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Le temps

Date de création @16 octobre 2024 10:18

Type Cour

Relue ?

Le temps d'un point de vue scientifique


Qu'est-ce qui nous prouve que le temps existe bel et bien ? Il suffit d'observer
le monde : les fleurs se fanent, la Lune tourne autour de la Terre, la voiture
accélère, les aiguilles de la montre avancent. Mais ce que nous observons,
c'est seulement le mouvement !
Le temps en lui-même existe-t-il indépendamment de tout mouvement ? En
d'autres termes, si tout était figé pendant un instant, le temps s'arrêterait-il ou
continuerait-il de s'écouler ? Cette question est assez vertigineuse car,
d'ordinaire, si ma montre s'arrête, je sais bien que le temps ne s'est pas
interrompu pour autant puisque tous les autres mouvements continuent. Mais
imaginez un instant que plus aucun atome de l'univers ne soit en mouvement,
que deviendrait le temps ?
Aristote pense que le temps n'est que "la mesure du changement". Combien de
fois le jour a-t-il succédé à la nuit ? C'est ainsi que dans l'Antiquité l'unité de
mesure du temps est devenue le jour. Par la suite, des outils technologiques ont
permis une mesure plus précise. Selon Aristote, sans changement, le temps
n'existe pas. En d'autres termes, le temps en tant que tel n'existe pas de
manière absolue, mais il est toujours relatif à un mouvement : celui des aiguilles
de ma montre, de la course de la Lune, etc.
Deux mille ans plus tard, le scientifique Isaac Newton affirmera exactement le
contraire : le temps existe de manière absolue, et même si aucun mouvement
ne se produisait dans l'univers, il continuerait de s'écouler ! Autrement dit, ce
n'est pas parce que je ne peux pas observer les effets du temps que celui-ci a
disparu. Prenons une image : ce n'est pas parce que je ne peux pas observer
les effets d'une vie extraterrestre que celle-ci n'existe pas ! Donc, selon
Newton, le temps existe indépendamment des observations que je peux en
faire ; il n'est pas juste la mesure du changement, il existe bel et bien et de

Le temps 1
manière complètement indépendante des mouvements qui se produisent.
Alors, qui de Newton ou d'Aristote a raison ? Aucun des deux ! Mais chacun a
permis de faire progresser notre conception du temps.
Celui qui va nous permettre de mieux comprendre la nature du temps, c'est
Albert Einstein, près de deux siècles après la mort de Newton. Selon le
physicien, le temps a une existence à part entière, il n'est pas une simple
mesure. Einstein donne raison sur ce point à Newton. Mais là où Newton se
trompait, c'est qu'il imaginait le temps absolu comme quelque chose qui
s'écoule toujours à la même vitesse. Or, Einstein a démontré que le temps
passe différemment selon l'endroit où on se trouve, qu'il dépend des forces
gravitationnelles.

La force gravitationnelle, c'est ce qui fait que la Lune tourne autour de la Terre
ou que, si l'idée vous vient de sauter du 18e étage, vous allez vous écraser au
sol. Plus un corps est massif, plus il attire à lui les autres corps, et comme la
Terre est plus massive que votre corps, vous allez être attiré vers elle et tomber
en chute libre.
Einstein découvre ainsi que le temps ne s'écoule pas à la même vitesse selon la
force gravitationnelle qui s'exerce à tel ou tel endroit.

Le scientifique Carlo Rovelli a imaginé le scénario suivant : deux amis se


séparent, l'un habite en haut de la montagne et l'autre, en bas. Lorsqu'ils se
retrouveront, celui qui aura vécu dans la plaine aura moins vieilli. La différence
sera extrêmement faible, mais elle est aujourd'hui mesurable grâce à des
horloges de très haute précision.
Si le temps ne s'écoule pas de la même manière partout dans l'univers, alors
c'est l'idée même de temps absolu qui s'écroule. Einstein nous invite ainsi à
abandonner nos intuitions premières pour regarder le temps de façon objective.
Comment ressentons-nous le temps au plus profond de nous-mêmes ?

Le temps 2
📏 Repère : Absolu/Relatif
Ce qui est absolu, c'est ce qui ne dépend de rien. Ce sera toujours
vrai quel que soit le contexte. Au contraire, ce qui est relatif dépend
de quelque chose. Si je dis par exemple que Jean-Claude Van
Damme est très fort c'est relatif, car tout dépend de la personne avec
laquelle on le compare. Comparé à un gorille de 250 kg, il est très
faible. Donc la force de Jean-Claude Van Damme n'est pas absolue :
elle est relative à un contexte, à un élément extérieur.

Vivre l'instant présent


Si le passé n'existe plus et que le futur n'existe pas encore, qu'est-ce qui existe
vraiment pour nous en tant qu'êtres humains ? Le présent ? Peut-être faudrait-il
alors vivre au présent sans se soucier du passé ni du futur, car celui qui reste
prisonnier du passé ne peut pas être heureux, il est rongé par les remords ou
par la nostalgie. Et celui qui est angoissé par l'avenir ne parvient jamais à
prendre du plaisir dans ce qu'il fait.
Un des plus grands empereurs romains, Marc Aurèle, qui était aussi un très
grand philosophe, propose une solution : vivre l'instant présent sans jamais se
laisser déborder par le passé et le futur. "Le présent est en effet la seule chose
dont on puisse être privé, puisque c'est la seule que l'on possède, et que l'on
ne perd pas ce que l'on n'a pas", écrit-il dans Pensées pour moi-même.
La seule chose que vous possédez, c'est l'instant présent. C'est la raison pour
laquelle vous ne devez pas craindre la mort puisque le futur ne peut pas vous
atteindre, il n'existe tout simplement pas. La crainte de perdre votre passé est
tout aussi vide de sens puisque vous ne le possédez pas, il a déjà disparu à
jamais. La seule chose que vous possédez, c'est cet instant où vous êtes en
train de lire ce livre de philosophie. Quand vous êtes angoissé ou plein de
regrets, pensez à cette idée, c'est un remède génial !

Mais n'est-ce pas renoncer à notre humanité ? Le propre de l'homme n'est-il


pas justement de se laisser déborder par le passé et le futur ? Ne faut-il pas
être un animal pour vivre seulement l'instant présent ? En effet, les animaux ne
transmettent pas leur histoire passée comme nous le faisons dans des livres et

Le temps 3
ils n'ont pas de projet à très long terme. Les animaux se contentent de
satisfaire leurs besoins présents et cela leur évite certainement l'angoisse de la
mort. Mais l'homme n'est pas un animal comme les autres, et c'est aussi ce qui
fait sa force et son intelligence, il est capable non seulement de se remémorer
son passé lointain, mais également d'anticiper le futur.

L'existence humaine est tournée vers le


futur
Pour le philosophe Heidegger, il ne faut pas fuir la conscience de la mort. Au
contraire, c'est l'anticipation de la mort qui fait de nous des êtres humains. La
plupart du temps, nous fuyons l'angoisse de la mort en nous réfugiant dans
une vie impersonnelle, ce que Heidegger appelle le "on". Lorsque je passe du
pronom personnel je au pronom indéfini on, c'est une manière de fuir ce que je
suis à la première personne : "On va tous mourir un jour" est une manière
d'éluder le fait que je vais mourir un jour, comme si la mort ne me touchait pas
directement.

Exister à la première personne est parfois difficile et angoissant, d'une part


parce que je dois assumer ce que je fais et ce que je suis (voir Sartre dans le
chapitre sur la liberté, page 47), d'autre part parce que je suis mortel. On
préfère alors, le plus souvent, se conformer aux exigences sociales. Tous ces
codes - codes vestimentaires, des codes langagiers et même des codes de
pensée pour ne pas être la personne "bizarre" de la classe et ne pas être exclu
du groupe. Vivre selon les codes d'un groupe ou d'une communauté, c'est une
manière d'échapper à l'angoisse de la mort, car le groupe survivra à ma propre
mort. En se soumettant à tous ces codes, on risque parfois de tomber dans une
vie uniformisée et, pour reprendre le vocabulaire heideggérien, une vie
"inauthentique", c'est-à-dire une vie impersonnelle, à l'image du pronom
indéfini "on".

Selon Heidegger, regarder sa propre mort en face nous permet d'accéder à


une vie plus authentique. "L'être-vers-la mort", dans le vocabulaire
heideggérien, ne doit pas nous angoisser, bien au contraire cela doit nous
libérer de l'emprise de la tentation d'une vie impersonnelle. Je prends alors
conscience que ma vie est irremplaçable : "Nul ne peut prendre son mourir à
autrui ?", écrit Heidegger, autrement dit : personne ne peut mourir à ma place.
Quand je prends conscience de la mort, je prends en même temps conscience

Le temps 4
de ma vie personnelle, personne ne doit la vivre à ma place, que je dois faire
mes propres choix.

Le temps 5

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