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Techniques d'Expression Écrite et Orale

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INTITULE DU MODULE :

TECHNIQUES D’EXPRESSION
ECRITE ET ORALE (TEEO)
Niveau : Licence I
Chargé de cours :
Dr Steven Benjamin BIRBA
Spécialité :
Littératures Africaines/Littératures
d’Enfance et de Jeunesse
Contacts : [email protected]
WhatsApp : 00226 78 88 79 91
PREMIÈRE PARTIE :
TECHNIQUES
D’EXPRESSION ORALE
(Techniques de maîtrise de la prise de la parole en public)
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA COMMUNICATION

1.1 – Définition

La communication, c’est l’action d’être en relation avec (quelqu’un), c’est


l’action de faire partager. Alors communiquer suppose un Emetteur et un
Récepteur (auteur / lecteur). Un acte de communication les relie. L’ensemble
(Emetteur – Récepteur - Acte de Communication) est inscrit dans une situation de
communication. Il y en a de multiples sortes : élèves et professeur dans un cours
sont en situation d’enseignement ; quelqu’un qui regarde le journal télévisé est en
situation d’information.

Dans le cas d’un roman, l’émetteur est l’auteur qui écrit une histoire au profit du
récepteur – lecteur.

Nota bene : On ne communique pas uniquement par le langage :


- le silence peut être une forme de communication ;
- les gestes sont une communication ;
- les déplacements et les placements sont une communication.
Pour qu’il y ait communication, l’émetteur et le récepteur doivent pouvoir entrer
en contact en utilisant un canal de communication quelconque (voix, écrit, geste,
…) Ils doivent disposer d’un code commun.

1.2. Éléments de la situation de communication

1.2.1 - L’émetteur
C’est celui qui prend l’initiative de la communication, d’envoyer un message,
c’est celui qui code le message. Dans le cas de la communication verbale, on
l’appelle le locuteur.
1.2.2. Le message
C’est l’ensemble de signes plus ou moins bien organisés, plus ou moins clairs,
que l’émetteur envoie vers le récepteur par un canal. En d’autres termes, c’est
l’information, le texte, le discours transmis. Exemple : une lettre, une conversation
téléphonique, une œuvre littéraire, …

1.2.3 – Le récepteur (lecteur)


C’est comme le nom l’indique, celui qui reçoit le Message, celui qui décode. Dans
le cas de la communication verbale, on l’appelle l’interlocuteur. Il peut bien sûr
devenir Emetteur (Locuteur) à son tour.

1.2.4 – Le canal
C’est la voie de transmission du Message. On peut le définir par l’ensemble des
sens qu’il mobilise (vision, ouïe, tact, olfaction, …) et opérer une première
classification des messages selon qu’ils empruntent :
- le canal visuel (dessins, images fixes ou animées, écriture, …)
- le canal sonore ou auditif : parole, musique, bruit, …
- le canal olfactif : odeurs, parfums, …
- le canal tactile : pressions, chocs, effleurements (exemple : se serrer la main), …
1.2.5 – Le code
C’est un ensemble de signes et de règles de combinaison de ces signes, que
l’émetteur (le locuteur) et le Récepteur (Interlocuteur) doivent avoir le plus en
commun pour communiquer efficacement.

Exemples :

- Les panneaux sur le bord des routes ne sont compréhensibles que si nous
connaissons le code de la route ;
- Une conversation entre sourds n’est pas possible pour quelqu’un ne connaissant
pas le code gestuel particulier qu’ils utilisent pour communiquer ;

- Une langue, c’est un code hautement élaboré utilisant un grand nombre de signes
(les mots), avec des règles de combinaison complexes. Ce code est susceptible
d’emprunter deux canaux : le canal oral (parole / audition), et le canal visuel
(écriture / lecture). On pourra parler de code oral et de code écrit.

Remarque : Ces deux codes ont chacun leurs règles. Ils ne se recouvrent
nullement : un message oral véhicule parfois des informations que sa
transcription écrite ne conserve pas, et inversement.

1.2.6 - Le référent

Il pourra être défini comme la réalité non linguistique (objet, événement, thème,
situation) à laquelle, globalement le message linguistique fait référence. En
d’autres termes, c’est ce sur quoi porte la communication, le contexte dont il est
question, le thème du message.

Dans tout acte de communication ces éléments sont solidaires. Mais selon ses
caractéristiques propres, un message fait plus ou moins appel à six (6) fonctions
principales du langage, correspondant aux six (6) éléments présents dans un acte
de communication. Celui qui émet un message utilise ces fonctions selon
l’importance qu’il accorde à tel ou tel élément de la communication, avec des
intentions ou des objectifs particuliers destinés au récepteur du message. Recevant
le message, ce dernier est sensible aux différents choix faits par l’émetteur. S’il
les perçoit clairement, il peut les analyser.
1.3. Fonctions du langage (Pourquoi s’exprimer ?)

L’acte de communication répond à six (6) intentions de l’émetteur du


message :
- se référer à la réalité ;
- dire ce qu’il en pense ;
- interpeller le destinataire ;
- lui faciliter la perception du message ;
- expliquer certains mots ;
- enfin, créer du plaisir.

1.3.1. Fonction référentielle (présenter la réalité)


La fonction référentielle est prédominante lorsque l’élément essentiel du
message concerne le référent, l’information à laquelle il renvoie. C’est la fonction
que nous utilisons pour donner une information, rapporter objectivement un
événement, décrire la réalité (que cette réalité soit présente ou absente au moment
de l’émission du message).

Exemples : textes scientifiques, techniques, notes, notices, rapports, récits,


témoignages.

- Dans un article scientifique, la description d’une expérience, l’exposé des


résultats obtenus, font avant tout appel à la fonction référentielle.

- Dans un quotidien, une brève du type « La terre a tremblé au Japon le 23 Janvier


1995 » se limite à une information qui ne dépend ni de l’émetteur ni du
destinataire, et qui fait référence à une réalité non linguistique.
Les indices utilisés sont généralement : des indications de lieu et de temps, des
précisions numériques, l’emploi de la troisième (3è) personne et de pronoms
neutres (ceci, cela à l’écrit, ça à l’oral).

1.3.2. Fonction expressive (exprimer des idées et des sentiments)

La fonction expressive est reconnaissable au fait que dans le message,


l’accent est mis sur l’émetteur, sa subjectivité, ses sentiments, ses opinions, ses
émotions. Cette fonction est perceptible à la prédominance de la première (1ère)
personne à travers les pronoms personnels (« je », « me », « moi »), et les pronoms
et adjectifs possessifs qui l’expriment. Elle est particulièrement présente dans les
textes autobiographiques, les lettres personnelles, …

Exemples :

- Un cri de douleur est un exemple presque pur de fonction expressive ;

- Une lettre d’amour utilise en général largement la fonction expressive.

1.3.3. Fonction conative (ou Impressive) (interpeller et impliquer)

On parle de fonction conative (ou impressive) lorsque, dans le message, se trouve


mise en relief la présence du destinataire (ou récepteur) du message, que
l’émetteur cherche à toucher, à convaincre, à persuader. L’emploi de la seconde
personne (« tu », « te », « toi », « vous ») souligne l’interpellation du destinataire
et la volonté de l’atteindre à travers le message, d’obtenir qu’il fasse une action,

Exemples : Lettres officielles, tracts, discours politiques, modes d’emploi, textes
publicitaires.

Un impératif (Ferme la porte !), l’expression d’un ordre, une interrogation visant
à obtenir une réponse, en sont des exemples presque purs.

1.3.4. Fonction phatique (ou de Contact) (faciliter la communication)

L’accent est mis sur le Canal et sur tout ce qui peut éviter à la
communication d’être rompue. Alors, pour être mieux compris, l’émetteur doit
assurer de bonnes conditions matérielles et physiologiques de transmission du
message et de maintien du contact avec son destinataire. C’est la fonction
phatique.

Exemples : article de presse, notices explicatives, manuels scolaires.

Cette fonction est particulièrement reconnaissable à la présence de petits mots


utilisés pour maintenir la communication, à la ponctuation et aux articulations
logiques et chronologiques de la langue écrite, à la simplicité de la phrase, aux
interjections de la langue orale.

Exemple : à l’oral ; euh, hein, bon, le « allô » téléphonique.

Les salutations (comment allez-vous ?, au revoir !) ne véhiculent aucun contenu


référentiel, elles ouvrent et ferment le canal de la communication.

Dans un cours, les « Vous me suivez ? », « Ecoutez-moi bien » sont là pour vérifier
que la communication n’est pas interrompue.

La fonction phatique est par excellence la fonction sociale du langage.


1.3.5. Fonction métalinguistique (définir ses mots)

Lorsque l’interlocuteur risque de ne pas comprendre certains mots, il faut


les définir. La fonction métalinguistique assume ce rôle : expliquer un mot
inconnu avec des mots connus.

Exemples : dictionnaires, manuels scolaires, écrits scientifiques et techniques.

Les indices présents sont : emploi de formules introduisant (c’est-à-dire, en


d’autres termes, définition, …)

C’est par exemple le cas quand, employant le mot « panégyrique », présentant que
mon interlocuteur ne le connaît pas, je précise « « panégyrique », enfin, je veux
dire, un véritable éloge … »

La fonction métalinguistique est donc centrée sur le code.

1.3.6. Fonction poétique (créer un plaisir esthétique)


La fonction poétique intervient lorsque dans l’élaboration d’un message, c’est le
message lui-même qui est valorisé dans sa forme, devenant ainsi un « objet
esthétique » que l’on cherche à rendre original, riche, beau, travaillé.

Elle apparaît aussi bien dans la prose que dans la poésie.

Les indices présents dans le texte sont : choix de mots chargés de connotations
(sens seconds, symboliques), figures de style, jeux sur les sons ou les lettres, …

Exemple : juxtaposition de sons proches et difficiles à prononcer ensemble : Les


chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches?
Remarque : Un message cumule en général plusieurs fonctions du langage, en
exploitant particulièrement l’une ou l’autre. L’important, en analysant un
message, est de cerner quelles sont les fonctions dominantes, et comment elles
apparaissent.
CHAPITRE II : LA COMMUNICATION VERBALE
Cette communication repose sur l’usage du mot et partant de la parole.
2.1. Les éléments de la communication verbale
Les éléments de l’expression orale sont : le naturel, le style, la mélodie ou
l’intonation, la précision.

2.1.1. Le naturel
En expression orale, aucun homme n’est plus à l’aise que celui qui se
retrouve dans tous ses aspects naturels. On peut dire que le naturel est la simplicité
qu’il ne faut pas confondre avec la vulgarité, un défaut à éviter. On est naturel
quand on n’est ni crispé ni stressé et plus sobre que pédant. Voici quelques
conseils pour être naturel :

- Eviter la manie, ici verbale ; éviter ce qui n’est pas habitudes, ce qui n’est pas
de la vraie nature. (Exemple : heu ! … / les petits mots comme « N’est – ce pas
hein » / Le ton européen = choguebiter/…) ;

- Appliquer les règles d’expression orale étudiées à l’école (depuis le primaire =


récitation) : la gestion de l’air pour toujours garder le souffle, le débit ;

- Les gestes et la posture importent : * les gestes : ordonnés, pas stéréotypés, justes
… * la posture : polie, sage, simple … . Un élément influençant la posture :
l’habillement ; il est fonction de l’âge, du métier, du milieu, des circonstances, de
l’auditoire ou de l’interlocuteur …

2.1.2. Le style
Le style est la manière de s’exprimer de l’orateur propre à lui seul. Il est
donc l’élément caractéristique de reconnaissance du locuteur dans la façon de
parler. Le style oratoire est toujours propre à un individu. Que celui-ci s’évertue
à imiter une idole, il se trahira quelque part et l’oreille d’un averti dira : « Il parle
comme tel orateur ! Mais voilà sa part stylistique ! » Le style n’est donc jamais
pour deux individus pour grande que soit la ressemblance. Ainsi chaque écrivain
a son style. Pour le lire ou déclarer ou aussi mimer, il faut maîtriser son style afin
de le rendre fidèlement quoique la fidélité ne soit pas l’incarnation réelle. On ne
lit pas une oraison de Bossuet comme on lirait un conte ; déclamer Pierre Corneille
c’est rendre les différentes émotions ou incarner autant qu’on peut les sentiments
que vivent les personnages.

En somme pour réussir le style il faut respecter toutes les règles de la diction.

2.1.3. La diction
La diction se compose des éléments suivants : la prononciation, le débit
et la ponctuation.
2.1.3.1. La prononciation
Tout locuteur recherche la bonne prononciation car elle est révélatrice de
beaucoup de qualités mais aussi de défauts = - Le niveau intellectuel : soutenu ou
châtié, courant, familier - L’origine : ethnie moaga, pays sénégalais, langue
maternelle, classe bourgeoise, intellectuel ou illettré (manzé, moizè diqué, village,
pli rien bonzon Missé, tarwaillé …) - Les difficultés de prononciation engendrent
parfois celles de l’orthographe.

2.1.3.2. L’articulation
L’articulation est surtout liée à la netteté des sons, des syllabes, des mots. Elle
exige que le locuteur sache mettre à l’œuvre l’articulation ou la mobilité de ses
mâchoires. Partant il y a parfois d’autres phénomènes extérieurs qui interviennent
et rendent défectueuse l’articulation : le gêne, l’artificiel (mali ou se faire voir), la
presse (parler les mâchoires serrées …)

2.1.3.3. Le débit
Le débit est le rythme ou la vitesse de la diction. Il faut savoir choisir le
rythme idoine. Il peut être :

- Lent, calme avec des pauses : il exprime l’autorité, la solennité, la gravité.


- Rapide, précipité signifie le dynamisme, mais aussi la colère, l’empressement
ou la gaieté.

- Lent ennuie, endort ou agace.

Pour un bon débit il faut savoir respecter les pauses.

2.1.3.4. La ponctuation
La ponctuation régule le discours et lui permet d’avoir du sens. Elle est pour
le texte ce qu’est le code de la route pour la circulation. Sans elle le discours est
embrouillé comme une voie de la circulation où il y a embouteillage par manque

de feux tricolores dans une grande ville. (En expression écrite on verra les signes
de ponctuation et leurs rôles respectifs).

2.2. L’exposé oral


L’exposé oral est aussi complexe que les entrailles d’un labyrinthe. Qu’il soit
individuel ou en groupe, il exige autant d’efforts continus avant et pendant
l’exécution de la tâche demandée. Cette complexité ou cette exigence permet de
comprendre la notion des travaux destinés à l’exposé : lorsque les exposants ont
respecté les consignes du travail demandé, ils ont du mérite ; et quand ces mérites,
par surprise agréable, va au – delà des attentes, on parle d’excellence pour le
travail abattu. Que l’exposé soit individuel ou en groupe, il comporte deux (02)
étapes très importantes : la préparation et l’exécution.

2.2.1. La préparation
La préparation est le temps avant l’exécution : Ce temps peut être bref ou
long. La longueur est fonction de beaucoup de paramètres :

- La complexité ou la simplicité du sujet de travail ; - La maîtrise et la non maîtrise


du sujet ; - La disponibilité du travailleur devant exposer ; - La disponibilité du
matériel nécessaire au travail ; ou l’accessibilité - Etc.
Partant de ces observations, on peut distinguer les étapes suivantes dans la phase
préparatoire : le ou les exposants (s) et la préparation matérielle.

1. Le ou les exposant (s)

Lorsque l’exposé est individuel il a moins de contraintes sur beaucoup de


plans, pour l’exposant, que le travail de groupe. Seul, on peut travailler comme
l’on veut, quand on veut, où l’on veut …

On ne choisira jamais un sujet hors de sa portée. On n’a d’explication idée, de


vocabulaire à donner à personne. On ne s’en prendra à personne car on est hors
portée de frottement humain, etc.

Toutes les exigences ci-dessus citées doivent être prises en compte dans le travail
de groupe. Alors l’idéal serait que tout groupe soit désiré ou soit l’œuvre de soi
c’est – à dire qu’on l’intègre librement. Mais les circonstances dans la vie dictent
aussi leurs lois et par expérience on sait que la plupart des travailleurs ont des
coéquipiers que l’entreprise employeuse ou qu’un supérieur leur impose.

Les règles de conduite d’un travail d’équipe sont non seulement illimitées mais
aussi peuvent être élaborées par chaque groupe avec pour seul but la réussite pour
tous.

Citons quelques règles de conduite dans aucun ordre d’importance :

- La ponctualité

– Le respect de soi

- Le respect des autres membres du groupe

- L’acceptation des différences de tous genres : ethnies, idées surtout, de


comportements, … éviter l’antipathie

- Faire concession
- L’adhésion aux idées adoptées par le groupe quand bien même on pense le
contraire

- Choisir si possible le sujet de travail par consensus et la portée de tous

- La participation effective de tous

- Organiser le groupe : un chef qui donne ou retire la parole, un gardien du temps


du temps, une secrétaire …

- La charité voir solidarité du groupe doit conduire les éléments à se prêter secours
ou les documents (insister sur les risques de perte, vol …) et à informer les autres
sur tous les sites ou bibliothèques nécessaires …

2. La préparation matérielle

Avoir tout le matériel nécessaire : documents, lien de travail, temps matériel


de travail (accorder au travail le temps qu’il faut : pas plus et surtout pas moins)

- Bien organiser le travail surtout fini : connaître les grandes étapes d’exécution

- Répartir les tâches : chacun doit maîtriser la sienne mais le travail entier doit être
remis à chaque membre du groupe.

- Préparer le lieu d’exécution de l’exposé : table ou chaises (surtout s’il y a un


grand public) ornement, camera, sonorisation …

- Prévoir le matériel vestimentaire (pas impudique, pas trop luxueuse qui distrait,
pas négligent …

- (a compléter par les étudiants)…

Conclusion : La réussite d’un exposé dépend surtout de sa préparation.

2.2.2. L’exécution

Le jour de l’exposé on note deux (02) étapes : le temps de livraison de l’exposé


et le temps des échanges ou des débats.
 Le temps de livraison

Pendant la livraison il y a des qualités à posséder mais des défauts à éviter.

- Accrocher rapidement son auditoire en introduisant clairement le sujet c’est – à


dire faire savoir de quoi on va parler, pourquoi et comment (c’est le plan) …

- L’attitude : il y a plus à dire sur l’attitude que les autres qualités ; on ne peut tout
dire et il y a surtout la possibilité d’innover. Parlons – en en quelques mots : la
manière de s’arrêter (commenter = délinquant) le regard négligent ou haut, bas,
fixe (…), l’attitude est liée à l’habillement … la manière de s’asseoir …

- La lecture = bonne, maîtrisée, pas crispée …

- Le groupe doit suivre avec grande attention ce qui est dit = faire la même tâche
ensemble, c’est – à – dire l’un n’écrit pas pendant qu’un autre parle ; l’un n’est
pas assis et l’autre debout … - Etc.

 Les débats

- Donner au public si besoin est, quelques règles de conduite ou un rappel de


bonne conduite : cf. les grandes conférences où toutes les questions sont posées
d’abord plus réponses mais nous c’est du tic au tac … Rappel du respect mutuel,
du silence, rire en intellectuel …

- Eviter les contradictions internes : ne pas ramener celles qui ont eu lieu pendant
la préparation.

- Eviter de s’emporter même face à une provocation ; avoir la maîtrise de soi.

- Qu’un seul membre ne répond pas aux questions ; rappeler cela aux bavards ou
trop connaisseurs.

- Convaincre et non jouer sur les sentiments ou non laisser deviner (cf. la
soutenance mais ne pas dire le nom …)

- Acquérir l’approbation du jury et ou du public - Etc. … (à compléter).


2.2.3. Les conseils pratiques

Nous sommes à la fin de la partie théorique mais certains étudiants peuvent


toujours se poser des questions inquiétantes dont voici quelques unes :

- Apprendre ce cours par cœur conduit – il de façon magique à la maîtrise de


l’expression orale ?

- Lire les auteurs théoriciens de l’expression orale offre – t – il comme par magie
la maîtrise de l’art de parler ?

Il y a un paradoxe : tous ceux qui se posent de telles questions savent très bien les
réponses en ce sens qu’ils n’ignorent point qu’en science, rien n’est magique c’est
– à dire ne s’obtient sans des efforts possibles d’être expliqués et démontrés. Pour
être clair, affirmons que ces étudiants ont peur de ces efforts, peur qui plonge dans
ces inquiétudes que nous avons évoquées ci – dessus. Pour ces raisons nous
proposons des conseils issus de notre expérience en vue d’estomper ces
inquiétudes par de petits efforts mais permanents. Cette permanence va à la
longue, instaurer en eux une seconde nature et l’automatisme.

1er conseil : lire mais surtout de la bonne manière c’est – à – dire avec un crayon
à la main pour relever les mots inconnus, intéressants et les belles tournures et /
ou figures.

2e conseil : profitez de votre situation d’étudiant qui a mille chances d’étudier


plusieurs matières différentes par jour et chacune avec son bagage de vocabulaire
parfois spécifique. Chaque vocabulaire inconnu de chaque matière doit être une
occasion pour vous d’accroître votre lexique personnel ; n’apprendre aucune
leçon sans en maîtriser tous les termes employés à en faire vôtre.

3e conseil : la situation de fonctionnaire que vous connaissez ou connaîtrez


entraîne très souvent au laxisme, à la paraisse, aux vices. Faites la différence avec
les vicieux et cultiver en vous des qualités tel le maintien d’un bon niveau
intellectuel grâce à l’enrichissement de votre répertoire lexical.

4e conseil : tout vocabulaire que vous n’employez pas dans votre langage
quotidien est d’office voué à l’oubli.
CHAPITRE III : LA COMMUNICATION NON VERBALE

La communication corporelle non-verbale peut se définir comme les


signaux, ensemble ou séparément, transmis par la posture, les gestes, les
expressions et les mouvements volontaires ou involontaires en communiquant
avec quelqu’un. En d’autres termes, c’est ce que l’on appelle la communication
non verbale. Toutefois, il convient d’observer que cette dernière va au-delà du
corps humain.

3.1. Importance de la communication corporelle non-verbale

Dans son ouvrage Manuel du Langage Corporel. Comment analyser les gens,
lire leur communication non verbale et se défendre facilement contre les
techniques de manipulation1, Robert Mercier distingue au moins trois raisons
essentielles liées à la connaissance du langage corporel et à la compréhension de
la communication non verbale.

- Relation entre le locuteur et son corps

A travers votre corps, c’est avec vous-même que vous communiquez : le corps,
l’esprit et les émotions constitue une même entité. De même que les émotions
influencent vos mouvements, vos expressions et votre posture, les mouvements,
les expressions et la posture influencent à l’inverse vos émotions. Avez-vous déjà
été un peu déprimé et après une course, une promenade, ou même juste une
douche ou un bain chaud, vous aviez bien meilleur moral ? Il s’agit d’une
démonstration simple de la manière dont le corps influence les émotions et les
humeurs. Mais il y a plus : adopter une posture qui montre force et courage vous
rend force et courage. Changer votre physiologie, même quelques instants, peut
vous aider à vite changer d’humeur.

1
Robert Mercier, Manuel du Langage Corporel. Comment analyser les gens, lire leur communication non verbale
et se défendre facilement contre les techniques de manipulation1, Copyright 2021 de Robert Mercier. Tous droits
réservés.
- Au délà du mot, le langage corporel

Les sentiments, le regard, le ton de la voix, la respiration, le tonus musculaire


constituent autant d’outils de communication très utiles, souvent bien plus forts et
importants que les mots. Ils sont beaucoup plus instinctifs, tant au niveau de
l’ « émission » que de la « réception » : à un niveau instinctif, en effet, vous
émettez des messages riches de sens avec votre corps qui échappent à la
conscience de l’émetteur comme du récepteur. Vous voyez quand vous rencontrez
quelqu’un pour la première fois ? Vous ne savez encore rien de lui, à un niveau
rationnel tout semble normal, il est poli, gentil, dit des choses intéressantes et
justes mais…vous n’êtes pas convaincu et vous ne pouvez pas dire pourquoi. Eh
bien, de toute évidence, votre intuition et votre inconscient perçoivent quelque
chose qui ne colle pas dans le langage corporel de cette personne. C’est pour cette
raison que vous devriez écouter votre instinct et votre inconscient et ne pas
chercher à sortir avec des personnes qui ne vous conviennent pas du tout. Ainsi,
simuler une humeur ou une émotion ne mène jamais bien loin : la vérité transparaît
et le corps la révèle, le langage corporel la manifeste dans toute son évidence. Il
est toujours préférable d’être soi-même que de faire semblant, ce qui sera toujours
vain. Il est aussi très important de cultiver sa bonne humeur, sa sérénité et ses
pensées positives : les personnes de valeur peuvent sentir la négativité à des
kilomètres… et la fuir !

- Le langage corporel source de compréhension des autres

Enfin, il est bon d’apprendre à comprendre le langage corporel car vous pourrez
mieux comprendre les autres, leurs réactions et parfois même leurs intentions.
Pour en revenir au sujet évoqué plus haut à propos de votre inconscient et de votre
intuition, une bonne connaissance du langage corporel vous permettra d’expliquer
certains de vos sentiments apparemment inexplicables. Il faut savoir que oui, vous
pouvez effectivement “contrôler” les facteurs liés au langage corporel et à la
communication non verbale. Nous pouvons en effet transmettre confiance,
crédibilité, bonne humeur, autorité, en utilisant le langage corporel et nos
mouvements comme un véritable outil de communication. Soulignons qu’un
langage corporel positif, sans message exprimé par des mots, n’est en aucun cas
suffisant, tout comme, à l’inverse, une bonne communication verbale sans
éléments physiques de soutien peut prêter à confusion. C’est généralement le cas
lorsque vous parlez d’une certaine façon alors que votre corps communique une
autre émotion.

3.2. Les types de communication corporelle non-verbale

Il est possible de diviser la classification de la communication non verbale en trois


importantes catégories :

La Kinésique :

Il s’agit du langage corporel impliquant les expressions du visage, les gestes et les
mouvements.

Le Paralangage :

Ce sont les ressources mobilisées pour modifier le son de la voix.

La Proxémique :

Il s’agit de l’utilisation de l’espace physique pendant la communication.

3.2.1.La kinésique

L’encyclopédie Treccani définit la kinésique comme : « L’étude de la


communication non verbale (ou paralinguistique) et, surtout, celle qui se
manifeste par des mouvements, des gestes, des postures, des mimiques du corps,
de manière volontaire ou involontaire. Il s’agit notamment de codes de
communication anthropologiques, culturels ou artificiels, tels que les gestes de
courtoisie ou de mépris, des gestes des différentes traditions théâtrales, des gestes
oratoires, le mime, le langage gestuel muet des moines cloîtrés, des sourds-muets,
les façons de boire et de manger, l’étiquette et ainsi de suite ». Toutefois,
l’expression « communication kinésique » se réfère au terme technique qui décrit
le langage corporel, c’est-à-dire les actions du corps lui-même pour communiquer
à travers ses mouvements. La communication kinésique est donc une forme de
communication non verbale, une des multiples façons de communiquer de
manière non verbale. Et la communication non verbale n’est qu’un des processus
de transmission de messages qui n’implique pas l’utilisation de l’écriture ou de la
parole. Lorsque vous parlez, vos mots ne transmettent qu’une partie du message.
Vos gestes, vos expressions de visage et votre posture corporelle finissent
également par avoir une influence importante sur le message que vous
transmettez. La communication kinésique concerne ce que fait votre corps lorsque
vous communiquez réellement avec les autres.

3.2.2. Le paralangage

Pendant que vous parlez, votre interlocuteur “lit” votre voix en plus
d’écouter ce que vous dites. Vous devez savoir que les facteurs auxquels les autres
personnes prêtent attention pendant la communication incluent le temps et le
rythme, mais aussi le volume de la voix, fort ou faible, ainsi que le ton et les
inflexions. Il n’y a pas que les mots qui attirent l’attention, mais aussi le ton, le
volume, la qualité, l’intonation et les pauses de la voix. Certains chercheurs
incluent aussi certains phénomènes non vocaux dans la définition du paralangage,
comme les expressions du visage, les mouvements des yeux, les gestes de la main,
etc. Il ne faut pas non plus négliger que toutes les cultures n’interprètent pas ces
signaux non verbaux de la même manière. Comme vous pouvez l’imaginer, cela
peut être déroutant lorsque des personnes issues de milieux culturels différents
essaient de communiquer entre elles. Un exemple ? En Arabie Saoudite, parler
fort donne un sentiment d’autorité tandis que parler doucement donne une
impression de soumission. Les Américains, en revanche, sont très souvent perçus
comme impudiques par les Européens à cause du volume de leur voix. En ce qui
concerne la langue finlandaise, le fait que les autochtones la parlent beaucoup plus
lentement que les autres langues européennes a conduit le reste du monde à avoir
une perception erronée du peuple finlandais, qui est lui-même considéré comme
“lent” pour cette raison.

3.2.3.La proxémique

Edward Twitchell Hall, anthropologue américain, est l’inventeur du terme


“proxémique”. La proxémique est l’étude de l’espace et des distances entre les
interlocuteurs lors d’une communication. Hall, dans ses études, a constaté que la
distance entre les personnes (en termes psychologiques : affinité, complicité,
degré de confiance, sentiment mutuel) est corrélée à la distance physique,
définissant et mesurant quatre “zones” interpersonnelles : La distance intime (de
0 à 45 cm) : entre personnes très proches et confiantes, comme deux personnes
amoureuses ; La distance personnelle (de 45 à 120 cm) : caractérise la
communication entre amis, par exemple ; La distance sociale (de 1 à 3,5 mètres)
: entre simples connaissances, ou dans la relation formelle enseignant-élève ; La
distance publique (plus de 3,5 mètres) : généralement utilisée dans les interactions
entre inconnus. Edward Hall lui-même a toutefois souligné que ces distances
doivent être entendues comme idéales, elles sont influencées par la culture et ne
doivent pas être considérées comme universelles : la proximité optimale pour se
sentir à l’aise avec d’autres personnes est souvent subjective et varie en fonction
des degrés de confiance, fortement influencée par des facteurs liés au
tempérament et à la culture de chacun. Par exemple, les personnes d’origine et de
culture arabes préfèrent être très près les unes des autres pour se parler, alors que
les Nord Américains, les Européens et même les Asiatiques souhaitent
généralement maintenir une plus grande distance au cours d’une interaction
communicative. En Inde, la norme sociale veut que les personnes de castes
différentes maintiennent entre elles des distances spécifiques et inviolables. Selon
Hall, le sexe influe également sur la proxémique, les hommes étant plus à l’aise à
côté de l’interlocuteur, tandis que les femmes préfèrent être face à lui. La violation
de ces “zones” par l’un des interlocuteurs provoque toute une série de réactions
comportementales et émotionnelles chez l’autre : la personne qui se sent
“envahie” peut ressentir une gêne immédiate et essaye donc de dissimuler son
malaise en faisant comme si de rien n’était, mais on peut au contraire observer un
raidissement postural au niveau musculaire. On peut même observer une réaction
d‘“attaque” contre l’envahisseur, assortie d’une demande de respect strict des
distances. Il peut également y avoir une réaction opposée et contraire de “fuite”,
qui conduit la personne à reculer de quelques pas, peut-être discrètement, pour ne
pas offenser l’autre. Il vous arrive sûrement, presque par inadvertance, de passer
devant quelqu’un et de vous excuser automatiquement : cela n’est normalement
considéré que comme de bonnes manières, mais l’objectif est d’empêcher une
gêne ou un malaise chez la personne dont vous avez envahi l’espace. En effet,
vous pouvez utiliser l’espace physique pour communiquer divers messages non
verbaux, notamment des signaux d’intimité et/ou d’affection, d’agression et/ou de
domination. L’espace vital L’espace vital est la distance maintenue pendant
l’interaction avec d’autres personnes. Il faut savoir que les conversations privées
entre deux personnes nécessitent une distance d’environ 45 centimètres, voire
moins, dans l’espace intime. Cette distance est généralement réservée à un cercle
très restreint de personnes avec lesquelles vous communiquez habituellement,
comme des conjoints, des parents, des amis de longue date ou des personnes en
qui vous avez confiance.

L’espace vital nécessaire augmente à mesure que l’intimité avec l’autre diminue.
La distance est ensuite adaptée en fonction de l’informalité de la conversation
elle-même. La distance sociale informelle est utilisée dans les situations
professionnelles telles qu’un entretien ou de petites réunions. La distance
publique, en revanche, est appropriée dans une présentation où l’on s’adresse à de
nombreuses personnes qui ne sont que vaguement ou pas du tout familières. Par
exemple, se pencher vers une personne peut aider à vous sentir plus confiant
envers celle-ci, mais vous devez prêter attention à ne pas trop vous approcher, au
risque d’être tout simplement inapproprié et impoli.

Notons que la communication corporelle non-verbale peut être positive ou


négative.

3.3. La communication non verbale corporelle positive

Tout le monde n’en a pas forcément conscience, mais c’est une vérité
indéniable : le corps parle aussi pour nous. Nous entendons sans cesse qu’un
langage corporel positif peut changer notre vie, mais c’est encore sous-estimé
voire ignoré par beaucoup. Il est important de transmettre les bons messages à
travers votre corps et pas seulement à travers des mots. La plupart du temps, vous
ne savez même pas ce que vous dites avec vos gestes, les expressions de votre
visage et votre posture. Pour maîtriser cette approche, il est important d’avoir une
compréhension approfondie du langage corporel et de commencer à l’utiliser à
votre avantage.

Qu’est-ce que le langage corporel positif et comment peut-il vous aider


dans votre vie privée et votre vie professionnelle ?

Certains gestes qui semblent anodins véhiculent une idée fausse de vous et
de votre approche professionnelle. Admettons que vous gardiez toujours les bras
croisés, réalisez-vous que cela montre un manque d’intérêt pour votre
interlocuteur ? Dans un monde qui valorise de plus en plus une société
collaborative, vous comprendrez que ce type de signal n’est jamais bon. Un
langage corporel positif, en revanche, sert à transmettre un message plaisant et
adéquat sur vos performances professionnelles et vos qualités personnelles. Il
s’agit à tout point de vue d’un moyen de souligner vos propos et du meilleur
moyen d’entrer en contact avec les gens. Quand cet élément fait-il la différence ?
Dans la journée, on a de multiples occasions d’obtenir de bons résultats en
utilisant un langage corporel positif. Par exemple, lors d’un entretien d’embauche,
gardez à l’esprit que votre langage corporel sera observé en permanence. Ce n’est
pas un hasard si, au cours de leur carrière professionnelle, les gens comprennent
ce que leur regard, leur façon de se tenir et leurs gestes communiquent aux autres.
Pendant une présentation, par exemple, vous aurez l’air beaucoup plus sûr de vous
en soignant vos expressions du visage, tandis qu’en réunion, il vous sera en fait
bien plus facile d’exposer vos idées et même de vous démarquer grâce à une bonne
posture ou une meilleure utilisation de vos expressions du visage. Même en cas
de démission, transmettre les bonnes émotions sera la clé pour d’autres
opportunités. Comment utiliser le langage corporel à votre avantage ? Pour vous
assurer de transmettre émotions et sentiments positifs au travers de votre langage
corporel, vous devrez prêter attention à quelques détails. Ces éléments,
individuellement, peuvent vous sembler très futiles, mais si vous les regroupez,
vous verrez qu’ils prennent une importance considérable dans le contexte de votre
message.

Le regard

Ceux qui gardent un contact visuel dans une conversation manifestent de l’intérêt
pour le sujet et font preuve d’une plus grande confiance en eux. Pendant un
contact, il est extrêmement important de regarder l’autre, en fixant ses yeux
comme il convient. Il faut veiller cependant à ne pas être trop insistant ou invasif,
cela pourrait ressembler à de l’intimidation.

L’attitude

Parler sans bouger, de manière statique, rend la conversation inintéressante. Il est


important d’apporter du dynamisme à la conversation par une série de
mouvements adéquats. Il est donc pertinent de bouger ses mains tout en parlant,
mais sans jamais exagérer, afin de ne pas détourner l’attention de son
interlocuteur. Il est également important d’avoir une poignée de main ferme,
régulière et forte. Ici, vous ne devez pas chercher à attirer l’attention par un contact
trop long, surtout avec ceux avec qui vous n’avez pas de relations intimes ou
d’amitié et avec ceux qui tiennent beaucoup à leur espace vital.

L’expression du visage

Le monde de l’entreprise vous met souvent dans des situations très stressantes et
très difficiles. C’est pour cette raison qu’il est conseillé d’adopter une expression
confiante et calme. Votre interlocuteur aura davantage confiance en vos
compétences et cela prouvera votre intelligence émotionnelle. Pour montrer que
vous êtes sympathique et agréable, n’oubliez jamais qu’un sourire fait toute la
différence. Utilisez-le avec pertinence pour améliorer la communication non
verbale.

La posture

Garder les épaules relevées et/ou la tête basse donne une impression
d’introversion, voire de soumission. Afin d’être bien perçu par les autres, il faut
toujours soigner sa façon de se tenir. Pour cette raison, concentrez-vous sur votre
démarche : essayez de marcher les épaules bien ouvertes et le menton légèrement
relevé. Ce type de posture transmet une bonne image de vous-même et de
comment les autres doivent vous aborder. Pour vous y aider, imaginez un fil tendu
qui court le long de votre colonne vertébrale et vous relie au plafond, garder le
dos droit sera plus facile et plus naturel, en toute occasion.

3.4. La communication non verbale corporelle négative

Qu’est-ce que le langage corporel négatif ? Est-il toujours évident et facile


à repérer ? Pas vraiment. Après tout, nous, les êtres humains, sommes des
créatures d’habitudes. Et beaucoup d’entre nous peuvent, avec le temps,
s’habituer à mal s’asseoir ou à faire des gestes maladroits. La bonne nouvelle c’est
que, même dans ce cas, vous pouvez changer vos travers avec un petit effort et un
peu d’exercice. La première étape consiste à identifier tout ce qui peut être
considéré comme du langage corporel négatif. Vous vous efforcerez ensuite de
changer ces mauvaises habitudes.

La mauvaise posture

C’est l’une des formes les plus négligées du langage corporel négatif. Vous
pensez peut-être qu’une mauvaise posture n’entraîne que des problèmes
physiques. C’est une grave erreur, comme vous allez le découvrir. Il faut savoir
qu’une mauvaise posture affecte également l’humeur, le stress et l’estime de soi.
En effet, les épaules affaissées vous donnent l’air fatigué et faible. Une bonne
posture implique donc d’avoir les épaules relâchées, la tête, le corps et les cuisses
redressés. En somme, corriger votre posture prend du temps et peut ne pas sembler
naturel au début. Mais ça en vaut vraiment la peine.

La position des jambes et des pieds

Chaque fois que vous vous asseyez, vos jambes et vos pieds peuvent
envoyer des messages dont vous n’avez même pas conscience. La distance entre
vos genoux ou vos jambes en dit long sur votre personnalité. Tenir ses jambes
volontairement très serrées relève clairement du langage corporel négatif. Si, par
exemple, vous avez tendance à garder vos genoux serrés et vos pieds écartés, vous
suggérez à un observateur extérieur une attitude enfantine. Si vous croisez les
jambes, vous pouvez paraître sur la défensive, distant ou même fermé. Si vous
écartez les jambes, vous signalez un certain degré de domination, mais cette
position peut aussi dénoter une certaine arrogance, elle est donc souvent
inappropriée et déconseillée dans les situations formelles. Et même quand vos
jambes ne sont ni trop rapprochées ni trop éloignées, vos pieds peuvent toujours
exprimer beaucoup de choses. Les mouvements des pieds racontent une grande
“histoire” dont nous n’avons pas conscience. Plus vos pieds touchent le sol ou
plus ils se balancent, plus votre corps exprime la nervosité ou l’inquiétude.
Essayez donc de vous asseoir les jambes légèrement écartées, les pieds bien posés
sur le sol.

Les bras croisés

Le principal problème de s’asseoir les bras croisés est que cela fait tout de
suite penser à une première ligne de protection, à un instinct de défense primitif.
Si vous vous tenez ainsi, l’interlocuteur peut vous percevoir comme quelqu’un
qui n’est pas intéressé par ce qu’il dit. Croiser les bras ne vous donne pas l’air
ouvert et accessible, cela revient à vous protéger de l’autre personne.

La position des mains et des doigts

Plusieurs de vos gestes avec les mains ou les doigts s’apparentent au


langage négatif dans la perception des autres. Tout d’abord, faites attention à ne
pas tenir vos mains serrées. Il s’agit d’une position très courante, typique des
personnes stressées. Comme vous pouvez donc facilement le comprendre, elle est
contre-productive lorsque vous voulez faire affaire avec d’autres, dans une
situation où vous devez projeter de la confiance et ne pas communiquer un état
d’agitation intérieure. Autre position à éviter, les mains derrière le dos ou dans les
poches pendant une conversation. La plupart d’entre nous se tient ainsi
inconsciemment, mais n’oubliez pas que cela vous met dans une position
inconfortable, et vous montre à l’autre comme quelqu’un qui essaie de cacher
quelque chose. De même, il n’est pas judicieux de frotter les paumes de vos mains
en étant assis, ou de placer vos doigts sur l’autre main pour former un “bonnet”.
Ces gestes peuvent être associés à une volonté de tromper ou de s’imposer de
façon impertinente.

La poignée de main molle ou trop forte

Bien que les poignées de main puissent sembler simples à gérer, elles sont
loin d’être les plus faciles à maîtriser. Malheureusement, une poignée de main
molle ou trop forte est un type extrême de langage corporel négatif. D’autant plus
que votre poignée de main a une très forte influence sur ce que sera votre première
impression. Gardez à l’esprit qu’une poignée de main trop forte peut vous donner
l’air agressif. Les poignées de main molles, elles, donnent l’air faible si associées
à des mains moites, froides ou qui effleurent à peine la main de l’autre. Ce genre
de poigne donne l’image d’une personne qui manque d’autorité et de confiance
en elle, et souligne une nature froide et indifférente. En revanche, les poignées de
main trop énergiques vous font paraître inutilement agressif.

Trop/trop peu de contact visuel

Il y a aussi beaucoup à dire sur le contact visuel, un type particulier de


langage corporel. Un contact visuel insuffisant n’est jamais positif, pour toutes
sortes de raisons : vous pourriez avoir l’air peu professionnel, mal préparé, peu
sûr de vous ou même peu sincère, ce qui pourrait être vraiment dommageable lors
d’un premier rendez-vous ou d’un entretien. Ce n’est pas pour rien qu’on apprend
aux enfants à regarder les gens dans les yeux lorsqu’ils parlent ou écoutent
quelqu’un parler : cela leur permet de se sentir en confiance et à l’aise avec l’autre.
Toutefois, les experts en langage corporel affirment qu’un contact visuel trop long
peut avoir l’effet inverse : vous pourriez paraître impoli, intimidant ou hostile.
Mais ne vous inquiétez pas : si vous parlez, regardez votre interlocuteur dans les
yeux ; si vous l’écoutez, détournez le regard de temps en temps pour le tenir en
haleine et lui donner envie de gagner votre attention.

Reculez

Dans les conversations, il est essentiel de se pencher vers votre


interlocuteur, jamais en arrière. Vers l’avant, vous confirmez que vous vous
présentez comme un auditeur très attentif et témoignez d’un grand intérêt pour ce
qui est dit. Reculer ou s’adosser donne l’impression contraire : l’ennui ou le
désintérêt. N’oubliez pas de ne pas trop vous pencher vers l’autre, vous risqueriez
d’avoir l’air en demande ou désespéré.
Trop de gestes

La simplicité est presque toujours le choix le plus judicieux. Dans la


communication non verbale, ce choix implique des choses à ne pas faire : ne pas
bouger les bras trop fréquemment, ne pas se ronger les ongles, ne pas toucher les
poignets de sa chemise ou les manches de son pull en parlant. Tous ces gestes
indiquent un manque de professionnalisme et de confiance en soi.

Pas assez de gestes

Veillez également à ne pas trop vous contrôler : n’en arrivez jamais au point
de NE PLUS bouger pendant une conversation. Si vous restez complètement
immobile à côté d’une autre personne, vous aurez juste l’air raide et pas naturel.
Cela peut donner à l’autre l’impression que vous essayez volontairement de
masquer vos émotions.

Manipuler un objet

Manipuler constamment quelque chose est un signe évident d’ennui. C’est


très gênant pour l’auditeur mais aussi pour celui qui parle. Ainsi, bouger vos
doigts ou toucher vos cheveux, tripoter votre téléphone ou tout autre objet,
détourne votre attention de tout ce qui est dit. On a juste l’air faible ou distrait.
Avoir l’air de s’ennuyer en écoutant

N’oubliez pas de sourire et de hocher la tête lorsque quelqu’un vous parle. C’est
simple à faire, mais avec ces petits gestes, vous faites savoir à votre interlocuteur
que vous écoutez activement ce qu’il dit. Veillez également à ce que votre tête et
votre poitrine soient toujours tournés vers l’autre. Cela semble évident, mais
pensez à ne pas regarder votre smartphone pendant que quelqu’un vous parle,
veillez plutôt à vous concentrer sur votre interlocuteur.

Les barrières
De petits objets simples et inoffensifs comme une tasse à café, peuvent en fait
constituer une véritable barrière entre vous et les autres. Les objets peuvent nuire
à la conversation. Il vous faut écarter tout ce qui gêne la vue ou forme une sorte
de “barrage” entre vous et les autres. Comme nous l’avons déjà mentionné, il peut
s’agir de quelque chose qui nous semble banal, comme une tasse de café.

Toucher ses jambes

Aussi innocent que cela puisse paraître, il s’agit là d’un geste clair d’auto-
réconfort qui montre pleinement à l’autre votre malaise à cet instant. Si, à un
moment quelconque de la conversation, vous vous surprenez à frotter vos jambes
d’avant en arrière, arrêtez immédiatement. Respirez profondément et détendez-
vous.

Toucher l’autre

Dans ce cas particulier, la frontière est mince entre ce qui est bienvenu et ce qui
ne l’est pas. Si la situation s’y prête, vous pouvez toucher légèrement l’autre pour
commencer à établir une connexion (ou pour montrer un intérêt amoureux lors
d’un rendez-vous). Dans tous les cas, vous devez utiliser toute la surface de votre
main. Un simple contact du bout des doigts peut signaler une hésitation ou une
aversion.

Envahir l’espace vital de l’autre

Il n’y a pas de règle précise concernant l’espace vital. Mais n’oubliez pas que la
distance entre vous et l’autre doit être respectée et non “testée”. Vous conviendrez
qu’il est essentiel de respecter les limites fixées par votre interlocuteur. Vous
pouvez laisser votre conjoint, les membres de votre famille ou vos amis
s’approcher physiquement et vice versa, mais vous ne devez pas le faire avec des
inconnus.

Montrer du doigt

Montrer du doigt est un geste très impoli. Point. Il est même déconseillé de se
montrer soi-même du doigt, car cela peut passer pour arrogant, ou avoir d’un geste
exagéré, ce qui peut agacer l’autre personne.

Oublier que ces règles peuvent être différentes ailleurs

S’appuyer sur ses connaissances de ce qui fonctionne ou pas chez nous est une
erreur dans un autre pays. Les règles et les nuances dans la signification des gestes
et des attitudes varient en fonction de la culture d’origine. Elles dépendent du
pays, de son histoire ou même de la façon dont ses habitants ont grandi. Vous ne
devez jamais sous-estimer votre langage corporel car, comme vous l’avez vu
jusqu’à présent, il est très important. Si vous ne le maîtrisez pas correctement, des
malentendus et des idées fausses peuvent surgir et il vous sera très difficile (voire
impossible) d’atteindre votre objectif.

Votre langage corporel influencera plusieurs facteurs importants tels que


votre progression dans le cadre professionnel, mais aussi votre santé et votre bien-
être dans les relations affectives, et même dans la vie en général.

La communication non verbale est tout aussi importante que la


communication verbale. Sans oublier le fait que c’est parfois encore plus
important que de dire ce qu’il faut.

3.5. Les expressions du visage


 Tableau 1
Sourcils froncés
Yeux plissés
Lèvres serrées
Lèvres aspirées par la bouche
Expressions de nervosité et de Lèvres tremblantes
tension Menton tremblant
Les commissures contractées ou tirant
anormalement vers l’oreille.

 Tableau 2

Bouche froncée, généralement signe


qu’on n’aime pas ou qu’on n’est pas
d’accord avec quelque chose
(détecté chez des bébés de quatre
semaines seulement).
Nez retroussé (le nez se lève très
Expressions d’antipathie ou de rapidement en signe de dégoût)
désaccord Lèvre supérieure se rapprochant d’une
aile du nez.
Mouvement circulaire des yeux
Clignement des yeux (généralement
émis en cas de forte désapprobation)
Yeux fermés anormalement longtemps
Strabisme

 Expressions de mépris

- Rictus (le coin de la bouche se rétrécit d’un côté).


- Nez relevé, attitude hautaine
- Les yeux au ciel
- Regard méprisant
 Expressions de surprise :

- Sourcils relevés et courbés


- Peau du front tendue
- Rides horizontales sur le front
- Blanc des yeux visible en haut et en bas.
- Mâchoires ouvertes et séparées, sans tension ni étirement de la bouche.

 Expressions de peur :

- Sourcils relevés et joints généralement en une ligne plate.


- Rides du front entre les sourcils.
- Paupière supérieure relevée
- Blanc des yeux visible sur la partie supérieure mais pas inférieure.
- Bouche ouverte et lèvres légèrement tendues ou allongées et tirées vers l’arrière.

 Expressions de bonheur :

- Coins de la bouche tirés vers l’arrière et vers le haut. - Bouche plus ou moins
ouverte, dents exposées.
- Apparition d’une ride depuis l’extérieur du nez à la lèvre. - Joues relevées -
Paupière inférieure parfois ridée ou étirée. - Pattes d’oie près des yeux

 Expressions de colère :

- Sourcils abaissés et rapprochés.


- Rides verticales entre les sourcils.
- Lèvre inférieure étirée
- Yeux fixes ou exorbités
- Lèvres parfois fermement pressées, commissures tournées vers le bas ou en
forme de carré.
- Narines parfois dilatées
- Mâchoire inférieure vers l’avant

 Expressions de tristesse :
- Coins internes des sourcils contractés.
- Peau sous les sourcils “triangulée”, le coin interne vers le haut.
- Commissures des lèvres tournées vers le bas
- Mâchoire relevée - Lèvre inférieure faisant la moue

 Expressions asymétriques :

Les expressions n’impliquant que la moitié du visage entrent dans cette catégorie
:
- Faux sourires
- Sourires accompagnés de strabisme ou de tension
- Décalage entre ce qui se dit et ce que le corps transmet, comme dire “je t’aime”
en serrant les dents ou le visage tendu.
CHAPITRE IV : LA GESTION DU TRAC
Le trac c'est la peur, l'angoisse que l'on ressent avant d'affronter un public,
de subir une épreuve. Il se dissipe progressivement dans l'action.

4.1. Les principales manifestations physiques


Langue desséchée => Crispations
Transpiration, moiteur => Ballonnements
Tremblements => Picotements
Sentiment d'oppression => Jambes molles
Respiration accélérée => Crampes
Gorge serrée => Nausées
Palpitations => Envie d'uriner

Houle dans la gorge => Froid dans le dos


Nœud à l'estomac => Paralysie

4.2. Les conséquences sur la prise de parole


- les mots ne viennent plus, les phrases s'assemblent mal, les répétitions sont
fréquentes, le débit se ralentit ou s'accélère confusément ;
- apparaissent les tics verbaux, les mots parasites :
 n'est- ce - pas,
 euh !
 je veux dire,
 si vous voulez,
- les bafouillages, les toussotements, les raclements de gorges, les bégaiements se
multiplient,
- les gestes parasites s'amplifient (auto – contact - ...).
4.3. Les raisons du trac
- La crainte d'être jugé par le public ou l'interlocuteur.
- La peur du décalage entre l'image que je pense donner de moi et l'autre, idéale à
laquelle j'aimerais me conformer.
- L'enjeu lié à la situation (entretien d'embauche, ...).
4.4. Comment maîtriser son trac ?
Les constats :

- On ne peut pas supprimer le trac, mais on peut l'atténuer, le maîtriser, rendre ses
manifestations plus facilement supportables.

- Toute expérience nouvelle de prise de parole, toute situation inédite peut faire
réapparaître le trac.

- La situation peut être nouvelle par l'auditoire (personnalité, taille, composition),


le lieu, le sujet dont il est question, l'enjeu de la prise de parole, etc.

Quatre principes facilitent la gestion du trac :

4.4.1. Bien se préparer


- faire un plan,
- rédiger les points forts,
- préparer quelques phrases introductives et les apprendre par cœur,
- s'entraîner (magnétophone, glace), le travail de répétition est un facteur
déterminant,
- repérer les lieux,
- ne rien changer à ses habitudes (le trac se nourrit d'imprévu).
4.4.2. Améliorer sa respiration
Il s'agit de respirer :
- PROFONDEMENT pour ventiler le corps et oxygéner muscles et cerveau.
- REGULIEREMENT pour éviter que la machine ne s'emballe.
4.4.3. Se relaxer physiquement
 Avant l'intervention
- Prendre conscience des muscles inutilement contractés (épaules, cou, nuque,
omoplates, reins, abdomen, ...).
- Les décontracter progressivement.
- Détendre le visage (muscles entourant la bouche, sourcils, joues).
 En cours d'intervention
- Changer de posture si c'est possible (assis - debout).
- Respirer lentement et à fond.

4.4.4. Se relaxer mentalement


Le principe consiste à projeter sur son écran mental des images associées à
des moments agréables ou à des situations imaginaires, paisibles, rassurantes. Si
l'on considère que le trac est dû aux images angoissantes du type "je vais
bafouiller, je ne vais pas savoir que dire, je suis moche, ..." la relaxation mentale
suggère non pas de rationaliser ces images négatives mais de les remplacer.

Exemple : créer et visualiser son "jardin secret", c'est un jardin agréable à regarder
par ses couleurs, ses fleurs, ses odeurs, les bruits, etc. ; s'y promener par la pensée.
QUE RETENIR SUR LES TECHNIQUES DE L’EXPRESSION
ORALE ?
L'entraînement est l'affaire de chaque instant. Si vous avez obtenu votre
permis de conduire depuis 10 ans et si vous n'avez pas conduit depuis, il est
probable que votre premier kilomètre au volant sera périlleux, surtout si le temps
est médiocre, la route inconnue de vous et la circulation très dense !!! En matière
d'expression orale, nous sommes dans une situation similaire. Un manque de
pratique prolongé rend l'exercice beaucoup plus difficile. En conséquence, il faut
profiter de la moindre occasion pour prendre la parole : tout rassemblement peut
vous en offrir l'occasion, que ce soit au travail ou dans vos autres activités.
Essayez de vous fixer des "contrats", du genre : "au cours de cette réunion, je
prendrai la parole avant la fin des 10 premières minutes, et la garderai au moins 3
minutes". Cela peut vous sembler loufoque mais c'est très stimulant, vous verrez
!
DEUXIEME PARTIE :
TECHNIQUES
D’EXPRESSION ECRITE

L’objectif de cette seconde partie consacrée à l’expression écrite est d’outiller


l’étudiant de la première année d’un certain nombre de compétences afin qu’il soit
capable de maîtriser :

- les techniques de la prise de note ;


- les techniques de rédaction d’une allocution (le discours).

Pour y à arriver, nous passerons en revue :

- les registres de langue ;


- l’emploi des mots-liens ;
- le rappel des règles d’accord (l’accord des participes passés)
CHAPITRE I : TECHNIQUES DE LA PRISE DE NOTE

Il est important de savoir prendre des notes car la mémoire est une faculté qui
oublie, d’où la nécessité de s’appuyer sur des traces écrites. A l’écoute, l’attention
et la compréhension sont meilleures quand le récepteur du message reste actif en
opérant un travail de tri et de reformulation. Au cours d’une rencontre, d’une
conférence, d’une réunion, … vous pouvez être amenés à prendre des notes.

Prendre des notes est un réflexe indispensable qui va vous permettre de mieux
comprendre par exemple le cours d’un enseignant en vous le réappropriant, de
gagner du temps et de vous préparer efficacement aux évaluations. Pour acquérir
ce réflexe, il faut être capable de faire plusieurs choses en même temps :

- être attentif et comprendre ce qu’on écoute (ou ce qu’on lit) ;


- analyser et synthétiser ces informations pour en tirer l’essentiel ;
- écrire ce que l’on a retenu de manière concise et rapide.

Mais comment faire tout cela à la fois ?

1.1. Le matériel indispensable à la prise de notes


A cet effet, l’essentiel est de s’y retrouver. Que choisir ? Des classeurs, des
fiches ou des cahiers ? Le classeur a la préférence, car il permet d’y insérer des
documents annexes. L’avantage du cahier est qu’on ne perd rien. Ce n’est pas à
négliger si vous êtes un peu désordonné ! Si vous utilisez des fiches, pensez à
prendre toujours le même format pour classer correctement vos notes. N’oubliez
pas de prévoir des stylos de couleur et des surligneurs, qui vous permettront de
mettre en valeur les points importants dans vos notes.

1.2. La présentation de vos notes


Une fois que vous êtes équipés, voici quelques points de présentation à garder en
tête qui faciliteront votre prise de notes :

- Utilisez le même format de papier pour tous les cours et n’écrivez que sur
les rectos. Ainsi, vous pourrez ajouter des feuilles, découper, coller, et le
verso des pages vous servira pour ajouter des mémos, des schémas, du
vocabulaire, et surtout vos questions à venir…

- Pour mieux vous préparer à l’exercice de synthèse, n’hésitez pas à relire les
notes du dernier cours auparavant. Ça y est, vous êtes prêt, le cours ou la
conférence commence. Il est temps de prendre vos stylos et de décider quoi
noter ! Que prendre en note ?

1.3. Le plan de votre prise de notes

Les notes, c’est fait pour s’y retrouver. La première chose à faire est donc de
bien noter le plan général du cours, de la réunion ou de la conférence, et de réécrire
les titres du plan au fur et à mesure de vos notes. Ensuite, pensez à aérer la mise
en page de vos notes : abandonnez les pages « pleines de mots», sans blancs, sans
alinéas; et utilisez une numérotation, des tirets, des points, etc. Cela facilitera
votre tâche de relecture lors des révisions !

1.4. Repérer les idées principales et les mots-clés


Pour comprendre et analyser le discours émis, il faut être très attentif à tous les
éléments qui structurent celui-ci à savoir :

- L’introduction indique les points qui seront abordés.


- La conclusion reprend les mots-clés du cours ou simplement d’un
paragraphe. Les annonces de début et de fin de partie sont souvent des
synthèses. L’important, c’est d’écrire les idées principales. Pas besoin de
prendre en note les digressions ni le troisième ou quatrième exemple donné
par le professeur.

En revanche, voici des éléments-clés utiles à noter :

- noms propres ;
- chiffres, dates importantes ;
- schémas, figures, tableaux ;
- définitions ;
- suggestions de lectures complémentaires ;
- dates de remise de travaux, d’examens, de rencontres spéciales ou
d’activités ;
- les questions que le professeur pose à la classe et qui pourraient se retrouver
à l’examen. N’oubliez pas d’aérer votre présentation ! Allez à la ligne pour
chaque nouvelle idée, soulignez les notions à définir, encadrez et surlignez
les définitions ou les mots-clés. Enfin, ne perdez pas le fil. Si une phrase
vous échappe, laissez un blanc pour compléter plus tard car le cours
continue !
1.5. Comment gagner du temps ?

L’essentiel pour bien prendre ses notes, c’est de s’attacher aux idées plutôt
qu’aux phrases. Noter intelligemment, c’est donc choisir des informations parmi
ce qu’on entend (ou ce qu’on lit). Donc ne faites surtout pas de retranscriptions
mot à mot ! Privilégiez plutôt vos propres expressions, plus simples et plus
directes. N’oubliez pas que les prises de notes sont personnelles, elles n’ont qu’un
destinataire : vous ! Lorsque vous prenez des notes, vous pouvez donc laisser libre
cours à votre imagination en créant vos propres expressions pour économiser au
mieux votre temps. Par exemple, vous pouvez supprimer, transformer ou abréger
des mots, ou encore faire des schémas.

 Abréger des mots


Ecrire de manière lisible en abrégé permet de gagner du temps. L’idée, c’est
de s’inventer son propre dictionnaire d’abréviations. Peu importe les abréviations
que vous choisissez, du moment que vous gardez les mêmes tout au long du cours.
N’hésitez pas à créer une fiche d’abréviations pour éviter d’avoir des problèmes
de déchiffrage au moment de relire vos notes. Les règles générales sont :

- reprendre des signes mathématiques et autres symboles: =, + ,≥ , flèches…


;
- utiliser des lettres grecques: φ (phi) pour philosophie, Ψ (psi) pour
psychologie…;
- supprimer les voyelles: cdlt pour cordialement;
- s’inspirer du langage SMS ;
Vous trouverez ici une liste d’abréviations souvent utilisées qui pourront vous
donner des idées. Mais n’hésitez pas à en utiliser d’autres selon vos habitudes et
vos besoins!

 Supprimer des mots


Autre conseil pour simplifier ses notes :
supprimer tout ce qui n’est pas indispensable à la compréhension. Vous pouvez
ainsi supprimer:
- les articles ;
- les verbes dits d’«état», dont la disparition ne gêne pas la compréhension
(ex. être) ;
- les éléments de commentaire, de digression.
Exemples:
Discours
Prise de note
Marie Curie est une physicienne française qui a reçu deux prix Nobel = Marie
Curie: physicienne fr, 2 Nobel
La population mondiale a considérablement augmenté ces cinquante dernières
années, ce qui a provoqué des crises économiques graves= ↗pop° mondiale 50
dernières années => crises écon graves
 Transformer des mots

La nominalisation consiste à remplacer un groupe verbal par un nom. Elle permet


de gagner du temps en remplaçant une phrase entière par quelques mots.

Par exemple, la phrase «Ainsi leurs conditions de travail ont été modifiées» peut
être notée: => changemt de leurs condit° de W

La phrase «Les détenus se résignent à leur sort» peut être prise en note ainsi:
Résignat° des détenus

On peut aussi parfois compléter le procédé de nominalisation en utilisant des


signes de ponctuation pour exprimer les relations entre les mots ou les groupes de
mots.

Par exemple, la phrase «La France et l’Allemagne ont adopté une nouvelle
réglementation» peut être notée ainsi: Fr + All: nvlle réglementation

On peut enfin remplacer un groupe de noms qui ont en commun une même idée
par un nom générique qui sert alors d’étiquette générale.

Par exemple : « choux, carottes, pommes de terre» devient «légumes».

Dessiner ou faire des schémas Un dessin vaut mieux qu’un grand discours: pensez
aux schémas qui permettent d’aérer la feuille, de ne pas la noircir de notes et/ou
de chiffres. N’hésitez pas à recourir aux flèches, aux organigrammes,…

1.6. Exploiter ses notes

Il ne s’agit pas d’apprendre ses notes mais de les retravailler, de les


compléter et, si un point n’est pas clair, d’aller interroger votre professeur. L’idéal
est de relire ses notes rapidement après le cours, au maximum vingt-quatre heures
après les avoir prises. Vous allez donc :
1. mettre en valeur les points importants dans vos notes (ajoutez des couleurs,
soulignez les titres, surlignez les mots-clés) ;

2. compléter vos notes avec des éléments qui vous reviennent en mémoire et que
vous n’aviez pas notés ;

3. chercher les mots inconnus et creuser les points incompris ;

4. soigner vos schémas ;

5. réfléchir sur le cours en vous posant des questions et en essayant d’y répondre.
Ne recopiez jamais vos notes ! L’objectif est de prendre des notes qui soient
directement utilisables et que vous pouvez compléter après coup.

Les abréviations les plus utiles :

Pour effectuer une prise de notes efficace et gagner du temps, maîtriser les
principales abréviations est un atout indéniable. Tout est question d’entrainement,
plus vous les utiliserez, plus elles vous deviendront familières !

Mot ou expression Abréviation Mot ou Abréviation


expression

A partir À p. Généralement Glmt

Absent ø et abs. Génération gnt°

Actuellement Haut Ht
Actlmt
Appartient ∈ Hypothèse hyp.
Approximativement ≃ Idée / Identifiant id.
Après-midi Pm Image Img
Attention attent° Implique =>,⇒et→
Aucun Ø Important Imptt

Aujourd’hui Jamais Jms


auj.
Avant Avt Jusqu’à Jsk
Beaucoup Bcp La moitié ½

Besoin Bsn Longtemps Lgtps

C’est-à-dire Cad Maintenant Mtn

Cependant Marketing Mkg


Cpdt
Changement Même Mm
Chgmt
Chaque Chq Mieux Mx

Combien Cmb Contrôle Ctrl

Un cours fait en classe, une conférence ou un discours


constituent des moments par excellence de la prise de note.
CHAPITRE II : TECHNIQUES DE REDACTION D’UN
DISCOURS
Produire un discours est un exercice qui nécessite des compétences en art
oratoire, mais aussi en techniques d’écriture en vue de sa rédaction. L’objectif
d’un discours peut être d’informer, de convaincre, de sensibiliser ou encore
divertir. Sa rédaction peut suivre plusieurs étapes. Avant de vous lancer dans
l’écriture de votre discours, commencez par définir son contexte, sa forme.

2.1. Forme du discours et cadre du discours

Au cours de la rédaction d’un discours, il existe plusieurs formes de


présentations. Bien que pouvant se combiner dans le même discours, il est
important d’en discerner les nuances.

2.1.1. Forme du discours

Un discours peut épouser plusieurs formes :

 Le discours argumentatif : si votre texte doit convaincre le public, vous


devez axer votre rédaction sur des arguments et des exemples pour prouver
que votre idée, votre solution est pertinente.
 Le discours explicatif : vous êtes là pour faire comprendre un fait à votre
public et vos explications doivent donc être purement objectives.
 Le discours descriptif : reconnaissable par l’ajout d’indicateurs spatiaux, ce
discours est utilisé pour décrire un lieu, un personnage ou un objet.
 Le discours narratif : il relate une histoire ou un événement et intègre de
nombreux verbes d’action et des indicateurs temporels.
 Le discours injonctif : votre but est de faire agir votre public ou donner des
conseils en employant des verbes à l’impératif et au subjonctif.
2.1.2. Cadre du discours
Un discours prononcé après un déjeuner d’affaires sera construit
différemment qu’un texte lu le matin devant une assemblée attentive !

Il est donc pertinent d’identifier :

 Quand ? Le matin, après le déjeuner, en fin de journée après X discours…


 À quelle occasion ? Un séminaire, une conférence, une inauguration…
 Combien de temps ? Avez-vous le champ libre ou êtes-vous limité dans la
durée ?

2.2. Adaptation du discours à son public

Ensuite, cibler parfaitement votre auditoire. Vous ne vous adresserez pas de la


même façon à des clients, des salariés ou encore des actionnaires.

Cela vous permettra d’adopter le bon niveau de langage et la bonne tonalité. Mais,
attention, essayez d’être le plus explicite possible, quelle que soit votre cible.

Bien entendu, si vous vous adressez à un public d’experts, vous pouvez employer
des termes techniques, mais gardez à l’esprit que le but de votre discours est d’être
compris par tous.

Quant au ton de votre discours, soyez le plus en adéquation avec votre public et
les circonstances. Autant vous pouvez intégrer des pointes d’humour pour un pot
de départ, autant l’austérité sera de rigueur pour annoncer un plan de
licenciement…

2.3. Bâtir le discours sur du concret


Si vous cherchez à informer ou à convaincre l’auditoire, vous devez étayer
votre discours de faits sourcés et d’exemples concrets. Avant de commencer à
écrire un discours, il est essentiel de rassembler toutes les informations
nécessaires et de vérifier leur crédibilité.

Vous devez parfaitement connaître votre sujet et être capable d’en présenter tous
les aspects, même les négatifs. Si vous présentez par exemple un nouveau produit
lors d’une conférence, pensez à anticiper directement les critiques dans votre
discours. Vous n’en serez que plus convaincant !

2.4. Organisation des idées du discours

Maintenant que vous avez cerné vos objectifs et que vous vous êtes
documenté, notez toutes vos idées. Ne rédigez pas encore votre texte, laissez libre
cours à votre réflexion.

Ensuite, gardez les idées plus pertinentes et hiérarchisez-les sous forme de listes
ou de mots-clés. Ne tombez pas dans l’excès, vous avez sans doute de nombreuses
choses à dire, mais concentrez-vous sur un ou deux messages principaux.

Au-delà, vous risqueriez d’amener de la confusion aussi bien dans votre discours
que dans l’esprit de votre auditoire !

2.5. Structure de votre discours

Après avoir dressé les grandes lignes de votre discours, il est temps de passer
à la phase rédactionnelle selon un plan bien construit. Écrire un discours
performant passe par une bonne structure de plan. Tout comme dans une
dissertation, le discours débute par une introduction, une ou plusieurs parties pour
le développement, selon le contexte et une conclusion.

2.5.1. L’introduction
Elle doit être concise, attirer l’attention des personnes présentes et susciter leur
intérêt. L’introduction présente le sujet du discours en mettant l’accent sur son
importance pour le public. Imaginez-vous devant une salle endormie et
demandez-vous comment réveiller l’assemblée !

2.5.2. Le développement

C’est le moment de développer vos arguments. Votre première partie aborde


votre argument principal, suivi d’un exemple (ou d’une anecdote, de
statistiques…), ensuite vient l’argument secondaire, suivi un exemple et ainsi de
suite. Chaque partie de votre développement doit être structurée avec une phrase
introductive et une phrase de conclusive (ou plutôt de transition) entre vos
paragraphes.

Pour amener de la fluidité à votre discours, pensez à lier vos parties entre elles
avec des transitions en intégrant des connecteurs logiques. Cela peut être des mots
de liaison (en outre, par ailleurs, cependant, parce que…), des conjonctions de
coordination ou encore des expressions comme « en premier lieu ».

2.5.3. La conclusion :
Brève et percutante, elle doit reprendre les différents points de votre discours.
Vous arrivez au terme de votre rédaction, et la conclusion, c’est comme le café à
la fin d’un bon repas, c’est la touche finale qui va marquer les esprits !

Faites en sorte que votre public reparte avec une bonne image de vous. Si vous
souhaitez laisser une image sérieuse, concluez avec une anecdote qui démontre
votre expertise. Si vous préférez voir vos auditeurs partir avec le sourire, finissez
sur une histoire amusante.

Quoi que vous décidiez, terminez toujours votre discours par une ouverture.
Cela peut-être :

 Un appel pour le financement d’un projet.


 Une incitation à se renseigner sur une initiative ou à prendre des contacts.
 Un appel au débat…

2.6. Accrocher son public

Pour accrocher votre public dès le début de votre discours vous allez devoir
surprendre, attiser la curiosité, capter l’attention… Bref, trouver la phrase
d’accroche !

Par exemple :

 Surprenez avec une affirmation ou un fait réel, mais tellement improbable


que votre interlocuteur en sera ébahi.
 Engagez avec une question que tout le monde se pose.
 Focalisez avec une histoire ou une anecdote.
Tout au long de votre discours, maintenez votre auditeur en haleine en utilisant
des procédés de modalisation, c’est-à-dire l’expression de votre sentiment sur
ce dont vous parlez. Pour cela, employez :

 Des verbes (croire, aimer, détester, paraître…) qui expriment un jugement


ou une opinion.
 Des adverbes ou des groupes nominaux modalisateurs (à mon avis, sans
doute, personnellement…).
 Des pronoms ou les adjectifs possessifs de la première personne (je, moi,
mon…).
 Des figures de style (métaphore, hyperbole, comparaison…).
 Des marques de subjectivités avec un vocabulaire valorisant ou dépréciatif.

2.7. Interpeler votre auditoire


Construire un discours efficace, c’est aussi prendre conscience d’être devant un
public. N’hésitez pas à impliquer votre audience pour qu’elle se sente concernée
par vos propos.

 Interpellez votre public : mesdames, messieurs, mes chers associés, mes


clients fidèles…
 Intégrez le « vous » le plus souvent possible.
 Ajoutez des phrases du type : ceux qui sont présents connaissent bien le
problème, vous vous souvenez sûrement…

2.8. Appuyer votre discours avec des répétions

Si à l’écrit la répétition n’est pas conseillée, elle a un impact tout autre à l’oral !
Plus vous répéterez votre message, plus l’inconscient de votre public
l’enregistrera.

Pour convaincre, la répétition est une stratégie très efficace. On retrouve la


technique en politique, mais aussi dans le domaine de la publicité. Parmi les
figures de style les plus appropriées, utilisez :

 L’anaphore qui consiste à répéter le même mot à chaque début de phrase


(comme le discours de Martin Luther King : I Have a Dream).
 La redondance qui utilise le même principe, mais avec l’ensemble du champ
lexical et permet d’insister sur une idée. Par exemple : il a remporté le projet,
il a vaincu tous ses concurrents !

2.9. Animez votre discours avec des visuels

Les supports visuels sont une aide précieuse pour maintenir votre
audience en éveil et mieux faire passer le message oral. N’hésitez pas à utiliser
des vidéos de présentation, à projeter des slides ou encore à compléter votre
discours par des graphiques.
Mais attention, vos visuels doivent être un complément à votre présentation et
non un substitut ! Ils ne sont là que pour renforcer un point important ou pour
faciliter la compréhension d’éléments compliqués. N’oubliez pas que si
l’attention de votre public est concentrée uniquement sur les visuels, c’est qu’il
ne vous écoute plus !

2.10. Relecture de votre discours

Vous avez désormais toutes les bases pour écrire un bon discours, pertinent et
engageant. Il serait dommage de bâcler sa relecture ! Voici quatre conseils pour
cette dernière étape :

 Laissez votre discours de côté pendant un jour ou deux pour le relire cette
fois-ci avec un œil neuf.
 Relisez-le plusieurs fois si nécessaire et n’hésitez pas à clarifier vos propos,
à supprimer des passages trop lourds et à varier les formulations.
 Faites-le lire par un collaborateur, un collègue ou un ami pour bénéficier d’un
avis extérieur.
 Pour finir, lisez votre discours à haute voix en utilisant les bonnes intonations,
les silences et la gestuelle. Si vous n’êtes pas habitué à prendre la parole en
public, entraînez-vous le plus possible pour parfaire votre diction et éviter
d’avoir les yeux rivés sur votre feuille le jour J !

N.B : Le registre de langue du discours doit prendre en compte la nature du


public
CHAPITRE III : LES REGISTRES DE LANGUE

Cela suffit-il d’écrire sans fautes grammaticales pour que notre expression
soit de qualité ? Eh bien, non. L’absence de fautes ne garantit qu’une expression
au mieux médiocre, passable, au pire anonyme, insipide. C’est dire que la bonne
expression nécessite en plus de l’absence de fautes un soin particulier à apporter
à notre langage, à nos mots et phrases, soin particulier dont découle l’originalité,
le style, et qui en définitive n’est rien d’autre que le registre dit soigné ou soutenu.

Mais on ne saurait expliquer ce en quoi consiste le registre soutenu qu’en le


distinguant des autres registres que sont le familier et le courant. L’objectif de ce
deuxième grand point est de répondre aux interrogations suivantes : « J’ai
l’impression d’écrire sans fautes, en tout cas mon texte n’en comporte pas, mais
quand je me lis, je trouve mon langage trop plat et sans saveur. J’ai l’impression
que mon expression n’est pas à la hauteur du cadre ou de l’intellectuel que je suis.
Pour être honnête, j’en ai honte. Je ne comprends pas. Qu’est-ce qui peut bien
expliquer cela ? Et comment faire ? »

3.1. Le registre familier (ou relâché)


Comme son nom l’indique, ce registre est surtout employé quand on ne prend
aucune précaution pour s’exprimer, c’est-à-dire donc entre proches : membres de
la famille, amis, camarades de classe, collègues de travail… Son principe de base
est la simplicité, voire la simplification. Le familier, par ignorance ou de façon
consciente, ne s’embarrasse guère de soin et de courtoisie dans le langage et c’est
pourquoi il présente les caractéristiques suivantes, qui, à la vérité, constituent des
fautes, en tout cas pour les puristes :

- l’abandon de tout mot non indispensable au sens ou qu’on peut deviner : le


ne de la négation (Tu viens pas ?), le « il » dans les formes impersonnelles (Y a
rien.), certains compléments directs d’objet (Si tu m’avais pas dit, je savais pas.)
;

- les abréviations par troncation ou contraction : les maths, le prof, une info,
une manif, le proprio, un appart, une séance de muscu, Bob (pour Robert), Bill
(pour Williams), Michou (pour Micheline), Clermont (pour Clermont-Ferrand),
Ouaga (pour Ouagadougou) ;

- les tics, les interjections et onomatopées, les idéophones : bon, euh, alors, et
voilà, et hop, tralala tralala, patati patata, couci-couça…

- la récurrence du démonstratif ça et de l’indéfini on : J’ai pas dit ça. On reviendra


sur ça. On parlera de cela. (Pour respectivement Je ne l’ai pas dit/ Ce n’est pas ce
que j’ai dit. Nous y reviendrons. Nous en parlerons.)

- la forme « aller à l’imparfait + infinitif » au lieu du conditionnel : Si tu m’avais


informé, j’allais venir.

- une prononciation plus rapide et moins soignée des mots : Ouais, ch’ais pas, mon
p’tit (= Oui, je ne sais pas, mon petit). - la forme sujet + verbe + ? dans
l’interrogation directe : Tu viendras ?

- des phrases courtes, parfois inachevées ou, à l’inverse, interminables avec des
répétitions de mots tels et puis, alors, donc…

- les mots vagues ou passe-partout (synecdoques généralisantes) : on, truc, chose,


machin…

- un vocabulaire particulier, de nature plaisante, cocasse, voire grivoise ou


argotique : le bonhomme, les sous, un gosse, emmerder, une bicoque, une
gonzesse…

- etc.

N.B. : Le registre familier est à bannir absolument dans toute situation qui se veut
série use.
3.2. Le registre courant (ou médian)
C’est celui de la langue usuelle, telle que quotidiennement pratiquée à la
télévision, à la radio, par le professeur s’adressant aux élèves, par quiconque
s’adressant pour la première fois à quelqu’un qu’il ne connaît pas ou peu… Il se
distingue du familier par le respect des règles de la grammaire, mais il ne s’agit
pas encore du soutenu, car il se contente de la langue commune, sans recourir
aux termes spécialisés, sans recherche aussi d’originalité, d’élégance, de style.
La majorité des mots et constructions d’une langue relève du registre courant.
Ce registre sert généralement de repère pour l’étude du registre inférieur (le
familier) et du registre supérieur (le soutenu).

3.3. Le registre soutenu (ou soigné, recherché)


Ce registre, qui se maintient à un niveau de courtoisie, de pureté et d’élégance,
apparaît dans toute situation où il faut surveiller son langage : échange avec un
supérieur hiérarchique, correspondance administrative, articles journalistiques et
scientifiques, essais, œuvres littéraires, discours politique ou syndical, prêche…
Ses principales caractéristiques sont :

- le recours aux pronoms personnels ou adverbiaux le, y, en au lieu des


démonstratifs ça, cela : Je ne l’ai pas dit (et non : Je n’ai pas dit ça/ cela), Nous y
reviendrons (et non : On reviendra sur ça/ cela), Nous en parlerons (et non : On
parlera de ça/ cela).

- un vocabulaire rare et très varié : les cieux, le firmament, l’azur (pour le ciel).
Cela y explique par ailleurs la fréquence des doublets (mots de même étymologie
mais dont l’un est d’origine populaire et le second d’origine savante) : près et
proche, raide et rigide, frêle et fragile, plier et ployer, nager et naviguer, muer et
muter, écouter et ausculter, poison et potion, hôtel et hôpital…
- les figures de style : Les sinistrés nourrissaient l’espoir que des vivres leur
seraient distribués ; Déjà la nuit en son parc amassait un grand troupeau d’étoiles
vagabondes (Du Bellay) ; Dans un coin, une jarre au long col invitait l’arrivant à
se désaltérer. Juste à côté, dans un panier posé sur un trépied en bois, deux
gobelets en fer blanc tenaient compagnie à des calebasses […] (Pierre Sammy-
Mackfoy, 2002 : 6) - l’inversion sujet-verbe à l’interrogation directe, après des
adverbes tels peut-être, aussi, ainsi, sans doute ou pour des effets stylistiques : Les
touristes reviendront-ils ? Sans doute les touristes reviendront-ils. Aussi vaut-il
mieux attendre encore un peu ; C’est ici que se termine le tunnel.

- les mots-liens et les transitions par esprit de courtoisie : d’ores et déjà, en


premier lieu, en conséquence, venons-en maintenant à…

- tous les temps verbaux, y compris le passé simple, l’imparfait et le plus-que-


parfait du subjonctif, le conditionnel (présent, passé première et deuxième formes)
: L’accusé salua bien bas le public et s’assit en attendant que le juge lui ordonnât
de se relever ; Si l’on m’avait informé, je serais venu ; Mes oncles, à Conakry,
m’avaient dit que c’était une chance unique et que je n’eusse pas mérité de respirer
si je ne l’avais aussitôt acceptée. (Camara Laye, 1976 : 211)

- des phrases complexes avec un rythme ample ou régulier : La seule chose qui
nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus
grande de nos misères. (Pascal)

- etc.

En résumé, les registres familier, courant et soutenu se distinguent par des


caractéristiques propres. On reconnaît le familier au fait qu’il ne s’embarrasse
point de soin, qu’il est pressé et expéditif, ce qui explique qu’il comporte souvent
des fautes.

Exemple : Les paysans pauvres croyaient qu’on allait les donner des vivres (les
est incorrect, on est vague, croyaient et donner
sont imprécis). Le courant fait mieux mais ne va pas jusqu’au bout, en ce sens
qu’il ne comporte pas de fautes et se contente d’éviter les fautes, sans y joindre
d’agrément ou d’ornement. Exemple : Les paysans pauvres espéraient qu’on leur
distribuerait des vivres (aucune faute, mais pas d’originalité). Le soutenu, non
seulement ne tolère aucune faute, mais encore recherche l’élégance, le style,
l’originalité, ce qui explique qu’il est patient et courtois. Exemple : Les paysans
indigents nourrissaient l’espoir que des vivres leur seraient distribués (aucune
faute, mais en plus indigents répond à un souci de différenciation, nourrissaient
l’espoir est une métaphore, le terme vague et passe-partout on est évité, la voix
passive rehausse le niveau de l’expression, la phrase est plus harmonieuse car les
deux propositions qui la constituent sont sensiblement d’égale longueur, onze
syllabes pour la première et dix pour la seconde). Continuons le récapitulatif par
le tableau suivant, où chaque ligne rassemble les équivalents d’un même mot ou
d’une même construction aux registres familier, courant et soutenu.

Familier Courant Soutenu


avant (Avant, la vie était autrefois (Autrefois, la jadis (Jadis, la vie était
facile.) vie était facile.) facile.)
baraque, bicoque taudis baraquement, masure
bousiller, gâter Abîmer Endommager
Boulot Travail Emploi
Bouquin Livre Ouvrage
cachot, gnouf, bagne prison maison d’arrêt,
pénitencier
chasser, virer, mettre à la licencier remercier, congédier
porte
clamser, crever, passer mourir, décéder trépasser, s’éteindre,
l’arme à gauche rendre l’âme, n’être plus
Dèche pauvreté, misère indigence, précarité
Dingue fou, insensé aberrant, absurde
Fouiner Fouiller perquisitionner
fric, pognon, sous (les Argent fonds, moyens financiers
sous)
Huppé Riche Fortuné
Lascar malin Astucieux
pagaille, bordel… Désordre capharnaüm, chienlit
Piger Comprendre Saisir
se casser Partir s’en aller, tirer sa
révérence

prendre ses jambes à son s’enfuir s'évader


cou
super, génial, chouette beau, joli formidable,
extraordinaire

Terminons en signalant que la barrière entre les trois registres n’est pas nette dans
l’absolu, en réalité ils s’interpénètrent dans la pratique quotidienne du langage. Il
n’y a d’ailleurs pas toujours unanimité d’un dictionnaire à l’autre ou d’une variété
régionale à l’autre sur l’étiquette familier, courant ou soutenu dont on désigne tel
mot, expression ou construction.
CHAPITRE 4 : QUELQUES CONNECTEURS LOGIQUES
Quand nous parlons ou écrivons, il ne suffit pas que notre propos soit vrai
pour être toujours convaincant. Très souvent en effet, l’efficacité d’un texte ou
d’un discours réside l’enchaînement des idées encore appelé cohérence. Et parmi
les moyens de rendre un propos cohérent, il y a les mots-liens ou connecteurs
logiques. Il s’agit principalement de prépositions (en raison de, vu…), de
conjonctions de coordination (mais, dans la mesure où…) et d’adverbes (ensuite,
en effet…). Pour rendre pratique leur emploi dans des situations réelles, nous
classerons selon leur sens : mots-liens d’ordination, de surenchère, de cause, de
conséquence, de conclusion, d’opposition, de condition, de comparaison, de
reformulation, d’illustration, d’évidence et de modalité.

4.1. Mots-liens d’ordination, de hiérarchisation ou d’addition


- d’abord, tout d’abord, dès l’abord, au premier abord, de prime abord ;

- pour commencer, avant tout, d’emblée, d’ores et déjà, d’entrée de jeu, dès
l’entrée en matière, dès l’entame, à première vue, au préalable ;

- ensuite, puis, aussi, également, en outre, en plus, en sus, par ailleurs ;

- enfin, au final, pour clore, pour terminer, en dernier ressort, en dernière analyse,
en dernier lieu ;

- primo, secundo, tertio, quarto ;

- au premier rang, au premier chef, au second rang (au deuxième rang) ;

- au premier plan, au second plan (au deuxième plan) ;

- premièrement, deuxièmement, troisièmement, quatrièmement ;

- en premier lieu, en tout premier lieu, en second lieu, en deuxième lieu, en


troisième lieu ;
- dans un premier temps, dans un second temps, dans un deuxième temps, dans
un troisième temps ;

- d’une part, de l’autre (d’autre part), d’un côté, de l’autre (d’un autre côté), les
uns…les autres ;

- le premier, la première, les premiers, les premières, le second, la seconde, les


seconds, les secondes, le deuxième, la deuxième, les deuxièmes, le troisième, la
troisième, les troisièmes ;

- certains…d’autres, les uns… les autres.

Exemples : - Pour assurer l’accélération du développement deux conditions


générales sont nécessaires : en premier lieu, les réformes radicales dans les
structures sociales, politiques et institutionnelles des pays en voie de
développement ; en deuxième lieu, une modification importante de l’ordre
économique mondiale. (W. Leontief, A. P. Carter, cités par W. Howard Wriggins,
Gunnar Adler-Karlsson, Le dialogue Nord-Sud et la réduction des inégalités.
Economica, 1980, p.3)

- Deux types de personnages dominent dans les œuvres littéraires : les


personnages heureux et les personnages tragiques. Mais les derniers, les
personnages tragiques, sont de loin les plus récurrents. Aussi Jacques Lacarrière
affirme-t-il : « Les gens ne s’intéressent pas aux héros heureux. Il leur faut du
tragique, du mythique, du monstrueux, du terrifiant. » Nous dirons tout d’abord
ce qu’est un héros tragique à partir de cas précis. Ensuite il s’agira de comprendre
pourquoi la littérature affectionne particulièrement ce type de personnage. Et en
dernière analyse nous verrons s’il y a lieu de préconiser ou de blâmer cette
tendance. (Introduction d’étudiant au sujet suivant : «Les gens ne s’intéressent pas
aux héros heureux. Il leur faut du tragique, du mythique, du monstrueux, du
terrifiant. » Vous commenterez cette affirmation de Jacques Lacarrière en vous
référant à des héros de la littérature.)
Observation
Les mots-liens de différentes séries sont bel et bien interchangeables, c’est
d’ailleurs ce que nous recommandons pour les besoins de variation du style. Nous
ne voyons en effet aucun mal à utiliser les mots-liens selon la logique suivante :

- Pour commencer… Ensuite… En dernier lieu…

- Primo…Secundo… Enfin…

- Dans un premier temps… Ensuite… Puis…Par ailleurs… En dernier ressort…

C’est ce qui a lieu dans cette phrase : De longues files d’ouvriers : les uns posent
un écrou, d’autres serrent un vis, les troisièmes comptent des ailes... (Ilya
Ehrenbourg, cité par IPAM 6, p. 276)

4.2. Mots-liens de surenchère ou de renforcement


par ailleurs, d’ailleurs, mieux, bien plus, pire, pis, de surcroît, par surcroît, du
reste, au reste, au surplus, au demeurant, qui plus est, qui pis est, par-dessus le
marché, en plus, en outre, en sus, outre que, non seulement…mais également, à
fortiori, (et) encore moins.

« Au surplus » est le mot-lien phare de surenchère dans L’enfant noir (1976) de


Camara Laye. L’auteur préfère presque toujours cette expression à mieux, bien
plus, de surcroît, du reste. Exemples :

- Telle est au surplus notre coutume, qui éloigne du travail de l’or toute
intervention autre que celle du bijoutier même (p.31).

- Chaque moissonneur au surplus mettait son honneur à faucher avec sûreté et


avec la plus grande célérité… (p. 58).
4.3. Mots-liens de cause, d’explication ou de justification :
- en effet, en fait, de fait, au fait, en réalité, en vérité, au vrai, à vrai dire, après
tout ; - vu, au vu de, au regard de, eu égard à, en raison de, compte tenu de, étant
donné, considérant ;

- car, parce que, puisque, comme, d’autant que, d’autant plus que, dès lors que, au
motif que, sous prétexte que, dans la mesure où, étant donné que, (compte tenu)
du fait que, considérant que, vu que.

4.4. Mots-liens de conséquence :


- ainsi, donc, de ce fait, par conséquent, en conséquence, par voie de
conséquence, c’est pourquoi, alors, dès lors, partant, par suite, ce faisant, aussi ;

- résultat :, conséquence :

- il en résulte que, il s’ensuit que, il en ressort que, il en découle que, on en déduit


que ;

- si bien que, à telle enseigne que, à tel point que, au point que, de sorte que, de
telle sorte que, de façon que, de telle façon que, de manière que, de telle manière
que ;

- sinon, faute de quoi, car alors.

Exemple : En raison d’un mot d’ordre de grève, R.F.I. n’est pas en mesure
d’assurer ses programmes habituels ; veuillez nous en excuser. En conséquence,
nous vous proposons cette session musicale. (R.F.I.)
4.5. Mots-liens de résumé, de synthèse, de récapitulatif ou de
conclusion
- en résumé, en conclusion, en récapitulatif, pour tout dire, pour faire court ; -
ainsi, donc, ainsi donc, cela dit, cela étant, bref !;

- en définitive, finalement, au final, au finish, en fin de compte, au bout du compte,


au terme de, tout compte fait, tout bien considéré, somme toute, en somme ;

- au total, en tout, en gros, grosso modo.

4.6. Mots-liens d’opposition, de contradiction ou de nuance

- à l’opposé, à l’inverse, inversement, a contrario (à contrario), au contraire ;

- mais, or, toutefois, cependant, néanmoins, pourtant, pour autant, quand même,
tout de même ;

- en revanche, par contre, en contrepartie, en retour ;

- malgré, nonobstant ;

- en dépit de, à l’opposé de, à l’inverse de, contrairement à, au contraire de ;

- malgré que, bien que, quoique, quoi que, même si, quand (bien) même, encore
que, cependant que, quelque…que, si…que, tout…que.

- Quand même (variante : quand bien même), qui signifie même si, s’emploie
toujours avec le conditionnel (comme au cas où) : Elle sera condamnée quand
bien même elle nierait les faits. Quand même ou quand bien même, conjonction
immobile dans la proposition qui la contient, n’est pas à confondre avec quand
même, adverbe mobile signifiant tout de même.

- La confusion entre quoique et quoi que n’a pas lieu d’être ; on écrit quoique, en
un mot, quand il peut être remplacé par bien que.

- Par contre passe souvent pour familier, comparé à en revanche, qui, lui, serait
soutenu.
- Nonobstant, qui signifie malgré, en dépit de, est un terme juridique au même
titre que attendu que, considérant que, procédural… et trop y recourir dans
d’autres types de discours peut paraître pédant, affecté.

4.7. Mots-liens de condition, d’exception, de restriction

Hormis, en dehors de, fors, excepté, sauf, à part, mis à part, excepté que, sauf que,
à moins que…

Observation : Fors est une survivance ; il ne se rencontre que dans des phrases
comme Il a tout perdu fors l’honneur.

4.8. Mots-liens de progression parallèle, de comparaison ou


d’alternative

tantôt…tantôt, soit…soit, ou…ou, ni…ni, ou bien…ou bien, de même…de


même, autant…autant, plus…plus, moins…moins, non seulement…mais
également, d’un côté…de l’autre, d’une part…de l’autre.

4.9. Mots-liens de reformulation

c’est-à-dire, en d’autres termes, en d’autres mots, autrement dit, dit autrement, en


un mot, en substance, pour ne dire que l’essentiel, en clair, pour être clair, pour
faire court, en gros, schématiquement (de façon schématique), pour tout dire, bref
!

4.10. Mots-liens d’illustration ou d’exemple

ainsi, par exemple, en exemple, à titre d’exemple, à titre illustratif, c’est le cas de,
c’est le cas lorsque, comme en témoigne, comme le montre assez clairement, on
le voit à travers, comme on le voit à travers.

4.11. Mots-liens d’évidence


bien sûr, bien entendu, évidemment, naturellement, il va sans dire (que), il va de
soi (que).

4.12. Mots-liens de modalité

Les connecteurs modaux sont des commentaires, car ils ont pour particularité
d’indiquer les sentiments de l’énonciateur, son attitude ou sa position à l’égard de
son propre discours. Les connecteurs modaux sont sans aucun doute les plus
nombreux :

- à mon avis, de l’avis de, de l’avis général, à mon sens, au sens où l’entend, de
mon point de vue, pour ma part, d’après cette théorie, selon, à en croire, pour ;

- en principe, en théorie, théoriquement, normalement, en général, généralement,


d’une manière générale, plus généralement, en temps normal, traditionnellement,
ordinairement, d’ordinaire, d’habitude, habituellement ;

- singulièrement, particulièrement, en particulier, principalement, en l’espèce,


spécialement, en l’occurrence ;

- à priori, à fortiori, à posteriori, dans ce sens, en ce sens, sous cet angle, de ce


point de vue, d’une certaine manière, dans un certain sens, dans le même ordre de
pensée, dans cet ordre de pensée, dans le même ordre d’idées, dans cet ordre
d’idées ;

- bien entendu, bien évidemment, à l’évidence, visiblement, manifestement ;

- sans doute, nul doute, sans aucun doute, sans conteste, sans contredit, sans
cesse, sans trêve, sans relâche, sans répit, sans encombre, sans bavure, sans
ambages, sans fioritures, sans ambiguïté, sans désemparer ;

- peut-être, à coup sûr, pour sûr, probablement, très probablement, certainement,


très certainement, absolument, nécessairement, assurément, volontiers ;
- il est nécessaire que, il convient de, il est indiqué de, il est conseillé de, il est
normal de, il est logique que, il est indispensable que, il faut que, il est possible
que, il est probable que, il se pourrait que, il n’est pas exclu que, on peut supposer
que, on peut imaginer que, il apparaît que ;

- à cette allure, à ce rythme, à tort et à travers, à bon escient, de bonne foi, de bon
aloi, à vrai dire, à dire vrai, vraiment, à proprement parler, assurément,
précisément, hélas, malheureusement, heureusement ;

- nullement, aucunement ;

- in extenso, in fine, de visu, ex abrupto, ipso facto, de facto, stricto sensu ;

- à bon escient, sciemment, à loisir, à dessein, peu ou prou, à tort, à raison, bel et
bien, exprès, n’importe comment, presque, tant bien que mal.
CHAPITRE 5 : LE PARTICIPE PASSE ET SON ACCORD

Le participe passé est souvent à l’origine de bien de fautes orthographiques. Les


unes portent sur les désinences, les autres sur l’accord.

5.1. Formes du participe passé

 Tout d’abord, à propos des désinences, on commencera par distinguer

l’infinitif des verbes du 1er groupe (terminaison –er) de leur participe passé
(terminaison -é) par la possibilité de le commuter avec l’infinitif d’un verbe du 3e
groupe (vendre, prendre par exemple) ou son participe passé (vendu, pris) ; on
mettra –er à la fin de la forme verbale quand elle peut-être remplacée par vendre
ou prendre, et –é quand, au lieu de vendre ou prendre, c’est la forme vendu ou
pris qui peut lui être substituée.

- Nous devons travailler (-er car commutation avec vendre possible : Nous devons
vendre). - Nous avons travaillé (-é car commutation possible, non avec vendre,
mais plutôt avec vendu : Nous avons vendu). On se gardera, quand le message est
destiné à de jeunes apprenants, de faire la distinction par la règle selon laquelle
lorsque deux verbes se suivent, le second se met à l’infinitif, car de tels
destinataires peineront à comprendre que la phrase Nous devons travailler
comporte deux verbes et que l’autre, Nous avons travaillé, n’en compte qu’un
seul.

 Le participe passé de certains verbes des 2e et 3e groupes peut facilement

induire en erreur en raison de sa terminaison qui peut prendre plusieurs formes -


i, -it, -is, -u, -us, -ut, -os. Comment se tirer d’affaire ? Il est connu que la 3e
personne desdits verbes se termine par t ou d au présent de l’indicatif (il finit, elle
interdit, il sert, elle prend…) et par t au passé simple (il finit, elle interdit, il servit,
elle prit…). Mais leur participe passé se termine par i, it, is, u, us, ut, os selon le
verbe : il a fini, il a uni, il a interdit, il a frit, il a joint, il a compris, il a conquis,
il a voulu, il a exclu, il a inclus, il a dissout, il a clos. Pour orthographier
correctement un tel participe, il suffit de l’employer comme adjectif qualificatif
avec un nom féminin ; s’il y a une consonne juste avant la marque –e du féminin,
cette consonne figurera en finale du participe passé.

J’écris donc il a interdit, elle a frit, il a joint (avec –t à la fin du participe passé)
car on dit bien une chose interdite, de la viande frite, les pièces jointes. De même
elle a compris, il a conquis, elle a inclus, il a clos, puisque la consonne –s apparaît
au féminin : une leçon bien comprise, une terre conquise, une personne incluse,
la séance est close. J’écris en revanche il a fini, elle a réuni, il a exclu, il a voulu
en raison de l’absence de toute consonne avant la marque –e du féminin de ces
participes passés : une guerre bien finie, une famille unie, une personne exclue,
une difficulté voulue.

1.2. Accord du participe passé


1.2.1. L’accord du participe passé employé sans auxiliaire

Employé sans auxiliaire, le participe passé s’accorde en genre et en nombre


comme un adjectif qualificatif épithète ou apposé avec le nom auquel il se
rapporte : Les personnes intéressées s’adresseront directement au secrétariat
général. / Sanctionnées pour dopage, les deux Américaines ne retourneront pas
sur la piste avant un an.

1.2.2.L’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire ETRE

Employé avec l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde comme un adjectif


qualificatif attribut avec le sujet : Les cyclistes sont longuement applaudis par la
foule. / La chorégraphie a été étudiée jusqu’au bout. (Se rappeler que fut, furent,
a été, ont été, avions été, auraient été… sont bien des formes de l’auxiliaire être.)

1.2.3. L’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire


AVOIR
Employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé ne s’accorde pas s’il n’y a pas
de C.O.D. ou si le C.O.D. vient seulement après : Les tanneurs ont bien travaillé.
(pas de C.O.D., pas d’accord du participe passé) / Les tanneurs ont bien travaillé
cette peau. (C.O.D. placé après le participe passé, pas d’accord du participe passé)

 Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir et précédé d’un


C.O.D.

Le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec ce C.O.D. : Cette peau,


les tanneurs l’ont bien travaillée. / Je me souviens encore des remarques qu’il avait
faites. / Combien de personnes as-tu rencontrées ? On relève toutefois deux
exceptions à cette règle. D’abord quand le C.O.D. qui le précède est le pronom
personnel en, le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir est invariable :
Mon ami m’a envoyé des fruits, j’en ai mangé toute la journée. Ensuite le participe
passé employé avec l’auxiliaire avoir et précédé d’un C.O.D. reste invariable s’il
est suivi d’un infinitif transitif direct : Les arbres que j’ai vu abattre encombraient
l’avenue. Par contre, quand l’infinitif qui le suit est intransitif, il s’accorde en
genre et en nombre avec le C.O.D. : Les arbres que j’ai vus grandir encombraient
l’avenue.

 Le participe passé des verbes coûter, peser, mesurer employé avec


l’auxiliaire avoir et précédé d’un C.O.D.

Ce participe passé s’accorde avec le C.O.D. si ces verbes sont employés au sens
figuré, mais reste invariable s’ils sont employés au propre, c’est-à-dire comme
complément circonstanciel de prix, de poids et de mesure.

- Les efforts que m’a coûtés ce voyage sont énormes (efforts = C.O.D. de a coûtés)
vs Les vingt mille francs que m’ont couté ces chaussures ne sont rien (vingt mille
francs = complément circonstanciel de prix de a coûté).

- Ces paroles, il les a bien pesées (C.O.D.) vs Les quinze kilogrammes qu’a pesé
le colis paraissent peu (compl. circ. de poids). - Les risques que nous avons
mesurés sont inimaginables (C.O.D.) vs Les trois mètres qu’a mesuré la statue
sont raisonnables (compl. circ. de mesure)

5.2.4. L’accord du participe passé des verbes pronominaux

Le participe passé des verbes pronominaux de nature (s’enfuir, s’évader,


s’écrouler, s’effondrer, s’écrier, s’exclamer, se lamenter, se souvenir…) s’accorde
en genre et en nombre avec le sujet :

Exemple : La muraille de la prison s’est effondrée, plusieurs détenus se sont


évadés.

À l’opposé, le participe passé des verbes pronominaux par emploi (s’armer, se


sourire, se servir, se dire…) s’accorde seulement lorsque le pronom est analysable
comme un C.O.D.

Exemples : Elle s’est servie. (= Elle a servi elle-même ; elle-même= C.O.D. mis
pour s’) ; Ils se sont combattus. (= Ils ont combattu les uns les autres ; les uns les
autres : C.O.D. mis pour se).

Mais si le pronom est analysable comme un C.O.I., le participe passé reste


invariable.

Exemples : Elle s’est servi des crevettes. (= Elle a servi des crevettes à elle-même
; à elle-même, C.O.I. mis pour s’) ; Les dictatures se sont succédé en Bolivie. (=
Les dictatures ont succédé les unes aux autres en Bolivie ; aux autres, C.O.I.).
L’analyse du pronom en C.O.D. ou C.O.I. suffit à faire convenablement l’accord
du participe passé des verbes pronominaux et la technique consistant à distinguer
verbes pronominaux de sens réfléchi de verbes pronominaux de sens réciproque
reste peu pratique, en tout cas lorsqu’on s’adresse à de jeunes apprenants.

N.B. : Le participe passé d’un verbe pronominal précédé d’un C.O.D. s’accorde
en genre et en nombre avec ce C.O.D., car la phrase s’analyse comme un participe
passé employé avec l’auxiliaire avoir et précédé d’un C.O.D. (voir le point d. ci-
dessus) : Les objectifs que je me suis fixés sont nobles. (= Les objectifs que j’ai
fixés à moi-même sont nobles.)

Le participe passé des verbes pronominaux se laisser, se faire suivi d’un


infinitif reste invariable : Elle s’est laissé conduire. / Ils se sont fait avoir.
BIBLIOGRAPHIE

Dieudonné TIBIRI, Techniques d’expressions orales et écrites,


Collection Intelligences, Ouagadougou, 2020

Sidiki TRAORE, Bien parler, Bien écrire, Harmattan Burkina,


Ouagadougou, 2012

Sidiki TRAORE, Style, norme et écart, Harmattan Burkina,


Ouagadougou, 2017

Sidiki TRAORE, Grammaire normative du français moderne,


Editions Céprodif, Ouagadougou, 2019

Robert Mercier, Manuel du Langage Corporel. Comment analyser les


gens, lire leur communication non verbale et se défendre facilement
contre les techniques de manipulation, Copyright 2021 de Robert
Mercier. Tous droits réservés.

La préparation d’un discours, La Banque Royale du Canada. Bulletin


mensuel, Vol. 39, No. 7 Social: Montréal.

Écrire un discours en 11 étapes, Blog » Rédaction web » Stratégie


éditoriale

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