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Ensembles, Applications et Relations

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SEQUENCE 2

Ensembles, applications et relations

Cette séquence est mise à jour et maintenue depuis février 2019 par :

Oumar D. Mbodj
[Link]@[Link]
Janvier 2019

Elle a été inialement écrite en 2014 par les deux collègues :

Oumar D. Mbodj Augustin P. Sarr


[Link]@[Link] [Link]@[Link]
Pôle STN, UVS UFR SAT, UGB

1
Les objectifs de la séquence 2
Cette séquence a pour principal objectif de présenter les ensembles, les applications
et les relations d’équivalence qui constituent les objets sur lesquels se fondent les
mathématiques. A l’issue de cette séquence, l’apprenant aura les capacités de :

1. Manipuler les ensembles, applications et relations ;


2. Elaborer la décomposition canonique d’une application.

2
Ensembles, applications et relations
L’étude des structures algébriques telles que les groupes se fonde essentiellement
sur les ensembles et les applications. Dans ce chapitre, nous proposons une in-
troduction à ces notions avec comme principal objectif, la compréhension de leur
connexion aux structures algébriques.

1 Ensembles
On étudie souvent des objets d’un type donné (vecteur, fonction dérivable, etc.).
Lorsque les objets étudiés partagent des propriétés communes, ceux–ci sont sou-
vent regroupés en collections, dites ensemble.
Définition 1.1. Un ensemble est une collection d’objets. Les membres d’un en-
semble sont aussi dits éléments de l’ensemble. Si a est un élément d’un ensemble
A, on note a ∈ A ou A ∋ a. L’ensemble vide, noté ∅ ou {}, ne contient aucun
élément.
Exemple 1.1.
— L’ensemble des voyelles de l’alphabet français est {a, e, i, o, u, y} ;
— l’ensemble des entiers positifs inférieurs à 5 est {0, 1, 2, 3, 4, 5}.
Définition 1.2. Soient A et B deux ensembles.
— A est dit inclus dans B ou sous–ensemble de B si tout élément de A est
aussi élément de B et on note A ⊂ B ou B ⊃ A. L’inclusion de A dans B
se traduit symboliquement :

∀a ∈ A, a ∈ B

Si A n’est pas inclus dans B, on note A 6⊂ B ou B 6⊃ A.


— Les ensembles A et B sont dits égaux si A ⊂ B et B ⊂ A ; on note A = B.
Si A et B ne sont pas égaux, on note A 6= B.
— L’ensemble A est dit strictement inclus dans B si A ⊂ B et B 6⊂ A ; on note
A B ou B ! A.
— Si A contient un nombre n ∈ N d’éléments, A est dit fini et n est dit cardinal
de A ; on note Card(A) = n. Un ensemble qui n’est pas fini est dit infini.
Exemple 1.2.
— L’ensemble N des entiers naturels est infini.
— Soit J = {0, 1, 2, 3, 4, 5} alors N ! J et J ! ∅. Le cardinal de J est
Card(J) = 6.
Définition 1.3. Soit A un ensemble, l’ensemble des sous–ensembles de A est dit
ensemble des parties de A ; on note P(A).
Exemple 1.3.
— Si A = {a, b} alors P(A) = {∅, {a}, {b}, {a, b}}.
— P(∅) = {∅}.
— P({∅}) = {∅, {∅}}.

3
1.1 Produit cartésien
Définition 1.4. Une suite ordonnée de p éléments (a1 , · · · , ap ) est dite p–uplet ;
les ai sont dits composantes du p–uplet. Les 2–uplets, 3–uplets, 4–uplets, 5–uplets
sont dits respectivement couples, triplets, quadruplets, et quintuplets.
Si A et B sont deux ensembles, le produit cartésien de A et B est

A × B = {(a, b), a ∈ A, b ∈ B}.

Exemple 1.4.
— {1, 2} × ∅ = ∅ ;
— ∅ × {1, 2} = ∅ ;
— {1, 2} × {a, b} = {(1, a), (1, b), (2, a), (2, b)} ;
— {a, b} × {1, 2} = {(a, 1), (a, 2), (b, 1), (b, 2)} ; ainsi, (a, 1) ∈ {a, b} × {1, 2}
mais (a, 1) 6∈ {1, 2} × {a, b}.
Définition 1.5. Le produit cartésien de n ensembles A1 , A2 , · · · , An noté A1 ×
A2 × · · · × An est l’ensemble des n–uplets (a1 , a2 , · · · , an ) tels que ai ∈ Ai , ∀i ∈
{1, · · · , n}.
Exercice 1. Soient A = {1, 5, 7}, B = {⊤, ⊥} et C = {x, y}.
1. Quel est le produit cartésien de A et B, et de A, B et C ?
2. Quel est le cardinal de A × B ?
3. Quel est le cardinal de A × B × C ?

1.2 Opérations sur les ensembles


Définition 1.6. Soient A et B deux ensembles, l’union de A et B notée A ∪ B
est
A ∪ B = {x|x ∈ A ou x ∈ B}.
L’intersection de A et B, notée A ∩ B, est

A ∩ B = {x|x ∈ A et x ∈ B}.

Exemple 1.5.
— Si A = {1, 2, 3} et B = {5, 1, 2}, alors A ∪ B = {1, 2, 3, 5} et A ∩ B = {1, 2}.
— Si A = ∅, pour tout ensemble B, A ∪ B = B et A ∩ B = ∅.
Définition 1.7. Soient A et B deux ensembles, la différence de A et B, noté A\B
est A \ B = {x|x ∈ A et x ∈
/ B}.

Exemple 1.6.
— Soit A = {1, 2, 3} et B = {5, 1, 2}, alors A \ B = {3}.
— Pour tout ensemble A, A \ ∅ = A et ∅ \ A = ∅.
Définition 1.8. Soient E un ensemble et A un sous–ensemble de E, le complémen-
taire de A dans E est le sous-ensemble de E noté et défini par Ā = {x ∈ E|x 6∈ A}.

4
Exercice 2. Soient A et B deux ensembles, montrer les égalités suivantes :
1. A ∪ A = A, A ∩ A = A ;
2. A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) ;
3. A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C) ;
4. A ∪ B = Ā ∩ B̄, A ∩ B = Ā ∪ B̄.

2 Applications
Définition 2.1. Soit E et F deux ensembles. On appelle application de E dans
F , toute correspondance f qui à tout x de A associe un et un seul élément y de
B. On note y = f (x) ; y est dit image de x, et x est antécédent de y. E et F sont
dits respectivement ensemble de départ et ensemble d’arrivée.

Exemple 2.1. La correspondance f : R −→ R qui à x associe x + 1 est une


application.

Remarque 2.1. Une fonction de E vers F est une correspondance de E vers F


qui à tout élément de E associe au plus un élément de F . Toute application est
donc une fonction, mais une fonction n’est pas nécessairement une application.

Définition 2.2. Soient E et F deux ensembles et f une application de E vers


F :
— pour toute partie S de E, l’image de S est notée et définie par f (S) =
{f (s), s ∈ S} ;
— pour toute partie V de F , l’image réciproque de V est notée et définie par
f −1 (V ) = {x ∈ E|f (x) ∈ V }. On notera que cette dernière peut être vide.

Exemple 2.2. Soit f l’application de R vers R qui à x associe |x| :


— l’image de S = {−1, 1} est f (S) = {1} ;
— l’image réciproque de V = {0, −1} est f −1 (V ) = {0} ;
— l’image réciproque de V ′ = {−1, −7} est f −1 (V ′ ) = ∅.

Définition 2.3. Une application de E dans F est dite injective si pour tout
a, b ∈ E, f (a) = f (b) implique a = b. Ce qui équivaut à, pour tout a, b ∈ E, a 6= b
implique f (a) 6= (b).

Exercice 3.
Donner la définition d’une application injective avec des symboles mathématiques
et montrer l’équivalence entre les deux définitions.

Exemple 2.3.
— L’application de R vers R qui à x associe 2x + 7 est injective.
— L’application R vers R qui à x associe x2 + 7 n’est pas injective.

Définition 2.4. Une application de E dans F est dite surjective si pour tout
élément y de F , il existe un élément x de E tel que f (x) = y.

5
Exemple 2.4.
— L’application de R vers [0, 1] qui à x associe sin x est surjective.
— L’application de Z vers Z qui à x associe x + 7 est surjective.
— L’application de Z vers R qui à x associe x + 7 n’est pas surjective.

Définition 2.5. Une application de E dans F est dite bijective si elle est à la fois
injective et surjective.

Exemple 2.5.
— Pour tout a ∈ R, l’application de R dans R qui à x associe x+a est bijective ;
— Pour tout ensemble A, l’application IdA , qui à tout a ∈ A associe a est
bijective.

Remarque 2.2. Soit f une application bijective de E dans F . On considère la


correspondance qui à tout y de F associe l’unique x de E tel que f (x) = y. Elle
est par définition une application de F dans E, on l’appelle application réciproque
ou inverse de f ; elle est noée f −1 .

Définition 2.6. Soient A, B et C trois ensembles, f une application de B vers


C et g une application de A vers B, la composition de f et g, notée f ◦ g est
l’application de A vers C qui à x associe f (g(x)).

Exercice 4.
On considère les deux applications f et g de N×
9 vers lui-même définies par les
tables des valeurs ci-dessous :

x 1 2 3 4 5 6 7 8 9 x 1 2 3 4 5 6 7 8 9
f (x) 6 4 7 8 9 3 5 1 2 g(x) 1 2 7 4 5 6 3 8 9
1. Représenter de la même façon les applications g ◦ g, g ◦ f , f ◦ f et f ◦ g.
2. Montrer que f est bijective. Représenter de la même façon son application
réciproque.

3 Partitions
Définition 3.1. Soit E et I deux ensembles. On appelle famille d’éléments de E
indexée par I, toute application x de I dans E.

— L’image d’un élément i de I se note xi et se lit « x indice i ». La famille


elle-même est notée (xi )i∈I
— Une famille indexée par une partie de N est dite suite.

Définition 3.2. Soit E un ensemble et soit (Ai )i∈I une famille de parties de E.
Si la réunion de toutes les parties Ai est égale à E, on dit que la famille A est
un recouvrement de E. Si de plus aucune des parties Ai n’est vide et si elles sont
deux à deux disjointes, on dit que la famille A est une partition de E.

6
Exercice 5. Soit E un ensemble et soit (Ai )i∈I une partition de E. L’ensemble
{Ai : i ∈ I} constitué des sous-ensembles formant la partition se note A(I) et
s’appelle ensemble quotient associé à la partition A. Essayez d’expliquer pourquoi
cette notation A(I) ?

Définition 3.3. Soit E un ensemble et soit (Ai )i∈I une partition de E. La sur-
jection s qui, à tout x de E, fait correspondre l’unique Ai qui contient x s’appelle
surjection canonique associée à la partition A.

Exemple 3.1. Soit E = {2; 3; 4; 5; 6; 11; 18; 21; a; k} un ensemble. Alors les
parties A1 = {5; 6; 11}, A2 = {2; 3; 4; 21} et A3 = {18; a; k} constituent une
partition de E. Déterminer l’ensemble quotient et la surjection canonique associés
à cette partition.

Exemple 3.2. Soit E l’ensemble des étudiants de la licence MAI et f l’application


de E dans N qui, à un étudiant x associe son année de naissance. Ainsi, si Gnilane
KA, étudiante de la licence MAI, est né en 1995, alors f (Gnilane KA) = 1995. Pour
tout y de N, on pose Ay = {x ∈ E : f (x) = y} ; on a ainsi Gnilane KA ∈ A1995 et
A1800 = ∅. En fait Ay n’est rien d’autre que l’image réciproque du singleton {y}
(l’ensemble des étudiants dont l’année de naissance est y).
La famille (Ay )y∈f (E) constitue une partition de E. En effet, soit x un étudiant
et y = f (x) son année de naissance. Par définition de Ay , on a x ∈ Ay . Puisque
x est quelconque dans E, la famille (Ay )y∈f (E) constitue un recouvrement de E.
Par ailleurs, si y ∈ f (E), alors Ay 6= ∅ ; et si y 6= y ′ alors Ay ∩ Ay′ = ∅. Une telle
partition est dite partition de E associée à f .

4 Relations d’équivalence
L’assimilation de cette partie est indispensable pour comprendre les structures
de base telles que les groupes dont la maîtrise, nous ne le répéterons jamais assez,
constitue un des principaux objectifs de ce cours d’algèbre fondamental. C’est
pour cette raison, nous l’entamons avec trois exemples issus de notions que vous
connaissez bien. Ainsi, vous verrez que malgré le rôle central que cette partie
représente, elle est à votre portée.

4.1 Filières de l’UVS


Nous vous demandons d’oublier, dans cette partie, que nous sommes en cours
de mathématiques. En effet, ici, nous ne faisons appel qu’à votre bon sens. A la
rentrée universitaire de 2013-2014, il existait à l’UVS uniquement cinq filières : la
filière ANG, la filière MAI, la filière SCO, la filiière SEG et la filière SJP. Consi-
dérons l’ensemble des étudiants de l’UVS en 2013-2014 et regroupons les selon
l’appartenance à une même filière. C’est à dire, on définit, dans cet ensemble, la
relation « deux étudiants x et y sont en relation si et seulement si ils sont dans la
même filière ». On répartit ainsi l’ensemble des étudiants de l’UVS suivant cinq
classes (groupes) : les étudiants de la filière ANG, les étudiants de la filière MAI,
les étudiants de la filière SCO, les étudiants de la filière SEG, les étudiants de la

7
filière SJP. Si les étudiants représentant de ces filières (les délégués de classe) sont
respectivement : Oumar Diagne, Oumou Sow, Ali Bodian, Fatou Sy et Samba
Diop, on peut alors désigner, par exemple, la classe des étudiants de la filière
SEG par Ali Bodian. On lira classe de Ali Bodian. Ce n’est qu’une notation, on
aurait pu la noter par classe(Ali Bodian), cela n’y changerait rien. Toutefois, pour
ce qui est des notations, en dépit de la liberté de définir ses propres notations, il
vaut toujours mieux respecter les notations standardisées et chercher à être simple
et cohérent.

Notez que la notion de classe – dont nous venons de parler et que nous allons
définir, plus tard, de façon plus précise – est similaire à vous par classe à l’école
primaire ou au lycée. Il faut donc comprendre cette notion comme au sens utilisée
à l’époque, c’est à dire comme dans la phrase "Sarah Gaye est en classe de CM1
B".

Remarque 4.1.
(a) Si deux étudiants x et y sont de la même classe (même filière), la classe x̄ et la
classe ȳ désignent la même chose. Bien entendu, il sera très utile de s’accorder
sur l’élément de la classe à choisir comme représentant.
(b) Chaque étudiant est dans une et une seule classe (filière). L’ensemble des
classes (filières) constituent une partition de l’UVS.
(c) La correspondance ci–dessous qui, à chaque étudiant associe sa classe (filière)
est une surjection. On l’appelle surjection canonique et on la note s. Elle est
représentée ci-dessous :

UVS

Irène Gaye UVS

Ali Bodian
Angl
Awa Kâ
Mai
Ali Sow
Seg
Mama Dieng
Sjp
Sanou Faye
Socio
Dame Ly

Fama Diouf

..
.

Figure 1 – surjection canonique

8
4.2 Congruence dans Z
Vers 300 ans avant notre ère, le mathématicien Eu-
clide montre dans son livre intitulé Éléments mathématiques
qu’étant donné un nombre naturel non nul n fixé, pour tout
entier relatif x, il existe un couple unique (q, r) de nombres
relatifs tels que x = qn + r avec 0 6 r < n. La preuve de
ce résultat sera abordée en TD.
Ce résultat, appelé division euclidienne, était en fait dé-
fini par Euclide pour les entiers naturels et a été par la suite
généralisé aux entiers relatifs. Il est très important ; en effet,
il fonde par exemple un des système de cryptographie asy-
métrique le plus utilisé pour sécuriser des données sensibles
ou secrètes.
Figure 2 – Portrait
Remarque 4.2. Cette opération est en fait la division na- d’Euclide (source
turelle, où il est banni d’utiliser les décimaux quitte à avoir [Link])
un reste non nul, que vous connaissez bien. Nous vous pré-
sentons ci–dessous quelques exemples simples en guise de
rappel.
— 11 oies partagées entre 4 fermiers, donne 2 oies par fermier et il reste 3 oies ;
— 17 stylos partagés entre 5 élèves, donne 3 stylos par élève et il reste 2 stylos ;
— 2 500 F partagés entre 10 personnes, donne 250 F par personne et il reste 0
F.

Dans le cas où le reste de la division euclidienne de x par n est égale à 0 comme


dans le dernier exemple ci–dessus, on dit que x est divisible par n. On note cela
par n | x et on lit n divise x.
Supposons maintenant que l’on fixe un nombre naturel non nul n et que l’on classe
les éléments de Z suivant la relation :
Deux entiers relatifs x et y sont en relation si et seulement si n divise x − y.
Cela revient à affirmer que le reste de la division euclidienne de x par n et celui
de y par n sont égaux. Nous savons d’après ce qui précède que ce reste r satisfait
0 6 r < n, ce équivaut à r ∈ {0, 1, . . . , n − 1}. De cette relation, on obtient la
répartition suivante, en sous–ensembles de Z :
— le sous–ensemble des éléments de Z dont le reste par la division par n est 0 ;
— le sous–ensemble des éléments de Z dont le reste par la division par n est 1 ;
— le sous–ensemble des éléments de Z dont le reste par la division par n est 2 ;
..
.
— le sous–ensemble des éléments de Z dont le reste par la division par n est
n − 1.
En exemple, pour n = 3, nous avons trois sous–ensembles :
(a) le sous–ensemble des éléments de Z dont le reste par la division par 3 est 0,
i.e.
{· · · , −9, −6, −3, 0, 3, 6, 9, · · · } ;
(b) le sous–ensemble des éléments de Z dont le reste de la division euclidienne par
3 est 1, i.e. {· · · , −8, −5, −2, 1, 4, 7, 10, · · · } ;

9
(c) le sous–ensemble des éléments de Z dont le reste de la division euclidienne par
3 est 2, i.e. {· · · , −10, −7, −4, −1, 2, 5, 8, 11, · · · }.
Il est important de donner un nom à chacun de nos sous–ensembles pour l’iden-
tifier. Pour faire simple, on les désigne par r̄ où r est le reste de la division
euclidienne de n’importe lequel des éléments du sous-ensemble considéré, par n.
Ainsi, si n = 3 alors les sous-ensembles sont désignés respectivement par 0̄, 1̄, 2̄.
En fait, en y regardant de près, on remarque que r̄ est l’ensemble des éléments de
Z en relation avec r. C’est pour cette raison, le sous-ensemble r̄ s’appelle classe
de r modulo n. Cette relation s’appelle congruence modulo n.

4.3 Relation associée à une application


Soient l’ensemble des nombres naturels N et l’ensemble des caractères alpha-
numériques C = {a, b, c, . . . , 0, 1, 2, . . . , 9}. On considère l’application f de
N dans C qui à tout nombre naturel x associe le premier chiffre de sa représen-
tation en base décimale. On suppose que les nombres sont représentés sans zéros
superflus à gauche, c’est–à–dire, qu’on écrit 25 et non 025 par exemple. Ainsi, en
exemple, on a f (25) = 2, f (789) = 7, f (0) = 0, f (11) = 1.
On continue dans le même esprit de classification comme dans les exemples
précédents. Ici, nous regroupons les éléments de N ayant la même image par f
dans le même sous-ensemble. On définit ainsi une relation entre les éléments de N
par :
x et y sont relation si et seulement si f (x) = f (y).
Comme précédemment, pour tout a ∈ N, on appelle classe de a, le sous–
ensemble des éléments de N en relation avec a. Autrement dit, la classe de a est
égale au sous–ensemble des éléments x de N tels que f (x) = f (a) c’est–à–dire
{x ∈ N : f (x) = f (a)}. Nous savons bien que  ce sous–ensemble est l’image
réciproque de f (a) par f et se note f −1
{f (a)} . On le note aussi, comme dans
l’exemple précédent, ā. Ce type de relation s’appelle relation associée à f .
On voit simplement que les différentes classes sont :
— le sous–ensemble des nombres naturels dont le premier chiffre est égal à 0,
qui est réduit au singleton {0} ;
— le sous–ensemble des nombres naturels dont le premier chiffre est égal à 1,
dans cette classe, on retrouve p. ex. les entiers 1, 10, 19902 et 129875 ;
— le sous–ensemble des nombres naturels dont le premier chiffre est égal à 2 ;
..
.
— le sous-ensemble des nombres naturels dont le premier chiffre est égal à 9.
Dans la suite de cet exemple, ces classes sont naturellement notées 0̄, 1̄, 2̄, . . ., 9̄.

Remarque 4.3.
(a) Chaque élément de N est dans une et une seule classe. Aucune classe n’est donc
vide et elles sont deux à deux disjointes. L’ensemble des classes constituent
donc une partition de N. Notons le, pour l’instant, N ;
(b) La correspondance ci–dessous qui à tout nombre naturel associe sa classe est
clairement une application surjective, on l’appelle surjection canonique et on
la note s.

10
N

0

1

2

3

4

..
.
..
.
9
9
10

..
.

Figure 3 – surjection naturelle

(c) La correspondance, notée g, de N dans C qui à tout x̄ associe f (x) définit une
injection. En effet, si x̄ et ȳ sont deux éléments distincts (x̄ 6= ȳ), ils ne sont
donc pas en relation c’est à dire f (x) 6= f (y). D’où g(x̄) 6= g(ȳ).

Nous allons construire à partir de cette injection g : N −→ C une application


¯ ayant presque les mêmes caractéristiques :
bijective, notée f,
(a) f¯ et g ont même ensemble de départ : N ;
(b) f¯ et g ont même définition, c’est à dire pour tout x̄ appartenant à N, nous
avons g(x̄) = f¯(x̄). N’oublions pas que c’est aussi égale à f (x) ;
(c) Mais, comme nous voulons que f¯ soit bijective, son ensemble d’arrivée doit être
égal à g(N), c’est à dire le sous-ensemble de C constitué uniquement d’éléments
ayant un antécédent par l’application g. Autrement dit, on se débarrasse de
tous les éléments de C qui empêchent g d’être surjective. Ainsi, l’application
f¯ : N −→ g(N) est bien bijective.

4.4 Relation d’équivalence


Il est maintenant temps de vous présenter la principale notion de cette partie
qu’est la relation d’équivalence. Il n’y a aucun soucis à se faire puisque l’essentiel
du travail est déjà fait dans les exemples précédents. Il ne nous reste qu’à donner
les concepts et les définitions qui fondent cette notion.
Soit E un ensemble quelconque. Une relation binaire définie dans E est un sous-
ensemble R du produit cartésien E × E. Pour signifier que (a, b) est un élément
de R, on écrit aRb et on dira que a et b sont en relation. Par exemple, la relation

11
« être dans la même filière » est une relation binaire définie dans l’ensemble UVS.
Si on la note R, dire que l’étudiant x est en relation avec l’étudiant y s’écrit xRy.
On dira que la relation binaire R est réflexive si tout x de E est en relation
avec lui–même. On dira que R est symétrique si pour tous x et y de E tels que
xRy, on a aussi yRx. On dira que R est transitive si pour tous x, y et z de E
tels que xRy et yRz, on a aussi xRz.
Définition 4.1. Une relation binaire R définie dans un ensemble E, à la fois
réflexive, symétrique et transitive est dite relation d’équivalence ou congruence
modulo R.
Soit R une relation d’équivalence définie dans E. Si x est en relation avec y,
on écrit x ≡ y (mod R) ou x ≡ y mod R et on lit x est congru à y modulo R.

Définition 4.2. Soit R une relation d’équivalence définie dans E et soit a un


élément fixé de E. Le sous-ensemble des éléments x de E qui sont en relation avec
a s’appelle classe de a et se note ā. Autrement dit ā = {x ∈ E : xRa}.
Exercice 6. Montrer que deux classes d’équivalence sont égales ou disjointes. On
montrera que deux classes sont distinctes si et seulement si elles sont disjointes
Proposition 4.1. Soit E un ensemble. Alors à toute relation d’équivalence R on
peut associer une partition A = (Ai )i∈I dont les éléments (la parties constituant
cette partition) sont les différentes classes d’équivalence suivant R. Et, récipro-
quement, à toute partition A on peut associer une relation d’équivalence R dont
les classes coïncident avec les éléments de la partition.
Démonstration. L’exercice ci–dessus précise que les différentes classes sont deux à
deux disjointes. Aussi, nous savons que tout élément a de E appartient à la classe
ā. Par suite, l’ensemble des classes est une partition de E.
L’apprenant est invité à vérifier en exercice que la relation R définie dans E par :

xRy ⇐⇒ ∃i ∈ I tel que x, y ∈ Ai

est une relation d’équivalence.


Cette proposition montre que d’une partition on peut déduire une relation
d’équivalence et vice versa. Nous pouvons donc définir pour les relations d’équi-
valence tous les objets que nous avions définis pour les partitions. Il s’agit de
ensemble quotient, surjection canonique et de relation d’équivalence associée à
une application donnée.
Définition 4.3. Soit E un ensemble et R une relation d’équivalence définie dans
E. L’ensemble des classes d’équivalence suivant R s’appelle ensemble quotient et
se note E/R et la surjection s, qui à tout x de E associe sa classe x̄ dans E/R,
s’appelle surjection canonique.
Exercice 7. Vérifier que les exemples en début de la présente section sont des
relations d’équivalence. Déterminer leurs classes d’équivalence, leur ensemble quo-
tient, la surjection canonique associée à chacune d’elle.

12
Proposition 4.2. Soit f une application d’un ensemble E dans un ensemble F .
Soit A la partition associée à f . La relation d’équivalence associée à A est aussi
dite associée à f . Elle est aussi définie par :

x R y ⇐⇒ f (x) = f (y)

Cette relation d’équivalence est fondamentale et très importante pour la suite,


surtout au chapitre sur les groupes. Il est indispensable de s’y attarder pour bien
l’assimiler. Sa preuve doit être discutée en TD et vous êtes invité à déterminer ses
différentes classes d’équivalence, son ensemble quotient, la surjection canonique
associée. Nous avons déjà abordé un exemple de ce type de relation au début de
la section.

Exercice 8. Donnez trois exemples d’applications et déterminez pour chacune


d’elles les différentes classes d’équivalence, l’ensemble quotient et la surjection
canonique de la relation d’équivalence qui lui est associée.

Exercice 9. On définit sur R la relation R si et seulement si x2 − y 2 = x − y.


1. Montrer que R est une relation d’équivalence.
2. Calculer la classe d’équivalence d’un élément x de R.
3. Combien y a-t-il d’éléments dans cette classe ?

4.5 Décomposition canonique


On considère une application f d’un ensemble E dans un ensemble F et R la
relation d’équivalence associée à f . Nous savons que pour toute classe ā ∈ E/R
fixée, pour tout x ∈ ā, f (x) = f (a). Par suite, la correspondance g de E/R dans
F qui’ à tout x̄ associe f (x) est une application, elle est même injective. En effet,
soit X et Y deux classes d’équivalence telles que g(X) = g(Y ). Soit a et b deux
éléments de E appartenant respectivement à X et Y . On a ā = X et b̄ = Y et
donc g(X) = g(ā) et g(Y ) = g(b̄). Et puisque g(X) = g(Y ), on a aussi g(ā) = g(b̄).
D’où f (a) = f (b). Par suite a R b, c’est-à-dire X = Y .

Exercice 10. Vérifier que les applications f et g ◦ s sont égales. Cela revient
simplement à vérifier qu’elles ont les mêmes ensembles de départ et d’arrivée et
la même définition.

Soit f¯ la bijection de E/R dans f (E) = g(s(E)) qui coïncide avec g dans
E/R et soit j l’injection canonique de f (E) dans F . Nous avons g = j ◦ f¯ et donc
f = j ◦ f¯ ◦ s. C’est ce qu’on appelle la décomposition canonique de f . Elle est
résumée dans le diagramme commutatif suivant :
f
E F
s j
E/R f (E)

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Références
[1] Michel Queysanne, Algèbre, Collection U.
[2] Jacques Velu, Méthodes mathématiques pour l’informatique, DUNOD.
[3] [Link] Consulté le 8 jan-
vier 2019.

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