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Littérature

Littérature negro africaine

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Initiation

àla Litérature
Né[Link]
CLASSIQUES DU MONDE

Initiation

à la Littérature

Négro-Africaine
ouvrage réalisé par BERNA RD LECHERBONNIER

FERNAND NATHAN ÉDITEUR


Collection " CLASSIQUES DU MONDE "
• Cheikh Hamidou Kane
• Camara Laye
• L. S. Senghor
• Olympe Bhêly-Quénum
• Birago Diop
• Bernard Dadié
• Ferdinand Oyono
• Aimé Césaire
• Seydou Badian
• L'épopée traditionnelle en Afrique
• La poésie traditionnelle en Afrique
• Épopée Bambara. Tome 1
• Épopée Bambara. Tome 2
• Épopée Bambara. Tome 3
• Épopée Bambara. Tome 4
• J. J. Rabearivelo
• Flavien Ranaivo
• J. Rabemananjara
• René Maran
• Initiation à la littérature négro-africaine
• Le roman antillais. Tome 1
• Le roman antillais. Tome 2
• La poésie antillaise

© ÉDITIONS FERNAND NATHAN - 1977


Introduction
U n r e t o u r a u x sources de l'écriture

Littérature de la décolonisation... Comment justifier l'al-


liance de ces deux termes dont la juxtaposition semble annoncer
la spécificité d'un phénomène littéraire dans le cadre d'une série
d'événements relevant de l'histoire ? On a souvent, et àjuste titre,
critiqué le caractère approximatif de ces rapprochements qui
amputeraient la littérature desonpouvoir de libre initiative, en un
mot, de son autonomie. Et pourtant, comment aborder la littéra-
ture des Noirs francophones, sinon à travers l'aventure de leur
libération culturelle et politique, ces deux aspects ne faisant
qu'un pour eux, comme l'explique Césaire, définissant «les
responsabilités de l'homme de culture»:
Notre devoir d'hommes de culture, notre double devoir est
là : il est de hâter la décolonisation, et il est, au sein même
du présent, de préparer la bonne décolonisation, une décolo-
nisation sans séquelle.
Il faut hâter la décolonisation, qu'est-ce à dire ? Cela veut
dire qu'il faut, et par tous les moyens, hâter le mûrissement
de la prise de conscience populaire, sans quoi il n'y aura
jamais de décolonisation.
Ceci signifie bien clairement que loin d'être soumis à l'his-
toire, l'écrivain noir a pour tâche de la forcer, de la contraindre,
de lafaire avancer dans le bon sens, de la «hâter»pour reprendre
l'expression de Césaire. Ceci signifie en outre que tout écrivain
qui se serait détourné de cette nécessité, se serait de lui-même
exclu de la vocation littéraire de son temps. Une seule voie, mais
quelle voie royale..., s'offrait à lui: affirmer, revendiquer, imposer
sa liberté, celle des siens.
Ne l'oublions pas: cent douze ans avant que l'indépendance
de la plupart des Etats africains fût proclamée, la France
accordait l'émancipation des esclaves. Donc, en un siècle, ilfallut
d'abord déjouer les pièges du colonialisme paternaliste, toutes
sortes de ruses et de tentations souventflatteuses, perdre la honte
de soi, acquérir l'égalité culturelle et les connaissances techniques,
éclairer un peuple immense, humilié, mutilé, craintif, méfiant,
plongé dans des croyances, dont il était essentiel de garder le bon
grain souvent menacé par l'ivraie des superstitions et surtout des
habitudes néfastes dues à la traite. Il fallut ensuite lutter pour
récupérer l'initiative historique, et aussi définir son originalité
culturelle niée par lefait colonial qui se voulait civilisateur...
Mais nos héros de l'indépendance et de la désaliénation
n'étaient-ils pas emprisonnés dans la culture du colonisateur?
Leur sens critique ne leur venait-il pas de l'Occident qu'ils
rejetaient? Leur langue n'était-elle pas celle de la métropole et
non celle des peuples qu'ils prétendaient libérer? Le public de
leurs œuvres révoltées n'était-il pas encore le public européen
(dans sa majeure partie du moins)?Les genres littéraires emprun-
tés, les idéologies révolutionnaires choisies, ne venaient-ils pas des
maîtres européens?
Toutes ces contradictions seront vécues, non sans déchire-
ment parfois, et toujours dépassées: une sorte defoi en la terre
natale, en des valeurs profondes et originales, donnait à ces
hommes, à ces «créateurs », la force de vouloir, une force qui a
fait disparaître les obstacles rationnellement les plus insurmonta-
bles.
Ce vouloir prend mille formes sur le plan littéraire, de
l'anathème au chant lyrique, de l'humour à l'épopée, etc., mais sa
constance se résume à cette idée bien solide: créer, c'est se créer,
écrire c'est s'affirmer dans sa capacité d'exprimer son existence et
son désir.
La tension des oeuvres négro-africaines de ce siècle provient
de cette parfaite adéquation du besoin de dire et du besoin de
s'affirmer dans son être même. Sur tous les tons, l'Africain dit: Je
suis. S'il est surpris de sa propre révélation, le monde l'est encore
davantage.
En réalité, c'est maintenant que cette existence lui est recon-
nue, que le Noir se trouve devant un choix difficile: quels genres
littéraires faire évoluer, selon quelle tradition (européenne ou
africaine, c'est-à-dire la plupart du temps orale), pour quelpublic
écrire, en quelle langue, comment s'insérer dans la littérature
internationale? Les valeurs de l'esthétique européenne peuvent-
elles rendre compte d'une œuvre littérairé africaine ?Les innova-
tions rythmiques et sémantiques suffiront-elles à africaniser
vraiment les créations d'expressionfrançaise ?
La liquidation de ces problèmes marquera la fin de la
littérature deladécolonisation. QuinzeansaprèslesIndépendances,
les esprits sont encore trop sensibles aux séquelles que craignait
Césaire, pour que des choix bien nets aient étéfaits.
Premier chapitre
Depuis sa création en 1964, la collection
CLASSIQUESDUMONDEa porté à travers tout
l'univers francophone la connaissance des lit-
tératures africaine et malgache.
L'enrichissement permanent des lettres franco-
phones, dû à l'épanouissement de talents déjà
reconnus et à l'apparition de nouveaux créa-
teurs, donne aujourd'hui lieu de renforcer cette
collection de nombreux titres qui couvriront
aussi bien les Caraïbes, le Québec, lO ' céan
Indien ou le Maghreb, que lA ' frique Noire.
D'autre part, refusant toute exclusive, les Clas-
siques duMondese mettrontà l'écouted'autres
voix qui expriment dans d'autres langues lâ' me
d'autres civilisations. Sachons reconnaître que
le classicisme du monde moderne choisit la
diversité pour crier ses convictions et chanter
ses déchirements.
Aux monographies que nos lecteurs connais-
sent bien s'ajouteront des anthologies, des
ouvrages de synthèse et des dictionnaires.

Dans quelles circonstances historiques et so-


ciales est née et s'est développée la littérature
négro-africaine ? Cet ouvrage répond à cette
questionfondamentale à partir d'une étude des
textes littéraires et philosophiquesdelapériode
1920-1970.
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