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Modélisation numérique et physique de la chaîne de

récupération de l’énergie de la houle par un dispositif


bord à quai
Sixtine Neuvéglise

To cite this version:


Sixtine Neuvéglise. Modélisation numérique et physique de la chaîne de récupération de l’énergie de la
houle par un dispositif bord à quai. Mécanique des fluides [physics.class-ph]. Normandie Université,
2018. Français. �NNT : 2018NORMLH34�. �tel-02019801�

HAL Id: tel-02019801


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THESE
Pour obtenir le diplôme de doctorat

Spécialité Mécanique des fluides, énergétique, thermique, combustion, acoustique - 4200014

Préparée au sein de «LOMC et Cerema - DTechEMF»

Modélisation numérique et physique de la chaîne de récupération de


l’énergie de la houle par un dispositif bord à quai.
Présentée et soutenue le 15 octobre 2018 par
Sixtine NEUVEGLISE
Thèse soutenue publiquement le (date de soutenance)
devant le jury composé de

Professeur, Centrale Marseille & IRPHE UMR CNRS 7342,13013 Marseille,


M. Michel BENOIT Rapporteur
France

M. Stéphane ABADIE Professeur, Univ Pau & Pays Adour, Laboratoire des sciences de l’ingénieur
Rapporteur
appliquées à la mécanique et au génie électrique – IPRA, EA4581, 64600 Anglet

Ingénieur chercheur HDR, École Centrale de Nantes, LHEEA Lab., UMR6598,


M. Aurélien BABARIT Examinateur
Nantes

M. Christophe MAISONDIEU Chercheur, Ifremer ZI Pointe du Diable - 29280 Plouzané – France Examinateur

M. Grégory GERMAIN Chercheur HDR, Ifremer, Marine Structure Laboratoire, 62200 Boulogne sur Mer Invité

Professeur, LOMC, UMR CNRS 6294, Le Havre Normandie Université, 76058 Le


M. François MARIN Directeur de thèse
Havre

Directeur de recherche, CEREMA - DTechEMF, 60280 Margny-Lès-Compiègne,


Co-directeur de
M. Hassan SMAOUI Sorbonne Université, Université de Technologies de Compiègne, Laboratoire
thèse
Roberval/LHN, FRE CNRS 2012, 60203 Compiègne

Maître de Conférences, LOMC, UMR CNRS 6294, Le Havre Normandie


Mme Gaële PERRET Co-encadrante
Université, 76058 Le Havre

Responsable
M. Philippe SERGENT Directeur Scientifique, CEREMA - DTechEMF, 60280 Margny-Lès-Compiègne
Scientifique

Thèse dirigée par François MARIN, laboratoire LOMC, UMR CNRS 6294, Le Havre Normandie
Université et co-dirigée par Hassan SMAOUI, Cerema – DTechEMF (Compiègne), Laboratoire Roberval-
LHN, Sorbonne Université, Université Technologique de Compiègne.

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iii

Résumé

Ce mémoire présente l’étude du comportement d’un flotteur bord à quai. Ce flotteur est constitué
d’une bouée de section rectangulaire située à proximité d’une digue verticale. Un modèle analytique
linéaire basé sur la théorie de l’écoulement potentiel est réalisé en profondeur d’eau intermédiaire.
Un modèle numérique résolvant les équations de Navier-Stockes est développé. Des essais expé-
rimentaux sont également mis au point pour des flotteurs de différentes dimensions et servent de
références aux deux autres modèles. La comparaison de ces trois modèles permet de déduire le do-
maine de validité du modèle analytique, ainsi que la présence d’effets non-linéaires agissant sur le
comportement du flotteur.

Dans un premier temps, l’interaction de la digue sur le flotteur est mise en avant. L’impact des
dimensions du système sur le comportement du flotteur est quantifié. Il apparaît que le tirant d’eau
du flotteur est la dimension ayant le plus fort impact sur le comportement de ce dernier. Les effets
non-linéaires sont quantifiés en fonction des grandeurs du système puis une correction du modèle
analytique est proposée. Par la suite, la correction du modèle est appliquée au comportement du sys-
tème incluant un récupérateur d’énergie.

Dans un second temps, l’effet du flotteur sur les franchissements de digue est étudié. Les fran-
chissements de digue sont exprimés grâce à la hauteur de houle entre la digue et le flotteur (exprimée
par le modèle analytique) et à la formule de Van Der Meer (2002). Ces franchissements sont égale-
ment estimés de manière expérimentale. La comparaison de ces deux modèles montre la présence de
fortes pertes de charges lorsque le flotteur est proche de la digue. Dans ce cas, le modèle analytique
nécessite une correction prenant en compte ces pertes de charges. Il est également montré que lorsque
la longueur d’onde de la houle est importante et que le dégagement entre la digue et le flotteur est
faible, les franchissements de digue sont réduits par la présence du flotteur.
v

Abstract

The study of a quayside wave energy converter is proposed. A simplified model composed of
a rectangular buoy oscillating in heave motion and installed close to a vertical dike is developed
using three different models. An analytical model based on potential flow theory is developed in
intermediate water depth. A numerical model resolving the Navier-Stokes equation is developed.
Experimental tests are performed for different floater dimensions and are used as references for the
two other models. The comparison between the three models presents the validity domain of the
analytical model. The existence of non-linear effects acting on the floater behaviour is shown.

At first, the interaction between the dike and the floater is developed. The impact of the system
dimensions on the floater behaviour are highlighted and quantified. It is shown that the draft of the
floater has the most important impact on the floater motion. Non-linear effects are quantified de-
pending on the system dimensions. According to these results a correction of the analytical model
is proposed. Moreover, the corrected analytical model is applied to the wave energy converter beha-
viour.

Secondly, the interaction between the floater and the dike overtoppings is described. The overtop-
pings are expressed using the wave height between the dike and the floater (provided by analytical
model) and the Van Der Meer formula (2002). These overtoppings are also estimated using experi-
mental tests. The comparison of these two models shows the presence of strong load losses when the
floater is close to the dike. In those cases the analytical model needs a correction taking into account
these load losses. It is also shown that when at the same time the wave length is high and the toe
clearance between the dike and the floater is small, the dike overtopping are reduced by the presence
of the floater.
vii

Remerciements

Les travaux de recherches présentés dans ce mémoire ont été co-financés par la région Norman-
die et l’Europe à travers le projet NEPTUNE (fonds FEDER) et le Cerema (DTecEMF) de Compiègne.
Je remercie le laboratoire du LHN et le laboratoire de Roberval (FRE CNRS 2012, Université Techno-
logique de Compiègne) pour la procuration des ressources informatiques nécessaires à la réalisation
du projet. Je remercie également l’Ifremer de Boulogne-sur-Mer pour leur aide et leurs conseils à pro-
pos des vérins hydrauliques.

Je tiens à remercier de manière générale l’ensemble des personnes qui ont rendu possible la fi-
nalisation de ce projet de recherche. Je remercie mes encadrants de thèse, François MARIN, Has-
san SMAOUI, Gaële PERRET et Philippe SERGENT pour m’avoir fait confiance et m’avoir donné la
chance de m’épanouir dans cette thèse. Je remercie particulièrement Grégory GERMAIN et Martin
TRÄSCH pour m’avoir aidée à réaliser la calibration des vérins hydrauliques.

J’exprime ma profonde gratitude aux membres du jury. Je remercie Michel BENOIT professeur à
l’École Centrale de Marseille, et à Stéphane ABADIE, professeur à l’Université de Pau & Pays Adour,
pour l’intérêt qu’ils ont porté au projet en acceptant d’être rapporteurs. Je remercie Aurélien BA-
BARIT, de l’École Centrale de Nantes, Christophe MAISONDIEU, de l’Ifremer de Brest et Grégory
GERMAIN, de l’IFREMER de Boulogne-sur-Mer, pour la curiosité dont ils ont fait part en acceptant
de faire partie du jury.

Les agents du Cerema de Compiègne sont vivement salués et remerciés pour leur soutien et leur
gentillesse. Au même titres, je remercie les agents du laboratoire LOMC pour les bons moments, les
galères communes, et la calibration des sondes.

Je remercie chaleureusement mon conjoint et mes proches pour le soutien dont ils ont fait preuve
durant ces trois années.
ix

Table des matières

1 Introduction 1
1.1 Un potentiel énergétique conséquent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Les différents types de houlomoteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Les systèmes offshores . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.2 Les systèmes côtiers et bord à quai . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Le projet Energies MArines COtières et Portuaires (EMACOP) . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4 Enjeux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.5 Choix d’un site d’application : Esquibien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5.1 Environnement côtier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5.2 Répartition de la houle et potentiel énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.6 Contexte et objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

2 État de l’art 17
2.1 Comportement d’un flotteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Franchissements de digue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

3 Modèle Analytique 23
3.1 Description du mouvement du flotteur sous l’action de la houle . . . . . . . . . . . . . 23
3.1.1 Définition du système . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.1.2 Description du modèle statique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.1.3 Efforts hydrodynamiques et efforts de conversion d’énergie . . . . . . . . . . . 25
3.2 Description du modèle potentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.1 Approximations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.3 Expression du comportement du flotteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.4 Modèle de Zheng (2004) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.4.1 Modèle et formulations générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.5 Résolution du système et validation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.5.1 Détermination des coefficients de la décomposition de la houle . . . . . . . . . 33
3.6 Considérations énergétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.6.1 Étude de la vitesse optimale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.6.2 Limite de Budal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.7 Expression de franchissements de digue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

4 Modèle Numérique 41
4.1 Choix des modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.1.1 Brève description du code ANSYS-Fluent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
x

4.1.2 Équations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43


4.2 Application au mouvement du flotteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.1 Équations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.2 Choix des paramètres de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.3 Sensibilité au maillage et conditions de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.3.1 Méthode de C ELIK et al. [16] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.4 Résultats des simulations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.4.1 Mouvement du flotteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.4.2 Calcul des coefficients de radiation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.5 Liste des flotteurs testés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.5.1 Flotteurs utilisés pour le mouvement du flotteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.5.2 Flotteurs utilisés pour les coefficients de radiation . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

5 Modèle Physique 57
5.1 Description du dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
5.1.1 Conditions hydrodynamiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
5.1.2 Description des installations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
5.2 Acquisition des données, mesures et analyses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5.2.1 Acquisition des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5.2.2 Traitement des mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
5.3 Répétabilité des essais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
5.4 Définition des paramètres adimensionnels et des conditions de tests pour les trois mo-
dèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

6 Comportement du flotteur 75
6.1 Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
6.1.1 Interaction Digue-Flotteur : impact des dimensions du système sur le compor-
tement du flotteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
6.1.2 Correction du modèle analytique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
6.2 Résultats avec PTO : étude du comportement du WEC . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
6.2.1 Étude du comportement du système et comparaison analytique . . . . . . . . . 93
6.2.2 Puissance : essais en houle irrégulière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
6.3 Conclusion partielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100

7 Franchissements 103
7.1 Étude de l’impact d’un flotteur sur les franchissements de digue . . . . . . . . . . . . . 103
7.1.1 Résultats expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
7.1.2 Comparaison entre les modèles expérimental et analytique . . . . . . . . . . . . 106
7.2 Conclusion partielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110

8 Conclusions et perspectives 111


8.1 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
8.2 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
xi

A Annexes 115
A.1 Expressions mathématiques des variables de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
A.2 Expressions mathématiques des variables S et G D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
A.3 Communications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122

Bibliographie 157
xiii

Table des figures

1.1 Répartition de l’énergie de la houle dans le monde en kW/m, C RUZ [24] (données du
ECMWF, archives WAM calibrées et corrigées par Fugro OCEANOR) . . . . . . . . . . 1
1.2 Répartition de l’énergie de la houle en Europe en kW/m, C RUZ [24] (données du
ECMWF, archives WAM calibrées et corrigées par Fugro OCEANOR) . . . . . . . . . . 2
1.3 Répartition des ressources sur la côte Atlantique, B ABARIT et M OUSLIM [6] . . . . . . 3
1.4 Répartition des ressources annuelles théoriques côtières (en excluant les zones où le
potentiel est inférieur à 5kW/m), M ORK et al. [85] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5 Classification des systèmes houlomoteurs proposée par B ABARIT et M OUSLIM [6] . . . 5
1.6 Illustration du wave dragon, K OFOED et al. [61] et S ORENSEN et al. [112] . . . . . . . . 5
1.7 Illustration du Pelamis, H ENDERSON [52], H ENDERSON [53] . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.8 Illustration des flotteurs d’Archimède, VALÉRIO, B EIRÃO et C OSTA [116] . . . . . . . . 7
1.9 Illustation de Oyster, W HITTAKER et F OLLEY [122] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.10 Illustration du Limpet, D REW, P LUMMER et S AHINKAYA [28] . . . . . . . . . . . . . . 8
1.11 Illustation du Wavestar, H ENDERSON [53] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.12 Photo d’une bouée oscillante bord à quai développé par Sinn Power (source : Sinn
Power) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.13 D’une houle extrême prise en photo par ©M. Arzel, digue d’Esquibien, M ICHARD,
B OULAND et S ERGENT [76] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.14 Vue aérienne de la digue d’Esquibien - Soucre Géoportail IGN . . . . . . . . . . . . . . 12
1.15 Coupe de la digue d’Esquibien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.16 (a) Distribution énergétique de la houle par an sur site (calculées par rapport à la
Table 1.1). M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77] . (b) Répartition énergétique men-
suelle M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

3.1 Schéma du dispositif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23


3.2 Représentation physique de la décomposition de Haskind (E RIKSSON [34]) . . . . . . 25
3.3 Schéma du modèle analytique sans digue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.4 Coefficients hydrodynamiques adimensionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.5 (a) Étude de la convergence en fonction du nombre N de termes dans la série. . . . . . 37

4.1 Schématisation du domaine d’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46


4.2 Schéma du dispositif et répartition des zones de maillage . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.3 Exemple de maillage multizone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.4 Sélections nommées définies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
xiv

4.5 Étude de convergence par le modèle de C ELIK et al. [16]. (a) élévation de surface libre
pour les maillages 1 à 3. (b) déplacement du flotteur pour les maillages 1 à 3. (c) et (d)
barres d’erreurs sur le maillage 1, calculées à partir du GCI21 (Équation 4.21) respecti-
vement pour l’amplitude de houle et le déplacement du flotteur. . . . . . . . . . . . . 52
4.6 Exemple de résultats obtenus par Fluent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.7 Identification des coefficients de radiation. Comparaison entre l’effet de radiation nu-
mérique et calculé. Flotteur 6 à T = 1.29s. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.8 Schéma des flotteurs utilisés pour calculer le mouvement du flotteur numérique . . . 55
4.9 Schéma des flotteurs utilisés pour calculer les coefficients de radiation numériques . . 56

5.1 Schéma du dispositif expérimental à l’échelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59


5.2 Photo du batteur à l’extrémité du canal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
5.3 Exemple d’effet de l’absorption sur la houle. Sonde S f pour un cas T = 1.162 s . . . . 60
5.4 Schéma de la maquette du flotteur du LOMC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
5.5 Photo du flotteur 6, installé à proximité de la digue dans le canal . . . . . . . . . . . . 62
5.6 Photo du flotteur 6, installé à proximité de la digue dans le canal (sans eau) . . . . . . 62
5.7 Schéma des flotteurs utilisés pour les essais expérimentaux. (a) Flotteur 1, l=0.05m,
Γ=0.05m et H f =0.20m. (b) Flotteur 4, l=0.15m, Γ=0.15m et H f =0.40m. (c) Flotteur 10,
l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.30m. (d) Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.40m. (e) Flot-
teur 8, l=0.15m, Γ=0.25m et H f =0.40m. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5.8 Photo de l’installation du vérin sur un flotteur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5.9 Photo des sondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
5.10 Photo du bac de récupération et des pompes permettant la mesure des franchissements
de houle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.11 (a) Position du flotteur. (b) amplitude moyenne sur deux périodes du flotteur et de la
houle au niveau de la sonde S f . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
5.12 Mesure manuelle de la période de résonance du flotteur T0 . . . . . . . . . . . . . . . . 67
5.13 Photo de la Table de calibration des vérins utilisée à l’ifremer de Boulogne-sur-Mer. . 68
5.14 Courbes de calibrations des vérins A et B . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
5.15 Valeurs du BPTO pour les vérins A et B aux différentes périodes de houles testées . . . 69
5.16 (a) Amplitudes de houle relevées par les sondes S5 à S8 (en 10−2 ). (b) Spectre des
sondes S5 à S8 en échelle log. T = 1.42 s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

6.1 Réponse du flotteur 1 pour différentes profondeurs d’eau h. Γ = 0.05m, D = 0.01m.


ω0 = 6.97 rad/s (échelle modèle). (a) h = 0.2m ; (b) h = 0.4m ; (c) h = 0.6m. . . . . . . . . 76
6.2 Réponses des flotteurs pour différents tirants d’eau Γ (échelle modèle). h = 0.6m, D = 0.01m.
(a) Γ = 0.10m et ω0 = 5.79 rad/s ; (b) Γ = 0.15m et ω0 = 5.41 rad/s ; (c) Γ = 0.20 m et
ω0 = 4.49 rad/s ; (d) Γ = 0.25m et ω0 = 3.74 rad/s. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
6.3 Champ de vorticité. Flotteur 1, h = 0.6m, D = 0.01m, Ai = 0.05m, T = 1.68s,
ω/ω0 = 0.5, a f = 3.3 cm à l’instant = (a) t/T = 0, (b) t/T = 0.30, (c) t/T = 0.60,
(d) t/T = 0.90. Vorticité maximale wmax = 5.2s−1 dans le tourbillon. . . . . . . . . . 78
xv

6.4 Champ de vorticité. Flotteur 6, h = 0.6m, D = 0.01m, Ai = 0.05m, T = 3.10s,


ω/ω0 = 0.5, a f = 3.9 cm à l’instant = (a) t/T = 0, (b)t/T = 0.29, (c)t/T = 0.58,
(d) t/T = 0.87. Vorticité maximale wmax = 18.5s−1 dans le tourbillon. . . . . . . . . . 79
6.5 Champ de vorticité. Flotteur 3, h = 0.6m, D = 0.01m, Ai = 0.05m, T = 1.68s,
ω/ω0 = 0.7, a f = 2.8 cm à l’instant = (a) t/T = 0, (b) t/T = 0.30, (c) t/T = 0.60,
(d) t/T = 0.90. Vorticité maximale wmax = 12.8s−1 dans le tourbillon. . . . . . . . . . 79
6.6 Champ de vorticité. Flotteur 6, h = 0.6m, D = 0.01m, Ai = 0.05m, T = 1.68s,
ω/ω0 = 1.0, a f = 5.0 cm, à l’instant = (a) t/T = 0, (b) t/T = 0.30, (c) t/T = 0.60,
(d) t/T = 0.90. Vorticité maximale wmax = 16.5s−1 dans le tourbillon. . . . . . . . . . 80
6.7 Interactions entre la digue et le flotteur - comparaison entre les modèles analytiques
avec et sans digue, h=0.6m, D = 0.01m. (a) Γ = 0.05m ; (b) Γ = 0.25m . . . . . . . . . . . 81
6.8 Impact de la digue sur les coefficients hydrodynamiques adimensionnels, h = 0.6m,
D = 0.01m. (a), (c), (e) : flotteur 1, Γ = 0.05m. (b), (d), (f) : flotteur 6, Γ = 0.25m. . . . . . 82
6.9 Potentiels de houle pour différentes périodes pour le flotteur 6 en zone (1). h=0.6m,
Γ=0.25m. Colonne de gauche D = 0.005 m. Colonne de droite D = 0.25 m. . . . . . . 83
6.10 (a) (b)Résonance de masse ajoutée observée grâce au modèle analytique pour les flot-
teurs 1 et 6. (c) et (d) Coefficients de réflexion analytiques Cra , h = 0.6m. Flotteur 1,
l = 0.05m, Γ = 0.05m, H f = 0.20m ;.Flotteur 1, l = 0.05m, Γ = 0.25m, H f = 0.40m . . . 84
6.11 Champ de vorticité. Flotteur 6, h = 0.6m, D = 0.10m, ai = 0.05m, T = 1.68s, ω/ω0 = 0.94,
a f = 4.0 cm à l’instant = (a) t/T = 0, (b)t/T = 0.30, (c) t/T = 0.60, (d) t/T = 0.89.
Vorticité maximale wmax = 21.7s−1 dans le tourbillon. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
6.12 Impact du dégagement sur le comportement du flotteur (résultats analytiques et expé-
rimentaux) for h = 0.6m et Γ = 0.25m. For D=0.01m, ω0 = 3.74rad/s. Pour D=0.05m, ω0
= 3.74rad/s. Pour D=0.10m, ω0 = 4.42rad/s. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
6.13 Impact de l’amplitude de houle sur le flotteur 6 (résultats expérimentaux), h = 0.6m, Γ
= 0.25m. (a) D = 0.10m ; (b) D = 0.25m. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
6.14 Spectres du mouvement du flotteur calculés avec un coefficient de traînées. (a) flotteur
1, Γ = 0.05 m, ω0 = 6.97 rad/s. (b) flotteur 6, Γ = 0.25 m, ω0 = 3.74 rad/s. . . . . . 88
6.15 Étude d’un correction du modèle analytique par ajout d’un coefficient de traînée c D .
h = 0.6m, D = 0.01m. (a) flotteur 1 Γ=0.05m. (b) flotteur 6 Γ=0.25m. . . . . . . . . . . . 88
6.16 Comparaison entre les coefficients de radiation analytiques, numériques et analytiques
corrigés. Les résultats sont tracés selon kD. (a) (b) - masse ajoutée et amortissement
pour le flotteur 6. (c) (d) - masse ajoutée et amortissement pour le flotteur 7. (e) (f) -
masse ajoutée et amortissement pour le flotteur 8. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
6.17 Comparaison entre les différents résultats obtenus des modèles expérimental, numé-
rique, analytique initial et corrigé pour le flotteur 1. Γ=0.05m, D=0.01m. (a) h = 0.2m ;
(b) h = 0.4m ; (c) h = 0.6m . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
6.18 Comparaison entre les différents résultats obtenus des modèles expérimental, numé-
rique, analytique initial et corrigé pour les flotteurs 2, 3, 5 et 6. h=0.6m, D=0.01m. (a) Γ
= 0.10m ; (b) Γ = 0.15m ; (c) Γ = 0.20m ; (d) Γ = 0.25m . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
6.19 Valeurs du BPTO pour les vérins A et B aux différentes fréquences de houles testées . . 94
xvi

6.20 Comparaison entre le modèle expérimental avec PTO et les modèles analytiques initial,
corrigé et corrigé avec l’ajout d’un terme de traînée pour le flotteur 4 avec PTO. ω0 =
4.425 rad/s et D = 0.01 m. (a) h = 0.4 m. (b)h = 0.5 m. (c) h = 0.6 m. . . . . . . . . . . . 95
6.21 Comparaison entre le modèle expérimental avec PTO et les modèles analytiques initial,
corrigé avec et sans l’ajout d’un terme de traînée pour le flotteur 6 avec PTO. (a) h =
0.6 m, Γ = 0.25 m, l = 0.05 m, D = 0.01 m . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
6.22 Spectre de houle pour une houle irrégulière. h = 0.4 m, Tm = 1.94 s et Hm = 0.083 m . 97
6.23 Résultats en houle irrégulière pour le flotteur 4. Te = 1.67 s, Hm0 = 0.083 m, et D =
0.01 m. (a)(b) Amplitude du flotteur et de la houle (sonde S f ). (c)(d) Calibration du
vérin : vitesse en m/s et force en N. (e)(f) Puissance instantanée et puissance moyenne. 98
6.24 Puissance du système en houle irrégulière pour différentes houles caractéristiques du
site d’Esquibien. (a) Puissance du système. (b) Comportement du flotteur pour la houle
irrégulière. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
6.25 Rendement du système en houle irrégulière pour le vérin A. h = 0.5 m et D = 0.01 m. 99

7.1 Variations du franchissement expérimental ∆V selon la période adimensionelle T/T0 .


(a) flotteur 1, l = 0.05 m, Γ = 0.05 m et H f = 0.20 m. (b) flotteur 10, l = 0.05 m,
Γ = 0.25 m et H f = 0.30 m. (c) flotteur 6, l = 0.05 m, Γ = 0.25 m et H f = 0.40 m. (d)
flotteur 8, l = 0.15 m, Γ = 0.25 m et H f = 0.40 m. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
7.2 Variations du ratio de franchissements ∆V et de l’amplitude du mouvement du flot-
teur selon la période adimensionnelle T/T0 pour le flotteur 6 : l = 0.05 m, Γ = 0.25 m
et H f = 0.40 m. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
7.3 Variations du ratio de franchissements expérimental ∆V selon le nombre adimension-
nel D/λ. (a) flotteur 1, l = 0.05 m, Γ = 0.05 m et H f = 0.20 m. (b) flotteur 6, l = 0.05 m,
Γ = 0.25 m et H f = 0.40 m. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
7.4 Comparaison entre les résultats expérimentaux (∆V ), analytiques (∆V A ) et analytiques
avec correction (∆V A Fcorr ) : variations du ratio de franchissements selon la période
adimensionnelle T/T0 . (a) et (b) flotteur 1, l=0.05m, Γ=0.05m et H f =0.20m. (c) et (d)
flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.40m. (e) et (f) flotteur 8, l=0.15m, Γ=0.25m et
H f =0.40m. Les lignes en symboles pleins représentent les résultats analytiques, les
lignes en pointillés les modèle analytique corrigé et les symboles vides représentent
les résultats expérimentaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
7.5 (a) Variations des pertes de charges selon D/λ où Λ est calculé avec la formule de
Blasius (Équation 7.4) ,Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.40m. (b) Variations du
ratio de franchissements ∆V selon D/λ, flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.40m. Les
lignes en pointillés représentent le modèle analytique corrigé avec Λopt et les symboles
vides représentent les résultats expérimentaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
xvii

Liste des tableaux

1.1 Occurrences de la houle en heures sur une année sur le site d’Esquibien (sur une
moyenne de 23 ans et 8 mois). Hm représente la hauteur de houle significative moyenne
et Te la période de houle énergétique (moyennées sur 23 ans et 8 mois). M ICHARD,
C OSQUER et D UFOUR [77] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2 Caractéristiques moyennes annuelle, hivernale et estivale sur le site d’application au
large et sur site. M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Mise à l’échelle du système : vérification des contraintes de dimensionnement . . . . . 13

4.1 Taille des mailles du modèle numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47


4.2 Dimensions des mailles utilisées pour l’étude de convergence (repère numérique) . . 50
4.3 Flotteurs testés numériquement pour le mouvement du flotteur . . . . . . . . . . . . . 55
4.4 Flotteurs testés numériquement pour les coefficients de radiation . . . . . . . . . . . . 55

5.1 Conditions de houle testées. H représente la hauteur de houle et T la période. La lettre


M représente les essais réalisés pour la mesure du comportement du flotteur en houle
régulière, F représente les essais de franchissements en houle régulière, I représente
les essais sur le comportement du flotteur en houle irrégulière. . . . . . . . . . . . . . . 58
5.2 Dimensions du système . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
5.3 Flotteurs testés expérimentalement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
5.4 Liste des flotteurs et des résultats extraits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
5.5 Conditions de tests pour la mesure du comportement du flotteur . . . . . . . . . . . . 73
5.6 Flotteurs et conditions de houle testées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

6.1 Impact de l’amplitude de houle expérimentale pour le flotteur 1 (résultats expérimen-


taux). Γ = 0.05m, D = 0.01m . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
6.2 Variables pour le plan d’expérience. Un plan complet a été réalisé, ce qui amène à
4x8x4 simulations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
6.3 Valeurs optimales des coefficients de correction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
xix

List of Symbols

g Accélération gravitationnelle 9.81 m · s−2


ρ Masse volumique de l’eau 1000 kg · m−3

i= −1 complexe ∅

h profondeur d’eau m
h2 profondeur d’eau sous le flotteur m
hd hauteur de digue m
ω pulsation de houle rad · s−1
ω0 pulsation de résonance flotteur rad · s−1
ω0A pulsation de résonance flotteur analytique rad · s−1
T période de houle s
Te période de houle énergétique s

T0 = ω0 période de résonance flotteur s
k nombre d’onde de la houle rad · m−1

λ= k longueur d’onde de la houle m
λn longueur d’onde des modes évanescents m
ai amplitude de houle incidente m
ar amplitude de houle réfléchie m
Hm hauteur de houle moyenne énergétique m
Hi hauteur de houle incidente m
H (1) hauteur de houle dans la zone (1) m
Cra coefficient de réflexion analytique ∅
D dégagement entre la digue et le flotteur m
w vorticité du fluide s −1

l demi largeur du flotteur m


Γ tirant d’eau du flotteur m
Hf hauteur totale du flotteur m
m masse du flotteur kg
Rc revanche de la digue m
ρf masse volumique du flotteur kg · m3
K Ar constante hydrostatique du flotteur kg
V volume du flotteur m3

z position du flotteur m
ż vitesse du flotteur m · s −1
z̈ accélération du flotteur m · s −2
xx

af amplitude du mouvement du flotteur m


ż0 vitesse du fluide m · s −1
t temps s

Re Nombre de Reynolds ∅

p pression relative Pa
P forces de gravité kg · m · s−2
Π Poussée d’Archimède kg · m · s−2
Π0 Poussée d’Archimède statique kg · m · s−2
FEX forces d’excitation kg · m · s−2
f ex force d’excitation adimensionnelle ∅
Kex terme de mémoire des forces d’excitation m 3 · s −2
FR effet de radiation kg · m · s−2
Krad terme de mémoire des forces de radiation kg · rad · s−1
cM masse ajoutée kg
cm masse ajoutée adimensionnel ∅
c Mc masse ajoutée corrigé ∅
cA amortissement kg · rad · s−1
ca amortissement adimensionnel ∅
c Ac amortissement corrigé ∅
FPTO forces liées à la conversion d’énergie kg · m · s−2
BPTO coefficient de PTO kg · rad · s−1
cD coefficient de traînée ∅
ϕ déphasage rad · s−1

Fcorr fonction de correction


CNumérique coefficients de radiation numériques
CAnalytique coefficients de radiation analytiques
Fcm fonction de correction de la masse ajoutée
Fca fonction de correction de l’amortissement

ΦT potentiel de houle total m 2 · s −1


ΦI potentiel de houle incident m 2 · s −1
ΦD potentiel de houle diffracté m 2 · s −1
ΦR potentiel de houle radié m 2 · s −1
η élévation de la surface libre m

w vorticité s −1
∆V ratio de franchissements expérimental ∅
∆V A ratio de franchissements analytique ∅
∆V ACorr ratio de franchissements analytiques corrigés
V Aavec flotteur Franchissements analytiques avec flotteur l · s −1
V Asans flotteur Franchissements analytiques sans flotteur l · s −1

Pabs puissance théorique absorbée par le flotteur kg · m2 · s−3


xxi

obt
Pabs puissance optimale théorique absorbée par le flotteur kg · m2 · s−3
Pins puissance expérimentale absorbée par le flotteur kg · m2 · s−3
P puissance expérimentale absorbée par le flotteur kg · m2 · s−3
Pe puissance de houle moyenne kg · m2 · s−3
Pr puissance moyenne radiée kg · m2 · s−3
Em énergie mécanique du flotteur kg · m2 · s−2
Ec énergie cinétique du flotteur kg · m2 · s−2
Ep énergie potentielle du flotteur kg · m2 · s−2
Ec f énergie cinétique du fluide kg · m2 · s−2
Ep f énergie potentielle du fluide kg · m2 · s−2

∆P pertes de charges Pa · m−1


Λ coefficient de pertes de charges ∅

X̃ transformée de Fourier de X
X̂ transformée de Fourier discrète de X
1

1 Introduction

1.1 Un potentiel énergétique conséquent


D’après le World Energy Council T RINNAMAN et C LARKE [115], le potentiel énergétique de la
houle est estimé entre 8 000 et 80 000TWh dans le monde. La production mondiale d’électricité en
2007 (IEA 2009) s’élève à environ 20 000TWh. Finalement la ressource exploitable de la houle est
comprise entre 140 et 750TWh. Les conditions de houle dépendent des conditions météorologiques,
ce qui limite le temps de fonctionnement effectif des systèmes de récupération d’énergie. L’énergie de
la houle peut être récupérée pendant environ 5000h par an, B ABARIT et M OUSLIM [6]. En comparai-
son, l’énergie nucléaire est produite pendant 7500h/an, celle de l’énergie éolienne environ 3000h/an
et celle de l’énergie solaire 1000h/an en moyenne.

F IGURE 1.1 – Répartition de l’énergie de la houle dans le monde en kW/m, C RUZ [24]
(données du ECMWF, archives WAM calibrées et corrigées par Fugro OCEANOR)

La Figure 1.1, proposée par C RUZ [24] présente la moyenne annuelle énergétique effectuée sur 10
ans de mesures. L’énergie moyenne sur une année est la plus élevée pour les hautes latitudes (plus
précisément entre 40°et 60°). Dans l’hémisphère sud, l’énergie moyenne maximale est obtenue au sud
du Chili et de l’Afrique et également au voisinage des côtes ouest de l’Australie et de la Nouvelle-
Zélande. L’énergie moyenne maximale dans l’hémisphère nord est située à l’ouest des îles anglaises,
2 Chapitre 1. Introduction

en Irlande et au Groenland. Le potentiel énergétique maximal est obtenu à 400km à l’ouest de l’île
de Rockall (300km au nord-ouest de l’Écosse) avec un flux d’énergie maximal de 90kW/m. Néan-
moins, ce site est impropre à l’installation de systèmes de récupération d’énergie à cause de sa trop
grande profondeur d’eau et des nombreuses tempêtes. Généralement, compte-tenu des contraintes
techniques, les fermes houlomotrices sont installées à la limite entre le nearshore et l’offshore (envi-
ron 50 à 60m de profondeur).

F IGURE 1.2 – Répartition de l’énergie de la houle en Europe en kW/m, C RUZ [24] (don-
nées du ECMWF, archives WAM calibrées et corrigées par Fugro OCEANOR)

Le potentiel énergétique en Europe est également conséquent grâce à la forte exposition de la


face ouest aux houles d’Atlantique (C RUZ [24], B ABARIT et M OUSLIM [6]). La Figure 1.2 présente le
potentiel énergétique en Europe (proposée par C RUZ [24]). On constate en effet que le potentiel le
plus important est situé sur les côtes ouest de l’Irlande, du Royaume-Uni et au sud de l’Islande. Les
côtes ouest françaises, plus particulièrement la Bretagne, présentent aussi un potentiel énergétique
non négligeable. Dans cette zone, d’après C RUZ [24] le potentiel est compris entre 40 et 60kW/m. B A -
BARIT et M OUSLIM [6] ont également réalisé une analyse du potentiel énergétique dans cette zone.
Le potentiel de houle en France représente environ 4GW, et pourrait couvrir environ 7% des besoins
de la consommation électrique française. Les résultats obtenus par B ABARIT et M OUSLIM [6] sont en
accord avec ceux obtenus par C RUZ [24] puisque la puissance des vagues à la pointe de Brest (Bre-
tagne) est environ de 55kW/m (Figure 1.3). La Figure 1.4 proposée par M ORK et al. [85] confirme que
le potentiel de houle sur les côtes bretonnes est compris entre 20 et 30 kW/m, et plus particulièrement
entre 30 et 40 kW/m à la pointe de Brest.
Le potentiel énergétique des côtes a été étudié par M ORK et al. [85]. Les zones côtières à haut
potentiel énergétique sont proches des zones à haut potentiel énergétique offshore (Figure 1.4), mais
la puissance y est un peu plus faible. Bien que le potentiel énergétique de la houle soit plus faible
sur les côtes qu’en pleine mer, les systèmes bord à quai offrent différents avantages. D’après F OLLEY
1.1. Un potentiel énergétique conséquent 3

F IGURE 1.3 – Répartition des ressources sur la côte Atlantique, B ABARIT et M OUSLIM
[6]

et W HITTAKER [45] et W HITTAKER et F OLLEY [122], l’énergie côtière est environ 20% plus faible
que l’énergie des vagues de pleine mer, mais l’environnement côtier est bien plus protégé contre les
tempêtes océaniques.

F IGURE 1.4 – Répartition des ressources annuelles théoriques côtières (en excluant les
zones où le potentiel est inférieur à 5kW/m), M ORK et al. [85]
4 Chapitre 1. Introduction

1.2 Les différents types de houlomoteur


La production d’énergie est un chalenge environnemental majeur. Le développement des sys-
tèmes de production d’énergie s’est grandement développé durant ces dernières années. Si certains
systèmes atteignent leur maturité technologique, les systèmes houlomoteurs sont encore en déve-
loppement, malgré un réel effort de recherche (B ABARIT et M OUSLIM [6], C LÉMENT et al. [20]). De
nombreuses technologies de production d’énergie houlomotrice (appelées WEC) ont été développées
et peuvent être classifiées en systèmes offshore, côtier ou bord à quai (pour une description complète
des ces différentes catégories, voir FALCAO [38], G AO et al. [46], D REW, P LUMMER et S AHINKAYA
[28], M ULTON et al. [88], B ABARIT et M OUSLIM [6] et FALNES [39]). Les formes les plus courantes
sont les colonnes d’eau oscillantes, les systèmes à déferlement, les systèmes à bras de levier et les
systèmes flottants. Une méthode de classement, proposée par B ABARIT et M OUSLIM [6], est présen-
tée dans la Figure 1.5. Elle classifie les systèmes de houlomoteurs selon les technologies (colonne
d’eau oscillante, flotteurs actionnés par la houle, systèmes à déferlement). Il est aussi possible de
classer les technologies selon leur rendement ( B ABARIT et M OUSLIM [6]). Le rendement hydrodyna-
mique d’un système houlomoteur varie selon sa géométrie, son degré de liberté, et peut aller de 9%
à 50% (en comparaison, les panneaux photovoltaïques actuels ont un rendement moyen de 15%).
Ici, les différentes technologies sont classées en trois catégories selon leur distance à la côte : les
systèmes de pleine mer (ou offshore), les systèmes côtiers (nearshore) et les systèmes bord à quai
(onshore).

1.2.1 Les systèmes offshores

Il existe de nombreuses technologies de houlomoteur offshore (D REW, P LUMMER et S AHINKAYA


[28], T HORPE [114]). Le Wave Dragon a été développé par K OFOED et al. [61] et S ORENSEN et al. [112].
Il s’agit d’un système à franchissements, composé de deux bras réfléchissant la houle vers le système
de production d’énergie (Figure 1.6). La houle passe une rampe pour arriver dans un réservoir. Par
la suite, l’eau sortant de ce réservoir actionne une turbine. L’installation de ce système se fait dans
des profondeurs d’eau d’au moins 25m (idéalement supérieures à 40m pour profiter des conditions
de houle de pleine mer). Le début de ce projet a commencé en 1987 par une étude de marché et s’est
terminé en 2006 par des essais en conditions réelles. Des essais à l’échelle 1:4.5ième ont été réalisés
en pleine mer. Durant ces essais, le rendement moyen du wave dragon a été estimé à 12% (K OFOED
et al. [61]). Les essais à échelle réelle ont été prévus mais n’ont jamais été réalisés et le système à
l’échelle 1:15ième a été désinstallé (B ABARIT [3]). Un modèle numérique a été réalisé afin d’optimiser
la géométrie et ces résultats ont été comparés à des essais expérimentaux à grande échelle.
Dans le cadre du projet Pelamis, des essais expérimentaux ont été réalisés à grande échelle (H ENDERSON
[52], H ENDERSON [53]). Le système est composé de cylindres semi-submergés, dont la mise en mou-
vement par la houle actionne un PTO fixé entre deux extrémités de cylindre (Figure 1.7). À échelle
réelle, un Pelamis mesure environ 150m de long. Le système est dimensionné pour fonctionner en
milieu offshore. Des essais expérimentaux ont été réalisés à échelle 1:7ième, puis vérifiés par un mo-
dèle numérique pour différentes versions du pelamis. D’après Y EMM et al. [124], le rendement de
la deuxième génération de pelamis P2 est compris ente 20 et 30%. En 2014, la société Pelamis Wave
Power dépose le bilan et les projets pelamis sont arrêtés.
1.2. Les différents types de houlomoteur 5

F IGURE 1.5 – Classification des systèmes houlomoteurs proposée par B ABARIT et


M OUSLIM [6]

F IGURE 1.6 – Illustration du wave dragon, K OFOED et al. [61] et S ORENSEN et al. [112]

Il existe également des bouées oscillantes totalement immergées. Ces systèmes fonctionnent grâce
aux différences de pression induites lors du passage d’une vague. Ils sont composés de deux parties :
une est fixée au sol, l’autre est en mouvement par l’action de la houle. La partie entraînée par la
houle entraîne à son tour le système de conversion d’énergie (généralement une génératrice linéaire
pour les bouées oscillantes). Il est possible que la partie mobile du système soit totalement immergée
(VALÉRIO, B EIRÃO et C OSTA [116]) ou partiellement immergée (projet Lysekil, E RIKSSON, I SBERG
6 Chapitre 1. Introduction

F IGURE 1.7 – Illustration du Pelamis, H ENDERSON [52], H ENDERSON [53]

et L EIJON [35]). Les systèmes immergés ont l’avantage d’être protégés lors des tempêtes, mais leur
maintenance est assez compliquée. Ces sont des systèmes qui peuvent être utilisés en pleine mer
comme en conditions côtières. D’après L EIJON et al. [64], le projet sur les bouées partiellement im-
mergées Lysekil a débuté en 2004. Actuellement, l’étude a été étendue à l’influence d’un WEC sur
l’environnement marin sur le site d’application, où différents types de bouées et de technologies ont
été installées. Concernant les bouées immergées (Archimedes Wave Swing), des essais en canal à
échelle 1:20ième ont été réalisés dernièrement d’après l’entreprise AWS.
VALÉRIO, B EIRÃO et C OSTA [116] ont réalisé une étude d’optimisation du système de contrôle du
PTO grâce à un modèle numérique. Les méthodes de contrôle par latching, de contrôle résistif et de
contrôle par phase et amplitude ont été comparés. Il apparaît pour ces systèmes que le contrôle par
phase et amplitude est celui qui permet de récupérer le plus d’énergie. G ENEST [47] ont modélisé le
comportement des bouées avec la théorie d’un fluide potentiel et ont montré que les contrôles réactifs
restent compétitifs par rapport aux autres méthodes de contrôles. En effet, les pertes énergétiques
sont plus importantes pour les contrôles réactifs que pour les autres contrôles, mais les puissances
d’absorption maximales, obtenues par les contrôles optimaux, ne sont pas envisageables dans des
conditions de houle réelles.
L’enjeu majeur des systèmes de pleine mer sont les coûts d’installations et de maintenance. T HORPE
[114] recensent les coûts de productions de différents systèmes houlomoteurs. Ils montrent que pour
de nombreux systèmes de pleine mer, la majorité des coûts sont liés à la transmission d’énergie (plus
de 30% pour le système Frog Wave Energy, soit environ 3.5M£). L’installation coûte elle environ 15%,
auxquels il faut ajouter 7% pour le transport. À contrario, la majorité des coûts du Limpet (système
bord à quai) sont liés à la structure (environ 50%). Les coûts de transmission de l’électricité ne repré-
sentent que 10% des coûts totaux.

1.2.2 Les systèmes côtiers et bord à quai

La présente étude est située dans ce contexte. De récentes études ont tendance à utiliser des sys-
tèmes côtiers ou bord à quai afin de réduire les coûts de maintenance et de fabrication (E LCHAHAL,
1.2. Les différents types de houlomoteur 7

F IGURE 1.8 – Illustration des flotteurs d’Archimède, VALÉRIO, B EIRÃO et C OSTA [116]

Y OUNES et L AFON [32], M C I VER et E VANS [71]). Les avantages des systèmes houlomoteurs bord
à quai sont également présentés par (T HORPE [114], FADAEENEJAD et al. [37], D REW, P LUMMER et
S AHINKAYA [28]). De plus, la présence de la digue peut être utilisée pour augmenter la production
d’énergie grâce à la réflexion de la houle sur la digue.
Le Oyster, prévu pour fonctionner dans des profondeurs situées entre 10m et 20m, a été déve-
loppé par W HITTAKER et F OLLEY [122] et se déplace en mouvement de cavalement uniquement. Il a
été montré que si le système est plus haut que la surface libre, le potentiel d’énergie récupéré est plus
important. La Figure 1.9 illustre ce système.

F IGURE 1.9 – Illustation de Oyster, W HITTAKER et F OLLEY [122]

Les colonnes d’eau oscillantes sont des systèmes assez courants dans les technologies bord à quai.
Le Limpet (Land Installed Marine Power Energy Transmitter) développé par F OLLEY, C URRAN et
W HITTAKER [44] est intégré dans une digue et installé sur l’île d’Islay en Écosse. La houle entre dans
le système, l’air est comprimé dans la chambre à air puis entraîné dans une turbine (Figure 1.10).
Le Limpet peut fournir au maximum 500kW. Il existe de nombreux systèmes similaires (fixés sur des
ouvrages isolés ou sur un ouvrage portuaire). La majorité de ces systèmes sont étudiés par un modèle
numérique et par des essais expérimentaux en canal.
8 Chapitre 1. Introduction

Enfin le Wavestar est un système de bouée oscillante flottante, maintenue par un pieu situé au
dessus du niveau de la mer, sur une plate-forme (M ARQUIS, K RAMER et F RIGAARD [69], Z URKINDEN
et al. [129]). Ce système peut être installé en milieu côtier où en pleine mer. Lors de tempêtes, les
flotteurs peuvent être installés en position haute (Figure 1.11). L’étude de ce système a été réalisée à
partir d’essais expérimentaux à différentes échelles, et à l’aide d’un modèle numérique non-linéaire.
Des essais en conditions réelles à l’échelle 1:2ième sont réalisées depuis 2010. La puissance nominale
de ce prototype est de 600 kW.

F IGURE 1.11 – Illustation


F IGURE 1.10 – Illustration du Wavestar, H ENDERSON
du Limpet, D REW, P LUM - [53]
MER et S AHINKAYA [28]

Récemment, des systèmes de bouée oscillante à proximité d’une digue se sont développés. L’en-
treprise Sendekia Ingenieria propose l’installation d’une bouée oscillante bord à quai. De même, Sinn
Power a installé des bouées oscillantes en Grèce et au Cap Verde en bord à quai. La Figure 1.12 pré-
sente le dispositif installé au Cap Verde par Sinn Power.
Même si les systèmes côtiers et bord à quai présentent des avantages économiques, leur modé-
lisation est moins évidente. En effet, il existe beaucoup de modèles numériques et analytiques pour
des systèmes de pleine mer (grâce aux approximations de grandes profondeurs). En faibles profon-
deurs ou en profondeurs intermédiaires, proposer des modèles simplifiés est plus complexe. En effet,
M ARTINS - RIVAS et M EI [70] ont développé en 2009 un modèle linéaire pour un système côtier, alors
que des modèles numériques ont été développés bien plus tôt pour les systèmes offshore (E VANS
[36]). De plus, l’impact d’une structure côtière sur le comportement d’un système de production
d’énergie n’est pas bien connu (plus particulièrement sur un récupérateur de type bouée oscillante).

Les brises-lames : des systèmes de protection côtière

Un système houlomoteur qui produit de l’énergie peut aussi réduire l’amplitude de houle ( Z A -
NUTTIGH et A NGELELLI [125]). L’utilisation de brises-lames en milieu côtier peut réduire l’amplitude
de la houle arrivant aux côtes et sur les ouvrages portuaires. Des systèmes de récupération d’énergie
(de type Oyster pour les profondeurs de 10 m à 20 m par exemple - W HITTAKER et F OLLEY [122])
peuvent être placés au niveau des brises lames et ainsi allier production d’énergie et réduction de
1.2. Les différents types de houlomoteur 9

F IGURE 1.12 – Photo d’une bouée oscillante bord à quai développé par Sinn Power
(source : Sinn Power)

F IGURE 1.13 – D’une houle extrême prise en photo par ©M. Arzel, digue d’Esquibien,
M ICHARD, B OULAND et S ERGENT [76]

l’amplitude de la houle arrivant à la côte. Une étude d’impact a également été réalisée sur le Oys-
ter par H ENRY et al. [55]. L’impact de la houle sur le système a été caractérisé expérimentalement
et numériquement. Il montrent que la pression augmente après l’impact avec la houle vers le centre
du système. La Figure 1.13 est une illustration de houle extrême franchissant la digue d’Esquibien
(Bretagne - Département du Finistère).
10 Chapitre 1. Introduction

1.3 Le projet Energies MArines COtières et Portuaires (EMACOP)


Le projet EMACOP s’inscrit dans un cadre de réhabilitation et de rénovation des ouvrages côtiers
et portuaires. Ce projet a pour but de rénover les ouvrages maritimes par l’installation de systèmes
de production d’énergie marine. Le lancement du projet s’est inspiré de quelques constats. Les ou-
vrages de protection côtières et les ouvrages maritimes sont vieillissants. Les énergies marines sont
alors vues comme une bonne alternative, car l’intégration de tels dispositifs dans les ouvrages côtiers
et portuaires permettrait une rénovation de ces derniers. Il faut également rappeler que la France
(territoires d’outre mer inclus) possède la deuxième plus grande façade maritime au monde, ce qui
représente un fort potentiel énergétique. La France métropolitaine (hors Corse) possède 179km de
digues, dont 40km de digues verticales et 139km de digues à talus d’après le rapport de montage du
projet EMACOP [33]. Quelques opportunités ont rendu la naissance du projet possible. En effet, le
besoin de rénovation des ouvrages a accéléré le processus mais l’impact économique de la construc-
tion de tels systèmes sur les communes est aussi positif.
Le projet EMACOP a été créé dans le but de répondre aux principales problématiques suivantes.
— Quels systèmes houlomoteur est-il possible d’intégrer à un ouvrage neuf ? Quel est l’impact
d’un système de récupération d’énergie sur le dimensionnement de l’ouvrage aux conditions
extrêmes ?
— Comment adapter les ouvrages anciens aux problématiques actuelles ? Y a-t-il un intérêt à
utiliser la réflexion de la houle sur l’ouvrage ?
— Comment utiliser les systèmes houlomoteurs pour limiter l’érosion ?
Le projet EMACOP est centré sur les ouvrages de faibles profondeurs. La caractérisation du po-
tentiel de houle exploitable sur les sites d’application est un des principaux objectifs. Le calcul des
rendements énergétiques en fonction des technologies de production d’énergie est réalisé par la suite.
L’effet des faibles profondeurs sur le rendement des installations doit être quantifié. Dans ce projet,
il est prévu de réutiliser des technologies houlomoteurs existantes et de les adapter à des conditions
côtières, pouvant supporter la réflexion de la houle par la digue ainsi que les conditions de faibles
profondeurs. Enfin, des tests d’applicabilité des concepts sur les sites d’études doivent être réalisés.

1.4 Enjeux
Le projet EMACOP met en lumière le potentiel inutilisé des ouvrages portuaires et côtiers. De
plus, les besoins énergétiques actuels poussent au développement d’énergies alternatives. Un des
enjeux du projet EMACOP est d’utiliser ou de rénover les ouvrages portuaires en installant des sys-
tèmes houlomoteurs. Le besoin de développer des modèles rapides à mettre en œuvre et capables
de reproduire correctement le comportement de systèmes houlomoteurs côtiers se fait sentir. Les
modèles analytiques linéaires en sont un moyen, même si la modélisation de la turbulence reste un
problème (éventuels problèmes de validité).
L’impact de la présence de la digue sur le comportement d’une bouée oscillante n’est pas encore
bien connu. La réflexion de la houle sur une digue augmente l’amplitude de houle. Ceci peut être vu
comme une possibilité supplémentaire d’augmenter la production d’énergie. Pour vérifier ce point,
1.5. Choix d’un site d’application : Esquibien 11

il faut néanmoins s’assurer de l’impact de la digue sur le comportement d’un flotteur placé à sa
proximité.
Dans un souci de protection côtière, l’impact du flotteur sur les franchissements de digue est
un point à ne pas négliger. S’il est possible d’utiliser un système de récupération d’énergie pour
améliorer les performances d’un ouvrage côtier, alors l’utilité du système est double. Des systèmes
de brise-lames peuvent êtres installés à proximité des digues où des zones à risques. Doter de tels
systèmes de récupérateurs d’énergie permet de leur donner un seconde utilité.
Pour répondre à ces différentes problématiques, il est possible d’utiliser différents types de mo-
dèles. Un modèle analytique linéaire permet une approche rapide de ces problèmes. Ils ont l’avan-
tage d’être rapides à mettre en œuvre et peu coûteux en temps de calcul. Les modèles numériques
peuvent eux plus facilement résoudre des problèmes non linéaires et visqueux. Néanmoins les temps
de calculs et la puissance informatique nécessaire est bien plus importante que pour les modèles ana-
lytiques. Enfin, les modèles expérimentaux et les essais en conditions réelles permettent d’obtenir
des résultats en conditions d’utilisation sur le comportement des systèmes de récupération d’éner-
gie. Pourtant ce sont des modélisations très coûteuses (nécessitant un canal à houle ou une maquette
de grande échelle). La complémentarité des trois types de modèles permet de mettre en évidence la
présence d’effets non-linéaires. Dans ce cas, le modèle expérimental sert de référence et valide les
résultats des deux autres modèles.

1.5 Choix d’un site d’application : Esquibien


Le site d’application est situé dans la baie d’Audierne en Bretagne. Le site d’Esquibien fait partie
des 21 sites sélectionnés dans la phase 1 du projet EMACOP (M ICHARD et al. [78], M ICHARD, C OS -
QUER et D UFOUR [77]). L’étude d’implantation de dispositifs houlomoteurs a également été réalisée
numériquement (M ICHARD et al. [81]). La présentation du site d’Esquibien est basée sur ces trois
précédentes références.

1.5.1 Environnement côtier

La digue sur site est longue de 380 m, dont 340 m utiles pour l’installation d’un système de
récupération d’énergie. En effet, les 40 m de digue en partant de la côte sont en eau peu profonde. Le
reste de la digue jusqu’au musoir est en profondeur d’eau intermédiaire à la mi-marée.
Le niveau d’eau minimum relevé au cours de ces dernières années est de 3 m au musoir. Le ni-
veau d’eau de pleine mer maximal relevé est de 9 m. Pour un coefficient de marée de 95, le marnage
est approximativement de 4 m à 4.5 m. Pour un coefficient de marée de 120, le marnage est approxi-
mativement de 5.5 m à 6 m. Pour dimensionner le système, les valeurs extrêmes retenues sont de 3m
de profondeur en basse mer et 9m en pleine mer. Une vue aérienne de la digue ainsi qu’une coupe
de l’ouvrage sont donnés dans les figures 1.14 et 1.15, respectivement.

1.5.2 Répartition de la houle et potentiel énergétique

Le site d’Esquibien a été retenu pour sa large exposition aux houles d’Atlantique. Sur site, la
période de houle énergétique moyenne annuelle Te est de 6.1 s et la hauteur moyenne Hm de 1.3 m.
12 Chapitre 1. Introduction

F IGURE 1.14 – Vue aérienne de la digue d’Esquibien - Soucre Géoportail IGN

F IGURE 1.15 – Coupe de la digue d’Esquibien

En effet, plus de 50% des périodes et hauteurs de houle sont comprises respectivement entre 5 s et
7 s, et 0.5 m et 2 m. Ces données sont reprises de M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77] et présentées
dans la Table 1.1, où l’étude des conditions de houle est réalisée à partir des données ANEMOC sur
une durée de 23 ans et 8 mois de données Hindcast (http ://anemoc.cetmef.developpementdurable.
gouv.fr/). Le modèle SWASH développé par C OIGNARD et al. [21] permet d’obtenir une estimation
numérique de la houle proche de la digue d’Esquibien à partir des relevés ANEMOC. Ce code a été
utilisé pour exprimer la houle annuelle sur le site d’Esquibien (M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77])
et les caractéristiques obtenues seront utilisées comme conditions de références.
On donne également les valeurs de la hauteur de houle significative et de la période énergétique
moyennées sur 23 ans et 8mois, pour des conditions de houle estivales et hivernales sur site dans la
Table 1.2.
D’après la Figure 1.16(a) proposée par M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77], l’énergie maximale
sur la durée est récupérée pour les houles de périodes comprises entre 5s et 6s ayant une hauteur
1.5. Choix d’un site d’application : Esquibien 13

Te (s)
3-4 4-5 5-6 6-7 7-8 8-9 9 - 10 10 - 11
0.0 - 0.5 10.4 222.5 175.1 135.7 61.8 13.7 1.6 0
0.5 - 1.0 10.4 804.8 697.9 534.1 269.1 86.7 8.8 2.4
1.0 - 1.5 0 477.9 1195.2 696.4 252.2 90 27.3 3.2
Hm (m)

0.5 - 2.0 0 8.8 613.7 566.3 280.3 97.2 15.3 6.4


2.0 - 2.5 0 0 78.7 254.4 243.4 93.2 20.1 7.2
2.5 - 3.0 0 0 0 93.2 122.1 62.7 26.5 8.8
3.0 - 3.4 0 0 0 2.4 31.3 46.6 33.7 0

TABLE 1.1 – Occurrences de la houle en heures sur une année sur le site d’Esquibien
(sur une moyenne de 23 ans et 8 mois). Hm représente la hauteur de houle significa-
tive moyenne et Te la période de houle énergétique (moyennées sur 23 ans et 8 mois).
M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77]

Climat Annuel Climat Hivernal Climat Estival


Esquibien
Large Site Large Site Large Site
Hm (m) 2.4 1.3 3.1 1.4 1.7 0.9
Te (s) 9.0 6.1 10.0 6.4 8.1 5.5
Puissance (kW/m) 44.3 6.9 71.1 8.4 18. 3.4

TABLE 1.2 – Caractéristiques moyennes annuelle, hivernale et estivale sur le site d’ap-
plication au large et sur site. M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77]

entre 1.5m et 2.0m. De plus la Figure 1.16(b) montre que la majorité de l’énergie est récupérée en sai-
son hivernale. Ces données ont servi de base au dimensionnement du problème. En effet, les condi-
tions hydrodynamiques sont définies par les périodes et hauteurs de houle sur site ainsi que par la
profondeur d’eau. Néanmoins des contraintes dimensionnelles sont également imposées par le canal
à houle utilisé. Ce dernier mesure 34 m de long, 0.9 m de large et 1.2 m de haut, ce qui limite la
hauteur de houle maximale et la hauteur de la digue. L’échelle 1:15ième est choisie car elle permet
de tester l’ensemble des conditions de références (d’après la similitude de Froude). La Table 1.3 pré-
sente les gammes de valeurs utilisées aux échelles maquette et réelle, où h représente la profondeur
d’eau, hd la hauteur de la digue au musoir et λ la longueur d’onde de la houle pour une profondeur
comprise 0.2 m et 0.6 m à l’échelle 1:15ième.

échelle 1:1 échelle 1:15


Te (s) [2.5 - 15.0] [0.65 - 3.87]
Hm (m) [0.25 - 2.75] [0.017 - 0.18]
h (m) [3 - 9] [0.2 - 0.6]
hd (m) 10 0.67
λ (m) [2.52 - 35.3] [0.65 - 9.11]

TABLE 1.3 – Mise à l’échelle du système : vérification des contraintes de dimensionne-


ment
14 Chapitre 1. Introduction

F IGURE 1.16 – (a) Distribution énergétique de la houle par an sur site (calculées par rap-
port à la Table 1.1). M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77] . (b) Répartition énergétique
mensuelle M ICHARD, C OSQUER et D UFOUR [77]

1.6 Contexte et objectifs


D’après la littérature, deux enjeux principaux sont constatés. L’impact d’une digue sur le com-
portement d’une bouée oscillante n’est pas bien connu. De plus, l’effet lié à la présence du flotteur
sur les franchissements de digue n’est pas clairement défini. La condition d’eau en profondeur inter-
médiaire apporte une valeur supplémentaire au projet (les valeurs de la profondeur d’eau h divisée
par la longueur d’onde λ sont comprises entre 0.08 et 0.9).
Pour répondre à ces problématiques, le comportement du flotteur est étudié grâce à trois diffé-
rents modèles. Un modèle analytique basé sur la théorie potentielle linéaire a été utilisé. Le modèle
analytique est bidimensionnel. Deux versions de ce modèle sont réalisées : une version avec digue et
une version sans digue. L’utilisation de ces deux versions permet de mettre en œuvre l’impact de la
digue sur le comportement du flotteur.
Le modèle analytique est ensuite comparé à un modèle numérique résolvant les équations de
Navier-Stokes. Un modèle de turbulence en k − ǫ est ajoutée au modèle afin de représenter les effets
non-linéaires. De même que le modèle analytique, le modèle numérique est bidimensionnel. La com-
paraison de ce modèle avec le modèle analytique permet de mettre en évidence la présence d’effets
non-linéaires et d’effets visqueux.
Enfin un modèle expérimental est développé. Les essais ont été réalisés dans le canal à houle de
l’Université Le Havre Normandie au LOMC (Laboratoire Ondes et Milieux Complexes). Ce modèle
est utilisé comme référence aux deux autres modèles. Les mesures de franchissements de digue sont
réalisées avec ce modèle physique.
La comparaison entre les trois modèles est utilisée pour déterminer le domaine de validité du
modèle analytique. Une correction de ce modèle est proposée, permettant de quantifier l’impact des
dimensions du système sur le comportement de la bouée oscillante. Dans l’ensemble des modèles,
le problème est simplifié en considérant une bouée rectangulaire en mouvement vertical à proximité
d’une digue. Les points innovants de cette étude sont la comparaison des trois modèles, la proximité
avec la digue et les conditions de profondeurs intermédiaires.
1.6. Contexte et objectifs 15

Les conditions de houle et de profondeurs d’eau utilisées correspondent globalement à celles


du site d’Esquibien (Bretagne). En effet, ce site a été classé par le projet EMACOP parmi les sites
pouvant recevoir une installation de type houlomoteur. Le projet EMACOP ayant fourni les données
nécessaires à l’étude du site, les dimensions et la géométrie du système sont inspirées des conditions
sur site. Des conditions de houle régulière reprenant les conditions de houle les plus probables sur
site ont été utilisées pour l’ensemble des conditions de tests des différents modèles.
Pour des raisons de coûts, on décide de réaliser l’étude sur un modèle simplifié. La digue est
représentée par un mur vertical lisse. Le flotteur est de forme rectangulaire, et seul le mouvement
vertical est autorisé. La géométrie du système est très sommaire, mais elle permet une mise en place
rapide des différents outils de modélisation. De plus, le coût de l’installation expérimentale est réduit.
Grâce à ce système simplifié, il est aisé de modifier les dimensions caractéristiques du système afin
d’observer leurs impacts sur le comportement du flotteur et de interaction avec la digue.
17

2 État de l’art

2.1 Comportement d’un flotteur


Le comportement d’un système oscillant peut être obtenu de différentes manières. Les modèles
analytiques sont rapides à mettre en œuvre mais souvent limités aux modélisations linéaires. Les mo-
dèles numériques sont plus complets mais les temps de calcul sont plus importants. Enfin les modèles
expérimentaux permettent de modéliser des effets complexes. Ces différents modèles sont présentés
dans les paragraphes suivants. La modélisation d’un convertisseur d’énergie et son contrôle sont
également évoqués.
Si le comportement du flotteur et le rendement des WEC peuvent être obtenus à l’aide de mo-
dèles expérimentaux ou numériques, l’étape de design préliminaire est souvent obtenue à l’aide de
modèles numériques, ou de modèles analytiques (D AY et al. [25]). Une large description de modèles
numériques et analytiques est donnée par F OLLEY [43] ainsi que des études de cas simples. C HEUNG
et C HILDRESS III [18] confirment la possibilité d’utiliser un modèle numérique pour un design préli-
minaire, mais montrent que les conditions en vent et en courant doivent être ajoutées pour connaître
plus précisément la réponse du flotteur en conditions réelles. Dans le but d’utiliser un modèle ana-
lytique pour un design préliminaire, C HEUNG et C HILDRESS III [18] et E RIKSSON [34] ont calculé les
coefficients hydrodynamiques avec la méthode des éléments finis (FEM) ou la méthode des volumes
finis (FVM). Plus précisément, pour les cas des bouées oscillantes, E RIKSSON [34] exprime, par des
simulations numériques, la difficulté d’utiliser un système résonant pour la houle océanique.
La modélisation numérique offre de bon résultats, mais les temps de calculs peuvent être long
pour l’étape de design préliminaire (L UO et al. [67]). Proposer un modèle analytique capable d’éva-
luer le comportement des bouées flottantes est un problème connu. Un modèle entièrement linéaire
a été décrit par A NDERSEN et W UZHOU [2]. Ce modèle utilise la fonction de Green et les fonctions
propres pour réduire les temps de calculs. Quelques années plus tard, des formules simplifiées de
masse ajoutée et d’amortissement sont proposées par D RIMER, A GNON et S TIASSNIE [29]. Ces ré-
sultats sont confirmés par la comparaison d’un modèle analytique avec un modèle numérique en-
tièrement linéaire. B ERGGREN et J OHANSSON [9] proposent également de calculer les coefficients
hydrodynamiques par la méthode de correspondance des fonctions propres étendues et réalisent
une étude énergétique. Cette étude a été utilisée par D ROBYSHEVSKI [30] pour le calcul des coeffi-
cients hydrodynamiques à des périodes proches de zéro et de l’infini. Ces résultats ont été comparés
à un modèle numérique linéaire et il a été conclu que cette approximation peut être utilisée pour le
calcul de l’amortissement et de la masse ajoutée. Basé sur ces précédents résultats, Z HENG, Y OU et
S HEN [127], Z HENG et al. [128], Z HANG et Z HOU [126]) proposent de calculer la masse ajoutée et
l’amortissement pour une bouée oscillante en plein mer et en bord à quai. Ils mettent en évidence
18 Chapitre 2. État de l’art

un moyen plus simple pour calculer les coefficients hydrodynamiques selon la géométrie et les di-
mensions du système. Ils valident leurs résultats en les comparant aux études plus anciennes. Plus
récemment, l’utilisation de modèles analytique s’est étendue à l’étude préliminaire et de nouveaux
modèles sont proposés. Par exemple, S HI et al. [111] proposent d’étudier le comportement d’un WEC
en mouvement vertical. Le modèle analytique qu’ils ont développé est basé sur l’équation du mou-
vement du flotteur, composée de l’effort hydrostatique, de l’effort hydrodynamique lié à la houle
inspiré de l’équation de Morison M ORISON, J OHNSON et O’B RIEN [83]. L’effort lié à la conversion
d’énergie est modélisé par un amortissement hydraulique. Les résultats du modèle analytique sont
comparés à des résultats expérimentaux, avec ou sans présence de convertisseur d’énergie. Parmi les
nouvelles propositions de modèles analytiques, N ING et al. [95] modélisent l’interaction entre deux
flotteurs rectangulaires grâce à un modèle analytique et à un modèle expérimental. Le modèle ana-
lytique est basé sur la théorie potentielle et les équations du modèle sont résolues par la méthode
de correspondance des fonctions propres étendues. Pour les différents scénarios testés (un flotteur
seul et deux flotteurs installés côtes à côtes), le modèle analytique n’est pas complètement cohérent
avec les résultats obtenus avec le modèle expérimental. La différence entre les deux modèles sont
expliqués par les raisons suivantes : les effets visqueux et le coefficient de friction lié au déplacement
du système ne sont pas inclus dans le modèle analytique (alors qu’ils sont pris en compte dans le
modèle physique). La méthode de résolution par correspondance des fonctions propres a également
été utilisée dans le modèle analytique proposé par J ALÓN et al. [60]. Dans cette étude, l’interaction
entre une plaque verticale et une digue est étudiée en conditions de houle régulière et irrégulière. Les
résultats du modèle analytique sont comparés à ceux du modèle numérique. Il est alors montré que
le modèle analytique reste un outil simple et cohérent pour le calcul du design optimal dans le cas
d’une géométrie simple. Les études menées par N ING et al. [96] et C HO et K IM [19] montrent qu’il
est également possible d’utiliser un modèle analytique pour optimiser les dimensions d’un système
de bouée pilonnante. En effet, N ING et al. [96] utilisent un modèle analytique pour montrer qu’il est
possible d’optimiser les dimensions d’un WEC installé à proximité d’une digue et ainsi de placer la
gamme de plus hauts rendements du système aux périodes de houle les plus probables sur site. De
plus, C HO et K IM [19] étudient un système de houlomoteur formé de deux cylindres en mouvement
relatifs grâce à un modèle analytique et expérimental. Ils concluent que la puissance récupérable est
la plus élevée lorsque la période de houle est proche de la période de résonance des deux cylindres.
Il existe également des modèles analytiques utilisant la résolution BEM (P ENALBA, K ELLY et
R INGWOOD [102]). Par exemple, le modèle NEMOH présenté par B ABARIT et D ELHOMMEAU [5]
résout le comportement d’un flotteur et ses coefficients hydrodynamiques grâce à une résolution
BEM et à l’utilisation des fonctions de Green. Ce modèle est souvent comparé au modèle WAMIT
(http : //www.wamit.com). R OESSLING et R INGWOOD [104] montrent que des résultats similaires
sur les coefficients de radiation sont obtenus pour les deux modèles, dans le cas d’un flotteur cylin-
drique en mouvement vertical.
Dans le but d’améliorer la validité des modèles analytiques, des effets non-linéaires peuvent être
ajoutés. Suivant cette idée, B ONFIGLIO, B RIZZOLARA et C HRYSSOSTOMIDIS [14] et H ENNING [54] ont
évalué numériquement la masse ajoutée et l’amortissement en incluant des effets visqueux. Cette mé-
thode donne une amélioration des résultats basés sur la résolution traditionnelle des coefficients de
radiation. Une confrontation entre les modèles numériques et analytiques a été réalisée par B HINDER
2.1. Comportement d’un flotteur 19

et al. [12], qui proposent une comparaison entre un modèle potentiel visqueux et différents modèles
numériques. Les coefficients hydrodynamiques ont été calculés par le code Aquaplus, et comparés
avec un modèle analytique visqueux. Ils mettent en œuvre que l’ajout d’une force d’amortissement
quadratique (semblable à celle de Morison) et que la calibration de ce coefficient conduit à une amé-
lioration du modèle. Des corrections de la masse ajoutée en fonction du tirant d’eau du flotteur ont
été proposées par K OO et K IM [62] pour une bouée oscillante de pleine mer. Il apparaît de cette
correction que la masse ajoutée en basses fréquences diffère des valeurs numériques.
Côté énergie, le type de convertisseur à utiliser peut être choisi parmi de nombreux systèmes.
Le fonctionnement de différents PTO a été décrit par S ALTER, TAYLOR et C ALDWELL [107] comme
les vérins hydrauliques, les pompes rotatives, ou les génératrices électriques directes. Ces derniers
systèmes sont plus amplement décrits par M UELLER et B AKER [86] où une génératrice linéaire est
comparée à une génératrice rotative. Des vérins hydrauliques ont été utilisés sur des systèmes comme
le SEAREV où une comparaison entre un PTO linéaire et hydraulique est donnée (B ABARIT et al.
[8]). Dans le cas du PTO linéaire, la force de PTO est proportionnelle à une vitesse. Dans le cas du
PTO hydraulique, la force de PTO est proportionnelle à la valeur absolue d’une vitesse, et un PTO
hydraulique avec contrôle produit plus de puissance qu’un PTO linéaire.
Le choix du contrôle du PTO est crucial afin de maximiser la puissance récupérable. Le latching
(ou contrôle de phase), consistant à mettre en phase la vitesse du système avec les forces d’excitation,
a été proposée par B UDAL et FALNES [15]. Deux types de contrôles ont été définis par FALNES [41] : la
première catégorie est basée sur la mesure de la houle incidente, et la seconde est basée sur la mesure
de l’oscillation du système. B ABARIT et C LÉMENT [4] mettent en place un contrôle de phase opti-
misé, où il est montré que le contrôle de phase optimal est plus intéressant que le modèle de contrôle
de phase initial, pour des houles régulières et irrégulières. Les travaux de G ENEST [47] présentent
un panel de contrôles possibles pour un WEC. Ils montrent que les contrôles réactifs (correction dy-
namique du comportement du flotteur) restent compétitifs par rapport aux contrôles résistifs (ajout
d’un amortissement à valeur unique) ou aux contrôles de phase.
L’effet d’une plaque horizontale immergée sur la houle à proximité d’une digue a été étudié
par W U, WAN et FANG [123]. Ils ont étudié numériquement le processus de réflexion de la houle
à proximité d’une digue et ils ont découvert qu’un phénomène de houle complexe lié à la trans-
formation de la houle incidente en houle réfléchie et réfractée survient. Ils montrent également que
le coefficient de réflexion est généralement inférieur à 1, mais qu’il diminue pour certaines condi-
tions de houle. E LCHAHAL, Y OUNES et L AFON [32] ont étudié l’effet des coefficients de réflexion sur
les performances d’un brise-lame. Ils présentent le rôle important d’un mur vertical dans la réso-
nance du flotteur. B HATTACHARJEE et S OARES [11] ont étudié l’amplitude de houle et le coefficient
de réflexion entre un mur vertical et un flotteur à section rectangulaire. Une marche est également
modélisée dans la zone d’arrivée de la houle incidente. Ils ont montré que la résonance du système
peut être optimisée en modifiant le dégagement et la longueur du flotteur. M C I VER et E VANS [72]
ont étudié l’interaction entre la houle et des bouées flottantes incrustés dans un mur vertical creusé.
Ils ont trouvé qu’un espacement idéal des creux peut être trouvé. Dans la présente étude, on consi-
dère l’impact d’une digue verticale sur le comportement d’un flotteur, et l’impact du dégagement sur
l’amplitude de mouvement du flotteur.
20 Chapitre 2. État de l’art

2.2 Franchissements de digue


La présence d’une bouée pilonnante en zone côtière influence l’environnement. En particulier,
l’impact d’un WEC sur l’amplitude de houle a été observé par différents auteurs. Z ANUTTIGH et A N -
GELELLI [125] proposent d’utiliser des WEC pour réduire la houle incidente. Deux pontons rigides
reliés entre eux, se déplaçant en mouvement de cavalement avec la houle incidente sont considérés
par les auteurs. Les dimensions optimales du système sont données pour une réduction optimale de
la houle incidente aux côtes. S TRATIGAKI [113] souligne que l’atténuation et la puissance fournie par
une ferme de WEC sont affectées positivement ou négativement selon l’arrangement géométrique
de la ferme. Le comportement de WEC ayant un rôle de système de protection côtière a été étudié
par M ENDOZA et al. [74] grâce à des simulations numériques. Ils obtiennent des résultats montrant
que la hauteur de houle peut être réduite par la présence d’une ferme houlomotrice. A BANADES,
G REAVES et I GLESIAS [1] parviennent à des résultats similaires en étudiant l’impact du WEC de Per-
ranporth Beach (UK) sur la houle.
Bien que de récentes études aient tendance à utiliser des systèmes à proximité des côtes ou bord
à quai pour réduire les coûts de maintenance et de fabrication (E LCHAHAL, Y OUNES et L AFON
[32], M C I VER et E VANS [71]), l’impact d’une bouée pilonnante bord à quai sur les franchissements de
digue n’a pas été considéré à notre connaissance. Si les coûts sont réduits en installant des systèmes
bord à quai, l’impact de ces systèmes sur les franchissements de digue n’est pas bien connu.
La quantification des franchissements de digue est un problème complexe dû aux nombreux
types de structures côtières et des nombreuses conditions d’estran. Évaluer les quantités de fran-
chissements peut être réalisée grâce aux formules analytiques, aux modèles numériques ou par des
essais expérimentaux. D E WAAL et VAN D ER M EER [27] proposent des équations pour calculer les
franchissements en prenant en compte la pente à proximité de la digue, la forme de la digue, les
conditions de profondeurs intermédiaires et l’obliquité de la houle. A partir de ces formules, VAN
D ER M EER [118], VAN D ER M EER et al. [119] proposent des règles de sécurité sur la construction des
digues, comprenant un guide complet pour évaluer les franchissements pour un panel de types de
digues et de brises lames.
Les modèles analytiques et numériques sont souvent comparés avec des résultats expérimentaux
afin d’être améliorés. Par exemple, un modèle incompressible SPH a été développé par S HAO et al.
[109] dans le but de calculer l’élévation de la houle et les franchissements. Ce modèle est une amé-
lioration du modèle SPH compressible. D’ailleurs, M OKRANI, A BADIE et L UBIN [82] utilisent le code
numérique THETIS (http : //thetis.enscbp. f r/) où les équations de Navier-Stokes sont résolues par
le modèle VOF-TVD (Volume de Fluide - méthode de variation totale décroissante, L UBIN et al. [66]).
Cette méthode fournit des résultats en bonne concordance avec des résultats expérimentaux. Un mo-
dèle numérique utilisant les équations non-linéaires en faibles profondeurs (NLSW) a été développé
par H U, M INGHAM et C [58]. Il est montré que le modèle NLSM peut être utilisé pour la quanti-
fication de franchissements sur une digue verticale dans le cas de houles régulières. Les résultats
numériques obtenus par cette méthode sont en accord avec les résultats expérimentaux précédem-
ment fournis par G ODA [48] et H ERBERT [56]. L OSADA et al. [65] proposent d’utiliser un modèle bi-
dimensionnel basé sur la méthode de VARANS (Volume Averaged Reynolds Average Navier-Stokes
2.2. Franchissements de digue 21

equations) et de résoudre la surface libre par la méthode des volumes finis (VOF). Les houles ré-
gulières et irrégulières sont considérées et le modèle peut prédire les quantités de franchissements
pour des potentiels semi-empiriques. D’après la littérature, les modèles numériques prédisent de
manière acceptable des franchissements et sont améliorés grâce à la comparaison avec des modèles
expérimentaux, mais aucun flotteur n’est pris en compte dans ces modèles.
Finalement, des bases de données expérimentales ont été collectées avec différentes configura-
tions (G ODA [48]). Environ 10,000 tests ont été rassemblés dans le monde en 1985 et sont devenus
publiques à partir de 2005. VAN D ER M EER, V ERHAEGHE et S TEENDAM [117] complétèrent par la
suite cette base de données. Bien qu’un grand nombre de tests ait été rassemblé, il peut être difficile
de trouver le cas adéquat dans la base de données. De plus, des limitations des modèles expérimen-
taux liées aux effets d’échelle peuvent apparaître. En effet, B ESLEY [10] mesure une erreur maximale
entre différentes échelles de modèles de 25% pour des franchissements type run-up dans le cas d’une
digue verticale. Néanmoins, il n’apparaît pas clairement si cette différence est due uniquement aux
effets d’échelle. Ces investigations sont réalisées à échelle réelle et aux échelles 1:30ième et 1:70ième.
Plus récemment, P EARSON et al. [100] ont réalisé des essais à différentes échelles (1:10ième, 1:13ième
et 1:1ième) et ont conclu que les effets d’échelle ne sont pas significatifs pour des valeurs moyennes
de franchissements (pour les digues verticales).
Dans ce présent mémoire, des essais expérimentaux sont réalisés dans le but de quantifier l’im-
pact d’un flotteur bord à quai sur les franchissements de digue. Les résultats expérimentaux sont
comparés à un modèle analytique linéaire. Ces recherches ont une application directe pour les sys-
tèmes flottants bord à quai placés sur des sites en profondeur d’eau intermédiaire et ayant une forte
exposition à la houle, comme l’est le site d’Esquibien (France - Département 29).
23

3 Modèle Analytique

Dans cette partie, la définition du système et la théorie utilisée sont présentées, ainsi que le mo-
dèle analytique utilisé pour représenter le comportement du flotteur. Les équations des potentiels
de houle sont développées. L’équation du mouvement du flotteur est décrite grâce aux coefficients
hydrodynamiques calculés par le modèle analytique linéaire. Deux modèles sont mis au point : dans
le premier la présence de la digue est prise en compte, dans le second le flotteur est seul. Nous rap-
pelons que les travaux de ce chapitre ainsi que le chapitre suivant ont été réalisés durant la première
moité de la thèse au Cerema-DTecEMF et au LHN (Université de technologie de Compiègne).

3.1 Description du mouvement du flotteur sous l’action de la houle


3.1.1 Définition du système

On considère un flotteur de forme rectangulaire, positionné à une distance D d’une digue verti-
cale. La largeur du flotteur est notée 2l, sa hauteur totale H f et son tirant d’eau Γ (voir Figure 3.1).
La masse du système est notée m. Seul le mouvement vertical du flotteur est autorisé. Le système est
mis en mouvement par l’action d’une houle harmonique, d’amplitude incidente ai et de période T.
La profondeur d’eau constante est notée h et la revanche de la digue Rc . L’ensemble des dimensions
du système est présenté dans la Figure 3.1. Le système est considéré dans un plan bidimensionnel
(plan x,z).
L’origine du repère est placée au niveau de la surface libre lorsque celle-ci est au repos. L’axe
(O,z) est défini positif vers le haut et l’axe (O,x) est défini positif dans le sens de propagation de la
houle incidente. Le seul degré de liberté du flotteur est un mouvement selon l’axe (0,z). Le système
est virtuellement séparé en trois zones : la zone 1 est située entre la digue et le flotteur, la zone 2 est
sous le flotteur et la zone 3 est la zone d’entrée de la houle (voir Figure 3.1).

z
D Rc
Hf x
O
Γ

l l
h
(3) (2) (1)

F IGURE 3.1 – Schéma du dispositif


24 Chapitre 3. Modèle Analytique

Équation du mouvement du flotteur : un oscillateur harmonique

Il existe des ouvrages très complets qui décrivent les mouvements d’un flotteur soumis à la houle.
Les livres de P ECHER et K OFOED [101], C RUZ [24] ou encore M ULTON [87] et FALNES [40] ont été
utilisés comme références pour expliquer le comportement du système.
Un convertisseur d’énergie de type bouée oscillante est soumis à différentes forces :
— la force de gravité
— la poussée d’Archimède
— les forces d’excitation (liées au potentiel de houle indicent et diffracté)
— l’effet de radiation
— les forces liées au convertisseur, appelées forces de PTO
Dans cette étude et pour aboutir à une solution analytique simple, nous n’avons pas pris en
compte les forces associées aux courants et à l’ancrage du système.
Pour écrire l’équation du mouvement du système, le bilan des forces globales qui s’exercent sur le
flotteur est appliqué. Celui-ci s’écrit, d’après le principe fondamental de la dynamique, selon l’équa-
tion 3.1, où P représente la force de la pesanteur, Π la poussée d’Archimède, FEX et FR représentent
respectivement les forces d’excitation et l’effet de radiation. La force de PTO est notée FPTO et z(t)
représente la position du centre de gravité du flotteur selon l’axe (O, z).

mz̈ = P + Π + FEX + FR + FPTO (3.1)

Par la suite les efforts statiques (définis par la force de gravité et la poussée d’Archimède) seront
distingués des efforts hydrodynamiques définis par les forces d’excitation et par l’effet de radiation.

3.1.2 Description du modèle statique

À l’équilibre, la bouée flotte et est supposée stable autour de sa position d’équilibre dans une eau
calme. Les seules forces qui s’exercent sur le système sont donc le poids et la poussée d’Archimède.
À l’équilibre statique, l’équation 3.2 est écrite, où P représente le poids et Π0 la poussée d’Archimède
à l’équilibre.
P + Π0 = 0 (3.2)

En écrivant l’équation 3.2 en fonction des dimensions du système, on en déduit aisément (équa-
tion 3.3) la relation entre la masse volumique de l’eau (ρ) et la masse volumique du flotteur (ρ f )

ρf Hf = ρΓ soit m = 2ρΓl (3.3)

Lorsque le flotteur est en mouvement sous l’action de la houle, la poussée d’Archimède varie. Il
s’agit des efforts hydrostatiques. L’équation 3.4 présente la poussée d’Archimède en fonction de la
position relative z(t) du centre de gravité du flotteur définie comme l’écart par apport à la position
d’équilibre.

Π = ρg2lΓ − ρg2lz(t) (3.4)


3.1. Description du mouvement du flotteur sous l’action de la houle 25

En utilisant le principe fondamental de la dynamique, il est montré que la somme de l’effort


hydrostatique et de l’effort de gravité se limite à un effort de raideur. D’après les Équations 3.3 et 3.4,
les efforts hydrostatiques peuvent s’écrire sous la forme de l’équation 3.5.

P + Π = −ρg2lΓ + ρg2lΓ − ρg2lz(t) = −ρg2lz(t) (3.5)

Par analogie avec la force de raideur d’un système masse-ressort, les efforts hydrostatiques du
flotteur peuvent s’écrire sous la forme : P + Π = −K Ar z(t) avec le coefficient de raideur K Ar =
mg
ρg2l = Γ et z(t) la position du centre de gravité du flotteur (équation 3.5).

3.1.3 Efforts hydrodynamiques et efforts de conversion d’énergie

Pour comprendre le sens physique des efforts hydrodynamiques, il faut d’abord s’intéresser au
composantes du potentiel de houle. Les expressions et le sens physique de ces efforts ont étés dé-
taillés par B ABARIT et al. [7], P ECHER et K OFOED [101] et E RIKSSON [34]. L’équation 3.6 présente
la décomposition du potentiel de l’écoulement selon ses trois composantes (décomposition de Has-
kind W EHAUSEN et L AITONE [121]), où Φ T représente le potentiel de houle total, Φ I le potentiel de
houle incident, Φ D et Φ R représentent respectivement les potentiels de houle diffracté et radié.

ΦT = Φ I + ΦD + ΦR (3.6)

F IGURE 3.2 – Représentation physique de la décomposition de Haskind (E RIKSSON


[34])

La figure 3.2 proposée par E RIKSSON [34] illustre le sens physique de cette décomposition. Une
description complète des efforts hydrodynamiques est donnée dans les parties suivantes.

Efforts d’excitation et effet de radiation


Les efforts subis par le flotteur s’écrivent d’après l’équation de Bernoulli (équation 3.7), où la pression
subie par le flotteur est décrite selon le potentiel de houle et de la position du flotteur. L’intégration du
premier terme de l’équation 3.7 représente les efforts hydrostatiques (équation 3.5). L’intégration des
deux autres termes représente les efforts hydrodynamiques s’appliquant sur le flotteur. Ces efforts
sont composés de la force d’excitation et de l’effet de radiation décrits en fonction des potentiels de
26 Chapitre 3. Modèle Analytique

houle incident, diffracté et radié grâce à la linéarisation des conditions aux limites (dont les équations
sont présentées par la suite) et d’après la décomposition de Haskind W EHAUSEN et L AITONE [121].
La force d’excitation FEX est la somme des forces de Froude-Krylov et de diffraction. La force de
Froude-Krylov dépend du potentiel de houle incident Φ I , tandis que la force de diffraction dépend
du potentiel de houle diffracté Φ D . La somme de ces deux forces correspond physiquement à la
résultante qui s’applique sur le flotteur lorsque celui-ci est fixe. La force d’excitation se calcule à
partir de la pression hydrodynamique, ainsi présentée dans l’équation 3.8, où S représente la surface
du flotteur. L’effet de radiation FR dépend du potentiel radié Φ R . Elle correspond aux forces qui
s’appliquent sur le flotteur en mouvement dans une eau calme. À l’identique des forces d’excitation,
elle se calcule à partir de la pression comme exprimée dans l’équation 3.9.

∂Φ 1
p = −ρgz − ρ − ρ(∇ΦT )2 (3.7)
∂t 2
∂(Φ I + Φ D )
Z
FEX (t) = −ρ dS (3.8)
S ∂t
∂Φ R
Z
FR (t) = −ρ dS (3.9)
S ∂t

Approximation des petits et larges systèmes

D’après P ECHER et K OFOED [101], un système est défini comme étant de petite dimension lorsque
l’équation 3.10 est vérifiée.

2l < λ/6 (3.10)

Dans l’hypothèse des petits corps, le mouvement d’oscillation vertical est prédominant. Dans l’en-
semble des conditions testées, le système est défini petit d’après l’équation 3.10.
La formulation classique des efforts qui s’appliquent sur le flotteur est donnée par les équa-
tions 3.8 et 3.9. D’après P ECHER et K OFOED [101], il est aussi possible d’utiliser la formulation de M O -
RISON, J OHNSON et S CHAAF [84] décrite dans l’équation 3.11, où FM représente les efforts subis par
le système, c M représente la masse ajoutée et c D le terme de traînée. L’accélération et la vitesse du
flotteur sont représentées par z̈ et ż respectivement. L’accélération et la vitesse du fluide sans flotteur
sont représentées respectivement par z̈0 et ż0 .

1
FM (t) = ρV z̈ + ρc M 2Γl (z̈ − z̈0 ) + ρc D Γ(ż − ż0 )|ż − ż0 | (3.11)
2

Efforts liés à la conversion d’énergie

Les forces liées à la conversion d’énergie (appelées forces de prise de puissance - Power Take Off)
dépendent du type de convertisseur utilisé, mais aussi de la méthode de contrôle. Les travaux de
thèse de G ENEST [47] présentent différentes méthodes de calcul de cet effort. La force est générale-
ment appliquée entre un système mobile (comme une bouée sujette aux mouvements de la houle)
et le fond de l’eau ou un système fixe. La technologie la plus simple d’installation est le vérin hy-
draulique. Pour un tel PTO, la force est proportionnelle à la vitesse de déplacement du système.
3.2. Description du modèle potentiel 27

Néanmoins, d’après B ABARIT [3] le rendement des vérins hydrauliques atteint seulement les 65 à
75% et les coûts d’entretien sont assez élevés. En comparaison, la génératrice linéaire possède un
rendement supérieur à 95% et ses coûts de maintenance sont faibles.

3.2 Description du modèle potentiel


~ V
Le fluide est supposé parfait, en écoulement instationnaire et irrationnel tel que rot ~ = ~0. Il existe
alors une fonction scalaire Φ appelée potentiel des vitesses telle que :

V ~
~ = gradΦ (3.12)

L’expression de la pression relative p pour un écoulement potentiel est donnée directement par la
relation de Bernoulli, qui découle du bilan de quantité de mouvement pour un écoulement potentiel
équation 3.7, mais où z la positon du flotteur est remplacée par η l’élévation de la surface libre.
Le fluide est supposé incompressible, donc divV ~ = 0. L’équation de continuité s’écrit alors comme
une équation de Laplace (Équation 3.13).
∆Φ = 0 (3.13)

Il est à noter que la donnée des conditions aux limites de type équations 3.14 et 3.15 détermine de
façon unique la solution de l’équation 3.13. Ces conditions aux limites traduisent respectivement le
fait que la surface libre soit considérée comme une frontière physique mais aussi la continuité de la
pression l’interface eau/air. L’équation 3.15 qui caractérise l’élévation de la surface libre découle de
l’équation de Bernoulli équation 3.7, écrite pour l’élévation de surface libre.

∂Φ ∂η ∂Φ ∂η
= + (3.14)
∂z z=η ∂t ∂x z=η ∂x
!
1 ∂Φ 1
η = − + |∇Φ|2 (3.15)
g ∂t z=η 2 z=η

Les deux conditions aux limites étant non linéaires, on ne peut proposer directement une étude
analytique. Une approximation est nécessaire.

3.2.1 Approximations du modèle

Dans l’hypothèse où la hauteur de houle est très faible devant la longueur d’onde (soit (2ai )/λ << 1),
on considère, dans l’équation 3.7, uniquement les termes du premier ordre afin de linéariser les condi-
tions aux limites et les conditions de propagation données par l’équation 3.14. L’écoulement potentiel
s’écrit alors selon les équations 3.16.

∂Φ ∂η 1 ∂Φ
= et η=− (3.16)
∂z z =0 ∂t g ∂t z =0
28 Chapitre 3. Modèle Analytique

3.3 Expression du comportement du flotteur


Grâce aux approximations faites ci-dessus, il est possible d’écrire le comportement du flotteur en
fonction des grandeurs du système.

Équation du mouvement de l’oscillateur harmonique

La houle est linéaire et monochromatique de pulsation ω. D’après F OLLEY [43] et C RUZ [24], en
théorie linéaire, la position du flotteur z(t) s’écrit sous la forme donnée par l’équation 3.17, où Z̃ est
l’amplitude complexe de la position.
h i
z(t) = Re Z̃e−iωt (3.17)

De même, la force d’excitation et l’effet de radiation s’écrivent d’après les équations 3.18 et 3.19,
respectivement, où f˜EX et F̃R représentent les amplitudes complexes des forces d’excitation et de
l’effet de radiation. Ces équations sont issues des équations 3.8 et 3.9, respectivement, exprimées
dans le domaine fréquentiel. Dans le cas d’une houle monochromatique, l’effet de radiation s’écrit
également sous la forme d’une masse ajoutée c M et d’un amortissement c A .

FEX (t) = Re f˜EX e−iωt


h i
(3.18)
h i
FR (t) = Re F̃R e−iωt avec F̃R = −ω 2 c M Z̃ − iωc A Z̃ (3.19)

À partir de l’équation 3.1, le mouvement vertical du flotteur est décrit (équation 3.20).

−ω 2 (m + c M ) Z̃ − iωc A Z̃ + K Ar Z̃ = f˜EX (3.20)

soit Z̃ défini par :

f˜EX
Z̃ = (3.21)
−ω 2 (m + c M ) − iωc A + K Ar

Finalement, l’amplitude du mouvement du flotteur a f est définie par le module de l’amplitude com-
plexe, telle que décrite par l’équation 3.22.

a f = Z̃ (3.22)

La pulsation de résonance analytique du flotteur ω0A est définie par l’équation 3.23.
s
K Ar
ω0A = (3.23)
m + cM

Efforts du convertisseur d’énergie


Pour modéliser le convertisseur linéaire, la force de PTO est représentée par une force linéaire, oppo-
sée et proportionnelle à la vitesse du flotteur. La force de PTO FPTO s’écrit alors selon l’équation 3.24.
3.4. Modèle de Zheng (2004) 29

La force de PTO s’écrit également selon un amortissement BPTO .


h i
FPTO (t) = Re F̃PTO e−iωt avec F̃PTO = iωBPTO Z̃ (3.24)

Le comportement du flotteur en présence d’un PTO s’écrit d’après l’équation 3.1, sous la forme d’une
amplitude complexe (équation 3.25)

f˜EX
Z̃ = avec a f = Z̃ (3.25)
−ω 2 (m + c M ) − iω (c A + BPTO ) + K Ar

3.4 Modèle de Zheng (2004)


Le modèle analytique présenté dans cette partie a été développé par Z HENG, Y OU et S HEN [127].
Dans cette méthode, le potentiel de houle est écrit sous la forme d’une somme d’un mode fonda-
mental et de modes évanescents dont les valeurs sont à déterminer, où ces derniers sont résolus par
la méthode des valeurs propres. Ce modèle est issu des améliorations successives des modèles pro-
posés par A NDERSEN et W UZHOU [2] puis B ERGGREN et J OHANSSON [9]. Deux versions du modèle
sont utilisées : le modèle avec digue (Z HENG et al. [128]) et le modèle sans digue (Z HENG, Y OU et
S HEN [127]).

3.4.1 Modèle et formulations générales

Les dimensions et paramètres du modèle sont donnés par la figure 3.1. Les 3 zones sont in-
dexées par l’indice p = 1,2,3. La houle incidente est supposée harmonique, d’amplitude ai , de hauteur
H = 2ai , de pulsation ω et se propageant dans la direction des x positifs dans un milieu de pro-
fondeur constante h. Le potentiel de la houle dans la zone (p) Φ p ( x, z, t) s’écrit de manière générale
d’après l’équation 3.26.
Φ p = Re[φ̃ p ( x, z)e−iωt ] p = 1, 2, 3 (3.26)

Dans le cas d’une houle linéaire et d’après la décomposition de Haskind présentée en partie 3.1.3,
l’équation 3.6 s’écrit pour chaque zone (p) selon l’équation 3.27, où φ̃Dp est le potentiel de houle
diffractée dans la zone p, φ̃Rp le potentiel de houle radiée dans la zone p et φ̃ I le potentiel de houle
incidente. Le potentiel de houle incident φ̃ I est défini par l’équation 3.28 avec g la constante de gravité
et k le nombre d’onde tel que ω 2 = kg tanh(kh).

φ̃ p = φ̃ I + φ̃Dp + φ̃Rp p = 1, 2, 3 (3.27)


ai g ch[k(h + z)] ikx
φ̃ I = −i e (3.28)
ω ch(kh)

Équation de Laplace et conditions aux limites

Le problème du potentiel diffracté est décrit grâce à l’équation de Laplace et aux conditions aux
limites comme décrit par les équations 3.29 à 3.35. On notera que l’équation 3.30 représente l’équation
30 Chapitre 3. Modèle Analytique

de linéarisation des conditions aux limites.

∂2 φ̃Dp ∂2 φ̃Dp
+ =0 (3.29)
∂x2 ∂z2
∂φ̃Dp ω2
− φ̃Dp = 0 z = 0, | x | < −l et l < x < D+l (3.30)
∂z g
∂φ̃Dp
=0 z = −h (3.31)
∂z
∂φ̃Dp ∂φ̃
=− I z = −Γ, | x | ≤ l (3.32)
∂z ∂z
∂φ̃Dp ∂φ̃ I
=− | x | = l, −Γ ≤ z ≤ 0 (3.33)
∂x ∂x
∂φ̃Dp ∂φ̃ I
=− x = D + l, − h ≤ z ≤ 0 (3.34)
∂x ∂x
∂φ̃Dp
lim x:±∞ [ − ikφ̃Dp ] = 0 −h ≤ z ≤ 0, x = D + l (3.35)
∂x

On suppose que l’amplitude du mouvement du flotteur a R pour un mouvement forcé est faible.
Le potentiel de radiation φ̃Rp s’écrit selon l’équation 3.36, où ϕ̃ R satisfait l’équation de Laplace et les
conditions aux limites suivantes données dans les équations 3.37 à 3.42.

φ̃Rp = −iωa R ϕ̃ R ( x, z) (3.36)

∂2 ϕ̃ Rp ∂2 ϕ̃ Rp
+ =0 z = 0, x < −l et l < x < D+l (3.37)
∂x2 ∂z2
∂ ϕ̃ Rp ω 2
− ϕ̃ Rp =0 z = 0, | x | < −l et l < x < D+l (3.38)
∂z g
∂ ϕ̃ Rp
=0 z = − h, | x | ≤ l (3.39)
∂z
∂ ϕ̃ Rp
=1 −Γ ≤ z ≤ 0, | x | = l (3.40)
∂z
∂ ϕ̃ Rp
=0 −h ≤ z ≤ 0, x = D + l (3.41)
∂x
∂ ϕ̃ Rp
lim x7→∞ [ − ik ϕ̃ Rp ] =0 (3.42)
∂x

Expression mathématique des potentiels diffractés et radiés

Les potentiels de houle diffractés et radiés sont exprimés selon une somme finie de N termes de
coefficients à déterminer, où N représente l’ordre de précision souhaité. Ces coefficients sont calculés
de sorte à vérifier les conditions aux limites et les équations de continuité entre les différentes zones.
Le potentiel diffracté est décrit dans les équations 3.46 à 3.48. Le potentiel radié est décrit dans les
′ , A′ , A′ et B′ représentent les coefficients à déterminer
équations 3.49 à 3.51. Les coefficients A1n 2n 3n 2n
pour obtenir le potentiel de houle diffracté. Respectivement, les coefficients A1n , A2n , A3n et B2n
représentent les coefficients à déterminer pour obtenir le potentiel de houle radié. Les valeurs propres
λn et β n sont définies par les équations 3.43 à 3.45. La dimension h2 représente la hauteur d’eau sous
3.4. Modèle de Zheng (2004) 31

le flotteur telle que h2 = h − Γ.

λ1 = −ik où k satisfait ktanh(kh) = ω 2 /g n=1 (3.43)


λn tan(λn h) = −ω 2 /g n = 2, 3, ..., N (3.44)
β n = (n − 1)π/(h − Γ) n = 1, 2, 3, ..., N (3.45)

Potentiel de houle diffracté :


— Zone 1 :
N

φ̃D1 = −φ̃ I + ∑ A1n ch(λn ( x − D − l ))cos(λn (z + h)) (3.46)
n =1

— Zone 2 :

′ x + B′
φ̃D2 = −φ̃ I + Ah21 21 i (3.47)
+ ∑nN=2 A2n
′ e β n ( x +l ) + B′ e− β n ( x −l ) cos ( β ( z + h ))
2n n

— Zone 3 :
N
φ̃D3 = ′
∑ A3n cos(λn (z + h))eλ ( x+l )
n
(3.48)
n =1

Potentiel de houle radié :


— Zone 1 :
N
ϕ̃ R1 = ∑ A1n ch(λn (x − D − l ))cos(λn (z + h)) (3.49)
n =1

— Zone 2 :
( z + h )2 − x 2
ϕ̃ R2 = 2h2 h + A21 x + B21 i (3.50)
+ ∑nN=2 A2n e βn (x+l ) + B2n e− βn (x−l ) cos( β n (z + h))

— Zone 3 :
N
ϕ̃ R3 = ∑ A3n cos(λn (z + h))eλ (x+l)
n
(3.51)
n =1

Coefficient de réflexion

Le coefficient de réflexion analytique Cra dépend de l’amplitude de houle incidente et réfléchie


dans la zone (3), respectivement ai et ar d’après S HEN, Z HENG et Y OU [110]. L’amplitude de houle
incidente est définie par le potentiel de houle incident (équation 3.28). L’amplitude de houle réfléchie
est définie par le potentiel de houle diffracté en zone (3) à proximité du flotteur, soit à z = 0 et
x = −l, à partir de l’équation 3.48 et 3.26. Le coefficient de réflexion analytique s’écrit alors selon
32 Chapitre 3. Modèle Analytique

l’équation 3.52.

ar −iω φ̃D3 (−l, 0)


Cra = = (3.52)
ai gai

Expression des forces d’excitation

L’amplitude complexe de la force d’excitation f˜EX est exprimée en fonction des coefficients à
déterminer des potentiels de houle dans la zone (2). D’après l’équation 3.8 et 3.18, f˜EX dépend du
potentiel de houle incident φ̃ I et diffracté φ̃D (équation 3.53). En remplaçant les expressions de φ̃ I et
φ̃D selon les équations 3.28 et 3.47, l’amplitude complexe de la force d’excitation f˜EX s’écrit d’après
l’équation 3.54.
Z
f˜EX = ρiω (φ̃ I + φ̃D2 )dS (3.53)
"S #
N
e2β n l − 1
f˜EX = iρω 2B21

l+ ∑ ′
cos( β n h2 )( A2n ′
+ B2n ) (3.54)
n =2 βn

Expression de l’effet de radiation

De même, l’expression du potentiel radié donnée en équation 3.19 est insérée dans l’équation 3.9
afin d’extraire les expressions analytiques de la masse ajoutée et de l’amortissement. Le potentiel de
houle radié dans la zone (2) est utilisé pour aboutir à l’équation 3.55 ci-dessous.
Z
F̃R = iρω φ̃R2 dS (3.55)
S

Par identification de la partie réelle puis imaginaire formant l’effet de radiation, la masse ajoutée
c M et l’amortissement c A sont obtenus (respectivement équations 3.56 et 3.57).
Z
cM = ρ Re [ ϕ̃ R2 ] dS (3.56)
S
Z
c A = ρω Im [ ϕ̃ R2 ] dS (3.57)
S

Finalement les expressions analytiques de la masse ajoutée et l’amortissement sont exprimées


par les équations 3.58 et 3.59, où f est une constante décrite par l’équation 3.60 exprimée à partir de
l’équation 3.55 et du potentiel de houle radié en zone (2) donné dans l’équation 3.50.

c M = Re [ρ f ] (3.58)
c A = Im [ρω f ] (3.59)
N
l3 e2β n l −1
f = (h2 + 2B21 )l − + ∑ cos( βn h2 )( A2n + B2n ) (3.60)
3h2 n =2 βn
3.5. Résolution du système et validation 33

3.5 Résolution du système et validation


3.5.1 Détermination des coefficients de la décomposition de la houle

On rappelle que les potentiels de houle sont écrits sous la forme d’une somme d’harmoniques à
déterminer formant un mode fondamental et de modes évanescents. La détermination numérique de
ces coefficients est possible en utilisant les conditions de continuité de pression et de vitesse entre les
différentes zones.
Pour le problème de diffraction, ces conditions sont données par les équations 3.61 à 3.64.
— Condition de vitesse entre les zones (1) et (2) à x = +l :
(
∂φ̃D1 − ∂∂x
φ̃ I
−Γ ≤ z ≤ 0
= ∂φ̃D2 (3.61)
∂x −h ≤ z ≤ −Γ
∂x

— Condition de vitesse entre les zones (2) et (3) à x = −l :


(
∂φ̃D3 − ∂∂x
φ̃ I
−Γ ≤ z ≤ 0
= ∂φ̃D2 (3.62)
∂x −h ≤ z ≤ −Γ
∂x

— Condition de pression entre les zones (1) et (2) à x = +l :

φ̃D1 = φ̃D2 − h ≤ z ≤ −Γ (3.63)

— Condition de pression entre les zones (2) et (3) à x = −l :

φ̃D2 = φ̃D3 − h ≤ z ≤ −Γ (3.64)

De même pour le problème de potentiel radié, les conditions de continuité en pression et en


vitesse sont données par les équations 3.65 à 3.68.
— Condition de vitesse entre les zones (1) et (2) à x = +l :
(
∂ ϕ̃ R1 0 −Γ ≤ z ≤ 0
= ∂ ϕ̃ R2 (3.65)
∂x ∂x −h ≤ z ≤ −Γ

— Condition de vitesse entre les zones (2) et (3) à x = −l :


(
∂ ϕ̃ R3 0 −Γ ≤ z ≤ 0
= ∂ϕ R2 (3.66)
∂x ∂x −h ≤ z ≤ −Γ

— Condition de pression entre les zones (1) et (2) à x = +l :

ϕ̃ R1 = ϕ̃ R2 − h ≤ z ≤ −Γ (3.67)

— Condition de pression entre les zones (2) et (3) à x = −l :

ϕ̃ R2 = ϕ̃ R3 − h ≤ z ≤ −Γ (3.68)
34 Chapitre 3. Modèle Analytique

En prenant les N premiers termes des séries de ϕ̃ R1 , ϕ̃ R2 , ϕ̃ R3 et de φ̃D1 , φ̃D2 , φ̃D3 , résoudre l’en-
semble des conditions de pression et de vitesse pour les potentiels diffractés et radiés revient à ré-
soudre un système linéaire complexe de 4N équations. Quand ce système est inversible, sa solution
unique est le vecteur de 4N composantes qui sont exactement les coefficients des différents poten-
tiels. On cherche alors à résoudre le système donné par les équations 3.69 et 3.70 respectivement pour
le potentiel radié et diffracté, où XR et XD sont des vecteurs colonnes dont les composantes sont les
coefficients à déterminer (équations 3.71 et 3.72).

SXR = G R (3.69)
SXD = G D (3.70)

XR = [ A11 , ..., A1N , A21 , ..., A2N , A31 , ..., A3N , B21 , ..., B2N ] T (3.71)
′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ ′ T
XD = [ A11 , ..., A1N , A21 , ..., A2N , A31 , ..., A3N , B21 , ..., B2N ] (3.72)

Ce système peut être résolu par inversion de la matrice S. Les expressions analytiques des ma-
trices S, G R et G D sont données en annexe A.1, ainsi que la résolution analytique complète des équa-
tions du problème. Les expressions de S, G R et G D sont données en annexe A.2.

Résolution d’un modèle sans digue

Afin d’étudier l’impact de la digue sur le flotteur, on réalise également un modèle analytique sans
digue. Les dimensions du système sont identiques. La zone (1) est identique à la zone (3). Ce modèle
a été réalisé par Z HENG, Y OU et S HEN [127] avec le même modèle que celui avec la digue ( Z HENG
et al. [128]). Le dispositif est représenté par la figure 3.3. Les expressions des potentiels de houle dans
la zone (1) sont données dans les équations 3.73 et 3.74. Ces potentiels sont les seuls à être différents
du cas avec la digue. L’ensemble de la résolution et des équations est décrit en annexe A.1 avec la
notation “sans digue”.

N
φ̃D1 = ′
∑ A1n cos(λn (z + h))e−λ ( x−l )
n
(3.73)
n =1
N
ϕ̃ R1 = ∑ A1n cos(λn (z + h))e−λ (x−l) n
(3.74)
n =1

Résolution numérique sous PYTHON

Le système linéaire est défini par les équations 3.69 et 3.70 sous le langage PYTHON. La résolu-
tion est effectuée par la méthode GMRES avec un pré-conditionner ILU(0) (d’après S AAD et S CHULT
[106]). La relation de dispersion non linéaire a été résolue par l’algorithme de Newton. La masse
3.5. Résolution du système et validation 35

Hf x
O
Γ

l l
h
(3) (2) (1)

F IGURE 3.3 – Schéma du modèle analytique sans digue

ajoutée c M , l’amortissement c A ainsi que la force d’excitation f˜EX sont adimensionnés selon les équa-
tions 3.75, 3.76 et 3.77 respectivement. On note respectivement cm , c a et f ex ces termes adimensionnels.

| f˜EX |
f ex = (3.75)
2ρgai l
cM
cm = (3.76)
2ρlΓ
cA
ca = (3.77)
2ρωlΓ

Validation des modèles avec et sans digue

Afin de vérifier la conformité du code par rapport à Z HENG et al. [128] et à Z HENG, Y OU et
S HEN [127] (respectivement pour les modèles avec et sans digue), nos résultats ont été comparés
aux résultats des références. Ici, les coefficients hydrodynamiques sont calculés avec les 30 premiers
termes des séries (N=30 qui semble optimal). Au delà de ce nombre, nous avons observé une erreur
absolue sur les différents résultats inférieure à 0.4%. Pour le modèle avec digue, les dimensions du
système sont h/l = 6, Γ/h = 0.4 et D/h = 0.2. Dans la figure 3.4 - (a), (c), et (e) la comparaison du
modèle avec digue est présentée. Pour le modèle sans digue, on fixe les dimensions du flotteur telles
que h/Γ = 3 et l/Γ = 0.5. Les résultats de la comparaison sont représentés dans la figure 3.4 - (b),
(d), et (f).
Les courbes des coefficients hydrodynamiques sont identiques à celles obtenues par Z HENG et al.
[128] pour le cas avec digue et par Z HENG, Y OU et S HEN [127] pour le cas sans digue. Il est observé
que pour tous les coefficients hydrodynamiques, les courbes du modèle de Z HENG et al. [128] se
superposent avec une erreur relative inférieure à 0.75% pour le modèle avec digue et à 0.55% pour le
modèle sans digue. Les modèles sont conformes aux modèles initiaux, ce qui valide les résultats.
36 Chapitre 3. Modèle Analytique

(a) - cm avec digue (b) - cm sans digue

1
0.5

0
cm

cm
0.5
−0.5

−1 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 0 2 4 6 8 10 12
h/λ kh

(c) - ca avec digue (d) - ca sans digue


2
1
1.5

1
ca

ca
0.5

0.5

0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 0 2 4 6 8 10 12
h/λ kh

(e) - fex avec digue (f) - fex sans digue


2
1
1.5
fex

fex

1
0.5

0.5

0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 0 2 4 6 8 10 12
h/λ kΓ

Modèle avec digue Zheng et al. 2004 Modèle sans digue Zheng et al. 2004

F IGURE 3.4 – Coefficients hydrodynamiques adimensionnels

Étude de convergence

Une étude de convergence sur le modèle avec digue a également été réalisée. La figure 3.5 (a)
représente la masse ajoutée adimensionnelle cm pour différents nombres N de termes dans la série.
La différence relative entre 20 et 30 termes est égale à 0.81% et entre 10 et 30 termes à 1.8%. Pour
s’assurer que la convergence est obtenue pour l’ensemble des calculs, N = 10 termes minimum
seront utilisés. On notera que les auteurs Z HENG et al. [128] et Z HENG, Y OU et S HEN [127] utilisent
une méthode de résolution qui converge de manière linéaire et atteignent des résultats satisfaisants
entre 30 et 40 termes par séries. Ici, la méthode de résolution converge de manière quadratique, ce
3.6. Considérations énergétiques 37

qui explique que des résultats satisfaisants soient obtenus à partir de 10 termes par séries.

0
cm

−1

0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8



N =1 N =2 N =5 N =20 N =30

F IGURE 3.5 – (a) Étude de la convergence en fonction du nombre N de termes dans la


série.

3.6 Considérations énergétiques


3.6.1 Étude de la vitesse optimale

Afin de connaître l’énergie récupérée par la bouée (par extension l’énergie récupérable par le
convertisseur linéaire), le théorème de l’énergie mécanique est appliqué sur le flotteur. La varia-
tion d’énergie mécanique du flotteur Em est représentée par l’équation 3.78, où Pe est la puissance
moyenne lié à la force d’excitation, Pr est la puissance moyenne radiée par le flotteur et Pabs est la
puissance absorbée par le flotteur. L’énergie mécanique du système est notée Em , et correspond à la
somme de l’énergie cinétique Ec et de l’énergie potentielle des efforts hydrostatiques qui s’exercent
sur le flotteur E p (équation 3.79).

∆Em
= Pe + Pr − Pabs (3.78)
∆t
Em = Ec + E p (3.79)

Les forces hydrostatiques (somme de la poussée d’Archimède et de la pesanteur) dérivant d’un


potentiel, l’énergie potentielle E p s’écrit alors en fonction de la position du flotteur (équation 3.80).
Par le même raisonnement, on écrit l’énergie cinétique Ec selon l’équation 3.81.

1
Ep = K Ar z2 (3.80)
2
1 2
Ec = mż (3.81)
2

La moyenne de l’énergie mécanique sur une période est nulle, soit ∆Em = 0. La puissance absor-
bée par le convertisseur dépend de la force de PTO FPTO et est donnée dans l’équation 3.82.
Z T
1
Pabs = − FPTO (t)ż(t)dt (3.82)
T 0
38 Chapitre 3. Modèle Analytique

La puissance absorbée par le flotteur s’écrit alors en fonction de la puissance de la houle dans l’équa-
tion 3.83, où Pe et Pr sont respectivement définis par les équations 3.84 et 3.85.

Pabs = Pe + Pr (3.83)
1 T
Z
Pe = FEX (t)ż(t)dt (3.84)
T 0
Z T
1
Pr = FR (t)ż(t)dt (3.85)
T 0

Finalement, en utilisant les expressions analytiques des forces hydrodynamiques du flotteur, la


puissance absorbée s’écrit selon l’équation 3.86, où |(−iω Z̃ )| représente l’amplitude de la vitesse
du flotteur, | f˜EX | l’amplitude moyenne de la force d’excitation, c A l’amortissement et φ le déphasage
entre la vitesse du flotteur et la force d’excitation. La démonstration de cette formule a été effectuée
de différentes manières par J.Falnes (FALNES [39]) et R. Genest (G ENEST [47]).

1 ˜ 1
Pabs = | f EX | |(−iω Z̃ )|cos(φ) − c A |(−ω 2 Z̃2 )| (3.86)
2 2

La valeur de Pabs est maximisée en limitant le déphasage φ tel que cos(φ) = 1. La puissance
obt est définie par la puissance absorbée par le flotteur lorsque ce dernier se
absorbée optimale Pabs
déplace à une vitesse optimale donnée par l’équation 3.87.

| f˜EX |
|(−iω Z̃ opt )| = cos(φ) (3.87)
2c A

3.6.2 Limite de Budal

La limite de puissance qu’un flotteur peut absorber est donnée par la limite dite de "Budal". Nous
utiliserons ici la démonstration de FALNES [39] pour expliciter la valeur supérieure de la puissance
récupérable par le flotteur. D’après 3.86, la puissance absorbée par le flotteur est majorée telle que :

1 ˜
Pabs < | f EX | |(iω Z̃ )|cos(φ) (3.88)
2

On suppose que le flotteur n’est jamais totalement immergé. L’amplitude maximale des mouve-
ments du flotteur est alors limitée par son tirant d’eau Γ. L’amplitude des mouvements du flotteur
est maximisée par Γ et l’amplitude de la vitesse est maximisée par ωΓ (équation 3.89). En écrivant
la dérivée temporelle de l’équation 3.89, l’amplitude de la vitesse maximale du flotteur | − iω Z̃ | est
définie (équation 3.89).

| Z̃ | < Γ (3.89)
| − iω Z̃ | < ωΓ (3.90)

Dans le cas d’un flotteur de faible largeur devant la longueur d’onde de la houle, on peut éga-
lement majorer la valeur moyenne des forces d’excitation sur le flotteur en fonction de la surface
3.7. Expression de franchissements de digue 39

immergée du flotteur 2l (équation 3.91).

| f˜EX | < 2ρg2lai (3.91)

En utilisant les inéquations 3.91 et 3.90 dans l’équation 3.88, la puissance maximale qu’il est pos-
sible d’absorber pour un flotteur de volume immergé Γ2l est exprimée (équation 3.92). Il s’agit de la
limite de Budal.
Pabs
< ρgωai (3.92)
Γ2l

3.7 Expression de franchissements de digue


(1)
Une fois les potentiels de houle connus, le potentiel total dans la zone (1) φ̃T est calculé à la
digue. Au point x = l + D et z = 0, la hauteur de houle totale dans la zone (1) est notée H (1) et
(1)
s’exprime à partir du potentiel de houle total φ̃T selon l’équation 3.93.

2iω
H (1) = − φ̃T (l + D, 0) (3.93)
g

Les quantités de franchissements ont été calculées en utilisant la formule exprimée par VAN D ER
M EER [118]. Le guide EurOtop (VAN D ER M EER et al. [119]) propose des formules pour différents
types de digues ou de murs verticaux. Ici, la formule pour les ouvrages verticaux a été utilisée. Les
franchissements V A dépendent de la hauteur de houle et de la hauteur de la digue au dessus du
niveau de la mer Rc . La hauteur totale de la digue étant de 0.67m et la profondeur d’eau h fixée à
0.6m pour les mesures de franchissements, Rc vaut 0.07m. Afin de comparer les franchissements de
houle avec et sans flotteur, deux calculs sont réalisés. Les franchissements avec flotteur V Aavec flotteur
sont exprimés grâce à la hauteur de houle dans la zone (1) H (1) /2 selon l’équation 3.94, où H (1)
comprend la hauteur de houle incidente et réfléchie par la digue. Les franchissements sans flotteur
V Asans flotteur sont exprimés grâce à la hauteur de houle incidente selon l’équation 3.95.
 !1.3  s 
Rc H (1) 3

V Aavec flotteur = 0.054 · exp− 2.12 (1) · g (3.94)
H 2
2

Rc 1.3
"   #
q
V Asans flotteur = 0.054 · exp − 2.12 · gHi3 (3.95)
Hi

Le ratio des franchissements analytiques ∆V A est décrit par l’équation 3.96 comme étant le ratio
entre les franchissements analytiques avec et sans flotteur.

V Aavec flotteur
∆V A = (3.96)
V Asans flotteur
41

4 Modèle Numérique

Un modèle numérique est développé et les résultats obtenus seront comparés avec ceux du mo-
dèle analytique. Nous rappelons que le modèle de potentiels est une approximation des équations de
Navier-Stokes en considérant un fluide parfait irrotationnel et dépourvu des effets non linéaires. Or
le flotteur étudié évoluera dans un milieu naturel de fluide visqueux. Le but de ce chapitre est donc
d’examiner les effets des non linéarités et des efforts visqueux sur le mouvement du flotteur. Pour réa-
liser cette étude, nous résolvons les équations de Navier-Stokes avec turbulence dans le milieu fluide
contenant le flotteur. Cette étude a été réalisée par l’utilisation de code de calcul ANSYS-Fluent.

4.1 Choix des modèles


Le code ANSYS-Fluent choisi pour mener les simulations du mouvement de flotteur résout nu-
mériquement les équations de Navier-Stokes (ENS). Ces équations sont de type équations aux déri-
vées partielles non linéaires (EDP-NL) régissant l’écoulement d’un fluide Newtonien. Ces équations
ne possèdent des solutions analytiques que sous un certain nombre d’hypothèses simplificatrices qui
n’ont aucun intérêt pour des applications réelles. Plusieurs codes de calculs (commerciaux : ANSYS-
Fluent, Star CM++, FLOW3D,. . . ou Open Source : OpenFoam, Saturne, FEniCs,. . . ) ont été proposés
pour la résolution numérique des ENS simulant ainsi des écoulements internes et externes éventuel-
lement couplés avec des phénomènes thermiques.

Nous rappelons que le modèle analytique présenté dans le précédent chapitre repose sur certaines
hypothèses négligeant les effets non linéaires et les forces visqueuses agissant sur le flotteur. Dans
cette partie de la thèse nous sommes amenés à simuler le mouvement du flotteur selon un modèle
bidimensionnel. Le fluide est newtonien et la turbulence est prise en compte. Il s’agit de la résolution
numérique des ENS complètes avec surface libre. Le succès des simulations de ce problème assez
complexe passe par le choix du meilleur modèle numérique (maillage, modèle de turbulence,...etc).

On rappelle que les ENS ont été établies pour décrire le mouvement des écoulements Newtoniens
instationnaires. La résolution numérique de ce type d’équations nécessite un maillage de taille plus
fine que celle du plus petit tourbillon attendu, dans le but de représenter de manière cohérente les
tailles de ces tourbillons présents dans l’écoulement. R OGALLO et M OIN [105] ont montré qu’une
telle solution numérique exige un maillage dont le nombre de points est proportionnel à R9/2
e , où R e
est le nombre de Reynolds de l’écoulement en question (pour un écoulement turbulent, Re > 3000).
Cette méthode de résolution des ENS instantanées s’appelle simulation numérique directe (DNS :
Direct Numerical Simulation) puisqu’elle résout entièrement le spectre de la turbulence et sans l’aide
de la modélisation de certains phénomènes de la turbulence. Un simple calcul pour estimer a priori
42 Chapitre 4. Modèle Numérique

le nombre de points du maillage de calcul d’un écoulement turbulent montre que l’adoption de la
DNS nécessite des besoins de calcul qui dépassent la capacité des calculateurs modernes. Il est donc
impensable de choisir cette méthode pour le calcul des écoulements mis en jeu dans la plupart des
problèmes d’ingénierie. Cependant, cette méthode reste utilisée dans les laboratoires de recherche
pour la compréhension fondamentale de la turbulence.

Pour contourner cet inconvénient majeur de la DNS tout en restant à un niveau raisonnable en
coût de calcul, plusieurs types de modélisation de la turbulence ont été proposés par différents cher-
cheurs dans le globe. On cite par exemple : DES (Detached Eddy Simulation), LES (Large Eddy
Simulation), RANS (Reynolds Averaged Navier-Stokes) et URANS (Unsteady Reynolds Averaged
Navier-Stokes). Ces méthodes de calcul d’un écoulement turbulent reposent sur l’utilisation d’un fil-
trage (temporel ou spatial) séparant la valeur moyenne et la valeur fluctuante (due à la turbulence).
Ainsi, en adoptant l’une de ces méthodes, on se "contente" de calculer l’écoulement "moyen" (en
temps ou en espace) directement, et de modéliser la turbulence par des modèles adéquats ( k − ǫ,
k − ω, k − ωSST , k − l ,. . . ).

Pour simuler le mouvement de flotteur en incluant les effets de la viscosité et des termes non
linéaires notre choix s’est porté sur le code de calcul commercial ANSYS-Fluent. Ce choix a été guidé
par la disponibilité des licences de ce code au LHN d’une part et d’autre part par l’assistance de
l’utilisation qui m’a été assurée par les chercheurs du LNH maîtrisant ce code de calcul pour les
écoulements à surface libre.

4.1.1 Brève description du code ANSYS-Fluent

ANSYS-Fluent est un code de mécanique des fluides numérique (appelé communément CFD)
résolvant les écoulements 3D incompressibles ou compressibles.
Ce code utilise la méthode des volumes finis (MVF) comme méthode de discrétisation des EDP-
NL. Cette méthode numérique traduit la loi de conservation d’une quantité fluide dans un volume
de contrôle en utilisant le théorème de la divergence. On déduit facilement que la MVF traduit un
principe fondamental de la mécanique des fluides qui est la conservation de la masse, de la quantité
de mouvement et de l’énergie. On comprend aisément que la MVF est très bien adaptée au calcul des
écoulements de fluides contrairement à la méthode des éléments finis (MEF) qui est adaptée au calcul
des structures (mécanique des solides) puisque sa formulation vibrationnelle ne fait que traduire le
principe de puissance virtuelle (PPV).
ANSYS-Fluent adopte la méthode SIMPLE (Semi-IMPlicite Linked Equation) proposée par PA -
TANKAR et S PALDING [99] pour résoudre le problème du couplage pression-vitesse induit par la
contrainte de la conservation de la masse pour un écoulement incompressible (div(~u) = 0). De
même ANSYS-Fluent propose plusieurs variantes de la méthode SIMPLE (SIMPLEC (VAN D OOR -
MAAL et R AITHBY [120]) ; SIMPLER (PATANKAR [98]) ; PISO (I SSA [59]),..etc).
ANSYS-Fluent permet de traiter les écoulements multiphasiques éventuellement couplés avec
des phénomènes thermiques. Le suivi des interfaces séparant chaque phase est assuré par la résolu-
tion d’une équation de transport (convection pure) supplémentaire d’un état F de chaque phase (par
4.1. Choix des modèles 43

exemple en bi-phasique F = 0 pour les mailles de la phase 1 et F = 1 pour les mailles de la phase
2). Cette méthode est connue par le nom de VOF (Volume Of Fluid).
Pour la discrétisation spatiale des variables de l’écoulement, ANSYS-Fluent propose une multi-
tude de choix entre plusieurs méthodes offrant différents niveaux de précision (premier ordre, second
ordre ou ordre élevé). En conséquence, l’utilisateur aura le choix de combiner plusieurs méthodes
pour un compromis raisonnable entre le temps de calcul et la précision. Par ailleurs, pour les calculs
multiphasiques, ANSYS-Fluent propose un choix parmi les schémas numériques les moins diffusifs
(Geo-Reconstruct, Compressive, Modified HIRC, QUICK,..etc). Cette offre de choix s’avère très utile
pour les calculs des écoulements à surface libre. En effet, la surface libre est matérialisée par une
interface séparant la phase "air" et la phase "fluide". Le choix d’une méthode de résolution de pre-
mier ordre permet l’obtention d’une solution monotone, mais extrêmement diffusive (cette diffusion
numérique dépend de la taille de maillage à l’interface) au niveau de la surface libre à l’interface
air/fluide.
Pour des domaines de calcul variables en temps, ANSYS-Fluent propose le module "Dynamic
Mesh". Ce module offre plusieurs méthodes de gestion du maillage mobile (Smoothing, Laying, Re-
meching). C’est probablement l’étape la plus consommatrice de temps de préparation des simula-
tions puisqu’il faut plusieurs essais avant de trouver la méthode la plus adaptée au problème traité.
Il faut également écarter les méthodes déformant le maillage au point de contenir des mailles de
surface (ou volume en 3D) nulles synonyme de "division par zéro" durant l’étape de calcul.
Pour la turbulence, le code ANSYS-Fluent propose une dizaine de modèles englobant les diffé-
rentes catégories de modélisation de la turbulence (modèle à une, deux et trois équations et leurs
variantes, modèle des contraintes de Reynolds, DES, LES,. . . etc). Les nouvelles versions du code
ANSYS-Fluent proposent également les modèles de turbulence issus des développements théoriques
les plus avancés dans le domaine de la turbulence et ses applications. On cite par exemple le modèle
v2 − f (D URBIN [31]).
Enfin le code de calcul ANSYS-Fluent est conçu pour simuler un large spectre de configurations
d’écoulements. Néanmoins, si l’utilisateur ne trouve pas de réponse à ses interrogations dans les
menus de ANSYS-Fluent, il existe le module des fonctions définies par l’utilisateur (UDF - User
Defined Function) qui permet d’effectuer des simulations sur mesure. En effet, ce module est une
interface de programmation faisant appel au noyau du code ANSYS-Fluent pour une extension aux
besoins de l’utilisateur à d’autres configurations d’écoulements non existantes dans le menu de base
d’ANSYS-Fluent.

4.1.2 Équations du modèle

Dans cette section nous présentons brièvement les équation du modèle 2D dans la plan (x,z)
mis au point pour simuler le mouvement du flotteur. Bien que ANSYS-Fluent permet le calcul des
écoulements 3D, dans ce qui suit, nous rappelons les équations de NS en 2D. Il s’agit de la résolution
des équations 2D de Navier-Stokes moyennées en temps (filtrage de Reynolds, ou RANS), avec la
fermeture turbulente de type k − ǫ. Ce modèle prend en compte également la déformation de la
surface libre. Les simulations effectuées dans le cadre de ce travail utilisent les hypothèses suivantes :
— le fluide est supposé incompressible, homogène, isotrope et newtonien ;
— l’écoulement est supposé instationnaire et bidimensionnel ;
44 Chapitre 4. Modèle Numérique

— la tension superficielle à l’interface air-liquide est ignorée.

Conservation de la masse
La conservation de masse traduit que le variation de la masse au cours du temps est nulle. Si l’on
désigne par m f la masse du fluide et ρ sa masse volumique on a :

dm f d
Z
= ρdV = 0 (4.1)
dt dt v

Par l’application successive du théorème de transport de Reynolds et du théorème "flux-divergence"


on aura,

∂ρ
+ div(ρ~u) = 0 (4.2)
∂t

Le fluide est supposé incompressible, c’est à dire ρ( x, z, t) = ρ0 = cst, on aura :

div(~u) = 0 (4.3)

L’équation 4.3 traduit alors la conservation de la masse d’un fluide incompressible en écoulement.
Cette expression est connue aussi sous le nom d’équation de continuité. Si l’on note par ~u = (u, w),
l’expression de la conservation de la masse s’écrit en coordonnées cartésiennes en écoulement bidi-
mensionnel par l’équation 4.4.

∂u ∂w
+ =0 (4.4)
∂x ∂z

Conservation de la quantité du mouvement

Les équations de la conservation de la quantité de mouvement s’obtiennent par l’application du


principe fondamental de la dynamique à un volume de contrôle fluide. En notation vectorielle, ces
équations s’expriment par l’équation 4.5, où T est le tenseur des contraintes appliquées sur l’élé-
ment fluide, ~g est l’accélération de la pesanteur, et ~F est le vecteur force de la résultante des efforts
extérieurs s’exerçant sur le fluide.

dρ~u  
= div T + ρ~g + ρ~F (4.5)
dt

Le tenseur des contraintes T exprime la loi de comportement du fluide en fonction de champs de


pression p et du taux des contraintes de déformation. Sous ces hypothèses et en coordonnées carté-
siennes avec l’axe (o,z) orienté vers le haut, l’expression 4.5 s’écrit :

−∂p
   
∂ρu ∂ρuu ∂ρuw ∂ ∂u ∂ ∂u
+ + = + µ + µ + ρFx (4.6)
∂t ∂x ∂z ∂x ∂x ∂x ∂z ∂z
−∂p
   
∂ρw ∂ρuw ∂ρww ∂ ∂w ∂ ∂w
+ + = + µ + µ + ρFz − ρg (4.7)
∂t ∂x ∂z ∂z ∂x ∂x ∂z ∂z
4.1. Choix des modèles 45

Ou µ est la viscosité dynamique. Les équations ci-dessus sont des équations de NS instantanées
dont la résolution directe ne peut être envisageable dans notre contexte (il s’agit de la résolution
DNS, discutée plus haut). Ces équations seront alors transformées pour ne calculer que les grandeurs
moyennes. En introduisant la décomposition de Reynolds qui sépare les grandeurs moyennes des
grandeurs fluctuantes, puis on applique le concept de la viscosité turbulente (relation linéaire entre
grandeurs moyennes et grandeurs fluctuantes par le paramètre "viscosité turbulente", noté vt ). Ce
concept est aussi connu sous le nom du concept de Boussinesq. Si l’on note par U, W, P les variables
moyennes de l’écoulement (en utilisant ρ( x, z, t) = ρ0 = cst), on aura :

∂U ∂W
+ = 0 (4.8)
∂x ∂z
−1 ∂P
   
∂U ∂UU ∂UW ∂ ∂U ∂ ∂U
+ + = + (v + vt ) + (v + vt ) + Fx (4.9)
∂t ∂x ∂z ρ0 ∂x ∂x ∂x ∂z ∂z
−1 ∂P
   
∂W ∂UW ∂WW ∂ ∂W ∂ ∂W
+ + = + (v + vt ) + (v + vt ) + Fz − g (4.10)
∂t ∂x ∂z ρ0 ∂z ∂x ∂x ∂z ∂z

Où, v est la viscosité cinématique et vt est la viscosité turbulente. A partir des équations (4.8, 4.9
et 4.10), on remarque que le concept de la viscosité turbulente a introduit la variable supplémentaire
vt , mais sans introduire une équation supplémentaire pour fermer le système. La fermeture de ce sys-
tème sera donc assuré par l’introduction des équations supplémentaires pour représenter les phéno-
mènes de la turbulence produite, diffusée puis dissipée dans le système. Le modèle le plus populaire
en mécanique de fluides est le modèle k − ǫ. Ce modèle introduit deux équations supplémentaires
(d’où l’appellation "modèle de turbulence à deux équations") : une équation de transport de l’énergie
cinétique turbulente k et une deuxième équation de transport de la dissipation de l’énergie cinétique
turbulente ǫ. Enfin la viscosité turbulente est calculée en fonction de k et ǫ par l’équation 4.11, où Cµ
est une constante empirique.

k2
vt = Cµ (4.11)
ǫ

Le modèle k − ǫ n’est pas le seul modèle de turbulence disponible pour modéliser la turbulence,
mais comme précisé plus haut, ANSYS-Fluent propose le choix entre plusieurs modèles et également
parmi les plus récents issus des développements les plus avancés en théorie de la turbulence. Parmi
les modèles de fermeture à deux équations, le modèle k − ω est utilisé dans le cas d’écoulements à bas
Reynolds, ce qui n’est pas le cas ici. Pour modéliser des écoulements à haut Reynolds, il est cohérent
d’utiliser le modèle k − ǫ. Une variante de ce modèle est la version RNG k − ǫ, qui est valide pour
des hautes valeurs de Reynolds et pour des écoulements turbulents loin des parois. Cette version ne
sera pas utilisée ici, car il nous est nécessaire de modéliser convenablement l’écoulement à proximité
du flotteur et de la digue. Finalement, le modèle k − ǫ est le modèle le plus cohérent par rapport aux
attentes du projet.

Suivi de l’interface entre deux fluides

Dans notre cas l’interface en question désigne la surface libre (interface entre l’air et l’eau). Pour
le suivi de cette interface, il existe plusieurs méthodes (level set, VOF, ..etc). Dans notre étude, nous
46 Chapitre 4. Modèle Numérique

avons choisi la méthode VOF (H IRT et N ICHOLS [57]) qui consiste à résoudre une équation de trans-
port purement convectif d’une variable F indépendante des variables de l’écoulement appelée frac-
tion de volume (ou marqueur). La variable F est affectée à chaque maille du domaine de calcul
(air+fluide). La nouvelle variable F indique alors le taux de remplissage de chaque maille par le
fluide. Ainsi une maille fluide aura F = 1, une maille air aura F = 0 et enfin une maille à l’interface
aura 0 < F < 1. L’évolution temporelle de la variable F est donc transportée uniquement par la
vitesse de l’écoulement, c’est à dire, il faudra résoudre l’équation 4.12.

∂F ∂UF ∂WF
+ + =0 (4.12)
∂t ∂x ∂z

Il est à préciser que l’ensemble des EDPs exposé dans ce paragraphe ne peut être résolu sans la
donnée des conditions aux limites et initiales des variables de l’écoulement. Notons que dans ce
paragraphe, nous avons donné sans détails les équations du modèle numérique d’ANSYS-Fluent
utilisé pour les simulations du mouvement du flotteur. Nous invitons le lecteur désireux des détails
de consulter la documentation théorique et technique de code ANSYS-Fluent (F LUENT [42]).

4.2 Application au mouvement du flotteur


4.2.1 Équations du modèle

Dans cette partie nous développons un modèle numérique sous ANSYS-Fluent pour simuler
le mouvement du flotteur. Le système est identique au système défini pour le modèle analytique.
L’étude est bidimensionnelle. Le flotteur est en mouvement vertical à proximité d’une digue, comme
représenté par la Figure 4.1. Le domaine de calcul est composé de deux fluides appelés phases par
ANSYS-Fluent : phase "air" et phase "eau". Ces deux phases sont séparées par une interface qui sché-
matise la position de la surface libre au repos, mais qui évoluera dans le temps au cours de la propa-
gation de la houle incidente.

F IGURE 4.1 – Schématisation du domaine d’étude

L’étape de maillage consiste à découper le domaine d’étude en plusieurs zones (Figure 4.2). Le
choix du nombre de ces zones est dicté par le niveau de précision souhaité dans chacune des zones
de l’écoulement. Par exemple, au niveau de l’interface il faut avoir un maillage suffisamment fin
(Figure 4.2) pour suivre correctement la déformation de la surface libre, mais aussi pour réduire la
4.2. Application au mouvement du flotteur 47

diffusion numérique inhérente aux méthodes d’approximations de premier ordre. Ces approxima-
tions sont couramment utilisées pour la résolution de l’équation 4.12.
Les zones (1), (2) et (3) sont complétées par les zones (0) et (4), afin de faciliter la réalisation du
maillage (Figure 4.2). La zone (0) définit la zone au dessus de la digue. La zone (4) définit la zone
d’arrivée de la houle. Les axes du modèle numérique sont prédéfinis. L’axe (0,x) est identique au
modèle analytique, par contre l’axe (0,z) est défini vers le haut (figure 4.2). L’origine du repère est
située au coin en bas à droite.

ma
(0)
md

mc
Flotteur

Digue
mf
(4) (3) mb (2) (1)
z

me mg
o x
ma mc me mg
mb md mf

F IGURE 4.2 – Schéma du dispositif et répartition des zones de maillage

Le maillage est défini grâce à la fonction multizone. Cette fonction permet d’obtenir une taille
de maille différente pour chaque zone. Une forme de maille rectangulaire est également choisie. Les
nombres m a , mb , mc , md , me , m f et m g définissent la dimension d’une maille. La Table 4.1 donne les
dimensions du maillage utilisé pour les simulations.

TABLE 4.1 – Taille des mailles du modèle numérique

côté ma mb mc md me mf mg
Longueur (mm) 3.5 15.0 3.0 2.0 20.0 40.0 2.0

La Figure 4.3 présente un exemple de maillage.


La masse du flotteur m est calculée à partir de la masse volumique de l’eau ρ. D’après Archimède,
la masse de l’objet est égale à la masse du volume d’eau déplacé. Or le volume d’eau déplacé s’écrit
par rapport au volume immergé de l’objet Vimm . L’équation 4.13 est alors obtenue, permettant de
calculer la masse m du flotteur.

m = ρVimm = ρ2lΓ (4.13)

A l’identique du modèle analytique, le flotteur est en mouvement vertical. Il est alors nécessaire
de créer une contrainte pour forcer le flotteur à se déplacer uniquement selon l’axe numérique (O,y).
Sous ANSYS Fluent, ce type de contrainte est modélisé à l’aide d’une fonction définie par l’utilisateur
(User Defined Function - UDF). Cette UDF s’écrit grâce au code suivant.
48 Chapitre 4. Modèle Numérique

F IGURE 4.3 – Exemple de maillage multizone

# i n c l u d e " udf . h "

# d e f i n e rho 1 0 0 0 . 0
# d e f i n e Gamma 0 . 2 5
# define l 0.05

DEFINE_SDOF_PROPERTIES ( maquette_1 , prop , dt , time , dtime )


{
prop [SDOF_MASS] = rho * 2 * l *Gamma;
prop [SDOF_ZERO_TRANS_X] = TRUE ;
prop [SDOF_ZERO_ROT_Z] = TRUE ;

p r i n t f ( " \ n2dMaquette_1 : Updated 6DOF p r o p e r t i e s " ) ;


}

Dans ce code, la translation selon l’axe (O,x) et la rotation selon l’axe (O, z) sont interdites au
flotteur. La fonction “printf” permet de vérifier que l’UDF a bien été prise en compte. On notera que
le déplacement du maillage, lié au déplacement du flotteur, est réalisé par la méthode de clivage,
qui consiste à fusionner ou diviser les mailles lorsqu’elles atteignent une dimension limite. Cette
méthode requiert un maillage multi-zones de forme rectangulaire, ce qui limite le raffinement du
maillage aux coins du flotteur. Une alternative à la méthode de clivage aurait pu être la méthode du
remaillage (avec des mailles de forme triangulaire). Dans notre cas, la dimension des mailles aurait
été trop petite pour permettre la résolution des simulations dans un temps raisonnable.
La dernière étape avant le choix des paramètres est le choix des sélections nommées. Dans cette
étape, le type des conditions aux limites du système sont définies, puis à terme leurs valeurs. Dans
notre cas, il y a 4 types de conditions aux limites :
4.2. Application au mouvement du flotteur 49

— Inlet : permet d’imposer une valeur des variables du système (pression, vitesse, fraction de
volume,...)
— Outlet : permet d’imposer une condition de sortie de l’écoulement
— Wall : permet de prendre en compte la présence d’un corps solide en contact avec le fluide
(une paroi)
— Symmetry : permet de schématiser un domaine infini
Les types de conditions aux limites sont définis sur la Figure 4.4.

Flotteur

o x
wall symmetry
inlet outlet

F IGURE 4.4 – Sélections nommées définies

4.2.2 Choix des paramètres de calcul

Les paramètres de simulation sont définis dans cette partie. On se place dans le régime transitoire
avec un pas de temps ∆t = 0.0025s pour assurer la condition CFL qu’exige la condition de stabilité
numérique. Les calculs s’arrêtent lorsque la houle devient stationnaire (après 15 à 20 cycles de houle
selon la période). Le modèle multiphasique est activé avec deux phases : une représentant l’air et une
autre l’eau. Les sous-modèles “open channel flow” et “channel wave boundary” sont activés afin
de modéliser un canal à houle. Les forces qui s’appliquent sur le flotteur sont calculées de manière
implicite. La couche limite est résolue par les lois de paroi standards (d’après la loi logarithme, dans
la gamme des Y + compris entre 30 et 300). La condition à la limite "Inlet" est caractérisée par une
houle d’Airy. Le mouvement du flotteur est rendu possible par la réalisation d’un maillage dyna-
mique en Layering. La solution est calculée par l’algorithme SIMPLE proposé par PATANKAR [97].
Le modèle HIRC modifié développé par M UZAFERIJA et al. [89] est utilisé pour résoudre les fractions
de volumes. Pour résoudre le régime transitoire, la formulation du second ordre implicite est utilisée.

Il est intéressant de noter que les solutions numériques calculées par les codes de calcul sont en
réalités des approximations généralement obtenues par la méthode des différences finies, éléments
finis ou volumes finis. Ces approximations ont été acceptées sous certaines conditions de précision
(erreur de troncature). Il est évident alors que les solutions approchées dépendent fortement de la
taille du maillage (notée hm ). Théoriquement, l’erreur d’approximation (ou l’erreur de troncature)
50 Chapitre 4. Modèle Numérique

tend vers zéro pour un maillage de plus en plus fin ( hm → 0). Cependant, il faut retenir aussi qu’un
maillage fin génère un grand nombre de points de maillage (noté N). Par conséquent, l’augmentation
de N augmente aussi le cumul des erreurs d’arrondi liées à l’architecture du calculateur. Il est bien
clair qu’à partir d’un nombre N, les erreurs d’arrondis deviennent dominantes devant celles dues à
la troncature et provoquent la divergence des calculs. Ce constat, nous amène donc à penser qu’il y a
un maillage optimal (N optimal) qui combine précision et stabilité sans qu’il soit le plus fin (N → ∞).
Pour déterminer le maillage optimal, nous suivrons la procédure proposée par C ELIK et al. [16]. Cette
procédure sera décrite en détails dans le paragraphe suivant. Il est à noter que toutes les simulations
entreprises dans ce chapitre seront effectuées sur le maillage optimal déterminé préalablement par
cette procédure.

4.3 Sensibilité au maillage et conditions de convergence


Une étude de convergence du maillage a été réalisée d’après C ELIK et al. [16]. Le mouvement
du flotteur et l’amplitude de houle sont les deux grandeurs étudiées. Les mailles m a , mb , mc et md
sont les seules à varier. Au total, trois maillages ont été testés, les dimensions des cellules caractéris-
tiques sont données dans la Table 4.2. Entre deux maillages, la hauteur des mailles est divisée par
deux. La condition CFL est calculée pour la zone (2), avec une vitesse de flotteur calculée d’après
l’équation 4.22. Pour la zone (3), la vitesse du fluide ż0 = ω/k, où ω=3.74rad/s et k = 1.79 m−1 .
TABLE 4.2 – Dimensions des mailles utilisées pour l’étude de convergence (repère nu-
mérique)

Maillage M1 M2 M3
Zone 2 : m a 1.75E-3 3.50E-3 7.00E-3
Zone 2 : mb 7.50E-3 1.50E-2 3.00E-2
Zone 3 : md 1.00E-2 2.00E-2 4.00E-2
Zone 3 : mc 1.50E-3 3.00E-3 6.00E-3
CFL Zone 2 : 0.098 0.049 0.025
CFL Zone 3 : 0.52 0.26 0.13

Au total, trois simulations sont réalisées. Pour chaque calcul, on exporte dans un fichier texte la
position des contours du flotteur, ainsi que la quantité d’eau dans chaque cellule de la zone(3). La
position du flotteur et l’amplitude de houle sont exprimées à une position (0,x) donnée.

4.3.1 Méthode de C ELIK et al. [16]

La méthode proposée par C ELIK et al. [16] étudie l’erreur relative d’un maillage en comparant les
résultats de celui-ci avec au moins deux autres maillages. Cinq étapes composent cette méthode.
Étape 1 : définition d’une taille de maille représentative. Dans notre cas, les dimensions repré-
sentatives sont notées m a , mb , mc et md , les variables représentatives étant l’amplitude de houle et la
position du flotteur. m a1 représente la taille des mailles du maillage 1, dans la zone 2 selon l’axe (0,x).
Le nombre de mailles pour chaque maillage est noté M.
Étape 2 : r est défini comme étant le rapport des dimensions des maillages. C ELIK et al. [16]
précisent par expérience qu’il est préférable d’avoir r > 1.3. Entre les maillages 1 et 2, toutes les
4.3. Sensibilité au maillage et conditions de convergence 51

dimensions de mailles sont divisées par 2. De même, entre le maillage 2 et 3, toutes les mailles sont
divisées par 2. Ainsi, r est identique pour tous les maillages et r est constant. Les coefficients r12 et r32
sont respectivement notés selon les Équations 4.14 et 4.15.

r12 = 2 (4.14)
r32 = 2 (4.15)

Étape 3 : calcul de l’ordre apparent de la méthode p∗ tel que décrit dans l’Équation 4.16. On pose
ǫ32 = R3 − R2 et ǫ21 = R2 − R1 avec R1 , R2 , R3 respectivement les solutions de la variable observée
pour les maillages 1, 2 et 3. C ELIK et al. [16] décrit aussi une variable q( p∗ ) qui n’a pas été écrite ici
car de valeur nulle pour r constant. C ELIK et al. [16] émet également une réserve sur les valeurs de
ǫ32 et ǫ21 . Si ces deux dernières variables sont trop proches de zéro, la procédure de C ELIK et al. [16]
n’est pas valide.

1 ǫ32
p∗ = |ln| || (4.16)
ln(r21 ) ǫ21

Étape 4 : Calcul de l’extrapolation des résultats. Cette information est traduite par les variables
R21
ext et R32
ext , respectivement décrites dans les Équations 4.17 et 4.18 à partir de r et R.

p∗
r21 R1 − R2
R21
ext = p∗
(4.17)
r21 − 1
p∗
r32 R2 − R3
R32
ext = p∗
(4.18)
r32 − 1

Étape 5 : Estimation des erreurs et de la convergence des maillages. L’erreur relative approxima-
tive est définie par e21
a telle que définie par l’Équation 4.19 pour les maillages 1 et 2. De même, l’erreur
relative extrapolée est définie par e21
ext pour les maillage 1 et 2 (Équation 4.20). Finalement, l’indice de
convergence du maillage est décrit par la variable GCI 21 (Équation 4.21). Les variables e32 32
a , eext et
GCI 32 sont analogues pour les maillages 2 et 3.

R1 − R2
e21
a = (4.19)
R1
R21 21
ext − Rext
e21
ext = (4.20)
R21
ext
1.25e21
a
GCI 21 = p∗
(4.21)
r21 − 1

D’après la procédure de C ELIK et al. [16], l’erreur relative moyenne faite sur le mouvement du
flotteur est de 0.91% et l’erreur relative moyenne faite sur l’amplitude de houle de 1.13% avec le
maillage 1. De plus, l’erreur est maximale lorsque l’amplitude est maximale. Ceci est valable pour le
déplacement du flotteur et l’élévation de surface libre (Figure 4.5). La Figure 4.5 (a) et (b) présente
l’élévation de surface libre et le déplacement du flotteur pour les 3 maillages testés. Les graphes (c)
52 Chapitre 4. Modèle Numérique

(a) - élévation de surface libre (b) - déplacement du flotteur


·10−2 ·10−2

4
5
2

z(t) (m)
(m)

0 0

−2
−5
−4

0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
time (s) time (s)

(c) - élévation de surface libre (d) - déplacement du flotteur


·10−2 ·10−2

4
5
2
z(t) (m)
(m)

0 0

−2
−5
−4

10 12 14 16 18 20 10 12 14 16 18 20
time (s) time (s)
M1 M2 M3

F IGURE 4.5 – Étude de convergence par le modèle de C ELIK et al. [16]. (a) élévation de
surface libre pour les maillages 1 à 3. (b) déplacement du flotteur pour les maillages 1 à
3. (c) et (d) barres d’erreurs sur le maillage 1, calculées à partir du GCI21 (Équation 4.21)
respectivement pour l’amplitude de houle et le déplacement du flotteur.

et (d) de la même figure montrent l’erreur calculée grâce au GCI21 pour le maillage 1.
Le maillage optimal qui allie une convergence des résultats et un temps de calcul raisonnable est
le maillage 2. Toutes les simulations qui suivent seront effectuées en adoptant le maillage 2.

4.4 Résultats des simulations


4.4.1 Mouvement du flotteur

Afin d’obtenir le mouvement du flotteur par rapport à la houle, deux types de données doivent
être exportées. Dans un premier temps, les mouvement du flotteur sont relevés. Pour cela, la position
des contours du flotteur est exportée dans un fichier texte pour chaque pas de temps. Un script réalisé
sous Python permet de retracer l’évolution de la position du flotteur en fonction du temps.
4.4. Résultats des simulations 53

Dans un second temps, on relève l’amplitude de houle. La fraction de volume F occupé par l’eau
dans chaque cellule de la zone (3) est relevée. La fraction de volume F = 1 lorsque la cellule est
composée à 100% d’eau et F = 0 si elle est composée à 100% d’air. Par un programme Python, on
sélectionne la position selon l’axe (0,z) pour lesquelles F = 1. Ces valeurs sont repérées pour deux
colonnes à x1 et x2 sur l’axe (0,x) espacées d’une distance d, de manière à reproduire des sondes de
mesure. De cette manière, deux signaux d’amplitude de houle sont obtenus. La méthode de G ODA
et S UZUKI [49] est finalement utilisée pour distinguer la houle réfléchie de la houle incidente. Il est
ensuite possible de calculer le mouvement du flotteur par rapport à l’amplitude de houle incidente et
réfléchie. Ces variables sont calculées pour une moyenne de 15 à 20 cycles de houle selon la période,
avant que la houle réfléchie n’atteigne à nouveau le flotteur.
La figure 4.6 est un exemple d’élévation de la surface libre et d’amplitude du flotteur obtenus
avec ANSYS Fluent.
0.1
Élévation de surface libre
Position du flotteur
5 · 10−2
position (m)

−5 · 10−2

−0.1
0 5 10 15 20 25 30
time (s)

F IGURE 4.6 – Exemple de résultats obtenus par Fluent

4.4.2 Calcul des coefficients de radiation

Des calculs des coefficients de radiation sous Fluent ont été réalisés par H ENNING [54] et par C O -
ZIJN , U ITTENBOGAARD et B RAKE [23]. Pour obtenir les coefficients de radiation, il faut effectuer une
simulation différente de celle du comportement du flotteur sous une houle incidente. L’effet de ra-
diation correspond à la force qui s’exerce sur le flotteur quand celui-ci est en mouvent imposé dans
une eau calme. La vitesse alors imposée au flotteur est définie par une UDF, selon l’équation 4.22, où
a R représente l’amplitude du flotteur en mouvement imposé.

ż(t) = a R ωsin(ωt) (4.22)

Les forces qui s’appliquent sur le flotteur selon l’axe de y peuvent être décomposées en série de
Fourier, en séparant la partie réelle de la partie imaginaire. Les coefficients hydrodynamiques sont
ensuite calculés à partir des coefficients de Fourier et de l’équation du mouvement. L’équation 3.21
s’écrit alors selon l’équation 4.23 incluant une force de portance Fz (t) = | F̃z |sin(ωt + ϕ) obtenue à
partir de ANSYS Fluent. Les nombres a1 et b1 représentent respectivement les coefficients réels et
54 Chapitre 4. Modèle Numérique

imaginaires de la série de Fourier. L’équation 4.23 s’écrit alors sous la forme de l’équation 4.24. La
masse ajoutée et l’amortissement numériques sont notés c M,num et c A,num , respectivement.

(m + c M,num )z̈ + c A,num ż + K Ar z = Fz (4.23)


(m + c M,num )z̈ + c A,num ż + K Ar z = a0 + a1 cos(ωt) + b1 sin(ωt) (4.24)

L’identification des coefficients dépendant de la vitesse et de l’accélération du flotteur conduit à


l’Équation 4.25 pour la masse ajoutée et à l’équation 4.26 pour l’amortissement.

a1 − K Ar a f
c M,num = −m (4.25)
−ω2 a f
−b1
c A,num = (4.26)
af ω

L’effet de radiation numérique s’écrit alors en fonction de la masse ajoutée et de l’amortissement


numérique d’après l’équation 4.27.
h i
FR,num (t) = Re F̃R,num e−iωt , F̃R,num = −ω 2 c M,num Z̃ − iωc A,num Z̃ (4.27)

La Figure 4.7 représente la comparaison entre l’effet de radiation numérique Fz et ajusté FR,num
pour le flotteur 6 à T = 1.29 s. L’effet ajusté est obtenu à partir des équations 4.25 et 4.26, avec la
masse ajoutée et l’amortissement ajustés à partir de l’effet de radiation numérique. La Figure 4.7
montre un bon accord entre la force numérique et la force ajustée. En effet, l’erreur relative entre
l’effet de radiation numérique et ajusté est inférieure à 2% pour l’ensemble des simulations.

400
Force de radiation (N)

300

200

100

0
4 6 8 10 12 14 16 18 20
time (s)

Fz FR,num

F IGURE 4.7 – Identification des coefficients de radiation. Comparaison entre l’effet de


radiation numérique et calculé. Flotteur 6 à T = 1.29s.
4.5. Liste des flotteurs testés 55

4.5 Liste des flotteurs testés


4.5.1 Flotteurs utilisés pour le mouvement du flotteur

Différents flotteurs ont été modélisés numériquement. Ici, les flotteurs ont tous la même largeur
2l. Le tirant d’eau Γ et la hauteur H f varient. La Table 4.3 présente les différentes dimensions des
flotteurs et la figure 4.8 est une représentation à l’échelle.

Flotteur Γ(m) H f (m) 2l(m)


1 0.05 0.20 0.10
2 0.10 0.25 0.10
3 0.15 0.25 0.10
5 0.20 0.40 0.10
6 0.25 0.40 0.10

TABLE 4.3 – Flotteurs testés numériquement pour le mouvement du flotteur

1 2 3 5 6

F IGURE 4.8 – Schéma des flotteurs utilisés pour calculer le mouvement du flotteur nu-
mérique

4.5.2 Flotteurs utilisés pour les coefficients de radiation

Comme une deuxième simulation est nécessaire pour calculer les coefficients de radiation, diffé-
rents flotteurs ont été utilisés. Les flotteurs 1 et 6 ont été repris puis comparés aux flotteurs 7, 8 et
9 plus larges. La Table 4.4 présente les dimensions de ces nouveaux flotteurs. La Figure 4.9 donne à
l’échelle une représentation des flotteurs utilisés pour ces simulations.

Flotteur Γ(m) H f (m) 2l(m)


1 0.05 0.20 0.10
6 0.25 0.40 0.10
7 0.25 0.40 0.20
8 0.25 0.40 0.30
9 0.25 0.40 0.40

TABLE 4.4 – Flotteurs testés numériquement pour les coefficients de radiation


56 Chapitre 4. Modèle Numérique

1 5 6 7 8

F IGURE 4.9 – Schéma des flotteurs utilisés pour calculer les coefficients de radiation
numériques
57

5 Modèle Physique

5.1 Description du dispositif expérimental


5.1.1 Conditions hydrodynamiques

Les conditions hydrodynamiques utilisées sont définies à partir de celles du site d’application à
l’échelle 1:15ième en similitude de Froude. La profondeur d’eau est comprise entre 0.2m et 0.6m à
l’échelle maquette. Pour les cas de houle régulière, les périodes de houle T testées sont comprises
entre 0.65 s et 3.87 s et les hauteurs de houle H sont comprises entre 0.017 m et 0.18 m. Les périodes
T et hauteurs H de houle testées sont données dans la Table 5.1.

5.1.2 Description des installations

Présentation du canal à houle

Les essais physiques ont été réalisés dans le canal à houle à l’Université Le Havre Normandie au
laboratoire LOMC (Laboratoire Ondes et Milieux Complexes). Le canal mesure 34m de long, 0.90m
de large et 1.20m de haut. La digue, modélisée par un mur vertical, est installée dans le canal et réduit
ainsi la longueur utile du canal à 24m. Un double fond d’une hauteur de 0.20 m est installé à 4.86 m
du batteur.
La figure 5.1 représente le canal et les différentes parties du système à l’échelle maquette. Le
batteur est de type piston vertical. L’amplitude de houle et la période demandées au batteur sont
gérées par le logiciel le programme WaveMaker de HR Wallingford. À l’autre extrémité du canal
sont installés le flotteur, la digue et les pompes.
Deux sondes résistives sont placées sur le batteur pour mesurer l’élévation de la surface libre
devant le batteur. Une photo du batteur est donnée figure 5.2. L’absorption dynamique de houle est
activée sur le batteur. La valeur de l’absorption est à définir pour chaque période de houle. Cette
fonction a été utilisée pour les essais et permet de limiter le phénomène d’onde stationnaire. La Fi-
gure 5.3 montre deux signaux de la sonde S f située juste devant le flotteur, pour une même condition
de houle, avec et sans absorption. La Figure 5.3 montre que l’amplitude de houle atteint une valeur
stable plus rapidement lorsque l’absorption est activée. En effet, dans le cas avec absorption l’am-
plitude de houle est stabilisée à partir de 60 s. Pour le cas sans absorption, l’amplitude de houle est
stabilisée seulement à partir de 150 s.
58 Chapitre 5. Modèle Physique

MF
3.87

F
-
-
-

-
-
MF
3.61
-
-
-

-
-
-
-
MF
3.35

F
-

-
-
MF
3.1

F
-

-
-
2.45

I
-
-

-
-
-
-
-
MF
2.32

M
-

-
-
-
-
2.19

I
-
-

-
-
-
-
-
MF
2.06

M
T (s)

I
-

-
-
1.94

I
I
-

-
-
-
-
-
MF
1.68

MI
MI

M
I
-

-
MFI
MF
1.42

MI
MI
I

-
-
-
MF
1.29

MI
M
M
-

-
-
-
MF
1.16
MI
MI
MI

-
-
-
-
MF
0.9

M
-
-

-
-
-
-
0.77

M
M
-
-

-
-
-
-
0.64

M
M
-
-

-
-
-
-
0.017

0.083

0.117

0.183
0.05

0.01

0.13
0.15

H (m)

TABLE 5.1 – Conditions de houle testées. H représente la hauteur de houle et T la pé-


riode. La lettre M représente les essais réalisés pour la mesure du comportement du
flotteur en houle régulière, F représente les essais de franchissements en houle régu-
lière, I représente les essais sur le comportement du flotteur en houle irrégulière.
5.1. Description du dispositif expérimental 59

0
Batteur

4.86m

5.96m

S1
S2
S3

S4

S1 12.48m
Sondes S2
S3
résistives S4
13.98m

Sf

S5 22.12m
S6
S7
S8
23.62m

Sf 25.86m
Flotteur
Pompes

x
F IGURE 5.1 – Schéma du dispositif expérimental à l’échelle
60 Chapitre 5. Modèle Physique

F IGURE 5.2 – Photo du batteur à l’extrémité du canal


élévation de la surface libre (cm)

0.2

−0.2
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340
time (s)
avec absorption sans absorption

F IGURE 5.3 – Exemple d’effet de l’absorption sur la houle. Sonde S f pour un cas
T = 1.162 s

Description de la digue et du flotteur

À l’échelle maquette, la digue a été simplifiée en une digue verticale. Un mur en PVC a été installé
sur toute la largeur du canal et mesure 0.67m de haut à l’échelle maquette (soit 10m en réel).
La géométrie du flotteur est simplifiée par une forme rectangulaire. Ce dernier est réalisé par
l’assemblage de plaques de PVC. L’étanchéité est faite par un ajout de colle après l’assemblage. À
l’intérieur du flotteur, deux tubes sont fixés pour permettre le passage du guidage. Le tirant d’eau
Γ est modifié en faisant varier la masse du flotteur. À cet effet des graviers sont ajoutés à l’intérieur
du flotteur pour obtenir le tirant d’eau souhaité. Afin de minimiser les effets de bords, la maquette
occupe la majorité de la largeur du canal de manière à se placer dans un cas bidimensionnel. Un
jeu d’environ 3 mm est laissé entre les extrémités du flotteur et les parois du canal pour permettre le
mouvement du système.
5.1. Description du dispositif expérimental 61

Dp

dp dp Hf

2l
Lf

F IGURE 5.4 – Schéma de la maquette du flotteur du LOMC

Les dimensions fixes du flotteur sont données dans la figure 5.4 et dans la table 5.2 (échelle ma-
quette). Le flotteur est positionné devant la digue et fixé à l’aide de deux barres verticales en PVC,
vissées au fond du canal afin de forcer un mouvement vertical. Des conduits de PVC sont également
installés à l’intérieur du flotteur, de manière à pouvoir emboîter le flotteur dans les barres verticales.
Le jeu entre les conduits et les barres PVC est de 3 mm.
La largeur du flotteur 2l et la hauteur H f sont les dimensions qui ont été modifiées afin de tester
plusieurs flotteurs. Une photo du flotteur 6 est donnée figure 5.5 avec une profondeur d’eau h de
0.6m et dans la Figure 5.6 sans eau. Cinq flotteurs ont été testés et leurs dimensions sont présentées
par la suite.

TABLE 5.2 – Dimensions du système

Échelle L f (m) d p (m) D p (m) H f (m) 2l(m) Γ (m)


1:15 0.88 0.23 0.032 [0.20 - 0.40] [0.10 - 0.30] [0.05 - 0.25]
1:1 13.2 3.45 0.48 [3.0 - 6.0] [1.5 - 4.5] [0.75 - 3.75]

Caractéristiques des flotteurs testés

Sur l’ensemble des essais réalisés, différentes dimensions de flotteurs ont été testées. Des pre-
mières mesures ont été réalisées en faisant varier le tirant d’eau Γ. On nommera ces flotteurs les
flotteurs 1, 4 et 6. Ces mesures ont permis de comprendre l’impact de ce paramètre. Trois flotteurs
ont ainsi été réalisés. Les mesures suivantes ont nécessité la construction de deux autres flotteurs. Ici,
le tirant d’air et la demi largeur ont été changés. On notera ces flotteurs les flotteurs 8 et 10. Les essais
avec PTO ont été réalisés sur les flotteurs 4 et 6.
La figure 5.7 est un schéma à l’échelle des différents flotteurs utilisés pour le modèle expérimental.
62 Chapitre 5. Modèle Physique

F IGURE 5.6 – Photo du flot-


F IGURE 5.5 – Photo du flot-
teur 6, installé à proximité de
teur 6, installé à proximité de
la digue dans le canal (sans
la digue dans le canal
eau)

TABLE 5.3 – Flotteurs testés expérimentalement

Flotteur Γ(m) H f (m) 2l(m)


1 0.05 0.20 0.10
4 0.15 0.40 0.30
6 0.25 0.40 0.10
8 0.25 0.40 0.30
10 0.25 0.30 0.10

Modélisation du convertisseur d’énergie

La force linéaire exercée par le convertisseur d’énergie est représentée par un vérin hydraulique
ajustable. Le vérin a une course de 250 mm et peut délivrer entre 30 N et 3000 N. Deux vérins
HD 28/250 de Slam Proof Ltd, de mêmes dimensions ont été utilisés, avec des réglages d’amor-
tissement différents. En effet, le diamètre de la valve à l’intérieur du vérin est réglée à deux positions
différentes de manière à varier l’amortissement du vérin. Au cours d’un essai, le vérin hydraulique
est fixé à la partie haute du flotteur, et l’autre extrémité est accrochée à un point fixe (Figure 5.8).
5.2. Acquisition des données, mesures et analyses 63

z
Hf x
o Rc
Γ 1 4 10 6 8
D
2l
h

(3) (2) (1)

(a) (d) (c) (d) (e)

F IGURE 5.7 – Schéma des flotteurs utilisés pour les essais expérimentaux. (a) Flotteur 1,
l=0.05m, Γ=0.05m et H f =0.20m. (b) Flotteur 4, l=0.15m, Γ=0.15m et H f =0.40m. (c) Flot-
teur 10, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.30m. (d) Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.40m.
(e) Flotteur 8, l=0.15m, Γ=0.25m et H f =0.40m.

F IGURE 5.8 – Photo de l’installation du vérin sur un flotteur.

5.2 Acquisition des données, mesures et analyses


5.2.1 Acquisition des données

Afin de réaliser l’étude du comportement du système et des franchissements de digue, différents


types de données doivent être acquises.
Des sondes sont installées sur toute la longueur du canal. Les sondes S1 à S8 permettent de mesu-
rer l’amplitude de houle incidente et réfléchie. La sonde S f mesure l’amplitude de la houle à proxi-
mité du flotteur. Une caméra est installée en face du flotteur afin de mesurer ses déplacements.
64 Chapitre 5. Modèle Physique

Acquisition par les sondes résistives

L’amplitude de houle est mesurée par 9 sondes résistives, comme présentée sur la figure 5.1. Les
sondes S1 à S4 sont les sondes les plus proches du batteur (S4 située à 8.14 m du flotteur), et les
sondes S5 à S8 les plus proches du flotteur (S8 située à 2.24 m du flotteur). Les sondes résistives sont
reliées à un moniteur de houle où la tension aux bornes des sondes est interprétée en amplitude de
houle. Les sondes S1 à S8 sont gérées par le logiciel WaveData de HR Wallingford. Une photo des
sondes S5 à S8 est donnée figure 5.9. L’amplitude de la houle incidente et réfléchie est déterminée par
la méthode de M ANSARD et F UNKE [68] avec les 4 sondes S5 à S8.
La comparaison des signaux issus des sondes S1 à S4 d’une part et S5 à S8 d’autre part permet
d’estimer l’atténuation de la houle au cours de sa propagation. L’amplitude de houle incidente s’atté-
nue de 32% sur une distance de 10 m pour les cas où l’amplitude de houle est maximale et la période
minimale (par exemple pour T = 0.65 s et ai /h = 0.078). Pour la majorité des essais, l’amplitude de
houle incidente s’atténue de maximum 5% sur une distance de 10 m. En comparaison, pour une pé-
riode de houle de T = 3.35 s, l’amplitude de houle incidente est atténuée de 1% (ai /h = 4.16 × 10−2 ).
Les sondes sont calibrées tous les jours, et pour chaque profondeur d’eau h testée. Selon la période
de houle, la fréquence d’acquisition des sondes est située entre 18Hz et 38Hz, soit 30 points par
période minimum (et le nombre total de points une puissance de 2).
Une sonde résistive S f est aussi ajoutée à une distance du flotteur comprise entre 1 cm et 25 cm
pour estimer le déphasage entre la houle et le flotteur. L’acquisition de cette sonde est synchronisée
avec l’acquisition de la caméra grâce à un boîtier de synchronisation. Le logiciel Labview gère l’acqui-
sition des données et l’enregistrement dans un fichier texte. Pour l’ensemble des tests, la fréquence
d’acquisition de la sonde est de 20Hz. La mesure de la sonde S f contient toutes les composantes de
houle : incidente et réfléchie.
Pour l’ensemble des sondes, la précision de la mesure est de l’ordre du millimètre. Ainsi pour
l’ensemble des hauteurs de houles testées, l’incertitude maximale est de 2%.

Acquisition par la caméra

Le mouvement du flotteur sous l’action de la houle est enregistré par une caméra CCD BASLER
Aca2040 dont la fréquence d’acquisition est fixée à la même valeur que celle de la sonde S f : 20Hz, ce
qui représente entre 23 et 67 images par période de houle selon les essais. Les images sont exportées
grâce au logiciel HIRIS R&D Vision. La résolution de la caméra est de 2k x 2k pixels. Afin de limiter
la quantité de données exportées et sauvegardées, les images fournies par la caméra sont réduites
aux dimensions verticales du flotteur. La face du flotteur filmée par la caméra a été peinte en noir, et
un repère blanc de forme circulaire y a été ajouté. Selon la position de la caméra et les dimensions du
flotteur, la résolution de la caméra est située entre 0.133 et 0.167 mm/px.

Mesures de franchissements

La mesure des franchissements consiste à quantifier le volume d’eau passant au dessus de la


digue. L’eau passant au dessus de la digue est récupérée dans un bac et est renvoyée en continu dans
5.2. Acquisition des données, mesures et analyses 65

F IGURE 5.9 – Photo des sondes

le canal grâce à deux pompes de manière à garder une quantité d’eau constante dans le canal. Des
capteurs volumétriques sont installés en sortie de pompe et permettent de mesurer le volume d’eau
total pendant un cycle de 300 vagues. Le débit maximal des deux pompes est de 110 l/min. La mesure
de l’impact du flotteur sur les franchissements de houle nécessite deux essais. Dans le premier, le
flotteur est présent. Dans le second, le flotteur est retiré. Le volume mesuré pour chaque cas est
respectivement noté Vavec flotteur et Vsans flotteur pour les mesures avec et sans flotteur. Considérons ∆V
comme étant le ratio du volume d’eau passant la digue avec et sans flotteur, décrit par l’équation 5.1.
Ainsi lorsque le flotteur contribue à une réduction des franchissements, ∆V < 1.

Vavec flotteur
∆V = (5.1)
Vsans flotteur

Une photo du dispositif est donnée figure 5.10.

5.2.2 Traitement des mesures

Le logiciel Matlab est utilisé pour effectuer le traitement des mesures. Un total de 3 codes est
réalisé. Le premier détermine le mouvement de flotteur en traitant les images de la caméra. Le se-
cond résout l’amplitude de la houle relevée par la sonde flotteur S f et enfin le dernier calcule les
amplitudes incidente et réfléchie par la méthode de M ANSARD et F UNKE [68] pour les sondes S5 à
S8.
66 Chapitre 5. Modèle Physique

F IGURE 5.10 – Photo du bac de récupération et des pompes permettant la mesure des
franchissements de houle

Traitement du mouvement du flotteur et de la sonde S f

Le mouvement du flotteur est enregistré sous forme d’une combinaison d’images. Chaque image
est traitée par le code Matlab. On utilise une image de référence (prise lorsque le flotteur est immobile
dans une eau calme) afin d’obtenir la calibration. Le traitement d’image est ensuite réalisé. Dans un
premier temps, on binarise les images afin de faire apparaître clairement le cercle blanc servant de
repère. Ici, seules les coordonnées selon l’axe (0, z) nous intéressent. La Toolbox Image Processing de
Matlab permet ensuite de repérer la position du centre du cercle. Cette position est notée z. Une fois
toutes les images traitées, on trace la position du flotteur z en fonction du temps. La Figure 5.11(a)
représente l’évolution de la position du flotteur. Sur l’ensemble des essais, le déplacement du flotteur
en x varie au maximum de 2 · 10−3 m (jeu) pour les plus petites périodes de houle. L’amplitude du
flotteur et de la sonde S f sont moyennées sur 2 périodes et un exemple est tracé dans la Figure 5.11(b).
L’amplitude du flotteur et de la sonde sont établies au bout de 15 secondes, soit 9 périodes dans cet
exemple où la période de houle vaut T = 1.68 s.
L’incertitude des résultats sur le mouvement du flotteur est caractérisée par la qualité du traite-
ment réalisé sous Matlab. L’erreur faite sur le comportement du flotteur n’excède pas 1 mm, corres-
pondant à une incertitude maximale de 3 % sur l’ensemble des essais.
La période de résonance du flotteur est définie par la période où l’amplitude du mouvement du
flotteur est maximale. Cette période de résonance d’un flotteur a été calculée par deux méthodes.
La première est expérimentale et consiste à donner une impulsion au flotteur dans une eau calme.
La période de réponse du flotteur à cette impulsion est notée T0 . Cette méthode est illustrée par la
Figure 5.12, où T0 = 0.9 s. Une seconde méthode consiste à calculer le rapport a f /( ai + ar ) pour dif-
férentes périodes de houle, où a f représente l’amplitude du mouvement du flotteur. La période de
résonance du flotteur notée T0 correspond à la période à laquelle le rapport a f /( ai + ar ) est maximal.
5.2. Acquisition des données, mesures et analyses 67

(a) - position du flotteur (b) - amplitudes


·10−2 ·10−2
6
5

amplitude (m)
4
z (m)

−5
0
0 10 20 30 40 50 60 0 10 20 30 40 50 60
time (s) time (s)
Position du flotteur Amplitude flotteur
Amplitude sonde Sf

F IGURE 5.11 – (a) Position du flotteur. (b) amplitude moyenne sur deux périodes du
flotteur et de la houle au niveau de la sonde S f .

F IGURE 5.12 – Mesure manuelle de la période de résonance du flotteur T0 .

L’intolérance sur T0 entre les deux méthodes a été quantifiée sur différents flotteurs (où Γ = 0.05 m,
0.10 m, 0.15 m et 0.25 m). Cette intolérance relative vaut 10 % au maximum. Par la suite, la deuxième
méthode de calcul de la période de résonance T0 est utilisée sur les modèles expérimental et numé-
rique.

Calibration des vérins

On note A le vérin réglé sur la plus faible résistance et B sur la plus forte. La calibration des deux
vérins hydrauliques s’effectue grâce à une table de calibration. Cette dernière est composée d’un
68 Chapitre 5. Modèle Physique

capteur de force et d’un vérin électrique commandé par ordinateur (Figure 5.13). La calibration a été
réalisée à l’Ifremer de Boulogne-sur-Mer.

F IGURE 5.13 – Photo de la Table de calibration des vérins utilisée à l’ifremer de


Boulogne-sur-Mer.

Depuis l’ordinateur, une vitesse correspondant à celle du flotteur ż est imposée à une extrémité
du vérin hydraulique. La mesure de force FPTO récupérée par le capteur permet d’évaluer la valeur
du coefficient de PTO BPTO telle que décrite dans l’équation 3.24. La Figure 5.14 représente la force en
fonction de la vitesse de déplacement du vérin FPTO (ż). La gamme de vitesse du flotteur est comprise
entre 16mm/s et 160mm/s.

(a) - PTO A (b) - PTO B


20 20

10 10
FP T O (N)
FP T O (N)

0 0

−10 −10

−20 −20
−80 −60 −40 −20 0 20 40 60 80 −80 −60 −40 −20 0 20 40 60 80
vitesse (mm/s) vitesse (mm/s)
T = 1.162 s T = 1.29 s T = 1.42 s T = 1.57 s T = 1.68 s
T = 2.06 s T = 2.32 s T = 2.71 s T = 3.1 s T = 3.35 s

F IGURE 5.14 – Courbes de calibrations des vérins A et B

La Figure 5.14 montre que les deux vérins fonctionnent dans leur cycle linéaire. En effet, les pertes
par hystérésis observées pour les différentes périodes de houle sont négligeables. Il est également
constaté sur la Figure 5.14 que le coefficient directeur de la courbe FPTO (ż) est plus important lorsque
T est petit, soit pour des vitesses de déplacement plus importantes. Ce résultat se traduit par une
augmentation du coefficient BPTO pour de faibles périodes de houle T (Figue 5.15). Lorsque T aug-
mente, la valeur de BPTO diminue progressivement jusqu’à une valeur constante. Les valeurs de BPTO
ainsi obtenues sont utilisées lors de la comparaison du modèle expérimental au modèle analytique
en houle régulière. Pour la houle irrégulière, la force FPTO est directement utilisée. La puissance est
également calculée à partir de la force FPTO .
5.2. Acquisition des données, mesures et analyses 69

(a) - BP T O

1,500

BP T O
1,000

500

1 1.5 2 2.5 3 3.5


T (s)
BP T O vérin A BP T O vérin B

F IGURE 5.15 – Valeurs du BPTO pour les vérins A et B aux différentes périodes de houles
testées

Traitement des sondes S5 à S8

On souhaite obtenir des sondes S5 à S8 des informations sur l’amplitude de houle incidente et
réfléchie. Pour cela, on utilise la méthode de calcul développée par M ANSARD et F UNKE [68].
D’après la transformée de Fourier discrète (FFT), l’amplitude de houle des signaux enregistrés par
les sondes est calculée. L’équation 5.2 exprime la transformée de Fourier Sˆx du signal s x fourni par la
sonde Sx . La phase φx du signal lié à la sonde Sx est définie par l’équation 5.3. Enfin P x représente la
densité spectrale de puissance du signal (Équation 5.4), où M représente le nombre de points acquis
durant un essai. La notation Ŝ désigne le signal fréquentiel discret.

M −1
m
Ŝx = ∑ s x (m)e−2iπx M (5.2)
m =0
φx = arg(Ŝx ) (5.3)
2
Ŝx
Px = (5.4)
( M − 1)2

L’amplitude du signal récupéré a x par la sonde Sx est alors donnée par l’équation 5.5, avec P x la
densité spectrale de puissance définie par l’équation 5.4.
p
ax = 2 Px (5.5)

Les amplitudes de houle incidente et réfléchie sont obtenues grâce aux 4 sondes par les équa-
tions 5.6 à 5.9, n représente le nombre de sondes choisi, a x représente l’amplitude de houle de la
70 Chapitre 5. Modèle Physique

sonde Sx et d x la distance entre la sonde Sx et la sonde S5 .

n =4
q1 = ∑ ax eiφ eikd
x x
(5.6)
x =1
n =4
q2 = ∑ ax e−iφ e−ikdx x
(5.7)
x =1
n =4
q3 = ∑ e−2ikd x
(5.8)
x =1
n =4
q4 = ∑ e2ikd x
(5.9)
x =1

Les amplitudes de houle incidente ai et réfléchie ar sont ensuite exprimées respectivement d’après
les Équations 5.10 et 5.11.

4q1 − q2 q4
ai = (5.10)
42 − q 3 q 4
4q2 − q1 q3
ar = (5.11)
42 − q 3 q 4

Une fois les calculs d’amplitudes terminés, on calcule le coefficient de réflexion Cr tel que présenté
dans l’Équation 5.12.

ar
Cr = (5.12)
ai

L’amplitude des signaux des sondes S5 à S8 sont données par la Figure 5.16(a). Le spectre de
l’ensemble des signaux est également tracé sur la Figure 5.16(b). L’ensemble des résultats pour les
sondes S5 à S8 est donné à l’échelle maquette (Figure 5.16).

(a) -−2
amplitude relevée par les sondes S5 − S8 (b) - Spectre des sondes S5 − S8
·10

4
10−3

2
ai (m)

10−7
Pi

0
10−11
−2
10−15
60 70 80 90 100 110 120 130 10−3 10−2 10−1 100
time (s) f requency(s)
S5 S6 S7 S8 S5 S6 S7 S8

F IGURE 5.16 – (a) Amplitudes de houle relevées par les sondes S5 à S8 (en 10−2 ). (b)
Spectre des sondes S5 à S8 en échelle log. T = 1.42 s
5.3. Répétabilité des essais 71

5.3 Répétabilité des essais


Afin de vérifier la répétabilité des essais, des mesures spécifiques ont été réalisées. Dans un pre-
mier temps, l’erreur faite sur le mouvement du flotteur a été estimée. Deux tests ont été réalisés dans
des conditions identiques avec le flotteur 1. Le dégagement D est de 0.1m, la profondeur d’eau h est
de 0.6m et la période de houle T est de 1.29s. Le temps de mesure est fixé à 300 vagues. L’amplitude
du mouvement a été mesurée et une erreur relative de 0.2% est obtenue en comparant les deux cas.
Une deuxième série de tests a été réalisée pour évaluer la répétabilité des franchissements de
digue. Durant ces essais, le volume de franchissements avec flotteur est mesuré. D’abord un test a
été reproduit deux fois avec des paramètres identiques. L’erreur relative maximale sur le volume de
franchissements mesuré est inférieure à 6%. Dans un second cas, un essai a été reproduit trois fois,
avec différents nombres de vagues pour chaque essai (280, 180 et 135 vagues). Dans ce cas, l’erreur
relative maximale sur le volume mesuré est inférieure à 2.5%.

5.4 Définition des paramètres adimensionnels et des conditions de tests


pour les trois modèles
Liste des flotteurs pour les trois modèles

Ce paragraphe résume les conditions testées pour les différents flotteurs et les modèles correspon-
dants. Dans la Table 5.4 est donné l’ensemble des dimensions des flotteurs utilisés ainsi que le modèle
utilisé et les résultats obtenus. Les grandeurs issues des essais sont l’amplitude du mouvement du
flotteur, les coefficients de radiation et la mesure de franchissements de digue, respectivement notées
a f , FR et ∆V .

Flotteur Γ(m) H f (m) 2l(m) Résultat Ana. Num. Exp.


1 0.05 0.20 0.10 a f , FR , ∆V X X X
2 0.10 0.25 0.10 af X X
3 0.15 0.25 0.10 af X X
4 0.15 0.40 0.30 a f , FPTO X X
5 0.20 0.40 0.10 af X X
6 0.25 0.40 0.10 a f , FR , ∆V , FPTO X X X
7 0.25 0.40 0.20 FR X X
8 0.25 0.40 0.30 a f , FR , ∆V X X X
9 0.25 0.40 0.40 FR X X
10 0.25 0.30 0.10 a f , ∆V X X

TABLE 5.4 – Liste des flotteurs et des résultats extraits

Un total de 1274 tests a été réalisé, dont 394 tests expérimentaux, 243 tests numériques et 637 tests
analytiques. Le détail des tests effectués est donné ci-après :
— Numérique pour les coefficients de radiation : 172 tests
— Numérique pour le mouvement du flotteur : 71 tests
72 Chapitre 5. Modèle Physique

— Expérimental pour le mouvement du flotteur et franchissements : 215 tests


— Expérimental pour le mouvement du flotteur seulement : 79 tests
— Expérimental pour le mouvement du flotteur avec PTO : 100 tests dont 17 en houle irrégulière

Nombres adimensionnels

Le système est défini par 7 données d’entrée : l la demi largeur du flotteur, Γ le tirant d’eau, h la
profondeur d’eau, T la période de houle, ai l’amplitude de houle incidente, D le dégagement et Rc
la revanche de la digue. Les paramètres du fluide sont également définis, à savoir : ρ sa masse volu-
mique, v sa viscosité cinématique, et V sa vitesse caractéristique. L’accélération de gravité est notée
g. Les données de sortie qui permettent de caractériser le comportement du système sont : les forces
qui s’exercent sur le flotteur, l’amplitude du mouvement du flotteur a f , le coefficient de réflexion de
la houle Cr , et le volume d’eau franchissant la digue V . Les nombres de Reynolds Re et de Froude
Fr sont également définis tels que Re = VD/v et Fr = V/ gD. Les paramètres sont caractérisés
p

par deux types d’unité : l’unité métrique m et l’unité temporelle s. Cinq nombres adimensionnels
sont alors définis : Γ/l représente le rapport d’aspect, ai /h caractérise la non linéarité de la houle, kh
représente la dispersion de houle (avec k = 2π/λ), puis kD représente l’effet du dégagement et enfin
Rc /D représente l’effet de la revanche de la digue.
Le comportement du flotteur est décrit en fonction des nombres adimensionnels donnés par
l’équation 5.13.

af Γ ai T
 
= f , , kh, kD, (5.13)
ai l h T0

Il est clair que le rapport d’aspect, le paramètre non linéaire et la dispersion de la houle influencent le
comportement du flotteur. De plus, une interaction entre la digue et le flotteur existe, ce qui nécessite
de prendre en compte l’effet du dégagement. Afin d’évaluer le comportement d’un flotteur de ma-
nière adimensionnelle, le comportement de ce dernier est tracé selon T/T0 . Trois régimes sont alors
définis : lorsque T/T0 < 1, le régime est défini comme pré-résonant. Lorsque T/T0 > 1, le régime est
post-résonant. Le régime de résonance est atteint lorsque T = T0 . Dans les cas où la houle ne franchit
pas la digue, la revanche n’intervient pas sur le comportement du flotteur.
Les franchissements dépendent de la période de houle, du dégagement mais aussi de la revanche
de la digue (5.14).

T Rc
 
∆V = f , kD, (5.14)
T0 D

Conditions de tests du comportement du flotteur

La Table 5.5 décrit les essais effectués avec les trois modèles afin de mesurer le comportement
du flotteur en fonction des nombres adimensionels correspondants. Les coefficients de radiation ont
été obtenus grâce à ANSYS Fluent, puis comparés à ceux obtenus avec le modèle analytique. Les
conditions de houle utilisées sont présentées dans la Table 5.5.
5.4. Définition des paramètres adimensionnels et des conditions de tests pour les trois modèles 73

Flotteur Γ/l kD kh ai /h
1 1.0 [8.85 × 10−3 - 9.66 × 10−2 ] [0.18 - 5.80] [0.042 - 0.30]
2 2.0 [1.01 × 10−2 - 9.37 × 10−2 ] [0.61 - 5.63] 0.042
3 3.0 [9.97 × 10−3 - 7.39 × 10−2 ] [0.60 - 4.44] 0.042
4 1.0 [1.21 × 10−2 - 2.18 × 10−2 ] [0.48 - 1.31] [0.14 - 0.21]
5 4.0 [8.73 × 10−3 - 4.83 × 10−2 ] [0.52 - 2.90] 0.042
6 5.0 [8.06 × 10−3 - 3.14 × 10−2 ] [0.48 - 1.89] 0.042, 0.083
8 1.7 [6.9 × 10−3 - 7.8 × 10−1 ] [0.48 - 1.89] 0.03, 0.17
10 5.0 [6.9 × 10−3 - 7.8 × 10−1 ] [0.48 - 1.89] 0.02, 0.083

TABLE 5.5 – Conditions de tests pour la mesure du comportement du flotteur

Conditions de tests des franchissements

La Table 5.6 décrit l’ensemble des tests effectués pour la mesure des franchissements de digue.
Afin de mesurer l’impact du flotteur sur les franchissements de digue, toutes les conditions de houle
sont testées une fois sans flotteur. La valeur de franchissement ainsi obtenue est prise comme réfé-
rence.

Flotteur Γ(m) H f (m) 2l(m) D(m) T(s) T0 D/λ T/T0 Rc /D


(s)
1 0.05 0.20 0.10 0.005, 00.65, 0.77, 0.90, -, [1.4 × 10−3 - [0.86 - 14, 7, 1.4,
0.01, 1.03, 1.16, 1.29, 1.2, 1.5 × 10−2 ] 1.86] 0.7, 0.28
0.05, 1.42, 1.67, 2.06, 1.2,
0.10 2.32 1.2
6 0.25 0.40 0.10 0.005, 1.16, 1.29, 1.42, 1.7, [8.6 × 10−5 - [0.94 - 14, 7, 1.4,
0.01, 1.57, 1.67, 2.06, 1.7, 0.12] 2.73] 0.7, 0.28
0.05, 2.32, 3.10, 3.35, 1.6,
0.10, 3.61, 3.87 1.4,
0.25 1.3
8 0.25 0.40 0.30 0.01, 1.16, 1.29, 1.42, 3.1, [1 × 10−3 - [0.74 - 14, 7, 1.4,
0.05, 1.57, 1.67, 2.06, 3.1, 0.12] 2.76] 0.7, 0.28
0.10, 2.32, 3.10, 3.35, 3.1,
0.25 3.61, 3.87 3.1
10 0.25 0.30 0.10 0.01, 1.16, 1.29, 1.42, 3.1, [1 × 10−3 - [0.56 - 14, 7, 1.4,
0.05, 1.57, 1.67, 2.06, 3.1, 0.12] 1.88] 0.7, 0.28
0.10, 2.32, 3.10, 3.35, 3.1,
0.25 3.61, 3.87 3.1

TABLE 5.6 – Flotteurs et conditions de houle testées


75

6 Interaction digue-flotteur : étude du


comportement du flotteur

Le comportement d’un flotteur oscillant à proximité d’une digue est étudié en comparant les trois
modèles précédemment présentés. Dans un premier temps, le flotteur oscillant n’est pas équipée d’un
système de récupération d’énergie. Les résultats obtenus sans PTO mettent en avant l’interaction
digue-flotteur. Une correction du modèle analytique est présentée et il apparaît que le tirant d’eau est
la dimension impactant le plus le comportement du flotteur. Le comportement du flotteur oscillant
avec PTO est ensuite présenté. Ces résultats sont obtenus par des essais en canal, comparés aux
résultats analytiques.

6.1 Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles


Pour la comparaison des trois modèles, une pulsation de référence ω0 est définie pour chaque
flotteur. Cette pulsation correspond à la période de résonance mesurée pendant les essais expéri-
mentaux (ou calculée avec le modèle numérique quand aucun essai expérimental n’a été réalisé). La
pulsation de résonance est définie comme étant la pulsation correspondant à l’amplitude maximale
du flotteur. Les résultats sont obtenus à partir des modèles analytique, numérique et expérimental
présentés dans les parties 3, 4 et 5 respectivement.
Pour comparer les trois modèles, trois flotteurs (2, 3 et 5) ont été testés avec le modèle numérique
et analytique en supplément aux flotteurs 1 et 6 testés expérimentalement. Les flotteurs 2, 3 et 5 ont
la même largeur que le flotteur 1 et 6, i.e. 2l = 0.1m. En revanche, le tirant d’eau Γ et la hauteur totale
H f ont été modifiés. Dans cette partie, le dégagement D pour les flotteurs 2, 3 et 5 est de D = 0.01m,
et l’amplitude de houle ai = 0.025m. L’ensemble des conditions de houle et des flotteurs est donné
dans les Tables 5.4 et 5.5 de la partie 5.4.

6.1.1 Interaction Digue-Flotteur : impact des dimensions du système sur le comporte-


ment du flotteur

Impact de la profondeur d’eau

Dans un premier temps, l’amplitude du mouvement du flotteur 1 (de plus petit tirant d’eau)
par rapport à l’amplitude de houle incidente et réfléchie est calculée pour différentes profondeurs.
Dans la Figure 6.1, l’amplitude du flotteur a f est comparée avec l’amplitude de houle incidente ai et
réfléchie ar pour les modèles analytique, numérique et expérimental.
76 Chapitre 6. Comportement du flotteur

La Figure 6.1 montre que les modèles numérique et expérimental sont en bonne concordance. Il
apparaît dans un premier temps que le modèle analytique n’est pas si éloigné des résultats obtenus
avec les deux autres modèles. Néanmoins une différence relative persiste. L’amplitude de résonance
du flotteur obtenue avec le modèle analytique est plus faible que celle des deux autres modèles.
De plus, la résonance du flotteur pour le modèle analytique est obtenue vers ω/ω0 ≈ 1.2 (avec ω0
la référence expérimentale). Ces deux constatations sont valables pour les différentes profondeurs
d’eau évaluées. La différence relative entre la pulsation de résonance analytique et des deux autres
modèles est constante pour l’ensemble des cas (≈ 17%). La Figure 6.1 montre que la profondeur d’eau
n’a pas un impact majeur sur le comportement du flotteur, ni sur la pertinence du modèle analytique.

(a) - Flotteur 1, h = 0.2m

2
ai +ar
af

0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

(b) - Flotteur 1, h = 0.4m

2
ai +ar
af

0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

(c) - Flotteur 1, h = 0.6m

2
ai +ar
af

0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

Analytique Expérimental Numérique

F IGURE 6.1 – Réponse du flotteur 1 pour différentes profondeurs d’eau h. Γ = 0.05m,


D = 0.01m. ω0 = 6.97 rad/s (échelle modèle). (a) h = 0.2m ; (b) h = 0.4m ; (c) h = 0.6m.
6.1. Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles 77

Sur la Figure 6.1(c), le point expérimental situé à ω/ω0 = 1 est très élevé par rapport au résultat
obtenu numériquement. En effet, pour cette période (T = 0.9s), des modes transverses se forment
avec une amplitude supérieure à la consigne d’amplitude de houle initiale.
L’incertitude telle que présentée dans le paragraphe 5.2.2 est représentée sur la Figure 6.1(c) pour
un cas (car identiques pour tous les autres).

Impact du tirant d’eau

Les mouvements de flotteurs avec différents tirants d’eau Γ sont calculés avec les différents mo-
dèles. L’amplitude des mouvements des flotteurs est comparée à l’amplitude de houle incidente et
réfléchie. Ici, la pulsation de résonance ω0 obtenue avec le modèle numérique pour chaque flotteur
est utilisée comme pulsation de résonance de référence car l’ensemble des tests n’ont pas été modéli-
sés expérimentalement. La Figure 6.2 (d) montre que les modèles physique et numérique s’accordent
bien pour le flotteur 6 (également pour le flotteur 1 de la Figure 6.1). Les flotteurs 2, 3 et 5 n’ont pas
été testés expérimentalement.

(a) - Flotteur 2, Γ = 0.10 m (b) - Flotteur 3, Γ = 0.15 m

2 2
ai +ar

ai +ar
af

af

1 1

0 0
0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8
ω/ω0 ω/ω0

(c) - Flotteur 5, Γ = 0.20 m (d) - Flotteur 6, Γ = 0.25 m

2 2
ai +ar

ai +ar
af

af

1 1

0 0
0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8
ω/ω0 ω/ω0

Analytique Expérimental Numérique

F IGURE 6.2 – Réponses des flotteurs pour différents tirants d’eau Γ (échelle modèle).
h = 0.6m, D = 0.01m. (a) Γ = 0.10m et ω0 = 5.79 rad/s ; (b) Γ = 0.15m et ω0 = 5.41 rad/s ;
(c) Γ = 0.20 m et ω0 = 4.49 rad/s ; (d) Γ = 0.25m et ω0 = 3.74 rad/s.

La Figure 6.2 montre qu’avec le modèle analytique, l’amplitude de résonance et la pulsation de


78 Chapitre 6. Comportement du flotteur

résonance augmentent avec le tirant d’eau. Il est observé Figure 6.2, que plus le tirant d’eau est im-
portant, plus les différences entre les modèles numérique et analytique sont grandes. Ce résultat
est observé à la fois pour l’amplitude et la pulsation de résonance. Pour comprendre l’origine de
cette différence entre des petits et des grands tirants d’eau, la vorticité a été calculée numériquement
pour les flotteurs 1, 3 et 6 et est montrée dans les Figures 6.3 à 6.6 respectivement. La vorticité met
en évidence la présence de tourbillons. Le terme wmax représente la vorticité maximale au cœur du
tourbillon aux coins du flotteur. La présence d’une forte vorticité entre la digue et le flotteur sera
expliquée dans la partie suivante.
Dans un premier temps, les vorticités wmax des flotteurs 1 et 6 sont comparées pour des pulsations
adimensionelles identiques ω/ω0 = 0.5 dans les Figures 6.3 et 6.4. Pour ces pulsations, les deux
flotteurs sont suiveurs de houle. Les amplitudes du mouvement des deux flotteurs sont proches
(a f = 3.3 cm pour le flotteur 1 et a f = 3.9 cm pour le flotteur 6). Pour de faibles valeurs de tirant
d’eau (Γ = 0.05m, Figure 6.3), les valeurs de vorticité autour du flotteur sont plus faibles que pour
un fort tirant d’eau (Γ = 0.25m, Figure 6.4). En effet, le maximum de vorticité wmax est d’environ
18.5 s−1 pour Γ = 0.25 m, ce qui est 3.5 fois plus grand que pour Γ = 0.05 m, où wmax = 5.2 s−1 . On
constate que la présence des effets non-linéaires est principalement due au tirant d’eau.

F IGURE 6.3 – Champ de vorticité. Flotteur 1, h = 0.6m, D = 0.01m, Ai = 0.05m,


T = 1.68s, ω/ω0 = 0.5, a f = 3.3 cm à l’instant = (a) t/T = 0, (b) t/T = 0.30, (c)
t/T = 0.60, (d) t/T = 0.90. Vorticité maximale wmax = 5.2s−1 dans le tourbillon.

Dans un second temps, la vorticité aux coins des flotteurs est comparée pour différents tirants
d’eau et à kh = 1.15 dans les Figures 6.3, 6.5 et 6.6, respectivement pour Γ = 0.05 m, 0.15 m et 0.25 m.
La comparaison de ces trois figures montre que la vorticité aux coins du flotteur augmente avec
le tirant d’eau pour une valeur du paramètre de dispersion kh fixe. En effet, la vorticité maximale
du flotteur 3 (Γ = 0.15 m) est égale à wmax = 12.8 s−1 ce qui reste plus important que la vorticité
du flotteur 1 (où Γ = 0.05 m, wmax = 5.2 s−1 ) et inférieur à celle du flotteur 6 (où Γ = 0.25 m, et
wmax = 16.5 s−1 ).
De plus, la comparaison entre les Figures 6.4 et 6.6 montre que les tourbillons aux coins du flot-
teur 6 (Γ = 0.25m) sont plus importants lorsque celui-ci est suiveur de houle, que lors de la résonance.
En effet, pour ce flotteur, lorsque ω/ω0 = 0.5 (Figure 6.4), la vorticité maximale au cœur du tour-
billon vaut wmax = 18.5 s−1 et lorsque ω/ω0 = 1.0 (Figure 6.6), wmax = 16.5 s−1 .
Les différences observées entre le modèle analytique et les modèles numérique et expérimental
sont en partie liées à la présence de tourbillons. En effet, les tourbillons présents aux coins des flot-
teurs représentent une dissipation d’énergie, qui n’est pas prise en compte par le modèle analytique.
6.1. Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles 79

F IGURE 6.4 – Champ de vorticité. Flotteur 6, h = 0.6m, D = 0.01m, Ai = 0.05m,


T = 3.10s, ω/ω0 = 0.5, a f = 3.9 cm à l’instant = (a) t/T = 0, (b)t/T = 0.29,
(c)t/T = 0.58, (d) t/T = 0.87. Vorticité maximale wmax = 18.5s−1 dans le tourbillon.

D’après les résultats précédents, il apparaît alors que l’énergie dissipée par le flotteur 6 est plus im-
portante que celle dissipée par le flotteur 1. De plus, la dissipation d’énergie est également induite
par de la turbulence en zone (1) entre la digue et le flotteur. La présence de cette turbulence n’est pas
non plus prise en compte par le modèle analytique. C’est la raison pour laquelle le modèle analytique
est en meilleur concordance avec les modèles numériques et physiques pour le flotteur 1 (ou pour
les faibles tirant d’eau). L’étude de l’impact des nombres adimensionnels liés au rapport d’aspect du
flotteur Γ/l et au dégagement kD est justifiée par ces résultats.

F IGURE 6.5 – Champ de vorticité. Flotteur 3, h = 0.6m, D = 0.01m, Ai = 0.05m,


T = 1.68s, ω/ω0 = 0.7, a f = 2.8 cm à l’instant = (a) t/T = 0, (b) t/T = 0.30, (c)
t/T = 0.60, (d) t/T = 0.90. Vorticité maximale wmax = 12.8s−1 dans le tourbillon.
80 Chapitre 6. Comportement du flotteur

F IGURE 6.6 – Champ de vorticité. Flotteur 6, h = 0.6m, D = 0.01m, Ai = 0.05m,


T = 1.68s, ω/ω0 = 1.0, a f = 5.0 cm, à l’instant = (a) t/T = 0, (b) t/T = 0.30, (c)
t/T = 0.60, (d) t/T = 0.90. Vorticité maximale wmax = 16.5s−1 dans le tourbillon.

Interactions entre la digue et le flotteur

La Figure 6.7 présente l’impact de la digue sur le comportement du flotteur. Les conditions de
houle sont les mêmes pour les deux flotteurs étudiés (1 et 6). La profondeur d’eau est fixée à h = 0.6m
et D = 0.01m. Deux modèles analytiques sont comparés. Le premier prend en compte la présence de
la digue, comme présenté Figure 3.1. Le second modèle est sans digue : le flotteur est seulement sou-
mis à une houle incidente (Figure 3.3). Dans la Figure 6.7, des résultats expérimentaux sont également
donnés pour les flotteurs 1 et 6 et servent de références pour le mouvement du flotteur.
Le mouvement du flotteur a f est comparé à l’amplitude de la houle incidente ai (Figure 6.7). La
présence de la digue a un impact similaire sur les deux flotteurs : la pulsation de résonance du flot-
teur est diminuée en présence de la digue. Ce résultat est intéressant car la pulsation de résonance
du flotteur est ramenée vers les périodes de houle plus probables sur le site d’application. La dimi-
nution de la pulsation de résonance est due à une modification des coefficients hydrodynamiques.
L’interaction de la digue avec le flotteur modifie donc son comportement.
Pour analyser ce phénomène, les coefficients hydrodynamiques ont été étudiés, en particulier
l’influence de la digue sur la masse ajoutée adimensionnelle qui modifie directement la pulsation de
résonance du flotteur. Dans les Figures 6.8(a - c - e) et (b - d - f), les coefficients hydrodynamiques sont
tracés pour les flotteurs 1 et 6 respectivement, avec et sans la présence de la digue. La masse ajoutée
obtenue avec la présence de la digue est environ une fois et demi plus grande que la masse ajoutée
sans digue (Figure 6.8), excepté autour de kΓ ≈ 0.7 pour le flotteur 1 et kΓ ≈ 0.9 pour le flotteur 6
où un pic de masse ajoutée apparaît. Des résultats identiques sont obtenus pour l’amortissement c a
et les forces d’excitation f ex . Pour des valeurs de kΓ plus élevées, l’effet de l’interaction digue flotteur
disparaît, excepté pour la masse ajoutée cm où la valeur de la masse ajoutée avec digue est égale à
une fois et demi la valeur de la masse ajoutée sans digue. D’après la Figure 6.8, l’amortissement et les
forces d’excitation sont identiques avec ou sans la présence de la digue pour kΓ ≥ 0.9 pour le flotteur
1 et pour kΓ ≥ 1.1 pour le flotteur 6.
À première vue, il est surprenant d’obtenir une masse ajoutée négative (Figure 6.8(a-b)). En ef-
fet, pour les flotteurs 1 et 6, la masse ajoutée cm est négative après la présence du pic à kΓ = 0.7
6.1. Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles 81

(a) - Flotteur 1

af
ai
2

0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

(b) - Flotteur 6
8

6
af
ai

0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

Analytique avec digue Analytique sans digue Expérimental

F IGURE 6.7 – Interactions entre la digue et le flotteur - comparaison entre les modèles
analytiques avec et sans digue, h=0.6m, D = 0.01m. (a) Γ = 0.05m ; (b) Γ = 0.25m

pour le flotteur 1 et à kΓ = 0.9 pour le flotteur 6. M C I VER et E VANS [73] expliquent les valeurs de
masses ajoutées négatives de manière énergétique dans la zone à proximité du flotteur. N EWMAN,
S ORTLAND et V INJE [94] démontrent qu’il existe des valeurs de masse ajoutée négatives d’après le
théorème de Kramers-Kronig, décrit par l’équation 6.1, où Ω représente une pulsation de houle fixée
et c M (∞) une constante dont la valeur correspond à celle de la masse ajoutée c M lorsque la pulsation
ω tends vers l’infini.

1 c A (Ω)
Z ∞
c M (Ω) − c M (∞) = dω (6.1)
π 0 Ω−ω
R ∞ c (Ω)
Si la houle radiée par le flotteur varie de manière suffisamment rapide, alors le terme 0 ΩA−ω dω
R ∞ c (Ω)
diminue fortement (telle que π1 0 ΩA−ω dω < −c M (∞) < 0). Alors d’après l’équation 6.1, une valeur
de masse ajoutée négative apparaît juste après la pulsation Ω où c A (Ω) est à sa valeur maximale. La
partie suivante explicite ce résultat.

Influence du dégagement

Une masse ajoutée adimensionnelle inférieure à -1 peut être expliquée par les valeurs des poten-
tiels de houle dans la zone (1) entre la digue et le flotteur. La Figure 6.9 présente les potentiels de
82 Chapitre 6. Comportement du flotteur

(a) - cm , Flotteur 1 (b) - cm , Flotteur 6


4 1

0.5
2
cm

cm
0
0
−0.5

−2 −1
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 0.5 1 1.5 2
kΓ kΓ

(c) - ca , Flotteur 1 (d) - ca , Flotteur 6


4 0.6

3
0.4
2
ca

ca

0.2
1

0 0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 0.5 1 1.5 2
kΓ kΓ

(e) - fex , Flotteur 1 (f) - fex , Flotteur 6


3 2

1.5
2
fex

fex

1
1
0.5

0 0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 0.5 1 1.5 2
kΓ kΓ

Analytique avec digue Analytique sans digue

F IGURE 6.8 – Impact de la digue sur les coefficients hydrodynamiques adimensionnels,


h = 0.6m, D = 0.01m. (a), (c), (e) : flotteur 1, Γ = 0.05m. (b), (d), (f) : flotteur 6, Γ = 0.25m.

houle incident, diffracté et radié entre la digue et le flotteur pour différentes pulsations ω/ω0 pour le
flotteur 6. Le modèle analytique montre une résonance verticale des potentiels de houle dans la zone
(1). En effet, pour ω/ω0 = 1.6, correspondant au pic de masse ajoutée pour le flotteur 6 à kΓ = 0.9, la
Figure 6.9(c) montre que les potentiels diffracté et radié sont environ 10 fois supérieurs au potentiel
de houle incident Φ I lorsque le flotteur est très proche de la digue. M C I VER et E VANS [73] expliquent
également la masse ajoutée négative par un phénomène de résonance à proximité du système.
Les Figures 6.10(a) et (c) montrent l’impact du dégagement sur la masse ajoutée. Il est observé
que pour un même flotteur, lorsque D augmente, le pic de masse ajoutée est décalé vers les plus
6.1. Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles 83

(a) - ω/ω0 = 1.86 (b) - ω/ω0 = 1.86

0.2 0.2

0.1 0.1

0 0
Φ

Φ
−0.1 −0.1

−0.2 −0.2
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
time (s) time (s)

(c) - ω/ω0 = 1.60 (d) - ω/ω0 = 1.60


0.2
10
0.1

0 0
Φ

−0.1
−10
−0.2
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
time (s) time (s)

(e) - ω/ω0 = 0.81 (f) - ω/ω0 = 0.81


0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
Φ

−0.2 −0.2

−0.4 −0.4
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
time (s) time (s)
D = 0.005m D = 0.25m
ΦI ΦD ΦR ΦT

F IGURE 6.9 – Potentiels de houle pour différentes périodes pour le flotteur 6 en zone (1).
h=0.6m, Γ=0.25m. Colonne de gauche D = 0.005 m. Colonne de droite D = 0.25 m.

faibles pulsations (plus faibles valeurs de kΓ) et l’amplitude du pic décroît. La résonance verticale de
la houle dans la zone (1) a été observée expérimentalement pour le flotteur 1. Ce phénomène n’a pas
été observé expérimentalement pour le flotteur 6.
La résonance entre la digue et le flotteur apparaît sur la Figure 6.10(c)(d), où les coefficients de
réflexion analytiques Cra sont tracés selon kΓ et pour différentes valeurs de dégagement D. La Fi-
gure 6.10 montre que le pic de masse ajoutée est corrélé avec un pic des coefficients de réflexion
analytiques en zone (3). Lorsque cm devient inférieure à -1 , Cra est proche de 2 pour D = 0.005 m, ce
84 Chapitre 6. Comportement du flotteur

qui implique que l’amplitude de houle réfléchie est plus grande que l’amplitude de houle incidente.
La Figure 6.10 montre également que lorsque D augmente, la valeur maximale de Cra diminue.

(a) Résonance de masse ajoutée - Flotteur 1 (b) Résonance de masse ajoutée - Flotteur 6
10 2

5 1
cm

cm
0 0

−5 −1

−10 −2
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
kΓ kΓ
D=0.005m D=0.01m D=0.05m D=0.001m D=0.01m D=0.025m
D=0.10m D=0.05m D=0.1m

(c) Coefficient de réflexion analytique Flotteur 1 (d) Coefficient de réflexion analytique Flotteur 6

2 2
C ra

C ra

1 1

0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
kΓ kΓ
D=0.005m D=0.01m D=0.05m D=0.001m D=0.01m D=0.025m
D=0.10m D=0.05m D=0.1m

F IGURE 6.10 – (a) (b)Résonance de masse ajoutée observée grâce au modèle analytique
pour les flotteurs 1 et 6. (c) et (d) Coefficients de réflexion analytiques Cra , h = 0.6m.
Flotteur 1, l = 0.05m, Γ = 0.05m, H f = 0.20m ;.Flotteur 1, l = 0.05m, Γ = 0.25m,
H f = 0.40m

Dans un second temps, l’impact du dégagement sur le comportement du flotteur est étudié. Les
variations de l’amplitude du mouvement du flotteur sont données dans la Figure 6.12, pour diffé-
rentes valeurs de dégagement 0.01m ≤ D ≤ 0.10m.
La distance à la digue affecte la pulsation de résonance (modification de la masse ajoutée) et l’am-
plitude du mouvement du flotteur. Lorsque D augmente de 0.01m jusqu’à 0.10m, la pulsation de
résonance déterminée expérimentalement ω0 augmente de 3.74 rad/s jusqu’à 4.42 rad/s, et l’ampli-
tude du mouvement du flotteur à la résonance diminue. La comparaison entre les modèles analytique
et expérimental montre que plus le flotteur est proche de la digue, moins le modèle analytique est
valide.
Le champ de vorticité numérique est représenté Figure 6.11 pour le flotteur 6 à D = 0.10 m. La
vorticité maximale dans les tourbillons wmax est plus importante à D = 0.10 m que pour D = 0.01 m
6.1. Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles 85

F IGURE 6.11 – Champ de vorticité. Flotteur 6, h = 0.6m, D = 0.10m, ai = 0.05m, T =


1.68s, ω/ω0 = 0.94, a f = 4.0 cm à l’instant = (a) t/T = 0, (b)t/T = 0.30, (c)
t/T = 0.60, (d) t/T = 0.89. Vorticité maximale wmax = 21.7s−1 dans le tourbillon.

(Figure 6.6). Ainsi lorsque D augmente, les effets de vorticité sont plus importants.
Pour ω/ω0 > 1, plus le dégagement est important, plus l’amplitude du flotteur est réduite rapi-
dement. En effet pour D = 0.01m, le mouvement du flotteur adimensionnel a f /( ai + ar ) est réduit
de 90% entre ω/ω0 = 1.0 et ω/ω0 = 1.44. Pour un dégagement plus important (D = 0.10m, Fi-
gure 6.12), l’amplitude adimensionnelle du flotteur décroît de 87% entre ω/ω0 = 1.0 et ω/ω0 = 1.1.

3
ai +ar

2
af

0
0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
ω/ω0

Ana. D=0.01m Ana. D=0.05m Ana. D=0.10m


Exp. D=0.01m Exp. D=0.05m Exp. D=0.10m

F IGURE 6.12 – Impact du dégagement sur le comportement du flotteur (résultats analy-


tiques et expérimentaux) for h = 0.6m et Γ = 0.25m. For D=0.01m, ω0 = 3.74rad/s. Pour
D=0.05m, ω0 = 3.74rad/s. Pour D=0.10m, ω0 = 4.42rad/s.

Impact de l’amplitude de houle

Le comportement du flotteur a été étudié pour différentes amplitudes de houle. Seules des valeurs
expérimentales sont utilisées dans cette partie. La variation de a f /( ai + ar ) est présentée selon la
période de houle dans la Figure 6.13, pour deux valeurs de dégagement D.
La Figure 6.13 représente le comportement du flotteur 6 (Γ = 0.25 m et l = 0.05 m) à deux
distances de la digue et pour deux amplitudes de houle ai = 0.025 m et ai = 0.05 m. La Figure 6.13
86 Chapitre 6. Comportement du flotteur

montre que l’amplitude du flotteur est similaire pour les différentes amplitudes de houle. Dans les
cas testés, l’amplitude de houle impacte peu le comportement du flotteur. Ce résultat était attendu,
car les valeurs des nombres adimensionnels sont comprises entre 0.02 < ai /h < 0.3 et 3 × 10−3 <
ai /λ < 0.10, ce qui reste proche des conditions de linéarité.
Dans la Table 6.1, l’amplitude du mouvement du flotteur est donnée pour différentes profon-
deurs et différentes périodes de houle. Il apparaît que l’amplitude du mouvement du flotteur est peu
impactée par les différentes amplitudes de houle et les différentes profondeurs.

(a) - D=0.1m
1.5

1
ai +ar
af

0.5

0
1 1.5 2 2.5 3 3.5
T (s)

(b) - D=0.25m
1.5

1
ai +ar
af

0.5

0
1 1.5 2 2.5 3 3.5
T (s)

Ai = 0.025m Ai = 0.05m

F IGURE 6.13 – Impact de l’amplitude de houle sur le flotteur 6 (résultats expérimen-


taux), h = 0.6m, Γ = 0.25m. (a) D = 0.10m ; (b) D = 0.25m.

Il apparaît clairement d’après l’ensemble des résultats précédents que le modèle analytique néces-
site une correction. Cette correction est définie à partir des coefficients de radiation, comme présenté
dans la section suivante.

6.1.2 Correction du modèle analytique

On rappelle que la houle est supposée linéaire et monochromatique. D’après la littérature, et


plus particulièrement B HINDER et al. [12], il est classique de corriger le comportement d’un flotteur
oscillant en ajoutant un amortissement quadratique. La première correction proposée pour le modèle
analytique est définie par l’ajout d’un terme de traînée défini par M ORISON, J OHNSON et S CHAAF
[84] (précédemment donné dans l’équation 3.11). Ce terme dépend de la vitesse du flotteur ż et de
la vitesse du fluide sans flotteur ż0 au centre de gravité du flotteur. L’équation ainsi obtenue est
6.1. Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles 87

af
h(m) 2ai (m) T(s) ai + ar maximal
0.6 0.050 1.42 0.99
0.6 0.083 1.42 1.08
0.6 0.120 1.42 1.09
0.4 0.050 1.68 1.33
0.4 0.120 1.68 1.39
0.2 0.050 1.68 1.28
0.2 0.083 1.68 1.25
0.2 0.120 1.68 1.25

TABLE 6.1 – Impact de l’amplitude de houle expérimentale pour le flotteur 1 (résultats


expérimentaux). Γ = 0.05m, D = 0.01m

une équation non linéaire. Il existe différentes méthodes de résolution de ce type d’équation. D E
P RONY [26] et P EREZ et F OSSEN [103] proposent de linéariser les termes non linéaires dans le domaine
temporel et fréquentiel, respectivement. Ils proposent de remplacer les termes non linéaires par une
fonction comprenant de nouvelles variables d’état. On parle alors d’approximation d’espace-état.
Une autre méthode, pour une excitation harmonique, consiste à résoudre l’équation du mouvement
avec le terme quadratique dans le domaine temporel en fixant la valeur de la pulsation ω dans les
coefficients à la pulsation fondamentale ω0 . Ici, l’équation du mouvement du flotteur est résolue par
la méthode de K UTTA [63] pour l’ensemble des équations en présence d’un terme non linéaire. Le
résultat obtenu par cette approche néglige l’effet des harmoniques. La solution z(t) = Re Z̃e−iωt de
 

l’équation du mouvement ne prend en compte que l’amplitude du signal fondamental. L’amplitude


du flotteur fréquentielle | Z̃ | est finalement obtenue par la transformée de Fourier du signal z(t) telle
que décrite par l’équation 6.2.
Z T
1
af = z(t)e−iωt dt (6.2)
T 0

La Figure 6.14 présente les spectres analytiques de z(t) pour différentes pulsations de houle. Il est
constaté que lorsque la pulsation n’est pas supérieure à la pulsation de résonance du flotteur, il n’y
a pas d’harmoniques dans le comportement du flotteur. Les harmoniques apparaissent progressive-
ment pour des valeurs de pulsation de houle supérieures à ω0 .
Afin d’étudier l’effet de la valeur de c D sur l’amplitude du mouvement du flotteur, deux valeurs
de c D sont choisies. La première valeur de c D est optimisée de manière à ce que l’amplitude analy-
tique du flotteur soit égale à l’amplitude du flotteur obtenue par les essais expérimentaux ou numé-
riques. La deuxième valeur du coefficient de traînée est choisie d’après la méthode décrite par C HEN
et al. [17]. D’après C HEN et al. [17], pour des valeurs de Reynolds Re comprises entre 104 et 106 , le
coefficient de traînée doit être fixé à c D = 0.82. La Figure 6.15 présente les résultats de cette première
correction pour les deux valeurs de c D . Les Figures 6.15 (a) et (b) représentent respectivement pour
les flotteurs 1 et 6, les modèles analytiques initial et corrigé avec un coefficient de traînée optimal
c Dopt (calculé grâce aux résultats numériques - seulement pour le flotteur 6) et avec une correction à
c D = 0.82 pour les deux flotteurs. Ces valeurs sont comparées aux résultats expérimentaux et numé-
riques. Pour la Figure 6.15 (a), la valeur optimale du coefficient de traînée n’est pas calculée. En effet,
88 Chapitre 6. Comportement du flotteur

(a) Flotteur 1 (b) - Flotteur 6


100
10−1
10−2 10−2
DSP

DSP
10−3
10−4 10−4

10−5
10−6
10−2 10−1 100 101 10−2 10−1 100 101
ω ω

ω = 1.0 rad/s ω = 3.0 rad/s ω = 6.0 rad/s ω = 8.0 rad/s ω = 11.5 rad/s

F IGURE 6.14 – Spectres du mouvement du flotteur calculés avec un coefficient de traî-


nées. (a) flotteur 1, Γ = 0.05 m, ω0 = 6.97 rad/s. (b) flotteur 6, Γ = 0.25 m,
ω0 = 3.74 rad/s.

l’amplitude de résonance analytique du flotteur est inférieure à l’amplitude de résonance donnée par
les modèles numériques et expérimentaux.
D’après la Figure 6.15 (b), il apparaît que la correction par l’ajout d’un terme de traînée permet
d’abaisser l’amplitude de résonance du flotteur aux valeurs obtenues numériquement, mais la pul-
sation de résonance n’est pas suffisamment corrigée. Pour le flotteur 6, la résonance est obtenue à
ω/ω0 = 1.4 pour le modèle analytique initial, puis ω/ω0 = 1.3 lorsque c Dopt = 0.44, et ω/ω0 = 1.3
lorsque c D = 0.82. Lorsque cd = 0.82, la pulsation de résonance est environ 8% plus faible qu’avec le
modèle analytique initial (résultat attendu car ce décalage est lié à l’ajout du terme de traînée), mais
cela reste toujours au moins 20% trop faible comparé aux modèles numérique et expérimental.

(a) - Flotteur 1 (b) - Flotteur 6

2 2
ai +ar

ai +ar
af

af

1 1

0 0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8
ω/ω0 ω/ω0

Analytique sans cd Analytique cd = 0.82 Analytique cdopt = 0.44 Expérimental Numérique

F IGURE 6.15 – Étude d’un correction du modèle analytique par ajout d’un coefficient
de traînée c D . h = 0.6m, D = 0.01m. (a) flotteur 1 Γ=0.05m. (b) flotteur 6 Γ=0.25m.

Il apparaît d’après ces résultats, que cette première correction n’est pas suffisante. Une deuxième
correction est nécessaire. Par la suite, on conservera la valeur de c D = 0.82 pour l’ensemble des flot-
teurs. Même si cette valeur n’est pas la valeur optimale, elle permet d’obtenir une tendance globale
de l’effet de la correction.
6.1. Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles 89

D’après les résultats obtenus, il apparaît que la présence de la digue rend cette correction incom-
plète. Il a été vu précédemment que la présence de la digue modifie la pulsation de résonance du
flotteur. Il a également été constaté que la modification de cette pulsation de résonance est liée à une
modification des coefficients hydrodynamiques : tout particulièrement la masse ajoutée et l’amor-
tissement. Il est alors nécessaire d’ajouter une seconde correction sur les coefficients de radiation,
prenant en compte les effets non-linéaires observés. Le but de cette correction n’est pas seulement de
proposer un modèle analytique plus fiable, mais aussi de quantifier l’impact de chaque paramètre
dimensionnant le système sur le comportement du flotteur. Afin de définir une correction au modèle
analytique prenant en compte les effets non-linéaires, une fonction de correction est définie. À partir
de la masse ajoutée et de l’amortissement obtenus sous ANSYS Fluent, le ratio entre les coefficients
numériques et analytiques est calculé pour définir la fonction de correction (Équation 6.3). Deux fonc-
tions de correction sont définies, une pour la masse ajoutée et une pour l’amortissement. CNumérique
représente les valeurs numériques des coefficients de radiation et CAnalytique les valeurs analytiques.

CNumérique − CAnalytique
Fcorr = (6.3)
CAnalytique

La fonction de correction Fcorr ainsi obtenue est ajustée avec une fonction de correction finale,
dépendant des nombres adimensionels du système : kh, kD et Γ/l. Concernant le modèle analytique,
la variation d’amplitude de houle incidente ne modifie pas la valeur de l’amplitude du flotteur adi-
mensionnelle. Pour cette raison, le nombre adimensionnel ai /h n’est pas intégré dans la correction
des coefficients de radiation. Les fonctions de correction finales s’écrivent respectivement Fcm et Fca
pour la masse ajoutée et l’amortissement (respectivement Équations 6.4 et 6.5). αi , β i , γi et ηi sont les
coefficients à déterminer où i = 1 représente les coefficients de correction pour la masse ajoutée et
i = 2 ceux pour l’amortissement. D’après les précédents résultats, on peut attendre que la correction
ηi soit plus importante que les corrections β i et γi .
  η1
β1 γ1 Γ
Fcm = α1 (kh) (kD ) (6.4)
l
  η2
Γ
Fca = α2 (kh) β2 (kD )γ2 (6.5)
l

Afin d’obtenir suffisamment de valeurs pour calculer la correction, un plan d’expérience a été
réalisé. La liste des simulations numériques réalisées est donnée dans la Table 6.2. Pour chaque si-
mulation, un seul paramètre change. Pour les 4 flotteurs, 4 valeurs de dégagement D sont testées, et
à chaque D, 8 simulations avec des nombres d’onde k différents sont effectuées, ce qui représente un
total de 128 simulations. La profondeur d’eau est de h = 0.6 m dans tous les cas.
Les valeurs optimales de αi , β i , γi et ηi ont été obtenues par ajustement de courbe entre les va-
leurs des coefficients analytiques et numériques par un algorithme à stratégie d’évolution, et plus
particulièrement l’algorithme CMA-ES (Covariance Matrix Adaptation-Evolution Strategy, H ANSEN
[50]). Les valeurs des fonctions de corrections Fcm et Fca sont obtenues indépendamment. Le pro-
cessus d’optimisation consiste à résoudre un problème d’optimisation non contraint d’une fonction
non-linéaire à quatre variables (α1 , β 1 , γ1 , η1 ) ou (α2 , β 2 , γ2 , η2 ). Il faut préciser que les algorithmes
génétiques et ceux basés sur les stratégies d’évolution ont l’avantage de converger vers la solution
90 Chapitre 6. Comportement du flotteur

Flotteur Γ(m) H(m) 2l(m) k(rad/m) D(m)


6 0.25 0.40 0.10 0.89, 1.20, 0.01,
7 0.25 0.40 0.20 1.40, 1.80, 0.05,
8 0.25 0.40 0.30 1.96, 2.28, 0.1,
2.62, 3.14 0.25
9 0.25 0.40 0.40

TABLE 6.2 – Variables pour le plan d’expérience. Un plan complet a été réalisé, ce qui
amène à 4x8x4 simulations.

optimale globale. C’est cet argument qui nous a motivé à adopter l’algorithme CMA-ES. Les valeurs
optimales obtenues par le processus d’optimisation sont listées dans la Table 6.3.

α1 0.86 α2 0.13
β1 -0.36 β2 -0.17
γ1 0.097 γ2 -0.038
η1 1.11 η2 1.08

TABLE 6.3 – Valeurs optimales des coefficients de correction.

Les nouvelles valeurs de masse ajoutée c Mc et d’amortissement c Ac peuvent être calculées à partir
des fonctions de correction. Les expressions des coefficients de radiation corrigés sont données dans
les Équations 6.6 et 6.7.
 1.11
−0.36 Γ
0.097
c Mc − c M = c M × 0.86(kh) (kD ) (6.6)
l
 1.08
Γ
c Ac − c A = c A × 0.13(kh)−0.17 (kD )−0.038 (6.7)
l

La Figure 6.16 présente les résultats des masses ajoutées et des amortissements pour trois flot-
teurs utilisés pour l’optimisation. Les coefficients de radiation analytiques CAnalytique , numériques
CNumérique et corrigés CCorrigé sont représentés selon le nombre adimensionnel kD pour une meilleure
visibilité. Ces résultats montrent un bon accord entre les coefficients analytiques corrigés et numé-
riques. Néanmoins, la correction est moins précise pour la masse ajoutée lorsque la masse ajoutée
numérique varie rapidement (présence d’un pic de masse ajoutée numérique qui n’est pas observée
analytiquement aux mêmes valeurs de kD, voir partie 6.1.1 pour plus de précisions).
Afin de confirmer la validité de la correction, l’amplitude du mouvement du flotteur corrigé est
calculée à partir des coefficients de radiation corrigés. La force de traînée est déterminée avec un
coefficient de traînée c D = 0.82, la vitesse du flotteur ż(t) et la vitesse du fluide sans flotteur z˙0 (t)
d’après M ORISON, J OHNSON et S CHAAF [84].
Le comportement du flotteur calculé avec les coefficients de radiation corrigés est tracé dans les
Figures 6.17 et 6.18 et comparées avec les précédents modèles. Pour des petites valeurs de tirant d’eau
Γ (Figure 6.17), la correction est peu importante due à la faible présence d’effets non-linéaires. Dans ce
cas, l’ajout du coefficient de traînée n’est pas nécessaire. Pour les plus grandes valeurs de tirant d’eau
(Figure 6.18), la correction abaisse la pulsation et l’amplitude de résonance. La nouvelle valeur de
pulsation de résonance est très proche de la pulsation numérique ω0 . Seulement l’amplitude a besoin
6.1. Résultats sans PTO : comparaison des trois modèles 91

(a) -l = 0.05 m et Γ = 0.25 m (b) - l = 0.05 m et Γ = 0.25 m


2

Amortissement
Masse ajoutée

0 1

−1
0
10−2 10−1 100 10−2 10−1 100
kD kD
(c) - l = 0.10 m et Γ = 0.25 m (d) - l = 0.10 m et Γ = 0.25 m

4
2

Amortissement
Masse ajoutée

2
0

−2 0
0
10 −2
10−1
10 10−2 10−1 100
kD kD
(e) - l = 0.15 m et Γ = 0.25 m (f) - l = 0.15 m et Γ = 0.25 m

4 4
Amortissement
Masse ajoutée

2
2
0

−2 0

10−2 10−1 100 10−2 10−1 100


kD kD

D=0.01 m D=0.05 m D=0.10 m D=0.25 m


CN umérique CAnalytique CCorrigé

F IGURE 6.16 – Comparaison entre les coefficients de radiation analytiques, numériques


et analytiques corrigés. Les résultats sont tracés selon kD. (a) (b) - masse ajoutée et amor-
tissement pour le flotteur 6. (c) (d) - masse ajoutée et amortissement pour le flotteur 7.
(e) (f) - masse ajoutée et amortissement pour le flotteur 8.

d’être à nouveau abaissée par l’ajout d’un coefficient de traînée c D . Avec ce coefficient, le modèle
entièrement corrigé est en bon accord avec les résultats physiques et numériques.
À partir des Équations 6.6 et 6.7, on observe finalement que kh, kD et Γ/l n’ont pas le même
impact sur la masse ajoutée et sur l’amortissement. Comme prévu, Γ/l est le coefficient le plus im-
pactant pour la correction de la masse ajoutée et de l’amortissement. L’impact de kD est positif pour
la masse ajoutée, et négatif pour l’amortissement. Cela signifie que lorsque kD augmente, la fonction
92 Chapitre 6. Comportement du flotteur

(a) - Flotteur 1, h = 0.2 m

ai +ar
af
1

0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

(b) - Flotteur 1, h = 0.4 m

2
ai +ar
af

0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

(c) - Flotteur 1, h = 0.6 m

2
ai +ar
af

0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

Analytique Analytique corrigé Expérimental Numérique

F IGURE 6.17 – Comparaison entre les différents résultats obtenus des modèles expéri-
mental, numérique, analytique initial et corrigé pour le flotteur 1. Γ=0.05m, D=0.01m.
(a) h = 0.2m ; (b) h = 0.4m ; (c) h = 0.6m

de correction de la masse ajoutée est plus importante et que celle de l’amortissement est plus faible.
Ces résultats confirment qu’il est possible d’obtenir une correction du modèle analytique (in-
cluant des effets non-linéaires) dans le même ordre de grandeur que les modèles numérique et expé-
rimental. On notera également qu’aucune correction n’a été effectuée sur la force d’excitation. Aucun
correction sur cette force n’a été nécessaire pour obtenir des résultats similaires entre les trois mo-
dèles.
6.2. Résultats avec PTO : étude du comportement du WEC 93

(a) - Flotteur 2, Γ = 0.10 m (b) - Flotteur 3, Γ = 0.15 m


3 3

2 2
ai +ar

ai +ar
af

af
1 1

0 0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8
ω/ω0 ω/ω0

(c) - Flotteur 5, Γ = 0.20 m (d) - Flotteur 6, Γ = 0.25 m


4 4

3 3
ai +ar

ai +ar
2 2
af

af

1 1

0 0
0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8
ω/ω0 ω/ω0

Ana. Ana. corrigé Ana. corrigé avec cd Exp. Num.

F IGURE 6.18 – Comparaison entre les différents résultats obtenus des modèles expéri-
mental, numérique, analytique initial et corrigé pour les flotteurs 2, 3, 5 et 6. h=0.6m,
D=0.01m. (a) Γ = 0.10m ; (b) Γ = 0.15m ; (c) Γ = 0.20m ; (d) Γ = 0.25m

6.2 Résultats avec PTO : étude du comportement du WEC


6.2.1 Étude du comportement du système et comparaison analytique

Mouvement du WEC

L’expression du mouvement du flotteur avec un convertisseur d’énergie s’écrit d’après l’équa-


tion 3.1 où les forces de PTO sont définies par l’équation 3.24 (voir Chapitre 3 pour plus de détails).
On écrit finalement le comportement du WEC pour une houle régulière selon l’équation 6.8, précé-
demment donnée dans le chapitre 3.

f˜EX
Z̃ = , a f = | Z̃ | (6.8)
−ω 2 (m + c Mc ) − iω (c Ac + BPTO ) + K Ar

La correction sur les coefficients de radiation est identique à celle présentée dans les équations 6.6
et 6.7. L’ajout d’un terme de traînée c D au modèle analytique avec PTO est identique au modèle sans
PTO. L’équation 6.9 est alors obtenue pour le modèle analytique avec PTO et une houle monochro-
matique.
1
(m + c Mc )z̈ + (c Ac + BPTO )ż + c D ρ2l (ż − z˙0 ) |ż − z˙0 | + K Ar z = FEX (6.9)
2
94 Chapitre 6. Comportement du flotteur

Les valeurs du coefficient BPTO sont rappelées dans la Figure 6.19 pour les valeurs de fréquences
utilisées.

1,500

BP T O 1,000

500

2 3 4 5
ω(rad/s)
BP T O vérin A BP T O vérin B

F IGURE 6.19 – Valeurs du BPTO pour les vérins A et B aux différentes fréquences de
houles testées

Comparaison : modèle expérimental et analytique

La Figure 6.20 présente les résultats expérimentaux et analytiques obtenus pour le flotteur 4. Le
modèle analytique y est décliné en trois versions présentées précédemment.
Dans un premier temps, la Figure 6.20 montre que plus le coefficient de BPTO est important, plus
le mouvement du flotteur est amorti. En effet, le flotteur n’entre plus en résonance avec les vérins
A et B. De plus, l’amplitude du mouvement du flotteur équipé du vérin A est plus importante que
lorsqu’il est équipé du vérin B.
Concernant les résultats analytiques en présence d’un PTO, il apparaît que les modèles corrigés
restent très proches du modèle analytique initial. En effet, la Figure 6.20 montre que les résultats ana-
lytiques sont quasiment identiques pour un vérin et une profondeur donnés. Seul le mouvement sans
convertisseur d’énergie est sensible à l’effet de la correction du modèle. En effet, l’amortissement lié
au PTO est bien plus important que l’amortissement ajouté par la correction : corriger les coefficients
de radiation n’est plus nécessaire.
Les solutions analytiques avec PTO sont en accord avec les valeurs obtenues expérimentalement.
Dans la Figure 6.20(c), les deux modèles concordent particulièrement bien. Les valeurs analytiques
obtenues pour les Figures 6.20 (a) et (b) sont légèrement surestimées pour le vérin B. Entre les pro-
fondeurs d’eau de h = 0.5m et h = 0.6m, il apparaît que le modèle analytique est plus proche du
modèle expérimental lorsque ω/ω0 < 0.8. De plus, l’erreur sur le comportement du flotteur est plus
faible à h = 0.6m que pour h = 0.5m.
La Figure 6.21 présente le comportement du flotteur 6 avec les vérins A et B. Des résultats iden-
tiques à ceux observés pour le flotteur 4 sont constatés. Ici encore, le modèle analytique corrigé est
proche des résultats expérimentaux pour un mouvement sans PTO. L’amplitude du mouvement du
flotteur est plus importante lorsque le coefficient de BPTO est plus faible, ce qui est attendu lorsque
6.2. Résultats avec PTO : étude du comportement du WEC 95

(a) - Flotteur 4, h = 0.4m


2

1.5

ai +ar
1
af
0.5

0
0.4 0.6 0.8 1 1.2
ω/ω0

(b) - Flotteur 4, h = 0.5m


2

1.5
ai +ar

1
af

0.5

0
0.4 0.6 0.8 1 1.2
ω/ω0

(c) - Flotteur 4, h = 0.6m


2

1.5
ai +ar

1
af

0.5

0
0.4 0.6 0.8 1 1.2
ω/ω0

EXP. sans PTO EXP. PTOA EXP. PTOB


Ana. sans PTO Ana. PTOA Ana. PTOB
Ana. Corr. sans PTO Ana. Corr. PTOA Ana. Corr. PTOB
Ana. Cd. sans PTO Ana. Cd. PTOA Ana. Cd. PTOB

F IGURE 6.20 – Comparaison entre le modèle expérimental avec PTO et les modèles
analytiques initial, corrigé et corrigé avec l’ajout d’un terme de traînée pour le flotteur
4 avec PTO. ω0 = 4.425 rad/s et D = 0.01 m. (a) h = 0.4 m. (b)h = 0.5 m. (c) h = 0.6 m.

l’amortissement est plus faible. De plus, le modèle analytique corrigé avec coefficient de traînée sur-
estime de comportement du flotteur avec un convertisseur d’énergie d’en moyenne 35% pour le vérin
A et 56% pour le vérin B. Il est rappelé que le coefficient de traînée c D a été fixé à c D = 0.82. Pour
les essais avec PTO, cette valeur ne correspond pas à la valeur optimale c Dopt . Le calcul de la valeur
du coefficient de traînée optimal c Dopt serait alors une correction suffisante pour le modèle analytique
96 Chapitre 6. Comportement du flotteur

ai +ar
af
1

0
0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ω/ω0

EXP. sans PTO EXP. PTOA EXP. PTOB


Ana. sans PTO Ana. PTOA Ana. PTOB
Ana. Corr. sans PTO Ana. Corr. PTOA Ana. Corr. PTOB
Ana. Cd. sans PTO Ana. Cd. PTOA Ana. Cd. PTOB

F IGURE 6.21 – Comparaison entre le modèle expérimental avec PTO et les modèles
analytiques initial, corrigé avec et sans l’ajout d’un terme de traînée pour le flotteur 6
avec PTO. (a) h = 0.6 m, Γ = 0.25 m, l = 0.05 m, D = 0.01 m

avec PTO.
Dans la Figure 6.21, le comportement du flotteur 6 (avec Γ = 0.25 m et l = 0.05 m) est présenté
avec et sans vérin. Ces résultats sont comparés avec ceux du flotteur 4, où l = 0.15 m et Γ = 0.15 m.
Dans tous les cas présentés Figures 6.21 et 6.20, l’amplitude du mouvement du flotteur est plus im-
portante lorsque le coefficient de BPTO est plus faible. De plus, le modèle analytique corrigé avec
coefficient de traînée surestime le comportement du flotteur avec un convertisseur d’énergie d’en
moyenne 35% pour le vérin A et 56% pour le vérin B. En comparaison avec le flotteur 4 présenté
dans la Figure 6.20, l’erreur moyenne entre le modèle analytique corrigé avec coefficient de traînée
et les résultats expérimentaux est de 10% pour le vérin A et 24% pour le vérin B (à une profondeur
d’eau de h = 0.6 m). La conclusion globale faite sur le modèle analytique est retrouvée : plus le
tirant d’eau est important, plus le modèle analytique est éloigné des résultats expérimentaux. Néan-
moins, d’après les présents résultats, la précision du modèle analytique reste acceptable lorsque le
ratio Γ/l = 1.0, correspondant au flotteur 4.

6.2.2 Puissance : essais en houle irrégulière

D’après P ECHER et K OFOED [101], calculer la puissance d’un houlomoteur en houle irrégulière
permet d’obtenir un résultat plus réaliste. En effet, en conditions réelles la houle est irrégulière ce qui
nécessite de différencier la puissance instantanée de la puissance moyenne. Les essais réalisés dans
cette partie sont en houle irrégulière. La période significative est notée Tm , la pulsation ωm = 2π/Tm
et la hauteur significative est notée Hm0 .
Dans cette partie, une étude de la puissance récupérée du système est proposée avec les dimen-
sions du flotteur 4 et avec le vérin A. Ces mesures sont uniquement expérimentales et sont réalisées
avec une houle irrégulière. Afin d’étudier la puissance récupérable du système, la puissance instan-
tanée Pins et la puissance moyenne P sont exprimées respectivement dans les équations 6.10 et 6.11.
6.2. Résultats avec PTO : étude du comportement du WEC 97

10−6

Pi
10−10

10−14
10−2 10−1 100 101
ωm (s)
S5 S6 S7 S8

F IGURE 6.22 – Spectre de houle pour une houle irrégulière. h = 0.4 m, Tm = 1.94 s et
Hm = 0.083 m

La force du PTO est notée FPTO .

Pins = − FPTO ż (6.10)


Z Tm
1
P = − FPTO żdt (6.11)
Tm 0

Une houle irrégulière de Jonswap est utilisée dans cette partie, telle que décrite dans les équa-
tions 6.12, 6.13 et 6.14 où S( f ) représente le spectre de houle, d’après H ASSELMANN et al. [51]. Le
coefficient γ est fixé à γ = 3.3 d’après M ICHARD et al. [81]. Un exemple de spectre obtenu d’après les
essais expérimentaux est donné en figure 6.22.

( f − f m )2
  
4 !
f4 5 fm exp − 21

S( f ) = α m 5 Hm0
2 2 2
exp − γ σ f
(6.12)
2π f 4 f
Z 2
Hm0
avec α tel que le moment d’ordre zéro mo = S( f )d f = (6.13)
16
1 1
et si f < : σ = 0.07 sinon si f > : σ = 0.09 (6.14)
Tm Tm

À la suite des essais expérimentaux, l’amplitude du mouvement du flotteur et de la houle sont


obtenues. Le signal du mouvement du flotteur, obtenu par les essais en canal, est réutilisé pour la
calibration des vérins en houle irrégulière. La position du flotteur est donnée comme entrée à l’ordi-
nateur qui gère la calibration. La vitesse de déplacement du flotteur est obtenue à partir d’un capteur
de vitesse inclus dans la table de calibration. Ces valeurs sont ensuite multipliées par la force FPTO
mesurée en même temps par le capteur de force. Ces données sont présentées dans la Figure 6.23 (c)
et (d) où la houle utilisée correspond au spectre donné par la figure 6.22.
La Figure 6.23 est un exemple de ces résultats pour une houle irrégulière. Les Figures 6.23(a) et
(b) présentent respectivement l’amplitude du flotteur pour un cycle de houle complet et un zoom
sur 40s pour une houle irrégulière d’une période Tm = 1.68 s et d’une hauteur caractéristique de
Hm0 = 0.083 m. Grâce à la position du flotteur en fonction du temps, la vitesse ż est calculée, puis
permet elle-même d’exprimer la force du PTO. Il apparaît que la force de PTO est en opposition de
98 Chapitre 6. Comportement du flotteur

(a) - Amplitude (b) - Amplitude


·10−2 ·10−2
z 4 z
2

0 0
m

m
−2

−5 −4

0 200 400 600 10 20 30 40 50


time (s) time (s)

(c) - Vitesse et Force (d) - Vitesse et Force

ż ż
0.1 FP T O 0.1 FP T O
m/s et N

m/s et N
0 0

−0.1 −0.1

0 200 400 600 10 20 30 40 50


time (s) time (s)

(e) Puissances (f) Puissances

6 Pins Pins
P P
4
4
W

2
2

0 0
0 200 400 600 10 20 30 40 50
time (s) time (s)

F IGURE 6.23 – Résultats en houle irrégulière pour le flotteur 4. Te = 1.67 s, Hm0 =


0.083 m, et D = 0.01 m. (a)(b) Amplitude du flotteur et de la houle (sonde S f ). (c)(d) Ca-
libration du vérin : vitesse en m/s et force en N. (e)(f) Puissance instantanée et puissance
moyenne.

phase avec la vitesse du flotteur (Figure 6.23(d)). Ces résultats sont tracés sur les Figures 6.23 (c) (d)
sur un cycle de houle et pour 40s. À partir de résultats de la Figure 6.23(c) (d), la puissance instantanée
et la puissance moyenne sont calculées (Figure 6.23(e) et (f)). Il est constaté Figures 6.23 (e) et (f) que
la puissance moyenne est de P = 0.61 W alors que la puissance instantanée atteint jusqu’à 6 W.
La Figure 6.24 représente la puissance et le comportement du système pour différentes pulsa-
tions pic ω p . L’amplitude du flotteur a f est calculée de la même manière que la hauteur de houle
significative Hm0 . Différentes hauteurs de houle sont présentées : Hm0 = 0.0167 m, Hm0 = 0.05 m,
Hm0 = 0.083 m et Hm0 = 0.116 m.
6.2. Résultats avec PTO : étude du comportement du WEC 99

(a) Puissance moyenne (vérin A) (b) - Comportement du flotteur 5 en houle irrégulière


·10−2
1.5
3

af (m)
P (W)

0.5
1

0 0
2.5 3 3.5 4 4.5 5 5.5 2.5 3 3.5 4 4.5 5 5.5
ωm (rad/s) ωm (rad/s)
Hm0 = 0.0167m Hm0 = 0.05m Hm0 = 0.083m Hm0 = 0.116m

F IGURE 6.24 – Puissance du système en houle irrégulière pour différentes houles carac-
téristiques du site d’Esquibien. (a) Puissance du système. (b) Comportement du flotteur
pour la houle irrégulière.

La Figure 6.24(a) montre que la hauteur de houle Hm est le facteur le plus important pour ce
flotteur sur la valeur de la puissance. En effet, pour la plus faible hauteur Hm0 = 0.0167 m, la
puissance moyenne est quasiment nulle P ≈ 0W, alors que pour une plus forte hauteur de houle
Hm0 = 0.116 m, la puissance moyenne atteint 1.2W. Ce résultat est attendu, car la puissance ins-
tantanée s’écrit en fonction de la vitesse du flotteur ż, qui dépend directement du mouvement du
flotteur (équation 6.10).
La Figure 6.24(b) montre l’évolution du mouvement du flotteur en houle irrégulière. Plus la hau-
teur de houle est importante, et plus l’amplitude du mouvement du flotteur l’est aussi. La comparai-
son des figures 6.24(a) et (b) montre que pour 3.2 rad/s < ωm < 4.5 rad/s la puissance moyenne est
constante alors que l’amplitude du flotteur décroît. Lorsque 2.5 rad/s < ωm < 3.0 rad/s la puissance
moyenne croît pour des ωm croissants, alors que l’amplitude du flotteur décroît. Pour les plus fortes
valeurs de pulsations, l’évolution du mouvement du flotteur et de la puissance moyenne sont toutes
deux décroissantes. Finalement, la puissance maximale est obtenue pour la plus grande hauteur de
houle testée, et pour des pulsations comprises entre 3.2 rad/s < ωm < 4.5 rad/s.

30

20
r (%)

10

0
2.5 3 3.5 4 4.5 5 5.5
ωm (rad/s)
Hm0 = 0.0167m Hm0 = 0.05m Hm0 = 0.083m Hm0 = 0.116m

F IGURE 6.25 – Rendement du système en houle irrégulière pour le vérin A. h = 0.5 m


et D = 0.01 m.
100 Chapitre 6. Comportement du flotteur

Le rendement du système noté r est défini par l’équation 6.15 à partir de la puissance moyenne
du système P et de la puissance moyenne de houle Ph . La puissance de la houle est déterminée à
partir des relevés expérimentaux.

P ρg2 2
r= avec Ph = H Tm (6.15)
Ph 32π m0

La Figure 6.25 représente le rendement r en pourcentage. Il apparaît que le rendement le plus élevé
apparaît à ωm = 3.7rad/s. De plus, le rendement maximal est obtenu pour la hauteur de houle Hm0
la plus importante.
La Figure 6.25 montre que le système atteint un rendement maximal de 30%, et une moyenne
sur les cas testés de 7.5% pour un même dégagement de D = 0.01 m. Ces valeurs paraissent faibles
mais encourageantes. Il faut rappeler que les dimensions du système ni la force du vérin n’ont été
optimisées.

6.3 Conclusion partielle


Le domaine de validité du modèle analytique a été défini. D’après les résultats, le modèle ana-
lytique est en bon accord avec les modèles numérique et expérimental lorsque le tirant d’eau du
flotteur est faible. Pour des tirants d’eau plus importants, le modèle analytique induit une erreur en
amplitude et en fréquence sur le comportement du flotteur. Dans les cas où le flotteur est suiveur de
houle, le modèle analytique est très proche des deux autres modèles, et ce pour de forts ou faibles
tirants d’eau.
La comparaison entre les trois modèles met en évidence la présence d’effets non-linéaires à proxi-
mité du flotteur. Des tourbillons ont été observés aux coins des flotteurs par différentes manières.
La vorticité et les coefficients de réflexion témoignent de ces effets non-linéaires. Une résonance des
potentiels de houle entre le flotteur et la digue est également mise en lumière. Cette résonance est à
l’origine d’une masse ajoutée négative, impliquant cm < −1 lorsque le dégagement est très faible.
Une double correction du modèle analytique est mise au point. Cette correction est réalisée sur
la modification des coefficients de radiation et sur l’ajout d’un coefficient de traînée. La correction
des coefficients de radiation est effectuée en fonction des dimensions du système et de coefficients
déterminés par un algorithme génétique. Les modèles analytique corrigé, numérique et expérimental
sont en bon accord. Néanmoins, cette correction n’a pas pour but de modéliser le comportement de
flotteurs en dehors du domaine de validité du modèle analytique initial. En effet, rien ne valide cette
correction pour des flotteurs aux dimensions autres que celles utilisées dans l’algorithme génétique.
Cette correction permet de quantifier l’impact des nombres adimensionels sur le comportement du
flotteur. Ces résultats peuvent être utilisés pour une optimisation des dimensions d’un flotteur rec-
tangulaire.
Des essais en canal incluant la modélisation d’un convertisseur linéaire ont été comparés aux ré-
sultats analytiques. En houle régulière, les résultats montrent que la double correction du modèle
analytique n’est pas nécessaire en présence d’un PTO. Dans ce cas, l’optimisation du coefficient de
traînée peut suffire à corriger le modèle analytique. En houle irrégulière, il est montré que la puis-
sance moyenne maximale est obtenue pour des pulsations comprises entre 3.2 rad/s et 4.5 rad/s.
6.3. Conclusion partielle 101

Cette puissance est corrélée au comportement du flotteur. De plus, le rendement maximal de 30%
obtenu avec le plus faible vérin encourage l’optimisation des dimensions d’un tel système.
103

7 Interaction flotteur - franchissements de


digue : étude de l’impact d’un flotteur sur
les franchissements de digue

7.1 Étude de l’impact d’un flotteur sur les franchissements de digue


Dans cette partie, l’étude de l’impact d’un flotteur bord à quai sur les franchissements de digue
est réalisée grâce aux modèles analytique et expérimental. Des bouées de différentes largeurs et hau-
teurs sont utilisées. L’effet du tirant d’eau et du dégagement sur les quantités de franchissements
sont considérées dans des conditions de profondeurs d’eau intermédiaires (h/λ est compris dans
l’intervalle [0.076; 0.30]). Les résultats expérimentaux sont comparés aux résultats obtenus par le mo-
dèle analytique linéaire basé sur la théorie de l’écoulement potentiel complété par la formule de Van
Der Meer (2002). Le comportement du flotteur est obtenu grâce au calcul des coefficients hydrody-
namiques précédemment présentés.

7.1.1 Résultats expérimentaux

Les caractéristiques des flotteurs testés pour l’étude de franchissements sont données dans la
Table 5.4. Les caractéristiques de houle correspondantes sont présentées dans la Table 5.6. On rappelle
que les expressions des franchissements avec et sans flotteur sont données dans la partie 5.2.1 pour
les valeurs expérimentales.
Le ratio de franchissements expérimental ∆V = Vavec flotteur /Vsans flotteur (équation 5.1) est pré-
senté dans la Figure 7.1 en fonction de la période adimensionnelle T/T0 . La valeur Vavec flotteur re-
présente la quantité d’eau passant la digue mesurée en présence du flotteur. De même, Vsans flotteur
représente la quantité d’eau passant la digue sans la présence du flotteur.
Dans la Figure 7.1 (a), le flotteur 1, qui possède le plus petit tirant d’eau Γ = 0.05 m, est considéré.
Dans les Figures 7.1 (b) et (c), les résultats sont donnés pour les flotteurs 10 et 6 respectivement, alors
que la Figure 7.1 (d) présente le ratio de franchissements ∆V pour le flotteur le plus large 2l = 0.30m
(flotteur 8).
À partir de la Figure 7.1, le ratio de franchissement augmente lorsque T < T0 , puis diminue
jusqu’à atteindre une valeur constante lorsque T > T0 . L’évolution des franchissements est alors ca-
ractérisée par une forte augmentation autour de la période de résonance du flotteur puis par une
diminution jusqu’à une constante lorsque T > T0 . Cette évolution est liée au mouvement du flotteur.
En effet, le ratio de franchissements ∆V et l’amplitude du mouvement du flotteur sont comparés dans
104 Chapitre 7. Franchissements

(a) - Flotteur 1, l=0.05m, Γ=0.05m, Hf =0.20m (b) - Flotteur 10, l=0.05m, Γ=0.25m, Hf =0.30m
2
10 102

101 101
∆V

∆V
100 100

10−1 10−1

10−2 10−2
0.5 1 1.5 2 2.5 0.5 1 1.5 2 2.5
T /T0 T /T0

(c) - Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m, Hf =0.40m (d) - Flotteur 8, l=0.15m, Γ=0.25m, Hf =0.40m
2 2
10 10

101 101
∆V

∆V
100 100

10−1 10−1

10−2 10−2
0.5 1 1.5 2 2.5 0.5 1 1.5 2 2.5
T /T0 T /T0
Rc /D=14 Rc /D=7 Rc /D=1.4 Rc /D=0.7 Rc /D=0.28 ∆V=1

F IGURE 7.1 – Variations du franchissement expérimental ∆V selon la période adimen-


sionelle T/T0 . (a) flotteur 1, l = 0.05 m, Γ = 0.05 m et H f = 0.20 m. (b) flotteur 10,
l = 0.05 m, Γ = 0.25 m et H f = 0.30 m. (c) flotteur 6, l = 0.05 m, Γ = 0.25 m et
H f = 0.40 m. (d) flotteur 8, l = 0.15 m, Γ = 0.25 m et H f = 0.40 m.

une double échelle verticale à la Figure 7.2. Les variations du ratio de franchissements et de l’ampli-
tude du mouvement du flotteur sont similaires. Pour des périodes inférieures à la période de réso-
nance, le mouvement du flotteur est petit comparé à l’amplitude de houle. Les franchissements sont
alors bloqués par le flotteur, agissant comme un brise-lames, plus haut que le niveau de la digue ini-
tiale. Ces périodes sont trop faibles pour que le flotteur ait le temps de se mettre en mouvement entre
deux vagues. Ces faibles périodes sont inhabituelles pour le site d’application (Esquibien), comme
spécifié à la fin de ce paragraphe. À la période de résonance, l’amplitude du flotteur est maximale et
le décalage de phase théorique entre la houle et le flotteur est de π/2. Par conséquent, quand la crête
de la vague arrive vers la digue, le flotteur passe par sa position d’équilibre en phase descendante
à cause de la résonance, et un puissant run-up se forme entre la digue et le flotteur. Les franchis-
sements sont alors plus importants avec la présence du flotteur. De plus, lorsque le dégagement D
augmente, un phénomène de clapot se produit entre le flotteur et la digue, ce qui renforce encore les
franchissements lorsque T est proche de T0 . Pour des périodes de houle supérieures à la période de
résonance, le flotteur agit comme un suiveur de houle, et l’amplitude du mouvement du flotteur est
égale à celle de l’amplitude de houle. Dans ce cas, le ratio de franchissements devient constant et la
quantité de franchissements est réduite. Cette tendance n’apparaît pas clairement pour le flotteur 8,
de par son importante largeur. Ceci peut être expliqué par la présence de forts tourbillons observés
7.1. Étude de l’impact d’un flotteur sur les franchissements de digue 105

aux coins du flotteur lors des essais expérimentaux.

Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m, Hf =0.40m


2 2
10

101 1.5

2 (Hi +Hr )
∆V

100 1

af
1
10−1 0.5

10−2 0
0.5 1 1.5 2 2.5 3
T /T0

∆V Rc /D=0.7 ∆V Rc /D=0.28 ∆V = 1
af af
1 : Rc /D=0.7 1 : Rc /D=0.28
2 (Hi +Hr ) 2 (Hi +Hr )

F IGURE 7.2 – Variations du ratio de franchissements ∆V et de l’amplitude du mouve-


ment du flotteur selon la période adimensionnelle T/T0 pour le flotteur 6 : l = 0.05 m,
Γ = 0.25 m et H f = 0.40 m.

L’influence du tirant d’eau sur les franchissements est soulignée en comparant les flotteurs 1 et
6 de la Figure 7.1 (a) et (c). Un tirant d’eau plus important augmente le ratio de franchissements
aux périodes proches de la période de résonance. Ce résultat est valable pour toutes les valeurs de
dégagement, excepté à la plus petite distance Rc /D = 14. L’influence du tirant d’air du flotteur est
mise en évidence en comparant les Figures 7.1 (b) et (c). La comparaison du ratio de franchissements
y est donnée pour les flotteurs 10 et 6, qui possèdent le même tirant d’eau mais différentes hauteurs
totales H f . Il faut garder en mémoire que le flotteur 10 est entièrement submergé au passage d’une
crête, selon le cycle de houle (quand l’élévation de la surface libre commence à augmenter). Il est
observé dans la Figure 7.1 (b) et (c) que la hauteur totale du flotteur H f influence peu la tendance
des franchissements lorsque la période de houle est supérieure à la période de résonance. Toutefois,
le ratio de franchissements est stabilisé à une période plus faible pour le flotteur 10 que pour le
flotteur 6. En effet, dans la Figure 7.1 (b), le ratio de franchissements atteint une valeur constante
à T/T0 = 1.0 pour le flotteur 10, alors que le flotteur 6 atteint cet état à T/T0 = 1.5 (graphe (c)).
Quand le flotteur 10 émerge et retrouve un tirant d’air, la vague est cassée et une forte turbulence est
générée entre le flotteur et la digue. Ce phénomène n’a pas été observé pour le flotteur 6 (qui n’est
jamais totalement immergé). La différence de période de stabilisation des franchissements est ainsi
expliquée par la submersion totale temporaire du flotteur 10.
Enfin, l’impact du dégagement est souligné. Dans la Figure 7.3, le ratio de franchissements ∆V
est tracé selon le nombre adimensionnel D/λ pour les flotteurs 1 et 6. Rc et λ sont indépendants.
D’après la Figure 7.3, les franchissements relatifs ∆V augmentent pour des valeurs croissantes de
D/λ, quelque soit la valeur de Rc /D tant que Rc /D < 14. Cette tendance est bien plus prononcée
pour un fort tirant d’eau qu’un faible tirant d’eau (Figure 7.3 (b) et (a) respectivement). Néanmoins,
pour un flotteur avec un plus grand tirant d’eau (Flotteur 6), la Figure 7.3 (b) montre que le ratio de
106 Chapitre 7. Franchissements

franchissements ∆V décroît pour des valeurs décroissantes de D/λ, soit pour des valeurs de Rc /D
croissantes. Par exemple, les franchissements sont réduits jusqu’à 80% par la présence du flotteur
6 pour Rc /D = 14, en comparaison aux franchissements mesurés sans flotteur. En conclusion, les
franchissements sont réduits par la présence du flotteur si le dégagement est petit et les périodes su-
périeures à la période de résonance du flotteur. Ces résultats sont très intéressants pour la protection
côtière, car ces périodes correspondent aux conditions de houle les plus probables sur le site d’ap-
plication. Par exemple, sur le site d’Esquibien, un flotteur dont le régime post-résonant est situé à
T0 < 5.5 s réduirait les franchissements de digue sur le site d’Equibien d’après M ICHARD et al. [79].
En effet, les périodes de houle les plus probables sur ce site sont comprises entre 5.5 s et 6.4 s.

(a) - Flotteur 1, l=0.05m, Γ=0.05m, Hf =0.20m (b) - Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m, Hf =0.40m
2 2
10 10

101 101
∆V

100 ∆V 100

10−1 10−1

10−2 10−2
10−3 10−2 10−1 10−3 10−2 10−1
D/λ D/λ

Rc /D=14 Rc /D=7 Rc /D=1.4 Rc /D=0.7 Rc /D=0.28

F IGURE 7.3 – Variations du ratio de franchissements expérimental ∆V selon le nombre


adimensionnel D/λ. (a) flotteur 1, l = 0.05 m, Γ = 0.05 m et H f = 0.20 m. (b) flotteur 6,
l = 0.05 m, Γ = 0.25 m et H f = 0.40 m.

7.1.2 Comparaison entre les modèles expérimental et analytique

On rappelle que les franchissements analytiques sont exprimés à partir de la formule de VAN
D ER M EER [118]. La partie 3.7 présente l’ensemble des formules des franchissements analytiques.
Les ratios de franchissements expérimental et analytique en fonction de la période adimension-
nelle sont tracés dans la Figure 7.4 pour les flotteurs 1, 6 et 8. Les résultats de franchissements du
flotteur 10 ne sont pas exprimés avec le modèle analytique. En effet, le modèle analytique ne permet
pas de simuler le comportement d’un flotteur entièrement submergé. Un tel cas ne respecte pas les
conditions de continuité et conditions aux limites sur le contour du flotteur.
La Figure 7.4 montre que pour les flotteurs 6 et 8, la tendance globale est similaire pour les résul-
tats expérimentaux et analytiques. En se rappelant que le modèle analytique est un modèle potentiel
et non-visqueux, la différence entre les modèles analytique et expérimental peut être expliquée par
une dissipation d’énergie entre la digue et le flotteur. En effet, le confinement du fluide dans la zone
(1) induit une perte de charges ∆P , exprimée selon l’équation de B LASIUS [13] (Équation 7.1), où
Rc + Γ est la longueur de la zone de confinement du fluide, D sa largeur, Λ le coefficient de friction
7.1. Étude de l’impact d’un flotteur sur les franchissements de digue 107

(a) - Flotteur 1, l=0.05m, Γ=0.05m, Hf =0.20m (b) - Flotteur 1, l=0.05m, Γ=0.05m, Hf =0.20m
2 2
10 10

101 101
∆V

∆V
100 100

10−1 10−1

10−2 10−2
0.5 1 1.5 2 2.5 3 0.5 1 1.5 2 2.5 3
T /T0 T /T0

(c) - Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m, Hf =0.40m (d) - Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m, Hf =0.40m
2 2
10 10

101 101
∆V

∆V
100 100

10−1 10−1

10−2 10−2
0.5 1 1.5 2 2.5 3 0.5 1 1.5 2 2.5
T /T0 T /T0

(e) - Flotteur 8, l=0.15m, Γ=0.25m, Hf =0.40m (f) - Flotteur 8, l=0.15m, Γ=0.25m, Hf =0.40m
2 2
10 10

101 101
∆V

∆V

100 100

10−1 10−1

10−2 10−2
0.5 1 1.5 2 2.5 3 0.5 1 1.5 2 2.5
T /T0 T /T0
∆VA ∆VA Fcorr ∆V ∆V = 1
Rc /D=14 Rc /D=7 Rc /D=1.4 Rc /D=0.7 Rc /D=0.28

F IGURE 7.4 – Comparaison entre les résultats expérimentaux (∆V ), analytiques (∆V A )
et analytiques avec correction (∆V A Fcorr ) : variations du ratio de franchissements selon
la période adimensionnelle T/T0 . (a) et (b) flotteur 1, l=0.05m, Γ=0.05m et H f =0.20m. (c)
et (d) flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.40m. (e) et (f) flotteur 8, l=0.15m, Γ=0.25m
et H f =0.40m. Les lignes en symboles pleins représentent les résultats analytiques, les
lignes en pointillés les modèle analytique corrigé et les symboles vides représentent les
résultats expérimentaux.

et ż0z1 la vitesse verticale du fluide dans la zone (1).

1 Rc + Γ
∆P = Λρż20z1 (7.1)
2 D
108 Chapitre 7. Franchissements

Ainsi une fonction de correction est proposée pour le modèle analytique, et est définie à par-
1 2
tir de la différence relative entre l’énergie cinétique du fluide Ec f = 2 ρV et les pertes de charges
(Équation 7.2). L’expression du ratio de franchissements analytique est rappelée au chapitre 3, équa-
tion 3.96, comme étant le ratio des franchissements analytiques avec et sans flotteur.

Ec f − ∆P Rc + Γ
∆V ACorr = ∆V A Fcorr avec Fcorr = = 1−Λ (7.2)
Ec f D

On remarque que le paramètre d’ajustement numérique dans l’expression de Fcorr correspond au


coefficient de pertes de charges Λ apparaissant dans l’expression des pertes de charges (Équation 7.1).
En fonction des valeurs prises par le nombre de Reynolds Re , le coefficient est habituellement ex-
trait des différents diagrammes comme le diagramme de Moody, de Blasius ou Colebrook-White. Le
nombre de Reynolds varie sur trois ordres de grandeur : Re est dans la gamme de 2 × 102 à 2 × 105
pour les essais réalisés. Les valeurs de Λ correspondantes, extraites des différents diagrammes pré-
cédemment cités sont donc variables. De plus, elles ne donnent pas de résultats satisfaisants pour
la fonction de correction (correction parfois négative ou trop forte). Afin de déterminer une correc-
tion globale, la valeur de Λ est définie par ajustement de courbes entre les résultats analytiques et
expérimentaux. L’application du CMA-ES H ANSEN [50] sur les présents résultats donne une solu-
tion globale optimale de Λopt = 0.012. Cette solution a un effet très significatif sur la fonction de
correction Fcorr à cause des fortes valeurs de ( Rc + Γ)/D.
La valeur obtenue pour Λopt est comparée avec les valeurs de différentes formules de coefficient
de friction données dans la littérature pour des écoulements stationnaires. Ces formules dépendent
du nombre de Reynolds Re = VD/ν (où ν représente la viscosité cinématique) et de la rugosité des
murs ε. Pour les actuelles conditions de tests, le coefficient de rugosité est estimé à ε ≈ 1.5 × 10−3 mm
pour le plastique PVC. Différentes expressions des coefficients de pertes de charges peuvent être uti-
lisées selon la valeur du nombre de Reynolds Re (S AVI Ć et al. [108], C OLEBROOK et al. [22] et B LASIUS
[13]). Ces formules sont présentées dans les Équations 7.3 à 7.5.

64
— Écoulement laminaire : Re < 2000 : Λ= Re

⇒ 0.032 ≤ Λ ≤ 0.32 (7.3)

— Équation de Blasius (murs lisses et écoulement turbulent) : Λ = 0.3164 R− 0.25


e

⇒ 0.02 ≤ Λ ≤ 0.1 (7.4)


 
— Équation de Colebrook-White : Re > 4000 : √1 = −2log 2.51
√ + ǫ
Λ Re Λ 3.7D

⇒ 0.01 ≤ Λ ≤ 0.05 (7.5)

La valeur optimale du coefficient de friction Λopt est proche de la valeur minimale de Λ. Ce-
pendant, l’écoulement étudié expérimentalement est fortement instationnaire. N AZAR, A MIN et P OP
[90] ont montré que les coefficients de friction sont plus faibles dans ce type de cas, en comparaison
7.1. Étude de l’impact d’un flotteur sur les franchissements de digue 109

avec les écoulements stationnaires. Ce qui peut expliquer pourquoi la valeur obtenue pour le coef-
ficient Λopt est proche des valeurs minimales de Λ et confirme la correspondance énergétique de la
fonction de correction (Équation 7.2). Des essais complémentaires doivent être réalisés pour obtenir
une approche plus détaillée sur le coefficient de correction Λopt présent dans la correction du modèle
analytique.

(a) Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m, Hf =0.40m (b) - Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m, Hf =0.40m
4 2
10 10

102 101
∆P (Pa/m)

∆V
100
100
10−1
10 −2

10−2
10−3 10−2 10−1 10−3 10−2 10−1
D/λ D/λ
Rc /D = 14 Rc /D = 7 Rc /D = 1.4 ∆VA Fcorr ∆V ∆V = 1
Rc /D = 0.7 Rc /D = 0.28 Rc /D=14 Rc /D=7 Rc /D=1.4
Rc /D=0.7 Rc /D=0.28

F IGURE 7.5 – (a) Variations des pertes de charges selon D/λ où Λ est calculé avec la for-
mule de Blasius (Équation 7.4) ,Flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.40m. (b) Variations
du ratio de franchissements ∆V selon D/λ, flotteur 6, l=0.05m, Γ=0.25m et H f =0.40m.
Les lignes en pointillés représentent le modèle analytique corrigé avec Λopt et les sym-
boles vides représentent les résultats expérimentaux.

La Figure 7.5(a) représente les variations des pertes de charges ∆P , où Λ est calculé avec la for-
mule de Blasius d’après l’équation 7.4 entre la digue et le flotteur, selon le nombre adimensionnel
D/λ pour le flotteur 6 et pour différentes valeurs de Rc /D. Pour l’ensemble des dégagements, les
pertes de charges montrent une évolution similaire aux franchissements : le maximum est atteint
pour une valeur de D/λ correspondant à la résonance du flotteur. A l’exception des petit dégage-
ments, ce maximum décroît pour des valeurs de Rc /D décroissantes. Par conséquent, les pertes de
charges sont amplifiées par la résonance du flotteur. Plus le flotteur est éloigné de la digue, plus les
pertes de charges sont faibles.
La Figure 7.4 expose les résultats obtenus à partir du modèle analytique corrigé (lignes en poin-
tillés) et du modèle expérimental. La concordance de ces modèles est satisfaisante pour les flotteurs
6 et 8. En effet, pour de fortes valeurs de Rc /D, le modèle analytique corrigé est très proche du mo-
dèle initial et des résultats expérimentaux. Pour les faibles dégagements, le modèle initial n’est pas
satisfaisant. Le modèle analytique corrigé est plus proche des résultats expérimentaux que le modèle
initial. Par conséquent, les présents résultats montrent que le modèle analytique corrigé peut être
utilisé pour l’estimation des franchissements. Une exception doit être faite pour le flotteur 1, lorsque
en même temps les valeurs du tirant d’eau Γ et du dégagement sont petites devant la revanche Rc ,
soit d’après les résultats expérimentaux obtenus lorsque Γ/Rc < 1 et Rc /D > 2. Dans ce cas, le flot-
teur agit comme une augmentation artificielle de la revanche de la digue et les franchissements sont
réduits.
110 Chapitre 7. Franchissements

La Figure 7.5(b) représente les variations du ratio de franchissements ∆V avec D/λ pour le flot-
teur 6. Les résultats expérimentaux actuels sont comparés avec les estimations obtenues par le modèle
analytique corrigé. Le ratio de franchissements prédits par le modèle analytique est en bon accord
avec les résultats expérimentaux. Pour chaque valeur de Rc /D, le ratio de franchissements obtenu
par le modèle analytique augmente lorsque D/λ augmente, jusqu’à ce qu’un pic de valeurs soit at-
teint, correspondant à la résonance du flotteur. À la résonance, un puissant jet d’eau est créé entre la
digue et le flotteur (zone (1) - phénomène observé pendant les tests). Le ratio ∆V décroit pour de plus
importantes valeurs de D/λ. En d’autres termes, le flotteur induit une réduction des franchissements
lorsque ce dernier est proche du quai, et pour des périodes supérieures à la période de résonance.
Pour de plus grandes valeurs de dégagement, l’eau n’est plus confinée entre la digue et le flotteur, le
ratio de franchissements diminue.

7.2 Conclusion partielle


Les franchissements de digue ont été évalués grâce aux modèles analytique et expérimental. Les
résultats présentés montrent que la période de houle, le dégagement et le tirant d’eau du flotteur
sont les paramètres les plus significatifs pour les franchissements. Grâce à une correction par l’ajout
d’un terme de pertes de charges entre la digue et le flotteur dans la formule de Van Der Meer (2002),
le modèle analytique est proche du modèle expérimental. Cette correction est définie à partir d’une
recherche de la solution optimale du coefficient de pertes de charges via un algorithme génétique.
Cette correction pourrait être améliorée avec une estimation plus précise du coefficient de pertes de
charges.
Les franchissements sont corrélés avec le comportement du flotteur. Lorsque le flotteur entre en
résonance, les franchissements sont amplifiés. Les résultats de franchissements montrent que lorsque
le dégagement est faible et la période de houle importante, la présence du flotteur réduit les franchis-
sements de digue.
111

8 Conclusions et perspectives

8.1 Conclusion
L’objectif principal de ce présent projet est d’étudier le comportement d’un système oscillant bord
à quai, en particulier l’interaction entre une digue verticale et un flotteur. Le système étudié est un
modèle simplifié, composé d’un flotteur de section rectangulaire à proximité d’une digue verticale.
Le mouvement du flotteur est limité aux oscillations verticales. Cette étude présente l’impact de la
digue sur le comportement du flotteur, mais également l’impact de la présence du flotteur sur les
franchissements de digue. Afin de réaliser cette étude, trois modèles ont été développés. Un modèle
analytique linéaire est développé selon le modèle de Z HENG et al. [128]. Un modèle numérique résol-
vant les équations de Navier-Stokes complété par un modèle k − ǫ est mis au point. Enfin un modèle
expérimental est élaboré et sert de référence aux deux autres modèles.
Un modèle analytique bidimensionel a été développé selon le modèle proposé par Z HENG et al.
[128]. Le modèle permet d’obtenir les coefficients hydrodynamiques pour une houle linéaire. Pour
calculer ces coefficients, le modèle analytique utilisé est basé sur une solution des potentiels de houle
d’après la décomposition de Haskind et le modèle de Z HENG et al. [128]. La théorie d’écoulement
potentiel est utilisée. Les potentiels de houle sont écrits avec des coefficients inconnus qui sont résolus
par la méthode d’ajustement de fonctions propres. Les coefficients hydrodynamiques sont ensuite
calculés à partir de ces potentiels et le comportement du flotteur est étudié. Deux versions du modèle
analytique sont réalisées : une version avec digue et une version sans digue. Les franchissements de
digue sont également exprimés grâce au modèle analytique et à la formule de Van Der Meer (2002).
Un modèle numérique est réalisé sous ANSYS Fluent (modèle bidimensionel). Ce modèle résout
numériquement les équations de Navier-Stokes en formulation RANS. La turbulence est modélisée
par le modèle k − ǫ. Deux types de simulations sont réalisées. Dans la première, le flotteur est en
mouvement sous l’action de la houle : l’amplitude de houle et le mouvement du flotteur sont ainsi
obtenus. Dans la seconde, le flotteur est en mouvement imposé dans une eau calme : la force qui
s’exerce sur le flotteur permet d’obtenir les coefficients de radiation numériques.
Enfin, un modèle expérimental est développé. Une maquette du flotteur occupe toute la largeur
du canal afin de reproduire un modèle bidimensionel. L’amplitude de houle est mesurée par des
sondes résistives, le mouvement du flotteur par une caméra. Les franchissements de digue sont éga-
lement mesurés. L’eau passant au dessus de la digue est pompée et quantifiée avec des capteurs vo-
lumétriques avant d’être rejetée dans le canal pour maintenir un niveau d’eau moyen. Pour chaque
cas, deux mesures sont effectuées : une avec flotteur et une sans flotteur. Le traitement des mesures
est effectué sous le logiciel MATLAB. Les résultats obtenus par le modèle expérimental servent de
références aux résultats obtenus par les deux autres modèles. Un vérin hydraulique est utilisé pour la
112 Chapitre 8. Conclusions et perspectives

modélisation d’une force de PTO linéaire. Des essais avec et sans le système de modélisation d’éner-
gie sont réalisés.
Des flotteurs de différentes dimensions ont été testés par les trois modèles. Les conditions de
houle utilisées sont inspirées des conditions de houle du site d’Esquibien (Bretagne). La majorité des
essais ont été réalisés en houle régulière.

Le comportement du système est comparé entre les trois modèles. Dans un premier temps, le
comportement d’un flotteur sans vérin hydraulique est étudié. Les résultats obtenus dans cette étude
ont montré que les résultats des modèles numérique et expérimental sont en bon accord. De plus,
lorsque le tirant d’eau du flotteur augmente, l’amplitude et la pulsation de résonance des flotteurs
augmentent. L’écart entre le modèle analytique et les modèles numérique et expérimental s’accroît
avec le tirant d’eau. Par conséquent, lorsque le tirant d’eau est important l’amplitude et la pulsation
de résonance ne sont plus cohérentes avec le modèle analytique, en particulier à la résonance du
flotteur. A contrario, pour les faibles tirants d’eau le modèle analytique est proche des résultats des
deux autres modèles. Ainsi le modèle analytique est valide pour de faibles tirants d’eau et lorsque le
flotteur est suiveur de houle.
Les tourbillons observés numériquement aux coins des flotteurs dépendent fortement du tirant
d’eau. Plus ce dernier est grand, plus les tourbillons sont importants. Le modèle analytique ne modé-
lise ni les tourbillons ni la turbulence, ce qui explique les différences observées avec les deux autres
modèles.
Il a également été montré que la présence de la digue diminue la pulsation de résonance du flot-
teur par rapport au cas sans digue. En effet, une modification des coefficients hydrodynamiques est
observée en présence de la digue. De plus, un pic de valeur des coefficients hydrodynamiques ap-
paraît pour certaines valeurs de kΓ, et notamment un pic où la masse ajoutée adimensionnelle cm est
négative, voire inférieure à −1. Ces valeurs inférieures à −1 sont liées à un phénomène de résonance
de houle entre la digue et le flotteur. Un pic des coefficient de réflexion analytique et expérimental a
été observé pour les mêmes nombres d’ondes que le pic de masse ajoutée, correspondant au même
phénomène de résonance. Pour comprendre l’origine de ces valeurs, des essais ont été réalisés pour
différentes valeurs de dégagement. La comparaison entre les modèles du comportement du flotteur
pour différents dégagements a montré que lorsque le dégagement est important, l’amplitude du flot-
teur tend rapidement vers zéro lorsque la pulsation et plus grande que la pulsation de résonance du
flotteur.
Une correction du modèle analytique est proposée. II est montré dans un premier temps que la
correction du modèle analytique par l’ajout d’un terme de traînée n’est pas suffisant : la pulsation de
résonance n’est pas suffisamment corrigée à cause de la présence de la digue. Une seconde correction
est alors proposée sur les coefficients de radiation. La correction est définie en fonction des grandeurs
du système. La comparaison avec le modèle corrigé montre un bon accord avec les résultats numé-
riques et expérimentaux. D’après cette correction, il apparaît que le rapport du tirant d’eau sur la
largeur du flotteur est le paramètre influençant le plus le comportement du flotteur.
Par la suite, les modèles analytiques initial et corrigé sont comparés aux essais expérimentaux
avec PTO. Au total, deux valeurs d’amortissement des vérins sont modélisés en houle régulière et
irrégulière. D’après les résultats obtenus avec PTO, les modèles analytiques initial et corrigé sont
8.2. Perspectives 113

identiques. La correction des coefficients de radiation est négligeable par rapport à l’amortissement
apporté par le vérin. Le calcul d’un coefficient de traînée optimal suffirait à corriger le modèle analy-
tique.
La puissance moyenne et le rendement ont été calculés pour des conditions de houle irrégulière.
Il apparaît que la puissance maximale est obtenue pour les hauteurs de houle maximales. De plus,
le rendement maximal de 30% est obtenu pour une pulsation de 4.5 rad/s. Le rendement moyen ob-
tenu sur l’ensemble des essais en houle irrégulière est de 7.5%. Le système n’étant pas optimisé en
dimensions ni en forme, ces résultats sont encourageants.

Dans un second temps, l’impact de la présence du flotteur sur les franchissements de digue a
été étudié. Les paramètres physiques impactant majoritairement les franchissements de digue sont :
le dégagement, le tirant d’eau et la période de houle. Pour des fortes valeurs de la revanche et de
petites valeurs du dégagement, le flotteur réduit globalement les quantité de franchissements. Ces
quantités sont augmentées lorsque le dégagement augmente. Pour une période de houle T supérieure
à la période de résonance T0 , les franchissements sont réduits dans la majorité des cas. Ces résultats
peuvent être expliqués par le comportement du flotteur. En effet, le flotteur est suiveur de houle
lorsque la période de houle est plus grande que la période de résonance du flotteur, alors que le
flotteur entre en résonance ou est presque immobile pour des plus faibles périodes. Dans de tels cas,
les franchissements de houle sont augmentés par la présence du flotteur.
Les résultats obtenus montrent que les franchissements de digue peuvent être réduits si le dé-
gagement est faible et la période de houle importante. Une amélioration du modèle analytique est
obtenue en prenant en compte les pertes de charges entre la digue et le flotteur. Le modèle analytique
corrigé reproduit de manière satisfaisante les mesures expérimentales.

8.2 Perspectives
Le modèle analytique développé montre un bonne corrélation avec les modèles expérimentaux et
numériques lorsque le flotteur est suiveur de houle. La correction proposée ne permet actuellement
pas de certifier la validité du comportement de flotteurs aux dimensions différentes de celles utili-
sées pour l’optimisation. Des études complémentaires peuvent être mises au point afin de valider ou
d’infirmer que le modèle analytique corrigé puisse être utilisé de manière plus générale. Une étude
peut également être réalisée pour différentes géométries de flotteur (formes coniques ou circulaires).
En effet, l’optimisation de la force du flotteur peut amener à une optimisation des efforts qu’il subit,
et ainsi de l’énergie récupérée. Le développement d’un modèle analytique pour différentes formes
de flotteur fait partie des améliorations possibles.

Le modèle analytique n’a pas été évalué en houle irrégulière pour le comportement du flotteur et
l’évaluation des franchissements. Il est possible de calculer le comportement du flotteur en houle irré-
gulière et de comparer ces résultats aux expérimentations. La réalisation de cette version du modèle
analytique permettrait de faire des études avec des conditions de houle plus réalistes et d’améliorer
la quantification des franchissements en conditions plus réalistes.
114 Chapitre 8. Conclusions et perspectives

Afin de concrétiser le projet de récupération d’énergie, le développement d’un prototype complet


avec un convertisseur d’énergie est l’objectif final de cette étude. L’installation d’un tel prototype sur
un site tel que celui d’Esquibien serait la concrétisation de études préliminaires réalisées. Avant cette
étape une étude de survivabilité aux événements extrêmes doit être réalisée.
115

A Annexes

A.1 Expressions mathématiques des variables de calcul

λ1 = −ik k tanh(kh) = ω 2 /g n=1 (A.1)


λn tan(λn h) = −ω 2 /g n = 2, 3, ... (A.2)
β n = (n − 1)π/(h − Γ) n = 1, 2, 3, ... (A.3)

Résolution complète du système Pour résoudre le système d’équations 3.69 et 3.70, on utilise les
conditions aux limites des potentiels radiés et diffractés. On multiplie les équations des conditions
aux limites par leur fonction propre puis on intègre sur le domaine de validité des conditions. Pour
simplifier les calculs, on effectue un changement de variable présenté par les équations A.4 et A.5.
On définit également h2 (équation A.6).

y = z+h (A.4)
dy = dz (A.5)
h2 = h − Γ (A.6)

On obtient les équations suivantes pour le potentiel radié :


Z h Z h2
∂ϕ R1 ∂ϕ R2
cos(λi y)dy = cos(λi y)dy (A.7)
0 ∂x | x =l 0 ∂x | x =l

Z h Z h2
∂ϕ R3 ∂ϕ R2
cos(λi y)dy = cos(λi y)dy (A.8)
0 ∂x | x=−l 0 ∂x | x=−l
Z h2 Z h2
ϕ R1 (l, y − h)cos( β n y)dy = ϕ R2 (l, y − h)cos( β n y)dy (A.9)
0 0
Z h2 Z h2
ϕ R3 (−l, y − h)cos( β n y)dy = ϕ R2 (−l, y − h)cos( β n y)dy (A.10)
0 0

Et pour le potentiel diffracté :


Z h Z h  Z h2
∂φD1 ∂φ ∂φD2
cos(λi y)dy = − I cos(λi y)dy + cos(λi y)dy (A.11)
0 ∂x | x =l h2 ∂x x =l 0 ∂x | x =l

Z h Z h  Z h2
∂φD3 ∂φ ∂φD2
cos(λi y)dy = − I cos(λi y)dy + cos(λi y)dy (A.12)
0 ∂x | x=−l h2 ∂x x =−l 0 ∂x | x=−l
116 Annexe A. Annexes

Z h2 Z h2
φD2 (l, y)cos( β n y)dy = φD1 (l, y − h)cos( β n y)dy (A.13)
0 0
Z h2 Z h2
φD2 (−l, y)cos( β n y)dy = φD3 (−l, y − h)cos( β n y)dy (A.14)
0 0

On remplace ensuite les expressions des potentiels des expressions 3.46 à 3.51 dans le système
d’équation précédent afin d’obtenir la martice S nécessaire à la résolution du problème.
Résolvons l’équation A.7 (les calculs des cosinus dans les intégrales sont données dans l’Annexe
2) :
Rh ∂ϕ R1 R h2 ∂ϕ R2
0 ∂x | x=l
cos(λi y)dy = ∂x | x=l cos ( λi y ) dy
Rh R0h2
∑n=1 0 − A1n λi cos2 (λi y)dy

= 0
(− hl2 + A21 )cos(λi y)dy
R h2 
∑∞ A2n β n e2β n l − β n B2n cos( β n y)cos(λi y)dy

+ n =2 0
sin(2λi h) (A.15)
∑∞ h
n=1 − A1n λi ( 2 + 4λi ) = (− hl2 + A21 ) sin(λλii h2 )
2β n l − B β
 (−1)n λi sin(λi h2 )
∑∞n=2 A2n β n e

+ 2n n β2n −λ2i
2β l
∑∞
n=1 − A1n λi N ( λi , h, 0)

P1i + ∑n=2 A2n e − B2n β n E(λi , β n )
 
= n

Résolvons l’équation A.8 :


Rh ∂ϕ R3 R h2 ∂ϕ R2
0 ∂x | x=−l
cos(λi y)dy = ∂x | x=−l cos ( λi y ) dy
Rh R0h2
∑n=1 0 A3n λi cos2 (λi y)dy

= 0
( hl2 + A21 )cos(λi y)dy
R h2 
∑∞ A2n β n − B2n β n e2β n l cos( β n y)cos(λi y)dy

+ n =2 0
sin(2λi h) (A.16)
∑∞ h
n=1 A3n λi ( 2 + 4λi ) = ( hl2 + A21 ) sin(λλii h2 )
n
2β n l (−1) λi sin(λi h2 )
∑∞ n=2 A2n β n − B2n β n e
 
+ β2 − λ2
2β l
 n i
∑∞
n=1 A3n λi N ( λi , h, 0)

− P1i + ∑n=2 A2n − B2n e β n E ( λi , β n )

= n

Résolvons l’équation A.9 :


R h2 R h2
ϕ R1 (l, y − h)cos( β n y)dy = ϕ R2 (l, y − h)cos( β n yi)dy
R0h2 R0h2 h y2 −l2
0 ∑∞
n =1 A1n cos( β n y)cos(λi y)dy = 0 2h + A21 l + B21 cos ( β n y ) dy
R h2 ∞ 2 2β n l + B 2
0 ∑n=2 A2n e2 2n cos ( β n y ) dy

+
(−1) j λi sin(λi h2 ) sin( β n h2 )
∑∞
n =1 A1n β2n −λ2i
= h2 1 l
2 − h2 β2n − 2h2 + A21 l + B21 βn + cos(ββ2n h2 ) (A.17)
n
∞ 2β n l + B
 h2 sin(2β n h)
 
+ ∑n=2 2n A e 2n 2 + 4β n
(−1) j λi sin ( λi h2 ) (−1)i−1 h22 2β n l + B
  h2 sin(2β n h) 
∑∞
n=1 A1n β2n −λ2i
= ( i −1)2 π 2
+ ∞
∑n=2 2n A e 2n 2 + 4β n
2β l
∑∞
n=1 A1n E ( λi , β n )

P2i + ∑n=2 A2n e n + B2n N ( β n , − h, Γ)

=

Résolvons l’équation A.10 :


A.1. Expressions mathématiques des variables de calcul 117

R h2 R h2
ϕ R3 (−l, y − h)cos( β n y)dy = ϕ R2 (−l, y − h)cos( βin y)dy
R0h2 R0h2 h y2 −l2
0 ∑∞
n =1 A3n cos( β n y)cos(λi y)dy = 0 2h − A21 l + B21 cos ( β n y ) dy
R h2 ∞ 2 −2β n l cos2 ( β y ) dy
0 ∑n=2 A2n 2+ B2n e

+  n
(−1) j λi sin(λi h2 ) sin( β n h2 )
∑∞
n =1 A3n β2n −λ2i
= h2
2 − 1
h2 β2n
− l
2h2 − A 21 l + B 21 βn + cos(ββ2n h2 ) (A.18)
n
∞ − 2β l
 h2 sin(2β n h2 )
 
+ ∑n=2 A2n + B2n e n
2 + 4β n
(−1) j λi sin(λi h2 ) (−1)i−1 h22 sin(2β n h2 )
 
2β n l h2
∑∞ A3n ∞
A B e

n =1 β2n −λ2i
= 2
( i −1) π 2 + ∑ n = 2 2n + 2n 2 + 4β n
2β n l N ( β , − h, Γ )
∑∞ A3n E(λi , β n ) P2i + ∑∞ A B e

n =1 = n =2 2n + 2n n

Pour la diffraction, résolvons l’équation A.11 :


Rh ∂φD1 Rh h i R h2
0 ∂x | x=l
cos(λi y)dy = h2
− ∂φ
∂x
I
cos(λi y)dy + 0
∂φD2
∂x | cos ( λi y ) dy
Rh ∞ x = l
R h i2 ga ch(ky) ikl 2 R h2 x=l′
′ λ cos2 ( λ y ) dy
− A1n = − ke cos (λi y)dy + 0 A21 cos(λi y)dy
0 ∑ n =1 n n
R0h2 ∞ω ch(kh′) 2β n l − B′ β
2 A2n β n e 2n n cos ( β n y ) cos ( λi y ) dy

+ 0 ∑n=
sin(2λi h) ga keikl sin(2λi h)
(A.19)
′ sin(λi h2 )
  
h h
∑∞
n =1
′ λ
− A1n i 2 + 4λi = ω ch(kh) 2 + 4λi + A21 λi
∞ ′ 2β l ′
 (−1) j λi sin(λi h2 )
+ ∑n=2 A2n β n e n − B2n β n β2n −λ2i
ikl 2β l
∑∞ ′
n=1 − A1n λi N ( λi , − h, 0)

P6i e + ∑n=2 A2n β n e ′ ′
− B2n β n E(λi , β n )

= n

Résolvons l’équation A.12 :


Rh ∂φD3 Rh h i R h ∂φ
0 ∂x | x=−l
cos(λi y)dy = h2
− ∂φ
∂x
I
cos(λi y)dy + 0 2 ∂xD2 | cos(λi y)dy
x =−l x =−l
Rh ∞ R h −i2 ga ch(ky ) −ikl h
A′ λ cos2 (λn y)dy ke cos2 (λi y)dy + 0 2 A21 ′ cos ( λ y ) dy
R
0 ∑n=1 3n n
= 0 ω ch(k ) i
R h2 ∞ ′ ′ 2β l
2 A2n β n − B2n  βn e cos( β n y)cos(λi y)dy

+ 0 ∑n=
n

sin(2λi h)

ga ke−ikl sin(2λi h) sin(λi h2 )
(A.20)
h h
∑∞
n =1
′ λ
A3n n 2 + 4λi = ω ch(kh) 2 + 4λi + A21 λi′
j
2β n l (−1) λi sin(λi h2 )
∑∞ ′
n=2 A2n β n − B2n β n e


+ β2n −λ2i
∑∞ ′
n=1 A3n λi N ( λi , − h, 0) P6i e − ikl + ∑n=2 A2n β n − B2n β n e2βn l E(λi , β n )
∞ ′ ′

=

Résolvons l’équation A.13 :


R h2 Rh
0
φD1 (l, y − h)cos( β n y)dy = 0 2 φD2 (l, y − h)cos( β n y)dy
R h2 ∞ R h iga ch(ky)
0 ∑n=1 1n
A′ cos(λi y)cos( β n y)dy = 0 2 − ω ch(kh) eikl cos( β n y)dy
Rh ′ l + B′ ) cos ( β y ) dy
+ 0 2 ( A21 21 n
R h2 ∞ 2β
+ 0 ∑n=2 A2n e ′ l + B2n ′ cos2 ( β n y)dy

n
(A.21)
j iga eikl i − 1
′ (−1) λi sin(λi h2 ) (−1) ksh(kh2 ) ′ l + B′ ) sin( β n h2 )
∑∞n=1 A1n β2i −λ2i
= ω ch(kh) k2 + β2i
+ ( A21 21 βn
∞ ′ 2β l ′
 h2 sin(2β n h) 

+ ∑n=2 A2n e n + B2n 2 + 4β
∞ ′ ikl ∞ ′ 2β l ′
 n
∑n=1 A1n E(λi , β n ) = P7i e + ∑n=2 A2n e n + B2n N ( β n , −h, Γ)
118 Annexe A. Annexes

Résolvons l’équation A.14 :


R h2 Rh
0
φD3 (−l, y − h)cos( β n y)dy = 0 2 φD2 (−l, y − h)cos( β n y)dy
R h2 ∞ R h iga ch(ky)
0 ∑n=1 3n
A′ cos(λi y)cos( β n y)dy = 0 2 − ω ch(kh) e−ikl cos( β n y)dy
Rh ′ l + B′ ) cos ( β y ) dy
+ 0 2 ( A21 21 n
R h2 ∞
+ 0 ∑n=2 A2n + B2n e 2βn l cos2 ( β n y)dy
′ ′ −

(A.22)
j
′ (−1) λi sin(λi h2 ) iga e−ikl (−1)i−1 ksh(kh2 ) ′ l + B′ ) sin( β n h2 )
∑∞n=1 A3n β2i −λ2i
= ω ch(kh) k2 + β2n
+ ( A21 21 βn
∞ ′ ′ 2β l
 h2 sin(2β n h) 

+ ∑n=2 A2n + B2n e n
2 + 4β
∞ ′ − ikl ∞ ′ ′ 2β l
 n
∑n=1 A3n E(λi , β n ) = P7i e + ∑n=2 A2n + B2n e n N ( β n , − h, Γ)

Variables de premier ordre

sh(2kh)
(
h/2 + 4k i=1
N (λi , − h, 0) = sin(2λi h) (A.23)
h/2 + 4λi i = 2, 3, ...

(
h2 i=1
N ( β i , − h, Γ) = (A.24)
h2 /2 i = 2, 3, ...

(−1)( j−1) ksh(kh2 )

 k2 + β2j
i=1 j = 1, 2, 3..
E ( λi , β j ) = (−1) 1) λi sin(λi h2 )
( j − (A.25)

 λ2i − β2j
i = 2, 3, ... j = 1, 2, 3...

− hl2 sh(kh 2)
(
k i=1
P1i = l sin(λi h2 )
(A.26)
− h2 λ i i = 2, 3, ...
 2
 h2 − l 2 i=1
6 2
P2i = (− 1 ) ( i −1) h 2 (A.27)

( i −1)2 π 2
2
i = 2, 3, ...

− ωchgka sh(2kh)
h i
h
(
(kh) 2 + 4k i=1
P6i = (A.28)
0 i>1

iga (−1)(i−1) ksh(kh2 )


P7i = (A.29)
ωch(kh) k2 + β2i

Variables de second ordre Expressions NON NULLES de la matrice Si,j de taille (4N, 4N) :

Si,j = −λi sh(λi D ) N (λi , − h, 0), avec digue (A.30)


Si,j = −λi N (λi , − h, 0), sans digue (A.31)

(
− E ( λi , β j ) j=1
Si,N + j = 2β j l
(A.32)
− β j e E(λi , β j ) j = 2, 3, ...
(
0 j=1
Si,3N + j = (A.33)
β j E(λi , β j ) j = 2, 3, ...
A.1. Expressions mathématiques des variables de calcul 119

S N +i,2N +i = λi N (λi , − h, 0) (A.34)

(
− E ( λi , β j ) j=1
S N +i,N + j = (A.35)
− β j E(λi , β j ) j = 2, 3, ...
(
0 j=1
S N +i,3N + j = 2β j l
(A.36)
βje E(λi , β j ) j = 2, 3, ...

S2N +i,j = ch(λi D ) E(λ j , β i ) avec digue (A.37)


S2N +i,j = E(λ j , β i ) sans digue (A.38)

(
−l (h − Γ) i=1
S2N +i,N +i = (A.39)
−e2βi l N ( βi , − h, − Γ ) i = 2, 3, ...
(
−(h − Γ) i=1
S2N +i,3N +i = (A.40)
− N ( β i , −h, −Γ) i = 2, 3, ...

S3N +i,2N + j = E(λ j , β i ) (A.41)

(
l (h − Γ) i=1
S3N +i,N +i = (A.42)
− N ( β i , −h, −Γ) i = 2, 3, ...
(
−(h − Γ) i=1
S3N +i,3N +i = (A.43)
−e2βi l N ( β i , − h, − Γ ) i = 2, 3, ...

Expressions des vecteurs G R et G D de taille (1, 4N) (avec digue) :

GiR = P1i , GN
R R R
+i = − P1i , G2N +i = P2i , G3N +i = P2i (A.44)
GiD = 0, GN
D
+i = P6i e
−ikl D
, G2N D
+i = 0, G3N +i = P7i e
−ikl
(A.45)

Expressions des vecteurs G R et G D de taille (1, 4N) (sans digue) :

GiR = P1i , GN
R R R
+i = − P1i , G2N +i = P2i , G3N +i = P2i (A.46)
GiD = P6i eikl , GN
D
+i = P6i e
−ikl D
, G2N ikl D
+i = P7i e , G3N +i = P7i e
−ikl
(A.47)
120 Annexe A. Annexes

A.2 Expressions mathématiques des variables S et G D


Résolvons les équations A.7 et A.9 avec les nouvelles expressions du potentiel de houle radié
dans la zone (1) ( 3.49) pour trouver les nouveaux coefficients des éléments des matrices S et G D .
Equation A.7 :

Rh ∂ϕ R1 R h2 ∂ϕ R2
0 ∂x | x=l
cos(λi y)dy = 0 ∂x cos(λi y)dy
Rh R h2 y2 | x = l l
∑n=1 0 − A1n λi sh(λi D )cos2 (λi y)dy

= 0
( 2h2 − h2 + A21 )cos(λi y)dy
R h2 
∑n=2 0 A2n β n e2β n l − β n B2n cos( β n y)cos(λi y)dy


+
sin(2λi h)
∑∞ h
n=1 − A1n λi sh ( λi D )( 2 + 4λi ) = ( h22 − hl2 + A21 ) sin(λλii h2 ) + cos(λλ2i h2 ) − h12 sin(λλ3i h2 )
2β n l − B β
 (−i1)n λi sin(λi h2 ) i
∑∞ n=2 A2n β n e

+ 2n n β2n −λ2i
2β l
∑∞
n=1 − A1n λi sh ( λi D ) N ( λi , h, 0)

P1i + ∑n=2 A2n e n − B2n β n E(λi , β n )
 
=
(A.48)
Equation A.9 :

R h2 R h2
ϕ R1 (l, y − h)cos( β n y)dy ϕ R2 (l, y − h)cos( β n yi)dy
=
R0h2 R0h2 h y2 −l2
0 ∑∞ A1n ch(λi D )cos( β n y)cos(λi y)dy = 0
n =1 2h + A21 l + B21 cos ( β n y ) dy
R h2 ∞ 2
+ 0 ∑n=2 A2n e2βn l + B2n cos2( β n y)dy

(−1) j λi sin(λi h2 ) sin( β n h2 )
∑∞n=1 A1n ch ( λi D ) β2n −λ2i
= h2 1 l2
2 − h2 β2n − 2h2 + A21 l + B21 βn + cos(ββ2n h2 )
n
2β n l + B
 h2 sin(2β n h)
 
+ ∑∞ n =2 A 2n e 2n 2 + 4β n
∞ (−1) j λi sin(λi h2 ) (−1)i−1 h22 ∞ 2β l
  h2 sin(2β n h) 
∑n=1 A1n ch(λi D ) β2n −λ2i
= ( i −1)2 π 2
+ ∑ n =2 A 2n e n + B2n 2 + 4β n
∞ ∞ 2β l
∑n=1 A1n ch(λi D ) E(λi , β n ) = P2i + ∑n=2 A2n e + B2n N ( β n , −h, Γ)

n

(A.49)
Résolvons ensuite les équations A.11 et A.13 avec les nouvelles expressions du potentiel de houle
diffracté dans la zone (1) ( 3.46).
Equation A.11 :

Rh ∂φD1 Rh h i R h2
0 ∂x | x=l
cos(λi y)dy = h2
− ∂φ
∂x
I
cos(λi y)dy + 0
∂φD2
∂x | x=l cos ( λi y ) dy
Rh ∞ x =l
′ λ sh ( λ D ) cos2 ( λ y ) dy
− Ai1n
0 ∑nh=1 n i n
Rh ∂φ I Rhh i R h2
+ 0 − ∂x cos(λi y)dy = 0
− ∂φ
∂x
I
cos(λi y)dy +0
′ cos ( λ y ) dy
A21 i
x =l R h2 ∞ x=′l 2β l ′
A β n e n − B2n β n cos( β n y)cos(λi y)dy

+ ∑
Rh ∞ ′ λ sh ( λ D ) cos2 ( λ y ) dy =
R0h2 n′ =2 2n
− A1n
0 ∑ n =1 n i n A cos(λi y)dy
R0h2 21∞ ′ β e2β n l − B′ β
A cos( β n y)cos(λi y)dy

 + 0 ∑ n = 2 2n n 2n n
 (−1) j λi sin(λi h2 )
sin(2λi h) sin(λi h2 )

∞ ′ h ′ ∞ ′ 2β l ′ β
∑n=1 − A1n λi sh(λi D ) 2 + 4λi = A21 λi + ∑n=2 A2n β n e n − B2n n β2n −λ2i
2β l
∑∞ ′
n=1 − A1n λi sh ( λi D ) N ( λi , − h, 0)
∞ ′
∑n=2 A2n β n e ′
− B2n β n E(λi , β n )

= n

(A.50)
A.2. Expressions mathématiques des variables S et G D 121

Equation A.13 :

R h2 Rh
0
φD1 (l, y − h)cos( β n y)dy = 0 2 φD2 (l, y − h)cos( β n y)dy
R h2 ∞
0 ∑h
A′i ch(λi D )cos(λi y)cos( β n y)dy
R h n=1∂φI 1n Rhh i
+ 0 − ∂x cos(λi y)dy = 0 − ∂φ∂x
I
cos(λi y)dy
x =l R h2 ′ x = l ′
+ 0 ( A21 l + B21 ) cos( β n y)dy
Rh ′ 2β n l + B′ 2
+ 0 2 ∑∞
n=2 A2n e 2n cos ( β n y ) dy

R h2 ∞ h (A.51)
′ l + B′ ) cos ( β y ) dy
A′ ch(λi D )cos(λi y)cos( β n y)dy = 0 2 ( A21
R
0 ∑n=1 1n R h2 ∞ 21 n
+ 0 ∑n=2 A2n e ′ 2β l ′
+ B2n cos2 ( β n y)dy

n

(−1) j λi sin(λi h2 ) ′ l + B′ ) sin( β n h2 )


∑∞ ′
n=1 A1n ch ( λi D ) β2i −λ2i
= ( A21 21 βn
 h sin(2β n h)

+ ∑∞ ′ 2β n l + B′
n=2 A2n e 2n 2 + 4β n
′ e2β n l
∑∞ ′ ch ( λ D ) E ( λ , β )
A1n ∑∞ A2n ′
B2n N ( β n , − h, Γ)

n =1 i i n = n =2 +
122 Annexe A. Annexes

A.3 Communications
Communications
— Journée des doctorants – oral LOMC – 28/02/16
— Journée des doctorants – poster Univ Le Havre – 14/06/16
— GDR EMR – oral Nantes – du 17 au 21/10/16
— Seanergy – poster Le Havre – 22 et 23/03/17
— Séminaire – oral UTC Compiègne – 06/04/2017
— GIS HED2 Journée des doctorants – oral Saint-Denis – 09/06/17
— EWTEC 2017 – oral Cork (Irlande) – du 28/08/17 au 01/09/17
— Journées Scientifique de laboratoire (3A) – oral LOMC – 28/09/17
— Séminaire – oral et vidéo au CEREMA Compiègne – 07/12/17
— Rev Energy – Vidéo – octobre/novembre 2017
— ICOE2018 : poster et vidéo sur le stand – du 13 au 14 juin 2018

Publications
Les publications [93] et [91] sont deux articles proposés à la soumission respectivement aux jour-
naux Journal of Hydrodynamics and Journal of Waterway, Port, Coastal and Ocean Engineering.
L’article de conférence [92] a été proposé et accepté pour la conférence internationnale EWTEC2017.
L’article de conférence [80] a été proposé et accepté pour la conférence nationale JNGCGC2018. Une
guide technique a été rédigé dans le cadre du projet EMACOP [75]. La participation à ces deux der-
nières publications a été la proposition et la mise en place du modèle analytique. Ces publications
sont disponibles en annexe.
2017
Proceedings of the 12th European Wave and Tidal Energy Conference 27th Aug -1st Sept 2017, Cork, Ireland

Numerical and Physical Modeling of a Quayside


Wave Energy Recovery System
Sixtine Neuvéglise∗‡ , Hassan Smaoui∗† , Philippe Sergent∗ , Gaële Perret‡ and François Marin‡
∗ CEREMA - DTechEMF
134 rue de Beauvais - CS 60039
60280 Margny-Lès-Compiègne, France
E-mail: [email protected]
E-mail: [email protected]
E-mail: [email protected]
† Sorbonne Université, Université de Technologies de Compiègne

Laboratoire Roberval/LHN, UMR CNRS 7337, CS 60319


60203 Compiègne, France
E-mail: [email protected]
‡ LOMC, UMR CNRS 6294, Le Havre Normandie University

53 rue du Prony
76600 Le Havre, France
E-mail: [email protected]
E-mail: [email protected]

Abstract—Near dikes, waves are reflected, which induces large The present study is situated in this context. In particular,
wave height and interesting opportunities to produce energy. it is focused on a point absorber system. Such systems offer
The aim of this project is to compare numerical and physical lower construction coasts and a simpler installation compared
modeling of a quayside wave energy recovery system. The system
is composed of a floating buoy oscillating in a heave movement to other quayside systems such as overtopping systems or
along a fixed part (vertical wall breakwater). The interaction oscillating water column devices. Moreover, the presence
between the float and the dike is also studied. To study the of the dike can be used to improve the energy produced
buoy response to incident waves and hydrodynamic coefficients, because of the waves reflection at the dike. The problem is
an analytical model is compared with a numerical model, and simplified by considering a rectangular buoy, moving in a
both results are confronted to experimental tests. 2D models
are used. The analytical model is based on the resolution of heave movement along a vertical wall breakwater.
unknown coefficients, determined by the eigenfunctions matching Gao et al. [5], Eriksson [6] and Cheung et al. [7] have
method. The numerical model is calculated with the ANSYS studied the movement of a point absorber with numerical
Fluent software and the experimental tests have been performed and experimental models, but they do not mention analytical
in the LOMC Flume. models. Luo et al. [8] propose a comparison between a
Index Terms—Numerical and Physical Modeling, Quayside numerical analysis and experimental tests of an oscillating
System, Direct Drive Converter, Marine Renewable Energy water column, but the analytical model is not mentioned.
In opposite, Andersen and Wuzhou [9], Drobyshevski [10],
I. I NTRODUCTION Berggren [11] and Yang [12] develop analytical models using
Production of energy is a major economic challenge. The different techniques of resolution (the Green functions, the
development of renewable marine energy systems has been Taylor theorem and the method of fundamental solutions).
increasing during the last years. If some systems are reaching The analytical solution presented by Zheng et al. [13],
their technological maturity, the wave energy recovery systems [14] and Zhang et al. [15] uses the eigenfunctions technique
are nearly ending the step of fundamental research [1], [2]. for an offshore and quayside point absorber. However, their
Many technologies of Wave Energy Converters (WEC) have analytical analysis is not compared to numerical or physical
been developed and may be firstly classified in offshore, modeling. Bhinder [16] proposes a comparison of a potential
near-shore and on-shore (quayside) systems (for a complete time domain viscous model with different numerical ones,
review of WEC technologies, see Falcao [3] and Falnes [4]). but the hydrodynamic coefficients are calculated using the
Although wave energy potential is lower at coast than offshore, software Aquaplus. The present project presents a comparison
quayside systems offer several advantages. Indeed, costs in of a direct analytical model with numerical and experimental
terms of maintenance and grid connections are largely reduced models.
compared to open seas systems and waves become more An application case has been defined for this project.
regular when reaching the shore. The site of Esquibien in Brittany (France) has been chosen

ISSN 2309-1983 Copyright © European Wave and Tidal Energy Conference 2017 784- 1
z 1) Potential Flow Theory: For the analytical model, poten-
D tial flow theory is used. Relative pressure for a potential flow
H x
O
is given by the Bernoulli’s equation (Equation 1), with Z the
vertical position of the float along z axis, g the gravity and Φ
the velocity potential.
l l
∂Φ 1
h1 p = ρgZ − ρ − ρ(∇Φ)2 (1)
(3) h2 (2) (1) ∂t 2
Considering only the first order terms to remove non-linear
forces, Equation 1 can be written in the following way:
∂Φ
p = ρgZ − ρ (2)
Fig. 1. Floating buoy and dike description for analytical solving ∂t
From Equation 2 and integrating pressure over the wet
surface of the buoy S gives the forces acting on the buoy
for its important exposition to Atlantic waves. Waves power (Equation 3):
measurements are given in Michard et al. [17]. The application Z Z
∂Φ
site also presents a large dike of 300 m. However, the water FS = −ρg ZdS − ρ dS (3)
depth at low tide (3 m) limits the maximum draft of the point S S ∂t

absorber. 2) Hydrostatic Stress on the Buoy: Hydrostatic forces are


The aim of the present research is to study the behaviour of written in Equation 4, as the first part of equation 3, with Z(t)
the floating buoy with three different approaches: analytical, the gravity center position of the float.
numerical and physical modeling. Comparison of the three Z
models is used to determine the validity domain of the Π = −ρg ZdS (4)
S
analytical model. Interactions between the float and the dike
are also studied. Considering a small amplitude oscillation compared to float
The analytical model is described in section 2. Numerical dimensions and using the fundamental principle of dynamics,
model and experimental tests are considered in sections 3 and one can show that the sum of hydrostatic and gravity forces
4, respectively. The results and the three models comparison can be written as a spring constant KAr (Equation 5).
are given in section 5. Section 6 is devoted to the conclusion. mg
Π + mg = KAr Z with KAr = ρgS = (5)
Γ
3) Hydrodynamic Stress: Hydrodynamic forces can be
II. A NALYTICAL MODEL FOR THE BUOY MOVEMENT written as the second part of Equation 3. The Haskind de-
composition of the potential flow Φ is used to express the
A. Analytical System and Hypothesis
hydrodynamic forces as a sum of diffracted and radiated forces
The system is composed of a rectangular floating buoy os- (Equation 6).
cillating in heave movement, along a vertical wall breakwater.
Movements of the float are generated by wave conditions. Φ = ΦI + ΦD + ΦR (6)
The system is considered as a float with a width of 2l, a ΦI represents the incident potential, ΦD the diffracted
height H, and a draft at rest Γ, installed at a toe clearance D potential (corresponding to the waves reflected by a fixed
from a vertical wall (Fig. 1). The water depth is h1 . The float float), and ΦR represents the radiated potential (which cor-
is considered to be 2D (x,z plane). The floating buoy has a responds to the waves transmitted by a moving float in still
mass m defined as the following: m = ρ2lΓ, with ρ the water water - Fig. 2).
density, according to the equilibrium equation of the float at The diffraction force or excitation force FEX is computed
rest: mg = ρ2l Γg. Four dimensionless numbers are defined to from the diffracted potential ΦD and the incident potential
describe the movements of the float: A D Γ
h1 , λ , h1 and kh1 , with
i
ΦI , and expressed with the diffraction coefficient Fex . The
Ai the amplitude of the incident waves, λ the wave length and radiation force FR is calculated from the radiated potential
k the wave number. ΦR and expressed as the sum of the added mass cm of the
Origin of the coordinate system is the gravity center of the system and the damping coefficient ca .
floating buoy in the equilibrium position, z axis is positive in Z
∂(ΦI + ΦD )
the upper direction and x axis is set positive in the incident FEX = −ρ dS = Fex sin(ωt) (7)
∂t
waves direction. The only degree of freedom of the buoy ZS
∂ΦR
is along z axis (heave movement). The system is virtually FR = −ρ dS = −cm Z̈ − ca Ż (8)
separated in three zones: zone 1 is situated between the dike S ∂t
and the float, zone 2 is under the float, and zone 3 is the The expression of the diffraction force and the radiation
wave inlet zone (Fig. 1). force are given respectively in Equations 7–8.

784- 2
X

ϕR1 = A1n ch(λn (x − D − l))cos(λn (z + h1 )) (14)
n=1

ω is defined as the wave pulsation in rad.s−1 , k is the wave


number, Ai is the wave amplitude, ar is the float amplitude in a
forced movement and λn is the n-th solution of the dispersion
relation defined by Equation 15–16.

λ1 = −ik, ω 2 /g = k ∗ th(kh1 ) n=1 (15)


2
− ω /g = λn tan(λn h1 ) n = 2, 3, ... (16)

Potentials are defined as a sum of unknown coefficients


A′1n , A′2n , A′3n , B2n

for the diffracted potential, and
Fig. 2. Haskind decomposition
A1n , A2n , A3n , B2n for the radiated potential. Potentials are
written for each zone 1,2 and 3. The boundaries and continuity
4) Floating Buoy Movement: Applying the fundamental conditions are used to solve the unknown coefficients.
principle of dynamics, the movement of the float along a heave
movement can be written as follows: 2) Boundaries and Continuity Conditions: The problems
of diffracted and radiated potentials are defined thanks to
(m + cm )Z̈(t) + ca Ż(t) + KAr Z(t) = Fex sin(ωt) (9) the Laplace equation and to the boundaries conditions.
Boundaries conditions take into account the presence of the
To solve Equation 9, the hydrodynamic coefficients cm ,
dike, i.e a total reflection of the wave potential. They also
ca and Fex must be known. To identify these coefficients,
consider the bottom and free surface conditions. Continuity
the values of the incident, diffracted and radiated potentials
condition of pressure and velocity are described between
have to be assessed, according to Equations 7–8. Different
zone 1-2 and 2-3. More information can be found in Zheng
identification methods of the hydrodynamic coefficients have
et al. [13].
been tested [12], [9]. Zheng et al. [13] proposes a method
by fixing the boundaries and continuity conditions, and using
3) Method of Resolution: To solve the unknown coefficients
the eigenfunction matching. This method is used to find the
of the diffracted and radiated potential, each part of the
hydrodynamic coefficients, and is described in the following
equation obtained from the boundary and continuity conditions
part.
is multiplied by its eigenfunction and integrated over its
respective depth interval, at the float boundaries x = ±l. Only
B. Analytical Resolution with Eigenfunction Matching Method the N first terms of the infinite series are used, this leads to a
linear system of 4N equations (Equation 17–18):
To solve the analytical model, the heave potentials are
written as a sum of unknown coefficients, and then boundaries SXD = GD (17)
and continuity equations are used to create a system of SXR = G R
(18)
equations. This system is solved using eigenfunctions.
The solutions matrix are named XD and XR for respec-
1) Heave Potentials Definition: At first, incident, diffracted tively the diffracted potential and the radiated potential. The
and radiated potentials are written as a sum of unknown expressions of XD and XR are described in Equation 19
coefficients. Equation 10 defines the potentials along x, z and and 20 respectively. The coefficients of matrices S, GD and
t the time, Equation 11 defines the incident potential along x GR depend on the wavenumbers λi , the water depth in each
and z, and Equation 12 defines the radiated potential along x zone (h1 , h2 ), and the toe clearance D, a complete expression
and z. is given in [13], [14]. The linear system can be solved by
calculating the inverse of the S matrix.
Φ = Re[φ(x, z)e−iωt ] (10)
igAi ch(k(z + h1 )) ikx XD = [A′11 , ..., A′1N , ..., A′2N , ..., A′3N , ..., B2N

]T (19)
φI = e (11) T
ω ch(kh1 ) XR = [A1N , ..., A1N , ..., A2N , ..., A3N , ..., B2N ] (20)
φR = Re[−iωar ϕR (x, z)] (12)
The linear system presented in Equation 17–18 is solved
Expressions of the diffracted and radiated potentials in zone under PYTHON using the preconditioned GMRES algorithm.
1 are given in Equation 13 and 14 at a point (x,z). The dispersion relation is solved with Newton algorithm.
The 40 first terms of the series are used to calculate the
φD1 = −φI hydrodynamic coefficients, and the convergence is obtained
X

after the 20 first terms.
+ A′1n ch(λn (x − D − l))cos(λn (z + h1 )) (13)
n=1

784- 3
Cm
0.6
0.4
0.2
2ρlΓ
Cm

0.0
0.2
0.4
0.6
0.8
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8

h1 /λ
Ca
2.0

1.5
2ρωlΓ

1.0
Ca

0.5
Fig. 4. Scheme of the experimental device
0.0
TABLE I
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7
E XPERIMENTAL WAVES C ONDITIONS
h1 /λ
Fex Buoy T (s) Γ
h1
D
λ
Ai
h1
2.0
min max min max
1.5
2ρgal

1 0.64 1.55 0.250 2.60E-3 1.52E-2 0.25


Fex

1.0

0.5 1 0.64 1.68 0.125 2.21E-3 1.52E-2 0.125


0.0 1 0.64 1.68 0.083 2.21E-3 1.52E-2 0.083
0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 5 1.16 3.35 0.416 5.57E-4 4.65E-3 0.083
h1 /λ

[Zheng et al. 2004]


parameters of the model. The geometry of the system is exactly
the same as the geometry used for the analytical model.
Present Calculations
The movement of the floating buoy is saved as a data file.
The calculation of the incident and reflected waves are made
Fig. 3. Calculation of hydrodynamic coefficients and comparison with [13] using the Goda and Suzuki method using two probes [18].

4) Calculation of Hydrodynamic Coefficients: Hydrody- IV. E XPERIMENTAL TESTS


namic coefficients can be calculated from the expressions of The experimental tests have been performed in the flume of
the diffracted and radiated potentials. The added mass cm the LOMC, which is 34 m long, 0.90 m wide and 1.20m high.
and damping coefficient ca are calculated from the radiated The dike and the buoy have been installed in the flume at scale
potential, and the diffraction coefficient Fex is calculated from 1:15. The floating buoy fills the whole width of the flume, in
the diffracted potential, following Equations 8 and 7. The order to simulate a 2D object. Two vertical spikes maintain
results obtained are compared with these described in [13]. the buoy near the dike and allows the float to move only in
In Fig. 3, the values obtained for the hydrodynamic a heave movement. The scheme of the experimental device
coefficients are identical to values given by the reference. is given in Fig. 4. Two buoys are tested in the flume. Their
The dimensions of the system are h1 /l = 6, Γ/h1 = 0.4 dimensions are given in Table II. For all floats, the width 2l is
and D/h1 = 0.2, with h1 the water depth and λ the 0.1m and the length L is 0.88m. The two different buoys are
incident waves length. The hydrodynamic coefficients are tested under different waves conditions presented in Table I.
plotted without dimension. This confirms the validity of the The maximum and minimum waves periods are written TM ax
analytical model. and TM in . The depths tested are 0.2m, 0.4m and 0.6m for the
float 1, and 0.6m for the float 5. The masses of the two tested
floats are given in Table II. The toe clearance D between the
III. N UMERICAL MODEL FOR THE BUOY MOVEMENT float and the dike is set to 0.01m for all floats. A total of 48
tests have been made.
In a second step, a numerical model is realized on ANSYS The incident and reflected waves amplitudes are calculated
Fluent software. With this model, the movement of the float using the Mansard and Funke method [19] with four resistive
and its hydrodynamic coefficients are numerically calculated. probes placed in the flume. A camera is placed in front of the
The numerical model solves the complete Navier-Stokes flow float to capture images of its movement with the software
theory. A viscosity terms in k − ǫ is also added in the HIRIS R&D Vision. The camera is set to 15 images per

784- 4
TABLE II
F LOATING BUOYS TESTED

Buoy Γ H m Tested Model


Num- (m) (m) (kg)
ber
Ana. Num. Exp.

1 0.05 0.20 4.24 X X X


2 0.10 0.25 - X X
3 0.15 0.25 - X X
4 0.20 0.40 - X X
5 0.25 0.40 20.92 X X X

Fig. 5. Picture of the experimental device performed in the LOMC flume

second. The float was painted in black and a white point was
added to follow its trajectory. A picture of the device is given
in Fig. 5.

V. R ESULTS AND COMPARISON OF THE THREE MODELS


For the comparison of the three models, a reference pul-
sation ω0 is chosen for each tested buoy. This pulsation
corresponds to the free pulsation of the damped oscillator
measured during experimental tests: the pulsation at which
the float evolves freely when departed from its position at
rest. When no experiments were carried out, the resonance
pulsation is determined from the numerical results as the
pulsation corresponding to the maximum amplitude of the
float.
To compare the three models, five floats dimensions have
been tested. All floating buoys have the same width 2l of 0.1m.
Only the draft Γ and the total height H are modified. The
toe clearance D is set to 0.01m for all floats and all models.
The buoys dimensions and the model tested are presented in
Table II. The floats numbered 3, 4 and 5 have been tested at
a water depth of 0.6m. For all floating buoys, the numerical
Fig. 6. Buoy response at different water depths for Γ/(2l) = 0.5
model and the analytical model have been used.
.
A. Impact of the Water Depth
At first, the movements of the float 1 are calculated for
different water depths. The numerical model, the analytical model is greater than those of the numerical and experimental
model and the experimental results are compared in Fig. 6. The results, by an error of 17%, constant for all the tested cases.
float amplitude Af is compared with the incident and reflected Secondly, one can observe that the water depth has very few
waves amplitude Ai and Ar . Two results can be observed. impact on the float behaviour and no impact on the accuracy
Fig. 6 shows that the analytical model is not as reliable as of the analytical model. Thus, a correction of the analytical
the numerical one. The resonance pulsation of the analytical model should not depend on the water depth.

784- 5
Fig. 8. Interactions between float and dike

cients between the analytical model and the numerical model


can be the first step to find a correction factor. This will be
done in a future work.

C. Float and Dike Interactions


Figure 8 represents the impact of the dike on the float
movements. It appears that the dike decreases the resonance
pulsation of the float. This is due to the modification of the
Fig. 7. Buoy response with different drafts and different values of Γ/(2l): hydrodynamic coefficients, and particularly the added mass
Γ/(2l) = 1, 1.5, 2, 2.5 from top to bottom. which directly influences the resonance pulsation of the float.
The hydrodynamic coefficients are plotted in Fig. 9. The
added mass obtained with the presence of the dike is about
B. Impact of the Draft
twice the added mass without dike, except around ω/ω0 ≈ 1.5
The movements of floats with different drafts are calculated for the float 1 and ω/ω0 ≈ 1.55 for the float 5. A spike
with the three models. The results obtained are shown in Fig. 7. of added mass appears for this values of pulsation. Same
The resonance pulsation ω0 is obtained from the numerical results are observed for the damping coefficient and for the
results and defined as the resonance pulsation of reference. It diffraction coefficient. The pulsation for which the spikes
can be seen in Fig. 7 that for high draft (buoy 5), the resonance of hydrodynamic coefficients appear, seems to correspond
pulsation of experimental and numerical results agree very with the resonance pulsation of the float without dike. For
well. higher pulsations and after the resonance pulsation of the float
Reading Fig. 7, the difference between numerical and ex- without dike, the interaction effects disappear (except for the
perimental models is small. For this reason, floats 3, 4 and 5 added mass coefficient). According to Fig. 9, the damping and
have only been tested with the numerical model. ¡ diffraction coefficients have the same values with or without
It appears clearly that the analytical model needs corrections the presence of the dike after the resonance pulsation of the
to evaluate properly the response of the float under waves float without dike.
action. The correction can be made on the added mass and However, despite the increase of hydrodynamics coeffi-
damping coefficient. Studying the variation of these coeffi- cients, for a ratio ω/ω0 smaller than ≈ 1.5, the amplitude

784- 6
Fig. 9. Dike impact on hydrodynamic coefficients
Fig. 10. Dike impact on hydrodynamic coefficients

of the float with and without a dike is similar (Fig. 8). This
may be explained by the fact that the increase of added mass
model and from experimental tests. From this comparison
and damping coefficients balances the increase of diffraction
three main points are highlighted.
coefficient on the other hand, in the expression of the float
amplitude. Indeed, the amplitude of the float is determined as The first point concerns the non-linear effects. Comparing
the ratio of excitation force, linked to diffraction coefficient, the analytical model to the numerical model confirms the
to a term depending on added mass and damping coefficients, presence of non-linear effects. Water depth does not impact
leading to few modifications of the float amplitude. the values of non-linear effects. In opposite, the draft of the
floating buoy largely impacts non-linear effects. The larger the
VI. C ONCLUSION draft is, the more important the non-linear effects are. Studying
Float movements have been calculated using the movement hydrodynamic coefficients can give an idea of the non-linear
equation which includes hydrodynamic coefficients. To calcu- effects. This kind of study could allow to find a correction
late these coefficients, the analytical model used is based on for the present analytical model and will be done in a future
the resolution of the heave potentials according to the Haskind work.
decomposition and Zheng et al. [13]. Potential flow theory is The second point concerns the interactions between the
used. Heave potentials are written with unknown coefficients dike and the float. Presence of the dike lowers the resonance
which are solved using the eigenfunctions matching method. pulsation of the floating buoy. This is due to the modification
Hydrodynamic coefficients are then calculated from heave of the added mass. Comparing hydrodynamic coefficients
potentials, and finally the buoy movements have been studied. reveals that the damping coefficients and the diffraction forces
This model has been used to calculate the dike interactions are also modified. The presence of the dike increases the values
with the floating buoy. The results of the analytical model have of the hydrodynamic coefficients and a spike appears for some
been compared with the results obtained from the numerical values of pulsation. After the natural resonance pulsation of

784- 7
the float, effects of the interactions between the dike and the [19] E. P. Mansard and E. R. Funke, “The measurement of incident and
float disappear (except for the added mass coefficient, which reflected spectra using a least squares method,” in Coastal Engineering
1980, 1980, pp. 154–172.
is multiplied by two).
ACKNOWLEDGMENT
The numerical part of this project has been realized with the
CEREMA and the Roberval laboratory, part of the LHN at the
UTC at Compiègne. The experimental part has been performed
within the LOMC - UMR CNRS 6294 at Le Havre University.
The project is co-financed by the CEREMA in Compiègne, the
Normandy Regional Council and ERDF through NEPTUNE
programme.
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in random wave experiments,” in Coastal Engineering 1976, 1977, pp.
828–845.

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XVèmes Journées Nationales Génie Côtier – Génie Civil
La Rochelle, 29 au 31 mai 2018
EPREUVES - PROOFS © Editions Paralia CFL
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Projet EMACOP : analyse économique de la production


d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs sur le site
d’Esquibien (Finistère)

Bertrand MICHARD 1, Sébastien BOULAND 2, Philippe SERGENT 3,


Sixtine NEUVEGLISE 3, 4, 5, Virginie BAUDRY 6

1. Cerema EMF, Technopôle Brest Iroise, BP 5, 29280 Plouzané, France.


[email protected]
2. École Nationale des Travaux Publics de l’État, 3 rue Maurice Audin, 69518 Vaulx-
en-Velin, France. [email protected]
3. Cerema EMF, 134 rue de Beauvais, CS 60039, 60280 Margny lès Compiègne Cedex,
France. [email protected] ;[email protected]
4. Université de Technologie de Compiègne, 15 rue Roger Couttolenc, 60200
Compiègne, France.
5. Université Le Havre Normandie, 25 rue Philippe Lebon, 76600 Le Havre, France
6. École Centrale Nantes, 1 Rue de la Noë, 44300 Nantes, France.
[email protected]

Résumé :
Un des objectifs du projet de recherche EMACOP (Energies MArines, COtières et
Portuaires) est de caractériser le potentiel houlomoteur près des structures portuaires et
côtières. L’article présente l’analyse économique de la production d’énergie de deux
systèmes houlomoteurs oscillants sur le site d’Esquibien (Finistère). L’approche du
calcul de coût de l’énergie et les principes des systèmes sont décrits pour le flotteur
pilonnant bord à quai, modélisé par l’Université de Technologie de Compiègne,
l’Université Le Havre Normandie et le Cerema (NEUVEGLISE et al., 2017), et pour le
batteur inversé à proximité de la digue d’Esquibien, développé par l’École Centrale de
Nantes (BAUDRY et al., 2015). La méthodologie de calcul de la production d’énergie
repose sur la multiplication des matrices de puissance des dispositifs par des matrices de
ressource, issues des simulations numériques du modèle SWASH (Simulating WAves
till SHore) de transformation de vagues en proche côtier (MICHARD et al., 2016). Les
résultats obtenus, associés aux coûts d’investissement et de fonctionnement des
systèmes, permettent d’évaluer les coûts de l’énergie sur des durées d’exploitation de 20
et 30 ans. Ces coûts, qui restent néanmoins difficiles à évaluer précisément en raison de
technologies innovantes et d’incertitudes liées à la variabilité de la ressource, sont du
même ordre de grandeur que ceux des systèmes éoliens offshore référencés .
Mots-clés : Énergie, Marine, Renouvelable, EMR, Système houlomoteur, oscillant,
flotteur pilonnant, batteur inversé, Esquibien, Finistère, EMACOP.
Thème 5 – Énergies et ressources marines

1. Introduction
La Loi de transition énergétique de 2015, qui prévoit de diviser par quatre les émissions
de gaz à effet de serre en 2050 par rapport aux niveaux de l’année 1990, implique un
développement important des énergies marines renouvelables en France dans les années
à venir. Le Projet National de Recherche EMACOP (Énergies MArines, CÔtières et
Portuaires) a pour objectifs d’étudier et de promouvoir le développement de systèmes de
récupération d’énergie marine adaptés aux structures côtières et portuaires le long des
côtes françaises. Un des objectifs du thème S2 intitulé « Systèmes houlomoteurs sur
ouvrages anciens » est de caractériser le potentiel houlomoteur près de ces structures.
En tranche 3 de projet, le travail a porté sur l’analyse économique de la production
d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs oscillants sur le site d’Esquibien
retenu en tranche 1 (MICHARD et al., 2014). Il s’agit d’évaluer les coûts de l’énergie
pour des systèmes bord à quai ou positionné à proximité de la digue. L’approche du
calcul de coût de l’énergie et les principes des systèmes sont présentés pour le flotteur
pilonnant bord à quai, modélisé par l’Université de Technologie de Compiègne,
l’Université Le Havre Normandie et le Cerema (NEUVEGLISE et al., 2017), et pour le
batteur inversé à proximité de la digue, développé par l’École Centrale de Nantes
(BAUDRY et al., 2015). Le système à flotteur pilonnant a été optimisé au niveau du
PTO (Power Take-Off) et de la géométrie du flotteur, afin d’obtenir des matrices de
puissance adaptées au cas réel de la digue d’Esquibien, tandis que l’énergie récupérée
par le système à batteur inversé a été estimée sous la forme d’une matrice de puissance.
La méthodologie de calcul de la production d’énergie repose sur la multiplication des
matrices de puissance des dispositifs par des matrices de ressource, issues des
simulations numériques du modèle de transformation de vagues en proche côtier
SWASH (Simulating WAves till SHore) du point de sortie n°1 pour le système bord à
quai et du point n° 4 pour le système positionné à proximité de la digue (voir figures 1
et 2) de la tranche 2 (MICHARD et al., 2016).

Esquibien

Figure 1. Localisation d’Esquibien, Finistère, France (http://cms.geobretagne.fr/).


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Figure 2. Emplacements des points de sortie n°1 (3 m CM) et n°4 (5 m CM) issus des
simulations numériques SWASH réalisées en tranche 2 de projet sur le site d’Esquibien,
constituant les matrices de ressource (carte marine n° 7147, www.datashom.fr)

2. Définitions et principes

2.1 Indicateur du coût de l’énergie et approche du calcul de coût


Le coût de l’énergie peut être défini par l’indicateur COE (Cost Of Energy) en €/kWh,
qui prend en compte le coût initial, le taux d’actualisation et les coûts d’exploitation par
rapport à l’énergie produite sur la durée d’exploitation (voir figure 3). Le coût initial
assimilé au CAPEX (CAPital EXpenditure) comprend les coûts d’études, de projet, de
construction, de procédures, de pilotage et de coordination. Évaluer ce coût est un
exercice délicat, car il dépend du type d’installation, de l’emplacement et des
caractéristiques particulières du projet. Ce coût comprend le prix d’achat du système
houlomoteur, son installation, ses coûts d’amarrage et d’installation électrique et de
raccordements marin et terrestre. À ce coût, il faut ajouter le coût de démantèlement et
les coûts de réparation et maintenance, assimilés à l’OPEX (OPerational EXpenditure),
pour obtenir le coût total du système (équation 1) :
C total Système = Cinitial +C démantèlement + ( C reparation +C maintenance )
⏟ ⏟ (1)
CAPEX OPEX
Thème 5 – Énergies et ressources marines

Une des difficultés concerne l’estimation des coûts de réparation et de maintenance, liés
à la fréquence des événements extrêmes et à la fatigue des systèmes ; en effet, les
systèmes bord à quai sont encore au stade expérimental et les retours d’expérience
restent limités. Pour ces technologies innovantes, et considérées comme peu matures, un
taux d’actualisation de 10 % sur une durée de 20 ans et de 8 % sur 30 ans sont retenus
dans l’analyse en cohérence avec les pratiques actuelles (EQUIMAR, 2011 ;
GUANCHE et al., 2014 ; ADEME, 2016).
OPEX

Revenus Coût annualisé : Ci

Autres coûts (rachat etc.)

CAPEX
Démantèlement Coût annualisé global : ∑ Ci Durée d’exploitation

Taux d'actualisation Coût de l’énergie (COE)

Figure 3. Synthèse de l’approche du calcul de coût (d’après EQUIMAR, 2011).

Le coût de l’énergie dépend en particulier des caractéristiques du site, c’est-à-dire la


ressource énergétique des vagues et l’accessibilité des systèmes. Les systèmes ont des
exigences distinctes qui conditionnent le coût de l’énergie produite. Ainsi, le coût initial
du système à flotteur pilonnant dépend de l’état de l’ouvrage et de la proximité du
réseau électrique, tandis que pour le système à batteur inversé, la profondeur d’eau
optimale peut se situer à plusieurs centaines de mètres au large, rendant les opérations
de réparation et maintenance onéreuses.

2.2 Principes des systèmes houlomoteurs


Il s’agit d’estimer le rendement et le coût de l’énergie produite par les deux systèmes
houlomoteurs, ayant pour principe de transformer l’énergie mécanique, composée des
énergies cinétique et potentielle, en énergie électrique. Ainsi, la capacité d’absorption de
l’énergie des vagues et la notion de rendement des systèmes houlomoteurs sont des
paramètres importants à considérer dans l’analyse économique.
a) Système oscillant à flotteur pilonnant
Les caractéristiques géométriques du dispositif développé par l’UTC-ULHN-Cerema
(NEUVEGLISE et al., 2017) sont les dimensions de la demi-largeur du flotteur l, du
tirant d’eau Г et de la distance de dégagement D par rapport à la digue (voir figure 4).
La conversion d’énergie dépend aussi des paramètres de houle (hauteur significative Hs
et période de pic Tp) et de la profondeur d’eau d au point d’installation du dispositif.
L’optimisation géométrique du flotteur passe par la variation de la largeur, et plus
précisément de sa demi-largeur, et par son tirant d’eau, qui n’a pas été traite ici. Ainsi,
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pour évaluer la pertinence de l’optimisation de la largeur, il est nécessaire de calculer


l’énergie annuelle produite pour différentes largeurs de flotteur. L’hypothèse d’un
flotteur de forme rectangulaire aux dimensions métriques, constitué en matériaux
composites relativement légers, a conduit à supposer que le tirant d’eau de ce flotteur
est inférieur au mètre ; le choix d’un tirant d’eau constant de 0,75 m a donc été fait pour
les calculs de puissance de houle.
z

Convertisseur
d’énergie

Flotteur pilonnant

y
O x
Γ

l l D
d

Figure 4. Principe et caractéristiques du système oscillant de type flotteur pilonnant.

b) Système oscillant à batteur inversé


L’évaluation du rendement du système partiellement immergé et perçant la surface libre
(voir figure 5) a été réalisé par l’ECN (BAUDRY et al., 2015). Les résultats transmis
prennent la forme d’une matrice de puissance rassemblant, pour les couples de houle
(Hs, Tp) donnés, les puissances produites en kW. Les dimensions du système sont les
suivantes : largeur l de 20 m, hauteur h de 13 m, avec la hauteur de flap de 11 m,
épaisseur de flap de 1,5 m, masse d’acier de 60 tonnes et épaisseur d’acier de 15 mm.

Figure 5. Description du système oscillant de type batteur inversé (flap oscillant seul)
Thème 5 – Énergies et ressources marines

3. Méthodologie
Pour estimer les coûts de production de l’énergie sur le site, il faut croiser les matrices
d’occurrence des climats de houle obtenues en tranche 2 de projet aux points de sortie
n°1 et n°4, et les matrices de puissance produites par les systèmes à flotteur pilonnant et
à batteur inversé (voir figure 6). L’énergie annuelle est calculée pour les conditions de
houle dominante et trois niveaux de marée. L’estimation du coût de l’énergie est ensuite
possible, en intégrant les coûts d’investissement CAPEX et de fonctionnement OPEX.

Estimation
des coûts
Matrices d’occurrence des climats de houle
CAPEX
(couples Hs et Tp) obtenus
et
aux points de sortie n°1 et n°4
OPEX
devant la digue d’Esquibien

Matrices de Puissance des systèmes

Flotteur Modèle SWASH Calcul de la


pilonnant Optimisation : production
PTO, géométrie Coût de
Puissance d’énergie
l’énergie
Matrice de Pw pour
en €/kWh
Batteur puissance ECN trois niveaux
inversé (point n°4) de marée

Figure 6. Méthodologie d’estimation des coûts de l’énergie des systèmes houlomoteurs

3.1 Puissance des systèmes houlomoteurs


a) Système oscillant à flotteur pilonnant
En exploitant l’application de l’UTC-ULHN-Cerema, et en optimisant les paramètres
d’entrée, le coefficient d’extraction PTO (Power Take-Off) et la largeur du flotteur, il est
possible de calculer pour chaque couple de houle (Hs, Tp) associée à un niveau de
marée, la puissance produite par le système modélisé. À cette étape, trois tableaux sont
obtenus en présentant les puissances produites par les couples (Hs, Tp) pour les niveaux
d’eau de basse mer (1,45 m), mi-marée (3,07 m) et de pleine mer (4,75 m).
b) Système oscillant à batteur inversé
À partir de la matrice de puissance du batteur inversé de l’ECN, constitué d’un flap
oscillant seul, de 20 m de long et positionné au point de sortie n°4, il est possible de
calculer la quantité d’énergie que ce système peut produire sur le site d’Esquibien.

3.2 Calcul de la production d’énergie des systèmes


a) Système oscillant à flotteur pilonnant
À partir des matrices d’occurrence des climats de houle et des matrices de puissance des
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systèmes, il est possible de calculer les matrices d’énergie en multipliant chaque couple
de houle (Hs, Tp) par son occurrence au point de sortie n°1. Il suffit ensuite de faire la
somme de ces termes pour avoir l’énergie totale produite (RUSU et al., 2015). Le calcul
des énergies est fait pour chaque niveau de marée, comme pour le calcul des puissances.
Pour le cumul des trois niveaux de marée, une sommation est faite avec des coefficients
de pondération (0,3 pour basse mer, 0,4 pour mi-marée et 0,3 pour pleine mer) afin de
rassembler les trois tableaux d’énergie associés en un tableau global d’énergie annuelle.
b) Système oscillant à batteur inversé
Une approche similaire est proposée pour le système à batteur inversé. La matrice de
puissance, correspondant au flap oscillant de 20 m de long, a été adaptée en utilisant les
couples (Hs, Tp), obtenus pour les trois niveaux de marée au point de sortie n°4.

3.3 Coût de l’énergie


Des estimations sont établies en tenant compte des coûts des systèmes à partir de la
puissance du système, et des coûts d’autres dispositifs de types Wavedragon, Pelamis.
Le coût du système d’amarrage, de fixation et de raccordement électrique sont pris en
compte (CAPEX). Les coûts des opérations de maintenance (OPEX) doivent être inclus,
même si ce calcul reste délicat en raison de retours d’expérience limités. À partir de ces
éléments, en intégrant l’analyse des coûts du système Pelamis (DALTON et al., 2010),
une estimation du coût initial des systèmes conduit à retenir 1 M€ pour le système à
flotteur pilonnant (5 m de long, 2,5 m de demi-largeur), et de 5 M€ pour le système à
batteur inversé (flap de 20 m de long, 11 m de haut et 1,5 m d’épaisseur).

4. Résultats du système oscillant à flotteur pilonnnat

4.1 Quantité d’énergie produite


Les résultats présentés ici concernent le cas d’un flotteur d’une demi-largeur de 2,5 m et
d’un coefficient PTO adaptatif, implanté au niveau du point de sortie n°1, positionné à
une profondeur de 3 m CM près de la digue d’Esquibien. Les cases vertes des tableaux
suivants 1, 2 et 3 correspondent aux résultats de puissance produite par le système, et les
valeurs voisines sont extrapolées. L’énergie annuelle est ensuite calculée en multipliant
ces valeurs par les occurrences en nombre d’heures par an du climat de houle, ce qui
fournit trois tableaux intermédiaires d’énergie annuelle non présentés ici. Pour le cumul
des résultats, la sommation est réalisée avec les coefficients de pondération des niveaux
de marée afin de rassembler les trois tableaux d’énergie correspondants en un tableau
global d’énergie annuelle (voir tableau 4). Les résultats montrent que le système à
flotteur pilonnant produit le plus d’énergie (8,34 MWh/an) pour le couple de houle
(2 m, 12 s). En sommant toutes les énergies produites pour les couples (Hs, Tp), on
obtient une énergie annuelle totale de 53,76 MWh par unité de longueur de flotteur,
c’est-à-dire 1 m de long (voir tableau 5).
Thème 5 – Énergies et ressources marines

Pour obtenir des résultats plus tangibles, une longueur de 5 m est choisie, multipliant la
quantité d’énergie par 5, ce qui permet de produire une énergie totale de 268,8 Mwh/an.

Tableaux 1, 2, 3 et 4. Puissances produites (en kW) et énergies annuelles (en MWh)


1. Puissances produites (kW) à basse mer 2. Puissances produites (kW) à mi-marée
Tp (s) 5 7 9 11 13 15 Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17 Hs (m) 7 9 11 13 15 17
4,5 5,5 10,47 12,94 15,41 4,5 5,5 27,15 17,19 10,08

3,5 4,5 7,59 9,17 10,48 11,79 3,5 4,5 21,18 22,33 13,09 7,35

2,5 3,5 4,76 6,32 7,87 8,02 8,17 2,5 3,5 12,65 15,08 17,51 8,99 4,62

1,5 2,5 2,43 3,74 5,04 6,57 5,56 4,71 1,5 2,5 5,16 7,07 8,98 12,69 4,89 1,88

0,5 1,5 1,12 1,59 2,06 4,07 6,08 0,5 1,5 2,01 2,47 2,93 4,55 6,17

3. Puissances produites (kW) à pleine mer 4. Energies annuelles produites (MWh)


Tp (s) 5 7 9 11 13 15 Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17 Hs (m) 7 9 11 13 15 17
4,5 5,5 38,19 25,07 16,34 4,5 5,5 1,04 1,43 0,99
3,5 4,5 30,07 29,47 18,99 12,19 3,5 4,5 0,85 2,67 2,86 1,09
2,5 3,5 20,21 20,48 20,75 12,91 8,03 2,5 3,5 0,94 1,97 4,94 3,48 0,83
1,5 2,5 0,21 5,55 10,89 12,03 6,83 3,88 1,5 2,5 0,27 1,72 3,54 8,34 2,80 0,39
0,5 1,5 0,00 1,56 3,17 3,53 3,89 0,5 1,5 0,28 1,67 3,70 5,04 1,97

Tableau 5. Résultats de production d’énergie du système à flotteur pilonnant


Niveau de marée Coefficient de Puissance annuelle Énergie annuelle Rendement
pondération (kW) (MWh) (%)
Niveau de basse mer (1,45 m) 0,3 4,51 39,48 63,1
Niveau de mi-marée (3,07 m) 0,4 6,51 57,03 57,1
Niveau de pleine mer (4,75 m) 0,3 7,27 63,69 46,4
Sommation des trois niveaux 6,14 53,76 53,8

4.2 Coût de l’énergie


Le coût de l’énergie est calculé en rapportant l’ensemble des coûts sur la durée de 20
ans à la production annuelle totale sur cette même durée, avec un taux d’actualisation
retenu de 10 %. Pour un système à flotteur pilonnant de 5 m de long, d’un coût initial de
1 M€ incluant le CAPEX et le coût de démantèlement, et avec un OPEX fixé à un taux
10 % du CAPEX, le coût de l’énergie produite la moins chère revient à 360 €/MWh
pour la configuration optimale d’une demi-largeur de 2,5 m, avec un tirant d’eau de
0,75 m et un dégagement de 3 m par rapport à la digue. La mise en place d’un système
sur une durée de 30 ans, avec un taux d’actualisation réduit à 8 %, conduit à un coût
d’énergie la moins chère de 275 €/MWh, diminuant ainsi le coût de l’énergie de 23,6 %.
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5. Résultats du système oscillant à batteur inversé

5.1 Quantité d’énergie produite


Le calcul de la puissance produite par le système est réalisé au point n°4, positionné
devant l’extrémité de la digue à une profondeur de 5 m CM, par l’exploitation de la
matrice de puissance fournie par l’ECN et des couples de houle (Hs, Tp) obtenus en
tranche 2 et utilisés comme paramètres d’entrée pour les trois niveaux de marée.

Tableaux 6, 7, 8 et 9. Puissances produites (en kW) et énergies annuelles (en MWh)


6. Puissances produites (kW) à basse mer 7. Puissances produites (kW) à mi-marée
Tp (s) 5 7 9 11 13 15 Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17 Hs (m) 7 9 11 13 15 17
4,5 5,5 1761 1559 1305 4,5 5,5 1135 910 698

3,5 4,5 843 1257 1129 558 3,5 4,5 843 1007 910 698

2,5 3,5 255 480 878 761 678 2,5 3,5 326 585 878 761 678

1,5 2,5 127 184 214 415 467 428 1,5 2,5 127 184 293 526 467 449

0,5 1,5 75 51 95 104 170 0,5 1,5 75 51 95 169 222

8. Puissances produites (kW) à pleine mer 9. Energies annuelles produites (MWh)


Tp (s) 5 7 9 11 13 15 Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17 Hs (m) 7 9 11 13 15 17
4,5 5,5 526 383 222 4,5 5,5 46,74 73,83 54,04
3,5 4,5 596 526 467 394 3,5 4,5 33,06 121,90 171,17 60,60
2,5 3,5 255 375 526 486 482 2,5 3,5 21,28 68,52 244,70 238,76 76,66
1,5 2,5 127 184 293 415 383 365 1,5 2,5 12,17 56,43 113,91 359,57 218,21 48,81
0,5 1,5 30 73 97 169 222 0,5 1,5 14,96 49,66 128,93 183,65 74,30

Les résultats d’énergies annuelles montrent que le système à batteur inversé produit le
plus d’énergie (359,57 MWh/an) pour le couple de houle (2 m, 12 s). En sommant
l’ensemble des énergies produites pour les couples de houle (Hs, Tp), on obtient une
énergie annuelle totale de 2 521 MWh pour un flap oscillant d’une largeur de 20 m.
Cependant, pour des conditions de faibles niveaux d’eau, plus de la moitié de la hauteur
du flap oscillant, serait toujours émergée, ce qui doit poser des problèmes et rendre sans
doute le système inopérant. C’est pourquoi, l’hypothèse d’un arrêt de fonctionnement
du flap pour les faibles niveaux de marée est retenue. Le système ne semble pouvoir
fonctionner qu’au-dessus d’un niveau médian (2,25 m) entre les niveaux de mi-marée
(3,07 m) et de basse mer (1,45 m) ; ce qui se traduit par la prise en compte uniquement
des niveaux de mi-marée et de pleine mer dans la suite de l’analyse. Dans ces conditions
d’exploitation, l’énergie annuelle totale est de 1701 MWh pour un rendement du
système qui avoisine les 62 % au point de sortie n°4 du site (voir tableau 10).
Thème 5 – Énergies et ressources marines

Tableau 10. Résultats de la production d’énergie du système oscillant à batteur inversé


en ne retenant que les niveaux de mi-marée et de pleine mer (point n°4 du site)
Niveau de marée Coefficient de Puissance annuelle Énergie annuelle Rendement
pondération (kW) (MWh) (%)
Niveau de basse mer (1,45 m) 0,3 X X X
Niveau de mi-marée (3,07 m) 0,4 312,67 2739,01 98,1
Niveau de pleine mer (4,75 m) 0,3 2016,86 230,24 77,4
Sommation des trois niveaux 194,13 1700,66 61,9

5.2 Coût de l’énergie


Les coûts de l’énergie sont présentés pour les durées d’exploitation de 20 et 30 ans dans
le tableau 11. L’ensemble de ces coûts sont calculés pour la mise en place d’une seule
unité de production. En créant un parc de plusieurs unités, il pourrait être possible de
mutualiser les coûts d’installation et de maintenance, réduisant ainsi le coût de l’énergie.

Tableau 11. Résultats de coût de l’énergie pour les durées d’exploitation du système
oscillant à batteur inversé en ne retenant que les niveaux de mi-marée et de pleine mer
Coût initial (CAPEX et démantèlement) 5 M€
Coût de réparation et de maintenance (OPEX) 10 %
Durée d’exploitation 20 ans 30 ans
Taux d’actualisation 10 % 8%
Soit un coût total de 9,68 M€ 11,08 M€
Énergie totale sur la durée d’exploitation 34 GWh 51 GWh
Coût de l’énergie (COE) 285 €/MWh 217 €/MWh

6. Discussion et perspectives

6.1 Limites et comparaison des systèmes


Le système à flotteur pilonnant proposé en matériaux composites de forme carrée, d’une
longueur de 5 m et d’une demi-largeur de 2,5 m, justifie de retenir dans l’analyse un
tirant d’eau de 0,75 m. Des calculs supplémentaires pourraient être envisagés pour
optimiser ce paramètre avec des matériaux de masses et formes différentes. Les résultats
obtenus par le système à batteur inversé peuvent être considérés comme surestimés, en
raison de la non-prise en compte des phénomènes visqueux et du sur-dimensionnement
du flap vis-à-vis de la profondeur d’eau au point n°4. L’émergence importante du flap
oscillant d’une demi-hauteur pour les faibles niveaux d’eau doit réduire la production
d’énergie et peut-être de la stopper. Les résultats de coûts de l’énergie des systèmes
houlomoteurs étudiés sont présentés dans le tableau 12. L’écart relatif de coûts est de
l’ordre de 20 %, avec des coûts de l’énergie plus favorable pour le système à batteur
inversé, variant de 285 €/MWh sur une durée d’exploitation de 20 ans à 217 €/MWh sur
XVèmes Journées Nationales Génie Côtier – Génie Civil
La Rochelle, 29 au 31 mai 2018

une durée de 30 ans. Avec ces durées d’exploitation, les coûts de production de l’énergie
du système sont proches de ceux des dispositifs éoliens offshore (ADEME, 2016).

Tableau 12. Comparaison des coûts de l’énergie des systèmes houlomoteurs oscillants
à flotteur pilonnant et à batteur inversé en fonction de la durée d’exploitation
Coût de l’énergie des systèmes (COE) 20 ans d’exploitation 30 ans d’exploitation
Coût de l’énergie du système à flotteur pilonnant 360 €/MWh 275 €/MWh
Coût de l’énergie du système à batteur inversé 285 €/MWh 217 €/MWh
Écart relatif : flotteur pilonnant vs batteur inversé 20,8 % 21,1 %

6.2 Incertitudes et perspectives


a) Les coûts initiaux des systèmes estimés à 1 M€ pour le flotteur et à 5 M€ pour le
batteur restent incertains ; ils devront être ajustés pour des systèmes aboutis. Seule
l’expérience accumulée dans le développement et la maintenance des technologies
permettra une approximation réaliste du coût de l’énergie (SHARP et al., 2015). La
mise en place de prototypes et de démonstrateurs doit permettre d’évaluer plus
précisément les différents coûts des systèmes houlomoteurs dans les années à venir,
avec des coûts qui sont amenés à baisser de près de 40 % à l’horizon 2030 et devrait
diminuer encore de moitié entre 2030 et 2050 (IRENA, 2015). Une approche basée
sur des économies d’échelle afin de réduire les coûts réels, est envisageable en
installant des parcs de plusieurs unités de production, afin de mutualiser les
installations, comme les raccordements offshore et onshore.
b) D’autre part, les résultats de coûts de production d’énergie obtenus dans l’analyse
s’appuient sur des modélisations numériques de systèmes oscillants, qui ont été
développées à partir d’hypothèses simplifiées et d’essais en modèles réduits. Les
modèles numériques induisent en effet des incertitudes vis-à-vis des comportements
réels des systèmes en grandeur nature implantés sur site. De même, la modélisation
des interactions houle-structure des systèmes houlomoteurs repose sur des théories
linéarisées, comme la théorie potentielle. En réalité, il existe des effets non-linéaires
atténuateurs, qui ont pour origines les non-linéarités mécaniques et de la surface libre
(formes des spectres, déferlements turbulents), et les effets visqueux entre les
composants des systèmes. Ces actions perturbatrices ont pour effet de contraindre les
mouvements des systèmes et de contribuer à réduire les rendements.
c) Une autre part d’incertitude est présente dans l’analyse ; il s’agit des incertitudes liées
à la variabilité de la ressource qu’il est souvent délicat d’estimer sur le long terme à
partir des bases de données numériques de houle. Une étude complémentaire sur le
sujet est proposée pour qualifier les variabilités intra-annuelles et inter-annuelles
essentielles pour définir le potentiel prédictible, et évaluer le type de système
houlomoteur le plus approprié au site d’Esquibien (CARBALLO et al., 2015).
Énergies Marines, Côtières et Portuaires
Projet National de Recherche et Développement

RAPPORT DE RECHERCHE

Thème S2 – Systèmes houlomoteurs sur ouvrages anciens

Analyse économique de la production d’énergie renouvelable


de systèmes houlomoteurs sur le site d’Esquibien (Finistère)

Auteurs :
B. MICHARD, Cerema
S. BOULAND, ENTPE
P. SERGENT, Cerema

Avec les contributions de :


. S. NEUVÉGLISE, Cerema
V. BAUDRY, ECN

Numéro de rapport : R/17/EMA/046


Numéro de commande : LC/16/EMA/63
Date d’établissement : Juillet 2017

Site internet : www.emacop.fr


Président : Henri BOYE
Directeur Technique : Philippe SERGENT
Directeur Scientifique : Alain CLEMENT
Gestion administrative et financière : IREX (www.irex.asso.fr),
9 rue de Berri 75 008 PARIS, [email protected], tél. : 01 44 13 32 79
2. Principes des systèmes houlomoteurs

Les principes des systèmes houlomoteurs sont de transformer l’énergie mécanique, composée des
énergies cinétique, liée au déplacement des particules d’eau, et potentielle, liée au déplacement de la
surface libre, en énergie électrique. Ainsi, la capacité d’absorption de l’énergie des vagues et la notion
de rendement des systèmes houlomoteurs sont des paramètres importants à considérer dans
l’analyse économique.
Il existe plusieurs systèmes de WECs que l’on peut regrouper dans leur grande majorité dans la
catégorie des flotteurs oscillants. Bien que leurs principes de fonctionnement et leurs dimensions
peuvent être très différents, la recherche portant sur huit systèmes houlomoteurs a montré que les
résultats de captation et de rendement restent dans l’ensemble assez similaires (Babarit et al., 2012).
Dans le cadre de la tranche 3 de la tâche S2, il s’agit d’estimer le rendement et le coût de l’énergie
produite par les deux systèmes de type flotteur pilonnant développé par l’Université de Technologie de
Compiègne (UTC), l’Université Le Havre Normandie (ULHN) et le Cerema (Neuvéglise et al., 2017), et
de type batteur inversé développé par l’École Centrale de Nantes (ECN) (Baudry et al., 2015).

2.1. Système oscillant à flotteur pilonnant


Principe et caractéristiques
À partir de l’oscillation du flotteur pilonnant sous l’action des vagues, l’énergie mécanique du flotteur
est convertie en énergie électrique. Les principales caractéristiques géométriques particulières du
dispositif développé par l’UTC-ULHN-Cerema (Neuvéglise et al., 2017) sont présentées sur la
figure 2 : dimensions de la demi-largeur du flotteur l, du tirant d’eau Г et de la distance de dégagement
D par rapport à la digue, considérée comme verticale.
La conversion d’énergie dépend également des paramètres de houle (hauteur significative Hs et
période de pic Tp) et de la profondeur d’eau d, qui correspond à la bathymétrie en Cote Marine (CM)
ajouté au niveau de la marée, au point d’installation du dispositif.
z

Convertisseur d’énergie

Flotteur pilonnant

y
O x

l l D
d

Figure 2 : Principe et caractéristiques du système oscillant de type flotteur pilonnant

EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs 11


Application numérique développée par l’UTC-ULHN-Cerema
Concernant ce système, le paramètre essentiel dans la conversion de l’énergie est le coefficient
d’extraction d’énergie appelé Power Take-Off ou PTO. L’optimisation de ce paramètre PTO est donc
important pour l’estimation du coût de l’énergie produite.
L’application numérique développée par l’UTC-ULHN-Cerema (Neuvéglise et al., 2017) permet de
calculer la puissance moyenne absorbée du système oscillant à flotteur pilonnant :
2
P̄ PTO = 1/ 2 . C pto . | V̄|

• avec le coefficient Cpto et V la vitesse moyenne du flotteur.


Le flux de puissance Présséau transmis au réseau peut être défini comme la différence entre la puissance
absorbée (PTO), et la puissance des différentes pertes, définie comme étant :

(( ¨
P pértés = M+A ( ω 0 ) X+K H)X X˙ )
• M, la masse du flotteur, X , Ẋ et Ẍ la position, la vitesse et l’accélération du flotteur,

• KH, la rigidité hydrostatique,


• A(ω0), la masse induite due à l’eau à une pulsation ω0,
• et ω0 la pulsation naturelle du système.
Il est donc possible d’écrire la puissance transférée au réseau électrique :

C pto . | V¯ |
2

P réseau =
2
− (( M + A (ω ) ) X¨ +K X ) X˙
0 H

C’est à partir de la résolution analytique de cette équation différentielle du second ordre, qu’a été
construit l’application numérique qui sera utilisée pour calculer la puissance du système WEC de
l’UTC-ULHN-Cerema (Neuvéglise et al., 2017).

Optimisation du coefficient d’extraction d’énergie (PTO)


L’utilisation de l’application développée par l’UTC-ULHN-Cerema s’appuie sur deux hypothèses :
• H1 : le PTO optimum ne varie ni avec la profondeur d’eau d, ni avec la hauteur de houle Hs,
• H2 : le PTO optimum est fonction de la période de pic Tp.
Pour évaluer la pertinence de l’optimisation du PTO, il est donc nécessaire de calculer l’énergie
annuelle produite pour un PTO adaptatif (c’est-à-dire un PTO qui s’adapte aux conditions de houle et
plus particulièrement à la période), et pour un PTO fixe.

Optimisation géométrique du système


L’optimisation géométrique du système à flotteur pilonnant consiste à rapprocher la fréquence de
résonance du système avec celle des houles les plus énergétiques. Une première approche du
dimensionnement du système est possible (Zhang et al., 2012), mais celle-ci doit s’ajuster aux
mécanismes constituant le WEC.
Dans le cadre du système étudié ici, sa modélisation est en 2 dimensions (2D) – similaire au principe
du flotteur pilonnant développé en tranche 3 de projet EMACOP dans le thème S1 à Saint-Jean-de-
Luz (Bailly et al., 2017) – c’est-à-dire que l’ensemble des calculs ne tient compte que du dégagement
à l’ouvrage, et des variations de hauteurs d’eau et de leurs fréquences.
Cette approximation amène à assimiler la longueur du flotteur modélisé, parallèle au front de l’onde,
qui est choisie dans l’application à une longueur unitaire d’un mètre. L’optimisation géométrique du
flotteur passe par conséquent par la variation de la largeur, et plus précisément de sa demi-largeur, et
éventuellement par son tirant d’eau, qui n’a pas été traité ici.

12 EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs


L’hypothèse d’un flotteur constitué en matériaux composites a conduit à supposer que le tirant d’eau
de ce flotteur de dimensions métriques reste inférieur au mètre ; le choix d’un tirant d’eau constant de
0,75 m a donc été fait en concertation avec l’UTC-ULHN-Cerema pour tous les calculs de puissance
de houle de ce WEC.
D’autre part, pour concilier les paramètres de profondeur d’eau, de mouvement du flotteur pilonnant lié
aux déplacements de la surface libre, et de la configuration géométrique de la digue d’Esquibien qui
est en réalité inclinée, un dégagement du flotteur de 3 m par rapport au pied de la digue est retenu,
suite aux résultats de tests de sensibilité réalisés.
Enfin, pour évaluer la pertinence de l’optimisation de la largeur du flotteur, il est nécessaire de calculer
l’énergie annuelle produite pour différentes largeurs de flotteur. C’est l’objet du travail présenté dans la
suite de cette analyse.

2.2. Système oscillant à batteur inversé

Modèle numérique développé par l’ECN et matrice de puissance transmise


L’évaluation du rendement d’un système à batteur inversé partiellement immergé et perçant en
extrémité la surface libre (figure 4) a été réalisé par l’ECN (Baudry et al., 2015). Le principe de
fonctionnement du dispositif de batteur inversé, appelé D2, est inspiré de l’Oyster développé par
l’entreprise Aquamarine Power (UK), qui a cependant déposé le bilan en 2015. Ce dispositif a fait
l’objet d’études et de publications scientifiques (Sarkar et al., 2013).
Les résultats de la modélisation du système transmis par l’ECN pour la présente étude prennent la
forme d’une matrice de puissance, rassemblant, pour les couples de houle (Hs, Tp) donnés, les
puissances produites en kW.
Le modèle numérique utilisé, Wave to Wire temporel, intègre les équations de mouvements du volet
oscillant (ou flap) en tangage autour d’un axe proche du fond.
L’équation du mouvement dans le domaine temporel, sans prise en compte des phénomènes
visqueux et des interactions avec la digue est produit par l'ECN (Baudry et al., 2015) :
t
2
( I y + ( M +M PTO ) d1 + μ ∞ ) θ̈ + ∫ Krad (t − τ ) θ̇( τ ) d τ + B PTO θ̇ +
0
(K55 + g ( ρ V − M − M PTO ) d1 + KPTO ) θ = τéx , P(t)

La résolution numérique de cette équation a permis de calculer la matrice de puissance de ce WEC,


un volet partiellement immergé seul, sans interaction avec la digue, appelé flap seul sans digue.
Le modèle numérique développé est fondé sur les hypothèses suivantes : le fluide est supposé
incompressible et non visqueux, l’écoulement est irrotationnel, et les amplitudes du mouvement du
dispositif houlomoteur sont faibles par rapport à ses dimensions. Les effets du second ordre sont
négligés. Avec ces hypothèses, l’interaction houle-structure est modélisée dans le cadre de la théorie
potentielle linéarisée.

Dimensions du système à batteur inversé


Les dimensions du système à flap oscillant seul sans digue sont les suivantes (figure 4) :
• une largeur l de 20 m,
• une hauteur totale h de 13 m, avec les hauteurs de flap de 11 m et de la base de 2 m,
• une épaisseur de flap de 1,5 m,
• un freeboard de 3 m dans le cas d’une profondeur d’eau de 10 m,
• une masse d’acier de 60 tonnes, et une épaisseur d’acier de 15 mm,
• un centre de gravité G à -2,67 m et un axe de pivot P à -8 m de la surface libre selon l’axe z
(point O).

EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs 13


3. Méthodologie

Pour estimer les coûts de production de l’énergie sur le site d’Esquibien, il faut croiser les matrices
d’occurrence des climats de houle obtenues en tranche 2 de projet aux points de sortie n°1 (près de la
digue) et n°4 (à proximité, 250 m devant la digue), et les matrices de puissance produites par les
systèmes oscillants à flotteur pilonnant (positionné bord à quai) et à batteur inversé (sans interaction
avec la digue).
L’énergie annuelle est calculée pour les conditions de houle dominante et les trois niveaux de marée
(basse mer, mi-marée et pleine mer). Une estimation du coût de l’énergie des deux systèmes WEC
est ensuite possible, en intégrant les coûts d’investissement (CAPEX) et de fonctionnement (OPEX).
Les étapes de la démarche sont détaillées sur le schéma suivant (figure 6).

Estimation
des coûts
Matrices d’occurrence des climats de houle (investissement et
(couples Hs et Tp) obtenus fonctionnement)
aux points de sortie n°1 et n°4
devant la digue d’Esquibien CAPEX
et
OPEX

Matrices de Puissance des WEC

Flotteur Modèle SWASH Calcul de


pilonnant Optimisation : l’énergie
PTO et géométrie Coût de
Puissance produite l’énergie
Matrice de Pw pour
Batteur en €/kWh
puissance ECN trois niveaux
inversé adaptée au point 4 de marée

Figure 6 : Méthodologie d’estimation des coûts de l’énergie des deux systèmes WEC

3.1. Climats de houle

Climat de houle sur le site près de la digue


Les données de houle disponibles au niveau de la digue d’Esquibien sont rares. Même si elles
existent, à travers les campagnes hivernales de mesures in-situ réalisées en 2014 et 2015 durant trois
mois consécutifs, elles ne constituent pas une chronique suffisamment longue pour pouvoir fournir
une estimation précise du potentiel houlomoteur du site.
La variabilité saisonnière de la houle est en effet importante avec une puissance moyenne en été
quatre à cinq fois plus faible que celle observée en hiver (Michard et al., 2013). De plus la variabilité
interannuelle sur les mois d’hiver ne peut être négligée. C’est la raison pour laquelle, ne disposant pas
de chroniques sur plusieurs années, il est nécessaire de reconstituer le climat de houle à la côte à
partir du climat de houle au large.

EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs 15


Climat de houle au large
Les données de houle au large sont issues de la base de données de rejeux d’états de mer HOMERE
réalisée à l’aide du modèle numérique WaveWatch III sur une grille déstructurée couvrant la zone
Manche – Golfe de Gascogne.
Le choix des couples de houle a été réalisé à partir de l’analyse des données d’états de mer par 30 m
de fond au point large W458N4796 de la base HOMERE, couvrant une période de 19 ans (1994–
2012), distribuée par l’Ifremer (Boudière et al., 2013). L’analyse statistique des 19 ans de données
horaires reconstituées a permis de créer le tableau d’occurrences des couples de houle (Hs, Tp) pour
en faciliter la sélection (tableau 3). Les cellules encadrées représentent 71 % des climats de houle
présents sur le site d’Esquibien (Cf. annexe 2.1)

Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hm0 (m) 7 9 11 13 15 17
5,5 6,5 0,0 0,0 0,2 5,0 21,6 28,7
4,5 5,5 0,0 0,1 3,9 41,0 78,0 73,3
3,5 4,5 0,0 6,5 43,0 130,0 203,1 107,3
2,5 3,5 2,9 75,1 139,7 316,8 351,9 123,8
1,5 2,5 95,8 306,7 423,0 782,7 493,9 116,9
0,5 1,5 243,3 862,2 1348,6 1228,4 360,0 111,1
0,0 0,5 20,3 169,5 155,7 62,6 18,5 6,9

Tableau 3 : Occurrences des couples (Hs, Tp), au large du site d’Esquibien en nombres
d’heures ramenées sur 1 an (Michard et al., 2016)

Propagation du large à la côte


SWASH, un acronyme de Simulating WAves till SHore, est un modèle numérique de transformation de
vagues en proche côtier, développé par l’Université de Technologie de Delft (Pays-Bas). Il permet,
entre autre, d’étudier la propagation de la houle de façon déterministe. Ce modèle résout les
équations non linéaires en faible profondeur en y ajoutant un terme de pression non-hydrostatique
(Zijlema et al., 2011).
Les simulations numériques de propagation de vagues du large vers la côte, effectuées avec SWASH,
ont permis de caractériser les conditions de vagues et le potentiel houlomoteur aux abords du site
d’Esquibien. Pour chaque occurrence d’un couple de houle au large, une correspondance de couple à
la côte est établie à proximité de la digue d’Esquibien (Michard et al., 2015).
Le modèle peut fournir différents types de résultats en sortie de simulation, notamment l’élévation de
la surface libre, la hauteur de houle significative Hs, la période de pic Tp, les spectres directionnels et
la puissance de houle (EPRI, 2011). C’est ainsi que les couples de houle ont été obtenus en tranche 2
du projet pour les points de sortie n°1 (Cf. annexe 2.2) et n°4 (Cf. annexe 4).

Profondeur d’eau et niveaux d’eau


La profondeur d’eau d, qui correspond à la bathymétrie Cote Marine (CM) du point considéré auquel il
faut ajouter le niveau de la marée, est un des paramètres qui influence directement la quantité
d’énergie de houle.
Trois niveaux de marée, représentant 80 % des occurrences, ont été retenus à partir de l’analyse des
données sur un cycle de Saros (18 ans). Les niveaux d’eau retenus sont de 1,45 m pour la basse mer,
3,07 m pour la mi-marée et 4,75 m pour la pleine mer.

16 EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs


3.2. Puissance des systèmes houlomoteurs
Les caractéristiques de puissance d’un système houlomoteur sont matérialisées dans une matrice
puissance, qui se présente sous deux formes de matrice de rendement ou de matrice de puissance.
Ces deux formes nécessitent des approches et des calculs différents.
C’est la seconde forme qui a été obtenue à partir de la
modélisation analytique du système à flotteur pilonnant de
l’UTC-ULHN-Cerema (Neuvéglise et al., 2017), ou encore 20°
à partir des résultats obtenus avec le système à batteur
inversé de l’ECN (Baudry et al., 2015).
Pour le flotteur pilonnant, l’hypothèse de verticalité et de
réflexion totale de la houle sur la digue d’Esquibien est
considérée.

Cependant, la digue présente en réalité une inclinaison de


20° par rapport à la verticale, qui n’est pas prise en Figure 7 : Coupe schématique de la digue
d’Esquibien (avec inclinaison)
compte dans les calculs (figure 7 et Cf. annexe 1.2).

Optimisation des paramètres du système à flotteur pilonnant


Une étude de sensibilité a été réalisée sur deux paramètres du système à flotteur pilonnant, à savoir
le coefficient d’extraction d’énergie PTO et la demi-largeur du flotteur l dans le but de maximiser
l’efficacité du système.

Coefficient du PTO
Concernant le PTO (Power Take-Off), la longueur du flotteur pilonnant est fixé à 1 m.
Avec les variations de la valeur du coefficient du PTO pour différents états de mer, il est possible en
calculant la puissance produite par le système, de déterminer la valeur optimale du Cpto (figure 8).
L’exploitation de l’application de l’UTC-ULHN-Cerema a permis de révéler la proportionnalité entre les
valeurs du Cpto optimum obtenu et les périodes de houles Tp (figure 9).
En effet, les variations des valeurs du Cpto ont permis, en mesurant la puissance de sortie du WEC,
de montrer qu’il y avait une valeur de Cpto optimum, pour laquelle le WEC atteint une puissance
maximale pour un état de mer donné.

37500
7,3 kW
32500

27500

7,0 kW
22500

17500 R² = 0,995

6,7 kW 12500
14 000 23 000 32 000 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17

Figure 8 : Puissance en fonction du PTO Figure 9 : Proportionnalité entre le PTO optimum


(pour Hs = 2 m et Tp = 10 s) et la période de houle Tp (en s)

EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs 17


Les résultats montrent également que la profondeur d’eau, et donc le niveau de marée, n’influence
pas la valeur optimale du Cpto pour une période donnée. La profondeur d’eau a cependant un impact
sur la quantité d’énergie de la houle et, par extension, sur celle que le WEC est capable de produire.
Pour mesurer l’influence des différentes valeurs de Cpto optimum déterminés pour chaque période de
houle, un Cpto optimum fixe, c’est-à-dire identique pour tous les états de mer, a été calculé.
Celui-ci est déterminé en pondérant les Cpto optimums, calculés pour chaque période, par
l’importance de cette période dans le climat annuel de houle, puis également, en le pondérant avec
l’importance des hauteurs significatives pour chaque période. Ces pondérations ont permis d’estimer
la valeur de ce Cpto optimum fixe.
En comparant la production d’énergie annuelle entre un Cpto optimum adapté à chaque période, et un
Cpto optimum fixe, ce premier est plus performant de + 1,11 %. Cette valeur est faible, et en deçà des
incertitudes liées aux modèles utilisés.
Cependant, les calculs des Cpto optimums adaptatifs, nécessaires au calcul du Cpto optimum fixe, ont
permis d’optimiser ce WEC vis-à-vis de la période de houle. Au-delà des limites liés au modèle 2D
utilisé, cette adaptation est nécessaire, car elle aurait pu également dépendre de la hauteur de houle.
En retenant ces aspects, et au vu d’autres critères, et après une analyse détaillée de ces résultats, la
méthode du PTO adaptatif est retenue par la suite.

Largeur du flotteur pilonnant


En retenant un tirant d’eau du flotteur de 0,75 m qui dépend de la densité de matériaux choisis pour le
flotteur, et la méthode d’un Cpto adaptatif, l’optimisation géométrique du flotteur consiste à déterminer
la largeur pour laquelle le WEC a un meilleur rendement.
Pour information, l’application UTC-ULHN-Cerema utilise en entrée de modèle la demi-largeur l. Les
valeurs retenues sont des demi-largeurs de 0,75 m, 2 m, 2.5 m, 3 m et 4 m (figure 10).
Les variations de rendement obtenues par le système à flotteur pilonnant ont permis de déterminer le
rendement maximum de 53,8 %, qui est atteint pour un flotteur d’une demi-largeur de 2,5 m (soit une
largeur de 5 m).

53%
Rendement

48%

43%

38%
Demi-largeur [m]
33%
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4

Figure 10 : Résultats de rendement en fonction de la demi-largeur du flotteur pilonnant

Il est important de garder à l’esprit que ces résultats sont issus d’une résolution analytique en deux
dimensions, c’est-à-dire par unité de longueur du flotteur (flotteur d’une longueur de 1 m).
En augmentant cette longueur, il semble raisonnable de supposer que les résultats de l’optimisation
géométrique seraient nettement améliorés.

18 EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs


Puissance des deux systèmes houlomoteurs

Système à flotteur pilonnant


En exploitant l’application de l’UTC-ULHN-Cerema, et avec l’optimisation des paramètres d’entrée tels
que le PTO ou la largeur du flotteur, il est possible de calculer pour chaque couple de houle (Hs, Tp)
associée à un niveau de marée, la puissance électrique produite par le système modélisé ; ceci avec
pour hypothèse que la digue soit verticale et totalement réfléchissante.
À cette étape, trois tableaux sont obtenus, chacun correspondant à la puissance produite à partir d’un
couple de houle (Hs, Tp) associé à un niveau de marée de basse mer, mi-marée et de pleine mer.

Système à batteur inversé


À partir de la matrice de puissance du batteur inversé de l’ECN, constitué d’un flap oscillant seul sans
digue, de 20 m de long et positionné au point de sortie n°4, il est possible de calculer la quantité
d’énergie que ce système peut produire sur ce site.
En ce point n°4, situé à 250 m devant l’extrémité de la digue, il n’a pas de phénomène de réflexion de
l’ouvrage à prendre en compte, comme le montre le résultat de spectre directionnel (Cf. annexe 1.3).

3.3. Calcul de la production d’énergie des deux systèmes


En exploitant les climats de houle obtenus aux points de sorties et les caractéristiques de puissance
des WECs, il est envisagé d’estimer les productions d’énergie des deux systèmes houlomoteurs
(figure 6).

Système à flotteur pilonnant


À partir des matrices d’occurrence des climats de houle et des matrices de puissance des WECs, il
est possible de calculer les matrices d’énergie en multipliant chaque couple de houle (Hs, Tp) par son
occurrence au point de sortie n°1 (Rusu et al., 2012) :
E produité = ∑ i , j é ij = ∑ i , j P ij × O ij

où eij est l’énergie produite, pour un couple de houle (Hs, Tp) donné, correspondant au produit de
l’occurrence de ce climat de houle Oij par la puissance Pij que le système est capable de produire pour
cet état de mer. Il suffit ensuite de faire la somme de ces termes pour avoir l’énergie totale produite
(Rusu et al., 2015).
Le calcul des énergies est fait pour chaque niveau de marée, comme pour le calcul des puissances.
Concernant le cumul des résultats pour les trois niveaux de marée, une sommation est réalisée, avec
des coefficients de pondération (0,3 pour la basse mer, 0,4 pour la mi-marée et 0,3 pour la pleine mer)
afin de rassembler les trois tableaux d’énergie correspondants en un tableau global d’énergie
annuelle.

Système à batteur inversé


Une approche similaire à celle du flotteur pilonnant est proposée pour le système à batteur inversé
avec les mêmes coefficients de pondération.
La matrice de puissance, correspondant au flap oscillant seul de 20 m de long, a du être adaptée en
utilisant les couples de houle (Hs, Tp), obtenus pour les trois niveaux de marée, au point de sortie n°4.
Il convient de souligner que l’adaptation réalisée se traduit par une minoration de la puissance, qui
induit une majoration de l’estimation des coûts de l’énergie produite pour ce système.

EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs 19


4. Résultats du système à flotteur pilonnant

4.1. Quantité d’énergie produite


Puissance du WEC
En tranche 2 de projet, l’utilisation du modèle numérique SWASH de propagation et de transformation
des vagues a permis de caractériser les conditions de vagues et le potentiel houlomoteur au niveau
du point de sortie n°1, positionné à une profondeur de 3 m CM près de la digue d’Esquibien.
Les résultats des simulations ont fourni des couples de hauteurs significatives de houle et de périodes
de pic associées, représentatifs du climat de houle près de l’ouvrage (Cf. annexe 2.2).
Le calcul de la puissance disponible du WEC est réalisé par l’exploitation de l’application de l’UTC-
ULHN-Cerema (Neuvéglise et al., 2017) et des couples de houle (Hs, Tp) obtenus pour les trois
niveaux de marée de basse mer, mi-marée et pleine mer.
Les résultats présentés ici concernent le cas d’un flotteur pilonnant d’une demi-largeur de 2,5 m et
d’un coefficient PTO adaptatif (tableaux 6 à 8).

Basse mer Cpto optimum 18000 23000 28000 33000


Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17
5,5 6,5 15,40 19,03
4,5 5,5 10,47 12,94 15,41
3,5 4,5 7,59 9,17 10,48 11,79
2,5 3,5 4,76 6,32 7,87 8,02 8,17
1,5 2,5 2,43 3,74 5,04 6,57 5,56 4,71
0,5 1,5 1,12 1,59 2,06 4,07 6,08

Tableau 6 : Puissances obtenues à basse mer (en kW)


(niveau de marée : 1,45 m, demi-largeur : 2,5 m, PTO adaptatif)

Mi-Marée
Cpto optimum 18000 23000 28000 33000
Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17
5,5 6,5 21,29 12,81
4,5 5,5 27,15 17,19 10,08
3,5 4,5 21,18 22,33 13,09 7,35
2,5 3,5 12,65 15,08 17,51 8,99 4,62
1,5 2,5 5,16 7,07 8,98 12,69 4,89 1,88
0,5 1,5 2,01 2,47 2,93 4,55 6,17

Tableau 7 : Puissances obtenues à mi-marée (en kW)


(niveau de marée : 3,07 m, demi-largeur : 2,5 m, PTO adaptatif)

EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs 21


Pleine mer
Cpto optimum 18000 23000 28000 33000
Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17
5,5 6,5 31,15 20,50

4,5 5,5 38,19 25,07 16,34

3,5 4,5 30,07 29,47 18,99 12,19


2,5 3,5 20,21 20,48 20,75 12,91 8,03

1,5 2,5 0,21 5,55 10,89 12,03 6,83 3,88

0,5 1,5 0,00 1,56 3,17 3,53 3,89

Tableau 8 : Puissances obtenues à pleine mer (en kW)


(niveau de marée : 4,75 m, demi-largeur : 2,5 m, PTO adaptatif)

Énergie produite par le WEC

Énergie par niveau de marée


Avec les occurrences des climats de houle, il est ensuite possible, pour chaque niveau de marée, de
calculer l’énergie annuelle moyennée sur la période de 19 ans de la base HOMERE (tableaux 9 à 11).

Basse mer
Cpto optimum 18000 23000 28000 33000
Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17
5,5 6,5 0,33 0,55
4,5 5,5 0,43 1,01 1,13
3,5 4,5 0,33 1,19 2,13 1,27
2,5 3,5 0,36 0,88 2,49 2,82 1,01
1,5 2,5 0,23 1,15 2,13 5,14 2,75 0,55
0,5 1,5 0,27 1,37 2,78 5,00 2,19

Tableau 9 : Énergies obtenues à basse mer (en MWh)


(niveau de marée : 1,45 m, demi-largeur : 2,5 m, PTO adaptatif)

Mi-Marée Cpto optimum 18000 23000 28000 33000


Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17
5,5 6,5 0,46 0,37
4,5 5,5 1,11 1,34 0,74
3,5 4,5 0,91 2,90 2,66 0,79
2,5 3,5 0,95 2,11 5,55 3,16 0,57
1,5 2,5 0,49 2,17 3,80 9,93 2,42 0,22
0,5 1,5 0,49 2,13 3,95 5,59 2,22

Tableau 10 : Énergies obtenues à mi-marée (en MWh)


(niveau de marée : 3,07 m, demi-largeur : 2,5 m, PTO adaptatif)

22 EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs


Pleine mer Cpto optimum 18000 23000 28000 33000
Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17
5,5 6,5 0,67 0,59
4,5 5,5 1,57 1,96 1,20
3,5 4,5 1,29 3,83 3,86 1,31
2,5 3,5 1,52 2,86 6,57 4,54 0,99
1,5 2,5 0,02 1,70 4,61 9,42 3,37 0,45
0,5 1,5 0,00 1,35 4,28 4,34 1,40

Tableau 11 : Énergies obtenues à pleine mer (en MWh)


(niveau de marée : 4,75 m, demi-largeur : 2,5 m, PTO adaptatif)

Énergie moyenne annuelle


Cette énergie est déterminée en pondérant les tables d’énergies annuelles pour chaque niveau de
marée : pour un couple de houle (Hs, Tp), l’énergie moyenne correspondante équivaut aux énergies
de basse mer (pondérées d’un coefficient de 0.3), de mi-marée (pondérées d’un coefficient de 0.4) et
de pleine mer (pondérées d’un coefficient de 0.3), de manière identique à la méthode de la tranche 2
(Michard et al., 2016).

Cpto optimum 18000 23000 28000 33000


Tp (s) 5 7 9 11 13 15
Hs (m) 7 9 11 13 15 17
5,5 6,5 0,49 0,49
4,5 5,5 1,04 1,43 0,99
3,5 4,5 0,85 2,67 2,86 1,09
2,5 3,5 0,94 1,97 4,94 3,48 0,83
1,5 2,5 0,27 1,72 3,54 8,34 2,80 0,39
0,5 1,5 0,28 1,67 3,70 5,04 1,97
Tableau 12 : Énergies annuelles moyennées sur 19 ans (en MWh)
(demi-largeur : 2,5 m, PTO adaptatif, profondeur de 3 m CM)

Les résultats d’énergies annuelles montrent que le système à flotteur pilonnant produit le plus
d’énergie (8,34 MWh/an) pour le couple de houle (2 m, 12 s).
En sommant l’ensemble des énergies produites pour tous les couples de houle (Hs, Tp) de la table de
l’énergie moyenne annuelle, l’énergie annuelle est alors obtenue. Au point n°1, la somme des
énergies annuelles pour les différents couples de houle (Hs, Tp) permet de déterminer la production
globale annuelle, qui est de 53,8 MWh par unité de longueur de flotteur pilonnant.

Résultats énergétiques pour les différentes configurations


Cette production est directement liée à l’efficacité du système houlomoteur et aux optimisations
réalisées du coefficient Cpto et de la demi-largeur du flotteur. Les différents résultats obtenus sont
présentés ensuite, en mettant en valeur les meilleures optimisations du WEC (surlignés en jaune dans
les tableaux 13 et 14).

EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs 23


Résultats concernant l’optimisation du PTO
Avec une demi-largeur fixée à 0,75 m, l’utilisation d’un PTO adaptatif est en moyenne plus efficace de
+1,1 % comparée aux résultats obtenus avec un PTO fixe. Ce gain global, bien que faible, contribue à
l’optimisation du système (tableau 13).
Le gain est de 4,4 % pour le niveau de pleine mer et de 1,7 % pour celui de la basse mer. Par contre,
l’utilisation d’un PTO adaptatif apparaît moins efficace (-1,37 %) pour le niveau de mi-marée, ce qui
reste inexpliqué.

Demi-largeur l = 0,75 m

PTO adaptatif PTO fixe Comparaison


Coefficient de (Cpto=26000) Cpto adaptatif (vs) Cpto fixe
Pondération
par an η par an η par an η

Energie totale 34,37 MWh 34,4% 33,99 MWh 34,0% 0,38 MWh 1,1%

Energie (BM) 0,3 28,03 MWh 44,8% 26,81 MWh 42,8% 1,22 MWh 4,4%

Energie (Mi) 0,4 35,08 MWh 35,1% 35,56 MWh 35,6% -0,48 MWh -1,4%

Energie (PM) 0,3 39,76 MWh 29,0% 39,07 MWh 28,5% 0,69 MWh 1,7%

Tableau 13 : Résultats énergétiques obtenus pour les deux types de PTO


(adaptatif ou fixe) pour une demi-largeur de 0,75 m

Résultats concernant les différentes largeurs de flotteur


Ces résultats montrent l’importance de la demi-largeur du flotteur (i.e. sa largeur).

Coefficient l=2m l = 2,5 m l=3m l=4m


de
Pondération par an η par an η par an η par an η

Energie totale (en MWh) 53,03 53,1% 53,76 53,8% 53,32 53,4% 52,43 52,5%

Energie (BM) (en MWh) 0,3 38,92 62,2% 39,48 63,1% 38,99 62,3% 44,35 70,9%

Energie (Mi) (en MWh) 0,4 56,54 56,6% 57,03 57,1% 56,37 56,4% 51,53 51,6%

Energie (PM) (en MWh) 0,3 62,47 45,6% 63,69 46,4% 63,59 46,4% 61,70 45,0%

Tableau 14 : Résultats énergétiques obtenus pour les différentes demi-largeurs de flotteur avec un PTO adaptatif

La demi-largeur de flotteur de 2,5 m permet de produire une énergie totale annuelle de 53,76 MWh, la
plus importante, correspondant à un rendement de 53,8 %. Pour cette demi-largeur de flotteur, le
rendement est optimum à pleine mer, avec un rendement de 63,1 %.
En comparant ce rendement obtenu avec celui d’une demi-largeur de 0,75 m, le système dans cette
configuration (PTO adaptatif et l = 2,5 m) est capable de produire 23,9 MWh en plus, au niveau de
pleine mer, par an. L’ensemble des résultats est présenté en annexes (3.1 à 3.10).

Remarque importante
Ces résultats, issus d’une modélisation en 2D, sont obtenus par unité de longueur de flotteur
pilonnant, c’est-à-dire pour 1 m de longueur de flotteur. Pour obtenir des résultats plus tangibles, une
longueur de 5 m est choisie, multipliant de ce fait la quantité d’énergie produite par 5. Cela permet, de
produire au point n°1 positionné près de la digue une énergie totale de 268,8 MWh/an.

24 EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs


Le sur-coût occasionné par cet allongement peut être négligeable au vu du coût relativement faible
des matériaux constitutifs du flotteur, et permet donc de diviser par 5 le coût de production de
l’énergie.

4.2. Coût de l’énergie


Le coût de l’énergie est estimé en rapportant l’ensemble des coûts sur une durée de 20 ans, à la
production annuelle totale sur cette même durée, avec un taux d’actualisation retenu de 10 %
(cf. paragraphe 1.4). Les résultats obtenus pour les différentes configurations sont regroupés dans le
tableau 15.
Pour un WEC de type flotteur pilonnant de 5 m de long, d’un coût initial de 1 M€ incluant le coût
d’installation et de démantèlement, le coût de l’énergie la moins chère est de 360 €/MWh. Ce flotteur
est donc le plus performant dans la configuration de 5 m de long, avec une demi-largeur de 2,5 m, un
tirant d’eau de 0,75 m et un dégagement de 3 m par rapport à la digue.

Calculs communs avec un taux d'actualisation retenu de 10% sur une durée de 20 ans

Coût du WEC (CAPEX + démantèlement) 1 M€


Coût d’entretien et de maintenance (OPEX) par an 100 k€
Durée d’exploitation 20 ans
Soit un coût total (CAPEX + OPEX + démantèlement) de : 1,94 M€

Résultats pour les différentes configurations PTO fixe PTO adaptatif PTO adaptatif
de Cpto et de demi-largeurs 10% l = 0,75 m l = 0,75 m l = 2,5 m

Energie totale sur la durée d’exploitation (20 ans) 3398,82 MWh 3437,11 MWh 5376,30 MWh

Coût de l’énergie pour un flotteur de 5 m de long (COE) 570 €/MWh 563 €/MWh 360 €/MWh

Taux d’actualisation : 15% PTO adaptatif PTO adaptatif PTO adaptatif


l=2m l=3m l=4m

Energie totale sur la durée d’exploitation (20 ans) 5303,32 MWh 5332,22 MWh 5242,59 MWh

Coût de l’énergie pour un flotteur de 5 m de long (COE) 365 €/MWh 363 €/MWh 369 €/MWh

Tableau 15 : Résultats des coûts énergétiques pour différentes configurations, sur


une durée d’exploitation de 20 ans (taux d’actualisation de 10%)

A titre de comparaison, en mettant en place un système sur une durée d’exploitation de 30 ans, le
taux d’actualisation retenu est réduit à 8 %, et l’énergie la moins chère obtenue revient à 275 €/MWh
(tableau 53 en annexe 3.10) pour un système à flotteur pilonnant d’un coût initial de 1 M€.

En augmentant de 10 ans la durée d’exploitation du WEC, cela diminue de 23,6 % le coût de l’énergie
produite. L’influence de la durée d’exploitation est très visible (figure 11).

EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs 25


Coût de production de l'énergie [€/MWh] 600

Exploitation sur 20 ans, flotteur long de 5 m


550
Exploitation sur 30 ans, flotteur long de 5 m
500

450

400
360
360
350

300
275
275
250
0,50 0,75 1,00 1,50 2,00 2,50
2,50
2,50 3,00 3,50 4,00

Demi-largeur du flotteur [m]

Figure 11 : Représentation du coût de production de l’énergie en fonction de la demi-largeur du


flotteur, suivant la durée d’exploitation (20 et 30 ans) et la longueur du flotteur

Les coûts d’énergie sont calculés en ne prenant en compte que la mise en place d’une seule unité de
production. Avec la création d’un parc de 20 unités de systèmes houlomoteurs devant la digue
d’Esquibien, il pourrait être possible de mutualiser les coûts d’installation et de maintenance, réduisant
ainsi le coût de l’énergie (Lehmann, 2017).

26 EMACOP S2 : Analyse économique de la production d’énergie renouvelable de systèmes houlomoteurs


157

Bibliographie

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