Chapitre 3 : QUELLES SONT LES PRINCIPALES
DEFAILLANCES DU MARCHE ?
Dossier 1 : POURQUOI LE MARCHE EST-IL DEFAILLANT LORSQUE LES
INFORMATIONS SONT IMPARFAITES ?
Lorsque les informations sont imparfaites on parle d’asymétrie d’informations.
I. Qu’est-ce que l’asymétrie d’informations ? (document 1)
Asymétrie d’informations : situation de marché dans laquelle les offreurs et les demandeurs ne
disposent pas des mêmes informations.
L’asymétrie d’informations peut résulter d’un manque de sincérité des offreurs (vente d’une
voiture d’occasion ou d’un logement dont on cache les défauts ou dysfonctionnements) comme
des demandeurs (assuré qui cache des problèmes de santé afin de payer moins cher sa prime
d’assurance complémentaire santé).
II. Quelles sont les conséquences de l’asymétrie d’informations ?
Elles sont de deux types.
A. La sélection adverse ou anti-sélection (document 2, questions 1 et 2, document 4)
Sélection adverse ou anti-sélection : situation dans laquelle les agents victimes d’asymétrie
d’informations peuvent être conduits à prendre des décisions contraires à ce qu’ils
recherchaient initialement.
Le manque d’informations porte alors sur les caractéristiques du produit (bien ou service).
Par exemple, l’acheteur d’un véhicule d’occasion finit par acheter un véhicule de mauvaise
qualité car craignant de payer trop cher une voiture pour laquelle il ne disposerait pas de
toutes les informations, il choisit un véhicule vendu pas trop cher et qui est vendu peu cher
parce qu’il est de mauvaise qualité ! Ainsi, il achète un véhicule de mauvaise qualité alors
que justement il voulait éviter cette situation.
Les premiers travaux des économistes sur ce sujet sont de George Akerlof (économiste
américain) en 1970 avec l’exemple du marché des voitures d’occasion. Il montre que le
marché des véhicules d’occasion pourrait disparaitre car les vendeurs de véhicules de bonne
qualité ne pouvant les vendre à leur juste prix vont les retirer du marché en les vendant dans
leur entourage ; il ne restera donc sur le marché que des véhicules de mauvaise qualité. La
qualité des véhicules baissant, la méfiance des acheteurs augmentera donc ils voudront les
payer encore moins cher et ainsi de suite.
Les professionnels du secteur comme les garagistes peuvent se charger de la vente en
apportant une période de garantie sur le véhicule. C’est un moyen de réduire le risque de
sélection adverse.
On peut aussi trouver des exemples sur le marché des assurances (santé, automobile), le
marché du crédit. Les assureurs peuvent soumettre un questionnaire de santé à leurs futurs
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assurés (complémentaire santé ou assurance pour perte d’autonomie) ; questionnaire qui
engage l’assuré dans la sincérité de ses réponses. S’il a menti il ne sera pas pris en charge.
B. L’aléa moral (document 3, questions 1 à 4 et 5 et 7, document 4)
Aléa moral : situation dans laquelle un agent économique risque de modifier son
comportement s’il sait qu’il n’en paiera pas les conséquences.
C’est le comportement de l’un des deux agents économiques (offreur ou demandeur) qui
n’est pas connu d’où l’asymétrie d’informations. Cet agent économique peut changer de
comportement une fois la transaction réalisée, par exemple prendre plus de risques lorsqu’il
sait qu’il est assuré.
Exemples : marché de l’assurance (habitation, automobile, maladie). Surconsommation de
soins pour l’assurance maladie, moins de soins préventifs, développement des
comportements à risque (ne pas fermer sa maison ou sa voiture à clé…).
L’assurance chômage peut modifier le comportement des chômeurs qui recherchent moins
rapidement ou moins assidument un emploi.
Les compagnies d’assurance peuvent se protéger de l’aléa moral en laissant à la charge de
l’assuré une partie du dommage ; c’est le système de la franchise. Elles peuvent également
ne pas prendre en charge les dommages lorsque les précautions de base n’ont pas été prises
par l’assuré (ne pas rembourser les dommages liés à un cambriolage si la maison était
ouverte et donc qu’il n’y a pas trace d’effraction pour y accéder).
III. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils intervenir ? (document 2 questions 3 et 4,
document 3 question 6 et document 5)
Les pouvoirs publics pourront agir par une réglementation concernant l’information :
composition des produits alimentaires, provenance de la viande (avec nom éleveur), origine
géographique des produits, mettre en place un site officiel pour détecter les faux diplômes, mise
en place de labels sur origine produits ou produits bio…
A noter : ce sont parfois des associations de consommateurs qui ont contribué à une meilleure
information des consommateurs en faisant pression auprès des industriels (de l’agroalimentaire
par exemple) ou auprès des pouvoirs publics pour le Nutri-Score par exemple. Elles peuvent aussi
apporter des informations aux consommateurs en faisant des tests comparatifs.
Les pouvoirs publics peuvent aussi intervenir en matière de réglementation concernant les
assurances : rendre l’assurance santé obligatoire, contrôler les questions posées par un assureur
dans un questionnaire de santé (problème de la souscription d’une assurance pour des
personnes ayant eu un cancer par exemple).
Ils peuvent imposer un accès à l’information par la mise en place de diagnostics obligatoires
réalisés par des experts avant la vente d’une voiture d’occasion (contrôle technique), d’un
logement (diagnostic de performance énergétique, de recherche de plomb ou d’amiante…).
Toutes ces mesures visent à améliorer l’information et donc la confiance indispensable entre
offreurs et demandeurs pour que l’échange puisse se réaliser donc pour que les marchés
fonctionnent.
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