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Gouvernance des ressources naturelles

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KONAN BENJAMIN LOUKOU

Doctorant
Institut des Sciences Anthropologiques de Développement (ISAD)
Université Félix Houphouët Boigny, Abidjan-Côte d’Ivoire

GOUVERNANCE DES RESSOURCES NATURELLES : ENJEUX


PRIVÉS ET PUBLICS

Revue Africaine d’Anthropologie, Nyansa-Pô, n° 14 - 2013

RÉSUMÉ
Les enjeux environnementaux et du développement durable ont acquis ces deux
dernières décennies, une bonne visibilité. L’ampleur des défis auxquels nous sommes
confrontés est la base de cette réflexion pour une vision interdisciplinaire.
Lorsqu’une ressource disparaît du fait de l’action de l’Homme, la plupart des
gens, trouvent cela regrettable. Une faute du point de vue moral, a-t-on estimé; c’est
aussi un acte de sottise et d’imprévoyance, parce que toutes les ressources naturelles
jouent un rôle dans le système d’interdépendance, et que l’élimination d’une seule
peut avoir des effets imprévus sur tous, y compris sur l’Homme lui-même.
L’objectif visé est d’assurer la gestion durable des ressources naturelles contre
la dégradation (voire la disparition) tout en garantissant la satisfaction des besoins
essentiels des populations actuelles et futures.
Mots-clés : Gouvernance, ressources, naturelles, enjeux

SUMMARY
Environmental issues and sustainable development have gained over the past two decades,
good visibility. The magnitude of the challenges we face is the basis of this reflection for an
interdisciplinary approach.
When a resource disappears due to the action of man, most people find it regrettable. A lack
in terms of moral , we estimated, it is also an act of stupidity and lack of foresight, because all
natural resources play a role in the system of interdependence, and the elimination of only one
can have unforeseen effects on everyone, including human being himself.
The objective is to ensure the sustainable management of natural resources against degradation
(or disappearance) while ensuring the basic needs of present and future populations.
Key words : Governance, resources, natural, issues
konan benjamin loukou

INTRODUCTION
« Lorsqu’une ressource disparaît du fait de l’action de l’Homme,
la plupart des gens, trouvent cela regrettable. Une faute du point de
vue moral, a-t-on estimé; c’est aussi un acte de sottise d’inconscience
et d’imprévoyance, parce que toutes les ressources naturelles jouent
un rôle dans le système d’interdépendance, et que l’élimination d’une
seule peut avoir des effets imprévus sur tous, y compris sur l’Homme
lui-même» Commission Européenne, 1995.
D’après NZONGOLA (2003), bien des destructions commises autrefois
par l’Homme ont été accidentelles. On n’y attachait guère d’importance
jusqu’à ces derniers temps et pratiquement aucun «alarme» n’avertissait
du danger. Détruire dans l’insouciance générale, était bien trop facile
pour l’Homme, et peut-être l’est-ce encore aujourd’hui. Mais récemment,
et plus particulièrement au cours des vingt dernières années, une prise
de conscience s’est développée. Ceux qui pensent qu’arrêter l’extinction
des ressources mérite quelques efforts ne sont plus considérés comme
des marginaux. La conservation de la nature a reçu ses lettres de
noblesse et la science est venue à son secours.
La naissance puis le développement d’une ‘’conscience écologique’’
au niveau de la communauté internationale sont à l’origine des diverses
conventions internationales concernant les ressources naturelles. Déjà,
grâce à ces efforts, la cadence de la destruction semble s’être ralentie.
Bien des gens ont été alertés et le climat de l’opinion a fortement changé.
Mais il y a encore tellement à faire! La forte croissance démographique, la
pression exercée sur les ressources par des populations de plus en plus
pauvres, les modes de productions et de consommation non viables, la
recherche sans fin de capitaux financiers font peser d’énormes menaces
sur les ressources naturelles et dégradent l’environnement surtout dans
les pays en de développement.
L’enjeu pour nous, c’est la préservation et l’utilisation durable des
ressources naturelles.
Cette réflexion sur la, «Gouvernance des ressources naturelles : enjeux
privés et publics» tente de répondre à trois questions fondamentales :
- Premièrement, que devons-nous faire dans la gestion des ressources
disponibles pour le maintien de l’équilibre et pour éviter les frustrations
à notre société ?

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konan benjamin loukou

- Deuxièmement, quelles attitudes devons-nous adopter pour


éviter une catastrophe écologique irréversible à notre continent ?
- Et troisièmement enfin, comment concilier l’organisation du
développement pour répondre efficacement aux besoins de bien être des
populations et la préservation des intérêts de générations futures ?
notre objectif est d’assurer la gestion durable des ressources
naturelles contre la dégradation (voire la disparition) tout en
garantissant la satisfaction des besoins essentiels des populations
actuelles et futures.
Notre réflexion s’articulera autour de cinq points que sont :
premièrement l’Homme et le milieu naturel, deuxièmement la gouvernance
environnementale ( ressources naturelles), troisièmement la responsabilité
sociale des entreprises, quatrièmement les organismes œuvrant pour la
défense des ressources naturelles et enfin nos recommandations.

I- L’HOMME ET LE MILIEU NATUREL


« …Et Élohim leur dit : fructifiez et multipliez-vous, remplissez
la terre et soumettez-la, ayez autorité sur les poissons de la mer et
sur les oiseaux des cieux, et sur tout vivant qui remue sur la terre! »
(GENÈSE I, 28). Depuis toujours, l’homme est le maître absolu de
la nature et en fait d’elle ce qu’il veut pour répondre à ses besoins
de plus en plus croissants.

1-1 l’Homme dans le milieu naturel


Les modifications apportées par les sociétés humaines aux
équilibres naturels ont varié selon les époques et selon les régions.
En gros nous pouvons avancer que l’humanité est passée par les
étapes suivantes d’après DANSEREAU et SASSIN (2002) :
- La découverte de l’instrument, pratique de la cueillette, de la
chasse, de la pêche (consommation individuelle d’énergie : environ
5 thermies1 par jour), Paléolithique 1 supérieur ;
- La domestication des animaux : stade pastoral plus ou moins
nomade (énergie consommée : environ 8 à 10 thermies par jour,
Paléolithique supérieur et Néolithique ;

1 1 thermie= 1000 kilocalories

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konan benjamin loukou

- L’Invention de l’agriculture, sédentarisation et structuration des


sociétés rurales (énergie : 12 à 25 thermies par jour, du Néolithique
au XVIIe siècle en Occident ;
- L’invention de l’industrie, développement des techniques,
urbanisation (énergie : 70 à 80 thermies par jour, XVIIIe et XIXe
siècles en Occident;
- La révolution cybernétique : l’homme modifie les équilibres
planétaires et pénètre dans le cosmos (énergie : 220 thermies par
jour) depuis 1968.
La question que l’on pourrait se poser est de savoir à quel niveau
d’intervention anthropique le milieu cesse d’être naturel ? Selon
DEMANGEOT (2002), un milieu géographique reste naturel lorsque
les écosystèmes holocènes (7000 ans environ) y jouent encore le
rôle principal, organiquement et statistiquement. De nos jours,
la question reste difficile à répondre à cause de la forte pression
anthropique sur toutes les ressources naturelles.

1-2 Définition de ressources naturelles


Il est bien de retenir que les ressources naturelles, selon l’Organisation
Mondiale du Commerce (OMC 2010) sont « des stocks de matières présentes
dans un milieu naturel qui sont à la fois rares et économiquement utiles
pour la production ou la consommation, soit à l’état brut, soit après un
minimum de transformation». Les ressources naturelles qui dominent les
exportations selon l’OMC sont les combustibles, les produits miniers, les
produits forestiers et les poissons. Cette classification diffère d’un pays
à un autre (PINEAU 2013).
La conférence sur les ressources naturelles : une planète entre vos
mains de Pierre-Olivier PINEAU, école d’été 2013 présente les tendances
économiques dans le secteur des ressources naturelles. Celle-ci offre
un aperçu des défis environnementaux qui y sont liés (dans une
perspective de maintien à long terme de nos systèmes économiques)
tout en présentant les différents problèmes qui s’invitent dans le
fonctionnement des marchés des ressources naturelles.
Pour le conférencier, le besoin moyen en protéines est de 1825
kcal/pers/jour pour une vie saine. Malheureusement, il ya des pays
qui sont en dessous de ce seuil minimum quand on sait qu’il y a une

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surconsommation en protéine dans les pays développés notamment aux


USA et au Canada. Notons qu’au fur et à mesure que la consommation
en protéine augmente, le besoin en énergie en suit.

II- LA GOUVERNANCE ENVIRONNEMENTALE : RESSOURCES


NATURELLES

2-1 Définition
La gouvernance environnementale est «l’ensemble des règles, des
pratiques et des institutions qui entourent la gestion de l’environnement
dans ses différentes modalités (conservation, protection, exploitation
des ressources naturelles, etc. » (Loukou 2011). Une autre définition
la décrit comme « l’ensemble des processus et institutions, aussi bien
formels qu’informels, qui englobe des normes et des valeurs, des
comportements et des modalités organisatrices, autour desquels les
citoyens, les organisations et les mouvements sociaux ainsi que les
différents groupes d’intérêts articulent leurs intérêts, défendent leurs
différences et exercent leurs droits et obligations en matière d’accès
et d’utilisation des ressources naturelles. À l’échelle internationale,
la gouvernance environnementale mondiale est la somme des
organisations, des outils politiques, des mécanismes financiers,
lois, des procédures et des normes qui régulent les processus de
protection mondiale» (PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR
L’ENVIRONNEMENT 2010).
L’environnement et les ressources naturelles doivent être considérés
comme des biens communs mondiaux, qui appartiennent aux
catégories spécifiques des biens non manufacturés qui, lorsqu’ils sont
partagés, peuvent être soit divisés soit détruits. Le caractère mondial
de ces biens découle de l’appartenance de chacun des éléments qui le
composent à un système intégré. Chacun peut profiter de l’atmosphère,
du climat et de la biodiversité (entre autres) et, en même temps, la
planète tout entière souffre des effets dramatiques du réchauffement
global, de la réduction de la couche d’ozone ou de l’extinction des
espèces. Cette dimension planétaire incite à une gestion partagée. La
bonne gouvernance doit prendre en compte et intégrer la complexité
des enjeux fonciers, écologiques, économiques et sociaux.

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konan benjamin loukou

2-2 Enjeux sociaux et gouvernance


Les enjeux environnementaux et du développement durable ont
acquis ces deux dernières décennies, une bonne visibilité. L’ampleur
des défis auxquels nous sommes confrontés est la base de cette
réflexion pour une vision interdisciplinaire.
La Commission Mondiale pour l’Environnement et le Développement
reconnait l’urgence d’apporter rapidement des transformations
substantielles à la façon de faire le développement afin d’assurer
la satisfaction des besoins essentiels pour tous et la protection des
ressources naturelles comme des systèmes qui entretiennent la vie
et la solidarité intergénérationnelle.
Le concept du développement durable, qui s’est depuis diffusé
dans le monde pour s’opérationnaliser régionalement et localement,
vise un équilibre entre le social et les ressources naturelles, un
compromis qu’il convient de situer dans un contexte culturel,
éthique, sociétal et politique.
Selon F. Mancebo, dans sa vision du développement durable,
pointe l’opposition entre la durabilité, qui suppose une continuité
dans l’utilisation des ressources, et la croissance qui est une rupture
brutale porteuse de développement (MANCEBO 2010).
Ici, l’on vise à approfondir les concepts de justice, d’équité, de
démocratie et de gouvernance, analyser les enjeux sociétaux liés à
divers processus de transformation de la société et des ressources
naturelles dans une perspective de développement durable et enfin
de porter un regard critique sur les rapports Sociétés-Nature. Les
indicateurs de bonne gouvernance selon la Banque Mondiale se
résument ainsi de la manière suivante :
- État de droit ;
- Efficacité gouvernementale ;
- Satisfaction des usagers de l’administration ;
- Contrôle de la corruption ;
- Gestion participative des populations aux actions de
développement…

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III- LA RESPONSABILITÉ SOCIALE DES ENTREPRISES

3-1 Des entreprises de plus en plus responsables

La notion de Responsabilité Sociale des Entreprise (RSE)2 invite les


entreprises à intégrer les préoccupations sociale, environnementale et
économique dans leurs activités. C’est l’application du développement
durable par les entreprises.
La RSE suppose que les entreprises doivent réviser leur modèle
économique et leur stratégie en intégrant des problématiques
environnementales, comme le changement climatique ou la
raréfaction des ressources naturelles, des problématiques sociales
comme la diversité ou le respect des droits de l’homme dans une
perspective de bonne gouvernance. Elle concerne les multinationales,
les moyennes et petites entreprises mais se décline différemment
d’un secteur à l’autre.
Une politique RSE n’est pas la seule affaire des responsables
d’entreprises. Elle se construit et se consolide avec les parties
prenantes de l’entreprise que sont les salariés, les actionnaires, les
clients, les consommateurs, les fournisseurs, les riverains et plus
largement la société civile dont les ONGs.
Les raisons qui poussent les entreprises à adopter des stratégies
RSE sont diverses. Pour celles exerçant dans le secteur extractif des
mines, le but visé est de vouloir continuer à opérer dans les pays
dont elles extraient des ressources naturelles en vue de gagner la
confiance du tuteur. Dans l’agroalimentaire ou les cosmétiques c’est
sous la pression conjointe des consommateurs (clients) devenant de
plus en plus exigeants et d’ONGs qui dénoncent certaines pratiques.
Pour le secteur financier c’est pour mieux intégrer des risques de
type nouveau qui peuvent concerner le financement de projets mais
aussi l’octroi de crédits.
Aujourd’hui la RSE est enseignée dans les Universités, Écoles et
organismes de commerce pour donner des stratégies éclairées aux
futurs dirigeants sur la question des ressources naturelles.

2 [Link]
[Link]

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konan benjamin loukou

3-2 La question de l’accessibilité sociale


Selon Laurent Pepin (2013), « l’accessibilité sociale est l’acceptation
ou la non-acceptation anticipée d’un risque à court et long termes
qui accompagne un projet ». C’est le résultat d’un processus par
lequel les parties concernées construisent ensemble les conditions
minimales à mettre en place pour qu’un projet aille à terme.
Cela nécessite plusieurs facteurs déterminants dont la localisation
c’est-à-dire la proximité du projet avec les populations, la
technologie utilisé par le porteur du projet, la gestion des questions
environnementales, le social, l’économie c’est-à-dire les avantages
et les bénéfices tirés et les questions de gouvernance c’est-à-dire le
degré d’autorité des instances publiques.
Pour y parvenir, la démarche d’accessibilité sociale qu’il faut
adopter est la recherche et consultation préalable, l’information-
évaluation et consultation, la réalisation, l’exploitation et enfin la
fermeture et l’après projet.
En effet, l’accessibilité est la recherche du consensus social. C’est
davantage un processus qu’une fin en soi qui implique entre les
parties prenantes respect et sincérité.

IV- LES ORGANISMES ŒUVRANT POUR LA DÉFENSE DES


RESSOURCES NATURELLES

Des organismes internationaux se préoccupent particulièrement


d’une part de la crise aigüe que traversent les ressources naturelles
et, d’autre part, du triste sort qui menace le plus grand nombre.
La naissance puis le développement d’une ‘’conscience écologique’’
au niveau de la communauté internationale sont à l’origine des
diverses organisations et conventions internationales concernant
les ressources naturelles. Les principales organisations non
gouvernementales œuvrant dans le domaine sont nombreuses et
nous avons retenues que trois (3) plus actives que sont : le World
Wide Fund (WWF), Greenpeace et les amis de la terre qui ont un
grand regard bienveillant et critique sur des entreprises (RAUFFLET,
BATELLIER 2008).

91 Revue Africaine d’Anthropologie, Nyansa-Pô, N°14 - 2013


konan benjamin loukou

Nous avions décidé de porter nos choix d’exemples sur les ONGs
parce qu’elles jouissent d’une autonomie moins politisée et non des
Organisations pilotées par des États dits forts qui ne respectent pas
trop souvent les règles établies.

4-1 le World Wide Fund


Le WWF a été fondé en 1961. Il est aujourd’hui réputé et
renommé pour son expertise scientifique et ses actions sur les
problématiques environnementales. Implanté dans 96 pays, il a mené
plus de 12 000 programmes de protection de la nature et comptent
140 000 adhérents. Il est historiquement connu pour des actions
de sensibilisation de la population à la protection des ressources
menacées.
Ses missions s’articulent autour de trois axes stratégiques: la
préservation de la biodiversité, la garantie d’une utilisation durable
des ressources naturelles et la limitation de la pollution et de la
surconsommation.
Pour cette organisation la protection de l’environnement passe
par l’action des acteurs économiques à l’origine de la pollution.
C’est pourquoi elle signe des partenariats avec certains d’entre eux.
Selon, ses membres, c’est aux acteurs économiques de prendre
conscience du coût environnemental de leurs activités et d’apprendre
à intégrer les problématiques environnementales dans leurs choix
de gestion.
Le WWF s’emploie à ce que les entreprises engagées dans des
partenariats soient des modèles de la bonne gestion des ressources
aux yeux de leurs concurrents qui sont moins engagés. Cela permet
de porter en avant la diffusion de bonnes pratiques de gestion de
ressources naturelles.
Dans le domaine de la grande distribution par exemple, le
partenariat avec Carrefour depuis 1998 a permis la promotion de
l’écolabel FSC (Forest Stewardship council), garantissant le fait que
le mobilier vendu par l’enseigne ne provienne pas d’espèces végétales
menacées. Ici, l’entreprise à pris l’engagement de ne plus distribuer
les sacs plastiques plus polluants en les remplaçant par du plastiques
écologiques et recyclables.

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4-2 Greenpeace
Greenpeace est une organisation internationale créée en 1979.
Elle est implantée dans 40 pays, et se présente comme une ONG non
violente de défense de l’environnement avec 109 000 adhérents. Elle
est historiquement connue pour ses actions ‘’coup de poing’’ réalisées
à bord du Rainbow Warrior en faveur d’un moratoire sur la pêche à
la baleine interdite (RAUFFLET, BATELLIER op. cit.).
Au-delà de la préservation de la biodiversité, elle intervient aussi
dans le choix énergétique et la pollution sur toutes les formes. Son
mode d’action principal consiste à orchestrer une opération de grande
ampleur mettant en évidence la faille d’un processus qu’elle conteste ou
décrie. Intervenant sur le nucléaire, elle a décrié la faille dans le mode
de traitement des déchets. Au niveau des Organismes Génétiquement
Modifiés (OGM), elle a contesté le processus d’autorisation des
semences et l’absence d’information au consommateur. Ceci a pour
but d’obliger les acteurs interpellés de revoir leur copie ou leur mode
d’opération. En parallèle avec ses opérations coup-de-poing, elle établit
des listes de produits à consommer ou à éviter dans le but de guider le
consommateur attentif. Elle a publié une liste sur la pollution chimique
induite par l’utilisation de certains produits informatiques, ménagers,
etc en distinguant ceux à éviter, ceux non renseignés et ceux que l’on
peut consommer. En agriculture, Greenpeace est également proche
des producteurs pratiquant une agriculture biologique.
L’association est beaucoup présente et très active de la grande
distribution et du secteur agroalimentaire en s’illustrant dans la
campagne anti-OGM où elle a montré sa force de pression.

4-3 Les Amis de la Terre


L’association est née en 1969 en Californie. Elle est aujourd’hui
implantée dans 72 pays et compte d’un million et demi d’adhérents
dans le monde. Les Amis de la Terre sont une fédération de plusieurs
associations. Contrairement à Greenpeace, dont la structure de
fonctionnement est très hiérarchisée (allant du haut vers le bas),
les priorités des Amis de la terre sont décidées du bas vers le haut.
Choisies en fonction des préoccupations locales, leurs actions
peuvent paraître très hétérogènes. Chaque association du réseau
garde ainsi une forte autonomie.

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Les Amis de la Terre prônent la mise en place d’une justice sociale


et environnementale et le renforcement de la solidarité Nord-Sud.
Ils préconisent également l’intégration des citoyens dans la prise de
décisions susceptibles d’avoir des répercussions sur leur bien-être.
Vis-à-vis des multinationales, l’association mène régulièrement des
études d’impacts environnementaux des choix commerciaux.
Aux côtés de ces nombreuses organisations non gouvernementales
nationales et internationales, il y a des organisations Étatiques et
des conventions signées et ratifiées par les États qui s’efforcent de
sauver ce qui peut être sauvé du monde naturel qui nous entoure.
Ce sont :
- La convention africaine sur la conservation de la nature et des
ressources naturelles dites ‘’convention africaines’’ ou ‘’convention
d’Alger’’ (Alger, 1968) ;
- La convention sur les zones humides d’importance internationale,
spécialement comme habitat de l’avifaune aquatique, dite ‘’convention
de Ramsar’’, (Ramsar, 1971) ;
- La convention concernant la protection du patrimoine mondial
culturel et naturel, dite ‘’convention du patrimoine mondial’’ (Paris,
1972) ;
- la convention sur la conservation des espèces migratrices
d’animaux sauvages, dites ‘’convention de Bonn’’ (Bonn, 1979) ;
- L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature
(Fontainebleau, 1948) ;
- Le Fonds Mondial pour la Nature (Morges, 1961);
- La Fauna Preservation Society (1903);
- La Convention sur le Commerce International des Espèces de
Faune et de Flore menacées d’Extinction (Washington, 1973) ;
- Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE)
crée à la conférence de Stockholm en 1972.
A ces organismes et instruments de protection des ressources
naturelles, s’ajoutent ceux opérant dans le domaine social comme
la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH). La liste
est longue.

94 Revue Africaine d’Anthropologie, Nyansa-Pô, N°14 - 2013


konan benjamin loukou

Déjà, grâce à ces efforts, la cadence de l’extermination des


ressources naturelles semble s’être ralentie. Bien des gens ont été
alertés et le climat de l’opinion a fortement changé. Mais il y a encore
tellement à faire! Peut-être ne sera t-il pas possible de sauver toutes
les espèces que nous voudrions sauver. « Mais, il résulte de cette
initiative qu’il restera, pour réjouir les enfants de nos petits-enfants,
bien d’avantage de ces merveilles du monde naturel que si cet effort
n’avait jamais été fait » OCDE, 2012.

V- RECOMMANDATIONS

5-1 À l’endroit des États et des entreprises

- Traduire et consolider une volonté politique à la gestion


durable des ressources naturelles
L’engagement de la puissance publique doit être visible et perçu
à travers une politique qui marque le niveau de priorité et qui fixe la
trame des interventions des différents acteurs. Cette politique induira
nécessairement la mise à niveau effective des moyens d’intervention
institutionnels, réglementaires et matériels requis pour atteindre la
gestion durable.

- Organiser l’occupation du territoire et des modalités


d’accès au foncier
L’organisation de l’occupation des espaces induit également la
détermination des modalités d’accès à la propriété et au foncier.
Cela doit se réaliser de manière équitable sur la base de critères
coutumiers ou administratifs et juridiques réellement établis.

- Protéger et mettre en valeur de façon raisonnée et durable


les ressources naturelles
La ressource naturelle est un atout écologique et économique.
Considérée comme tel, il convient d’en organiser une exploitation
équilibrée tout en conservant la qualité environnementale qui
détermine ses richesses et son attractivité. Cette règle commande
d’assurer l’intégration au milieu réservé mais également de veiller
à ce que les populations locales et autres acteurs économiques
valorisent de façon optimale les ressources, en même temps qu’ils
les protègent et en privilégient l’usage économe et durable.

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konan benjamin loukou

- Mettre en œuvre un programme permanent de renforcement


des capacités et de sensibilisation en matière de bonne
gouvernance des acteurs
La bonne gouvernance requiert un renforcement des capacités
des acteurs aussi bien dans le domaine de la gestion que sur le plan
technique. Ce renforcement des capacités ira de paire avec l’exécution
d’un programme de sensibilisation des acteurs afin de leur inculquer
le réflexe de la bonne gouvernance.

5-2 À l’endroit des populations

- Adopter des comportements compatibles avec la gestion


durable
Au niveau individuel, il s’agit pour chacun d’intégrer cette règle
afin d’utiliser dans la vie quotidienne, des comportements qui
concourent à la sauvegarde de ressources naturelles;
- Faire participer les populations aux actions de développe-
ment
La participation des populations est un maillon essentiel pour
mesurer la bonne gouvernance dans un processus ou une action.
Cette dernière requiert un regain d’intérêt pour la chose publique.
D’où la nécessité de comprendre le processus et d’en connaître les
tenants et les aboutissants.

CONCLUSION
«D’une manière générale, on observe un épuisement des ressources
naturelles lié entre autres à l’érosion des sols, la destruction des
habitats et de la biodiversité, l’épuisement des ressources halieutiques.
À cela s’ajoute la pollution galopante qui touche à l’évidence la plupart
des pays» disait Me Élisabeth Nantel à la conférence inaugurale sur
les ressources naturelles : Définitions, principales caractéristiques,
interrelativité des ressources de l’exploitation à la consommation : le
‘’NEXUS’’, 2013, école d’été, 2013.
Les analyses effectuées ont permis de faire l’état des lieux
sur différents thématiques importants du domaine population,
développement et ressources naturelles. Elles fournissent des

96 Revue Africaine d’Anthropologie, Nyansa-Pô, N°14 - 2013


konan benjamin loukou

indications utiles pour des actions de développement aussi bien


pour la période immédiate que pour le moyen et long terme. La
présente étude devrait servir à améliorer l’action publique et privée
pour la planification et la reconstitution en matière de ressources
naturelles.
La décision de produire cette réflexion sur la gouvernance des
ressources est pertinente eu égard à la complexité des interrelations
entre population et les ressources naturelles.
Ces interrelations ne sont pas figées, mais dynamiques dans le
temps et dans l’espace. Les problématiques devraient être revisitées
périodiquement pour appréhender les changements éventuels et
identifier les problèmes émergents.

BIBLIOGRAPHIE

COMMISSION EUROPEENNE, 1995, Faune sauvage Africaine: la ressource


oubliée, Tome I, ARTHAUD, Angleterre.
DEMANGEOT J., Les Milieux naturels du globe, 10e édition, 2002, Armand
colin, Paris
GENÈSE, I, 28, traduction Éd. Dhorme, Paris
LOUKOU K.B, 2011, Approche anthropologique de la Gouvernance
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