Techniques d'Expression Écrite et Orale
Techniques d'Expression Écrite et Orale
TECHNIQUES D’EXPRESSION
ECRITE ET ORALE (TEEO)
Niveau : Licence I
Chargé de cours :
Dr Steven Benjamin BIRBA
Spécialité :
Littératures Africaines/Littératures
d’Enfance et de Jeunesse
Contacts : [email protected]
WhatsApp : 00226 78 88 79 91
PREMIÈRE PARTIE :
TECHNIQUES
D’EXPRESSION ORALE
(Techniques de maîtrise de la prise de la parole en public)
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA COMMUNICATION
1.1 – Définition
Dans le cas d’un roman, l’émetteur est l’auteur qui écrit une histoire au profit du
récepteur – lecteur.
1.2.1 - L’émetteur
C’est celui qui prend l’initiative de la communication, d’envoyer un message,
c’est celui qui code le message. Dans le cas de la communication verbale, on
l’appelle le locuteur.
1.2.2. Le message
C’est l’ensemble de signes plus ou moins bien organisés, plus ou moins clairs,
que l’émetteur envoie vers le récepteur par un canal. En d’autres termes, c’est
l’information, le texte, le discours transmis. Exemple : une lettre, une conversation
téléphonique, une œuvre littéraire, …
1.2.4 – Le canal
C’est la voie de transmission du Message. On peut le définir par l’ensemble des
sens qu’il mobilise (vision, ouïe, tact, olfaction, …) et opérer une première
classification des messages selon qu’ils empruntent :
- le canal visuel (dessins, images fixes ou animées, écriture, …)
- le canal sonore ou auditif : parole, musique, bruit, …
- le canal olfactif : odeurs, parfums, …
- le canal tactile : pressions, chocs, effleurements (exemple : se serrer la main), …
1.2.5 – Le code
C’est un ensemble de signes et de règles de combinaison de ces signes, que
l’émetteur (le locuteur) et le Récepteur (Interlocuteur) doivent avoir le plus en
commun pour communiquer efficacement.
Exemples :
- Les panneaux sur le bord des routes ne sont compréhensibles que si nous
connaissons le code de la route ;
- Une conversation entre sourds n’est pas possible pour quelqu’un ne connaissant
pas le code gestuel particulier qu’ils utilisent pour communiquer ;
- Une langue, c’est un code hautement élaboré utilisant un grand nombre de signes
(les mots), avec des règles de combinaison complexes. Ce code est susceptible
d’emprunter deux canaux : le canal oral (parole / audition), et le canal visuel
(écriture / lecture). On pourra parler de code oral et de code écrit.
Remarque : Ces deux codes ont chacun leurs règles. Ils ne se recouvrent
nullement : un message oral véhicule parfois des informations que sa
transcription écrite ne conserve pas, et inversement.
1.2.6 - Le référent
Il pourra être défini comme la réalité non linguistique (objet, événement, thème,
situation) à laquelle, globalement le message linguistique fait référence. En
d’autres termes, c’est ce sur quoi porte la communication, le contexte dont il est
question, le thème du message.
Dans tout acte de communication ces éléments sont solidaires. Mais selon ses
caractéristiques propres, un message fait plus ou moins appel à six (6) fonctions
principales du langage, correspondant aux six (6) éléments présents dans un acte
de communication. Celui qui émet un message utilise ces fonctions selon
l’importance qu’il accorde à tel ou tel élément de la communication, avec des
intentions ou des objectifs particuliers destinés au récepteur du message. Recevant
le message, ce dernier est sensible aux différents choix faits par l’émetteur. S’il
les perçoit clairement, il peut les analyser.
1.3. Fonctions du langage (Pourquoi s’exprimer ?)
Exemples :
Un impératif (Ferme la porte !), l’expression d’un ordre, une interrogation visant
à obtenir une réponse, en sont des exemples presque purs.
L’accent est mis sur le Canal et sur tout ce qui peut éviter à la
communication d’être rompue. Alors, pour être mieux compris, l’émetteur doit
assurer de bonnes conditions matérielles et physiologiques de transmission du
message et de maintien du contact avec son destinataire. C’est la fonction
phatique.
Dans un cours, les « Vous me suivez ? », « Ecoutez-moi bien » sont là pour vérifier
que la communication n’est pas interrompue.
C’est par exemple le cas quand, employant le mot « panégyrique », présentant que
mon interlocuteur ne le connaît pas, je précise « « panégyrique », enfin, je veux
dire, un véritable éloge … »
Les indices présents dans le texte sont : choix de mots chargés de connotations
(sens seconds, symboliques), figures de style, jeux sur les sons ou les lettres, …
2.1.1. Le naturel
En expression orale, aucun homme n’est plus à l’aise que celui qui se
retrouve dans tous ses aspects naturels. On peut dire que le naturel est la simplicité
qu’il ne faut pas confondre avec la vulgarité, un défaut à éviter. On est naturel
quand on n’est ni crispé ni stressé et plus sobre que pédant. Voici quelques
conseils pour être naturel :
- Eviter la manie, ici verbale ; éviter ce qui n’est pas habitudes, ce qui n’est pas
de la vraie nature. (Exemple : heu ! … / les petits mots comme « N’est – ce pas
hein » / Le ton européen = choguebiter/…) ;
- Les gestes et la posture importent : * les gestes : ordonnés, pas stéréotypés, justes
… * la posture : polie, sage, simple … . Un élément influençant la posture :
l’habillement ; il est fonction de l’âge, du métier, du milieu, des circonstances, de
l’auditoire ou de l’interlocuteur …
2.1.2. Le style
Le style est la manière de s’exprimer de l’orateur propre à lui seul. Il est
donc l’élément caractéristique de reconnaissance du locuteur dans la façon de
parler. Le style oratoire est toujours propre à un individu. Que celui-ci s’évertue
à imiter une idole, il se trahira quelque part et l’oreille d’un averti dira : « Il parle
comme tel orateur ! Mais voilà sa part stylistique ! » Le style n’est donc jamais
pour deux individus pour grande que soit la ressemblance. Ainsi chaque écrivain
a son style. Pour le lire ou déclarer ou aussi mimer, il faut maîtriser son style afin
de le rendre fidèlement quoique la fidélité ne soit pas l’incarnation réelle. On ne
lit pas une oraison de Bossuet comme on lirait un conte ; déclamer Pierre Corneille
c’est rendre les différentes émotions ou incarner autant qu’on peut les sentiments
que vivent les personnages.
En somme pour réussir le style il faut respecter toutes les règles de la diction.
2.1.3. La diction
La diction se compose des éléments suivants : la prononciation, le débit
et la ponctuation.
2.1.3.1. La prononciation
Tout locuteur recherche la bonne prononciation car elle est révélatrice de
beaucoup de qualités mais aussi de défauts = - Le niveau intellectuel : soutenu ou
châtié, courant, familier - L’origine : ethnie moaga, pays sénégalais, langue
maternelle, classe bourgeoise, intellectuel ou illettré (manzé, moizè diqué, village,
pli rien bonzon Missé, tarwaillé …) - Les difficultés de prononciation engendrent
parfois celles de l’orthographe.
2.1.3.2. L’articulation
L’articulation est surtout liée à la netteté des sons, des syllabes, des mots. Elle
exige que le locuteur sache mettre à l’œuvre l’articulation ou la mobilité de ses
mâchoires. Partant il y a parfois d’autres phénomènes extérieurs qui interviennent
et rendent défectueuse l’articulation : le gêne, l’artificiel (mali ou se faire voir), la
presse (parler les mâchoires serrées …)
2.1.3.3. Le débit
Le débit est le rythme ou la vitesse de la diction. Il faut savoir choisir le
rythme idoine. Il peut être :
2.1.3.4. La ponctuation
La ponctuation régule le discours et lui permet d’avoir du sens. Elle est pour
le texte ce qu’est le code de la route pour la circulation. Sans elle le discours est
embrouillé comme une voie de la circulation où il y a embouteillage par manque
de feux tricolores dans une grande ville. (En expression écrite on verra les signes
de ponctuation et leurs rôles respectifs).
2.2.1. La préparation
La préparation est le temps avant l’exécution : Ce temps peut être bref ou
long. La longueur est fonction de beaucoup de paramètres :
Toutes les exigences ci-dessus citées doivent être prises en compte dans le travail
de groupe. Alors l’idéal serait que tout groupe soit désiré ou soit l’œuvre de soi
c’est – à dire qu’on l’intègre librement. Mais les circonstances dans la vie dictent
aussi leurs lois et par expérience on sait que la plupart des travailleurs ont des
coéquipiers que l’entreprise employeuse ou qu’un supérieur leur impose.
Les règles de conduite d’un travail d’équipe sont non seulement illimitées mais
aussi peuvent être élaborées par chaque groupe avec pour seul but la réussite pour
tous.
- La ponctualité
– Le respect de soi
- Faire concession
- L’adhésion aux idées adoptées par le groupe quand bien même on pense le
contraire
- La charité voir solidarité du groupe doit conduire les éléments à se prêter secours
ou les documents (insister sur les risques de perte, vol …) et à informer les autres
sur tous les sites ou bibliothèques nécessaires …
2. La préparation matérielle
- Bien organiser le travail surtout fini : connaître les grandes étapes d’exécution
- Répartir les tâches : chacun doit maîtriser la sienne mais le travail entier doit être
remis à chaque membre du groupe.
- Prévoir le matériel vestimentaire (pas impudique, pas trop luxueuse qui distrait,
pas négligent …
2.2.2. L’exécution
- L’attitude : il y a plus à dire sur l’attitude que les autres qualités ; on ne peut tout
dire et il y a surtout la possibilité d’innover. Parlons – en en quelques mots : la
manière de s’arrêter (commenter = délinquant) le regard négligent ou haut, bas,
fixe (…), l’attitude est liée à l’habillement … la manière de s’asseoir …
- Le groupe doit suivre avec grande attention ce qui est dit = faire la même tâche
ensemble, c’est – à – dire l’un n’écrit pas pendant qu’un autre parle ; l’un n’est
pas assis et l’autre debout … - Etc.
Les débats
- Eviter les contradictions internes : ne pas ramener celles qui ont eu lieu pendant
la préparation.
- Qu’un seul membre ne répond pas aux questions ; rappeler cela aux bavards ou
trop connaisseurs.
- Convaincre et non jouer sur les sentiments ou non laisser deviner (cf. la
soutenance mais ne pas dire le nom …)
- Lire les auteurs théoriciens de l’expression orale offre – t – il comme par magie
la maîtrise de l’art de parler ?
Il y a un paradoxe : tous ceux qui se posent de telles questions savent très bien les
réponses en ce sens qu’ils n’ignorent point qu’en science, rien n’est magique c’est
– à dire ne s’obtient sans des efforts possibles d’être expliqués et démontrés. Pour
être clair, affirmons que ces étudiants ont peur de ces efforts, peur qui plonge dans
ces inquiétudes que nous avons évoquées ci – dessus. Pour ces raisons nous
proposons des conseils issus de notre expérience en vue d’estomper ces
inquiétudes par de petits efforts mais permanents. Cette permanence va à la
longue, instaurer en eux une seconde nature et l’automatisme.
1er conseil : lire mais surtout de la bonne manière c’est – à – dire avec un crayon
à la main pour relever les mots inconnus, intéressants et les belles tournures et /
ou figures.
4e conseil : tout vocabulaire que vous n’employez pas dans votre langage
quotidien est d’office voué à l’oubli.
CHAPITRE III : LA COMMUNICATION NON VERBALE
Dans son ouvrage Manuel du Langage Corporel. Comment analyser les gens,
lire leur communication non verbale et se défendre facilement contre les
techniques de manipulation1, Robert Mercier distingue au moins trois raisons
essentielles liées à la connaissance du langage corporel et à la compréhension de
la communication non verbale.
A travers votre corps, c’est avec vous-même que vous communiquez : le corps,
l’esprit et les émotions constitue une même entité. De même que les émotions
influencent vos mouvements, vos expressions et votre posture, les mouvements,
les expressions et la posture influencent à l’inverse vos émotions. Avez-vous déjà
été un peu déprimé et après une course, une promenade, ou même juste une
douche ou un bain chaud, vous aviez bien meilleur moral ? Il s’agit d’une
démonstration simple de la manière dont le corps influence les émotions et les
humeurs. Mais il y a plus : adopter une posture qui montre force et courage vous
rend force et courage. Changer votre physiologie, même quelques instants, peut
vous aider à vite changer d’humeur.
1
Robert Mercier, Manuel du Langage Corporel. Comment analyser les gens, lire leur communication non verbale
et se défendre facilement contre les techniques de manipulation1, Copyright 2021 de Robert Mercier. Tous droits
réservés.
- Au délà du mot, le langage corporel
Enfin, il est bon d’apprendre à comprendre le langage corporel car vous pourrez
mieux comprendre les autres, leurs réactions et parfois même leurs intentions.
Pour en revenir au sujet évoqué plus haut à propos de votre inconscient et de votre
intuition, une bonne connaissance du langage corporel vous permettra d’expliquer
certains de vos sentiments apparemment inexplicables. Il faut savoir que oui, vous
pouvez effectivement “contrôler” les facteurs liés au langage corporel et à la
communication non verbale. Nous pouvons en effet transmettre confiance,
crédibilité, bonne humeur, autorité, en utilisant le langage corporel et nos
mouvements comme un véritable outil de communication. Soulignons qu’un
langage corporel positif, sans message exprimé par des mots, n’est en aucun cas
suffisant, tout comme, à l’inverse, une bonne communication verbale sans
éléments physiques de soutien peut prêter à confusion. C’est généralement le cas
lorsque vous parlez d’une certaine façon alors que votre corps communique une
autre émotion.
La Kinésique :
Il s’agit du langage corporel impliquant les expressions du visage, les gestes et les
mouvements.
Le Paralangage :
La Proxémique :
3.2.1.La kinésique
3.2.2. Le paralangage
Pendant que vous parlez, votre interlocuteur “lit” votre voix en plus
d’écouter ce que vous dites. Vous devez savoir que les facteurs auxquels les autres
personnes prêtent attention pendant la communication incluent le temps et le
rythme, mais aussi le volume de la voix, fort ou faible, ainsi que le ton et les
inflexions. Il n’y a pas que les mots qui attirent l’attention, mais aussi le ton, le
volume, la qualité, l’intonation et les pauses de la voix. Certains chercheurs
incluent aussi certains phénomènes non vocaux dans la définition du paralangage,
comme les expressions du visage, les mouvements des yeux, les gestes de la main,
etc. Il ne faut pas non plus négliger que toutes les cultures n’interprètent pas ces
signaux non verbaux de la même manière. Comme vous pouvez l’imaginer, cela
peut être déroutant lorsque des personnes issues de milieux culturels différents
essaient de communiquer entre elles. Un exemple ? En Arabie Saoudite, parler
fort donne un sentiment d’autorité tandis que parler doucement donne une
impression de soumission. Les Américains, en revanche, sont très souvent perçus
comme impudiques par les Européens à cause du volume de leur voix. En ce qui
concerne la langue finlandaise, le fait que les autochtones la parlent beaucoup plus
lentement que les autres langues européennes a conduit le reste du monde à avoir
une perception erronée du peuple finlandais, qui est lui-même considéré comme
“lent” pour cette raison.
3.2.3.La proxémique
L’espace vital nécessaire augmente à mesure que l’intimité avec l’autre diminue.
La distance est ensuite adaptée en fonction de l’informalité de la conversation
elle-même. La distance sociale informelle est utilisée dans les situations
professionnelles telles qu’un entretien ou de petites réunions. La distance
publique, en revanche, est appropriée dans une présentation où l’on s’adresse à de
nombreuses personnes qui ne sont que vaguement ou pas du tout familières. Par
exemple, se pencher vers une personne peut aider à vous sentir plus confiant
envers celle-ci, mais vous devez prêter attention à ne pas trop vous approcher, au
risque d’être tout simplement inapproprié et impoli.
Tout le monde n’en a pas forcément conscience, mais c’est une vérité
indéniable : le corps parle aussi pour nous. Nous entendons sans cesse qu’un
langage corporel positif peut changer notre vie, mais c’est encore sous-estimé
voire ignoré par beaucoup. Il est important de transmettre les bons messages à
travers votre corps et pas seulement à travers des mots. La plupart du temps, vous
ne savez même pas ce que vous dites avec vos gestes, les expressions de votre
visage et votre posture. Pour maîtriser cette approche, il est important d’avoir une
compréhension approfondie du langage corporel et de commencer à l’utiliser à
votre avantage.
Certains gestes qui semblent anodins véhiculent une idée fausse de vous et
de votre approche professionnelle. Admettons que vous gardiez toujours les bras
croisés, réalisez-vous que cela montre un manque d’intérêt pour votre
interlocuteur ? Dans un monde qui valorise de plus en plus une société
collaborative, vous comprendrez que ce type de signal n’est jamais bon. Un
langage corporel positif, en revanche, sert à transmettre un message plaisant et
adéquat sur vos performances professionnelles et vos qualités personnelles. Il
s’agit à tout point de vue d’un moyen de souligner vos propos et du meilleur
moyen d’entrer en contact avec les gens. Quand cet élément fait-il la différence ?
Dans la journée, on a de multiples occasions d’obtenir de bons résultats en
utilisant un langage corporel positif. Par exemple, lors d’un entretien d’embauche,
gardez à l’esprit que votre langage corporel sera observé en permanence. Ce n’est
pas un hasard si, au cours de leur carrière professionnelle, les gens comprennent
ce que leur regard, leur façon de se tenir et leurs gestes communiquent aux autres.
Pendant une présentation, par exemple, vous aurez l’air beaucoup plus sûr de vous
en soignant vos expressions du visage, tandis qu’en réunion, il vous sera en fait
bien plus facile d’exposer vos idées et même de vous démarquer grâce à une bonne
posture ou une meilleure utilisation de vos expressions du visage. Même en cas
de démission, transmettre les bonnes émotions sera la clé pour d’autres
opportunités. Comment utiliser le langage corporel à votre avantage ? Pour vous
assurer de transmettre émotions et sentiments positifs au travers de votre langage
corporel, vous devrez prêter attention à quelques détails. Ces éléments,
individuellement, peuvent vous sembler très futiles, mais si vous les regroupez,
vous verrez qu’ils prennent une importance considérable dans le contexte de votre
message.
Le regard
Ceux qui gardent un contact visuel dans une conversation manifestent de l’intérêt
pour le sujet et font preuve d’une plus grande confiance en eux. Pendant un
contact, il est extrêmement important de regarder l’autre, en fixant ses yeux
comme il convient. Il faut veiller cependant à ne pas être trop insistant ou invasif,
cela pourrait ressembler à de l’intimidation.
L’attitude
L’expression du visage
Le monde de l’entreprise vous met souvent dans des situations très stressantes et
très difficiles. C’est pour cette raison qu’il est conseillé d’adopter une expression
confiante et calme. Votre interlocuteur aura davantage confiance en vos
compétences et cela prouvera votre intelligence émotionnelle. Pour montrer que
vous êtes sympathique et agréable, n’oubliez jamais qu’un sourire fait toute la
différence. Utilisez-le avec pertinence pour améliorer la communication non
verbale.
La posture
Garder les épaules relevées et/ou la tête basse donne une impression
d’introversion, voire de soumission. Afin d’être bien perçu par les autres, il faut
toujours soigner sa façon de se tenir. Pour cette raison, concentrez-vous sur votre
démarche : essayez de marcher les épaules bien ouvertes et le menton légèrement
relevé. Ce type de posture transmet une bonne image de vous-même et de
comment les autres doivent vous aborder. Pour vous y aider, imaginez un fil tendu
qui court le long de votre colonne vertébrale et vous relie au plafond, garder le
dos droit sera plus facile et plus naturel, en toute occasion.
La mauvaise posture
C’est l’une des formes les plus négligées du langage corporel négatif. Vous
pensez peut-être qu’une mauvaise posture n’entraîne que des problèmes
physiques. C’est une grave erreur, comme vous allez le découvrir. Il faut savoir
qu’une mauvaise posture affecte également l’humeur, le stress et l’estime de soi.
En effet, les épaules affaissées vous donnent l’air fatigué et faible. Une bonne
posture implique donc d’avoir les épaules relâchées, la tête, le corps et les cuisses
redressés. En somme, corriger votre posture prend du temps et peut ne pas sembler
naturel au début. Mais ça en vaut vraiment la peine.
Chaque fois que vous vous asseyez, vos jambes et vos pieds peuvent
envoyer des messages dont vous n’avez même pas conscience. La distance entre
vos genoux ou vos jambes en dit long sur votre personnalité. Tenir ses jambes
volontairement très serrées relève clairement du langage corporel négatif. Si, par
exemple, vous avez tendance à garder vos genoux serrés et vos pieds écartés, vous
suggérez à un observateur extérieur une attitude enfantine. Si vous croisez les
jambes, vous pouvez paraître sur la défensive, distant ou même fermé. Si vous
écartez les jambes, vous signalez un certain degré de domination, mais cette
position peut aussi dénoter une certaine arrogance, elle est donc souvent
inappropriée et déconseillée dans les situations formelles. Et même quand vos
jambes ne sont ni trop rapprochées ni trop éloignées, vos pieds peuvent toujours
exprimer beaucoup de choses. Les mouvements des pieds racontent une grande
“histoire” dont nous n’avons pas conscience. Plus vos pieds touchent le sol ou
plus ils se balancent, plus votre corps exprime la nervosité ou l’inquiétude.
Essayez donc de vous asseoir les jambes légèrement écartées, les pieds bien posés
sur le sol.
Le principal problème de s’asseoir les bras croisés est que cela fait tout de
suite penser à une première ligne de protection, à un instinct de défense primitif.
Si vous vous tenez ainsi, l’interlocuteur peut vous percevoir comme quelqu’un
qui n’est pas intéressé par ce qu’il dit. Croiser les bras ne vous donne pas l’air
ouvert et accessible, cela revient à vous protéger de l’autre personne.
Bien que les poignées de main puissent sembler simples à gérer, elles sont
loin d’être les plus faciles à maîtriser. Malheureusement, une poignée de main
molle ou trop forte est un type extrême de langage corporel négatif. D’autant plus
que votre poignée de main a une très forte influence sur ce que sera votre première
impression. Gardez à l’esprit qu’une poignée de main trop forte peut vous donner
l’air agressif. Les poignées de main molles, elles, donnent l’air faible si associées
à des mains moites, froides ou qui effleurent à peine la main de l’autre. Ce genre
de poigne donne l’image d’une personne qui manque d’autorité et de confiance
en elle, et souligne une nature froide et indifférente. En revanche, les poignées de
main trop énergiques vous font paraître inutilement agressif.
Reculez
Veillez également à ne pas trop vous contrôler : n’en arrivez jamais au point
de NE PLUS bouger pendant une conversation. Si vous restez complètement
immobile à côté d’une autre personne, vous aurez juste l’air raide et pas naturel.
Cela peut donner à l’autre l’impression que vous essayez volontairement de
masquer vos émotions.
Manipuler un objet
N’oubliez pas de sourire et de hocher la tête lorsque quelqu’un vous parle. C’est
simple à faire, mais avec ces petits gestes, vous faites savoir à votre interlocuteur
que vous écoutez activement ce qu’il dit. Veillez également à ce que votre tête et
votre poitrine soient toujours tournés vers l’autre. Cela semble évident, mais
pensez à ne pas regarder votre smartphone pendant que quelqu’un vous parle,
veillez plutôt à vous concentrer sur votre interlocuteur.
Les barrières
De petits objets simples et inoffensifs comme une tasse à café, peuvent en fait
constituer une véritable barrière entre vous et les autres. Les objets peuvent nuire
à la conversation. Il vous faut écarter tout ce qui gêne la vue ou forme une sorte
de “barrage” entre vous et les autres. Comme nous l’avons déjà mentionné, il peut
s’agir de quelque chose qui nous semble banal, comme une tasse de café.
Aussi innocent que cela puisse paraître, il s’agit là d’un geste clair d’auto-
réconfort qui montre pleinement à l’autre votre malaise à cet instant. Si, à un
moment quelconque de la conversation, vous vous surprenez à frotter vos jambes
d’avant en arrière, arrêtez immédiatement. Respirez profondément et détendez-
vous.
Toucher l’autre
Dans ce cas particulier, la frontière est mince entre ce qui est bienvenu et ce qui
ne l’est pas. Si la situation s’y prête, vous pouvez toucher légèrement l’autre pour
commencer à établir une connexion (ou pour montrer un intérêt amoureux lors
d’un rendez-vous). Dans tous les cas, vous devez utiliser toute la surface de votre
main. Un simple contact du bout des doigts peut signaler une hésitation ou une
aversion.
Il n’y a pas de règle précise concernant l’espace vital. Mais n’oubliez pas que la
distance entre vous et l’autre doit être respectée et non “testée”. Vous conviendrez
qu’il est essentiel de respecter les limites fixées par votre interlocuteur. Vous
pouvez laisser votre conjoint, les membres de votre famille ou vos amis
s’approcher physiquement et vice versa, mais vous ne devez pas le faire avec des
inconnus.
Montrer du doigt
Montrer du doigt est un geste très impoli. Point. Il est même déconseillé de se
montrer soi-même du doigt, car cela peut passer pour arrogant, ou avoir d’un geste
exagéré, ce qui peut agacer l’autre personne.
S’appuyer sur ses connaissances de ce qui fonctionne ou pas chez nous est une
erreur dans un autre pays. Les règles et les nuances dans la signification des gestes
et des attitudes varient en fonction de la culture d’origine. Elles dépendent du
pays, de son histoire ou même de la façon dont ses habitants ont grandi. Vous ne
devez jamais sous-estimer votre langage corporel car, comme vous l’avez vu
jusqu’à présent, il est très important. Si vous ne le maîtrisez pas correctement, des
malentendus et des idées fausses peuvent surgir et il vous sera très difficile (voire
impossible) d’atteindre votre objectif.
Tableau 2
Expressions de mépris
Expressions de peur :
Expressions de bonheur :
- Coins de la bouche tirés vers l’arrière et vers le haut. - Bouche plus ou moins
ouverte, dents exposées.
- Apparition d’une ride depuis l’extérieur du nez à la lèvre. - Joues relevées -
Paupière inférieure parfois ridée ou étirée. - Pattes d’oie près des yeux
Expressions de colère :
Expressions de tristesse :
- Coins internes des sourcils contractés.
- Peau sous les sourcils “triangulée”, le coin interne vers le haut.
- Commissures des lèvres tournées vers le bas
- Mâchoire relevée - Lèvre inférieure faisant la moue
Expressions asymétriques :
Les expressions n’impliquant que la moitié du visage entrent dans cette catégorie
:
- Faux sourires
- Sourires accompagnés de strabisme ou de tension
- Décalage entre ce qui se dit et ce que le corps transmet, comme dire “je t’aime”
en serrant les dents ou le visage tendu.
CHAPITRE IV : LA GESTION DU TRAC
Le trac c'est la peur, l'angoisse que l'on ressent avant d'affronter un public,
de subir une épreuve. Il se dissipe progressivement dans l'action.
- On ne peut pas supprimer le trac, mais on peut l'atténuer, le maîtriser, rendre ses
manifestations plus facilement supportables.
- Toute expérience nouvelle de prise de parole, toute situation inédite peut faire
réapparaître le trac.
Exemple : créer et visualiser son "jardin secret", c'est un jardin agréable à regarder
par ses couleurs, ses fleurs, ses odeurs, les bruits, etc. ; s'y promener par la pensée.
QUE RETENIR SUR LES TECHNIQUES DE L’EXPRESSION
ORALE ?
L'entraînement est l'affaire de chaque instant. Si vous avez obtenu votre
permis de conduire depuis 10 ans et si vous n'avez pas conduit depuis, il est
probable que votre premier kilomètre au volant sera périlleux, surtout si le temps
est médiocre, la route inconnue de vous et la circulation très dense !!! En matière
d'expression orale, nous sommes dans une situation similaire. Un manque de
pratique prolongé rend l'exercice beaucoup plus difficile. En conséquence, il faut
profiter de la moindre occasion pour prendre la parole : tout rassemblement peut
vous en offrir l'occasion, que ce soit au travail ou dans vos autres activités.
Essayez de vous fixer des "contrats", du genre : "au cours de cette réunion, je
prendrai la parole avant la fin des 10 premières minutes, et la garderai au moins 3
minutes". Cela peut vous sembler loufoque mais c'est très stimulant, vous verrez
!
DEUXIEME PARTIE :
TECHNIQUES
D’EXPRESSION ECRITE
Il est important de savoir prendre des notes car la mémoire est une faculté qui
oublie, d’où la nécessité de s’appuyer sur des traces écrites. A l’écoute, l’attention
et la compréhension sont meilleures quand le récepteur du message reste actif en
opérant un travail de tri et de reformulation. Au cours d’une rencontre, d’une
conférence, d’une réunion, … vous pouvez être amenés à prendre des notes.
Prendre des notes est un réflexe indispensable qui va vous permettre de mieux
comprendre par exemple le cours d’un enseignant en vous le réappropriant, de
gagner du temps et de vous préparer efficacement aux évaluations. Pour acquérir
ce réflexe, il faut être capable de faire plusieurs choses en même temps :
- Utilisez le même format de papier pour tous les cours et n’écrivez que sur
les rectos. Ainsi, vous pourrez ajouter des feuilles, découper, coller, et le
verso des pages vous servira pour ajouter des mémos, des schémas, du
vocabulaire, et surtout vos questions à venir…
- Pour mieux vous préparer à l’exercice de synthèse, n’hésitez pas à relire les
notes du dernier cours auparavant. Ça y est, vous êtes prêt, le cours ou la
conférence commence. Il est temps de prendre vos stylos et de décider quoi
noter ! Que prendre en note ?
Les notes, c’est fait pour s’y retrouver. La première chose à faire est donc de
bien noter le plan général du cours, de la réunion ou de la conférence, et de réécrire
les titres du plan au fur et à mesure de vos notes. Ensuite, pensez à aérer la mise
en page de vos notes : abandonnez les pages « pleines de mots», sans blancs, sans
alinéas; et utilisez une numérotation, des tirets, des points, etc. Cela facilitera
votre tâche de relecture lors des révisions !
- noms propres ;
- chiffres, dates importantes ;
- schémas, figures, tableaux ;
- définitions ;
- suggestions de lectures complémentaires ;
- dates de remise de travaux, d’examens, de rencontres spéciales ou
d’activités ;
- les questions que le professeur pose à la classe et qui pourraient se retrouver
à l’examen. N’oubliez pas d’aérer votre présentation ! Allez à la ligne pour
chaque nouvelle idée, soulignez les notions à définir, encadrez et surlignez
les définitions ou les mots-clés. Enfin, ne perdez pas le fil. Si une phrase
vous échappe, laissez un blanc pour compléter plus tard car le cours
continue !
1.5. Comment gagner du temps ?
L’essentiel pour bien prendre ses notes, c’est de s’attacher aux idées plutôt
qu’aux phrases. Noter intelligemment, c’est donc choisir des informations parmi
ce qu’on entend (ou ce qu’on lit). Donc ne faites surtout pas de retranscriptions
mot à mot ! Privilégiez plutôt vos propres expressions, plus simples et plus
directes. N’oubliez pas que les prises de notes sont personnelles, elles n’ont qu’un
destinataire : vous ! Lorsque vous prenez des notes, vous pouvez donc laisser libre
cours à votre imagination en créant vos propres expressions pour économiser au
mieux votre temps. Par exemple, vous pouvez supprimer, transformer ou abréger
des mots, ou encore faire des schémas.
Par exemple, la phrase «Ainsi leurs conditions de travail ont été modifiées» peut
être notée: => changemt de leurs condit° de W
La phrase «Les détenus se résignent à leur sort» peut être prise en note ainsi:
Résignat° des détenus
Par exemple, la phrase «La France et l’Allemagne ont adopté une nouvelle
réglementation» peut être notée ainsi: Fr + All: nvlle réglementation
On peut enfin remplacer un groupe de noms qui ont en commun une même idée
par un nom générique qui sert alors d’étiquette générale.
Dessiner ou faire des schémas Un dessin vaut mieux qu’un grand discours: pensez
aux schémas qui permettent d’aérer la feuille, de ne pas la noircir de notes et/ou
de chiffres. N’hésitez pas à recourir aux flèches, aux organigrammes,…
2. compléter vos notes avec des éléments qui vous reviennent en mémoire et que
vous n’aviez pas notés ;
5. réfléchir sur le cours en vous posant des questions et en essayant d’y répondre.
Ne recopiez jamais vos notes ! L’objectif est de prendre des notes qui soient
directement utilisables et que vous pouvez compléter après coup.
Pour effectuer une prise de notes efficace et gagner du temps, maîtriser les
principales abréviations est un atout indéniable. Tout est question d’entrainement,
plus vous les utiliserez, plus elles vous deviendront familières !
Actuellement Haut Ht
Actlmt
Appartient ∈ Hypothèse hyp.
Approximativement ≃ Idée / Identifiant id.
Après-midi Pm Image Img
Attention attent° Implique =>,⇒et→
Aucun Ø Important Imptt
Cela vous permettra d’adopter le bon niveau de langage et la bonne tonalité. Mais,
attention, essayez d’être le plus explicite possible, quelle que soit votre cible.
Bien entendu, si vous vous adressez à un public d’experts, vous pouvez employer
des termes techniques, mais gardez à l’esprit que le but de votre discours est d’être
compris par tous.
Quant au ton de votre discours, soyez le plus en adéquation avec votre public et
les circonstances. Autant vous pouvez intégrer des pointes d’humour pour un pot
de départ, autant l’austérité sera de rigueur pour annoncer un plan de
licenciement…
Vous devez parfaitement connaître votre sujet et être capable d’en présenter tous
les aspects, même les négatifs. Si vous présentez par exemple un nouveau produit
lors d’une conférence, pensez à anticiper directement les critiques dans votre
discours. Vous n’en serez que plus convaincant !
Maintenant que vous avez cerné vos objectifs et que vous vous êtes
documenté, notez toutes vos idées. Ne rédigez pas encore votre texte, laissez libre
cours à votre réflexion.
Ensuite, gardez les idées plus pertinentes et hiérarchisez-les sous forme de listes
ou de mots-clés. Ne tombez pas dans l’excès, vous avez sans doute de nombreuses
choses à dire, mais concentrez-vous sur un ou deux messages principaux.
Au-delà, vous risqueriez d’amener de la confusion aussi bien dans votre discours
que dans l’esprit de votre auditoire !
Après avoir dressé les grandes lignes de votre discours, il est temps de passer
à la phase rédactionnelle selon un plan bien construit. Écrire un discours
performant passe par une bonne structure de plan. Tout comme dans une
dissertation, le discours débute par une introduction, une ou plusieurs parties pour
le développement, selon le contexte et une conclusion.
2.5.1. L’introduction
Elle doit être concise, attirer l’attention des personnes présentes et susciter leur
intérêt. L’introduction présente le sujet du discours en mettant l’accent sur son
importance pour le public. Imaginez-vous devant une salle endormie et
demandez-vous comment réveiller l’assemblée !
2.5.2. Le développement
Pour amener de la fluidité à votre discours, pensez à lier vos parties entre elles
avec des transitions en intégrant des connecteurs logiques. Cela peut être des mots
de liaison (en outre, par ailleurs, cependant, parce que…), des conjonctions de
coordination ou encore des expressions comme « en premier lieu ».
2.5.3. La conclusion :
Brève et percutante, elle doit reprendre les différents points de votre discours.
Vous arrivez au terme de votre rédaction, et la conclusion, c’est comme le café à
la fin d’un bon repas, c’est la touche finale qui va marquer les esprits !
Faites en sorte que votre public reparte avec une bonne image de vous. Si vous
souhaitez laisser une image sérieuse, concluez avec une anecdote qui démontre
votre expertise. Si vous préférez voir vos auditeurs partir avec le sourire, finissez
sur une histoire amusante.
Quoi que vous décidiez, terminez toujours votre discours par une ouverture.
Cela peut-être :
Pour accrocher votre public dès le début de votre discours vous allez devoir
surprendre, attiser la curiosité, capter l’attention… Bref, trouver la phrase
d’accroche !
Par exemple :
Si à l’écrit la répétition n’est pas conseillée, elle a un impact tout autre à l’oral !
Plus vous répéterez votre message, plus l’inconscient de votre public
l’enregistrera.
Les supports visuels sont une aide précieuse pour maintenir votre
audience en éveil et mieux faire passer le message oral. N’hésitez pas à utiliser
des vidéos de présentation, à projeter des slides ou encore à compléter votre
discours par des graphiques.
Mais attention, vos visuels doivent être un complément à votre présentation et
non un substitut ! Ils ne sont là que pour renforcer un point important ou pour
faciliter la compréhension d’éléments compliqués. N’oubliez pas que si
l’attention de votre public est concentrée uniquement sur les visuels, c’est qu’il
ne vous écoute plus !
Vous avez désormais toutes les bases pour écrire un bon discours, pertinent et
engageant. Il serait dommage de bâcler sa relecture ! Voici quatre conseils pour
cette dernière étape :
Laissez votre discours de côté pendant un jour ou deux pour le relire cette
fois-ci avec un œil neuf.
Relisez-le plusieurs fois si nécessaire et n’hésitez pas à clarifier vos propos,
à supprimer des passages trop lourds et à varier les formulations.
Faites-le lire par un collaborateur, un collègue ou un ami pour bénéficier d’un
avis extérieur.
Pour finir, lisez votre discours à haute voix en utilisant les bonnes intonations,
les silences et la gestuelle. Si vous n’êtes pas habitué à prendre la parole en
public, entraînez-vous le plus possible pour parfaire votre diction et éviter
d’avoir les yeux rivés sur votre feuille le jour J !
Cela suffit-il d’écrire sans fautes grammaticales pour que notre expression
soit de qualité ? Eh bien, non. L’absence de fautes ne garantit qu’une expression
au mieux médiocre, passable, au pire anonyme, insipide. C’est dire que la bonne
expression nécessite en plus de l’absence de fautes un soin particulier à apporter
à notre langage, à nos mots et phrases, soin particulier dont découle l’originalité,
le style, et qui en définitive n’est rien d’autre que le registre dit soigné ou soutenu.
- les abréviations par troncation ou contraction : les maths, le prof, une info,
une manif, le proprio, un appart, une séance de muscu, Bob (pour Robert), Bill
(pour Williams), Michou (pour Micheline), Clermont (pour Clermont-Ferrand),
Ouaga (pour Ouagadougou) ;
- les tics, les interjections et onomatopées, les idéophones : bon, euh, alors, et
voilà, et hop, tralala tralala, patati patata, couci-couça…
- une prononciation plus rapide et moins soignée des mots : Ouais, ch’ais pas, mon
p’tit (= Oui, je ne sais pas, mon petit). - la forme sujet + verbe + ? dans
l’interrogation directe : Tu viendras ?
- des phrases courtes, parfois inachevées ou, à l’inverse, interminables avec des
répétitions de mots tels et puis, alors, donc…
- etc.
N.B. : Le registre familier est à bannir absolument dans toute situation qui se veut
série use.
3.2. Le registre courant (ou médian)
C’est celui de la langue usuelle, telle que quotidiennement pratiquée à la
télévision, à la radio, par le professeur s’adressant aux élèves, par quiconque
s’adressant pour la première fois à quelqu’un qu’il ne connaît pas ou peu… Il se
distingue du familier par le respect des règles de la grammaire, mais il ne s’agit
pas encore du soutenu, car il se contente de la langue commune, sans recourir
aux termes spécialisés, sans recherche aussi d’originalité, d’élégance, de style.
La majorité des mots et constructions d’une langue relève du registre courant.
Ce registre sert généralement de repère pour l’étude du registre inférieur (le
familier) et du registre supérieur (le soutenu).
- un vocabulaire rare et très varié : les cieux, le firmament, l’azur (pour le ciel).
Cela y explique par ailleurs la fréquence des doublets (mots de même étymologie
mais dont l’un est d’origine populaire et le second d’origine savante) : près et
proche, raide et rigide, frêle et fragile, plier et ployer, nager et naviguer, muer et
muter, écouter et ausculter, poison et potion, hôtel et hôpital…
- les figures de style : Les sinistrés nourrissaient l’espoir que des vivres leur
seraient distribués ; Déjà la nuit en son parc amassait un grand troupeau d’étoiles
vagabondes (Du Bellay) ; Dans un coin, une jarre au long col invitait l’arrivant à
se désaltérer. Juste à côté, dans un panier posé sur un trépied en bois, deux
gobelets en fer blanc tenaient compagnie à des calebasses […] (Pierre Sammy-
Mackfoy, 2002 : 6) - l’inversion sujet-verbe à l’interrogation directe, après des
adverbes tels peut-être, aussi, ainsi, sans doute ou pour des effets stylistiques : Les
touristes reviendront-ils ? Sans doute les touristes reviendront-ils. Aussi vaut-il
mieux attendre encore un peu ; C’est ici que se termine le tunnel.
- des phrases complexes avec un rythme ample ou régulier : La seule chose qui
nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus
grande de nos misères. (Pascal)
- etc.
Exemple : Les paysans pauvres croyaient qu’on allait les donner des vivres (les
est incorrect, on est vague, croyaient et donner
sont imprécis). Le courant fait mieux mais ne va pas jusqu’au bout, en ce sens
qu’il ne comporte pas de fautes et se contente d’éviter les fautes, sans y joindre
d’agrément ou d’ornement. Exemple : Les paysans pauvres espéraient qu’on leur
distribuerait des vivres (aucune faute, mais pas d’originalité). Le soutenu, non
seulement ne tolère aucune faute, mais encore recherche l’élégance, le style,
l’originalité, ce qui explique qu’il est patient et courtois. Exemple : Les paysans
indigents nourrissaient l’espoir que des vivres leur seraient distribués (aucune
faute, mais en plus indigents répond à un souci de différenciation, nourrissaient
l’espoir est une métaphore, le terme vague et passe-partout on est évité, la voix
passive rehausse le niveau de l’expression, la phrase est plus harmonieuse car les
deux propositions qui la constituent sont sensiblement d’égale longueur, onze
syllabes pour la première et dix pour la seconde). Continuons le récapitulatif par
le tableau suivant, où chaque ligne rassemble les équivalents d’un même mot ou
d’une même construction aux registres familier, courant et soutenu.
Terminons en signalant que la barrière entre les trois registres n’est pas nette dans
l’absolu, en réalité ils s’interpénètrent dans la pratique quotidienne du langage. Il
n’y a d’ailleurs pas toujours unanimité d’un dictionnaire à l’autre ou d’une variété
régionale à l’autre sur l’étiquette familier, courant ou soutenu dont on désigne tel
mot, expression ou construction.
CHAPITRE 4 : QUELQUES CONNECTEURS LOGIQUES
Quand nous parlons ou écrivons, il ne suffit pas que notre propos soit vrai
pour être toujours convaincant. Très souvent en effet, l’efficacité d’un texte ou
d’un discours réside l’enchaînement des idées encore appelé cohérence. Et parmi
les moyens de rendre un propos cohérent, il y a les mots-liens ou connecteurs
logiques. Il s’agit principalement de prépositions (en raison de, vu…), de
conjonctions de coordination (mais, dans la mesure où…) et d’adverbes (ensuite,
en effet…). Pour rendre pratique leur emploi dans des situations réelles, nous
classerons selon leur sens : mots-liens d’ordination, de surenchère, de cause, de
conséquence, de conclusion, d’opposition, de condition, de comparaison, de
reformulation, d’illustration, d’évidence et de modalité.
- pour commencer, avant tout, d’emblée, d’ores et déjà, d’entrée de jeu, dès
l’entrée en matière, dès l’entame, à première vue, au préalable ;
- enfin, au final, pour clore, pour terminer, en dernier ressort, en dernière analyse,
en dernier lieu ;
- d’une part, de l’autre (d’autre part), d’un côté, de l’autre (d’un autre côté), les
uns…les autres ;
- Primo…Secundo… Enfin…
C’est ce qui a lieu dans cette phrase : De longues files d’ouvriers : les uns posent
un écrou, d’autres serrent un vis, les troisièmes comptent des ailes... (Ilya
Ehrenbourg, cité par IPAM 6, p. 276)
- Telle est au surplus notre coutume, qui éloigne du travail de l’or toute
intervention autre que celle du bijoutier même (p.31).
- car, parce que, puisque, comme, d’autant que, d’autant plus que, dès lors que, au
motif que, sous prétexte que, dans la mesure où, étant donné que, (compte tenu)
du fait que, considérant que, vu que.
- résultat :, conséquence :
- si bien que, à telle enseigne que, à tel point que, au point que, de sorte que, de
telle sorte que, de façon que, de telle façon que, de manière que, de telle manière
que ;
Exemple : En raison d’un mot d’ordre de grève, R.F.I. n’est pas en mesure
d’assurer ses programmes habituels ; veuillez nous en excuser. En conséquence,
nous vous proposons cette session musicale. (R.F.I.)
4.5. Mots-liens de résumé, de synthèse, de récapitulatif ou de
conclusion
- en résumé, en conclusion, en récapitulatif, pour tout dire, pour faire court ; -
ainsi, donc, ainsi donc, cela dit, cela étant, bref !;
- mais, or, toutefois, cependant, néanmoins, pourtant, pour autant, quand même,
tout de même ;
- malgré, nonobstant ;
- malgré que, bien que, quoique, quoi que, même si, quand (bien) même, encore
que, cependant que, quelque…que, si…que, tout…que.
- Quand même (variante : quand bien même), qui signifie même si, s’emploie
toujours avec le conditionnel (comme au cas où) : Elle sera condamnée quand
bien même elle nierait les faits. Quand même ou quand bien même, conjonction
immobile dans la proposition qui la contient, n’est pas à confondre avec quand
même, adverbe mobile signifiant tout de même.
- La confusion entre quoique et quoi que n’a pas lieu d’être ; on écrit quoique, en
un mot, quand il peut être remplacé par bien que.
- Par contre passe souvent pour familier, comparé à en revanche, qui, lui, serait
soutenu.
- Nonobstant, qui signifie malgré, en dépit de, est un terme juridique au même
titre que attendu que, considérant que, procédural… et trop y recourir dans
d’autres types de discours peut paraître pédant, affecté.
Hormis, en dehors de, fors, excepté, sauf, à part, mis à part, excepté que, sauf que,
à moins que…
Observation : Fors est une survivance ; il ne se rencontre que dans des phrases
comme Il a tout perdu fors l’honneur.
ainsi, par exemple, en exemple, à titre d’exemple, à titre illustratif, c’est le cas de,
c’est le cas lorsque, comme en témoigne, comme le montre assez clairement, on
le voit à travers, comme on le voit à travers.
Les connecteurs modaux sont des commentaires, car ils ont pour particularité
d’indiquer les sentiments de l’énonciateur, son attitude ou sa position à l’égard de
son propre discours. Les connecteurs modaux sont sans aucun doute les plus
nombreux :
- à mon avis, de l’avis de, de l’avis général, à mon sens, au sens où l’entend, de
mon point de vue, pour ma part, d’après cette théorie, selon, à en croire, pour ;
- sans doute, nul doute, sans aucun doute, sans conteste, sans contredit, sans
cesse, sans trêve, sans relâche, sans répit, sans encombre, sans bavure, sans
ambages, sans fioritures, sans ambiguïté, sans désemparer ;
- à cette allure, à ce rythme, à tort et à travers, à bon escient, de bonne foi, de bon
aloi, à vrai dire, à dire vrai, vraiment, à proprement parler, assurément,
précisément, hélas, malheureusement, heureusement ;
- nullement, aucunement ;
- à bon escient, sciemment, à loisir, à dessein, peu ou prou, à tort, à raison, bel et
bien, exprès, n’importe comment, presque, tant bien que mal.
CHAPITRE 5 : LE PARTICIPE PASSE ET SON ACCORD
l’infinitif des verbes du 1er groupe (terminaison –er) de leur participe passé
(terminaison -é) par la possibilité de le commuter avec l’infinitif d’un verbe du 3e
groupe (vendre, prendre par exemple) ou son participe passé (vendu, pris) ; on
mettra –er à la fin de la forme verbale quand elle peut-être remplacée par vendre
ou prendre, et –é quand, au lieu de vendre ou prendre, c’est la forme vendu ou
pris qui peut lui être substituée.
- Nous devons travailler (-er car commutation avec vendre possible : Nous devons
vendre). - Nous avons travaillé (-é car commutation possible, non avec vendre,
mais plutôt avec vendu : Nous avons vendu). On se gardera, quand le message est
destiné à de jeunes apprenants, de faire la distinction par la règle selon laquelle
lorsque deux verbes se suivent, le second se met à l’infinitif, car de tels
destinataires peineront à comprendre que la phrase Nous devons travailler
comporte deux verbes et que l’autre, Nous avons travaillé, n’en compte qu’un
seul.
J’écris donc il a interdit, elle a frit, il a joint (avec –t à la fin du participe passé)
car on dit bien une chose interdite, de la viande frite, les pièces jointes. De même
elle a compris, il a conquis, elle a inclus, il a clos, puisque la consonne –s apparaît
au féminin : une leçon bien comprise, une terre conquise, une personne incluse,
la séance est close. J’écris en revanche il a fini, elle a réuni, il a exclu, il a voulu
en raison de l’absence de toute consonne avant la marque –e du féminin de ces
participes passés : une guerre bien finie, une famille unie, une personne exclue,
une difficulté voulue.
Ce participe passé s’accorde avec le C.O.D. si ces verbes sont employés au sens
figuré, mais reste invariable s’ils sont employés au propre, c’est-à-dire comme
complément circonstanciel de prix, de poids et de mesure.
- Les efforts que m’a coûtés ce voyage sont énormes (efforts = C.O.D. de a coûtés)
vs Les vingt mille francs que m’ont couté ces chaussures ne sont rien (vingt mille
francs = complément circonstanciel de prix de a coûté).
- Ces paroles, il les a bien pesées (C.O.D.) vs Les quinze kilogrammes qu’a pesé
le colis paraissent peu (compl. circ. de poids). - Les risques que nous avons
mesurés sont inimaginables (C.O.D.) vs Les trois mètres qu’a mesuré la statue
sont raisonnables (compl. circ. de mesure)
Exemples : Elle s’est servie. (= Elle a servi elle-même ; elle-même= C.O.D. mis
pour s’) ; Ils se sont combattus. (= Ils ont combattu les uns les autres ; les uns les
autres : C.O.D. mis pour se).
Exemples : Elle s’est servi des crevettes. (= Elle a servi des crevettes à elle-même
; à elle-même, C.O.I. mis pour s’) ; Les dictatures se sont succédé en Bolivie. (=
Les dictatures ont succédé les unes aux autres en Bolivie ; aux autres, C.O.I.).
L’analyse du pronom en C.O.D. ou C.O.I. suffit à faire convenablement l’accord
du participe passé des verbes pronominaux et la technique consistant à distinguer
verbes pronominaux de sens réfléchi de verbes pronominaux de sens réciproque
reste peu pratique, en tout cas lorsqu’on s’adresse à de jeunes apprenants.
N.B. : Le participe passé d’un verbe pronominal précédé d’un C.O.D. s’accorde
en genre et en nombre avec ce C.O.D., car la phrase s’analyse comme un participe
passé employé avec l’auxiliaire avoir et précédé d’un C.O.D. (voir le point d. ci-
dessus) : Les objectifs que je me suis fixés sont nobles. (= Les objectifs que j’ai
fixés à moi-même sont nobles.)