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Techniques d'Expression et Communication

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REPUBLIQUE TOGOLAISE

Travail-Liberté-Patrie

ECOLE SUPERIEURE D’INFORMATIQUE ET DE GESTION


(ESIG) GLOBAL SUCCESS

COURS : EXPRESSIONS ET COMMUNICATION

Domaine : Sciences et technologies

Mention : Sciences de l’ingénierie

Filière : Génie mécanique et productique

Code de l’UE : R510

Crédits : 02

Enseignant : ADJINI Koffi Edem

Année académique: 2024-2025


SYLLABUS DE COURS

Intitulé du parcours : Licence

Semestre d’évolution : 5

Code et intitulé de l’enseignement : Expression et communication, code : R510

Objectifs de l’Unité d’Enseignement

Objectif général : utiliser efficacement les éléments linguistiques et non linguistiques afin de
bien communiquer.

Objectifs spécifiques :

- maîtriser les différentes composantes d’un système de communication et leurs


caractéristiques.
- connaître les différents types de codages possibles et apprendre le bon choix
(message – code – canal).
- connaître le rôle des interlocuteurs et les règles à respecter pour le succès d’une
communication humaine.
- dégager les enjeux (des parasites, des facteurs psychosociologiques, des facteurs
contextuels) du succès d’une situation de communication.
- détecter les erreurs du langage verbal et non verbal dans toute communication et
améliorer l’usage de ces deux variables dans la présentation orale ;
- apprendre à développer une écoute active et efficace avec les autres
communicateurs ;
- distinguer les attitudes possibles en communication orale et éviter les attitudes
défaillantes.
SOMMAIRE

INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
I- CLARIFICATION DES NOTIONS D’EXPRESSION ET COMMUNICATION ............... 1
1.1. L’EXPRESSION .................................................................................................................. 1
1.2. LA COMMUNICATION ........................................................................................................ 1
1.3. DIFFERENCE ENTRE EXPRESSION ET COMMUNICATION ...................................................... 2
II- TECHNIQUES D'EXPRESSION ORALE ........................................................................... 2
2.1. LA PREPARATION DE L’EXPOSE ................................................................................. 2
2.2. LE DEROULEMENT DE L’EXPOSE ........................................................................................... 3
III- TYPES DE COMMUNICATION ....................................................................................... 5
3.1. LA COMMUNICATION VERBALE ......................................................................................... 5
3.2. LA COMMUNICATION NON VERBALE ............................................................................... 19
IV- LE TRAC ........................................................................................................................... 25
4.2. LES RAISONS DU TRAC .................................................................................................... 25
4.3. LES CONSEQUENCES SUR LA PRISE DE PAROLE ................................................................ 25
4.4. TECHNIQUES DE GESTION DU TRAC ................................................................................. 25
CONCLUSION ........................................................................................................................ 27
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................... 28
INTRODUCTION

Savoir écrire et parler, est un besoin et un atout dans la vie quotidienne, sociale, professionnelle,
et en particulier quand on étudie. Les techniques de l'expression écrite et orale répondent à cette
demande. Pour pouvoir communiquer, l’homme se sert de plusieurs moyens dont la langue qui
est un ensemble structuré des rapports qui définissent les termes, mais qui par opposition à la
parole devient une institution sociale, un système organisé de signes exprimant des idées.
Ainsi, dans son Ethnographie de la communication, Hymes (1964) évoque la notion de
compétence de communication en tant que connaissance pragmatique de la langue. La langue
est un principal système de communication entre les membres d’une même société et parlant
d’un principal système de communication sous-entend qu’il y a des systèmes secondaires de
communication accompagnant la langue. En réalité, la langue se fait compléter par d’autres
systèmes de communication tels que le non verbal.

I- CLARIFICATION DES NOTIONS D’EXPRESSION ET COMMUNICATION


Nous allons dans un premier temps définir les concepts d’« Expression » et de
« communication », et dans un second temps montrer la différence entre ces deux notions.

1.1. L’expression
C’est une faculté ou une qualité d’expression et une manière de s’exprimer en donnant son avis
ou son opinion par l’intermédiaire de langage, tout en manifestant sa pensée, ses sentiments,
ses idées… L’expression se fait de multiples façons. On distingue l’expression écrite, orale,
gestuelle, artistique, plastique, iconique, … Consciemment ou inconsciemme nt, l’image que
l’on donne de soi constitue un mode d’expression. Exemple : l’individu s’exprime également à
travers le choix de ses vêtements, de sa coupe de cheveux, de sa voiture, de ses chaussures, de
son parfum, de son maquillage.

1.2. La communication
D’une façon générale, communiquer, c’est transmettre un message (communication à sens
unique). Étymologiquement, « communication » vient de « communicatio » qui veut dire « être
en relation avec ». Elle vient aussi de « communicare » qui veut dire « mettre en commun,
partager une expérience ».

C’est aussi l’échange verbal entre un sujet parlant (un locuteur), qui produit un énoncé destiné
à un autre sujet parlant (un interlocuteur) dont il sollicite l’écoute et/ou une réponse explicite
ou implicite (selon le type d’énoncé). La communication est intersubjective (relatif aux
relations qui existent entre les personnes).

Sur le plan psychologique, c’est le processus au cours duquel la signification qu’un locuteur
associe aux sons est la même que celle que l’auditeur associe à ces mêmes sons (on parle de la
compréhension). La préoccupation majeure de l’acte de communication est que l’interlocuteur
comprenne au mieux l’idée exprimée. Il est donc important de prendre en considération
l’interlocuteur, qu’il soit présent (actuel) ou absent (virtuel). Ainsi, un individu parlant ayant
l’intention de dire quelque chose à un autre individu, le dit effectivement, en mettant en œuvre
un certain nombre d’éléments visibles ou invisibles. Il s’agit de la transmission ou d’échange
de paroles, de messages ou de signaux de nature diverse, avec pour effet de produire une
adaptation réciproque de leur comportement.

D’après, les ingénieurs des télécommunications, la communication est le fait qu’une


information est transmise d’un point à un autre point (lieu ou personne). Le transfert de cette
information est fait au moyen d’un message qui a reçu une certaine forme qui a été codé. La
1ère condition, en effet, pour que la communication puisse s’établir est le codage de
l’information ; c’est-à-dire, la transformation du message sensible et concret en un système de
signes ou code dont la caractéristique essentielle est d’être une convention préétablie,
systématique et catégorique.

1.3. Différence entre expression et communication


L'expression, comme la communication, peuvent exister sous diverses formes. La principale
différence vient du fait que la communication induit, expressément, un ou plusieurs
interlocuteurs. Ce qui n'est pas une nécessité pour l'expression. Nous pouvons nous exprimer
devant notre miroir. Alors que communiquer face à notre miroir relèverait plus de la pathologie.
Pour nous exprimer correctement et dans l'optique d'une communication avec diplomatie et
tact, auprès de notre interlocuteur, nous devons intégrer l'existence de nos filtres de perception,
de nos processus d'interprétation et de nos erreurs de formulation.

II- TECHNIQUES D'EXPRESSION ORALE


Une expression orale réussie comporte deux principales étapes : l’étape de la préparation de
l’exposé et l’étape de son déroulement.

2.1. La préparation de l’exposé


La préparation consiste à identifier et à formuler l’objectif, ainsi que de connaître l’auditoire.

2
2.1.1. Identification et formulation de l’objectif
L'objectif de l'exposé n'est pas son sujet. Identifier et formuler l'objectif, c'est préciser la
réaction que l'on cherche à obtenir chez l'auditoire. On peut identifier quatre niveaux d'objectifs
en fonction de l'implication attendue des destinataires.
2.1.2. Connaissance de l’auditoire
Cette opération est complexe car il n'y a pas de public homogène. Il convient bien souvent
d'identifier : des caractéristiques, des attitudes, des attentes communes à un groupe donné.
Savoir à qui l'on s'adresse détermine non seulement l'objectif mais la forme et le contenu de la
communication.
Les principales caractéristiques d'un public sont :
- Composition : public homogène ou hétérogène ;
- Age, ancienneté ;
- Niveau hiérarchique ;
- Qualification ;
- Niveau culturel ;
- Centres d'intérêts : Professionnels ou personnels.
Il convient donc de :

- S'informer sur leurs centres d'intérêts ;


- Évaluer les attentes ;
- Tenir compte d'éventuels a priori ;
- Se renseigner sur la culture du groupe ;
- Évaluer leur niveau de connaissance du problème.

Une meilleure connaissance du public passe quelquefois par un contact préalable avec une
personne représentative du groupe considéré. Ce recueil d'information permet de :

- Cibler l'intervention ;
- Préparer l'argumentation adaptée ;
- Choisir le vocabulaire approprié ;
- Prévoir les réponses aux questions et critiques.

2.2. Le déroulement de l’exposé


Cette étape comprend l’argumentation, l'adaptation du discours à l’auditoire, la prise en compte
des réactions de l’auditoire et l'utilisation de supports.

3
2.2.1. L'argumentation
Elle doit être rigoureuse et respecter certains principes à savoir :

- énoncer l'idée force, l'argument lui-même,


- illustrer chacun par des références aux situations, à des faits précis, incontestables, à des
données chiffrées.

2.2.2. L'adaptation du discours à l’auditoire

2.2.2.1. Utiliser un vocabulaire accessible à tous


Si le langage technique et les abréviations sont utiles entre professionnels, communiquer avec
un public non spécialisé nécessite non seulement de traduire les termes techniques et les
abréviations mais aussi de leur donner du sens.

2.2.2.2. "Concerner le public"


En partant de leurs préoccupations propres et des véritables enjeux que soulève pour l'auditoire
le sujet abordé.

2.2.3. La prise en compte des réactions de l’auditoire


Il ne faut pas attendre la fin de l'exposé pour s'intéresser aux réactions de l'auditoire. Certains
indices non-verbaux, certaines réactions au cours de l'exposé nous renseignent sur le niveau de
réception.

Les interventions du public peuvent globalement répondre aux objectifs suivants :

- demande de précisions, d'informations complémentaires ;


- contestation de certains aspects développés ;
- réfutation d'un aspect de l'argumentation ;
- développement de contre-arguments ;
- évaluation globale du travail présenté ;
- opposition de principe.

Le fait de répondre aux questions permet une participation régulière et spontanée ainsi que des
interactions dans le public.

2.2.4. L'utilisation de supports


Le support visuel appuie et complète la partie orale de l'exposé. Il est destiné en premier lieu à
faciliter la compréhension du message et à améliorer la mémorisation. On retient généralement

4
beaucoup mieux ce qui est vu et entendu. Il doit être simple, concis et dépouillé. Ainsi il sera
très rapidement assimilable par l'auditoire qui pourra donc diriger son attention sur ce qui est
dit.

Les supports sont très efficaces pour les sujets techniques (croquis, schémas, dessins). Ils
permettent une meilleure mémorisation des messages clés grâce à la visualisation. Il y a gains
de temps et de qualité visuelle puisqu'ils sont préparés à l'avance, pas de perte d'attention et de
concentration liée à la lecture individuelle d'un document.

III- TYPES DE COMMUNICATION


La communication se présente sous deux formes : la forme verbale (communication
linguistique) et la forme non verbale (communication non linguistique).

3.1. La communication verbale

Elle implique l’usage du langage articulé en tant que système de signes phoniques et vocaux ou
l’usage du langage écrit (qui est avant tout verbal). Ce type de communication se subdivise à
son tour en deux autres sous-types de communication notamment :

- la communication verbale orale qui se fait par le truchement de la parole.


- la communication verbale écrite qui se fait par l’écriture.

Dans la situation de communication, s’établit le contexte dans lequel est accompli l’acte de
parole. Il est le trait le plus pertinent pour la production et l’interprétation du discours ;
interviennent également dans ce processus le locuteur, le référent et l’auditeur.

Pour étudier l’acte communicatif dans une société, il faut, selon Hymes, établir un inventaire
des ressources verbales de la communauté et des possibilités de changement de registres.

3.1.1. Système de communication

On parle de système de communication lorsque la communication s’établit entre les parties


composantes de la transmission du message, entre émetteur et récepteur possédant en commun,
au moins partiellement, le code nécessaire à la communication ou à la transmission du message.
Un système de communication comporte donc les éléments suivants : le code, le canal,
l’émetteur, le récepteur, le contexte, le message.

5
3.1.1.1. Les participants à la communication
Ce sont les acteurs de la communication ; il s’agit du sujet parlant qui produit l’énoncé, il est
appelé ego (le ‘‘je’’) ou (le ‘‘nous’’), l’interlocuteur, celui à qui est destiné le message (le ‘’tu’’
ou le ‘’vous’’).

Lorsque le récepteur est seul, on parle de communication interpersonnelle. Lorsque la


communication doit atteindre plusieurs récepteurs, on parle alors de communication de
groupe ou de communication de masse. Si les récepteurs sont multiples dans ces deux types de
communication, il existe tout de même une différence fondamentale. En effet, la
communication de masse vise à toucher un maximum de personnes alors que la communication
de groupe, elle, est davantage ciblée, selon l'âge, les besoins, l'expérience, les attentes, etc. des
récepteurs.

a) La communication interpersonnelle

La communication interpersonnelle est celle qui met en relation deux personnes. Cette forme
de communication se construit à partir des échanges entre ces deux individus. Une conversation
entre deux amis dans un restaurant ou un appel téléphonique entre deux collègues sont des
exemples types de communication interpersonnelle. Vos capacités de communication
interpersonnelle constituent donc la base des relations privées et professionnelles.

La communication interpersonnelle repose sur six éléments principaux :

- un émetteur : qui entame la communication ;


- un récepteur : qui reçoit le message de l'émetteur ;
- un canal de communication : écrit, verbal ou électronique ;
- le codage : conversion par l'émetteur de sa pensée en langage ;
- décodage : conversion par le récepteur du langage en pensée ;
- la rétroaction : la réponse du récepteur.

Exemple : un appel téléphonique entre deux personnes.

b) La communication de groupe

La communication de groupe se distingue de l'interpersonnelle car elle s'adresse à un ensemble


plus large de récepteurs. Mais contrairement à la communication de masse, elle intègre une
notion fondamentale de ciblage de ses récepteurs.

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Elle s'est particulièrement développée avec la société de consommation d'après-guerre. La
publicité est devenue, au fil des années, un exemple type de communication de groupe. D'abord
destinée à atteindre le plus grand nombre de clients possibles, la publicité a ensuite commencé
à cibler des groupes d'individus. Le discours d'un entraîneur avant le début d'un match ou la
prise de parole devant une assemblée font également partie de la communication de groupe.

Contrairement à celle de masse, la communication de groupe permet la rétroaction, même si


elle n'est pas automatique. Il s'agit également d'une communication efficace puisqu'elle
concerne un public ciblé et donc théoriquement réceptif au message.

Exemple : une prise de parole pendant une réunion

c) La communication de masse

La communication de masse vise la transmission d'une information à un plus large public


possible. Contrairement à la communication de groupe, les récepteurs n'ont pas été ciblés,
l'objectif étant d'atteindre un maximum de personnes. Elle regroupe un ensemble de médias
appelés mass-média capables de toucher ce très large public (télévision, radio, internet, envois
postaux). Une communication importante de sécurité publique diffusée à la télévision ou une
publicité non ciblée font partie de la communication de masse. Il s'agit d'une communication
unidirectionnelle puisque la rétroaction est nulle, voire très faible. La télévision interactive et
les jeux radios ne permettent en effet qu'une légère rétroaction.

Exemple : une communication importante liée à la sécurité publique dans tous les médias.

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Tableau récapitulatif

Communication Communication de Communication de

Interpersonnelle groupe masse

2 individus Un émetteur - 1 ou +ieurs émetteurs, tous


Pôles groupe identifié les récepteurs disponibles
(1émetteur-1recepteur)
d’individus

Très bonne moyenne Très lente


Compréhension

L'apparition de l'Internet
rend la rétroaction
Rétroaction Quasi- systématique moyenne
possible.

Conversation orale, Toute communication qui


Equipe de formateurs passe par les médias de
par téléphone,…
Exemples - personnel d’une masse
entreprise (publicité)

3.1.1.2. Le schéma du processus de communication verbal adapté de Roman Jakobson

Dans la théorie de la communication orale, s’établit un système qui prend donc en compte :
l’émetteur, le récepteur (décodeur ; décoder c’est), le message, le code, le canal et le référent.

Le schéma de la communication de Jakobson présente les composantes qui interagissent lors


d’une communication. L’émetteur transmet un message au récepteur, qui, à son tour, devient
l’émetteur en donnant une rétroaction. L’émetteur utilise un code, comme la langue française
orale, pour être compris par le récepteur, à travers un canal, comme le téléphone. Les deux

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intervenants puisent dans leurs connaissances, émotions et expériences pour situer le message
dans la réalité (référent).

a) L’émetteur

L’émetteur, c’est celui qui produit un message réalisé selon les règles d’un code spécifique.

On l’appelle aussi le destinateur parce qu’il destine (envoie) son message à quelqu’un d’autre.
C’est également le locuteur, le sujet parlant qui produit des énoncés ou l’allocution’ (acte par
lequel un locuteur s’adresse à quelqu’un d’autre). Il est l’encodeur, parce qu’il effectue les
opérations d’encodage/de codage (système de transformation d’un message en une autre forme
permettant sa transmission entre un émetteur et un récepteur par l’intermédiaire d’un canal ;
c’est aussi le processus de sélection de certains signaux du code. Encoder, c’est donc
sélectionner, dans une langue, les éléments/outils nécessaires et susceptibles de pouvoir
transmettre exactement le message qu’on veut, à travers un ou des énoncés qu’ils permettront
de construire).

b) Le récepteur

Le récepteur, c’est celui reçoit et décode un message réalisé selon les règles d’un code
spécifique. Il est le décodeur parce qu’il est auteur du décodage (l’identification et
l’interprétation des signaux pour la compréhension du message émis. On l’appelle aussi le
destinataire ou l’interlocuteur ou l’auditeur ou l’allocutaire (le sujet parlant qui reçoit les
énoncés produits par un locuteur et qui répond, celui qui se voit adresser le message).

c) Le message

C’est une séquence de signaux qui correspond à des règles de combinaison précises et qu’un
émetteur transmet à un récepteur par l’intermédiaire d’un canal qui sert de support physique
et de moyen par lequel les signaux du code sont transmis (tel l’air pour les signaux de code
linguistique).

d) Le canal ou média

C'est le support du message entre l'émetteur et le récepteur. C’est par quels moyens permettent
de transmettre le message (l'air, l'écran d'ordinateur, une feuille de papier).

e) Le référent (à propos de quoi?)

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C’est l’être ou l’objet auquel renvoie un signe linguistique dans la réalité extralinguistique ;
c’est la situation (ou le contexte) à laquelle le message renvoie.

f) Le code (dans quel langage?)

C’est un système de signaux (ou signes ou de symboles) qui, par convention préalable, est
destiné à représenter et à transmettre l’information entre la source (ou émetteur) des signes et
le point de destination (ou récepteur). Il a un sens reconnu par ses utilisateurs. Un code peut
être formé de signaux de différentes formes, soit de sons (code linguistique), soit de signes
écrits (code graphique), etc.

 Schéma du processus de communication

Emetteur Récepteur
Encodeur
Contexte (Référent) Décodeur
Destinateur
Message Destinataire
Locuteur
Canal Allocutaire

Interlocuteur
<---------------------------

I
Code (langue)

Processus dialogique

Feedback

3.1.1.3. Les enjeux de la communication

Communiquer ne consiste pas seulement à transmettre un message dans le seul but d’informer
mais, aussi, à mettre en commun des significations quel que soit le type de communication.
Alex Mucchielli, professeur de sciences de l’information et de la communication, a publié de
nombreux ouvrages. Il définit notamment cinq types d’enjeux de la communication :
- Les enjeux informatifs : la communication est un acte d’information ;

- Les enjeux de positionnement d’identité : communiquer, c’est se positionner par


rapport à l’autre ;
- Les enjeux d’influence : communiquer, c’est faire preuve d’« influence
» sur autrui ;

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- Les enjeux relationnels : communiquer, est un acte de concrétisation de la relation
humaine ;
- Les enjeux normatifs : communiquer, c’est proposer un ensemble de normes, de
règles qui vont soutenir les échanges.

3.1.2. Fonctions de la communication orale


Elles ont été élaborées par SKINNER et JAKOBSON. Ces fonctions portent sur les éléments
de l'énoncé (émetteur, destinataire, référent, canal, énoncé, code).

Il s’agit de :

a) La fonction expressive (ou émotive)

Elle est centrée sur le destinateur ou l’émetteur, l’ego (je) qui produit le message. La fonction
expressive présente l’attitude de celui-ci à l’égard du contenu du message et de la situation
communicationnelle. Elle décrit les sentiments, les émotions, les humeurs, … de l’ego.

Exemples : « Je suis triste » ; « Je rougis de satisfaction. »

b) La fonction conative (ou incitative)

La fonction conative permet de centrer la portée du message sur les effets produits chez le
destinataire ou le récepteur (le ‘‘tu’’). Les ordres, les défenses et les conseils en sont des
illustrations.

Exemple : « Tais-toi ! » « Formez des équipes de travail ! »

c) La fonction référentielle (ou dénotative)

Elle est centrée sur le référent, le ‘‘il’’ ; le message exprimé renvoie au monde extérieur, à
l’objet auquel il se réfère (description, explication, …).

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Exemple : il pleut.

d) La fonction phatique

Elle sert à manifester l’orientation du message ou le prolongement du contact. Il s’agit de tout


ce qui sert à maintenir le contact avec le récepteur, l’énoncé porte sur le canal et vérifie son
fonctionnement.

Exemple : l’intonation, la redondance telle que « Allo ! », « Vous y êtes ? », « Oui », « Écoutez
bien »

e) La fonction poétique

La fonction poétique porte sur les structures du message lui-même, ses structures
expérientielles, interpersonnelles et textuelles. C’est ce qui est dit dans le message et qui est un
aspect palpable des signes réalisés par le jeu des structures.

Exemples : « J’ai un amour qui ne veut pas mourir »

f) Fonction métalinguistique

Elle est centrée sur le code. C’est le discours sur le discours. Elle suppose qu’on se serve de la
langue pour parler des éléments de la langue. On donne dans une langue des explications sur le
code lui-même.

Exemples : le mot « mot » est un non commun ; le mot « le » peut être un déterminant ou un
pronom.

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3.1.3. Les obstacles à la communication

La communication n’échappe pas à certains obstacles. Ceux-ci peuvent être de différentes


natures. Ainsi, nous avons :

a) Les obstacles physiques (mécaniques)

Il s’agit d’obstacles liés au mode de transmission ou au message.

- Le canal : le support utilisé pour transmettre une information n’est pas adapté au
message, à son contenu, à ses objectifs ou au public cible (contenu, objectif) ;

- Le code : le code utilisé pour encoder le message n’est pas adapté au(x) récepteur(s). Le
choix du code se fait à deux niveaux : la nature du code (linguistique, graphique,
iconique), le niveau du code (termes techniques, vulgarisation, ..). Il doit également tenir
compte de l’univers symbolique des récepteurs ;

- Les bruits : les bruits (au sens communicationnel du terme) perturbent la transmission
d’un message (messages simultanés, message lacunaire,). L’élimination de ces bruits ou
du moins leur réduction doit conduire à améliorer la communication ;

- Le message : il y a des exigences importantes pour la compréhension d’un message :


clarté, précision, concision, structure. Leur absence engendre la mauvaise qualité de la
communication.

b) Les obstacles psychologiques (interaction)

Il s’agit d’obstacles se situant dans le cadre de la relation de communication, c’est-à-dire du


côté de l’émetteur et du (ou des) récepteur(s) du message.

A titre d’exemple, nous pouvons citer du côté de l’émetteur :

- la rétention de l’information (volontaire ou non) ;

- l’état émotionnel de l’émetteur ;

- les préjugés.

Et du côté du récepteur :

- entendre sans écouter ;

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- l’état émotionnel du récepteur ;

- la distraction ;

- les préjugés ;

- le désir de parler ou d’avoir raison ;

- le manque d’intérêt pour les propos émis ;

- le phénomène de perception sélective.

c) Les obstacles contextuels

Il s’agit d’obstacles liés au contexte, au climat dans lequel se déroulent les échanges. Le
contexte n’est pas toujours propice à l’apparition d’une communication de qualité : l’existence
de tension, de conflit, l’apparition de rumeurs, sont des obstacles.
Pour une communication verbale réussie, il faut adopter certaines techniques.

3.1.4. Techniques de communication verbale

Plusieurs critères, s’ils sont respectés, assurent l’efficacité de la communication verbale.


Essentiellement, il s’agit de formuler un message bref avec des termes simples, clairs et précis.
Il faut aussi transmettre ce message en temps et lieu opportuns, en employant un vocabulaire et
un débit convenables pour le récepteur.

3.1.4.1. La respiration

La respiration conditionne la bonne émission du son. Elle favorise la détente musculaire et


nerveuse. Elle est aussi nécessaire à la mise en œuvre de la fluidité mentale et verbale.

On constate trois types de respirations :

a) La respiration thoracique :

Elle consiste à l’ouverture de la cage thoracique par l'élargissement des côtes seulement. C'est
la respiration la plus connue, celle sur laquelle on concentre son attention automatiquement
quand on nous dit de respirer à fond.

b) La respiration ventrale:

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Le volume de la cage thoracique s'accroît par l'abaissement du diaphragme. On prend
conscience de cette respiration en s'allongeant sur le dos, en plaçant une main sur son ventre et
en gonflant son ventre par son inspiration : la main est soulevée.

c) La respiration costale

C'est le bas des côtes qui se soulève. On prend conscience de cette respiration en bloquant les
précédentes. Pour ce faire s'asseoir sur une chaise à califourchon, les épaules appuyées sur le
dossier, les bras ballants.

La respiration complète intègre ces trois types de respirations. Ce qui n'est pas synonyme de
respiration maximum ; on ne doit jamais avoir l'impression de forcer.

Lorsqu'on est assis derrière une table, il faut :

- laisser la cage thoracique libre (bras croisés à proscrire),


- considérer la colonne vertébrale comme un axe vertical (le mât d'un bateau) et éviter
de se pencher trop en avant ou en arrière.

3.1.4.2. La voix
Elle est le véhicule du message oral. Selon les individus, les dimensions, la forme et la texture
des cordes vocales, des os et cartilages et des muscles, le timbre vocal sera très différent. On
trouve généralement les voix de gorge (basses), les voix de masque (appuyées) et les voix de
tête (élevées).
La voix se caractérise aussi par :
a) L'intensité : C'est la force, la puissance avec laquelle on s'exprime.
b) L'intonation : C'est le mouvement mélodique de la voix, caractérisé par des variations
de hauteur.
c) Le débit : C'est la vitesse à laquelle on s'exprime. Souvent le trac amène une accélération
excessive du débit. Pour cela il faut :
- respirer entre les phrases ;
- ménager des pauses pour reprendre le souffle ;
- utiliser le silence.

3.1.4.3. L'articulation
C'est le détachement et l'enchaînement correct des sons et en particulier, la netteté des
consonnes.

15
3.1.4.4. Le rythme
Les changements de rythmes donnent à la prise de parole sa dynamique ; Ils évitent la
monotonie. Ils sont donnés par :

a) La ponctuation

La ponctuation parlée n'a rien à voir avec la ponctuation écrite. Lorsqu'on parle on peut s'arrêter
à tout moment. La ponctuation apporte du confort à l'écoute et donne du poids aux mots, aux
gestes.

b) La modulation

Le ton de la voix varie en jouant sur les inflexions en prenant appui sur certains mots, certaines
syllabes.

c) L'utilisation des silences

Le silence paraît toujours plus long pour celui qui le fait que pour ceux qui l'écoutent. Il permet
la fluidité verbale et marque les changements de rythmes. Il permet aussi la respiration et
valorise le geste. Enfin, il donne le temps de regarder l'auditoire.

3.1.4.5. La répétition
Si la répétition est, d'une manière générale, un défaut de l'écriture elle est une des qualités
essentielles de l'art oratoire. La répétition facilite la mémorisation, valorise l'argument et met
en évidence les points forts.

16
3.1.4.6. L’écoute
La communication est souvent associée à la capacité de s'exprimer ou bien exposer une idée à
son interlocuteur. On oublie que communiquer fonctionne dans les deux sens et que la capacité
d'écoute est une qualité primordiale pour ceux qui ont un message à faire passer.

L’écoute peut être décrite comme une suite de 5 étapes :

La réception La compréhension

La mémorisation

La réponse L’évaluation

a) L’écoute critique

L’écoute critique questionne la véracité et l’exactitude de l’information en même temps que la


franchise et la motivation du locuteur.

b) L’écoute active

Développé à partir des travaux de Carl Rogers, psychologue américain (précurseur des
techniques non directives), l'écoute active consiste à écouter l'autre attentivement et de façon
non directive, instaurer confiance, respect et empathie avec son interlocuteur afin que ce dernier
s'exprime en toute liberté, sans crainte de jugement hâtif et sans pression.

Ce concept est un levier surpuissant, utile en de nombreuses circonstances telles que :

- gérer les conflits


- développer son leadership
- influencer positivement ;
- inspirer,
- etc.
c) Les clés d’écoute active

Savoir écouter, c'est être capable de focaliser toute son attention sur l'autre pour saisir les bribes
de messages transmis, que ce soit verbal ou non verbal.

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Ainsi, pour s’assurer que la communication passe et montrer à l'autre qu’on est totalement
centré sur lui et qu’on a entendu son message, il faut :

- instaurer un climat de confiance : il faut focaliser son attention sur son interlocuteur,
repérer sa façon de communiquer et le mettre à l'aise en adoptant le même mode de
communication que lui.

Par exemple, certaines personnes ont besoin de planifier une entrevue et que celle-ci soit
"officielle et très cadrée" dans la forme, d'autres seront plus à l'aise pour livrer leurs messages
sur le temps d'une pause autour d'un café ou lors d'un déjeuner. De même, certaines personnes
dites "visuelles" emploieront - et comprendront - mieux un vocabulaire qui se rapporte à la vue
("je vois bien qu'il est comme ça...", alors qu'un "auditif" dirait plutôt "j'entends bien qu'il est
comme ça...", un kinesthésique "je sens bien qu'il est comme ça..." etc). Certains auront besoin
d'utiliser des mots précis, voire savants alors que d'autres préféreront un langage plus fluide et
commun. Il faut s’adapter à la personnalité qu’on a en face.

- être pleinement disponible : pour pouvoir être pleinement et authentiquement à


l'écoute de l'autre, on ne doit pas avoir de préjugés sur cette personne. En effet, la déception
et la frustration qu’on pourrait ressentir quant à ses attentes biaiseraient l’écoute au fil de
l'entrevue. On perdrait petit à petit le fil, en se focalisant sur ses propres ressentis.
- se mettre à la place de son interlocuteur : il faut faire abstraction des expériences
similaires à celle contée par l’interlocuteur afin de ne pas en biaiser l'écoute.

- reformuler : redire avec ses propres mots permet de s’assurer d'une part, qu’on a bien
compris ce que son interlocuteur a dit et d'autre part, de lui montrer qu’on a entendu et
intégré le message qu'il a transmis. La reformulation, une clé importante de l'écoute active
- écouter au-delà des mots : il faut savoir décoder le non verbal. Bras croisés, regard
fuyant, jambes qui s'agitent, tics, silences, débit rapide... Autant d'éléments qui doivent être
décodés afin de ressentir l'état dans lequel se trouve l’interlocuteur, mais également
comprendre pleinement le message qu'il est en train de livrer, avec toute la dimension
émotionnelle qui l'accompagne.

Le langage articulé est toujours accompagné d’autres éléments non verbaux qui permettent de
renforcer la communication.

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3.2. La communication non verbale
La langue est le principal système de communication entre les hommes. Mais en réalité, le
langage verbal ne constitue qu’une seule facette de la communication humaine. L’autre facette
est représentée, en fait, à travers le langage non verbal. Ce dernier, appelé également « Langage
du corps », joue un rôle primordial dans l’accomplissement de la communication.

Le langage non verbal permet de :

- renforcer le message émis verbalement : l’action et la voix sont intimement liées. Un


intervenant qui cherche à convaincre lors d’une conversation animée, emploie, en fait,
tout l’arsenal des gestes de la persuasion.
- transmettre un message sans pour autant parler : certains gestes et expressions du visage
sont plus significatifs que la parole.
- exprimer les émotions : l’activité corporelle renseigne les auditeurs sur l’assurance
personnelle, la vitalité et la communicativité de l’orateur. C’est à travers la manière dont
ce dernier se tient debout et la manière dont il bouge qu’il informe les interlocuteurs sur
ses sentiments.
- diminuer le niveau de tension : afin de surmonter la peur en affrontant un public, les
orateurs sont amenés à entretenir une activité physique comme moyen pour diminuer
les sensations de tension. Par exemple : respirer profondément et régulièrement,
marcher de long en large, presser les mains sur quelque chose de solide (un stylo, un
livre…), etc.

Le langage non verbal est formé de plusieurs composantes, à savoir : les gestes, les expressions
du visage, le regard et l’attitude etc.

3.2.1. Le langage gestuel


L’étude des gestes et leur rapport avec la parole est appelée la « Kinésique ». Ces gestes peuvent
avoir une fonction spatio-temporelle (la fonction proxémique, la fonction distale). Dans ce
contexte, on parle de sémiologie1.

3.2.1.1. Les gestes innés et les gestes acquis


Pendant tous les instants de la vie d’une personne, son corps s’exprime à travers des
mouvements qui sont la plupart du temps involontaires. Les gestes peuvent être innés ne

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Étude des systèmes de signes et de significations représentatifs de la perception et des systèmes de valeurs d'une société

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nécessitant aucun apprentissage. Comme ils peuvent être acquis et sont, dans ce cas, calculés et
effectués dans des buts précis.

a) Les gestes innés

Ce sont les gestes accomplis par tous et dès la naissance. Nous pensons, dans ce cas, aux gestes
effectués par le bébé. Ses bras se tendent lorsqu’il a besoin d’un contact affectif, ses jambes se
raidissent lorsqu’il est en colère, ses poings se ferment lorsqu’il pleure, etc. Plusieurs gestes
sont partagés par la majorité d’entre nous et sont, donc, innés. Nous parlons, ainsi, des gestes
tels que : se gratter, se frotter l’œil, éternuer, etc.

b) Les gestes acquis

Les gestes acquis sont effectués par pure adaptation à notre environnement. Certains sont acquis
par simple mimétisme tandis que d’autres sont le résultat d’un apprentissage personnel
conforme aux besoins de chacun.

- Les gestes acquis par mimétisme : ce sont des gestes reproduits, presque
inconsciemment, par simple observation des autres.

Il s’agit, à titre d’exemple, de faire des signes par les mains (l’index pointé exprime une menace,
les paumes ouvertes expriment le désir de communiquer, la main-serrée signifie le désir de
dominer, etc.), de hausser les épaules pour exprimer le refus, de croiser les bras comme signe
de blocage de la communication, etc.

- Les gestes nécessitant un apprentissage : ce sont les gestes qui sont, en quelque sorte,
liés à l’apprentissage social. Le fait de serrer la main de quelqu’un, de faire un clin d’œil,
de baiser la main d’une dame, d’applaudir à la fin d’un spectacle, sont autant de gestes
que nous effectuons suite à un petit apprentissage.

3.2.1.2. Les fonctions remplies par les gestes


Les gestes n’ont pas une existence indépendante, ils concernent le corps tout entier. Ainsi, ils
remplissent plusieurs fonctions :

- Les gestes descriptifs : ce sont des gestes utiles pour donner des indications sur les
dimensions (la table est à peu près longue comme ceci et large comme cela…), les
formes (cette pièce avait à peu près la forme d’un losange…), les mouvements (le
danseur avait approximativement ce mouvement…) et les directions (allez tout droit
puis tournez à gauche…).

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- Les gestes emphatiques : ce sont les gestes utilisés pour appuyer des idées abstraites.
Ainsi, nous levons l’index en disant : « attention, la difficulté de ce problème réside en
ceci… » ou bien nous faisons un bref claquement des deux mains, les deux paumes face
à face lorsque nous disons : « là se trouvait exactement le point crucial de ce
problème ».
- Les gestes d’énumération : ces gestes indiquent le nombre et font, ainsi, usage d’un ou
de plusieurs doigts. Les expressions qui sont, le plus souvent, accompagnées par ces
gestes sont du genre : « trois conditions », « premièrement », « un troisième élément »,
etc.
- Les gestes expressifs : Ils marquent des sentiments interpersonnels, des émotions vives,
un niveau social auquel se situe les participants à la communication (amis, parents,
collègues…). Exemple : usage des bras ouverts marquant la bienvenue, les félicitations,
l’encouragement, un au revoir.
- Les gestes symboliques : Ils sont utilisés pour marquer des écarts socioprofessionnels
ou intellectuels. C‘est le cas du salut militaire (le garde-à-vous), le salut scout,
l’abaissement du corps (dans certaines cultures), …

Remarque : Dans le contexte de dialogue où ces gestes se situent le plus souvent, ils jouent un
rôle important et s’ajoutent à l’identification psychologique des personnages.

On peut d’un point de vue du rapport avec des gestes avec l’énoncé (geste spatio-temporel,
geste dont la réponse est ‘oui’ ou ‘non’), faire une distinction appelée ‘élément redondant’,
appartenant à des informations qui ne sont pas dans le texte.

Exemple : Les gestes spatio-temporels, usage du mouvement de la tête symbolisant


l’acceptation (le « oui ») ou le refus (« non »).

C’est dans cet ordre d’idée que Jean Dubois et al. (1999) dira que : « parler par geste, c’est
parler par phrase non divisible en mot ».

Les gestes peuvent introduire des nuances sémantiques qui manquent dans l’énoncé. Par un jeu
subtil de ces procédés expressifs, on arrive à communiquer (à son texte) une nouvelle dimension
qui se situe au-delà de l’énoncé : la dimension psychologique et morale.

3.2.2. Les expressions du visage


En parlant avec quelqu’un, nous nous focalisons sur ce qu’il transmet à travers son visage ou
plus précisément ses mimiques qui varient d’une seconde à l’autre. C’est le moyen de

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communication le plus objectif et reflétant le plus nos émotions internes. « Le visage occupe
une fonction prépondérante dans le langage corporel, non pas pour ses formes, qui n’ont aucune
signification en dépit de ce que prétendent quelques-uns, mais pour son extraordinaire
concentration de moyens d’expression ainsi que pour ses étonnantes possibilités d’évolution »
(Le Gonidec, 2006). Il existe six émotions fondamentales chez l’homme facilement repérables
à travers les expressions du visage. Ces émotions sont la joie, la tristesse, le dégoût, la peur, la
colère et la surprise. Pour exprimer ces différentes émotions, nous utilisons tous les mêmes
mimiques. A côté des émotions, le visage reflète les traits de personnalité. Ainsi, chacun dispose
de mimiques qui lui sont propres. Ainsi, à travers les années apparaissent des rides d’expression
reflétant quelques aspects de personnalité :

- pattes-d’oie aux coins des yeux pour les enjoués ;


- plis partant du nez et soulignant la rondeur des joues pour les souriants ;
- rides transversales sur le front pour les inquiets, etc.

2.2.3. Le regard
Le regard permet à lui seul de montrer toutes sortes d’émotions : tendre ou langoureux,
furibond, admiratif, hardi, menaçant, complice, méprisant, farouche, fourbe, froid, hostile,
étonné, amical, hautain, etc. Il est intimement lié à l’expression du visage. Il établit le contact
entre ceux qui parlent et ceux qui écoutent. Il permet de modifier les rapports de force.

Si l’orateur a à affronter un groupe hostile, il n’a qu’à regarder chacun des participants avec
chaleur et attention. Il crée chez eux ce même caractère d’attention et de disponibilité.

Savoir regarder est signe d’équilibre et de sérénité intérieure. Le regard assuré entraîne
l’adhésion du groupe. Le regard apeuré accentue le manque de communication.

L’interprétation du regard varie selon la direction :

- le regard de côté est le regard furtif de celui qui veut voir sans être vu ;
- le regard fixe et dans le vague est celui d’ennui, de désintérêt, de peur de s’engager,
d’envie de fuit ;
- le regard droit devant soi est propre aux personnes bien dans leur peau et dans leur vie,
ouvertes, faciles d’accès, franches et directe;
- le regard vers le haut se remarque chez les idéalistes, les imaginatifs, les personnes peu
à l’aise dans la réalité ;

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- le regard vers le bas se remarque chez les personnes souvent crispées, peu sincères, mal
à l’aise, ou bien timides.

3.2.4. L’attitude

On peut voir à travers les attitudes d’une personne comme à travers ses gestes, si elle est « bien
dans sa peau » ou non. Plusieurs orateurs se posent la question : « quelle attitude prendre ? ». Il
faut, en fait, penser à une attitude dans laquelle on a l’air à l’aise, confiant et communicatif.

Donc, il faut :

- rester debout d’une manière confortable ;

- répartir le poids du corps sur les deux pieds

- laisser les pieds ni trop rapprochés ni trop écartés ;

- éviter de fourrer les mains dans les poches ou les croiser fermement → les tenir toujours
au-dessus de la taille, elles sont disponibles et travailleront pour l’oral sans y penser.

- éviter de rester longtemps sans bouger : dans ce cas, on se sentira paralysé lorsqu’on
veut changer d’attitude et l’auditoire réagira par empathie → la communication efficace
est entravée.

3.2.5. Le vestimentaire à caractère culturel


Les vêtements parlent dans la mesure où ils peuvent permettre d’identifier culturellement les
différents personnages soit selon leur activité ou selon leur appartenance idéologique.

Exemple : accoutrement des prêtres traditionnels, des chefs traditionnels, l’habillement des
prêtres, celui des adeptes (vodu), habillement à socio-culturel du porteur.

3.2.6. Les couleurs


Elles ont une valeur expressive symbolique et leurs messages peuvent dépendre de chaque
culture qui les utilise.

Ex : le rouge : Généralement symbole de danger mais culturellement peut désigner amour


intense (dans la culture occidentale c’est le cas de la rose), symbole de la grève : cas des
grévistes au Japon qui s’entoure d’un morceau de pagne rouge au bras, symbole de bravoure et
de guerre.

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Ex : les guerriers de Tchaoudjo, Semessi.

- Le blanc
Qui exprime plusieurs messages tels que le symbole de la paix, de la joie de la pureté, de la
virginité…

- Le noir
Dans le contexte purement africain, le plus souvent, la couleur noire indique une situation de
deuil (veuvage), de tristesse, d’esprit malfaisant… Ailleurs le noir peut être un symbole de joie.

3.2.7. Les instruments de musique


Dans les sociétés traditionnelles, les instruments de musique transmettent des messages codés
qu’on peut décoder sous forme de messages oraux pouvant servir être transcrit et interpréter
linguistiquement. C’est l’exemple des messages transmis par le tambour parlant appelé
atopanie, par le cor appelé flûte traditionnel.

3.2.8. La danse, les faits corporatifs


La tête rasée, pied nue, corps couvert d’huile, les images visuelles et publicitaires, les écritures,
les chiffres mathématiques, les insignes décoratifs, les objets d’arts… sont également des
symboles qui transmettent des messages.

3.2.9. La proxémique

Dérivant étymologiquement du mot grec « proximos », qui signifie « proche », la proxémie se


définit comme l’étude des distances et de l’espace que les gens maintiennent entre eux dans
leurs interactions. Le concept a été introduit pour la première fois par l’anthropologue Edward
T. Hall dans son ouvrage La Dimension cachée, publié en 1966. Un concept important qui nous
permet de saisir un mécanisme d’influence dont nous n’avons que très peu conscience.

Pour l’anthropologue américain, les distances physiques que les individus maintiennent dans
les interactions sociales ne sont pas aléatoires, mais plutôt un langage silencieux exprimant la
relation entre eux. Il classe ces distances en quatre zones principales : intime, personnelle,
sociale et publique.

Ainsi, il décrit quatre zones distinctes et concentriques comme les couches d’un oignon :

- La zone intime, qui s’étend jusqu’à environ 45 cm de la personne. C’est l’espace que
nous réservons pour nos partenaires, notre famille proche et nos amis très proches.

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- La zone personnelle, qui s’étend de 45 cm à environ 120 cm. C’est l’espace qui
convient pour les conversations entre amis et les interactions familiales régulières.
- La zone sociale, qui s’étend de 120 cm à environ 3,6 mètres. C’est l’espace utilisé pour
les interactions sociales ordinaires, comme parler à des collègues ou à des
connaissances.
- Enfin, la zone publique, qui s’étend au-delà de 3,6 mètres. C’est l’espace pour les
interactions anonymes, les discours publics et autres situations où une distance plus
grande est requise.

IV- LE TRAC
Le trac est la peur, l'angoisse que l'on ressent avant d'affronter un public, de subir une épreuve.
Il se dissipe progressivement dans l'action.

3.1. Les principales manifestations physiques

Il se manifeste de diverses manières telles que : langue desséchée, crispations, transpiration,


moiteur, ballonnements, tremblements, picotements, sentiment d'oppression, jambes molles,
respiration accélérée, crampes, gorge serrée, nausées, palpitations, envie d'uriner, houle dans la
gorge, froid dans le dos, nœud à l'estomac, paralysie, etc.

4.2. Les raisons du trac


Les principales raisons du trac sont : la crainte d'être jugé par le public ou l'interlocuteur, la
peur du décalage entre l'image que je pense donner de moi et l'autre, l’idéale à laquelle j'aimerais
me conformer, l'enjeu lié à la situation (entretien d'embauche, ...).

4.3. Les conséquences sur la prise de parole


Les mots ne viennent plus, les phrases s'assemblent mal, les répétitions sont fréquentes, le débit
se ralentit ou s'accélère confusément. Apparaissent aussi les tics verbaux, les mots parasites : -
n'est-ce-pas, - euh ! - je veux dire, - si vous voulez, - les bafouillages, les toussotements, les
raclements de gorges, les bégaiements se multiplient, - les gestes parasites s'amplifient
(autocontact...).

4.4. Techniques de gestion du trac


On ne peut pas supprimer le trac, mais on peut l'atténuer, le maîtriser, rendre ses manifestations
plus facilement supportables. Ainsi, quatre principes facilitent la gestion du trac :

a) Bien se préparer

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Il faudra donc faire un plan, rédiger les points forts, préparer quelques phrases introductives et
les apprendre de mémoire, s'entraîner (magnétophone, glace), le travail de répétition est un
facteur déterminant, repérer les lieux, ne rien changer à ses habitudes (le trac se nourrit
d'imprévu).

b) Améliorer sa respiration

Il s'agit de respirer profondément pour ventiler le corps et oxygéner muscles et cerveau ; et


régulièrement pour éviter que la machine ne s'emballe.

c) Se relaxer physiquement

Avant l'intervention, prendre conscience des muscles inutilement contractés (épaules, cou,
nuque, omoplates, reins, abdomen), les décontracter progressivement, détendre le visage
(muscles entourant la bouche, sourcils, joues). En cours d'intervention, changer de posture si
c'est possible (assis-debout), respirer lentement et à fond.

d) Se relaxer mentalement

Le principe consiste à projeter sur son écran mental des images associées à des moments
agréables ou à des situations imaginaires, paisibles, rassurantes.

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CONCLUSION

La communication est un acte d’information. Elle peut revêtir différentes formes selon le
nombre d’individus prenant part à la communication (communication interpersonnelle, de
groupe ou de masse). Une communication peut être verbale ou non verbale. Un acte de
communication peut nécessite de regrouper différentes composantes (des acteurs, un
message, un canal, un sens, un contexte, des stratégies). Enfin, toute communication
présente un enjeu connu principalement de l’émetteur qui est à l’origine de la
communication. La non maîtrise de ces différents facteurs de la communication peut
entrainer une mauvaise communication.

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BIBLIOGRAPHIE
- AUSTIN, J.L., 1970, Quand dire, c’est faire, Éditions du Seuil, Paris, pages 37 à 45
- AUSTIN, J. L., 1994, Philosophical Papers, Oxford, Clarendon Press, Oxford, New
York, 1962 ; trad. L. Aubert et A. L. Hacker, Écrits philosophiques, Paris, Éd. du Seuil,
- Abric J.C., Psychologie de la communication : Méthodes et théories, Edition Armond
Colin, 1996, 187p.
- De Vito J.A., Les fondements de la communication humaine, 421p.
- Hached Chaari J. & Kacem Ksibi F., Français : techniques de communication, Edition
imprimerie principale, 2001, 284p.
- Le Gonidec A., 2006, Les gestes qui vous trahissent, Journal du Net/ Management.
- JACOBSON, Roman, 1963, Essais de linguistique générale, Coll. Points, Ed. de Minuit,
Paris. (lire particulièrement le chapitre 11 : Linguistique et poétique)
- MAINGUENEAU, D. (1991). L’Analyse du discours. Introduction aux lectures de
l’archive, Paris, Hachette.
- TRAGER, 1972, Language and Languages. Paris : Chandler.

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