Resume Des Romans
Resume Des Romans
L’Afrique, berceau de l’humanité, l’Afrique de l’harmonie, l’Afrique des contes sous l’arbre à
palabre, l’Afrique du chant et de la danse, donc du rythme, l’Afrique terre paradisiaque connut
un ma n une clameur qui réveilla le con nent d’est en ouest, du nord au sud. Un vautour d’une
voix lugubre troubla le silence de la nuit. Comme le dit Cheick Hamidou KANE, « ceux qui
n’avaient point d’histoire rencontraient ceux qui portaient le monde sur leurs épaules et ce fut
un ma n de gésine(en train d’accoucher, un ma n de souffrance). Le fait s’accomplit avant
même qu’on prit conscience de ce qui arrivait. Ceux qui avaient comba u et ceux qui s’étaient
rendus, ceux qui avaient composé et ceux qui s’étaient obs nés se retrouvaient le jour venu de
recenser, repar r, classer, é queter, administrer. » De ce e triste ma née, la mère Afrique, ses
filles et ses fils subiront spolia ons, vols, viols, traités, accultura ons, servilisme, et cela des
décennies durant. Brisés dans leur amour propre, trainés dans la boue et honnis, assoupis,
domes qués, chris anisés, les fiers guerriers des savanes ancestrales, une arme à la main et un
poème dans la poche réagiront. Ainsi, comme le dit Jean-Paul SARTRE, « Insulté, asservi il (le
noir) se redresse, il ramasse le mot nègre qu’on lui a jeté comme une pierre et il veut rendre la
monnaie. »
La li érature nègre ainsi lancée grâce à la négritude, quels seront ses genres, ses thèmes, ses
engagements, ses orienta ons et ses perspec ves ?
1_ DE LA LITTERATURE AFRICAINE
1_2_QUELQUE DEFINITIONS
Pour Léopold Sedar SENGHOR, « la li érature est un instrument efficace de libéra on mais aussi
une arme décisive contre l’abâtardissement, la barbarie et l’anarchie culturelle imposée aux
Africains à travers d’une part l’esclavage aux conséquences fâcheuses et la colonisa on,
véritable exploita on, spolia on, mains basses d’autre part. » Dès lors, la li érature est
l’ensemble des œuvres écrites ou orales qui dépassent le cadre de la simple communica on des
échanges de messages pour a eindre les valeurs morales et celles socio-africaines. La li érature
nègre est tout simplement l’expression de sa vision du monde.
3_ LA NEGRO-RENAISSANCE
C’est un mouvement né à Harlem (quar er américain). Ce e renaissance nègre se manifeste à
travers Black soul de W.E.B DU BOIS en 1903. Il dénonce dans ce e œuvre, la situa on
scandaleuse faite aux Noirs. Accompagné d’hommes de culture comme Langston HUGUES,
Countee CULLEN, Claude MAC KAY, ils lu èrent contre le racisme, l’oppression, l’injus ce ; ils
affirmèrent la spécificité des cultures noires dans leurs écrits. Le Jamaïcain Claude MAC KAY
publia Banjo en 1928 dans lequel il condamne le racisme et l’aliéna on du noir. Langston
HUGUES publia en 1926 Weary blues. Il a beaucoup influencé les écrivains noirs de France. Ses
poèmes traduisent les ennuis, la solitude, la faim et le chagrin des noirs. Le docteur Haï en Jean
PRICE, dans son œuvre in tulée Ainsi parla l’oncle Sam essaye de recenser tous les problèmes
causés à la culture noire. Avec certains intellectuels Haï ens, PRICE, dès les années 1920
revalorisent la tradi on noire. PRICE abou t au fait que l’héritage ancestral de son île est pour
les 8/10 un don de l’Afrique. Nous pouvons citer aussi Jacques ROUMAIN et surtout le Guyanais
René MARAN qui publia Batouala, véritable roman nègre en 1921. Ce roman crée en France un
énorme scandale parce qu’il dénonçait les exac ons commises par l’administra on française
dans la colonie de l’Oubangui-Chari (actuelle Centrafrique). L’œuvre affirme la dignité de
l’homme noir et ob ent le Prix Goncourt la même année. Cependant son auteur fut révoqué de
son poste de fonc onnaire colonial à Bangui. La réputa on de Batouala gagna l’Amérique où il
fut traduit et salué par les écrivains de la Négro-Renaissance. SENGHOR dira plus tard que « c’est
René MARAN, le premier à exprimer l’âme noire avec le style nègre en français. » A travers les
écrits de ces premiers écrivains, nous constatons une dénoncia on de la situa on de l’homme
noir et des humilia ons qu’il subit. Il fallait donc affirmer la dignité de l’homme noir non plus en
fonc on de sa ressemblance avec le monde blanc mais en tant que noir. Cela cons tuera le
leitmo v de ce premier mouvement noir. Les étudiants noirs en ers, africains et malgaches se
rencontrèrent à Paris autour des années 1930 pour me re en place une stratégie indispensable
à la lu e pour la reconquête de la dignité de l’homme noir : c’est le début de la Négritude.
4_ LE MOUVEMENT DE LA NEGRITUDE
En 1931 parut la revue du Monde Noir fondée par le docteur Haï en E enne LERO. Ce e revue
fut la première tribune où quelques Noirs eurent enfin l’occasion de s’exprimer pour déba re
des problèmes spécifiques. Certains intellectuels noirs sont à Paris : le Mar niquais Aimé
CESAIRE, le Sénégalais Léopold Sedar SENGHOR et Léon Gontran DAMAS ont pu rencontrer les
poètes et les romanciers de la renaissance nègre. En 1932 parut Légi me Défense, une revue
des étudiants noirs. Ce e revue est délibérément provocante et indiquait la voie à suivre par
l’étudiant noir : la véritable li érature nègre ne pouvait passer que par une libéra on du
prolétariat noir. Ce fut malheureusement l’unique numéro. Ce e lu e con nua pourtant sous
diverses formes et cela va engendrer la naissance en 1934 d’un autre journal (pe t périodique
corpora f de combat) in tulé l’Etudiant noir. Ce journal rassemble pour la première fois des
noirs venus d’horizons divers. Parmi les fondateurs de ce journal on peut retenir CESAIRE,
SENGHOR et DAMAS. Ces derniers furent aidés par Biraogo DIOP et Ousmane Socé
DIOP.L’Etudiant noir confirme le moment de l’affirma on de l’iden té culturelle noire, le rejet
des valeurs occidentales ; c’est donc l’époque du retour à la source, de la négritude triomphante
ainsi définie par SENGHOR comme « l’ensemble des valeurs du monde noir. » On doit donc à ces
écrivains les premières grandes œuvres de la li érature négro-africaine de langue française et
on peut les considérer comme les fondateurs du mouvement de la Négritude qui a par cipé à
l’émancipa on tant poli que que culturelle de l’Afrique francophone. La Négritude est
l’expression d’une race opprimée. Aimé CESAIRE parle dans son Cahier d’un retour au pays natal
de « la négritude mesurée au compas de la souffrance.» La négritude est aussi la manifesta on
d’une manière d’être originale. Pour SENGHOR, « pour asseoir une révolu on efficace, notre
Révolu on, il nous fallait d’abord nous débarrasser de nos vêtements d’emprunt-ceux de
l’assimila on-et affirmer notre être, c’est-à-dire notre négritude. » Et à CESAIRE d’ajouter en
écho dans le Cahier d’un retour au pays natal :
Ma négritude n’est pas une taie d’eau morte
Sous l’œil mort de la terre
Ma négritude n’est ni une tour ni une cathédrale
Elle plonge dans la chair rouge du sol
Elle plonge dans la chair ardente du ciel
Elle troue l’accablement opaque de sa droite pa ente.
Ensuite la négritude peut être définie comme un instrument de lu e. Pour SENGHOR, « la
négritude n’est pas une pièce de musée mais l’instrument efficace de libéra on. »
Enfin la négritude est un ou l esthé que. Quand CESAIRE, ne qui ant jamais, ou presque le
terrain poli que et sociologique définit la négritude comme « la conscience d’être noir, la simple
reconnaissance d’un fait qui implique une accepta on, une prise de conscience de son des n de
noir, de son histoire et de sa culture », SENGHOR y voit une forme d’expression spécifique
fondée sur le rythme et le ton : « la monotonie du ton c’est ce qui dis ngue la poésie de la
prose, c’est le sceau de la négritude, l’incarna on qui fait accéder à la vérité des choses
essen elles. » Ainsi dit, la négritude sera selon SENGHOR « le patrimoine culturel, les valeurs et
surtout l’esprit de la civilisa on négro-africaine. »Selon Jean-Paul SARTRE, « la négritude est la
néga on de la néga on du nègre. » C’est le refus d’une néga on qui faisait du nègre un sous
homme, le nègre à qui on avait répété qu’il était un être inférieur et qui avait fini par le croire,
redresse la tête, refuse le jugement d’autrui et s’affirme comme un être humain à part en ère.
Ce sursaut historique va se traduire par la ferme volonté de réhabiliter les cultures nègres, d’en
montrer la grandeur et la beauté.*Quelques auteurs de la négritude et leurs œuvres Aimé
CESAIRE (1913-2008), Cahier d’un retour au pays natal, Paris, Présence africaine, 1939. Léopold
Sedar SENGHOR (1906-2001), Chants d’ombre, Paris, Seuil, 1945. Hos es noires, Paris, Seuil,
1948. Léon Gontran DAMAS (1912-1978), Pigments, Paris, Guy Lévis Mano, 1937. René MARAN
(1887-1960), Batouala, Paris, Albin Michel, 1921. Ousmane Socé DIOP (1911-1978), Mirages de
Paris, 1937. Biraogo DIOP (….-….), Les contes d’Amadou Koumba, Paris, Fasquelle, 1947.
4_ LA CONTRE-NEGRITUDE
L’ambi on des chantres de la négritude est noble, l’ac on grandiose et louable mais l’arbre ne
doit pas cacher la forêt. La montagne accouchera d’une souris et une promo on de jeunes
refusant de suivre les ainés ne manquera pas de mots pour cri quer de façon virulente les
concepteurs de ce e doctrine. Ce groupe se compose d’éminentes personnalités comme Wolé
SOYINKA, Frantz FANON, Chinua ACHEBE, Stanislas ADOTEVI, Cheick Hamidou KANE, Yambo
OUOLOGUEM, [Link] jeune généra on refusera de s’aligner derrière les chantres de la
négritude. Pour SOYINKA, « le gre ne proclame pas sa trigritude, il bondisur sa proie, la tue et la
mange. » Il est accompagné dans sa pensée par ADOTEVI qui es me que « c’est de l’acte même
de créer que le créateur se définit. Seul compte le résultat, c’est-à-dire la valeur, la beauté de
l’œuvre. Faire de la réclama on le thème de son discours c’est avouer son impuissance et s’y
complaire dangereusement. La négritude est une li érature de faibles exaltant leur défaite ou
leur pressen ment ou l’alibi du manque de talent, un geste vide et un manifeste sans
manifesta on. » En somme, ces écrivains es ment que la négritude est une idéologie
dangereuse à double tre. Pour eux, la négritude a un caractère d’abstrac on manichéiste dû à
sa dimension roman que, sugges ve et narcissique faisant de l’Afrique un symbole utopique
d’innocence, de pureté figée dans la dimension du mythe. Finalement, pour ces cri ques, la
négritude cons tue un discours inopérant.
CONCLUSION GENERALE
Héritage de la colonisa on, la li érature négro-africaine est récente. Malgré son jeune âge, elle
est très diversifié et riche. Ce e li érature a été émaillée par plusieurs faits tant sur le plan
poli que que socioculturel. Etudier la li érature négro-africaine, c’est recons tuer son histoire
pour magnifier sa grandeur et surtout pénétrer dans la douleur des plaies de l’esclavage, de la
colonisa on qui tardent à se cicatriser. Les écrivains à travers leurs œuvres vont dénoncer ces
différents torts faits à l’égard de la race noire. Aujourd’hui, l’Afrique doit panser ses plaies et se
tourner vers l’avenir. A l’heure de la mondialisa on, les écrivains vont à travers leurs œuvres,
par ciper à l’édifica on d’une Afrique digne. La li érature négro-africaine étant à la croisée des
chemins, l’amour des deux cultures, africaine et européenne doit contribuer à espérer un «
modus vivendi », plutôt que de laisser place à une « bâtardise », comme le disait Ahmadou
KOUROUMA. Nous osons croire que le français et les langues africaines trouveront un terrain
d’entente, et choisiront enfin une poli que de véritable collabora on ; et de profond respect
dans leurs différences.
Chapitre 1
L'enfant qui fait l'objet du tre de l'ouvrage nous y est présenté pour la première fois sous le
signe du serpent, l'animal totem de son père et du clan des forgerons.
Outre la descrip on des lieux de son enfance-la concession, l'atelier du père, la case de la mère,
celle du père et de la véranda a enante où il aime à jouer-, le chapitre évoque la lente ini a on
de l'enfant aux significa ons du serpent, animal dangereux sauf à en adopter, comme son père,
le bon spécimen.
Le pe t serpent noir que caresse son père à la fin du chapitre est l'animal totem du clan des
forgerons, dont l'enfant se demande s'il héritera, ou s'il lui préférera le chemin de l'école.
Chapitre 2
Une femme ayant besoin d'un nouveau bijou pour une fête religieuse arrive chez le père du
narrateur, qui est orfèvre, avec un griot qui est censé inspirer l'ar san. Suivant les exigences
rituelles, le père s'est purifié le ma n même, prévenu par son génie de la tâche qu'il aurait à
accomplir ce jour-là. L'enfant apprécie la transforma on quasi magique de l'or en bijou et
l'extraordinaire travail de son père, qui est aidé dans sa tâche par la présence du pe t serpent
noir. La femme à qui le bijou 8est des né s'émerveille devant le spectacle elle aussi, mais la
mère du narrateur ne partage pas l'admira on de celle-ci, croyant au contraire que le travail de
l'or ne peut que nuire à la santé de son mari.
Chapitre 3
La visite à la concession son oncle Lansana représente un moment privilégié pour l'enfant, qui
fait le voyage de Kouroussa à Tindican accompagné du frère cadet de celui-ci. Ce voyage se
caractérise par des dialogues enjoués qui aident l'enfant à supporter la difficulté de marcher si
longtemps et finit par l'accueil de l'enfant par sa grand-mère.
L'enfant passe son séjour à Tindican à bien manger, à jouer avec les autres enfants, et à aider
ceux-ci à chasser les oiseaux et les autres bêtes des champs cul vés. Le narrateur se dis ngue
des autres enfants par ses habits d'écolier. La journée se termine par un repas de famille où
Lansana, enfin rentré des champs, se montre bienveillant vis-à vis du pe t.
Chapitre 4
La moisson du riz du mois de décembre est un effort communautaire puisque toutes les familles
font la récolte générale le même jour. Les hommes sont responsables de la moisson proprement
dite; les femmes, de leur côté, sont responsables de nourrir les travailleurs et les enfants. La
moisson est présentée comme un événement joyeux auquel la communauté par cipe avec
allégresse, chantant et travaillant au rythme du tam-tam.
Quant au narrateur, il par cipe à la moisson en aidant son jeune oncle. Son travail consiste à
prendre les bo es d'épis récoltées par son oncle, les débarrasser de leurs ges, les égaliser, et
porter les gerbes au milieu du champ. Le narrateur reconnaît la dureté du travail et voudrait bien
manier à son tour la faucille, mais son oncle l'aver t que ce travail de faucheur ne sera sans
doute jamais le sien.
Chapitre 5
On apprend que, revenu à Kouroussa, le narrateur demeure chez sa mère, à la différence de ses
frères et sœurs, qui dorment chez leur grand-mère paternelle. C'est dans ce chapitre que le
narrateur nous fait le portrait de sa mère, une femme généreuse qui est chargée de la
prépara on de la nourriture, de l'éduca on des enfants. Elle traite les appren s de son mari
comme ses propres enfants, les nourrissant et s'occupant de tous leurs besoins.
Ce e femme se dis ngue non seulement par sa naissance noble et son air d'autorité, mais
surtout par ses pouvoirs spéciaux qui lui viennent de sa posi on de puînée de jumeaux et du
totem familial, le crocodile. Elle a une influence remarquable sur les animaux et peut puiser dans
l'eau du Niger sans craindre l'a aque des crocodiles. Le narrateur apprécie les prodiges
effectués par sa mère tout en reconnaissant, de son point de vue adulte, leur nature fabuleuse.
Chapitre 7
Le rite de Kondèn Diara cons tue la première épreuve de l'ini a on des jeunes incirconcis au
monde adulte. Le soir de la veille du Ramadan, les enfants à ini er sont cueillis par une troupe
hurlante, et par cipent tous à une fête communautaire, après laquelle ils subissent tous la
cérémonie des lions dans un lieu sacré de la brousse. Le narrateur confie au lecteur la peur
éprouvée lors de ce e nuit, peur de l'inconnu, mais aussi des rugissements de lions invisibles aux
enfants. A l'aube, l'instruc on finie, les enfants découvrent de longs fils blancs couronnant
toutes les cases de la concession et se rejoignant au somment d'un énorme fromager. Le
mystère de l'installa on de ces fils aussi bien que la source du rugissement des lions sont révélés
par le narrateur, éloigné de son pays natal et peu soucieux des secrets de sa communauté
natale.
Chapitre 8
Préparés par le rite de Kondèn Diara, les garçons de douze, treize et quatorze ans subissent
ensuite la cérémonie de la circoncision, épreuve caractérisée par la douleur aussi bien que par la
peur. Après une semaine de prépara ons fes ves pendant lesquelles les garçons, habillés de
boubous cousus et de bonnets à pompon, reçoivent des cadeaux et dansent à maintes reprises
le coba, danse réservée aux futurs circoncis, ceux-ci sont conduits sur une aire circulaire où
l'opérateur accomplit sa tâche avec rapidité. S'ensuit une quarantaine de quatre semaines
pendant lesquelles les jeunes gens sont soignés par un guérisseur et la vue des femmes leur est
interdite. Le narrateur reconnaît l'importance de la sépara on rituelle entre mère et fils et finit
par habiter sa propre case en face de celle de la case maternelle.
Chapitre 9
Ce chapitre commence par le récit des adieux à Kouroussa: le narrateur décrit ses adieux à sa
mère, à son père, à ses frères et ses sœurs. Le départ du jeune homme est marqué par le
déchirement et la tristesse du narrateur, qui est accompagné à la gare par ses frères et sœurs,
Fanta, et des griots.
La deuxième moi é du chapitre commence par le voyage du narrateur, avec une descrip on
détaillée des sen ments du narrateur lors de ce voyage. Pendant ce voyage, il passe par Dabola,
Mamou et Kindia. Etant arrivé à Conakry, capitale de la Guinée, le narrateur réside avec son
oncle et ses deux femmes. Il raconte les premiers jours d'école aussi bien que sa conversa on
avec son oncle sur les vertus des différentes écoles et carrières. Malgré ses hésita ons, le
narrateur reste au Collège Georges Poiret. Le chapitre se termine par le bilan de sa première
année à Conakry.
Chapitre 10
Lors de sa deuxième année de collège, le narrateur voit régulièrement son nom au tableau
d'honneur. C'est pendant ce e période qu'il rencontre Marie, qui passe ses dimanches chez
l'oncle du narrateur. Selon lui, ils partagent une sorte d'ami é profonde, mais le lecteur sent
bien que leurs émo ons sont plus fortes que celles d'une simple ami é. Les tantes du narrateur
taquinent les deux jeunes gens, parlant de leurs futures fiançailles. Les deux passent beaucoup
de temps ensemble, à dansant, écouter de la musique, se promener à bicycle e, etc. A la
maison, le narrateur a end qu'on le serve, tandis que Marie aide au ménage.
Chapitre 11
Durant ses années de collège, le narrateur retourne régulièrement à Kouroussa pendant les
vacances scolaires. A chaque retour il peut apprécier les efforts de sa mère pour rendre sa case
plus «européenne» et correspondre à son éduca on. Lors de ces visites, le narrateur reçoit ses
amis et même de jeunes femmes séduisantes dont sa mère désapprouve la fréquenta on. En
fait le narrateur se plaint de la «tyrannie» de sa mère qui surveille tous ses mouvements, même
lorsqu'il dort.
Le chapitre est surtout le récit de la grande ami é du narrateur avec Kouyaté et Check, ses
camarades d'enfance. A la fin de sa deuxième année le narrateur rentre à Kouroussa et découvre
que Check est très malade. La mère de celui-ci consulte les guérisseurs, qui recommandent des
massages et des sanes; Kouyaté insiste plutôt que Check aille voir un médecin au dispensaire.
Malgré tous les efforts de sa mère et de ses amis, Check meurt en présence de Kouyaté et du
narrateur. Celui-ci connaît ainsi son premier grand deuil.
Chapitre 12
Ayant reçu son cer ficat d'ap tude professionnelle, le narrateur a l'occasion d'aller étudier en
France avec l'aide d'une bourse scolaire. La mère du narrateur refuse absolument de considérer
ce e idée; son père y est plus ouvert et encourage son fils à par r pour son propre bien et pour
qu'il puisse revenir aider son peuple. La mère finit par comprendre qu'elle ne peut pas empêcher
le départ de son fils, mais sa tristesse est profonde.
Un jour, donc, le narrateur se retrouve dans un avion qui part pour Dakar, où il laissera Marie qui
va y poursuivre ses propres études. De Dakar il prendra un autre avion pour aller à Orly, d'Orly il
ira à la gare Saint-Lazare en métro, et finalement à Argenteuil. Le narrateur promet de revenir,
mais son dernier geste est de palper le plan du métro de Paris qui gonfle sa poche.
I. INTRODUCTION
Les Soleil des indépendances est l’illustra on parfaite de la crise sociale qui affecte le groupe
Malinké. Les Malinkés détenaient les pouvoirs poli que et économique de tout le Horodougou
jusqu’à l’arrivée des français. L’implanta on de la colonisa on avec ses corollaires entraînera la
ruine des représentants Malinkés. Il s’est posé dès lors des querelles entre les nouveaux et les
anciens dirigeants.
Le roman présente des éléments autobiographiques, Kourouma lui-même est un prince malinké
par ses origines. Aussi a-t-il pu s’inspirer de sa vie pour composer le personnage de Fama. Ainsi
ressemblait-il beaucoup à Fama et Balla, autres personnages authen ques du roman. Les
éléments de la réalité sont très présents dans le texte, et il s’y ajoute des éléments historiques.
1. Résume
Fama, prince malinké, dernier descendant et chef tradi onnel des Doumbouya du Horodougou,
n’a pas été épargné par le vent des indépendances, même du fait de son statut. Habitué à
l’opulence, les indépendances lui ont légué pour seul héritage l’indigence et le malheur, une
carte d’iden té na onale et celle du par unique. Par vivre avec sa femme Salimata loin du
pays de ses aïeux, Fama en quête d’aumône, se verra obligé d’arpenter les différentes funérailles
afin d’assurer son quo dien. Bien qu’incapable de lui donner une progéniture pour perpétuer le
règne des Doumbouya, celle-ci s’adonnera corps et âme au pe t commerce afin de faire vivre
son ménage. Excisée puis violée dans sa jeunesse par le marabout fé cheur Tiécoura, elle
gardera à jamais le souvenir atroce de ses moments où elle a souffert. Quelques temps après, à
la mort de son cousin Lacina, Fama devait lui succéder sur le trône de la capitale de Nikitaï,
Togobala. Son retour lui fait découvrir son histoire, la gloire de sa lignée et de son insignifiant
héritage, pour une dynas e naguère riche, prospère et respectée. Malheureusement, les
indépendances bouleversèrent tout, au système poli que et à la chefferie. Fama décida
toutefois de vivre en République des Ebènes en compagnie de sa seconde épouse Mariam qui
est legs de son cousin Lacina. Malgré les conseils du fé cheur et esclave affranchi Balla, Fama se
mit en route pour la République durant une instabilité poli que. Accusé de complot visant à
assassiner le Président et de renverser le régime, il fut arrêté puis enfermé avant d’être jugé.
Condamné à vingt ans puis libéré dans la dignité totale d’un homme libre que s’éteignit avec
Fama toute une dynas e et son histoire.
2. Composi on
Le roman s’ar cule autour de trois par es. La première s’étend sur deux chapitres, la seconde
sur cinq et la troisième. L’ar cula on de l’ensemble est assurée par les retours en arrière, les
ellipses et les an cipa ons, ponctués de vrais âges.
1. La ville et le village
La descrip on de la ville laisse transparaître la volonté d’opposer symboliquement la condi on
des Noirs et celle des Blancs. D’un côté nous avons l’opulence des bâ ments en bétons, de
l’autre la pauvreté des cases. Le village de Togobala cons tue pour Fama le lieu des survivances
des coutumes et des tradi ons, le lieu du souvenir et du retour aux sources. Mais durant ce e
période des indépendances, le village n’offre pas d’espoir ni de perspec ve, aussi Fama
préférera retourner en ville.
2. La stérilité
La stérilité est brossée dans le texte à travers le couple Salimata Fama, mais ce e idée dépasse
le couple et s’étend à la tribu, au pays, au monde malinké. Elle symbolise l’improduc vité et
l’incapacité à assurer la relève et la conserva on d’une certaine espèce.
4. La religion
La religion musulmane et les pra ques animistes se côtoient, se chevauchent quand il s’agit de
conjurer un mauvais sort ou de demander une faveur à Dieu ou aux puissances occultes de
l’au-delà. C’est ce qui explique la présence de Balla et de Tiécoura à côté des pieux Diamourou et
Fama. La synthèse est quand bien même réalisée par Fama.
5. L’excision
L’épreuve délicate et douloureuse est à la base de toutes les souffrances de Salimata. Dans sa
descrip on, le narrateur relate à la fois les ques ons, les significa ons, l’atmosphère et la
personnalité de celle qui opère sans oublier les chants tradi onnels et les lamenta ons des
exciseuses.
6. Les indépendances
Le roman dit la décep on des malinkés qui se retrouvent par des pres ges poli ques perdues à
cause de la colonisa on. C’est ainsi l’appari on d’une nouvelle classe poli que qui reje e la
classe poli que tradi onnelle, c’est le régime des fils esclaves.
7. La bâtardise
L’idée de bâtardise parcourt tout le roman, on la retrouve dans le délire final de Fama comme
dernière insulte. Elle prend ce e significa on variée qui se ramène à l’idée d’authen cité et de
légi mité que Fama porte en lui. D’ailleurs, selon son aigri (mécontent) qui ne comprend pas
que les choses soient finies et qu’elles ne reviendront plus.
IV- LE STYLE
En pliant la langue française aux exigences de la pensée et des structures linguis ques des
Malinkés, Kourouma a donné à son récit une vigueur et un relief saisissant. Tandis que les uns
criaient au scandale, d’autres étaient séduits par l’originalité de l’auteur. Dès lors, il devient
adéquat de comparer le récit dans l’univers malinké : « Je n’arrivai pas à exprimer Fama de
l’intérieur et c’est alors que j’ai essayé de le trouver dans le style malinké. Je réfléchissais en
Malinké, je me me ais dans la peau de Fama pour présenter la chose », dit Ahmadou Kourouma.
En effet, l’auteur a volontairement tordu le cou à la langue française pour mieux ressor r ses
idées. C’est ce qui explique la prédominance d’expressions typiquement malinké dans l’œuvre.
Et le nombre de métaphore, d’images et formules purement malinkés confèrent au roman sa
couleur locale et son originalité.
V. SIGNIFICATION DE L’ŒUVRE
Les Soleils des indépendances connotent la déchéance physique et morale, la misère, voire les
décep ons nées des indépendances. Ce nouveau monde annoncé comme période de libéra on
et de faste apparaît comme la néga on d’un univers authen que, tradi onnel. Ce e œuvre
symbolise la désillusion découlant de l’autonomie. Plus encore, le roman devient un violent
réquisitoire, un procès contre les indépendances.
CONCLUSION
Dans ce roman, aux allures tragiques (s’ouvrant sur une scène de funérailles et clôt par la
dispari on du héros), on pourra lire l’image d’une Afrique meurtris, fantôme marquée par une
période de transi on qui fut pour beaucoup une époque de décep on. L’Afrique y est peinte
sous les traits d’une résistante aux agressions de la dictature, avec de graves désordres
engendrés par l’époque des indépendances. Mais le sort est loin d’être jeté. Et comme Salimata
qui refuse la résigna on, l’Afrique doit relever le défi d’une réelle indépendance.
INTRODUCTION
Maïmouna est un roman écrit par l’écrivain sénégalais Abdoulaye Sadji.
Maïmouna est une enfant de l’Afrique, elle est issue du monde rural, elle sera séduite puis
finalement meurtrie par la vie urbaine.
Elle est jeune fille, innocente, et elle rêve de Dakar, Dakar qui fera d’elle une vic me…
Maïmouna est une histoire remplie d’émo ons dans laquelle son auteur a voulu démontrer
surtout deux façons de vivre différentes, deux visages de l’Afrique, deux morales non
semblables…
L’auteur insiste dans son roman sur le fait que les Africains qu’ils soient de la campagne où de la
ville doivent être fiers de ce qu’ils sont…Vouloir imiter l’occident ne sert à rien car le rythme y
est totalement différent et les résultats sont plutôt désastreux …
A travers les rêves de ce e jeune Maïmouna, on dis ngue aussi après l’envie, l’ambi on, toute la
détresse…Une jeunesse où il est normal de rêver mais pas normal d’être déçu selon de
nombreuses causes nées de l’homme, des pouvoirs, de la corrup on, des injus ces et d’un
occident qui fait rêver juste parce qu’il s’est approprié toutes les richesses de l’Afrique…
Cependant l’Afrique est un con nent à part et qui sera certainement envié dans les années à
venir…
RESUME DE L’ŒUVRE
Maïmouna est une jeune fille de l’Afrique paysanne, séduite, puis finalement meurtrie par la
grande ville. Jolie, innocente, rêveuse, Dakar en fera une vic me. Elle reviendra panser ses
blessures au pays, auprès de sa vieille mère, mieux armée pour consen r aux vertus des gens
simples. À travers l’histoire de Maïmouna, ce sont deux mondes, deux façons de vivre, deux
morales, deux visages de l’Afrique que l’auteur dévoile.
Des n de Maïmouna
L’enfance de Maïmouna
A l’âge innocent, quand les pe tes filles noires ne portent qu’une touffe de cheveux au sommet
de leur crâne rasé, Maïmouna était radieuse : un teint clair d’ambre, des yeux de gazelle, une
bouche trop pe te peut-être, mais d’un modelé déjà net et sensuel. Sa poitrine encore nue se
bombait d’une harmonieuse façon et laissait prévoir d’opulents charmes futurs. Elle avait une
taille souple, gracile, mais sans raideur ni noblesse affectée. La finesse de ses poignets n’avait
d’égale que la délicatesse de ses chevilles où semblait courir un perpétuel frémissement. ! De
son portait moral, que dire, mon Dieu ! C’était une pe te fille sans caractère défini, presque sans
pensées, rieuse, insouciante.
Sa mère, pauvre, l’habillait simplement, mais avec gout. Si les camisoles de Maimouna n’étaient
pas faites de riches étoffes, elles donnaient pourtant à son teint plus d’éclat et de Fraicheur.
La jeune Maïmouna adore la vie au village. Peu importe que la case de sa mère soit délabrée et
qu’elle soit l’une des jeunes filles dont les parures sont les moins coûteuses et élaborées. Quel
délice d’être choyée par une mère courageuse. Et que dire des fêtes qui agrémentent la vie dans
la brousse comme celle qui suit la fin du Ramadan. Pour ce e occasion, Daro fait preuve
d’ingéniosité et sacrifie un peu de son argent pour que sa fille rivalise en beauté avec ses pe tes
amies. Comme il est merveilleux de contempler aux sons des percussions les trémoussements
magiques de ce e gamine à la grande beauté. Certes, la vie villageoise est rou nière : au levé,
un exercice éprouvant pour la lève-tard, donner à manger aux poules, préparer le repas et
l’apporter à sa mère, commercer à ses côtés, puis retourner à la case quand les rayons du soleil
faiblissent. Ainsi les jours se succèdent. En dépit des le res de Rihanna qui demande à sa mère
de lui confier l’éduca on de sa sœur, Daro s’y refuse. Son amour pour sa fille et la peur de la
solitude l’y empêchent.
Mais avec la puberté Maïmouna se lasse de la vie au village et de la pauvreté. Elle devient aigrie,
injuste voire insultante à l’encontre d’une mère qui se démène pour leur survie. L’adolescente
rêve de la vie à Dakar qui semble si merveilleuse à la lecture des le res de sa sœur. Daro doit se
rendre à l’évidence, elle doit céder et laisser par r sa fille rejoindre Rihanna qui mène une vie
luxueuse grâce aux revenus de son époux, cela au milieu d’une cour où personnages importants,
imposteurs et parasites sont entretenus. Dans son roman, Abdoulaye Sadji, très a aché à sa
culture, fait une dis nc on très ne e entre la vie villageoise et celle trépidante de Dakar. La
première, incarnée par Daro qui prend les habits de la raison, est faite de volonté, d’un dur
labeur au quo dien, de la valeur de la vie et de l’humilité que tout homme doit avoir face à son
des n. A Dakar où « les aggloméra ons indigènes s’étalent [et] forment comme une ceinture
d’ordures », la vie est semée de pièges, de tromperies, d’illusions. Sans se laisser aller à une
opposi on irréconciliable d’un monde naturel et par-là-même vertueux que serait le village, et
celui de la cité perver e où les hommes noyés dans la mul tude auraient perdu le sens de leurs
origines, il est incontestable que l’écrivain dénonce une dérive, une crainte, que l’Africain perde
son iden té. Une dénoncia on qui devient acerbe quand il décrit l’univers inconsistant de ses
africains appelés « évolués » par le maître colonisateur, qui ne rêvent que d’assimila on et
s’isolent de ce qui leur apparaît être l’inculte plèbe, leurs compatriotes des faubourgs et de la
brousse. Assurément, Maïmouna pure puis égarée, à l’innocence violée, est l’allégorie d’une
Afrique en transi on qui à la veille des indépendances doit faire le choix de son des n : elle ne
doit pas renier l’authen cité de ses origines tout en étant ouverte à une modernité qui lui
perme ra de répondre aux défis à venir. Un enjeu qui semble être encore d’une grande
actualité.
La vie de maïmouna a Dakar
A l’âge de quatorze ans, elle rejoint sa sœur. Belle et bien éduquée, elle ne tarde pas à a rer
plusieurs prétendants riches. Grisée par un quo dien fait de flâneries, de richesses, de
mondanités et de fêtes, à mille lieues des besognes villageoises, Maïmouna plus belle que jamais
ne prend pas conscience qu’elle devient un objet de convoi se. Très vite, les prétendants au
mariage se bousculent. Rihanna veille à ce que sa cade e soit l’épouse d’un homme de valeur au
patrimoine bien doté. Il en va de sa réputa on. Elle ignore les sen ments de sa jeune sœur qui
lui doit obéissance. Et pourtant, le cœur de Maïmouna peu aver de l’univers dakarois a des
sen ments qui s’accommodent difficilement aux enjeux prosaïques d’un mariage de raison. Les
effets dévastateurs de la tourmente approchent. Sa sœur lui en choisit un parmi eux. Six mois
après ses fiançailles avec Galaye, un homme âgé et riche et polygame, Arrivée à Dakar, non
seulement la vie du village mais aussi la tradi on orale -représentée par des ethno-textes
comme le conte, les chants, etc. perdent, dans un premier temps leur importance et leur
fonc on intégrante et protectrice. Les références aux formes de l’oralité tradi onnelle ne
ressurgissent qu’au moment du premier échec de Maïmouna dans la société dakaroise où elle
est repliée sur elle-même à cause de son amour secret pour Doudou Diouf dont personne de sa
famille et de son entourage n’est au courant sauf Yacine qui poursuit le projet dangereux et
insidieux de s’entreme re pour les deux jeunes à l’insu des proches et des parents de
Maïmouna. Ce e fois-ci, par l’emboitement de plusieurs proverbes dont l’auteur fait «
accompagner » la protagoniste pendant la période malheureuse et nuisible qu’elle vit sous
l’influence de Yacine jusqu’au départ de celle-ci, Sadji recrée le cadre de référence qui avait
protégé Maïmouna dans son enfance. Dans la le re simulée par Yacine pour se re rer dans
l’affaire, encadre ce e période fatale dans la vie de Maïmouna où elle subit la plus grande
épreuve dans son rapport avec Doudou et lors de sa grossesse illégi me. Le commentaire de
l’auteur concernant la fonc on des proverbes en général explique leur appari on à ce moment
précis du roman et montre en même temps leur caractère ambigu voire douteux.
Au même tre que les proverbes, la « Sagesse tradi onnelle » s’avère incapable de donner une
véritable orienta on face aux difficultés que Maïmouna rencontre lors de son séjour à Dakar.
Bounama, que l’auteur fait parler ici en style indirect libre, constate devant le fait accompli de la
grossesse illégi me de sa belle-sœur, dont il veut garder le secret, le manque de « sou en » et
l’impuissance du savoir transmis par la « sagesse des vieux ».
La grossesse de Maïmouna représente selon le code tradi onnel une honte sans égale et
s’impose comme une sorte de puni on et de malédic on non seulement à Maïmouna mais à
toute sa famille et provoque pour tous les concernés un choc culturel qui leur fait perdre leur
croyance dans les valeurs sécurisantes de la tradi on. La révolte de Maïmouna contre sa mère
sera sévèrement sanc onnée par la vieille même Raki qui se réfère à l’héritage moral qui interdit
qu’un enfant désobéisse à sa mère, et plus tard par les évènements qu’entraine sa révolte
contre un code établi et généralement respecté, interdisant l’état de grossesse en dehors du
mariage.
Loin de vouloir montrer que les valeurs et les vertus transmises par le patrimoine culturel sont
dépassées ou seulement ataviques et anachroniques, Sadji est bien conscient d’une déchéance
poten elle et réelle de ces mêmes valeurs face à la confronta on avec la culture occidentale qui
a surtout lieu dans le milieu métropolitain de Dakar.
Le retour
Alors mai se prépare pour Louga, elle retournait au bercail après l’aventure, auer lui importait
qu’on la chassa ; son expérience de Dakar était complète à présente. A Dieu donc Dakar ville
dangereuse ville de produc on …
Le train venait de repar r quand Maïmouna éprouva l’envi de revoir Dakar encore une fois …par
la toile métallique de la por ère ; elle regardait le paysage abandonnant son corps au repos et se
pensait au léger et délicieux ver ge approfondi par l’allure du train.
Tout à coup elle sen t une main posée sur son épaule ; c’est DOUDOU DIOUF en face d’elle ; le
regard douloureux ; la mine grave elle en crut rêver et s’éclatât en [Link] amant la consola
et après un temps de discussion le pe t la qui a ; ils avaient sans le vouloir des gestes d’Adieu,
ils tremblaient car l’avenir était incertain. Quelques caresses, une larme, un sanglot….
Il mit dans la main de Maïmouna une enveloppe gonflait et un paquet ficelé en disant m’oubli
pas Mai très émut compte sur moi et écrit souvent.
Vers l’ouest le pays de Louga s’annonçait par des vallonnements la jeune fille ressen t une vive
émo on jusqu’ici c’était le rêve la réalité allait apparaitre les gens du village étonnes de la voir
revenir des ques ons seraient poses à son sujet décidément comme les hommes sont une
espèce donnée ils ne pouvaient s’enfermer dans leur coquille et ignorer le sort du voisin
Yaye Daro suivie par la vielle raki tant bien que mal se dirigea vers le wagon la mère fière de sa
fille dont la beauté et la taille a raient les regards la demanda pourquoi était elle revenue ,mais
mai ne veule pas parler a cet instant la de la cause de son retour, elle demandait ce que devenait
ses anciennes amies (salma ;alima et karr) qui dont déjà elles sont toutes devenues de grandes
filles comme elle et sont toutes au points même de ses mariées, daro et même raki auraient
voulu raconter à leur mais tous les événements survenues à Louga pendant sont absence; la
route était courtes entre la gars et leur concessions, Maïmouna trouva la case changeante
humble et triste, elle eut un long regard pour ce lieux qui l’avaient vu naitre et qu’elle
entrevoyait si souvent dans les rêveries de son existence oisive de Dakar, après un moment
mais, commença à parler de Dakar ; de ses monuments ;de ses foules et de ses nombreuses
voitures avec beaucoup d’enthousiasmes, ensuite elle déballa sa valise et ses paniers, même raki
était rentrée chez elle, malgré la familialiste qu’on avait
CONCLUSION
L’oralité et la tradi on orale telles qu’elles sont intégrées dans le roman « Maïmouna »
d’Abdoulaye Sadji remplissent au moins quatre fonc ons qui sont à retenir :
– A travers les ethno-textes, l’auteur veut contribuer à l’ouverture d’un dialogue entre la culture
africaine et son public qui est en grande par e cons tué d’Européens. Ce but est un objec f
fondamental de l’écrivain Sadji en tant que ressor ssant de l’Ecole William Ponty.
– Les ethno-textes et les discours de l’opinion commune se situent autour de trois champs de
gravita on : passé-modernité, ville-village, esprit cri que-obscuran sme. Les individus situés
entre les pôles divergents vivent un conflit qui répercute dans les domaines du langage en
général et de l’oralité en par culier.
– A travers le changement dans la fonc on, qu’ongles différentes formes d’oralité, l’auteur
découvre les insuffisances et les défaillances d’une société dont les valeurs tradi onnelles vont
perdant leur sens sans que l’époque moderne n’arrivent ni à les faire revivre ni à les remplacer
par des valeurs nouvelles.
– Le dynamisme existant au sein de l’oralité reflète un dynamisme à l’intérieur de la société
humaine laquelle se trouve en permanente muta on entre un présent marqué par des acquis
fixés et consacrés et un avenir encore ouvert qui est en train de se créer en modifiant et faisant
évoluer la tradi on.
Qu’elle fût vic me de la ruse de Yacine qui la mit en rela on avec Doudou sans que Maïmouna
sût la portée de ses ac ons ne peut s’expliquer en effet que par la façon dont l’entourage
esquive en général les ques ons qui touchent à la sexualité et à la reproduc on. La mère traite
dès l’enfance, et la puberté avec discré on et pudeur la vie in me de sa fille :
« Désormais il existait, entre la mère et la fille un voile de pudeur empêchant celle-là de trop
pénétrer les pensées secrètes de celle-ci. Maïmouna me ait une sorte de ruse juvénile et
dérober sa nouvelle personnalité, à vouloir conserver extérieurement son enveloppe de gamine
innocente ».
INTODUCTION
La produc on romanesque négro africaine reste étroitement liée aux événements historiques du
con nent. Ainsi, on aura trois courants qui feront successivement l’apologie de la colonisa on, la
cri que de la colonisa on puis celle des indépendances. Ce roman que nous nous proposons
d’étudier appar ent au second courant car le romancier a pris comme objec f la dénoncia on
de l’injus ce et de la violence causées par la présence coloniale.
PRESENTATION DU ROMAN
Le Titre
Le roman a été publié en 1960, l'année de l'indépendance de la plupart des Etats francophones.
Cependant, les événements racontés se déroulent sous l'ère coloniale.
Le tre, les bouts de bois de Dieux s’explique de manière euphémique par une vielle tradi on
africaine : en effet, par supers on on ne compte pas les personnes vivantes, tout comme on
n’indique pas le nombre exact d'enfants que l'on a, afin d'éviter que les mauvais esprits
n’abrègent leur vie. On les désigne par l'euphémisme "les bouts de bois de Dieu", pour éloigner
le mauvais sort. C’est ainsi également que les grévistes dans ce roman se désignent entre eux.
Ainsi à la page 301, on peut lire les paroles suivantes : « Ne nous dénombre pas, s'il te plaît, dit
Séni en se levant précipitamment, nous sommes des Bouts-de bois-de-Dieu, tu nous ferais
mourir. »
STRUCTURE DU ROMAN
Ce roman, Les Bouts de bois de Dieu, paru en 1960 aux Edi ons Presse Pocket, est composé de
379 pages structurées en 3 grandes par es :
-1ère par e : Avant le déclenchement de la grève des cheminots (page 13 à 48)
-2ème par e : Le déroulement de la grève (page 49 à 149)
-3ème par e : Après la grève (page 354 à 379)
RESUME DU ROMAN
L’auteur relate l’histoire de la grève des cheminots de « Dakar Niger qui du 10 octobre 1947 au
19 mars 1948 immobilisa plus de 1500 Kilomètres de lignes. A Bamako, à Dakar et à Thiès les
cheminots s’organisèrent pour mener à bien leur lu e. Le récit dévoile les mo fs qui ont poussé
les cheminots à interrompre le travail durant cinq mois. Ils résultent tous de leur situa on de
travailleurs noirs Africains. Ils sont désavantagés par rapport aux cheminots Européens qui
jouissent de beaucoup plus de privilèges.
Leurs revendica ons peuvent se résumer en quelques mots : augmenta on de salaires,
alloca ons familiales, vacances annuelles, retraites, et droit de créer leur propre syndicat. Mais,
c’est à Thiès que les autorités interviennent dès les premiers jours. Thiès est en effet le centre de
la régie des chemins de fer et celui de la direc on du mouvement ouvrier. Au Mali, la grève est
menée par Bakayoko (qui a des ressemblances avec Sembène). Bakayoko sou ent moralement
les grévistes et les appuie financièrement, au début, grâce aux dons du syndicat communiste
français, la CGT.
À par r du moment où les blancs refusent de négocier avec les grévistes, la grève se durcit à
telle enseigne que les femmes se sentent obligées d'entrer en scène. Elles sou ennent les
hommes et leur demandent de ne pas rompre le mouvement de grève qu’ils ont commencé. Ce
mouvement va a eindre son paroxysme avec la marche de protesta on des femmes de Thiès à
Dakar. Ce e marche marque aussi le point fort du roman.
Par ce e manifesta on, les femmes obligent les Français et leurs complices, dont les chefs
religieux et les hommes poli ques noirs du pays, à s'asseoir à la table des négocia ons et à
accepter les revendica ons des grévistes. Aux portes de la capitale, l’une des protagonistes,
Penda, s’effondre sous les balles de la police. Son martyr assombrit certes le mouvement de
grève, cependant elle mo ve les grévistes à con nuer la lu e. Malgré les mul ples interven ons
de l’administra on et les différents obstacles : mort, famine, violence, les cheminots
main ennent leurs revendica ons.
Finalement, les grévistes ob ennent gain de cause puisque l’administra on est prête à engager
des pourparlers et qu’elle accepte leurs revendica ons. Après plusieurs négocia ons, ils
ob nrent sa sfac on, c’est-à-dire l’améliora on de leurs condi ons de vie.
La révolte
Si le sujet du roman porte généralement sur la grève des cheminots, le moteur qui anime les
ac ons des grévistes et de leurs familles est certainement la révolte. En effet les Bouts de bois
de Dieu retrace la révolte des cheminots qui u lisent comme moyen la grève. La révolte permet
également aux grévistes de découvrir ceux qui sont prêts à comba re le système brutal
d'oppression pour un idéal de jus ce et ceux qui cherchent à les démoraliser en essayant de les
convaincre que les Blancs sont là par la volonté Divine.
La violence
La grève a eu des conséquences pénibles dans toutes les trois villes (Dakar, Bamako, Thiès). Mais
elle fut plus cruelle à Bamako. La vieille Niakoro meurt des services des forces de l’ordre, et la
pe te Adjibidji a été gravement blessé. Fa Keita et Konaté sont arrêtés. Ils subissent au camp de
Bernandini des tortures atroces (page 164) et p 300. La présence se matérialise aussi par le
meurtre de trois appren s à Thiès par Isnard.
La famine
La famine s’est installée à Thiès et à Dakar. Mais c’est surtout à Thiès qu’elle fut plus sévère.
Alors on a recours à divers moyens pour survivre. Ainsi devant la souffrance des enfants,
Ramatoulaye n’hésitera pas à tuer de ses propres mains le bélier qui venait de manger le peu de
riz qu’elle avait.
La solidarité
Au sein de la société il y ‘a un renforcement de la solidarité entre grévistes et entre hommes et
femmes. Ce e solidarité sera la seule arme dont dispose les grévistes pour ne pas échouer dans
ce e lu e : ainsi les gens sont prêts à partager le peu d’aliments qu’ils ont. C’est aussi au nom
de ce e solidarité entre grévistes que certains cri queront leur propre père défaillant.
La trahison
Diarra, homme grandis aimé et respecté, a trahi les grévistes en reprenant le travail. Dénoncé
par Hadidia, il est jugé par un tribunal de travailleurs en présence de son fils Sodio, gréviste
lui-même. Le roman cri que aussi la complicité des chefs religieux et de certains poli ciens qui
même s’ils sont des noirs font tout leur possible pour briser la grève.
Discrimina on raciale
Les noirs travaillaient dans des condi ons pénibles et étaient moins payés que les ouvriers
blancs. Ce racisme se retrouve aussi dans le comportement des blancs qui se croient supérieurs
aux noirs. Ainsi, ils ont des préjugés défavorables sur les noirs. Ces préjugés se retrouvent dans
les propos racistes de Dejean. Refusant de donner des alloca ons familiales aux noirs, il affirme
que : « Dès qu’ils ont de l’argent, c’est pour s’acheter d’autres épouses, et les enfants pullulent
comme des fourmis… »
Le féminisme
Avec les marcheuses et la pe te Adj’ibibdji, qui symbolisent l'espoir et l'avènement d'une
nouvelle ère, Sembène illustre de manière concrète que le processus de l'émancipa on féminine
avait déjà commencée durant la période coloniale.
La grève a entraîné des changements de comportement chez les femmes : Elles surmontent
leurs rivalités de femmes et de coépouses pour un idéal de jus ce. Soutenues par leurs maris, les
femmes de Thiès organisent une marche jusqu’à Dakar, siège de l’administra on coloniale. La
marche des femmes tout au long des 80 Kms qui séparent Thiès de Dakar est l'un des moments
forts du roman. À travers Penda, la pros tuée qui dirige le mouvement des femmes ou encore
Maïmouna, l'aveugle, l'auteur montre la force que les femmes sont en mesure de déployer
lorsqu'elles prennent en mains leur propre des née. Il campe toute une galerie de femmes qui
incarnent chacune ce qu'on pourrait appeler en wolof «Djiguènedjoumeunegoor ».
Leur force se traduit également par la détermina on dont elles font preuve et les moyens
non-violents comme les chants patrio ques qu'elles u lisent pour se donner du courage.
CONCLUSION
La victoire des grévistes dans les Bout de bois de Dieu montre un changement au niveau de la
condi on du nègre et de son état d’homme colonisé. En effet le roman appar ent
incontestablement au courant général du réveil des africains au lendemain de la 2ème guerre
mondiale. Il présente surtout un véritable mouvement na onaliste panafricain s’entendant
surtout, sur plusieurs fronts dont les groupes moteurs sont : les par es poli ques, la forma on
des jeunes et le rôle des femmes. Les bouts de bois de Dieu développent donc le thème de la
révolte et de la dignité humane. A notre avis à travers la victoire des cheminots sur
l’administra on coloniale Sembene Ousmane annonce l’avènement d’une nouvelle Afrique.
INTRODUCTION
A la suite de la colonisa on, l’école étrangère a été introduite en Afrique. Les jeunes africains
instruits sont entrés ainsi en contact avec la culture occidentale. Or les valeurs de ce e culture
s’opposent sur plusieurs plans à celles des civilisa ons africaines. De la rencontre des deux
cultures est alors né un conflit, un choc culturel et civilisa onnel qui n’a pas épargné la
généra on des anciens pour la plupart conservateurs et celle des jeunes influencés et a rés par
l’Occident. C’est ce phénomène social que Seydou Badian présente à travers son ouvrage in tulé
Sous l’orage, paru aux Edi ons Présence Africaine, Paris, 1936. L’édi on que nous vous
présentons ici, est celle de Présence Africaine, Paris 1972.
Né à Bamako le 10 avril 1928, Seydou Kouyaté Badian est de na onalité malienne. Il fit ses
études primaires et secondaires dans sa ville natale, puis con nua celles secondaires à
Montpellier en France. Il devint officiellement en 2009 Seydou BadianNoumboïna (le nom d’un
village de Macina.
Il est l’auteur, entre autres ouvrages, de Sous l’orage, Les dirigeants africains face au des n de
leur peule, publié en 1964 ; Le sang des masques en 1976, Noces sacrées en 1977, La saison des
pièges en 2007.
Les personnages dans Sous l’orage, peuvent être classés en deux groupe. Il y a d’un côté, les «
modernistes » ou « les hommes de la rupture «, ces jeunes qui sont allés à l’école étrangère et
qui ne veulent pas que les vieux leur imposent des choix à faire. Ils veulent s’affirmer et se
ba ent ainsi pour que chacun décide de sa des née, et aussi pour un nouveau monde. De
l’autre côté, les tradi onalistes avec le père Benfa en tête de liste, défendent vivement la
coutume, la sagesse ancestrale. Eux, ils parlent de con nuité.
Le mariage :
Ce n’est pas seulement trouver deux personnes à me re ensemble pour une vie commune
qu’est le mariage. C’est un choix qui se fait. Dans la tradi on, la femme n’a pas à décider de son
mari. La famille s’en charge pour elle. Elle obéit. D’ailleurs, son rôle consiste seulement à
procréer et non autre chose. Le mariage dans ce contexte relève de la libre ini a ve du père de
famille qui n’a cure de la volonté des enfants et de leur mère, encore moins des sen ments de la
fille. A cet effet, le dialogue entre Kany et sa mère est assez saisissant :
– Kany, ton père et tes frères se sont réunis. Ils ont décidé que tu épouseras Famagan. (…)
– Je n’aime pas Famagan, je n’aime pas Famagan, cria Kany au milieu des sanglots.
– Il n’est pas ques on d’aimer, fit Maman Téné. Tu dois obéir ; tu ne t’appar ens pas et tu ne
dois rien vouloir. C’est ton père qui est le maître et ton devoir est d’obéir. Les choses sont ainsi
depuis toujours. (Pp. 71-72)
L’obéissance ici devrait conduire Kany à accepter d’épouser Famagan, un polygame. Elle aura
ainsi le même statut que sa mère : épouse de polygame. La polygamie s’oppose au mariage
entre un homme et une femme exclusivement. L’homme ici s’entoure d’autant de femmes qu’il
désire, la tradi on le lui permet. Chaque épouse se débrouille pour veiller sur ses enfants. Les
coépouses se livrent à des querelles intes nes. L’homme étend la puissance de son moi
dominateur sur ses épouses. Dans ce cas, le mariage se réduit à une union pour la procréa on.
L’amour importe peu. La richesse du polygame et sa notoriété servent de paravent pour les
épouses, et de mo f d’orgueil pour le mâle qui se plastronne étalant ses femmes et enfants
comme des trophées de guerre. Et le thème du mariage relance en même temps le statut de la
femme qui n’est considérée que la chose qui obéit.
Si parler de mariage, c’est aussi évoquer « en principe » l’amour, Seydou BADIAN remet en cause
les défini ons plurielles qui se propagent à peu de sous sur l’amour.
L’amour :
Certes, c’est au nom de son amour pour Samou que Kany refuse d’épouser Famagan. Elle est
prête à tout pour défendre ce qui lui revient. Mais est-ce pour autant vrai que Famagan cherche
l’amour en voulant épouser Kany, ce e fille moderne en qui il découvre une beauté rarissime,
une chair fraîche ? On sait que c’est par amour fraternel pour sa Kany que Birama refuse de se
faire dominer par les exigences de la tradi on. Mais est-ce vraiment par amour filial que le père
Benfa se fait sourd aux cris de détresse de sa fille qu’il est décidé à envoyer dans les pa es du
polygame repu et réputé qu’est Famagan? C’est certainement par amour pour la tradi on que
les anciens refusent de fléchir et de laisser ces jeunes les « regarder dans le visage » au point de
les défier. On ne saurait douter des liens d’amour vrai et sincère entre Samou et Kany. Et c’est
justement pour la cause de ce e idylle que Samou a dû se ba re. Mais Maman Tété, pourquoi
n’est-elle pas par e de cher le père Benfa quand elle a découvert que ce dernier l’avait
abandonnée, négligée ? Par amour pour ses enfants, assurément. Mais alors, quelle est
finalement la place de l’amour dans son mariage avec son mari ? Pour l’amour des enfants, elle
est donc prête à se sacrifier et à boire jusqu’à la lie la coupe de la soumission voire de
l’humilia on. Pour elle, le vrai amour sera peut-être d’obéir. Ce qu’elle a toujours fait. C’est là le
secret pour échapper aux orages qu’elle prévoyait dans le projet de mariage de sa fille. Mais, on
ne peut le nier, « Le père Benfa aimait bien Kany. Il parlait de son savoir à tous les vieux du
quar er. Il disait comment elle savait manier l’écriture du blanc et avec quelle facilité elle savait
lire les le res d’où elles vinssent. De temps en temps, il la faisait appeler devant la mosquée, et
là, au milieu de ses compagnons, lui faisait lire et traduire tout ce qui lui passait par la main.
Alors, d’un ton mystérieux, il disait : elle sait lire ce qui est écrit par la machine ». Et c’est là que
surgit la ques on: quel est en fin de compte le vrai visage du Père BEnfa? S’il a accepté par
amour que sa fille aille à l’école du Blanc au point d’en être fière, d’om vient-il alors qu’il en
arrive à prendre en aversion ce e même Kany?
Le conflit de généra on, conflit aussi culturel, ent au fait que les jeunes inscrits à l’école
occidentale ont comme subi un lavage de cerveau qui ne leur fait voir leur culture que sous des
aspects néga fs. Et quand ils sont en face de ce e dernière, ils ne la perçoivent justement que
sous le prisme parfois hautain de l’homme blanc. Et c’est avec beaucoup de joie que nous lisons
ce e confession de Samou qui, après avoir bu à la source occidentale, en est arrivé à la
conclusion qu’il est vraiment un acculturé : « Notre drame, c’est d’avoir été l’enjeu d’une
bataille, d’avoir pris le chemin le plus facile. Nous n’avons pas été élevés dans les valeurs de
notre pays. On nous a éblouis et nous n’avons pas pu résister. Les Européens ont tout brisé en
nous ; oui toutes les valeurs qui auraient pu faire de nous les con nuateurs de nos pères et les
pionniers d’une Afrique qui sans se renier, s’assimilerait l’enseignement européen. L’école,
avouons-le, nous a orientés vers le monde européen. Le résultat a été que nous avons voulu
transporté l’Europe dans nos villages, dans nos familles. On e nous a rien dit sur notre monde,
sinon qu’il est arriéré. » (P.156). L’école étrangère a comme semé du désordre dans les cultures
africaines dont les tenants et les garants se disent prêts à tout pour sauvegarder leur patrimoine
culturel. Le choc est violent entre ces deux mondes, c’est un drame que vivent les jeunes et les
vieux, incapables de se comprendre mutuellement. Les premiers traitent les jeunes de déracinés,
de perdus, ces derniers pensent que les anciens sont des arriérés, des gens non civilisés,
totalement englués dans les ténèbres. Et quand a éclaté cet orage, il répand la complainte
suivante : « Les vieux ont-ils tort d’accepter que leurs enfants, filles et garçons, aillent tous à
l’école du Blanc ? » Y répond ce dilemme de La grande Royale : « Je n’aime pas l’école étrangère.
Je la déteste. Mon avis est qu’il faut y envoyer nos enfants cependant ». Et telle un prophète de
malheur, elle conclut : « L’école où je pousse nos enfants tuera en eux ce qu’aujourd’hui nous
aimons et conservons avec soin, à juste tre. Peut-être notre souvenir mourra-t-il en eux. Quand
ils nous reviendront de l’école, il y en est qui ne nous reconnaîtront pas. Ce que je propose c’est
que nous accep ons de mourir en nos enfants et que les étrangers qui nous ont défaits
prennent en eux toute la place que nous aurons laissée libre ».
CONCLUSION
INTRODUCTION
En 1956 apparaît l’œuvre in tulé « Une vie de Boy ». Dans une période marquante de l’histoire
africaine, ce e œuvre nous renseigne sur le vécu quo dien des blancs et des noirs au Cameroun
(à Dangan) pendant la colonisa on.
Ainsi l’étude de ce e œuvre nous perme ra d’en découvrir les faits relatés.
I- BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Ferdinand OYONO est un romancier camerounais né en 1929 à N’goulémakong.
Il suit des études de droit et de sciences poli ques à Paris tout en écrivant ses premiers romans :
« Une Vie de Boy » et « Le Vieux Nègre et la Médaille ». Après la publica on de « chemin
d’Europe » en 1960, Ferdinand Oyono ob nt d’importantes fonc ons diploma ques. Il est
nommé Ambassadeur de Cameroun à Paris de 1964 à 1975. À par r de 1987 il par cipe à de
nombreux gouvernements de son pays et assure la charge de différents ministères comme les
Affaires étrangères ou la Culture. Il décède le 10 juin 2010 à Yaoundé au Cameroun.
Ce e œuvre est un roman écrit sous forme de journal. Elle compte 185 pages et divisée en 2
par es appelées cahiers :
· Premier Cahier de Toundi :C’est la première par e de l’œuvre. Elle va de la page 15 à la page
106.
Elle évolue ainsi :
- Présenta on de Toundi
- Refuge chez le père Gilbert et mort de celui-ci
- Sa vie à la mission catholique de Dangan
- Sa nouvelle vie de Boy du Commandant
Elle comporte aussi une phase préparatoire qui serait sensiblement la fin de l’œuvre.
Cependant nous notons aussi une richesse de proverbes et de cita ons dans la rédac on de
l’œuvre. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer :
· « On n’enterre pas le bouc jusqu’aux cornes, on l’enterre tout en er »
· « Un roi a toujours la plus belle femme du royaume »
· « La sagesse recommande à chacun de garder sa place »
· « La rivière ne remonte pas à sa source »
· « La vérité existe au-delà des montagnes, pour la connaître il faut voyager »
· « L’œil va plus loin et plus vite que la bouche, rien ne l’arrête dans son voyage »
· « Le pot de terre ne se fro e pas contre les gourdins »
· « Il n’y a rien de pire que les pensées »
· « Pour a eindre le fruit de l’arbre, on n’a end pas qu’il tombe »
· « La femme est un épi de maïs à la portée de toute bouche, pourvu qu’elle ne soit pas édentée
»
· « Hors de son trou, la souris ne défie pas le chat »
· « L’oiseau revient au sol après s’être fa gué dans les airs »
· « Il faut savoir se sauver lorsque l’eau n’arrive encore qu’aux genoux »
ToundiOndoua : Personnage principal de l’œuvre, il s’enfuit de son père et fut adopté par le
révérend Père Gilbert qui l’apprit à lire et à écrire. Il devient ensuite le Boy du Commandant
Robert. Il vivait en ce temps-là chez sa sœur. Il était aimé de tous
Le Commandant : De son vrai nom Robert Décazy, il fut le deuxième maître de Toundi et
l’appréciait beaucoup. Il a été vic me d’infidélité de la part de sa femme qui l’a trahie avec M.
Moreau-le Régisseur de Prison.
La femme du Commandant : Elle se nomme Suzanne ou Suzy Décazy. Elle était la plus belle de
toutes les femmes blanches de Dangan. Elle était gen lle avec ses boys durant ses premiers
jours en Afrique. Mais la situa on s’inverse lorsqu’elle commença à tromper son mari avec
[Link]
Elle devint méchante et fut contente de l’arresta on de Toundi.
Père Gilbert : C’est le prêtre de l’église catholique saint pierre de Dangan. Il adopta Toundi et le
fit qui er de son village. Il fut ainsi le premier maître de celui qu’il nommera Joseph. Celui-ci
l’admirait aussi beaucoup. Il mourut lors d’un accident. En effet il fut ensanglanté par l’une des
branches du fromager.
Père Vandermayer : Il fut l’adjoint du père Gilbert et le succéda après sa mort. Il était méchant
envers Toundi et les autres indigènes. C’est ainsi qu’il renvoya Toundi aux services du
Commandant.
Gosier d’Oiseau : C’est le commissaire de Police de Dangan. Il fut craint par tous les indigènes de
Dangan. Il dirigeait les rafales.
[Link] : C’est le régisseur de prison. Il était très méchant. Il torturait les prisonniers à mort. Il
fut l’amant de la femme du Commandant.
Sophie : Elle était la maîtresse de l’ingénieur agricole. Elle se plaignait toujours car ce dernier ne
la considérait pas et était aussi un incirconcis. C’est ainsi qu’elle lui vola beaucoup d’argent et
s’enfuit vers la guinée Espagnole.
L’ingénieur agricole : De son vrai nom M. Magnol, c’était l’amant de sophie
M. Salvain : C’était le directeur de l’école de Dangan. Il était le défenseur des indigènes. Sa
femme était Mme Salvain
M. Janopoulos : C’était le patron du cercle européen de Dangan. Il était le plus riche des blancs
de Dangan
Les Autres Personnages : La Sœur de Toundi et son mari, Les parents de Toundi, Le chef des
catéchistes (Mar n), le Docteur, Le Blanc qui désinfecte Dangan, Mengueme, Mendim Me Tit,
Baklu, Le Boy-Cuisinier, Le Garde, Kalisia, Ondoua etc.
V-ETUDE THEMATIQUE
Dans ce e œuvre, plusieurs thèmes sont développés. Parmi les thèmes les plus récurrents, nous
pouvons citer :
· Le Racisme : Dans ce e œuvre les noirs étaient souvent vic mes de discrimina on raciale. Leur
cohabita on avec les blancs était difficile. Cela se manifestait dans les églises, dans les places
publiques et même dans le cercle européen où ceux-ci se moquaient des noirs en jugeant être
supérieurs à eux. Ainsi des expressions comme « Il n’y a pas de moralité dans ce pays » ou
encore « Le nègre n’est qu’un enfant ou un couillon » se faisaient entendre
· L’injus ce : Les indigènes vivaient dans une parfaite injus ce. Ils sont emprisonnés avec ou sans
preuve de culpabilité, torturés puis maltraités avant d’être transférés à l’hôpital où ils vont
mourir sitôt. Ensuite ils vont être enterrés tous nus au « Cime ères des prisonniers ». C’est
pourquoi Mr Moreau, le régisseur de prison représentait la terreur des noirs.
· L’infidélité : C’était l’a tude majeure des blancs. Cela s’est montré à plusieurs reprises au
Cercle Européen notamment avec Mme Salvain qui s’approchait beaucoup du Commandant ou
encore M. Janopoulos qui voulut accompagner la femme du Commandant au marché.
Cependant l’exemple clé qui va illustrer le thème est celui de M. Moreau avec Mme Décazy. Ces
derniers trompèrent leurs conjoints (Mme Moreau et le Commandant).
CONCLUSION
En guise de conclusion, nous notons qu’à travers ce roman, nous apercevons clairement le
visage de l’Afrique à l’époque coloniale. L’Auteur a, de manière irrécusable, montré la
domina on des européens sur les noirs.
Ce e œuvre qui est aujourd’hui plus que jamais importante sur l’étude du passé africain devra
jouer un rôle de dénonciateur et fait appel, non pas seulement à la révolte mais aussi à la prise
de mesures préven ves contre les occidentaux pour les généra ons actuelles et futures.
VII- «L’ETRANGE DESTIN DE WANGRIN » ou les roueries d’un interprète Africain, par Amadou
Hampâté
Grand défenseur de la tradi on orale africaine, connu pour ses Mémoires devenues des
best-sellers, le Malien Amadou Hampâté Bâ est aussi l’auteur d’un roman remarquable. «
L’Étrange des n de Wangrin » raconte les contradic ons de la société coloniale ouest-africaine à
travers les aventures d’un interprète ambi eux et rusé qui défie le pouvoir de l’administra on
française pour se hisser au sommet de la puissance et de la fortune. Situé au carrefour du
document ethnologique et de la fic on moderne, ce récit touche le lecteur contemporain par la
tension entre l’exercice du libre arbitre et la probléma que de la prédes na on qui est au cœur
de son intrigue.
L’Etrange des n de Wangrin d’Amadou Hampaté Bâ est un livre inclassable où il est ques on de
griot, de dieux tutélaires, de fé ches, mais qui reste éminemment contemporain car la
probléma que de la liberté qui est au cœur de ce roman dépasse le local pour épouser le global.
Le lecteur s’iden fie au héros et à sa quête personnelle dans le monde très contraint de la
colonisa on où l’ac on a lieu.
Situé au carrefour du récit ethnographique et du roman bourgeois, ce livre aborde à travers
l’histoire d’une vie excep onnelle une pluralité de thèmes : tension entre modernité et tradi on,
rapports de pouvoir dans l’Afrique coloniale, mais aussi la ques on des enjeux de l’écriture dans
une société orale. Publié en 1973 et couronné par le Grand prix li éraire de l’Afrique noire,
L’Etrange des n de Wangrin est surtout l’œuvre d’un conteur hors pair.
« Le sage de Bandiagara »
Celui qu’on avait surnommé « le sage de Bandiagara » avait fait de la sauvegarde des richesses
de l’Afrique tradi onnelle une urgence mondiale en martelant sa formule citée un peu partout :
« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui a brûlé ».
L’intérêt d’Hampaté Bâ pour les tradi ons orales est lié à ses origines. L’homme était né en 1901
à Bandiagara, dans le pays Dogon au Mali, conquis par la France à la fin du XIXe siècle.
Parallèlement aux études primaires et secondaires à l’école française, notamment à ce qu’on
appelait l’école des otages, le jeune Amadou avait reçu une solide forma on tradi onnelle.
Devenu adulte, il consacrera une grande par e de sa vie à recueillir les tradi ons orales et
spirituelles de son pays dans le cadre de l’Ins tut français de l’Afrique noire de Dakar, fondée par
Théoodore Monod et qu’Amadou Hampaté Ba a rejoint dans les années 1940. Pionnier de la
collecte, il a publié aussi de la poésie, des essais historiques et des contes ini a ques inspirés de
la tradi on peule. Il était un conteur né, dont témoignent ses livres de Mémoires qui l’ont fait
réellement connaître du grand public. L’Etrange des n de Wangrin qui est la biographie
romancée d’un interprète colonial, partage avec les Mémoires la vivacité et la modernité de ton,
même si l’univers que ces livres me ent en scène relève d’une époque révolue.
Bref, c’est une histoire d’ascension et de déclin. La chute sera d’autant plus ver gineuse que le
protagoniste qui est le produit de la société tradi onnelle, croit aux pouvoirs maléfiques des
forces surnaturelles. Il les a provoquées en transgressant les interdits rituels dans un moment de
folie. Le châ ment sera terrible. Il y a dans ce roman du Figaro, du Sgnarelle, mais aussi quelque
chose des contes ini a ques africains et de la tragédie grecque.
INTRODUCTION
Aimé Césaire est l’un des principaux animateurs de la revue L’étudiant Noir. Il y publie un ar cle
in tule « Nègreries, jeunesse noire et assimila on » le propos de Césaire est mesuré mais son
refus de l’assimila on rejoint celui des fondateurs de légi me défense (E enne Léro, René
Ménil...) « la jeunesse noir veut agir et créer. Elle veut avoir ses poètes, ses romanciers, qui lui
diront à elle ses malheurs à elle ses grandeurs à elle. » Il est l’un des fondateurs de la négritude.
D’ailleurs, le mot négritude apparaît pour la première fois dans le poème de Césaire Cahier d’un
retour au pays Natal, publie en 1939, dans la revue volonté.
LE CONTEXTE DE PUBLICATION
L’œuvre poé que maîtresse d’Aimé Césaire, le Cahier, publiée pour la première fois sous forme
de fragments en 1939, apparaît à quelques années de distance comme un vibrant écho aux
propos que tenait René Ménil sur l’écrivain de couleur an llais dans l’unique numéro de
Légi me Défense.
1930 coïncide à une période de bouillonnement culturel. En effet, nous sommes dans la période
coloniale. Les pays africains ne sont pas encore indépendants et les peuples noirs de la diaspora
sont sous le joug du colonisateur blanc. Ce qui est important à noter durant ce e période, c’est
l’engouement et la volonté des étudiants noirs de lancer un cri d’alarme.
LE RESUME DE L’ŒUVRE
Cahier d’un retour au pays natal est une œuvre riche et complexe. Ainsi la résumer demeure une
opéra on difficile. En effet, nous disposons de l’édi on Présence Africaine 1984. Ce texte de 65
pages est composé d’un dessin illustra f représentant un Homme qui prie. L’œuvre est
complétée par des annexes et de la préface d’André Breton (un grand poète noir). Les œuvres
d’Aimé Césaire publiées entre 1939 et 1982 clôturent le Cahier.
A la suite de notre analyse, on découvre que le Cahier comporte 24 « Au bout du pe t ma n ».
Ainsi dans les 20, Aimé Césaire expose la situa on désastreuse de la Mar nique. L’autre par e
est une peinture accablante de la Mar nique saisie au double aspect physique et social. Dans la
première séquence, Césaire dresse un tableau sinistre des An lles et se proclame porte-parole
des sans-voix : Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la
liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir» p. 22
Dans un second temps le poète revient au pays natal « j’ai longtemps erré et je reviens vers la
hideur désertée de vos plaies » p. 22 Ce retour coïncide ainsi avec une descente orphique qui
doit perme re à Césaire de dénoncer violemment le système colonial. Il est considéré comme le
dernier an llais, lui le le ré et professeur « Et moi seul, brusque scène de ce pe t ma n » » p.
23
Aimé Césaire, tellement choqué par les actes des colonisateurs revendique la démence opposée
à la raison occidentale. C’est pourquoi il affirme : « … nous vous haïssons vous et votre raison,
nous nous réclamons de la démence précoce de la folie flambante du cannibalisme tenace. » p.
27
Ainsi, Césaire est fier d’être noir, il proclame sa négritude en ironisant sur le Blanc. Il est
conscient de sa personnalité et invite les Blancs « Accordez-vous de moi, je ne m’accommode
pas de vous ! » p. 33
La troisième séquence (p. 44) débouche paradoxalement sur la lumière, le poète se fait en effet
le prophète du redressement de la race noire et il s’offre à en être le guide. Dans ce e ul me
par e, Césaire fait un retour sur soi.
« Ceux qui n’ont inventé ni la poudre ni la boussole
Ceux qui n’ont jamais su dompter la vapeur ni l’électricité
(…) la somme libre enfin
De produire de son in mité close
La succulence des fruits. »
On ne saurait mieux dire, au début de ces vers, la douloureuse accultura on de l’écrivain, dont la
parole « pérégrine » prétend cependant communiquer avec ses frères. Ainsi, l’exalta on de la
négritude conduit le poète à définir sa mission qui consiste maintenant à établir des liens de
fraternité entre les noirs mais également en symbiose avec ceux-là qui le méprise.
C’est pourquoi il affirme « j’accepte, j’accepte tout cela » p. 56 Ce retour aux sources permet à
Césaire de reconnaître l’importance de sa mission. Son périple européen lui a permis de faire la
part des choses. Ainsi une nouvelle ère commence avec la renaissance de la diaspora « Et nous
sommes debout maintenant mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main pe te
maintenant dans son poing énorme et la force n’est pas en nous mais au-dessus de nous, (…) est
finie. » p. 57
Ce e note d’espoir confirme ainsi la libéra on du nègre du joug colonial car
« La négraille assise
Ina endument debout
……………………...
Et
Libre. » pp. 61-62
Enfin, le nom de Césaire est désormais synonyme de poésie du monde noir, une poésie
militante, d’abord marquée du sceau d’un génie poé que hors de pair donnant à la langue
française des accents nouveaux.
CONCLUSION
Pour conclure, on peut dire que le Cahier est un véritable réquisitoire contre le colonialisme et le
racisme. Césaire se sentant parfois humilié et offensé, prendra donc fait et cause pour tous les
humiliés et offensé, à quelque race qu’il appar enne et son grand dessein sera de travailler pour
que s’instaure un monde totalement libéré dans lequel personne n’aurait à endurer des
malheurs pareils à ceux qu’a endurés la race nègre.
Ainsi, comme le remarque BabacarSall dans son ar cle « le voleur du verbe » extrait de Présence
Africaine 151-152, 3e et 4e Trimestre 1956, p. 30, que Césaire est un poète majeur du XXe
siècle. Venant d’une terre inquiète, d’une terre volcanique née de la déchirure et arrachée de
son corps génital comme un lambeau fœtal a fini par oublier son i néraire, ses repères et sa
mémoire tellurique. Il n’est pas étonnant qu’il soit un de caractère.
Le Maître de la parole. Kouma Lafôlo Kouma est une épopée romancée écrite par l'écrivain
guinéen Camara Laye et publié à Paris en 1978. Il s'agit d'une des nombreuses versions écrites
de l'épopée de Soundiata. Laye la relate en se fondant sur sa fréquenta on des griots guinéens
pendant plus de vingt ans, et en par culier sur une récita on de l'épopée qui lui a été faite dans
les années 1960 par le belen- gui (griot tradi onaliste
) Babou Condé. Camara Laye transcrit et traduit les propos de Babou Condé en les réécrivant en
par e pour les rendre accessibles à un large public. Il écrit en français, tout en conservant de
nombreuses chansons et poèmes qui ponctuent le récit et qu'il donne à la fois en malinké et en
traduc on française.
Résumé
Le Maître de la parole s'ouvre sur le poème L'âme nègre suivi de trois courtes introduc ons par
Camara Laye : « L'Afrique et l'appel des profondeurs », où il évoque les recherches sur l'histoire
des cultures africaines et les liens entre l'Afrique et la France ; « L'Afrique et les griots », où il
évoque les li ératures orales africaines en général et la concep on de son livre en par culier ; et
« Babou Condé, belen- gui ou griot tradi onaliste » qui présente le maître de la parole auprès
duquel Camara Laye a recueilli la version de l'épopée qu'il s'apprête à raconter. Le maître de la
parole est une périphrase désignant Babou Condé. Le sous- tre, Kouma Lafôlo Kouma, est l'une
des manières de désigner l'épopée de Soundiata en malinké.
Le corps du livre relate une version écrite courte de l'épopée de Soundiata, en prose parsemée
de nombreuses chansons et poèmes donnés à la fois dans la version originale malinké et en
traduc on française. Camara Laye divise l'épopée en dix chapitres. « Moké Moussa,
MokéDantouman » raconte comment ces deux frères chasseurs rencontrent et vainquent
Dô-Kamissa, la redoutable femme-buffle qui dévastait le royaume du Dô. Dô-Kamissa, rassasiée
de vengeance et désirant mourir, donne elle-même à MokéDantouman le secret qui lui permet
ensuite de la vaincre. Elle lui prédit aussi qu'il devra demander en récompense au roi du Dô la
main d'une jeune fille, non pas la plus belle, mais la plus laide du royaume : Sogolon Condé,
héri ère de son totem buffle. Il devra ensuite l'amener au roi du Mandén, MaghanKönFa a,
pour la lui faire épouser, car le roi pourra ainsi concevoir un fils puissant. Les deux chasseurs
obéissent point par point à ses recommanda ons. « BilaliJbounama (ses descendants) » raconte
les aventures de Bilali Khalifa, ancêtre de MaghanKönFa a, et de sa descendance, jusqu'à
MaghanKönFa a lui-même. Un chasseur prédit au roi du Mandén la venue des deux chasseurs
et de Sogolon. « La femme buffle-et-panthère » raconte l'arrivée de Sogolon Condé, son mariage
avec MaghanKönFa a et leur nuit de noces mouvementée, durant laquelle Maghana grand
peine à vaincre les puissants totems-ancêtres de Sogolon afin de faire l'amour avec elle.
« L'enfant nankama » raconte la naissance de Soundiata, annoncée par une formidable tempête.
Soundiata est un nankama, un homme né pour une mission précise. Dans « L'enfance et l'éveil
du nankama », Soundiata se révèle de santé fragile et paralysé des jambes pendant de longues
années, d'où l'inquiétude du roi et les moqueries de la première épouse de MaghanKönFa a,
Fatoumata Bérété. Mais Soundiata finit par se redresser et par redonner sa dignité à sa mère.
« L'exil » relate l'exil forcé de Soundiata, de sa mère et de ses frères et sœurs après la mort de
MaghanKönFa a. Fatoumata Bérété, vengeresse, les chasse, et ils doivent se réfugier chez
plusieurs hôtes successifs. Le chapitre « SoumaoroDiarrasso » introduit Soumaoro, roi-sorcier
ambi eux qui parvient à conquérir le Mandén. Soundiata résout de reconquérir son royaume
natal et de lui redonner sa grandeur, ce qui fait de Soumaoro son pire ennemi. Le retour raconte
le retour de Soundiata au Mandén et le début de sa guerre contre Soumaoro. La fin de la guerre
est racontée dans le chapitre « Kirina », qui se concentre sur la bataille de Kirina, point culminant
de la guerre. Pendant ce e bataille, Soundiata remporte une victoire décisive sur Soumaoro qui
prend la fuite. Le dernier chapitre, « Kourou-ke-foua », relate le triomphe de Soundiata ainsi que
la fonda on de l'empire du Mandén lors du sommet tenu à Kourou-ke-foua.
Le livre se termine par une pos ace de Camara Laye, trée Complément d'informa ons, où il
commente et discute certains éléments donnés par Babou Condé dans sa récita on de l'épopée.
Camara Laye donne ensuite le détail de ses choix dans la transcrip on du malinké ainsi qu'un
lexique malinké-français comptant 1 300 mots.
X- LE REGARD DU ROI
Le Regard du roi est un roman de l'écrivain guinéen Camara Laye écrit en français et paru en
1954 aux édi ons Plon. Il s'agit d'un roman allégorique relatant les interroga ons et le
cheminement mys que d'un homme blanc désargenté en Afrique noire.
RESUME
Dans la deuxième par e, « Aziana », Clarence s'adapte peu à peu au mode de vie des villageois. Il
fréquente Nagoa et Noaga, Samba Baloum ainsi qu'une femme nommée Akissi. Mais sa vie
demeure oisive dans l'a ente de la venue du roi, et il se reproche la paresse qui l'envahit. Il
passe son temps à discuter en buvant de calebasses de vin, et se rend tout juste un peu u le en
ssant du coton de temps en temps. Clarence passe des nuits difficiles où il est tenté de sombrer
dans la bes alité. Il est souvent incommodé par une odeur de fleurs qu'Akissi apporte par
bouquets dans leur case et qu'il déteste. Clarence soupçonne Akissi de le manipuler, car elle lui
semble mul ple, jamais tout à fait semblable à elle-même, surtout la nuit. Mais il n'arrive pas à
avoir de cer tude. Samba Baloum compare souvent Clarence à un coq. Un jour, un procès
oppose Samba Baloum au maître des cérémonies et Clarence, qui ne doit normalement pas y
assister, convainc Nagoa et Noaga de lui trouver un endroit d'où il pourra regarder discrètement
le procès. Mais Clarence finit par devoir fuir pour ne pas être repéré et il passe de toit en toit,
jusqu'à apercevoir la cour d'un bâ ment qui n'est autre que le sérail où vivent les femmes du
naba. Clarence aperçoit de nombreux jeunes mulâtres dans la cour et conçoit des soupçons,
mais on le rassure. Clarence assiste ensuite à la puni on du maître des cérémonies, mais exige
l'arrêt des coups de bâton devant le naba. Il doit ensuite donner son boubou à Nagoa et Noaga
en échange de la ruse qu'ils lui ont indiquée pour assister au procès, mais il se retrouve nu
devant le naba. Sur les conseils de Samba Baloum, il demande un autre boubou au naba.
Un jour, Clarence se réveille et ne trouve pas Akissi à son côté. Ses soupçons se renforcent. Il
sort et va discuter avec le forgeron Diallo, mais les deux hommes ne parviennent pas à
comprendre leurs concep ons divergentes de la jus ce à propos du supplice du maître des
cérémonies. Clarence espèce toujours la venue du roi, tandis que Diallo forge des haches
toujours plus parfaites dans l'espoir d'offrir la meilleure au roi. Après s'être disputé avec Diallo,
Noaga et Nagoa, Clarence veut qui er le village et part dans la forêt. Il éprouve des doutes
croissants sur la réalité de son statut au village et de ses propres faits et gestes pendant les
nuits. Saisi peu à peu par l'odeur de la forêt, Clarence tente d'avancer pour s'éloigner du village,
mais est effrayé par le spectacle d'une, puis de plusieurs femmes-poissons qui surgissent du
fleuve. Entraîné par une pesanteur accablante, il glisse dans le fleuve et progresse parmi des îles
de plus en plus rapprochées, toutes hantées par d'inquiétantes femmes-poissons qui le frôlent
de leurs seins et lui inspirent un terrible dégoût. Clarence se réveille alors, transporté par Samba
Baloum et les deux jeunes gens, qui lui disent qu'il n'a fait que rêvé et que ces femmes n'étaient
que de simples laman ns.
Dans la troisième par e, « Le Roi », Clarence assiste enfin à la venue du roi à Aziana. Toujours à
son a ente, Clarence commence à douter que le roi viendra un jour. Il va voir une vieille
sorcière, Dioki, qui inspire la plus grande peur à Nagoa et Noaga, afin de lui demander une
prophé e sur le roi. Dioki vit à l'écart du village, dans une cuve e naturelle où sa bicoque est
infestée de serpents. Clarence fait porter aux deux frères des offrandes pour Dioki et ses
serpents. Il la prend pour une vieille folle, mais se garde de l'offenser par crainte des serpents.
Dioki prophé se et Clarence a une vision du roi en route pour Aziana. Il émerge de la vision
bouleversé, même si Dioki ne lui a pas dit dans combien de temps au juste le roi arrivera.
Clarence soupçonne avoir dû coucher avec Dioki pour obtenir la vision, mais n'en a pas de
souvenir clair. Il relate sa vision à Diallo et aux deux frères lorsque les tambours commencent à
résonner, annonçant la venue imminente du roi.
Le lendemain est le jour prévu pour la venue du roi. L'a ente de Clarence touche à sa fin, mais,
le ma n, le maître des cérémonies vient lui dire que le naba lui défend de qui er sa case.
Clarence, en colère, rapporte les dires du maître des cérémonies à Samba Baloum, qui va
aussitôt voir le maître des cérémonies et revient avec des nouvelles rassurantes : Clarence devra
seulement s'abstenir de marcher en chaussures sur les tapis disposés sur le chemin du roi.
Clarence se lave et fait revenir le maître des cérémonies. L'entre en tourne à la dispute et le
maître des cérémonies déclare à Clarence qu'il se voile la face au sujet de ses ac vités réelles à
Aziana : Clarence n'est qu'un coq, qui a été troqué par le mendiant en échange d'un âne ; il est la
propriété du naba ; il a engrossé chaque nuit les femmes du sérail du naba et les jeunes mulâtres
qu'il a aperçus dans la cour sont bel et bien ses enfants ; il n'a jamais su se rendre u le au village
et son a ente a été complètement indigne du roi au service duquel il prétend entrer. Mis en
colère et profondément affecté par les paroles du maître des cérémonies, Clarence le chasse,
puis demeure dans sa case, saisi par de terribles doutes. Samba Baloum, Akissi, Nagoa et Noaga
tentent en vain de le convaincre de s'habiller et de sor r voir le roi. Au bout d'un temps indéfini,
Clarence regarde par la fenêtre en hublot de sa case et aperçoit le roi assis sous la galerie non
loin de sa maison. Son regard croise celui du roi. Subjugué, Clarence s'avance comme dans un
rêve tandis que sa case s'effondre derrière lui. Dans la lumière aveuglante qu'émet la personne
du roi, Clarence sort nu sur l'esplanade et rejoint le roi, qui l'accueille contre son cœur et
l'enveloppe dans son manteau pour toujours.
I- INTRODUCTION
Dans ce premier roman publié sous le pseudonyme d'Eza Boto, le lecteur découvrira, tracés avec
une force qui s'accomplira exemplairement dans les œuvres postérieures, fort célèbres, de
Mongo Bé , les drames d'une Afrique dominée, ceux qui opposent les humbles, les simples, les
paysans, aux différents types d'exploiteurs du monde poli que, économique et religieux. Publiée
en 1954, ce e œuvre dénonce une situa on historique qui, en tant de lieux, dans ce monde, est
toujours actuelle.
L’œuvre «Ville Cruelle» se situe dans ce passé colonial ou beaucoup de peuples africains se sont
vus coloniser par de grandes puissances européennes comme la France, le Portugal, l’Angleterre,
etc.
L’œuvre ville cruelle est située dans un contexte colonial.C’est une œuvre dans laquelle l’auteur
relate les fatalités de la domina on coloniale.
a- Biographie
De son vrai nom Alexandre Biyidi, Eza Boto ou Mongo Be est son pseudonyme d’écrivain. Il est
né le 30 juin 1932 à MBalmago au sud du [Link]ès avoir été exclu de l’école
missionnaire, il entre au lycée de Yaoundé.Bachelier en 1951, il va poursuivre ses études à paris
d’où il sort agréger en le res. La plupart de ses œuvres publiées en France où il résidait, ont été
l’objet de scandales et d’interdic ons. Nommé professeurs à Lamballe en Grande Bretagne, il a
écrit pendant plus de dix ans (1958 à 1972) puis vient de sor r coup sur coup en pamphlet de
deux romans.
b- Bibliographie
Eza Boto a publié plusieurs œuvres dont :
*Ville Cruelle, sous le pseudonyme d’Eza Boto en 1954
*Le pauvre Christ de Bomba, Édi on Laffant en 1956
*Mission terminée, Édi on Corséa en 1957 puis ob endra le prix Sainte-Beuve en 1958
*Le Roi Miraculé en 1958
*Main Basse sur le Cameroun, Édi on Maspero en 1972
*Remember Ruben en 1974
V_ ÉTUDE THÉMATIQUE
¶ Thème principale : les pra ques coloniales
Tanga était divisé en deux : Tanga Nord ou Tanga indigènes et Tanga Sud, ville coloniale
marquée par la présence de l’administra on, des forces de l’ordre, les centres commerciaux des
grecs, bou ques et comptoirs d’achats de cacao, des usines.
¶ Thèmes secondaires
La violence : La ville est caractérisé par la violence sur les [Link] a mis le cacao de Banda au
feu et il a été vic me de plusieurs bastonnades (illustra on page 44 à 47)
L’exploita on : Les blancs exploitaient les Noirs dans la vente du [Link] M.T employaient les
jeunes mécaniciens et ne les payaient pas.
La corrup on : pour accéder à la ville, il fallait être au coté des Blancs (page 54).Il fallait ‘’graisser
des pa es. ‘’
L’injus ce : Le cacao de Banda fut mis au feu (page 44).Les Blancs avaient plus de privilèges que
les Noirs (page …).Ils faisaient ce qu’ils voulaient et si l’on posait plainte contre eux, la plainte
n’avait pas de suite.
L’amour filiale : La mère de Banda l’aimait beaucoup et elle s’est ba ue pour lui (page 9)
La solidarité : Les cinq femmes ont aidé Banda à porter son cacao jusqu’en ville et venaient
chaque fois rendre visite à sa mère (page 47)
Personnages secondaires
Odilia : C’était une jeune fille belle, aimable et dévouée.
Koumé : C’était un jeune homme qui travaillait chez M.T., il était dur, courageux et aimable.
Tonga : (oncle de Banda) C’était presque un vieillard inoffensif autrement qu’en paroles,
hâbleur, menteur, hypocrite et passablement rancunier (illustra on page 116)
Mère de Banda : Pauvre et misérable, toujours régulière à la messe. Elle s’est sacrifiée afin
d’élever son Banda.
Chapitre I
Un jeune prisonnier dont on ignore le crime évoque sa tourmente : condamné à mort il est
hanté par l'idée de son exécu on prochaine. Douleur psychologique bien plus abominable que la
douleur physique de la déten on.
Chapitre II
Le jeune homme se souvient : son procès, sa condamna on, ses sen ments lors du jugement.
Chapitre III
Le prisonnier accepte avec une certaine résigna on le verdict. Ne sommes-nous pas tous
condamnés à mourir un jour ?
Chapitre IV
Le condamné décrit son transfert à la prison de Bicêtre.
Chapitre V
Les souvenirs et les anecdotes se poursuivent : l'arrivée à la prison, les condi ons
d'incarcéra on, le langage argo que du milieu, l'obéissance du prisonnier bien récompensée...
Chapitre VI
Le jeune homme dévoile son projet : il souhaite écrire. Ecrire pour soulager sa peine, écrire pour
qu'on se souvienne, écrire pour comba re la peine de mort.
Chapitre VII
Toutefois, il tergiverse : pourquoi sauver des vies alors qu'il ne peut sauver la sienne ?
Chapitre VIII
Les jours du prisonnier son comptés. Cinq semaines le séparent de son exécu on.
Chapitre IX
Il entreprend de rédiger son testament et pense à sa famille, plus par culièrement à sa fille qu'il
aurait aimé revoir une dernière fois.
Chapitre X
Le condamné décrit son cachot privé de fenêtres, le corridor, les cellules réservées aux
bagnards, celles réservées aux condamnés à mort.
Chapitre XI
Une nuit, ne trouvant pas le sommeil, il décrit les inscrip ons des murs de sa cellule. Un dessin
de la potence re ent son a en on.
Chapitre XII
Puis, il remarque les noms des prisonniers qui l'ont précédé dans ce cachot.
Chapitre XIII
Le jeune homme se remémore : il y a quelques jours, il a assisté au départ des bagnards pour le
pénitencier de Toulon. Il se souvient de la visite médicale des forçats, du repas des geôliers et du
ferrage des prisonniers. Il se souvient de s'être évanoui.
Chapitre XIV
C'est à l'infirmerie qu'il reprend connaissance. Là il observe le départ des bagnards, réalisant que
la situa on de condamné à mort est préférable à celui de forçat.
Chapitre XV
De retour dans sa cellule, il souhaite s'évader.
Chapitre XVI
Il se souvient : à l'infirmerie, il a entendu une jeune femme fredonner une chanson en argot.
Chapitre XVII
Un rêve : Le jeune condamné est libre enfin. Toutefois, prêt à embarquer pour l'Angleterre, il est
découvert par un gendarme.
Chapitre XVIII
On interroge le condamné sur ce qu'il désire manger.
Chapitre XIX
Le jeune homme réalise que le terme de sa vie approche quand le directeur de la prison, affable,
lui rend visite.
Chapitre XX
Il songe aux gardiens, aux murs sales, à tout ce lieu.
Chapitre XXI
Un prêtre et un huissier rencontrent le prisonnier. On lui annonce que le pourvoi est rejeté. Son
exécu on est décidée pour le jour même.
Chapitre XXII
Le prisonnier narre son transfert à la Conciergerie.
Chapitre XXIII
Là, il rencontre le prochain condamné à mort qui prendra sa place dans la cellule de Bicêtre.
Celui-ci lui raconte son histoire et lui vole sa redingote.
Chapitre XXIV
Volé, le jeune homme est furieux.
Chapitre XXV
Une fois dans sa cellule, il réclame une chaise, une table, un lit et du papier.
Chapitre XXVI
Le prisonnier pense avec amertume à sa fille. Va-t-elle souffrir à cause de lui ? Sera-t-elle rejetée
?
Chapitre XXVII
Puis il s'interroge sur la mort par décolla on.
Chapitre XXVIII
Il se souvient de l'installa on d'une guillo ne sur la place de Grève.
Chapitre XXIX
L'heure de la mise à mort semble interminable.
Chapitre XXX
Le prisonnier reçoit une seconde visite du prêtre. Le sermon est des plus ordinaires et
l'ecclésias que reste indifférent à la douleur du condamné.
Bouleversé, ce dernier ne peut toucher à son repas.
Chapitre XXXI
On inspecte sa cellule. Il apprend qu'elle sera rénovée dans quelques mois.
Chapitre XXXII
Un gendarme plaisante : après son exécu on, qu'il vienne donc chez lui afin de lui dévoiler la
combinaison gagnante de la loterie. Le jeune homme, songeant à s'évader, propose au
gendarme d'échanger leurs vêtements. Ce dernier, loin d'être dupe, refuse.
Chapitre XXXIII
Le prisonnier revient sur des souvenirs de jeunesse.
Chapitre XXXIV
Puis il se remémore son crime.
Chapitre XXXV
Il songe ensuite à chacun d'entre nous qui con nuons à vivre en ignorant le drame qui va se
jouer bientôt.
Chapitre XXXVIII
Le jeune homme compte les heures : il ne lui reste que deux heures quarante cinq à vivre. Il en
éprouve une intense douleur.
Chapitre XXXIX
Comment peut-on savoir que la mort par la guillo ne n'est pas douloureuse puisqu'aucun des
condamnés à mort n'est là pour témoigner ? S'interroge t-il.
Chapitre XL
Il espère toujours être gracié.
Chapitre XLI
Sentant sa mort prochaine, il souhaite se confesser.
Chapitre XLII
Il s'assoupit un instant. Mais tourmenté par un cauchemar, il se réveille aussitôt.
Chapitre XLIII
Sa fille, Marie, vient lui rendre visite ; Il est au désespoir quand il réalise que son enfant, qui ne le
reconnait pas, le croit déjà mort.
Chapitre XLIV
Une heure le sépare de l'échafaud.
Chapitre XLV
Il pense à ceux qui viendront assister à son exécu on et à ceux qui emprunteront le même
chemin que lui vers l'échafaud.
Chapitre XLVI
Sur quelques pages, le jeune homme cherche à se jus fier et, pourquoi pas, obtenir le pardon de
sa fille.
Chapitre XLVII
Note de l'éditeur : des pages sont ici manquantes, perdues à moins qu'elles n'aient pu être
rédigées.
Chapitre XLVIII
L'heure de l'exécu on est imminente. On lui coupe les cheveux, on lui lie les mains et on le
conduit vers la guillo ne.
Chapitre XLIX
Le condamné demande encore cinq minutes : il a end toujours la grâce du roi... en vain.
PRÉSENTATION
" Le lieutenant de Kouta ", de son vrai nom Siriman Keita, qui donne son tre au roman de
Massa Makan Diabaté, est un spécimen étonnant de vétéran de " l'armée coloniale ", revenu au
pays peu avant l'indépendance après des années de discipline militaire, au service du drapeau
bleu blanc rouge… Le roman moque avec gen llesse l'inadapta on de l'officier, sorte de Tartarin
maladroit qui ne retrouve que progressivement les tradi ons de son village, non sans se laisser
berner à plusieurs reprises par ses concitoyens, pas toujours de bonne foi… La force du roman
est de placer son lecteur dans une situa on d'un témoin dont le point de vue sur le lieutenant se
modifie en même temps que son histoire se déroule. Le personnage, qui était d'abord
découvert, de l'extérieur, comme une excentrique peu sympathique, mêlant une arrogance mal
venue à des comportements presque vexatoires à l'endroit des enfants du village, surprend de
plus en plus par des comportements qui révèlent sa sensibilité écorchée : adop on d'un jeune
orphelin, concessions successives faites à l'imam malgré ses premières protesta ons d'athéisme,
échec pathé que de ses tenta ves de séduc on et de ses projets " poli ques "… Au bout de ce
chemin fait de déconvenues et de méprises, Siriman Keita trouve enfin sa voie propre, devenant
le muezzin du village, refusant avec simplicité la Légion d'Honneur que le gouverneur français lui
a octroyé… L'accident qui survient alors permet opportunément au représentant du pouvoir
colonial d'effacer ce qui pourrait sembler un affront, de la part d'un ancien soldat : "après tout,
on peut décorer quelqu'un à tre posthume. Et c'est plus honorable."
XIV- L’ÉTRANGER, DE CAMUS : RESUME
L’ac on se déroule en Algérie française. Meursault (le narrateur) apprend par un télégramme la
mort de sa mère. Il se rend en autocar à l’hospice, près d’Alger. Il n’exprime ni tristesse ni
émo on. Il refuse de voir le corps, mais veille le cercueil comme c’est la tradi on, en fumant et
buvant du café. Aux funérailles, il ne montre aucun chagrin, ne pleure pas, et se contente
d’observer les gens qui l’entourent.
Le lendemain, de retour à Alger, Meursault va nager dans la mer et rencontre une jeune fille,
Marie, une dactylo qui avait travaillé dans la même société que lui et qu'il connaît vaguement. Le
soir, ils se rendent au cinéma puis reviennent à l'appartement de Meursault et couchent
ensemble. Une rela on se développe entre eux, au cours de laquelle il ne montre pas plus de
sen ment ou d'affec on envers Marie qu’à l'enterrement de sa mère.
Meursault fréquente son voisin, Raymond Sintès, connu pour être souteneur, qui lui demande
de l’aider à rédiger une le re : il s’est ba u avec sa maîtresse qu’il soupçonne d’être infidèle et
craint les représailles de son frère. Meursault accepte.
La semaine suivante, Marie et Meursault perçoivent les bruits d’une dispute violente entre
Raymond Sintès et sa maîtresse, jusqu’à l’interven on d’un agent. Après le départ de Marie,
Raymond vient demander à Meursault de lui servir de témoin de moralité. Il affirme au tribunal
que la maîtresse de son voisin a été infidèle et Raymond est qui e pour un aver ssement.
Celui-ci invite Meursault à passer la journée du lendemain dimanche dans le cabanon de l’un de
ses amis, Masson, dans la banlieue d’Alger.
Dans le même temps, Meursault qui montre peu d'intérêt pour sa carrière, refuse une
promo on qui le conduirait à travailler à Paris. Marie lui demande de l’épouser : il accepte, bien
que cela lui soit égal.
Le dimanche, Marie et Meursault prennent le bus avec Raymond pour rejoindre le cabanon de
Masson. Ils sont suivis par un groupe d’Arabes, dont le frère de la maîtresse de Raymond contre
lequel Meursault a témoigné. Après déjeuné, les trois hommes vont se promener sur la plage,
sous un soleil de plomb. Ils croisent à nouveau le groupe d’Arabes. Une bagarre éclate :
Raymond est blessé au visage d’un coup de couteau. En remontant au cabanon, Meursault
ob ent de Raymond qu’il lui confie son révolver afin d’éviter qu’il ne tue quelqu’un. Meursault
retourne sur la plage. La chaleur est accablante. Il rencontre un des Arabes qui sort un couteau.
Meursault, ébloui par le reflet du soleil sur la lame, sort le revolver dans sa poche puis tout
s’enchaîne : « La gâche e a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et, c’est là, dans le bruit à
la fois sec et assourdissant que tout a commencé [...]. Alors, j’ai ré encore quatre fois sur un
corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs
que je frappais sur la porte du malheur. » Ces cinq coups de revolver excluent la légi me
défense et l’homicide involontaire. Meursault ne donne au lecteur aucune raison par culière
pour son crime, le fait qu’il ait ré sur le cadavre à quatre reprises ou sur les émo ons qu'il
éprouve, mis à part le fait qu'il a été gêné par la chaleur et la lumière du soleil.
Dans la seconde par e du roman, Meursault est incarcéré et envisage avec détachement son
procès à venir. Il est même assez indifférent à la priva on de liberté et s’habitue à l’idée de ne
pas pouvoir coucher avec Marie. Il passe son temps à dormir ou à énumérer mentalement les
objets qu’il possède dans son appartement.
Tout au long de son emprisonnement et jusqu’à la veille de son exécu on, Meursault affiche la
même indifférence, semblant ne rien ressen r. Il se sent étranger à ce qui lui arrive et ne montre
au procès aucun regret, ce qui met son avocat très mal à l’aise. On l’interroge sur son
comportement à l’enterrement de sa mère, sur les raisons de son crime. Il ne sait que répondre
que c’est à cause du soleil. Pour le procureur, Meursault est « un homme qui tuait moralement
sa mère », en la laissant dans un asile. Et il l’accuse « d’avoir enterré une mère avec un cœur de
criminel ». La jus ce ne cherche pas à comprendre les mo va ons de Meursault. Le procureur
se concentre sur son comportement, sa personnalité, sa vie dissolue (il engage une rela on le
lendemain des funérailles de sa mère dont il est indifférent), son athéisme, son caractère asocial.
Dans le contexte poli que de l’époque, l’Algérie gouvernée par la France coloniale, il aurait pu
plaider la légi me défense et être acqui é. L’avocat tente de montrer son client sous un autre
jour, loin de la réalité. Meursault l’écoute, pris de ver ge : « J’étais un honnête homme, un
travailleur régulier, infa gable, fidèle à la maison qui l’employait, aimé de tous et compa ssant
aux misères des autres. » La cour rend son verdict : « Le président m’a dit dans une forme
bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français. »
Finalement, Meursault est condamné à mort, plus pour son indifférence aux normes de la
société que pour son crime.
Dans sa cellule, Meursault doit affronter l'aumônier de la prison qu’il refuse de rencontrer, mais
qui tente de prendre sa confession. Il lui promet une autre vie s’il se tourne vers Dieu. Meursault
entre dans une grande colère et met le prélat dehors. Il est convaincu que seule la vie est
certaine et que l'inéluctabilité de la mort lui enlève toute significa on. C’est alors que,
paradoxalement, se développe dans l’épilogue une autre posture de Meursault, celle de
l’a achement matériel, sensuel, à la vie. Il se découvre surtout comme faisant par e intégrante
de ce monde. Meursault est prêt, lucide et calme, si proche de la nature et si loin des hommes.
C’est à travers la révolte, la colère, la violence que l’homme découvre l’absurdité de la condi on
humaine. « Comme si ce e grande colère m'avait purgé du mal, vidé d'espoir, devant ce e nuit
chargée de signes et d'étoiles, je m'ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du
monde. De l'éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j'ai sen que j'avais été heureux, et que je
l'étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à
souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécu on et qu'ils m'accueillent
avec des cris de haine. »
Pour Albert Camus, la vie des individus, l'existence humaine en général, n'ont pas de sens ou
d’ordre ra onnel. C’est parce que nous éprouvons des difficultés à accepter ce e no on que
nous tentons en permanence d'iden fier ou de donner une significa on ra onnelle à nos actes.
Le terme « absurdité » décrit ce e vaine tenta ve de l'humanité à trouver un sens ra onnel là
où il n'en existe pas.
Bien que dans L'Étranger Camus ne se réfère pas explicitement à la no on de l'absurde, les
principes de l'absurdité fonc onnent dans le roman. Ni le monde extérieur dans lequel
Meursault évolue ni le monde intérieur de ses pensées, de même que son comportement, ne
relèvent d’un ordre ra onnel. Meursault n’est pas logique dans ses actes, comme sa décision de
se marier ou celle de tuer l'Arabe (notamment les quatre coups de revolver rés dans son
cadavre). Néanmoins, la société, à travers la jus ce, tente de fabriquer ou d'imposer des
explica ons ra onnelles aux des ac ons irra onnelles de Meursault. L'idée que les choses se
passent parfois sans raison et que les événements peuvent n’avoir aucun sens perturbe la
société qui voit là une menace. Le procès, dans la deuxième par e du roman, n’est autre que la
tenta ve de la société de fabriquer un ordre ra onnel. Le procureur et l'avocat ault expliquent le
crime de Meursault en se basant sur la logique, la raison, et la no on de cause à effet. Pourtant,
ces explica ons n'ont aucun fondement et ne sont que des tenta ves pour désamorcer l'idée
effrayante que l'univers est irra onnel. Le livre traduit ce e vaine tenta ve de l'humanité
d’imposer la ra onalité dans un univers irra onnel.
INTRODUCTION
Le vieux nègre et la médaille publié en 1956 est une sorte de prolongement d’Une vie de boy.
Dans celui-ci le narrateur-héros est un naïf enfant africain; dans celui-là, le héros Mek est un
adulte naïf aussi, vic me ainsi de la duplicité des Blancs. Ce roman publié durant la
décolonisa on est ainsi fortement inscrit dans son contexte, ce qui lui valut son succès mérité. Il
est donc intéressant d’en saisir l’intérêt qui reste très actuel au moment où on parle des
railleurs et de leur rétribu on, de répara on, de souvenir, de pardon pour tout ce que le Blanc
a fait aux peuples africains. La vie d’Oyono, on le sait, a été une influence dans son œuvre. Par r
d’elle pour comprendre le texte semble être une voie obligée. A la suite, après avoir explicité le
tre, on résumera l’histoire, et puis voir les personnages, les thèmes, l’écriture et la significa on
de l’œuvre.
Présenta on de l’auteur
Les œuvres
À la fin des années 50, Ferdinand Oyono publie en langue française trois romans qui ont trait à la
vie quo dienne en Afrique à l’époque coloniale et qui, me ant en cause aussi bien
l’administra on que la police ou l’Église des missionnaires, feront scandale dans ce e période de
décolonisa on.
Une vie de boy, publié en 1956, est centré sur le personnage de Joseph, boy du commandant
blanc. Il y fait la cri que et la démythifica on du des Blancs dont les traves sont mis à nu par le
récit du narrateur enfant.
Le vieux nègre et la médaille, publié en 1956,
Chemin d’Europe, publié en 1960, raconte l’explora on plus ou moins du monde des Blancs
dans une métropole africaine par un jeune homme qui veut se couper de ses racines et rêve
d’Europe malgré les aver ssements de son père.
III. RESUME
Au début du roman, Meka doit visiter le commandant de son pays Doum et il pense que le
commandant va le tuer. Mais en fait, Meka va recevoir une médaille en reconnaissance de son
dévouement pour la France, d’être par conséquent « un ami des blancs. ». En effet, ses deux fils
sont en comba ant pour les français durant la seconde guerre mondiale et il a donné ses terres
à la mission catholique. Durant la remise de la médaille le jour de la fête na onale française le 14
juillet, sa femme pleure ses deux fils et lui. Après le vin d’honneur, tous les noirs sont devenus
ivres et M. Varini appelé aussi Gosier-d’Oiseau fait évacuer la salle du Foyer Européen. Dans la
panique, on oublia et enferma le ivre Meka qui dormait à l’intérieur. L’orage éclate en ravageant
la salle d’où sor t Meka tubant. Il perd sa médaille en allant chez Mami Ti . Il est arrêté dans la
nuit, brutalisé et maltraité par des policiers trop zélés avant d’être conduit dans une prison o il
sera encore humilié par Gosier d’Oiseau de qui il a endait une reconnaissance. Pendant le
roman, Meka essaie d’aider des blancs et il suit des règles. Meka rentre chez lui et plonge toute
la famille dans la stupeur causant pleurs et lamenta ons. Il se rend compte qu’il est un esclave
des blancs, mais il n’essaie pas de comba re contre eux parce qu’il dit en bâillant : « Je ne suis
plus qu’un vieil homme… »..
Le chris anisme
Ce roman décrit les mésaventures du vieux Meka au sein de l’appareil colonial de son pays Pour
le récompenser d’avoir donné ses terres à l’Eglise et ses deux fils à «la guerre où ils ont trouvé
une mort glorieuse pour la France », le Haut-commissaire décide de l’honorer de la médaille de
l’ami é euro-noire à l’occasion de la fête du 14 juillet. D’où le tre du roman.
Mais, au fait, la médaille est un prétexte que se donne Oyono pour révéler, à sa manière, la
nature des rapports qui existent entre colonisateurs et colonisés dans la pe te localité de Doum,
lieu de l’ac on. L’ac on des missionnaires n’est différente de celle de leurs congénères laïcs.
Oyono insiste d’une manière par culière sur le rôle inhibiteur de la religion catholique, véritable
« opium du peuple », facteur d’assuje ssement et de duperie. Sous le prétexte qu’elles «ont plu
au bon Dieu», les missionnaires ont pris les terres de Meka. De plus, les ouvriers indigènes qui
travaillent sur ces terres reçoivent pour tout salaire «le merci du prêtre, la communion ou la
grâce et l’indulgence du bon Dieu ». Pourtant, même la confession n’est pas gratuite de l’autre
côté! Oyono évoque aussi la ségréga on raciale que pra que l’Eglise à la Sainte Table et au
Cime ère. Bref, cet écrivain je e un doute systéma que sur les bonnes inten ons de ceux qui
prétendent sauver l’âme noire de la damna on. Il y est mis dans le même sac, laïcs et
missionnaires blancs.
L’alcoolisme
Il joue un rôle important dans le roman. Instrument de ségréga on, l’alcool permet au narrateur
de montrer que le Blanc dispose toujours pour les Noirs d’un succédané et garde le bon produit
pour lui. Ainsi en est-il lors de la fête où le whisky circulait uniquement pour les Blancs. Aussi se
sont-ils même re rés au Cercle Européen (p.126) chez Pipiniakis pour faire la fête. L’alcool
représente également un moyen d’exploita on : on interdit la bière locale à base de banane ou
de maïs pour écouler le vin importé de France. Et le prêtre se ravitaille chez les noirs en vin.
(p.15) Par ailleurs, pour comme re leurs injus ces, les blancs font soûler les indigènes.
La vieillesse
Cet âge est aussi important dans ce e histoire. Le héros Méka en est un. Et beaucoup de
personnages aussi comme ses amis naturellement. Ils sont tellement vieux qu’on ne connaît leur
date de naissance, comme « Nua qui était comme lui sans âge. Il était sec comme une viande
boucanée et avait la mâchoire con nuellement en mouvement ». Il y avait aussi N qui était
a eint d’Eléphan asis. (p.24) Pour se convaincre on verra même que dès trente ans, Mvondô
qui était le fils de sa sœur ressemblait à un vieux car n’ayant plus de cheveux, il était « comme
un vieux lézard » (24)
Aussi le manque de respect et les brimades que lui font subir les policiers sont condamnables, et
en Afrique le vieux est respecté. Cela témoigne de la cruauté et de la méchanceté des Blancs.
VI. L’ECRITURE
L’humour et l’ironie dans le vieux nègre et la médaille
L’humour concerne tous les personnages, alors que l’ironie est faite plus souvent envers les
Blancs. Dans l’ironie on voit l’implica on du narrateur, alors que l’humour est en èrement prise
en charge dans l’œuvre par les personnages.
On tourne en dérision notamment l’imposture, l’hypocrisie et le mensonge de l’entreprise
coloniale dont sont vic mes les indigènes du village de Doum, par culièrement Meka. Ainsi sont
mises à nu la duplicité et la méchanceté de l’homme blanc, à travers ses représentants : le
commissaire Gosier-d’Oiseau, le Révérend Père et le Commandant.
Le lecteur a plaisir à voir, par endroits, la façon dont certains personnages traitent les choses
importantes tel cet interprète noir qui traduit le long discours du haut commissaire : « le grand
chef blanc dit qu’il est très content de se trouver parmi vous, qu’il dit merci pour le bon accueil
que vous lui avez fait. Puis il a parlé de la guerre que vous avez faite ensemble contre les autres
Blancs de chez lui… et il a terminé en disant que nous sommes plus que ses amis, nous sommes
ses frères, quelque chose comme ça… ». L’auteur u lise l’ironie pour faire une cri que implicite
de la colonisa on. Même quand Meka parle on ne peut s’empêcher de sourire : «Ils ont de la
chance de ne pas souffrir dans leurs chaussures » (p.100), façon de montrer qu’il ne se sent pas
bien dans la culture adoptée.
Les sacrifices de Meka pour la nouvelle religion sont salués par son peuple dans un humour gai :
« Pour les chré ens de Doum, Meka était un grand favori dans la course au paradis » (p.17)
L’écriture mascarade
La fête na onale de la France du 14 juillet n’est rien d’autre qu’une mascarade pour encore une
fois rappeler la domina on de la puissance coloniale. La caricature de Meka dans son
habillement européen, dans lequel il se sent mal à l’aise et en souffre au niveau des souliers
montre que ce e culture que ces noirs essaient d’arborer ne leur va pas.
Les proverbes dans le récit donnent une couleur locale à l’histoire. Le peuple africain dilue sa
sagesse dans les proverbes : « Si ton cœur se met à ba re en arrivant au terme de ton voyage,
rebrousse chemin » (p.176) dit Engamba qui cherchait Meka au quar er des Blancs.
« La bouche qui a tété n’oublie pas la saveur du lait » (p.17)
Le merci du Blanc
L’hypocrisie du Blanc se comprend par le mot merci quand on considère le verbe « remercier »
qui est polysémique. Il s’agit au-delà du fait qu’il signifie la bénédic on d’une ac on, d’une
ac on de chasser quelqu’un poliment souvent. Ainsi en est-il de Meka qui reçoit de la part du
Blanc suite à ce qu’il a fait pour eux, une médaille en fait de remerciement dans le sens de « on
n’a plus besoin de toi car tu es vieux et tu n’as rien a donné ». Cela se confirme avec les visites
du père de la mission catholique
VII. PORTEE DE L’ŒUVRE
Ce que Meka a fait est une sorte d’échange. En effet, du moins tel semble être le sens que lui
donne la voix qui avait parlé dans le public : « Moi, je dis qu’on aurait mieux fait de l’habiller de
médailles ! (…) Ce qu’a compris la femme de MekaKelara. Le narrateur semble accuser alors la
complicité des africains qui ont favorisé l’implanta on des européens à travers les personnages
de Meka. Aussi le sort de ce dernier est de souffrir l’ingra tude de la France, comme ce fut le cas
pour Meka.
Il est alors compréhensif de noter la contradic on entre les valeurs que le haut commissaire
défend dans son discours à savoir l’égalité et la fraternité entre tous les hommes et la réalité
vécue par Meka qui croyait à l’ami é des Blancs jusqu’à les inviter prendre un repas chez lui.
Parce que le haut commissaire Gosier d’Oiseau l’a humilié, celui-là même qui dans Une vie de
boy avait ba u jusqu’au sang le boy Toundi. Sans oublier la ségréga on lors du service du vin
d’honneur : ils eurent du vin rouge alors que les Blancs buvaient du whisky. Les quar ers étaient
séparés, et on malmenait un indigène qui osait franchir la fron ère qui les séparait sans
demander la permission. Le beau-frère de Meka failli en subir les conséquences en allant
chercher celui-ci chez le commandant.
Conclusion
A travers Le vieux nègre et la médaille, c’est une sorte d’opposi on classique chez Oyono qu’on
vient de voir : la tradi onnelle opposi on d’un Noir naïf qui croit à l’ami é des Blancs hypocrites
et sournois. C’est surtout l’ironie et l’humour caractéris ques de l’écriture de Oyono qu’on lit
dans ce texte simple mais très dense. Ce livre de moins de deux cent pages résume les
spécificités culturelles africaines et occidentales mais aussi les caractères et comportements de
ces deux peuples à travers des théma ques variées à la fois tradi onnelles et modernes. Ce e
médaille de Meka n’est-elle pas le symbole des visites de chefs d’Etats Européens ? Des aides
répétées qui n’ont aucunes valeurs comparées au mal qu’ils ont fait subir aux africains ?
Lexique :
Autodérision : faire une plaisanterie, une moquerie, une raillerie visant sa propre personne.
Mascarade : fête de carnaval avec déguisement.
RESUME
1. La Tragédie du roi Christophe est une pièce de théâtre d’Aimé Césaire publiée en 1963 et
représentée dès l’année suivante. Elle a pour thèmes le combat du peuple haï en pour la
liberté, la folie d’un homme et ses rêves de grandeur, et pour contexte la révolu on
haï enne et ses suites.
2. Le prologue montre une gaguère où a lieu un combat de coqs. Autour, des spectateurs
survoltés supportent des coqs nommés d’après les grandes figures poli ques haï ennes :
Henri Christophe et Alexandre Pé on. L’un d’eux tombe, la foule exulte, marquant ainsi
la fin du prologue. Le présentateur-commentateur entre en scène pour signifier sa
surprise ainsi que sa joie de voir les coqs affublés de tels noms. Il raconte l’histoire de
Christophe, roi de la province du Nord, et de Pé on, président de la République au sud
d’Haï .
3. Le premier acte, qui mêle bouffonnerie, parodie, sérieux et tragique, s’ouvre avec un
dialogue entre Pé on et Christophe. Le premier annonce à son compatriote la
nomina on de celui-ci en tant que président de la République par le Sénat. Christophe
refuse le poste, il es me que son autorité à été mise en péril par le Sénat lui-même. Il
parle de son interlocuteur à la troisième personne et Pé on, surpris, le ques onne sur
son a tude. Christophe répond qu’il sait que ce dernier envisage l’idée de devenir
président de la République et que s'il renonce au poste c’est Pé on qui en héritera. La
conversa on, qui avait débuté sur un ton amical, s’achève dans une atmosphère de
colère et Christophe brandit son épée et la présente comme vecteur de son autorité
légi me.
5. La scène suivante se déroule au palais. Le maître de cérémonie fait répéter les cour sans
afin de s’assurer que le couronnement se déroule à la perfec on. Ils ont encore peine à
croire que cet évènement va se produire. Magny et Vastey discutent de la crédibilité qu’a
le royaume aux yeux des Français. Hugonin s’en mêle mais est traité de bouffon du roi
par Magny. Il ne s’en offusque pas et accepte le tre de bon cœur. Le maître de
cérémonie aperçoit Christophe et se met à faire l’appel. Ce dernier note l’absence de la
gent féminine et appelle des cour sanes à qui il donne des tres. Il leur montre
comment ajuster leur démarche et les somme de prendre ces tres de noblesse et le
couronnement très au sérieux.
7. La guerre civile bat son plein à Haï , la scène se passe dans un coin du champ de bataille.
Des révoltés sont exécutés sur ordre de Magny, qui s’étonne que l’un d’eux soit encore
vivant. Un officier lui dit qu’il s’agit de Metellus, le chef des révoltés. Magny l’interroge
sur la raison de leur soulèvement contre Christophe et Metellus répond par une rade
exprimant le désespoir des concitoyens qui sont affamés et malheureux. Il est aba u
surplace.
8. Christophe quant à lui se trouve dans un autre coin du champ de bataille, où il déplore la
mort de ceux tombés au combat et savoure à la fois sa victoire. Il se moque de Pé on qui
aurait détalé face à la débâcle de ses troupes.
9. La guerre civile se poursuit et Christophe se trouve par la suite sous une tente, à l’entrée
de Port-au-Prince qu’il a assiégée. Il n’entend pas procéder à un assaut et souhaite plutôt
se réconcilier avec Pé on. Mais, Magny lui déconseille d’agir ainsi, mais ajoute qu’il
espère que son roi n’aura jamais à regre er ce e décision.
10. Pé on est au sénat, à Port-au-Prince, face à son peuple et au leader de l’opposi on.
L’émissaire de Christophe arrive et lui explique les inten ons de réunifica on de son roi.
Des députés s'insurgent et Pé on reje e la proposi on de Christophe. Ce dernier en est
informé et donne à Manny l'ordre de faire avancer les troupes.
11. La scène suivante se déroule dans la villa de Christophe où ses proches et lui célèbrent
son couronnement. Christophe discute avec le maître de cérémonie des coutumes
françaises en ma ère de célébra on de couronnement. Le repas est bientôt servi.
Chanla e, poète officiel, récite quelques vers sur le rhum, l’évêque quant à lui félicite
Christophe sur sa demeure et lui souhaite de prospérer. Prézeau, confident et homme à
tout faire de Christophe, arrive au palais avec une le re d’un lord anglais, ami de
Christophe, qui lui présente ses vœux. Madame Christophe intervient pour souligner que
son port d’une couronne ne change en rien la personne simple et l’ancienne servante
d’auberge qu'elle était. Christophe se lance ensuite dans une rade sur son désir de
développer Haï . Il exhorte ses concitoyens à sor r de leur torpeur et à agir. Ainsi, le
premier acte s'achève sur un discours plein d’espoir de la part de Christophe.
12. Durant l’intermède, le présentateur parle de la détresse des Haï ens et d’un fleuve qu’on
appelle Ar bonite. L’« appren radayeur » et le « capitaine radayeur » se plaignent de la
descente interminable à laquelle ils se livrent depuis deux mois sur le fleuve. Ils se
réjouissent néanmoins car leur arrivée à bon port est imminente.
13. Le deuxième acte s’ouvre sur la campagne haï enne à l'heure du repos. Deux paysans
discutent notamment du caractère parfois violent de Christophe. Alors qu’ils conversent,
le Royal-Dahomet arrive et ils se reme ent au travail. Le Royal lit une proclama on
signée par Christophe. Les ar cles rendent la tâche des cul vateurs encore plus
contraignante et soulignent que les indisciplinés seront sévèrement châ és.
14. La scène suivante se passe au Cap-Henry dans un salon bourgeois où deux dames
discutent. Tandis que l’une parle d’une récente décision de Christophe d'envoyer ses
filles une fois par semaine sur les chan ers, l’autre raconte le sort d'un malheureux qui a
osé s’endormir en dehors des heures fixées par les lois du roi Henry. Venant d’un autre
coin, une voix raconte l’histoire : Christophe,ayant aperçu à travers sa lorgne e le paysan
endormi, ordonne au guerrier de l'aba re et ce dernier s’exécute. Hugonin approuve. La
première dame est choquée par le récit de son interlocuteur ;alors qu’elle s’insurge
horrifiée, Vastey arrive et lui baise les mains. Les trois personnages s’entre ennent des
actes de Christophe. Les dames condamnent les agissements du roi et de Vastey. Une
certaine Isabelle arrive en chantonnant son malheur qu’elle a ribue à sa couleur de sa
peau et Vastey en profite pour souligner les nobles desseins de son roi. Pour lui, l’une des
raisons du travail acharné de Christophe est son désir de voir les jeunes filles noires fières
et non honteuses de leur couleur de peau.
15. Christophe pense que la construc on de la citadelle n’avance pas assez vite et que
femmes et enfants doivent être mis à contribu on. Vastey est surpris par les propos du
souverain. Ce dernier envoie Prézeau régler une affaire concernant un comte qui foue e
impunément ses paysans et les traité comme des esclaves. Il demande à Prézeau de
ramener ce comte préten eux afin qu’il serve de main-d’œuvre à la construc on de la
citadelle. Le roi s’adresse ensuite à Richard qu’il souhaite punir pour son a tude
déplaisante lors du bal tenu la veille. Il le rétrograde au tre de capitaine et l’envoie
administrer un bourg sale situé à la limite du royaume. Christophe est déçu de la
conduite de ses sujets et pense que l’anarchie règne dans son royaume. Magny est
surpris par ces propos et Corneille Brelle es me avoir droit au repos après vingt ans de
loyaux services. Sa requête plonge Christophe dans le désarroi. Brelle souhaiterait
retourner en France auprès de sa vieille mère car il es me que le roi a déjà assis son
autorité et n’a plus besoin de lui. Christophe le contredit et lui confie une tâche tout en
lui prome ant de réfléchir à sa requête.
16. Il s’adresse à présent aux paysans et paysannes arrivés il y a peu et déplore leur a tude
de complaisance et de fornica on. Comme toujours Hugonin approuve. Il décide de les
marier et ordonne à Brelle de bénir les nouveaux couples. Vastey entre et remet à
Christophe une le re du roi de France. L’entête de la missive s pule « À Monsieur le
général Christophe, commandant la province nord de Saint-Domingue ». Christophe est
outré par ce e dénomina on et s’accorde avec Vastey pour dire qu’il s’agit d'un lapsus
ou d’une faute de frappe. Francode Médina, agent du roi de France Louis XVIII, entre et
félicite Christophe pour son administra on éclairée et réussie de sa par e de l’île.
Christophe le réprimande pour ne pas avoir fait usage d’un tre comme « Sire » ou « Sa
Majesté ».
17. L’agent est venu le trouver pour passer un accord avec Christophe qui rendrait l'autorité
sur Haï aux Français. Christophe demande à Prézeau de ba re les tambours pour
rassembler le peuple et ordonne que Franco de Médina soit tué après que Brelle lui eut
donné l’extrême-onc on. Hugonin vient prévenir Christophe de la présence au château
du Conseil d’État et des citoyens qui en veulent à sa vie. Le roi s’interroge sur les raisons
qui mo vent leur soulèvement et Hugonin répond en plaisantant qu'il s'agit
probablement de leur régime alimentaire. Il accepte néanmoins de recevoir toutes ces
personnes. Le porte-parole des paysans prend la parole pour se plaindre de la lassitude
du peuple. Christophe est surpris que le Conseil d’État n’ait pas de revendica on. Il pense
d'ailleurs que ce Conseil n’a pas lieu d’être et que les personnes qui le cons tuent sont
des incapables. Quant au peuple il pense qu’il ne ent qu'a eux d’être rassasiés car ils
peuvent travailler la terre et se nourrir de ce qui les entoure. Le peuple se re re sa sfait.
Christophe appelle Prézeau pour l’entretenir de la situa on irrégulière de Brelle qui est
certes archevêque du Cap, mais qui n’a jamais reçu l’ins tu on canonique du Pape. Il
ajoute avoir envoyé quelqu’un à la rencontre du souverain pon fe afin que ce e
situa on soit rec fiée. Il finit par se dire que le véritable problème concernant Brelle est
sa vieillesse ; il est devenu bavard et représente donc un danger. Il demande à Prézeau
de le tuer proprement dans son lit.
18. La scène suivante s’ouvre sur le chan er de la citadelle où le contremaître force les
paysans épuisés à chanter. Christophe arrive sur le chan er et le contremaître lui suggère
de me re les équipes au repos, compte tenu du mauvais temps. Christophe
désapprouve, prend une truelle et se met au travail. La foudre déchire le ciel et un aide
de camp vient annoncer au roi que les éclairs ont mis le feu à la poudrière qui se trouve à
l’intérieur du Trésor. Le bâ ment s’est écroulé en ensevelissant le gouverneur et une
par e de la garnison. Christophe ne semble pas s’en formaliser outre mesure et le
deuxième acte s’achève sur le roi provoquant Saint-Pierre en duel, son épée levée vers le
ciel.
19. L’intermède montre deux paysans dans la campagne haï enne. Les deux hommes sont
épuisés et bien qu’ils n’aient pas entendu le son de la cloche, ils pensent mériter une
pause pour rafraîchir leurs gosiers asséchés. L’un des paysans met l’autre en garde à
cause de ses paroles, mais il finit par adme re le bon sens des propos de son compère et
les deux hommes se reme ent au travail en chantonnant.
20. Le troisième et dernier acte s’ouvre sur la salle des récep ons et des fêtes du palais
royal. Le vieillard, tantôt porte-parole des paysans, se réjouit à la vue de la liesse qui
règne autour de lui. Hugonin approuve les propos du vieillard. Chanla e se mêle à la
conversa on des deux hommes et récite des vers qu’il a écrits évoquant la fierté des
nègres haï ens qui viennent à bout de leurs ennemis. Le comte Trou Bonbon arrive et se
dit surpris de la grande joie manifestée par les paysans. Vastey et Magny parlent de la
construc on future d’un palais pour un Congrès qui réunirait tous les dirigeants du
monde qui accepteraient de se rendre à Haï . Un fourrier annonce l’arrivée du roi et
Christophe pénètre dans la salle accompagné de son épouse, tous deux précédés de
pages africains vêtus avec faste. Le roi est heureux, il rit et taquine le général guerrier sur
la fidélité de son épouse. Un nouveau groupe d’invités entre dont fait par e Juan de Dios
Gonzales,curé puis archevêque du Cap après la mort de Corneille Brelle.
21. La scène suivante se déroule à l’église de la Limonade, où officie Juan de Dios Gonzales à
l'occasion de l’Assomp on. Au cours de la cérémonie le spectre de Corneille Brelle
apparaît au fond de l'église. Dios Gonzales puis Christophe le voient et les deux hommes
s’évanouissent. Christophe se trouve ensuite dans la chambre de la sacris e. On entend
un chœur lointain. Steward rassure Madame Christophe ; son époux va bien. Il est en
effet sauvé mais restera paralysé pour le restant de ses jours. Christophe est énervé par
ces propos et met en doute la compétence de son médecin. Il interdit à quiconque de se
moquer de son infirmité soudaine. Il demande aux chœurs de se taire et assure que sa
condi on physique ne change rien à son âme conquérante forte et solide.
22. Des semaines plus tard, Christophe, vieilli et infirme, se trouve dans la salle du trône du
Palais royal. Hugonin chante et Christophe se plaint de son sort. Il demande que du
matériel soit transporté sur un chan er en cours. Richard se plaint de la fa gue des
soldats et de la distance à parcourir jusqu’au chan er. Il est sévèrement réprimandé par
Christophe. Ce dernier reçoit une succession de mauvaises nouvelles : débarquement,
trahison et soulèvement. Son royaume lui échappe, il appelle le comte Richard qui lui
avoue son impuissance face à la situa on.
23. On retrouve Christophe souffrant sous la véranda de son Palais. Il scrute l’horizon de
temps en temps à l’aide de jumelles. Hugonin chante un air qui lui déplaît et narre à son
roi les misères du peuple qui meurt de faim. Christophe se re re et se dit prêt à mourir
dignement.
24. Madame Christophe effectue une cérémonie vaudou à laquelle par cipe son époux.
Leurs incanta ons semblent fonc onner et Christophe se lève et marche. Il ordonne
alors que l'on rassemble ses troupes. Il est ravi de voir ses soldats et il leur garan t la
victoire car les troupes ennemies sont désorganisées et menées par un leader faible et
peu charisma que. Il s’adresse ensuite à Vastey et l’encourage à se joindre à eux pour le
combat. À lorsqu'ils sont sur le point de par r, Christophe est en prise à des
hallucina ons. Il voit Boyer, le général des armées de Pé on, accompagné d’un
état-major. Boyer se moque de lui et sou ent qu’il est damné, perdu et vaincu.
Christophe croit voir ses soldats qui le suivent. Puis, il revient à la réalité, un page africain
l'aide à se relever. La scène s’achève lorsqu’il dégaine son revolver et s’ôte la vie.
Hugonin entre et se présente comme le dieu de la mort, au service de son peuple, venu
prendre le roi. On entend un écho annonçant la mort du roi. L’écho se répercute,
accompagné par le son lointain des tambours. Deux porteurs transportent le cadavre et
Vastey leur demande de le déposer debout dans le mor er de la citadelle. Madame
Christophe est triste à la vue de l’endroit choisi pour le lieu du dernier repos de son
époux. Elle es me que ses concitoyens lui ôtent toute dignité. Un page africain puis
Vastey adressent chacun à leur tour un ul me message au roi. La pièce s’achève au
sondes fanfares funèbres et des salves des canons.
LA LITTERATURE AFRICAINE DES INDEPENDANCES
1) Les soleils des indépendances (1968) Ahmadou Kourouma dénonce les arresta ons
arbitraires, l’injus ce, l’égoïsme, ou l’ingra tude des nouveaux maitres à l’égard de Fama
Doumbouya prince héri er de la dynas e des Doumbouya de Horodougou à l’ère des
indépendances.
2) Une saison au Congo (1966) Aimé Césaire s’inspire des événements drama ques du Congo
belge et de l’assassinat crapuleux de patrice Lumumba. L’auteur dénonce la trahison,
l’ethnocentrisme, l’intolérance des africains, l’ingérence et la complicité de l’occident dans les
affaires internes des Etats africains.
3) Les crapauds –brousse (1979) Thierno Monenembo dénonce la trahison des intellectuels, la
corrup on, la dictature de Sa-Matrak. Pour se maintenir au pouvoir, il mul plie les exécu ons
sommaires en présentant des pseudo-complots, cela conduit le pays à une pénurie de première
nécessité.
4) Le cercle des tropiques (1972) Alioum Fantouré parle de l’agonie de l’ère coloniale d’une part
et d’autre part de l’aube des indépendances, l’arrivée au pouvoir les nouveaux maitres
d’Afrique. Il dénonce la dictature de Baré Koulé (Messikoï) dans les marigots du sud, un
président à vie, l’exercice d’un pouvoir absolu a prolongé le pays dans une misère indescrip ble
au lendemain des indépendances.
7) Une si longue le re(1979) Mariama Bâ raconte le des n croisé de deux amis d’enfance
Aissatou et Ramatoulaye, confrontées l’une et l’autre au drama que problème de la polygamie
en milieu musulman. L’auteur décrit la société africaine, elle illustre la vie des femmes africaines
confrontées au problème de la polygamie et de la marginalisa on.
8) Le devoir de violence(1968) Yambo Ouoleguem ce roman se situe dans la perspec ve d’une
réfuta on de la thèse de la négritude qui opposait au mépris de l’accident à l’égard de l’Afrique.
L’auteur s’inscrit en faux contre la vision d’une Afrique précoloniale parée de toutes les vertus et
il entreprend de démontrer que derrière ce e utopie se dissimule la réalité d’un pouvoir
despo que et cruel. La vérité historique ainsi établie Ouoleguem s’a aque à tous les africanistes
qui ont contribué à accréditer auprès d’un occident crédule l’image d’une Afrique ventre du
monde et berceau de civilisa on.
Il est certainement l’un des plus grands écrivains africains. Les africains d’un certain âge ont tous
lu et étudié à l’école son roman « L’enfant Noir ». Roman autobiographique paru en 1953 dans
lequel un jeune guinéen qui a qui é son pays pour aller poursuivre ses études en France raconte
son enfance heureuse dans son pays natal. Il réussit à peindre l’Afrique comme un con nent
rempli d’amour et d’hospitalité.
Dans ce roman, Camara Laye évoque une belle fille dont il est secrètement amoureux ; une
certaine Marie Lorofi. Voici ce qu’il dit notamment : « Elle était mé sse, très claire de teint,
presque blanche en vérité, et très belle, sûrement la plus belle des jeunes filles de l’école
primaire supérieure ; à mes yeux, elle était belle comme une fée ! elle était douce et avenante,
et de la plus admirable égalité d’[Link] puis elle avait la chevelure excep onnellement
longue : ses na es lui tombaient jusqu’aux reins. »
Il dit aussi : « Marie m’aimait, et je l’aimais, mais nous ne donnions pas à notre sen ment le
doux, le redoutable nom d’[Link] peut-être n’était-ce pas non plus exactement de l’amour,
bien que ce fût cela aussi.
Qu’était-ce ? Au juste qu’était-ce ? C’était assurément une grande chose, une noble chose : une
merveilleuse tendresse et un immense bonheur sans mélange, un pur bonheur, ce bonheur-là
même que le désir trouble encore.
Oui, le bonheur plus que l’amour peut être, et bien que le bonheur n’aille pas sans l’amour, bien
que je ne pusse tenir la main de Marie sans frémir, bien que je ne pusse sen r ses cheveux
m’effleurer sans secrètement m’émouvoir. En vérité, un bonheur et une chaleur ! Mais peut
–être est-ce cela justement l’amour. Et certainement c’était l’amour comme des enfants le
ressentent ; et nous é ons encore des enfants ! officiellement j’étais devenu un homme : j’étais
ini é ; mais suffit-il ? Et même suffit-il de se comporter en homme ? c’est l’âge seulement qui
fait l’homme, et je n’avais pas l’âge… »
Après avoir terminé ses études et bien après la paru on de son roman à succès, Camara Laye
retourne en Guinée pour se me re au service de son pays. Il va vivre un véritable conte de fées.
Le des n va me re sur son chemin Marie Lorofi, celle dont il était amoureux et magnifiait la
beauté dans son roman « l’enfant noir ». Le rêve devint réalité, Camara et Marie vont convoler
en justes noces. Ils vont se marier et auront plusieurs enfants.
La Guinée ob ent son indépendance en 1958. Sékou Touré a osé dire non à la communauté
Franco-africaine du Général de Gaulle et la France en qui ant la Guinée a décidé de lui faire
payer son effronterie. C’est ainsi que de nombreuse campagnes menées pour déstabiliser son
pays vont le faire sombrer dans la paranoïa.
Sékou Touré va nommer Camara Laye ambassadeur au Ghana. Il devient ainsi, le premier
ambassadeur de Guinée au Ghana. Il va occuper plusieurs postes similaires dans plusieurs pays
et va être rappelé en Guinée où il fut nommé directeur de l'Ins tut Na onal de la Recherche et
de la Documenta on. Camara Laye commence à s’opposer aux dérives du régime de Sékou
Touré ce qui lui vaudra d’être emprisonné par celui-ci.
Pendant son incarcéra on, il a été empoisonné, et les conséquences ont été l’enflement de son
corps. A sa libéra on de Prison au milieu des années 60, Camara Laye s'enfuit avec sa famille en
Côte d'Ivoire avant de s'installer au Sénégal, où il travaille comme chercheur à l'Ins tut
fondamental d'Afrique noire (IFAN), tout en par cipant aux mouvements d'opposi on à Sékou
Touré. Il devient alors l’ennemi juré de Sékou Touré qui promet de lui faire la peau s’il retournait
en Guinée. En exil, il va vivre impuissamment plusieurs drames. Ses parents meurent et il ne
peut pas les accompagner à leur dernière demeure. Les complica ons liées à l’empoisonnement
qu’il avait subi en prison vont considérablement fragiliser sa santé. Mais, il arrive à tenir parce
qu’il est accompagné de Marie, l’amour de sa vie. Celle-là qu’il avait aimée en secret durant
toute son enfance et qui est devenue par la force du des n, son épouse.
Un jour, la famille « Laye » reçoit un télégramme alarmant. Le père de marie qui est aussi un
opposant virulent au régime de Sékou Touré est très malade. Il sait qu’il va bientôt mourir ; et
dans le télégramme envoyé, celui-ci souhaite voir sa fille « Marie » avant de mourir. Notons que
le père de Marie, le Dr Henry Lorofi avait aussi subi les affres du régime de Sékou Touré, il a été
incarcéré pendant 4 ans dans le sinistre camp Boiro et a vu sa santé se détériorer.
Malgré l’opposi on de Camara Laye qui craignait pour sa sécurité en Guinée, Marie décide à ses
risques et périls de se rendre en Guinée pour dire Adieu à son père.
Dès son arrivée à l'aéroport de Guinée, Marie a été immédiatement arrêtée et mise en prison.
Puis incarcérée dans le sinistre camp Boiro. En effet, Siaka Touré (le frère de Sékou Touré)
confisqua son passeport à l'aéroport, et l'arrêta en personne, sans mo f ni raison. Après deux
jours passés à l'hôtel Gbessia pour calmer l'émoi des compagnons de voyage de Marie, les Lions
du Sénégal venus livrer un match de football, Marie est incarcérée. Sékou Touré ordonna son
transfert au Camp Boiro. Elle y passa sept ans. A son arresta on, elle avait laissé un enfant de 4
mois au Sénégal. Elle ne le verra pas marquer ses premiers pas et prononcer ses premiers mots.
Camara Laye a durement vécu l’arresta on de son épouse, l’amour de sa vie. Il est tombé
gravement malade et a décidé de se laisser mourir à pe t feu. Pour l’aider et lui faire oublier sa
douleur, ses amis lui ont conseillé de prendre une nouvelle épouse. Etant musulman, il a pris une
seconde épouse, un acte qui a été en conformité avec sa foi islamique. Ramatoulaye Kante, sa
femme sénégalaise a également joué le rôle de son infirmière à cause de sa santé défaillante.
Mais sa présence dans le ménage n'a pas estompé son affec on pour Marie.
Laye a décidé de suspendre toutes ces a aques, ces cri ques et écrits contre le régime de Sékou
Touré afin d’obtenir la libéra on de son épouse. Marie sera finalement libérée après 7 ans de
cap vité. Libérée en 1977, durant son incarcéra on, elle ne fut officiellement jamais accusée,
interrogée, jugée, ou condamnée ! Dictature, cruauté et pur sadisme.
A sa libéra on, elle dut rendre visite à Sékou Touré ; la visite obligatoire que tous les détenus
graciés devaient faire au Responsable Suprême de la Révolu on pour le remercier de les avoir
emprisonnés sans rime ni raison.
A la vue de Marie, Sékou Touré, cruel et cynique, s'exclama : « Qu'est-ce qu'elle a rajeuni ! »
Elle sollicita plusieurs audiences et dut recourir à une astuce pour obtenir l'autorisa on de
rejoindre sa famille à Dakar.
Elle va aussitôt retourner au Sénégal pour retrouver sa famille. Mais les retrouvailles ne furent
pas aussi mémorables. Contre toute a ente, elle va découvrir que son mari avait pris une
seconde épouse pendant son incarcéra on. Elle refuse d’accepter la présence de ce e seconde
épouse. Sa foi catholique ne lui permet pas de vivre dans un foyer polygamique. Elle demande le
divorce. Laye ne vécut pas longtemps après le divorce. La vie loin de Marie, c’était impossible. A
quoi bon vivre, si c’est pour être loin de celle qu’on aime plus que tout ?
Non sa sfait d'avoir fait empoisonner Camara Laye et sa famille avant leur exil à Dakar, en 1964,
Sékou Touré con nuait à le harceler et à chercher à salir sa renommée.
Terrassé par les conséquences de l’intoxica on alimentaire qu’il avait contractée en prison dans
les années soixante, trauma sé par les années d’incarcéra on de son épouse et par leur divorce
(dans les années 77), Camara Laye meurt le 4 février 1980 à l’âge de 52 ans et est enterré en exil
au Sénégal. Marie garda dans son cœur le souvenir éternel de Camara Laye.
🔮 LES COURANTS LITTERAIRES
✅ Défini on
⚡ Un courant li éraire (aussi appelé mouvement li éraire) regroupe des principes, des idées
et une vision commune du monde et de la li érature.
⚡ Les auteurs faisant par e d’un même courant li éraire partagent souvent une même vision
esthé que et idéologique de l’écriture. L'œuvre d'un auteur peut donc ressembler, d’une
certaine manière, à celle d'un autre (tout en préservant des traits spécifiques au style de
l’auteur).
⚡Un courant peut découler d'un autre, mais de manière générale, un courant nait en
opposi on à un autre qui le précède. De plus, les courants li éraires n'apparaissent pas dans un
seul pays ou une seule région. Souvent, ils se répandent sur un con nent ou sur plusieurs. La
plupart du temps, un courant traverse tous les arts à la fois.
🔥Exemple
Les naturalistes, dans leur écriture, me aient l’accent sur la science, l’observa on, la réalité et la
nature.
SIKOWOU KALIVOGUI
+224 624 56 72 42
SikowouKalivo@[Link]