MPSI 3 - Fermat Le 15.09.
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2022-2023
Devoir à la maison n°1
CORRECTION
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Exercice 1
2 1−x
Soit f : x 7→ xx−x et g : x 7→ ln x + .
1 − 2x
1. La fonction g est définie sur Dg = {x ∈ R | x > 0, 1 − 2x ̸= 0} =]0, 12 [∪] 21 , +∞[.
Elle est également dérivable sur ce même ensemble. Et pour tout x ∈ Dg :
1 −(1 − 2x) − (−2)(1 − x) 1 1
g ′ (x) = + = +
x (1 − 2x)2 x (1 − 2x)2
On notera qu’il s’agit de l’addition de deux nombres positifs sur Dg , donc g est croissante sur
]0, 21 [ et sur ] 12 , +∞[.
Par ailleurs :
1−x
lim ln x = −∞ et lim = 1 donc par addition : lim+ g(x) = −∞
x→0+ x→0 1 − 2x x→0
1
1−x x −1 1
lim ln x = +∞ et lim = lim 1 = donc par addition : lim g(x) = +∞
x→+∞ x→+∞ 1 − 2x x→+∞ −2 2 x→+∞
x
1
1−x 2
lim1 ln x = − ln 2 et lim = lim 1 = +∞ donc par addition : lim g(x) = +∞
x→ 2 1
x→( 2 )− 1 − 2x x→( 21 )− 2( 2 − x) x→( 12 )−
1
1−x 2
lim1 ln x = − ln 2 et lim = lim = −∞ donc par addition : lim g(x) = −∞
x→ 2 1
x→( 2 )+ 1 − 2x x→( 12 )+ −2(x − 21 ) x→( 12 )+
La fonction g est continue strictement croissante donc bijective de ]0, 21 [ sur ] − ∞, +∞[,
0 ∈] − ∞, +∞[, donc il existe un unique α ∈]0, 21 [ tel que g(α) = 0.
La fonction g est continue strictement croissante donc bijective de ] 12 , +∞[ sur ] − ∞, +∞[,
0 ∈] − ∞, +∞[, donc il existe un unique β ∈] 21 , +∞[ tel que g(β) = 0.
0
Il ne peut y avoir d’autres racines sur R∗+ . Enfin, on note que g(1) = ln 1 + = 0, donc β = 1.
−1
On peut tout résumer dans le tableau de variations :
1
x 0 α 2 β=1 +∞
′
g (x) || + + || + +
↗+∞ || ↗+∞
g 0 || 0
−∞ ↗ || −∞ ↗
2. La fonction f est définie sur R∗+ . Et pour tout x > 0, f (x) = exp (x − x2 ) ln x
Par produit, lim (x − x2 ) ln x = −∞, donc par composition : lim f (x) = 0.
x→+∞ x→+∞
C’est une formule du cours : lim (x − x2 ) ln x = lim x ln x − lim x2 ln x = 0 − 0 = 0. Par com-
x→0 x→0 x→0
position : lim f (x) = e0 = 1.
x→0
On peut prolonger f par continuité, en posant f (0) = 1.
3. f est dérivable sur R∗+ , c’est une composition de fonctions dérivables.
∀ x > 0, f ′ (x) = [(1 − 2x) ln x + (1 − x)] exp (x − x2 ) ln x = (1 − 2x) × g(x) × f (x).
f est toujours positif, on a donc le tableau de signes suivant, qui se prolonge en tableau de
variations de f :
1
x 0 α 2 1 +∞
(1 − 2x) + + 0 − −
g(x) − 0 + || − 0 +
f ′ (x) − 0 + + 0 −
1
f ↘ ↗ ↗ 1 ↘ 0
1
4. On se souvient que pour u ∈] − 1, 1[, 1 + u ⩽ eu ⩽ .
1−u
Donc, en prenant u = (x − x2 ) ln x qui tend bien vers 0 lorsque x tend vers 0,
pour x suffisamment proche de 0 et positif (après soustraction par 1 et division par x) :
2
(x − x2 ) ln x e(x−x ) ln x − 1 (x − x2 ) ln x
⩽ ⩽
x x x(1 − (x − x2 ) ln x)
Donc :
f (x) − 1 (1 − x) ln x
(1 − x) ln x ⩽ ⩽
x (1 − (x − x2 ) ln x)
Or ces deux termes convergent vers −∞ pour x → 0.
f (x) − 1
lim+ = −∞
x→0 x
Cela signifie que la courbe Cf présente une demi-tangente infinie, orientée vers le bas pour x → 0
(et f (x) → 1).
On aurait pu également noter que
2
f (x) − 1 e(x−x ) ln x − 1 (x − x2 ) ln x
= ×
x (x − x2 ) ln x | x
{z }
| {z }
→ 1, par composition → −∞, après simplification par x
x→0 x→0
5.
Exercice 2
On veut déterminer les fonctions f dérivables sur R telles que
f (a) + f (b)
∀ (a, b) ∈ R2 , f (a + b) = (⋆)
1 + f (a)f (b)
1
1. th est dérivable sur R et pour tout x ∈ R, th′ (x) = 1 − th2 (x) = > 0.
ch2 (x)
Donc th est continue sur R, strictement croissante, donc
elle établit une bijection de R sur ] lim−∞ th, lim+∞ th[=] − 1, 1[.
Soit argth bijection réciproque.
1
2. Pour tout x ∈ R, th′ (x) = 2 ≠= 0.
ch (x)
Donc argth est dérivable sur son ensemble de définition : ] − 1, 1[.
Et pour tout x ∈] − 1, 1[,
1 1 1
argth′ (x) = ′ = 2 =
th (argth(x)) 1 − th (argth(x)) 1 − x2
1
argth est dérivable sur ] − 1, 1[ et pour tout x ∈] − 1, 1[, argth′ (x) = .
1 − x2
On considère une solution f de (⋆). - Raisonnement par analyse
2f (0)
3. Avec a ← 0 et b ← 0 : f (0) = .
1 + f (0)2
Donc f (0)[1 + f (0) − 2] = 0, ainsi f (0)[f (0)2 − 1] = f (0) × (f (0) − 1) × (f (0) + 1) = 0.
2
Les valeurs possibles pour f (0) sont −1, 0 et 1.
4. Supposons qu’il existe a ∈ R tel que f (a) = 1. Alors, pour tout x ∈ R,
f (a) + f (x − a) 1 + f (x − a)
f (x) = f a + (x − a) = = =1
1 + f (a)f (x − a) 1 + f (x − a)
S’il existe a ∈ R tel que f (a) = 1, alors pour tout x ∈ R, f (x) = 1.
De même : s’il existe a ∈ R tel que f (a) = −1. Alors, pour tout x ∈ R,
f (a) + f (x − a) −1 + f (x − a)
f (x) = f a + (x − a) = = = −1
1 + f (a)f (x − a) 1 − f (x − a)
S’il existe a ∈ R tel que f (a) = −1, alors pour tout x ∈ R, f (x) = −1.
On suppose par la suite que : ∀ x ∈ R, f (x) ̸= ±1.
En particulier, puisque f (0) ∈ {−1, 0, 1}, on a nécessairement f (0) = 0.
5. Soit x ∈ R,
2f x2
x x
f (x) = f + = 2
2 2 1 + f x2
2s
Puis, pour tout s ∈ R, (1 − s)2 ⩾ 0, donc 1 + s2 ⩾ 2s ou encore : ⩽ 1, car 1 + s2 > 0.
1 + s2
2s
de même (1 + s)2 ⩾ 0, donc 1 + s2 ⩾ −2s ou encore : ⩾ −1, car 1 + s2 > 0
1 + s2
Donc nécessairement, en prenant s = f ( x2 ), on a : f (x) ∈] − 1, 1[.
6. Soit a ∈ R et h ∈ R∗ ,
f (h)(1 − f (a)2 ) f (h) 1 − f (a)2
f (a + h) − f (a) 1 f (a) + f (h)
= − f (a) = =
h h 1 + f (a)f (h) h(1 + f (a)f (h)) h 1 + f (a)f (h)
f (h) 1 + f (a)f (h) − f (a)(f (h) + f (a)) f (h) f (a) + f (h)
= = 1 − f (a) ×
h 1 + f (a)f (h) h 1 + f (a)f (h)
f (a + h) − f (a) f (h)
Donc pour tout a ∈ R, h ∈ R∗ , = (1 − f (a + h)f (a)).
h h
Faisons ensuite tendre h vers 0, comme par hypothèse f est dérivable, cela est possible :
f (h) f (h) − f (0)
= → f ′ (0)
h h
Et par continuité de f : 1 − f (a + h)f (a) → 1 − f (a)2 .
∀ a ∈ R, f ′ (a) = f ′ (0) × (1 − f (a)2 )
7. Soit g, la fonction définie sur R par g(x) = argth(f (x)).
f est dérivable sur R à valeurs dans ] − 1, 1[ et argth est dérivable sur ] − 1, 1[,
donc par composition :
g est dérivable sur R
et pour tout x ∈ R :
1 1
g ′ (x) = f ′ (x) × argth′ (f (x)) = f ′ (x) × = f ′ (0) × (1 − f (x)2 ) = f ′ (0)
1 − f (x)2 1 − f (x)2
Donc g ′ est une fonction constante.
Ainsi, il existe A(= f ′ (0)) et B ∈ R tel que g : x 7→ Ax + B.
Si l’on compose par th la relation précédente :
∀ x ∈ R, f (x) = (th ◦ argth ◦ f )(x) = th(g(x)) = th(Ax + B)
Notons qu’il est nécessaire que f ′ (0) = A. Or avec cette écriture, on trouve :
f ′ (x) = A × 1 − th2 (Ax + B) ⇒ f ′ (0) = A × (1 − th2 (B))
Il faut donc que th(B) = 0, donc B = 0. Nécessairement :
∀ x ∈ R, f (x) = th(Ax)
8. Réciproquement (synthèse). Soit A ∈ R.
Considérons f : x 7→ th(Ax), alors pour tout a, b ∈ R,
th(Aa) + th(Ab) f (a) + f (b)
f (a + b) = th(Aa + Ab) = =
1 + th(Aa)th(Ab) 1 + f (a)f (b)
Les fonctions dérivables qui vérifient (⋆) sont exactement les applications :
x 7→ th(Ax) où A est un réel quelconque.