Cycles réels
I. Modèle de l’oscillateur
II. Modèle Real Business Cycles (RBC)
I. L’oscillateur : un modèle IS/LM cyclique
I. Présentation du modèle
Dans la lignée du modèle IS/LM: l’oscillateur de Samuelson
(1954)
Forme réduite sans fondements microéconomiques, ie.
Sans comportements optimisateurs explicites.
Le modèle est dynamique en raison d’un comportement
d’investissement de type accélérateur
I. Résolution du modèle
I. Stabilité et évolution
I. Dynamique monotone et stable
Yt
t
I. Dynamique stable et cyclique
Yt
t
I. Dynamique instable et cyclique
Yt
t
I. Condition sur le fil du rasoir
Les cycles perdurent uniquement si la dynamique est
oscillatoire et possède une racine unitaire (cycles auto-
entretenus): cela correspond à des valeurs très
particulières pour c et v. Aucune raison d’être vérifiée.
I. Cycles déterministes : Trop parfaits pour être réaliste
En outre, les cycles observés ne présentent pas la régularité des cycles
déterministes auto-entretenus: pas de périodicité et d’amplitude
constantes
En définitive, le cadre déteministe ne permet pas de reproduire les
fluctuations observées, en dépit de leur profonde cohérence interne. Ce
constat peut être élargi à des prolongements plus récents de l’approche
des cycles endogènes (J.M. Grandmont (1985), Econometrica)
I. Approche impulsion-propagation
C’est pourquoi les macroéconomistes introduisent des
évènement aléatoires dans leur théorie (impulsion-
propagation). Dans les années 30, déjà, Slutsky et Frisch
montraient l’intérêt de considérer des équations
stochastiques du type:
Le membre de droite=l’impulsion ou le choc; le membre de
gauche: propagation dans le temps du choc. Les chocs sont
supposés suivre une distribution normale de moyenne 0
sans persistance
I. Effet Slutsky
A chaque période, il y a une réalisation du choc
d’investissement. La dynamique de la production est alors
une combinaison du choc et de sa propagation dans le
temps et dans l’espace du système économique. C’est
pourquoi la dynamique des variables endogènes (lisse) n’a
aucune raison d’être identique à celle du choc (erratique)
La dynamique engendré « ressemble » aux cycles observés.
II. La théorie des cycles réels
(Real Business Cycles RBC)
II. Présentation générale
F. Kydland and E. Prescott, 1982, Econometrica, prix Nobel
en 2005.
Dans la lignée de Lucas et de sa critique au Keynésianisme:
construire un modèle avec des fondements micro basés sur
des comportements rationnels, y compris les anticipations
Apport spécifique: partir des choix intertemporels dans un
cadre stochastique (impulsion-propagation)
Cette approche met fin à la schizophrénie du
macroéconomiste de la synthèse néoclassique qui
construisait des modèles d’optimisation pour la croissance
et utilisait des formes réduites pour l’étude du cycle
II. Présentation générale
Prendre le contre-pied total de la macro traditionnelle:
considérer le modèle walrasien jusqu’alors référence
théorique qui ne donne aucun rôle à la politique
macroéconomique
Les fluctuations dérivent de la réponse optimale des agents
à des chocs réels, typiquement des chocs de productivité:
modèle de croissance stochastique dans la lignée de Solow
(1956), Cass (1965) et Brock-Mirman (1972)).
Il s’agit d’un projet appliqué, au sens où l’objectif est de
proposer une explication satisfaisante des cycles observés,
et pas simplement une explication théorique « élégante ».
Au regard de cet objectif, l’approche RBC s’appuie sur une
quantification empirique de ces propositions.
II. Présentation générale
Il est important de distinguer la méthode (choix
intertemporels) du message (fluctuations optimales): la
première est devenue dominante en macroéconomie, le
second a été remise en cause (d’une certaine façon la
méthode « scientifique » basée sur la quantification
permettait la réfutation de la théorie originelle)
Chocs monétaires, de demande plus généralement, ont été
mis en avant depuis plus de 15 ans dans l’explication du
cycle, souvent dans des modèles d’équilibre général
stochastique (on est passé des RBC aux DSGE…) avec de la
« sous-optimalité», et donc potentiellement un rôle pour la
politique de stabilisation macro
II. Présentation générale
Etudier le modèle RBC canonique : King, Plosser et Rebelo
(1988), Journal of Monetary Economics, King et Rebelo
(1999), Handbook of macroeconomics.
Intérêt: le plus simple à présenter, permet de comprendre
la démarche, constitue le cœur des modèles plus complexes
Inconvénient : message simpliste, dépassé depuis
II. Les faits stylisés
Quels sont les faits à expliquer? Faits stylisés que tout
modèle se doit de reproduire
Explication d’un cycle-type (on ne cherche pas à confronter
le modèle à un épisode historique particulier) caractérisé
par une volatilité différente des séries macro (écarts-type
relatifs), une certaine co-variation de ces séries
(corrélation), ainsi qu’une certaine persistance (auto-
corrélation)
II. Les faits stylisés
II. Le modèle-Les ménages
L’économie est peuplée d’individus qui maximise leur espérance
d’utilité sur un horizon de vie infini
Eo: l’espérance mathématique conditionnelle à
l’information disponible en t=0; C: consommation; L:
loisir; fonction u: croissante, concave (préférence pour les
mélanges intertemporelles donc pour lisser C et L dans le
temps; b: facteur d’escompte
Chaque individu dispose d’une dotation en temps normalisée à
1 qu’il va répartir entre temps de travail et temps de loisir
II. Le modèle-La Technologie
Le bien (unique) est produit en combinant du travail N et du
capital K à partir d’un technologie F à rendements constants
qui bénéficie d’un progrès technique augmentant l’efficacité du
travail (cf. Solow) à un taux constant. F est croissante, concave
dans ces 2 arguments
A est aléatoire (seule source de choc dans le modèle): choc qui
modifie la productivité globale des facteurs
II. Le modèle-Equilibre et équation d’accumulation
La production se répartit entre consommation et investissement:
economie fermée sans dépenses publiques
L’investissement augmente le stock de capital qui se déprécie à un
taux constant
L’économie est caractérisée par des conditions initiales :
Ainsi qu’une condition terminale:
II. Le modèle-Stationnarisation
L’économie admet un régime de croissance stationnaire et
équilibrée si le taux marginal de substitution entre les
consommations à 2 périodes successives est constant et si les
heures travaillées ne sont pas affectés par une variation
permanente de la productivité. Cela implique une fonction
d’utilité de la forme:
On peut alors rendre stationnaire toutes les grandeurs macro en les
divisant par le facteur de croissance X. L’economie devient alors:
avec On peut obtenir les règles de
consommation et
et d’investissement d’un
planificateur: Max U sous
les contraintes
II. Le modèle-Un équilibre concurrentiel à
anticipations rationnelles
Les ménages possèdent les entreprises et accumulent le
capital (comme s’ils épargnaient sous forme d’actifs
financiers: la « Finance » ne compte pas cf théorème
Modigliani-Miller)
Les ménages décident de leur offre de travail, de leur
consommation et du capital accumulé. Ils prennent le salaire w et
le taux de location du capital R comme donnés. Ces « prix » sont
fonction à chaque période de l’état de l’économie résumée par la
productivité A et le stock de capital aggrégé
Pour anticiper rationnellement les prix, les
agent doivent calculer les fonctions w(.) et
R(.) : cf. anticipations rationnelles
A est supposé suivre un processus markovien
et le capital agrégé la loi d’évolution suivante:
II. Le modèle-choix des ménages
Les choix du ménage représentatif sont alors solution de :
Avec v la fonction valeur. On peut définir le taux d’intérêt réel
comme le taux de location net de la dépréciation
II. Le Modèle-Conditions du premier ordre
Sur le sentier de croissance optimal on a la condition
suivante:
On en déduit les conditions suivantes:
II. Le Modèle-Règles de décision
Le taux marginal de substitution entre la consommation et le
loisir est égal au salaire (réel).
Condition de Keynes-Ramsey: arbitrage entre c et c’; une
unité de bien investie plutôt que consommée rapporte le
membre de gauche et coûte le membre de droite; un taux
d’intérêt élevé pousse à investir.
Ces conditions définissent un ensemble de règles
contingentes à A et
II. Le Modèle-Choix des entreprises
Les firmes résolvent un programme statique puisqu’elles
louent les services du travail et du capital:
Les conditions du premier ordre consistent à égaliser les
productivités marginales aux prix:
II. Le Modèle-L’équilibre concurrentiel
Le modèle comporte 3 marchés, bien, marchés des services
(de location) du capital et du travail
Par la loi de Walras, si 2 marchés sont à l’équilibre alors le
3ème l’est nécessairement
La cohérence d’un équilibre à anticipations rationnelles
impliquent que la loi d’évolution du capital anticipée par les
agents coïncide avec la loi d’évolution effective (cela
n’implique pas que le capital anticipée corresponde avec la
valeur réalisée en tout point)
II. Le Modèle-Equilibre et optimum
On peut éliminer les prix pour obtenir les conditions ne faisant
intervenir que les agrégats macroéconomiques
On retrouve exactement les conditions du programme
du planificateur: les fluctuations sont optimales!
Les variations de la productivité A modifie les choix des agents:
un choc de productivité modifie les comportements de demande
de facteurs qui se répercutent dans les prix qui en retour affectent
les choix intertemporels des ménages.
II. Le modèle-effet Lucas-Rapping
Le coût d’opportunité du loisir augmente, les heures
travaillées augmentent; en plus, comme le salaire est plus
élevé aujourd’hui qu’il ne sera dans le futur, substitution
interterporelle (effet Lucas-Rapping); cette augmentation
des salaires crée un effet richesse positif qui tend à
diminuer la hausse des heures travaillées. Plus le choc est
transitoire, plus les heures travaillées augmentent.
Effet Lucas-Rapping
Face à une augmentation transitoire des revenus salariaux et
du capital, le ménage lisse intertemporellement, ie investit
une partie de cette manne pour en profiter également dans le
futur.
II. Le Modèle-Etat stationnaire
La condition de Keynes-Ramsey s’écrit à l’état stationnaire
de la façon suivante:
Etant donné l’hypothèse de rendements constants, la
productivité marginale du capital dépend du ratio capital-
travail:
II. Le Modèle-Etat Stationnaire
II. Résolution dynamique-Linéarisation
Système d’équations non linéaires stochastiques sous
anticipations rationelles
Pas de solutions analytiques d’où méthodes
d’approximation sont utilisées
II. Résolution dynamique-Spécification du modèle
II. Résolution dynamique-Système linéaire
II. Résolution dynamique-Forme matricielle
II. Résolution dynamique-Valeurs propres et stabilité
II. Résolution dynamique-Stabilité du modèle
II. Résolution dynamique-Forme réduite
II. Résolution dynamique-Trajectoire selle
Diagramme des phases du modèle de croissance optimale
II. Calibration-Principes
Fixer des valeurs aux paramètres pour résoudre
numériquement et dériver les implications empiriques du
modèle
Le propre de la calibration est d’utiliser les restrictions du
modèle théorique et des faits liés à des phénomènes autres
que le cycle, typiquement la croissance
Cette démarche impose une certaine discipline au sens où
le modèle ne peut être candidat à l’explication du cycle
sans être calé sur les faits stylisés de la croissance
II. Calibration-Principes
Les paramètres à calibrer:
Les faits liés à la croissance sont la constance des ratios
k/y, c/y, i/y, wN/y et des niveaux N et r
On utilise alors les expressions liant ces ratios aux
paramètres pour fixer des valeurs à ces derniers
permettant de reproduire les premiers.
II. Calibration-Les ratios de long terme
II. Calibration-Les conditions d’équilibre
II. Calibration-Informations extérieures
II. Calibration-Offre de travail
Dans le modèle RBC canonique: une fonction logarithmique
( = 1) et N=20% impliquent une élasticité égale à 4: une
variation à un trimestre de 1% du salaire implique une variation
de 4% des heures travaillées.
Dans les estimations microéconométriques dont celle de
référence de Pencavel (1986), on obtient des élasticités
beaucoup plus faibles, inférieures à l’unité.
II. Calibration-Offre de travail
Élasticité faible
w
forte
Ns
Nd
Nd, Ns
Offre de travail répond plus fortement en quantité quand
l’élasticité est forte
II. Calibration-Choc de productivité
II. Les résultats-La dynamique transitionnelle
: sans offre de travail; :: : avec offre de travail endogène
II. Les résultats-La dynamique transitionnelle
Raisonnons d’abord sans offre de travail
Le capital est plus faible qu’à l état stationnaire ce qui diminue
la production. Comme la productivité marginale du capital est
relativement élevée,
la consommation est en partie reportée dans le futur au profit de
l’investissement. :
Prenons en compte l’offre de travail
Comme pour la consommation, il y a report du loisir dans le
futur, plus de travail aujourd’hui. Ces heures travaillées permet
d’investir plus tout en diminuant moins sa consommation.
Comme l’investissement augmente plus, l’économie se
rapproche plus rapidement de l’équilibre stationnaire
II. Les résultats-La fonction de réponse à un choc de
productivité
II. Les résultats-La fonction de réponse à un choc de
productivité
II. Les résultats-La fonction de réponse à un choc
de productivité
Suite à une augmentation de la productivité, la demande de
travail augmente ce qui élève le niveau du salaire réel: l’offre
de travail augmente d’autant plus que l’élasticité de
substitution intertemporelle est forte car l’effet richesse joue
dans le sens opposé. La consommation augmente par effet-
richesse mais une partie est lissée dans le temps par un
investissement plus élevé. A partir d’un certaine période
(20eme), le taux d’intérêt devient inférieur à son état
stationnaire (capital élevé), ce qui provoque un profil en cloche
de la consommation. Après un certain temps la dynamique du
capital conduit la dynamique macro
Les variables macro sont pro-cycliques suite à un choc de
productivité
II. Les résultats-Les simulations stochastiques
II. Résultats-Effet Slutsky-Frisch
II. Les résultats-Les simulations stochastiques
On procède à n simulations stochastiques du type de celle
présenté dans les graphiques précédents. On calcule alors la
moyenne des moments d’ordre 2 obtenus pour chaque
simulation. Ces moments théoriques sont alors comparés
aux moments empiriques.
II. Les résultats-Les moments du cycle
II. Les résultats-Evaluation générale
II. Les résultats-Le débat
II. Les résultats-Variabilité
Le modèle produit des variabilités relatives assez proches de la
réalité, même si la consommation est trop lisse dans le modèle.
77% de la variance de la production est reproduite (1.39/1.81).
Cependant, ce résultat est obtenue avec une fonction
logarithmique sur le loisir ce qui sur-estime la valeur estimée
de l’élasticité de substitution intertemporelle. Pour la valeur
de référence de Pencavel (1986), on obtient une volatilité
beaucoup plus faible.
II. Les résultats-Le rôle de l’offre de travail
II. Les résultats-Corrélation
Le modèle réussit à générer les corrélations positives
observées. Elles sont même trop élevées par rapport à la
réalité.
Il apparaît également performant pour répliquer la
persistance des séries macro (auto-corrélations)
II. Les résultats-Les simulations historiques
Si on simule le modèle avec les innovations historiques du
résidu Solow, on obtient par le modèle une composante
cyclique de la production étonnamment proche de la série
observée.
II. Les résultats-Le problème de la persistance
II. Les résultats-Le problème de la persistance
Réponse en cloche de la production
après un choc transitoire