Avant-propos
Cette première séance du cours magistral d’Introduction à l’histoire moderne et contemporaine du
monde Arabe a présenté le fonctionnement et contenu général du cours et travaux dirigés, les attendus
et les axes de recherche de l’enseignant responsable du cours. Monsieur Augustin Jomier qui dirige ce
cours magistral et certains groupes de TD travaille notamment sur les rapports entre islam et
colonisation au Maghreb avec un accent mis sur l’islam de la mouvance ibadite, sur la notion
d’orientalisme savant à la période coloniale.
Pour le cours, il s’agit d’appréhender les dynamiques propres à la région allant du Maroc à l’Iran
même si la notion même de Moyen-Orient est controversée. Dans une version très restrictive, le
Proche-Orient inclut le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Palestine, ce qui fut nommé le Levant. Dans une
version un peu plus large, cela peut comprendre l’Irak, la Turquie et l’Egypte. La notion de «
Moyen-Orient » comprend le « Proche-Orient », parfois y sont ajoutés l’Iran, les Pays du Golfe, le
Yémen, le Soudan, l’Arabie Saoudite. Dans une version très large, notamment de la part des
Américains, les pays du Maghreb et l’Afghanistan sont inclus dans l’aire géographique recouverte par
l’expression « Moyen-Orient ».
Ces expressions variables selon les époques et les locuteurs, la notion de Moyen-Orient émerge
véritablement au début du XXe siècle dans des revues Anglaises de la part de spécialistes en stratégie
militaire comme Alfred Mahan. Il s’agit donc d’une expression qui est née en anglais « Middle East »
et désigne surtout la région autour du Golfe persique et témoigne des intérêts stratégiques (pétrole)
pour cette zone. En 1908, est créée l’Anglo-Persian Oil Company (APOC) pour un début
d’exploitation des sources de pétrole dès 1913. Avant les autorités britanniques parlent de « Far east »
pour désigner le Japon, la Chine, la péninsule Malaise. Et l’Orient/East correspond à l’empire
Ottoman, cet « orient » débute donc à Belgrade. Ainsi l’Orient recouvrait la Méditerranée orientale, le
Caucase, les Balkans. L’expression évolue au cours du siècle et est adoptée par les Français surtout
après 1945, avant c’est surtout les termes de Levant, Afrique du Nord et Proche-Orient qui sont
utilisés. Quant au terme « Maghreb », il fut inventé par des géographes de Bagdad à l’époque
médiévale pour signifier les conquêtes du nord de l’Afrique et désigne alors la périphérie lointaine
dans le monde Arabe et correspond désormais du Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye.
L’expression de « monde Arabe » s’entrelace avec le concept de « monde Musulman » qui désigne
évidemment la religion majoritaire même si tous les habitants de ces territoires ne sont pas
musulmans. Dans les thématiques abordées durant le cours, il sera question de revenir sur les réformes
de l’empire Ottoman, les colonisations Européennes, l’émergence de la question Palestinienne ou
encore les transformations économiques et sociales connues par les pays de la région. L’horizon du
cours est de dépasser les visions stéréotypées souvent communes sur le monde Arabe imaginé comme
antagoniste à l’Occident et mue par le seul facteur religieux.
Le monde arabe, Maghreb et Moyen-Orient au début du XIXe siècle
La domination Ottomane et ses limites géographiques
Le monde arabe fut dominé par un ancien empire Ottoman jusqu’au début du XXe siècle, dont la
capitale fut Constantinople puis Istanbul dès 1453 avec une dynastie Turque Ottomane à sa tête. Du
XIVe au lendemain de la première guerre mondiale, l’empire Ottoman comprend un ensemble de
provinces arabes conquises majoritairement au XVIe siècle, notamment les territoires qui
correspondent désormais à la Syrie, la Palestine, l’Irak, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, l’Algérie, etc.
Ainsi l’empire s’étend de l’ouest de l’Algérie à l’Irak actuel à l’est et jusqu’au Yémen au sud, avec
comme espace central les Balkans et l’Anatolie, la Turquie actuelle qui concentrent le pouvoir
économique et politique. Les provinces arabes, bien que situées à la périphérie de l’empire Ottoman
revêtent une importance politique et symbolique forte vu que l’empire intègre les lieux saints de
l’islam situés dans les villes de la Mecque, Médine ou Jérusalem.
Aux marges de cet empire, à l’ouest se trouve le Maroc qui n’a jamais été l’objet d’une domination
Ottomane et dont la monarchie est le régime de gouvernance. Cette dynastie fonde sa légitimité dans
la revendication d’une filiation avec le prophète, le sultanat du Maroc est alors aussi Commandant des
croyants. L’autre limite de l’empire Ottoman est la Perse correspondant à l’Iran actuel, la Perse fut
également un empire mené par une dynastie d’origine Turkmène, Asie centrale nommé les Qâdjârs.
Depuis le XVe siècle, le chiisme est la religion d’état de la Perse. L’Iran est gouverné par un shah
(empereur) qui perd un ensemble de territoires dans le Caucase face aux Russes au cours du XVIIIe et
début du XIXe siècles. La Perse comme l’empire Ottoman s’engagent sur la voie des réformes* de
modernisation au début du XIXe siècle.
Les réformes en Perse
C’est sous son impulsion que le vizir Mirza Tasi Khan Kabir (dit Amir Kabir) met en œuvre un
certain nombre de réformes qui sont promues dans un journal officiel :
-Diminution des pensions accordées à la famille au pouvoir
-Nouveau système pour le prélèvement de l’impôt
-Reprise en main de la gestion des douanes
-Reprise en main des activités économiques occupées par les puissances étrangères
-Réformes militaires
-Réformes concernant le système éducatif avec la création de Dar el Fonun sous l’influence de
Polytechnique
-Développement de l’agriculture
-Réforme du droit (mise en place de tribunaux de coutume en plus des tribunaux religieux déjà
existants)
-Protection des chrétiens et des zoroastriens
Mais ces réformes, parce qu’elles remettent en question l’autorité locale des notables économiques
et religieux, conduisent à la destitution puis à l’assassinat de Amir Kabir.
L’empire Ottoman, un empire musulman sunnite
L’empire Ottoman est en fusion avec la dynastie qui la mène. Le terme « ottoman » en turc renvoie
aux descendants du sultan Osman à l’origine de cette dynastie qui a ainsi régné pendant six siècles. La
présence du sultan se retrouve sur les devises de monnaie frappées à son nom ou encore dans les
formules en ouverture de sermons religieux du vendredi ou les célébrations publiques (pour
l’intronisation du sultan, les grandes conquêtes, etc.) à sa gloire ayant lieu dans les grandes villes de
l’empire. Plusieurs sultans se succèdent dont un des plus illustres, Abdülhamid II qui a régné de 1876
à 1909 qui en fait l’une des périodes de règne les plus longues. Le sultan gère l’organisation politique
et religieuse, il nomme les principaux fonctionnaires, il est le chef des armées et est aussi le garant de
la justice et protecteur de ses sujets indépendamment de leur religion. Le sultan délègue une partie de
son pouvoir à un vizir et aux membres d’un conseil impérial, nommé le diwan الديوان
Jusqu’au début du XIXe siècle, tous les agents de l’état sont des esclaves (kul en turc) venus du
Caucase, des Balkans et convertis à l’islam et formés auprès des gouverneurs. Une fois formés, ces
kuls sont affranchis et gardent un lien avec leur ancien maître. Les oulémas ( )علماءconstituent une
autre catégorie de fonctionnaires, il s’agit de savants religieux. Enfin on trouve les qadis ()قادي, juges
qui rendent la justice et les muftis ( )مفتيqui émettent des jurisprudences ou fatwas. Dès le XVIe siècle,
avec la confessionnalisation des empires, s’érigent l’empire Ottoman sunnite et l’empire Perse chiite ;
il s’agit également d’un siècle où la conquête de la région du Hedjaz est achevée par l’empire
Ottoman, englobant ainsi la plupart des villes saintes de l’islam. Le sultanat ottoman étant aussi calife,
il assure l’escorte militaire et le ravitaillement des caravanes de pèlerins pour le bon déroulement du
hajj. Être serviteur des lieux saints renforce la légitimité de l’empire qui en parallèle du sunnisme, est
marqué par une adhésion forte aux confréries soufies auxquelles appartiennent le peuple comme
l’élite. On peut même dire que la religion de l’empire est l’islam soufi.
L’empire Ottoman, un fonctionnement relativement décentralisé
Dans la grande région du Proche-Orient, le pouvoir est segmenté entre plusieurs circonscriptions
administratives nommées en turc « eyalet » ou « sandjak » , des gouverneurs révocables envoyés
d’Istanbul viennent procéder à l’administration et sont nommés « wali » ( )الواليet dirigent les
provinces pour généralement quelques années. On retrouve un mode de gouvernance semblable à
celui en vigueur dans l’empire Ottoman et qui intègre également un conseil (diwan) de plusieurs
membres pour assister le gouverneur. Une des missions principales des gouverneurs est la levée de
l’impôt, parfois déléguée aux grandes familles de notables locaux, aux chefs de village ou chefs
religieux. La structure du pouvoir s’adapte aux contextes locaux, si la grande Syrie sont bien
contrôlés, l’autorité est plus indirecte pour la région de Mossoul ou de Baghdad et elle est quasiment
totalement autonome pour la famille proclamant une descendance avec le prophète dans le cas de la
région du Hedjaz. La dynastie qui gouverne cette région est les Hachémites (هاشمي/)بنو هاشم,. A l’ouest
des provinces de l’empire, on retrouve Alger, la Tunisie, la Lybie, l’Egypte. Jusqu’au XIXe siècle,
Alger fut gouverné par une dynastie nommée Les Mamelouks ( )مملوكcomposée d’esclaves militaires
affranchis venus des Balkans ou du Caucase. Suite à l’expédition militaire napoléonienne en Egypte
de 1798, un militaire d’origine Albanaise émerge, il s’agit de Muhammad Ali et va diriger l’Egypte de
1805 à 1848 et même occuper la Syrie de 1832 à 1840. Fort de négociations avec Istanbul, il obtient le
titre de vice-roi (khedive) d’Egypte, un titre héréditaire qui permettra à cette lignée de diriger
l’Egypte jusqu’en 1950. Depuis le XVIe siècle, les provinces d’Alger, de Tripoli, de Tunis, le contrôle
Ottoman est plus souple. A Tripoli, la dynastie au pouvoir se nomme les Karamanlî avec une
transmission du titre de gouverneur au sein de la famille, et ce tout au long du XVIIe jusque 1835. Au
lendemain d’une révolte fiscale et de compétitions entre Français et Britanniques, l’empire Ottoman
impose une gestion plus directe à Tripoli sur le modèle du Proche-Orient. Pour Alger, la gouvernance
est assurée par le dey, on trouve aussi trois circonscriptions menées par un bey dans le territoire
d’Oran, du Titteri et de Constantine. La Tunisie est la province de l’empire Ottoman situé au Maghreb
qui s’autonomise le plus, alors dirigée par un bey initialement collecteur d’impôts. Les bey
appartiennent à la dynastie des Husseinites depuis 1705 et qui va gouverner le pays jusque 1957. La
région de Tunis est plus urbanisée par rapport aux territoires voisins, on a une forme d’échange entre
les élites arabes et Ottomanes manifestes au travers de mariages ou de partage culturel.
Jusqu’au XIXe, le monde arabe est largement dominé par l’empire Ottoman, ce dernier connaitra par
la suite des reculs et défaites prodiguées par les Français, les Anglais, les Russes, les Italiens, etc.
remettant en cause ce mode de gouvernance des provinces de l’empire. Ce qui ouvre la voie vers des
réformes…
Les premières réformes dans l’Empire ottoman (1793 – 1839)
Selim III en est le précurseur à partir 1793. Face aux menaces impérialistes, il met en place nizam
i-cedid (« nouvel ordre »), une réforme militaire inspirée de l’Occident.
Pour cela, il remet en question le pouvoir des janissaires, corps d’élite formé d’esclaves d’origine
chrétienne convertis à l’islam en créant une école d’ingénieurs militaires.
Par ailleurs, il est à l’initiative d’une représentation diplomatique permanente dans quatre grandes
villes européennes.
Mahmud II poursuit l’œuvre de son oncle en organisant le massacre des janissaires et en créant à
leur place une armée moderne encadrée par des officiers étrangers.
Il crée également un Ministère des Affaires étrangères mais est surtout connu pour avoir amplifié la
centralisation de l’administration ottomane.
Les bases juridiques des réformes (1839 – 1876)
La période des Tanzimat (« réorganisation » en arabe) donne le jour à trois textes fondateurs.
-Le rescrit de 1839 dit de la Maison des roses (le khatt-i sherif de Gulhäne) est promulgué par
Abdülmecid Ier.
Il affirme l’égalité de tous et contredit la loi religieuse musulmane qui fait des non-musulmans des
protégés de statut inférieur aux musulmans.
Le prélèvement des impôts (iltizam) est aboli en faveur d’un impôt en fonction de la fortune et des
revenus des individus.
-Le rescrit de 1876 (khatt-i Hümayun) répond aux demandes de réformes des Britanniques et des
Français en échange de leur soutien pendant la guerre de Crimée.
Il y a désormais une égalité de droit entre les sujets de l’empire devant l’impôt, la justice, les
obligations militaires qui va dans le sens du développement d’une citoyenneté ottomane.
Cette nouvelle égalité entre les sujets conduit à autoriser les communautés religieuses à
s’organiser en millets.
Les millets grec-orthodoxe, arménien et juif renforcent leur organisation interne pour gagner en
autonomie.
Ils se dotent de règlements qui s’inspirent fortement de la Constitution française de 1848,
notamment par la laïcisation des affaires de la communauté.
Le fonctionnement de l’assemblée arménienne sert de modèle à la Constitution ottomane.
Le millet protestant est également reconnu au milieu du 19ème siècle sous le poids des mouvements
missionnaires catholiques et protestants.
La société ottomane est profondément bouleversée par les transformations du statut des Juifs et
des chrétiens, communautés dont la population augmente et qui deviennent les partenaires
commerciaux privilégiés avec les Européens.
-La Constitution de 1876
En pleine crise balkanique, le sultan Abdülaziz est destitué. Mourad V, son héritier, lui succède
mais il est également déchu et remplacé par le prince héritier Abdülhamid.
Les conservateurs veulent une gestion plus sévère de la crise tandis que les libéraux sont en
faveur du constitutionnalisme.
La Constitution est promulguée par Abdülhamid pour d’une part contrer une intervention
européenne dans les territoires ottomans qui serait justifiée par l’absence de réformes, et d’autre
part pour asseoir son pouvoir en répondant aux demandes des pachas réformateurs.
C’est le point culminant d’une nouvelle manière de penser la citoyenneté ottomane et le mode de
gouvernement du Sultan.
Elle met en place un système bicaméral : une chambre des notables et une assemblée élue par la
population de l’Empire qui illustre la diversité de l’Empire. Après que l’assemblée ait essayé de
constituer un contre-pouvoir face au Sultan, la Constitution est abrogée en 1878.
Les réformes ottomanes
Même si la charia reste une source importante du droit, la législation française inspire fortement le
mouvement des Tanzimat qui débute dans les années 1840 : le Code pénal, les nouveaux codes
commerciaux. Un Code civil (medjelle) laïc est promulgué en 1870, aboutissement des ces
réformes de la législation.
Exemple : tribunaux civils en plus des tribunaux religieux pour gérer le statut personnel de chaque
communauté.
Le système administratif se transforme : avec la création de nombreux ministères, l’administration
se renforce et donne lieu à la constitution d’une haute administration.
Ces fonctionnaires sont formés dans un système scolaire qui se réforme par la mise en place de
différents cycles scolaires dont les établissements se diffusent progressivement et avec difficulté
dans les provinces.
Parmi les institutions qui se trouvent au sommet de ce système éducatif, l’école du sultan, est
ouverte avec l’appui du gouvernement français.
Pour le Sultan, ces écoles doivent permettre de rattraper le retard de l’Empire et de contrer
l’avancée missionnaires, en plus de renforcer l’attachement à l’Etat ainsi que sa légitimité.
Parmi les conséquences de la centralisation opérée par les Tanzimat, on a aussi une
transformation de l’élite dirigeante dans l’ensemble de l’Empire avec le développement de la haute
administration et un bouleversement des dynamiques du pouvoir dans les provinces.
Exemple : à Damas, les oulémas sont remplacés par des propriétaires terriens et des
bureaucrates.
Réformes et resserrement du contrôle du contrôle ottoman dans les provinces arabes de l’Empire
Le redécoupage administratif des provinces arabes
Le mouvement des Tanzimat s’accompagne d’une volonté de réinstaurer l’autorité ottomane dans
les provinces
Exemple : Bilad al-Cham est divisé en vilayets en 1840 tandis que le sandjak de Jérusalem est
créé en 1850.
A partir de 1870, le pouvoir des gouverneurs locaux est limité, une hiérarchie administrative
territoriale s’établit entre vilayet, sandjak, kaza et nahiya (province, département, arrondissement,
canton), chaque niveau étant administré par trois fonctionnaires : un gouverneur, un mufti et un
juge.
L’autorité ottomane sur ces 27 provinces est toutefois relative, certaines communautés ayant
préservé une autonomie (druzes de la montagne du Hauran).
Une reconquête des provinces arabes par les terres agricoles
La loi sur les terres de 1858 est une des réformes des Tanzimat les plus importantes.
Afin d’optimiser le revenu des impôts suite à la crise économique du milieu du 19ème siècle, l’Empire
ottoman instaure un nouveau cadastre qui permet l’avènement de la propriété privée et une
augmentation conséquente de la production.
Certains villages qui deviennent des colonies agricoles (allègement de l’impôt).
Exemple : Ismaéliens de la montagne alaouite qui fondent en 1845 le village de Salamiye en Syrie.
Pour développer ces villages voués à l’agriculture, des colonies circassiennes s’implantent sur des
points stratégiques.
Exemple : Amman et de Jérash au nord de l’actuelle Jordanie.
Cette politique va de pair avec la sédentarisation forcée des populations bédouines qui sont
contrôlées par des forces militaires mobiles spéciales.
Les résistances aux politiques de reconquête dans la péninsule arabique
Le Yémen de l’imam Yahya
Après avoir abandonné cette région aux tribus zaydites au 17e siècle, ainsi que la gestion du
Hedjaz (villes saintes) aux Hachémites, les Ottomans essaient de reprendre le contrôle de toute la
Tihama (la côte de la Mer Rouge).
Les Yéménites sont envisagés comme une population à civiliser mais les administrateurs ottomans
font face à d’importantes révoltes et ils envisagent de séparer le Yémen selon une ligne
confessionnelle zaydite/sunnite.
En 1904, l’imam Yahya s’engage contre la présence ottomane jusqu’en 1911, jusqu’à la quasi
indépendance du Yémen qui se retrouve sous une forme d’administration indirecte (les
fonctionnaires ottomans prélèvement l’aumône légale, la zakat).
Cette institutionnalisation de la différence serait un indice de l’influence britannique dans la
Péninsule.
Références de ressource complémentaire :
- Chapitre « L’État » IN Olivier Bouquet, Philippe Pétriat, Pierre Vermeren, Histoire du
Moyen-Orient de l’Empire ottoman à nos jours, Editions de La Sorbonne, 2016, 399 pages, p.
52-71
Le sultan a le devoir de protéger ses sujets et d’appliquer la justice, la récolte équitable de l’impôt
pour éviter tout soulèvement. L’empire Ottoman est caractérisé par un pouvoir militaire et fiscal. Son
économie est marquée par une volonté d’auto-suffisance qui priorise le centre avant
l’approvisionnement des régions périphériques.
Référence de ressource complémentaire :
- Chapitre « Un siècle de réformes » IN Sylvia Chiffoleau, Anne-Claire de
Gayffier-Bonneville, Norig Neveu, et al., Le Moyen-Orient, 1876-1980, Atlande, 2016, p.
77-92
Les réformes de l’empire Ottoman ont lancées dès 1840 (sous le nom de Tanzimat) inspiré par la
législation française en matière pénale et commerciale. Le nouveau Code civil de 1877 en y insufflant
davantage de laïcité même si le droit religieux continue de réglementer les affaires de statut des
communautés. Pour former ces nouveaux fonctionnaires, une métamorphose du système éducatif est
opérée, un nouveau réseau d’écoles et l’instauration de cycles d’études selon l’âge semblables aux
collèges et lycées français. Promulgué en 1869, le code de l’éducation fait débuter les écoles primaires
(ibtidaiye), les collèges ou école secondaire nommées rÜsdiye où on y enseigne les langues, les
mathématiques, la religion, l’histoire et la géographie. Enfin, on a les lycées nommées idadi avec
davantage de disciplines.