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NOVEMBRE 2003

F i c h e d é o n t o l o g i q u e • Vo l u m e 4 , n u m é r o 5

Les fiches déontologiques sont


produites par le Bureau du
LE RAPPORT
syndic en collaboration avec
le Comité d’inspection
professionnelle. Cette fiche
PSYCHOLOGIQUE
ne constitue pas une opinion
juridique et chaque cas  Introduction
demeure un cas d’espèce
devant être analysé à la  Aspects réglementaires
lumière des circonstances
qui lui sont propres.  Mises en situation
 Bibliographie

INTRODUCTION
D ans les paramètres décrits par l’article 26 du Code de déontologie, le psy-
chologue doit fournir un rapport au client qui lui en fait la demande dans
le cadre d’une intervention en cours ou alors qu’elle est déjà complétée. Certains
champs d’expertise, tels ceux en matière de garde d’enfants, de neuropsychologie,
de psychologie scolaire et de psychologie industrielle et organisationnelle, requiè-
La rédaction d’un rapport rent généralement qu’un rapport soit rédigé. Dans ce contexte, le rapport d’éva-
luation sert à relater la démarche réalisée, à faire état des observations, à commu-
psychologique constitue
niquer l’interprétation du matériel obtenu et à présenter les recommandations en
un acte professionnel. fonction du mandat confié. Par ailleurs, divers organismes privés (p. ex. les compa-
Dans le contexte d’une gnies d’assurance) et publics (p. ex. la CSST, l’IVAC, la SAAQ, la RRQ) avec lesquels
psychothérapie, il permet de les clients transigent amènent aussi de plus en plus souvent les psychologues, qui
font uniquement de la psychothérapie, à faire un bilan du travail accompli, et ce,
résumer l’intervention dans des rapports requis de manière ponctuelle ou à intervalle régulier.
réalisée. Il sert aussi, dans Généralement, il est possible de distinguer les rapports d’expertise psycholégale des
le cas d’une expertise, rapports d’évaluation psychologique et des rapports d’évolution qui retracent le
à expliquer les résultats déroulement d’un processus de psychothérapie. Les premiers vont amener le psy-
chologue possiblement devant un tribunal à titre de témoin expert. Les rapports
et à justifier le bien-fondé
d’évaluation psychologique sont quant à eux souvent demandés par des organismes
de l’opinion avancée. tels que ceux mentionnés précédemment. Enfin, les rapports d’évolution résument
les notes d’entrevues psychothérapeutiques. Dans ce dernier cas, le psychologue peut
aussi être appelé devant le tribunal, à la demande du client ou à la suite de la ré-
ception d’une citation à comparaître. Dans cette situation, le psychologue agira
comme témoin de fait. Ainsi, dans le rapport qu’il pourrait être alors appelé à pré-
senter, il ne pourra formuler d’opinion au sens de commenter des éléments extérieurs
ou faire des inférences à partir de ce qu’il entend. Son rôle se limitera à décrire l’évolu-
tion du client à la lumière de ses observations cliniques, à décrire les interventions
qu’il a effectuées et à présenter ses recommandations quant au suivi thérapeutique.
Cette clarification ayant été apportée, il convient maintenant d’aborder les diverses
facettes de la déontologie touchées par le rapport psychologique et de traiter des
caractéristiques de ce dernier, en prenant en compte quelques éléments de la lit-
térature sur cette question et la jurisprudence du Comité de discipline.

ASPECTS RÉGLEMENTAIRES
La production Le Code de déontologie des psychologues (art. 50), le Code des professions (art. 60.5),
du rapport le Code civil du Québec (art. 37 à 41), la Loi sur la protection des renseignements
personnels dans le secteur privé (art. 29) et la Loi sur l’accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (art. 83) con-
sacrent le droit du client à prendre connaissance de l’information le concernant. Or,
le rapport constitue un moyen de faire la synthèse du matériel recueilli par le psycho-
logue et d’apporter une appréciation sur celui-ci. On peut donc penser qu’il fait partie
intégrante du dossier et que le psychologue ne pourrait en refuser la production au
client qui lui en fait la demande, sauf dans des situations bien précises (l’article 26
du Code de déontologie codifie d’ailleurs expressément ce droit au rapport). Certains
argumenteront qu’une des exceptions qui permettraient d’en refuser la production
serait le possible préjudice pour le client (art. 50.3 du Code de déontologie et art.
60.5 (2) du Code des professions). Il faudra attendre une décision d’un tribunal por-
tant expressément sur ces points avant de régler cette problématique. Toutefois, il de-
meure que cette situation serait exceptionnelle et définie dans le temps. Ainsi, le client
pourrait ultérieurement formuler à nouveau une telle demande d’accès à son dos-
sier ou de production d’un rapport.
L’article 46 du Code de déontologie exige l’obtention d’une autorisation écrite avant L’autorisation
la divulgation d’information relative au dossier du client. Il demeure toutefois pru-
dent de la part du professionnel d’informer le client de certains enjeux susceptibles
de découler de l’envoi du rapport. Rappelons à cet égard l’importance des articles
17 et 18 du Code de déontologie. De plus, le délai de 15 jours prévu à l’article 10
du Règlement sur la tenue des dossiers et des cabinets de consultation des psy-
chologues laisse au client la possibilité de révoquer son consentement. Précisons
aussi que le client peut explicitement consentir à ce que cette période ne soit pas
prise en compte, en situation d’urgence.
Finalement, il faut rappeler que ce même délai ne s’applique pas, en vertu de l’ar-
ticle 12 du même Règlement, aux psychologues œuvrant dans un établissement au
sens de la Loi sur les services de santé et les services sociaux.
L’obligation de diligence (art. 24 du Code de déontologie) réfère au temps requis par Exigences professionnelles
le psychologue pour la production du rapport demandé. Les deux lois québécoises sur
l’accès aux renseignements personnels dans le secteur privé (art. 32) et dans le secteur
public (art. 47) réfèrent pour leur part à un délai maximal de 30 jours pour donner
suite à une demande d’accès. Ceci pourrait constituer une balise susceptible de nous
éclairer sur la notion de diligence. À défaut d’être en mesure de respecter une telle
échéance, il semble beaucoup plus approprié d’établir, dès le départ, une entente avec
le client à propos de la date à laquelle le rapport sera complété.
Même si la loi reconnaît la valeur d’un document transmis par un moyen élec-
tronique, plusieurs variables continuent d’affecter la fiabilité de ce procédé, no-
tamment en ce qui a trait à la fidélité du contenu, au respect de la confidentia-
lité entourant la transmission et à l’identification de l’auteur. Le Bureau du syndic
maintient sa recommandation voulant que les psychologues continuent de trans-
mettre, idéalement de main à main ou par messager, une copie papier dûment
signée et datée au client ou au destinataire d’un rapport. Par contre, si ce der-
nier fait malgré tout la demande de recevoir avant une copie par courrier élec-
tronique, le client qui autorise cette transmission devrait être informé des risques
reliés à ce moyen.
Des précisions ont déjà été apportées antérieurement par le Bureau du syndic à Honoraires
propos des obligations professionnelles entourant la remise du rapport en cas de
non-paiement des honoraires. Si le fait de ne pas remettre un rapport crée un pré-
judice au client, le psychologue ne peut pas se libérer de son obligation. Il convient
toutefois de prévenir cette situation et d’établir les modalités pour assurer que le
travail accompli puisse en contrepartie être rémunéré. Diverses formules ont déjà
été proposées à cet effet pour répondre au contexte d’expertise1. Elles pourraient
s’appliquer aussi à d’autres situations d’évaluation conduisant à la production d’un
rapport pour un client.
Le caractère scientifique de la profession devrait se refléter dans le rapport produit Caractéristiques du
par un psychologue. Les articles 1, 11, 14 et 74 du Code de déontologie s’appliquent rapport et son contenu
donc en l’espèce. L’auteur du rapport doit respecter les principes scientifiques géné-
ralement reconnus, présenter l’information professionnelle et scientifique qui sup-
porte son opinion, faire preuve d’intégrité, d’objectivité et de modération dans ses
propos et veiller à une interprétation prudente du matériel dont il dispose.
Diverses approches peuvent être envisagées pour présenter le contenu du rapport.
Ce qui importe le plus, c’est de veiller à ce que les normes déontologiques soient
reflétées dans ses diverses sections pour s’assurer que le lecteur ait une compré-
hension exacte de la problématique. Des auteurs affirment que « les diverses com-
posantes du schéma [du rapport] sont interchangeables et certaines sections
peuvent être omises, tout dépendant des besoins de l’évaluation » (Goupil et
Marchand, 2001, p. 7). De son côté, Brunet (1999, p. 159) rappelle qu’un rap-
port doit permettre de distinguer : l’information qui provient de l’entrevue
clinique, l’information qui provient, s’il y a lieu, des résultats des tests, l’analyse
et l’opinion clinique.
Ces auteurs et le Comité d’inspection professionnelle de l’Ordre des psychologues
proposent une liste d’éléments qui devraient être partie intégrante d’un rapport. Ré-
sumons qu’en plus de 1) l’information reliée à l’identité du client, 2) des précisions
devraient être apportées sur l’origine et la nature du mandat, 3) des détails devraient
être fournis sur la documentation utilisée et 4) la méthodologie adoptée. 5) La des-
cription datée des activités réalisées dans le cadre de l’évaluation et 6) une présen-
tation à la fois concise, pertinente et complète des observations cliniques incluant
les antécédents ou l’historique sont également à prévoir, de même que 7) ce qui se
rapporte aux résultats obtenus et à leur interprétation. Finalement, 8) les conclu-
sions et les recommandations qui en découlent complètent normalement ce docu-
ment avec 9) l’identification des sources de références bibliographiques.
Dans tous les cas, la jurisprudence a clairement balisé que le rapport d’expertise se
doit d’être autosuffisant et de contenir l’information pertinente qui soutient les
conclusions et les recommandations du psychologue.
Pour terminer, il faut mentionner les exigences entourant la présentation du rapport
selon la nature des services professionnels d’évaluation ou d’expertise rendus. Elles
impliquent pour l’auteur une vigilance afin d’assurer la qualité dans la présenta-
tion du document lui-même et la maîtrise de la langue utilisée.

MISES EN SITUATION
1. Une cliente consulte une psychologue, en privé, depuis deux mois, à cause de
difficultés relationnelles dans son milieu de travail. Elle est en congé de mala-
die, affirmant avoir été victime de harcèlement de la part de son supérieur
immédiat. Elle a été rencontrée à neuf reprises. Son avocat contacte la psy-
chologue par écrit. Il lui demande un rapport d’évaluation, puisqu’il envisage de
déposer une demande d’indemnisation en vertu de l’IVAC. Il souhaite qu’elle
mette en évidence les agissements de l’employeur décrits par la cliente.
L’avocat paraît s’attendre à la rédaction d’un rapport d’expertise, ce que la psy-
chologue ne peut pas faire, puisqu’elle se placerait en conflit de rôles, étant déjà
thérapeute auprès de cette cliente. Après avoir pris soin d’obtenir l’autorisation
écrite de la cliente pour entrer en contact avec l’avocat, la psychologue doit in-
former ce dernier que le rapport à produire ne peut être qu’un rapport d’évolution.
Les propos rapportés par la cliente n’ont en effet pas été objectivement vérifiés par
la psychologue. Le rapport doit donc résumer l’intervention. Il s’agit de décrire ici,
tel qu’un témoin de fait pourrait le faire, le processus psychothérapeutique qui s’est
déroulé : motifs de consultation, plan d’intervention mis de l’avant, nombre de ren-
contres, thèmes abordés, intervention de la psychologue, constat quant à l’évolu-
tion de la cliente à la lumière des objectifs poursuivis, commentaires sur les suites
à envisager pour la cliente. La psychologue doit se soucier de répondre au besoin
de manière pertinente mais, aussi, comme dans le présent cas, elle ne doit pas hésiter
à situer ses limites, imposées par la déontologie, face aux attentes de l’avocat. Par
ailleurs, la psychologue ne peut porter un jugement sur les faits allégués par sa
cliente. Elle doit faire preuve d’intégrité et d’objectivité, de même que de prudence
(art. 14 et 74 du Code de déontologie) dans sa formulation en utilisant le condi-
tionnel lorsqu’elle rapporte des faits allégués par la cliente. À ce propos, l’article
77 du Code de déontologie a de l’importance : « Le psychologue doit éviter toute
possibilité de fausse interprétation ou d’emploi erroné des informations qu’il four-
nit à autrui. » De plus, la psychologue doit éviter de faire des inférences sur des
faits qu’elle n’a pas le mandat de vérifier en tant que psychothérapeute ou à l’égard
d’autres personnes (art. 1 et 11 du Code de déontologie).
2. Après quatre mois de suivi hebdomadaire d’un client en dépression majeure, une
compagnie d’assurances vous fait parvenir une demande requérant le dossier
complet de ce dernier (incluant votre diagnostic et toutes vos notes). De plus,
une demande vous est faite de préciser la date de retour au travail que vous
envisagez. Vous retrouvez avec cette demande un formulaire de consentement
extrêmement large qui concerne aussi les médecins et d’autres professionnels
qu’aurait pu consulter votre client.
Il importe de valider ici au téléphone avec le client la portée du consentement
qu’il a donné pour la transmission de son dossier et de noter cette communication
au dossier. Il serait opportun de présenter au client le contenu que vous entendez
transmettre et de vous assurer que son consentement est pleinement libre et
éclairé. À moins d’une situation d’urgence amenant le client à renoncer par écrit
au délai de 15 jours avant que votre rapport ne soit expédié, le rapport devrait
être transmis après ce délai (art. 10 du Règlement sur la tenue des dossiers et des
cabinets de consultation des psychologues). Par ailleurs, la compagnie d’assurance
ou tout autre tiers ne peut exercer sur le professionnel une influence préjudiciable
sur l’exécution de ses devoirs professionnels (art. 31 du Code de déontologie). En
conséquence, il vous revient de préciser que votre rôle ne vous permet pas de for- L’essence même du travail pro-
muler un diagnostic sur l’état du client (à moins qu’une évaluation initiale ait été fessionnel implique la coexis-
faite pour mieux préparer le plan d’intervention, ce qui pourrait vous permettre
tence de deux réalités : d’une
dans ce cas d’être plus explicite sur les impressions cliniques ayant motivé le plan
d’intervention). Il s’agit là d’une intervention de psychothérapie. Le rapport à pro- part, une reconnaissance du
duire doit se relier nécessairement au rôle assumé dans ce contexte. De plus, il droit du professionnel de déci-
n’est pas de votre ressort de fournir l’information demandée à propos de la date der de ce qui convient le mieux
de retour au travail. Il s’agit d’une opinion médicale. Vous ne devez pas hésiter à
situer vos limites quant aux demandes qui vous sont faites et auxquelles vous ne
de faire, donc une référence à
pouvez répondre. la dimension éthique sous-
tendue par chaque décision ;
RÉFÉRENCE d’autre part, l’existence d’un
1. Voir la fiche déontologique sur l’expertise psycholégale citée en bibliographie. mécanisme de régulation en
vue d’assurer la protection du
public. Dans cette perspective,
BIBLIOGRAPHIE
Brunet, L. (dir.) (1999). L’expertise psycholégale. Balises méthodologiques et déontologiques.
les fiches déontologiques ont
Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec. pour but d’informer les psy-
Code civil du Québec, L.Q., 1991, c. 64. chologues du cadre réglemen-
Code de déontologie des psychologues, R.R.Q., c. C-26, r. 148.1.
taire existant, en vue de mieux
Code des professions, L.R.Q., c. C-26.
éclairer leurs décisions.
« Données brutes et dossier du client », fiche déontologique, vol. 2, no 1, janvier 2001. Psycho-
logie Québec, vol. 18, no 1.
Goupil, G., Marchand, A. (2001). Rédiger un rapport psychologique. Boucherville, Gaëtan Morin.
La tenue des dossiers. Principes d’application et aspects pratiques (2001). Comité d’inspec-
tion professionnelle, Ordre des psychologues du Québec.
« L’expertise psycholégale (partie 2) », fiche déontologique, vol. 3, no 5, novembre 2002. Psycho-
logie Québec, vol. 19, no 6.
Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information, L.R.Q., c. C-1.1.
Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels, L.R.Q., c. A-2.1.
Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, L.R.Q., c. P-39.1.
Bureau du syndic
Ordre des psychologues du Québec. Décision disciplinaire no 33-99-00229, le 22 février 2002 (C.D.). 1100, avenue Beaumont, bureau 510
Ordre des psychologues du Québec. Décision disciplinaire no 33-00-00238, le 19 juin 2001 (C.D.). Mont-Royal (Québec) H3P 3H5
Règlement sur la tenue des dossiers et des cabinets de consultation des psychologues, C-26, (514) 738-1881 poste 244
r. 154.1. [email protected]

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