Qu’est-ce que la tolérance ?
Ethimologiquement, le terme tolérance dérive du latin « tolerantia » qui se traduit en français
par endurance, patience, résignation devant du verbe tolerare qui signifie supporter. Elle
désigne dans son sens le plus général, la capacité d’accepter ce que l’on n’accepterait pas
spontanément ou normalement. Elle est également la vertu de se montrer vigilant tant envers
l’intolérant que l’intolérable.
Selon le Robert, elle est une attitude qui consiste à admettre chez autrui une manière de penser
ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même.
Moralement et politiquement, la tolérance est une attitude consistant à supporter ou à ne pas
interdire ce qu’on désapprouve et qu’on ne peut éviter. L’idée de tolérance est exprimée plus
clairement dans cette formule de Voltaire s’adressant à Helvétius : « je ne suis pas d’accord
avec vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pourque vous puissiez les exprimer. »
Ainsi, la tolérance apparait comme l’acceptation ou le respect de la différence. Elle garanti en
quelque sortes le vivre-ensemble en favorisant l’acceptation des identités différentes et à
faire passer du simple vivre-ensemble au bien-vivre-ensemble. C’est dans ce même ordre
d’idée que Kofi ANNAN affirme à juste titre que la tolérance est une vertu qui rend la paix
possible.
La tolérance est une vertu, un art de vivre qui consiste à contrôler la violence. Un renoncement
de soi, de sa puissance au profit d’autrui. Tolérer c’est ici accepter les différences des identités
lorsqu’elles ne sont pas dangereuses ou meurtrières. Un tel dépassement de soi pour l’autre
ne peut être observer que chez l’être humain entant qu’animal raisonnable.
Qu’est-ce que l’intolérance ?
L’intolérance est une attitude différente ou contraire à la tolérance ou encore sa négation
logique. Si la tolérance apparait comme la capacité d’accepter chez autrui des pensées ou des
idées contraires à ce qu’on n’approuvera soi-même, l’intolérance quant à elle apparait comme
l’incapacité d’accepter chez autrui des pensées ou des idées contraires à ce qu’on n’approuvera
soi-même.
L’intolérance est contraire à la tolérance dans la mesure où elle s’exprime par la violence, la
ferme prétention de détenir le vrai, le bien et le beau. La volonté d’imposer sa volonté à autrui.
Ainsi l’intolérant apparait comme un monstre chez Voltaire lorsqu’il affirme que : « tout
particulier qui persécute un homme, son frère, parce qu’il n’est pas de son opinion, est un
monstre ». Dans ce même ordre d’idée, Karl Popper, philosophe de l’ouverture, défenseur de
l’esprit critique, adversaire du dogmatisme et du fanatisme, affirme avec force
que : « l’incitation à l’intolérance est aussi criminelle que l’incitation au meurtre ». Suivant
Charles Montesquieu, C’est l’intolérance qui est la cause des guerres de religion et non le
pluralisme religieux. Et à ce propos il écrit dans les Lettres persanes, Lettres XXXV : « J’avoue
que les histoires sont remplies de guerres de religion. Mais qu’on y prenne bien garde : ce n’est point
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la multiplicité des religions qui a produit ces guerres, c’est l’esprit d’intolérance qui animait celle qui
se croyait la dominante ». Au regard de tout ce qui vient d’être dit, force est de comprendre que c’est
n’est point