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La Boite de Pandore

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La Boite de Pandore

Écrit par: Yumemi


La Boite de Pandore 2

Qui n’a jamais entendu parler de Pandore et de sa fameuse boite? Toutefois, il serait vain et absurde de parler
de ce mythe sans en parler d’un autre: celui de Prométhée et de son frère Épiméthée car Pandore s’inscrit dans
ce cycle. Elle est la première femme, don des dieux aux hommes, mais aussi, troisième fléau des dieux aux
hommes.

Prométhée et Epiméthée

Japet et Clyméné génèrent Atlas, Épiméthée et Prométhée. Dans d’autres générations, on trouve des Titans
violents que Zeus soumera pour asseoir son pouvoir. Épiméthée et Prométhée ne sont pas violents mais
usent de la ruse: lors de la guerre entre Zeus et les Titans, Prométhée reste d’abord neutre puis se rapproche
de Zeus. Le dieu suprême lui donne alors le droit de monter sur l’Olympe et de prendre part aux délibérations
divines.

Mais, Prométhée est différent de Zeus et des autres dieux. Du point de vue étymologique « Prométhée »
signifie « qui prévoit les choses » (métis voulant dire « ruse ») et le nom d’« Epiméthée » veut dire « qui
comprend trop tard ». Ces caractéristiques ne sont pas divines mais humaines: les hommes ont besoin de
précaution (symbolisé par Prométhée)qui sera menacé par leur imprudence (symbolisé par Epiméthée). C’est
à partir de là que l’on voit un lien avec les premiers hommes.

Entre le IV° et III° siècle avant Jésus-Christ, Platon, dans son dialogue Protagoras, présente Épiméthée en lien
étroit avec les hommes: il donne toutes les qualités qu’on lui a demandées de distribuer entre toutes les races
mortelles, exclusivement aux animaux en oubliant donc les hommes. Pour palier à cela Prométhée vole le feu
divin pour le donner aux humains. Pour Platon, c’est là l’explication du lien entre Prométhée, Épiméthée et les
hommes. Dans certaines versions c’est Prométhée lui-même qui a créé les hommes et Athéna qui leur a donné
la vie (grâce à un papillon).

La première génération d’homme est imparfaite: ils sont issus d’un être qui n’est pas entièrement un dieu. Le
rôle de Prométhée, dans le mythe, consiste à faire la distinction entre le monde des dieux et celui des hommes,
mais aussi d’introduire dans ce monde peuplé uniquement d’homme, la femme.

Les Ruses de Prométhée

Une fois Zeus au pouvoir, il n’y a plus de guerre de succession mais le besoin d’établir des relations entre
homme et dieux.

Prométhée fait usage de la ruse pour montrer ce qui apparaît et ce qui est intérieur: il propose de sacrifier un
taureau dont les offrandes sont séparées en deux, une pour les dieux et une pour les hommes. La première
part cache des os, la seconde, peu ragoûtante cache de la viande. Zeus choisi le premier don, il avait reconnu
la ruse de Prométhée, il savait que sous la graisse il n’y avait que des os. Mais, les dieux n’ont pas besoin de se
nourrir, en laissant l’autre part il montre que les hommes sont voués à la fatigue, au vieillissement et à la mort.
Zeus sait donc ce qu’il fait en choisissant l’autre part. La viande montre que les hommes sont mortels et qu’ils
sont obligés de se nourrir pour vivre. De cee aventure, les hommes gardaient une trace: lors des sacrifices ils
faisaient brûler des os, la fumée représentant la seule nourriture des dieux.

Toutefois, Zeus décide de se venger de cet affront et cache le feu dont il est le seigneur, en empêchant les hommes
d’en disposer librement, obligeant également le travail agricole car la terre ne donnait plus suffisamment de
fruits. Les hommes sont donc soumis à plusieurs choses contraignantes. Mais, Prométhée ne respecte pas la
décision de Zeus et vole le feu pour le donner aux hommes. Il prend une semence du feu divin et la cache
dans une tige de fenouil (rapport entre extérieur, intérieur, c’est une chose caché). Il y a une distinction entre le
feu céleste de Zeus qui est inépuisable, et celui des hommes qui est périssable. Il est fragile, il faut le protéger,
l’alimenter sans cesse mais c’est grâce à lui que les hommes peuvent cuire les aliments et se distinguer des
animaux. Ils n’ont donc pas le contrôle du feu céleste mais le leur, leur donne une certaine supériorité par
rapport aux autres espèces comme les animaux.

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La Boite de Pandore 3

Zeus décide encore de se venger de ce manque de respect de la part de Prométhée. La séparation entre hommes
et dieux est faite, il faut donc introduire la femme.

Pandore, ou le cadeau empoisonné

Zeus façonne, avec l’aide de tous les autres dieux, un cadeau qui a lui aussi la force du feu (les hommes
brûleront d’amour pour la femme et s’affaibliront pour elle ; ceci fait partie des mœurs typiques en Grèce
Antique qui déprécie la femme). Ce cadeau s’appelle Pandore (« tous les dons », « qui donne tout »). Il faut
aendre la deuxième « écartade » de Prométhée pour voir l’apparition de la femme (à la différence de la
Genèse, des textes de la création babylonienne). La femme vient comme un châtiment face à l’humanité des
hommes.

Zeus ordonna à Héphaïstos de façonner une jeune femme à partir d’argile pétrie dans l’eau. Il devait lui
donner la force vitale et la voix humaine, elle devait être semblable à une vierge dont la beauté égalerait celle
des déesses immortelles. Le forgeron lui créa également une couronne d’or qu’il mit sur le front de sa création
pour la parfaire. Toutes les autres divinités lui offrir un peu de leur don. Ainsi, elle reçut non seulement la
beauté et la grâce d’Aphrodite, mais aussi la ruse, l’audace, la force. Athéna lui fit don d’une âme et lui apprit
à tisser. Hermès, quant à lui, mit aussi bien dans son cœur l’éloquence et la rapidité d’esprit que la perfidie, le
mensonge, la curiosité, la fourberie et les discours trompeurs. Les Heures, les Charites et Peitho la parèrent.

Prométhée avait vu que Zeus allait avoir des idées trompeuses et avait prévenu son frère, Épiméthée, de cela.
Mais, celui-ci l’oublia quand il accepta Pandore. Dans le cas de cee dernière, il y a une apparence trompeuse :
un physique de déesse mais il y a des maux à l’intérieur, Hermès ayant mis en elle les aributs d’une « chienne
perfide » qui a des besoins insatiables de sexualité et de nourriture (cela correspond au cycle de procréation
en plus du fait que l’homme doit travailler pour la femme).

Il y a une allusion selon laquelle Pandore aurait amené du Ciel un vase, une jarre (en grec pithos, un énorme
vase qui gardait le grain). Ce récipient contiendrait tous les maux, tous ceux qui anticipent la mort des hommes
pour rappeler la condition mortelle des humains. Pandore ouvre cee jarre laissant s’enfuir tous les maux,
mais la refermant à temps pour y laisser l’Espoir.

Mais, il reste un dernier châtiment.

Le Châtiment de Prométhée

Zeus enchaîne Prométhée au sommet du Caucase où un aigle vient lui dévorer son foie tous les jours
(l’organe repoussant une fois la nuit tombée). Ce genre de supplice était pratiqué en Grèce et s’appelait
« apotumpanismos ». Il était fait contre ceux qui trahissaient les Grecs au profit d’autres peuples.
Le monde connu grec était délimité par les supplices de deux des enfants de Japet et Clyméné : à l’Ouest
le puissant Atlas fut condamné à porter sur ses épaules le poids du monde par Zeus qui avait peur de sa
puissance, à l’Est se trouve donc Prométhée enchaîné et dévoré chaque jour.

Mais, le supplice de Prométhée ne fut pas éternel puisqu’il sera délivré par Héraclès à coups de flèches. Une
fois libéré, Prométhée donne le nom de la déesse concernée. Il s’agit de Thétis et ne l’épouse pas mais la donne
en mariage à un mortel, Pélée.

Les Grecs commémoraient Prométhée mais il ne leur était plus possible d’établir un contact entre les dieux et
les hommes, seule la fumée représentait un dernier lien marquant également la distance.

L’Explication du Mythe

L’espoir, dans la pensée grecque, était quelque chose de négatif, c’est le fait de dépendre de circonstances
futures, d’aendre quelque chose qui risque de ne pas se produire. Ce qui est totalement différent de notre
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conception actuelle du mythe : on voit le mythe de Pandore comme une chose positive, alors qu’il n’en ai rien.
Si l’espoir dans notre vision moderne est quelque chose de positif, il faut savoir que ce mythe est un châtiment
et que l’espoir, puisqu’il est resté dans la boîte, n’est pas de ce monde. Ce sentiment était considéré comme une
faiblesse. Une autre transposition moderne du mythe nous fait changer la jarre en une boîte, ce qui prouve que
le mythe a évolué avec la pensée.

L’interprétation du mythe de Prométhée, d’Épiméthée et de Pandore (mise à part la misogynie) est la conception
du mal qui vient d’une distribution inégale de bien (distribution inégale entre les hommes et les dieux lors du
sacrifice du taureau par Prométhée) mais aussi du non-respect d’une punition. Le châtiment de Zeus a pour
but de rétablir l’équilibre, la justice: les hommes reçoivent plus de viande que les dieux donc on leur enlève le
feu. Les hommes ont reçu le feu dérobé par Prométhée, donc on leur envoie la femme qui les brûlera plus que
le feu. Le mal est donc toujours le fait d’un avantage que les hommes obtiennent par la ruse.

Le lien entre le chef, le groupe et la communauté est présent : Prométhée est le seul à commere une erreur
mais tous les hommes subissent les conséquences de ses actes, puisqu’il est vu comme étant le chef de la
communauté humaine.

Il existe une variante du mythe liée à la boîte Selon certains, la jarre contenait en fait tous les dons divins fait
aux mortels et que, lorsque Pandore ouvrit la jarre, ils retournèrent sur l’Olympe sans aucune possibilité d’être
redonner aux hommes. Mais, cee vision est plutôt rare, il n’en est presque jamais question. En revanche, cee
variante expliquerait le coté positif de l’espoir : puisque tous les dons se sont enfuis et que seul l’espoir est
resté, alors celui-ci est un don. Il ne fait aucun doute que cee interprétation et cee variante soient beaucoup
plus moderne. En effet, elle est aribuée non pas à un Grec mais à un Romain, Macedonius.

Pandore par rapport aux autres mythes anthropogoniques

Je pense qu’il est intéressant de voir Pandore par rapport aux autres mythes liés à la création de l’homme ou
dû au moment où la femme apparaît.

Il est important de dire que dans presque toutes les mythologies, l’anthropogonie est peu développée, mais
que souvent elle est liée à l’élément de la terre. Ainsi, il n’est pas rare de voir que l’homme a été créé à partir
de terre ou d’argile, comme c’est le cas dans la conception hébraïque, grecque… Mais, quelques mythologies
imputent aussi à la femme l’apparition des maux sur terre. Les autres montrent le couple originel de façon
pacifique et sans beaucoup d’importance.

Ainsi, dans la Genèse, Dieu créa Ève à partir d’Adam et c’est à cause d’elle qu’ils furent chassés de l’Éden.
Chez les Maoris, la première femme est liée à la mort : Tane créa la première femme à partir du sable et épousa
leur fille, quand celle-ci appris qui était en fait son époux elle se réfugia dans le monde souterrain et jura de
punir tous les enfants de son père incestueux.

Toutefois, il serait faux de dire que toutes les mythologies sont misogynes dès le commencement. D’autant
plus que la religion grecque ne tenait pas tant rigueur à Pandore de sa faute mais à Prométhée et Épiméthée.
Alors que dans la religion se basant sur la Genèse, c’est une forte misogynie qui s’y est développée: ainsi les
femmes étaient, pour les chrétiens, dépourvues d’âmes et ce jusqu’au Moyen Age.

Il existe autre chose par lequel le mythe de Pandore se différencie des autres anthropogonies: elle n’est pas
la mère de l’humanité. Si d’Ève découlent tous les enfants d’aujourd’hui selon les religions qui se basent
sur l’Ancien Testament, il n’en est rien de Pandore. L’humanité existait avant elle. Certes, il n’y avait pas de
femmes mais il y avait des hommes. Chez les Grecs le couple originel est mixte, il est composé d’une humaine
et d’un Titan. De plus, cee population prêtait plus d’importance aux mythes des races.

Pandore se différencie donc par plusieurs points des autres mythes de création des hommes.

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Le Mythe des Races


Cee partie n’est pas liée directement au mythe de Pandore mais il est lié à la conception de l’humanité par les
Grecs. C’est pour cela que j’ai jugé intéressant d’en parler maintenant.

La conception grecque de l’évolution humaine n’est pas raciste. Il est question de race d’évolution, pas de
couleur de peau, ce qui est, encore, une conception moderne. Ainsi, le mythe de la création de l’humanité se
trouve dans un autre mythe qui a un but principalement différent. Les Grecs accordaient plus d’importance à
la séparation (qui constituait le propre de la condition humaine), à l’éloignement des hommes et des dieux.

Mais, il y a aussi une autre représentation de l’évolution humaine, le mythe des races : l’humanité aurait connu
un âge d’or, c’était quand ils vivaient avec les dieux, où ils n’avaient pas besoin de travailler, … Puis venait
après cee période la race d’argent qui marque déjà un éloignement de l’âge d’or et qui est une génération ne
respectant pas le culte des dieux. S’ensuivit une troisième génération, celle de bronze, celle de la guerre et qui
ne dure pas longtemps non plus. Il y aura enfin une race de fer (mais entre la race de bronze et la race de fer,
Hésiode insert la race des Héros car il affirmait que la race qui lui était contemporaine [celle de fer] tient son
origine dans celle des Héros). La race de fer représentait la violence, le manque de respect. Le pessimisme
veut que l’époque actuelle soit la plus violente.
Ce cycle, ouvert par l’or et fermé par le fer, montre toutes les possibilités données à une civilisation jusqu’à
sa dégénération: si l’on prend les aspects les plus positifs et qu’on les supprime, on arrive à une involution de
la race humaine et inversement mais si l’on prend les aspects les plus négatifs et qu’on les supprime alors on
obtient une évolution.

Hésiode ne présente pas l’époque du fer comme découlant des autres mais comme tel. Cela représente bien
l’éloignement vis à vis des dieux.

Conclusion

Pour finir sur le mythe de Pandore celle-ci devint la mère de Pyrrha qui épousa plus tard le fils de Prométhée,
Deucalion. Ces deux enfants auront eux aussi une histoire que l’ont pourra rapprocher à d’autres textes
d’autres mythologies.
Le mythe de cee boîte est plus à comprendre comme la faute de Prométhée, comme un abus de pouvoir, et
non pas comme une faute due aux humains. C’est ce Titan qui est le seul fautif de sa ruse. Pandore n’est que
l’instrument des dieux, elle ne pouvait aller contre ce qu’elle était.

Sources
– Cours universitaire lié à la mythologie
– « Dictionnaire de Mythologie grecque et romaine » par Jean-Claude Belfiore, éditions Larousse
– « Mythologies du monde entier » sous la direction de Roy Willis, éditions Bordas pour France Loisir
– « Encyclopédie de la mythologie » par M. Mughini, Editions de Vecchi

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