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De l’approche par les objectifs à l’approche

par les compétences


L’approche par les compétences ne constitue pas dans le domaine de
l’enseignement, une évolution indépendante de la pédagogie par objectif,
n’est qu’un design parmi des nombreux designs. Cette approche s’intègre
dans ce qu’on appelle de manière générale, la pédagogie par objectifs.
Elle représente un mouvement qui est venu pour affronter ou plutôt pour
dépasser les différentes critiques dont cette pédagogie a fait l’objet.
Certes, la pédagogie par objectifs s’est renfermée dans son
opérationalisme comportemental, ce qui l’a énormément éloignée de
l’acte pédagogique, et l’a transformée, par conséquent en un acte
constitué de réflexes conditionnés, faisant abstraction de toute spécificité
et de toute sorte de pensée créative chez l’apprenant. Mais, il faut
souligner que c’est entre 1975 et 1980 qu’une idée de dépasser toute
pédagogie par objectif est née, basée sur les théories
comportementalistes, sans que cela signifie, d’une part la négation de
tous les acquis qu’a pu mettre en œuvre la pédagogie par objectifs, aussi
bien au niveau de la recherche qu’au niveau de travail pédagogique, et
sans que cela signifie, d’autre part, le retour à un travail pédagogique ou à
des pratiques d’enseignements confuses et équivoques. C’est à partir de
là, que nous pouvons dire que notre présent article ne s’éloignera pas
beaucoup du cadre dans lequel est née cette approche, le cadre de la
pédagogie par objectifs.

Les objectifs de la 1ère génération


Les objectifs comportementaux

Il est difficile – du moins dans le domaine de l’enseignement - de donner


une définition au concept de la compétence sans définir ce qu’est un
objectif pédagogique, ceci pour la raison qui ne permet de considérer, une
compétence, en fin de compte, comme un objectif que les programmes
d’enseignement visent à réaliser, soit au niveau cognitif de l’élève soit à
son niveau socio- affectif, ou à son niveau psycho- moteur.

Nous n’allons pas nous attarder sur les différentes définitions que les
spécialistes ont données à un objectif pédagogique. Nous allons nous
contenter de dire qu’un objectif pédagogique représente tout changement
qu’un enseignant arrive à - ou doit - opérer au niveau de l’apprenant, ou
alors, un objectif est un comportement souhaité qu’on vise à réaliser chez
l’apprenant. Ce comportement ne peut s’opérer qu’avec l’activité de
l’enseignant et de l’apprenant. Il faut souligner que ce comportement doit
être observable, mesurable et évaluable.

Ainsi, un objectif comme : L’élève doit être capable de comprendre les


idées des autres, ou : l’élève doit être capable d’exprimer ses idées d’une
manière claire, sont des objectifs difficiles à atteindre, car ils ne sont pas

1
clairs et difficilement évaluables, pour la simple raison que l’activité verbe
« comprendre » est un verbe qui exprime une activité inobservable, donc
inévaluable.

Les objectifs de la deuxième génération


Vers une nouvelle génération d’objectifs : les compétences

Toujours dans le cadre de la pédagogie par objectifs, nous allons vers la


recherche d’une alternative qui permet de rendre l’acte d’enseignement
comme un acte rationnel et efficace. Dans les différentes définitions
données par les auteurs au concept de compétence, nous sommes arrivés
aux conclusions suivantes :- Une compétence est considérée chez certains
auteurs comme un enchaînement de travaux et d’activités observables :
c'est-à-dire un ensemble de comportements spécifiques, on trouve cette
définition dans le domaine de la formation professionnelle, comme en la
constate dans les écrits de certains auteurs attachés à la pédagogie par
objectifs.- La compétence est considérée chez d’autres auteurs comme
une potentialité cognitive invisible, et selon cette vision, la compétence se
concrétise à travers un certain nombre de performances. Certes, ce
concept est considéré, en ce qui nous concerne, comme un ensemble des
capacités internes et personnelles.

Le concept de compétence dans le domaine de la psychologie :

Dans le langage scientifique, le concept de compétence est un concept


nouvellement intégré dans le domaine de la psychologie comme dans le
domaine des sciences de l’éducation et dans le domaine du management.
En psychologie, le concept remplace aujourd’hui certains concepts comme
: « aptitudes », « intérêt » et autres. Ainsi, dans la psychologie
expérimentale, n’a été reconnu comme un concept qu’on peut soumettre
à l’expérience et à la mesure que durant la dernière décennie du siècle
passé, ce qui nous explique pourquoi les différents dictionnaires de
psychologie, comme celui de Henri Piéron (1973) ou celui de Robert Lafon,
ne contient pas ce concept. Seul le dictionnaire de psychologie Larousse
(1991) contient le concept considéré et lui donne deux sens : Le premier
concerne le domaine de la psychologie du développement ; il considère la
compétence comme l’ensemble de potentialités qui permettent à
l’individu d’avoir des réactions élémentaires envers les différents stimulus
que contient l’environnement. Le deuxième sens se situe entre la
psychologie et les sciences du langage. Ainsi, ce deuxième sens s’intègre
dans le domaine de la psycholinguistique et désigne l’ensemble des
connaissances linguistiques qui permettent à un orateur de comprendre et
de produire un nombre infini de phrases.

Dans le domaine de l’ergonomie (étude qui s’intéresse à l’organisation du


travail), nous pouvons dire que De Montemolin (1984) était le premier à
avoir utilisé le concept de compétence dans le domaine du travail. Cet
auteur considère qu’il est devenu aujourd’hui nécessaire d’utiliser le

2
concept si nous voulons analyser et expliquer les différents
comportements professionnels.

Dans le domaine de l’éducation :

Les différents dictionnaires que nous avons pu consulter nous ont permis
d’aboutir aux conclusions suivantes :

A- Dans le dictionnaire de Foulquié (dictionnaire de la langue pédagogique


,1971), le mot compétence est dérivé du verbe « compéter » qui signifié
aller avec. Ce dictionnaire considère la compétence comme cette capacité
(qu’elle soit juridique ou professionnelle) qui permet à l’individu
d’accomplir certaines tâches, fonctions ou certains travaux.

B- Dans le dictionnaire de l’évaluation et la recherche pédagogique de De


Landscheere. G. (1978), l’auteur part dans son explication de ce terme du
sens que lui donne Chomsky qui considère la compétence comme la
capacité d’un individu de produire et de comprendre des phrases
totalement nouvelles.

C- Chez G. Mialaret, le mot compétence est dérivé du mot latin «


compétentia », qui signifié le juste rapport. Elle est le bilan des aptitudes
et des potentialités qui indiquent tout ce qui est personnel et d’individuel
revêtant une nature psychologique, alors que la capacité ou l’habilité
expriment toutes les deux l’ensemble des influences du milieu d’une
manière générale, et l’ensemble des influences scolaires d’une manière
particulière.

D- Dans le dictionnaire encyclopédique de l’éducation et de la formation,


la compétence est la caractéristique positive d’un individu qui témoigne
de sa capacité à accomplir certaines tâches.

Il existe deux sortes de compétences :

1- Les compétences générales : ce sont les compétences transférables


qui rendent possible l’accomplissement de nombreuses tâches différentes,
on les appelle aussi dans la littérature pédagogique, les compétences
transversales ; ce sont celles qui sont communes à plusieurs matières.

2- Les compétences spécifiques : ce sont celles qu’on ne peut


caractériser que dans des tâches très spécifiques et bien déterminées, ce
sont celles qu’on réalise que dans une seule matière.

L’auteur de cette définition dans ce dictionnaire encyclopédique estime


qu’il existe d’autres compétences comme la compétence qui facilite
l’apprentissage, la compétence qui facilite l’élaboration des rapports
3
sociaux et la compréhension entre les individus, les compétences
concernant le savoir- savant, le savoir- faire et le savoir- être.

Exemples pratiques :

Nous allons présenter ici des exemples pratiques sur des compétences
dans plusieurs domaines de l’enseignement et de la formation, ceci pour
faire rapprocher la compréhension de l’approche par les compétences aux
enseignants. Mais avant d’aborder ces exemples, nous pensons qu’il est
nécessaire et intéressant d’attirer l’attention sur ce qui suit :

1- Ces exemples expriment d’une part dans leurs formulations, la


tendance comportementaliste (la compétence comme un objectif composé
de plusieurs comportements observables) et exprime d’autre part la
compétence comme un ensemble de capacités non décomposables.

2- Dans les différents guides pédagogiques, nous constatons que les


formulations les plus répondues sont celles qui expriment la compétence
comme un objectif décomposé en plusieurs comportements observables,
mesurable, comme :

* Connaître le sens d’un nombre entier (mathématique),

* Déterminer dans le temps des événements historiques importants,


(compétence dans le domaine de l’histoire).

Mais nous pouvons nous constater dans d’autres guides pédagogiques des
formulations cognitives comme :

- L’élève doit être capable d’écrire un texte.- L’élève doit être sensible aux
valeurs religieuses et morales.- L’élève doit être capable d’appliquer des
règles de grammaire.

Malgré ces deux constatations, nous allons présenter des exemples qui
ont trait à des situations – problèmes.

Exemple 1 : Pour un inspecteur de langue française :

L’inspecteur doit être capable, durant 30 minutes, de gérer un entretien


avec un enseignant, visant à justifier et à éclairer sa méthode
d’enseignement et ses pratiques pédagogiques.

Exemple 2 : L’élève doit être capable d’écrire un texte philosophique


dans lequel il traite un concept philosophique.

Chacun de ces deux exemples exprime une situation- problème :


4
- Ecrire un texte philosophique.

- Résumer un article

Exemple 3 : Préparer un dossier sur la problématique de l’enseignement


de la langue Amazigh ou de la langue anglaise ou de la langue arabe.

Ce dossier doit comporter un plan de formation dans le domaine de


l’écriture et de la lecture, avec la possibilité de présenter devant des
enseignants de niveaux différents, tout en prenant en considération la
région à laquelle ils appartiennent.

Exemple 4 : Résoudre pendant le cours des travaux manuels (niveau


primaire) des situations- problèmes comme : demander à l’élève de
couvrir ses cahiers etc.

Il est clair que ces exemples comportent des situations- problèmes. Ainsi
dans l’exemple n°1, la situation- problème consiste à préparer un plan
pour résoudre un problème de formation dans le domaine de la langue
Amazigh (ou de la langue française ou de la langue arabe ou anglaise),
concernant les connaissances nécessaires qui permettent d’acquérir cette
compétence, l’enseignant doit avoir des connaissances dans le domaine
de la didactique de la langue enseignée, des connaissances dans le
domaine de l’élaboration des programmes et des connaissances sur les
spécificités de chaque région.

Exemples de compétences transversales :

Il est à rappeler que les compétences spécifiques sont liées à des matières
et à des domaines pédagogiques précis et que les compétences
transversales ne sont liées à aucun domaine précis.

- Etre capable d’analyser.

- Etre capable de synthétiser.

- Etre capable de faire une auto

– évaluation.- Etre capable de son auto- critique.

- Etre capable de se concentrer.

- Etre capable de respecter les règles et des lois et les consignes.

- Etre capable d’adhérer à une équipe de travail et acquérir l’esprit de


travail en

groupe.

5
- Etre capable d’utiliser un ordinateur.

- Etre capable d’effectuer un auto- apprentissage.

- Etre capable de respecter les étapes d’une recherche.

- Etre capable d’organiser des informations.

- Etre capable de dialoguer.

- Etre capable de prendre des décisions et des initiatives.

Exemples sur les compétences spécifiques :

Niveau de l’enseignement primaire :

- La capacité de lire un message.

- La capacité d’utiliser un dictionnaire.- La capacité d’écrire une lettre.- La


maîtrise des principes de l’écriture.

Niveau de l’enseignement moyen :

- Etre capable d’écrire le résumé d’un exposé.

- Etre capable d’écrire une histoire.- Etre capable d’écrire un rapport.

Exemple de compétences dans la formation des enseignants :-


Connaître les besoins des élèves.- Connaître les différentes théories
contemporaines de l’éducation.- Faire acquérir aux élèves les techniques
de révision de leur cours.- S’ouvrir aux parents des élèves.- Maîtriser les
techniques de l’évaluation pédagogique. - Maîtriser les techniques de la
recherche pédagogique.- Participer au projet et aux activités de
l’établissement.- Adhérer au programme de la formation continue.- Avoir
une vue globale des matières d’enseignement et de leur complémentarité.

Les compétences dans le domaine de l’enseignement de la langue.

Dans le domaine de l’enseignement de la langue, nous pouvons distinguer


entre quatre sortes de compétences :

1- La compétence à communiquer : Elle vise à améliorer les capacités


linguistiques acquises, à approfondir les connaissances liées aux sciences
de la langue, à rationaliser ses rapports de la manière qui permet et la
communication et l’exploration des sentiments, émotions, des idées
nouvelles afin de les exprimer facilement et clairement.

2- La compétence méthodologique : Elle vise à améliorer l’usage des


techniques et des habilités acquises et à les renforcer, comme les
techniques de l’écriture et ses fonctions ou l’entraînement à utiliser des
6
approches linguistiques pour acquérir la capacité d’identifier des
problématiques d’ordre linguistique et langagier, ou à décomposer un récit
et le recomposer ou à reconnaître sa forme.

3- La compétence culturelle : Elle vise à améliorer le bilan culturel de


l’élève dans le domaine de langage et de la littérature d’une manière
générale comme :- Savoir les différentes formes des écrits en poésie ou en
texte;- Savoir les critères qui permettent à l’élève de distinguer entre les
textes et leursspécificités.

4- La compétence liée aux valeurs affectives : Cette compétence est


commune à toutes les formes d’enseignement de la langue; elle vise à :

a- Rendre l’élève capable d’accepter les activités éducatives et le


sensibiliser à ses objectifs et leurs intérêts dans la vie sociale.

b- Rendre l’élève capable d’exprimer son propre intérêt à la langue, ses


problèmes liés à l’apprentissage de sa langue, etc.

c- Rendre l’élève capable d’acquérir des valeurs littéraire et artistiques


exprimant ses sensations et ses goûts.

d- Rendre l’élève capable de s’ouvrir à d’autres langues, à d’autres


littératures et cultures.

e- Rendre l’élève capable de s’adapter aux valeurs humaines et


spirituelles transmises par la littérature des différentes cultures de
l’humanité.

Conclusion :

Il est quasiment difficile de mettre en œuvre l’approche par les


compétences dans notre système éducatif sans la construction et
l’élaboration de programmes qui permettent la rationalisation de l’acte
pédagogique et qui vise à développer les compétences et des élèves et
des enseignants. Ces programmes ne peuvent réaliser ces deux objectifs
que sous l’angle d’une vision technico-systémique du processus
enseignement/ apprentissage.

- Dans le cadre de cette approche, les différentes activités d’enseignement


ne doivent pas rendre la réalisation d’un objectif comportemental comme
une finalité en soi, elles doivent partir plutôt d’une dialectique entre
l’objectif général et l’objectif spécifique, en passant par les compétences
visées qui doivent être considérées comme « la dynamo » de l’acte
pédagogique dans sa globalité.

7
- L’approche par les compétences, ne peut être efficace qu’à travers l’acte
enseignement / apprentissage, que si elle arrive à rendre l’élève capable
de tester des hypothèses, de poser des problématiques, de résoudre des
problèmes, d’analyser des opinions et des idées, etc.

- Un acte pédagogique émanant de cette approche n’aura une valeur


positive que s’il arrive à rendre l’élève capable de s’intégrer dans le réel et
de s’y impliquer pour changer son milieu, voire son propre destin.

- L’approche par les compétences dans l’enseignement et la formation doit


viser à améliorer et à développer les capacités suivantes : Imaginer,
comparer, analyser, synthétiser, appliquer, évaluer, classer, apporter des
critiques….

- Enfin, un acte pédagogique partant de l’approche considérée ne peut


avoir des résultats positifs que s’il arrive à rendre l’élève capable de
défendre les valeurs et les idéaux positifs de sa société et de l’humanité
comme : la vérité, la justice, le bien, la beauté, l’amour et la démocratie et
à repousser la haine, la violence et les guerres.

8
Schéma résument le processus de la construction d’un projet éducatif basé sur
les compétences1.

9
Charles Hadji (1990) « L’évaluation règles du jeu. Des intentions aux outils. Ed.
E.S.F. Paris.
2. Philippe Perrenoud « Evaluer les compétences » paru dans la revue «
L’Educateur » « la note en plein évaluation », mars 2004.

3. Romainville et all. «L’école démocratique » no 7 septembre 2001.

4. Ph. Carré « Les compétences » In revue Point – recherche.n0 74 février (1994)

5. Viviane De Lansquenet (1998) « Faire réussir; faire échouer : la compétence


minimale et son évolution». Ed. ESF. Paris

10

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