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Deontologie l1 Si LMD 2023-2024-3

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Déontologie Professionnelle L1 LMD SI ISTM Bukavu par l’Assistant

2023-2024 KASORORO MWAKAME Alphonse

0. INTRODUCTION

0.1. Objectifs du Cours

Général : au terme du Cours l’apprenant doit être capable de :

1. Enoncer les lois et les règles déontologiques qui régissent l’exercice de la


profession infirmière
2. Adopter un comportement selon les exigences de l’éthique professionnelle.
Spécifiques : au terme du cours l’apprenant doit être capable de :
1. Savoir redire (restituer des connaissances)
 Définir les concepts
 Décrire l’historique de la profession infirmière
2. Savoir-faire cognitif (appliquer des connaissances mémorisées, faire face à des
situations nouvelles)
3. Savoir-faire gestuels (habilités manuelles, corporelles)
4. Savoir-faire socio-affectif (habilités permettant de bien rentrer en relation)
 Etablir une relation avec le patient
 Etablir une relation avec la société
 Etablir une relation avec l’équipe de travail
Références bibliographiques
1. IKIDI MBOSO KAMA (2008), Cours d'Ethique et Déontologie appliquée en
Santé publique, L1, ISTM Kinshasa, 50 pages
2. MUKANDU BASUA B. (2008), Ethique et déontologie des infirmiers et
techniciens des soins de Santé, Editions de l'UEA, 1re édition, Kinshasa, 148
pages
3. MUKANDU BASUA B. (2008), Déontologie, histoire et origine de la profession
infirmière, ISTM Kinshasa, 47 pages
4. CARENE PONTE et all (2010) Législation, éthique, déontologie, Masson, Paris,
243 pages
5. MANOUKIAN A, et all (2001), Pratiquer la relation soignant/soigné, Edition
Lamarre, Paris, 45 pages
6. CATHERINE MORDACQ (2000), Pourquoi des Infirmiers?, Edition le centurion,
7. ANNE MARIE GIREL(2000), Dictionnaire des Soins Infirmiers, Editions Amiec
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0.2. DEFINITION DES CONCEPTS

 DEONTOLOGIE : la déontologie : Deon du grec : ce qu’il faut faire et logos =


discours.
La déontologie est une science qui traite les devoirs professionnels. Elle concerne
une profession précise.
 ETHIQUE : vient du grec « etike » ou encore « ethos » qui désigne les mœurs ou
coutume. C’est une réflexion sur les actes précis que l’on pose dans un contexte
concret.
 BIOETHIQUE :est un domaine spécialisé de l’éthique qui traite des problèmes relatifs
à la naissance, à la mort, aux soins de santé, aux nouvelles technologies médicales,
aux techniques de reproduction, à l’usage des drogues, au greffes d’organes, aux coût
de la santé et au droit à la santé.
 MORALE : dans son sens étymologique, morale vient du mot latin mos, moris au
pluriel more qui signifie mœurs. En pratique la morale est une science de
comportement humain. Elle est aussi un ensemble des règles propres à une culture.
Une morale est donc un ensemble des valeurs de références, de grands principes et
de règles qui permettent, avec une hiérarchie variable, selon le cas, d’opérer la
distinction entre « le bien » et « le mal », de fournir à l’homme des règles, des
conduites pour la vie quotidienne, et de mieux vivre ensemble.
 DROIT : c’est l’ensemble des règles qui régissent une communauté telle qu’un Etat ou
une communauté d’Etat. Ces règles sont établies par l’Etat ou les communautés
d’Etats afin de régir leur propre fonctionnement dans un but de maintien de l’ordre et
de la sécurité. Ces règles sont générales et s’appliquent à tous. Elles ont un caractère
obligatoire et ne peuvent être remises en question autrement que par voie légale et
démocratique.
 RESPONSABILITE : C’est l’obligation de répondre de ses actes ou de ceux des
personnes, des animaux ou des choses dont on a la charge. C’est donc une
obligation de répondre à toute question posée au sujet de ses actes devant
l’autorité compétente en acceptant les conséquences.
 INFIRMIER : Selon l’OMS, un infirmier est une personne qui a achevé des études
"basiques" d'infirmier et qui est qualifiée et autorisée à exercer dans son pays dans

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l'ensemble des champs de la promotion de la santé, de la prévention des maladies,


des soins pour les personnes malades et de la rééducation.
La formation de base d'infirmier est un programme d'études formellement reconnu (qui est
normalement d'une durée minimale de deux ans, comprenant un niveau universitaire) qui
fournit de solides bases pour la pratique des soins et développe des compétences
spécifiques.
 DILEMNE : C’est un problème, situation difficile qui se présente ou se présentera.
 DEVOIR : le devoir désigne l’obligation de donner ou de faire quelque chose au nom
de la morale c'est-à-dire au nom de la loi, de l’honneur, de la religion, de la raison, de
la coutume ou de la bienséance (Quillet). C’est une obligation de faire ou d’omettre
quelque chose. C’est être tenu à se dévouer, à se sacrifier.
 ACTE HUMAIN : C’est un acte qui respecte la dignité humaine, réfléchi et non
spontané.
 VALEUR : Ce en quoi une personne est digne d’estime, quant aux qualités requises
chez l’homme dans le domaine moral, intellectuel et professionnel. C’est ce qu’on
cherche au bout d’un acte. C’est une pensée qui détermine la manière d’être et d’agir
d’une personne, d’une organisation, d’une société.
 AUTONOMIE : L’autonomie est la capacité qu’a une personne ou une structure
(institution) à prendre des décisions.
 PREJUGE : C’est une croyance, une opinion préconçue souvent imposée par le milieu,
l’époque, l’éducation ; c’est le parti pris. C’est un jugement favorable ou défavorable
porté par avance
 DEONTOLOGIE INFIRMIERE : est une science qui traite les droits et devoirs
professionnels de l’infirmier
 ART INFIRMIER : c’est l’ensemble de l’exercice professionnel de l’infirmier (clinique,
relationnel et éducatif).C’est l’accomplissement des activités qui consistent à :
- observer, identifier et établir l’état de santé sur les plans psychique, physique et
social ;
- accomplir des prestations techniques de l’art infirmier qui ne requièrent pas de
prescription médicale ainsi que celle pour lesquelles elle est nécessaire ;
- accomplir des actes pouvant être confiés par un médecin et exécutés sous sa
responsabilité et sous son contrôle.

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 SANCTIONS : C’est un acte par lequel un usage, un événement, une action sont
entérinés, reçoivent une sorte de validité. C’est une mesure répressive infligée par
une autorité pour l’inexécution d’un ordre, l’inobservation d’un règlement ou d’une loi.
 PATIENT : C’est une personne malade, souffrante.
 SOINS INFIRMIERS : Les soins infirmiers sont définis au sens large comme « une
attention, une application envers quelqu’un ou quelque chose ». Le mot soin prend
alors le sens de « moyens par lesquels on s’efforce de rendre la santé à un
malade ».On entend par soins infirmiers les soins prodigués, de manière autonome
ou en collaboration, aux individus de tous âges, aux familles, aux groupes et aux
communautés – malades ou bien-portants – quel que soit le cadre. Les soins
infirmiers englobent la promotion de la santé, la prévention de la maladie, ainsi que
les soins dispensés aux personnes malades, handicapées et mourantes.
 SERMENT : c’est une déclaration, une promesse solennelle. C’est une sorte
d’engagement solennel pris devant une assemblée des gens et devant Dieu, « devant
sa conscience » d’accomplir de façon irréprochable sa profession selon les normes et
valeurs morales élevées, humainement acceptées. Nous verrons en détail celui de
Florence NIGHTINGALE pour les infirmiers et d’HYPPOCRATE pour les médecins.
 RELATION : C’est un lien de rapport entre des choses ou des personnes. C’est une
connaissance, une personne avec qui l’on est en contact.

0.3. PRINCIPES DEONTOLOGIQUES APPLIQUES AUX SOINS INFIRMIERS

L'infirmier (e) et l'individu : la responsabilité primordiale de l'infirmière consiste à donner


des soins infirmiers aux personnes qui en ont besoin. Dans l'exercice de sa profession,
l'infirmière crée une ambiance dans laquelle les valeurs, les coutumes et les croyances de
l'individu sont respectées. L'infirmière est liée par le secret professionnel et ne
communique qu'à bon escient les informations qu'elle possède.

L'infirmière et l'exercice des soins infirmiers : l'infirmière assume une responsabilité


personnelle dans l'exercice des soins infirmiers et, par une éducation permanente, est
tenue de maintenir à jour ses connaissances professionnelles. L'infirmière maintient les
soins infirmiers au niveau le plus élevé possible compte tenu de la réalité d'une situation
spécifique. Lorsqu'elle accepte et délègue des responsabilités, l'infirmière évalue avec un
esprit critique sa propre compétence ou celle de ses collègues. Dans son activité

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professionnelle, l'infirmière fait preuve en tout temps d'une conduite qui honore sa
profession.

L'infirmière et la société : l'infirmière partage avec ses concitoyens la responsabilité de


prendre l'initiative d'établir et d'appliquer les mesures destinées à répondre aux exigences
sociales et de santé de la population.

L'infirmière et ses collègues :

L'infirmière coopère étroitement avec tous ceux avec lesquels elle travaille, tant dans le
domaine des soins infirmiers que dans d'autres domaines. L’infirmière prend toute mesure
nécessaire pour protéger l’individu lorsqu’un collègue ou une autre personne lui donnent
des soins qui le mettent en danger.

L’infirmière et la profession :

Il appartient à l’infirmière de définir et d’appliquer les normes souhaitables à l’exercice et à


l’enseignement des soins infirmiers. L’infirmière contribue activement à développer les
connaissances propres à la discipline des soins infirmiers. L’infirmière par l’intermédiaire
de son organisation professionnelle participe, dans le domaine des soins infirmiers, à la
création et au maintien de conditions de travail équitables sur les plans économique et
social.

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Chapitre I : HISTOIRE DE LA PROFESSION INFIRMIERE


Depuis l’antiquité, l’homme a considéré le soin comme un symbole de vie. Il lui attribuait
la possibilité de protéger et conserver la vie. Ainsi, les soins d’entretien de vie et de
confort, qui aujourd’hui sont assimilables aux prémices des soins infirmiers modernes ont
existé depuis que l’homme et la femme sont au monde. Et depuis, cette tâche était la
principale activité de la femme.

Depuis plusieurs années, les infirmiers essayent de définir les bases théoriques de la
pratique des soins infirmiers. Ils désirent clarifier l’image de l’être humain qui requiert des
soins infirmiers et définir le but de la profession et la nature des interventions de l’infirmier
professionnel.

1. Définition de la profession infirmière :


La profession infirmière répond à un besoin social très important car elle repose sur un
ensemble des connaissances des compétences, des principes, des méthodes et
techniques prouvés scientifiquement et acceptés par la société. Sa responsabilité
première est de dispenser une aide directe au patient, à la famille et à la communauté.

La profession infirmière fonctionne sur une base de collaboration et de complémentarité


avec d’autres professionnels de santé. Elle a comme fondement ou base, la satisfaction
de besoins perturbés. Elle est un art et une science. Elle s’exerce d’une façon autonome
et compétente dans le cadre d’un engagement et regroupe ses membres en une
organisation professionnelle : Association, Comité, Ordre etc. Son cadre d’exercice est
les soins infirmiers définis de façon ci-après :

 L’organisation mondiale de la santé (OMS) : pour l’OMS les soins infirmiers


sont la fonction essentielle et originale de l’infirmier :
- Assister l’individu malade ou bien portant dans l’accomplissement des actes qui
contribuent au maintien et à la restauration de la santé ou à une mort paisible, qu’il
accomplirait par lui-même s’il avait assez de force et de volonté ou de savoir. Dans
cet aspect les soins infirmiers sont donc essentiellement une relation soignant et
soigné. Relation de plus ou moins grande dépendance. Ces soins reposent sur les
connaissances de l’anatomie, de la physiologie, de la sociologie des notions
générales de pathologie médico-chirurgicale, de pharmacopée, etc. et sur

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l’apprentissage d’une bonne technique de soins indispensable à la réalisation


d’acte infirmier
 Pour le Conseil International des Infirmiers : les soins infirmiers, c’est
l’ensemble de soins ayant pour but de protéger la vie. C’est aussi un ensemble
d’actes effectués par l’infirmier en vue de répondre aux besoins fondamentaux de
l’individu malade ou bien portant. Ils sont une activité humaine qui nait de
sentiment qui pousse les hommes à venir en aide aux autres et ils s’adressent aux
personnes de tout âge : enfant, adolescent, adulte et vieillard malade ou bien
portant.
 Pour l’Association Nationale des Infirmiers du Congo (ANIC) , les soins
infirmiers en tant que partie intégrante du système de soins de santé, comporte la
promotion de la santé, la prévention de la maladie, les soins aux personnes
physiquement et mentalement malades et handicapés de tout âge et ceux de tous
les établissements communautaires et de santé. Dans ce large éventail de soins
de santé, le phénomène concerne, tout particulièrement les infirmiers.
2. Définition de l’infirmier (infirmière)
 OMS : l’infirmier (l’infirmière) est une personne qui, ayant reçu une formation
de base, est apte pour assurer dans son propre pays, responsabilités de
promouvoir santé, de prévenir la maladie et de soigner les malades
 CII/ANIC : l’infirmier (l’infirmière) est une personne qui, ayant suivi un
enseignement et une formation professionnelle officiellement reconnue a
acquis des connaissances, des techniques, des attitudes nécessaires pour la
promotion de la santé, la prévention et le traitement des maladies pour
lesquelles une compétence lui est reconnue.
3. L’histoire de la profession
Dans le cadre de ce cours, l’histoire de la profession infirmière sera développée sur deux
plans à savoir le plan international et le plan national.

a. Niveau international
La profession infirmière a été toujours celle qui a pu donner et continuer à donner une
réponse à la misère humaine. Dans ses débuts missionnaires, la profession infirmière a su
évoluer durant le temps et s’organiser de façon à devenir aujourd’hui une science au

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même niveau que les autres sciences. Son évolution peut être modérée mais inéluctable a
permis d’identifier les grandes périodes qui ont fait son histoire.

A. La préhistoire

Aucune de trace véritablement rattachée à ce qui deviendra la profession infirmière mais


on observe une organisation d’une intelligence primitive susceptible de donner aux
peuples les possibilités de lutter continuellement pour survivre et perpétuer l’espèce
humaine. Menace due à un environnement dangereux et aux conditions climatiques trop
dures, qui exposaient l’être primitif aux lésions et maladies qu’il apprendra à guérir en
utilisant son instinct naturel. Son mode de vie s’identifie par les facteurs socioculturels, ce
qui est caractéristiquement dominé par la chasse, l’agriculture et de l’élevage du petit
bétail faisait montre d’une intelligence qui exprimait l’économie rurale. Ceci va faire
développer la vie nomade afin de trouver des terres favorables pour les bétails.

Le mariage est très caractéristique de la vie communautaire et la fonction protectrice de la


famille est dévolue à la femme afin de préserver un environnement physique adéquat. La
pensée du primitif est animiste, le primitif croit que la maladie comme aussi la mort ne sont
pas des phénomènes normaux mais guidés par les forces occultes, les démons hantent
sa vie, de ce fait, il faut les chasser par des incantations humaines. Les sorciers et les
prêtres jouent le rôle de médecin en recourant à la magie pour chasser l’influence des
forces maléfiques, de démons dans le corps du malade.

Dans ce contexte la morale qui en sort est que la maladie est la conséquence du péché et
de la colère des dieux, il résulte dans cette approche que ce qu’il faut commencer à guérir
est l’âme car si cette dernière est guérie, le corps physique se reconstitue. Ici, les soins
donnés visent essentiellement la conservation de la vie. Les pratiques rudimentaires sont
utilisées pour répondre aux nécessités vitales des individus.

On note une grande responsabilité de la femme (mère), à assumer la tache de protéger


les enfants de la maladie et soigner les membres de la famille. Ce rôle protecteur extrait
pratiquement dans le rôle des activités dévolues à la femme. Ce qui donnait les atouts
pour la mise en pratique des mesures d’hygiène rudimentaire, administrait les remèdes,
les aliments et leur accordait de la sympathie. On peut conclure que les femmes de
l’époque préhistorique ont vraiment aidé à vivre.

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B. L’antiquité

C’est l’époque des grandes civilisations caractérisées par le développement des races et
des nations. On observe dès l’an 3000 avant Jésus-Christ jusqu’aux temps du
christianisme certaines parties du monde telles que l’Inde, l’Egypte, la Palestine, la Chine,
la Perse, la Grèce et Rome Antique s’organisèrent en sociétés. Cette longue période est
caractérisée par la naissance de la science médicale dont Hippocrate en est le pè[Link]
enseignant que la maladie a des causes naturelles et non des causes magiques. En cette
période, on voit s’afficher la convergence entre la médecine et la philosophie qui s’ingèrent
en sciences.

Cependant, les écrits historiques datant de cette époque prolifique ne sont pas prolixes et
donnent peu ou rien d’informations sur le rôle de l’infirmier. La médecine est en plein essor
mais pas les soins infirmiers.

C. Le christianisme

C’est ici qu’apparait l’essor des soins infirmiers car plusieurs personnes se consacrèrent
aux soins des malades. C’est au couvent qu’on voit apparaitre en premiers ces
mouvements et l’élan vers la solidarité. Les couvents offrent les premiers lieux
d’hospitalisation, les soins deviennent une des premières activités de charité.
Humanisation des soins et les résultats d’un altruisme observable en premier chez les
religieuses et les dames romaines en occurrence à FABIOLA pour soigner les malades.

Les soins donnés en cette période étaient élémentaires, centrés sur l’hygiène et réconfort
dans la souffrance. Cette période marque le changement dans l’approche de la
compréhension de la maladie. Les malades sont considérés comme sujets humains et
non comme déchets qu’on lassait mourir seuls sans soins. L’Eglise catholique introduisit
la pratique charitable des soins et ainsi, participa à l’humanisation des soins. L’église
catholique interdit la pratique de la magie et le culte des faux dieux. Elle mit l’accent sur la
charité envers les démunis et les préoccupations de chrétiens, spécialement des dames
romaines s’orientèrent vers les soins prodigués aux enfants.

Au cours de cette période l’être malade est considéré comme humain qui est malade,
pauvre ou infirme. Le but de soins était de soulager les souffrances et de faire pénitence
et d’acquérir des mérites en vue d’une récompense éternelle. C’est ainsi que les soins

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corporels sont dispensés. De plus, on administrait des remèdes et certains traitements


rudimentaires étaient appliqués.

D. Le moyen âge

Le moyen âge est considéré comme une époque de stagnation au point de vue médicale.
L’église a pris la responsabilité de soins des malades, il ya eu fondation d’ordre religieux
vouée à l’assistance aux malades. De nombreux hôpitaux sont guidés par des
congrégations qui se chargent de les diriger, de les administrer.

La société médiévale faisait face à des problèmes identiques à ceux des sociétés sous
développées actuellement. En effet, elle est à la merci de mauvaises récoltes, d’épidémies
et de guerres. La société et l’encombrement des logements résultèrent des déplacements
incessants des pèlerins et des croisés. Le pouvoir laïc reprendra ses droits à la fin du
Moyen Age et vers le 14ème siècle, la laïcisation des hôpitaux commença à se généraliser.

A cette époque une nouvelle conception apparaît, la maladie était une grâce et la mort
était une délivrance de l’âme. La charité chrétienne obligea à aider le malheureux. Ainsi,
vers l’an 1000, se manifeste un grand élan de donation de fonctions pieuses pour
répondre aux besoins des malades.

L’idéologie de soins de cette période voulut qu’on assista le malade afin qu’il expia ses
péchés et mérite la récompense éternelle. Les soins se résument à distribuer les repas,
laver les malades, assister les femmes en couches et à transporter les blessés. Aucune
formation n’était requise, la seule exigence était d’être capable de compassion et de
sollicitude.

E. La renaissance (1453-1700)

Durant la renaissance un vent de liberté souffla et les hommes décidèrent de ne plus


accepter sans exprimer les directions de l’église. L’anatomie du corps humain est
découverte par dissection. La connaissance de l’anatomie fait progresser la chirurgie,
Ambroise Paré améliora les techniques opératoires. Cependant le traitement médical
resta traditionnel : saignée, purges et clystères.

Cette époque est caractérisée par une stabilité de l’ordre social, le christianisme continua
de propager l’esprit de charité, de compassion envers les malades. C’était également l’ère

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de l’évangélisation et des tribus sauvages et les missionnaires étaient nombreux à


poursuivre cette idéologie religieuse.

F. Les 18ème et 19 ème siècles

En ces siècles, des événements qui sont l’impulsion d’Elisabeth Fry qui entreprit
véritablement la formation des infirmiers axée sur l’acquisition de connaissances
scientifiques médicales. Sires Robert Peel obtient une réglementation du travail des
enfants et Antoine Pinel obtient une réglementation des traitements cruels infligés aux
malades mentaux.

C’est ainsi que la médecine devient scientifique et que les sciences infirmières se
constituèrent. En 1860, la deuxième école fut fondée à saint Thomas par Florence
Nightingale. Elle était la première à promouvoir l’autonomie professionnelle des
infirmiers. Elle était née à Florence (Italie) lors d’un séjour de ses parents dans cette
atmosphère de luxe. Elle voulut entreprendre des études d’infirmière malgré l’opposition
de sa famille. En 1851, elle rentra à l’école des diaconesses où elle passe son temps à
soigner les malades.

En Angleterre, elle devint directrice d’une maison de santé à Londres. Elle occupa le poste
lorsqu’éclata en 1854 la guerre de Crimée. Voulant soigner les blessés, elle part pour le
front avec 38 infirmières. Elle fut mal accueillie par les médecins, mais peu à peu est
acceptée par les autorités et devint indispensable aux soldats. En moins d’une année, son
travail réduit de 60% à 20% la mortalité des blessés. Après la guerre, elle s’employa à
organiser une école d’infirmiers selon les principes suivants :

 Le 19ème siècle est très important dans l’évolution de l’histoire des soins infirmiers
grâce à Florence Nightingale du fait du progrès de certains concepts. La personne
soignée est vue comme un instrument passif de la nature répondant aux lois
régissant la santé et la maladie.
 Le but de soins était de mettre le malade dans les meilleures conditions afin que la
nature agisse sur lui
 Surveiller le malade afin qu’il guérisse, procurer au malade de l’air frais, de la
lumière, de la chaleur et de la tranquillité. La formation infirmière avait une durée de
trois ans.

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L’époque contemporaine est marquée par les découvertes médicales extrêmement


importantes mais signalons surtout l’avènement des sulfamidés, de la pénicilline, de la
chirurgie et de la médecine expérimentale qui diminuent considérablement le taux de
mortalité. Les soins infirmiers s’améliorent également. L’influence de Florence Nightingale
permettra la création de nombreuses écoles d’infirmiers en Europe et en Amérique. En
Belgique, il y a eu création d’une école dirigée par Edith Cavell, infirmière anglaise qui
s’inspire des principes énoncés par Florence Nightingale.

L’évolution de la technologie vers les années 50 amena des changements importants


dans les traitements des malades. Les unités de soins ultra-spécialisées se créèrent,
l’avancement de la science médicale influença grandement le rôle et les fonctions de
l’infirmière, sa formation repose sur des bases scientifiques d’anatomie, physiologie,
microbiologie, pathologie et les techniques de soins qui occupent une place importante
dans le programme d’études.

Aux Etats Unis la situation était identique pour certaines infirmières américaines à
l’exemple de Virginia HENDERSON, le rôle de la profession d’infirmière doit être précisé
en vue de redéfinir le rôle propre de l’infirmière.

Que faut- il retenir de VIRGINIA HENDERSON ? Elle est née le 30 novembre 1897 à
Kansas city aux USA d’une famille de huit enfants. C’est en 1918, alors que la première
guerre mondiale touche à sa fin qu’elle décide de devenir infirmière. Elle obtient son
diplôme en 1921, à 24 ans.

Elle exerce pendant une année soit de 1923 à 1924 dans les quartiers de New York et de
Washington. Elle complétera cette expérience extra hospitalière par un travail à l’hôpital
de Rochester de 1930 à 1932. Elle entreprend des études supérieures en soins infirmiers.

D’autres intérêts professionnels l’attireront particulièrement vers l’enseignement des soins


infirmiers. S’étant déjà munie de plusieurs distinctions universitaires qu’en 1948, à 45 ans,
elle commencera à rédiger les célèbres et quasi-universels » principes fondamentaux »
sont la pierre angulaire qui fait des soins infirmiers (CII) et publiées en plusieurs langues.
Les soins infirmiers ont été enrichis par les conceptions novatrices de cette infirmière.

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b. Niveau National
Le rôle de l’infirmier congolais est passé par différentes phases depuis l’époque coloniale
à nos jours. On distingue spécialement trois grandes périodes dans l’évolution du
profil de l’infirmier (Avant 1917-1934, Période de 1935-1965 et La période de 1970-
1985).

Avant l’indépendance

L’infirmier à l’époque coloniale est un exécutant des tâches subalternes sans initiatives.
Cette période se subdivise en trois périodes: la période avant 1917, la période 1917 à
1934 et la période de 1935 à 1959

1. Avant 1917-1934
Cette période est caractérisée par l’existence d’un système de formation organisé pour
l’infirmier au Congo. Seul le facteur dévouement jouait sur le recrutement de candidats
infirmières qui recevaient ensuite une formation pour des taches bien spécifiques et
subalternes. Certains bénéficiaient d’un encadrement particulier par le médecin qui
recevait ainsi une formation de courte durée sanctionnée par une attestation servant de
référence pour son propriétaire.
La date du 03/03/1917 reste en souvenir du fait que ce jour fit celui où la première
ordonnance du gouvernement général de la colonie autorisait l’organisation d’un
enseignement médical au Congo indigène. Une école de formation des infirmiers
auxiliaires et sage femmes naquit dès 1925 pour former les auxiliaires accoucheuses.
C’était une formation purement pratique. En décembre 1926 ces écoles furent créées au
niveau provincial. Elles comprenaient une formation de 5 ans dont 3 ans de théorie et 2
ans de pratique.
A l’issue de la formation, ceux qui terminaient avec distinction étaient nommés
« Assistants médicaux indigènes (AMI), ceux ayant obtenu satisfaction étaient retenus
comme infirmiers. Plus tard lors de l’indépendance, ce sont ces anciens AMI qui seront
envoyés en France pour une formation médicale et reviendront comme les premiers
médecins indigènes.

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2. Période de 1935-1965

Certaines formations viendront compléter l’éventail des écoles de formation des infirmiers
et garde- malade à savoir :

- EIA en 1 an (Ecole d’infirmiers auxiliaires)


- EGS en 4 ans (Ecole de gardes sanitaires avec 2 ans de formation théorique et 2
ans de pratique)
- EI en 5 ans (Ecole d’infirmiers avec 3 ans de formation théorique et 2 ans de
pratique). Cet infirmier est microscopiste et injecteur.
En 1952, une ordonnance-loi du gouverneur central définissait le profil suivant lequel
l’infirmier est une manœuvre spécialisée pour exécuter les ordres de médecin et dans les
soins selon les avis de celui-ci. C’est vers cette époque qu’on a vu apparaître les premiers
infirmiers diplômés mais il faudra attendre jusqu’à 1959 pour qu’une ordonnance-loi
consacre ce niveau de formation en même temps que celui des assistants médicaux
indigènes.

De 1960-1965, cette période est marquée par le départ massif de colons blanc y compris
les médecins et les infirmiers. Ce qui introduisit les grands bouleversements même dans
le chef des infirmiers congolais laissés sans préparation devant les grands
bouleversements. Les infirmiers remplacent les médecins dans toutes leurs attributions.
Le départ de la plupart des assistants médicaux en 1964 pour une formation médicale en
Europe, renforce la charge et le prestige de l’infirmier. Ce dernier s’installe de plus en plus
sur le rôle médical délaissant parfois son rôle primaire «le nurse»

3. La période de 1970-1985

L’infirmier élève son niveau de connaissance pour l’adapter à des nouvelles charges. Il se
spécialise et se donne les capacités de répartir les tâches au sein de l’équipe de soins.
L’infirmier met l’accent sur l’autonomie de la profession et revendique la complémentarité
et la collaboration avec la profession médicale.

Cette nouvelle vision a été facilitée grâce à l’organisation de la profession infirmière en


association dès les années avant l’indépendance et surtout dès 1971 avec la création de
l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) qui permit de former à un niveau
supérieur les infirmiers et leur donner les compétences requises pour assurer l’autonomie.

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Ce qui permit de constater les infirmiers ramenaient à un bon niveau technique et


l’émigration de ceux-ci dans beaucoup des pays en Europe et aux USA.

Ce départ des infirmiers a fait régresser la valeur de la main d’œuvre locale du fait de
certaines conditions liées à la crise socio-économiques que connaissait le pays.

Malgré le niveau supérieur des études faites (gradués en sciences infirmières), les
infirmiers revendiquaient plus d’ouverture pour poursuivre leurs études, ce qui amena
certains d’aller en Europe et en Amérique pour continuer les études dans les universités
étrangères où ils décrochèrent même des thèses. Rentrés au pays, ces infirmiers (ères)
donnèrent l’impulsion à ceux restés au pays pour la création de la licence en 1998 pour
une première promotion en l’an 2000.

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Chapitre II :RELATION INFIRMIER ET PATIENT

A. QUALITES DE L'INFIRMIER(E)
1. Qualités physiques
La profession infirmière est exigeante et harassante. Le professionnel a donc besoin des
aptitudes physiques nécessaires pour remplir pleinement son rôle. Il doit avoir l'intégrité
physique, la bonne santé, la bonne taille et l'absence de déformation.
D'une manière générale, l'infirmière doit avoir une santé vigoureuse et un corps sain dans
sa structure et dans son fonctionnement. Un infirmier malade constitue un danger pour le
patient. Il doit posséder les organes de sens affinés, de mouvement harmonieux, un
système nerveux bien équilibré lui permettant de se livrer à un travail physique intense et
sous avec attention et maitrise de soi. C'est la raison pour la quelle on demande
l'attestation ou le certificat d'aptitude physique.
2. Qualités intellectuelles
Le travail de l'infirmier nécessite de l'intelligence, de la réflexion, du raisonnement, de
choix à faire donc le discernement. Pour cela, il faut faire marcher ses capacités
intellectuelles, se poser de questions, analyser, bref réfléchir avant d'agir.
Tout cela exige des connaissances, d'où la nécessité pour un professionnel authentique
de toujours lire, de s'informer et de se former en permanence. Le professionnel infirmier
ou accoucheuse doit avoir les qualités intellectuelles ci-après :
- l'esprit d'observation: pour bien observer, il faut déjà savoir ce qui est normal et
anormal, d'où l'importance de connaissance. Il faut savoir observer tous les signes
physiques, psychologiques du patient: son aspect, son comportement, ses
aptitudes.
- la mémoire: c'est la capacité qui permet de retenir les souvenirs ou la
connaissance des faits du passé. Le professionnel infirmier ou accoucheuse doit
améliorer sa mémoire, il a besoin de connaissance pour améliorer son art. Pour
cela, il doit lire et retenir pour ne pas oublier, il doit éviter d'être distrait pendant son
travail
- La maturité d'esprit: c'est une qualité nécessaire à l'infirmier/accoucheuse pour
mieux comprendre le patient, comprendre sa souffrance, celle de sa famille,
même pour comprendre la mort
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- Le jugement: l'aptitude qui permet de distinguer le vrai du faux, de l'urgence et de


non urgence. C'est grâce au jugement qu'on peut prendre une décision
- La prévoyance: c'est l'action de prendre des précautions pour ce qui arrive.
3. Qualités morales et spirituelles
Ce sont les qualités suprêmes qui commandent les autres qualités. Il s'agit de :
 la volonté: c'est le pouvoir de se déterminer à faire ou poser certains actes
 la justice: c'est la droiture, l'équité, l'impartialité, l'intégrité, la probité, bref la juste
appréciation, la reconnaissance et le respect de droit et du mérite de chacun
 l'altruisme: c'est la disposition, le penchant à s'intéresser et à se dévouer à autrui,
c'est le contraire de l'égoïsme
 le dévouement: c'est le sens d'abnégation, de sacrifice, d'héroïsme. Le dévouement
est l'attitude d'une personne qui s'oublie, se sacrifie, se consacre entièrement à
quelque chose.
Dans le contexte de soins, le dévouement est la qualité primordiale de
l'infirmier/accoucheuse, car l'oubli de soi, l'altruisme et la charité sont les vertus
dominantes pour embraser cette profession sans ostentation, sans désir de s'imposer et
de se faire valoir
 la conscience professionnelle: c'est un pouvoir qui pousse le professionnel à
accomplir son devoir sans que le contrôle soit nécessaire
 le tact: c'est l'appréciation intuitive, spontanée et délicate de ce qu'il convient de
dire, de faire ou d'éviter dans les relations humaines. C'est le sentiment de dire les
paroles qui conviennent ou de faire de gestes qu'il faut sans blesser la morale ou la
privant de la communauté ou des individus, voire des patients
 la discrétion: elle signifie la décence, la délicatesse, la réserve, en somme la
retenue judicieuse dans les paroles ou dans les actions, c'est aussi aptitude à
garder le secret professionnel
 la loyauté: elle signifie l'honnêteté, la probité, la droiture la plus rigoureuse dans
toutes les activités, rapports et relations de la vie professionnelle
 la patience: c'est la faculté qui consiste à supporter le malheur avec calme et
courage.
 l'honnêteté: c'est respect de devoir de justice, de la morale et équité qui donne
l'honneur et la dignité de la personne. Donc un professionnel ne peut pas voler ou
mentir la communauté. Il doit être considérer comme sérieux
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 la persévérance: c'est recommencer tous les jours, c'est vouloir malgré tout
 la bonté: être bon, c'est savoir s'approcher, répondre à l'attente inexprimée que
chaque patient porte en lui. Etre tout à tous en toute occasion.
4. Qualités professionnelles
 l'esprit d'initiative: l'art de prendre des décisions en l'absence de directives
 l'esprit d'organisation : c'est le fait de bien s'organiser permettant ainsi de gagner du
temps et de se fatiguer. Ce qui permet également l'économie du matériel. Pour
mieux s'organiser, il faut prévoir, il faut de l'ordre, de la méthode.
 la compétence: aptitude d'une personne à faire ou à décider, c'est la connaissance
approfondie reconnue qui confère à une personne le droit de juger ou de décider en
certaines matières. Elle s'acquiert par la méthode de travail depuis l'établissement
de formation jusqu'au terrain d'application.
 l'ordre et la propreté: c'est le sens le mettre chaque chose à sa place et prêt à
l'emploi. L'ordre est compris aussi comme la disposition de chose selon le rang, la
place qui leur convient. Il préside à l'organisation et l'administration de l'hôpital ou
de l'institution. La propreté est comprise comme une qualité de ce qui est net,
exempt de saleté. Elle est à base de l'hygiène et de la prophylaxie.
 l'économie: c'est le gain. L'économie évite le gaspillage des ressources de l'hôpital
mises à la disposition de tous, mais surtout du patient auquel tout se ramène enfin
de compte ou vers qui tout doit converger.
 l'exactitude: c'est la qualité de ce qui est juste, vrai, précis. C'est la conformité à la
prescription, à l'éducation pour la santé, en communication et en interventions
auprès de la communauté.
 la précision signifiée: c'est l'exactitude dans le temps ou la ponctualité et dans la
connaissance des faits. C'est la netteté rigoureuse dans la pensée, l'action, le style.
Elle exclut le superflu.
B. DROITS ET DEVOIRS DE L'INFIRMIER(E)
1. Devoirs vis à vis du patient
Le professionnel infirmier doit :
 assurer tous les soins nécessaires et possibles au patient soit seul ou soit en
équipe,
 agir toujours avec correction au malade.
 élaborer toujours son diagnostic avec le plus grand soin et sans précipitation,
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 s'assurer toujours de l'exécution du soin,


 conseiller toujours les règles d'hygiène au patient,
 toujours obtenir le consentement éclairé du patient avant la dispensation des
soins ou de communiquer un pronostic fatal à sa famille,
 dissimuler légitimement un pronostic grave au patient dans certains cas,
 relever au patient un pronostic fatal avec la plus grande circonspection,
 se référer toujours au Médecin en cas d'accouchement dystocique,
 ne pas refuser à son client les explications sur sa note d'honoraires.
2. Devoir vis à vis du patient en fin de vie
 assurer tous les soins nécessaires et possibles au patient soit seul ou soit en
équipe même pour le patient en fin de vie
 isoler ceux qui sont dans la salle
 veiller au calme autour du moribond
 rester calme dans le désarroi de l'entourage, actif là où les autres sont inertes
 prévenir la famille en cas d'aggravation de la situation du patient
 en cas de décès du patient, l'ensevelir dignement avec beaucoup de respect.
3. Devoirs envers la famille du patient
Le professionnel infirmier doit :
- toujours assurer la prophylaxie lors de soin dans une famille ou dans un milieu
donné
- conseiller toujours les règles d'hygiène à la famille
- éviter de s'immiscer dans les affaires de la famille du patient ou du milieu où on est
appelé à administrer les soins
- avoir une certaine réserve vis à vis de la famille du patient
- être un réconfort moral pour la famille
- faire bénéficier son calme communicatif
- être discret
- renseigner la famille sur certaines informations en lien avec la santé du patient
- être bon, patient pour les rassurer
- consoler la famille du patient en cas de décès de celui-ci
- aider la famille à remplir les formalités d'usage.

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C. DROITS ET DEVOIRS DU PATIENT


1. Droits du patient

a. Droits fondamentaux de la personne

1. Respect de la dignité et de l'intimité

Le droit à la dignité ne devra pas avoir besoin d'être rappelé, tant cela est lié à l'activité
soignante. Il n'y a aucune situation de soins, aucune profession de santé qui ne puisse se
départir du respect de cette dignité. Le respect de l'intimité du patient doit être préservé
lors des soins, des toilettes, des consultations et des visites médicales, des traitements
pré et post opératoires, des radiographies, des brancardages et à tout moment de son
séjour hospitalier. Le patient est traité avec égards.

2. Prise en charge de la douleur

Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager la douleur. Celle-ci doit
être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée.

3. Respect de la confidentialité

Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de


santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de
sa vie privée et du secret des informations la concernant. Non seulement ce qui lui a été
confié mais aussi ce qu'il vu, entendu ou compris.

b. Droits de l'usager du système de santé

1. Droit à l'information
Toute personne a le droit d'être informé sur son état de santé. Cette information porte sur
les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposées,
leur utilité, leur urgence éventuelle, leur conséquence, les risques fréquents normalement
prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et les
conséquences en cas de refus.
2. Droit au consentement
Aucun acte médical, ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre
et éclairé du patient. En effet, pour consentir de manière éclairée, le patient dit avoir reçu

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toutes les informations lui permettant de prendre une décision. Dire que le patient dispose
du droit de consentir au soin signifie que le patient peut les accepter mais parfois les
refuser.
3. Droit à la désignation d'une personne de confiance
Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance qui peut être un
parent, un proche ou le Médecin traitant, qui sera consultée au cas où elle-même serait
hors d'état d'exprimer sa volonté et de recevoir l'information nécessaire à cette fin. La
désignation d'une personne de confiance n'est pas une obligation pour le patient, elle doit
lui être systématiquement proposée lors de toute admission.
4. Droit d'accès au dossier du patient
Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé détenues par
les professionnels de santé et établissement de santé. Cet accès peut se faire de deux
manières: de manière indirecte, c'est à dire par l'intermédiaire d'un Médecin désigné
librement par le patient et de manière directe.

c. Autres droits du patient

- droit aux soins et à la qualification des intervenants


- droit au secret professionnel
- droit aux convictions religieuses
- droit à la sécurité
- droit au repos
- droit au refus de soins
- droit à la liberté d'expression
- droit de refuser de participer à une recherche.

D. NOTIONS DE VIOLENCES ET CONTRAINTES DANS LES SOINS


1. Violence
C'est brutaliser ou contraindre une personne par la force, par la menace ou les tortures.
On entend par violence, le fait d'agir sur quelqu'un ou de le faire agir contre sa volonté en
employant la force ou l'intimidation. La violence peut être physique, morale ou psychique.
violence physique: elle se caractérise par une atteinte à l'intégrité corporelle d'une
personne

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violence morale ou psychique: est le fait de soumettre une personne à une


pression morale en la mettent dans un état de stress permanent ayant de
répercussions néfastes sur elle.
2. Contrainte
On entend par contrainte, la violence exercée contre quelqu'un, une entrave à la liberté
d'action d'une personne. Ici la contrainte est beaucoup plus psychique.
3. Types de violences et contraintes dans les soins
Dans le cadre de soins, la violence et la contrainte peut s'exercer dans le deux sens:
 du soignant vers le soigné: l'on remarque très souvent que la violence et la
contrainte par un soignant sur un patient sont dues pour la plupart de cas une
incompétence du premier tant sur le plan de droits de l'homme et de la déontologie
professionnelle que sur le plan de connaissances pratiques. Elles peuvent aussi
être dues à ses problèmes privés.
Quelques exemples de cas de violences observées dans la pratique de soins:
 le mauvais accueil du patient ou accueil belliqueux,
 l'absence de l'écoute,
 l'imposition d'achat par le patient du médicament que l'on possède,
 la mauvaise identification du patient
 la mauvaise préparation psychologique et physique
 le non-respect de dignité humaine dans l'examen en groupe de malades
préalablement mis à poils.
Quelques exemples de contraintes de cas observés dans la pratique de soins:
l'administration forcée d'un traitement à un enfant ou à un malade mental
le don de sang (iso-groupe, iso-rhésus) à un patient ayant perdu massivement du
sang et refusant toute transfusion, malgré le fait que sa vie est en danger (cas de
convenance religieuse ou autres)
les paroles désobligeantes vis à vis d'un patient
la révision utérine sans anesthésie ou sans collaboration de la patiente
la réduction d'une entorse au vif sans anesthésie….
L'on observe que la finalité de la violence est plus grave pour le patient quant à la
contrainte pour un patient conscient, l'on peut réussir à obtenir sa collaboration si l'on lui
explique le bien fondé du soin.

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 du soigné vers le soignant


La violence d'un patient envers le soignant quand celui désemparé et mal à point. En effet,
un malade peut être agressif ou antipathique à cas de l'anxiété due à sa maladie ou à la
peur de mourir. Le soignant et le soigné sont deux entités inséparables, raison pour
laquelle les soins devraient afin d'obtenir la collaboration du malade d'une part, la
disponibilité et le dévouement du soignant d'autre part. La relation soignant-soigné doit se
dérouler dans les meilleures conditions possibles (confiance, sympathie, douceur,
respect). Par ailleurs, l'on peut amener à contraindre un patient à accepter les soins. Ce
sera le cas d'un enfant, d'un malade mental ou d'un comateux quand son intérêt l'exige.

E. RELATION D'AIDE INFIRMIER(E) ET PATIENT


La relation d'aide est définie comme "un soin relationnel", c'est la capacité du soigné à
vivre sa maladie et ses conséquences sur la vie personnelle, familiale, sociale et
éventuellement professionnelle. Elle est fondée sur le développement d'une relation de
confiance entre soignant-soigné. Elle est aussi définie comme une relation et une liaison
ou interaction entre plusieurs personnes ou entités dans le cadre de la relation soignant-
soigné, ces personnes sont d'une part l'infirmier qui représente le soignant et le patient qui
est le soigné.
Etre soignant, c'est être professionnel, d'où l'infirmier qui entre dans l'intimité du patient
doit instaurer une relation de confiance qui s'établit au quotidien. Cette relation est de
civilité, de politesse et de respect mutuel. Le fondement de cette relation commence par
l'accueil qui est essentiel dès l'entrée dans un monde inconnu pour le patient. Les soins
relationnels sont essentiels à la prise en charge infirmière.
Le soignant a un rôle d'information, d'explication et de reformulation. Il explique au patient
ses gestes, les prévient de soins avant leurs déroulements, il reformule les informations
d'un Médecin que le patient n'a pas comprises.
Le soignant entre également en relation avec la famille du patient par sa disponibilité et
sa présence continue. Elle peut les rassurer et les informer, cette relation permet de mieux
connaitre le soigné.
L'interaction entre deux personnes se trouvant dans une situation de soins à chaque fois
renouvelée parce qu'elle offre d'inconnue, de complexe et d'imprévisible. Elle est le
fondement de la prise en charge globale du patient.

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Entre le soignant et le soigné, il y a les cinq sens qui entre en relation (toucher, odorat,
ouïe, vue et voix). Cette relation ne peut se faire sans la communication.
La relation soignant-soigné est donc un soin à part entière, complémentaire du soin
technique qui s'enseigne. Elle ne doit pas se focaliser uniquement sur les soins
techniques mais sur la globalité de la personne car cette relation économise l'affect du
soignant qui refuse d'entrer en relation avec la globalité du soigné, c'est à dire avec sa
personnalité.

F. SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE DU PATIENT


Le soignant qui comprend les bienfaits thérapeutiques jouent un rôle vital pour aider le
patient a en tirer le plus grand profit. Son appui, son intérêt et sa collaboration dépendent
directement de sa compréhension et de son attitude envers ses thérapies et la nature qui
existe entre le soignant et le thérapeute (Médecin).

Un doute quelconque, une rivalité avec le thérapeute ou tout autre sentiment négatif
affectera certainement l'efficacité du traitement. Le patient observe l'attitude de l'infirmier à
l'égard de ce traitement avant de décider s'ils sont bons ou non.

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Chapitre III :RELATION INFIRMIER (E) ET SOCIETE

Serment et contrat social

La profession infirmière ne se limite pas à la seule relation soignant-soigné, relations entre


collègues et autres professionnels de santé. La profession infirmière va plus loin, elle
engage aussi une relation avec la société ; cette relation peut prendre la forme d’un
contrat social par lequel la société accorde la confiance, la responsabilité et le
privilège exclusif de fournir certains services et une grande capacité
d’autorégulation, en retour de quoi la profession accepte d’utiliser la confiance,
responsabilité et les privilèges essentiellement pour le bénéfice d’autrui et, seulement en
deuxième lieu, pour son propre bénéfice.

De part sa nature, l’homme est appelé à vivre sur la terre en société et non en solitaire. La
société est composée d’un grand nombre d’individus qui sont différents les uns des autres,
soit par leur origine soit par leurs caractères.

Les quatre responsabilités essentielles de l'infirmière dans la société sont :


promouvoir la santé, prévenir la maladie,restaurer la santé et soulager la souffrance.

Les besoins en soins infirmiers sont universels. Le respect de la vie, de la dignité humaine
et de droits de l'homme fait partie intégrante des soins infirmiers.

Ces derniers ne sont influencés par aucune considération de nationalité, de race, de


croyances, de couleur, d'âge, de sexe, d'ordre politique ou social. Les infirmières donnent
des soins de santé à l'individu, à la famille et à la collectivité et coordonnent leur activité
avec celle des personnes travaillant dans les autres disciplines du domaine de la santé.
L’art infirmier est aujourd’hui, plus que jamais, une activité sociale que strictement
individuelle. Ainsi l’infirmier doit non seulement prêter serment de respecter sa déontologie
à tout moment pendant toute sa vie, mais aussi signer le contrat pour l’exercice de sa
profession.

1. Serment de l’infirmier

Un serment est un engagement solennel pris devant une assemblée de gens et devant
Dieu, devant sa conscience d’accomplir de façon irréprochable sa profession selon les
normes et valeurs morales élevées, humainement acceptées. C’est donc un pacte qu’on

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fait avec sa profession et sa conscience dont la violation peut avoir des répercussions
psychologiques et même juridiques graves.

En prêtant serment, le futur infirmier est appelé à bien réfléchir, méditer et s’auto évaluer
pour voir si il est apte à le respecter ; dans le cas contraire il vaut mieux pour sa
conscience qu’il désiste immédiatement.

Serment de l’infirmier selon Florence NIGHTINGALE

Conscient de mes obligations, je promets d’apporter mes soins aux malades avec
toute habileté et les connaissances que je possède, sans distinction de race, de
couleur, de conviction politique ou sociale, ne négligeant aucun effort susceptible de
préserver la vie, d’alléger les souffrances des malades ou de les aider à recouvrer la
santé.

Je respecterai, en toutes circonstances, la dignité et les croyances religieuses des


patients confiés à mes soins. Je garderai le secret de toutes les confidences
personnelles qui pourront m’être faites et je m’abstiendrai de tout acte pouvant mettre
en danger la vie ou la santé de mes malades.

Je m’efforcerai de maintenir mes connaissances professionnelles au niveau le plus


élevé et prêterai collaboration franche et loyale à tous les membres de l’équipe
soignante pour tout ce qui concerne le bien du malade.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour élever le niveau de ma profession en
faisant honneur au code de déontologie et en préservant l’intégrité à laquelle se doit
tout (e) infirmier (ère).

Je me souviendrai sans cesse que dans ma profession : l’indiscrétion est un défaut, la


sécheresse du cœur, une tare ; la négligence, un crime.

Il existe le serment d’Hippocrate pour les médecins, le serment de Galien pour les
pharmaciens, le serment des infirmiers adopté par le comité national de l’ANIC.

2. Contrat social

Le contrat de travail est une convention écrite par laquelle une personne (salarié)
s’engage à effectuer un travail pour le compte et sous la subordination d’une autre

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personne (l’employeur) moyennant une rémunération. Ce dernier se caractérise par trois


éléments ci-après :

 La prestation du travail
 Le salaire
 Le lien de subordination
Selon le secteur de prestation, l’infirmier peut exercer sa profession soit dans le secteur
public ou il sera régi par le Statut des personnels des carrières de l’Etat, soit dans le
secteur privé régi par le Code du travail ou les Conventions collectives. Une convention
collective est un accord relatif aux conditions de travail et à la garantie sociale des
travailleurs. Il est négocié entre les partenaires sociaux sans intervention de l’Etat.

N.B : l’article 36 de la constitution de la RD Congo stipule que : le travail est un droit et un


devoir sacrés pour chaque congolais et il est à souligner également que l’Etat garantit une
rémunération équitable et satisfaisante assurant au travailleur ainsi qu’à sa famille une
existence conforme à la dignité humaine.

3. Les devoirs de l’infirmier envers la société

Parmi les devoirs de l’infirmier envers la société, nous citons quelques-uns :

 Donner l’exemple moral dans tout ce qu’il est, dans tout ce qu’il fait
 Etre un éducateur
 Maintenir le plus haut degré de qualité
 Veiller constamment à maintenir à un niveau élevé de ses connaissances
théoriques et techniques
 Respecter les convictions religieuses du patient
 Lié par le secret professionnel
 Être conscient de l’étendue de ses responsabilités, l’infirmier en connaît les limites,
il ne recommande ou n’exécute un traitement de sa prescription qu’en cas
d’urgence
Dans l’exercice de sa profession, l’infirmier remplit son devoir et cela engage sa
responsabilité.

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4. La responsabilité de l’infirmier envers la société

Les différents types de responsabilité

1. La responsabilité pénale
2. La responsabilité civile ou administrative
3. La responsabilité disciplinaire. Il est possible de cumuler les différentes
responsabilités.
La responsabilité pénale

Elle est individuelle et ne peut être supportée par l’employeur. Elle aboutit à une peine
d’emprisonnement et/ou amende. « Nul n’est responsable pénalement que de son propre
fait » article 121-1 du Code de procédure pénale.

L’existence de l’infraction pénale repose sur trois éléments :

a. Légal : un texte qui sanctionne l’acte


b. Matériel : un acte ou une omission qui entraîne l’accident
c. Moral : une infraction délibérée ou maladresse, négligence…
Exemple de droit pénal: Dans un hôpital public, un patient est décédé du fait de
l’administration d’un médicament non adapté, prescrit oralement par l’interne. L’infirmière
a ainsi réalisé l’injection sans prescription médicale. L’interne et l’infirmière ont été
condamnés sur le chef d’homicide involontaire.

La responsabilité civile ou administrative

La victime ou la famille souhaite la réparation du préjudice subi par le dommage. C’est elle
qui est à l’origine de l’action. Hormis le cas de la faute détachable de service, c’est
l’assurance de l’établissement qui prend en charge l’indemnisation de la victime et/ou sa
famille. En responsabilité civile, le soignant a une obligation de moyens et non une
obligation de résultat. Le soignant peut être tenu responsable des fautes commises par
une tierce personne dont il est responsable.

Pour engager la responsabilité civile, il faut la réunion de trois éléments :

1. Un dommage
2. Une faute

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3. Un lien de causalité entre la faute et le dommage. La faute s’apprécie au regard du


cadre professionnel, des compétences et du schéma organisationnel. Il existe
différentes types de fautes :
a. Personnelle
b. Grave
c. Professionnelle
d. De service.
Exemple de droit civil:

Un enfant de onze mois est en soins de suite postopératoire dans un service de


neurochirurgie. Pendant la nuit, l’enfant est retrouvé sans vie. Quelques heures après son
retour en chambre, on lui avait administré un biberon, pratique jugée inappropriée par les
experts du fait du risque accru d’asphyxie et de vomissements. En outre, aucune
surveillance particulière n’avait été mise en œuvre après l’administration du biberon. Au
moment des faits, une infirmière seule était chargée d’assurer la surveillance d’une
trentaine de patients. Les négligences dans la surveillance postopératoire ont compromis
les chances qu’avait l’enfant de se rétablir, constituant une faute d’organisation et de
fonctionnement de service entraînant la responsabilité de l’hôpital (Cour d’appel
administrative de Nantes, 8 avril 1992).

La responsabilité disciplinaire

Elle diffère selon le mode d’exercice et est infligée par l’employeur suite à une faute. Elle
peut intervenir en dehors de toute saisine judiciaire :

Secteur privé : à voir selon la Convention collective

 Observation
 Avertissement
 Mise à pied avec ou sans rémunération
 Licenciement
Secteur public : quatre groupes

a. Avertissement, blâme
b. Radiation du tableau d’avancement, abaissement d’échelon, exclusion temporaire
c. Rétrogradation, exclusion

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d. Mise à la retraite d’office, révocation avec perte de droit à la pension.


Définition de la faute
La faute pénale peut être définie comme une erreur de conduite qui permet d’imputer à un
agent une conséquence dommageable d’un fait qu’il n’a pas voulu provoquer. Autrement
dit, le fait de l’agent n’est pas le résultat d’une volonté positive mais plutôt d’une faute
psychologique, intellectuelle ou, mieux encore, d’une inertie de la volonté. Il y a donc
absence de la volonté.
La loi congolaise n’a pas énuméré les faits constitutifs de défaut de prévoyance ou de
précaution. Par défaut de prévoyance ou de précaution, il faut entendre toute faute non
intentionnelle commise par un agent qui a omis d’accomplir un acte qui lui incombait ou
plus généralement celle qui consiste en un manque de soins pour éviter un mal.
Dans la jurisprudence et la doctrine, les mots défaut de prévoyance ou de précautions
comprennent toute faute, quelque légère qu’elle soit, qui cause un homicide ou des
blessures. Il est évident que cette faute existe lorsque l’agent a prévu comme possible,
même comme probable, le résultat funeste que pouvait produire indirectement son action.
D’une manière générale, il y a lieu de retenir toutes les fautes que l’agent pouvait éviter
avec plus de prévoyance, d’attention, de soins, d’habilité, de diligence. A cet égard, la
jurisprudence désigne indifféremment cette faute par les termes : inattention, négligence,
imprudence.
La maladresse qui est également constitutive de la faute non intentionnelle est comprise
d’une manière un peu plus différente que les autres expressions. Il est évident que
l’inobservation des règlements de police permet de constituer cet élément caractéristique.
1°) La négligence consiste dans l’insouciance, le manque de soin, d’application,
d’exactitude ou plus généralement dans les imprudences caractérisées par l’inaction,
l’abstention ou l’omission. C’est le cas notamment du fait d’omettre de donner par geste
ou par signal un avertissement nécessaire.
Il en est de même du fait pour un infirmier de négliger de prévenir le médecin de la gravité
de l’état de santé d’un malade, négligence ayant entraîné la mort du patient. A été
également poursuivi pénalement un médecin qui, par négligence, a prescrit 13 centimètres
cubes de solution de quinine au lieu de 13 centigrammes de sirop de quinine, négligence
ayant causé la mort de son malade. Constitue aussi une négligence coupable le fait pour
une mère de laisser entre les mains d’un tout jeune enfant un objet perçant ou tranchant à
l’aide duquel, en jouant avec ses camarades, il blesse l’un d’eux.
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2°) L’inattention vise plus spécialement le manque d’attention ou une inexcusable


légèreté. L’étourderie est considérée comme l’extrême inattention. C’est le cas pour un
médecin de prescrire par inattention à un malade un produit toxique qui provoque sa mort.
Constitue également une faute d’inattention :
- Le fait, pour un infirmier, d’administrer un autre médicament que celui prescrit par le
médecin, erreur ayant entraîné la mort de la victime ;
- Le fait, pour un pharmacien, de remettre à quelqu’un un produit autre que celui qui
figure sur l’ordonnance du médecin, erreur ayant provoqué la mort du patient ;
- Le fait, pour un aide-infirmier, d’administrer de l’ammoniaque pur au lieu d’une
liqueur ammoniacale, erreur ayant entraîné la mort du patient.
3°) L’imprudence consiste dans un défaut de prudence, dans une imprévoyance ou
témérité. L’imprudence sera coupablement établie à l’égard de celui qui confie sa voiture à
une personne qui n’a pas un permis de conduire ou qui se trouve dans un état apparent
de fatigue ou d’ébriété, défaut de prévoyance ayant provoqué un accident mortel. Il en est
de même de l’excès de vitesse ayant provoqué un homicide et des blessures. Ne peut
également échapper à la répression celui qui conduit un véhicule dans un état de fatigue
ou d’ivresse, c'est-à-dire dans un état de défaillance physique ; défaut de prévoyance
ayant causé un accident mortel. Il a été jugé que l’usage de chanvre à fumer constitue une
imprudence.
4°) La maladresse consiste dans un défaut d’adresse, dans un manque d’habileté
ou de dextérité corporelle. L’exemple classique est celui d’un ouvrier qui laisse tomber une
pierre et tue un passant, ou celui d’un chasseur qui atteint mortellement une personne
humaine en visant un gibier. Elle se caractérise également dans la faute morale, ou
intellectuelle de l’architecte, du guérisseur, du chirurgien ou du médecin qui ne se montre
pas habile dans l’exercice de son art ou qui pratique sans aucune adresse ou finesse de
l’esprit.
D’après la gravité de la faute, on distingue :
- La faute lourde ;
- La faute légère ;
- La faute plus légère.

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Les privilèges de l’infirmier

Comme tous les êtres humains, les infirmiers ont aussi des droits et la déontologie ou
l’éthique seraient incomplètes si elle ne tenait pas compte de la manière dont les autres,
patients, sociétés ou collègues doivent traiter les infirmiers. Nous soulignons que l’infirmier
a des droits personnels, sociaux et institutionnels. Parlant de ces droits, il convient de
relever qu’ils sont tous centrés sur la dignité humaine, cette dignité humaine est analysée
sous 8 aspects et chaque aspect est examiné à trois niveaux. Les huit aspects ou types
de ces droits sont les suivants :

1. Droits corporels
2. Droits politiques
3. Droits de déplacement
4. Droits d’association
5. Droits économiques
6. Droits familiaux
7. Droits religieux
8. Droits de communication
Quant aux trois niveaux énoncés, ils sont les suivants :
 Niveau personnel
 Niveau social
 Niveau institutionnel
1. Les droits corporels

Ces droits corporels au niveau personnel concernent le droit à la vie et à l’intégrité


physique ; au niveau social, il s’agit du droit à l’existence décente, c'est-à-dire
alimentation, vêtement, habitation, repos, soins médicaux. Au niveau institutionnel,
l’exemple porte sur le droit à la sécurité en cas de maladie, de veuvage, de vieillesse, de
chômage.

2. Les droits politiques

Ils concernent les droits à l’autodétermination au niveau personnel, les droits de


participation politique au niveau social, les droits à la protection juridique de la participation
politique au niveau institutionnel.

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3. Les droits de déplacement


Au niveau personnel, ils portent sur le droit à la liberté de mouvement au niveau social et
institutionnel, ils portent respectivement sur le droit de nationalité et de résidence puis sur
le droit de migration interne et externe.

4. Les droits d’association


Ils concernent le droit à la vie en société au niveau personnel, le droit de réunion et
d’association au niveau social, du droit de créer de sociétés et des organisations au
niveau institutionnel.
5. Les droits économiques
Les exemples portent sur le droit au travail au niveau personnel, le droit à un juste salaire,
à des conditions de travail humaines au niveau social, le droit d’organiser des syndicaux,
le droit de propriété au niveau institutionnel.
6. Les droits familiaux
Au niveau personnel, il s’agit le droit de choisir son état de vie, au niveau social il s’agit de
droit de fonder un foyer ou de suivre un appel religieux. Le droit aux conditions
nécessaires pour la vie familiale est l’exemple au niveau institutionnel.
7. Les droits religieux
Il s’agit du droit à la croyance religieuse au niveau personnel, du droit à l’expression
publique et privée de la croyance religieuse au niveau social, du droit à la liberté religieuse
au niveau institutionnel.
8. Les droits de communication
Au niveau personnel, le droit à la liberté d’expression, à l’éducation, à la culture au niveau
social, le droit à une information objective au niveau institutionnel.

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Chapitre IV :RELATION INFIRMIER ET EQUIPE DE TRAVAIL

L’équipe de travail est une coopération entre un nombre limité de professionnels


différents (dans un même champ d’action) se considérant comme collectivement
responsables d’une réalisation poursuivant un objectif commun. C’est la convergence des
efforts et des travaux personnels pour la réalisation d’une tâche commune et unique.

L’équipe de travail dans un hôpital peut être constituée de médecin, des infirmiers, du
laborantin ou technicien de laboratoire, d’un radiologue, d’un kinésithérapeute, du
nutritionniste, du Pharmacien ou Assistant en Pharmacie, d’un Administrateur
Gestionnaire, des garçons/filles de salles et des agents administratifs, etc.

Un travail d’équipe doit répondre aux conditions suivantes :

- La structure commune (exemple hôpital),


- Une motivation commune ;
- Une relation socio-affective saine entre les membres ;
- Une confiance entre les membres de l’équipe et
- La solidarité dans l’action.
1. Organisations et caducées

A. Les organisations

Pour faire face aux différents problèmes liés à l’exercice de leur profession, les infirmiers
congolais sont organisés en une association dénommée Association Nationale des
Infirmiers du Congo (ANIC). Il existe aussi à travers le monde et dans notre pays,
d’autres associations professionnelles de santé avec lesquelles l’ANIC doit entretenir des
relations pour le bien des membres affiliés à ces associations. Il s’agit de :

 Conseil International des Infirmiers (CII) ;


 Ordre national des médecins ;
 La Croix rouge internationale et nationale
 Association savante de santé publique ;
 Administrateurs gestionnaires des hôpitaux ;
 Nutritionnistes diététiciens ;
 Radiologues médicaux ;

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 Laborantins (Techniciens de laboratoire) ;


 Sociologues et Anthropologues médicaux ;
 Psychologues cliniciens ;
 Tradipraticiens.
B. Les caducées
Les caducées ou symboles sont des signes représentant les différentes professions de
santé.

- La croix signifie la souffrance ou la mort

- La canne ou le bâton signifie la direction, le commandement, l’autorité (pouvoir)

- Le serpent signifie la sagesse, la souplesse ou encore la prudence. Actuellement la


croix rouge est acceptée comme symbole de la présence des professionnels de la
santé.

a. Croix rouge avec une feuille sauvage au milieu désigne la médecine traditionnelle
basée sur l’usage des feuilles sauvages

b. Croix rouge avec un bâton enroulé d’un serpent ou bâton avec un serpent, c’est
pour le médecin ;

c. Croix rouge avec une lampe, symbole de Nursing ou des infirmiers

d. Croix rouge avec une coupe enroulée d’un serpent, symbole de pharmaciens ;

e. Croix rouge plus serrures et clefs rouges, symboles des Administrateurs


gestionnaires

f. Croix rouge plus carte du monde plus bâton enroulée d’un serpent, symbole de
l’OMS ;

g. Croix rouge plus os, symbole des orthopédistes.

2. Relation entre enseignants et apprenants


Dans la tradition de l’éthique selon Hippocrate, les apprenants doivent un respect
particulier à leurs formateurs. Les formateurs ont, pour ce qui les concerne l’obligation de
traiter leurs apprenants avec respect et servir d’exemple dans leurs relation avec les

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patients, car le comportement affiché par les formateurs exerce une influence plus forte. Il
est fort probable que les apprenants suivent l’exemple de formateurs.

Les formateurs ont l’obligation particulière de ne pas demander à leurs apprenants de


prendre part à des pratiques contraire à la déontologie et éthique.

A titre illustratif ne pas prendre part à la pratique des avortements, détournements des
médicaments des malades, ne pas monnayer ses prestations. Somme toute, l’enseignant
doit être modèle de l’apprenant sur le plan déontologique et éthique.

3. Relation avec les collègues et les autres professionnels de santé


L’atmosphère harmonieuse et paisible dans laquelle doivent vivre tous ceux qui participent
à la vie des services de l’hôpital dépend des quelques règles de conduite sous forme des
devoirs propres à écarter les difficultés inhérentes à la vie en commun :

 Ils doivent entretenir entre eux les rapports de bonne confraternité ;


 S’assister moralement ;
 Prendre la défense d’un confrère injustement attaqué ;
 Eviter de disputer un malade avec un confère, toujours le prévenir avant de
s’occuper du malade qu’il suivait ;
 Ne se faire remplacer dans sa clientèle que temporairement par un confrère inscrit
au tableau de l’ordre ;
 Eviter d’entrer en concurrence directe avec un confrère, et par conséquent, ne pas
s’installer dans un immeuble où exerce un confrère de même spécialité ;
 Signer un contrat écrit qui respecte l’indépendance professionnelle de chacun, en
cas de création d’association ou de société entre professionnels sanitaires ;
 Les professionnels de santé doivent respecter l’indépendance des autres membres
des professionnels de santé ;
 Eviter tout agissement injustifié tendant à leur nuire vis-à-vis de leur clientèle et ils
doivent se montrer courtois à leur égard ;
 Eviter les remarques et critiques de partie pris envers l’institution où l’on travaille ;
 Respecter les convictions religieuses, politiques et socioculturelles d’autrui et
s’interdire toute discussion à ce sujet ;
 Abolir la médisance et la calomnie ;
 S’efforcer de voir toujours de bons cotés des personnes et des choses ;

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 S’abstenir de dominer ses collègues ;


 Tenir compte des sentiments et susceptibilité de chacun ;
 Se débarrasser des habitudes déplaisantes pour les autres ;
 Conserver pour soi ses inquiétudes et ses appréhensions : le temps arrange
souvent bien des choses ;
 Parler de ses difficultés sans aigreur ou emportement ;
 Etre aimable et témoigner de l’affection à ses collègues ;
 Encourager plutôt que décourager et
 Avoir de petites attentions, se souvenir d’une fête, d’un anniversaire et d’une
circonstance personnelle.
Ces simples règles de conduite adoptées par tous et toutes conservent la bonne attente et
favorise le développement de l’esprit de corps. L’esprit de corps est l’attachement des
membres d’une profession aux opinions, aux droits, aux devoirs ainsi aux intérêts de la
compagnie. Le port de l’uniforme en est une manifestation. Quant à la collaboration
avec les autres professionnels de santé, la déclaration de l’Association Médicale Mondiale
(AMM) sur les droits du patient déclare: le soignant a de l’obligation de coopérer à la
coordination des prescriptions médicales avec les autres pourvoyeurs des soins
traitant le patient.
La notion de collaboration évoque aussi celle de la coopération, la médecine est fort
complexe et spécialisée et nécessite par conséquent une étroite coopération entre les
praticiens (autres professionnels de santé) dont les connaissances et compétences sont
différentes et complémentaires mais bénéfiques pour le patient. L’infirmier a donc
l’obligation de collaborer avec ses collègues et coopérer avec les autres professionnels de
santé par tout et tout le temps pour l’intérêt du patient.

4. Signalement des pratiques dangereuses ou contraires à l’éthique


La médecine s’est traditionnellement enorgueillie de sa capacité à autoréguler la
profession. En retour des privilèges accordés par la société et de la confiance donnée par
les patients, la profession médicale a établi à l’attention de ses membres des normes
élevées de comportement et des méthodes disciplinaires permettant d’enquêter sur les
accusations de mauvaise conduite et en cas de besoin, punir les malfaiteurs.

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Le système d’auto régulation a souvent échoué et, ces dernières années, des mesures ont
été prises pour responsabiliser la profession, notamment l’organisation des comités
d’éthique.

L’infirmier a donc l’obligation de signaler les incompétences, les défaillances et la


mauvaise conduite des collègues à cette instance. A cet effet, le code international
d’éthique de l’AMM déclare : « Le soignant devra faire connaitre aux autorités
compétentes les professionnels dont la pratique n’est pas éthique ou caractérisée
par l’incompétence ou qui ont recours à la fraude et la tromperie ». Il n’est cependant
pas toujours facile d’appliquer correctement ce principe.

D’un côté, l’infirmier peut être tenté la réputation d’un collègue pour des raisons
personnelles méprisables, comme la jalousie, ou des représailles à une insulte. De l’autre,
il peut hésiter à signaler le mauvais comportement d’un collègue pour des raisons d’amitié
ou des sympathies. (« Cela aurait tout aussi bien pu être moi ».). Les conséquences
de ces dénonciations peuvent être très préjudiciables par leur auteur, voir provoquées la
malveillance de l’accusé et aussi peut être de quelques autres collègues. Malgré ces
désavantages, la dénonciation de la faute est un devoir professionnel. Les infirmiers ont
non seulement la responsabilité de maintenir la bonne réputation de la profession, mais ils
sont aussi souvent les seuls à pouvoir reconnaitre une incompétence, une faute ou un
mauvais comportement. Cependant, la dénonciation d’un collègue aux pouvoirs
disciplinaires ne doit normalement être utilisée qu’en dernier ressort, après que toutes les
autres solutions aient été essayées.

La première démarche peut être de contacter le collègue pour lui dire que son
comportement est considéré comme dangereux ou contraire à l’éthique. Si le problème
peut être résolu de cette manière, il ne sera pas nécessaire d’aller plus loin. Sinon, le
démarche suivante peut être de contacter la direction de l’une ou de deux parties et lui
laisser prendre la décision de la suite à donner au problème. Si cette tactique n’aboutit
toujours pas alors il peut être nécessaire de recourir à l’ultime solution, c.à.d. le
signalement aux autorités disciplinaires. (Comité d’éthique).

5. Résolution des conflits


Bien qu’il existe des types multiples de conflit entre les infirmiers et des médecins, par
exemple à propos de démarche administrative ou de rémunération, toute l’attention

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portera ici sur le conflit relatif aux soins du patient. Dans l’idéal, les décisions concernant
les soins de santé doivent être le reflet d’une entente entre le patient, les infirmiers et les
autres personnes impliquées.

Les désaccords entre les soignants doivent être résolus au sein du service ou de
l’institution et non débattus en présence du patient. Etant donné la nature éthique de ces
deux types de conflit, il peut être utile, lorsque cela est possible, de rechercher les conseils
d’un comité ou d’un spécialiste en éthique clinique. Les directives suivantes peuvent être
utiles pour résoudre de tels conflits :

1. Les conflits doivent être résolus de manière aussi informelle que possible, par
exemple, par une négociation directe entre les personnes en désaccord et des
recours à des moyens plus formels ne doit être engagés que lorsque les
méthodes informelles se sont avérées infructueuses ;

2. Les opinions de toutes les parties directement concernées doivent être


exprimées et faire l’objet d’une attention particulière ;

3. Le choix éclairé du patient ou de son représentant légal concernant le traitement


doit être la préoccupation première de toute recherche de solution de conflit ;

4. Lorsque le désaccord concerne les opinions de traitement proposé aux patients,


il est généralement préférable d’élargir le choix plutôt que de le resserrer. Si l’un
de traitements retenus n’est pas disponible à cause de la limitation des
ressources, le patient doit être normalement informé.

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