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FACULTE DE MEDECINE DE BEJAIA

NOTIONS DE DROIT MEDICAL

Module Santé Société Humanité


1ère année Médecine
Année universitaire 2021-2022
Dr [Link]

DROIT MEDICAL
Le médecin est celui dont les hommes attendent une protection contre la souffrance et
contre la mort ; il fait l’objet d’un droit fort ancien. Il ya 4000 ans, le code du roi
Hammourabi consacrait déjà des articles au médecin et au chirurgien.

En 1956, René et Jean Savatier définissent le droit médical comme : l’étude des relations
juridiques où est engagé le médecin.

Le droit médical fait partie du droit privé puisqu’il engage la responsabilité civile ou pénale
du praticien ou de l’établissement de santé privé quand il commet une faute, mais aussi du
droit public puisqu’il concerne la responsabilité administrative du centre hospitalier ou de
ses agents.

LA REQUISITION
Définition

La réquisition est une injonction (ordre précis) faite au médecin par une autorité
Administrative ou Judiciaire d’avoir à exécuter une mission d’ordre médico-légal.
Il s’agit d’un acte médical urgent

Qui peut requérir le médecin


L’autorité dotée de pouvoir de réquisition est représentée le plus souvent par l’Autorité
Judiciaire ; notamment :
- Le Procureur de la République
- Le Juge d’Instruction
- Le c ommissaire de Police
- Le chef de Brigade de Gendarmerie
- Le Wali ou le Chef de Daïra, plus rarement.

L’autorité judiciaire établit une réquisition à médecin lorsqu’elle a besoin de la


compétence d’un médecin pour se procurer des renseignements susceptibles de faciliter
l’exercice de l’action publique ou la répression d’une infraction (crime, délit).
Les cas les plus habituels sont les cas de flagrant délit, de violence, de mort suspecte ; mais
aussi en cas de calamités (accidents, incendies, séismes…).
L’autorité administrative peut requérir tout citoyen en vue de fournir un service que sa profession lui
permet de rendre.

Qui est requis


Tout docteur en médecine autorisé à exercer son Art sur le territoire national (médecins
généralistes, résidents, praticiens spécialistes, hospitalo-universitaires), dans les limites de sa
compétence.
Pour les actes médico-légaux, l’Autorité Judiciaire doit requérir les médecins légistes (Art.207 alinéa
1 de la loi sanitaire relative à la protection et à la promotion de la santé).

Objet de la réquisition
L’objet de la réquisition concerne en pratique des actes médico-légaux urgents qui ne peuvent être
différés, à savoir : la levée de corps, le constat de décès, la pratique d’autopsie les
constatations médico-légales de blessures ou de violences sexuelles, les prélèvements pour
une recherche toxicologique…, examen d’un état mental…
Le médecin est tenu donc d’accomplir la mission demandée, de rédiger un rapport détaillé de ses
seules constatations et de remettre ce rapport à l’autorité requérante (le médecin est délié du
secret professionnel vis-à-vis de l’autorité requérante et concernant l’objet de la mission
uniquement).

Le rôle du médecin requis est donc d’éclairer, de conseiller. C’est d’après son avis technique que
le Procureur de la République ou le Juge d’Instruction apprécient les faits qui échappent à
leurs compétences.

« Les magistrats jugent suivant ce qu’on rapporte » d’après l’expression d’Ambroise Paré. Il est donc
plus nécessaire d’insister sur l’importance de ce rôle.

Forme de la réquisition
La réquisition est en principe écrite. Le requérant devant faire connaitre sa qualité et rédiger avec
précision la mission.
Toutefois, elle peut être exceptionnellement exprimée verbalement en cas d’urgence.
La réponse à une réquisition est toujours écrite.

Obligation ou non de remplir la mission


Le refus de déférer à une réquisition de l’autorité publique constitue un délit passible de
sanctions.
Le refus de déférer à une réquisition, ne constitue pas in délit si le médecin le justifie par un motif
légitime :
- Les questions qui lui sont posées dépassent ses compétences ou sont étrangères à la
pratique médicale.
- Une inaptitude physique l’empêche d’accomplir la mission.
- Une inaptitude d’ordre morale le retient.
Dans ces cas, le médecin requis doit rédiger un procès-verbal de carence.

Bases juridiques de la réquisition


Code de procédure pénale algérien :
- Art.49 : S’il y a lieu de procéder à des constatations qui ne puissent être différés, l’officier
de police judiciaire a recours à toutes personnes qualifiées…
- Art.62 : Le Procureur de la République se rend sur place s’il juge nécessaire et se fait
assister de personnes capables d’apprécier la nature des circonstances de décès.
Code pénal algérien :
- Art.422 ter remplacé par l’Art.187 Bis de la loi 06-23 du 20 Décembre 2006 : « Est puni
d’emprisonnement de 02 mois à 06 mois et d’une amende de 20000 DA à 100000 DA ou
l’une de ces deux peines quiconque, n’obtempère pas à un ordre de réquisition établi et
notifié dans les formes règlementaires ».
Loi 85-05 relative à la protection et à la promotion de la santé modifiée et complétée par la
loi 90-17 (abrogée par la loi 18-11 du 02 juillet 2018) :
Art.210 : Les médecins…sont tenus de déférer aux ordres de réquisition de l’Autorité Publique.
Art.236 : Le refus de déférer aux réquisitions de l’Autorité Publique établies et notifiées dans
les formes réglementaires, telles que prévues à l’article 21O de la présente loi, est puni
conformément aux dispositions de l’article 422 ter du code pénal (remplacé par l’article 187 Bis
de la loi 06-23 du 20 Décembre 2006).
Art.207/1 : L’autorité judiciaire doit requérir les médecins légistes à l’effet d’accomplir des
actes médico-légaux.
Toutefois, à titre exceptionnel, en l’absence de légiste, tout médecin peut être requis dans les
limites de sa compétence.

Lors d’une mission d’auxiliaire de la justice, le médecin ne saurait ignorer « le respect de la vie
humaine, le respect dû à toute personne et à sa dignité ». Afin de répondre à sa mission en
toute objectivité, l’indépendance professionnelle et le secret professionnel doivent être
respectés en toute circonstance.
L’autorité judiciaire n’est pas tenue théoriquement de suivre les conclusions du médecin ;
cependant, elle statue rarement en contradiction avec les termes du rapport qui lui apportent
justement, l’éclairage technique nécessaire pour se prononcer.

LE SECRET MEDICAL
Le secret médical est une obligation destinée à sauvegarder la santé des individus qui
peuvent se confier à un médecin sans que leur maladie ne soit dévoilée à un tiers.

Le secret médical se justifie par l’obligation de discrétion et de respect de la personne d’autrui


afin de créer une relation de confiance entre le médecin et le patient qui se confie à lui.
C’est un devoir professionnel, ce qui fait de lui une question de déontologie et c’est sur lui
que s’est édifiée la morale médicale. Cette tradition du silence remonte au serment
d’HIPPOCRATE, légitimant ainsi l’idée que le secret médical aurait de tout temps existé et se
serait transmis à travers les siècles.

Qui est concerné par le secret médical


➢ Le personnel soignant
- Les médecins traitants, les étudiants en médecine (externe et interne)
- Les dentistes
- Les pharmaciens
- Les sages-femmes, les auxiliaires médicaux (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes,
orthoptistes, orthophonistes, audioprothésistes…)
- Les psychologues, les diététiciens et les assistantes sociales
- Les laborantins, les préparateurs en pharmacie
➢ Le personnel non soignant
● Les médecins qui connaissent l’état de santé d’un patient, en dehors de
tout contexte de soins :
- Les médecins conseils des caisses de sécurité ou de mutualité sociale.
- Les médecins du travail : dont le rôle est surtout préventif. Ils renseignent l’employeur sur
l’aptitude d’un salarié au poste de travail sans le motiver.
- Les médecins experts en matière pénale ou civile.

● Le personnel non soignant :


- La secrétaire médicale connaissant les dossiers des patients
- L’agent hospitalier présent au moment des soins
Toutes ces personnes sont tenues au respect du secret.

Quel est le contenu du secret médical


Le secret couvre l’ensemble des informations concernant la personne et venues à la connaissance
du professionnel de santé, de tout membre du personnel de ces établissements ou
organismes et de toute autre personne en relation de par ses activités avec ces
établissements ou organismes.
En dehors du cadre professionnel, ces personnes sont tenues à une certaine discrétion.
Le secret médical est en principe absolu ; Mais il existe des dérogations :
1- Le droit du malade à connaitre son état de santé :
De manière générale, la jurisprudence considère que le malade a droit à la vérité qu’il
faut lui apprendre avec ménagement et circonspection.
Si le patient est mineur, le médecin doit recueillir son avis et en tenir compte dans la
mesure du possible, et doit s’efforcer de prévenir ses parents ou le représentant
légal et obtenir le consentement.
2- Le secret après la mort :
Les ayants-droit d’un patient décédé peuvent accéder au dossier médical de manière
restreinte, afin qu’ils puissent bénéficier des droits garantis par une assurance.

3- Les dérogations légales :


- Les naissances (code de l’état civil)
- Les décès (code de l’état civil)
- Les maladies contagieuses
- Les certificats d’internement pour malades mentaux
- Cure de désintoxication (alcoolisme et toxicomanie)
- Les toxicomanes
- Les accidents de travail et les maladies professionnelles
- Les pensions militaires et civiles
- Les victimes d’actes subversifs (certificat descriptif des Blessures
- Les certificats de vaccination
- Les sévices sur mineur de moins de 15 ans ou sur une personne incapables
de se protéger en raison de son âge ou de son état psychique ou physique
- Les crimes qui sont entrain ou sur le point de se commettre
- Le médecin qui se défend devant les tribunaux, mais la divulgation doit se
limiter à ce qui est nécessaire à sa défense
4- La dérogation au secret médical en cas de risque encouru
Il s’agit de situations qui posent un problème de conscience au médecin,
notamment lorsque le malade est dangereux pour autrui (trouble de la vue ou
risque d’épilepsie pour un conducteur de voiture, maladie contagieuse non
soumise à déclaration, le V.I.H à l’égard de la famille du malade qui risque d’être
contaminée si le médecin se tait. La jurisprudence n’a pas tranché, mais il semble
que le secret médical doit prévaloir.

Sur quoi repose le secret médical


1- Le serment d’d’Hippocrate :
« Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés… ».
2- La Constitution :
Art.34 : « l’état garantit l’inviolabilité de la personne humaine… »
Art.39 : « la vie privée et l’honneur du citoyen sont inviolables et protégés par la loi ».
3- La loi n°18-11 relative à la santé :
Art.24 : Toute personne à droit au respect de sa vie privée ainsi qu’au secret des
informations médicales la concernant, exception faite des cas prévus expressément
par la loi. Le secret médical couvre l’ensemble des informations parvenues à la
connaissance des professionnels de santé. Le secret médical, peut être levé par la
juridiction compétente.

4- Le Code de Déontologie Médicale :


Art.36 : « Le secret professionnel, institué dans l’intérêt du malade et de la collectivité,
s’impose à tout médecin et chirurgien-dentiste sauf lorsque la loi en dispose
autrement ».
Art.37 : « Le secret professionnel couvre tout ce que le médecin…a vu, entendu, compris
ou lui a été confié dans l’exercice de sa profession ».
Art.38 : « Le médecin …veillera à faire respecter par les auxiliaires les impératifs du
secret professionnel ».
Art.39 : « Le médecin,…doit veiller à la protection contre toute indiscrétion des fiches
cliniques et documents qu’il détient concernant ses malades ».
Art.40 : « Quand le médecin,… se sert de ses dossiers médicaux pour des publications
scientifiques, il doit veiller à ce que l’identification du malade ne soit pas possible.
Art.40 : « Le secret médical n’est pas aboli par le décès du malade, sauf pour faire valoir
des droits ».

5- Le code pénal :
Art.301 : « Les médecins, chirurgiens, pharmaciens, sages-femmes ou toutes autres
personnes dépositaires par état ou profession ou par fonctions permanentes ou
temporaires, des secrets qu’on leur confie, qui hors le cas où la loi les oblige ou les
autorise à se porter dénonciateur, ont révélé ces secrets, sont punis d’un
emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de 20000 à 100000 DA ».

PRINCIPES GENERAUX
DE LA RESPONSABILTE MEDICALE

La responsabilité est l’obligation morale de répondre et d’être garant de certains de ses


actes.
Elle correspond au degré de responsabilité que peuvent encourir les médecins envers les
particuliers ou le public à l’occasion de leur profession.
La responsabilité juridique du médecin comporte deux aspects :
- Un aspect de châtiment ou de sanction du coupable ;
- Un aspect de réparation du dommage causé à la victime.
Il existe 04 types de responsabilité juridique applicable aux médecins :
▪ La responsabilité pénale
▪ La responsabilité civile
▪ La responsabilité administrative
▪ La responsabilité disciplinaire

La responsabilité civile
Le domaine de la responsabilité civile est le domaine de la réparation du dommage.
La preuve est à la charge du malade et comporte trois éléments :
- Un dommage subi par le malade
- Une faute commise par le médecin qui constitue en principe le critère de la responsabilité
civile
- Un lien de causalité entre la faute et le dommage
De 1835 jusqu’avant 1936, la responsabilité civile médicale était de nature délictuelle.
Depuis le 20 mai 1936, elle est devenue de nature civile contractuelle.
Le principe de l’irresponsabilité médicale du médecin a été remis en cause suite à l’évènement
de deux affaires :
Affaire Hélie (1830) : un médecin lors d’un accouchement difficile s’est saisi d’un couteau et ne
pensant qu’à sauver la vie de la mère a amputé les deux membres supérieurs du nouveau-né ;
contre toute attente, le nouveau-né a survécu. Ses parents se sentant incapables de survenir
à ses besoins ont demandé des dommages et intérêts qu’ils ont obtenus, malgré l’avis de
l’académie de médecine qui prônait le principe de l’irresponsabilité absolue du médecin.
Cinq années plus tard, le 18 juin 1835, la Cour de cassation rendit un Arrêt de principe en déclarant
que les articles 1382 et 1384 (art. 124 à 133 du code civil algérien) s’imposent et c’est ainsi
que s’installa la responsabilité médicale dans le domaine délictuel.
1°/ LA RESPONSABILITE CIVILE MEDICALE DELICTUELLE
Les délits (intentionnels) et quasi-délits (non intentionnels) sont des faits illicites contraires au droit ; Le malade
peut ainsi obtenir désormais réparation en apportant la preuve qu’une faute médicale a été la cause du
dommage qu’il a subi.
a/ Différents cas de responsabilités délictuelles existent :
- Responsabilité résultant de l’acte personnel de l’auteur du dommage
- Responsabilité du fait de personnes dont on doit répondre donc responsabilité de l’acte d’autrui
- Responsabilité du fait des choses.
b/ Mise en jeu de la responsabilité délictuelle :
- Une faute du médecin : on utilise les expressions comme : « faute lourde, négligence inexcusable,
imprudence,
légèreté, méprise grossière ignorance »
- Un dommage pour le patient : le préjudice à réparer doit être certain, direct et personnel
- Un lien de causalité entre la faute et le dommage : seuls les dommages en lien direct et certain avec la faute
doivent être réparés par l’auteur.
c/ Les conséquences de la responsabilité délictuelle :
La victime doit introduire son action en réparation dans un délai de 03 ans (art.8 du code de procédure pénale) ;
mais la victime risque d’être lésée car une faute médicale peut avoir des conséquences dommageables plus
de 03ans après avoir été commise.
2°/ LA RESPONSABILITE CIVILE MEDICALE CONTRACTUELLE
Pour palier aux inconvénients de la responsabilité délictuelle : faute à la charge de la victime, prescription triennale
et pour permettre une réparation plus facile des dommages, les relations entre médecin et malade furent
analysées comme étant d’ordre contractuel (Art. 54 du code civil algérien) suite à l’affaire Mercier ;
A la suite d’une affection nasale, Mme Mercier s’adressa au Dr Nicolas radiologue, qui lui fit subir un traitement
radiothérapique à la suite duquel, se déclencha une radiodermite quatre années après le fait médical
dommageable. De ce fait, elle encourait une forclusion en demandant réparation (puisque le délai de
prescription est de trois ans dans le domaine délictuel).
Pour pallier à cet inconvénient, la Cour de cassation en date du 20 mai 1936, fit basculer la responsabilité médicale
du domaine délictuel au domaine contractuel.
a/ Le concept du contrat de soins entre le médecin et son patient :
-Verbal (aucun écrit n’est nécessaire)
-Tacite (muet, sans mot)
-Synallagmatique (symétrique)
-Civil (régi par le code civil)
- Résiliable (nul ne peut être considéré comme engagé indéfiniment)
b/ Les quatre conditions de la formation du contrat médical
- La capacité du contractant
- Le consentement des parties
- La licité de l’objet du contrat
- La licité de la cause du contrat
c/ Les obligations
Pour le médecin, il s’agit d’obligation de moyens, de prudence et de diligence conformes aux données
acquises actuelles de la science. Le médecin n’est donc pas tenu à une obligation de résultat.
L’action en réparation s’inscrit pour 15 ans à partir de la date où l’acte dommageable a été commis (art.308 du code
civil).

LA RESPONSABILITE DE L’HOPITAL PUBLIC


La responsabilité de l’hôpital public peut être engagée chaque fois que le patient estime qu’il n’a pas reçu les soins
que nécessite son état de santé. Le malade n’exige pas qu’il soit guéri ou amélioré mais au moins que son
état de santé ne soit pas aggravé du fait des soins prodigués par l’administration hospitalière.
Le statut du médecin à l’hôpital public :
Le médecin hospitalier est un agent public de l’hôpital, il n’est pas lié par contrat avec les malades à l’inverse de ses
confrères libéraux. La faute médicale dommageable imputable aux praticiens exerçant dans les
établissements publics engage la responsabilité de l’hôpital.
Le contentieux entre médecin hospitalier et malade relève de la compétence des juges administratifs.
La faute médicale à l’hôpital public :
a- Les exigences classiques : jusqu’en 1992, le juge administratif retenait la responsabilité de l’hôpital
public pour faute qu’en cas de faute médicale lourde et en cas de faute simple dans l’organisation et le
fonctionnement du service public.
La responsabilité du médecin engageant la responsabilité de l’hôpital, ne pouvait être recherchée que si le
médecin avait commis une « faute lourde », c'est-à-dire une violation flagrante, délibérée malveillante
des devoirs du médecin.
b- La jurisprudence actuelle :
▪ l’Arrêt Vergos du 10 avril 1992 a remplacé la notion de « faute lourde » par la notion de « faute
médicale » sans autre précision, engageant ainsi la responsabilité de l’hôpital sur la base d’une
faute simple (ex. péridurale mal effectuée entrainant des séquelles).
▪ La responsabilité pour présomption de faute : l’Arrêt Cohen du 9 décembre 1988 a introduit
dans le droit administratif hospitalier la notion de présomption de faute qui est invoquée
devant un dommage inexplicable excluant toute « faute médicale » et se rapportant par
présomption à des actes de soins courants. La portée de cet Arrêt permet la réparation du
dommage en cas d’infections nosocomiales, d’infections virales (VIH et hépatites), de troubles
graves lors d’une anesthésie de transfusion de sang contaminé…
▪ La responsabilité « sans faute » : l’Arrêt Gomez de la Cour d’appel administrative 21décembre
1990 et l’Arrêt Bianchi du conseil administratif du 9 avril 1993 ont médiatisé la notion d’ « Aléa
Thérapeutique ».
La responsabilité sans faute au titre de risque diagnostic ou thérapeutique appelé « Aléa
Thérapeutique » ne peut être engagé que si :
- L’acte médical est nécessaire au diagnostic et/ou au traitement
- Le risque inconnu ou connu est de survenue exceptionnel
- Le dommage est particulièrement grave
- L’état antérieur ne pouvait faire suspecter ou craindre la survenue du risque
- Le lien de causalité entre l’acte et le dommage doit être direct et certain.
▪ La faute personnelle détachable du service public : traduit une violation flagrante des
obligations ou devoirs professionnels et déontologiques

La responsabilité pénale
Le médecin peut être traduit devant la justice répressive pour les actes accomplis dans le cadre de sa
profession quelles que soient les modalités : médecine libérale, salariée ou public.
Les incriminations pénales peuvent être : un crime, un délit ou une contravention.
Le délai de prescription est de : 10 ans pour le crime (art.7 du code de procédure pénale)
03 ans pour le délit (art.8 du code de procédure pénale)
02 ans pour la contravention (art.9 du code de procédure pénale)
La responsabilité est fondée sur : un texte général qui est le code pénal algérien
un texte particulier qui est la loi relative à la santé
Dans la responsabilité pénale du médecin, le médecin peut être traduit devant les tribunaux répressifs
lorsqu’il a commis : - des infractions concernant l’acte médical tels que :
▪ Le délit d’abstention fautive
▪ Le délit d’avortement
▪ L’homicide volontaire
▪ L’euthanasie
▪ La castration
▪ Coups et blessures involontaires
- Des infractions concernant la profession médicale telles que :
▪ Les atteintes au secret médical
▪ Les faux certificats médicaux
▪ L’exercice illégal de la médecine

LE DELIT DE NON ASSISTANCE A PERSONNE EN PERIL


La non assistance à personne en péril ou à personne en danger est définie par l’article 182 du code pénal
algérien, au terme duquel : est puni celui qui ayant connaissance du péril encouru par une personne ne lui
porte pas assistance.
Ce délit résulte d’une indifférence au sort d’autrui puisque le défaut d’assistance résulte d’une abstention
voulue face au péril auquel a été exposé autrui.
La personne à secourir :
C’est une personne (tout être humain de la naissance à la mort) en péril.
Le péril peut être défini comme une situation critique qui a de graves conséquences pour la vie, la santé
ou l’intégrité physique de la personne. Pour la jurisprudence, « le péril doit être imminent, constant et de
nature à nécessiter une intervention immédiate ». Le caractère imminent n’existe plus lorsque la victime
est décédée.
Le péril doit être réel et non éventuel, ni hypothétique, ni imaginaire. Il peut avoir diverses causes : une
maladie, un accident, une agression… ; il peut venir de la victime elle-même qu’il faut néanmoins aider.
Enfin, le péril doit être soudain et imprévisible.
La personne qui doit secourir :
Cette personne doit avoir une connaissance personnelle du péril et doit avoir conscience de la nécessité
d’intervention ; le refus d’agir suppose la connaissance du péril.
Cette personne peut avoir une connaissance indirecte du péril : exemple si le médecin est averti de l’état
inquiétant d’un patient par un tiers, il doit s’informer précisément de l’état du patient, sinon, il doit se
déplacer pour apprécier lui-même l’utilité de son intervention. De même, un médecin appelé devant une
situation de personne en péril, il ne peut prétexter qu’il doit aviser le médecin traitant avant d’intervenir ;
il doit intervenir dés qu’il est averti.
Enfin, la situation ne doit présenter aucun danger pour la personne qui doit secourir ainsi que pour le
patient.
On doit en priorité agir par soi-même ;si l’on craint une inefficacité ou une maladresse, il convient de faire
appel à des secours. Mais si on intervient par soi-même et que l’on commet une maladresse, ce n’est pas
le résultat qui compte au regard de la justice mais c’est la volonté. Ainsi, c’est l’abstention et le défaut
d’assistance volontaire qui est condamnable si l’on ne courait aucun risque à porter secours.

L’obligation d’assistance est une obligation de moyens. La loi, sans exiger un résultat, impose une
obligation d’assistance appropriée, utile et suffisante.

LE CONTRAT DE SOINS

L’acte médical est l’acte de soins pratiqué par un médecin qu’il soit à visée préventif (vaccination),
diagnostique (clinique, radiologique, biologique…), curatif (antibiothérapie …), palliatif (antalgique…) ou
de réadaptation (rééducation). L’acte médical a plusieurs dimensions :
- Technique : concernant le savoir et le savoir-faire du soignant
- Psychologique : concernant les aspects affectifs de la relation soignant-soigné
- Juridique : concernant les bases légales de la relation médecin-malade
- Déontologique et éthique : concernant les droits et devoirs du soignant et du soigné

Fondement juridique du contrat de soins :


L’acte de soins est la traduction médicale pratique du contrat de soins ou contrat médical.
Un contrat est « une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes s’engagent entre elles à faire
ou ne pas faire quelque chose ».
Historiquement, la notion de contrat de soins remonte à une décision judiciaire : l’Arrêt Mercier du 20
mai 1936 « entre le médecin et son patient, s’établit un véritable contrat qui engage le praticien sinon de
guérir son malade, du moins de lui donner des soins non pas quelconques, mais consciencieux, diligents
et attentifs et conformes aux données actuelles de la science (réserves faites de circonstances
exceptionnelles) ».
Particularités du contrat de soins :
- Tacite : sous-entendu implicite
- Verbal : oral parfois écrit quand le consentement écrit du patient est requis
- Personnel : engagement du soignant et du soigné
- Synallagmatique : entrainant des obligations réciproques
- Civil : par opposition à commercial puisqu’il concerne le corps humain qui est hors du commerce
- Onéreux : impliquant des frais ‘honoraires
- Résiliable : nul ne peut être engagé définitivement
Conditions de validité du contrat de soins :
Quatre conditions sont nécessaires : le consentement : libre, conscient et éclairé par une information
simple, claire et intelligible au patient.
la capacité au consentement : l’âge minimal pour le consentement
est l’âge de la majorité civile qui est de 19 ans. Pour le malade mineur, le consentement du tuteur légal
est nécessaire ; le contractant doit aussi être mentalement apte à consentir sinon il ne sera pas
juridiquement capable de consentir (incapable majeur), ce qui nécessitera l’intervention d’un tuteur légal.
Pour le médecin, seule la question de l’aptitude à exercer la profession médicale est exigée.
l’objet du contrat (but du contrat) : doit être licite
la cause du contrat (raison de l’obligation du contrat)
Obligations nées du contrat :
Pour le médecin : -obligation de moyens correspondant à l’obligation de faire tout ce qu’on peut, en
utilisant les moyens actuels et disponibles pour soigner les malades.
-Obligation de dispenser des soins attentifs, consciencieux et conformes aux données
actuelles de la science (diligence et prudence).
L’obligation de résultat intervient dans des cas exceptionnels tels que : la chirurgie esthétique,
l’interprétation des examens complémentaires simples…
Pour le patient : il doit se conformer aux prescriptions du médecin et payer les honoraires (dans le cadre
de l’activité libérale).

Le consentement du patient n’est pas requis pour l’exécution de l’acte de soins dans deux
situations :
- La dangerosité telle que la maladie mentale, constituant un risque pour le patient lui-
même (conduite suicidaire) ou pour les tiers (risque d’actes criminels suite à un
trouble psychiatrique grave).
- L’urgence extrême où la vie du malade est en danger et où il faut intervenir
conformément aux dispositions légales et déontologiques sur les soins et secours à
apporter à une personne en danger (hystérectomie d’hémostase,…).

…………………………………o……………………………………….

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