Semen31 2011
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Semen
Revue de sémio-linguistique des textes et discours
31 | 2011 :
Polémiques médiatiques et journalistiques
Introduction : la polémique
médiatisée
RUTH AMOSSY ET MARCEL BURGER
p. 7-24
Texte intégral
1. Un objectif commun
1 Sans qu’elle s’affiche explicitement comme telle, une même préoccupation traverse
chacune des contributions de ce volume : mieux comprendre la logique de
fonctionnement et les enjeux de la communication verbale conflictuelle dans les
espaces publics contemporains. S’agissant d’un ancrage dans la problématique de
l’espace public, on peut qualifier de citoyenne une telle préoccupation qui met l’accent
sur des aspects du rôle et de la responsabilité des « médiateurs » professionnels que
sont en premier lieu les journalistes et les politiques. S’agissant d’un ancrage dans la
problématique de la communication agonistique (au sens philosophique du terme),
cette préoccupation favorise aussi un questionnement d’ordre éthique : quelle est la
sorte de rationalité à l’œuvre dans la communication conflictuelle ? Quel peut en être le
bien fondé ou la légitimité sociale ? Quel type de partage relationnel le conflit verbal –
qui est encore communication – promeut-il ? Quels en sont les contours symboliques et
formels ; et donc les limites qui, à être franchies, marquent le passage au renoncement
à communiquer et mènent au conflit purement physique ?
2 Des différentes modalités du conflit verbal, la polémique est celle qui articule
naturellement la double préoccupation qui vient d’être évoquée. En effet, d’une part,
elle semble indissociable d’une inscription dans un espace public en ce qu’elle est
tributaire d’une dynamique et d’un jugement collectif à large échelle (contrairement à
la dispute ou à la querelle privées). D’autre part, la polémique semble représenter un
cas limite de communication conflictuelle en ce que domine un désaccord fondamental,
radical, et qui semble durable (en cela la polémique s’apparenterait à la controverse ou
au dialogue de sourds). À ce titre, l’objet « polémique » et le double questionnement
« citoyen » et « éthique » qui vient d’être évoqué fondent aussi pour l’occasion le
rapprochement entre deux groupes de recherches qui travaillent en parallèle depuis un
certain temps : l’équipe israélienne du groupe ADARR (Analyse du discours,
argumentation, rhétorique1) rassemblée autour de Ruth Amossy et de Roselyne Koren
des universités de Tel-Aviv et de Bar Ilan, et l’équipe helvétique du CLSL (Centre de
linguistique et des sciences du langage2) dirigé par Marcel Burger à l’université de
Lausanne.
3 D’une manière générale, les deux équipes mènent de front une réflexion
interdisciplinaire « focalisée » articulant sciences du langage (SL) et sciences de la
communication (SC). Empruntant aux SL, leur démarche place au centre de la réflexion
l’analyse de la matérialité langagière des discours et le raisonnement que celle-ci sous-
tend. Ancrée dans les SC, l’étude des formes du discours tient compte des pratiques par
lesquelles le discours est communiqué, et de leurs enjeux spécifiques. Dans le cas qui
nous occupe – les médias professionnels – il ne saurait y avoir de discours polémique
pris en soi : il est toujours ancré, déterminé et motivant à son tour les pratiques
journalistiques et médiatiques (voir Amossy 2010a ; Burger 2008).
4 Plus précisément, la démarche des deux groupes de recherche est complémentaire
dans la mesure où les objets de prédilection des équipes s’accordent. Ainsi, les
lausannois ont pour centre d’intérêt le fonctionnement des discours de communication
publique, c’est-à-dire qui ciblent un destinataire collectif et anonyme dont la
catégorisation est dès lors hétérogène et complexe (Burger 2011). Ils pratiquent une
méthodologie ascendante qui va de la prise en compte des unités linguistiques de bas
niveau : l’acte de langage et la période, jusqu’à l’inscription de la matérialité langagière
dans des formations socio-discursives de la sphère publique : ici, les médias et le
politique (Adam 2008 ; Burger 2009a ; Micheli 2010)3. Quant aux israéliens, ils
mènent une réflexion de longue haleine sur l’argumentativité des discours dans la
perspective de la nouvelle rhétorique. Celle-ci fait de la matérialité langagière le vecteur
de l’influence, mais aussi de la manipulation des acteurs sociaux entre eux, notamment
par le biais de la production langagière d’images identitaires complexes (Amossy 2010a
et b). La méthodologie est soit descendante du fait de poser l’importance des types de
situation ou d’acteurs sociaux ; ou transversale du fait de recourir à des types
d’arguments ou des genres de discours (Amossy 2008).
5 On conçoit dès lors un lieu de rencontre méthodologique entre les deux équipes de
recherche : l’interaction verbale polémique réalisée dans un contexte médiatique et le
texte qui en constitue le produit langagier (et la trace privilégiée). De fait, toutes les
contributions à ce volume analysent le phénomène polémique en centrant l’attention
autant sur les propriétés de l’une que sur celles de l’autre mais avec pour point de
départ un ancrage diversifié : sociologique (Orkibi), praxéologique (Burger ; Jacquin),
idéologique (Admor ; Edelstein) ; ou proprement langagier : au plan macro linguistique
de l’argumentation (Amossy ; Koren) et des contenus à valeur polémique (Masa ;
Brilliant) ; ou du jeu d’ordre micro linguistique sur et avec les mots (Micheli)4. Afin de
mieux présenter l’enjeu de ces contributions, il convient de les situer dans le cadre
général de ce volume en précisant les logiques de fonctionnement du discours
polémique médiatisé, ses propriétés formelles et ses enjeux dans un contexte de
communication publique relayé (et parfois créé) par les médias.
2. Position du problème
6 La tendance actuelle des médias francophones à multiplier les références aux
« polémiques » de tous genres pour en faire leurs gros titres ne manque pas de relancer
la question de leur définition et de leurs limites. En 1980 déjà, Nicole Gelas constatait
« un emploi quasi délirant du mot ‘polémique’ », sous forme de nom, d’adjectif ou de
verbe (« polémiquer ») dans la presse écrite ou parlée (Gelas 1980 : 41). Mais tout
désaccord qui surgit sur la place publique mérite-t-il cette appellation ? Qu’entendent
les journalistes lorsqu’ils parlent de polémique ? On peut se demander dans quelle
mesure ces usages correspondent effectivement à un phénomène sociodiscursif théorisé
par ailleurs dans diverses disciplines des sciences du langage.
11 Quels seraient alors les traits constitutifs de la polémique ? Ce qui caractérise avant
tout le phénomène, c’est qu’il s’inscrit dans un espace dialogique au sein duquel il
constitue « un discours a contrario » (Marcellesi 1971 : 44), un anti-discours : la
polémique est « un contre-discours » (Kerbrat-Orecchioni 1980 : 9), elle suppose « un
contre-discours antagoniste » (Angenot 1982 : 34) qui se focalise sur le discours de
l’autre pour le rejeter. Cela suppose deux traits marquants : un dialogisme marqué –
même quand il n’y a pas de dialogue effectif, pas de réponse de la part de l’adversaire, le
texte polémique est une réaction au mot de l’autre (Garand 1998 : 235) qui assure la
visibilité d’une confrontation ; et un rapport conflictuel à l’autre, un affrontement de
positions antagonistes : « Toute parole polémique est issue du conflictuel » (ibid. :
222). Dans cette perspective, la spécificité du polémique serait d’ordre structurel : il ne
s’agit pas d’un échange vif entre interlocuteurs animés par des sentiments violents,
mais d’une confrontation de positions radicalement opposées. L’antagonisme et la
polarisation sont ici de règle. Les points de vue divergents sont représentés et défendus
par des actants, le Proposant et l’Opposant, assimilables à des rôles que peuvent jouer
plusieurs acteurs face à un troisième actant – le Tiers (Plantin 2003 : 383).
12 Le caractère hyperbolique de la confrontation tient au fait que les oppositions sont
généralement exacerbées. C’est ce que Dascal (2008 : 35) nomme la
« dichotomisation », à savoir la radicalisation d’une polarité qui souligne le caractère
incompatible des deux pôles et l’inexistence de toute solution intermédiaire, afin de
faire ressortir le bien-fondé de la réponse prônée. Le face-à-face de deux positions
opposées et en apparence inconciliables incarnées par des acteurs réels entraîne la
nécessité, pour chacun d’entre eux, de faire adopter son point de vue en discréditant
celui de l’autre. « Le discours polémique est un discours disqualifiant, c’est-à-dire qu’il
attaque une cible » (Kerbrat-Orecchioni 1980 :12), laquelle peut être aussi bien la
personne qui défend l’idée mise en cause, que la thèse elle-même.
13 Dans cette perspective, c’est la structure même de l’échange polémique (comme
confrontation verbale et dichotomisation) et ses modalités concrètes de réalisation
(l’incarnation des Actants par des acteurs en chair et en os), qui favorise l’attaque
personnelle, ou argument ad hominem. Lorsqu’il y a identification du locuteur à la
position qu’il défend, il est inévitable que des arguments « ethotiques » (Brinton 1985)
visant à saper sa crédibilité fassent partie des procédés qui s’ingénient à faire rejeter sa
thèse. Encore faut-il rappeler, à la suite des réflexions de Plantin sur l’interaction
argumentative, que le Proposant et l’Opposant n’ont pas besoin d’être des personnes
physiques, des individus concrets, mais peuvent être définis comme discours et contre-
discours, ou être attribués à des instances comme le gouvernement, la presse,… Dans ce
cas de figure, l’argument ad hominem n’est pas de saison et il semble que la polémique
puisse parfaitement s’en passer. En d’autres termes, l’attaque personnelle n’est pas
inhérente au modèle de base de la polémique, elle est liée aux modalités de figuration
des actants (thèses, institutions, personnes physiques, etc.).
dès lors celle d’adhésion des esprits. Admor parle, à propos de la polémique déclenchée
par Faitlovitch contre une présentation savante de la communauté juive d’Éthiopie,
d’un « acte de résistance ». Enfin, Amossy présente la polémique, jusque dans son
exacerbation de thèses incompatibles, comme une possibilité de coexistence dans le
désaccord. Qu’elle se présente comme un dialogue direct ou comme un échange
indirect dans les médias, la polémique permet aux polémiqueurs de continuer à
partager un même espace, nourri de questions communes.
polémique, le désaccord polémique. Ces appellations sont en prises sur les questions
traitées plus haut, et appellent quelques précisions. La polémique se réfère à un
ensemble de discours qui circulent dans un espace social donné sur une question
controversée, à laquelle sont données des réponses divergentes et mutuellement
exclusives par des locuteurs qui tentent de disqualifier la thèse adverse ou l’adversaire
qui la soutient. Elle comporte ses lieux, ses argumentaires et sa chronologie, tout en
traversant les genres et les supports. Le discours polémique (qui se situe généralement,
mais pas nécessairement dans cet ensemble – on peut imaginer une attaque isolée,
comme dans le cas du pamphlet) est un contre-discours visant à discréditer une cible
au sein d’une présentation polarisée, voire dichotomisée, des oppositions. À ce titre,
l’échange polémique existe même si le discours qui vise une cible ne reçoit pas de
réponse : dialogique, il n’est pas nécessairement dialogal. Mais l’échange polémique
implique aussi souvent un dialogue effectif entre au moins deux argumentateurs, qui
présentent des points de vue antagonistes. On peut ainsi parler d’interaction polémique
au sens restreint lorsqu’ils sont en face à face.
18 La formule « désaccord polémique » appelle sans doute un plus ample commentaire.
Évoquée dans ce numéro par Burger, elle vient « qualifier tout événement
communicationnel, oral ou écrit, manifestant une opposition irréductible de points de
vue, avec ou sans affrontement verbal ». Les argumentateurs se mettent d’accord de ne
pas être d’accord. Cette conception originale se situe dans le cadre d’une analyse
interactionnelle qui met en avant la notion de négociation – mettant ainsi au défi les
approches qui voient dans les échanges polémiques un refus de la négociation au sein
de positions antagonistes exacerbées et rigides. On peut se demander dans quelle
mesure il y a négociation (entendue comme une séquence de propositions, non-
ratifications et contre-propositions) plutôt que mise en opposition de deux massifs
discursifs. La notion de désaccord polémique oblige aussi à repenser la distinction du
public et du privé – la polémique relevant de la première – en montrant comment un
échange professionnel d’ordre privé peut relever de l’opposition de deux conceptions
globales de l’information médiatique qui s’opposent sur la place publique. Il convient
dès lors de revoir la question de la querelle privée et de l’échange ou de l’interaction
polémique en se demandant où se situent leurs frontières.
19 Dans l’ensemble, les réflexions sur la polémique achoppent toujours sur la question
de son évaluation : de la condamnation évoquée au départ, à la constatation des
multiples fonctions qu’elle remplit dans l’espace social, les écarts sont grands. Dans ce
cadre, Jacquin propose dans ce numéro de prendre en compte les évaluations des
participants eux-mêmes sur la polémique telles qu’elles se traduisent dans des
interactions authentiques, qu’elles contribuent à modeler. Les participants
sanctionnent les comportements qu’ils relèvent comme polémiques, et qui de ce fait
contemporaines depuis des décennies : rendre compte selon une logique citoyenne des
informations d’intérêt public en les rapportant, vérifiant et expliquant ; et dans le
même temps, fidéliser le public en configurant l’information selon une logique
commerciale (voir Turbide 2011, Burger, Jacquin & Micheli 2011, Burger 2009,
Charaudeau 2005, Tolson 2001). Avec le distinguo « intérêt public » et « intérêt du
public », on touche au caractère médiagénique de l’information dont on sait qu’il
conditionne l’agenda journalistique (voir Burger, Perrin et al. 2009).
25 Or, précisément, la polémique – parce qu’elle est spectaculaire – réconcilie les deux
logiques qui viennent d’être évoquées, et semble ainsi particulièrement prisée des
médias. D’une part, elle permet aux médias de jouer un rôle démocratique et de mener
à bien une mission citoyenne par laquelle ils légitiment leur pratique quotidienne.
Selon les professionnels des médias, on observe actuellement un retour à des médias
« médiateurs », c’est-à-dire des relais dans le circuit de la communication publique
d’intérêt général. Dans ce rôle, les journalistes rapportent les polémiques faites par
d’autres et se concentrent quant à eux sur un travail de sélection, de vérification et
d’explication des nouvelles. Autrement dit, dans ce cadre citoyen, on peut poser que la
polémique favorise un journalisme d’investigation, c’est-à-dire une posture impliquant
d’enquêter pour découvrir la vérité et la diffuser vers le public, ce qui demande du
temps, des réseaux de contact, et l’accès à des documents confidentiels ou d’accès
limité. Ce faisant les médias témoignent de la pluralité des positions idéologiques qui
sous-tendent les espaces publics contemporains et des formes d’alliances et de
mésalliances qui structurent ceux-ci.
26 Cela dit, le caractère spectaculaire des discours polémiques permet aussi d’embrayer
de manière optimale la logique commerciale à l’œuvre dans les médias. À ce titre,
l’entrée « polémique » dans le récent Dictionnaire du journalisme de Jacques LeBohec
est significative : « dispute publique que nombre de journalistes adorent relayer et
attiser. Voire créer, parce que c’est spectaculaire et que cela « fait vendre », au risque de
simplifier outrageusement les enjeux et les problèmes (LeBohec 2010 : 462) ». Ainsi, la
polémique semble dotée d’une fonction commerciale que les cultures médiatiques
contemporaines favorisent. Engagés dans des marchés globalisés à très forte
concurrence, les médias sont des entreprises luttant incessamment pour atteindre un
seuil de rentabilité. Dans ce cadre commercial (et non plus citoyen), la polémique est
un bon moyen au service d’un journalisme de marché qui se pratique l’œil rivé sur les
chiffres de vente et les courbes d’audience car la dimension commerciale est le principal
critère d’excellence. La polémique souligne dès lors un autre rôle endossé par les
médias : celui d’être des « créateurs » de mises en scène (et même de nouvelles) « qui
font vendre ». Un tel rôle apparaît dans ce d’aucuns appellent la tendance au « people »
(ou la « peopolisation » de l’information : voir Dakhlia 2010, Charaudeau 2008). Il se
manifeste par des stratégies de déplacement continuel des repères entres les sphères
publique et privée. L’état de confusion qui en résulte entre l’espace social et individuel
est par ailleurs régulièrement dénoncé par les professionnels eux-mêmes10. Dans tous
les cas, entre l’intérêt public et celui du public, on trouve donc apparaître notablement
l’intérêt des médias eux-mêmes.
27 Même si elle n’en constitue pas un thème central, ce qu’on peut appeler la
« médiagénie » de la polémique11 se retrouve en filigrane dans plusieurs contributions
de ce volume. S’intéressant à la prise de position des autorités protestantes suisses
concernant la « question juive » et l’antisémitisme durant la seconde guerre mondiale,
Edelstein conçoit la polémique compte tenu d’une visée argumentative où la finalité de
convaincre un public cible domine. C’est aussi la redéfinition de la polémique comme
une modalité argumentative particulière que Amossy détaille dans un corpus de
« posts » à fort degré de polémicité extraits de forums de discussion supportés et
publiés en 2010 par deux journaux français au profil « médiatique » a priori bien
distinct : Libération et Le Figaro. Les deux auteures mettent ainsi en évidence l’option
citoyenne de médias « rapporteurs » d’intérêt public. L’option inverse, celle des médias
« créateurs » de réalités polémiques est détaillée par la contribution de Masasa qui
s’intéresse au travail médiatique de dramatisation et de spectacularisation des deux
axes en conflits : les mondialistes et les anti-mondialistes dans les sommets du G8
entre 2001 et 2005.
Bibliographie
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Note : on trouvera une bibliographie annotee sur le discours polemique et sur la violence
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Notes
1 . http://www.tau.ac.il/~adarr. Le travail nécessité par ce volume a été effectué dans le cadre du projet
734/08 de la Israeli Science Foundation (ISF)intitulé « Discours polémique et argumentation dans la
sphère démocratique contemporaine. Le cas de la France », sous la direction de Ruth Amossy.
2 . http://www.unil.ch/clsl
3 . Voir aussi les actes du colloque interdisciplinaire « Les médias et le politique » tenu récemment à
l’université de Lausanne, dans Burger, Jacquin et Micheli (éds)(2010)(à
consulter surhttp://www.unil.ch/clsl/page81503.html).
4 . Ainsi, le présent volume prolonge le dialogue productif instauré à l’instigation de l’équipe
israélienne qui a organisé à l’université de Tel-Aviv, en décembre 2009, deux journées d’étude
engageant les deux groupes sur le thème « Polémiques journalistiques et médiatiques ». On peut
consulter le programme détaillé de ces journées d’étude sur :
http://www.tau.ac.il/~adarr/index.files/colloques.html
5 . On pense en premier lieu à des sites d’information citoyenne (comme Agoravox) ou des sites
lanceurs d’alerte (comme Wikileaks) qui exploitent les potentialités de l’Internet.
6 . À propos des récentes révélations en masse des « câbles diplomatiques » par Wikileaks, les
professionnels des médias emboîtent le pas à Massimo Razzi (La Repubblica) qui n’hésite pas à déclarer
que « le 28 novembre 2010 restera comme le jour où tout ou presque tout s’est déplacé, déversé sur
internet, ou au moins à partir d’internet » (Massimo Razzi, journaliste à La Repubblica , cité dans le
dossier du Courrier international n° 1048, du 2 au 8 /12/ 2010, p. 8).
7 . Massimo Razzi dans le Courrier international n°1048 (op.cit.).
8 . On pourrait rétorquer que la dynamique de la polémique s’observe de même dans les autres médias
électroniques, voire dans la presse écrite. Cependant, dans ces cas, la polémique « en train de se faire »
reste contrôlée, canalisée, provoquée etc. par les instances médiatiques – et non les polémiqueurs eux-
mêmes – et dépend des mises en scène médiatiques.
9 . L’importance de la temporalité du phénomène polémique a été soulignée notamment par Dascal,
Plantin, Doury.
10 . Par exemple, il est intéressant d’observer les réactions suscitées au sein de la profession
journalistique par le « cable gate » déclenché par Wikileaks (novembre 2010). Certains saluent la
portée civiques des révélations alors que d’autres dénoncent dans le même temps la quête du
spectaculaire : « quand les petites phrases sur les « people » de la politique rivalisent avec les
spectaculaire : « quand les petites phrases sur les « people » de la politique rivalisent avec les
phantasmes de quelques diplomates occidentaux – publiés comme s’ils étaient paroles d’évangiles, on
peut s’interroger sur l’intérêt public de l’opération. Et s’inquiéter de son énorme potentiel de
manipulation » (selon l’éditorialiste Benito Perez, à la Une du Courrier, de Genève, le mardi 7 décembre
2010).
11 . C’est-à-dire l’intérêt des médias pour la polémique à la fois pour des raisons citoyennes et
commerciales.
12 . On pourrait s’étonner du peu de cas qui est fait du journalisme participatif. De fait, le journalisme
participatif ne constitue pas une pratique des médias professionnels : il est fait par de simples citoyens
jouant eux-mêmes un rôle actif dans le processus de récolte, d’enquête, d’analyse et de diffusion des
informations. Si par là même les citoyens contraignent les pratiques des médias, nous centrons
l’attention sur le travail journalistique du traitement de la polémique, c’est-à-dire la polémique
proprement « médiatique ».
13 . On consultera avec profit diverses contributions du récent Handbook of Communication in the Public
Sphere, notamment l’introduction de Suzanne Koller & Ruth Wodak qui définissent par bribes la notion
d’espace public : « a network for communicating information and points of view », « social sites or
arenas where meanings are articulated, distributed and negociated », « a contested participatory site in
which actors with overlapping identities (…) form a public body and emerge in negotiations and
contestations over political and social life » (Koller & Wodak 2010 : 5)
Auteurs
Ruth Amossy
Université de Tel-Aviv
Droits d’auteur
© Presses universitaires de Franche-Comté
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Title:
Semen
Revue de sémio-linguistique des textes et discours
Briefly:
Publisher:
Presses universitaires de Franche-Comté
Medium:
Papier et électronique
E-ISSN:
1957-780X
ISSN print:
0761-2990
Access:
Open access Freemium
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