INSTITUT DE FORMATION EN AGRICULTURE ET TECHNOLOGIES INNOVANTES
ARRETE MINISTERIEL Nº 086 / MINEFOP / SG / DFOP / SDGSF / SACD
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TECHNOLOGIE DE PRODUCTION DU MANGUIER .............................................................. 3
GENERALITES SUR LA CULTURE ...................................................................................................... 3
I. LES EXIGENCES CULTURALES ...................................................................................................... 6
1. LES EXIGENCES CLIMATIQUES ................................................................................................. 6
2. LES BESOINS EN EAU ..................................................................................................................... 6
3. LES CONDITIONS DE SOL ............................................................................................................. 7
II. CONDUITE DE LA CULTURE .................................................................................................... 7
1. PREPARATIN DU TERRAIN ........................................................................................................... 7
2. PIQUETTAGE ET TROUAISON ..................................................................................................... 7
3. MISE EN TERRE ............................................................................................................................... 8
4. ENTRETIEN PHYTOSANITAIRE .................................................................................................. 8
5. IRRIGATION .................................................................................................................................... 13
6. La Taille.............................................................................................................................................. 13
7. Désherbage et paillage....................................................................................................................... 14
8. LA FUMURE ..................................................................................................................................... 14
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TECHNOLOGIE DE PRODUCTION DU MANGUIER
GENERALITES SUR LA CULTURE
Originaire de l’Inde, le manguier est un arbre à port érigé ou étalé pouvant atteindre 30 m de
hauteur. Ses feuilles mesurent en moyenne 15 cm de largeur et 40 cm de longueur. Ses fleurs sont
jaunâtres avec une forte odeur. Son système racinaire est profond. Les fruits qui sont charnus
avec un noyau au centre pèsent entre 50 g et 2 kg selon les variétés. Ils sont également de couleur
variable selon les variétés et les conditions de culture. Enfin, les fruits sont de formes variables et
plus ou moins juteux selon les variétés.
Les variétés de mangues les plus cultivées sont les suivantes:
Kent :
Kent est une variété d'origine floridienne, introduite en Afrique sur la station expérimentale de
Foulaya en Guinée, vers 1950. De là, ce cultivar a été diffuse vers d'autres stations d'Afrique
occidentale ou centrale. Les fruits arrivent à maturité en pleine saison. Ils sont ovoïdes,
relativement gros, d’un poids souvent compris entre 500 et 900 g. La chair est ferme, d'un gout
agréable, sa maturation est lente et progressive. Les fruits récoltés proche de la maturité peuvent
être conserves longtemps a température fraiche. Tout autant que ses excellentes qualités
organoleptiques, c'est la fermeté de la chair et sa maturation progressive qui la rendent
particulièrement attractive pour la distribution.
Keitt :
Cette variété d'origine floridienne, introduite en Afrique sur la station expérimentale de Foulaya
en Guinée, vers 1950 a connu la même diffusion que Kent en Afrique. Le fruit est ovale et plus
allonge que Kent. Il est aplati latéralement. Son poids est compris entre 500 gr et 1 kg, avec une
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forte variabilité défavorable pour l’exportation. De maturité tardive, les fruits possèdent une belle
présentation et une belle coloration externe variable suivant l'exposition. Les parties bien
ensoleillées présentent des teintes allant du rose fonce au rouge vif, en passant par des tons
cuivres. Comme pour la variété Kent, les situations humides et peu ensoleillées sont défavorables
à l’obtention d’une bonne coloration de l’épiderme. Elle est parfois sujette à des désordres
physiologiques internes et son épiderme est beaucoup plus fragile que celui de Kent.
Palmer :
Variété tardive a fruits allonges dont l’épiderme est très colorée (rouge violace). La chair est
jaune, ferme et sa durée de conservation très bonne. La production est abondante, mais la
proportion de fruits exportables est faible (poids moyen insuffisant). Sa sève est acide et peut
provoquer des brulures de l'épiderme néfastes à sa présentation.
Tommy Atkins :
Cette variété, semi-précoce, offre de nombreux avantages en termes de productivité, de
présentation, de facilite de manipulation et de conservation. Par contre, sa qualité gustative très
moyenne n’est pas recherchée par le consommateur averti ce qui handicape partiellement son
avenir sur les marchés européens, notamment en Europe du Sud. Elle est sensible à un problème
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physiologique : le ≪ jelly seed ≫: phénomène de sur-maturation précoce et partielle qui se
traduit par une déstructuration de la chair (aspect gélatineux) autour du noyau.
Amélie :
Cette variété d'origine antillaise a été introduite au Mali au siècle dernier et a été ensuite diffusée
dans toute l’Afrique de l’Ouest. Sa grande sensibilité à l'anthracnose limite sa culture aux zones
les plus sèches (zone Soudano-Sahélienne). Le fruit, de forme arrondie, pese de 300 à 600 gr, sa
chair orange fonce est fondante et agréable.
Auguste
C’est un arbre à port étalé, aux feuilles vert-pâle, sans odeur particulière et d'une sensibilité
moyenne à la cécidomyie. Les inflorescences sont vert-pâle et très sensibles à l'oïdium et à
l'anthracnose. La nouaison est très étalée. Le fruit à maturité du 20 décembre au 15 février, est
jaune orangé et la chair ferme sans fibres.
José
C’est un arbre à port en boule aux feuilles étroites et allongées, vert-pâle sans odeur particulière,
très sensible à la cécidomyie et à l'anthracnose. Les inflorescences sont rose-pâle, assez sensibles
à l'oïdium et anthracnose. La nouaison est assez groupée mais il peut y avoir plusieurs floraisons
successives. Le fruit est à maturité du début janvier au 15 avril suivant les zones est jaune orangé
la chair est ferme non fondante (rassasiante).
Ear/ygold
C’est un arbre originaire de Floride, à port en boule aux feuilles courtes et ondulées, sans odeur,
peu sensible à la cécidomyie et à l'anthracnose. Les inflorescences sont rose-pâle avec une bonne
intensité, et la nouaison assez groupée. Le fruit est jaune rouge, de maturité du début décembre à
la fin janvier. La chair est orangée au goût de pêche-abricot sans fibres, fondante.
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Variété améliorée du Cameroun
I. LES EXIGENCES CULTURALES
1. LES EXIGENCES CLIMATIQUES
Pour se développer et fructifier correctement, le manguier préfère un climat tropical avec une
saison fraiche et/ou sèche bien marquée. Des abaissements de température et des déficits
d’alimentation hydrique sont nécessaires pour induire une floraison et donc une fructification. Le
manguier ne supporte pas le gel et son seuil de végétation est de l’ordre de 16°C. D’autre part,
une bonne fécondation des fleurs nécessite que les températures ne descendent pas en dessous de
14°C lors de la floraison.
2. LES BESOINS EN EAU
Le puissant système racinaire du manguier lui permet de s’alimenter directement dans les nappes
peu profondes. Dans ce cas, les vergers ne sont pas irrigues. Mais, contrairement aux idées
reçues, il est sensible au déficit hydrique pendant la période de forte activité physiologique. La
photosynthèse chute fortement si la plante subit une déshydratation. En dehors d’une période de 2
à 3 mois d’arrêt de végétation qui précèdent la floraison, l’alimentation des arbres doit être
optimale. Elle combine les pluies, les prélèvements dans la nappe par le système racinaire et
l’irrigation. Le calcul de la demande climatique permet d’estimer les besoins du manguier, qui
varient au cours de l’année et peuvent atteindre 200 - 250 mm mensuel pendant la saison la plus
chaude et la plus sèche.
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3. LES CONDITIONS DE SOL
Le manguier se développe sur une gamme de sols assez variée. Les sols profonds, filtrants, sans
problème d’hydromorphie sont préférables. Les sols présentant des inconvénients majeurs
comme : une salinité ou un pH trop élevé, une très faible réserve en eau, des horizons superficiels
ou peu profonds très compacts seront évités.
4. BRISE-VENT
Le site devra être abrité du vent, et plus particulièrement du vent salé à proximité de la mer. En
conséquence, on procèdera à l'implantation de brise-vent autour de la parcelle mais aussi à
l'intérieur si elle est grande ou très exposée. Les brise-vent permanents seront constitués d'arbres
à développement rapide et bon ancrage au sol implantés en lignes denses (Leuceania, glyricidia).
Ils nécessiteront un entretien (fumure, irrigation) et une surface importante doit leur être réservée.
On implantera les brise-vent un an avant les arbres du verger pour que ceux-ci bénéficient de leur
protection dès la plantation.
II. CONDUITE DE LA CULTURE
1. PREPARATIN DU TERRAIN
Si la plantation doit être faite derrière une défriche de terrain boisé, ou après arrachage d'un
ancien verger, le terrain devra être très soigneusement débarrassé de tout débris de souche ou de
racine. En effet ces débris permettent aux pourridiés, parasites incurables actuellement, de se
propager dans le sol et de détruire progressivement la plantation. En tout état de cause, il vaut
mieux cultiver le terrain défriché pendant un ou deux ans avec des cultures maraîchères avant d'y
implanter le verger.
Si la mécanisation est possible: sous-soler profondément (60 à 80 cm) l'ensemble du terrain. Faire
les apports éventuels d'amendements. Dans tous les cas 0Ù cela sera matériellement possible
apporter 30 à 40 T de fumier à l'hectare.
2. PIQUETTAGE ET TROUAISON
Effectuer un piquetage soigné en veillant au bon alignement des rangs et des diagonales ainsi qu'à
la perpendicularité des alignements. Un piquet sera planté tous les 9 mètres et dans tous sens,
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aussi bien sur la ligne de plantation qu’entre deux lignes consécutives de plantation. Un trou de
50 cm x 50 cm x 50 cm sera creusé à l’emplacement de chaque plant. La terre sera mélangée avec
20 kg de fumier bien décomposé en incorporant 500 g de superphosphate ou de phosphate
tricalcique, 200 g de sulfate de potassium et si nécessaire de la dolomie. Le trou sera ensuite
rebouché en formant une butte avec le mélange de terre. Dans certaines conditions, la
structuration du sol avec des plantes améliorantes est recommandée. Certaines espèces,
notamment des légumineuses comme le Pueraria par exemple, favorisent la structuration du sol.
Il faut toutefois veiller à ce que la plante de couverture n’envahisse les jeunes plants de manguier.
Un désherbage régulier est donc nécessaire.
3. MISE EN TERRE
La plantation doit être programmée en début de saison des pluies. Dans ces conditions, la reprise
sera plus aisée. Le manguier en motte, débarrassé de son sachet plastique ou de son pot, sera
planté au sommet de la butte. Une cuvette surélevée sera confectionnée avec du sol prélevé dans
l’interligne. Un premier arrosage permettra de tasser modérément la terre et d’assurer un bon
contact entre le sol et la motte. Un paillage, après la première irrigation, permettra de maintenir
une humidité favorable à la croissance des jeunes racines. L’utilisation des plats greffés comme
matériel végétal augmente les chances de réussite de son exploitation.
4. ENTRETIEN PHYTOSANITAIRE
De nombreux parasites animaux ou végétaux, plus ou moins liés aux stades de la végétation ou
aux conditions climatiques attaquent les manguiers à la Réunion. Il est donc nécessaire
d'effectuer une protection phytosanitaire. Mais cette protection fait appel à des techniques
délicates et à des produits souvent dangereux. L'efficacité d'un traitement dépend au moins autant
de sa bonne répartition, dosage de la matière active, qualité de la pulvérisation - que de
l'efficacité propre du produit utilisé. Beaucoup de matières actives sont peu sélectives et
détruisent à la fois les parasites visés et les auxiliaires, rompant les fragiles équilibres naturels
que l'agriculteur a pourtant tout intérêt à protéger. Enfin, il est impératif de respecter les délais
d'utilisation avant récolte.
Les ravageurs d’importance économique du manguier sont entre autre :
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- La cécidomyie des feuilles qui se manifeste par l'apparition de petites pustules rondes, vertes
puis brunes, sur les limbes. Lorsque les feuilles vieillissent, les pustules se détachent et la feuille
présente de nombreuses perforations rondes. En l'absence de lutte, les attaques se poursuivent
toute l'année. Appliquer un produit à base de l’Imidaclopride.
- La cécidomyie des bourgeons et des inflorescences (Procontarinia mangiferae) entraîne, par
ses piqûres, des malformations et des nécroses des inflorescences pouvant entraîner une perte
importante de récolte. Appliquer un produit à base de l’Imidaclopride
- Les acariens causent en cas de fortes pullulations, des décolorations du limbe des feuilles,
donnant à l'arbre attaqué un aspect grisâtre. Ils peuvent aussi provoquer un développement
anarchique des bourgeons aux extrémités des rameaux. Appliquer les produits ayant pour matière
active l’Abamectine.
- Les thrips peuvent être à l'origine de chute de petits fruits après la nouaison. Imidaclopride,
Lambda-cyhalothrine, Malathion.
- Les punaises. Elles piquent les bourgeons et provoquent des nécroses et des déformations des
pousses et des hampes florales. En l'absence de traitements elles peuvent causer des dégâts très
importants (dessèchement des fleurs). Actuellement leurs pullulations sont contrôlées par les
produits mis en œuvre dans la lutte contre les cécidomyies.
- Les cochenilles constituent des colonies blanches sur les feuilles qui présentent alors des taches
brunes. Elles attaquent aussi les rameaux, qui en cas de fortes infestations peuvent se dessécher.
Acétamipride, chlorpyrifos-éthyl.
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- Le charançon des noyaux (Sternochetus mangiferae). Les femelles pondent au hasard leurs
œufs dans des dépressions sur la surface de fruits en cours de maturation. Apres éclosion, les
larves se fraient un chemin à travers la chair jusqu’au noyau en formation. Généralement, une
seule larve parvient au stade adulte par fruit. Le développement larvaire se déroule
habituellement à l’intérieur du noyau, très rarement dans la chair. Le plus souvent, les charançons
adultes quittent le noyau un ou deux
mois après la chute du fruit. Ils endommagent la chair du fruit mur au cours de cette opération et
les graines infestées sont susceptibles de limiter la reproduction des plantes en pépinière et dans
les vergers. Une infestation sévère peut causer la chute prématurée du fruit. Les charançons
adultes sont en diapause sous l’écorce ou sous des amas pierreux jusqu’à la floraison suivante.
Pendant leur période d’activité, ils ne se déplacent qu’à la tombée de la nuit.
Charançon du noyau
- La mouche des fruits : Bactrocera invadens, Ceratitis cosyra, C. fasciventris, C.
quinaria, C. silvestrii.
Stade sensible de la culture : Fruits en phase finale de développement, principalement de la
veraison a la recolte. Les variétés de mangues Amelie, Brooks, Davis Haden, Miami late figurent
parmi les plus sensibles.
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Autres plantes hôtes : De très nombreux arbres fruitiers dont les goyaviers, les papayers, les
agrumes (oranges, mandarines, etc… en particulier ceux a peau fine et a pulpe non acide), les
annones, les badamiers, les anacardiers, le karité, etc., mais aussi des plantes maraichères comme
les cucurbitacées. Le spectre des plantes hôtes varie d'une espèce à l'autre et en fonction des pays.
Seul un système de piégeage permet de caractériser les seuils de population de mouches et de
définir les modalités de traitement les plus adaptées. Cette surveillance devra être opérationnelle
1 mois après la floraison et se poursuivra jusqu’à la fin de la récolte.
Une mouche adulte
Symptômes et dégâts
Les mouches femelles adultes, dont la taille varie de 3.5 à 10 mm environ selon l’espèce,
réalisent deux types de piqures sur les fruits :
Des piqures alimentaires qui se traduisent par de petites taches superficielles sur
l’épiderme. Ces dégâts ne déprécient que très partiellement le fruit et ont peu de conséquence.
des piqures de ponte de la taille d’une épingle, visibles, sur l’épiderme des fruits non
récoltés, sous forme de petites taches brunes associées à un léger écoulement de gomme.
Apres éclosion des œufs dans les fruits piqués, les asticots se développent et creusent des galeries
en se nourrissant de la pulpe. Le processus de maturation des parties endommagées est très
rapide. Les fruits, atteints précocement, chutent et pourrissent sur le sol. Les fruits peu touchés ou
piqués tardivement peuvent être présents sur l’arbre lors de la récolte.
Comme produit phytosanitaire, il est recommandé d’appliquer un insecticde avec pour matière
active : la Deltamethrine, la Bifenthrine, l’Imidaclopride, le Lambda-cyhalothrine, le Malathion
ou le Thiamethoxam. Ces produits sont utilisés individuellement. Il est conseillé de les alterner
pour éviter une accoutumance des mouches au produit.
Pour ce qui est des maladies, on peut citer :
- La bactériose du manguier. La bactériose, ou maladie des taches noires, se développe
particulièrement par temps chaud et humide. Sa propagation est grandement favorisée par le vent
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qui provoque des blessures sur les feuilles et les rameaux, et dissémine les bactéries qui viennent
les infecter. Elle attaque les tiges, les feuilles et les fruits. Sur les tiges, elle cause des pustules en
forme de boutonnière pouvant servir de "point de départ à des pourritures de l'écorce. Sur les
feuilles les attaques prennent la forme de taches polyédriques noires, légèrement en relief sur les
deux faces du limbe, auréolées de jaune. L.es feuilles attaquées chutent prématurément. Sa
manifestation la plus apparente touche les fruits dont les stomates et les lenticelles se nécrosent.
Ces nécroses évoluent en taches noires d'où s'écoule une gomme chargée de bactéries qui
propagent les maladies. Les fruits atteints ne sont pas commercialisables. La résistance à la
bactériose est un critère important pour la sélection des variétés de manguier.
Les Produits de Protection des Plantes est difficile. Seules des pulvérisations de produits
cupriques permettent de réduire le niveau de l’inoculum en l’absence de lésion. Ces traitements
ne sont pas curatifs, mais très utiles juste après une tempête tropicale et en saison des pluies. Ces
traitements peuvent avoir un double effet contre la bactériose et l’anthracnose. La lutte contre la
bactériose doit reposer sur une prophylaxie basée en premier lieu sur la production de matériel
végétal sain. Ceci nécessite le respect des règles de quarantaine lors de l’introduction du matériel
végétal provenant de régions contaminées. La conception de vergers doit bien prendre en compte
la protection contre le vent par l’implantation d’un réseau de brise-vent adapté. L’élimination
rapide des organes touches (rameaux et fruits) et leur destruction par le feu sont nécessaires pour
réduire la pression parasitaire.
Les Champignons
- L'Oïdium. L'oïdium peut attaquer les jeunes feuilles qui présentent à leur face inférieure un
feutrage mycélien blanc caractéristique de la maladie, avant de se nécroser. A la floraison, les
attaques d'oïdium sur fleur peuvent être cause de la perte d'une partie importante de la récolte.
Elles se manifestent par l'apparition d'un feutrage blanc sur les ramifications de la panicule
florale, suivi d'un brunissement des tissus qui se nécrosent. Les fleurs et les petits fruits dont les
pédoncules sont attaqués se dessèchent et chutent. On lutte contre l'oïdium avec des traitements
préventifs au soufre avant la floraison, de façon à diminuer la pression d'inoculum.
- L'Anthracnose. Elle peut causer de gros dégâts dans les vergers. Ses attaques favorisées par les
blessures de l'épiderme des différents organes des arbres. Sur les jeunes feuilles, le champignon
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cause des taches noires à contours angulaires sur le limbe. Sur fleur, l'anthracnose cause le
noircissement et le dessèchement des pédoncules. Les fruits attaqués présentent des taches noires
sur la peau sous lesquelles la pulpe brunit et pourrit à l'approche de la maturité. Aucun produit n'a
une efficacité radicale sur l'anthracnose mais beaucoup sont actifs et doivent être utilisés en
alternance. Ce sont le Cuivre, Manèbe, Zinèbe, Bénomyl, Tiophanate, Manèbe.
5. IRRIGATION
Le manguier est cultivé en climat chaud et sec. Bien qu'il possède un enracinement profond et
puissant, il est indispensable de l'irriguer pour qu'il s'installe rapidement pendant les premières
années suivant sa plantation, et pour qu'il produise ensuite régulièrement des récoltes abondantes.
Durant les trois premières années, les jeunes plants peuvent être arrosés toute l'année, en
l'absence de pluies, pour favoriser leur croissance et l'absorption des fumures qui leur sont
régulièrement apportées. A partir de leur entrée en production, une période de repos végétatif est
nécessaire pour obtenir la différenciation des bourgeons floraux. Plus cette période de repos (ou
stress) est marquée, et plus la floraison peut être groupée. Ce stress est provoqué par des basses
températures et (ou) par un manque d'eau. Jusqu'à la fin du mois d’avril on estime la quantité
d'eau à apporter, de l'ordre de 1500 à 1800 litres d’eau par mois et par arbre, pour des arbres en
âge de produire.
Quant aux jeunes arbres, l'irrigation ne sera jamais stoppée et sera de l'ordre de 150 litres par
mois la première année, de 300 litres par mois la deuxième année et de 500 la troisième année.
6. La Taille
On ne pratique pas de taille de fructification sur manguier. Par contre, on éclaircit la frondaison
en supprimant un certain nombre de rameaux sur les verticilles aux extrémités des branches.
Cette taille d'éclaircie diminue légèrement le potentiel de production de l'arbre mais a un effet
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bénéfique sur l'alternance. Pour ouvrir la charpente de l'arbre et éviter qu'il ne se développe trop
vite en hauteur, on supprime les prolongements verticaux des branches principales. Enfin, on
évite que la frondaison ne touche le sol, en dehors de la période de fructification, en supprimant
les extrémités basses des branches pour permettre l'entretien du sol et éviter que les parasites ou
leurs vecteurs ne les utilisent pour envahir l'arbre à partir du sol. De plus au moment des
traitements, la totalité du feuillage peut être touchée.
7. Désherbage et paillage
Le terrain autour des plants doit rester propre (le paillage lorsqu'il est réalisé, empêche la pousse
des adventices sur la butte de plantation). Désherber en effectuant des binages superficiels ou des
désherbages chimiques soit avec un herbicide de contact ou encore avec un herbicide systémique
à partir de la 4ème année.
Le paillage du sol sous la frondaison empêche le dessèchement du terrain, gêne la croissance des
mauvaises herbes et enrichit le sol en matière organique au cours de sa décomposition. Ses effets
sont donc extrêmement positifs. Toutefois, le semis d’une plante de couverture assure une bonne
humidité du sol surtout en période sèche.
8. LA FUMURE
Pour établir un plan de fumure, les producteurs doivent disposer d’informations sur les teneurs en
éléments minéraux majeurs contenues dans le sol et dans les feuilles. Il est également nécessaire
de connaitre le niveau de production du verger pour évaluer les exportations en éléments
minéraux par les fruits. Les analyses foliaires donnent de bonnes indications pour une croissance
normale de l’arbre. A défaut, les éléments nutritifs peuvent s’accumuler dans les feuilles en
raison du mauvais développement de l’arbre lié à d’autres causes (manque d’eau ou problèmes
racinaires et vasculaires). Pendant les premières années après plantation, les apports annuels
seront progressivement augmentés. Il est difficile d’établir une grille de fumure de référence,
valable dans des situations variées. Aussi, nous indiquerons, ci-après, les fourchettes dans
lesquelles se situent les apports pratiques dans différentes régions de production.
Avant l'entrée en production des arbres, la fertilisation doit permettre un développement optimal
des jeunes plants. L'équilibre NPK à retenir est 4-1-4. Le chlore ayant une action dépressive sur la
végétation, les engrais chlorés sont à proscrire. Un engrais de 12 06 20 peut être appliqué o
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encore le 15 05 19 + Zn + B+ Mo, à raison de 700 grs par plant la première année. Cette dose
sera augmentée de 500 grs chaque année, jusqu’à la quatrième année. La cinquième année, on
appliquera la dose de 5 100 grs par plant, puis de 6 400 l’année suivante et 6 600 la septième
année y compris les autres années. La fumure minérale sera fractionnée en trois fois. La moitié de
la dose totale sera apportée après la récolte (50%), c'est-à-dire en février-mars suivant les
variétés, un quart de la dose totale (25%) sera apporté lors de l'allongement des panicules florales
et éviter les chutes de jeunes fruits après nouaison. A cette époque sera apporté la totalité de la
fumure phosphatée. Le dernier quart (25%) sera apporté au début du grossissement des jeunes
fruits. Si nous prenons le cas où il faut appliquer 500 grs par arbre, le premier apport sera de 250
grs par plant, le second de 125 grs et le dernier de 125 grs.
RECOLTE ET RENDEMENTS
L'intervalle floraison-récolte se situe entre 130 et 150 jours. Les rendements sont de l'ordre de 12
à 15 tonnes par hectare pour une densité de plantation de 125 plants/ha. La mangue étant un fruit
fragile qui supporte mal les chocs, la cueillette devra donc être manuelle en sectionnant le
pédoncule au sécateur. Les fruits sont disposés dans des caissettes ou des cartons ne contenant
qu'une seule couche de fruits. Stockés aux environs de 13°C, les mangues peuvent être
conservées un mois environ. Un traitement des fruits par pulvérisation après récolte de
prochloraze (Sportak) à 55 ml/100 l diminue l'incidence de l'anthracnose à la conservation.
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