« Enseignement : L’option du mode d’apprentissage hybride est à envisager pour faire face aux
crises »
• Distanciel ou présentiel, le débat national sur le choix du mode d’enseignement continue dans le
contexte actuel de la pandémie Covid-19.
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dapprentissage-hybride-est-a-envisager-pourfaire-face-aux-crises/
• Apprendre par le numérique est relativement récent au Maroc. Comment s’est organisé ce mode d’enseignement à ses
débuts dans notre environnement éducatif ?
Comme toute action de la vie à l’ère du numérique, les stratégies, méthodes, modèles et techniques d’enseignement utilisés dans
l’organisation d’activités pédagogiques visant un apprentissage déterminé, ont profité de l’apport des TIC (Technologies de
l’information et de la communication). Au Maroc, pour faire évoluer ce mode d’enseignement des actions et des projets
importants ont été entrepris.
Je citerai dans ce contexte la mise en place du Campus virtuel marocain (CVM) en 2004 par le ministère en charge de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Il s’agit d’une structure de coordination et d’animation de l’intégration
des TICE (Technologies de l’information et des communications appliquées à l’enseignement) au sein des différentes strates du
système de l’enseignement supérieur. C’est une démarche qui a contribué à la formation d’enseignants spécialisés et à
l’appropriation des TICE par l’ensemble des acteurs de la scène universitaire nationale, à la mise en place des Centres de
ressources universitaires et au développement de projets pilotes.
• Quid des actions en faveur de l’enseignement primaire et secondaire ?
A ce niveau, le gouvernement marocain a adopté en mars 2005 une stratégie ayant pour objectif la généralisation des TIC dans
l’enseignement public, et ce à travers le programme GENIE. Selon les informations communiquées sur le site web de l’Agence
nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), sa mise en œuvre au niveau de l’enseignement primaire et
secondaire devrait permettre de garantir l’accès aux moyens et services TIC à plus de 22% de la population marocaine, avec des
contenus appropriés à travers tout le Royaume. Lancée début 2006 et révisée en 2009, l’opération qui concerne tous les
établissements scolaires du Royaume, se décline selon quatre axes principaux. Il s’agit d’équipements et d’installation des
environnements multimédia connectés à internet, de formation des inspecteurs, directeurs et enseignants et d’acquisition des
ressources numériques, ainsi que la création d’un laboratoire national des ressources numériques et d’un portail national TICE.
• Le choix du mode d’enseignement, présentiel ou distanciel, continue à être au cœur des préoccupations…
Le e-Learning, pour commencer, assure un centrage de la formation sur l’apprenant davantage que sur le contenu. Il se démarque
par sa flexibilité et son accessibilité. Quand je veux et où je veux, sans oublier ce dont j’ai besoin quand j’ai besoin, sont quelques-
uns de ses points forts temporels, géographiques et organisationnels. Il offre par ailleurs des avantages socio-culturels et
socioéconomiques à travers l’adaptation à des réalités culturelles et sociales variées. Sur le plan pédagogique, il favorise
notamment l’individualisation de l’apprentissage, l’autonomie, la motivation, la persévérance et les performances des apprenants
grâce entre autres à la diversification des méthodes et des stratégies d’enseignements. Sur le plan technique, le e-learning reste
accessible moyennant des compétences techniques basiques et du matériel standard. L’apprentissage par présentiel garde pour sa
part ses avantages classiques qui constituent parfois des limites pour l’apprentissage en ligne. Il s’agit de la socialisation des
apprenants, l’interaction apprenants-enseignants et entre apprenants, pour ne citer que cela. Cependant, les limites du présentiel
sont assez nombreuses. Parmi elles, figurent la massification des apprenants, la disponibilité de locaux suffisants et celle en
nombre de formateurs localement. Face à l’enclavement de certaines régions, il y a aussi les déplacements et leurs coûts entre
autres.
• La crise pandémique a soulevé dans le débat la question de l’enseignement hybride…
C’est une méthode qui est en passe de devenir un mode d’apprentissage usuel qui peut en effet permettre de faire face à cette crise
ou à d’autres événements similaires. Par définition, blended learning ou l’apprentissage hybride est une combinaison ouverte
d’activités d’apprentissage offertes en présence, en temps réel et à distance, en mode synchrone ou asynchrone. Il ne s’agit donc
pas de choisir entre présentiel et distanciel, mais de bâtir un ou plusieurs modèles d’enseignement hybrides planifiés et outillés,
profitant des avantages des deux et des opportunités technologiques possibles. Il est donc question de transformer les
apprentissages jusqu’à présent totalement en présence en un apprentissage mixant le présentiel et le distanciel. Aussi, nous devons
nous y préparer, former les ressources humaines nécessaires, encourager la mise en place de banques de ressources numériques
éducatives libres et mettre à disposition des élèves les livres scolaires numériques. Il va sans dire qu’il est également indispensable
de mettre en place les structures informatiques, techniques, logistiques et de connexion qui permettront la continuité pédagogique
et la poursuite des apprentissages.
• Comment concevoir et organiser cet enseignement dans notre écosystème éducatif ?
Il est d’abord et principalement question d’ingénierie pédagogique et de démarches spécifiques au développement de contenus
numériques.
Il est donc impératif de mettre en place une structure opérationnelle forte, aux compétences élargies, exclusivement centrée sur la
mission de planification en la matière et coopérant étroitement avec toutes les instances parties prenantes du numérique éducatif.
Dans ce contexte, il serait intéressant de capitaliser sur les activités et les expériences des projets GENIE et CVM et leur
regroupement dans un cadre commun. Ceci de manière à mutualiser les résultats et les expériences.
C’est aussi une bonne opportunité pour la Faculté des sciences de l’éducation (FSE) pour reprendre sa mission de formation et de
recherche. Sur le plan technologique et pédagogique il y a enfin des défis à anticiper pour la migration des apprentissages
conventionnels en présentiel vers un apprentissage en mode hybride.
Module : Méthodologie du Travail Universitaire
Chapitre 1 : la vie universitaire
Axe : les modes d’enseignement
Consigne : lire le texte ci-dessus et répondre au quiz ci-après .
Quiz :
Question 1: Qu'est-ce que le Campus virtuel marocain (CVM) mis en place en 2004 ?
a) Une structure de coordination pour les enseignants
b) Un programme gouvernemental pour l'enseignement primaire
c) Une initiative pour l'intégration des TICE dans l'enseignement supérieur
Question 2: Quelle est la stratégie adoptée par le gouvernement marocain en mars 2005 pour
l'enseignement primaire et secondaire ?
a) Programme GENIE pour l'équipement des établissements scolaires
b) Création de laboratoires nationaux de ressources numériques
c) Développement de projets pilotes dans les universités
Question 3: Quels sont les avantages du e-Learning mentionnés dans le texte ?
a) Socialisation des apprenants et interaction apprenants-enseignants
b) Flexibilité, accessibilité et autonomie dans l'apprentissage
c)Massification des apprenants et coûts de déplacements réduits
Question 4: Que signifie l'enseignement hybride ou blended learning ?
a)Un mode d'apprentissage uniquement en distanciel
b)Une combinaison d'activités d'apprentissage en présentiel et à distance c) Un mode d'apprentissage
exclusivement en présentiel
Question 5: Quel est l'un des défis à anticiper pour la migration des apprentissages conventionnels
vers un apprentissage en mode hybride ?
a) La formation des inspecteurs, directeurs et enseignants
b) La création d'un laboratoire national des ressources numériques
c)L'ingénierie pédagogique et le développement de contenus numériques