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Outils mathématiques 1
Benoît Rittaud
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2
Table des matières
4 Géométrie du plan 23
1 Introduction : l’égalité en géométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2 Isométries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3 Homothéties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4 Similitudes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
5 Avec les nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
6 Lieux géométriques et nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
5 Géométrie vectorielle 27
1 En géométrie classique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2 Transition vers un point de vue algébrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3 Le point de vue algébrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.1 Nouvelle définition des vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.2 Addition vectorielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.3 Multiplication par un scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.4 Combinaisons linéaires, familles libres, bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3
4 TABLE DES MATIÈRES
6 Produit scalaire 33
1 Définitions et premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2 Norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3 Angle entre deux vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4 Projection orthogonale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
5 Équation cartésienne d’un plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
6 Équation cartésienne d’une droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
8 Fonctions 43
1 Définitions générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2 Graphe, image d’une fonction, image réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4 Restriction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
5 Injection, surjection, bijection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
10 Étude de fonctions 51
1 Fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
1.1 Définition et premiers exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
1.2 Prolongement par continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
1.3 Le théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2 Fonctions dérivables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.1 Définition et premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.2 Le théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.3 L’égalité des accroissements finis et son application à l’étude des variations d’une fonction 54
1 Premières définitions
Définition 1.1. On définit i (base des imaginaires purs) comme étant un « nouveau nombre », satisfaisant
la relation
i2 = −1.
On a donc que i est solution de l’équation x2 + 1 = 0, qui n’a pas de solution réelle : i est donc bien un
« nouveau nombre ». Plus généralement :
Définition 1.2. Pour tous réels a et b, l’expression z := a + bi est appelée un nombre complexe. On dit que
a est la partie réelle de z et b sa partie imaginaire. On les note Re(z) et Im(z).
C = {a + bi : a, b ∈ R}.
Notons que R peut être vu comme une partie de C. C’est l’ensemble des complexes z de la forme a + 0i.
Dans la suite, on fera cette identification sans le dire. On note C∗ pour C\{0}.
Théorème 1.1. Deux nombres complexes sont égaux si, et seulement si, ils ont même partie réelle et même
partie imaginaire.
Ce théorème nous dit en particulier qu’une équation complexe équivaut à deux équations réelles, comme
on en verra une illustration plus loin (inverse d’un nombre complexe).
5
6 SEMAINE 1. INTRODUCTION AUX NOMBRES COMPLEXES
2.1 Addition
Pour z = a + bi et z ′ = a′ + b′ i, on a ainsi :
z + z ′ = (a + bi) + (a′ + b′ i) = (a + a′ ) + (b + b′ )i
2.2 Soustraction
Dans R, soustraire c’est ajouter l’opposé. Il faut donc définir la notion d’opposé sur C pour définir une
notion de soustraction entre nombres complexes.
Définition 1.5. Soit z = a + b ∈ C. L’opposé de z est le nombre complexe −a − bi, qu’on note −z. Pour
tout z on a z + (−z) = 0.
2.3 Multiplication
On a déjà commencé à voir implicitement la multiplication quand on a défini i par i2 = −1. On peut
déduire de cette définition la multiplication de deux nombres complexes quelconques, en étentant à C les
propriétés usuelles des opérations sur R.
Pour z = a + bi et z ′ = a′ + b′ i, on calcule :
zz ′ = (a + bi)(a′ + b′ i)
= aa′ + ab′ i + a′ bi + bb′ i2
= aa′ + (ab′ + a′ b)i − bb′
= (aa′ − bb′ ) + (ab′ + a′ b)i
Remarque 1.1. On n’a pas de propriété du type Re(zz ′ ) = Re(z)Re(z ′ ) : même sur un malentendu, c’est
faux !
z := (2i + 5) + (i − 1)i.
zz ′ = 0 ⇐⇒ z = 0 ou z ′ = 0.
Théorème 1.3. L’équation z 2 = −1 admet deux solutions (et deux seulement) : z = i et z = −i.
3. MODULE D’UN NOMBRE COMPLEXE, CONJUGUÉ 7
z2 = (a + bi)2
= (a2 − b2 ) + 2abi,
Puisque a et b sont réels, 2ab = 0 équivaut à a = 0 ou b = 0. (Remarque : ce serait vrai aussi si a et b étaient
complexes, d’après le théorème précédent.) Si b = 0, alors a2 = −1, ce qui n’est pas possible (car a ∈ R,
attention !). Le système équivaut donc à a = 0 et b2 = 1, c’est-à-dire à a = 0 et b = ±1.
2.4 Division
Dans C comme dans R, pour diviser on multiplie par l’inverse. Pour définir l’inverse d’un nombre complexe
z = a + bi, on cherche un complexe z ′ = x + yi tel que zz ′ = 1. On résout donc l’équation en x et y suivante :
(a + bi)(x + yi) = 1. En développant, il vient :
|z| = 0 ⇐⇒ a2 + b2 = 0
⇐⇒ a=b=0
⇐⇒ z = 0.
8 SEMAINE 1. INTRODUCTION AUX NOMBRES COMPLEXES
3.2 Conjugué
Définition 1.7. Le conjugué d’un nombre complexe z = a + bi est le nombre complexe z := a − bi.
Attention à ne pas confondre le conjugué et l’opposé.
Avec ces deux définitions on obtient la formule, suivante, valable pour tout z ̸= 0 :
1 z
= 2.
z |z|
On peut donc inverser tout nombre complexe de module non nul, c’est-à-dire, d’après le théorème 1.4, que
les inversibles de C sont les éléments de C∗ .
Exercice. Soit z = 3 + 4i.
1. Calculer z.
2. Calculer |z|2 .
3. En déduire la forme algébrique de 1/z.
On peut réécrire l’égalité précédente pour la rendre valable sur C tout entier :
Théorème 1.6. Pour tous z, z ′ ∈ C on a zz = |z|2 . De plus, |z| = |z| et zz ′ = zz ′ . Enfin, si z ′ ̸= 0 :
z z
′
= ′ .
z z
Une propriété utile à connaître sur la conjugaison :
Proposition 1.2. On a l’équivalence : z ∈ R ⇐⇒ z = z.
Démonstration. Notons z = a + bi, avec a et b réels. On a alors :
z=z ⇐⇒ a + bi = a − bi
⇐⇒ 2bi = 0
⇐⇒ b=0
⇐⇒ z ∈ R.
z zz ′
=
z′ z′z′
zz ′
= .
|z ′ |2
Le dénominateur est donc désormais un nombre réel (et non plus un nombre complexe), et il suffit de
développer zz ′ pour séparer parties réelle et imaginaire.
1+i
Exercice. Déterminer la partie réelle et la partie imaginaire de z = .
1 + 2i
√ √
6 − 2i
Exercice. Calculer le module de z := , de deux façons différentes :
1−i
1. En déterminant d’abord la forme cartésienne de z.
√ √
2. En déterminant séparément les modules de 6 − 2i et de 1 − i.
Exercice. Pour chacun des nombres complexes suivants, déterminer son module et sa forme cartésienne.
1 i−1 1 3 − 5i
z1 = z2 = z3 = √ z4 = .
i i+1 1 2 2−i
+ i
2 2
10 SEMAINE 1. INTRODUCTION AUX NOMBRES COMPLEXES
Semaine 2
1 Le plan complexe
En faisant correspondre à z = a+bi le point M du plan de coordonnées (a, b), on obtient une représentation
de C par un plan. M est l’image de z, et z est l’affixe de M . (En pratique on confond souvent M et z.) On
a les propriétés suivantes :
— L’axe des x est l’ensemble des points d’affixe réelle.
— L’axe des y est l’ensemble des points d’affixe de la forme bi. C’est l’axe des imaginaires purs, qu’on
peut l’écrire iR.
— L’origine O est d’affixe 0.
11
12 SEMAINE 2. LE PLAN COMPLEXE, FORME TRIGONOMÉTRIQUE
Exercice.
1. On donne z = 2 − i. Placer −z et z sur le plan complexe.
2. Soient z = 2 − 2i et z ′ = −1 + i. Déterminer géométriquement z + z ′ .
3. Soit M le point d’affixe 2 + 3i. Déterminer la distance OM .
La multiplication et la division seront étudiées géométriquement dans le chapitre suivant (forme trigono-
métrique d’un nombre complexe).
Théorème 2.2. Tout point M = (x, y) du plan peut se localiser à l’aide d’un couple (r, θ), où r ⩾ 0 et θ ∈ R
sont tels que :
— OM = r
−−→
— θ est une mesure de l’angle orienté ((Ox), OM ).
De plus, r est unique et θ est unique modulo 2π, c’est-à-dire que si le couple (r′ , θ′ ) localise aussi le point
M , alors
r = r′ et ∃ k ∈ Z : θ′ = θ + k2π.
On a les relations :
x = r cos(θ) et y = r sin(θ)
et : p x y
r= x2 + y 2 cos(θ) = p sin(θ) = p .
x + y2
2 x + y2
2
√
Exemple. Déterminer les coordonnées polaires (r, θ) du point de coordonnées cartésiennes (1, 3).
3. FORME TRIGONOMÉTRIQUE D’UN NOMBRE COMPLEXE 13
Résolution.
Étape 1 : On commence par calculer r à l’aide de la formule :
√ 2
q
r = 12 + 3 = 2.
Étape 2 : Pour déterminer θ, on passe par les relations x = r cos(θ) et y = r sin(θ), qui donnent
√
1 = 2 cos(θ) et 3 = 2 sin(θ)
d’où √
1 3
cos(θ) = et sin(θ) = ,
2 2
et donc θ = π/3 + k2π.
Finalement donc, les coordonnées polaires cherchées sont (2, π/3).
Remarque 2.1. Dans cette expression, on a r = |z|. On dit que θ est un argument de z. Attention, l’argument
est défini modulo 2π.
√
Par exemple, la forme trigonométrique de z = 1 + 3i est 2(cos(π/3) + sin(π/3)i), d’après le calcul vu
plus haut.
Alors :
1 1
= (cos(−θ1 ) + sin(−θ1 )i)
z1 r1
z1 z2 = r1 r2 (cos(θ1 + θ2 ) + sin(θ1 + θ2 )i).
4 L’exponentielle complexe
Les propriétés précédentes débouchent sur le théorème suivant, que nous n’énoncerons que de façon
informelle.
Le cas de eiπ = −1 est expliqué sur la vidéo https ://www.youtube.com/watch ?v=icij8EjisiM (AuDiMath,
« La plus belle formule des mathématiques »)
Théorème 2.5. Tout nombre complexe z s’écrit sous la forme z = reiθ , où r ∈ R+ et θ ∈ R. C’est une
forme polaire (ou trigonométrique, ou exponentielle) de z. On a r = |z| (donc r est unique), et θ est défini
modulo 2π.
Une façon d’écrire ce qui précède est de s’intéresser aux cas d’égalité.
′
Théorème 2.6. Soient z = reiθ et z ′ = eiθ deux nombre complexes. On a :
r = r′
′
z = z ⇐⇒ .
θ = θ′ + k2π
′ 1 1 z r ′
zz ′ = rr′ ei(θ+θ ) = e−iθ = ′ ei(θ−θ ) z = re−iθ .
z r z′ r
Géométriquement, on peut interpréter la multiplication par z de la manière suivante :
— Multiplier par un réel r, c’est appliquer une homothétie de centre O et de rapport r (un « zoom de
facteur r »).
— Multiplier par eiθ , c’est faire une rotation de centre O et d’angle θ.
— Donc, multiplier par z = reiθ , c’est appliquer une homothétie de rapport r et une rotation d’angle θ
(toutes deux de centre O), dans n’importe quel ordre.
On peut également interpréter la conjugaison. Puisque z = re−iθ , passer de z à z revient à appliquer à z
la symétrie orthogonale autour de l’axe réel.
On peut en tirer une interprétation de l’inversion (à partir de la formule 1/z = z/|z|2 ), puis de la division
(à partir de la formule z/z ′ = z · (1/z ′ )).
6. FORMULES D’EULER, LINÉARISATION 15
On en tire le moyen d’exprimer une expression de la forme cosm (θ) sinn (θ) sous une forme sans produit
de sinus ou cosinus : c’est la linéarisation. Voyons-le sur l’exemple de cos3 (θ) :
3
eiθ + e−iθ
3
cos (θ) =
2
1 3iθ
= 3
e + 3e2iθ e−iθ + 3eiθ e−2iθ + e−3iθ
2
1 3iθ
= 3
e + 3eiθ + 3e−iθ + e−3iθ
2
1 3iθ
= 3
(e + e−3iθ ) + 3(eiθ + e−iθ )
2
1
= 3
2 cos(3θ) + 3 · 2 cos(θ)
2
1 3
= cos(3θ) + cos(θ).
4 4
Exercice. Linéariser les expressions suivantes :
sin3 (θ) cos2 (θ) sin2 (θ).
7 Formule de De Moivre
Théorème 2.9. Pour tout θ ∈ R et tout n ∈ N on a : (eiθ )n = einθ .
On en tire le moyen d’exprimer cos(nθ) et sin(nθ) à partir de puissances de cos(θ) et de sin(θ), en une
opération inverse de la linéarisation.
Exemple :
cos(3θ) = cos3 (θ) − 3 cos(θ) sin2 (θ) et sin(3θ) = 3 cos2 (θ) sin(θ) − sin3 (θ).
Exercice. Écrire cos(4θ), sin(4θ) et cos(3θ) sin(2θ) en fonction de puissances de sin(θ) et de cos(θ).
Semaine 3
r2 = x et 2θ = 0 + k2π.
On a donc :
√
r= x et θ = kπ.
Et donc :
√ √
z= xe0i ou z= xeπi ,
c’est-à-dire :
√ √
z= x ou z = − x.
Si x < 0, la forme trigonométrique de x est |x|eπi .
L’égalité entre z 2 et x se réécrit donc r2 e2θi = |x|eπi , et donc :
r2 = |x| et 2θ = π + k2π.
On a donc :
p π
r= |x| et θ= + kπ.
2
Et donc :
p p
z= |x|e(π/2)i ou z= |x|e(3π/2)i ,
c’est-à-dire : p p
z= |x| i ou z = − |x| i.
Pour finir, il est facile de vérifier que les z ainsi trouvés satisfont bien l’équation z 2 = x.
17
18 SEMAINE 3. ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES DANS C
Démonstration. On procède comme pour la démonstration classique dans R avec la forme canonique :
b c
az 2 + bz + c = a z 2 + z +
a a
2 2 !
2 b b b c
= a z +2 z+ − +
2a 2a 2a a
2 2 !
b b c
= a z+ − + .
2a 2a a
z 2 − 3z − 10 = 0 z 2 − 6z + 13 = 0 4z 2 − 4z + 1 = 0.
2. RACINES CARRÉES D’UN NOMBRE COMPLEXE 19
(x + yi)2 = x2 − y 2 + 2xyi,
— On regarde la relation 2xy = 12, qui impose que x et y soient de même signe.
— On en tire les deux possibilités restantes pour x et y :
x = 2 x = −2
ou .
y = 3 y = −3
2 + 3i et − 2 − 3i.
— Pour s’assurer qu’aucune erreur n’a été commise, on peut élever au carré l’une des deux expressions
trouvées et vérifier que cela donne bien z :
(2 + 3i)2 = 22 − 32 + 2 · 2 · 3 · i
= −5 + 12i
= z,
où a, b, c ∈ C et a ̸= 0. On pose ∆ = b2 − 4ac.
−b
— Si ∆ = 0, alors l’équation possède une seule solution : .
2a
— Si ∆ ̸= 0, alors l’équation possède deux solutions :
−b + δ −b − δ
et ,
2a 2a
où δ est une racine carrée de ∆.
Exercice.
√
1. Déterminer les racines carrées de 1 + (2 2)i sous forme algébrique.
2. Résoudre dans C l’équation
√
1 2
z 2 + iz − − i = 0.
2 2
4. RACINES N -IÈMES D’UN NOMBRE COMPLEXE 21
Un cas particulier fondamental est celui des racines n-ièmes de l’unité, où, dans la définition précédente,
on a z = 1.
Théorème 3.5. Les racines n-ièmes de l’unité sont les n nombres complexes de la forme
Par exemple :
— Les racines carrées de l’unité sont
Plus généralement, les racines n-ièmes de l’unité forment un polygone régulier à n côtés sur le cercle unité,
contenant le point d’affixe 1.
Démonstration. Soit z tel que z n = 1. On a donc |z|n = 1, et donc |z| = 1. La forme trigonométrique de z
est donc eθi (où θ reste à déterminer).
En élevant à la puissance n, on a donc enθi = z n = 1 = e0i , et donc nθ = k2π (pour k ∈ Z), donc
θ = k2π/n.
′
Pour k et k ′ tels que k − k ′ est multiple de n, on a que e(k2π/n)i = e(k 2π/n)i , donc on peut restreindre k
à l’intervalle d’entiers donné dans l’énoncé du théorème.
Théorème 3.6. Si z = reθi ∈ C∗ , alors z possède exactement n racines n-ièmes, qui sont de la forme
√
ωk = n re((θ+k2π)/n)i avec 0 ⩽ k < n.
La démonstration est une simple généralisation de celle du cas des racines n-ièmes de l’unité.
Exercice.
1. Déterminer les racines cubiques de −8.
2. En déduire une factorisation dans C de l’expression z 3 + 8.
22 SEMAINE 3. ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES DANS C
Semaine 4
Géométrie du plan
2 Isométries
Définition 4.1. Notons P le plan ordinaire et d la distance entre points de P. On dit qu’une application f :
P −→ P est une isométrie si, quels que soient les points A et B, on a :
d(f (A), f (B)) = d(A, B).
On dit qu’une isométrie préserve les distances.
Dans le cadre de ce cours, on dira que deux triangles (et plus généralement deux parties du plan) sont
égaux (ou isométriques) si l’un est l’image de l’autre par une isométrie.
Pour noter que deux figures (c’est-à-dire deux parties du plan) F et G sont isométriques, notons F ∼ G.
Cette relation est une relation d’équivalence, c’est-à-dire qu’elle est :
23
24 SEMAINE 4. GÉOMÉTRIE DU PLAN
Idée de démonstration. On raisonne à partir de la notion de point fixe. On dit que A est un point fixe d’une
isométrie f du plan si f (A) = A. On démontre alors que si f possède
— trois points fixes non alignés, alors f est l’identité du plan (et, donc, tout point est fixe).
— deux points fixes A et B (mais pas trois non alignés), alors f est la réflexion d’axe (AB) (et,
donc, tout point de (AB) est fixe).
— un seul point fixe O, alors f est une rotation de centre O.
— aucun point fixe, alors f est une translation ou une symétrie glissée.
On dit qu’une figure F est globalement invariante par une isométrie f si f (F) = F. Attention, cela ne
signifie pas que chaque point de F est un point fixe.
Par exemple, la rotation de centre O et d’angle α laisse globalement invariant le cercle C de centre O et
de rayon r, mais aucun point de C n’est fixe.
Exercice. Trouver toutes les isométries qui laissent globalement invariant un carré ABCD donné.
3 Homothéties
Définition 4.2. Soit r ∈ R et O un point du plan. L’homothétie de centre O et de rapport r est l’application
h définie dans le plan par h(A) = A′ , où A′ est l’unique point du plan tel que
— O, A et A′ sont alignés
— OA′ = rOA.
Théorème 4.2. Si r ̸= 0, alors l’homothétie de centre O et de rapport r est une bijection du plan. Sa
réciproque est l’homothétie de centre O et de rapport 1/r.
Quelques remarques :
— Les homothéties préservent l’orientation.
— L’homothétie de centre O et de rapport 0 (zéro) envoie tous les points du plans sur O (et n’est donc
pas une bijection).
4. SIMILITUDES 25
Exercice. Déterminer le centre et le rapport de l’homothétie h qui envoie le trangle BCD sur le triangle
B ′ C ′ D′ .
4 Similitudes
Définition 4.3. Une similitude du plan est une bijection f pour laquelle il existe une constante k > 0 telle
que, pour tous points A et B :
d(f (A), f (B)) = k · d(A, B).
Définition 4.4. Deux figures F et G sont dites semblables s’il existe une similitude f telle que f (F) = G.
Théorème 4.3. Notons F ≈ G pour deux figures semblables. La relation ≈ est une relation d’équivalence.
Théorème 4.4. Appelons similitudes fondamentales les translations, rotations, réflexions et homothéties.
Alors, toute similitude est
Géométrie vectorielle
1 En géométrie classique
En géométrie classique, on définit les vecteurs de la manière suivante :
1. on définit la notion de bipoint. Un bipoint est un couple ordonné de points, par exemple (A, B).
2. on définit la notion d’équipollence entre bipoints. Deux bipoints (A, B), et (C, D) sont équipollents ssi
ABDC est un parallélogramme. (Dans cette section, on le note (A, B) ∼ (C, D).)
3. on démontre que l’équipollence est une relation d’équivalence (c’est-à-dire réflexive, symétrique et tran-
sitive).
4. on définit un vecteur comme étant l’ensemble des bipoints équipollents à un bipoint donné.
27
28 SEMAINE 5. GÉOMÉTRIE VECTORIELLE
Attention à la différence avec les vecteurs de la mécanique, qui ont, eux, un point d’application :
— Dans un premier temps on pourrait vouloir dire que les vecteurs de la mécanique sont les bipoints. . .
— . . . sauf qu’en représentant le vecteur-vitesse →
−
v attaché à un point matériel A par le bipoint (A, B), on
définit un point B qui n’a pas de réalité physique.
−−→ −−→
Exercice. Comment déterminer géométriquement la somme AB + CD ?
R2 := R × R et R3 := R × R × R.
Notons qu’on pourrait définir de la même manière R4 , R5 , etc., et définir des espaces à 4, 5 dimensions
ou plus. . .
. . .ce sera pour l’an prochain !
Un élément u de Rd (pour d = 2 ou 3) est appelé un vecteur de Rd . Il s’écrit de manière générique
x
u= pour un vecteur de R2 ,
y
x
u = y pour un vecteur de R3 ,
z
où x, y et z sont des réels, appelés composantes du vecteur.
Attention. Dans notre cadre algébrique, on ne met pas de flèche au vecteur u.
Comme les définitions sont à peu près les mêmes dans R2 et dans R3 , on ne les donnera que dans R3
(mais vous pourrez facilement en déduire les définitions correspondantes dans R2 ).
x1 x2
Théorème 5.2. Soient les vecteurs u1 = y1 et u2 = y2 . On a :
z1 z2
x1 = x2
u1 = u2 ⇐⇒ y1 = y2 .
z1 = z2
On dit que l’addition est une loi de composition interne : les deux termes ajoutés sont de même nature.
La multiplication par un scalaire est de la forme
On dit que la multiplication par un scalaire est une loi de composition externe : les deux facteurs multipliés
ne sont pas de même nature.
En pratique on écrit λu mais jamais uλ.
Définition 5.3. Deux vecteurs u et v (non nuls) sont dits colinéaires s’il existe λ ∈ R tel que u = λv.
Exercice. Déterminer les vecteurs colinéaires parmi les suivants :
1 0 −1 10 0
u1 = 2 u2 = 2 u3 = −2 u4 = 20 u5 = 20 .
−2 1 2 20 10
a1 u1 + a2 u2 + · · · + an un ,
Exercice.
1. Donner une autre combinaison linéaire nulle et non triviale de la famille de l’exercice précédent.
2. Démontrer que si on peut trouver une combinaison linéaire nulle et non triviale d’une famille, alors on
peut en trouver une infinité.
Définition 5.7. La famille de vecteurs {u1 , . . . , un } est dite libre si la seule combinaison linéaire nulle est
la combinaison linéaire triviale. Autrement dit, la famille est libre si, et seulement si :
a1 u1 + · · · + an un = 0 ⇐⇒ a1 = · · · = an = 0.
Théorème & Définition 5.1. Dans Rd , une famille libre à d éléments est une base, c’est-à-dire que quel
que soit u ∈ Rd il existe une unique combinaison linéaire de la famille égale à u.
1 2
Exercice. Démontrer que la famille , est une base de R2 .
2 3
Théorème 5.6. Dans R2 , si u et v sont non nuls, alors {u, v} forme une base ssi u et v ne sont pas
colinéaires.
Attention. Il n’y a pas de propriété équivalente dans R3 . Tout ce qu’on peut dire, c’est que si une famille
contient deux vecteurs colinéaires, alors elle est liée.
32 SEMAINE 5. GÉOMÉTRIE VECTORIELLE
Semaine 6
Produit scalaire
Dans ce chapitre, on va présenter une manière de composer les vecteurs, qui permet de définir algébrique-
ment la notion d’angle et d’orthogonalité.
Tout ce chapitre fonctionne aussi bien dans R2 que dans R3 , mais par défaut on se placera dans R3 .
Le produit scalaire est une loi de composition externe : à partir de deux vecteurs il « produit un scalaire ».
Définition 6.2. On dit que deux vecteurs u et v sont orthogonaux, et on note u ⊥ v, lorsque u · v = 0.
Proposition 6.2. Si u ⊥ v, alors tout vecteur colinéaire à u est orthogonal à tout vecteur colinéaire à v.
33
34 SEMAINE 6. PRODUIT SCALAIRE
2 Norme
Définition 6.3. La norme d’un vecteur u est la valeur réelle ∥u∥ définie par
√
∥u∥ := u · u.
|u · v| ⩽ ∥u∥ · ∥v∥,
Démonstration. On considère la fonction réelle f définie par f (t) = ∥u + tv∥2 . Cette fonction ne prend que
des valeurs positives. Par ailleurs, on a
f (t) = ∥u + tv∥2
= (u + tv) · (u + tv)
= ∥u∥2 + (2u · v)t + ∥v∥2 t2 .
La fonction f est donc un polynôme du second degré en t qui ne prend que des valeurs positives, c’est-à-dire
que son discriminant ∆ est négatif ou nul. Et on a :
∆ = (2u · v)2 − 4∥u∥2 ∥v∥2 = 4 (u · v)2 − ∥u∥2 ∥v∥2 .
∥u + v∥ ⩽ ∥u∥ + ∥v∥.
Remarquons que l’inégalité de Cauchy-Schwarz assure que le membre de droite est bien compris entre −1
et 1, donc que α existe bien.
Dans le cas particulier où u ⊥ v = 0, on a cos(α) = 0, ce qui donne bien α = π/2.
Si u · v > 0, alors l’angle entre u et v est aigu (compris entre 0 et π/2).
Si u · v < 0, alors l’angle entre u et v est obtu (compris entre π/2 et π).
4 Projection orthogonale
Théorème & Définition 6.1. Soient u et v deux vecteurs, avec v ̸= 0. La projection orthogonale de u sur v
u·v
est le vecteur v. C’est l’unique vecteur u′ colinéaire à v tel que (u − u′ ) ⊥ v. C’est aussi l’unique vecteur
v · v
u′ colinéaire à v et tel que u · v = u′ · v.
(u − u′ ) ⊥ v ⇐⇒ (u − λv) ⊥ v
⇐⇒ (u − λv) · v = 0
⇐⇒ u · v − λ(v · v) = 0
u·v
⇐⇒ λ=
v·v
−4 −3
Exercice. Déterminer la projection orthogonale de u := 2 sur v := 4 .
1 0
une équation cartésienne du plan passant par le point A = (2, 1, 4) et dont un vecteur
Exercice. Déterminer
−1
normal est u = 2 .
2
6. ÉQUATION CARTÉSIENNE D’UNE DROITE 37
Le produit vectoriel ressemble mieux à une multiplication entre vecteurs, car le résultat est lui-même un
vecteur. En revanche, ses propriétés sont plus éloignées de celles qu’on attend d’une multiplication classique.
Le produit mixte, lui, permet de calculer des volumes et de déterminer si une famille est libre.
Les deux notions n’existent que dans R3 .
1 Produit vectoriel
1.1 Définition et principales propriétés
a b a b
On rappelle la notation = ad − bc (qui correspond au déterminant des vecteurs et ).
c d c d
′
x x
Définition 7.1. Soient u = y et v = y ′ . Le produit vectoriel de u et de v est le vecteur u ∧ v (« u
z z′
vectoriel v ») défini par
y y′
z z′
z z′
u ∧ v :=
x x′
.
x x′
y y′
1 −1
Exercice. Calculer u ∧ v pour u = 2 et v = 3 .
−1 −2
En pratique, deux vecteurs u et v étant donnés, le vecteur u ∧ v est l’unique vecteur à la fois
— orthogonal à u et à v
— de norme égale à ∥u∥ · ∥v∥ · | sin(u, v)| (qui est l’aire géométrique du parallélogramme défini par u et v)
— orientant le triplet (u, v, w) dans le sens direct (si u et v ne sont pas colinéaires).
39
40 SEMAINE 7. PRODUIT VECTORIEL, PRODUIT MIXTE
Exercice. Calculer l’aire du parallélogramme défini par les points O = (0, 0, 0), A = (1, 2, 1) et B = (−2, 2, 2).
−→ −−→
En déduire la valeur absolue du sinus de l’angle fait par OA et OB.
Proposition 7.1.
— u et v sont colinéaires ⇐⇒ u ∧ v = 0.
— u ∧ v = −(v ∧ u)
— u ∧ (v + v ′ ) = (u ∧ v) + (u ∧ v ′ )
— (λu) ∧ v) = u ∧ (λv) = λ(u ∧ v).
2 Produit mixte
2.1 Définitions et principales propriétés
Définition 7.2. Le produit mixte de trois vecteurs u, v et w (dans cet ordre) est la valeur
(u, v, w) := u · (v ∧ w).
Concrètement, (u, v, w) est le volume (algébrique) du parallélépipède construit sur u, v et w. Plus tard,
cette notion s’inscrira dans celle, plus générale, de déterminant.
Proposition 7.2. La famille {u, v, w} est liée ssi (u, v, w) = 0. Les points M , A, B et C sont coplanaires
ssi −−→ −−→ −−→
M A, M B, M C = 0.
Exercice. Déterminer cartésienne du plan P passant par le point A = (1, 1, 2) et dirigé par les
une équation
3 −2
vecteurs u = −1 et v = 2 .
−1 1
42 SEMAINE 7. PRODUIT VECTORIEL, PRODUIT MIXTE
Semaine 8
Fonctions
1 Définitions générales
Définition 8.1. Une fonction (ou application) f est la donnée :
— d’un ensemble X appelé ensemble de définition
— d’un ensemble Y appelé ensemble d’arrivée
— d’une règle qui à tout élément x de X associe un unique élément de Y , noté f (x).
X −→ Y
On note : f : .
x 7−→ f (x)
Exemples.
R −→ R R+ −→ √R R −→ [−1, 1]
f : g : h : .
x 7−→ sin(2x) + ex x 7−→ x x 7−→ cos(x2 + 1)
Attention.
√
— Rigoureusement parlant, « x2 + 1 »n’est pas une fonction. (C’est une expression dans laquelle inter-
vient x.) Il manque en effet les domaines de définition.
√
— L’énoncé « déterminer le domaine de définition de la fonction x2 − 1 » est donc incorrect.
R −→ R R+ −→ R
— Les fonctions f : et g : sont différentes. (Par exemple, f est croissante
x 7−→ x2 x 7−→ x2
mais pas g).
— En revanche, on peut considérer une expression, se demander pour quelles valeurs de x elle a du sens,
et définir la fonction à partir de cet ensemble de valeurs.
Exercice. Pour chaque expression suivante, a) déterminer l’ensemble des valeurs de x pour lesquelles elle a
du sens et b) en déduire une définition complète d’une fonction.
x+1 √ x+2 1
ln(x2 − 1) 2x + 6 ln(|x|).
x−1 x+2 ln(x)
Une fonction n’est pas forcément une expression algébrique de R dans R (ou d’un sous-ensemble de R
dans un sous-ensemble de R). Un tableau peut aussi constituer une fonction. Par exemple, le tableau
43
44 SEMAINE 8. FONCTIONS
correspond à la fonction f : {lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi} −→ N telle que f (lundi) = 5, f (mardi) =
2, f (mercredi) = 3, f (jeudi) = 8, f (vendredi) = 2.
Une fonction peut aussi être définie par une disjonction de cas. Par exemple, la valeur absolue est définie
par : (
x si x ⩾ 0
|x| = .
−x si x < 0
Exercice. Dessiner de façon approximative les graphes des fonctions suivantes (sans calculatrice) :
R −→ R
[0, 8π] −→ R [0, 1] −→ R 2x + 3 si x > 0
f : g : h : .
x 7−→ sin(2x) x 7−→ ln(x + 1) x 7−→ x − 1 si x < 0
1 si x = 0
R −→ R [0, π] −→ R R∗ −→ R
f : g : h : 1 .
x 7−→ sin(x) x 7−→ sin(x) x 7−→
x
Définition 8.4. Soit f : X −→ Y une fonction, soit Y ′ ⊂ Y . L’image réciproque de Y ′ est l’ensemble
f −1 (Y ′ ) := {x ∈ X : f (x) ∈ Y ′ }.
Lorsque Y ′ est réduit au singleton {y}, on note simplement f −1 (y), et un élément de f −1 (y) est un
antécédent de y par f .
Exercice. Déterminer f −1 (0), où f est la fonction sinus définie sur R.
Proposition 8.1. f −1 (Y ) = X et f −1 (Im(f )) = X.
3. COMPOSITION 45
3 Composition
Définition 8.5. Soient f une fonction de X dans Y et soit g une fonction de X ′ dans Y ′ . Si Im(f ) ⊂ X ′ ,
alors on peut définir la composée de f et de g par :
X −→ Y′
g◦f : .
x 7−→ g(f (x))
R −→ R R −→ R
f : g :
x 7−→ x2 − 2 x 7−→ sin(3x)
Attention. On ne peut pas toujours composer des fonctions comme on veut. Par exemple, pour f (x) = ln(x)
( définie sur R+
∗ ) et g(x) = 2x (définie sur R), on peut définir f ◦ g mais pas g ◦ f .
4 Restriction
Définition 8.6. Soit f : X −→ Y et soit X ′ ⊂ Y . La restriction de f à X ′ est la fonction
X′ −→ Y
f|X ′ : .
x 7−→ f (x)
Les propriétés d’une restriction peuvent fortement différer de celle de la fonction. Par exemple, pour
f (x) = sin(x) définie sur R, f change de signe alors que f|[0,π/2] ne prend que des valeurs positives.
Exercice. Soit f la fonction valeur absolue définie sur R. Déterminer une expression simple de f|R+ .
Théorème 8.1. Soit f : X −→ Y une fonction et soit X ′ ⊂ X. Le graphe de f|X ′ est inclus dans celui de
f.
On rappelle que ∀ se lit : « quel que soit », et que ∃! se lit « il existe un unique »(∃ se lisant « il existe »,
comme déjà vu en semaine 2.)
Exercice. Déterminer si les fonctions suivantes sont injectives, surjectives, bijectives.
R −→ R R −→ R+
f : g :
x 7−→ x2 x 7−→ x2
R+ −→ R R+ −→ R+
h : i :
x 7−→ x2 x 7−→ x2
46 SEMAINE 8. FONCTIONS
Semaine 9
On dit que f : X −→ Y est une fonction d’une variable réelle si X et Y sont des parties de R.
Quand on parlera de f ◦ g (ou de g ◦ f ), ou même de f + g, etc., cela sous-entendra que ces expressions
ont un sens.
1 Monotonie
Rappel : R est un ensemble complètement ordonné, c’est-à-dire que, deux réels x et x′ étant donnés, on a
toujours x ⩽ x′ ou x′ ⩽ x (ou les deux, quand x = x′ ). Cette structure d’ordre sur R (et celle qui s’en déduit
sur les parties de R) donne du sens à la définition suivante.
Définition 9.1. Soit f : X −→ Y une fonction d’une variable réelle. On dit que f est
— croissante si x ⩽ x′ =⇒ f (x) ⩽ f (x′ )
— strictement croissante si x < x′ =⇒ f (x) < f (x′ )
— décroissante si x ⩽ x′ =⇒ f (x) ⩾ f (x′ )
— strictement décroissante si x < x′ =⇒ f (x) > f (x′ )
— monotone si elle est croissante ou décroissante
— strictement monotone si elle est strictement croissante ou strictement décroissante.
Démonstration. Supposons x ⩽ x′ . Puisque f est croissante on a f (x) ⩽ f (x′ ), et puisque g est croissante
on a g(x) ⩽ g(x′ ). En réunissant les deux inégalités, il vient que f (x) + g(x) ⩽ f (x′ ) + g(x′ ), c’est-à-dire que
(f + g)(x) ⩽ (f + g)(x′ ), et donc que f + g est une fonction croissante.
Pour λf tout comme pour f et g décroissantes, le raisonnement est du même genre.
Exercice. Démontrer que la fonction h définie sur ]0, π] par h(x) = 8x + 3 ln(x) − 5 cos(x) est croissante.
Théorème 9.2. La composée de deux fonctions croissantes est une fonction croissante.
La composée d’une fonction croissante et d’une fonction décroissante est décroissante.
La composée d’une fonction décroissante et d’une fonction croissante est décroissante.
La composée de deux fonctions décroissantes est une fonction croissante.
47
48 SEMAINE 9. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE
Exercice. Finir la démonstration du théorème précédent en démontrant que la composée de deux fonctions
décroissantes est une fonction croissante.
√
Exercice. Démontrer que la fonction f définie sur R+ par f (x) = ln(x + 1 + x + ex ) est croissante.
Attention. En général, le produit de deux fonctions monotones n’est pas monotone. Par exemple, si f et g
sont définies sur R par f (x) = x et g(x) = x, alors on a bien affaire à deux fonctions croissantes sur R alors
que le produit f g est défini par (f g)(x) = x2 , et n’est donc pas une fonction croissante (ni même monotone).
Démonstration. Soient x ̸= x′ . Si x < x′ , alors, par stricte monotonie de f , on a f (x) < f (x′ ), et donc
f (x) ̸= f (x′ ). Si x > x′ , alors, de même, on a f (x) > f (x′ ), et donc f (x) ̸= f (x′ ).
Dans tous les cas, on a donc que si x ̸= x′ alors f (x′ ) ̸= f (x), ce qui est la définition (contraposée) de
l’injectivité de f .
√
Exercice. Démontrer que la fonction ln( x + 2 + x) (définie sur R+ ) est injective.
2 Parité
Définition 9.2. Une partie X de R est dite symétrique lorsque tout élément de X a son opposé dans X.
Par exemple, R lui-même est symétrique, ainsi que l’intervalle [−1, 1]. En revanche, R+ n’est pas symé-
trique, ni [0, 1].
Définition 9.3. Soit f une fonction d’une variable réelle définie sur une partie symétrique X de R, c’est-à-
dire que x ∈ X =⇒ −x ∈ X. On dit que f est
— paire si f (−x) = f (x) pour tout x ∈ X,
— impaire si f (−x) = −f (x) pour tout x ∈ X.
Par exemple, x2 définie sur R est paire, sin(x) définie sur [−π, π] est impaire, cos(x) définie sur R est
paire.
Théorème 9.4. La fonction sinus (définie sur R) est impaire. La fonction cosinus (définie sur R) est paire.
Théorème 9.5. Le graphe d’une fonction paire est symétrique par rapport à l’axe (Oy). Le graphe d’une
fonction impaire est symétrique par rapport à O.
3. FONCTIONS PÉRIODIQUES 49
Exemples de graphes d’une fonction paire (à gauche) et d’une fonction impaire (à droite).
Exercice. Déterminer l’unique fonction définie sur R qui est à la fois paire et impaire.
Théorème 9.6. Soient f et g deux fonctions définies sur un ensemble symétrique, et soit λ ∈ R. Alors :
— Si f et g sont paires, alors f + g est paire, ainsi que λf .
— Si f et g sont impaires, alors f + g est impaire, ainsi que λf .
Théorème 9.7. Le produit de deux fonctions paires est pair.
Le produit de deux fonctions impaires est pair.
Le produit d’une fonction paire et d’une fonction impaire est impair.
Exercice. Déterminer la parité de la fonction f définie sur R par f (x) = x2 sin(x) cos(x).
Théorème 9.8. Pour la composition, on a les règles suivantes :
paire ◦ paire = paire paire ◦ impaire = paire
impaire ◦ paire = paire impaire ◦ impaire = impaire
Exercice. Démontrer ce résultat.
3 Fonctions périodiques
Dans cette section on considère des fonctions définies sur R tout entier.
Définition 9.4. Une fonction f est dite périodique s’il existe un réel T > 0 tel que, pour tout x ∈ R,
f (x + T ) = f (x). Le réel T est alors appelé une période de f . On dit aussi que f est T -périodique.
Les exemples les plus typiques sont ceux des fonctions sinus et cosinus, qui sont des focntions 2π-
périodiques. En effet, quel que soit x ∈ R on a
sin(x + 2π) = sin(x) et cos(x + 2π) = cos(x).
Attention. Une fonction T -pérodique est aussi 2T -périodique, 3T -périodique, etc. T est une période.
Théorème & Définition 9.1. Quand elle existe, la plus petite valeur T pour laquelle f est t-périodique
est appelée la période de f . L’ensemble des périodes de f est alors l’ensemble des réels de la forme nT , avec
n ∈ N∗ .
Par exemple, la fonction sinus est 2kπ-périodique pour tout k ∈ N∗ . La période de sin(x) est 2π.
Le cas typique d’une fonction qui n’a pas de plus petite période est celui des fonctions constantes (tout
T > 0 est une période). Il y a d’autres exemples, mais nous n’aurons pas à nous en soucier.
Théorème 9.9. Si f et g sont T -périodiques et λ ∈ R, alors f + g, f g, f ◦ g et λf sont T -périodiques.
Démonstration. On a, par hypothèse sur f et g :
(f + g)(x + T ) = f (x + T ) + g(x + T )
= f (x) + g(x)
= (f + g)(x).
On fait pareil pour les autres expressions.
50 SEMAINE 9. FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE
Théorème 9.10. Les seules fonctions à la fois croissantes et périodiques sont les fonctions constantes.
On admettra ce théorème, qui est intuitvement assez évident : si une fonction « monte », elle ne reviendra
pas à un niveau antérieur, et donc on ne peut pas avoir f (x + T ) = f (x).
Semaine 10
Étude de fonctions
Dans ce chapitre, f sera une fonction de R (ou d’une partie de R), et à valeurs dans R.
1 Fonctions continues
1.1 Définition et premiers exemples
Définition 10.1. On dit que la fonction f est continue en x lorsque
On dit que f est continue sur R (ou sur une partie X de R) si elle est continue en tout point x de R.
Théorème 10.1. La somme, le produit et le quotient et la composition de fonctions continues est une fonction
continue.
La plupart des fonctions courantes sont continues (là où elles sont définies) : les fonctions puissances, les
fonctions trigonométriques, logarithme
p et exponentielle. . . et, donc, leurs sommes, produits, composition.
sin(2x + x2 ) − tan(x3 )
Par exemple, donc f (x) = définit une fonction continue (là où cette expression
e2x+cos(1/x) + ln(x)
a un sens), en tant que somme, produit, quotient et composée
( de fonctions continues.
0 si x < 0
En revanche, la fonction f définie sur R par f (x) = n’est pas continue en 0. Il existe même
1 si x ⩾ 0
des fonctions qui ne sont continues en aucun point, mais nous n’en rencontrerons pas dans ce cours.
51
52 SEMAINE 10. ÉTUDE DE FONCTIONS
On peut le voir intuitivement à l’aide d’un dessin sur le cercle trigonométrique. Nous verrons plus loin
comment le démontrer.
— quand la limite est infinie, comme pour f (x) = |1/x| définie sur R∗ (en a = 0).
2x2 − 6x + 4
Exercice. Prolonger par continuité en x = 1 la fonction f définie sur R\{1} par f (x) = .
x2 − 2x + 1
Théorème 10.3. Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue telle que f (a) < 0 et f (b) > 0. Alors, il existe
c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.
Exercice. Démontrer que la fonction f définie sur [0, 2] par f (x) = x4 − 3x2 + x − 1 admet une racine dans
[0, 2].
Exercice. Démontrer que la fonction f définie sur R par f (x) = x5 + 2x4 + x − 2 admet une racine.
Théorème 10.4. Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue telle que f (a) et f (b) sont de signes opposés.
Alors, il existe c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.
Théorème 10.5. Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue. On note f (a) = α et f (b) = β. Quel que soit
γ entre α et β, il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = γ.
Attention. En général, c n’est pas unique. Par exemple, prendre f (x) = − cos(x) définie sur [0, 5π].
Théorème 10.6. Sous les hypothèses des théorèmes précédents, si f est strictement monotone alors c est
unique.
Exercice. Démontrer que la fonction f définie sur R par f (x) = x7 + 2x5 + x3 + 8x + 1 a une unique racine
réelle.
2 Fonctions dérivables
2.1 Définition et premières propriétés
Définition 10.3. Une fonction f est dite dérivable en a si la limite
f (a + h) − f (a)
lim
h→0 h
existe et est finie. Dans ce cas, cette limite est le nombre dérivé de f en a, et notée f ′ (a).
Une fonction est dite dérivable si elle est dérivable en tout point de son domaine de définition.
54 SEMAINE 10. ÉTUDE DE FONCTIONS
Théorème 10.7. La somme, le produit, le quotient et la composition de fonctions dérivables est une fonction
dérivable.
La plupart des fonctions courantes sont dérivables (là où elles sont définies) : les fonctions puissances, les
fonctions trigonométriques, logarithme
p et exponentielle. . . et, donc, leurs sommes, produits, composition.
sin(2x + x2 ) − tan(x3 )
Par exemple, donc f (x) = définit une fonction dérivable (là où cette expression
e2x+cos(1/x) + ln(x)
a un sens), en tant que somme, produit, quotient et composée de fonctions dérivables.
Exemple de fonction non dérivable : x 7−→ |x| n’est pas dérivable en 0.
Théorème 10.8. Toute fonction dérivable en a est continue en a. Et donc, toute fonction dérivable est
continue.
Attention. La réciproque est FAUSSE ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
Exemple : x −
7 → |x| est continue sur R mais n’est pas dérivable en 0.
Attention. En général, c n’est pas unique. (Exemple : f (x) = sin(x) sur [0, 2π].)
Exercice. Soit f la fonction définie sur R par f (x) = (x − 1) sin(x) + x sin(x − 1) pour tout x ∈ R. Sans
dériver f , démontrer qu’il existe c ∈ R tel que f ′ (c) = 0.
2.3 L’égalité des accroissements finis et son application à l’étude des variations
d’une fonction
Théorème 10.11. (Égalité des accroissements finis) Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue sur
[a, b] et dérivable sur ]a, b[. Il existe c ∈]a, b[ tel que
fonction dérivée
cste 0
xn (n ̸= 0) nxn−1
ln(x) 1/x
ex ex
sin(x) cos(x)
cos(x) − sin(x)
56 SEMAINE 10. ÉTUDE DE FONCTIONS
On peut à présent démontrer que sin(x)/x est prolongeable par continuité en 0, en écrivant :
sin(x) sin(x) − sin(0)
lim = lim
x→0 x x→0 x−0
′
= sin (0)
= cos(0) = 1.
Exercice. Pour chaque expression, déterminer l’ensemble pour lequel elle a un sens, et étudier les variations
de la fonction qui s’en déduit.
x2 + x − 2
x−1 x−3 2
2
ln 2
ex −3x+1 .
x −x−6 x−3 x −4
Semaine 11
57
58 SEMAINE 11. FONCTIONS RÉCIPROQUES DES FONCTIONS CLASSIQUES
3. Déterminer deux parties de R, X1 et X2 , aussi grosses que possibles, telles que f|X1 et f|X2 soient des
injections.
4. Déterminer f −1 , selon que f est à présent la fonction de X1 ou de X2 dans Y définie par f (x) = x2 + 1.
Définition 11.2. Soit n ∈ N∗ . On définit la fonction f par f (x) = xn , de R√dans R si n est impair et de
R+ dans R+ si n est impair. Cette fonction étant bijective, on note x1/n , ou n x, la fonction réciproque.
4 Régularité de la réciproque
Théorème 11.2. Soit f : X −→ Y une fonction réelle bijective et continue. Alors, f −1 est continue.
Théorème 11.3. Soit f : X −→ Y une fonction réelle bijective et dérivable, et dont la dérivée ne s’annule
pas. Alors, f −1 est dérivable et dont la dérivée ne s’annule pas. Plus précisément, on a, pour tout y ∈ Y :
1
f −1 (y) = .
f′ f −1 (y)
c’est-à-dire que
′ 1
f −1
f (x) = .
f ′ (x)
Notons alors y = f (x), et donc que x = f −1 (y). En remplaçant dans l’expression précédente, il vient bien
1
(f −1 )′ (y) = .
f ′ f −1 (y)
Ce théorème peut même servir de définition à l’exponentielle (ou au logarithme), selon l’ordre dans lequel
ces objets sont construits.
6. RÉCIPROQUES DES FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES 59
Définition 11.4. On définit la fonction arcsin : [−1, 1] −→ [−π/2, π/2] comme la réciproque de la fonction
sinus définie de [−π/2, π/2] dans [−1, 1].
Autrement dit, arcsin(x) est l’unique angle α compris entre −π/2 et π/2 tel que cos(α) = x. On a donc :
π √ π π
arcsin(0) = 0 arcsin(1/2) = arcsin( 3/2) = arcsin(1) =
6 3 2
π √ π π
arcsin(−1/2) = − arcsin(− 3/2) = − arcsin(−1) = − .
6 3 2
1 La fonction tangente
nπ o
Définition 12.1. La fonction tangente, notée tan, est la fonction définie sur x ∈ R\ + kπ : k ∈ Z
2
par :
sin(x)
tan(x) = .
cos(x)
Les valeurs « interdites »pour x sont les solutions de l’équation cos(x) = 0, qui donneraient un dénomi-
nateur nulle dans l’expression précédente.
Les sinus et cosinus des angles remarquables permettent de déterminer facilement quelques valeurs simples
de tan(x) :
x tan(x)
0 √0
π/6 3/3
π/4 √1
π/3 3
Exercice. Démontrer ces résultats.
Sur le cercle trigonométrique C, notons U = (1, 0), A le point de C définissant l’angle α, et P la projection
de A sur l’axe des x. On a alors tan(α) = AP/OP , et donc que tan(α) est la pente de la droite (OA).
L’équation de (OA) est donc : y = tan(α)x. L’ordonnée de l’intersection A′ de cette droite avec la droite
verticale d’équation x = 1 est donc égale à tan(α). (La droite d’équation x = 1 est tangente à C, d’où le nom
de la fonction.)
61
62 SEMAINE 12. LA FONCTION TANGENTE, LES FONCTIONS CONVEXES
Les deux premières propriétés peuvent se réécrire : la fonction tangente est impaire et π-périodique.
π
Théorème 12.2. La fonction tangente est dérivable et, pour tout x ̸= + kπ, on a :
2
1
tan′ (x) = = 1 + tan2 (x)
cos2 (x)
Démonstration. Il suffit de constater que tan′ (x) = 1 + tan2 (x) est toujours positive.
On peut visualiser le résultat précédent à l’aide du graphe de la fonction, qui montre des branches infinies
π
aux points d’abscisse + kπ.
2
i π πh
Théorème 12.3. La restriction de la fontion tangente à un intervalle de la forme kπ − , kπ + est une
2 2
bijection de cet intervalle sur R. De plus :
lim +
tan(x) = −∞ et lim −
tan(x) = +∞.
x→( kπ− π
2 ) x→(
kπ+ π
2 )
2. RÉCIPROQUE DE LA TANGENTE 63
2 Réciproque de la tangente
La fonction tangente n’est pas injective (car on a, par exemple, tan(0) = tan(π) = 0), mais avec le
théorème précédent on peut, en se restreignant à un bon intervalle, en trouver une restriction bijective pour
laquelle, donc, on peut définir une réciproque.
i π πh
Définition 12.2. La fonction arctangente, notée arctan, est la fonction de R dans − , qui est la
i π πh 2 2
réciproque de la restriction de la fonction tangente à l’intervalle − , .
2 2
Autrement dit, arctan(x) est l’unique angle compris entre −π/2 et π/2 dont la tangente est égale à x.
Avec le tableau de la section précédente on obtient immédiatement le tableau suivant :
x arctan(x)
√0 0
3/3 π/6
√1 π/4
3 π/3
Attention. Il est FAUX de croire que arctan(x) pourrait s’écrire sous la forme arcsin(x)/ arccos(x) ! ! !
Théorème 12.4. La fonction arctangente est dérivable sur R, et on a, pour tout réel x :
1
arctan′ (x) = .
1 + x2
Exercice. Démontrer cette formule.
Théorème 12.5. La fonction arctangente est strictement croissante sur R. De plus :
π π
lim arctan(x) = − et lim arctan(x) = .
x→−∞ 2 x→+∞ 2
Le fait qu’arctangente soit strictement croissante est une conséquence directe de la formule donnant sa
dérivée, puisque 1/(1 + x2 ) > 0 pour tout x ∈ R.
3 Convexité
3.1 Représentation paramétrique d’un intervalle
Théorème 12.6. Soit [u, v] un intervalle réel. On a :
n o
[u, v] = (1 − t)u + tv : t ∈ [0, 1] .
Concrètement, cela revient à visualiser les points de [u, v] à l’aide d’un point matériel se déplaçant à
vitesse constante de u à v, et qui se trouve en u à l’instant 0 et en v à l’instant 1. À l’instant t, le point
mobile se trouve alors au point (1 − t)u + tv.
On utilise aussi la représentation paramétrique suivante :
64 SEMAINE 12. LA FONCTION TANGENTE, LES FONCTIONS CONVEXES
Quand on ne précise pas d’intervalle I, cela signifie que f est convexe sur n’importe quel intervalle.
Dans cette définition, le membre de gauche est l’image par f d’un élément de [u, v] représenté sous forme
paramétrique. Le membre de droite est, lui, l’image de ce même élément par la fonction définie par la droite
passant par (u, f (u)) et (v, f (v)). La convexité nous dit que le segment joignant (u, f (u)) est « au-dessus »
de la portion de courbe entre ces deux points.
De même, une fonction est dite concave sur I lorsque, dans la définition précédente, l’inégalité a lieu dans
l’autre sens (pour tout t ∈ [0, 1]).
Théorème 12.8. Si f ′′ (x) ⩾ 0 pour tout x ∈ [a, b], alors f est convexe sur [a, b].
Exercice.
1. Démontrer que x 7−→ x2 est convexe.
2. Démontrer que x 7−→ sin(x) est convexe sur [0, π/2].
3. La fonction x 7−→ sin(x) est-elle convexe sur [0, π] ?
4. Démontrer que la fonction x 7−→ cos(x) est concave sur [0, π/2].