Cours D'évaluation D'entreprise Student
Cours D'évaluation D'entreprise Student
ENTREPRISES
Filière : Commerce et de Gestion
Option : CCA
Niveau d’étude : 3
OBJECTIFS DU COURS
Les méthodes sont très variées et parfois le résultat s’obtient grâce à la combinaison de
plusieurs méthodes. Il est vrai que certaines méthodes d’évaluation sont facilement accessibles
aux apprenants parce que basées sur la comptabilité, mais cette approche est parfois
insuffisante et la perfection s’obtient au bout d’une spécialisation ou d’un long apprentissage.
D’un point de vue méthodologique, il est de l’évaluation de l’entreprise comme des recettes de
cuisine : chaque chef de cuisine découvre une combinaison qui lui permet de sortir un menu
qui le rend célèbre mais il doit rester persévérant et performant s’il veut rester au sommet et
conserver ses « étoiles ».
Au sortir de ce cours, les étudiants et professionnels pourront avoir un accès rapide et efficace
aux connaissances fondamentales dans ce domaine. Cependant, ces étudiants et professionnels
ne seront pas dans l’immédiat des « évaluateurs » d’entreprises mais les outils ou méthodes
d’évaluation des entreprises mis à leur disposition, pour l’essentiel, leur permettront
d’analyser, avec un intérêt certain, l’activité économique et le fonctionnement du marché
financier.
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Plan du cours
Introduction
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INTRODUCTION GENERALE
→ La décision d’acquisition ou de cession des titres, il est nécessaire de les évaluer afin de
connaître le montant de la transaction. Ces opérations d’acquisition ou de cession peuvent
concerner une partie ou tous les titres du portefeuille. Dans ce dernier cas, il s’agit
d’opérations particulières telles que des fusions-absorption, des prises de participation ou
bien encore des scissions.
→ La cession totale ou partielle de l’entreprise
→ La valorisation des titres en portefeuille, à la clôture de l’exercice afin de connaître la valeur
des titres en vue de constater, par la technique comptable bien connue, une éventuelle
provision correspondant à la dépréciation des titres.
→ L’information des investisseurs potentiels
→ L’introduction en bourse
→ Le calcul de certains impôts (droits de succession, par exemple).
On peut donc généraliser en disant que de nombreuses opérations sont à l’origine des
évaluations : transmission d’entreprises, offres publiques d’achat (OPA) ou d’échange (OPE),
privatisation, placement de titres sur le marché financier et estimation du patrimoine dans ses
rapports avec le fisc, les actionnaires…
La difficulté de l’évaluation des entreprises réside dans le fait qu’il existe plusieurs approches
de la valeur qui ne sont pas fondées sur les mêmes principes. Certaines méthodes privilégient
la valeur bilancielle, d’autres prennent en compte les flux futurs ou encore d’autres critères.
De plus, une même méthode peut aboutir à différents résultats en fonction des options qui
auront été retenues (par exemple, le choix d’un taux d’actualisation) et fonction de celui qui
l’applique (acheteur ou vendeur), la tendance étant pour le vendeur de surestimer la valeur du
bien qu’il cède, l’opposé pour l’acquéreur.
Notons que l’évaluation devient une obligation pour une entreprise qui travaille quasiment
avec des fonds qui n’appartiennent pas, le plus souvent, aux dirigeants.
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Les méthodes d’évaluation de sociétés sont diverses : globalement, il est possible de les
organiser autour de quelques familles que nous analyserons successivement (cf. plan ci-
dessus).
Les circonstances dans lesquelles on peut être appelé à évaluer une entreprise : Augmentation
du capital, introduction en bourse, cession des actions, liquidation, fusion, scission, négociation
d’un contrat de prêt avec un établissement de crédit, négociation d’un contrat d’assurance, etc.
La croissance externe est la nouvelle stratégie actuellement en expansion sur les marchés
financiers. Les vagues d’opérations de fusions, d’acquisitions, de cessions d’actifs ou de
transferts de propriété qui déferlent la chronique actuellement dans le monde, Montrent que
l’évaluation d’entreprise est une activité en plein essor.
- Compagnie Général Géophysique (CGG) – Veritas (2006)
- Crédit agricole – Emporiki (2006) (le crédit agricole à pris récemment 72% du grec
Emporiki)
- La cession des actions de la régie nationale des chemins de fer à la CAMRAIL
- La cession de l’ex-SNEC devenu la Camerounaise des Eaux puis CAMWATER, de l’ex-SONEL
qui est devenu AES – SONEL, puis ENEO
- Etc.
En 2005, on estimait à environ 450 000 le nombre d’entreprises françaises devant changer de
propriétaires entre 2005 et 2015. Chacune de ces opérations nécessite une évaluation.
L’évaluation d’entreprise qui constitue un préalable aux opérations de fusion, de consolidation,
d’acquisition ou de cession d’actif, est sans aucun doute un problème des plus complexes et des
plus actuels de la finance.
Autrefois, évaluer une entreprise était une opération peu courante. Le développement des
marchés financiers, de la communication financière, la généralisation des normes comptables
internationales, la recherche de la taille critique avec, notamment, le déploiement des
stratégies de croissance externe ont donné une place de choix à la valeur de l’entreprise.
L’évaluation de cette valeur est donc devenue une opération banale. Cependant, les principes,
les procédures et les modèles qui sous – tendent cette opération gardent leur richesse et
offrent aujourd’hui un champ d’investigation énorme et fertile.
Sur le double plan théorique et pratique, l’évaluation d’entreprise est l’un des domaines les
plus importants et d’actualité de la finance moderne, et ce pour plusieurs raisons.
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Type
Diagnostic de d’entre
l’entreprise prise
(virtuell
e ou à
Perspectives Choix de la méthode grand
stratégiques et d’évaluation capital
opportunités physiqu
Evaluation de e, etc.
l’entreprise
Mise en ouvre de la
valeur de l’entreprise
L’évaluation proprement dite doit toujours commencer par une prise de connaissance interne
et externe sous forme de diagnostic, fonction par fonction, de la place de l’entreprise sur son
marché et de l’évolution prévisible de celui-ci. Terminer cette phase par un rapport d’étape qui
met en relief les points forts et les points faibles ainsi que les perspectives stratégiques et les
opportunités de l’entreprise.
L’omission ou le développement insuffisant de cette phase risque :
- d’entraîner des erreurs graves d’évaluation ayant pour conséquence soit une surestimation,
soit une sous-estimation de la valeur réelle de l’entreprise ;
- d’entraîner des prises de décisions (d’acquisition, de cession, de prise de participation, etc.)
inopportunes, par ignorance de la situation réelle de l’entreprise, et notamment par
méconnaissance du savoir-faire réel de l’entreprise, de son avantage compétitif, de
l’évolution prévisible de la demande de produits actuels, de la capacité de l’entreprise à
mettre en place des produits de substitution
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Une entreprise est une structure vivante, ce qui implique qu’un diagnostic de prise de
connaissance doit précéder l’évaluation elle-même. Il serait déraisonnable de limiter
l’opération d’évaluation à un simple examen des comptes annuels.
Le diagnostic de prise de connaissance, au niveau tant général que commercial, industriel,
humain, juridique, comptable et financier permettent d’évaluer et d’apprécier la structure
vivante qu’est l’entreprise et de mettre en exergue ses points forts et ses points faibles qui
influeront obligatoirement la détermination de sa valeur.
- Le marché
L’objectif est de savoir quelle est la position de l’entreprise sur son secteur d’activité, en fait
son marché. C’est ainsi qu’une appréciation différente sera portée à un marché segmenté ou
non, concentré ou atomisé.
Par ailleurs, si l’entreprise dispose d’un nombre restreint de gros clients, elle en est
fortement dépendante. Elle présente donc un risque élevé. L’évaluateur doit le noter et
l’intégrer dans son évaluation finale en appliquant si besoin une décote forfaitaire.
- Les produits
Si les produits de l’entreprise connaissent un certain succès aujourd’hui, comment la demande
va-t-elle évoluer ? C’est une question que doit se poser l’évaluateur. Pour ce faire, il convient
d’étudier (ou de faire étudier) le portefeuille de produits de l’entreprise et de situer
chaque produit dans sa courbe de vie. Si les produits sont en phase de maturité, voire de
déclin, il faut non seulement en tirer des conclusions sur les résultats futurs, mais aussi
s’assurer que l’entreprise a prévu le renouvellement de ces produits. Sinon, le risque élevé de
non-pérennité imposera d’opérer une forte décote.
- Les conditions de vente
L’évaluateur doit également étudier si une réglementation particulière régit la
commercialisation d’un produit, notamment si le produit peut souffrir d’une réglementation
nouvelle (par exemple, une nouvelle directive européenne). La loi sur la sécurité financière est
un bon exemple pour le marché de la distribution des produits financiers, avec la mise en place
de contraintes nouvelles et de restrictions.
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- Son lien de dépendance exclusive par rapport à un fournisseur qui peut être remis en cause
(risque pour un distributeur exclusif de se retrouver face à de nombreux concurrents) ;
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Remarque : lorsque l’entreprise cible est dans un groupe, et par exemple s’agissant des
prestations de services assurées par le groupe : quel investissement en hommes et en matériel
doit-on prévoir pour reprendre en interne ces prestations ?
L’inventaire exhaustif de ces éléments servira, bien entendu, pour la bonne rédaction des
clauses de garantie d’actif et de passif qui devront protéger l’acquéreur sans pour autant «
enchaîner » le vendeur (à savoir payer plus au titre de ces garanties que le prix de cession
perçu).
COMPTE DE RESULTAT
Enregistrement de factures correspondant à des Hausse injustifiée du résulta
Ventes prestations « anticipées »
NB : les engagements hors bilan reçu ou accordés doivent également faire l’objet d’un
diagnostic minutieux et rigoureux.
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1.4. Un diagnostic spécial autour du dirigeant de l’entreprise, son équipe et toutes les
autres ressources humaines.
Le dirigeant est souvent le vrai moteur de l’entreprise. Un diagnostic spécial doit porter sur sa
compétence, sa formation, sa capacité d’adaptation. Les autres RH de l’entreprise doivent
également faire l’objet d’un examen minutieux. Une bonne approche doit tenir compte de
l’ancienneté des salariés, de leur niveau de rémunération, formation adaptée à leur fonction,
capacité d’évolution, etc...
Il doit porter sur l’environnement externe national et international et sur leurs opportunités
futurs pour l’entreprise. Il peut être réalisé selon l’approche de l’environnement concurrentiel
de porter (1982). Cette approche consiste à analyser les cinq forces de la concurrence que
sont : les concurrents du secteurs, les clients, les fournisseurs, les entrants potentiels et les
substituts.
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Cet exemple théorique montre que quelle que soit la manière dont on mesure la valeur deux
biens ou deux entreprises ne peuvent conserver durablement des prix différents. La rationalité
des investisseurs et où l’arbitrage conduit naturellement à un prix unique, résumé de la valeur
de l’entreprise.
En définitive, la valeur d’un bien qu’il soit réel ou financier, se détermine par l’actualisation des
flux futurs espérés de ce bien. Beaucoup d’autres raisons de bon sens permettent d’expliquer
cet argument théorique :
- Puisque l’évaluation des actions implique automatiquement celle de l’entreprise, il est
logique de préférer la méthode des flux futurs de liquidités à reverser aux actionnaires ;
- L’évaluation de l’entreprise et de ses actions étant par définition globale, il est également
logique de préférer la méthode qui évalue l’entreprise comme un tout et non comme un
ensemble d’éléments dissociables ;
- Comme on l’a souvent constaté, la variation du taux d’actualisation et donc du coût du
capital, les anticipations de la rentabilité et des dividendes, ont généralement un impact
plus important sur la valeur de l’entreprise que les changements du prix des actifs sur leurs
marchés respectifs.
Tant dans la théorie que dans la pratique, la valeur de stock est appelée valeur patrimoniale et
la valeur par les flux valeur de rentabilité ou valeur boursière. Si
Vp : est la valeur patrimoniale de l’entreprise
Vr :sa valeur de rentabilité
K :la rentabilité attendue par les investisseurs = coût des capitaux propres
R :la rentabilité des capitaux propres
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peuvent avoir de graves conséquences sur les relations de travail et le chiffre d’affaires du
nouveau dirigeant. Les résistances d’une façon générale aux changements peuvent avoir de
graves conséquences sur la rentabilité future de l’entreprise.
La force du lien entre dirigeant et l’entreprise peut rendre les prévisions hasardeuses et donc,
les méthodes actuarielles peu ou non pertinentes.
A l’évidence de ces deux tableaux, toutes les méthodes d’évaluation ne peuvent pas être
appliquées à une entreprise ; le choix d’une méthode devant répondre à l’objectif de
l’évaluateur et aux caractéristiques de l’entreprise. Le choix d’une méthode non adaptée
aboutit certes, à une fourchette de valeur, mais très écartée de la réalité. La combinaison de
plusieurs méthodes permet d’avoir pour une même entreprise, plusieurs valeurs sans toutes
fois indiquer quelle est la vraie valeur de l’entreprise évaluée. Cependant, la réflexion sur la
distance d’écartement (ou sur l’écart) entre les différentes valeurs est toujours enrichissante et
permet d’apprécier sur la base des informations utilisées, les facteurs d’écarts entre les
différentes méthodes. Dans une perspective de recherche du prix de négociation, la moyenne
pondérée des valeurs issues des différentes méthodes peut être une base raisonnable non
exempte d’inconvénients.
➢ Valeur et prix après l’évaluation
« La valeur est une possibilité et le prix une réalité, il ne se forme qu’à l’instant de l’accord
entre vendeur et acheteur »1
Il est clair que, le prix d’une marchandise est le résultat de l’offre et de la demande de cette
marchandise sur le marché. Dans un contexte de marché efficient, la valeur et le prix sont
identiques. Dans une opération d’évaluation pour achat, si le l’acheteur veut prendre le
contrôle du vendeur en achetant tout ou une proportion élevée de ses actions, il doit payer une
prime de prise de contrôle même s’il opère sur un marché « efficient ». Dans ce cas, valeur de
l’entreprise et prix de l’entreprise sont différents. Le vendeur en anticipant les flux de
rentabilité futurs de sa propre gestion, va fixer son prix au dessus de la valeur de l’entreprise.
Ce prix représente pour lui, une valeur plancher au dessous de laquelle il n’est pas prêt à céder
son affaire. L’acheteur dans ses perspectives futures de gestion et de rentabilité détermine un
prix qui représente également une valeur plancher au dessus de laquelle il n’est pas prêt à
acheter l’affaire. Si les deux valeurs sont identiques (cas extrêmement rares) les deux parties
passent l’accord de vente. Les deux parties étant chacune rationnelle, très souvent, la valeur du
vendeur est supérieur à celle de l’acheteur. Si aucune des deux parties n’est aculé (le vendeur
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Barnay et Calba (1968) « Combien vaut une entreprise », édition entreprise moderne
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peut être aculé par la faillite ou la cessation de paiement. L’acheteur quant à lui peut être aculé
par la prise de contrôle ou par ses perspectives stratégiques futures, ou par la pression d’un
concurrent sérieux, etc.) , il est trivial que le prix à consentir se situé entre la valeur plancher
du vendeur et celle de l’acheteur. Si l’une des parties domine sur l’autre, sa valeur plancher va
constituer le prix de la transaction. Dans le cas contraire, les deux parties vont engager des
coûts de négociations et le prix final sera déterminé par la partie la plus puissante.
Très souvent, le demandeur de l’évaluation peut avoir en face plusieurs entreprises.
L’évaluation devient alors plus complexe dans la mesure où, il faut évaluer comparativement
les deux ou toutes les entreprises et à partir des critères homogènes et comparatifs. La
détermination de la parité ou des parités d’échange devient alors difficile et complexe.
La transversalité de l’évaluation confirme sa complexité (l’évaluation fait appel à plusieurs
discipline : naturellement, la finance et la comptabilité, le droit des sociétés, la stratégie
d’entreprise, la fiscalité, la mathématique et la statistique, la monnaie, la sociologie, la GRH,
etc.) et justifie par là, les difficultés de mises en ouvre des différentes méthodes d’évaluation. La
transversalité de l’évaluation confirme également la diversité de ses champs théoriques. En
d’autres termes, l’évaluation d’entreprise fait appel à plusieurs champs théoriques entre
autres : la théorie financière de l’entreprise, la théorie de l’agence, la théorie financière des
marchés, la théorie des organisations, la théorie de la gouvernance ou de la finance
organisationnelle, etc.
En effet, le prix d’un service est un fait, il résulte d’une transaction effectuée lors de la
confrontation d’une offre et d’une demande. Il intègre l’ensemble des considérations objectives
et subjectives avancées par l’acheteur et le vendeur, au cour de la négociation, il traduit un
échange réel.
La valeur peut exister sans échange, elle repose sur une appréciation théorique fondée sur les
concepts « d’utilité » et « d’arbitrage » effectuée par l’évaluateur par rapport à d’autres biens
disponibles.
➢ contexte de l’évaluation
Évaluer une entreprise est une opération qui se pratique dans de nombreux contextes. Le plus
évident est celui d’une cession d’entreprise. Dans ce cas, chacune des parties doit effectuer sa
propre évaluation car, selon que l’on se place du côté du vendeur ou de l’acquéreur, les
intérêts sont divergents et la valeur attribué à l’entreprise est différente, le vendeur ayant
intérêt à ce que le prix soit le plus élevé alors que l’acquéreur est tenté d’offrir le prix le plus
faible possible.
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Le patrimoine d’une entreprise est l’ensemble constitué de ses biens et de ses dettes. Cet
ensemble est récapitulé dans un document comptable appelé bilan. L’ensemble des biens,
propriété de l’entreprise, diminué de l’ensemble de ses dettes vis-à-vis des tiers donne sa
situation nette. Cette situation nette obtenue à partir du bilan comptable, présente des limites
dans la mesure où, si le bilan comptable donne une image fidèle des comptes et des
performances de l’entreprise, il ne permet point d’avoir une vision exacte de son patrimoine.
La valeur patrimoniale repose donc sur la valeur d’achat ou de vente des actifs de l’entreprise
après déduction de ses dettes.
L’évaluation par les approches patrimoniales considère l’entreprise comme la somme de ses
actifs (immobilisations, stocks, créances clients, avoirs financiers), minoré de ses dettes
exigibles (DLMT et DCT). Cette approche, « statique », assimile l’entreprise à un bien, sans
potentiel de rentabilité future. Certes, ces approches, par leur simplicité, sont privilégiées par
de nombreux évaluateurs. Mais, la valeur de l’entreprise est donnée par la somme de la valeur
individuelle de ses biens et de ses dettes. L’entreprise étant un tout cohérent, il est évident que,
la valeur de ce tout cohérent, soit différente de la valeur de la somme de ses différents
éléments, pris séparément.
Ces différentes méthodes à savoir : l’actif net comptable, l’actif net comptable corrigé et les
capitaux permanents nécessaires à l’exploitation seront successivement présentées tout au
long de ce chapitre.
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observer les tendances antérieures (la politique antérieure de dividende), pour déterminer la
proportion d’affectation la plus probable.
- Les provisions pour risques et charges
Les provisions pour risques et charges si elles sont nettement précisées quant à leur objet et
leur destination, doivent être affectées parmi les dettes. Si elles ne le sont pas clairement, elles
sont reclassées en réserve, parmi les capitaux propres. Cette réserve doit être fiscalisée au taux
d’impôt sur les sociétés (la fraction correspondante à l’impôt doit être virée parmi les dettes de
courte période).
- Les écarts de conversion
L’écart de conversion actif doit figurer parmi les actifs de l’entreprise ; tandis que l’écart de
conversion passif doit être reclassé parmi les capitaux propres.
En fin d’année, les dettes et les créances en devise doivent être réévaluées :
Cours de la dette à l’enregistrement – cours de la dette à l’inventaire = Écart (gain latent ou
perte latente).
Si augmentation des créances (créances à l’inventaire > aux créances à l’enregistrement, il y a
un gain latent), 411/479 (écart de conversion passif) ; inversement si diminution 478 (écart de
conversion actif)/411. Le fait de débiter le 411 veut dire que les créances client s’augmentent
donc, une augmentation de l’actif. La contrepartie au passif sera une augmentation des capitaux
propre par le truchement du compte 479).
Si augmentation des dettes (ou diminution) 478/401 (401/479)
- Les charges constatées d’avances
Les charges constatées d’avance sont considérés par certains auteurs comme des non valeurs.
(Exemple de la prime annuelle d’assurance payé au mois d’avril : 625 /521 ; en fin d’année au
moment de l’inventaire, on régularise les trois mois relative à l’année suivante par l’écriture
476(CCA)/625 ; le compte 476 charges constatées d’avances (CCA) est un acquis de
l’entreprise pour l’exercice suivant (trois mois d’assurance payés d’avance) donc, une valeur
réelle à ne pas négliger.
En ce qui concerne les charges constatées d’avances, il faut distinguer, celles constatées et
payées d’avance. Elles représentent pour l’entreprise une créance sur un tiers donc, un actif
réel. Par contre, les charges constatées et non payées sont des non valeurs, mais qui trouvent
une contrepartie au passif (compte fournisseur ou autres créditeurs (476/40…)). En bref, les
charges constatées d’avances ne doivent pas faire l’objet d’un retraitement dans le processus
d’évaluation de l’entreprise.
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Les frais de recherche et développement, s’ils rentrent dans le cadre de l’activité normale de
l’entreprise et débouchent quelquefois sur des brevets d’inventions, on peut les considérer
comme un actif réel.
- les subventions d’investissement sont enregistrées parmi les capitaux propres.
- cas du fonds commercial
Le fonds commercial est l’ensemble des éléments immatériels du fonds de commerce (droit au
bail, la clientèle, le nom commercial, l’enseigne, les marques, les brevets d’invention, la
réputation, les compétences distinctives, etc.) qui concourent au maintien et au
développement du potentiel de l’activité de l’entreprise. Lorsque ce fonds est acquis par
l’entreprise, il figure au bilan et doit être réévalué. Par contre, lorsqu’il est créé aucune
inscription au bilan n’est possible. Dans ce cas, il faut l’évaluer et l’inscrire au bilan patrimonial
afin d’éviter des distorsions dans l’analyse.
- la fiscalité sur les actifs réévalués
Au terme des opérations de réévaluations des différents éléments de l’actif, la plus ou moins-
value constatée doit – elle avoir une incidence fiscale ? Il faut distinguer ici trois cas :
- si Actif immobilisés nécessaire à l’exploitation ; ceci revient à dire que le bien ne va pas être
cédé. La plus-value ne va donc pas être réalisée. Aucune fiscalité n’est prise en compte.
Cependant, et en vertu de la convention de prudence, les moins-values, puisqu’elles
donnent droit à la constitution d’une provision fiscalement déductible vont faire l’objet
d’une fiscalité. Une créance fiscale latente sera donc calculée sur la valeur de la décote et au
taux d’impôt sur les sociétés ;
- si actif non nécessaire à l’exploitation donc cessible à tout moment, la plus ou moins-value
sera fiscalisée. Une créance fiscale à l’actif pour la moins-value et une dette fiscale au passif
pour la plus-value. Les créances fiscales viennent en augmentation des capitaux propres
dans la rubrique « économie d’impôt », tandis que les dettes fiscales viennent en
diminution ;
- si actif cyclique, puisque réalisable à court terme, il faut tenir compte de l’impôt selon qu’il
s’agit d’une plus-value ou d’une moins-value.
- les déficits fiscaux (reports antérieurs déficitaires)
Si les déficits fiscaux (résultats antérieurs déficitaires) peuvent être imputés sur les bénéfices
futurs, ils sont fiscalement déductibles. Il faut donc tenir compte d’une créance fiscale dans les
conditions de montant et de délai de prescription des déficits.
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Application
Soit le bilan suivant de la société PWB
Actif Brut Net Passif montant
Immobilisations incorporelles 3800 Capital 10300
Immobilisations corporelles 15000 12500 Réserves 3500
Immobilisation financière 3000 Résultat 2500
Stocks 10900 10000 Provision pour risque et charge 5000
Clients + EENE 9000 8000 Provision réglementée 1000
Caisse1 2000 2000 Dettes bancaires 6000
Caisse2 1000 1000 Dettes d’exploitations 12000
Total 40300 40300
Calculons l’ANC de cette entreprise sachant ‘AGOA a décidé de réserver 1500 de bénéfice. Les
provisions réglementées concernent une prévision de hausse du prix. Les provisions pour
risques concernent des dommages demandés par le tribunal au profit d’un salarié.
En dépit des ajustements comptables opérés, l’ANC n’a de sens que dans un cadre purement
comptable. Sur le plan économique et financier, la non prise en compte du potentiel de
rentabilité future de l’entreprise et de la valeur de ses différents actifs sur le marché écarte
l’ANC de la réalité économique.
II. L’évaluation par l’actif net comptable corrigé (ANCC)
Cette méthode reprend la démarche précédente. Cependant, la valeur des biens est corrigée en
fonction de l’onction choisie parmi les trois approches suivantes : la valeur de négociation, la
valeur d’usage ou valeur intrinsèque et la valeur de liquidation.
La première approche a pour principe de base, la continuité de l’exploitation. Elle consiste à
évaluer chaque poste du bilan en valeur de marché. La valeur de l’entreprise est donc donnée
par la différence entre son actif net réévalué et ses dettes en valeur de marché.
La seconde approche, très voisine de la première est fondée sur la valeur de remplacement,
c’est -à dire, sur les fonds nécessaires pour reconstituer le patrimoine de l’entreprise en son
état à la date d’évaluation. Elle suppose implicitement que les immobilisations de l’entreprise
sont obsolètes ou tellement vétustes qu’il faut énormément investir pour continuer à
l’exploiter. Sa valeur est ainsi fonction des dépenses de mise à l’état normal de fonctionnement
de son potentiel technique ou industriel et commercial.
La troisième est axée sur l’hypothèse de la fin de l’exploitation de l’entreprise. Elle est donc
basée sur la valeur de liquidation volontaire ou forcée de la firme. Ainsi, la réévaluation des
postes de l’actif se fera automatiquement à une valeur inférieure à leur valeur de marché (ou à
leur valeur de remplacement) ; tandis que le passif sera majoré éventuellement des indemnités
de licenciement. La valeur ainsi trouvée est appelée « valeur à la casse » (valeur marchande des
actifs sur le marché secondaire dans le cas défavorable de la cessation d’activité).
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nature. Il s’agit ici de la phase la plus longue et la plus délicate de l’opération d’évaluation. Pour
chaque poste du bilan, quatres approches sont possibles :
- l’évaluation par la valeur de marché ;
- l’évaluation par les revenus (ou par le goodwill);
- l’évaluation par les coûts.
- L’évaluation par une méthode indiciaire définie par les autorités compétentes
(Le ou les indices définis par les autorités compétentes sont censés traduire l'évolution du
pouvoir d'achat général de la monnaie. Si l'indice de l'année P est de 1,80 à la date de la
réévaluation (31.12.N), cela signifie que 100 unités monétaires de l'année P ont le même
pouvoir d'achat général (donc la même valeur) que 180 unités monétaires à fin N).
La réévaluation d'un bien totalement amorti et toujours utilisé, à une valeur actuelle positive
entraîne la définition d’un plan d'amortissement comme dans le cas général. Dans le cas où le
législateur a mis en place une méthode de réévaluation légale avec indices annuels portant sur
les valeurs d'entrée et sur les amortissements, les biens totalement amortis retrouvent
systématiquement une valeur nette positive. Dans le cas où le législateur n’a rien prévu, le bien
peut être réévalué soit par sa valeur de marché, soit par les flux futurs de revenu actualisés.
Les biens faisant l'objet de provisions pour dépréciation : la provision pour dépréciation a pour
objet de ramener la valeur comptable nette de l'élément à la "valeur actuelle" à la date du bilan.
En conséquence, l'élément ne saurait être réévalué à cette date. Un document annexe doit
indiquer :
− Les montants en coûts historiques des éléments réévalués, par postes du bilan ;
− Les amortissements supplémentaires résultant de la réévaluation ;
− Le traitement fiscal de l'écart de réévaluation et des amortissements supplémentaires ;
- la méthode de réévaluation utilisée (simple référence à la méthode légalement définie, ou
présentation de la méthode en cas de réévaluation).
Si l’évaluation est faite dans une optique de transmission, de cession, de fusion, etc. la règle
fiscale en la matière doit être appliquée. Si l’évaluation est dénudée de toute idée de fusion, de
transmission ou de cession, aucune fiscalité n’est à retenir.
NB Il faut noter que, les CPNE, l’ANC et l’ANCC, ne donnent pas une valeur de l’entreprise ;
mais plutôt une valeur des actifs dont dispose l’entreprise pour exercer son activité et réaliser
un bénéfice. Corriger l’actif net comptable de l’érosion monétaire n’est donc pas une approche
suffisante pour déterminer la valeur de l’entreprise. Dans la pratique et comme il est de
coutume chez les anglo-saxons, la valeur de l’entreprise est la somme de la valeur patrimoniale
et de la valeur des actifs incorporels. Les méthodes basées sur le patrimoine doivent, donc,
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toujours être complétées soit par un goodwill, soit par une estimation de la rentabilité future
de l’entreprise.
Cas d’application N° 2 :
Renseignements complémentaires :
- la valeur estimée des constructions est de 60 000 ; celle des ITMOI s’élève à 9500.
- Les écarts de conversion-actif ont été normalement provisionnés.
- Par prudence, la valeur du fonds commercial sera considérée comme nulle.
- Le résultat de N sera distribué à 50 %.
- L’IS est à considérer au taux en vigueur.
TAF : déterminer la valeur patrimoniale de l’entreprise DJOMBOS et déduire la valeur
intrinsèque de l’action.
28
Année académique 2024_2025
29
Année académique 2024_2025
Le schéma ci-après présente les axes de projets immatériels et leur impact sur les types
d’investissements retenus.
Schéma 1 : Typologie des actions dans le champ de l’immatériel
Recherche et développement
Amélioration de la qualité de
la gestion et de
Formation l’organisation
Investissements
Flexibilisation
Système d’information,
organisation et gestion
Développement du pouvoir
Processus de production innovant
Croissance, compétitivité et
performance
Source : Adapté de Bernard Martory (l’évaluation des actifs immatériels : un point de vue gestionnaire)
Les différents domaines de l’immatériel influencent de façon non identique les différents
projets de l’entreprise dont les fins recherchées sont la croissance, la compétitivité et la
performance.
Il est intéressant tout aussi de présenter les composantes des actifs incorporels dans le
patrimoine de l’entreprise.
Figure 1 : les constituants de l’actif immatériel dans l’entreprise
Notoriété Equipe de
Licence Marques travail
Brevet
Maîtrise des
circuits de
leasing distributions
L’actif
incorporel
Quotas de Secret de
dans
production
l’entreprise fabrication,
maîtrise de la
technologie
Savoir faire,
maîtrise des
ressources
critiques - Contrats avec clauses particulières,
- Relation et confiance des principaux
partenaires,
- Position et compétence du principal
dirigeant,
- Le profil de la famille, etc.
30
Année académique 2024_2025
Ces différentes composantes de l’immatériel peuvent être évaluées individuellement (par une
méthode appropriée) ou collectivement par le GW.
31
Année académique 2024_2025
nécessaire à l’exploitation (ANC, CPNE, etc.) et de son taux de rémunération (tr). Le résultat
théorique correspond au bénéfice de l’entreprise si cette dernière n’avait aucun actif
intangible.
2.1. Calcul de l’actif nécessaire à l’exploitation et de son résultat prévisionnel associé
a) Principes généraux
A priori, il convient de noter que l’ANRE, la VSB et les CPNE ne sont pas des méthodes
d’évaluation de l’entreprise mais des méthodes d’estimation du goodwill. Ces valeurs
représentent les actifs dont dispose l’entreprise pour exercer son activité et dégager un profit.
Le résultat théorique étant estimé à partir des CPNE, il est fondamental qu’il y ait cohérence
entre le résultat prévisionnel associé (RPA) et les éléments qui composent les CPNE. Le résultat
prévisionnel est le résultat qui provient des seuls produits et charges qui trouvent leur origine
dans les éléments constitutifs des CPNE. Ainsi, les actifs Hors Exploitation (HE) sont
systématiquement exclus des CPNE. En conséquence, le résultat associé ne doit comporter
aucun produit ou charge qui se rapporte à ces actifs.
b) Les capitaux permanents nécessaires à l’exploitation (CPNE)
Si l’actif nécessaire à l’exploitation est constitué des CPNE, il ne doit comporter que les actifs
qui sont rattachables à l’exploitation, quel que soit leur classement comptable, y compris les
biens pris en crédit bail. Tout comme l’ANR, ils doivent faire l’objet d’une réévaluation et ne
peuvent pas être retenus pour leur valeur comptable. Les modalités d’estimation des CPNE
sont quasiment identiques à ceux de l’actif économique. Ils sont constitués des immobilisations
d’exploitation, du BFRE et de la trésorerie nécessaire à l’exploitation. En règle générale, le
BFRE s’estime de façon normative, en nombre de jours de chiffre d’affaires. Il est à noter que
les dettes financières ne sont pas déduites.
Quant au résultat associé, le point de départ de son estimation est le résultat d’exploitation
auquel vont être ajoutés les produits financiers, dès lors que ces derniers se rattachent à un
élément d’exploitation. Ainsi, les gains de change et les produits de cessions de VMP sont
généralement considérés comme la conséquence d’opération d’exploitation. Par contre,
concernant les dividendes perçus, il faut distinguer selon que la participation est en lien ou non
avec l’activité de la société. Concernant les charges financières, il ne faut les déduire que si elles
se rattachent à l’exploitation. De ce fait, les charges d’intérêt sur emprunts ne sont pas à
prendre en compte car ces derniers ne sont pas déduits des CPNE. Par contre, le BFRE, en tant
que besoin de financement, peut induire un recours à des découverts bancaires, source d’agio.
Ces agios sont à déduire du résultat prévisionnel.
32
Année académique 2024_2025
Puis il faut supprimer les produits et charges qui sont Comptablement enregistrés en
exploitation (et donc inclus dans le résultat d’exploitation) mais qui sont générés par des actifs
ou passifs exclus des CPNE. C’est par exemple le cas des produits et charges qui se rapportent à
un appartement de fonction. Comptablement, ils s’enregistrent en produits et charges
d’exploitation, bien que cet actif ne soit pas nécessaire à l’exploitation de la société. Concernant
les loyers de crédit-bail, il faut les réintégrer et déduire en contrepartie une dotation théorique
aux amortissements, comme si l’entreprise était propriétaire du bien. Le résultat prévisionnel
de l’entreprise étant estimé sur la base de son business plan, si ce dernier tient compte de
l’impact de grosses réparations à venir, il faudra également en tenir compte au niveau des
CPNE et de son résultat associé. Enfin, il faut déduire le montant de la participation des salariés
qui est liée à l’activité mais ne figure pas dans les charges d’exploitation. Ces différents
retraitements conduisent à l’obtention d’un résultat brut associé, du quel est soustrait un
impôt théorique, au taux de droit commun, pour aboutir au résultat net associé.
Nous pouvons résumer, l’estimation des CPNE et de leur résultat associé de la manière
suivante :
33
Année académique 2024_2025
Il convient de noter que les CPNE constituent l’outil économique financé par les capitaux
permanents (capitaux propres, dettes financières (et non les dettes d’exploitation), ressources
pour le financement des biens loués ou pris en crédit-bail par l’entreprise (dettes fictives).
c) l’actif net réévalué d’exploitation (ANRE)
Si l’actif nécessaire à l’exploitation est l’ANRE, il ne doit comporter que les actifs et passifs qui
sont rattachables à l’exploitation, quel que soit leur classement comptable, y compris ceux qui
ne figurent pas dans le bilan. Tout comme l’ANR, ils doivent faire l’objet d’une réévaluation et
ne pas être retenus pour leur valeur comptable. Quant au résultat associé, il doit être cohérent
avec les éléments retenus pour le calcul de l’ANRE. Le point de départ de son estimation est le
résultat d’exploitation du quel vont être déduites les charges financières et ajoutés les produits
financiers, dès lors que ces derniers se rattachent à un élément d’exploitation. Ainsi, les gains
de change et les produits de cessions de valeurs mobilières de placement (VMP) sont
généralement considérés comme la conséquence d’opération d’exploitation.
Par contre, concernant les dividendes perçus, il faudra distinguer selon que la participation est
en lien ou non avec l’activité de la société. Puis il faut supprimer les produits et charges qui
sont Comptablement enregistrés en exploitation (et donc inclus dans le résultat d’exploitation)
mais qui sont générés par des actifs ou passifs exclus de l’ANRE. C’est, par exemple, le cas des
produits et charges qui se rapportent à un appartement de fonction. Comptablement, ils
s’enregistrent en produits et charges d’exploitation, bien que cet actif ne soit pas nécessaire à
l’exploitation de la société. Concernant les loyers de crédit-bail, il faut les réintégrer et déduire
en contrepartie une dotation théorique aux amortissements ainsi que des charges d’intérêt,
comme si l’entreprise était propriétaire du bien.
Enfin, il faut déduire le montant de la participation des salariés, qui est liée à l’activité mais ne
figure pas dans les charges d’exploitation. Ces différents retraitements conduisent à l’obtention
d’un résultat brut associé, duquel est soustrait un impôt théorique, au taux de droit commun,
pour aboutir au résultat net associé.
ANEX RPA
Actifs nécessaires à l’exploitation Résultat d’exploitation
+ Charges d’exploitation non liées à l’activité
- Produits d’exploitation non liés à l’activité
- participation des salariés
+ Produits financiers
- Charges financières (hors intérêts)
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+ EENE
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Année académique 2024_2025
SVt= RPEt –k*ANCt-1 (on peut également prendre l’ANC, la VSB ou CPNE)
n SVt
GW =
t =1 (1 + k )
t
Ainsi, la valeur des actions (VGo) est donnée par la formule
VGo = ANC + GW (cette valeur en principe devrait être identique à celle obtenue par
l’actualisation des flux économiques à dette nulle)
D’une façon générale, lorsque la valeur de rentabilité de l’entreprise (Vr) est supérieur à la
valeur patrimoniale (Vp), il y’a un GW positif.
Si Vr – Vp > 0 alors il y’a un GW ; par contre,
Si Vr – Vp < 0 alors il y’a BW
1. Les variantes du GW
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Année académique 2024_2025
SV = Rnc – Ranex*Vcp. Cette expression représente la rentabilité que l’on pourrait tirer si
l’on plaçait l’actif net au taux sans risque. Si ce taux « i » est connu, on peut approximer
Ranex*Vcp par Rnc*i.
1 − (1 + k )
−n
Vcp = ANC + SV
k
37
Année académique 2024_2025
Le GW est ainsi déterminé par l’actualisation du super profit qui est égal à la différence entre le
résultat net courant prévisionnel et la rémunération au taux sans risque de marché de l’actif
net comptable corrigé des éléments intangibles. Le véritable problème d’application de cette
méthode réside :
- dans la durée de la rente du GW qui dépend de la durée de vie des actifs immatériels et
de la visibilité du futur de l’entreprise ;
- dans l’estimation du taux « i » sans risque et du risque du marché.
La prise en compte d’une prime de risque en fonction du risque du marché doit être motivée
par l’expert évaluateur.
Exemple d’application : cas de l’entreprise PWB
L’actif net corrigé de la société PWB est estimé à 210000F. Le résultat prévisionnel moyen de
cette entreprise pour les années futures est de 87000F. La rentabilité attendue des actifs de
risque identique sur le marché est de 12%. La rente du GW est projetée sur une durée de 5 ans.
NB On considérera dans un premier temps, un taux sans risque de 8% ; et dans un second
temps, on imputera une prime de risque de 4% au taux à risque. Calculer selon la méthode des
experts comptables et celle des Anglo – saxons la valeur de l’entreprise et commenter les
résultats.
Dans chacune des deux méthodes, la valeur de l’entreprise est fonction de la rente du GW, du
taux d’estimation sans risque, du risque du marché et du taux rentabilité des actifs de risque
identique attendu par les investisseurs.
D’une méthode à l’autre, la valeur de l’entreprise fluctue énormément. Ce qui s’explique par
hypothèse de la rente perpétuelle dans la méthode anglo-saxonne et celle de la rente bornée
dans le temps des experts comptables. Cette dernière hypothèse étant plus réaliste compte
tenu du fait qu’aucun actif ne peut être indéfiniment rentable.
NB : Sur le plan opérationnel, et dans le cas d’une cession, l’acquéreur qui bénéficie à son
arrivée d’un actif immatériel lié à son prédécesseur doit investir dans le maintien et le
développement de ce potentiel à défaut de le voir se déprécier. La rentabilité future de ces
actifs est donc fonction de leur valeur initiale et des efforts du nouvel acquéreur. Il est donc
logique et rationnel de considérer que la rente issue des actifs intangibles s’effrite avec le
temps et, qu’à l’infini, le maintien ou l’accroissement de cette valeur est le fruit des efforts des
nouveaux dirigeants.
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Année académique 2024_2025
Total
Les renseignements suivants sont donnés en vue du calcul de la VSB de cette société.
39
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TAF N° 2 :
a) Calculer le bénéfice courant après impôt
b) Calculer le superprofit ou rente du goodwill compte tenu d’un taux de rentabilité de la
VSB de 8 % l’an.
c) Calculer le goodwill et la valeur de l’entreprise par les trois méthodes en considérant un
taux d’actualisation du surprofit de 10 % l’an.
40
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41
Année académique 2024_2025
n
FTt VTn
Vcp = + − Df (Actionnaire seulement)
t =1 (1 + kcp ) t
(1 + kcp )n
NB :Df (dettes financières) peut être évaluée en valeur comptable ou en valeur de marché. S’il
s’agit des flux de liquidités revenant aux créanciers financiers (charges financières par
exemple), ils sont actualisés au coût de la dette
L’application du DCF est confrontée aux difficultés d’estimation de la valeur résiduelle de
l’entreprise ou des cash flows.
2
Dans ce cas, FTt=RE+DAP-RAP- variation du BFRE- investissements bruts de l’exercice- l’impôt sur les sociétés.
42
Année académique 2024_2025
3
PER=Cours de l’action / bénéfice par action.
43
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Le PER estimé pour le secteur est de 10 pour les années futures et la valeur actuelle de la dette
de l’entreprise est de 108. Le CMPC pour l’acheteur est de 17%. L’acheteur est optimiste et
pense qu’au-delà de l’année 5, les flux devraient croître de 9% par an, et à l’infini.
NB On peut remarquer que, la variation de la VRn est marginale entre les deux approches
(504,12-500=4,12). Il y va de soi que l’acheteur va privilégier l’approche qui minimise la valeur
résiduelle, tandis que le vendeur privilégiera celle qui la maximise. Dans tous les cas,
l’évaluateur doit motiver son choix.
En privilégiant l’approche par l’actualisation des flux, étant donné l’optimisme de l’acheteur, la
valeur de l’entreprise est égale :
44
Année académique 2024_2025
La mise en œuvre de ce modèle est impossible compte tenu de l’horizon infini de la prévision
et la rentabilité perpétuelle et infinie des actifs productifs de l’entreprise.
45
Année académique 2024_2025
Exemple
Soit une société en période de croissance. Cette phase peut encore durer quatre ans. Les
dividendes anticipés pour les années 2005 à 2008 sont respectivement de 10, 12, 13, et 14F. A
l’issue de cette période, la croissance sera de 3%. Le coût des capitaux propres est actuellement
de 12% et chutera de 3 points durant le phase de stagnation de la croissance. Calculer la valeur
de l’action de cette société.
II.2.2. le modèle de Fuller et Hsia (1984)
Pour ces auteurs, en période de forte croissance, le taux « g » de croissance baisse à un rythme
linéaire (et non de façon brutale comme dans le modèle précèdent). Ici, le point de départ est le
dividende qui vient être versé (D0) et non pas le dividende anticipé (D1). Le coût du capital et
le taux de distribution des bénéfices sont supposés constants dans le temps. Ce modèle encore
appelé modèle H à deux périodes de croissance donne la valeur suivante de l’action
VA =
D0
(1 + gs) + H ( ga − gs) avec
CCP − gs
H = coefficent linéaire = durée de la période initiale divisée par deux. Il s’estime à partir de la
date d’évaluation du titre ;
ga = taux de croissance anticipé du dividende futur ;
gs = taux de croissance sur la période stable.
Exemple : soit une société qui vient de verser un dividende de 10F le taux de croissance
anticipé de ce dividende pour le prochain exercice est de 8%. D’ici 3 ans, la croissance de ce
dernier va se stabiliser au taux de 4%. Sur la période intermédiaire, cette croissance va se
réduire de façon lisse. Le coût des fonds propres est 10%.
1) Calculer VA à partir du modèle H ;
2) Calculer la valeur du titre à partir du modèle du dividende actualisé.
Les deux modèles donnent le même résultat. Il faut remarquer ici que, le dividende anticipé de
modèle actuariel n’est autre que le dividende versé du modèle H majoré du taux de croissance
anticipé.
Ce modèle suppose que la croissance de l’entreprise baisse de façon linéaire tout en oubliant
manifestement qu’elle peut aussi évoluer à la hausse ou même en dents de scie. De plus le coût
du capital est une donnée du marché et ne s’aurait être constant dans le temps. Étant donné
l’incertitude de l’environnement et du futur, les informations anticipées ne peuvent être que
46
Année académique 2024_2025
des estimations probabilisées. L’absence des probabilités de réalisation des états de la nature
rend presque inopérationnels ces modèles à plusieurs taux de croissance.
47
Année académique 2024_2025
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Année académique 2024_2025
Le PER (ratio prix bénéfice P/B), est un coefficient multiplicateur des bénéfices, calculé sur les
sociétés cotées, à partir du ratio (valeur boursière)/ (bénéfice par action). Le PER est l’inverse
du taux de capitalisation (taux qui donne la valeur de l’entreprise dans le cas où celle-ci produit
un flux constant de bénéfice jusqu'à un horizon infini) ; taux de capitalisation kc = B (bénéfice)
/ Po (prix à l’époque zéro).
Pour nombre d’auteur, le PER indique le nombre d’année de bénéfice que l’on est disposé à
payer pour acquérir le titre. Cette approche suppose par ailleurs que le bénéfice de l’entreprise
est constant sur sa durée de vie ; ce qui n’est pas réaliste. Pour palier cette limite, on a de plus
en plus recours non plus au dernier bénéfice connu de la période, mais au bénéfice estimé ou
plus précisément au délai de recouvrement.
Le PER trouve des applications dans différents modèles d’évaluation :
➢ Le modèle de BATES4
Ce modèle est fondé sur l’actualisation des recettes reçues par l’investisseur. Il permet de
calculer un PER, permettant d’évaluer une entreprise, ou plusieurs entreprises dans le cas
d’une OPA ou d’une OPE. Le modèle simplifié de BATES se présente de la façon suivante, avec :
d = le taux de distribution de dividendes,
g= le taux de croissance des bénéfices,
a = le taux de rendement requis par l’actionnaire,
n = l’horizon de sortie,
d (1 + g ) n (1 + g )
PERo =
(g − a )
( )
k − 1 + PERn k n ...........avec....k =
1+ a
Exemple (tiré de Jacques Teulié et al)
Dans le cadre de la fusion Matra-hachette, la note d’information permettait de déterminer les
paramètres suivants :
Taux de distribution des dividendes 25% dans les deux sociétés,
Gains attendus par les actionnaires 12,7% chez Hachette et 12,2% chez Matra,
Croissance anticipée des deux sociétés 18%,
PER de sortie : 10 pour Matra et 11,2 pour Hachette sur un horizon de quatre ans,
BPA anticipé de Hachette était de 5,1€ pour l’année 1992 et 13€ pour Matra.
Hachette absorbe Matra avec un rapport d’échange de 2,2 actions Hachette contre 1 action
Matra.
Calculer le PER des deux sociétés et le prix théorique de l’action.
Peut-on penser que Matra était aculée ?
4
BATES, « Méthode d’évaluation des actions », Analyse financière, N°3, 3è trimestre, 1970.
49
Année académique 2024_2025
➢ Le modèle de MOLODOWSKI
Le modèle de MOLODOWSKI est un modèle élaboré à partir des données collectées sur le
marché américain. Le PER est obtenu ici à partir de l’actualisation des flux de dividendes
futurs, supposés se développer selon des phases successives de croissance variées dont les
durées sont à déterminer. Ce modèle suppose trois phases dans la vie de l’entreprise : une
phase de croissance rapide, une phase de croissance lente et une phase de croissance
stable. Au cours de la troisième phase, taux de croissance des bénéfices est négligeable. Les
deux premières phases se caractérisent par un taux constant « g » et « f » de croissance des
bénéfices. Si
Vo = prix de l’action à l’instant zéro,
D1 = le dividende anticipé pour la période 1,
g et f = respectivement taux de croissance du BPA au cours des deux première phase de
croissance,
a = le taux de rentabilité exigé par le marché pour les entreprises de même risque, alors,
Vo =
D1 1 + g
n
(1 + g ) (1 + f )
n −1
+ D1
g − a 1 + a (1 + f )(1 + a )n
L’utilisation du PER pour évaluer les entreprises non cotées pose le problème de la
croissance spécifique de l’entreprise cible (entreprise de référence) qui sert de
comparaison. Cette méthode peut conduire soit à une surestimation de la société évaluée,
soit à une sous-évaluation de celle-ci. Pour remédier à cette limite, on peut faire recours soit
au PER du marché, soit au PER du secteur d’activité de l’entreprise.
D’une façon générale, le PER présente d’importantes lacunes, telle que relevées par RAINSY
SAM5 :
- Le PER est un outil pauvre dans sa conception : En effet, le PER n’intègre dans sa conception
ni le rythme de croissance des bénéfices, ni le taux d’intérêt du marché. Ces éléments
pourtant très caractéristiques du marché, sont susceptibles de faire varier significativement
le cours de l’action.
- Le PER est un outil d’évaluation de portée très limitée : Calculé à partir des données d’une
société de référence cotée, Le PER ne permet pas des comparaison significatives, ni dans le
temps (approche longitudinale), ni dans l’espace. En supposant (à tort) que la société de
référence cotée a les mêmes caractéristiques de gestion et de rentabilité que celle à évaluer
5
RAINSY SAM, « le PER, un instrument mal adapté à la gestion mondiale des portes feuilles », analyse financière,
N°57, 2è trimestre, 1984.
50
Année académique 2024_2025
non cotée, il conduit automatiquement soit à une sous-évaluation, soit à une surévaluation
de cette dernière.
➢ Le délai de recouvrement (DR)
En palliant les limites du PER classique, cette méthode permet de calculer le prix d’une action.
Le DR indique le délai de détention nécessaire pour que le cours de l’action égale la valeur
actuelle des bénéfices futurs anticipés. Elle s’inspire de la méthode de délai de récupération
utilisée dans le choix des investissements. Le délai de récupération « n » peut être obtenu deux
façons :
- soit par analogie, en considérant le DR d’entreprises similaire sur le marché ;
- soit en supposant « arbitrairement » un DR correspondant à la durée de détention
souhaitée.
Si p = le cours recherché de l’action, B = BPA de l’année 0 (dernier exercice clos), g le taux de
croissance du BPA, r le taux de rendement des obligations à terme, alors,
1+ g
n
−1
1+ r
P=B
1+ g
−1
1+ r
Ce modèle, de par sa simplicité, et la prise en compte d’un facteur de croissance des bénéfices,
reste très utilisé sur les différents marchés financiers. La détermination subjective du DR et la
prise en compte d’un taux de rendement des obligations à terme (qui est un taux non lié au
risque), constituent ses principales limites.
Exemple (voit J. Teulié et al) : Calculer le cours de l’action d’une société dont le BPA est 8F, en
croissance constante de 9%. Sachant que le taux de rendement des obligations à terme est
6,45% et que le DR d’un titre similaire sur le marché est de 8 ans.
Le cœfficient de capitalisation du cash flow (CCF) ou de la capacité d’autofinancement
CCF = [Link] / CAF . [Link]
Pour son emploi à l’évaluation de sociétés non cotées, le raisonnement sous-jacent est
identique à celui du PER.
Ce modèle comme celui du PER est entaché d’énormes limites. Outres celles mises en relief
dans la critique du PER, le CCF n’a aucun fondement théorique légitime. Sur le plan pratique, il
présente toutefois l’avantage de raisonner en termes de trésorerie potentielle au titre de
l’activité de l’entreprise.
Ces méthodes de capitalisation et d’actualisation quoi que très critiquées, restent d’un apport
très important dans les développements de la finance moderne en général et des modèles
51
Année académique 2024_2025
d’évaluation d’entreprise en particulier. En effet, les critiques dont ces modèles ont fait l’objet,
ont été suivies de propositions qui ont tenté de les améliorer.
52
Année académique 2024_2025
6 « valeur de l’échange », « valeur client », « valeur personnelle », « valeur capitale », « valeur actionnariale », « identité et valeur
culturelle », « valeur comptable », « valeur des liens », « chaîne de valeur », etc. sont des expressions qui parsèment la quintessence de
nombreuses recherches depuis la moitié du 20ème siècle
53
Année académique 2024_2025
Une synthèse des diverses contributions dans les différentes disciplines fait apparaître une
logique dualiste dans l’approche financière de la valeur. Brechet et Desreumaux (1998) parlant
ici de deux perspectives tendues : une perspective productive où l’entreprise est
conceptualisée comme une fonction technique de production et une perspective échange qui
est la base de la logique contractuelle de l’entreprise définie comme une structure complexe de
contrats bilatéraux. Cette double logique semble persister lorsqu’on aborde la valeur en termes
de partenaires bénéficiaires : La logique restrictive qui définit l’entreprise comme la propriété
des seuls créanciers résiduels et donc la valeur comme le dû des seuls actionnaires ; la logique
extensive qui considère l’entreprise comme un ensemble de contrats bilatéraux et donc la
valeur comme le fruit des sacrifices consentis par toutes les parties prenantes dans
l’entreprise. L’approche classique de la finance d’entreprise définit ainsi la valeur comme la
rente reçue par les actionnaires. C’est la différence entre le résultat d’une action économique
de transformation, de production ou d’échange, et le coût du capital investi (coût d’opportunité
des fonds propres plus le coût de l’endettement). En effet, un supplément de valeur est créé
dans une entreprise si sa rentabilité économique est supérieure au coût moyen pondéré du
capital (Ri - Ci>0)7. La démarche de ce chapitre s‘inscrit dans cette logique.
II. Présentation du modèle EVA
Nous allons d’abord nous attarder sur les auteurs du modèle avant sa présentation proprement
dite.
2.1. Le cabinet Stern-Stewart : le maître ou l’apôtre du modèle EVA?
La méthode EVA a été introduite dans la dynamique financière moderne par le cabinet de
conseil New-yorkais stern-stewart des auteurs américains Stern et Stewart. Ce cabinet définit
l’EVA comme la différence entre le revenu net d’impôts tiré de l’exploitation et la rémunération
des capitaux investis au coût moyen pondéré du capital. Si l’on s’en tient à la définition
proposée par Alfred Marshall en 1890, à savoir que : « le résultat résiduel est le bénéfice
disponible pour les actionnaires après déduction de la rémunération du capital employé »
(Lacroix et Stefano Zambo (2002), p65), on serait logiquement tenté de dire que le modèle EVA
médiatisé par le cabinet stern-stewart, est une traduction algébrique de la pensée de
l’économiste Alfred Marshall. En d’autres termes, si le modèle lui-même date du 20ème siècle, la
pensée sous-jacente remonte au 19ème siècle. Certes J. M. Stern et G. B. Stewart ont eu le mérite
7 La valeur créée par l’entreprise ne devrait pas faire l’objet d’une polémique en ce qui concerne sa destination. Définie comme le
différentiel entre la rentabilité et le coût des investissements, les bénéficiaires de la valeur devraient clairement être identifiés. Cette
identification est donnée par le solde comptable ayant permis de calculer la rentabilité. Si cette dernière est la rentabilité des capitaux
propres calculée après déduction de l’impôt sur les sociétés, il est évident que le supplément de valeur créé soit attribué de droit aux
seuls actionnaires. Nous savons par ailleurs que la valeur ajoutée est le solde comptable le plus indicatif de la richesse créée par
l’entreprise et destinée à rémunérer tous les facteurs de production. Cependant, chaque facteur ne peut y émarger qu’en fonction de ses
efforts et des sacrifices consentis à sa création Ainsi, si la rentabilité est donnée par le rapport (valeur ajoutée)/(capitaux investis), il est
également trivial que le supplément de valeur créée soit réparti entre plusieurs partenaires en fonction des sacrifices consentis.
54
Année académique 2024_2025
de trouver le beau mot « EVA », de médiatiser et de défendre le modèle. Mais, ils doivent
reconnaître que la belle formule du modèle EVA est à inscrire à l’actif de l’économiste Alfred
Marshall. Le travail de l’apôtre n’étant pas moins indispensable que celui du maître.
Le modèle EVA nécessite certes, pour chaque entreprise, des ajustements autonomes des
comptes (Israel Shaked, Allen Michel et Pierre Leroy, 1998); mais, il reste un outil dynamique
de mesure de la valeur. Il s’inspire du principe de base de la finance d’entreprise. La valeur
créée est ainsi interprétée comme le supplément de rentabilité apporté par les seuls créanciers
résiduels exclusifs.
2.2. Présentation du modèle
Pour une période de temps t, la valeur ajoutée économique est donnée par le modèle suivant :
(EVAt =(Rt − Kt)Ct ) 8.
Ce modèle est fondé sur l’hypothèse classique des modèles d’analyse financière (MEDAF, VAN,
etc.) à savoir que tous les pourvoyeurs de facteurs de production à l’exception des actionnaires
sont rémunérés à leur coût d’opportunité (Kt). Ce coût est le prix du facteur supposé déterminé
sur un marché de concurrence pure.
La difficulté principale de mise en œuvre du modèle réside dans la détermination du résultat
opérationnel. Ainsi, trois approches de l’EVA ont été proposées :
➢ La première par comparaison de la rentabilité des capitaux investis et le coût
moyen pondéré du capital
EVA = (résultat courant avant impôt – coût moyen pondéré du capital)*capitaux
investis
➢ La deuxième par différence entre le résultat opérationnel après impôt et avant
frais financier et la rentabilité des capitaux investis
EVAt = NOPATt – CMPC* capitaux investis t-1 NOPAT : Net Operating After Taxes
➢ La troisième, par équivalence de la marge brute d’auto financement (MBA)
EVAt = MBAt + CFt – (1+ CMPC)*CIt-1
• Pour obtenir une évaluation la plus précise possible de la VAE il faudra procéder à des
retraitements comptables sur le résultat opérationnel, mais aussi sur les capitaux
investis. Les principaux postes visés sont : les dépenses de recherche et de
développement ; les provisions pour risques et charges ; les contrats de crédit- bail
assimilables à des contrats de location ; les gains ou pertes en provenance des sociétés
8 EVAt = Valeur Ajoutée Economique de la période t, Rt = la rentabilité économique des capitaux investis en t, Kt = le coût moyen
pondéré du capital en t, Ct = le montant des capitaux investis en t.
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mises en équivalence ; les intérêts minoritaires ; les écarts d’acquisition et les impôts
différés.
• Le calcul de l’EVA conduit à trois résultats possibles :
➢ Lorsque EVA=0, l’entreprise ne détruit, ni ne créée de la valeur : la rentabilité
opérationnelle est tout juste égale à la rentabilité des capitaux investis.
➢ Lorsque EVA<0, l’entreprise détruit de la valeur au détriment des choix
stratégiques ou opérationnels plus rémunérateur.
➢ Lorsque EVA>0, la rentabilité de l’exploitation excède le coût des fonds mis à sa
disposition : l’entreprise créé de la valeur pour.
L’EVA n’est pas tributaire de la structure de financement. Elle mesure la richesse créée pour un
franc d’investissement et peu servir de critère de comparaison inter entreprise ou intra
secteur, ceci indépendamment de la taille des entités concernées (taux de l’EVA). Elle est loin
de l’approche comptable de la valeur ou des hypothèses simplistes de Modigliani et Miller de la
valeur créée à partir de « l’effet de levier ».
Malgré les critiques formulées à l’encontre de ce modèle, Il faut lui reconnaître le mérite d’être
fondamentalement démarqué des modèles comptables très contestables de mesure de la
création de valeur. De nouveaux modèles se sont érigés et d’autres s’érigerons encore pour
palier aux insuffisances des modèles existants.
III. le modèle CVA : Cash Value Added (Trésorerie à Valeur Ajoutée)
La gestion de la valeur est devenue un axe privilégié de la conduite des entreprises et tend à
s’imposer à la fois comme un indicateur standard de performance et une mesure universelle
(ou contingente) de la pertinence des décisions stratégiques. Dans ce contexte, la notion de
création de valeur est devenue en quelque année un élément essentiel de la culture
managériale. Le CVA est parmi les modèles actuel, l’un des plus pertinent.
Définition du modèle CVA
CVA, encore appelé modèle de trésorerie à valeur ajoutée inclut seulement des articles de
caisse c’est –à- dire l’excédent brut d’exploitation (EBE) ajustée des charges non monétaire, les
mouvements de fonds de roulement d’exploitation et des investissements de maintien. Le
montant de ces trois variables est le flux de trésorerie d’opération (FTO). Le FTO est comparée
à une exigence de flux de trésorerie « la demande de flux de trésorerie d’opération » (DFTO).
Cette DFTO représente le flux requis pour répondre aux exigences financières de l’investisseur
sur les investissements stratégiques de l’entreprise c’est-à-dire le coût du capital.
En d’autre terme, le CVA est l’excédent de trésorerie dégagé par l’exploitation corrigé du coût
de financement et des capitaux engagés.
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CFROI a été développé à l’origine par le cabinet Holt Value Associates, qui appartient désormais au crédit Suisse-First
Boston (CSFB). Les travaux sur ce taux ont été poursuivis par Copelland, Koller et Murin en 1990 pour le compte du cabinet
Mckinsey. Il est utilisé aussi bien par les gestionnaires de portefeuille que par les dirigeants.
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actuelle des flux de trésorerie d’exploitation secrété par l’investissement et le montant initial
de ce dernier soit égale à zéro.
La méthode du CFROI considère l’entreprise comme si elle constituait un seul et même grand
investissement.
CFROI = FT opérationnel (OCF) ÷ Actifs économiques bruts.
OCF = résultats d’exploitation après impôt + Amortissements + Provisions – besoin
en fonds de roulement d’exploitation.
De cette formule, on constate bien que, le CFROI prend en compte le flux de trésorerie
d’exploitation et l’actif économique comme le CVA. La comparaison CFROI avec le CMPC qui est
un élément très déterminant dans la détermination de la CVA permet d’apprécier la création
ou la destruction de la valeur. Par ailleurs le flux de trésorerie opérationnel exigé inclut le
CFROI. Si CFROI = OCF / actifs économiques bruts, alors Actif économique = OCF/CFROI. De ce
fait on peut dire que le CVA ne prend pas en compte le CFROI.
Comparaison CVA et EVA
L’EVA est la valeur ajoutée économique. C’est une méthode de calcul de la performance
financière interne. Tandis que le CVA correspond à la trésorerie générer au cours de l’exercice
au delà de ce que l’on serait en droit d’attendre de la société. Il s’agit d’une traduction de l’EVA
en terme de trésorerie. Dans une certaines mesures, l’EVA permet de matérialiser l’exigeante
d’un taux de rentabilité pour l’actionnaire. L’EVA constitue un outil de gestion financière
décentralisé car elle permet à tous les niveaux de l’entreprise de mesurer les performances
d’une unité en lui appliquant un taux de rentabilité exigé individuel.
Comparaison CVA et MVA
A la différence des mesures basées sur le marché telle que la MVA, la Trésorerie de la Valeur
Ajoutée peut être calculé au niveau de la division pour une entreprise. La MVA est la somme de
la capitalisation boursière et de la valeur de l’endettement net diminué du montant comptable
de l’actif économique. En bref, c’est la différence entre la capitalisation boursière et la valeur
comptable des capitaux propres. Elle mesure ainsi la valeur crée par l’entreprise pour ses
actionnaires sans prise en compte de la date de la création de l’entreprise et des dividendes
distribués.
A la différence des mesures de valeur, le CVA est un écoulement et peut être utilisé pour
l’évaluation des performances au cours du temps.
En somme, il était question pour nous de présenter le modèle CVA qui est une méthode
d’évaluation de l’entreprise. Pour se faire, il était judicieux de définir ce concept de CVA,
donner ses avantages et limites tout en le comparant aux autres modèles d’évaluation
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notamment le CFROI, l’EVA et MVA. Cependant, c’est ainsi que nous nous posons la question de
savoir si le modèle CVA est une approche réaliste de mesure de la performance réelle de la
firme (cette mesure répond t-elle aux attentes des actionnaires?).
IV. Le Total Shareholder Return (TSR)
TSR = Ct − Ct −1 + D
TSR =
(Ct − Ct −1 + D) (C + D ) − 1
= t
Ct −1 Ct −1
C = cours de l’action au début et à la fin de l’année,
D = dividende distribué (somme de tous les versement à destination des actionnaires
(dividendes, superdividende, rachat d’actions, etc.)).
TSR peut ainsi calculé ex-post à partir des données historiques, ou ex-anté, à partir des
données prévisionnelles ou anticipées. Ex-post, le TSR meure la rentabilité des
investissements ; ex-anté, il mesure la rentabilité attendue ou exigée par les actionnaires.
Il est donc préférable de l’estimer sur la base de la capitalisation plutôt que du cours boursier.
Il est important de préciser si le TSR utilisé est calculé en brut ou en net de l’imposition des
plus-values et des dividendes, avec ou sans prises en compte de l’avoir fiscal. Si le rapport est
supérieur à l’unité, les anticipations des actionnaires quant à l’aptitude de la firme à créer de la
valeur sont optimistes. A l’inverse, lorsque la valeur patrimoniale est supérieure à la valeur de
marché, il y a anticipation de destruction de valeur et le market book ratio (Market value/Book
value) et inférieur à l’unité.
Le TSR facilite les comparaisons inter-entreprises ou peut être comparé au rendement du
marché, sans inquiétudes d’une polarisation concernant la taille. Puisque le rendement total
d’actionnaire est un pourcentage. Le TSR peut se calculer à partir du cours, comme si
investisseur achetait le titre en début d’année, le revendait en fin d’année et percevait entre
temps un dividende.
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Comme tout autre indicateur de valeur, le TSR en raison sa nature, ne peut pas être calculé au
niveau d’une division.
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Conclusion générale
La question de la détermination de la valeur de l’entreprise reste au centre des débats en
finance. La question du profil de l’expert évaluateur reste également suspendue dans les
médias et dans la littérature. Comme le souligne J. Caby et G. Hirigoyen (2005, p.2) 10,
« s’interroger sur la valeur d’une entreprise conduit à une réponse écartelée voire paradoxale
dans la mesure où quatre concepts antinomiques deux à deux, s’opposent tant dans la
littérature théorique que pratique. D’un côté, la valeur calculée et la valeur stratégique ; et de
l’autre côté, la valeur actionnariale et la valeur partenariale ». Si le second couple concerne le
choix du mode de gouvernance et nous intéresse moins dans ce cours, le premier fait référence
à la détermination du prix de la transaction (cession, fusion, prise de participation, etc.).
La complexité de la démarche et la diversité des méthodes d’évaluation rendent la
détermination de la valeur de l’entreprise plus complexe et dépendante, à la fois, de la valeur
des actifs physiques dont dispose l’entreprise, des actifs non physique, de la rentabilité future
espérée de ces différents actifs et des synergies potentielles. Il ne suffit donc pas de maîtriser
une technique pour être en mesure de déterminer la valeur d’une entreprise, mais, d’engranger
des connaissances diverses et transversales dans le domaine de l’économie, de la gestion du
droit et même de la sociologie pour être en mesure de déterminer une fourchette de la valeur
de l’entreprise. La détermination de la valeur de l’entreprise ne se limite donc pas à sa situation
patrimoniale à une date donnée et ne s’aurait être le terrain privilégié des seuls professionnels
de la comptabilité. La prise en compte du potentiel de rendement futur et des positions
privilégiées qu’occupe l’entreprise sur le marché sont des démarches qui améliorent et
corrigent la valeur fondée sur les méthodes patrimoniales. La prise en compte de la valeur
marchande des différents actifs dont dispose l’entreprise, d’un taux d’actualisation ou la
rentabilité des actifs de même risque sont autant de facteurs qui font varier le cours de l’action
et dont la valeur globale de la firme.
L’évaluation de l’immatériel et de la rentabilité future de l’ensemble des actifs relève beaucoup
plus de l’art que de la science. La détermination de la valeur ou d’une fourchette de valeur
d’une entreprise relève donc d’une alchimie entre science et art.
NB : Les statistiques européennes montrent que l’immatériel représente environs 60% de la valeur
boursière des entreprises cotées. Paradoxalement, 36% seulement de ces actifs intangibles sont
inscrit dans les comptes. Par ailleurs, il existe aujourd’hui, très peu d’outil de mesure de ce capital,
et encore moins de méthodes d’évaluation consensuelles (source : Jérôme Menesguen, option
finance P11).
10
J. Caby et G. Hirigoyen, “La valeur partenariale: un outil de gouvernance”, revue du financier, n° 155, p27-41
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11
Jean-Guy Degos (2005), « Evaluer l’information comptable pour anticiper la valeur financière des actions », La revue
du financier, n° 155.
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La valorisation des entreprises constitue un point fondamental auquel tout financier doit répondre,
c’est une opération complexe en raison de la pluralité des techniques de valorisations dans la
mesure ou 2 sociétés ayant un profil très proche ne bénéficieront jamais de la même évaluation.
Ainsi les difficultés dans la problématique de valorisation résident moins dans l’application de la
méthode mais dans le choix de celle-ci dans la mesure ou chaque méthode est adapté à certains
profils d’entreprises et néanmoins se heurtent à certaines limites. Il sera donc question ici des
présenter les limites relatives aux différentes méthodes de valorisation.
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identiques en termes d’activités et de chiffre d’affaire sont censées avoir la même valorisation. Or ce
constat est absurde car la rentabilité des deux entités est sûrement différente et donc la valorisation
doit l’être aussi
▬ Le PER (Price Earning Ratio) si sa simplicité d’élaboration favorise sa fréquence
d’utilisation, cet indice ne peut prétendre à lui seul fournir une juste valorisation de l’entreprise, il tient
compte du bénéfice alors qu'en réalité ce dernier n'est jamais intégralement versé aux actionnaires.
Une utilisation exhaustive du PER comme critère d’investissement reviendrait à considérer que le
bénéfice reste constant dans le temps ce qui est une absurdité dans un environnement économique en
perpétuel évolution. Pour évaluer les entreprises non cotées, son utilisation pose le problème de la
croissance spécifique de l’entreprise cible qui sert de comparaison et peut conduire à une
surestimation ou à une sous estimation de la société évaluée.
▬ Le DR (Délai de Récupération) qui indique le nombre d’année de bénéfice qui permettront
de récupérer l’investissement initial. Sa détermination subjective et la prise en compte d’un taux de
rendement des obligations à terme constituent ses principales limites.
▬ Le CCF (cœfficient de Capitalisation des Cash Flow) comme celui du PER, ce modèle est
entaché d’énormes limites, outre celles mises en relief dans la critique du PER, le CCF n’a aucun
fondement légitime.
En définitive la valorisation d’une société est une délicate alchimie, la difficulté de ces opérations
réside donc moins dans l’application d’une méthode que dans la choix des hypothèses et dans le choix
de la méthode elle-même. C’est pourquoi la valorisation finale reflète systématiquement la réalité
économique et non la valeur économique de l’entreprise. La valorisation d’une société prend en
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compte une pluralité de critères qui vont influencer plus ou moins sensiblement la valorisation finale,
mais qui ne reflèteront jamais la valeur comptable de la société.
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