Chapitre 1
Force Coulomb
Contents
1.1 Introduction générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 La charge électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Loi de Coulomb . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1 Introduction générale
L’électrostatique est une branche de la physique qui s’intéresse aux forces et aux interactions entre
des charges électriques au repos. Ces interactions peuvent être responsables de phénomènes que
nous observons au quotidien, comme l’électricité statique qui fait coller un ballon à nos cheveux, ou
les éclairs dans un orage.
Au niveau microscopique, les forces électrostatiques sont essentielles pour maintenir les atomes et les
molécules ensemble. Elles permettent aux électrons de rester en orbite autour du noyau des atomes et
jouent un rôle crucial dans la stabilité de la matière.
L’une des lois fondamentales de l’électrostatique est la loi de Coulomb. Cette loi, établie
au XVIIIe siècle par Charles-Augustin de Coulomb, décrit la force qui agit entre deux charges
électriques. La force peut être attractive (si les charges sont opposées) ou répulsive (si les charges sont
identiques), et elle dépend de la quantité de charge et de la distance qui sépare les charges.
Nous reconnaissons une force par l’effet qu’elle exerce sur un objet, et la force de Coulomb est un
exemple parfait de cette notion. Elle contribue à maintenir les atomes ensemble, ce qui est essentiel
pour la structure de la matière, tout en régissant de nombreuses interactions quotidiennes, des réactions
chimiques aux processus biologiques.
L’électrostatique trouve également de nombreuses applications pratiques, comme dans les conden-
sateurs qui stockent l’énergie électrique ou encore dans les photocopieuses qui utilisent des charges
électriques pour imprimer des documents.
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1.2 La charge électrique
1.2.1 Charge élémentaire
Les propriétés électriques de la matière trouvent leur origine au niveau atomique, elles sont dues aux
protons qui ont une charge électrique positive et aux électrons qui ont une charge électrique négative.
L’étude des systèmes atomiques (atomes et leurs noyaux) montre que protons et électrons possèdent
exactement, en valeur absolue, la même charge électrique e dite charge élémentaire. Dans le système
M.K.S.A. 1 :
e “ 1, 6 10´19 coulomb (1.1)
Tout processus d’électrification doit être compris comme le transfert d’un certain nombre
de ces charges élémentaires. Ce sont les électrons qui sont échangés, les protons étant trop solide-
ment liés au noyau. Plus généralement, un corps déficitaire en électrons sera considéré comme chargé
positivement alors qu’un corps en surplus d’électrons sera considéré comme chargé négativement.
Figure 1.1 – Lorsque des matériaux sont frottés ensemble, des charges peuvent être séparées. (a)
L’ambre et le tissu sont initialement neutres, avec des charges positives et négatives égales. (b) Lorsqu’ils
sont frottés ensemble, une partie des charges négatives est transférée à l’ambre, laissant le tissu avec
une charge nette positive. (c) Une fois séparés, l’ambre et le tissu ont maintenant des charges nettes,
mais la valeur absolue des charges nettes positives et négatives sera égale.
1.2.2 Quantification et conservation de la charge
Une charge électrique ne peut pas prendre n’importe quelle valeur. En effet toute charge électrique est
un multiple entier de la charge élémentaire e, on dit que la charge électrique est quantifiée :
q “n¨e n est un entier (1.2)
L’ensemble des expériences d’électromagnétisme indique que la charge totale d’un système isolé
reste constante au cours du temps. Ce principe de conservation de la charge est un des fondements
de la physique au même titre que les principes de conservation de l’énergie, de la quantité de mouvement
ou du moment cinétique.
1. Le système international d’unités, basé sur le mètre, le kilogramme, la seconde et l’ampère.
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1.2.3 Charge ponctuelle
Une charge est dite ponctuelle si elle occupe un volume dont les dimensions sont très inférieures aux
distances à considérer dans le problème. autrement dit, On dit qu’une charge est ponctuelle si elle est
perçue comme un point par un observateur. Dans ce cas, l’observateur se trouve à une distance très
supérieure à la dimension des charges.
1.2.4 Distribution discrète de charges
On est en présence d’une distribution discrète de charges ( charges électriques ponctuelles) lorsque les
dimensions de l’élément chargé sont infiniment petites par rapport aux distances qui les séparent (les
charges sont discernables par l’observateur). 2 .
Figure 1.2 – Distribution discrète de charges : les charges sont discernables par l’observateur.
1.2.5 Distribution continue de charges
Dans un échantillon de matière même très petit il existe un grand nombre de charges élémentaires.
Elles ne sont pas discernables par l’observateur. Elles peuvent être réparties en volume, en surface ou
linéairement 3 .
Distribution volumique de charges Pour les systèmes chargés en volume, la densité volumique
de charges est définie comme la charge par unité de volume. Si un volume élémentaire dτ autour d’un
point M porte la charge dq, la densité volumique en M est donnée par :
dq
ρpM q “ pC{m3 q (1.3)
dτ
2. A l’échelle atomique, deux noyaux d’atomes voisins sont séparés par du vide. La dimension du noyau est de l’ordre
de 10´15 m, alors que la distance entre deux atomes les plus proches est d’environs 10´10 m.
3. Prenons l’exemple d’un fil de cuivre de 1mm2 de section et de 1mm de longueur. Cet élément possède un nombre
d’électrons libres égal au nombre d’atomes de cuivre qu’on peut évaluerà 8, 4 ¨ 1019 électrons. En effet, le cuivre possède
1 électron libre par atome, donc :
m µ¨τ 8, 9 ¨ 10´3 ¨ 10´9
Ne “ Natomes “ n ˆ N “ N “ N « 6, 02 ¨ 1023 “ 8, 4 ¨ 1019
M M 63, 5 ¨ 10´3
où µ “ 8, 9 ¨ 10´3 Kg{m3 , M “ 63, 5 ¨ 10´3 Kg, τ “ 10´9 m3 , N “ 6, 02 ¨ 1023 U.S.I représentent respectivement la
masse volumique du cuivre, la masse molaire du cuivre, le volume de l’échantillon et le nombre d’Avogadro.
On conçoit dès lors que pour des expériences macroscopiques le nombre de charges est tellement grand que l’on peut
les considérer réparties d’une manière continue.
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La charge totale dans un volume τ est :
¡ ¡
q“ dq “ ρ dτ (1.4)
τ τ
Distribution surfacique de charges Pour les systèmes chargés en surface, la densité surfacique de
charges est la charge par unité de surface. Si une surface élémentaire dS centrée en M porte la charge
dq, la densité surfacique en M est :
dq
σpM q “ pC{m2 q (1.5)
dS
La charge totale sur une surface S est :
ij ij
q“ dq “ σ dS (1.6)
S S
Distribution linéique de charges Pour un fil chargé, la densité linéique de charges est définie
comme la charge par unité de longueur. Si un élément de longueur dℓ autour de M porte la charge dq,
la densité linéique en M est :
dq
λpM q “ pC{mq (1.7)
dℓ
La charge totale sur le fil C est : ż ż
q“ dq “ λ dℓ (1.8)
C C
1.3 Loi de Coulomb
A l’échelle microscopique, les forces électriques sont partout, car presque tous les constituants de la
matière, sauf les neutrons, sont chargés. Cependant, à l’échelle macroscopique, ces forces s’annulent en
moyenne, car la plupart des objets sont électriquement neutres. Pour observer des forces électriques à
cette échelle, il faut que des objets perdent leur neutralité de charge.
1.3.1 Force électrostatique entre deux charges ponctuelles
C’est en 1775 que Coulomb 4 proposa sa loi qui permet d’exprimer la force électrostatique qui s’exerce
entre deux charges ponctuelles q1 et q2 immobiles et distantes de r. Les faits expérimentaux ont montré
que cette force est :
— répulsive ou attractive selon que les charges en interaction sont de même signe ou de signe
opposé 5 ..
— radiale, c’est-à-dire portée par la droite joignant les deux charges en interaction.
— proportionnelle au produit des charges.
— inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare.
4. Après avoir jeté les bases de la théorie de la résistance des matériaux p1773q, étudié le frottement solide p1779q,
puis décrit les lois de la torsionp1784q, Charles Augustin COULOMB p1736 ´ 1806q met au point une balance de
torsion très sensible qui lui permet de décrire l’interaction entre particules chargées statiques. La loi qu’il énonce en 1785,
et qui porte son nom, a depuis été vérifiée avec une précision croissante.
5. Contrairement au champ gravitationnel, où seule une force d’attraction a été mise en évidence.
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Figure 1.3 – Force électrostatique entre deux charges ponctuelles
La force de Coulomb qu’exerce dans le vide la charge ponctuelle q1 placée en M1 sur la charge ponctuelle
q2 placée en M2 est :
Ñ
Ý q1 q2 Ý
F 12 “ ke 2 Ñ u 12 (1.9)
r
avec :
— Ñ
Ý
u 12 désigne le vecteur unitaire porté par la droite joignant q1 et q2 et orienté de q1 vers q2
— r la distance séparant les deux charges
— ke est la constante de Plan, dans le vide cette constante vaut :
1 1
ke “ “ “ 8, 987 ¨ 109 m3 ¨ kg ¨ A´2 ¨ s´4
4πϵ0 4πϵ0
— ϵ0 désigne la permitivité diélectrique du vide.
Ñ
Ý
Le principe de l’action et de la réaction impose que la force F 2Ñ1 exercée par la charge q2 sur la charge
Ñ
Ý
q1 soit égale et opposée à F 1Ñ2 :
Ñ
Ý Ñ
Ý 1 q2 q1 Ñ
Ý
F 21 “ ´ F 12 “ u 21 (1.10)
4πϵ0 r2
À partir de la loi de Coulomb, on remarque que les forces électriques sont similaires aux forces
gravitationnelles 6 . Comparons les intensités des deux forces, électrostatique et gravitationnelle, entre
un électron et un proton dans un atome d’hydrogène séparés par une distance r0 :
1 e2 me mp Fe e2
Fe “ Fg “ G “ » 1042
4πϵ0 r02 r02 Fg 4πϵ0 Gme mp
où G est la constante de gravitation : G “ 6, 67 ¨ 10´11 m3 kg ´1 s´2 me “ 9.1110´31 kg mp “
1.6710´27 kg
Un autre exemple : la force électrique entre deux charges de 1 C séparées par 1 m est d’environ
1010 N , ce qui équivaut au poids d’une masse d’un million de tonnes sur Terre. Cette grande différence
d’intensité nous permet souvent de négliger les forces gravitationnelles entre charges comparées
aux forces électriques. Cependant, les forces électriques sont bien plus faibles que les forces nucléaires
(interaction forte) à l’intérieur du noyau, ce qui explique la cohésion nucléaire malgré la répulsion
6. Il suffit de faire la transposition suivante :
1
Ø G (1.11)
4πϵ0
charge Ø masse
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coulombienne entre protons.
Exercice d’application : Charges dans un nuage d’orage
A l’intérieur d’un nuage d’orage typique a , il y a des charges électriques de 40 C et ´40 C, séparées
par une distance verticale de 5,0 km (Fig. 22.18). En traitant ces charges comme ponctuelles,
calculez la magnitude de la force électrique d’attraction entre elles.
a. Dans un orage, les courants ascendants et descendants d’air, combinés à des processus de friction, en-
traînent une séparation des charges dans le nuage d’orage (cumulonimbus). Généralement, les charges négatives
s’accumulent à la base du nuage, tandis que les charges positives s’accumulent au sommet. Cette séparation crée
un énorme champ électrique à l’intérieur du nuage.
Figure 1.4 – Charges dans un nuage d’orage
1.3.2 Cas d’une distribution discrète de charges
La force totale exercée par une distribution de n charges qi situées en des points Pi sur une charge
ponctuelle q placée en un point M est simplement la somme vectorielle des forces dues à chaque charge
Ñ
Ý
qi . C’est ce qu’on appelle le principe de superposition 7 . Pour chaque charge qi , la force F i sur
q est donnée par :
Ñ
Ý 1 qi q ÑÝ
Fi “ ui (1.12)
4πϵ0 ri2
où Ñ
Ý
u i est le vecteur unitaire de direction entre q et qi .
la force totale exercée sur la charge q est alors :
n
Ñ
Ý ÿ Ñ
Ý
F “ Fi (1.13)
i“1
n
q ÿ qi Ñ Ý
“ ui
4πϵ0 i“1 ri2
7. La superposition des effets électrostatiques est une observation expérimentale, ce principe n’est pas démontré.
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Figure 1.5 – Les charges sources qi exercent chacune une force sur la charge test unique q. Chaque
force peut être calculée indépendamment des sept autres forces. C’est le principe de superposition.
avec ri la distance séparant la paire de charges pq, qi q et Ñ
Ý
u i le vecteur unitaire dirigé Pi vers M .
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