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Histoire et effets de l'opium

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OPIUM - Universalis Edu [Link]

com/encyclopedie/opium/

UNIVERSALIS
.edu Avancé

SOMMAIRE

• Introduction

• Classification

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OPIUM - Universalis Edu [Link]

OPIUM
ÉCRIT PAR
Olivier JUILLIARD : écrivain

Drogue narcotique, traditionnellement classée parmi les stupéfiants


(euphorica de Lewin, psychodysleptiques de Delay et Deniker), extraite
du pavot (Papaver somniferum). Le fruit de cette plante est une capsule
ovoïde qui exsude, après incision, un latex blanc et riche en alcaloïdes. Le
latex, recueilli à l'aide d'un racloir, est séché et bruni au soleil. Sous cette
forme, il est commercialisé légalement – mais de manière étroitement
contrôlée – et entre dans la composition de plusieurs préparations
pharmaceutiques.

Les usages médicaux de l'opium datent de la haute Antiquité : une


tablette sumérienne mentionne le pavot à opium comme « plante de la
joie » et son exsudat, ou « graisse de lion ». Certains écrits égyptiens
datant d'Aménophis Ier (XVIIIe dynastie) et de Ramsès II vantent
expressément les vertus « dormitives » et analgésiques de la plante et de
son produit. Par la suite, Hippocrate et Théophraste en firent un
médicament contre la douleur. Au Ier siècle, Dioscoride dans son De
materia medica, qui fut un manuel traditionnel de pharmacologie
pendant des siècles, décrit le pavot avec précision et, pour la première
fois d'un point de vue chimique, distingue la plante elle-même de son
latex, seul efficace. Mais la pénétration de l'opium en Europe est surtout
due à Galien, qui en fit un élément d'une panacée promise à un long
avenir, le thériaque, dans la composition duquel entraient de soixante à
quatre-vingts drogues, et dont l'usage se maintint en Europe jusqu'au
début du XXe siècle. D'autres opiacés apparurent aux XVIIe et XVIIIe siècles,
et en particulier le laudanum de l'Anglais Thomas Sydenham
(1624-1689), teinture alcoolique d'opium safranée et parfumée à la
cannelle ou à la girofle, qui devint au XIXe siècle une sorte d'apéritif fort
apprécié. Enfin, l'opium est encore employé dans la pharmacopée
contemporaine sous les espèces de l'élixir parégorique, teinture
camphrée diluée connue comme antidiarrhéique puissant.

De nos jours, la culture — licite ou illicite — de l'opium est localisée


surtout en Asie. Les principaux producteurs licites sont l'Inde, la Turquie,
l'Australie, l'Espagne et le Royaume-Uni. La production illicite, quant à
elle, est assurée par l'Afghanistan et la Birmanie. De l'opium importé, on
extrait les alcaloïdes, surtout morphine et codéine, à partir desquels on
fabrique aussi des alcaloïdes dérivés, dihydromorphinone et

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dihydrocodéinone. Si l'opium et la morphine sont de plus en plus


fortement concurrencés par des produits de synthèse (phétidine,
dextromoramide), la codéine, dérivé méthylé de la morphine, reste le
principal antitussif connu. L'opium permet aussi la production illégale
d'héroïne qui est synthétisée à partir de la morphine.

Opiomane en Chine, XIXe siècle


Hulton Archive/ Getty Images

Les troubles de l'usage de l'opium sont apparus à la fin du XVIIIe siècle en


Grande-Bretagne. Introduit par les retraités de l'armée des Indes, il se
répandit rapidement : Thomas de Quincey en rend témoignage dans un
livre célèbre, les Confessions d'un Anglais mangeur d'opium (Confessions
of an English Opium Eater, 1821), et l'opiomanie gagne la France et tout
le continent. Les Anglais le mangeaient (souvent associé avec du
haschisch, sous forme de pilules ou de confitures) ; les Français le
fumèrent : Baudelaire, Farrère, Apollinaire, Cocteau en firent l'apologie et
la critique. Les « guerres de l'opium » le répandirent en Chine (où on
l'utilisait à des fins médicales jusque-là) à une vitesse vertigineuse (de 50
000 caisses d'opium indien « importé » en 1850 à 180 000 caisses en
1880 ; 2 millions de Chinois étaient intoxiqués en 1850, 120 millions en
1878 !). L'opiomanie s'étendait aussi rapidement en Europe : en 1903, le
gouvernement français s'estima contraint d'en interdire la vente. L'année
suivante, la convention de Shanghai posait la base d'une législation
internationale limitant l'emploi des stupéfiants.

L'opium a besoin d'une longue préparation pour pouvoir être fumé :


chauffage, macération, battage, oxydation, fermentation, etc. Au terme
de ces opérations, on obtient le chandoo, ou opium à fumer. Fumer est
une opération complexe : il faut, à l'aide d'une longue aiguille, constituer
peu à peu la boulette d'opium en échauffant cinq ou six prises qui se
coagulent au bout de l'aiguille, puis piquer cette boulette sur le fourneau
de la pipe, allumer celle-ci et aspirer longuement et en une seule fois

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toute la fumée. Un fumeur moyen fume cinquante pipes par jour, mais
les grands intoxiqués en fument cent cinquante. L'effet de l'opium est
doux : une grande clarté d'idées, une désincarnation sereine, une
impression de sagesse, de lucidité, de béatitude ; aucune hallucination,
aucun à-coup. Les résultats de l'intoxication sont terribles : l'opium
entraîne une dépendance physique et psychique intense ; non seulement
la vie biologique du toxicomane se modifie considérablement, la vie
végétative est inhibée et les sécrétions interrompues, mais encore la vie
sociale et affective du malade se dissout complètement. Seul un sevrage,
secondé ou non par des molécules comme la buprénorphine, la
naltrexone ou la méthadone, peut sauver un malade. Dans les
intoxications aiguës par surdosage, les difficultés respiratoires risquent
d'être fatales. La ventilation assistée pourra être nécessaire, combinée au
traitement par la naloxone ou allylmorphine, antagoniste de la morphine
qui agit vraisemblablement par effet de saturation des récepteurs
opioïdes des centres nerveux.

— Olivier JUILLIARD

CLASSIFICATION
Médecine
Pathologie
Toxicologie et addictologie
Toxicomanies

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