de notre nature
biologique : « la pitié » ou plutôt, la compassion : ce mouvement de cœur qui porte les
êtres humains à s’émouvoir spontanément de la détresse d’autrui. Ce sentiment semble
indépendant de la réflexion. Il traverse les époques et les cultures

Mais, il y a aussi des actes qui nous font horreur aujourd’hui, et pourtant, ils étaient à une
certaine époque et dans certains lieux des sentiments bien différents.
• Le cannibalisme, dans le sens de manger son ennemi, signifie : lui rendre hommage.
• Emmener ses parents ou ses grands-parents mourir seuls isolés des autres (chez certains
indiens et les Inuits), c’est leur permettre d’être généreux avec le groupe et de ne pas être
un fardeau pour les autres
• Dignité, intégrité physique, respect de l’autonomie des individus n’existent pas
nécessairement sous la même forme dans toutes les sociétés
Le mari, la femme, le fou, le passeur et l’amant 1/3
Une femme est délaissée par son mari, qui part tous les jours pour
travailler. Il rentre tard et ne partage pas grand-chose avec sa femme.
Celle-ci s’ennuie et à part quelques lectures, elle aimerait pouvoir partager
un peu de sa vie avec quelqu’un. Il n’y a pas grand monde, là où elle habite.
Elle vit dans un bois. Au bout d’un sentier, un vallon et dans ce vallon une
rivière. Là, il y a un fou qui garde le pont et menace de mort tous ceux qui
veulent le franchir. Il pense que cela les aidera pour aller plus vite au
Paradis; c’est sa mission.
Un kilomètre plus loin, il y a un passeur qui vit du passage des personnes
qui n’ose pas passer par le pont. Le fou n’est pas toujours là, mais quand il
est là, il est vraiment dangereux. Le passeur fait traverser la rivière avec sa
barque à qui le veut, mais toujours moyennant de l’argent.
Suite 2/3
De l’autre côté du vallon, il y a une cabane où vit un homme isolé.
La femme passe un jour, à l’aide de la barque et se promène près de la
maison. Elle fait la connaissance de l’homme qui y vit et devient de plus en
plus intime avec lui, au fur et à mesure de ses visites. Elle et lui deviennent
amants.
Un jour, la femme voit son mari partir et celui-ci lui annonce qu’il ne rentrera
que le lendemain matin. Elle décide alors de rejoindre son amant et part
vers le pont. Là le fou guette, pas de chance ! Elle va évidemment vers le
passeur, mais elle doit s’acquitter du prix du passage. Après le passage, elle
court rejoindre son amant et passe la nuit avec lui.
Au petit matin, elle demande à son amant la somme pour le passage de la
rivière, car le fou est peut-être encore là et le mari va bientôt rentrer. Elle le
supplie de lui donner cet argent car le fou était là à l’aller et il lui fait
vraiment peur.
Suite 1/3
Par ailleurs, elle doit se dépêcher pour être rentré avant le retour de son
mari. L’amant ne veut rien entendre et ne daigne pas donner un sous.

La femme part et essaye de passer en promettant au passeur qu’elle le


payera une prochaine fois. Celui-ci refuse et exige le prix de la course et rien
d’autre. Là aussi elle tente d’implorer car le fou est vraiment quelqu’un de
dangereux, mais rien n’y fait et le passeur dit qu’elle n’a qu’à demander à
son amant le prix du passage.

La femme se dirige alors, en désespoir de cause, vers le pont où le fou est


malheureusement encore là. Elle essaye de le calmer de lui expliquer, mais
celui-ci la tue.
Qui est le plus coupable dans cette histoire ?
• Classe par ordre croissant de culpabilité et justifie
Personnages Mari Femme Fou Passeur Amant
Culpabilité morale

Culpabilité réelle
Qu’est-ce qui donne du sens à la vie et à toutes choses
que l’on entreprend ?
• Des valeurs à défendre (humanisme – liberté – égalité – fraternité …)
• Des tâches à accomplir (faire du bien – accomplir des œuvres ou des ouvrages qui
servent ou qui sont bons…)
• L’amour (l’amour avec un grand A, l’amour des autres, l’amour pour notre Terre, la
spiritualité et l’adhésion à une croyance …)

Hypothèse : Ce qui donne sens à la vie, est-ce un ensemble d’actions et de valeurs ?

Quel est le rôle de l’école ? Comment l’école peut-elle donner du sens à notre vie ?

Deux préalables :
• mieux définir le sens du mot valeur
• définir les missions de l’école
Retournons d’abord au sens du mot valeur
Pour Aristote, le bien suprême, c’est le bonheur. Ce n’est pas un plaisir
immédiat, c’est même quelque chose qui se découvre au calme quand rien ne
suggère à la joie et qui permet de se dire, tiens, quand je fais le bilan de ce que
je suis et de ce que j’ai fait, j’ai du bonheur. J’ose me regarder en face, je suis en
accord avec mes valeurs. Le bonheur se construit donc, c’est une vertu
• Pour Aristote, la valeur suprême est le bonheur et il se construit par vertu

Pour Descartes : « On a le devoir de fortifier l’entendement pour discerner ce


qu’est le meilleur en toutes les actions de la vie. » Il faut donc augmenter sa
compréhension et sa connaissance du monde pour faire ce qu’il y a de mieux
• Pour Descartes la valeur suprême est la raison et les méthodes
Quelques auteurs reconnus
Pour Kant
• 1ère maxime : « Agir comme si la norme de ton action devait être
transformée par ta volonté en loi universelle de la nature. »
• 2ème maxime : « Dans ton action, traite toujours l’homme et
l’humanité comme fin et jamais comme moyen. »
• Pour Kant, la valeur suprême est le devoir d’avoir une action éthique

Pour Nietzsche : « L’homme doit devenir le créateur de ses propres


valeurs. »
• Pour Nietzsche, la valeur suprême est la volonté créatrice
Les missions de l’école
La promotion de la personne - augmenter ses connaissances, son esprit critique,
ses valeurs personnelles, son autonomie.
L’insertion de la personne dans la société - favoriser : l’obéissance à des règles
(attention obéir à des règles ce n’est pas s’y soumettre, c’est retourner à leurs
sources, les comprendre et seulement alors les appliquer, amendées ou non), le
travail en groupe : l’empathie et la cohérence de ses actes avec un projet
commun. L’école socialise sans conditionner (voir aussi l’expérience de Milgram :
soumission à l’autorité).
• L’école doit permettre le cheminement en y mettant du sens
• L’école a aussi le devoir de mettre en place un cadre où ses missions prennent
sens
• L’école doit donc amener l’élève à créer un monde de demain avec ses propres
valeurs
• Une valeur est donc un objet de croyance, c’est une adhésion subjective dans un
cadre socioculturel précis
L’école est philosophique, car sa fonction est de
transmettre des savoirs et des valeurs
Cela tombe bien, on dit aussi que L’Homme est fait de connaissances et de croyances
Attention, on hérite de sa foi. A partir de quand est-elle la mienne ? Quand avons-nous notre
liberté de conscience, notre liberté de croyance, notre liberté de culte ?
Comment transmettre des savoirs et des valeurs ?
Faut-il motiver pour enseigner ou enseigner pour motiver ?
Reprenons la phrase de Piaget « Le but premier de l’enseignant est de donner soif et puis
d’abreuver. »
Ou de Montaigne « Enseigner, ce n’est pas remplir un vase, mais c’est : allumer le feu. »
Ou de Quintus « Si nous ne savons pas les attirer par le plaisir, les entraîner par la force et
parfois les troubler par l’émotion, nous ne pourrons faire triompher même la justice et la
vérité. »
Comment donner soif ? Comment allumer le feu ?
Ou encore comment motiver ? Par quels leviers ?
• En donnant du plaisir
• En ayant de la pertinence, c’est-à-dire un juste équilibre entre l’effet cognitif et
l’effort cognitif. Avec une adéquation entre les pertinences et les contraintes
• L’image de la charge utile dans une navette du désir !
• Comprendre, c’est voir dans sa tête et faire des liens. Il faut donc aider à faire des
liens
• Problématiser les connaissances qui nous permettent un projet du savoir ; c’est
rendre le savoir concret dans le quotidien
• Oser l’aventure de se construire, c’est pouvoir s’opposer à des adultes de références
S’opposer c’est : une confrontation dans le respect; un rite de passage; une aide à
l’autonomie
• C’est aller vers une « Rassemblance » des êtres humains
• C’est aller vers une éthique responsable et universelle, éclairée par la raison avec
des repères objectifs
Pourquoi apprendre ?
• Pour penser, agir, juger, avoir de l’esprit critique
• Pour avoir l’intelligence de ses ignorances, car il est très souvent
rationnel de ne pas savoir
• Pour avoir la capacité de faire des observations, des hypothèses,
d’avoir des doutes actifs
• Pour penser et juger par soi-même et pas pour soi-même
• Pour construire ses propres règles, si elles sont universelles
• Pour amener l’autonomie, qui est la forme supérieure de la liberté

« Les élèves doivent donc être des jardiniers du possible dans le terreau
de nos traditions » Guillot
Quelques projets de savoir en sciences
• Comprendre et maîtriser les connaissances de base en biologie – en chimie
– en physique dans le cadre d’un usage citoyen
• Appréhender les technologies du futur et être capable de se construire une
opinion éclairée avec un esprit critique tourné vers un humanisme et une
éthique universels
• Créer ses propres valeurs et son éthique dans un cadre universel et dans
une optique de développement durable
• Développer une capacité d’autonomie et une capacité à s’intégrer dans une
cohérence personnelle et collective

Nous sommes tous des passeurs de culture


Nous sommes tous des passeurs de mémoire
Nous sommes tous des créateurs d’avenir
Et pour toi, c’est quoi l’école ?
Un lieu de rencontre, un lieu d’apprentissage, un lieu où tu te construits
une identité, un lieu où tu construits ton avenir ?
• 20 lignes qui expriment ta vision de l’école et ce qu’elle pourrait
t’apporter
«Trouve le verbe de ta vie, pas le métier mais le
verbe.»
Qu’est-ce que vous voulez faire plus tard ? Voilà des années qu’on te pose cette question. Et pour
celui qui te la pose, cela ne se réduit qu’à une seule chose : ton métier. On te demande quel métier
tu veux faire sans même t’avoir présenté toutes les possibilités, puisque voilà dix ans qu’on
t’enseigne les mêmes matières à l’école. Moi j’aurais une autre question à te poser.

Quel est le verbe de ta vie ? Pas le métier, non, le verbe. C’est lui qui va tracer les chemins de ta vie.
Oui je dis bien les chemins, car dans le monde de demain, avoir plusieurs chemins de vie, de carrière,
de métier, ne sera pas réservé aux atypiques. J’en rencontre tous les jours : des ingénieurs qui
deviennent boulanger, des comédiens qui deviennent pilote, des avocats qui deviennent activiste
dans une association. À toi qui changes d’avis, qui n’es pas sûr d’être un littéraire ou un scientifique –
comme si les deux étaient incompatibles ! – on te dira que tu devrais te décider. Et si on regardait ça
autrement, en se disant que ceux qui s’intéressent à des domaines différents, qui sont capables
d’aller de l’un à l’autre, qui savent s’adapter à de nouveaux contextes, à d’autres manières de faire,
sont des multi-potentialistes.
Suite 2/7
Des gens qui amèneront le savoir qu’ils ont acquis dans un domaine dans un autre. Des gens qui
ouvrent les horizons, qui fabriquent de nouveaux potentiels. Mais il y a quelque chose qui rend
logique leurs bifurcations : leur verbe.
Bertrand Piccard est un psychiatre et aviateur suisse. Il a inventé le premier avion qui vole avec
énergie solaire. Cet homme a soif d’innovation et d’aventure, il aime scruter les domaines inexplorés
et il respecte la nature. S’il n’avait pas rencontré un avion un jour, il aurait pu être spéléologue,
photographe sous-marin, sauveteur d’animaux sauvage. Dans ce qu’il aurait fait, il aurait cherché
l’innovation et l’aventure. Ton métier est au service de ton rêve.
Saïd Bennajem a été champion de France de boxe, vice-champion d’Europe de boxe et sélectionné
aux JO de Barcelone. Il a créé la boxe féminine française et enseigne aux enfants, en leur proposant
un soutien scolaire dans une salle au-dessus du ring à Aubervilliers. Si Saïd n’avait pas rencontré la
boxe, il n’aurait pas raté sa vocation. Non, il aurait simplement fait ce qu’il veut faire – se dépasser, se
battre dans le respect, transmettre – dans un autre domaine, avec la même rage, la même discipline,
la même sueur, le même courage d’inventer quelque chose qui ne se fait pas.
Kiran Bedi est une femme indienne qui a introduit la méditation dans les prisons. Cette femme
cherche à changer les systèmes. À y amener de l’écoute, de soi et des autres. Si ça n’avait pas été les
prisons, elle aurait pu changer les écoles ou bien les hôpitaux. Les contextes dans lesquels tu fais ce
que tu as à faire sont le fruit des accidents de la vie, des rencontres, du hasard, des circonstances. Peu
importe que ce soit dans une entreprise, une association, une forêt, une école ou une scène, tu feras
toujours ce qui te correspond, si tu trouves ton verbe.
Suite 3/7
Si le verbe de ta vie c’est aider, tu pourras autant être avocat, médecin urgentiste ou travailler dans une
ONG. Si c’est transmettre, tu pourras être enseignant aussi bien que journaliste ou comédien. Veux-tu
découvrir des choses (archéologue, historien, chimiste, biologiste) veux-tu en inventer (ingénieur,
magicien) veux-tu les exprimer (écrivain, musicien, artiste), les analyser (éditorialiste, analyste
politique, sociologue) ? Veux-tu soigner, guérir, protéger, défendre ? Bien sûr, après, il faut affiner.
Trouver la matière dans laquelle ton verbe va agir : les mots, le corps, l’image, la nourriture, les
animaux. Chacun est plus ou moins sensible à une matière. Tu peux être un inventeur génial de jeux
vidéo ou de pâtisseries. Tu peux combiner tes savoir-faire : créer des jeux vidéo et en faire la musique,
sculpter tes pâtisseries en œuvres d’art. Et puis il faut se poser aussi la question de ton mode de vie :
veux-tu des horaires fixes ou irrégulières, veux-tu rester au même endroit ou bouger, travailler à
l’extérieur ou dedans ?
Et enfin, mais peut-être surtout, savoir au service de quoi tu mets ton verbe : du système capitaliste de
production de richesse qui met en compétition les individus, qui détruit la terre et ses êtres vivants, ou
bien d’un autre système basé sur le respect du vivant et l’entraide ? Dans les deux, tu pourras te faire
valoir, te dépasser, innover. Tu peux exercer le même métier pour servir deux visions du monde
totalement opposées.
Demain, le métier ne sera pas nécessairement le centre de nos vies. Il faut trouver un métier qui te
fasse vivre et qui te laisse vivre. Un métier qui nous laisse le temps d’apprendre, de découvrir, de nous
émerveiller, de vivre avec les autres. Qui nous permette d’habiter le temps au lieu de lui courir après.
Suite 4/7 Prends le temps de te tromper !
Tu as le droit de te tromper. Si tu ne le fais pas avant trente ans, tu le feras quand ? Mais il y a une
chose que tu n’as pas le droit de faire: tricher avec ton rêve. Un jour j’ai rencontré un homme qui était
musicien, il avait du succès, et puis une nuit – tu sais, une de ces nuits où les objets qui nous
entourent ont l’air de nous demander ce qu’on fait là – une nuit il a quitté une vie qui ne lui
ressemblait plus. Il a vendu sa maison, fermé ses comptes en banque, et il est parti vagabonder le
pays. Cet homme pose une question, qu’il a mis des années à trouver : Qu’est-ce que j’ai fait pour mon
rêve aujourd’hui, et en quoi s’occupe-t-il de la beauté du monde ? Pose toi cette question tous les
jours !
Et surtout ne vas pas croire que certains rêves valent mieux que d’autres, sous prétexte que les
chemins sont déjà tracés à l’école. On voudrait te faire croire que les sciences, les maths, le français, la
philo, l’histoire, sont plus importants que la musique, le sport, l’art, le théâtre, la couture, le bricolage,
la cuisine, et tous les autres domaines qui n’ont pas leur place à l’école, ou une si petite place. As-tu
jamais regretté que ces domaines soient considérés comme des loisirs ou des passe-temps ? Regarde
autour de toi : l’art, le sport sont considérés comme des divertissements, des loisirs à consommer le
weekend.
Dans d’autres sociétés, ils sont le centre même de l’apprentissage et du développement de chaque
personne. Toi et moi savons très bien que le système éducatif ne te propose qu’un éventail très
restreint de toutes les possibilités qui s’offrent à toi. Si tu crois qu’un diplôme suffira à atteindre un
métier… mais je suis sûre que tu ne crois déjà plus à ce mythe. Tu sais bien qu’il faut du réseau, des
connaissances dans le milieu, bien se présenter, la chance, le carnet d’adresses. Bien sûr dans certains
domaines, tu vas galérer un peu plus pour trouver une place.
Suite 5/7
Parce que justement le système ne t’aura pas tracé un chemin. Tu devras te le tracer toi-même. Tant
mieux ! Il sera plus beau. Bien sûr ça te demandera encore plus de travail, de peine et de discipline,
mais au moins, tu n’auras pas triché avec ton rêve.
Si les études t’offrent un chemin direct vers ce que tu veux faire, vas-y. Mais n’oublie pas d’aller voir
comment ça marche dans le monde, dans le concret. Va voir les gens qui pratiquent ce métier, parle
avec eux, demande-leur de venir visiter leurs locaux, leur bureau, propose ton aide. Prends une
année au milieu de tes études pour connaître comment ça marche, ici et dans d’autres pays. Je t’ai
dit que je n’aimais pas les catégories d’âge. Toi non plus, peut-être. Alors fréquente des gens plus
âgés que toi. Quand un expert voit un p’tit jeune débarquer et dire je veux apprendre ce que vous
faites, montrez-moi, s’il voit dans tes yeux assez de confiance et d’envie, s’il voit que tu t’obstines et
que tu es prêt à travailler, je te garantis que ce qu’il va partager avec toi vaudra tous les cours du
monde.
Quand tu reviendras en classe après, tu en sauras beaucoup plus que ceux qui n’auront fait que
suivre des cours pour avoir des notes pour avoir un diplôme. N’oublie pas aussi que tu as le droit de
bifurquer, de prendre d’autres chemins, à trente ans, à quarante ans, quand tu veux ! Ce n’est pas à
toi de plier tes envies pour qu’elles rentrent dans les cases du système. C’est à toi d’utiliser ce que la
société t’offre pour réaliser ton rêve. Un rêve qui, je l’espère, s’occupera de la beauté du monde. Il
faut aller voir derrière l’école, la formation, le diplôme, vers quoi on t’emmène. Je ne te dis pas de
ne pas faire d’études, je te dis simplement que tu auras le droit de changer, d’explorer d’autres
horizons, d’apprendre et de te former autrement. Et l’un des meilleurs outils pour ça, ce sont les
langues.
Suite 6/7 Offre-toi tous les horizons !
Tu vas peut-être me dire que tu n’aimes pas l’anglais, que tu es nul en espagnol, que c’est trop dur
l’allemand. Ça te saoule les listes de vocabulaire à apprendre et les phrases à remplir. Comme je te
comprends ! Mais que ça ne te décourage pas d’apprendre une langue ! On peut ne pas aimer les
cours de langue. On ne peut pas ne pas aimer parler et comprendre une autre langue. Pouvoir
regarder des films avec tes acteurs préférés et entendre vraiment comment ils parlent, comprendre
les paroles des chansons que tu aimes, pouvoir utiliser des logiciels en anglais, écouter les infos
d’autres pays, et ne pas se sentir con quand on voyage et qu’on demande son chemin ! Une langue,
c’est une porte ouverte sur une autre manière de penser, c’est comme si d’un coup tu doublais la
surface de ton horizon. Tu verras alors ta société, ton pays avec un œil nouveau.
Toi consommateur, tu as un pouvoir immense
Je sais que tu es bien plus sensible que la génération de tes parents à la destruction de la planète. Je
ne sais pas si dans ton quotidien tu y participes, ou si tu fais déjà des choix pour limiter ton impact.
Sache que tu as un pouvoir immense : tu es consommateur. C’est pour toi que de grandes industries
pillent les ressources, détruisent des forêts, rendent des enfants malades, exploitent des travailleurs,
maltraitent des animaux. C’est pour ton bon plaisir. Oui, tu es aussi responsable. Il suffirait que les
gens arrêtent d’acheter pour que ça ne se fabrique plus. Bien sûr on se sent minuscule. Tu peux ne
plus consommer du Nutella, en mettant dans la balance le plaisir que tu en tires et les horreurs que ça
crée. Mais le rayon du magasin en sera toujours plein. D’accord. Mais sans ton premier geste, il n’y en
aura pas d’autres qui suivront ton exemple. Et si on mettait bout à bout tous les pots de Nutella que tu
auras avalé, combien de palmiers, combien de cris d’orang-outang et d’hommes et d’enfants dont les
villages sont brûlés cela représente ?
Suite 7/7 Cette lettre est de Sarah Roubato
Tu es assez grand pour avoir une conscience et pour être fier de ce à quoi tu participes.
Tu as la chance de vivre à une époque où des milliers de chercheurs, d’ingénieurs,
d’inventeurs, trouvent d’autres manières de faire, d’autres produits qui respectent le
vivant. Le changement de société se fait dans le minuscule et dans le grandiose. Dans le
geste dérisoire d’un homme au Pays Bas qui se met à nettoyer la berge d’une rivière où il
passe tous les matins, et dans le projet démentiel d’un ingénieur de dix-neuf ans qui
invente un filtre pour nettoyer les océans.
À ton tour, écris une lettre
Ce que tu as en toi est immense, parce qu’il n’est pas encore dessiné. Tu es un bouquet
de potentiels. Ne laisse jamais rien ni personne l’écraser. Je regrette qu’on ne te
demande pas plus souvent ton avis pour exprimer ce que tu ressens par rapport au
monde et à demain. Alors, si tu as le temps, si tu en as envie, je te propose une
expérience. D’écrire à ton tour une lettre, une lettre à un destinataire qui ne peut pas te
répondre. Lettre à quelque chose que tu as en toi, à ce qui t’est extérieur, à un animal, un
objet, une personne disparue. Qu’on leur dise que tu es autre chose qu’une boîte qu’on
gave de savoir. Quelqu’un qui pense le monde, qui le rêve, qui le dit et qui fera le monde
de demain.
Des questions qui reviendront tout au long de la vie
• Qu’est-ce que je peux faire comme étude qui pourrait me permettre d’être
dans mes actions, mes verbes ?

• Qu’est-ce que je voudrais faire comme métier ? (Mets-y du verbe !)

• Est-ce que tu t’attends à une différence de verbe entre les deux (études et
profession) ?
A partir de trois raisons qui te sont personnelles réalise un nouvelle
trichotomie de raisons qui expliquent pourquoi cette valeur est
importante pour toi. Si tu estimes que ce n’est pas suffisant, tu peux
encore aller plus loin et faire encore une trichotomie. Tu dois arriver aux
valeurs fondamentales de ton projet d’être et de sens

Pourquoi ai-je choisi ce métier ou cette profession ?


• Trois raisons et pour chacune de ces raisons trois justifications encore
Fast Food Nation
Travail demandé à partir de la vision du film « Fast food nation » (2 à 3 X 50’)
[Link]

1. Etablir une liste, la plus exhaustive possible, de toutes les scènes qui vous semblent
montrer une certaine violence (vue, suggérée ou relatée). 10pts / 40 scènes min.
2. Etablir et rédiger des critères pour trier ces actes de violence, du plus violent au
moins violent. Classer (8pts). Attention, il ne s’agit pas seulement de différencier les
actes de violence, mais de pouvoir les classer du plus violent au moins violent
3. Trier la liste (Q1) avec les critères (Q2) en ne reprenant que les dix premières scènes
les plus violentes et justifier votre choix par les critères et leur importance. (4pts)
4. Définir : morale, éthique, code d’honneur, code de déontologie et effectuer une
comparaison entre éthique et morale ; entre code de déontologie et code d’honneur.
(8pts)
Canevas demandé pour la comparaison
Valeurs Temps Espace Cadre législatif
Ethique

Morale

Code
d’honneur

Code de
déontologie

Vous aimerez peut-être aussi