0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
212 vues67 pages

PFC Carrefour

Transféré par

ananiazaramichel1999
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
212 vues67 pages

PFC Carrefour

Transféré par

ananiazaramichel1999
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

AMOUR

PAIX PROGRÈS

Phare Lamentin

M AI

R
LOKAL+

OU
RI

EF
E
DE R
C AR

MAIRIE DE CARREFOUR

Le PFC est le fruit d’un exercice de Son objectif est d’améliorer l’offre des Le est un document in­

PFC
PFC

planification participative entre services publics aux Carrefouroises ci­t atif qui indique, comme PL A N DE FIN A NCEM ENT
les autorités locales et les représen- et Carrefourois dans le cadre d’un corollaire, aux administrés pour­ DES S ERVICES PUBLICS
tants des secteurs de la société civile. développement durable. quoi contribuer. COMMUNAUX (PFC)

G
Aôut 2015

r
ou
ef
rr
ca
P L A N D E F I N A N C EM EN T
D ES S ER V I C ES P U B L I C S
COMMUNAUX (PFC)

Septembre 2015

AMOUR
PAIX PROGRÈS

Phare Lamentin

M AI

R
République d’Haïti

OU
Département de l’Ouest

RI

EF
E
DE R
Commune de Carrefour C AR
Table des matières 19 Chapitre 3 Présentation sommaire de l’état des
services municipaux
iv Liste des tableaux 19 L’organigramme actuel de la mairie
iv Liste des photos 20 Brève présentation de la situation actuelle des directions
v Liste des sigles et abréviations et services de la mairie

1 Chapitre 1 Introduction 21 Chapitre 4 Présentation des idées de projets et


1 Le PFC, la mobilisation fiscale et le budget communal fiches signalétiques des projets prioritaires
annuel 21 Tableau récapitulatif des idées de projets proposées par
2 Le PFC, le Plan communal de Développement (PCD) les ateliers
et le Schéma d’Aménagement communal 34 Fiches signalétiques des projets prioritaires
3 Les grandes lignes de l’élaboration du PFC
6 Limites et structure du PFC 53 Chapitre 5 Nature des interventions priori-
taires, stratégies de financement, mesures
7 Chapitre 2 Présentation de la commune d’accompagnement
7 Profil historique 54 Nature des interventions prioritaires et estimations
9 Localisation, découpage, limites et caractéristiques financières globales
géographiques 55 Stratégies de financement
11 Les enjeux de la problématique des risques et désastres 55 Mesures d’accompagnement
dans la commune
13 Les services sociaux de base 57 Chapitre 6 Conclusion
15 Environnement socio-organisationnel de la commune
16 Environnement économique de la commune
Liste des tableaux
5 Tableau 1> Les grandes étapes de l’élabora- 33 Tableau 4> Liste des idées de projets prioritaires
tion du PFC de Carrefour 54 Tableau 5> Nature des interventions priori-
22 Tableau 2> Idées de projets par domaines de taires et estimation financière globale
compétences de la municipalité
30 Tableau 3> Liste des 30 projets prioritaires

Liste des photos


vi Atelier de nouvelle priorisation des idées de projets 31 La ravine du pont de Mariani aurait besoin d'un drainage.
6 Comité technique mixte sur la protection civile. 32 Canal de captage d'eau de Diquini utilisé par les rivérains
7 Base navale Amiral Killick. pour faire la lessive.
11 Ravine de Chaudeau, à risque très grave d’érosion. 33 Atelier de restitution et validation des fiches de projet.
13 La voirie de la mairie de Carrefour au travail. 35 Emplacement du complexe socioculturel au Camp Lamentin.
14 L’urbanisation anarchique a entraîné une pollution des 37 Route près du marché de mangues à Mariani qui se
nappes phréatiques rendant l’eau non potable. caractérise par des fréquents embouteillages.
15 La fondation communautaire de Cacao. 38 Ravine de Diquini.
16 Une grande partie des commerces de la commune 39 Ravine zone Grand Kay.
fonctionnent dans l’informel. 40 Actuelle décharge de Carrefour à la Route des Rails.
17 D’importantes industries nationales se concentrent dans 41 La forte densité de la population génère un volume de
la commune de Carrefour. déchets que la mairie a du mal à gérer.
18 Un des bâtiments de la mairie de Carrefour. 42 La moto est le moyen de transport le plus répandu de
21 Un participant étudie la liste des idées de projets. la route de Titus à Malanga.
22 La construction d'un abattoir près du marché de Bizoton 43 Actuelle école communale à Coupeau et site choisi pour
serait souhaitable selon les participants au PFC. la construction de la nouvelle.
23 Camion à benne compressive de la Mairie. 44 Un des sites localisés pour la construction d'une place
24 Drainage de la ravine Chaudeau. publique à Carrefour.
25 Dans les sections communales reculées, les élèves 47 Atelier de santé et assainissement.
doivent marcher longtemps pour aller à l'école. 49 Environnement insalubre aux alentours de l'abattoir de
26 Bureau de la DINEPA à Carrefour. Carrefour.
27 Un corps d'inspecteurs sanitaires pour contrôler la qualité 50 La population doit pouvoir identifier les pratiques
des produits alimentaires vendus dans les boutiques. à risques pour l'environnement.
28 La signalisation des principales artères, un projet pour 52 Les rapporteurs de l'atelier d'environnement pendant
la commune. l'identification de projets d'idées du PFC.
29 Le renforcement du corps des sapeurs-pompiers de 53 Le recouvrement fiscal de la propriété bâtie permettra
Carrefour, une idée de projet proposée. à la Mairie d'augmenter les recettes fiscales.
30 La réhabilitation de trotoirs de Mariani à Bizoton. 55 Formation des membres de la Société civile de Carrefour.

iv  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Liste des sigles et abréviations

BNC Banque nationale de Crédit IST Infection sexuellement PSDH Plan Stratégique de Développement
BUH Banque de l'Union haïtienne Transmissible d’Haïti
CASEC Conseil d'Administration des LOKAL+ Limiyè ak Òganizasyon pou RGPH Recensement général de la
Sections communales Kolektivite yo Ale Lwen Population haïtienne
COUC Centre d’Opérations d’Urgence MENFP Ministère de l’Éducation nationale et SCC Société civile de Carrefour
communale de la Formation professionnelle SIG Système d’Information géo-spatiale
DINEPA Direction nationale de l'Eau OCB Organisation communautaire de Base SMCRS Service métropolitain de Collecte des
potable et de l'Assainissement OMD Objectifs du Millénaire pour le résidus solides
DSNCRP Document de Stratégie nationale Développement USAID United States Agency for
pour la Croissance et la ONG Organisation non gouvernementale International Development
Réduction de la Pauvreté ONU Organisation des Nations unies VIH/SIDA Virus de l’Immunodéficience
EDH Électricité d’État d’Haïti PCD Plan communal de Développement humaine/Syndrome d’Immuno-
GPS Système de Positionnement global PFC/PFSPC Plan de Financement des Services déficience acquise
par Satellite publics communaux
IHSI Institut haïtien de Statistique et PIB Produit intérieur brut
d’Informatique PIM Plan d’Investissement municipal

v
Atelier de nouvelle priorisation des idées de
projets organisé en mai 2015.
Ce chapitre présente la définition du Plan de finance-
Chapitre 1 ment des services publics, explique son rapport avec la

INTRODUCTION
mobilisation fiscale et décrit les huit différentes phases
de l’élaboration du PFC de Carrefour.

L
e projet LOKAL+ (Limiyè ak Òganizasyon pou Définition et importance du Le PFC, la mobilisation fiscale
Kolektivite yo Ale Lwen), dont l’adjudication date de PFC de Carrefour et le budget communal annuel
janvier 2013, est financé par l’Agence américaine pour
le développement international (USAID). Il a pour objectif Le Plan de Financement des Services communaux Le PFC est donc un outil permettant à la
général de contribuer au renforcement de la capacité des publics (communément désigné sous le vocable municipalité de sensibiliser et de motiver
communes haïtiennes à fournir des services publics de PFC) est le fruit d’un exercice de planification les contribuables quant à la nécessité d’ef-
manière durable. Le projet a établi un partenariat privilégié avec participative entre les autorités locales et les fectuer cet effort fiscal et quant à la nécessité
des entités étatiques nationales et départementales ainsi qu’avec représentants des différents secteurs organisés de d’effectuer divers investissements publics en
les autorités locales. Les neuf communes cibles sont situées dans la société civile. Ce mécanisme participatif multi- vue d’améliorer l’offre des services menant au
les trois corridors (Cul-de-Sac, Saint-Marc, Nord) prioritaires sectoriel lui confère une représentativité certaine, changement et au développement. C’est un
de développement identifiés d’un commun accord entre les basée sur toutes les composantes de communauté, couloir privilégié de vulgarisation de la volonté
gouvernements haïtien et américain. De manière spécifique, dans l’identification des interventions qui devraient d’action de la mairie et un outil stratégique
LOKAL+ appuiera les municipalités cibles dans leur quête inciter les autorités locales à porter leurs efforts pour optimiser les résultats attendus dans
d’amélioration des services publics de proximité priorisés par les vers les actions qui permettent d’améliorer les sa démarche de mobilisation fiscale. Un tel
populations locales. Il mettra l’emphase sur les aspects suivants : services publics à offrir à la population. processus a ainsi été initié par la municipalité
de Carrefour.
1> renforcement de la capacité des autorités locales Ce plan permettra à la mairie cible de mieux établir
à fournir des services communaux ; et vulgariser sa vision pour la commune et de la Les investissements prioritaires issus du Plan de
2> augmentation durable des recettes locales par la sensibili- partager avec les différents secteurs de la com- Financement des Services publics communaux,
sation des contribuables en vue du financement des projets munauté, l’administration centrale, les bailleurs financés en partie par les recettes publiques,
communaux de développement économique et social ; de fonds, les agences internationales et autres en plus d’améliorer le cadre physique de vie
3> amélioration de l’accès aux services déconcentrés et institutions de développement. Il lui facilitera la et de faciliter l’accès à des services publics de
aux fonds du gouvernement central par les communes ; réalisation des objectifs fixés dans le cadre d’un dé- proximité, contribueront à l’édification
4> amélioration du cadre légal en faveur de la décentrali- veloppement durable, à travers une administration d’infrastructures socio-économiques
sation et des services déconcentrés ; locale travaillant à la transformation des réalités du d’importance. Ils induiront également d’autres
5> augmentation de la transparence, du contrôle et la milieu, s’adonnant au service de la communauté formes d’investissements générateurs
responsabilité des collectivités locales et des presta- et se consacrant au bien-être de la population. Il de richesses et d’emplois, qui devront
taires de services déconcentrés. permettra aussi à l’administration communale de augmenter substantiellement le chiffre d’affaires
mieux justifier le grand effort de mobilisation des entrepreneurs et, subséquemment, élargir
fiscale sollicité des contribuables. l’assiette fiscale locale.

1 Introduction 1
Le PFC, le Plan communal de Développement (PCD) et le Schéma d’Aménagement communal

Autorités locales, organismes Le Plan de Financement des Services publics communaux (PFC), le Plan com-
déconcentrés de l’État, munal de Développement (PCD) et le Schéma d’Aménagement de la Commune
OCB, OI et société civile ont en commun le cadre physique des interventions et une méthodologie
participative impliquant les autorités locales et la société civile. Ces outils
réfèrent à une vision de développement de la commune s’inspirant à la fois
des besoins collectifs exprimés par les différents secteurs de la société et des
opportunités manifestes dans un contexte de développement durable.

Plan de Financement Plan communal de Par ailleurs, le PFC est axé sur les investissements publics relevant
des Services pu- Développement des attributions de la mairie et conditionné par les prévisions budgétaires
blics communaux basées sur les recettes internes à obtenir à la faveur d’un processus de
mobilisation fiscale, les subventions de l’administration centrale
et la recherche de fonds externes auprès des bailleurs internationaux.

5 20
Par contre, le Plan communal de développement (PCD) vise à la fois les
investissements publics, communautaires et privés. Ces derniers
portent généralement sur la production de biens et services marchands dans
ans ans une perspective de croissance économique, sans tenir compte de l’effort fiscal
à effectuer par la communauté en vue de la prise en charge de certains services
publics relevant de la compétence des collectivités territoriales.

Mobilisation fiscale, subven- Investissements publics, Néanmoins, quel que soit l’outil privilégié( PFC ou PCD), les exigences du
tions administration centrale communautaires et privés schéma d’aménagement doivent être prises en compte en vue d’une répartition
et fonds externes spatiale optimale des activités et de la garantie d’une politique cohérente
de rénovation communale dans la perspective d’une croissance économique
et de sécurité de la population. Par conséquent, il serait idéal que le PFC soit
inscrit dans un schéma d’aménagement communal.

Amélioriation Production de
de l’offre biens et ser-
des services vices publics
publics ou marchands

2 PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Les grandes lignes de l’élaboration du PFC
Le Plan de Financement communal de rencontre entre le Conseil municipal, l’Adminis- Ces trois rencontres ont permis aux techniciens de
Carrefour est résulte d’un processus de pla- tration communale, la direction de LOKAL+ et le boucler l’étape d’information et de prise de
nification participative entre les autorités GroupIntellConsult. Cet atelier auquel ont participé décisions des acteurs impliqués dans le processus.
locales et les représentants des secteurs de la les agents exécutifs intérimaires, des cadres de la
société civile. Les acteurs impliqués dans le pro- Mairie, de LOKAL+ et du GroupIntellConsult Puis, les mardi 12 et jeudi 21 mai 2015,
cessus ont participé à huit rencontres pendant a permis une première prise de contact avec la Mairie l’équipe d’assistance technique a enchaîné avec
lesquelles ils ont discuté sur les problèmes de la de Carrefour, le lancement officiel et la planification l’organisation des ateliers d’actualisation et de
communauté en matière de services publics. Au des grandes lignes du processus. nouvelles priorisations des idées de projets.
cours de cette démarche appuyée sur la méthodo- Cette première phase de l’étape de montage du Plan
logie participative et soutenue par une équipe Quelques mois plus tard, soit le lundi 2 mars de Financement communal a réuni 40 participants
pluridisciplinaire, les acteurs, désireux de doter la 2015, une deuxième rencontre s’est tenue à le premier jour et 61 le second jour. Parmi eux ont
commune de cet outil de planification des dépenses la Mairie de Carrefour entre des cadres de la Mairie figuré les représentants des élus locaux, des services
d’investissement public, ont identifié les besoins de et du GroupIntellConsult. Ils ont parachevé les déconcentrés de l’État, des institutions commu-
la communauté et proposé des solutions sous forme présentations, planifié l’atelier bilan, discuté du nales, des secteurs de la société civile, du secteur
d’idées de projet, lesquelles dérivent de l’analyse des calendrier des activités, finalisé la liste des partici- privé des affaires, des organisations communautaires
problématiques posées et des discussions théma- pants et identifié enfin la documentation nécessaire de base et des organisations socio-professionnelles.
tiques effectuées lors de ces rencontres. Ces idées de à l’organisation de cet atelier. Au début de la rencontre, les consultants du
projet traduisent non seulement les préoccupations GroupIntellConsult ont présenté les objectifs et
de la communauté mais aussi les aspirations de la Deux jours plus tard, le mercredi 4 mars 2015, les résultats attendus du processus de montage du
population en termes de services publics. Cette l’équipe technique a organisé l’atelier bilan Plan de Financement communal, sa méthodologie
démarche fournit par conséquent un cadre de avec la participation de 58 personnes, dont quatre et les domaines de compétences de la Municipalité.
stratégies d’actions opérationnelles qui femmes réunissant les élus locaux, les représentants
permettent aux acteurs d’ajuster leurs efforts dans des secteurs de la société civile, le secteur privé des Par la suite, l’équipe d’assistance technique a organisé
une perspective d’amélioration de l’offre des services affaires, les institutions communales, les organismes la répartition des participants en six groupes pour
publics et d’aménagement de l’espace communal de développement et les services déconcentrés de former les six ateliers thématiques constitués
afin de contribuer au développement durable de la l’État. Au cours de cet atelier, le maire a présenté le en fonction des champs de compétences de la
commune et de répondre adéquatement aux besoins bilan des activités de la mairie de Carrefour Mairie. En effet, ces groupes de participants réunis
de services publics de la population. s’échelonnant depuis l’élaboration du PIM de suivant des critères tels que le champ de formation,
2010 jusqu’au mois de février 2015. Ensuite, le les expériences, les aptitudes et les centres d’intérêt
C’est ainsi qu’en décembre 2014, le processus comptable a fait une présentation du budget de travaillaient chacun sur l’un des six domaines sui-
de révision du Plan d’Investissement municipal l’exercice fiscal 2014-2015. Finalement, le coordon- vant lesquels sont regroupées les compétences de la
de Carrefour et d’élaboration du nouveau Plan de nateur de l’équipe technique a exposé les grandes Mairie :
Financement communal a débuté par une première lignes de la méthodologie d’élaboration du PFC.

1 Introduction 3
³³l’économie, Dans l’ensemble, 92 projets d’investissement du Plan de Financement communal. Au début de
³³l’environnement, public dans les champs de compétences de la Mairie l’atelier, les techniciens ont distribué un document
³³l’infrastructure, ont été identifiés par les participants. Puis, sur la base de formation de base en élaboration de
³³la santé et l’assainissement, de critères tels que la déficience des services publics, projets adapté pour la circonstance par l’équipe
³³l’urbanisme, la pertinence des projets et la capacité à les réaliser, les d’assistance technique. Au cours du déroulement
³³la protection civile et la sécurité publique. groupes ont identifié et classé des projets prioritaires des ateliers, cet outil d’orientation a permis aux
pour chacun des domaines de compétences de la techniciens d’apprendre aux acteurs présents le vo-
Au cours de cette rencontre, les six groupes d’acteurs municipalité, à raison de cinq par domaine. En cabulaire propre à la gestion de projets et d'aider tout
ont discuté en fonction de leur thématique respective somme, 30 idées de projets prioritaires, à le monde à communiquer dans le même langage.
des préoccupations majeures de la population en réaliser dans la commune durant les cinq prochaines Il a aussi soutenu l’expertise pluridisciplinaire de
matière de services publics. L’analyse des pro- années ont été sélectionnées. l’équipe technique en facilitant la manipulation par
blématiques identifiées par les acteurs a permis les acteurs de multiples outils de planification
de cerner les véritables problèmes confrontés par la Ensuite, en plénière, le rapporteur de chaque ate- stratégique et le maniement d’instruments de
communauté. Selon les acteurs, ce sont des obstacles lier a présenté les idées de projets identifiées et la planification opérationnelle nécessaires au montage
majeurs dressés sur la route du développement éco- liste des projets sélectionnés. Après les séances de des fiches techniques de projets.
nomique et social de la commune. Les discussions discussions sur les idées de projets et les débats qui
portées sur les thématiques ont débouché sur des ont permis de recueillir les avis et commentaires des Par la suite, pendant cette journée, sur la base du
pistes de solutions et des stratégies d’ac- autres participants, un scrutin a été organisé et les document d’orientation, les comités techniques
tions opérationnelles énoncées sous forme d’idées participants ont pris part au vote ayant déterminé mixtes ont collecté des informations et ont
de projets qui sont des moyens à mettre en œuvre la hiérarchisation des idées de projets. travaillé à l’ébauche des douze fiches de projets
pour relancer la mobilisation fiscale et améliorer Suite au dépouillement des bulletins par un comité prioritaires que les rapporteurs ont ensuite présentées
l’offre des services publics. multipartite constitué des coordonnateurs et rappor- en plénière. À la fin de l’atelier, les participants ont
teurs des six ateliers, d’un représentant de la Mairie été invités à remplir les fiches d’évaluation des ac-
Par conséquent, elles incitent le Conseil municipal assistés par les consultants, les douze projets ayant tivités devant conduire à la production de rapports
à redoubler d’efforts et à dynamiser l’administration obtenu le plus de votes ont été retenus comme les qui permettront de jauger l’organisation des activités.
municipale dans la mise en place de mécanismes plus prioritaires et présentés à tous. Enfin, pour
d’intervention adéquats concourant à créer les terminer cet atelier, les participants ont été invités En outre, le vendredi 5 juin 2015, l’équipe
conditions indispensables à l’amélioration des à former six comités techniques mixtes technique accompagnée de personnes ressources
services publics et susceptibles de canaliser leurs constitués des autorités locales et des personnes de la communauté ayant participé au processus
actions vers le mieux-être de la population. Elles ressources de la société civile qui participeront aux ont effectué des visites des sites d’implan-
deviennent ainsi des fenêtres d’opportunités et des ateliers de collecte d’informations pour l’élaboration tation des projets prioritaires afin de procéder à
créneaux de lancement de la mobilisation fiscale de l’ébauche des fiches techniques de projets de leurs des observations directes et d’effectuer des entrevues
devant engendrer une dynamique forte de cohésion domaines respectifs. semi-structurées dans le but de faire un diagnostic
des différentes composantes de la communauté au plus approfondi des problèmes analysés en atelier. En
service du développement. Puis, le vendredi 22 mai 2015, les consultants somme, les principaux sites de projets et des positions
ont démarré la deuxième phase de l’étape de Montage secondaires ont été visités par les consultants, qui en

4 PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Tableau 1> Les grandes étapes de l’élaboration du PFC de Carrefour
Étape Phase Activités Acteurs Date

PHASE I
RESTITUTION P L A N D E F I N A N C E M E N T D E S E T P R I S E D E D É C I S I O N S
Rencontre avec le Conseil L e s a g e n t s ex é c u t i f s m u n i c i p a u x , 16/12/2014

M O N TA G E D U ÉTAPE I INFORMATION
municipal l’assistant directeur de LOKAL+ et le
ont pris des photos et saisi des points de localisation directeur de projet du GroupIntellConsult
GPS. Les techniciens en ont aussi profité pour véri-
fier les paramètres techniques, environnementaux et Rencontre de planification L e s a g e n t s ex é c u t i f s m u n i c i p a u x , 02/03/2015

PHASE II
sociodémographiques à considérer et à évaluer pour de l’élaboration du PFC avec l ’ a d m i n i s t r a t e u r d e l a M a i r i e ,
la réalisation des projets. Ces visites ont été aussi l’administration municipale l’assistant directeur de LOKAL+, le responsable
pour les consultants une opportunité de récolter des de contrôle de qualité du GroupIntellConsult
données complémentaires utilisées ultérieurement et le coordonnateur de l’équipe technique
pour agrémenter le contenu des fiches techniques
de projet. Atelier bilan des réalisations du 58 personnes, dont 4 femmes réunissant les élus 04/03/2015

PHASE III
Plan d’Investissement municipal locaux, les représentants des secteurs de la
Finalement, le jeudi 25 juin 2015, au Royal de 2011 et de présentation des société civile, le secteur privé des affaires, les
Caribbean Hôtel, eut lieu l’atelier de consulta- motifs du budget de l’exercice institutions communales, les organismes de dé-
tions publiques et de restitution des douze fiscal 2014-2015 veloppement et les services déconcentrés de l’État
fiches techniques de projets, qui ont été

ET VALIDATION S E R V I C E S P U B L I C S C O M M U N A U X
présentées aux acteurs. Cette phase a rassemblé un Ateliers d ’ a c t u a l i s a - 40 participants d’horizons divers, dont 12 femmes 12/05/2015
public plus large et plus représentatif des différents t i o n e t d e n o u v e l l e s constitués d’élus locaux, de cadres de la Mairie,
secteurs de la société civile constitué de 72 personnes de représentants des secteurs de la société civile,

PHASE I
dont treize femmes afin de consolider la participation des services déconcentrés de l’État, des OCB
de tous les acteurs communaux comme principe
fondamental de la planification locale et dans 61 participants d’horizons divers, dont 16 femmes 21/05/2015
l’objectif de restituer et valider les fiches techniques constitués d’élus locaux, de cadres de la Mairie,
de projet. Cette phase a permis de recueillir des de représentants des secteurs de la société civile,
suggestions, noter des remarques, puis finalement des services déconcentrés de l’État, des OCB
II

corriger et enrichir les fiches techniques de projet.


PHASE II

Ainsi les recommandations, les avis et commentaires Ateliers de collecte d’informa- 16 femmes et 46 hommes des comités techniques 22/05/2015
du grand public ont été notés et pris en compte dans tions pour l’élaboration des mixtes constitués des autorités locales et des
É TA P E I I I É T A P E

une version modifiée des fiches de projet. fiches techniques de projets représentants des secteurs de la société civile
PHASE III

Les différentes rencontres ci-dessus énumérées V i s i t e d e s s i t e s d e s Consultants du GroupIntellConsult et 05/06/2015


constituent les phases des trois grandes étapes du p r o j e t s p r i o r i t a i r e s personnes ressources de la société
processus d’élaboration du Plan de Financement civile ayant participé au processus
communal décrites dans le tableau suivant .
R e s t i t u t i o n d e s Fi c h e s Public plus représentatif constitué de 64 25/06/2015
PHASE I

Te c h n i q u e s d e Pro j e t e t participants dont 9 femmes et 55 hommes repré-


c o n s u l t a t i o n s p u b l i q u e s sentant les différents secteurs de la société civile

1 Introduction Source : Ateliers du Plan de Financement communal de Carrefour.


Comité technique mixte sur la protection civile pendant la collecte d’informations.

Limites et structure du PFC


Le PFC n’a ni l’ambition de remplacer le PCD, le Schéma d’Aménagement
communal ou le plan d’urbanisme, ni de porter les acteurs à en faire l’économie.
Ces trois outils demeurent complémentaires. Cependant, il n’en demeure pas
moins pour tous les acteurs (élus, représentants de la société civile…) ayant
pris part à l’élaboration du PFC qu’il existe des besoins fondamentaux qui de-
meureraient urgents et prioritaires, quel que soit le moment de la planification
(avant ou après le Schéma d’Aménagement ou le PCD), et quelle que soit la
vision du conseil municipal en place. Ce qui détermine le bien fondé du PFC.

Ce PFC comporte six chapitres dont la présentation de la commune, la présen-


tation sommaire de l’état de l’administration communale, la liste complète des
projets retenus, les fiches signalétiques des douze projets prioritaires, les straté-
gies de financement, les mesures d’accompagnement et les recommandations.
Après une mise en contexte historique, ce chapitre in-
Chapitre 2 dique l’emplacement de Carrefour, donne un aperçu de

PRÉSENTATION
sa démographie, présente la problématique des risques
et désastres, décrit les services sociaux de base, expose

DE LA COMMUNE
la situation des organisations de la société civile puis in-
troduit les différents acteurs économiques de la commune.

Profil historique

L
a date de fondation de la ville de Carrefour est 1813. Dans le temps,
Carrefour était la zone de villégiature idéale pour passer les fins de semaine
et profiter de la nature verdoyante. En particulier, Rivière froide a toujours Base navale
été l’une des plus grandes attractions de la commune. Plusieurs installations de Amiral Killick,
triage de café s’élevaient dans cette zone. À chaque visite en fin de semaine, les quartier général
randonneurs trouvaient un plaisir immense à profiter de la fraîcheur de la rivière. du Bataillon de la
Marine haïtienne.
Entre la fin du 19e et le début du 20e siècle, Carrefour est devenue une impor-
tante capitale économique, de renom national ; puisqu’autrefois elle était une
commune parsemée d’usines. Dans certaines localités comme Mon Repos,
par exemple, on trouvait une grande usine sucrière dont l’un des bassins existe
encore aujourd’hui. À Diquini, il y avait une grande usine de traitement de
tabac où l’on fabriquait des cigares pour l’empereur d’Allemagne Guillaume II
et aussi on y trouvait la Habaco, une fabrique de pantalons. On y rencontrait
également la Hamascosa, une usine de fabrication de chocolat. À Thor, il y avait
une usine de fabrication de balles de base-ball. L’usine de Charles Plaisimond,
toujours à Carrefour, fabriquait du papier et des serviettes hygiéniques. C’est aussi
à Carrefour que fut installée la première usine électrique de Port-au-Prince. La
base navale Amiral Killick, quartier général du Bataillon de la Marine haïtienne,
fut inaugurée le 20 octobre 1895 par le président Hyppolite dans le quartier
de Bizoton1.

Carrefour n’a pas connu un passé riche en histoire mais l’on peut retenir que des per-
sonnalités importantes telles que les présidents Alexandre Pétion et Florville Hyppolite
ont résidé dans cette commune. Elle fut élevée au rang de commune en 1982.

1 Gaspard Dorélien, « Il était une fois… Carrefour », Le Nouvelliste, 27 octobre 2006.

2 Présentation de la commune 7
770000.000000 775000.000000 780000.000000

Mer frappée macombe


Cloher
Nan Coucou Lamentin

Brochette
Arcachon

Thor
Cte Plage
Thor Le Volant ¯ République d'Haïti
Département de l'Ouest
Diquini
Bizoton
11ee Rivière froide 10ee Thor
2050000.000000

2050000.000000
Mahotiére
Dufour Fontamara LIMITES
Degand ADMINISTRATIVES
Morne Chandelle Vieux Caille
9ee Bizoton DE LA COMMUNE

N3973° 48.098'
St Roc
Baussan DE CARREFOUR
Colombier Marin
1rere Morne Chandelle Degand LÉGENDE:
Morisset
13ee Corail Thor Dufrenay Lieux-dits
Berot 2ee Platon Dufréné Réseau routier
Bourjoly
Bellevue
Froide Posy Primaire
Grande Ravine

Rivière
2045000.000000

2045000.000000
3ee Taïfer Secondaire
Fancrelle
Autres routes
Coupeau
Ti Marché Réseau hydrographique principal
Fond Coupeau Réseau hydrographique secondaire
5ee Coupeau Sections communales
Rivè

Duvier Rivière de Chauff


ard
re A

lo
ndD Limites communales
Doumbou
u Fo

Gra
vin
e
4ee Procy
ure

Ra Chaufa
Nan Gris-Gris a
Bong
7ee Laval Chauffard
Riviè
re De
Ravin

Eglise St François Xavier Raimboid


s p

Platon Bouvier Laval


Rivi
em

e Na
ra T

ère

Miyaille
pein
Ped

1:10 000
e
ine

Mom
Rav

Nan Tampis
2040000.000000

2040000.000000
Perdumidi
ance

Perdu Temps
6ee Bouvier 0 1 2 4
Morne Cochon Kilomètres
Eglise Ste Marie
Plombe
Ravine Bouvier

Bas Gougeon Sources de données: CNIGS


Ravine Gran Din

Malanga Morne Berly


Morne Malanga
8 Berly ee Morne La Source
a
ier

12 Malanga
2035000.000000

2035000.000000
uP

ee
Ea

Nan Plateau
gan

Bois Capable
ti
Cas

Bercy
ine
Rav

Morne Bralance

770000.000000 775000.000000 780000.000000


Localisation, découpage, limites et Les données démographiques et migratoires
caractéristiques géographiques
En 2003, la population de la commune du Carrefour était estimée à 408 000 habitants
La commune de Carrefour est située dans le département d’après le recensement général de la population (RGPH). Sur la base du recensement de
de l’Ouest en Haïti. Elle fait partie de l’arrondissement de 2003, cette population est estimée par l’IHSI à 426 024 en 2007, 465 019 habitants en
Port-au-Prince. 2009, et devrait atteindre les 487 980 en 2012.

Elle est subdivisée en treize sections-communales. Elle a au Pour cette dernière année, la proportion homme/femme estimée, accuserait d’une supério-
moins 189 localités et 109 habitations. rité numérique des femmes sur les hommes, soit 256 116 femmes (52,48 %) pour 231
864 hommes (47,52 %). Pour cette même année 2012, 95,89 % de la population résident
Carrefour relie la zone métropolitaine de Port-au-Prince au reste en milieu urbain, et 4,11 % de la population en milieu rural. De cette population, 275 955
de la presqu’île du Sud par la Route nationale No 2. Elle est personnes sont en âge de voter en atteignant la majorité de 18 ans nécessaire à l’exercice
donc bornée au nord par le Golfe de la Gonâve, au sud par les de ce droit citoyen.
communes de Jacmel et de Kenscoff ; à l’est par les communes
de Port-au-Prince, de Kenscoff et de Pétion-Ville et à l’ouest par Pour une superficie d’environ 165,16 km2, la densité de la commune se situe autour de
les communes de Gressier, de Léogâne et de Jacmel. 2 955 habitants/km2 justifiant sa forte concentration en milieu urbain. C’est, en fait,
l’une des communes les plus denses du département de l’Ouest.
La commune de Carrefour possède un relief majoritairement
composé de mornes dans son espace rural, mais aussi de Cette commune accueille beaucoup de gens par suite de l’exode rural. Elle est d’autant plus
plaines dans sa partie urbaine. La commune de Carrefour et, attirante pour les migrants que les loyers y sont relativement moins chers qu’à Delmas et à
en particulier, la partie urbaine est côtière. Cette dernière est Port-au-Prince. Cette situation donne lieu aussi à l’établissement de nombreux bidonvilles
traversée par la Route nationale No 2 qui la relie au centre-ville dans la commune.
de Port-au-Prince d’à peine une dizaine de kilomètres.
Évolution de la population de Milieu de résidence de la
Carrefour de 2003 à 2012 (hab) population de Carrefour
Coordonnées de la commune Valeurs
500000 en 2012 (hab)
487980 rural
(intervalle) 20071

487 980
465019

TOTAL
urbain
Z (altitude en m) 0 – 900 m (± 50 m) 467909
Population
Coordonnées Latitude N 18° 22’ 15” – 426024
(habitants)
géographiques N 18° 33’ 30” 408800
400000
Longitude W 72° 20’ 45” – 2003 2007 2009 2012
W 72° 28’ 15” Source : estimations réalisées par la Direction des Statistiques démographiques et sociales, IHSI, 2012.

2 Présentation de la commune 9
765200.000000 770200.000000 775200.000000 780200.000000

¯
DELMAS

Rivi
Lamentin
(!

ère
Nan Coucou CARREFOUR République d'Haïti

Froi
!  Thor
Mer frappéemacombe Département de l'Ouest
(

de
Cloher
RISQUE D'INONDATION,
Brochette Diquini
Bizoton PLUVIOMÉTRIE ET
11ee Rivière froide 10ee Thor
2050000.000000

2050000.000000
1000-1400 mm/an
FontamaraPORT-AU-PRINCE PENTES NATURELLES
Dufour
Degand DE CARREFOUR
Vieux Caille
Morne Chandelle St Roc 9ee Bizoton
Baussan
GRESSIER
Marin 1400-1800 mm/an LÉGENDE
1rere Morne Chandelle Degand Lieux-dits

Morisset Fond Ferrier
13ee Corail Thor Dufrenay ! Centre-ville
Berot 2ee Platon Dufréné
Bourjoly Réseau hydrographique principal
Bellevue Posy Réseau hydrographique secondaire
2045000.000000

2045000.000000
3ee Taïfer isoyetes
Fancrelle zone inondable
Coupeau
PÉTION-VILLE
Ti Marché Routes
Autres routes
Henry Route Nationale
CARREFOUR
5ee Coupeau Duvier Classes de pentes
>60%
Nan Gris-Gris
Platon Coupeau 4ee Procy Chaufa 30 - 60%
Chauffard Raimboid
Platon Bouvier7 e Laval
e
Eglise St François Xavier 12 - 30%
Riviè

5 - 12%
Miyaille Nan Roche
re M

2 - 5%
Nan Tampis Perdumidi 0 - 2%
oman
2040000.000000

2040000.000000
LEOGANE Perdu Tempsee 1800-2000 mm/an Sections communales
ce

6 Bouvier Limites communes


Morne Cochon
Eglise Ste Marie Limites départements
Plombe
Sources de données: CNIGS
Bas Gougeon KENSKOFF
2000 mm/an et plus
Tete Chadeau
Malanga Morne Berly
Morne Malanga
ee Malanga Morne La Source
8 Berly
2035000.000000

2035000.000000
12 Malanga
ee
Nan Plateau
Bois Capable
Bercy
JACMEL
Echelle: 1:100,000 Morne Bralance
Kilomètres
0 1 2 4
765200.000000 770200.000000 775200.000000 780200.000000
Les enjeux de la problématique des risques et désastres dans la commune

Les risques environnementaux sont principalement de deux types à Carrefour Ces risques sont également, d’autre part, provoqués, par une mauvaise ges-
: ils sont, d’une part, naturels, tenant compte de la géomorphologie tion de l’espace naturel par l’être humain. Cet autre aspect traduit plutôt
de la région, puisque la commune appartient à la presqu’île méridionale du fort bien la réalité du territoire communal, délaissé ou mal géré à la fois par
pays, et est donc traversée de part en part par la faille majeure Enriquillo- les autorités locales et aussi les habitants des communautés urbaines et rurales.
Plantain Garden. Elle est également proche de la faille secondaire dite de La gestion des déchets, l’abattage non contrôlé des arbres surtout
Léogâne. Rappelons que la commune de Carrefour a été très frappée par le au niveau des mornes et aux abords des sources, l'accaparement débridé
séisme du 12 janvier 2010 occasionnant d’énormes pertes matérielles et en vies des terres à vocation agricole et en zone pentue, l’occupation anarchique
humaines. Cependant, les données ne sont pas disponibles pour établir avec des lits des ravins et la bidonvilisation de l’aire urbaine, sont d’autant de
certitude le nombre de décès survenus à Carrefour. Plus encore, la commune preuves évidentes, parmi d’autres, qui illustrent le niveau de la dégradation
est aussi et pratiquement à risque d’érosion dans ses zones de fortes environnementale à Carrefour.
pentes situées dans sa partie septentrionale. Ce risque d’érosion est :
Il est donc à préconiser une prise de conscience individuelle et ci-
££très grave pour les localités de 8 Berly, une bonne partie de 12 Malanga ;
e e
toyenne, indispensable pour faire inverser les tendances au bénéfice d’un
££-grave pour les localités de 6e Bouvier et aussi : Doumbou de 5e Coupeau, rétablissement des droits de la nature sur le milieu physique de la commune
Morne Malanga et Bois Capable, de 12e Malanga. de Carrefour. Cette conscientisation devra s’accompagner également de la
££moins grave, mais élevé, pour les localités de: 4e Porcy, 5e Coupeau, 7e responsabilisation des autorités et acteurs locaux (collectivités
Laval, Bellevue de 13e Corail Thor, Perdu Midi de 12e Malanga, Marin territoriales et société civile…) dans une démarche de recherche de solutions
de 9e Bizoton, et certaines localités de 11e Rivière froide (Degan, Morne intégrées, dans un contexte de régionalisation.
Chandele, Dufour).
££moyen pour une bonne partie de : 13e Corail Thor,1e Morne Chandelle, 2e Par contre, Carrefour jouit d’une pluviométrie relativement assez riche,
Platon Dufréné, 3e Taïfer, et surtout Fontamara, 10e Thor et 11e Rivière en comparaison aux autres communes du pays : plus de 1500 mm de plus en
froide ; moyenne à l’année et, surtout, dans sa partie montagneuse. Le risque d’érosion
££il est faible ou quasi nul pour la majeure partie du centre-ville de Carrefour. est variable, par zones, mais globalement élevé, et concerne environ trois-quarts
du territoire communal.

Ravine de Chaudeau, à risque très grave d’érosion.

2 Présentation de la commune 11
765200.000000 770200.000000 775200.000000 780200.000000

DELMAS

R iv
Ä Lamentin

ière
ÄArcachon
Nan Coucou République d'Haïti

Fro
macombe
Mer frappée Ä Ä Département de l'Ouest

ide
Ä Cloher Thor
Ä Ä
Brochette
Ä ÄDiquini
RISQUE D'EROSION
Bizoton
Ä DE CARREFOUR
2050000.000000

2050000.000000
11ee Rivière froide Ä 10ee Thor FontamaraPORT-AU-PRINCE

¯
Dufour Ä
Degand
Ä Vieux Caille
Ä Ä St Roc
Morne Chandelle Ä 9ee Bizoton
Baussan
GRESSIER Ä Echelle: 1:100,000
Ä Ä Ä ÄMarin
1rere Morne Chandelle Degand
Ä
0 1 2 4

13ee Corail Thor ÄMorisset ÄFond Ferrier Kilomètres

Ä Berot ÄDufrenay
Bourjoly 2 ee
Platon Dufréné LEGENDE
Bellevue Ä Posy Lieux-dits
Ä Ä !
2045000.000000

2045000.000000
3ee Taïfer Réseau Hydrographique Principal
Fancrelle
Coupeau Ä
PETION-VILLE Routes
Ä ÄTi Marché Autres routes
Henry Ä Route Nationale
Ä CARREFOUR Zone Urbaine
5 Coupeau
ee Duvier Niveau du risque
Platon Coupeau 4ee Procy Chaufa Risque très grave
Nan Gris-Gris Ä
ÄPlaton Bouvier Ä
Chauffard Raimboid
7ee Laval Ä Risque grave
Eglise St François Xavier Ä
Rivi

Ä Risque élévé
Miyaille Risque faible
ère

Nan Roche
Ä 0,76 % Risque moyen
Mom

Nan Tampis Perdumidi Risque


Ä Ä Risque faible
2040000.000000

2040000.000000
moyen
ance

LEOGANE Perdu Temps 4,91 % Risque Sections-Communales


Ä 6ee Bouvier très grave
Morne Cochon Limites communes
Ä
Église Ste Marie Risque
27,98 %
Ä Limites Departements
Plombe élevé
Ä 52,98 % Risque Risqu
grave d e la ce d’érosi Sources de données: CNIGS
ÄBas Gougeon KENSKOFF
13,37 % d om
e Car on
m
refou une
Tête Chadeau
t
Ä
ÄMalanga ÄMorne Berly
Morne MalangaMalanga
Ä 8ee Berly
Morne La Source
Ä
2035000.000000

2035000.000000
Bois Capable 12 Malanga
ee Nan Plateau
Ä Ä
Bercy
JACMEL Ä
Morne Bralance
Ä
12  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX

765200.000000 770200.000000 775200.000000 780200.000000


La voirie de la mairie de Carrefour au travail.

Les services sociaux de base

Sur le plan de l’éducation, plus de 500 éta- Par ailleurs, la répartition des écoles est inégale dans plus, parmi les 13 sections de la commune, 9 en
blissements scolaires ont été inventoriés dans les sections communales. Quatre d’entre elles en seraient totalement dépourvues. D’un point de vue
la commune, dont plus de 90 % des institutions seraient totalement dépourvues. mathématique, seulement 30% du territoire de la
sont privées. Parmi les établissements scolaires commune est pourvus d’institutions de santé.
répertoriés, sont identifiées plus d’une centaine En termes d’infrastructures sanitaires, la
d’écoles techniques et professionnelles, une univer- commune de Carrefour est dotée de 109 établis- Dans la commune de Carrefour, les travaux
sité, et une douzaine d’écoles supérieures. Malgré sements sanitaires dont 4 hôpitaux, 31 centres d’assainissement sont conjointement assurés
le nombre relativement élevé des établissements, de santé sans lit, 17 centres de santé avec lits, 48 par le service de voirie et le SMCRS. Ce
à cause de la mauvaise répartition, certaines cliniques et 3 dispensaires. De ces établissements dernier possède une flotte constituée d’un loader,
sections communales souffrent d’un manque sanitaires répertoriés, seulement trois sont publics. de dix camions à bascule et de trois camions à
d’infrastructures scolaires. En effet, parmi les D’autre part, au sein des catégories institutionnelles benne compressive. Ce matériel lourd est géré
établissements scolaires inventoriés, environ 14% précitées, les établissements de soins sont de capa- par la mairie et la maintenance est assurée par le
seulement se trouvent en milieu rural. Cette réparti- cités résolutives inégales. Comme dans le cas des SMCRS. Malgré tout, le travail d’assainissement
tion correspond globalement au taux de répartition établissements scolaires, les infrastructures de reste inefficace. Des monticules de déchets
de la population dans ces deux milieux, néanmoins, santé font défaut en milieu rural. En effet, s’accumulent dans les cinq points d’enlèvement
la dispersion de l’habitat en zone rurale fait que les des 109 établissements de santé, seulement 12 sont des ordures répertoriés dans la commune. Les
distances à parcourir sont énormes pour les écoliers. recensés dans le milieu rural, soit environ 10%. De riverains déversent des tas d’immondices dans les

2 Présentation de la commune 13
L’urbanisation anarchique a entraîné une
pollution des nappes phréatiques rendant
l’eau non potable.

canaux de drainage des eaux de pluie à cause


de l’irrégularité des activités de collecte de déchets
dans les quartiers résidentiels.

Pour ce qui est des ressources en eau, 8 rivières,


105 sources, 4 lagons, 24 puits artésiens, 8 fontaines
publiques, environ 284 puits ordinaires ont été inven-
toriés dans la commune. La commune a une bonne
réputation pour la disponibilité de l’eau dont
elle jouit. Cependant, l’urbanisation anarchique a
entraîné une pollution des nappes phréatiques
rendant l’eau, quoique disponible, non potable et
augmentant les risques d’épidémies périodiques liées
à la contamination féco-orale.

Dans le domaine de l’électrification, seulement


la partie urbaine de la commune est électrifiée.
Actuellement, elle reçoit approximativement 40 heures
d’électricité en moyenne par semaine de l’Électricité
d’État d’Haïti (EDH). La commune de Carrefour
dispose cependant de deux centres thermiques qui
alimentent la centrale de l’EDH située à Port-au-Prince.

Dans le domaine de la communication, la commune


dispose d’un bureau postal qui offre un service de
distribution de courrier pendant 6 jours au cours
de la semaine. La population tant en milieu rural que
urbain bénéficie des services de téléphonie par ondes
de Digicel et de Natcom.

14  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Il existe une centaine d’OCB dans la
commune de Carrefour. Ici, la fondation
communautaire de Cacao.

Environnement socio-organisationnel de la commune

Du point de vue administratif, en plus de l’hôtel PFC, plus d’une centaine d’organisations com- population de Carrefour, en appui à la Mairie
de ville, l’essentiel des services publics munautaires de base (OCB) sont recensées dans de cette dite commune. Elle a pour mandat de
(le Tribunal de Paix, la Direction des Impôts, le la commune. travailler à promouvoir des pratiques comme la
Commissariat de Police, le bureau de l’État Civil, les transparence, la reddition de comptes, le
Garde-Côtières, un important complexe sportif du Deux structures formelles de regroupement de suivi de l’action des autorités locales et la
pays — le Centre Sportif de Carrefour), sont situés la société civile existent à Carrefour. Aussi, suite participation citoyenne dans la gestion des
dans le centre urbain de la commune. à l’invitation de la municipalité de Carrefour affaires publiques locales. Elle coopère avec
et l’engagement des citoyens et citoyennes de les organes élus et les cadres administra-
Plusieurs organisations non gouvernemen- la Commune, il a été décidé de fusionner ces tifs et techniques de la collectivité territoriale
tales interviennent dans la commune de Carrefour deux entités afin d’aboutir le 30 juillet 2015 communale et échange des expériences positives
pilotant des actions de développement. par arrêté communal un collectif de citoyens pour promouvoir le développement durable
à but non lucratif , dénommé : Société dans la commune de Carrefour sur les plans social,
Selon les informations fournies par différentes civile de Carrefour (SCC). Cette structure environnemental, économique et politique.
personnes ressources au moment du montage du a pour but d’améliorer la qualité de vie de la

2 Présentation de la commune 15
Environnement économique de la commune

Le commerce occupe une place de choix ment des acteurs, le paiement des impôts et Les infrastructures économiques et
dans la vie économique de Carrefour et du pays taxes , etc. En effet, parmi les établissements financières de la commune sont constituées
en général. Il prédomine sur l’ensemble des ac- commerciaux répertoriés, on compte 1 110 bou- de succursales de cinq banques commerciales
tivités économiques de la commune, cependant tiques ou d’échoppes, 424 dépôts de provisions (Unibank, Sogebank, BNC, Capital Bank, BUH),
une bonne partie de ces activités commerciales alimentaires, de boissons gazeuses, de friperie des bureaux de transferts (Unitransfert,
ne sont pas soumises à la réglementation (pèpè) et de clairin, 54 quincailleries, supermar- Western Union, CAM transfert/Money Gram) et
nationale en vigueur, c’est-à-dire l’ enregistre- chés et marchés. d’une dizaine de bureaux de change.

Une grande partie des commerces de la commune


fonctionnent dans l’informel.

16  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


D’importantes industries nationales se concen-
trent dans la commune de Carrefour.

Dans le secteur de l’industrie et des ser- vingtaine d’entreprise industrielles est présente dans En termes de sites et de patrimoine cultu-
vices , la commune de Carrefour dispose de la commune, plus d’une vingtaine de boulangeries rel , la commune est dotée de cinq grottes, de
stations d’essence de trois compagnies (National, et des entreprises artisanales et de menuiseries y deux chutes d’eau et de 121 lieux ou temples
Total et Sol), de garages automobiles, d’unités de évoluent également. vaudou. On y trouve également le phare de
bureautiques et de multi­services, des bureaux et Lamentin, le plus vieux de la Caraïbe, et le rocher
magasins (concessionnaires) de compagnies de L’exploitation des carrières exerce une très Saint-Roc, lieu de pèlerinage qui attire beaucoup
téléphonie mobile (Digicel et Natcom), des salons grande influence sur la destruction du cadre de visiteurs. Il est fréquenté surtout les mardis
de coiffure et studios de beauté, environ 33 hôtels environnemental de la commune même quand par de nombreux pèlerins.
et plus d’une centaine de bars/restaurants, dont cette pratique occupe un rôle social et économique
certains sont intégrés à des hôtels. Au moins une important dans le marché du travail.

2 Présentation de la commune 17
Un des bâtiments de la mairie de Carrefour, située à Diquini 63.

18  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Chapitre 3
PRÉSENTATION SOMMAIRE DE L’ÉTAT DES
SERVICES MUNICIPAUX
L’organigramme actuel de la mairie

L
’institution municipale comprend une Figure 1> Organigramme de la mairie de Carrefour
direction générale et trois directions
spécifiques. La direction générale est
assistée directement par le service juridique COMMUNICATION CONSEIL CABINET
et contentieux ainsi que celui de la sécurité. MUNICIPAL MUNICIPAL
Les trois directions en ligne hiérarchique sont
celles des affaires administratives et finan-
cières, des affaires sociales ainsi que celle de
planification et de gestion du territoire. SERVICE JURIDIQUE DIRECTION SÉCURITÉ
L’organigramme ci-après présente la structure orga- ET CONTENTIEUX GÉNÉRALE
nisationnelle de la mairie de Carrefour.

Cet organigramme ainsi présenté montre que la


commune de Carrefour manifeste de la volonté Direction des affaires Direction des affaires Direction planification
à répondre à certaines des compétences assignées à administratives et sociales & développement
l’institution municipale. Toutefois, il y a des services financières ¯¯Assistance sociale ¯¯ Marché
importants qui ne fonctionnent qu’au ralenti, accu- ¯¯ Budget ¯¯Santé ¯¯Assainissement
sant un déficit majeur en termes de ressources ¯¯ Fiscalité ¯¯ Éducation/ ¯¯ Génie municipal
humaines, matérielles et techniques . ¯¯Secrétariat alphabétisation ¯¯ Voirie
À cause de ces problèmes notamment, l’adminis- ¯¯ Revenus non fiscaux ¯¯Culture & loisir ¯¯ Urbanisme, aménagement
tration n’adresse que le minimum des domaines ¯¯ Ressources humaines ¯¯ Urgence, désastre, ¯¯Cimetière
relevant de sa compétence. ¯¯Comptabilité incendie ¯¯Sécurité
¯¯ Logistique ¯¯ Patrimoine
¯¯ Biens & équipements
¯¯Archives

Source : données recueillis en juin 2014

3 PRÉSENTATION SOMMAIRE DE L’ÉTAT DES SERVICES MUNICIPAUX 19


Brève présentation de la situation actuelle des directions et services de la mairie

L’administration communale de Carrefour, Avec et des procédures administratives au sein fiscales de la communauté, un appui important à la
l’appui du projet LOKAL+, a réalisé en juin 2014 un de la mairie. Cette direction aurait ainsi besoin d’un sensibilisation serait nécessaire.
diagnostic des fonctions effectives de la Mairie appui ciblé et soutenu afin de renforcer son efficacité.
(en fonction des aux directions et services figurant dans Les fonctions de planification et de dévelop-
l’organigramme). Les résultats de cette évaluation des La fiscalité locale affiche une performance de pement urbain, des affaires sociales et de la
capacités fonctionnelles de l’organisation dans ses fonc- base assez faible en termes de compétences des cadres, protection civile, après évaluation, bien qu’un mi-
tions principales tiennent compte de quatre critères : notamment. Cette fonction institutionnelle de la mairie nimum de compétences professionnelles de base existe,
aurait d’autre part besoin d’assistance technique nécessitent un appui important et soutenu.
1> compétences du personnel et capacités ciblée et soutenue en vue du renforcement et de la
organisationnelles ; standardisation des systèmes et procédures administra- Par comparaison à l’année 2012-2013, la mairie de
2> politique/procédures ; tifs relevant de son champ de responsabilités. Il en est de Carrefour a enregistré un fort taux de désertion
3> outils technologiques et systèmes standar- même en ce qui concerne la mise en place et application de ses cadres parmi les plus compétents au
disés et d’outils et systèmes reliés aux technologies de l’in- cours de l’année 2013-2014. Les matériels et
4> engagement citoyen. formation, afin de moderniser et accroître l’efficacité équipements sont dépréciés avec le temps et ne
des services. Enfin, une assistance technique et un sont ni renouvelés ni augmentés. Le service de fiscalité
Cinq fonctions principales sont ainsi identifiées par soutien ciblé fournis au service de la fiscalité devraient demeure l’un des plus stables avec très peu de départs.
les cadres municipaux, s’appuyant en partie sur les viser l’accroissement des compétences professionnelles En dehors de ce service, les fonctions principales de
directions formelles existant au sein de la mairie, des cadres qui y seraient affectés, particulièrement en la mairie de Carrefour auraient besoin d’un appui
mais regroupant les divers services existants : ce qui a trait aux outils technologiques pouvant être majeur pour un fonctionnement interne efficace
mis à leur disposition à court et moyen terme. Pour et pour répondre du même coup aux besoins de la
££ affaires administratives et financières ; renforcer l’engagement citoyen au regard des obligations population de cette commune en termes de services.
££ ressources fiscales ;
££ planification et développement urbain ;
Critères d’évaluation
££affaires sociales ;
des capacités fonctionnelles des services de la mairie
££protection civile.

Ce diagnostic fournit ainsi une idée partagée de la si-


tuation actuelle et des recommandations pour corriger
les faiblesses et renforcer les succès de l’administration.

En ce qui concerne la fonction des affaires


administratives et financières, les cadres
Compétences du personnel Politique outils technologiques engagement
présents ont été unanimes à reconnaître des défi-
et capacité organisationnelle /procédures et systèmes standardisés citoyen
ciences et lacunes tangibles du personnel

20  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Chapitre 4
PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS
ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS
PRIORITAIRES
Tableau récapitulatif des idées de projets proposées par les ateliers

L
e Plan de Financement communal de Toutefois, le PFC voit aussi le jour à une époque où la programmation puis le suivi des prochains projets
Carrefour est élaboré au cours d’une période l’administration centrale manifeste sa volonté à mettre en œuvre et de suivre l’évolution future
marquée par des indices révélateurs d’une de promouvoir de vastes programmes de leur réalisation vers la refondation territoriale,
détérioration progressive du niveau de vie d’assistance sociale et d’assurer la continuité économique, sociale et institutionnelle du pays.
dans le pays. L’ensemble des indicateurs révèlent que des actions de structuration des nouveaux pôles Ce contexte manifestement marqué par des tur-
nous avons malheureusement manqué le rendez-vous de développement économique prônés dans le bulences socio-économiques, la fièvre préélectorale
pour le rattrapage des huit Objectifs du Millénaire Document de Stratégie National pour la Croissance et une volonté de réforme économique et sociale
pour le Développement (OMD) fixés pour 2015 et et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP). Dans a évidemment guidé les réflexions des participants
en vertu desquels Haïti s’est engagé auprès des États- ce contexte la commune de Carrefour est identifiée dans l’identification des idées de projets et le choix
membres de l’ONU. Par ailleurs, de grands défis comme une zone privilégiée de l’axe de développe- des projets prioritaires.
s’interposent sur la route à emprunter pour doter le ment de la zone métropolitaine pour les secteurs
pays d’une économie forte, lutter contre la porteurs de l’industrie et du commerce en vue Ainsi, les participants ont
corruption, renforcer les institutions éta- de la consolidation des acquis et de l’exploitation identifiés 92 idées de
tiques et dynamiser la fonction publique. systématique des principales opportunités identi- projets dans les six
fiées dans cette commune servant de bretelle ou de champs de compétences
Tandis qu’en même temps, on constate une dégrada- liaison géographique entre les départements de la Mairie, que nous
tion continue des services sociaux de base dans du Grand Sud et la Région métropolitaine de présentons dans le
une conjoncture socio-économique globalement Port-au-Prince. tableau des pages
alarmante et dominée par la dépréciation continue suivantes
de la gourde. Les classes défavorisées croupissent dans Cette période est en plus marquée par la mise
la crasse et la misère orchestrées par une économie à exécution du Plan Stratégique de
nationale à la traîne depuis des lustres et laissée en Développement d’Haïti, le PSDH, dans
lambeaux depuis le séisme du 12 janvier 2010. une double perspective de propositions
d’orientations ainsi que de stratégies de déve-
C’est également un contexte caractérisé par le loppement vers l’émergence du pays en 2030 et
rapatriement de milliers d’immigrés d’ori- de nécessité de permettre aux partenaires nationaux
gine haïtienne d’un peu partout dans la Caraïbe et et internationaux du développement d’Haïti de
particulièrement de la République dominicaine. participer aux choix à effectuer dans l’identification,

Un participant étudie la liste des idées de


projets identifiées pour le PFC de Carrefour,
Tableau 2> Idées de projets par domaines de compétences de la municipalité

Domaine Compétence communale Idées de projets proposées

É c o n o m i e Établissement et exécution de plans de lotisse- 1> Identification des terres du domaine public
ment (de terres relevant du domaine communal 2> Construction d’un nouveau cimetière
ou du celui de l’État) et de logement 3> Réaménagement des autres cimetières

Construction de marchés publics 4> Construction d’un marché à Truitier


5> Construction d’un marché à Rivière froide
6> Construction d’un marché à Taïfer

Construction d’abattoirs publics 7> Construction d’un abattoir à Bizoton

Construction et entretien des sites des gares 8> Construction d’une gare routière à Mariani
La construc- routières 9> Identification et structuration des points de stationnement
tion d'un
abattoir près Construction et gestion des infrastructures 10> Construction d’un complexe socioculturel à Lamentin
du marché culturelles et sportives
de Bizoton
serait Construction d’archives communales, biblio- 11> Construction d’une bibliothèque à Diquini
souhaitable thèques et musées communaux 12> Construction d’un centre d’archive communale
selon les 13> Construction d’un musée dans le centre-ville
participants
au PFC. Sites et monuments historiques 14> Valorisation des sites touristiques de Carrefour

22  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Domaine Compétence communale Idées de projets proposées

E n v i r o n n e m e n t Construction d’infrastructures 15> Construction du canal Sapotille


d’assainissement 16> Curage du canal Esther Povè
17> Correction et traitement des ravines Chaudeau, Diquini, Titus, Bertin
et Sapotille
18> Correction et traitement de la ravine La Grenade jusqu’à Ti Sous
19> Drainage de la route de Carrefour du Pont de Carrefour jusqu’à
Mariani
20> Construction du pont de la Rivière froide à la hauteur de la centrale
électrique
21> Récupération du littoral de Carrefour de Fontamara 43 à rivière
Mariani (Bò Dlo)

Enlèvement des déchets solides résidentiels 22> Sensibilisation de la population par rapport à l’environnement
et commerciaux (Chaudeau, Grand Caille, Diquini, Saint-Roc, Tesso, La Bélair
23> Gestion des déchets dans la commune de Carrefour

Établissement et gestion des décharges 24> Gestion de déchets non recyclables au niveau du centre-ville
municipales 25> Mise en place d’un site de décharge intercommunal entre Carrefour,
Gressier et Port-au-Prince

Délivrance d’autorisations de coupe d’arbres sur 26> Mise en place d’un service de gestion et d’extension des espaces
le territoire communal verts et des forêts dans la commune de Carrefour

Camion à benne compres-


sive de la Mairie.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 23


Domaine Compétence communale Idées de projets proposées

I n f r a s t r u c t u r e Construction et entretien de rues 27> Construction de la route Titus – Taïfer, Malanga, Casimir
28> Construction de la route Brochette 99, Rivière froide
29> Construction de la route Sapotille, Truitier, Lagrenade
30> Construction de la route Morin – Bois Goujon
31> Construction de la route Bizoton 53 – Chaudeau
32> Construction de la route Taïfer à Prossy
33> Construction de la route Tunnel de Diquini 63 – Saint-Roc
34> Construction de la route St Michel – Morne à Chandelle
35> Construction de ponceaux à Michel 1 et 2, Taïfer 3e, Laval 7e, Morne
à Chandelle – Coupeau, Bouvier 6e – Coupeau
36> Construction de la route Mon Repos 40, 42, 44
37> Construction d’un ponceau de Bizoton 51 à 53 Bas Chaudeau
38> Construction de la route Fontamara 43, Rue Menos prolongée, La
Bélair prolongée
39> Construction de la place Route Rail zone Marine haïtienne
40> Construction de la route Carrefour Lamentin 52 bassin Hyppolite
41> Déplacement du site de décharge de Mariani vers Morne-à-Bateau
42> Drainage de Mariani Rte Rail 84
43> Drainage Bizoton 53 à Chaudeau (Haut-Chaudeau)
44> Drainage Bizoton 51 à La Bélair
45> Drainage Sapotille zone Truitier
46> Construction / Réhabilitation des trottoirs de la route de Carrefour
de Mariani à Bizoton

Drainage de la ravine
Chaudeau.

24  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Dans les sections com-
munales reculées, les
élèves doivent marcher
longtemps pour aller
à l'école.

Domaine Compétence communale Idées de projets proposées

I n f r a s t r u c t u r e Construction des places publiques et d’es- 47> Construction d’un centre multimédia pour la commune au local du
paces de loisir (stades, piscines, etc.) camp de Lamentin
48> Construction d’un site d’attraction universelle à l’espace même du
site de décharge actuel de Mariani
49> Construction d’une place publique dans la 11e section, zone école
nationale de Degand
50> Construction d’un stade municipal à Degand ou Corail Thor

Localisation et construction d’écoles commu- 51> Construction d’une école communale par section (sauf Taïfer, 3e section)
nales, écoles secondaires publiques, lycées 52> Construction d’une école Arts et Métiers au centre des sections
reculées (Corail, Thor, Morne à Chandelle)

Localisation et construction de centres de 53> Construction d’un centre de réinsertion sociale à Saint-Roc à vocation
formation technique et professionnelle professionnelle et technique

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 25


Domaine Compétence communale Idées de projets proposées

Santé et Construction de centres de santé ou de 54> Construction et équipement d’un centre de santé publique à lits à Laval
assainissement centres materno-infantiles 55> Construction et équipement d’un centre de santé publique à lits à Dufréné
56> Construction et équipement d’un centre de santé publique à lits à Prossi
57> Construction et équipement d’un centre de santé publique à lits à
Morne à Chandelle
58> Construction d’un centre de santé publique à lits à Bouvier
59> Construction d’un centre de santé publique à lits à Malanga
60> Réhabilitation du centre de santé de Taïfer pour le rendre opérationnel

Contrôle de la qualité de l’eau 61> Création et équipement d’un service de contrôle de la qualité de l’eau
et formation du personnel au niveau de la mairie
62> Sensibilisation et accompagnement de la population sur les méthodes
de traitement et d’assainissement de l’eau
63> Protection et traitement des sources d’approvisionnement en eau
potable au niveau de la commune de Carrefour
64> Création, équipement et maintenance en collaboration avec la
Bureau de la DINEPA à Carrefour. DINEPA de trois centres de traitement d’eau au niveau de trois
systèmes d’eau potable dans la commune

26  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Domaine Compétence communale Idées de projets proposées

Santé et Adduction d’eau, construction de puits et de 65> Captage des sources Dubois, Degand, Bois Goujon, Coupeau,
assainissement fontaines publiques Dalmont, Ti Sous, Source Maringouin, Corail-Thor, Napine et installa-
tion de lignes d’adduction et de fontaines publiques
66> Captage et installation de systèmes de traitement d’eau au niveau
des sources Chaudeau et La Bélair
67> Forage d’un puits artésien et installation de pompes dans chaque
habitation de Rivière froide
68> Construction de 30 citernes familiales, 9 citernes communautaires et
5 impluviums dans chacune des sections communales de Carrefour

Inspection de la date d’expiration des médi- 69> Création d’un service municipal d’inspection sanitaire
caments et des produits alimentaires 70> Formation des inspecteurs des centres de distribution et de vente des
médicaments et des produits alimentaires
71> Sensibilisation de la population sur les dangers d’utilisation et de
consommation des médicaments expirés et des produits alimentaires
avariés

Mise en place du service d’hygiène et de 72> Création du service d’hygiène et de police sanitaire municipal
police sanitaire

Un corps d'inspecteurs sanitaires pour


contrôler la qualité des produits alimen-
taires vendus dans les boutiques.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 27


Domaine Compétence communale Idées de projets proposées

U r b a n i s m e Éclairage des rues et des places publiques 73> Renforcement du système d’éclairage par la mise en place de lampa-
daires au niveau des voies secondaires et des zones sensibles
74> Étude pour la recherche d’énergie renouvelable selon le milieu

Embellissement de la ville 75> Création de places publiques


76> Mise en place d’équipements urbains dans les lieux publics (bancs,
poubelles, blocs sanitaires, etc.)
77> Aménagement des entrées de la ville de Carrefour
78> Construction et réhabilitation des trottoirs

Réglementation de la circulation urbaine 79> Formation périodique et recyclage des chauffeurs sur les règlementa-
tions de la circulation et le civisme
80> Renforcement de la circulation par la création d’une police routière
communale
81> Équipement des principales artères de la ville de panneaux de signali-
sation (verticale et horizontale)

Adresse (numérotage des maisons et 82> Identification des rues et numérotation des maisons
identification des rues)

La signalisation des principales ar-


tères, un projet pour la commune.

28  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Le renforcement du corps des
sapeurs-pompiers de Carrefour,
une idée de projet proposée.

Domaine Compétence communale Idées de projets proposées

Protection civile et Lutte contre l’incendie et les calamités 83> Renforcement du corps de sapeurs-pompiers de Carrefour
sécurité publique
Prévention des catastrophes, risques et 84> Programme de sensibilisation de la population en matière de risques
désastres et désastres
85> Renforcement et encadrement des comités locaux de protection civile
86> Équipement des principales artères de la ville de signaux de signalisa-
tion verticale et horizontale ;
87> Régularisation de la circulation routière et mise en place des aires de
stationnement ;
88> Construction d’un COUC (Centre d’Opérations d’Urgence communale)

Mise en place et gestion d’asiles communaux, 89> Mise en place d’un asile communal
des orphelinats publics 90> Construction ou création d’un centre communal pour loger les passa-
gers ou voyageurs en situation difficile

Mise en place et gestion de centres de réé- 91> Création d’un centre de réinsertion sociale
ducation de jeunes 92> Renforcement du centre d’accueil de Carrefour pour la formation et
l’encadrement des enfants

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 29


Ensuite, 30 idées Tableau 3> Liste des 30 projets prioritaires
de projets ont été
sélectionnées par les Domaine Idées de projets sélectionnées
participants parmi les 92
identifiées, à partir d’un É c o n o m i e 1> Construction d’un complexe socioculturel à Diquini
ensemble de critères 2> Construction d’un musée à Lamantin
comme la déficience 3> Construction d’une gare routière à Mariani
des services publics, la 4> Construction d’une bibliothèque communale de Diquini
pertinence des projets et 5> Ré-aménagement du cimetière de Truitier
la capacité de les mettre
en œuvre. Les six groupes E n v i r o n n e m e n t 6> Sensibilisation de la population de Carrefour par rapport à l’environnement
d’acteurs ont identifié et 7> Gestion des déchets dans la commune
classé des idées de projets 8> Traitement et correction des ravines Chaudeau, Diquini, Bertin, Sapotille, Titus et
prioritaires dans chacun Lagrenade
des six champs de compé- 9> Mise en place d’un service de gestion et d’extension des espaces verts et des forêts dans
tences de la municipalité. la commune de Carrefour
10> Construction d’un site de décharge intercommunal (Port-au-Prince, Carrefour et Gressier)
Le tableau suivant dresse
la liste complète des Construction de la route Titus – Malanga
I n f r a s t r u c t u r e 11>
30 idées de projets prio- Construction d’une école communale dans chaque section
12>
ritaires sélectionnées par Construction d’un centre d’attraction universelle à la place du site de décharge
13>
les participants au niveau Construction d’un centre multimédia pour la commune de Carrefour au local du Camp
14>
des ateliers thématiques Lamentin
au cours de la phase 15> Construction / réhabilitation de trottoirs de Mariani à Bizoton
d’identification et de hié-
rarchisation des projets
d’investissements publics.
Ce tableau traduit l’at-
tente de la population de
la commune en matière
d’offre de services publics
et d’équipements de la La réhabilitation de trotoirs de Mariani
commune par rapport à Bizoton, idée de projet prioritaires du
aux compétences de la domaine d'infrastructure.
Mairie.

30  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


La ravine du pont de Mariani aurait besoin
d'un drainage.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 31


Canal de captage d'eau de Diquini utilisé par
les rivérains pour faire la lessive.

Santé et 16> Construction d’un centre de santé dans la section communale de Bouvier
assainissement 17> Captage de 9 sources, installations de lignes d’adduction et de fontaines publiques :
Degand, Dubois, Bois Couyon, Coupeau, etc.
18> Forage d’un puits artésien et installation de pompes à bras dans chaque habitation de
Rivière froide Après les débats et les
19> Création d’un service municipal d’inspection sanitaire et d’hygiène publique commentaires, l’en-
20> Construction de 30 citernes familiales, 9 citernes communautaires et 5 impluviums dans semble des participants
chacune des sections communales de Carrefour ont participé au vote
pour déterminer la
U r b a n i s m e 21> Renforcement du système d’éclairage public par la mise en place de lampadaires priorisation des idées
22> Mise en place d’équipements urbains dans les lieux publics (bancs, poubelles, blocs sani- de projets. Ainsi les
taires, etc.) 12 projets ayant reçu
23> Création d’une place publique à Carrefour le plus de votes ont été
24> Création des entrées/portes de la ville et identification des limites administratives communales retenus comme les plus
25> Numérotage des maisons et identification des rues urgents. Nous présen-
tons ainsi dans le tableau
Protection civile et 26> Création du COUC (Centre d'opérations d’urgence communale) ci-dessous la liste des
sécurité publique 27> Renforcement du centre d’accueil de Carrefour projets prioritaires de la
28> Programme de gestion et de sensibilisation de la population en matière de risques et commune.
désastres
29> Équipement des principales artères de la ville de panneaux de signalisation en verticale et
horizontale
30> Régularisation de la circulation des véhicules et mise en place d’un certain nombre d’aires
de stationnement

32  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Tableau 4> Liste des idées de projets prioritaires
Atelier de restitu-
Domaine Projets prioritaires tion et validation
des fiches de projet
E n v i r o n n e m e n t 1> Traitement et correction des ravines : Chaudeau, Diquini, Bertin, Sapotille, Titus, Lagrenade au Royal Caribbean
Hotel.
U r b a n i s m e 2> Création d’une place publique à Carrefour

É c o n o m i e 3> Construction d’un complexe socioculturel à Diquini

É c o n o m i e 4> Construction d’une bibliothèque communale à Diquini

I n f r a s t r u c t u r e 5> Construction d’une école communale dans la section Coupeau

S a n t é e t 6> Création d’un service municipal d’inspection sanitaire et d’hygiène publique En dernier lieu, les membres des comi-
Assainissement tés techniques mixtes ont participé à
deux ateliers de collecte
S a n t é e t 7> Construction d’un centre de santé dans la section communale de Bouvier d’informations servant à
assainissement l’ébauche des fiches tech-
niques des projets
E n v i r o n n e m e n t 8> Gestion des déchets dans la commune de Carrefour prioritaires. Ces infor-
mations collectées ainsi que
I n f r a s t r u c t u r e 9> Construction de la route Titus – Malanga les données complémentaires
recueillies lors des visites de
Protection civile 10> Création du COUC (Centre d’opérations d’urgence communale) terrain ont permis à l’équipe
technique de finaliser les
E n v i r o n n e m e n t 11> Sensibilisation de la population de Carrefour par rapport à l’environnement fiches techniques de
projets prioritaires,
É c o n o m i e 12> Construction d’une gare routière à Mariani présentées ci-dessous.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 33


Fiches signalétiques des projets prioritaires

1> Construction d’une bibliothèque moderne à Diquini


Localisation Coût estimatif du projet
Diquini (site identifié non approprié) 30 millions de gourdes

Contexte et justification
Il est aujourd’hui évident que la lecture est la base de l’appren- Face à tous ces constats, il est donc important et urgent de mettre à la disposition de la commune
tissage et est considérée comme le déterminant le plus important une structure adéquate qui puisse permettre aux chercheurs, aux enseignants, aux étudiants
de la réussite d’un élève dans l’éducation et dans notre et aux élèves de faire des recherches dans de bonnes conditions. C’est donc dans cette dynamique
société moderne et complexe. Or la commune de Carrefour que s’inscrit le présent projet.
ne dispose pas d’une structure adéquate de bibliothèque
et celles qui existent dans certains établissements scolaires sont Cette infrastructure permettra d’encourager la population à la lecture, d’organiser des confé-
généralement mal équipées, manquant de locaux convenables, rences, des expositions, des séances de sensibilisation et de prévention, des journées de poésie
absence de personnel qualifié, des ressources d’information et de formations. Ce projet permettra aussi d’améliorer l’accès de la communauté à
pertinentes, telles que livres et autres matériels pédagogiques. l’information scientifique et technique. Enfin, ce projet aura des effets positifs sur
l’éducation, le développement culturel et des résultats positifs sur la production scolaire.
Par ailleurs, l’insuffisance de bibliothèques dans les écoles primaires,
secondaires et universités a des conséquences néfastes sur Le projet est compatible avec le Plan stratégique de Développement d’Haïti (PSDH), le Document
les résultats scolaires, la réussite, le bagage intellectuel des de Stratégie nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP), les Objectifs
apprenants et la qualité des enseignements dans la commune. du Millénaire pour le Développement (OMD) et les priorités du gouvernement par l’intermédiaire
du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), qui vise
Il faut également noter que l’absence de bibliothèques dans la com- l’amélioration de la qualité de l’éducation.
mune pousse la jeunesse désœuvrée et en manque de distraction à
s’adonner sans protection à la toxicomanie et au plaisir sexuel Résultats attendus 
précoce avec les conséquences fâcheuses que cela entraîne : ³³Une bibliothèque moderne est construite dans la commune de Carrefour ;
³³des livres, CD, DVD, périodiques, multimédia sont disponibles à la bibliothèque muni-
 les grossesses non désirées, avec son corollaire l’abandon cipale de Carrefour ;
scolaire ; ³³la bibliothèque est munie de moyens de fonctionnement adaptés, de documents renouvelés
 des viols ; régulièrement et d’une collection informatisée ;
 Des infections sexuellement transmissibles et le VIH/ ³³la communauté de Carrefour maintient l’accès à la bibliothèque et aux accessoires (livres,
SIDA; périodiques, DVD, multimédia et cédéroms, etc.) de façon adaptée à travers une parti-
 la délinquance ; cipation engagée ;
 le banditisme ; ³³les résultats en fin d’année dans les écoles et collèges de la commune sont améliorés;
 l’insécurité. ³³la population prend conscience de l’importance des études et de la recherche.

34  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


2> Construction d’un complexe socioculturel
Localisation Coût estimatif du projet
Lamentin (Camp Lamentin) 25 millions de gourdes

Contexte et justification activités de loisir et socioculturelles. Il


Plusieurs éléments justifient le projet et ses différents contribuera également à lutter contre les cloisonne-
aspects. D’une part, la commune de Carrefour ments, à renforcer le lien social et à une meilleure
souffre d’un manque d’espace public socio- intégration des populations de classes sociales et
culturel adéquat pour les activités artistiques, de d’origines diverses.
rencontres intergénérationnelles et de lieu de détente
pour enfants. Ce projet s’inscrit donc dans la stratégie du
Gouvernement à travers le Plan stratégique de
Par ailleurs, la commune fait actuellement l’objet Développement d’Haïti (PSDH) qui vise à soutenir le
de perspectives de développement touris- développement des activités récréatives, à protéger et va-
tique et industriel qui va notamment permettre loriser les biens culturels et soutenir la création culturelle.
d’augmenter les ouvrages d’exposition des artisans.
La construction du complexe socioculturel peut Résultats attendus 
être l’occasion d’offrir en plus, un espace d’ex- ³³Un espace d’animation spécifique et sécurisé
position aux artisans. pour les enfants de 3 à 12 ans est créé ;
³³un lieu de représentation et de création
D’autre part, les associations culturelles ne pour développer l’activité artistique est mis
disposent pas d’espace adéquat permanent en place ;
pour leurs représentations publiques. Celles-ci se ³³Les acteurs du domaine de l’enfance et de
déroulent actuellement sur des podiums temporaires la jeunesse issus d’autres communes de
qu’il faut monter et démonter à chaque fois. Le proximité trouvent une offre ;
complexe leur servira donc ainsi qu’à tout autre ³³des activités socioculturelles pour les acteurs
groupe musical ou théâtral de lieu d’expression clés du champ de l’enfance, de la jeunesse
scénique. s’organisent ;
³³la vie associative se développe ;
Le projet sera un support pour des activités entre ³³L’évolution artistique ;
les générations, un lieu de détente et de convivialité ³³on découvre de nouveaux talents ;
pour la population. Il contribuera à la découverte de ³³de nouveaux emplois se créent;
jeunes talents, à la réduction du taux de chômage, ³³les recettes fiscales de la commune augmentent. Emplacement du complexe socioculturel au
au développement et à l’accès équitable aux Camp Lamentin.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 35


3> Construction d’une gare routière moderne à Mariani
Localisation Coût estimatif du projet
Mariani 30 millions de gourdes

Contexte et justification lages importants, avec, comme conséquences, Le présent projet de construction d’une gare
L’économie de la commune de Carrefour est basée une augmentation de la consommation du carbu- routière à Mariani est conforme à la politique du
sur le secteur tertiaire marchand étroitement dépen- rant, du temps et de la durée du trajet de transport. Gouvernement qui vise au développement de l’éco-
dant du marché international. En effet, le commerce D’autre part, la zone est hautement insalubre et nomie nationale, grâce, notamment, à la construction
et les services contribuent très fortement au PIB, le niveau d’insécurité, de la pollution sonore des infrastructures publiques modernes répondant aux
en assurant des emplois et des revenus à près de et autres augmente sans cesse. normes internationales et aux besoins de la population.
90 % de la population active, le secteur tertiaire Il est également conforme au Plan stratégique de
demeure en effet un secteur vital pour l’économie Sur le plan de l’offre du service de transport Développement d’Haïti (PSDH) et au Document de
et la société carrefouroise. Cependant, la grande collectif, on déplore le fait que la commune de Stratégie nationale pour la Croissance et la Réduction
majorité des activités de ce secteur s’effectue dans le Carrefour, en tant que point de ralliement de la Pauvreté (DSNCRP), qui ont, entre autres buts,
cadre informel atrophiant ainsi l’assiette fiscale de la de cinq départements d’Haïti, ne dispose pas la modernisation des infrastructures de transport, la
commune et ralentissant alors son développement. d’un service de gare routière moderne et que création d’emplois et la protection de l’environnement.
ceci s’organise dans les rues principalement sur la
La commune de Carrefour occupe une place Route nationale. Résultats attendus 
stratégique, du fait de sa position mais aussi du ³³Une infrastructure de gare routière moderne
rôle primordial qu’elle joue dans la liaison entre la Forts de tous ces constats, la communauté et les par- est fonctionnelle jour et nuit ;
capitale économique d’Haïti, Port-au-Prince, aux ticipants aux ateliers ont inscrit la construction d’une ³³les points de congestions généralement obser-
principaux départements du Sud, du Sud-Est, de la gare routière à Mariani dans les priorités du Plan de vées sur la Route nationale se réduisent et des
Grande-Anse et des Nippes. Financement des Services publics communaux de la pertes de temps s’évitent ;
commune de Carrefour. ³³le temps de transit entre les départements du
La nécessité de construire une gare routière résulte Sud, du Sud-Est, des Nippes, de la Grande-
de la combinaison de plusieurs facteurs. La construction de la gare routière aura des retom- Anse et la capitale devient plus court ;
bées économiques et sociales. Sur le plan ³³le coût de transports de biens destinés aux
Sur le plan fonctionnel, la commune fait face social, elle sera pourvoyeuse d’emplois et contribuera marchés diminue ;
à : une occupation irrationnelle du centre- à lutter contre la pauvreté parce qu’elle va donner ³³les conditions de vie des populations
ville et des voies publiques (stationnement l’opportunité à beaucoup d’individus d’avoir des s’améliorent ;
anarchique des véhicules). En effet, les voies d’accès moyens de subvenir à leurs besoins. Sur le plan ³³un modèle de gestion participative est implanté,
reliant la capitale aux principaux départements du économique, elle générera d’importantes ressources et les taxes et redevances se collectent pour assurer
Sud, du Sud-Est, de la Grande-Anse et des Nippes financières aux transporteurs, à la commune de la sécurité des lieux, l’entretien des équipements
sont généralement bloqués par des embouteil- Carrefour et à l’État. et un minimum de facilités aux usagers.
Route près du marché de mangues à Mariani qui se
caractérise par des fréquents embouteillages.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 37


Ravine de Diquini.

38  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


4> Correction et traitement des ravines: Chaudeau, Diquini, Bertin, Sapotille, Titus, La Grenade
Localisation
Les ravines qui feront l’objet de correction traversent Ravine zone GrandKay.
les 2e, 9e et 11e sections de la commune et parti-
culièrement les zones de Fontamara 47, Bizonton
53, Titus, Ti Sous, Chaudeau, Tunel, Bertin, La
Grenade, Astèk, Sapotille, Na Ma, Diquini, etc.

Coût estimatif du projet


35 millions de gourdes

Contexte et justification
La commune de Carrefour a une forte densité
de population et fait face au problème de construc-
tions anarchiques. Elle est l’une des plus grandes
communes de la zone métropolitaine et la majorité de
la population vit en ville. Située dans la plaine alluviale, Alors qu’auparavant les ravines ne divaguaient dans Cela aggrave la situation car des tas d’immondices
la ville de Carrefour présente une grande vulnérabilité la zone de dépôt que lors des crues très exception- restent sur la chaussée après l’écoulement des eaux.
aux risques d’inondation. nelles, elles le font maintenant même pour des crues Aujourd’hui, la situation a atteint un seuil critique
de moindre importance. En effet, la fréquence des et menace l’environnement global de la commune.
Avec le temps, on assiste à une dégradation accélérée de débordements des ravines Chaudeau, Diquini, Bertin,
l’écosystème du Carrefour, consécutive à: Sapotille, Titus, La Grenade, traversant les zones de Résultats attendus 
Fontamara 47, Bizonton 53, Titus, Ti Sous, Chaudeau, ³³Les points critiques des ravines en question,
 la coupe anarchique d’arbres au niveau Tunel, Bertin, La Grenade, Astèk, Sapotille, Nan Ma, sur une longueur à déterminer par une étude
des sections montagneuses et une mauvaise Diquini, etc. a augmenté ; le rythme du balayage de technique, sont corrigés et traités ;
occupation de l’espace ; leurs cônes de déjection s’est accéléré. Par temps de ³³certains tronçons des berges de ces ravives
 de mauvaises pratiques culturales ; pluie, ces ravines favorisent, en plus des pertes sont stabilisés par la mise en place de plantules
 l’absence de politiques cohérentes en matérielles importantes en amont, l’inondation appropriées (bambou, vétiver, roseau, etc.) ;
matière d’aménagement du territoire, de la Route nationale et le blocage de la circu- ³³une étude d’aménagement des principaux
d’énergie et de protection de l’environnement; lation au centre-ville de Carrefour en aval. versants traversés par ces ravines est disponible
 la non-prise en compte dans l’urbanisation pour recherche de financement ;
actuelle du risque de destruction par les De plus, à cause de la faiblesse de l’autorité de l’État ³³on observe une baisse considérable des pertes
crues. central et de la municipalité, la mauvaise pratique causées par les débordements de ces ravines
des gens vivant dans les zones des ravines consiste et des inondations qui s’en suivent ;
à y jeter les ordures au moment des pluies. ³³des emplois sont créés dans la commune.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 39


5> Gestion des déchets solides dans les zones urbanisées de Carrefour
Localisation Coût estimatif du projet
Zones urbaines de Carrefour 40 millions de gourdes

Contexte et justification

La gestion des déchets ménagers solides est un défi majeur pour Cette commune dépend du SMCRS pour le ramassage des ordures (décrets
les municipalités de la région métropolitaine. Ces dernières rencontrent des 3 mars 1981 et 21 avril 1983). Le site de décharge du SMCRS est à Truitiers,
difficultés importantes pour assumer correctement ce service dont elles sont res- commune de Cité Soleil. Mais la mauvaise gestion des déchets entraîne une situation
ponsables. Elles sont confrontées à une forte croissance de la population, d’insalubrité jamais enregistrée auparavant avec comme conséquences :
mal maîtrisée, et à une évolution des modes de consommation qui se traduit
par une augmentation des volumes des déchets dans un contexte de  l’augmentation de risques sanitaires (choléra) ;
pénurie de moyens d’un pays tel que Haïti.  la pollution des sources, des puits et du littoral;
 la difficulté de circulation des véhicules et des piétons;
Face au problème croissant de pollution des centres urbains de la région métro-  l’encombrement des rivières et des égouts;
politaine de Port-au-Prince, la commune de Carrefour, l’une des plus grandes  une baisse de l’estime de soi de la population vivant parmi les immondices.
communes de la zone métropolitaine en termes de population, se doit de réagir
vite. Partout, les ordures ménagères et les déchets dérivés du commerce Des facteurs tels que la forte concentration de la population, le manque
en détail ainsi que des produits agricoles périssables et non périssables, issus des d’éducation environnementale des habitants, la mauvaise gestion des
marchés encombrent assez souvent les voies publiques déchets dans les marchés publics, l’inefficacité du service de la voirie et
rendant difficile la circulation. Souvent, les déchets de ces l’éloignement des sites de décharge concourent à maintenir la commune
dépotoirs sauvages entrent en décomposition à ciel ouvert dans cet état ou à amplifier les conséquences.
polluant l’air, le sol et les eaux et servent de véhicules
favorisant la propagation des maladies infectieuses La nécessité d’assainir l’environnement urbain de Carrefour en mettant
et parasitaires. un frein aux amas de détritus qui enlaidissent les rues et hypothèquent la santé
des citoyennes et citoyens, justifie l’importance d’un tel projet.

Actuelle décharge
de Carrefour à la
Route des Rails.

40  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


La forte densité de
la population génère
un volume de déchets
que la mairie a du mal
à gérer.

Résultats attendus 
³³Un site de décharge est aménagé et fonctionnel au niveau de la commune ;
³³la population urbaine de Carrefour est sensibilisée et conscientisée sur les bonnes pratiques
environnementales ;
³³la mairie est dotée de matériels et d’équipements adaptés pour le ramassage et le transport
de déchets ;
³³la mairie dispose de ressources humaines qualifiées et en nombre suffisant pour collecter
et transporter les déchets ;
³³les déchets se collectent régulièrement et un budget pour le fonctionnement du service
de la voirie est disponible.
³³les dispositifs législatifs et légaux sont mis en place permettant que le ramassage et le
transport des déchets redeviennent d’abord une compétence municipale.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 41


6> Construction en terre battue de la route Titus – Malanga
Localisation
Ce tronçon de route relie la localité Titus à celle de Malanga et mesure environ 40 km.

Coût estimatif du projet


400 millions de gourdes

Contexte et justification
Le tronçon de route existant, en terre et en région montagneuse, ne permet pas à un
véhicule de circuler correctement. Il n’y a pas de drainage des eaux pluviales.

Nombreux sont les cas d’accidents enregistrés sur ce tronçon de route reliant Titus à Malanga.
À cause du tracé tortueux et cahoteux, de la forte pente, les véhicules fréquentent très peu cette
route. Le moyen de transport le plus répandu et le plus utilisé reste la motocyclette.

La construction de ce tronçon devra apporter, entre autres, des solutions aux contraintes suivantes :

 les zones desservies par ce tronçon sont enclavées, difficiles d’accès donc peu fréquentées ;
 les denrées agricoles périssables provenant des localités environnantes ont de grandes
difficultés à atteindre les villes et les communes avoisinantes. Les agriculteurs accusent des
pertes significatives et leur revenu en devises est nettement affecté ;
 les activités dans la zone (école, marché) ralentissent au cours des périodes pluvieuses ;
 les accidents sont très fréquents et il en résulte des pertes en vies humaines et des handicapés ;
 les frais de transport fluctuent à la hausse en temps de pluie.

Résultats attendus 
³³Le tronçon de route reliant les localités Titus et Malanga ainsi que les ouvrages de
traversée sont aménagés selon les normes de conception et d’exécution de travaux publics
en vigueur ;
³³les denrées agricoles périssables, en temps de pluie, peuvent être acheminées rapidement
vers le centre urbain et les communes avoisinantes ;
³³le déplacement des populations vers le centre urbain et les localités avoisinantes sans
La moto est le moyen de transport le plus répandu délai, avec un minimum de risques et un meilleur confort est un acquis appréciable ;
de la route de Titus à Malanga. ³³l’aménagement de la route engendre la création de nouveaux emplois (petits commerces,
nouveaux services implantés dans la zone).

42  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


7> Construction d’une école communale à Coupeau
Localisation Coût estimatif du projet
Coupeau, 5e section communale de Carrefour 40 millions de gourdes

Contexte et justification
La Commune de Carrefour comporte 13 sections communales dont la majorité se trouve
isolée dans les zones en altitude. Elles sont en général dépourvues de toute infrastructure, en
particulier d’écoles communales, bien que leur population compte de jeunes scolarisables.
La population rurale de Carrefour est estimée à 34 709 habitants, dont 14 308 sont en dessous
de 18 ans (donc scolarisables), selon les estimations de 2009 par IHSI.

La section communale Coupeau, 5e de la commune de Carrefour, est située dans sa partie


est, en zone montagneuse. Coupeau est en proie à de graves déficiences en services sociaux
de base, selon les habitants, particulièrement en matière d'éducation. En effet, cette section ne
dispose que d'une petite école communale, dépourvue de bâtiment approprié et d'une
école presbytérale. Le nombre de places disponibles dans ces deux écoles est de loin
inférieur au nombre d’enfants en âge d’aller à l’école.

La plupart des enfants et des jeunes en âge de scolarisation sont obligés de se rendre en zones
urbaines pour avoir accès à l’éducation de base. Cette affluence vers ces zones, déjà en proie à
une surpopulation anarchique, entraîne bien des conséquences d’ordre social, démographique
et économique.

Résultats attendus 
³³Un bâtiment parasismique de 312 m2, comptant six salles de 52 m2 chacune (suivant les
normes exigées par le MENFP) est construit ;

³³un espace administratif (salle de professeurs, direction, économat, archives) de 25 m2 est
aménagé;
³³un bloc sanitaire et un système d’alimentation en eau courante sont fonctionnels ;
³³un auditorium de 200 m2 (multifonctionnel) est construit ; Actuelle école commu-
³³une cour de recréation est aménagée ; nale à Coupeau et site
³³le nombre d’enfants scolarisés dans la section augmente et la délinquance juvénile se choisi pour la construc-
réduit considérablement; tion de la nouvelle.
³³des emplois temporaires sont créés lors des travaux de construction.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 43


Un des sites localisés pour la construction d'une place publique à Carrefour.

44  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


8> Construction d’une place publique à Carrefour
Localisation à mesure comme infrastructure d’envergure locale et Comme projet nouveau proposé par le Plan de
La localisation reste à préciser. Toutefois de manière régionale. De nos jours, le local du Centre polyvalent Financement communal (PFC), la construction
prévisionnelle, elle peut se situer optionnellement : est entre temps partagé avec le Lycée Louis Joseph d’une place publique à Carrefour contribuerait
Janvier, réduisant ainsi l’espace naturel disponible. au développement de la commune sur tous
££soit à Diquini 63, dans l’espace boisé attenant les plans, en particulier social : par la promotion de
à la Mairie de Carrefour (en aval et en face) De fait, il n’y a jamais eu de place publique l’épanouissement de l’être humain, par le sport et
(disponibilité foncière approximative : un quart à Carrefour, pourtant un élément fondamental dans les activités de loisir en plein air, par les échanges
de carreau de terre) ; la définition d’un centre-ville en matière d’amé- entre citoyens. Pour ainsi dire, cette place publique
££soit à Lamentin 52 ; nagement urbain. Actuellement, les espaces de à Carrefour permettra implicitement et en parti-
££soit à côté de la Base Amiral Kilick de la Marine recréation ouverts sont manquants ou quasi culier aux jeunes de se construire une autre
haïtienne, dépendamment de la disponibilité inexistants, le plus proche se trouve à Fontamara. mentalité plus positive par la pratique de sains
foncière du domaine public. Les jeunes en quête de loisirs sont obligés de des- divertissements.
cendre jusqu’en ville ou monter à Pétion-Ville. En
Coût estimatif du projet plus d’être un espace de loisir et de recréation pour Résultats attendus 
10 millions de gourdes toutes les tranches d’âges et utile à toutes catégories ³³des personnages exemplaires de la commune
de personnes, la création d’une tel espace public : sont mis en valeur et la mémoire collective se
Contexte et justification retrouve matérialisée par la traduction d’une
Dans le temps, Carrefour était réputé pour être le  favoriserait l’ épanouissement de la page de l’histoire locale ;
bastion de la culture dans la zone métropolitaine jeunesse carrefouroise, tout en honorant ³³le paysage urbain du centre-ville s'améliore ;
de Port-au-Prince. Nombreux étaient les espaces la mémoire historique de la commune au ³³la fierté et de la sociabilité des gens augmente ;
de loisirs : il y avait plusieurs terrains de jeu pour la travers de la représentation de plusieurs ³³l’apaisement social se renforce ;
pratique, entre autres, du football, nombre de salles personnalités de la zone comme modèles à ³³la fraternité entre les habitants de Carrefour
de spectacle, plusieurs salles de cinéma (au moins suivre (tels que le poète Damocles Vieux, se renforce ;
trois). Les troupes de danse et les artistes de tout Catherine Flon), par le biais de bustes érigés en ³³les jeunes et les moins jeunes s'épanouissent ;
genre abondaient. Pourtant, à cette époque, il n’y eut leurs mémoires et exposés sur la place publique ; ³³le taux de délinquance juvénile diminue.
que le Centre polyvalent en face de la maternité de  contribuerait à réduire la délinquance
Carrefour, entre Mon Repos 50 et Lamentin 52, sur juvénile dont s’imprègne de plus en plus la com-
la cour duquel se déroulaient les activités récréatives, munauté locale à cause du manque de loisirs ;
comme, par exemple, les festivités de célébration de  pourrait servir comme repère dans la commune,
la Fête du Drapeau national. de sa zone urbaine puisque nonobstant l’église
Saint-Charles, le Centre sportif de Carrefour, la
Ce n’est qu’au début des années 80 qu’on construisit Marine haïtienne et quelques autres rares points,
le Centre sportif de Carrefour, qui s’imposa au fur et les repères dans la ville sont quasi inexistants. .

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 45


9> Construction d’un centre de santé publique à lits à Bouvier
Localisation présence de ressources humaines qualifiées Par ailleurs, il n’existe pas de structures de
Le centre de santé sera localisé à Bouvier, 6e section de dans le secteur. santé au niveau de la 6e section pour répondre
la commune de Carrefour dans le département aux besoins de santé de base requis dans le paquet
de l’Ouest. Deux sites probables sont retenus pour En effet, la 6e section est montagneuse. Des bar- minimum de services de santé. Les services de santé
la localisation du projet. Mais le site le mieux appro- rières géographiques naturelles se dressent contre mobile éprouvent de grandes difficultés à fournir
prié se trouve dans la localité de Platon Bouvier. la circulation des habitants. Ils doivent traverser des soins à toutes les localités de la 6e section sur
Cette propriété est donnée comme don par Joseph, plusieurs mornes comme Degand, Taïfer, Grande un rayon de 15 km dans les hautes montagnes. Il
Andrecia Volcy et Marie Paul, suite aux démarches de Rivière, Magasin, Bois Barrique ainsi que Morne n’y a pas de personnel médical qualifié sur
Bricema Elinor et du CASEC Jules Francin Jasmin. Bellevue. Ils sont aussi contraints de traverser place. Il n’y a pas de médecins, pas de dentistes ni
plusieurs rivières dont la Momance et la rivière de spécialistes en santé dans la zone.
Coût estimatif du projet au Fouk. Ces obstacles naturels rendent la route
22 millions de gourdes d’accès très difficile. Aucun véhicule Par rapport aux besoins de santé, il y a une néces-
n’assure le transport en commun, hormis les site immédiate de prise en charge adéquate
Contexte et justification motocyclettes sur une partie du trajet. L’autre des cas de maladies les plus simples aux
Bouvier est la 6e section de la commune de partie de la route doit être empruntée à pied sur accouchements, jusqu’aux soins prénatals
Carrefour. Elle comporte 11 habitations et 10 lo- une distance de 35 à 40 km. et post-natals. Il y a aussi un besoin urgent de
calités essentiellement rurales. Elle est l’une soins pédiatriques de base pour les nouveau-
des sections communales montagneuses les Par conséquent, les habitants de la section doivent nés et les nourrissons. En effet, la fréquence de
plus éloignées et compte parmi les moins ac- parcourir de longues distances et marcher environ 9 certaines maladies courantes comme la toxémie
cessibles. Sa population est de 1 654 habitants heures par bon temps pour parvenir au centre-ville gravidique, les anémies, le diabète, l’hypertension
regroupés dans 417 ménages. de Carrefour où se situe le centre de santé le plus artérielle, le VIH, les IST, la Tuberculose, la gastro-
proche. entérite, la diarrhée, les parasitoses intestinales, la
Les soins de santé de base deviennent une urgente typhoïde, l’asthme, le rhumatisme articulaire aigüe
nécessité dans cette section totalement livrée à Cette situation est à la base d’un exode rural augmente de jour en jour. De plus, la communauté
elle-même en matière d’accessibilité des habitants massif vers les agglomérations urbaines de fait face aux maladies et aux flambées d’épidémies
aux soins de santé. Cette situation est due à de Carrefour. C’est ainsi que vers les années 2009, la comme la malaria, le chikungunya et le choléra.
multiples facteurs liés à la géomorphologie de la population de la zone fut estimée à 2 865 habitants, La dernière épidémie de choléra a profondément
zone, la disponibilité de services de soins, tandis que 3 ans plus tard, soit en 2012, elle fut affligée la communauté avec un taux de mortalité
les besoins sanitaires de la population et la estimée à 1 654 habitants. très élevée.

Atelier de santé et assainissement en train


de préparer les fiches signalétiques des projets.

46  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Résultats attendus 
³³Le centre de santé de Bouvier est construit avec des services de consultation
fonctionnels assurant la prestation de soins de qualité aux populations de
la 6e, 5e et 7e sections et des agglomérations avoisinantes ;
³³un laboratoire d’analyses médicales est fonctionnel ;
³³des intrants, équipements et médicaments sont disponibles pour répondre
aux besoins des bénéficiaires ;
³³un système d’énergie solaire et thermique est installé dans le centre de santé ;
³³des professionnels de santé et des cadres administratifs qualifiés et disponibles
sont affectés au centre ;
³³des ressources financières suffisantes sont allouées et bien gérées ;
³³le nombre de cas de décès liés au manque d’accès aux soins de santé de base,
diminue de 60 %, à moyen terme, au niveau des sections communales
Coupeau, Bouvier et Laval.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 47


10> Création d’un service municipal d’hygiène publique et de police sanitaire
Localisation dans la commune de Carrefour par une multitude situation de promiscuité ne joue pas en faveur de
Le service sera localisé au niveau de la Mairie de de facteurs dont la démographie, la croissance des l’émergence d’un environnement propre où vit
Carrefour, à Diquini 63, mais son champ d’action institutions commerciales de consommation, la une marée humaine non consciente et insensible
s’étendra sur l’ensemble des treize sections commu- destruction d’institution gardienne de l’hygiène, face aux dangers potentiels des insalubrités. Par
nales de Carrefour. la déliquescence des mœurs et la transgression des conséquent, les habitants des zones de bidonvilles de
législations en la matière. Carrefour vivent dans des conditions d’hygiène
Coût estimatif du projet impropres à la santé. La plupart des maisons
8 million de gourdes D’abord, la commune de Carrefour et, particuliè- n’ont pas d’installations hygiéniques modernes. C’est
rement, le centre urbain fait face à une explosion particulièrement le cas pour des zones à Mariani,
Contexte et justification démographique. La densité de la partie urbaine de dans les quartiers proches de l’abattoir et dans
Carrefour est l’une des six communes de la zone Carrefour, d’une étendue de 21,85 km2, est estimée beaucoup d’autres agglomérations.
métropolitaine. C’est une commune d’une impor- à 21 415 habitants/km2. Elle est donc fort loin de
tance stratégique considérable. C’est en fait un celle du milieu rural d’une densité de 140 habitants/ En effet, on assiste à la détérioration accélérée
grand carrefour entre les départements du centre km2 pour une superficie contrastante de 143,31 km2. de la situation sanitaire, la disparition du
du pays et ceux du Grand Sud. En effet, elle relie Force est de constater qu’entre 2009 et 2012, soit respect des normes d’hygiène publique
la capitale Port-au-Prince à quatre départements une période de 3 ans, la population rurale liées à l’assainissement. Il en résulte une situation
géographiques : Sud, Sud-Est, Grande-Anse et les est passée de 34 769 à 20 071 habitants. Ce qui de mépris de la société civile, de déliquescence des
Nippes. C’est une commune côtière. Son relief est correspond à une migration de 14 698 personnes mœurs, de banalisation des principes d’hygiène par
la plaine pour la partie urbaine et le morne pour la vers les agglomérations urbaines de Carrefour. les citoyens, d’insouciance généralisée, d’indifférence
partie rurale. C’est en fait près de la moitié de la population rurale, et de négligence des autorités. Par conséquent, la
soit un fort pourcentage de 42,27%. plupart des nouveaux quartiers de la ville ne sont
Le centre urbain de la commune connait depuis pas drainés. Les marres, les latrines et les points
quelques décennies une croissance démogra- Ce flux migratoire important causé par l’exode rural d’eau stagnantes ne sont ni fumigées, ni aspergés.
phique fulgurante. On y retrouve différents services est à la base d’une extension anarchique de Ce phénomène s’observe dans beaucoup de banlieues
déconcentrés de l’État, des institutions scolaires la ville en absence de plan directeur d’urbanisme. de la commune. Les populations les plus touchées
d’importance, des édifices religieux et beaucoup Cette situation est d’autant plus aggravée par la habitent Tête Chaudeau, Saint Roc, Bel Air, Grand
d’infrastructures économiques. C’est dans la com- croissance rapide de la population urbaine qui croit Kay, Diquini entre autres.
mune que se trouve l’unique base navale du pays, à un rythme effréné de plus de 20% l’an. Cet exode
la base Amiral Killick inaugurée le 20 octobre 1895 rural massif et la forte croissance démographique Malgré cette présence marquée d’établissements de
par le président Hyppolite à Bizoton. de la population urbaine favorise l’éclosion de consommation et d’usines de production de biens qui
bidonvilles et de quartiers précaires exer- peuvent avoir un impact important négatif sur l’état
Les conditions de vie, l’hygiène publique, l’assai- çant de fortes pressions sur les services d’hygiène de santé de la population, on assiste à une absence
nissement et la consommation sont conditionnés et sanitaires déjà déficients, voire inexistants. Cette d’activités de contrôle des conditions de

48  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Environnement insalubre aux alentours de vie et de consommation de la population. Il n’y Les conséquences d’une telle situation portent atteinte
l'abattoir de Carrefour. a aucun contrôle des structures de traitement aux conditions de vie et à la santé de la population. Il
des eaux usées des usines, si elles existent. Les en résulte de mauvaises conditions de vente des pro-
autorités compétentes des collectivités territoriales duits laitiers, de mauvaises pratiques dans la vente des
sont démobilisées par rapport à cet aspect en matière produits alimentaires, le manque de conditionnement
d’hygiène publique et de surveillance sanitaire. des produits d’abattage, un désordre généralisé dans le
secteur des médicaments, l’utilisation de médicaments
À Carrefour, il y a une absence totale de visites expirés et la consommation de produits alimentaires
d’inspection des centres de commercialisation de mauvaise qualité, la vente de médicaments périmés
de médicaments et de denrées alimentaires, la et d’aliments avariés, l’absence de visites d’inspection
non-divulgation des normes et procédures des centres d’écoulement de médicaments et de
de vente des produits, le non-respect de la produits alimentaires, la non-divulgation des normes
réglementation sanitaire et la non-applica- et procédures de vente des produits, le non-respect de
tion de la législation y relative. Il en résulte donc la réglementation sanitaire, le manque d’application
la vente libre des produits d’abattoirs, des denrées de la législation, la multiplication des dépôts sauvages,
alimentaires, des médicaments, respectivement dans le péril fécal, l’absence de services sanitaires publiques,
les marchés, les magasins, les supermarchés et les l’insalubrité, des taux élevés de maladies liées aux
pharmacies. Aucun contrôle réel n’est effectué sur les mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement.
importés comme le salami, le hot dog, les saucisses
et le saumon. Résultats attendus 
³³Un service municipal d’hygiène publique
De ce fait, on assiste impuissamment à l’augmen- et de police sanitaire équipé, fonctionnel et
tation considérable du nombre de marchands opérationnel au niveau de la Mairie est mis
ambulants de médicaments dans les rues. À en place ;
cela s’ajoute la libre circulation des médicaments ³³les règlementations sur la consommation
à travers la commune et la vente illicite de seront publiées et appliquées ;
produits avariés au vu et au su de tout le ³³les centres de vente de produits de consom-
monde. Il s’ensuit de mauvaises pratiques sans mation sont inspectés ;
cesse grandissantes dans la commercialisation et ³³la population est sensibilisée, informée et
le conditionnement des produits de consomma- formée sur les risques liés aux mauvaises
tion courante. Dans les marchés et abattoirs déjà conditions sanitaires ;
insalubres et, généralement, dépourvus de blocs ³³le nombre de cas de maladies liées aux mau-
sanitaires adéquats, les produits laitiers et la viande vaises conditions d’hygiène et sanitaires de
ne sont pas réfrigérés. Ils restent étalés au soleil et produits destinés à la consommation diminue
exposés aux mouches. de 70%, à moyen terme.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 49


11> Sensibilisation de la population de la commune de Carrefour par rapport à l’environnement
Localisation citoyens. Nous pouvons citer la pollution de l’air, à identifier les comportements à risques, et
Au niveau de la mairie de Carrefour, à Diquini 63 des rues et des ressources en eaux (la mer, la rivière, les voies et moyens pour contribuer à la création et au
au service de la Protection civile, mais son champ les sources et les nappes phréatiques), l’encombrement maintien d’un cadre de vie sain et agréable.
d’actions s’étendra sur l’ensemble des treize sections des rues par les marchands et les épaves de véhicules.
communales de Carrefour. Toutefois, une emphase En milieu rural, l’abattage incontrôlé des arbres Le but du projet est d'aider à créer un environ-
sera mise sur les populations vivant dans les zones et l’élevage libre des animaux contribuent à faire nement sain pour améliorer le cadre de vie de
à risques tels les endroits proches des ravines et baisser la fertilité des sols, et à rendre le milieu plus la population. L’objectif général est de créer une
réputées inondables, et les acteurs impliqués dans fragile et la population plus vulnérable face aux cala- nouvelle culture en matière de gestion de
le commerce de produits générant plus de déchets mitées naturelles telles que la sécheresse et les cyclones. l’environnement à travers la sensibilisation et la
que la moyenne de la population. formation de la population.
Dans le souci d’apporter une réponse à cette situa-
Coût estimatif du projet tion, les membres de la communauté se disent qu’il Résultats attendus 
5 millions de gourdes faut faire une intervention qui soit en leur pouvoir ³³Les pratiques à risques pour l’environnement
et qui contribue à réduire l’incidence de ce phé- sont inventoriées et les mesures de redresse-
Contexte et justification nomène sur les conditions de vie de la population ment identifiées ;
La commune de Carrefour connait une forte de la commune. Ainsi, ils ont proposé au cours de ³³la mairie élabore et applique une politique
pression démographique et elle est en proie au l’atelier participatif autour de l’élaboration du PFC environnementale ;
phénomène des constructions anarchiques. Cela ce projet de sensibilisation de la population ³³la population est sensibilisée sur les princi-
rend très difficile la gestion de l’environnement. par rapport à l’environnement. paux problèmes environnementaux ;
Dans ce contexte, la gestion insuffisante de l’environ- ³³des mesures concrètes s'entreprennent pour
nement conduit à des pratiques nocives qui ont Un projet de sensibilisation par rapport aux pro- la protection de l’environnement.
contribué à la dégradation du cadre de vie des blèmes environnementaux aidera la population

La population doit pouvoir identifier les


pratiques à risques pour l'environnement.

50  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


12> Construction d’un bâtiment devant loger le Centre d’opérations d’urgence communale
(COUC) de la commune
Localisation Coût estimatif du projet
Deux sites probables : Rivière Froide ou encore à proximité du local de la Mairie. 30 millions de gourdes

Contexte et justification On constate également que la localisation des réserves


Carrefour est une commune dont le relief est la plaine de carburant en plein dans une zone habitée
pour la partie urbaine et la montagne pour la partie constitue une menace constante pour la population.
rurale. Elle est une commune côtière. Son relief mon-
tagneux est très accidenté. Carrefour est localisée Il convient aussi de rappeler la faible capacité de ré-
sur la faille sismique Enriquillo-Plantain garden. ponse de la mairie lors du séisme du 12 janvier 2010.
Cette position naturelle de Carrefour constitue une
vulnérabilité majeure par rapport aux menaces Ainsi, la perte de mémoire (la fréquence et l’ampleur Résultats attendus 
hydrométéorologiques et géotechniques. des menaces sont souvent oubliées au fil des ans) la ³³Le fonctionnement du Comité de protection
perception du surnaturel, la résignation, le fatalisme civile de la commune est facilité et renforcé ;
De plus, avec près de 500 000 habitants avec un (personne ne peut dompter la nature, on n’y peut rien), le ³³la population bénéficie de réponses directes
taux de croissance annuelle de 4,24 % et plus de « chacun pour soi » (absence de sens de l’intérêt commun) rapides et efficaces en cas de catastrophes
90% de la population résidant en milieu urbain, autant d’idées, de visions, de traditions et de valeurs qui naturelles ;
cette commune attire fortement l’exode rural. Elle traversent l’éducation et qui portent les citoyens acteurs ³³les pertes en vies humaines et matérielles dimi-
est d’autant plus attirante pour les migrants que les /décideurs et communautés à négliger les actions/ nuent considérablement en cas de désastres et
loyers y sont relativement moins chers qu’à Delmas mesures de prévention dans leurs prises de décisions qui catastrophes naturelles ;
et à Port-au-Prince. Cette situation donne lieu aussi laissent les victimes toujours insatisfaites. D’où ³³la population est mieux informée et formée
à l’établissement de nombreux bidonvilles au la nécessité d’organiser les mécanismes sur certains phénomènes (incendies, foudre,
niveau de la commune, en particulier, dans les de réponse au niveau de la commune en inondation, accidents divers et séisme).
ravines, près des rivières, au bord du littoral. cas de désastre.

4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES 51


Les rapporteurs de
l'atelier d'environnement
pendant l'identification
de projets d'idées du PFC.

52  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Chapitre 5
NATURE DES INTERVENTIONS PRIORITAIRES,
STRATÉGIES DE FINANCEMENT, MESURES
D’ACCOMPAGNEMENT
Le recouvrement fiscal de la prpriété bâtie
permettra à la Mairie d'augmenter les re-
cettes fiscales pour mettre en œuvre le PFC.

L
e Plan de Financement des Services publics À la fin de l'année 2012, l’institution municipale de
communaux de Carrefour permet de défi- Carrefour comptait une pléthore d'employés générée
nir un programme d’actions à travers un par l'accroissement considérable des recettes fiscales
ensemble de projets de services publics. Suivant au cours des trois dernières années. Or, face à une
une approche participative clairement définie, tendance à la baisse ou à une diminution réelle des
l’administration communale et la population recettes, la municipalité a eu du mal à pouvoir finan-
bénéficiant d’une assistance technique de LOKAL+ cer certains projets priorisés dans le PIM au cours de
ont priorisé douze idées de projets. Ces idées l'exercice 2013-2014. De peur de se retrouver avec
de projets deviennent donc, à travers les fiches une balance négative entre les recettes et la masse
techniques, des instruments de planification salariale, la mairie a dû procéder à la mise à pied
des investissements du Conseil communal. d'un certain nombre d'employés. Ce processus de
Ces projets guident ainsi leurs efforts vers des actions réduction du personnel s'est poursuivi jusqu'au
qui permettront d’améliorer le milieu et l’offre des cours du mois de juillet 2014.
services publics à court et moyen terme.
Pour augmenter à nouveau ses recettes, octroyer 70%
Les investissements à court, moyen et long de ses ressources financières aux investissements et
terme qui seront engagés par la Mairie devront tenir trouver les fonds nécessaires au financement des
compte d’abord du budget communal appuyé projets, la mairie s’est donc engagée à relancer
sur la mobilisation fiscale et ensuite d’autres cet effort de mobilisation fiscale devant
sources de financement. Rappelons que, suite à un faire passer progressivement les recettes fiscales
appui technique du projet LOKAL en 2009, les à plus de 200 millions de gourdes d’ici la fin
ressources financières de la commune avaient connu de l’exercice 2016.
un accroissement considérable pour atteindre plus
de 80 millions de gourdes en 2012.

5 NATURE DES INTERVENTIONS PRIORITAIRES, STRATÉGIES DE FINANCEMENT, MESURES D’ACCOMPAGNEMENT 53


Nature des interventions prioritaires et estimations financières globales

Il est à noter que Tableau 5> Nature des interventions prioritaires et estimation financière globale
ces projets visent
non seulement la Projets Montant total /)
(G
mise en place des
infrastructures, 1> Traitement et correction des ravines : Chaudeau, Diquini, Bertin, Sapotille, Titus, 35 000 000
mais également leur Lagrenade
exploitation. La
nature des interven- 2> Création d’une place publique à Carrefour 10 000 000
tions prioritaires du
PFC est explicitée dans 3> Construction d’un complexe socioculturel à Diquini 25 000 000
le tableau suivant,
où sont indiquées 4> Construction d’une bibliothèque communale à Diquini 30 000 000
les prévisions des
dépenses pour les 5> Construction d’une école communale dans la section Coupeau 40 000 000
douze projets priorisés
et élaborés au cours 6> Création d’un service municipal d’inspection sanitaire et d’hygiène publique 8 000 000
du processus, et une
estimation globale des 7> Construction d’un centre de santé dans la section communale de Bouvier 22 000 000
fonds à mobiliser pour
la mise en œuvre de 8> Gestion des déchets dans la commune de Carrefour 40 000 000
ces projets. En plus des
coûts de construc- 9> Construction de la route Titus-Malanga 400 000 000
tion, on prévoit
également la prise en 10> Création du COUC (Centre d’opérations d’urgence communale) 30 000 000
charge des coûts de
fonctionnement. 11> Sensibilisation de la population de carrefour par rapport à l’environnement 5 000 000

12> Construction d’une gare routière à Mariani. 30 000 000

Total 675 000 000

54  PLAN DE FINANCEMENT DES SERVICES PUBLICS COMMUNAUX


Stratégies de financement Mesures d’accompagnement
Des sources de financement diverses seront mises à contribution pour assurer la L’étape de la mise en œuvre comprend les différentes démarches à entreprendre
mise en œuvre du présent PFC. Entre autres, on peut signaler : en vue d’opérationnaliser le PFC. Cette phase d’opérationnalisation comporte
trois étapes principales : l’exécution, le suivi et l’évaluation.
³³le financement par la commune sur la base des recettes fiscales issues
notamment de l’exploitation des bâtis et des équipements marchands. La Pour la mise en œuvre des projets, un cadre institutionnel doit être constitué. Le
municipalité s’est engagée depuis octobre 2014 dans une stratégie de mobili- conseil municipal est responsable de l’exécution des projets. Toutefois, d’autres
sation fiscale efficace permettant de répondre au moins en partie aux besoins secteurs évoluant dans la commune peuvent de concert avec le conseil municipal
de financement du PFC. La population bénéficiaire des infrastructures et exécuter des projets émanant du PFC au bénéfice de la population. Pour suivre
des services publics devra s’engager aux côtés de la mairie ; l’évolution de la mise en œuvre du PFC et s’assurer de sa bonne coordination,
³³la contribution des agences internationales, des partenaires tech- un collectif de citoyens non partisans et à but non lucratif a été
niques et financiers, des ONG, des projets nationaux de développement ; mis en place par la mairie à la suite d’un processus de concertation et d’échanges
³³le financement par le budget national à travers les subventions de entre les divers secteurs et acteurs socio-économiques de la commune. Ce comité
l’État central et des ministères sectoriels ; est composé de 35 représentants de divers secteurs et groupes organisés
³³l’octroi de ressources financières par la coopération décentralisée de la commune. Le conseil municipal devra aussi rechercher l’implication des
avec les mairies d’outre-mer. partenaires techniques et financiers dans la mise à exécution des projets. Il devra
aussi élaborer un plan de communication pour la promotion de leur PFC.
De ce fait, durant les deux premières années de l’exécution du PFC, la mairie
devra rapidement développer une stratégie de mobilisation de ressources Enfin, une évaluation de la mise en œuvre du PFC devra se faire lors de l’élabo-
en direction de chacune des sources de financement citées ci-dessus. Cette stra- ration des budgets annuels de la commune. Cela donnera lieu à des ajustements
tégie consistera, selon les cas, en plaidoyer, lobbying, recherche et négociation et devrait améliorer la performance de sa mise en œuvre.
de financement.

Formation des
membres de la
Société civile de
Carrefour.

5 NATURE DES INTERVENTIONS PRIORITAIRES, STRATÉGIES DE FINANCEMENT, MESURES D’ACCOMPAGNEMENT 55


Chapitre 6
CONCLUSION

L
e Plan de Financement des Services publics est axée sur une démarche participative et tient
communaux (PFC) est un outil de planifi- compte les préoccupations et besoins de la population.
cation qui permet de définir un programme
Le PFC ainsi élaboré doit être adopté, vulgarisé et mis
d’actions à travers des projets liés aux services
en œuvre par le conseil municipal, aidé des acteurs de la
publics. C’est un cadre de référence devant orienter
société civile et du gouvernement central. Les actions
le conseil communal pour des investissements à court,
programmées doivent être suivies et évaluées pério-
moyen et long terme, en tenant compte d’abord du
diquement en vue de s’assurer de leur efficacité.
budget communal et ensuite d’autres sources de
financement. Enfin, les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisa-
tions de la société civile, et la population doivent prendre leur
Sa préparation a permis aux différents acteurs (conseil
responsabilité et s’unir autour de ce plan afin d’arriver à
municipal, la population, les institutions d’appui-conseil)
mettre en œuvre les actions prioritaires identifiées
de porter leurs efforts vers les actions qui permettent
dans les différents domaines de compétences de la commune en
d’améliorer le milieu et l’offre de services publics
matière d’équipements et de services publics en vue de changer
aux citoyens et citoyennes de la commune.Son élaboration
et d’améliorer les conditions de vie de la population.

6 CONCLUSION 57
© Tous droits réservés
Mise en pages et graphisme : Mireia Porta Arnau
[email protected]
Septembre 2015
AMOUR
PAIX PROGRÈS

Phare Lamentin

M AI

R
LOKAL+

OU
E

RI

EF
DE R
C AR

MAIRIE DE CARREFOUR

Le PFC est le fruit d’un exercice de Son objectif est d’améliorer l’offre des Le est un document in­

PFC
PFC

planification participative entre services publics aux Carrefouroises ci­t atif qui indique, comme PL A N DE FIN A NCEM ENT
les autorités locales et les représen- et Carrefourois dans le cadre d’un corollaire, aux administrés pour­ DES S ERVICES PUBLICS
tants des secteurs de la société civile. développement durable. quoi contribuer. COMMUNAUX (PFC)

G
Aôut 2015

r
ou
ef
rr
ca

Vous aimerez peut-être aussi