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Commission mondiale des aires protégées (CMAP)

Lignes directrices pour la gestion


des aires protégées de catégorie V de
l´UICN: paysages terrestres et marins
protégées.

Adrian Phillips
Auteur et éditeur de la série

Nº9 de la série «Lignes directrices sur les meilleures pratiques pour les aires
protégées».
Lignes directrices pour la gestion
des aires protégées de catégorie V de
l´ÚICN: paysayes terrestres et marins
protégées.
Ce document constitue le volume _9 de la série «Lignes directrices sur les meilleures pratiques
pour les aires protégées». Lʼéditeur de la série est le professeur Adrian Phillips, de lʼUniversité
Cardiff.

Les autres volumes de la collection sont les suivants :

National System Planning for Protected Areas [Planification du système national des aires proté-
gées]. Nº1. Adrian G. Davey, 1998, x + 71 p.

Economic Values of Protected Areas: Guidelines for Protected Areas Managers. [Valeurs
économiques des aires protégées : lignes directrices pour les gestionnaires dʼaires protégées]. Nº2.
Groupe de travail sur les avantages économiques des aires protégées, auprès de la Commission
mondiale des aires protégées (CMAP) de lʼUICN, en collaboration avec le Service économique de
lʼUICN, 1998, xii + 52 p.

Guidelines for Marine Protected Areas. [Lignes directrices pour les aires marines protégées]. Nº3.
Graeme Kelleher, 1999, xxiv + 107 p.

Indigenous and Traditional Peoples and Protected Areas: Principles, Guidelines and Case Studies.
[Peuples indigènes et traditionnels, et aires protégées : principes, lignes directrices et études de
cas]. Nº4. Javier Beltrán (édit.), UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume Uni et WWF Inter-
national, Gland, Suisse, 2000, xi + 133 p.

Pueblos indígenas y tradicionales, y áreas protegidas : principios, directrices y casos de estudio.


[Peuples indigènes et traditionnels, et aires protégées : principes, lignes directrices et études de
cas]. Nº4. Javier Beltrán, (Ed.), UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume Uni et WWF Inter-
national, Gland, Suisse, 2001, xii + 139 p.

Financing Protected Areas: Guidelines for Protected Area Managers. [Financement des aires pro-
tégées : lignes directrices pour les gestionnaires dʼaires protégées]. Nº5. Groupe de travail pour le
financement des aires protégées, auprès de la Commission mondiale des aires protégées (CMAP)
de lʼUICN, en collaboration avec le Service économique de lʼUICN, 2000, viii + 58 p.

Evaluating Effectiveness: A Framework for Assessing the Management of Protected Areas. [Esti-
mation de lʼefficacité : cadre pour évaluer la gestion des aires protégées]. Nº6. Marc Hockings, Sue
Stolton et Nigel Dudley, 2000, x + 121 p.

Transboundary Protected Areas for Peace and Co-operation. [Aires protégées transfrontalières
pour la paix et la coopération]. Nº7. Trevor Sandwith, Clare Shine, Lawrence Hamilton et David
Sheppard, 2001, xi + 111 p.

Sustainable Tourism in Protected Areas: Guidelines for Planning and Management. [Tourisme du-
rable dans les aires protégées : lignes directrices de planification et gestion]. Nº8. Paul F. J. Eagles,
Stephen F. McCool et Christopher D. Haynes, 2002, xv + 183 p.
UICN – Union mondiale pour la nature

Fondée en 1948, lʼUnion mondiale pour la nature rassemble états, organismes gouvernemen-
taux et une diversité dʼorganisations non-gouvernementales en un partenariat mondial unique
: plus de 900 membres au total, répartis en quelques 138 pays.

En tant quʼunion, lʼUICN cherche à influencer, encourager et assister les sociétés du monde
entier pour conserver lʼintégrité et la diversité de la nature, et pour garantir que tout usage de
ressources naturelles soit équitable et écologiquement durable. Un secrétariat central coor-
donne les programmes de lʼUICN et sert les membres de lʼunion en représentant leurs avis
sur la scène mondiale et en leur procurant les stratégies, services, connaissances scientifiques
et appuis techniques dont ils ont besoin pour atteindre leurs buts. Entre ses six commissions,
lʼUICN réunit plus de 10 000 experts bénévoles organisés en équipes de projet et groupes
dʼaction, et se consacre particulièrement à la conservation dʼespèces et de la biodiversité, et à
la gestion dʼhabitats et de ressources naturelles. LʼUnion a aidé beaucoup de pays à préparer
leurs stratégies nationales de conservation, et démontre lʼapplication de ses connaissances en
mettant en œuvre et en supervisant des projets sur le terrain. Ses activités se décentralisent de
plus en plus et sont référées par un réseau croissant de bureaux régionaux et nationaux qui
siègent notamment aux pays en voie de développement.

LʼUnion mondiale pour la nature sʼappuie sur ses nombreux membres, réseaux et
partenaires pour élever leur capacité et pour soutenir des alliances mondiales dans le dessein
de sauvegarder les ressources naturelles à lʼéchelle locale, régionale et mondiale.

L’Université de Cardiff

Le département de planification urbaine et régionale de lʼUniversité de Cardiff est fier dʼêtre


partenaire de la publication de cette importante série de textes sur les lignes directrices pour
la planification et la gestion dʼaires protégées. Le département, par le biais de sa section de
recherche sur la planification de lʼenvironnement, est impliqué activement dans la recherche
sur les aires protégées. Il propose aussi des cours spécialisés sur la planification et la politique
environnementale, et son école supérieure offre lʼopportunité aux personnes intéressées de
mener des recherches en vue dʼun doctorat ou dans un cadre académique plus ample. Pour en
apprendre davantage au sujet du département, ses cours et ses capacités de recherche, écrivez-
nous à lʼadresse ci-dessous.

Professeur Terry Marsden BA Hon., PhD, MRTPI


Directeur du département
Département de planification urbaine et régionale
Université de Cardiff
Bâtiment Glamorgan
King Edward VIIth Avenue
Cardiff, CF10 3WA, Wales, UK

Tél. : + 44 2920 874022


Fax : + 44 2920 874845
Courriel : marsdentktk@[Link]
Site web : [Link]
La dénomination dans ce livre dʼentités géographiques, et la présentation du matériel, ne sup-
posent pas lʼexpression dʼune opinion quelconque de la part de lʼUICN, de lʼUniversité de
Cardiff ni de lʼAgence Countryside portant sur le statut légal dʼun pays, dʼun territoire ou dʼune
région, ou de ses autorités, ou bien portant sur la délimitation de ses frontières ou limites. De
plus, les avis exprimés dans cette publication ne reflètent pas nécessairement ceux de lʼUICN,
de lʼUniversité de Cardiff ni de lʼAgence Countryside.

Cette publication a été réalisée dans une large mesure grâce au financement de
lʼUniversité de Cardiff, de lʼAgence Countryside et de lʼUICN.

Publié par : UICN, Gland, Suisse, et Cambridge, Royaume Uni

Copyright : © 2002 Union Internationale pour la Conservation de la Nature et les Res


sources Naturelles
La reproduction de cette publication à des fins éducatives ou autres non com
merciales est autorisée sans la préalable permission écrite de son ayant droit,
pourvu que la source soit entièrement reconnue.
La reproduction de cette publication pour sa vente ou autres fins commerciales
est interdite sans la préalable permission écrite de ses ayants droit.
Source : Phillips, Adrian (2002). Lignes directrices de gestion pour les aires protégées
de catégorie V de lʼUICN : Paysages terrestres et marins protégés. UICN
Gland, Suisse et Cambridge, Royaume Uni. xv + 122 p.
ISBN : 2-8317-0685-8
Couverture : Services de publications de lʼUICN
Photos : Première de couverture : Terrasses de riz aux Cordillères centrales, Philippines
©Adrian Phillips.
Quatrième : bosquet de peupliers en Mongolie ©Sabine Schmidt; Ilha Comprida, Brésil
– barques ©Marilia Britto de Moraes; Parc naturel de lʼArgentera, Italie –
moutons des hautes terres ©Fédération EUROPARC; Cilento, Italie – roches
sculptées ©Adrian Phillips
Maquette : Services de publication de lʼUICN
Réalisation : Services de publication de lʻUICN
Imprimé par : Thanet Press Limited, Royaume Uni
Disponible à : Services de publication de lʼUICN
219c Huntingdon Road, Cambridge CB3 0DL,
Royaume Uni
Tél : +44 1223 277894
Fax : +44 1223 277175
e-mail : books@[Link]
[Link]/bookstore

Un catalogue des publications de lʼUICN est aussi disponible


Lignes directrices pour la gestion des aires
protégées de catégorie V de l´UICN: paysages
terrestres et marins protégées.

Adrian Phillips
Auteur et éditeur de la série

Commission mondiale des aires protégées (CMAP)

Nº9 de la série «Lignes directrices sur les meilleures pratiques pour les aires protégées».
Table de Matières

Dédicace x
Remerciements xi
Abréviations et acronymes xiii
Préface xv

1. Introduction 1
1.1 Contexte de cette publication 1
1.2 Le but des lignes directrices 2
1.3 Structure des lignes directrices 3

2. Introduction aux aires protégées de catégorie V 5


2.1 Introduction au concept de paysage 5
2.2 Les catégories de gestion dʼaires protégées de lʼUICN 7
2.3 Faits et chiffres 11
2.4 Caractéristiques clef des paysages protégés 12
2.5 Lʼapproche “dont le temps est venu” 13

3. La planification des aires protégées de catégorie V 17


3.1 Principes de planification pour la catégorie V 17
3.2 Législation sur les aires protégées de catégorie V 18
3.3 Sélection des aires protégées de catégorie V 23
3.4 Catégorie V, aires protégées avoisinantes et planification bio-régionale 25
3.5 Aires protégées de catégorie V, classification et conventions internationales 27
3.6 Frontières des aires protégées de catégorie V 33
3.7 Implication des communautés locales et dʼautres parties prenantes 35
3.8 Construction du soutien public et politique 37

4. Gestion des aires protégées de catégorie V : principes 39


4.1 Principes généraux de gestion des aires protégées 39
4.2 Douze principes pour la gestion dʼaires protégées de catégorie V 39

5. Gestion des aires protégées de catégorie V : politiques 43


5.1 Objectifs généraux de la gestion des aires protégées de catégorie V 43
5.2 Politiques concernant le rôle de la population locale 44
5.3 Politiques concernant lʼusage de ressources : agriculture, sylviculture et pêche 55
5.4 Politiques concernant lʼaménagement du territoire 67
5.5 Politiques concernant la protection et la conservation de lʼenvironnement 72
5.6 Politiques concernant le tourisme, la sensibilisation publique, lʼéducation,
lʼinformation et lʼinterprétation 82
5.7 Politiques supplémentaires pour promouvoir lʼusage durable de ressources 88

v
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

6. Gestion des aires protégées de catégorie V : processus et plans 91


6.1 Introduction 91
6.2 Implication et participation de la communauté 91
6.3 Le plan de gestion : statut, portée, forme et contenu 95
6.4 Le plan de gestion : préparation 95
6.5 Surveillance, évaluation et gestion adaptative 99
6.6 Programmes, plans, etc., qui soutiennent le plan de gestion 100

7. Gestion des aires protégées de catégorie V : moyens 103


7.1 Bureau administratif/gestion 103
7.2 Le personnel 105
7.3 Les finances 106
7.4 Gestion de lʼinformation et informatique 107

Annexes
1. Lignes directrices pour les aires protégées de catégorie V - Extrait des lignes
directrices pour les catégories de gestion dʼaires protégées (UICN 1994) 111
2. Portée, forme et contenu suggérés pour les Plans de gestion des aires protégées
de catégorie V 113

Références 119

Liste de tableaux
1. Pourquoi les approches de catégorie V conviennent bien aux besoins
des pays en développement 15
2. Lignes directrices pour la législation permettant de créer des aires protégées
de catégorie V 20
3. Quelques exemples de noms nationaux employés pour les aires protégées
de catégorie V 22
4. Lignes directrices relatives aux critères de sélection des aires protégées de
catégorie V 23
5. Lignes directrices quant aux données requises pour la sélection dʼaires protégées
de catégorie V 24
6. Paysages culturels selon la Convention du patrimoine mondial 27
7. La Convention européenne sur le paysage (CEP) 30
8. Lignes directrices pour déterminer les limites dʼune aire protégée de catégorie V 33
9. Lignes directrices quant à lʼimplication des parties prenantes lors de la planification
au niveau national, régional et local 36
10. Objectifs de gestion des aires protégées de catégorie V 43
11. Objectifs supplémentaires de gestion des aires protégées de catégorie V 44
12. Lignes directrices pour lʼorganisation de partenariats entre les divers propriétaires
fonciers et ceux présentant dʼautres intérêts 49

vi
Table de Matières

13. Principes et lignes directrices pour une politique de lʼagriculture dans les aires
protégées de catégorie V 57
14. Commercialisation innovatrice de produits agricoles traditionnels 61
15. Lignes directrices pour les forêts, les régions boisées et les arbres des aires
protégées de catégorie V 65
16. Lignes directrices pour la planification de lʼutilisation du territoire dans les aires
protégées de catégorie V 67
17. Lignes directrices pour lʼévaluation de la pertinence dʼun aménagement à petite
échelle des aires protégées de catégorie V 69
18. Lignes directrices pour évaluer lʼacceptabilité dʼun aménagement à grande
échelle dans les aires protégées de catégorie V 71
19. Intégrité et authenticité appliquées au décor des aires
protégées de catégorie V 73
20. Liste de vérification des qualités naturelles et de la biodiversité des aires
protégées de catégorie V 75
21. Lignes directrices pour la conservation de la biodiversité dans les aires
protégées de catégorie V 76
22. Lignes directrices pour la conservation du patrimoine architectonique et historique
des aires protégées de catégorie V 78
23. Lignes directrices pour la protection des valeurs contemporaines
culturelles et spirituelles 80
24. Les buts du tourisme durable dans les aires protégées de catégorie V 83
25. Lignes directrices pour le tourisme durable dans les aires protégées
de catégorie V 83
26. Lignes directrices pour les projets dʼinvestissement touristiques dans les aires
protégées de catégorie V 84
27. Lignes directrices quant aux politiques de sensibilisation du public, dʼéducation,
dʼinformation et dʼinterprétation 87
28. Approches durables quant à lʼénergie, aux bâtiments, aux déchets et lʼeau dans
les aires protégées de catégorie V 89
29. Cogestion des aires protégées 93
30. Lignes directrices pour lʼimplication des parties prenantes dans la gestion
des aires protégées de catégorie V 93
31. Lignes directrices pour la consultation de lʼébauche du plan de gestion 98
32. Quelques structures organisationnelles utilisées pour les aires protégées
de catégorie V 103
33. Lignes directrices pour un bureau gestionnaire dʼune aire protégée de
catégorie V 104
34. Lignes directrices pour lʼamélioration de la capacité du personnel des aires
de catégorie V 105
35. Lignes directrices pour lʼobtention de financement supplémentaire au profit des
aires protégées de catégorie V 106

Liste dʼétudes de cas


1. Législation brésilienne sur les aires de protection environnementale (catégorie V) 21
2. Législation des parcs nationaux du Royaume-Uni – conception en partenariat 21

vii
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

3. Le parc national royal Chitwan, Népal – zone tampon de catégorie V 26


4. Les rizières en terrasse aux Philippines : importance de sa désignation
comme Patrimoine mondial 29
5. Vallée Champlain-Richelieu, États-Unis et Canada : travaillant des deux côtés
dʼune frontière nationale 32
6. Ceinture verte de la capitale nationale, Ottawa, Canada – protection du
paysage par un partenariat 48
7. Les territoires Amboseli/Longido, Kenya/Tanzanie – un partenariat
de communautés pour la conservation et le développement durable 48
8. Aires de conservation aux Îles du Pacifique Sud – une approche
basée sur la communauté 50
9. Le parc national Gurvan Saikhan du Gobi, Mongolie – une aire
gérée par la communauté 51
10. Les parcs naturels régionaux français – intégration dʼobjectifs
économiques et sociaux 53
11. Sainte Lucie – qualité des paysages protégés comme catalyseurs du
développement durable dans les communautés rurales des petits états insulaires
en développement (PEID) 54
12. Lʼîle Öland, Suède – soutien à lʼagriculture traditionnelle et durable 56
13. Le travail du «Farming and Wildlife Advisory Group
(Royaume-Uni)» – conseils aux agriculteurs sur la conservation 58
14. Le programme agro-environnemental de lʼUnion européenne 60
15. Lʼagriculture biologique dans les parcs régionaux de la Toscane en Italie 62
16. Projet “Parc de la pomme de terre” au Pérou : paysage protégé pour
sauvegarder les ressources génétiques des plantes 63
17. Les anciens territoires Champion au Vermont, États-Unis – encourager la durabilité
dans la gestion des forêts 66
18. Aménagement du territoire dans le système des parcs nationaux
au Royaume-Uni 71
19. Ilha Comprida, État de Sao Paulo, Brésil –plan dʼutilisation du territoire pour
protéger la biodiversité 72
20. Le Parc national Hortobágy, Hongrie –conservation de la biodiversité par
lʼagriculture traditionnelle 77
21. Le Corridor du canal Rideau, Canada – élément historique comme
noyau dʼune aire protégée de catégorie V 79
22. Sierra Nevada de Santa Marta, Colombie 81
23. Sahyoue/Edacho, Canada – paysage sacré 81
24. Le territoire Laikipia/Samburu, Kenya – développement de la communauté
basé sur la nature et financé par le tourisme 85
25. Lʼaire historique et pittoresque de la vallée de Jiuzhaigou, Chine – lʼimpact
du tourisme 86

viii
Table de Matières

26. Le territoire Tarangire/Manyara en Tanzanie – éducation pour la conservation 88

Liste des illustrations


1. Ce quʼest un paysage 5
2. Les six catégories de gestion dʼaires protégées de lʼUICN 8
3. Catégories de gestion dʼaires protégées et degrés de
modifications environnementaux 9
4. Principales différences entre les catégories V et VI 10
5. Les aires protégées du monde par catégorie et nombre 11
6. Les aires protégées du monde par catégorie et superficie 11
7. Un nouveau paradigme pour les aires protégées 14
8. Diagramme représentant les fonctions de tampon et de liaison dʼune
aire protégée de catégorie V 26
9. Rapport entre les catégories de gestion des aires protégées de lʼUICN
et les Réserves de la Biosphère 30
10. Trois approches internationales quant au paysage 31
11. Le continuum participatif 92
12. Le cycle du plan de gestion 96
13. La relation entre le plan de gestion et autres plans et stratégies 100

Hors texte en couleurs entre les pages 56-57

Planche 1. Vallée pittoresque de Jiuzhaigou, Chine. ©Adrian Phillips


Parc naturel régional de Corse, France. ©Rosie Simpson
Planche 2. Parc historique national Marsh-Billings-Rockefeller, Vermont,
États-Unis. ©Adrian Phillips
Aire de conservation dʼAnnapurna, Népal. ©Ken Taylor
Planche 3. Ceinture verte de la capitale nationale, Ottawa, Canada. ©Guy Swinnerton
Parc national Gurvan Saikhan de Gobi, Mongolie. ©Sabine Schmidt
Planche 4. Escarpement du Niagara, Ontario, Canada.
©Commission Escarpement du Niagara
Îles de Scilly, Royaume Uni. ©Adrian Phillips
Planche 5. Anciennes oliveraies, nord du Chypre. ©Adrian Phillips
Artisanat à la Réserve naturelle de Dana, Jordanie. ©Adrian Phillips
Planche 6. Aire de conservation dʼAnnapurna, Népal. ©Ken Taylor
Terrasses de riz aux Philippines. ©Adrian Phillips
Planche 7. Récolte de roseaux, Balkans. ©Martin Schneider-Jacoby et
Fédération EUROPARC
Bovins gris hongrois, Parc national Hortobágy, Hongrie.
©Parc national Hortobágy
Outarde géante, Parc national Hortobágy, Hongrie.
©Parc national Hortobágy
Planche 8. Marché de pommes de terre, Pérou. ©Brent Mitchell
Parc national Gurvan Saikhan de Gobi, Mongolie. ©Sabine Schmidt

ix
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Dédicace – à la mémoire de PHC (Bing) Lucas

Ce document est dédié à la mémoire de feu Bing Lucas, qui décéda en


décembre 2000. Bing était très connu et lʼon éprouvait une grande affec-
tion et un respect profond pour son travail sur les aires protégées dans le
monde entier. On sait très bien aussi quʼil était un défenseur enthousiaste
des paysages protégés et pensait que cette approche était particulièrement
pertinente pour la conservation et les besoins de développement durable
de notre époque. Il a aidé et encouragé maintes personnes, institutions et
initiatives en ce domaine. Il a été lʼauteur du premier guide publié sur la
matière en 1992, et a soutenu passionnément la décision de le réviser et de
le mettre à jour, ce qui a abouti au présent texte, écrit en hommage de sa
qualité dʼorienteur nous espérons que le résultat soit digne de son inspira-
tion.

x
Remerciements

LʼUICN et lʼUniversité Cardiff sont redevables à lʼAgence Countryside, Royaume Uni, qui a
appuyé la réalisation de ce livre.

Le présent travail fait partie du programme du Groupe de travail de paysages protégés auprès
de la Commission mondiale des aires protégées (CMAP) de lʼUICN. Plus exactement, il a été
préparé sous la direction dʼun petit groupe central choisi dans le Groupe de travail. Lʼauteur
principal est Adrian Phillips et les membres du groupe central sont Mike Beresford, Jessica
Brown, Prabhu Budhathoki, Brent Mitchell, Peter Ogden, Guillermo Rodriguez, Giles Romu-
lus et Bob Wishitemi. Autres membres du Groupe de travail sont Marilia Britto de Moraes,
Susan Buggey, Mirek Kundrata, Nora Mitchell, Richard Partington, Fausto O. Sarmiento et
Guy Swinnerton, qui ont tous été invités à commenter le brouillon, et certains desquels ont
présenté des études de cas. Les études de cas ont aussi gentiment été fournies par les personnes
suivantes : Alejandro Argumedo (Réseau de biodiversité des peuples indigènes), Kevin Bishop
(Université de Cardiff), Sabine Schmidt (GTZ, Mongolie), et Sue Solton (Equilibrium). Mike
Beresford est le principal auteur de lʼannexe 2.

Dʼautres participants qui ont aimablement commenté le texte, ou aidé autrement, sont
: Peter Bridgewater (UNESCO), Anne Drost (QLF/Centre atlantique pour lʼenvironnement),
Vicki Elcoate (Conseil du Royaume Uni pour les parcs nationaux), Phil Huffman, Ashish Ko-
thari (Institut indien dʼadministration publique), Kishore Rao (UICN, Vietnam), Pedro Ro-
sabal (Programme de lʼUICN pour les aires protégées), Mechtild Rossler (Centre du patri-
moine mondial de lʼUNESCO), Jeff Sayer (WWF international), Zoltán Szilassy (Ministère de
lʼenvironnement et de politique régionale, Hongrie), Stephanie Tuxill (QLF/Centre atlantique
pour lʼenvironnement), et Tomme Young (Centre du droit de lʼenvironnement de lʼUICN, Bonn,
Allemagne).

Enfin, nos remerciements à Yolanda Kakabadse, présidente de lʼUICN, pour sa préface


qui est dʼun grand soutien.

Les photographies ont été fournies par Marilia Britto de Moraes, la Fédération EU-
ROPARC, le Parc national Hortobágy, Brent Mitchell, la Commission de lʼescarpement Niaga-
ra, Adrian Phillips, Sabine Schmidt, Martin Schneider-Jacoby, Rosie Simpson, Guy Swinnerton
et Ken Taylor.

xi
Abréviations et acronymes

AP Aire protégée
APE Aire de protection environnementale (Brésil)
APEIC Aire de protection environnementale Ilha Comprida (Brésil)
AWF Fondation pour la nature en Afrique
BZ Zone tampon
BZDC Conseil de développement des zones tampon (Népal)
CDB Convention sur la diversité biologique
CEP Convention européenne sur le paysage
CMAP Commission mondiale des aires protégées (de lʼUICN)
EE Évaluation environnementale
EIE Évaluation de lʼimpact environnemental
EPOPA Programme de promotion à lʼexportation de produits biologiques africains
FAO Organisation des Nations Unies pour lʼalimentation et lʼagriculture
Fédération
EUROPARC avant Fédération de la nature et des parcs nationaux dʼEurope
FPSN Fondation Pro-Sierra Nevada de Santa Marta (Colombie)
FSC Conseil pour lʼintendance forestière
FWAG Groupe consultant sur lʼagriculture et la nature (Royaume Uni)
ICOMOS Conseil international de sites et monuments
LPA Autorité dʼaménagement local (Royaume Uni)
MSC Conseil pour lʼintendance marine
NCC Commission de la capitale nationale (Canada)
NPA Autorité des parcs nationaux (Royaume Uni)
NU Nations Unies
OMS Organisation mondiale pour la santé
ONG Organisation non-gouvernementale
PAC Politique agricole commune (de lʼUE)
PEID Petits États insulaires en développement

xii
PNGSG Parc national Gurvan Saikhan de Gobi (Mongolie)
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
RCNP Parc national royal Chitwan (Népal)
RDR Règlement du développement rural (de lʼUE)
SNUC Système national dʼunités de conservation (Brésil)
SPBCP Programme de conservation de la biodiversité au Pacifique sud
SPREP Programme environnemental régional du Pacifique sud
UE Union Européenne
UICN Union mondiale pour la nature
UNESCO Organisation des Nations Unies pour lʼéducation, la science et la culture
WCMC-PNUECentre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature,
auprès du Programme des Nations Unies pour lʼenvironnement
WWF Fonds mondial pour la nature (World Wildlife Fund en Amérique du nord)

xiii
Préface

LʼUICN a toujours été au premier rang du travail international sur les aires protégées durant
cinquante ans environ. Elle est depuis un leader en la matière, elle a posé des principes et est une
source dʼexpérience professionnelle. Mais elle est surtout un défenseur infatigable de lʼidée que
certains endroits de notre planète de plus en plus peuplée doivent rester intouchables, précisé-
ment pour satisfaire les besoins de lʼhomme et de la nature.

Il existe une grande nécessité, comme il en a toujours existé, de garantir que certains endroits
restent en gros dans leur condition naturelle, mais ce nʼest pas tout. Les aires protégées doi-
vent embrasser les paysages habités et humanisés où lʼhomme et la nature vivent en une sorte
dʼéquilibre. Ces endroits, et les communautés qui y habitent, sont importants en eux-mêmes et le
sont aussi pour les leçons quʼils nous donnent à tous sur une existence durable. Voilà lʼidée sur
laquelle reposent les Paysages terrestres et marins protégés, autrement dit la catégorie V dans le
système de catégorisation dʼaires protégées de lʼUICN.

Lʼapproche de la catégorie V nʼest pas une solution facile : gérer lʼinteraction entre les
hommes et la nature représente quasiment le plus éprouvant défi envers la société, et la gestion de
la catégorie V est tout à fait cela. Non plus que ces endroits sont des aires protégées de deuxième
catégorie : ils sont plutôt un complément essentiel des aires plus strictement protégées. En fait,
les paysages protégés sont une idée qui devait arriver, et lʼUICN se félicite de promouvoir leur
usage de plus en plus répandu et leurs niveaux de gestion de plus en plus élevés.

Au 5e Congrès des parcs mondiaux en septembre 2003 à Durban en Afrique du sud, , les
leaders de la conservation mondiale passeront en revue les réussites des aires protégées le long
des dix dernières années et les immenses défis quʼelles relèveront dans le futur et qui réclament
de nouvelles approches et de nouvelles formes de travail avec les sociétés humaines dans le
monde entier si nous voulons vraiment conserver le meilleur des aires de vie sauvage qui restent
encore, et le meilleur aussi de nos paysages habités. Jʼespère que lʼapproche de la catégorie V
sera un élément clef dans cette stratégie.

Voilà pourquoi je salue lʼeffort déployé par le Groupe de travail sur la catégorie V auprès
de la CMAP pour la préparation de ces lignes directrices sur la façon de gérer de telles aires. Cet
ouvrage nʼest quʼun parmi plusieurs des productions prévues que le Groupe doit présenter avant
Durban. Nous nous félicitons que cette publication qui arrive à temps soit tout à fait en faveur de
la pertinence des aires protégées de catégorie V dans le monde en voie de développement. Elle
pourra vraiment contribuer à élargir notre vision sur ce quʼon entend par ʻaires protégéesʼ. Et si
les conseils donnés ici sont appliqués, ils apporteront sûrement des bénéfices à ceux qui plani-
fient, gèrent et vivent réellement au sein de ces aires de paysage si importantes, disséminées dans
la planète.

Yolanda Kakabadse
Quito, Équateur, septembre 2002

xiv
1. Introduction

1.1 Contexte de cette publication

Nous avons besoin dʼaires protégées pour les valeurs et les bénéfices quʼelles apportent à la société. Ces
endroits sont de deux types en général : ceux où lʼaccent est mis sur la protection du monde naturel (même
si cela exige très souvent un travail avec la population locale), et ceux où lʼon se concentre sur lʼentretien
dʼune relation entre les hommes et la nature. Cʼest cette deuxième idée – les hommes et la nature ensemble
- qui est au cœur de lʼapproche des Paysages protégés, autrement appelés en langage de catégorisation
dʼaires protégées de lʼUICN, la catégorie V.

Bien quʼil existe actuellement une concentration de Paysages protégés en Europe, ils sont à dé-
nicher dans toutes les régions du monde : aux pays développés et en développement, aux petits États insu-
laires et aux pays continentaux. Maintes aires encore, particulièrement dans le monde en développement,
possèdent le potentiel pour être reconnues Paysages protégés en raison de leur richesse de valeurs naturel-
les et culturelles, et peuvent devenir des modèles de viabilité. Avec la perte rapide ou la modification des
écosystèmes naturels (ou quasi-naturels), il est plus que jamais nécessaire de protéger ou restaurer dʼautres
aires qui sont importantes pour la conservation de la biodiversité.

En quête dʼapproches viables de développement, les pays ont donc besoin de regarder au-delà
des aires relativement limitées, bien quʼextrêmement importantes et demandant une stricte protection,
et inclure aussi dans leurs systèmes dʼaires protégées les paysages habités, importants du point de vue
économique, social, culturel et environnemental. Ils devraient tout particulièrement considérer le modèle
de la catégorie V comme un moyen de reconnaître et dʼencourager lʼusage durable des ressources naturel-
les en des endroits qui ont été façonnés par les hommes sur de longues périodes, et de soutenir les com-
munautés humaines qui ont adopté des pratiques durables.

Les pays en développement, notamment, font face à beaucoup de défis, y compris lʼallègement
de la pauvreté, la création de meilleures perspectives dʼexistence pour leurs citoyens, et le soutien à la
protection et à la mise en valeur de la culture et la nature locale contre les aspects négatifs de la mondiali-
sation. Souvent ce type de problème est particulièrement aigu parmi les communautés rurales vulnérables.
Le modèle de la catégorie V peut aider au renforcement des communautés pour résister et surmonter ces
pressions externes. Cela est vrai en particulier dans les sociétés où il existe un engagement envers la bonne
gouvernance.

Il y a un point qui doit être signalé dʼemblée : rien dans ces lignes directrices ne saurait avoir pour objet
de diminuer lʼimportance des aires strictement protégées. Au contraire, la nécessité est plus grande que
jamais dʼune stricte protection dʼaires à grande biodiversité et dʼaires à écosystèmes et espèces naturels
menacés qui restent encore dans le monde. Ce qui sʼimpose, cʼest plutôt de compléter cette protection avec
dʼautres mesures centrées sur le paysage habité.

Ainsi, lʼUICN désire encourager les gouvernements et autres entités à créer et gérer les aires proté-
gées de catégorie V dans les pays du monde entier de façon à étendre le rôle que jouent les systèmes dʼaires
protégées dans la conservation de la biodiversité et du développement durable. Ces lignes directrices se
proposent dʼaider dans cette direction. En les publiant, lʼUICN consolide le travail quʼelle a entrepris il y
a 15 ans ou davantage.

1
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

En 1987, lʼUICN a co-organisé un symposium sur les Paysages protégés dans le District Lake,
Royaume Uni (Commission pour la campagne 1988), ce qui a donné directement lieu à une résolution
de lʼAssemblée Générale de lʼUICN, un an plus tard, laquelle exhorte les gouvernements et autres enti-
tés à prêter plus dʼattention aux aires protégées de catégorie V. Un des résultats fut la création en 1990
du Centre international pour les paysages protégés, à Aberystwyth, au pays de Galles, Royaume Uni .
En 1992, comme contribution au IVe Congrès mondial sur les Parcs nationaux et les Aires protégées
(Caracas, Venezuela), lʼUICN a publié son Guide de paysages protégés à lʼusage des planificateurs et
concepteurs de politiques, écrit par feu P.H.C. Bing Lucas (Lucas, 1992). En même temps, le Comité du
patrimoine mondial a accepté dʼinclure la catégorie de Paysages culturels dans le cadre de la Convention
du patrimoine mondial.

Dʼautres suites importantes qui ont eu lieu depuis :

- La publication faite par lʼUICN des Lignes directrices pour les catégories de gestion dʼaires protégées
(UICN, 1994), qui a placé les aires de catégorie V - désormais connues formellement comme Paysages
terrestres et marins protégés - sur un pied dʼégalité avec dʼautres catégories dʼaires protégées. Les con-
seils spécifiques des lignes directrices de la catégorie V se trouvent à lʼannexe 1 ;
- Le premier Congrès mondial de lʼUICN pour la conservation, tenu à Montréal en 1996, a arrêté une
résolution (1.33) sur la conservation des terres possédées en propre, en relation avec les aires protégées
de catégorie V ;
- En juin 1999, lʼUICN, le QLF/Centre Atlantique pour lʼenvironnement et lʼInstitut dʼétudes pour la
conservation ont co-sponsorisé un séminaire international sur lʼIntendance des paysages protégés au
Vermont, États-Unis (Conservation Study Institute, et autres, 2001) ;
- Enfin, le Comité directeur de la Commission mondiale des aires protégées de lʼUICN (CMAP) a mis
en place un Groupe de travail auprès de la Commission, sʼoccupant des aires protégées de catégorie V et
ayant pour but de sʼunir à lʼexpérience mondiale et de promouvoir la nouvelle approche .

Le Groupe de travail, dont Bing Lucas faisait partie à ce moment-là, a vite décidé que sa publication de
1992 devait être mise à jour. Les membres du groupe ont été les premiers responsables du brouillon de
ces nouvelles lignes directrices.

1.2 Le but des présentes lignes directrices

Les présentes lignes directrices font partie de la série renommée de lʼUICN/Université de Cardiff. Elles
tâchent de dégager et de promouvoir les meilleures pratiques dans la gestion dʼaires protégées, et sont
conçues pour servir de guide pratique aux gestionnaires. Les autres publications de la série sont listées
sur la deuxième de couverture, et abordent des volets ayant rapport aux aires protégées, tels que le fi-
nancement, les peuples indigènes, les aires marines protégées, la gestion efficace et le tourisme .

Le but spécifique de ces lignes directrices est de conseiller, à tous ceux ayant des responsabilités
sur des aires protégées, au sujet de la planification et de la gestion des Paysages protégés. Quoiquʼelles
visent prioritairement un public professionnel à tous les niveaux du gouvernement, parmi les ONGs et
ailleurs, ces conseils devraient pouvoir assister aussi les décideurs, les politiciens et autres groupes con-
cernés à tout niveau, depuis les communautés locales jusquʼà lʼopinion publique internationale.

1 Pour plus dʼinformation, voir [Link]


2 Pour plus dʼinformation sur le Groupe de travail, voir [Link]
3 Tous ces titres sont listés dans les Références a la fin de cette publication et sont disponibles à [Link]

2
1. Introduction

Cette brochure fait partie dʼune famille dʼouvrages élaborés par le Groupe de travail sur la caté-
gorie V. Si ces lignes directrices se centrent sur comment planifier et gérer les aires de catégorie V, elles
seront accompagnées par un livre qui exposera par contre pourquoi il est nécessaire dʼavoir davantage
dʼaires protégées de catégorie V. Il y aura aussi un numéro spécial du magazine PARKS, avec études
de cas signalés de par le monde, et qui résumera ce qui est en train de se faire pour mettre en œuvre ces
idées.

1.3 Structure des lignes directrices

Les sections des lignes directrices sʼorganisent ainsi :

2 : Historique : introduction aux aires protégées de catégorie V

3 : Planification : guide pour constituer une aire protégée de catégorie V

4 : Gestion – principes : considérations de base concernant la gestion dʼaires protégées de catégorie V

5 : Gestion – politiques : conseils sur les politiques à appliquer dans les aires protégées de catégorie V

6 : Gestion – processus et plans : conseils sur comment sʼy prendre pour gérer les aires protégées de
catégorie V, incluant le Plan de gestion

7 : Gestion – moyens : conseils sur les aspects institutionnels, financiers et de personnel dans la gestion
dʼaires protégées de catégorie V

Le corps principal du texte traite de lʼexpérience générale et de leçons globales universellement perti-
nentes. Les conseils clés pour les planificateurs et gestionnaires ont été présentés dans des tableaux, dont
beaucoup sont marqués Lignes directrices. Lʼon inclut aussi 26 brèves études de cas : beaucoup dʼentre-
elles ont été faites parmi les aires protégées de catégorie V inscrites par lʼUICN, mais toutes visent à tirer
des expériences pertinentes à partir des situations réelles vécues sur le terrain.

4 “Paysa
5 PARKS 2 : 2003

3
2. Introduction aux aires protégeés de
catégorie V

2.1 Introduction au concept de paysage

“Paysage” est un mot difficile. Il a plusieurs sens et peut-être interprété de différentes façons. Certaines
sociétés ne connaissent pas ce mot. Cependant, la Convention européenne sur le paysage (CEP), le premier
accord international à se centrer exclusivement sur la question, le définit comme “une aire, telle qu’elle
est perçue par les gens, dont le caractère est le résultat de l’action et l’interaction de facteurs naturels
et/ou humains” (Conseil de l’Europe, 2000). Dans cette convention, et dans la plupart de la littérature,
on retrouve l’idée que le paysage résulte de l’interaction entre l’homme et son environnement au fil
des ans (Lennon (ed.), publié; et ICOMOS- Royaume-Uni, 2002).

Il s’ensuit que le paysage est beaucoup plus qu’un décor, ou même qu’un ensemble d’attributs
purement physiques: l’aspect visuel du paysage n’est que le résultat externe de complexes interactions
homme/nature. De plus, le paysage a souvent d’importantes valeurs associatives et spirituelles pour les
communautés à travers le monde. Comparée donc à l’idée sous-jacente à la création et la gestion de
beaucoup d’aires protégées, où l’accent est mis sur la protection de ce qui est perçu comme ‘naturel’,
la protection du paysage place l’homme au coeur du sujet –et en réalité elle exige sa présence. Ces
relations sont montrés dans le diagramme ci-dessous –voir Schéma 1.

Schéma 1 Ce qu’est un paysage

PAYSAGE = Nature PLUS Hommes

PAYSAGE= Le passé PLUS Le présent

Attributs physiques
Valeurs associées
PAYSAGE= (décor, nature. PLUS
(sociales et culturelles)
patrimoine historique)

1
Pour une étude plus complète des questions traitées dans ce chapitre, voir “Paysages protégés: Aires protégées où vivent les hommes”, par
Michael Beresford et Jessica Brown, à paraître en 2003.
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Le paysage ainsi conçu est universel et existe partout. Il comprend donc non seulement
l’environnement terrestre mais aussi les milieux marins et côtiers –voilà pourquoi l’ajout du terme
“paysages marins” dans la définition de l’UICN, voir la Section 2.2.4 infra.

Mais le paysage, qui existe partout, emprunte plusieurs formes et donne ainsi à l’endroit une
distinction propre. Il fait partie de l’environnement quotidien de tout le monde: les hommes façonnent et
sont façonnés par le paysage immédiat qui les entoure. Davantage que les espèces sauvages en extinction
ou les grands monuments culturels en danger, par exemple, le paysage est “une partie importante de la
qualité de vie de l’homme” et un “élément clef du bien-être individuel et social” (de la préface de la
CEP). Également, le paysage a souvent une grande importance économique au niveau local, régional et
national, puisqu’il est la base d’une majeure partie du tourisme mondial et donc des économies nationales
et locales.

De même, le paysage peut être considéré tant comme ressource environnementale à juste titre
que comme cadre pour évaluer et gérer un processus de développement (Benson et Roe, 2000). C’est
un moyen particulièrement bon pour planifier et gérer en faveur de la viabilité, car il reflète les forces
économiques, sociales, culturelles et écologiques. Le paysage peut bien être un héritage du passé mais
il doit être géré pour l’avenir.

Si le paysage est toujours influencé culturellement, il est souvent riche en biodiversité et en


d’autres valeurs naturelles. De nombreux paysages habités et actifs sont importants pour la conservation
de la nature, car ils possèdent des habitats très estimés et des espèces rares dont l’existence permanente
peut dépendre de la survie de formes traditionnelles d’aménagement du territoire. Certains paysages
reflètent des techniques spécifiques d’aménagement durable ou expriment une relation spirituelle
particulière avec la nature. La protection de ces paysages –et des formes de vie à l’intérieur évoluant
en équilibre avec les systèmes naturels- est donc essentielle pour maintenir la diversité biologique et
culturelle.

Mais les paysages peuvent aussi témoigner de traces d’exploitation du passé: par exemple, dans
les petits États insulaires en développement, aux Caraïbes, les paysages précoloniaux ont été remplacés
par ceux provenant d’un système exploiteur de production qui utilisait de force une main d’oeuvre
importée. La planification pour la conservation des paysages doit être sensible à l’histoire et tenir compte
du fait que pas tout héritage véhicule des messages positifs.

L’exceptionnelle valeur universelle de certains paysages a été reconnue par le Comité du


patrimoine mondial en 1992, lorsqu’il a inclut les Paysages culturels comme un type spécial de site
culturel du patrimoine mondial. Dans un sens, tout paysage est “culturel” car pas un seul endroit de la
terre n’est libre d’une quelconque influence humaine. Cependant, la décision du Comité d’inclure les
Paysages culturels dans la convention implique une reconnaissance de l’importance internationale des
paysages habités et actifs –voir aussi la Section 3.5.1 (Lennon (ed.), publié).

En raison de l’importance inhérente de beaucoup d’aires de paysage, et des valeurs que la société
y attache, quelques pays ont commencé il y a plus de 50 ans à introduire dans la législation nationale,
etc., la protection de ces paysages qu’ils appréciaient au plus haut niveau. Au début, ce fut surtout le cas
en Europe. Cette approche a gagné en popularité dans cette région puisqu’elle est caractérisée par une
longue histoire de peuplement du territoire, une quasi absence de grandes aires naturelles, l’existence
de beaucoup de paysages humanisés et variés (dont la plupart étaient riches en valeurs naturelles), des
densités relativement importantes de population et un développement précoce du tourisme. Grâce à cette
législation, des aires ont été reconnues qui:

- possédaient des qualités pittoresques remarquables;

5
2. Introduction aux aires protégeés de catégorie V

- conservaient des liens serrés entre la culture et la nature;


- utilisaient durablement les ressources naturelles; et
- maintenaient leur ‘intégrité’ car elles n’avaient pas été perturbées par les impacts de
l’industrie, de l’urbanisation ou de l’infrastructure (par exemple, Green et Vos, 2000, et
Conseil de l’Europe, 1998).

Ces aires ont été les premières à être formellement désignées Paysages protégés. Mais, bien
entendu, l’homme et la nature ont co-évolué partout, et il est clair maintenant que les paysages humanisés
méritant une reconnaissance spéciale doivent être repérés un peu partout dans le monde ailleurs qu’en
Europe. D’autre part, la recherche a montré que beaucoup d’endroits, qui étaient vus d’abord comme des
paysages naturels “vierges”, avaient en fait été longtemps habités et modifiés par l’homme. En réalité, ce
sont des paysages culturels, parfois beaucoup plus anciens que ceux d’Europe, et ils portent l’empreinte
de plusieurs milliers d’années d’activité humaine. Pour ces raisons, l’approche Paysages protégés a
commencé à être adoptée désormais dans des pays hors d’Europe (voir, par exemple, quelques pays
présentés au Tableau 3). De plus, cette approche est susceptible d’être d’avantage utilisée dans beaucoup
plus de pays comme une composante de leur stratégie pour les systèmes nationaux d’aires protégées, de
conservation de la biodiversité et de développement rural durable.

2.2 Catégories de gestion d’aires protégées de l’UICN

2.2.1 Critères de base des catégories

Il existe plus de 40 000 aires protégées dans le monde (source d’information: Centre mondial de
surveillance continue de la conservation de la nature auprès du Programme des Nations Unies pour
l’environnement – WCMC-PNUE). Elles varient beaucoup à tous les égards ou presque: les buts précis
pour lesquels elles sont gérées; les espèces, l’écosystème ou les paysages qu’elles protègent; leur taille;
le type d’entité responsable de leur gestion; les ressources disponibles à être gérées; les principaux défis
dans la gestion; les noms qu’elles ont reçus au niveau national, et ainsi de suite. Pour mettre un peu
d’ordre dans ce tableau confus, pour uniformiser la terminologie internationale et pour promouvoir une
série d’approches complémentaires de planification et gestion d’aires protégées, l’UICN a adopté et
diffusé un système de catégories d’aires protégées basé sur les objectifs pour lesquels elles sont gérées.

2.2.2 Le système de catégorisation de 1978

Le premier de ces systèmes a été institué en 1978 (UICN, 1978). Il comprenait une catégorie d’aire
protégée appelée ‘Paysage protégé’ qui réunissait un peu confusément deux idées séparées: (i) les aires
“dont le paysage possède des qualités esthétiques singulières qui sont le résultat de l’interaction entre
l’homme (sic) et le territoire” (ibid. p.18); et (ii) les aires “qui sont tout d’abord des aires naturelles
gérées intensivement par l’homme pour un usage de loisir et touristique” (ibid).

2.2.3 Le système de catégorisation de 1994

Le système de 1978 a été remplacé en 1994 par l’actuel système de catégories de gestion d’aires protégées
de l’UICN (UICN, 1994). Ce système prend pour point de départ la définition suivante d’aire protégée,
laquelle se veut applicable à toutes les catégories:

6
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

“zone terrestre et/ou marine spécialement consacrée à la protection et le maintien de la diversité


biologique et des ressources naturelles et culturelles associées, et gérée à l’aide de moyens
légaux ou d’autres moyens efficaces.” (ibid. p. 7).

Les points clef à noter sur cette définition sont:

- elle s’applique explicitement à l’environnement marin aussi bien qu’au terrestre;


- elle requiert une politique spéciale pour la conservation de la biodiversité (mais pas
nécessairement la politique prééminente);
- elle tient compte de la conservation des ressources naturelles et des ressources culturelles
associées à celles-ci (mais pas de sites culturels en soi); et
- elle requiert qu’un régime de gestion soit en place, mais reconnaît qu’en certains endroits
la gestion peut être efficacement menée au moyen de la tradition, du droit ou du régime de
propriété coutumiers plutôt que de manière légale et formelle.

À l’intérieur de cette large définition, l’UICN a élaboré un système de six catégories d’aires
protégés, tel que le montre le Schéma 2.

Schéma 2 Les six catégories de gestion d’aires protégées (UICN, 1994)

Catégorie Description
Ia Réserve naturelle intégrale: aire protégée gérée surtout pour la science.
Ib Aire de nature sauvage: aire protégée gérée surtout pour la protection du patrimoine
sauvage.

II Parc national: aire protégée gérée surtout pour la protection de l’écosystème et pour
la récréation.
III Monument naturel: aire protégée gérée surtout pour la conservation d’éléments naturels
spécifiques.
IV Aire de gestion d’habitats/espèces: aire protégée gérée surtout pour la conservation à
travers une intervention gestionnaire.
V Paysage terrestre/marin protégé: aire protégée gérée surtout pour la conservation du
paysage terrestre/marin et pour la récréation.

VI Aire protégée de ressources gérées: aire protégée gérée surtout pour l’utilisation durable
d’écosystèmes naturels.

Les points clef à retenir sur le système, tel qu’il est promu par l’UICN, sont:

- l’objectif principal de gestion est la base de la catégorisation;


- l’attribution à une catégorie n’est pas un commentaire sur l’efficacité de la gestion;
- le système des catégories est international (et donc inévitablement sommaire);
- les noms nationaux des aires protégées peuvent varier, tandis que leurs buts restent les
mêmes. De la même façon, le même nom peut renvoyer à différents types d’aires protégées
dans différents pays;
- toutes les catégories sont importantes; mais
- une gradation du rapport intervention humaine/modification environnementale est
implicite.

Ce dernier point est illustré par le Schéma 3:

7
2. Introduction aux aires protégeés de catégorie V

Schéma 3. Catégories de gestion d’aires protégées et degrés de modifica-


tions environnementaux

Aires protégées En de hors des aires protégées

Catégorie de gestion d´aires


protégées de l´UICN
La ligne montre le degré de
environnementale

Conditions les plus naturelles Conditions les moins naturelles

Il faut noter dans le Schéma 3 que la catégorie V est en fait la catégorie d’aire protégée servant
à préserver les environnements les plus modifiés par l’homme.

2.2.4. La catégorie V dans le système

Les lignes directrices de 1994 pour les catégories de gestion d’aires protégées définissent la catégorie V,
le paysage terrestre/marin protégé, comme suit:

Zone terrestre, comprenant côte et mer le cas échéant, où l’interaction de l’homme et la nature
à travers le temps a produit une aire à caractère distinctif et portant une valeur significative du
point de vue esthétique, écologique, et/ou culturel, et présentant souvent une grande diversité
biologique. Préserver l’intégrité de cette interaction traditionnelle est capital pour la protection,
le maintien et l’évolution de cette aire.

Il faut noter que le terme utilisé dans les orientations de 1978 –Paysage protégé- a été remplacé en
1994 par ‘Paysage terrestre/marin protégé’. Ceci reflète le point de vue (exprimé aussi dans la définition
d’aire protégée –voir Section 2.2.1) comme quoi les aires protégées de tout type étaient nécessaire pour
la conservation des environnements marins et terrestres. L’inclusion du terme moins couramment utilisé
‘paysage marin’ dans le nom de la catégorie veut signifier que certaines aires protégées de catégorie V
seront une réunion de terre et mer –un archipel, une combinaison d’îles, de péninsules et de criques, par
exemple2 (voir photo 8). Dans ces aires, l’approche de planification connue sous le nom de “Gestion de
zone côtière” sera l’approche appropriée (voir Clark 1996, et Salm et Clark 2000). Le terme ‘Paysage
protégé’ est utilisé tout au long de ce texte pour des raisons de brièveté, mais il faut le comprendre
comme incluant éventuellement le ‘paysage marin’.

2
Plusieurs exemples d’aires marines protégées à caractéristiques de catégorie V sont consignés dans le Journal PARKS de la CMAP, juin 1998,
notamment la Mer Wadden (Danemark, Allemagne et Hollande) et l’Aire de conservation Breiðafjöður (Islande).
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

L’annexe 1 contient un extrait des orientations de 1994. Il présente les objectifs de gestion, une
orientation pour la sélection, et la responsabilité organisationnelle envers les aires de catégorie V. Ces
lignes directrices élaborent et développent ces conseils.

Tel que le montre le Schéma 3, et confirmé par la définition, la catégorie V est unique parmi
les six catégories, puisque son idée centrale est le maintien des valeurs environnementales et culturelles
là où il existe une interaction directe entre l’homme et la nature. L’intérêt de la gestion des aires de
catégorie V ne se centre pas sur la conservation de la nature en soi, mais porte sur comment guider
les processus humains de façon à ce que l’aire et ses ressources soient protégées, gérées et capables
d’évoluer de manière durable –et que les valeurs naturelles et culturelles soient ainsi maintenues et
accrues.

Quoique cette catégorie suppose un haut degré d’intervention humaine, il ne s’ensuit pas
qu’elle sera utilisée comme “dépotoir” pour les aires protégées des autres catégories qui n’ont pas eu
de succès dans leur but fondamental. Par exemple, si l’intégrité d’un Parc national de catégorie II est
affecté sévèrement par un développement ou l’exploitation de ressources, cela n’est pas une raison pour
l’inclure dans la catégorie V. Tel que noté précédemment, la question de l’efficacité de la gestion est un
sujet autre que l’objectif de gestion. Les aires de catégorie V doivent être gérées sur des critères aussi
exigeants que ceux des autres catégories –mais dans un but différent.

2.2.5 Catégorie V et catégorie VI

La catégorie V se distingue des autres par son accent sur l’interaction entre l’homme et la nature.
Cependant, son idée d’usage multiple est similaire à la catégorie VI et elle est souvent considérée,
indifféremment de celle-ci, comme l’une des deux catégories les moins strictement protégées. D’autre
part, maintes raisons qui ont peu à peu engendrées une croissance d’intérêt pour la catégorie V s’appliquent
aussi à la catégorie VI; par exemple, l’accent donné à l’usage durable des ressources naturelles. Mais
il y a une différence importante. Tandis que les aires protégées de catégorie V sont des paysages actifs,
habités et considérablement modifiés par l’homme au fil du temps, la définition de la catégorie VI parle
d’une ‘aire de systèmes naturels fondamentalement non modifiés’, devant être gérée de façon à ce qu’au
moins deux tiers de l’aire restent non modifiés. La gestion de cette catégorie-ci suppose donc en général
une protection à long terme et un maintien de la biodiversité, et en même temps un approvisionnement
durable de biens et services pour les besoins de la communauté. En conséquence, tandis que les deux
catégories placent l’homme au coeur de l’approche, le degré de modification de l’environnement dans
les aires protégées de catégorie V sera considérablement plus grand. Ces différences sont résumées dans
le Schéma 4.

Schéma 4 Principales différences entre les catégories V et VI

Aire protégée catégorie V Aire protégée catégorie VI


Essence de sa philosophie de Maintenir l’interaction Maintenir les conditions naturelles
gestion harmonieuse entre l’homme prédominantes comme étant à la
et la nature base de moyens de subsistance
durables
Degré de modification Considérable: surtout un paysage Conditions naturelles
de l’environnement habité et actif prédominantes
(voir aussi Schéma 3) (ou presque naturelles)

Usages prédominants Agriculture, sylviculture, tourisme Chasse et récolte, pâturage,


typiques du territoire gestion de ressources naturelles

9
2. Introduction aux aires protégeés de catégorie V

2.3 Faits et chiffres

La dernière liste des Nations Unies des aires protégées, faite en 1997 (UICN, 1998) affiche toutes les
aires protégées du monde: un total de 13 321 sites3. Elle donne aussi quelques informations primaires
sur les aires, dont la catégorie de gestion que le pays concerné et le WCMC-PNUE leur ont attribuée. La
liste des Nations Unies de 1997 comprend 3 178 aires protégées de catégorie V, qui couvrent 676 892
km2 en tout. Cela fait qu’au niveau mondial les aires de catégorie V représentent 23.8% du nombre de
toutes les aires protégées, et 11% en termes de superficie (cette information est présentée sous forme de
diagramme dans les Schémas 5 et 6). Il en résulte que les aires protégées de catégorie V dans la liste des
Nations Unies ont une taille moyenne relativement petite.

Schéma 5 Les aires protégées du monde par catégorie et nombre

Aires protégées du monde par catégorie (nombre)


UICN 1998

Note: seulement sites de plus de 1000 ha

Schéma 6 Les aires protégées du monde par catégorie et superficie

Aires protégées du monde par


catégorie (superficio en km2) UICN 1998

Note: seulement sites de plus de 1000 ha

3
Ce chiffre est bien plus petit que le nombre total de sites qu’affiche la base de données de la WCMC-PNUE dont la limite inférieure est de
100 ha pour les îles océaniques ou côtières entièrement protégées, tandis que la liste des Nations Unies omet les sites de moins de 1000 ha (10
km2).

10
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Contrairement aux chiffres à l’échelle mondiale, les aires protégées de catégorie V en Europe
représentent environ deux tiers des territoires considérés aire protégée dans le continent. La surface totale
ainsi protégée en Europe dépasse un tiers d’un million de km2, ou 7.1% de sa superficie, (contre 10.9%
qui est la proportion totale de territoire européen placé sous tout type de protection). Dans certains pays
–notamment République Tchèque, France, Italie, Lettonie, Luxembourg, Slovaquie, Suisse et Royaume-
Uni- au moins 10% de chaque superficie nationale est protégée sous la catégorie V; en Autriche et en
Allemagne plus de 20%.

De même, par opposition aux données globales, la taille moyenne de ces aires en Europe a
tendance à être plus grande que celle des autres catégories d’aire protégée. La différence entre l’Europe et
le reste du monde sur cette question peut être due à la prudence étayée dans l’emploi de la catégorisation
de Paysage protégé ailleurs dans le monde. L’UICN croit que cette prudence est déplacée, et que les
principes des aires protégées de Catégorie V sont en fait universels et potentiellement pertinents dans
toutes les régions du monde.

2.4 Caractéristiques clef des paysages protégés

Avec plus de 50 ans d’expérience en Europe, et une accumulation d’expérience de toutes parts, il est
maintenant possible de repérer avec assurance les caractéristiques principales qui soutiennent -et
guident- l’approche de catégorie V. Cette catégorie:
- s’occupe tant de la population que de son environnement;
- s’occupe d’une diversité de valeurs naturelles et culturelles;
- cible les aires où les relations homme/nature ont produit un paysage possédant d’importantes
valeurs esthétiques, écologiques, de biodiversité et/ou culturelles, et qui conservent leurs
intégrités;
- est à la fois un type d’aire protégée avec des combinaisons aux qualités spéciales, et un
processus de gestion pour guider le changement;
- reflète une approche visionnaire et proactive, ayant pour but d’élever les valeurs plutôt que
de maintenir ou protéger tout simplement les atouts existants;
- considère les communautés et leurs traditions comme quelque chose de fondamental pour le
succès de l’approche: ainsi, les approches de partenariat et de partie prenante sont requises,
par exemple la co-gestion (voir le Tableau 29);
- reconnaît la valeur du rôle d’intendant -et le besoin de le soutenir- joué par le propriétaire
foncier privé ou le gestionnaire (y compris le rôle des administrateurs des terres ou corps
similaires);
- suppose habituellement des ententes de gestion définies par les besoins et les circonstances
locaux, et déterminés par des prises de décision du gouvernement local ou de la
communauté;
- met un accent spécial sur l’aménagement efficace du territoire;
- dépend donc de la présence de structures démocratiques et transparentes qui soutiennent
l’engagement actif de la population dans le façonnement de leur propre environnement;
- apporte des bénéfices sociaux, économiques et culturels aux communautés locales;
- apporte des bénéfices environnementaux, culturels, éducatifs et autres à un vaste public;
- requiert que toutes les activités de gestion soient intégrées, et encourage la viabilité;
- peut servir à résoudre des conflits sur la gestion des ressources;
- peut offrir des modèles de viabilité pour une application plus vaste ailleurs dans les zones
rurales; et

11
2. Introduction aux aires protégeés de catégorie V

- comme toutes les aires protégées, elle requiert des systèmes efficaces de gestion, qui
impliquent la fixation d’objectifs, la planification, l’allocation de moyens, la mise en oeuvre,
la surveillance, l’évaluation et la rétroaction.

L’essentiel de l’approche de catégorie V se base sur un ensemble de principes de planification


(voir Section 3.1) et de gestion (Section 4.1) qui peuvent demander une adaptation considérable selon
les circonstances locales et qui évolueront dans le temps.

2.5 L’approche “dont le temps est venu”

2.5.1 Pourquoi il est opportun de s’intéresser aux aires protégées de catégorie V

Jusqu’à récemment, les paysages habités n’avaient pas en général été le centre d’attention des initiatives
de conservation au niveau international. Plusieurs idées en témoignent: la protection du paysage de ce
type était essentiellement une idée Euro-centrique avec peu d’application ailleurs; s’occuper de l’aspect
visuel des sites était un souci superficiel; et la priorité universelle était de mettre une urgence sur la
sauvegarde du restant des aires “naturelles” incontournables. Ces opinions s’imposaient d’autant plus
que biologistes, zoologistes et autres scientifiques de la nature prédominaient au sein du mouvement
écologiste. Finalement il y a l’ascendant du modèle essentiellement nord-américain de parc national –à
l’origine de ce qui a été appelé ‘les enfants de Yellowstone’ (Everhart, 1972, p.200). Le résultat a été un
réseau mondial de parcs nationaux et d’aires similaires strictement protégées, qui ont servi de base pour
la plupart des efforts actuels protégeant la biodiversité.

Pourtant, lors des dernières années l’emphase a été mise sur les paysages exceptionnels,
actifs et habités. Cela est dû dans une large mesure aux récents et importants progrès conceptuels et
opérationnels dans la conservation en général, et dans les aires protégées en particulier. Ainsi, la biologie
de la conservation a montré la nécessité de travailler à l’échelle de l’écosystème et à travers le paysage
dans sa plus grande étendue, à l’aide de stratégies bio-régionales. Au niveau mondial, il est actuellement
accepté que les aires protégées ne soient plus être traitées comme des îlots, mais plutôt vues dans un
contexte plus large. La présence de parcs qui existent que sur papier –concrètement ils ne sont pas des
aires protégés- montre que se fier uniquement aux normes et à leur application revient cher et échoue
très souvent. Il y a aussi une nouvelle compréhension du lien entre nature et culture: les paysages
bien portants sont façonnés par la culture humaine aussi bien que par les forces de la nature; une riche
diversité biologique coïncide souvent avec une diversité culturelle; et la conservation ne peut pas être
entreprise sans l’implication de ces populations qui vivent très près des ressources (Brown et Mitchell
2000).

Toutes ces visions servent de base pour une nouvelle approche plus complète des aires protégées,
approche qui a été saisie dans un nouveau “paradigme des aires protégées”, voir Schéma 7.

De plusieurs façons, l’apparition de cette nouvelle pensée considérant les aires protégées comme
un ensemble augmente la signification des aires protégées de catégorie V (et en une certaine mesure de
la catégorie VI), puisqu’elles possèdent nombre de caractéristiques de la colonne droite du Schéma 7.

D’autre part, les aires protégées de catégorie V (et, de nouveau, de la catégorie VI à un certain
degré) reçoivent maintenant plus d’attention parce qu’elles:

- sont vues comme un moyen d’identifier, appuyer et promouvoir l’usage durable des
ressources, moyen qui est particulièrement précieux quand il y a une multitude de traditions
et de coutumes bien testées et essayées qui peuvent être mises à profit dans l’usage durable
des ressources naturelles (par exemple Benson et Roe, 2000);

12
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Schéma 7 Un nouveau paradigme pour les aires protégées (d’après Beresford et


Phillips, 2000)

Avant les aires protégées étaient... Maintenant les aires protégées sont ...

Planifiées et gérées contre la population Dirigées avec, pour et, dans certains cas, par la population locale

Dirigées par le gouvernement central Dirigés par plusieurs partenaires

Mises de côté pour la conservation Dirigées aussi avec des objectifs sociaux et économiques

Gérées sans s’occuper de la communauté Gérées pour aider à satisfaire les besoins de la population locale
locale

Développées séparément Planifiées comme une partie des systèmes nationaux,


régionaux et internationaux
Gérées comme des ‘îles’ Développées comme des ‘réseaux’ (aires strictement protégées,
adjacents à des zones tampons et reliées par des corridors verts)

Créées surtout pour la protection physique, Souvent établies pour des raisons scientifiques, économiques et
visuelle culturelles
Gérées surtout pour visiteurs et touristes Gérées ayant à l’esprit la population locale

Gérées par réaction et sur une petite échelle Gérées par adaptation dans une perspective de long terme
de temps

Sous protection Aussi sous restauration et réhabilitation


Vues essentiellement comme un atout national Vues aussi comme un atout de la communauté

Vues exclusivement comme un enjeu national Vues aussi comme un enjeu international

- sont des éléments clef dans les programmes de conservation à grande échelle connus sous le
nom d’aménagement bio-régional, gestion de l’écosystème, gestion basée sur l’écosystème
ou planification à l’échelle du paysage (par exemple Miller, 1996; Maltby et autres, 1999);
- peuvent étayer, défendre ou soutenir les aires plus strictement protégées, comme celles des
catégories I – IV;
- peuvent remplir un rôle similaire comme “bloc composant” dans les corridors biologiques
ou écologiques (par exemple Bennett, 1998);
- offrent un champ pour la restauration de valeurs culturelles et naturelles aussi bien que pour
leur protection;
- sont vues comme un lieu de rencontre entre l’héritage culturel et naturel, surtout grâce à
l’inclusion des Paysages culturels selon la Convention du patrimoine mondial;
- représentent une manière très souple de gérer une aire, susceptible de prendre plusieurs
formes différentes selon la situation locale (voir Tableau 32 par exemple);
- comprennent souvent des systèmes d’agriculture et autres pratiques d’usage de la terre qui
conservent et dépendent d’un riche héritage génétique de bétail domestiqué et de produits
agricoles, et dont la valeur potentielle est de plus en plus appréciée (par exemple grâce au
Programme de travail de la Convention sur la diversité biologique – CDB); et
- reflètent dans tous les cas la volonté de la population d’avoir accès à un paysage de haute
qualité. (Dans le cadre européen ce droit est désormais incorporé formellement dans la
préface de la CEP, voir Tableau 7).

13
2. Introduction aux aires protégeés de catégorie V

2.5.2 Application des approches de catégorie V à l’extérieur de l’Europe et dans le


monde en développement

C’est sur cette toile de fond qu’il existe maintenant un intérêt croissant pour les approches de catégorie
V aux fins de conservation dans beaucoup de pays. Et le plus important est que l’intérêt ne se limite plus
à l’Europe. Il y a eu de l’action sur le terrain pour établir des aires protégées de catégorie V -et des appels
en faveur de mesures semblables dans beaucoup d’autres régions- comme par exemple:
- dans les petits États insulaires en développement, aux Caraïbes et au Pacifique (Romulus et
Lucas, 2000);
- dans les territoires agricoles traditionnels des Andes (Sarmiento et autres, 2000);
- dans les terres grandissantes de culture traditionnelle de café, au Mexique et en Amérique
centrale (Miller et autres, 2001)
- dans les paysages anciennement peuplés de l’est des États-Unis et du Canada (Mitchell et
autres, 2002) – voir les photos 5 et 7;
- la croissance, dans le système des parcs nationaux aux États-Unis, des aires nouvellement
protégées qui relèvent de partenariats (Tuxill et Mitchell, (eds.), 2001);
- dans les aires sauvages éparses de l’est africain;
- dans d’anciennes réserves ‘himas’ et dans les systèmes d’irrigation d’Arabie Saoudite
(Joubert et Sulayem, 1994);
- dans les communautés de montagne de l’Himalaya, par exemple l’Aire de conservation
d’Annapurna, Népal – voir photos 4 et 11;
- au Japon, où de nombreux parcs nationaux sont gérés comme des aires protégées de catégorie
V (WCMC, 1987);
- dans les terrasses de riz des Philippines (Conklin, 1980).
Quelques-uns de ces exemples sont décrits plus en détail dans les tableaux d’études de cas le long de
toute cette publication et/ou illustrés par des photographies. Tel qu’on le verra, plusieurs d’entre eux ont
lieu dans des pays en développement. Le Tableau 1 résume pourquoi les pays en voie de développement
devraient s’intéresser à cette approche:

Tableau [Link] les approches de catégorie V conviennent bien aux besoins des
pays en développement

Avec l’accent qu’elle met sur la valeur des interactions entre l’homme et la nature à travers le temps,
la désignation comme catégorie V (Paysages terrestres et marins protégés) s’avère particulièrement
appropriée pour les paysages habités des régions en développement de la planète. C’est une approche
utile car, en particulier, elle:

- relie les besoins de la population et ses moyens de subsistance avec la conservation et l’usage
soutenu des ressources naturelles et donc avec la biodiversité;
- embrasse habituellement une mosaïque de régimes de propriété de la terre, qui comprend la
propriété privée et communale;
- peut inclure divers régimes de gestion, et en accroître le respect, parmi lesquels le droit
coutumier et l’observance religieuse qui gouvernent la gestion des ressources;
- a des objectifs spécifiques importants concernant la conservation de l’héritage culturel;
- cherche à apporter des bénéfices aux communautés locales et contribuer à leur bien-être par
la provision de biens et services environnementaux; et
- a fait preuve de son bon fonctionnement dans certains endroits où les aires protégées au sens
strict du terme ont échouées en raison des difficultés à obtenir le soutien des communautés
locales.
(D’après Oviedo et Brown, 1999)

14
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Il n’est pas suggéré qu’un type d’aire protégée qui a eu de fortes racines en Europe soit tout
simplement transposé au monde en développement dans sa forme originale: ce serait courir le risque
de répéter les erreurs commises dans le passé avec d’autres modèles de parc inappropriés. On avance
plutôt que quelques caractéristiques inhérentes à l’approche de catégorie V la rendent appropriée pour
sa considération dans beaucoup de pays, y compris les pays en développement. Tel que les études de cas
l’illustre clairement dans ces Lignes directrices, ces caractéristiques comprennent:

- le fait que la gestion des aires protégées de catégorie V peut prendre beaucoup de formes
différentes et peut donc être adaptée aux situations et besoins locaux variés;
- la reconnaissance que l’approche donne aux systèmes traditionnels de gestion des territoires
qui méritent d’être protégés pour leurs valeurs viables;
- la protection qu’elle peut donner aux ressources naturelles, à la biodiversité et aux valeurs
du paysage existantes dans beaucoup d’aires rurales habitées des pays en développement,
mais qui ne sont pas normalement incluses dans les systèmes d’aires protégées;
- le fait qu’elle représente une option aux aires strictement protégées, lesquelles dans certains
endroits ont été refusées par les communautés locales et ont eu des réussites de conservation
plutôt limitées; et
- la façon dont elle offre de nouveaux modèles pour la conservation et le développement
durable, qui supposent des partenariats avec les communautés locales et autres parties
prenantes.

Bien entendu, les aires protégées de catégorie V ne peuvent pas espérer résoudre tous les défis
de conservation et de développement auxquels les pays en développement font face. Elles ne sont
également pas un moyen convenable d’éviter tous les compromis douloureux entre le développement et
la conservation, dès lors que la conservation de ces sites impliquera toujours des contraintes sur certains
types de développement. De plus, et comme il a bien été noté, les aires protégées de catégorie V ne
sont pas des remplacements de formes plus conventionnelles d’aires protégées (c’est-à-dire celles des
catégories I – IV), dont l’importance est plus grande que jamais. L’exigence actuelle est plutôt compléter
la protection au sens strict du terme en adoptant plus largement l’approche de catégorie V. Ces Lignes
directrices cherchent à montrer comment les aires protégées de ce genre doivent être planifiées

15
3. La planification des aires protégées de
catégorie V

3.1 Principes de planification pour la catégorie V

En exposant les principes (ci-après et à la Section 4.1), on reconnaît qu’il peut être difficile pour certains
pays, et pour quelques planificateurs et gestionnaires d’aires protégées, d’adopter entièrement ces
principes à ce point-ci. Ils représentent, plutôt, les idéaux de la planification et la gestion des aires de
catégorie V.

Le terme “planification” est utilisé ici pour signifier le processus qui mène à la création d’une
aire protégée (après quoi la “gestion” devient le mot opératif). Cette section s’occupe donc du cadre
légal et du processus de sélection et de création. La planification a plusieurs dimensions:

- Une dimension locale dans laquelle les mesures nécessaires sont mises en place avant que
chaque aire ne soit formellement établie. À cette étape surgiront des questions sur le statut
légal de l’aire, les objectifs proposés pour elle et les structures de gestion, les limites, etc.
qui devront être décidées;
- Là où un niveau régional (c’est-à-dire sous-national) de gouvernance a été développé, une
dimension régionale, dans laquelle les aires protégées individuelles sont planifiées comme
faisant partie de l’aménagement territorial et du développement économique régionaux;
- Une dimension nationale comprenant la planification d’un système d’aires protégées de
catégorie V. Elle embrasse des questions telles que la base législative essentielle, le recueil
de l’information nationale, la clarification des buts pour les aires protégées de catégorie V et
l’incorporation des Paysages protégés au sein d’un système national d’aires protégées et de
politiques concernant le changement dans les zones rurales; et
- Une dimension internationale, puisque les pays ont des obligations sur le patrimoine ou
l’environnement internationaux, lesquelles ont à leur tour des implications sur la planification
des aires protégées en général, et dans certains cas sur les Paysages protégés. Certaines
de ces contraintes émanent des conventions mondiales, comme la CDB, Ramsar (marais)
et le Patrimoine mondial, et le Programme de l’UNESCO pour l’homme et la biosphère
(Réserves de biosphère); d’autres sont régionales, comme celles imposées par la Convention
européenne sur le paysage et par le Conseil méso-américain pour le développement durable.
La planification de certaines aires protégées de catégorie V peut aussi être influencée par des
accords coopératifs bilatéraux entre des États voisins concernant les problèmes de ressources
naturelles et environnementales.

La plupart de ces Lignes directrices ont été écrites du point de vue d’un gouvernement central,
provincial ou local, qui cherche à établir des aires protégées de catégorie V. Mais l’initiative de créer
ces aires peut aussi venir d’ailleurs: une ONG, un organisme privé ou la communauté elle-même (voir
aussi Tableau 32). Les références au “bureau de l’aire protégée” ou à “l’autorité de l’aire protégée”
doivent donc être lues en tenant compte de cette large interprétation. Bien que les circonstances
soient variées d’un pays à l’autre, un cadre administratif et légal de grand soutien sera en principe
nécessaire si les initiatives pour créer et gérer des aires protégées de catégorie V venant de l’extérieur
du gouvernement désirent avoir du succès. Et elles ne prospèreront qu’à la condition qu’une bonne
gouvernance soit la norme, et que la société en question s’engage à réduire la pauvreté, promouvoir une
plus grande équité et encourager des moyens productifs de subsistance pour tous.

16
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Les principes de planification pour les aires protégées de catégorie V sont les suivants:

Principe 1: la planification à tous les niveaux doit être basée sur les lois, les coutumes et les valeurs de
la société en question. Ceci signifie, par exemple, que l’orientation générale donnée dans ce livre doit
être adaptée aux conditions du pays et de la société locale.

Principe 2: une base légale solide est nécessaire pour les aires protégées de catégorie V (Section 3.2).

Principe 3: une approche systématique est nécessaire pour la sélection des aires protégées de catégorie
V (3.3).

Principe 4: une aire protégée de catégorie V doit être planifiée en prévoyant les liens avec d’autres aires
protégées et avec la bio-région plus vaste dont elle fait partie, et aussi comme modèle de viabilité pour
une application éventuellement plus ample (3.4).

Principe 5: Il faut tenir compte de la pertinence de tout classement international de protection (3.5).

Principe 6: la détermination des limites de l’aire protégée est un point clef de la planification (3.6).

Principe 7: les systèmes de planification doivent être assez souples pour considérer les structures
existantes de propriété de la terre et les rôles institutionnels lorsque ceux-ci peuvent étayer les buts de
conservation (5.2.2).

Principe 8: un système effectif d’aménagement du territoire est un fondement essentiel (5.4).

Principe 9: la planification doit impliquer la participation d’une série d’intérêts nationaux, régionaux
et locaux (3.7).

Principe 10: il est essentiel de construire un fort soutien politique et publique en appui de l’aire (3.8).

3.2 La législation sur les aires protégées de catégorie V

De façon générale, la législation est considérée comme la base nécessaire d’une aire protégée de
catégorie V, mais –tel qu’énoncé ci-dessus- beaucoup de sites méritent la protection et n’ont pas encore
eu une reconnaissance formelle et légale. Bien que cela ne diminue pas l’importance d’une base légale
solide, c’est un rappel comme quoi les aires protégées de catégorie V dépendent, pour leur succès, de
l’acceptation sociale et de la tradition.

Cependant, une base légale efficace est normalement indispensable dans le but d’établir et
de gérer une aire protégée de catégorie V. Cette base peut être de trois sortes: (i) législation d’aires
protégées; (ii) contrôles d’aménagement du territoire et législation visant les éléments du paysage (de
Klemm à l’UICN, 2000); et (iii) législation générale favorisant le développement durable.

17
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

Législation d’aires protégées: un nombre de plus en plus important de pays a inscrit spécifiquement la
protection du paysage comme une partie de leur législation sur les aires protégées, notamment quand ils
ont entrepris de suivre le système de catégories de gestion d’aires protégées de l’UICN (voir Schéma 2).
En général, cette législation fait partie des lois du pays sur la conservation de la nature, bien qu’on puisse
trouver d’autres lois sur la protection du paysage. Quand une loi autorise spécifiquement la création
d’aires de paysage protégées (c’est-à-dire, lorsqu’on inclut la protection de paysages terrestres et marins
comme une des raisons pour la désignation d’une aire protégée), il existe différentes approches sur la
nature d’une telle désignation et sur ses procédures.

Quelques pays possèdent des lois pour établir des aires individuelles de catégorie V. Cependant,
la plupart du temps, ces lois délèguent la responsabilité d’établir des aires individuelles protégées de
catégorie V à un bureau spécifique ou autre entité gouvernementale (la législation de certains pays
permet que d’autres groupes, comme les ONG, jouent le rôle de ’bureau’). Celui-ci établira la protection
en adoptant une législation subordonnée, en faisant une déclaration administrative ou en suivant d’autres
procédures établies. Une fonction importante de cette législation est celle d’exprimer les priorités
relatives des objectifs environnementaux, économiques et sociaux. Même si ces lignes directrices
mettent l’accent sur le besoin d’intégration entre ces trois objectifs il n’en est pas moins vrai qu’elles
tranchent, quand il y a un conflit inévitable, prioritairement pour la protection de l’environnement (voir
Étude de cas 2).

Législation sur l’aménagement du territoire: normalement, les problèmes concernant le paysage –voir
aussi le Tableau 1- sont traités dans la législation sur l’aménagement du territoire. Ici encore, des
approches différentes sont possibles. Certains pays utilisent leur cadre législatif d’aménagement du
territoire comme l’instrument fondamental pour la désignation formelle des aires de paysages protégées;
par essence, ce cadre tient lieu de loi sur les aires protégées. Dans d’autres cas, les aires de paysage
protégées, bien que non désignées spécifiquement comme telles, sont créées de facto par les lois qui
limitent les activités au sein de la zone de paysage, exactement de la même façon qu’une aire protégée.
Le rôle de l’aménagement du territoire est particulièrement critique pour le succès des paysages protégés
mais il est traité très différemment d’un pays à l’autre.

Dispositions générales sur le développement durable: finalement, quelques pays ont incorporé la notion
de développement durable, et de l’Agenda 21, sous forme législative (par exemple dans le texte de la
constitution). Ces tentatives sont encore très générales mais elles peuvent être très profitables pour les
aires protégées de catégorie V.

Étant donné la diversité de situations parmi les pays, et la variété de traditions légales, il n’est
pas conseillé de prescrire une seule approche pour les bases légales de toutes les aires protégées de
catégorie V. Mais des orientations pourraient être recommandées –voir le Tableau 2 ci-dessous.

18
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 2. Lignes directrices pour la législation permettant de créer des aires


protégées de catégorie V

La législation spécifiquement conçue pour les aires protégées de catégorie V doit:

- permettre la création d’aires protégées de catégorie V (directement à travers la législation


même, ou à travers un processus formel dérivé de celle-là);
- fixer les objectifs pour les aires en question en termes généraux, y compris la reconnaissance
du fait que, dans ces aires, la relation entre les objectifs environnementaux, sociaux et
économiques doit être évaluée et gérée en donnant la priorité à la protection des qualités
environnementales;
- spécifier les conditions requises pour l’implication de la communauté et du public en
général dans le processus de prise de décisions sur la planification et la gestion, y compris
la désignation de l’aire, tout en donnant la priorité aux résidents locaux, sans oublier que
les communautés, individus, organisations et entités à l’extérieur de l’aire peuvent aussi
être touchés et qu’il faut leur donner en conséquence l’opportunité;
- définir les limites adéquates de l’aire protégée, ou bien clarifier les procédures pour leur
définition, pour déterminer ces limites avec précision et pour considérer les soucis des
propriétaires fonciers dont les terres se trouvent à l’intérieur de l’aire désignée, aussi pour
rajuster les limites;
- permettre la mise en place et la supervision d’une autorité compétente de gestion;
- fixer les pouvoirs (par exemple sur l’aménagement du territoire) et les obligations (par
exemple préparer un plan de gestion) de l’autorité; et
- expliquer comment l’autorité sera financée, pourvue de personnel, etc.

La législation dans d’autres secteurs doit bien considérer les besoins des aires protégées de catégorie
V. Ceci est spécialement pertinent pour la législation sur les sujets suivants:

- aménagement du territoire et développement urbain;


- conservation naturelle, historique et culturelle;
- contrôles de la pollution;
- usage des ressources d’eau, y compris les activités de pêche;
- agriculture, sylviculture, pêche, extraction minière/de gravier;
- toute législation centrée sur la géographie, comme celle concernant le littoral ou
les marais, laquelle aidera à gérer l’aire; et
- activités d’organismes prévus par la loi, entreprises et fournisseurs de services
publics, y compris notamment les programmes de développement d’infrastructure
et d’amélioration des moyens de subsistance des habitants ruraux.

19
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

Les Études des cas 1 et 2 sont des exemples de législation nationale utilisée pour créer les
systèmes nationaux des aires de catégorie V.

ÉTUDE DE CAS 1.
Législation brésilienne sur les aires de protection environnementale (Catégorie V)

Inspiré de l’expérience française et portugaise, et conscient du coût élevé qu’aurait signifié


l’expropriation de terres pour créer des aires protégées au sens strict, le Brésil a développé une
solution alternative pour la constitution d’aires protégées. Ainsi, la législation qui crée les Aires de
Protection Environnementale (APE) fut votée en 1981. Elle s’est centrée sur les aires ayant un degré
d’occupation humaine, mais ayant aussi des valeurs biotiques, non-biotiques, esthétiques et culturelles
particulières qui sont importantes pour la qualité de vie et le bien-être des populations. De nombreux
instruments juridiques ont été employés pour établir les règles et les lignes directrices concernant ces
aires. Cependant, le plus important a été la loi fédérale de l’an 2000, qui leur a donné le statut propre
d’Unités de Conservation dans le cadre du Système National d’Unités de Conservation (SNUC). En
1997, 86 de ces aires avaient déjà été créées au Brésil, dans 21 états (couvrant presque 11.6 millions
de km2 –ou environ 22% de toutes les aires protégées du Brésil). Le SNUC compte 12 genres d’aires
protégées, divisés en deux grands groupes: protection intégrale (cinq genres) et utilisation durable
(sept genres, y compris l’APE).

Selon la législation, une APE doit avoir:

- un zonage écologique et économique;


- une zone sauvage (Zona de Vida Silvestre – ZVS);
- exigences urbaines, quand c’est le cas;
- un Comité de gestion pour entreprendre la coordination, selon
- un Plan de gestion.

Source: Marilia Britto de Moraes

ÉTUDE DE CAS 2.
La législation des parcs nationaux du Royaume-Uni: conception en partenariat

En dépit de leur nom, les parcs nationaux au Royaume-Uni sont des paysages protégés, contenant
plusieurs des plus belles côtes et campagnes de la nation. Les démarches pour leur sélection, désignation
et gestion ont été consignées dans la National Parks and Access to the Countryside Act 1949 [Loi de
1949 sur les parcs nationaux et l’accès à la campagne], qui régissent l’Angleterre et le Pays de Galles.
L’idée sous-jacente de la Loi de 1949 reste largement valide aujourd’hui, bien que les circonstances
changeantes aient apporté des révisions. 11 parcs nationaux existent en Angleterre et au Pays de Galles,
et deux encore ont été proposés. Plus de 250 000 habitants vivent dans les parcs qui couvrent plus de
9% de l’Angleterre et du Pays de Galles. La législation des parcs nationaux de l’Écosse n’a pas été
promulguée jusqu’en 2000 et son premier parc a été créé en 2002.

La législation donne aux bureaux du gouvernement (l’Agence pour la campagne en Angleterre,


le Conseil pour la campagne au Pays de Galles et le Patrimoine naturel écossais) le pouvoir de désigner
des parcs nationaux et de conseiller sur leurs administration et gestion. Une Autorité des parcs nationaux
(NPA) autonome dirige chaque parc. Même s’ils opèrent dans le cadre du gouvernement local, ces
organismes reçoivent le gros de leur financement du gouvernement central. Ce sont des personnes
morales aux pouvoirs exécutifs, dont les membres sont nommés pour défendre les intérêts locaux et
nationaux.

20
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 2.
La législation des parcs nationaux du Royaume-Uni: conception en partenariat
En Angleterre et au Pays de Galles, les NPA jouissent d’un éventail de pouvoirs pour accomplir leur
double but:

- conserver et mettre en valeur la beauté naturelle, le patrimoine naturel et culturel; et


- promouvoir auprès du public la compréhension et la jouissance des qualités spéciales du
parc.

Si un conflit entre ces buts ne peut être résolu, la priorité va au premier. Cependant, bien que les
parcs nationaux ne soient pas des organismes de développement économique, les NPA ont pour mission
d’accomplir leurs deux buts de façon à favoriser le bien-être social et économique de leurs communautés
locales. Les NPA proposent un aménagement du territoire et un Plan de gestion pour l’aire en question,
pourvoient les services de gestion et contrôlent la construction et autres types d’infrastructure.

Source: Richard Partington

Une question s’impose à cette étape: le nom à donner aux aires de catégorie V selon la législation
nationale. Le titre générique employé par l’UICN est “paysages terrestres et marins protégés”. Cependant,
tel qu’on l’a remarqué plus haut, au niveau national les noms donnés aux aires protégées dans chaque
catégorie varient, selon les circonstances et les besoins nationaux, voir locaux. Le Tableau 3 ci-dessous
nous donne une indication de cet éventail de noms qui ont été employés dans beaucoup de pays (en
traduction si nécessaire) pour décrire leurs aires protégées de catégorie V

Tableau 3. Quelques exemples de noms nationaux employés pour les aires protégées
de catégorie V (UICN, 1998)
Allemagne: Aire de protection du paysage / Parc Japon: Parc national (quelques-uns)
naturel
Lettonie: Paysage protégé et Parc naturel
Arabie Saoudite: Réserve traditionnelle Hima
Norvège: Aire de protection de paysage
Autriche: Paysage protégé

Brésil: Aires de protection environnementale Nouvelle Zélande: Parc de conservation

Canada (Ontario): Aire de conservation Philippines: Paysage terrestre/marin protégé

Canada (Québec): Parc naturel Pologne: Parc de paysage

Chine: Aire pittoresque Portugal: Parc naturel et Paysage protégé

Chine (Hong Kong): Parc campagnard République Dominicaine: Paysage protégé

Colombie: Réserve de protection forestière République Tchèque: Aire de paysage protégée

Corée, République de: Parc national Royaume-Uni: Parc national, Aire de beauté
naturelle exceptionnelle et Aire pittoresque
Croatie: Paysage protégé et Parc naturel nationale

Cuba: Aire naturelle touristique Slovénie: Parc de paysage

Espagne: Parc naturel Suède: Aire de conservation de la nature


(cont.)

21
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

Tableau 3. Quelques exemples de noms nationaux employés pour les aires


protégées de catégorie V (UICN, 1998) (cont.)
États-Unis: différents termes employés selon les Suisse: Aire de protection de paysage
états
Turquie: Parc naturel
France: Parc naturel régional
Venezuela: Zone protectrice
Hongrie: Aire de paysage protégée
Yougoslavie: Parc naturel régional
Italie: Parc naturel régional ou provincial
Notes au Tableau 3: Zimbabwe: Parc de récréation

1. Information tirée de la Liste des Nations Unies des aires protégées, 1997 (UICN, 1998).
2. Celle-ci n’est pas la liste complète des aires protégées de catégorie V de l’ONU, mais seulement
une sélection.
3. Aucun jugement n’est porté sur comment les sites ci-dessus satisfont les normes préconisées dans
ces lignes directrices.

3.3 Sélection des aires protégées de catégorie V

Normalement la loi donnera le pouvoir d’agir, et l’action de sélectionner des aires individuelles adéquates
pour le statut de catégorie V suivra. Les lignes directrices de l’UICN de 1994 sur les catégories de
gestion d’aires protégées (voir Annexe 1) ne donnent qu’un avis limité sur les critères à employer à cette
étape. Il est pourtant possible de dégager quelques qualités essentielles et désirables qui devraient être
recherchées à l’étape de la sélection, voir Tableau 4.

Tableau 4. Lignes directrices relatives aux critères de sélection des aires protégées de
catégorie
Caractéristiques fondamentales pour la sélection d’aires protégées de catégorie V, d’importance nationale
et internationale:
- Paysage terrestre et/ou paysage marin côtier et insulaire aux attributs remarquables et/ou aux
qualités pittoresques singulières;
- Habitats, flore et faune associés et importants;
- Évidences qu’une interaction harmonieuse entre l’homme et la nature a perdurée à travers le
temps, et possède encore une intégrité;
- Une constante unique ou traditionnelle dans l’utilisation du territoire, par exemple comme
celle dont témoignent les peuplements humains;
- Zone estimée pour la provision de services environnementaux (par exemple, protection des
bassins);
- Zone estimée pour l’usage durable des ressources naturelles;
- Organisations sociales uniques ou traditionnelles, dont témoignent les coutumes, les moyens
de subsistance et les croyances locaux; et
- Opportunités pour le loisir public sous forme d’activités récréatives et de tourisme
correspondant au mode de vie et aux activités économiques.
Caractéristiques souhaitables pour la sélection d’aires protégées de catégorie V:
- Zones propices à la recherche scientifique;
- Importantes pour l’éducation;
- Reconnaissance par des artistes de tous genres et dans les traditions culturelles (actuellement
et dans le passé);
- Zone importante pour l’agri-biodiversité (cultures et bétail domestiqués); et
- Potentiel pour la restauration écologique et/ou du paysage.

22
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

La sélection doit être systématique, non pas ad hoc. En d’autres mots, la meilleure approche est
une analyse complète, à l’échelle du pays, des aires les plus convenables au statut de catégorie V, plutôt
que des exercices individuels et aléatoires de sélection de sites. Idéalement ces analyses sur l’ensemble
du pays devraient faire partie de l’accomplissement des dispositions de l’Article 8º de la CDB, qui
demande à chaque État membre d’établir “un système d’aires protégées -ou d’aires où des mesures
spéciales doivent être prises- pour conserver la diversité biologique”. L’analyse des sites pour les World
Heritage Cultural Landscapes [Paysages culturels du patrimoine mondial] (voir plus bas) peut aussi
aider à repérer les sites qui pourraient être nommés aires protégées de catégorie V.

L’UICN a publié des recommandations générales sur l’élaboration de plans des systèmes
nationaux d’aires protégées –c’est-à-dire des systèmes qui comprennent les aires de catégorie V
(Davey, 1998). Cependant, les traits distinctifs des aires protégées de catégorie V exigent de mettre un
accent tout particulier sur certains aspects du paysage actif et habité qui ne seraient pas normalement
considérés dans une évaluation standard de la biodiversité, puisque ces évaluations tendent à se centrer
sur les habitats naturels ou quasi-naturels subsistants. Certains pays, surtout en Europe, ont entrepris
des analyses de paysages pour se pourvoir de politiques de paysages, et pour repérer des aires propices
aux aires protégées de catégorie V (Wascher, 2000). Voilà un volet prometteur, mais il est prématuré de
recommander une approche standard, en raison du large éventail de circonstances particulières dans les
différents pays. Cependant, il est clair que la sélection des aires protégées de catégorie V nécessitera des
données extraites des sources les plus variées, voir Tableau 5.

Tableau 5. Lignes directrices quant aux données requises pour la sélection d’aires
protégées de catégorie V

Notez que les recommandations suivantes s’ajoutent aux principes généraux pour la sélection de sites
dans un système national d’aires protégées (voir Davey, 1998)

Lors de la sélection de sites pouvant être désignés comme aires protégés de catégorie V au niveau
national, l’information suivante est nécessaire:

Qualité pittoresque: aires au décor spectaculaire ou exceptionnel, résultat tant du contraste et/
ou interaction entre l’oeuvre de la nature et de l’homme, que de la qualité intrinsèque des éléments
naturels;

Importance récréative: aires où tant le paysage que les manifestations culturelles associées constituent
des attractions importantes pour les touristes ou pour les loisirs en plein air;

Traditions d’intendance: aires où la population perpétue d’anciennes traditions de respect de la terre


et des ressources naturelles, basées sur les principes de viabilité ou durabilité, et en particulier sur ceux
qui reflètent d’excellents exemples d’utilisation durable de la terre, utilisation qui:

- respecte la capacité productive de la terre,


- préserve la qualité et la quantité du sol,
- gère et préserve la qualité de l’eau,
- gère de façon responsable l’environnement marin,
- gère les ruisseaux et les rivières en réduisant inondations et trop-pleins nuisibles,
- préserve la verdure, et
- restaure la végétation, les sols et les sources d’eau;

Conservation de la biodiversité: aires où le paysage représente un exemple remarquable de comment


les systèmes d’usage traditionnel de la terre peuvent:
(cont.)

23
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

Tableau 5. Lignes directrices quant aux données requises pour la sélection d’aires
protégées de catégorie V
- contribuer à la protection des écosystèmes naturels (par exemple, en protégeant les forêts
dans les bassins),
- aider à protéger les espèces de la faune et la flore,
- aider à protéger la diversité génétique des espèces sauvages, et
- créer des habitats à moitié naturels de grande importance pour la biodiversité, c’est-à-
dire des écosystèmes maniés par des interactions bien structurées et fonctionnelles entre
leurs composantes vivantes;
Agri-biodiversité: aires où les systèmes traditionnels de culture ont:
- développé et/ou conservé maintes variétés de bétail, et
- développé et/ou conservé maintes variétés de cultures, telles que céréales, fruits ou
tubercules;
Patrimoine culturel: paysages qui conservent des éléments bâtis antérieurement témoignant de faits
importants et/ou d’une histoire d’occupation humaine sur une longue période; et
Manifestations culturelles: aires dont le paysage comprend de fortes valeurs culturelles et/ou des
manifestations artistiques.

Ainsi, l’évaluation de sites qui seront possiblement à inclure dans un plan systématique national
d’aires protégées de catégorie V, doit considérer en quelque sorte les facteurs environnementaux,
culturels, économiques et sociaux, et leur interaction, qui ne sont normalement pas considérés dans la
planification des systèmes d’aires protégées. Cette évaluation exige aussi que les ressources tangibles et
intangibles ainsi que les bénéfices soient pris en compte.

3.3 Catégorie V, aires protégées voisines et planification bio-régionale

Une liste de rapports géographiques entre la catégorie V et les autres aires protégées est possible (voir
aussi Schéma 8), comme suit:

- Dans certains cas, une aire protégée extensive de catégorie V peut abriter une ou plusieurs
petites réserves de protection stricte. De nombreuses aires protégées en Europe présentent
cette caractéristique;
- Une fonction importante des aires protégées de catégorie V est celle d’agir comme tampon
autour d’une aire noyau d’une aire protégée plus grande et plus strictement protégée que
l’aire tampon. Comme tampon un paysage protégé peut aider à assurer que les pratiques
d’utilisation du territoire ne menacent pas l’intégrité de l’aire noyau protégée, laquelle est
normalement définie comme catégories I-IV (un exemple d’aire de catégorie V en fonction
tampon est décrit dans l’Étude de cas 3, du Népal);
- Dans d’autres cas, une aire protégée de catégorie V peut agir comme liaison entre d’autres
aires protégées, et procurer les bénéfices écologiques de la connexité; et finalement
- Le rôle le plus ambitieux des paysages protégés est de devenir des “éléments constitutifs”
d’un programme de conservation sous-régional et à grande échelle, facilitant ainsi la création
d’un corridor pour la nature et le rendement de bénéfices tirés d’une connexité plus grande
s’étendant sur, disons, quelques centaines de kilomètres (Bennett, 1999). Comme exemples
de ce type de planification bio-régionale qui comprend les aires de catégorie V, nous avons:

- le Corridor biologique méso-américain, visant à unir plusieurs aires protégées de genres


différents le long de la dorsale de Méso-amérique;

24
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Schéma 8 Diagramme représentant les fonctions de tampon et de liaison d’une aire


protégée de catégorie V

Petite réserve
Tampon
Liaison

Grandes
Tampon
aires noyau
Aire strictement protégée:
catégories I – IV
Aire protégée de
catégorie V Tampon

- la Serra do Mar, Brésil, visant à faire de même le long des hautes terres riches en bio-
diversité du sud-est de ce pays; et
- Le Corridor de conservation des Apennins centraux, en Italie, qui crée une chaîne de
protection le long du massif, liée à l’aire noyau dans le Parc national des Abruzzes.

Une aire protégée de catégorie V faisant partie d’un plan à échelle aussi grande devra encore
remplir les critères du Tableau 4. Cependant, l’aire acquiert une valeur stratégique nettement plus grande
pour la conservation et l’utilisation durable du territoire lorsqu’elle fait partie d’une approche au niveau
régional pour la protection de la biodiversité et d’une mosaïque d’aires protégées et d’autres usages de
la terre.

ÉTUDE DE CAS 3
Le Parc national royal Chitwan, Népal: zone tampon de catégorie V

En 1994 fut adopté le Règlement des Zones tampon (BZ), qui habilitait les autorités du parc à
instituer des aires attenantes comme BZ, et à attribuer entre 30 et 50% des recettes du parc à la
gestion des BZ. Cela a été fait pour donner aux communautés des BZ des opportunités de disposer
de moyens de subsistance alternatifs basés sur les ressources naturelles, et réduire de la sorte leur
dépendance vis-à-vis des ressources du parc.

La BZ du Parc national royal Chitwan (RCNP) fut instaurée en 1996, avec une surface de
766 km2 et une population de plus de 200 000 habitants vivant dans 510 emplacements environ.
Près de 43% de la BZ est encore peuplé de forêt. Certains secteurs de cette forêt sont d’importants
refuges d’animaux et servent de corridors reliant le RCNP avec les écosystèmes de montagnes au
nord et les Indian Wildlife Sanctuaries [Sanctuaires indiens naturels] au sud. Le RCNP et sa BZ
embrassent aussi d’importants sites culturels et historiques. Le territoire de la BZ est habité par
divers groupes ethniques, autochtones et migrants montagnards, qui possèdent d’impressionnantes
valeurs et coutumes religieuses et culturelles.

(cont.)

25
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

ÉTUDE DE CAS 3
Le Parc national royal Chitwan, Népal: zone tampon de catégorie V (cont.)
Une approche de co-gestion a été adoptée pour la BZ. Un Conseil de développement des zones
tampon (BZDC) assure la liaison entre la population locale et les gestionnaires du parc, et assigne
une part des recettes du parc à la conservation et aux activités d’aménagement dans la BZ, gérée à
travers des comités et groupes d’usagers. Les Comités d’usagers soumettent leurs propositions au
BZDC après consultation et approbation lors des réunions d’usagers. À ce jour, environ US$700
000 provenant des revenus du parc ont passé par ce biais à l’administration des BZ. Divers projets, y
compris le Projet parc et population financé par le PNUD, soutiennent cette initiative.
Quoique la BZ ne soit pas officiellement nommée aire protégée de catégorie V, son caractère
et ses objectifs de gestion sont similaires à ceux de ladite catégorie.

Source: Prabhu Budhathoki

3.4 Les aires protégées de catégorie V, classification et conventions


internationales

La désignation d’une aire protégée de catégorie V relève normalement de la compétence du gouvernement


central ou provincial, dans le cadre de la législation nationale. Cependant quelques-unes de ces aires
peuvent aussi en obtenir la reconnaissance en vertu d’un programme ou d’une convention internationaux.
La Convention du patrimoine mondial et le programme de Réserves de biosphère, tous deux de l’UNESCO,
sont particulièrement pertinents à l’échelle mondiale.

3.4.1 La Convention du patrimoine mondial

Depuis 1992, le Comité du patrimoine mondial est habilité pour classer les “Paysages culturels” sur
la liste du patrimoine mondial. Le Tableau 6 résume l’avis donné par le Comité sur ce type de sites de
patrimoine mondial. Comme on le verra bien, il est probable que certains de ces sites soient des aires
protégées de catégorie V à l’échelle nationale.

Tableau 6. Paysages culturels selon la Convention du patrimoine mondial

Le texte suivant est un extrait des Paysages culturels tiré des Lignes directrices opérationnelles1 pour
la Convention du patrimoine mondial, lesquelles régissent l’application de la Convention (UNESCO,
1999):
Les paysages culturels “sont des exemples illustratifs de l’évolution de la société et des
colonisations à travers le temps, sous l’influence de contraintes et/ou d’opportunités matérielles que
l’environnement naturel impose ou donne à l’homme, et sous l’influence aussi des forces sociales,
économiques et culturelles successives, tant externes qu’internes. Ils doivent être sélectionnés sur la
base tant de leur valeur universelle exceptionnelle que de leur représentativité en termes de région géo-
culturelle clairement définie, et aussi pour leur capacité à illustrer les éléments culturels essentiels et
distincts de ces régions” (paragr. 36).
“Le terme ‘paysage culturel’ embrasse une diversité de manifestations d’interaction entre
l’humanité et son environnement naturel” (paragr. 37).
“Les paysages culturels reflètent souvent des techniques d’usage durable du territoire
très particulières si l’on considère les caractéristiques et les limites de l’environnement naturel où
les paysages sont situés, et la relation spirituelle spécifique vis-à-vis de la nature. La protection des
paysages culturels
(cont.)

1
Les Lignes directrices opérationnelles du Patrimoine mondial étaient sous révision au moment de la préparation de cette brochurepublication.
Nous espérons que la présente section présentée ci-dessus soit incluse sans modifications dans les lignes directrices révisées.

26
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 6. Paysages culturels selon la Convention du patrimoine mondial (cont.)


peut contribuer aux techniques modernes d’usage durable de la terre et peut maintenir ou
rehausser les valeurs naturelles du paysage. L’existence constante de formes traditionnelles d’usage
de la terre contribue à la diversité biologique dans beaucoup de régions du monde. La protection de
paysages culturels traditionnels est donc une aide au maintien de la diversité biologique” (paragr. 38).

On reconnaît trois types de paysage culturel:

(i) Paysages conçus et créés exprès par la population: comme exemples nous avons les jardins
et les espaces verts construits pour des raisons esthétiques.

(ii) Paysages organiquement évolués: ils sont le résultat de l’interaction entre un impératif
social, économique, administratif et/ou religieux et l’environnement naturel. Il en existe deux
formes:

- Un vestige de paysage fossile où le processus évolutionnaire s’est arrêté;


- Un paysage continuel où les processus évolutionnaires continuent de nos jours, avec un
rôle social actif dans la société contemporaine et très attaché au mode de vie traditionnel, et
montrant en même temps des évidences matérielles significatives de son évolution à travers
le temps.
(iii)
Paysages culturels associatifs: ce sont les paysages qui sont importants en vertu de puissantes
associations d’éléments naturels de type religieux, artistique ou culturel, plutôt que d’évidences
culturelles matérielles.

Il est évident que des idées valables pour le développement des paysages culturels du patrimoine
mondial le sont aussi pour la catégorie V. Cela est vrai notamment en: (a) l’accent mis sur l’interaction
homme/nature, ce qui est notoire le plus souvent à la forme continuelle du paysage culturel organiquement
évolué (type (ii)), qui reconnaît la valeur des traditions culturelles liées au paysage et présentes jusqu’à
nos jours; et en (b) l’importance donnée aux valeurs associatives (type (iii)) (von Droste, et autres,
1995).

Cependant, il y a des différences importantes. Dans les paysages protégés “l’environnement


naturel, la conservation de la biodiversité et l’intégrité de l’écosystème sont les priorités. Par contre,
l’accent dans les paysages culturels est mis sur l’histoire de l’homme, la continuité des traditions
culturelles, et les valeurs et aspirations sociales”. (Mitchell et Buggey, 2000, p. 35). En outre, les paysages
culturels du patrimoine mondial comprennent un type spécialement conçu de paysage (type (i)) qui n’est
pas présent dans la notion de l’UICN sur les aires protégées de catégorie V (bien qu’un paysage protégé
puisse compter d’importants éléments créés). Finalement, le critère fondamental pour reconnaître un
paysage culturel du patrimoine mondial est celui de “valeur universelle exceptionnelle”. Il y a moins
d’accent mis sur les qualités extraordinaires dans le cas des aires protégées de catégorie V, quoique les
aires doivent certainement être significatives du point de vue national pour mériter la protection2. Voir
aussi le Schéma 10 ci-dessous.

Relier ‘culture’ et ‘nature’ par le biais des paysages culturels conformément à la Convention a
signifié un progrès énorme. Depuis son adoption, la coopération s’est établie entre l’UICN et l’ICOMOS

2
Pour plus d’éléments sur le rapport entre les paysages culturels d’après la Convention du patrimoine mondial et les paysages protégés
–catégorie V de l’UICN- voir Mitchell et Buggey, 2000.

27
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

(conseillers de la nature et de la culture respectivement pour la convention) afin d’effectuer une évaluation
et une surveillance coordonnés ou communes de ces sites. Basées sur l’expérience acquise jusqu’à nos
jours, les lignes directrices de gestion des paysages culturels de l’UNESCO sont en développement
(Lennon (ed), publié). On a fait appel aux dites lignes directrices à plusieurs reprises lors de la préparation
des lignes directrices sur les sujets en rapport avec les paysages protégés présentées dans cet ouvrage.

L’Étude du cas 4 explique comment la désignation Paysage culturel du patrimoine mondial,


une reconnaissance internationale, a servi à attirer l’attention sur le besoin urgent d’une action visant à
protéger les terrasses de riz des Cordillères philippines.

ÉTUDE DE CAS 4.
Les rizières en terrasse aux Philippines: importance de sa désignation comme pat-
rimoine mondial (voir photo de couverture et photo 12)

Les terrasses de riz aux Cordillères philippines (dans le nord de Luzon) ont été inscrites sur la
liste du Patrimoine mondial en 1995. Elles se placent parmi les plus stimulants paysages façon-
nés par l’homme dans le monde entier, et sont d’une beauté impressionnante. De nombreuses ter-
rasses sont construites sur des pentes très raides, dont certaines dépassent les 45º. Oeuvre du peuple
Ifugao, elles sont vieilles probablement de plus de 2000 ans et représentent un excellent exemple
d’entrelacement durable des valeurs naturelles et culturelles. Ce site a été le premier paysage cul-
turel du patrimoine mondial, dans la catégorie organiquement évolutive (voir Tableau 6). Malgré
qu’il ne soit pas formellement désigné aire protégée de catégorie V, le paysage des terrasses remplit
nettement les critères pertinents.

Sa désignation comme patrimoine mondial a appelé l’attention internationale sur les ter-
rasses et sur leur vulnérabilité face aux forces économiques et sociales qui mènent de nos jours à
l’érosion physique et au délabrement. À la suite de rapports comme quoi des influences négatives
persistaient après la désignation, une mission UICN/ICOMOS fut mise en place en 2001, après quoi
le Comité du patrimoine mondial a inscrit le site sur la liste du patrimoine mondial en danger. Cela
a démontré le souci international sur le destin de cette aire. Dans les débuts de 2002, le gouverne-
ment des Philippines a dissous le Groupe de travail, premier responsable de la gestion coordonnée
du site, et entamé les démarches pour instituer un nouvel organisme à ce propos. Le Comité a aussi
approuvé une allocation de soutien aux mesures nationales de mise en place des recommandations
de la mission UICN/ICOMOS. Les perspectives à long terme pour les terrasses restent incertaines,
mais l’action internationale à la faveur de la convention s’avère le meilleur moyen pour contrer les
tendances destructrices qui autrement continueraient sans diminuer.

Source: Adrian Phillips

28
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

3.4.2 Les Réserves de la Biosphère de l’UNESCO

Les fonctions de tampon et de liaison des aires protégées de catégorie V (voir Section 3.4 plus haut)
peuvent être très pertinents dans le contexte d’une réserve de la biosphère. Les recommandations
publiées par l’UICN et l’UNESCO (Bridgewater et autres, 1996) démontrent que les aires protégées
de catégorie V sont à même de remplir les fonctions d’une zone tampon ou de transition au sein d’une
réserve de biosphère, voir Schéma 9.

Schéma 9 Rapport entre les catégories de gestion des aires protégées de l’UICN et
les Réserves de la Biosphère (d’après Bridgewater et autres, 1996)

Catégorie de gestion d´aires protégées de l´UICN Zones de réserve de biospère

Noyau Tampon Transition

I a IV Oui Non Non

V Non Oui peut-être

VI peut-être Oui peut-être

Note: oui = compatibilité des buts de gestion; non = incompatibilité des buts
de gestion; peut-être = les buts de gestion peuvent être compatibles

3.4.3 Autres accords internationaux

Les paysages protégés désignés nationalement, ou au moins certaines parties d’entre eux, peuvent
aussi être reconnus conformément à d’autres accords mondiaux (par exemple, la Convention Ramsar
(marais)), et à des accords régionaux (par exemple, Natura 2000 en Europe).

Comme indiqué ci-dessus, la Convention européenne sur le paysage (CEP), ouverte à souscription
en 2000, est à présent le seul accord international qui s’occupe exclusivement des problèmes de paysage.
Elle a des répercussions sur tous les pays que compte le Conseil de l’Europe (tous les États de l’Europe
géographique, y compris la Russie et plusieurs autres pays de l’ancienne URSS) – voir Tableau 7.
Bien que la CEP soit géographiquement limitée quant à sa portée, elle peut servir de modèle à

Tableau 7. La Convention européenne sur le paysage (CEP)

La CEP entrera en vigueur lorsque 10 États membres l’auront ratifiée. Son but est “de promouvoir la
protection, gestion et planification du paysage et d’organiser la coopération européenne sur les ques-
tions du paysage” (Article 3). La CEP s’occupe de tous les paysages, y compris “les aires naturelles,
rurales, urbaines et péri-urbaines” (Article 2), et ne se concentre donc pas sur les aires qui mériteraient
leur reconnaissance comme paysage protégé. Néanmoins, elle est importante pour les aires protégées
de catégorie V parce qu’elle souligne l’importance des questions sur le paysage en général, et spéci-
fiquement elle exige tous les signataires à:

- reconnaître le paysage dans la législation nationale


(cont.)

3
Quant à la version complète de la CEP en anglais et en français, voir la page web du Conseil de l’Europe [Link]
EN/[Link]

29
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

Tableau 7. La Convention européenne sur le paysage (CEP) (cont.)

- développer des politiques pour la protection, gestion et planification des paysages;


- établir des procédures pour la participation publique aux problèmes de paysage;
- intégrer le paysage dans les politiques d’aménagement régional et urbain et autres pouvantavoir
des répercussions sur le paysage;
- adopter des politiques spécifiques sur des questions telles que sensibilisation, formation et éduca-
tion, identification et évaluation de paysages, fixation d’objectifs de qualité du paysage, et introduc-
tion aux politiques de protection, gestion et planification du paysage; et
- coopérer à l’échelle européenne au sujet de politiques et programmes, assistance mutuelle et
échange d’information, paysages transfrontaliers (voir plus bas), Prix au Paysage du Conseil de
l’Europe, et surveillance de la mise en application de la Convention.

des futures coopérations régionales sur les problèmes de paysage partout ailleurs dans le monde. En
outre, les pays non européens pourraient individuellement considérer la pertinence de leurs propres
circonstances face à un de nombreux principes généraux que prône la CEP.

Le Schéma 10 présente en grille les principales caractéristiques distinguant les approches aux
paysages représentés par les Paysages culturels de la Convention du patrimoine mondial, la Convention
européenne sur les paysages et les Aires protégées de catégorie V ou Paysages terrestres et marins
protégés.

Schéma 10. Trois approches internationales quant au paysage

Étendue Caractère du Aires couvertes Buts


géographique paysage touché par l’initiative principaux
Initiative d’application

Paysages culturels Valeur universelle Toute aire


Mondiale Protéger les
conformément à la
Convention sur le exceptionnelle appropriée valeurs du
patrimoine mondial patrimoine
Convention européenne Europe Tous les paysages Ville et campagne Protéger, gérer et
sur le paysage aménager le paysage
Aires protégées de Paysages terrestres Seulement aires Intégrer des activités
Nationale et
catégorie V: Paysages sous-nationale et marins qui rurales et côtières et rehausser les
terrestres et marins méritent protection valeurs naturelles
protégés et culturelles

3.4.4 Paysages protégés transfrontaliers

Finalement, quelques aires de catégorie V feront partie des aires protégées transfrontalières. Le
planificateur doit être conscient des opportunités de collaboration entre deux ou plusieurs aires protégées
de catégorie V situées des deux côtés d’une frontière nationale. Il peut s’avérer possible de créer un
vrai partenariat entre les aires contiguës (et les communautés) des pays voisins; ou bien relier une
aire de catégorie V d’un côté de la frontière avec une aire plus strictement protégée de l’autre côté.
Des recommandations générales sur les enjeux que posent les aires protégées transfrontalières ont été
publiées par l’UICN (Sandwich, et autres, 2001), et elles sont aussi pertinentes pour la catégorie V

30
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

qu’elles le sont pour d’autres types d’aires protégées. Une étude récente a repéré 42 complexes d’aires
protégées transfrontalières dans lesquels sont comprises une ou plusieurs aires protégées de catégorie V
(Zbicz, 2001). Entre autres exemples nous avons:

- France (Parc national Mercantour, V) et Italie (Parc national Alpes maritimes, II);
- Pologne (cinq aires protégées, comprenant le Parc paysager Doliny Sanu, V, et le Parc
paysager Tsisniany-Vetliny, V); Slovaquie (trois aires protégées, comprenant l’Aire de
paysage protégé Vychodne Karpaty, V); et Ukraine (quatre aires protégées, comprenant le
Parc paysager régional Nadsan’ski, V);
- Canada (Parc international Roosevelt, V) et États-Unis (Monument national Campobello,
V); et
- Colombie (Parc national naturel Catatumbo-Bari, II) et Venezuela (deux aires protégées,
comprenant la Région Lac Maracaibo – Zone protégée Sierra de Perijá, V).

L’Étude de cas 5 montre les possibilités de coopération internationale qu’offrent les paysages
protégés transfrontaliers.

ÉTUDE DE CAS 5
Vallée Champlain-Richelieu, États-Unis et Canada: travaillant des deux côtés d’une
frontière nationale

La Vallée Champlain-Richelieu (Québec, Canada; Vermont et New York, États-Unis) a été façonnée
pendant plus de deux siècles par l’agriculture, la sylviculture et le transport, le long de ses cours d’eau.
Les paysages et les sites historiques de cette région transfrontalière témoignent d’une partie de l’histoire
de la formation des États-Unis et du Canada, et des relations parmi les premiers explorateurs et colons
français et anglais, les populations indigènes et le paysage naturel (Drost, 2001).

Une bonne partie du territoire est encore agricole, surtout de petites fermes laitières; le tour-
isme est aussi important pour l’économie locale, notamment près de la région des lacs. La majorité de
la population habite des villages et de petites villes dont la plus grande, Burlington (Vermont) se veut
un modèle de viabilité à l’aide d’un programme visant à atteindre nombre des buts de l’Agenda 21.

La Vallée Champlain-Richelieu est actuellement retenue pour sa désignation aux États-Unis


comme Aire du patrimoine national, et pareillement au Canada. Du côté des États-Unis, séminaires et
réunions publiques ont eu lieu dans la région afin de connaître l’avis de la population et les commen-
taires de toutes les parties prenantes. Un processus parallèle est en cours au Québec.

Il existe des barrières institutionnelles et politiques s’élevant contre la désignation et un plan


efficace de gestion. Il y a également une opposition à une désignation gouvernementale, et un prob-
lème de langues. Mais l’expérience dans la région Champlain-Richelieu montre que la participation du
public peut aider à construire un soutien local en faveur de la désignation, améliorer la communication
et favoriser une entente entre les diverses communautés habitant des deux côtés de la frontière natio-
nale. Le processus de désignation d’une aire du patrimoine international offre une excellente occasion
de tester l’approche de catégorie V dans un contexte états-unien et canadien, où une aire protégée de
catégorie II rencontrerait probablement une forte résistance locale (comparez la réaction au Parc public
Adirondack à New York, qui est avoisinant).
(cont.)

31
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

ÉTUDE DE CAS 5
Vallée Champlain-Richelieu, États-Unis et Canada: travaillant des deux côtés d’une
frontière nationale

Les communautés et les résidents sont prêts à s’engager bénévolement pour protéger les ressources
naturelles et culturelles, y compris la conservation des terres privées (par exemple, les servitudes
écologiques et les restrictions pour la préservation de l’agriculture) et les partenariats public-privés.

Source: Jessica Brown (voir aussi Drost, 2000)

3.5 Frontières des aires protégées de catégorie V

À la lumière des informations présentées, il est évident qu’il est important que les limites d’une aire
protégée de catégorie V soient considérées “perméables”. De même que toutes les aires protégées, les
paysages protégés ne doivent pas être traités comme des îlots à l’écart du territoire qui les entoure. Il est,
au contraire, essentiel de renforcer les liens divers qu’ils ont avec les alentours, et spécifiquement avec
les autres aires protégées (voir plus haut). Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque l’aire de catégorie
V fait partie intégrante d’une approche régionale pour la conservation et le développement durable.

Néanmoins, toutes les aires protégées supposent l’application de politiques spéciales à une
échelle géographique. Il s’ensuit alors que la création d’une aire protégée de n’importe quel type exige la
délimitation de ses frontières. La définition des limites appropriées pour les aires protégées de catégorie
V est quelque chose de critique pour le succès postérieur de ce type d’aire, mais il faut reconnaître que
leur tracé pose des défis particuliers sous deux aspects:

- il demande de prêter une attention toute particulière aux aspects sociaux (le sens de
l’identité de la communauté, par exemple), ce qui rend cette tâche plus complexe que de
simplement dessiner une carte et d’interpréter les phénomènes naturels. Dans plusieurs,
cas la communauté locale représente elle-même une source de connaissance qui doit être
directement impliquée en recommandant des limites; et
- la frontière des aires protégées de catégorie V ne devrait presque jamais être conçue comme
une barrière tranchante entre des aires de qualité différente: dans la plupart des situations
elle doit être basée sur une caractéristique ou élément facilement identifiable au sein d’une
zone de transition.
Finalement la législation devrait comprendre des dispositions permettant les rectifications des

Tableau 8. Lignes directrices pour déterminer les limites d’une aire protégée de
catégorie V

Les facteurs suivants doivent être pris en considération au moment de déterminer l’étendue générale
de l’aire en vue de désignation:

- Inclure la totalité de l’aire –le dessin des limites doit englober toute l’aire qui possède le
caractère distinctif méritant la protection. Inclure toute masse d’eau intérieure et –pour
le cas d’aires côtières- inclure les côtes, les estuaires, les récifs et la mer côtière qui sont
écologiquement liés à la zone terrestre principale. Bien que les ‘enclaves’ –c’est-à-dire,
les îlots isolés du territoire désigné, à caractère similaire et se trouvant hors de l’aire
principale- puissent être occasionnellement appropriées, il faut reconnaître que ce type
de schéma entraîne des complications administratives.
(cont.)

32
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 8. Lignes directrices pour déterminer les limites d’une aire protégée de
catégorie V (cont.)
- Assurer l’intégrité de l’aire –les limites doivent généralement exclure les zones qui
réduisent considérablement l’intégrité du paysage. Pourtant, l’établissement d’’enclaves’
–c’est-à-dire des parties territoire non désigné, comme par exemple pour loger une mine-
devrait être abordée mais avec prudence: il conviendrait mieux que le problème soit
contenu à l’intérieur de l’aire protégée et, de cette façon, il serait assujetti à une influence
et un contrôle plus poussés (mais voir aussi plus loin);
- Les aires à être désignées peuvent avoir des caractères paysagers distincts, la qualité
plutôt que l’uniformité étant le critère déterminant;
- Les limites sont là aussi pour faciliter la planification, la gestion et la surveillance
environnementale efficaces;
- Considérer les facteurs culturels ainsi que les naturels. Le sens de l’identité de la
communauté doit être “cartographié” et pris en considération, ce qui signifierait un solide
argument en faveur de l’engagement de la population locale dans la tâche de dessiner les
frontières;
- Inclure les emplacements humains qui contribuent à l’économie rurale et à la vie de
la communauté; exclure ceux où le développement urbain et/ou industriel s’oppose ou
l’emporte sur les valeurs essentielles de l’aire dans son ensemble;
- Protéger le lien homme/nature –la frontière doit tenir compte non seulement de la nature
distinctive du paysage, mais aussi des connexions fonctionnelles (notamment celles
entre l’économie et les moyens de subsistance), et les associations non matérielles que la
communauté humaine entretient avec le paysage;
- Tenir compte tant des utilisations actuelles du territoire que des engagements futurs –par
exemple, il faudrait qu’une aire avec autorisation de mine, ou bien avec un potentiel
minier important, puisse être exclue, même si le chantier n’est pas encore commencé;
et
- Considérer les aires environnantes –il pourrait s’avérer nécessaire d’appliquer des
mesures spéciales sur ces aires si l’on veut que les buts de l’aire protégée soient préservés
(y compris l’établissement d’une zone tampon).
Les facteurs suivants doivent être pris en considération pendant l’étape de détermination du tracé
détaillé de la frontière (bien entendu il se peut qu’ils aient des implications conflictuelles):
- L’importance d’une limite physique qui puisse facilement être reconnue sur le terrain
(par exemple, un élément naturel, comme une rivière ou une montagne partageant les
eaux; ou bien un élément artificiel, comme une route);
- La nécessité d’éviter la division des peuplements humains, ou la séparation d’une
communauté vis-à-vis de ses terres; et
- Les bénéfices pratiques que signifie “partager” la frontière de l’aire protégée de catégorie
V avec des frontières administratives, par exemple les limites d’une commune ou une
autre unité du pouvoir local.

Finalement la législation devrait comprendre des dispositions permettant les rectifications des limites à
la lumière de l’expérience. Cette flexibilité est importante puisque les circonstances changeront avec le
temps (par exemple, la construction d’une nouvelle route peut rendre inappropriée une limite déjà fixée).
En principe, les procédures pour modifier les limites ne devraient pas être moins rigoureuses que celles
employées pour définir les limites dans un premier temps.

33
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

3.6 Engagement des communautés locales et d’autres parties prenantes

De nombreux points généraux exposés plus bas sur la participation des parties prenantes aux politiques
de gestion (Section 5.2) et spécialement aux processus de gestion (Chapitre 6) des paysages protégés
sont applicables aussi dans l’étape de planification –voir aussi le Schéma 10.

Diverses parties prenantes apparaîtront à différents niveaux durant la phase de planification, et


leur implication appropriée est essentielle dans chacune de ces phases. C’est ainsi qu’au niveau national,
un gouvernement qui s’embarque dans le développement d’un réseau d’aires protégées de catégorie V
faisant partie de son système national d’aires protégées (voir 3.3 plus haut), devrait consulter largement
les sources nationales compétentes et les groupes nationaux représentants des intérêts locaux. Lorsqu’il
existe un niveau régional de gouvernance, l’emphase sera plus souvent mis sur les facteurs économiques.
L’implication des parties prenantes est particulièrement importante à l’échelle locale: en fait, il n’est
jamais trop tôt pour impliquer les communautés locales dans la planification d’une aire protégée de
catégorie V, et il faudrait le faire bien avant que l’aire soit établie4. À vrai dire, il peut y avoir des cas
où l’initiative de créer une aire protégée de catégorie V ne provient pas du tout du gouvernement mais
d’une communauté ou d’une coalition de groupes locaux. Le Tableau 9 donne des orientations sur
l’implication des parties prenantes à chaque niveau.

Basés sur l’expérience aux Caraïbes insulaires, Geoghegan et Renard (2002) suggèrent
quatre enseignements sur l’implication de la communauté dans la planification et la gestion des aires
protégées:

- La gestion efficace requiert l’intégration de l’entière diversité des parties prenantes et tient
compte des différentes manières dont elles sont influencées par les aires protégées et vice-
versa;
- Le succès à long terme de la gestion participative dépend de la pertinence des arrangements
institutionnels;
- Étant donné les ressources limitées disponibles pour la gestion de l’aire protégée, des processus
transparents de négociation sont nécessaires pour déterminer le taux de participation et la
priorité des objectifs; et
- Les communautés locales doivent bénéficier de la gestion participative des aires protégées.

Les efforts pour promouvoir la participation de la communauté doivent tenir compte de la


diversité d’intérêts des parties prenantes, lesquels sont déterminés par des facteurs tels que le genre,
l’âge, la classe sociale et le bagage culturel. Tandis qu’il y a des parties prenantes bien connues et
facilement identifiables, d’autres risquent d’être oubliées ou ignorées. Les processus de planification et de
gestion participatives d’une aire protégée doivent chercher à assurer l’implication des parties prenantes.
Ces processus doivent être souples pour pouvoir répondre aux changements et les assimiler, puisque
les systèmes d’usage des ressources, les institutions et les rapports de pouvoir évoluent constamment
(Geoghegan et Renard, 2002).

Les approches de planification et de gestion d’aires protégées de catégorie V doivent aussi être
sensibles à la notion d’égalité des genres. Cela signifie plus que “les activités des femmes c’est pour
les femmes”. Au contraire, cela exige reconnaître le fait que dans beaucoup de sociétés les relations

4
Notez que dans’en certains cas l’expérience impose la préparation du plan de gestion avant que l’aire de la catégoriede catégorie V soit établie
(voir section 6.2), cas dans lequel on peut se servir des consultations sur la préparation du plan pour que les parties prenantes participent à la
désignation de l’aire.

34
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

de pouvoir sont inégales entre les genres, et cela appelle à l’action de la part tant des femmes que des
hommes en vue de la construction d’une perspective équitable et participative pour la conservation et le
développement durable. Les principes qui sous-tendent l’égalité des genres dans les aires protégées ont
récemment été promus par l’UICN/CMAP (Aguilar, et autres, 2002).

Tableau 9. Lignes directrices quant à l’implication des parties prenantes lors de la pl-
anification au niveau national, régional et local

Niveau national
Lors de la préparation d’un programme national pour l’établissement d’aires protégées de catégorie V,
les sources d’expertise suivantes doivent être consultées:
- Les organismes nationaux du gouvernement, notamment ceux ayant des responsabilités sur la conser-
vation de la biodiversité, la protection du patrimoine culturel et architectonique, l’agriculture, le trans-
port, le tourisme, les ressources naturelles (par exemple, l’eau, les sols, les forêts), et le développement
rural, communautaire et régional;
- Les académies de science nationales et les organisations équivalentes ayant une connaissance ap-
profondie du paysage, patrimoine culturel et architectonique, biodiversité, matériaux génétiques (y
compris cultures et bétail), géographie, agriculture, ressources naturelles, anthropologie, ethnographie
et archéologie; et
- Les ONG nationales et les représentants similaires de la société civile, ayant des intérêts dans la con-
servation de la nature, le paysage, le patrimoine culturel et architectonique, le développement rural,
etc.

Niveau régional (Nota: il est reconnu que le niveau régional de gouvernement est inexistant dans plu-
sieurs parties du monde)
L’intégration des aires protégées de catégorie V dans le cadre du développement régional demande
qu’en particulier les intérêts ci-dessous soient pris en considération:
- Agences régionales de développement économique;
- Agences régionales de conservation de la nature;
- Agences, groupes de pression, etc., régionaux de protection de l’environnement;
- Organes régionaux d’aménagement du territoire;
- Agences régionales de développement touristique; et
- Organismes régionaux du gouvernement.

Niveau local
Les aires protégées de catégorie V sont des paysages habités et actifs. En conséquence la dimension
“population” dans leur planification acquiert une importance encore plus grande que dans le cas ha-
bituel des aires protégées. Il devrait toujours y avoir un engagement public total et un dialogue sur la
proposition d’établir une telle aire, ses pouvoirs, ses frontières, etc. L’implication des intérêts locaux
devrait en particulier commencer au tout début de l’étape de planification, faisant partie du processus
de repérage des endroits adéquats pour la création d’aires protégées de catégorie V. Les principaux
groupes intéressés dont l’engagement est nécessaire sont:
- Les organismes du gouvernement local siégeant dans l’aire;
(cont.)

35
[Link] planification des aires protégées de catégorie V

Tableau 9. Lignes directrices quant à l’implication des parties prenantes lors de la plani-
fication au niveau national, régional et local (cont.)

- Autres leaders communautaires, par exemple, les chefs de village, les prêtres, les leaders de la com-
mune, de la paroisse;
- Les usagers des ressources: par exemple, les agriculteurs, les éleveurs, les sylviculteurs, les pêcheurs,
les miniers –et leurs représentants;
- Ceux qui ont des droits sur l’aire: par exemple, la population indigène, les propriétaires fonciers, les
détenteurs du droit de vaine pâture –et leurs représentants;
- Ceux qui ont des intérêts économiques: par exemple, les hôteliers, les commerçants, les opérateurs de
transport –et leur représentants, par exemple, les chambres de commerce locales (note: parmi les usag-
ers des ressources, ceux qui ont des droits et ceux qui ont des intérêts économiques ne sont pas toujours
exactement les mêmes personnes);
- Les entités représentant d’autres intérêts importants, par exemple, les organisations de femmes, les
ONG de conservation locale ou des droits de l’homme; et
ß Les personnes ayant une connaissance importante de l’aire, par exemple, les détenteurs du savoir tra-
ditionnel sur les us et coutumes d’utilisation de la terre et les moeurs associées, les historiens, les artistes
et les scientifiques.

3.7 Construction du soutien public et politique

Toutes les aires protégées requièrent un soutien public et un appui politique si elles veulent avoir du
succès. Il est vrai que beaucoup de monde a des intérêts dans les paysages protégés: les citadins, les
touristes et autres sont aussi des parties prenantes potentielles, par exemple, et ils peuvent générer un
soutien politique pour les objectifs de l’aire. Mais le facteur clef est que les aires protégées de catégorie
V sont habitées: la plupart des ces aires ont un électorat local, et la population habitant dans ces aires
est donc représentée par les représentants élus localement ou par d’autres qui parlent en faveur de la
communauté. Le soutien à ces leaders d’opinion est essentiel; ils répondront à leur tour aux initiatives
et problèmes locaux.

Ces lignes directrices soulignent donc la nécessité de la participation des parties prenantes et de
l’engagement de la population locale à chaque étape du processus de planification et de gestion, et cela
non seulement pour que la communauté arrive à comprendre les objectifs de l’aire protégée mais aussi
pour mettre à profit ses connaissances et assurer son engagement dans la gestion. La population locale
doit être traitée comme des partenaires, leurs points de vue considérés avec attention et il ne faut jamais
prendre leur soutien pour acquis.

Mais le soutien politique ne sera garanti que lorsque la population locale pourra voir une
connexion entre l’aire protégée et l’amélioration de leurs moyens de subsistance. Cela ne signifie pas
que toute aspiration économique peut être atteinte, et qu’il y doit y avoir des ‘perdants’ ainsi que des
‘gagnants’. Il est donc important qu’à l’étape de planification les probables conséquences économiques,
sociales et environnementales de la création d’une aire protégée de catégorie V soient expliquées in
extenso, et que les contraintes qui s’ensuivront comme résultat de cette création soient aussi affrontées
avec honnêteté. Mais les bénéfices potentiels devraient aussi être exposés. Puisque les aires protégées
de catégorie V supposent habituellement un soutien au développement des pratiques économiques et
culturelles traditionnelles de la communauté en question, il devrait normalement être possible d’obtenir
un large soutien public et politique pour la désignation. Par contre, la population locale soupçonnera
souvent les arguments qui ne sont pas appuyés par des preuves solides. De là, l’importance du nombre
croissant de cas à succès relatifs aux aires protégées de catégorie V dans le monde entier, tel qu’ils sont
exposés dans les études de cas de cette publication et autres publications associées.

36
4. Gestion des aires protégées de catégorie V:
Principes

4.1 Principes généraux de gestion des aires protégées

“Gestion” est employé ici pour signifier le processus par lequel les politiques et les objectifs des aires
protégées de catégorie V déjà établies sont décidés, entrepris, mis en place, supervisés et révisés.

Comme règle générale, la gestion doit:

- être basée sur des principes (Chapitre 4);


- assurer des actions grâce à un éventail de politiques (Chapitre 5);
- incorporer des processus et des plans appropriés (Chapitre 6); et
- être mise en place à l’aide de moyens institutionnels, financiers et autres, qui soient adéquats
(Chapitre 7).

4.2 Douze principes pour la gestion d’aires protégées de catégorie V

Les douze principes suivants s’appliquent en particulier à la gestion des aires protégées de catégorie
V. Bien que quelques-uns puissent s’appliquer à d’autres aires protégées, par exemple, quand une aire
plus strictement protégée se trouve sous un régime de co-gestion (voir Tableau 29), ils revêtent une
signification accrue dans la gestion de paysages protégés.

Principe 1:
Conserver le paysage, la biodiversité et les valeurs culturelles sont au coeur de l’approche sur les aires
protégées de catégorie V. Bien que dans ces orientations on mette l’emphase sur des considérations
économiques et sociales, la catégorie V est une approche de conservation qui doit refléter les objectifs
globaux de toutes les aires protégées tels qu’ils sont indiqués dans la définition de la Section 2.2.3 plus
haut. Il s’agit donc de gérer le changement de façon à ce que les valeurs environnementales et culturel-
les perdurent: le changement doit avoir lieu dans des limites ne perturbant pas ces valeurs.

Principe 2
Le centre de gestion doit reposer sur le point d’interaction entre l’homme et la nature. Pour rappeler
une partie de la définition utilisée dans les Lignes directrices de 1994: “Sauvegarder l’intégrité de
l’interaction traditionnelle est vital pour la protection, le maintien et l’évolution de l’aire” (UICN, 1994,
p. 22). Ainsi, tandis que dans plusieurs autres types d’aires protégées c’est la nature qui est au centre de
la gestion, la catégorie V se distingue par une gestion visant prioritairement la liaison entre l’homme
et la nature.

Principe 3
La population doit être vue comme les intendants du paysage. De même que les occupants des pay-
sages habités et actifs sont d’une grande valeur pour la société dans son ensemble, la population vi-

37
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

vant dans les aires protégées de catégorie V doit être soutenue dans son rôle d’intendante du paysage.
Elle est l’architecte d’une grande partie de ce que nous valorisons dans le paysage, et il est nécessaire
de la soutenir pour assurer la survie du paysage. Normalement, elle contribue à façonner et entretenir
l’environnement avec les traditions du passé, mais sans quitter des yeux le futur. En ce sens, elle devrait
être décrite comme ‘les gérants’ des paysages protégés plutôt que les professionnels qui sont employés
avec ce titre formel. Les bons gérants, au sens professionnel du terme, verront donc en eux des ‘anima-
teurs’ qui facilitent les discussions et des ‘négociateurs’.

Principe 4:
La gestion doit être entreprise avec la population locale et à travers elle, et principalement pour elle et
par elle. Ce principe stipule que l’engagement total de la population locale est essentiel, et que les aires
protégées de catégorie V ne doivent jamais être planifiées contre ses intérêts à long terme. Il reconnaît
aussi que les communautés locales doivent jouer un rôle important en réalisant les objectifs de l’aire
protégée, et qu’on doit les compter parmi les principaux bénéficiaires de ces objectifs. Mais il faut noter
que la population locale n’est pas la seule source d’expertise. Il y a, en plus, d’autres parties prenantes
qui peuvent tirer profit des paysages protégés: par exemple, les visiteurs en provenance de zones urba-
ines proches de l’aire ou de bien plus loin, les usagers de ressources venant de loin (par exemple, les
consommateurs de provisions d’eau en aval), ou la communauté en général intéressée à la biodiversité
ou à la protection du paysage.

Principe 5:
La gestion doit se baser sur des approches coopératives, telles que la co-gestion et l’équité entre les
diverses parties prenantes. Il s’ensuit des Principes 2, 3 et 4 que les structures et les processus sont
nécessaires pour garantir que la population soit pleinement engagée dans la formulation des décisions de
gestion et qu’elle parvienne à considérer l’aire protégée comme leur. Ceci demandera la mise en place de
procédures ouvertes et transparentes basées sur des principes démocratiques. Les approches de co-ges-
tion peuvent être particulièrement appropriées aux aires protégées de catégorie V (voir Tableau 29).

Principe 6:
Une gestion efficace requiert un environnement politique et économique favorable. Les principes
avancés ci-dessus ne pourront être observés à moins que de solides structures de gouvernance et les
pratiques de la société dans son ensemble répondent à certains critères. La gestion des paysages protégés
sera plus facile à mettre en oeuvre si le gouvernement reconnaît la nécessité d’une perspective de qualité
de vie, observe des processus démocratiques et s’engage volontairement dans la planification participa-
tive basée sur une approche impartiale et équitable pour tous les groupes et de respect à la pluralité des
cultures. Cette gestion serait aussi largement étayée par un accord national, d’un très haut niveau, pour la
viabilité, le soulagement de la pauvreté, le traitement des causes profondes de l’inégalité, la promotion
de l’égalité de genre et le soutien à la société civile.

Principe 7:
La gestion d’aires protégées de catégorie V ne doit pas seulement se soucier de protéger mais aussi de
mettre en valeur. Puisque les aires protégées de catégorie V sont des paysages habités, l’environnement
sera plus manipulé que dans le cas des autres catégories d’aires protégées. Il s’ensuit qu’un rôle plus ac-
tif de gestion est approprié, non seulement dans la protection mais aussi dans la restauration des valeurs
naturelles ou culturelles qui ont été minées ou perdues. Cette gestion peut, à l’occasion, comprendre la
création de nouveaux atouts environnementaux et sociaux qui soient écologiquement ou culturellement
appropriés: des exemples seraient une nouvelle région boisée établie sur des sols dégradés, ou le dével-
oppement d’un nouveau marché pour les biens produits par la population locale.

38
[Link] des aires protégées de catégorie V: Principes

Principe 8:
Quand il existe un conflit irréconciliable entre des objectifs de gestion, il faut donner la priorité à la
conservation des qualités spéciales de l’aire. Puisque les paysages protégés ont d’importants objectifs
sociaux et environnementaux, il est bien probable que des conflits naissent entre certains objectifs.
Dans la mesure du possible, la gestion doit chercher à concilier ces conflits. Dans la dernière analyse,
il est nécessaire d’avoir des règles claires sur ce qui devrait avoir la priorité dans ces situations-type.
Le principe 8 postule que lorsqu’un conflit se produit, la priorité doit être donnée à la protection des
qualités qui font de l’aire quelque chose de spécial (ce que les économistes appellent parfois ‘capital
environnemental critique’). Puisqu’une telle affirmation sera probablement contestée, il se peut que le
principe ait besoin d’être inclus dans la législation.

Principe 9:
Les activités économiques qui n’ont pas besoin d’avoir lieu dans les limites du paysage protégé, doi-
vent être localisées à l’extérieur de celui-ci. Par sa qualité de paysage habité et actif, une aire protégée
de catégorie V contiendra une variété d’activités économiques et d’utilisation du territoire, telles que
l’agriculture, la sylviculture, le tourisme et certaines formes d’industrie, de commerce et de vente au
détail. De même, elle comprendra des zones résidentielles, des infrastructures, etc. Pour déterminer si
une activité ou utilisation est acceptable dans l’enceinte de l’aire protégée, il faut savoir si: (i) elle est
durable, (ii) elle contribue aux objectifs de l’aire, et (iii) il y a de fortes raisons en faveur de ce qu’elle
soit située dedans. Quand l’activité proposée ne répond pas à ce test, elle devra soit être complètement
redessinée en vue de s’accommoder aux objectifs de la catégorie V, soit être localisée entièrement en
dehors de l’aire.

Principe 10:
La gestion doit être efficiente et du plus haut standard professionnel. Malgré la forte influence sociale et
environnementale dans la gestion des paysages protégés, les activités de gestion doivent être efficientes
et pragmatiques si nécessaire. Elle requiert aussi un marketing efficace des approches de conservation.
Quoique cela puisse être difficile à atteindre à court terme, la durabilité financière doit constituer un ob-
jectif, au lieu de dépendre à 100% des fonds publics . Des procédures devront être mises en place pour
assurer que les fonds publics, privés, bénévoles et autres soient utilisés correctement du point de vue de
l’économie, l’efficience et l’efficacité. Et toutes les décisions prises concernant l’usage des ressources
doivent être transparentes et justifiables.

Principe 11:
La gestion doit être flexible et adaptative. Comme la gestion d’une aire protégée en général, celle des
aires protégées de catégorie V doit être susceptible d’être ajustée à travers le temps et à la lumière de
l’expérience et des circonstances changeantes –mais puisque son domaine embrasse les deux systèmes,
naturel et humain, le besoin de souplesse est des plus grands. La gestion des paysages protégés devrait
aussi être souple et adaptative en ce sens qu’elle doit répondre aux différentes situations sociales, cul-
turelles et économiques de son milieu: elle doit toujours être culturellement appropriée et économique-
ment pertinente.

Principe 12:
Le succès de la gestion doit être mesuré en termes environnementaux et sociaux. Bien qu’absolument
centrales, les mesures de biodiversité ne sont qu’un parmi les multiples indicateurs: d’autres compren-
nent le bien-être social et économique et la qualité de vie de la population locale et des autres commu-
nautés, des considérations environnementales telles que l’efficience énergétique ou la gestion de res-

1
Voir notamment Groupe de travail de la CMAP sur l’économie, 2000. Financing Protected Areas: Guidelines for Protected Area
Managers,[Financement des aires protégées: lignes directrices pour les gestionnaires d’aires protégées], UICN Gland, Suisse et Cambridge,

39
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

sources naturelles, et les mesures concernant la conservation de l’environnement culturel. Un des buts
serait de démontrer le maximum de bénéfices sociaux et économiques pour la communauté locale avec
un minimum d’impact environnemental. La fixation d’objectifs, l’attribution de ressources et le contrôle
de l’efficacité doivent tous être entrepris en gardant en tête cette diversité d’intérêts .

2
Pour plus d’information voir: Hockings M., Stolton S. et Dudley N. 2000. Evaluating Effectiveness: A Framework for Assessing the
Management of Protected Areas [Estimation de l’efficacité: cadre pour évaluer la gestion des aires protégées], UICN, Gland, Suisse et
Cambridge, Royaume UniRoyaume-Uni

40
5. Gestion des aires protégeés de catégorie V:
politiques

5.1 Objectifs généraux de la gestion des aires protégées de catégorie V

Le point de départ pour la formulation des politiques de gestion est la liste d’objectifs des aires protégées
de catégorie V, telle qu’elle est fixée dans le guide 1994 sur les catégories de gestion d’aires protégées
– voir Tableau 10.

Tableau 10. Objectifs de gestion des aires protégées de catégorie V

Les objectifs de gestion des paysages terrestres et marins protégés, ci-dessous, sont présentés dans les
Lignes directrices pour les catégories de gestion d’aires protégées (UICN, 1994):

- maintenir l’interaction harmonieuse entre la nature et la culture en protégeant le paysage terrestre


et/ou marin et la continuation des usages traditionnels de la terre, des pratiques de construction et des
manifestations sociales et culturelles;
- soutenir les modes de vie et les activités économiques qui sont en harmonie avec la nature et la
préservation de la structure sociale et culturelle des communautés concernées;
- maintenir la diversité du paysage et de l’habitat, et des espèces et écosystèmes associés;
- éliminer, quand il sera nécessaire, et puis prévenir, les usages de la terre et les activités qui soient
inappropriées en taille et/ou en caractère;
- offrir des opportunités pour le loisir public au moyen d’activités de récréation et du tourisme, appropriés
en genre et taille aux qualités essentielles des aires;
- encourager les activités scientifiques et éducationnelles qui contribueront au bien- être à long terme
des populations résidentes et au développement du soutien public pour la protection environnementale
de ces aires; et
- apporter des bénéfices et contribuer au bien-être de la communauté locale à l’aide de provision de
produits naturels (tels que des produits de pêche et forestiers) et de services (tels que le nettoyage des
eaux ou les revenus provenant de formes durables de tourisme).

Ces objectifs restent pertinents, mais il y a eu des développements substantiels depuis 1994, tant dans
la compréhension des aires protégées de catégorie V que dans le large contexte au sein duquel les aires
protégées sont gérées (voir aussi la Section 2.5 plus haut). Les buts les plus importants sont ceux-ci:

- l’importance attachée désormais à l’engagement total de la partie prenante dans la gestion des aires
protégées de tous types, mais surtout des aires qui sont la demeure et le lieu de travail des gens;

41
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

- une meilleure compréhension de comment les aires protégées de catégorie V peuvent contribuer à la
conservation et au développement durable au niveau sous-régional, tant en rapport avec d’autres aires
protégées qu’avec des aires rurales dans son ensemble;
- une appréciation croissante du fait que les aires protégées de catégorie V peuvent devenir des endroits
adéquats pour un développement rural intégré et durable;
- une plus grande reconnaissance de la valeur du matériel génétique contenus dans les cultures et le
bétail qu’on trouve dans beaucoup de paysages protégés;
- plus d’emphase sur les valeurs non matérielles de plusieurs paysages associées aux traditions et à
l’usage humain de ces aires.

À la lumière de ce qui vient d’être présenté, la liste du Tableau a besoin d’être amplifié avec quelques
objectifs additionnels de gestion, voir Tableau 11.

Tableau 11. Objectifs supplémentaires de gestion d’aires protégées de catégorie V

À la lumière des développements depuis 1994, les objectifs supplémentaires ci-dessous pour la gestion
des paysages terrestres et marins protégés sont conseillés:

- fournir un cadre qui permette d’étayer la participation de la communauté dans la gestion des paysages
terrestres ou marins précieux et des ressources naturelles et valeurs du patrimoine qu’ils contiennent;
- contribuer à la conservation à échelle bio-régionale et au développement durable;
- créer des zones tampons et relier les aires plus strictement protégées;
- encourager la compréhension et la conservation du matériel génétique contenu dans les cultures et le
bétail;
- contribuer à assurer que les valeurs associatives et non matérielles du paysage et les pratiques d’usage
de la terre soient reconnues et respectées; et
- agir comme modèles de viabilité, tant pour les buts de la population que pour ceux de l’aire, de sorte
que les enseignements puissent être appliqués de façon plus ample.

Le reste de ce chapitre considère les principaux volets politiques qui ont normalement besoin d’être
abordés dans la gestion des aires protégées de catégorie V. De plus, il illustre ces volets par des études de
cas et présente quelques lignes directrices recommandées. Bien que par convivialité les sections traitent
chaque volet politique séparément, c’est une exigence fondamentale pour une approche de viabilité
que les politiques soient élaborées et mises en place de manière intégrale. L’impact de toute la suite de
politiques de paysages protégés devra donc être beaucoup plus que la somme de leurs parts. Chaque
volet politique doit renforcer un autre –par exemple, le soutien aux formes traditionnelles d’agriculture
devrait permettre de protéger la biodiversité, assister le tourisme, étayer l’économie locale et soutenir
la communauté.

5.2 Politiques concernant le rôle de la population locale

La “population locale”, dans le cas des aires protégées de catégorie V, est normalement représentée
par les communautés qui habitent dans l’aire protégée ou qui s’en servent, bien que la définition puisse
inclure occasionnellement certains groupes qui n’occupent pas en permanence le territoire (par exemple,

42
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

une population mobile qui se déplace sur de grandes distances poursuivant leur mode de vie ). Ce qui est
important c’est que les groupes considérés soient ceux dont les moyens de subsistance sont étroitement
liés au paysage et aux valeurs naturelles et culturelles associées que la désignation cherche à protéger.

Il y a des raisons conceptuelles, pratiques et éthiques pour placer la population locale en


premier lors de l’élaboration des politiques de gestion des aires protégées de catégorie V, comme on peut
déduire de plusieurs principes fondamentaux présentés dans la Section 4.2 plus haut. Mais “placer la
population locale en premier” ne signifie pas que l’environnement et les autres valeurs de l’aire doivent
être subordonnées aux valeurs sociales et économiques; non plus que les points de vue des populations
locales doivent toujours prévaloir. Cela signifie plutôt que la survie de ces valeurs dépend du soutien de
la population, et que ce soutien ne peut être assuré que si la population locale est écoutée et que leurs
priorités sont –dans la mesure du possible- traitées correctement par les politiques de gestion de l’aire.
Cela signifie exactement: (i) placer le concept de la population locale en tant qu’ ‘intendante’ de l’aire
protégée de catégorie V au coeur de la planification de la gestion (5.2.1); (ii) considérer les conséquences
de la propriété de la terre (5.2.2); et (iii) adopter des politiques pour impliquer la population locale dans
la prise de décisions et de gestion (5.2.3 et 6.2).

5.2.1 La population locale comme intendante du paysage protégé

Bien que le terme ait plusieurs sens, dans le domaine de l’environnement ‘intendance’ signifie une
approche qui vise à “créer, entretenir et mettre en pratique une responsabilité chez les usagers et les
propriétaires afin de gérer et protéger le territoire et les ressources naturelles” (Mitchell et Brown, 1998,
voir aussi photo 3). Cela implique que les individus protègent les ressources naturelles au nom de toute
la société, maintenant et dans le futur, et pour d’autres espèces. Cela exige que la population accepte
des conditions judicieuses sur comment la propriété est utilisée, et la nécessité de servir l’intérêt privé et
public. Il y a aussi une dimension éthique dans le concept (WWF/Écosse, 2001).

Dans le contexte global de la conservation, l’intendance est importante parce qu’elle permet
de:

- soutenir (ou raviver) les usages traditionnels de la terre et de l’eau, comme l’agriculture et la
sylviculture ou la pêche à petite échelle, qui sont importants pour les valeurs économiques, écologiques
et pittoresques;
- créer des corridors biologiques, des chemins verts et des chemins à travers le territoire sous propriété
privée ou gérée par le privé;
- grâce à des partenariats, accroître la capacité des organismes du gouvernement à acquérir et gérer des
parcs sous propriété publique et des aires protégées;
- protéger les espaces ouverts et les aires naturelles fragiles contre les pressions du développement,
notamment dans les aires où les contrôles de planification sont faibles; et
- conserver la biodiversité par la protection et la gestion des habitats.

Les approches d’intendance sont particulièrement pertinentes pour les aires protégées de catégorie
V. Elles visent à renforcer la responsabilité locale pour la gestion de ressources, à s’appuyer sur les
responsabilités institutionnelles existantes, et à fixer des accords flexibles et collaborateurs pour la
conservation et le développement durable. Étant donné que les aires protégées de catégorie V contiennent
souvent une mosaïque de types de propriété (voir la section suivante), leur gestion requiert une approche

1
El caso especial de los pueblos móviles y las áreas protegidas fue objeto de la Declaración de Dana (2002) respaldada por la UICN. Para ver
el texto completo del documento visite [Link]

43
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

basée en partie sur la propriété privée, en mettant en oeuvre si possible des partenariats, plutôt que
sur l’acquisition par des organismes publics. De plus, nombre de paysages protégés sont des paysages
actifs, façonnés par l’interaction entre l’homme et la nature à travers le temps: face aux changements des
conditions économiques et environnementales, le besoin s’impose d’un processus dynamique d’évolution
du paysage, visant à soutenir son caractère général plutôt que de préserver ses moindres détails.

L’intendance satisfait ces besoins. Il s’agit du rapport entre la population et l’environnement, et surtout
comment elle remplit ses responsabilités envers les ressources naturelles de sa propriété. L’intendance
est alors un thème unificateur approprié pour les aires protégées de catégorie V. En faire référence dans
les politiques est un moyen de rappeler à tous les intéressés que la gestion de ressources doit être faite à
l’aide d’une vision à long terme et en considérant l’intérêt le plus large.

Bien que les approches d’intendance dépendent de la coopération et des partenariats entre les propriétaires
fonciers individuels, les usagers de ressources, les compagnies et les ONG, le gouvernement (ou ses
organismes) joue un rôle clef, en fournissant un cadre sous forme de mesures d’incitation fiscale et autres,
d’aménagement du territoire, et d’un climat attractif pour les organisations privées (Brown et Mitchell,
2000). À l’aide d’alternatives de contrôle volontaires portant sur les changements dans l’utilisation
de l’espace, la construction, etc., les mécanismes d’intendance peuvent offrir des moyens pratiques
d’accomplissement de politiques de planification d’un paysage protégé (par exemple, les mécanismes
visant à diriger et stimuler le développement, guider les changements sur l’utilisation de l’espace, et
fournir de l’infrastructure –voir aussi la Section 5.4.1).

Plusieurs outils ont été développés pour promouvoir une approche d’intendance. Dépendant des
contextes locaux, ceux-ci peuvent inclure:

- éducation et information sur pourquoi et comment gérer les ressources de certaines manières;
- reconnaissance d’une intendance responsable, par exemple avec des programmes de bourses;
- célébration des coutumes d’usage culturel ou traditionnel de la terre, favorables aux objectifs de
conservation;
- apprentissage à partir des connaissances des populations locales sur la gestion des ressources;
- accords formels et informels sur des pratiques, territoires ou projets spécifiques;
- mesures d’incitation sous forme de subventions, versements environnementaux et sociaux, ou
allègement fiscal;
- cession de droits légalement obligatoire, comme dans les servitudes de conservation (Diehl et Barrett,
1988); et
- donner ou vendre la propriété ou le contrôle de la terre.

Ces outils peuvent servir temporairement (à terme) ou être permanents (à perpétuité), mais ce qui les
caractérise essentiellement ce sont des moyens volontaires d’améliorer la gestion du territoire.

5.2.2 Possession de la terre

Comme le guide de 1994 le reconnaît, la terre et l’eau des aires protégées de catégorie V “peuvent être la
propriété de l’autorité publique, mais il est plus probable qu’elles constituent une mosaïque de propriétés
privée et publique mettant en oeuvre une variété de régimes de gestion” (UICN, 1994, p. 22).

44
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Ici encore, la catégorie V diffère à plusieurs égards des autres aires protégées. Tandis que de nombreuses
aires protégées de catégorie autre contiennent des aires sous propriété privée, et certaines sont en fait
entièrement privées ou communales, peu d’aires protégées afficheront la quantité et la variété de
propriétaires qui caractérisent un paysage protégé. Les zones de terre ou d’eau au sein d’une aire protégée
de catégorie V sont habituellement propriété de:

- L’autorité gérante de l’aire protégée;


- Le gouvernement central, et ses ministères et organismes (y compris les responsables de la sylviculture,
la défense, l’eau, l’énergie et le transport);
- Le gouvernement régional et local, et leurs organismes;
- Les communautés locales;
- Les populations indigènes et les propriétaires traditionnels;
- Les propriétaires privés de tout type:
- les usagers individuels de ressources, comme les fermiers, les forestiers, les pêcheurs,
- les exploitants commerciaux de ressources naturelles, comme les carrières, les mines, les compagnies
forestières,
- les commerces de services, comme les traiteurs, les hôteliers,
- le commerce et l’industrie,
- les groupes communautaires,
- autres résidents;
- Les ONG de conservation (par exemple, groupes d’administrateurs de terres ou fidéicommis de terre),
dont les intérêts peuvent être dans la biodiversité, le paysage, le patrimoine historique, la culture vivante
et/ou l’accès public;
- Les institutions religieuses;
- Les universités et les collèges; et
- Autres institutions comme les coopératives, les associations caritatives possédant des terres et les
compagnies d’investissement.

La situation se complexifie lorsqu’il y a plusieurs types de propriété tel que location ou temporaire et
que les propriétaires ou occupants sont souvent des personnes distinctes.

Dans certains pays, le changement politique a été accompagné par des altérations majeure dans
la structure de possession de la terre. Par conséquent, l’étendue de la propriété privée de la terre a été
grandement élargie. Dans les anciens pays du bloc soviétique par exemple où la privatisation de la terre
étaient anciennement possédée par l’État. Également des programmes de réforme agraire en Afrique et
en Amérique Latine où de grands domaines étaient d’abord des propriétés privés.

5.2.3 Partenariats

La résultante de cet exposé est que la gestion d’une aire protégée de catégorie V requiert un travail
majeur de la part des propriétaires qui détiennent des droits respectifs et ont des intérêts différents.
Gérer la restriction des droits liés à la propriété de la terre ce cette catégorie est une affaire délicate
et plus complexe que gérer les autres types d’aire protégée où la propriété publique est généralement
plus répandue. D’autre part, il est possible avec la catégorie V d’offrir la possibilité de construire
des partenariats entre le bureau chargé de l’aire protégée, le propriétaire foncier privé, l’usager des

45
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ressources et la communauté locale. Ces partenariats doivent être fondés sur un programme commun
qui s’avère positif et non restrictif envers les propriétaires et ceux qui exercent des droits sur les aires
protégées.

ÉTUDE DE CAS 6.
Ceinture verte de la capitale nationale, Ottawa, Canada –protection du paysage par un
partenariat

La Ceinture verte de la capitale nationale est un espace vert de 20 000 ha et un paysage rural qui entoure
Ottawa, la capitale du Canada, au sud du fleuve Ottawa. Elle comprend un paysage rural composé de
terres de culture, forêts, marais, espaces ouverts pour loisirs, petites communautés rurales, et terres
utilisées par des institutions publiques et privées. Bien que la Ceinture verte de la capitale nationale soit
de la propriété publique, son succès à protéger un paysage rural adjacent à une grande zone métropolitaine
repose largement sur des partenariats collaborateurs entre la Commission de la capitale nationale (NCC,
qui est une corporation fédérale de la couronne) et une gamme d’autres institutions et intérêts. Cette
collaboration est évidente à plusieurs égards:

- la protection de la Ceinture verte est avant tout exécutée en mettant en place le Plan global de la
Ceinture verte (1996) qui a été préparé à travers un processus ouvert qui concernait tous les niveaux de
gouvernement, le public en général, et les groupes d’intérêt particulier;
- quoique la NCC ne soit pas soumise aux lois et aux conditions des niveaux inférieurs du gouvernement,
elle se soumet à une perspective politique. La planification et la gestion de la Ceinture verte sont un
partenariat impliquant les niveaux fédéral, provincial et municipal du gouvernement. Les dispositions
sur l’aménagement du territoire reflètent la politique de la NCC concernant la Ceinture verte;
- La NCC, en tant que propriétaire foncier majeur dans la Ceinture, encourage ses agriculteurs locataires
à suivre les meilleures us et coutumes de gestion et favorise la sylviculture durable; et
- La protection des ressources importantes du patrimoine naturel et culturel au sein de la Ceinture, y
compris le site Ramsar et un site provincial historique, dépend des partenariats avec d’importantes
parties prenantes.
Source: Guy Swinnerton

ÉTUDE DE CAS 7.
Les territoires Amboseli/Longido, Kenya/Tanzanie –un partenariat de communautés
pour la conservation et le développement durable

L’aire comprend d’un côté six grands domaines au Kenya près du Parc national d’Amboseli et, du côté
de la Tanzanie, les versants du Mont Kilimandjaro et les savanes de Longido. Quelque 56 espèces de
mammifères et 400 espèces d’oiseaux habitent l’aire. Les Maasai, peuple de berger, y vivent depuis plus
de 400 ans coexistant harmonieusement avec la vie sauvage. Les communautés locales sont impliqués
dans la gestion d’une gamme d’initiatives de conservation et de développement d’entreprises, notamment
les compagnies touristiques appartenant aux Maasai. Dès le début de leurs participation aux activités
de conservation, ils ont développé des colonies cultuelle ‘Morani’. Le tourisme soutient les travaux
traditionnels, tel que la production artisanale tandis que les coopératives d’artisans fournissent
(cont.)

46
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

ÉTUDE DE CAS 7.
Les territoires Amboseli/Longido, Kenya/Tanzanie –un partenariat de communautés
pour la conservation et le développement durable
des repas aux touristes visitant les colonies. Les villageois ont mis en place des structures de gestion
dont la politique a pour but de favoriser la vie sauvage, former les dirigeants en négociations, explorer
la chasse, augmenter et gérer les finances ainsi qu’adopter des accords avec les compagnies privées. La
population locale développe ainsi des sources alternatives de revenus sans impacter la flore et la faune
des aires protégées. Cela permet de conserver la culture et les traditions Maasai leur mode de vie, leur
travail, leur habillement et leur façon d’interagir. L’élevage reste leur activité principale. Cette politique
de gestion et ce cadre de planification mise en place par la population locale favorise la vie sauvage.
De plus, en étant adjoint à des parcs avoisinants, le territoire s’agrandit et permet ainsi de leurs enlever
certaines pressions.

Source: Bob Wishitemi

Il n’y a pas de recette unique pour qu’une coopération réussisse entre des intérêts hétéroclites sur la
propriété de la terre et autres intérêts. Cependant, il faut souligner l’importance des premiers messages
sur la participation des parties prenantes. Le gestionnaire de l’aire protégée doit s’engager sérieusement
dans une approche de partenariat où les intérêts publics, privés et communautaires trouvent une base
commune et travaillent ensemble pour atteindre les objectifs du paysage protégé. Les Études de cas 6 et
7 sont des exemples de ces partenariats. Des lignes directrices pour l’organisation des partenariats entre
différents propriétaires fonciers et autres intérêts sont suggérées au Tableau 12.

Tableau 12. Lignes directrices l’organisation de partenariats entre les divers propriétaires
fonciers et ceux présentant d’autres intérêts

Les gestionnaires de l’aire protégée ont besoin de créer des partenariats entre différents propriétaires
fonciers et autres intérêts. L’approche générale suivante est conseillée:

- Dans un premier temps, comprendre la structure de propriété de la terre, les droits de possession et
autres intérêts au sein de l’aire (cette information doit être recueillie et organisée pendant l’étape de
planification);
- Avoir une compréhension profonde des objectifs et des besoins des partenaires;
- Travailler avec les partenaires, construire des alliances et identifier les intérêts partagés et la base
commune;
- Dénicher les partenaires ayant des ressources et la volonté de réaliser une action positive en faveur des
buts de l’aire protégée de catégorie V;
- Forger des accords qui engagent toutes les parties à un programme de travail, avec soutien technique et
financier si nécessaire, et avec des dispositions pour que sa mise en place reste sous révision constante;
(cont.)

47
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 12. Lignes directrices l’organisation de partenariats entre les divers propriétaires
fonciers et ceux présentant d’autres intérêts (cont.)

- Montrer comment toutes les parties concernées peuvent bénéficier des partenariats; par exemple ils
peuvent permettre au bureau de gestion d’agir comme un ‘tampon’ entre le propriétaire et les touristes
qui visitent son terrain;
- Considérer la possibilité de développer des Codes de pratique ou “Chartes” volontaires avec les groupes
clef intéressés, codes qui poseraient des normes pour la performance de ces groupes au sein du paysage
protégé;
- Assurer que les bénéfices des partenariats soient partagés équitablement entre tous les partenaires;
- S’engager dans les prises de décision d’une manière ouverte et transparente pour créer un climat de
confiance; et
- Investir temps et ressources pour développer des actions en passant par un consensus.

ÉTUDE DE CAS 8.
Aires de conservation aux Îles du Pacifique Sud – une approche basée sur la
communauté

Dans les îles du Pacifique sud, plus de 80% de l’aire terrestre se trouve sous le régime de la propriété
coutumière et est gérée par les communautés selon des valeurs de propriété communautaires maintenues
à travers maintes générations. Dans la majorité des îles, les terres communautaires ne peuvent être
vendus. Elles sont en général plus riches en biodiversité que les terres du gouvernement.

En reconnaissant les problèmes qu’affrontaient les parcs nationaux conventionnels de la région,


le Programme pour la conservation de la biodiversité au Pacifique sud (SPBCP) fut lancé en 1993
par l’agence de conservation intergouvernementale, le Programme environnemental régionale du
Pacifique sud (SPREP). L’attention du SPBCP, centrée sur les terres communautaires et l’implication
des propriétaires coutumiers et des leaders communautaires, reconnaît que “si vous voulez faire quelque
chose pour la conservation de la biodiversité vous devez travailler avec les propriétaires coutumiers”.

Tous les pays insulaires furent invités à proposer des aires de conservation devant être appuyées.
Trois critères de sélection étaient essentiels:

1. l’aire doit contenir d’importants exemples d’un ou plus d’écosystèmes de souci mondial;
2. le projet doit être faisable, avec un haut niveau d’engagement de la part des propriétaires fonciers, des
résidents et des usagers des ressources; et
3. l’aire doit être assez grande pour comprendre une large gamme d’interactions entre la population
locale et les ressources naturelles.

Quelques 20 projets d’Aire de conservation communautaire furent appuyés par le programme, dans 12
des 14 pays insulaires. Chaque aire est gérée par un comité de coordination de résidents locaux, assistés
par un Officier de soutien à l’aire de conservation embauché par le SPREP. Ces officiers sont recrutés
dans la communauté locale et travaillent sous la direction des comités locaux. Ils écoutent les besoins et
les soucis de la population locale, renforcent les institutions locales, aident les communautés à accéder
aux ressources, et établissent le lien entre les communautés et le gouvernement.
(cont.)

48
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

ÉTUDE DE CAS 8.
Aires de conservation aux Îles du Pacifique Sud – une approche basée sur la
communauté

Dans chaque pays où le SPBCP est en activité, les gouvernements ont accepté l’approche et emploient
ce modèle pour la gestion communautaire des terres. En s’appuyant sur des liens traditionnels avec
le terroir et appliquant l’éthique de l’intendance, ce programme offre un soutien à long terme pour la
conservation de la biodiversité et le développement durable dans les îles du Pacifique sud.

Source: Mike Beresford (voir aussi Tuxill (ed.), 2000)

ÉTUDE DE CAS 9.
Le Parc national Gurvan Saikhan du Gobi, Mongolie – une aire gérée par la communauté
(voir photos 6 et 17)

Le Parc national Gurvan Saikhan du Gobi (PNGSG) dans la région de Gobi, au sud de la Mongolie, est
apparue en publication en 1993 pour protéger les écosystèmes uniques de désert et de désert-steppe, la
vie sauvage en danger au niveau mondial (le léopard des neiges), la flore endémique, et d’importants sites
fossiles et préhistoriques. Il représente un paysage culturel géré par des meneurs nomades de troupeaux
pendant des milliers d’années.

L’élevage de troupeau est de loin la source la plus importante des moyens de subsistance rurale. Il
représente 30% du PNB. Pourtant la Mongolie est aussi engagée dans un but ambitieux d’aires protégées
sur 30% de son territoire. Le concept de Parc national non exclusif adopté au PNGSG reflète une
tentative de réconcilier le besoin des nomades d’accéder aux ressources avec les buts de conservation.
L’écosystème de terre ferme du Gobi, les institutions du gouvernement central inexpérimentées pour la
gestion d’une AP et souffrant d’une pénurie de ressources, et les droits de grande ampleur sur la gestion
des ressources donnés aux gouvernements locaux font de la gestion par les institutions communautaires
et locales un choix évident.

Depuis 1998, les communautés locales de PNGSG se sont organisées pour développer des moyens
de subsistance et protéger les ressources naturelles. Les institutions coutumières se sont adaptées aux
changements socio-économiques et politiques, et maintenant elles deviennent des partenaires habilités
pour la co-gestion et une force motrice pour les initiatives de conservation et développement locaux.
L’aire innovatrice de gestion communautaire comprend toutes les zones du parc. Des modèles de gestion
des ressources naturelles, basés sur les communautés, pour la pâture, la vie sauvage, le tourisme et les
plantes médicinales, ont été développés dans plusieurs districts. Il y a des échanges et une diffusion
d’expérience entre les communautés.

Ces modèles, essayés les premiers au PNGSG, sont pertinents pour l’élaboration de politiques nationales
et pour une réforme n’importe où ailleurs. En appliquant les principes d’équité et en reconnaissant les
droits et la capacité des communautés locales à gérer leurs propres ressources, l’expérience du Gobi
contribue à une compréhension de la gestion de la propriété commune et du rôle des peuples nomades
dans la conservation des terres fermes. Elle offre aussi un nouveau paradigme pour la gestion des AP.

Source: Sabine Schmidt

49
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

5.2.4 Engager la population locale dans la gestion et les prises de décision

Pendant les dernières années, on a beaucoup préconisé, avec raison, l’engagement de la population
locale en tant que principale partie prenante aux aires protégées et à la gestion des ressources naturelles
(par exemple, Borrini-Feyerabend G., ed. 1997, Borrini-Feyerabend et autres, 2000, Kothari A. et autres,
1997, et Weber R. et autres, 2000). Le chapitre 6 (infra) traite ce sujet très en détail: il introduit le concept
de co-gestion et présente des lignes directrices pour l’implication de la partie prenante dans la gestion
de la catégorie V. De plus, les Études de cas 8 et 9 montrent comment l’engagement de la communauté
et de la partie prenante peut être mis en pratique dans de nombreuses aires de catégorie V, ou similaires,
dans le monde entier.

5.2.5 Conséquences sur la gestion lorsque qu’on place la population locale au centre
de l’attention

La gestion des aires protégées de catégorie V doit se soucier principalement du bien-être économique
et culturel de la population locale. Elle doit donc en connaître les valeurs, les croyances culturelles,
les activités économiques, l’utilisation des ressources, la connaissance traditionnelle quant à la gestion
durable du territoire et des ressources naturelles ainsi que les pressions qu’elle subit. Les gestionnaires
des paysages protégés sont davantage impactés par ce phénomène que dans les autres aires protégées :

- Construire une base de connaissance détaillée sur la population qui habite l’aire est aussi important
que de construire cette base sur ses valeurs naturelles et autres. Les types de données nécessaires sont:
la distribution de la population et ses tendances; les aspirations de la population locale; les activités
économiques et ses tendances; les traditions et les pratiques culturelles concernant la terre (par exemple
celles associées aux semailles et à la récolte des cultures); et la dépendance de l’aire par rapport aux
aires avoisinantes, comme les aires urbaines, dépendance qui est de type économique et d’autres types
aussi;
- Il est probable que la population locale des aires protégées de catégorie V soit plus hétérogène que
dans la plupart des aires protégées. Elle comprend non seulement les chasseurs, les pêcheurs, etc. mais
aussi les habitants tel que les fermiers, les forestiers, les miniers, des groupes travaillant dans les secteurs
industriels et de services, par exemple toutes les personnes rattachées à l’approvisionnement touristique,
la vente en détail des produits artisanaux et les retraités. Certains de ses employés peuvent faire parti
du secteur public ou privée et siéger en dehors de l’aire en question. Il pourrait y avoir des gens
huppés nouvellement à la retraite, des habitants utilisant l’informatique comme outil de travail et des
habitants travaillant en dehors de l’aire et voyageant de longues distances chaque jour pour travailler.
Ces personnes ont souvent des contacts, des ressources et de l’influence politique qui pourraient être
utilisés pour les objectifs de l’aire protégée.;
- Même si la population locale représente probablement l’acteur principal des aires protégées de catégorie
V les autres groupes énumérés ci-dessous ont aussi des intérêts et doivent être pris en considération lors
de la préparation des politiques. Ces groupes sont entre autres:

- les touristes et les visiteurs récréatifs;


- les populations voisines qui dépendent des ressources de l’aire (par exemple, des consommateurs d’eau
en aval);
- les organismes du gouvernement national, régional et local qui ont un lien direct avec l’aire tels que
l’agriculture, la sylviculture, la pêche, l’éducation, la santé, le transport et le tourisme et bien d’autres;

50
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

- les services et corporations publics, régionaux et nationaux, les fournisseurs de services, etc. ayant la
responsabilité de l’usage des ressources (par exemple, le service public des forêts) et de l’infrastructure
(par exemple, les routes et les voies ferrées) à l’intérieur de l’aire;
- les entrepreneurs privés siégeant à l’extérieur de l’aire mais dont les intérêts économiques comprennent
des activités au sein de l’aire (par exemple, des chaînes hôtelières);
- les résidents temporaires (par exemple, les visiteurs de weekend et les propriétaires de maisons de
vacances); et
- les ONG s’occupant de l’environnement régional et national et d’autres ONGs qui ont à coeur la
conservation de l’aire et le bien-être de sa population.

Même si la mission de l’aire protégée V n’est pas priorisée sur l’économie, elle se doit d’apporter des
bénéfices économiques durables. À cette fin, ces politiques doivent encourager l’usage durable des
ressources naturelles, y compris le paysage lui-même, qui peuvent devenir une base perdurable pour
le tourisme. Les Études de cas 10 et 11 sont des exemples de la France et des Caraïbes qui démontrent
comment les politiques de l’aire protégées V peut répondre aux besoins économiques et sociaux de la
communauté locale.

ÉTUDE DE CAS 10.


Les Parcs naturels régionaux français: intégration d’objectifs économiques et sociaux
(voir photo 2)

Les Parcs naturels régionaux émergent des initiatives locales et reflètent les soucis, les problèmes et les
opportunités des communautés locales. En réponse au besoin d’un contexte souple pour la conservation
et pour le développement, le système des parcs naturels régionaux fut établi en 1967. Le premier parc,
Saint Amand-Raismes, a été créé en 1969.
Les objectifs du système sont:

- conserver la nature et le patrimoine culturel de l’aire,


- créer des emplois et des opportunités sociales, et
- donner un usage plus efficace aux atouts éducationnels et récréatifs de l’aire.

Les parcs naturels régionaux sont classés comme des aires protégées de catégorie V. Ils sont le fruit d’une
collaboration entre plusieurs communautés locales (communes), travaillant en étroite association avec
l’administration régionale centrale à laquelle ils appartiennent. Chaque parc doit préparer une charte
en détaillant les politiques et priorités de gestion et leur coût. La majorité des parcs sont gérés par une
organisation de syndicats mixtes, composée de représentants des communes, des bureaux publics, des
chambres de commerce et d’industrie, et d’une variété de groupes sociaux locaux. Ce corps est assisté
par une équipe d’administration et de consultation, dont les membres élus proviennent des communautés
et des autorités publiques.

Les parcs naturels régionaux français participent à une variété de programmes d’amélioration et
de gestion, entre autres:

- mise en place de centres de visiteurs et de musées écologiques,


- aires de récréation et auberges pour études sur le terrain,
(cont.)

51
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 10.


Les Parcs naturels régionaux français: intégration d’objectifs économiques et sociaux
(voir photo 2) (cont.)

- amélioration d’infrastructures,
- construction d’ateliers pour les travailleurs locaux,
- rénovation des constructions agricoles superflues pour les visiteurs, par exemple, les gîtes ruraux; et
- efforts importants pour promouvoir la commercialisation des produits locaux.

En 1982 le Rapport du gouvernement français (Rapport Besson) recommandait fortement le système


de parcs naturels régionaux comme un modèle de gestion hautement démocratique, digne d’être adopté
dans toute l’étendue de la vaste campagne française. Maintenant il existe 40 de ces parcs, y compris
deux –Martinique et Guyane- dans des territoires d’outremer possédant des caractéristiques de pays en
développement.

Source: Mike Beresford

ÉTUDE DE CAS 11.


Sainte Lucie: qualité des paysages protégés comme catalyseur de développement
durable dans les communautés rurales des petits états insulaires en développement
(PEID)

Les communautés de Praslin et de Mamiku sont situées sur la côte est centrale de Sainte Lucie, situé tout
près du Paysage protégé Praslin qui est proposé pour tel. Depuis le XVIIIe siècle, elles ont dépendu de
la pêche et de l’agriculture. Aujourd’hui, comme la plupart des petites communautés rurales des PEID,
elles subissent de très hauts taux de chômage et de sous-emploi.

Les ressources de l’aire comprennent des mangliers limitrophes, des récifs de corail, des lits
d’herbe marine, un delta, des îlots, une baie protégée, des plages, des falaises côtières à la végétation
xérophytique, de beaux décors naturels, et des sites historiques et archéologiques. Pour aider à la protection
de ces ressources, le Groupe administrateur national de Sainte Lucie a mis en place un processus de
planification participative afin de créer une nouvelle aire protégée et de développer les capacités au
sein de la communauté locale. Les défis soulevés comprennent la pollution d’une rivière à cause des
décharges d’ordures, le manque toilettes élémentaires, la destruction des mangliers, la sur-dépendance
vis-à-vis du gouvernement sur des questions d’assistance, le manque de structures communautaires
fortes et efficaces, et la nécessité de négocier avec les propriétaires foncier privés.

On espère instaurer formellement le paysage protégé dans un futur proche. Le processus de


planification a déjà obtenu:

- un inventaire complet et un rapport de la situation sur les ressources naturelles et culturelles;


- une réduction significative de la pollution au moyen du ramassage et décharge d’ordures;
(cont.)

52
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

ÉTUDE DE CAS 11.


Sainte Lucie: qualité des paysages protégés comme catalyseur de développement
durable dans les communautés rurales des petits états insulaires en développement
(PEID) (cont.)

- l’élimination de fèces dans les mangliers à la suite de l’installation de toilettes élémentaires;


- la création du chemin naturel côtier le plus long de Sainte Lucie et sa désignation comme Site touristique
du patrimoine naturel, qui a généré des emplois et comprend un accord pour partager les revenus entre
les propriétaires fonciers et la communauté;
- l’installation d’une entreprise privée, Eastern Tours, qui embauche des gens de la communauté pour
assurer des fonctions d’administration et des tours guidés;
- une conscience environnementale accrue;
- la formation de groupes communautaires, et
- une capacité accrue de ces groupes pour façonner leur avenir.

Cette étude de cas montre que les paysages protégés peuvent être utilisés comme un outil de planification
dans les PEID pour avoir du succès dans la conservation et le développement durable, en favorisant une
relation symbiotique étroite entre la nature et l’homme.
Source: Giles Romulus

5.3 Politiques concernant l’usage de ressources: agriculture, sylviculture et pêche

5.3.1 Travaillant à l’aide des usagers de ressources

Les usagers de ressources –agriculteurs de tout type, forestiers, pêcheurs, miniers, etc.- jouent un rôle
particulièrement important, souvent crucial, dans les paysages habités et actifs. Ils sont souvent les
principaux architectes du paysage. En conséquence, tandis que dans d’autres aires protégées leurs
activités sont, au mieux, tolérées et le plus souvent contrées, elles sont par contre un composant essentiel
des aires protégées de catégorie V. Cette section porte sur l’agriculture, sylviculture et pêche qui sont
normalement les principaux usages de ressources, tandis que les politiques sur les usages des richesses
du sous-sol comme les mines et les carrières sont abordées dans la section qui traite du contrôle des
activités économiques.

5.3.2 Agriculture: principes et lignes directrices

Dans beaucoup d’aires protégées de catégorie V, si ce n’est dans la majorité, l’agriculture d’un type
ou d’un autre représente l’usage le plus extensif de la terre et la force principale du façonnement du
territoire. C’est le cas pour beaucoup d’aires qui sont ou qui pourraient être considérées comme de
paysages protégés. En voici des exemples (dont quelques-uns sont illustrés par des photographies):

- les terrasses de riz dans plusieurs endroits de l’est et du sud-est asiatique, ainsi que d’autres paysages
à irrigation dans plusieurs parties du monde;
- les fermes de pâturage des hauts plateaux en Europe de l’ouest;
- l’agriculture mixte de montagne dans les régions montagneuses de l’Himalaya, des Alpes et autres
similaires;
- les systèmes de culture méditerranéenne de l’olive, des vignes et des fruits –voir photo 9;
- la culture traditionnelle de la pomme de terre dans les Andes;
- les systèmes d’agriculture mixte dans l’est des États-Unis et du Canada;
- les systèmes de pâturage de bétail, comme en Asie centrale (voir photo 6), en Europe orientale (voir
photo 14) et en Afrique de l’est, qui fonctionnent souvent comme des réserves de vie sauvage côte à côte
avec les parcs nationaux;
- les aires de réserve “himas”dans le monde arabe; et
- les paysages marécageux du monde entier.

53
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 12.


L’Île de Öland, Suède: soutien à l’agriculture traditionnelle et durable

La partie sud de Öland est dominée par un vaste pavé calcaire qui couvre 250 km2, et qui est le seul et
le plus large pavé calcaire du monde agricole actif. En raison des qualités exceptionnelles de l’aire, la
plus grande partie de ce territoire se trouve sous garde protectrice et soumis à une supervision nationale
et internationale.

Le caractère du paysage reflète plus de 5000 ans d’exploitation humaine, avec une agriculture
bien adaptée aux contraintes physiques de l’aire. Nombreuses sont les traces encore existantes de
modèles d’établissements humains et d’usages traditionnels de la terre, témoignant d’un héritage de
chaque période de l’histoire. Les valeurs de biodiversité et les atouts culturels qui en résultent ont
été reconnues comme étant d’une telle importance universelle exceptionnelle que le paysage agricole
d’Öland du sud a été inscrit comme Paysage culturel du patrimoine mondial en 2000. 14000 ha sont
aussi proposés pour être incluses dans le réseau Natura 2000 de l’Union européenne.

Une agriculture bien structurée et à faible impact respecte les capacités de la terre et, avec les
pratiques de conservation actuelles, protège et développe le caractère du paysage et la biodiversité des
écosystèmes naturels. Les valeurs de l’aire, provenant du fait qu’il y existe une grande biodiversité, sont
conservées activement dans le cadre de systèmes agricoles contemporains et grâce à la perpétuation
des pratiques agricoles traditionnelles. Il existe un Accord juridique d’intendance entre toutes les
parties prenantes importantes, intéressées à soutenir ce modèle d’usage de la terre. L’accord est né
d’une approche participative promue par le gouvernement suédois pour encourager le développement
durable de l’île. Ce développement est appuyé par une aide financière et renforcé par une planification
d’initiative et de politiques de gestion, qui, entre toutes, permettent la gestion intégrée de l’aire: de cette
façon les valeurs traditionnelles sont protégées, mais un développement au bon endroit et d’une forme
appropriée est favorisé.
Source: Peter Ogden

Un paysage extraordinaire qui doit nombre de ses valeurs à un système agricole durable et de
longue date est décrit dans l’Étude de cas 12.

À partir d’une expérience si variée, il est possible de déduire des conseils généraux sur la manière
dont l’agriculture doit être abordée dans les politiques d’aires protégées de catégorie V (voir Tableau
13). L’agriculture dans les paysages protégés doit être exemplaire, doit faire preuve des plus hauts
standards environnementaux, apporter des bénéfices économiques et sociaux durables, et être basée sur
des principes viables. Ce besoin est particulièrement urgent pour certaines aires protégées de catégorie
V dont l’agriculture est marginale. Ces aires sont vulnérables à des formes inadéquates d’agriculture
–par exemple, des méthodes de cultures qui visent la maximisation du rendement à court terme sans
s’occuper des effets sur le sol à long terme, des impacts sur la qualité de l’eau ou de la biodiversité;
le remplacement du bétail adapté au milieu ou des variétés de culture par d’autres commercialement
promus; ou même carrément l’abandon de la terre et donc la fin de l’agriculture et puis de la biodiversité
qui en dépend. Les principes présentés plus bas, et l’accent mis sur l’agriculture biologique et les variétés
génétiques locales, sont tous destinés à encourager un approvisionnement durable de nourriture et la
survie économique dans les régions marginales –ainsi qu’à pourvoir des bénéfices environnementaux.

54
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Tableau 13. Principes et lignes directrices pour une politique de l’agriculture dans les
aires protégées de catégorie V (basés sur Ogden, 2002)

Cinq principes, avec leurs lignes directrices respectives, doivent être considérés lors de l’élaboration de
la politique concernant l’agriculture dans les aires protégées de catégorie V. Les voici:

1: Maintenir la qualité des ressources


- Maintenir ou rehausser la qualité des ressources naturelles utilisées dans l’agriculture (le sol, l’eau,
l’air) au moyen de méthodes de cultures durables, telles que les formes non polluantes de régulation
des plaies et des maladies, le recyclage des nutriments, la protection du sol et l’usage des ressources
renouvelables et des produits recyclés;
- Préserver la biodiversité et les atouts culturels dans le cadre des systèmes d’agriculture traditionnelle;
- Appuyer la survie et l’usage de la biodiversité agricole –et maintenir ainsi la diversité génétique du
bétail et des cultures;
- Réhabiliter la terre qui a été dégradée par les pratiques agricoles non durables.

2: Gérer les rapports des agriculteurs avec d’autres intérêts


- Autant que possible, s’appuyer sur les connaissances traditionnelles des agriculteurs sur la gestion de
leur terre et des autres ressources naturelles;
- Intégrer l’agriculture avec la conservation du paysage, de la biodiversité, des atouts historiques et
culturels;
- Encourager l’agriculture pour permettre le maintien de l’identité distincte des paysages et communautés
divers;
- Favoriser les liens complémentaires entre l’agriculture et les autres activités pertinentes dans les fermes
(par exemple, le tourisme et la sylviculture);
- Établir des partenariats de gestion avec agriculteurs et autres pour élaborer des programmes intégrés
d’intendance environnementale;
- Se servir de ces partenariats pour accroître la conscience des agriculteurs sur les bénéfices de l’agriculture
durable.

3: Maximiser les opportunités d’étayer l’agriculture durable


- Soutenir ou élaborer des systèmes de conseil et d’extension pour promouvoir l’agriculture durable;
- Chercher des accès à des financements nationaux et internationaux pour favoriser les approches durables
de l’agriculture à travers des systèmes d’encouragement, des règlements environnementaux, etc;
- Reconnaître et récompenser les réussites exceptionnelles dans le domaine de l’agriculture durable.

4: Garantir que les agriculteurs obtiennent une valeur ajoutée à partir de l’agriculture durable
- Encourager les producteurs à développer et commercialiser des produits qui respectent
l’environnement;
- Créer de nouvelles alliances, par exemple avec les consommateurs, le mouvement agricole biologique,
et les acheteurs de nourriture qui respecte l’environnement;
- Développer des sources supplémentaires de revenus pour les agriculteurs à partir d’activités viables
(par exemple, le tourisme, l’artisanat);
- Développer des marchés locaux et rajouter ainsi à la singularité locale.

5: S’adapter au portrait global


- Aider les agriculteurs à s’adapter aux besoins changeants de la société à l’aide de moyens qui préservent
leur indépendance;
- Encourager des liens entre l’agriculture et d’autres aspects de l’économie et de la société rurales.

55
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

5.3.3 Agriculture: outils pour la viabilité

Comme il se dégage du Tableau 13, un point de gestion très important des paysages protégés sera
d’encourager les agriculteurs à adopter ou maintenir des pratiques d’agriculture viable. En principe, il y
a quatre outils pour cela:

- Éducation et conscientisation, et programmes de formation


- Mesures d’incitation financières et fiscales
- Stimulation commerciale
- Règlementation

L’éducation est principalement pour conscientiser les fermiers sur l’importance des approches viables de
l’agriculture –bien qu’elle puisse influencer aussi les gestionnaires de l’aire protégée qui apprennent des
agriculteurs. Elle ne s’occupe pas seulement de la protection des ressources dont l’agriculture dépend
directement (notamment le sol et l’eau), mais aussi de la protection des atouts naturels et culturels qui
dépendent de l’agriculture (par exemple, les éléments historiques et de la vie sauvage). Elle implique
souvent le respect et l’encouragement des pratiques traditionnelles et viables. Si un service d’extension
scientifique, orienté vers la production et conseillant les fermiers est important, ce conseil doit être
donné en vue d’encourager l’agriculture viable (comme dans le Tableau 13). Ce type de conseil se doit
d’être pratique. Les anciens fermiers sont les personnes les plus aptes à éduquer et conscientiser les
agriculteurs car ils comprennent bien les réalités de l’agriculture. L’Étude de cas 13 décrit le travail
du «Farming and Wildlife Advisory Group» (FWAG) au Royaume-Uni, lequel est un modèle de cette
approche.

ÉTUDE DE CAS 13.


Le travail du «Farming and Wildlife Advisory Group» (Royaume-Uni) –conseils aux
agriculteurs sur la conservation

Le «Farming and Advisory Group» (FWAG) est une association caritative du Royaume-Uni dont les
objectifs sont de conseiller les fermiers, propriétaires fonciers et autres publics sur l’intégration des
pratiques agricoles commerciales avec le maintien et la création des habitats de vie sauvage dans leur
territoire.

Le FAWG se démarque du fait qu’il est fermement ancré au sein de la communauté agricole,
plutôt que d’être une initiative extérieure. Il a été créé en 1969 par un groupe de fermiers et partisans
à la conservation de l’environnement, et depuis il a cherché à offrir le meilleur conseil technique et
l’orientation pratique sur l’amélioration du paysage, le patrimoine et la vie sauvage, et la gestion des
ressources, l’accès et la récréation à travers l’agriculture responsable du point de vue environnement. Le
groupe fonctionne grâce à un réseau de consultants professionnels, chacun placé dans un des 65 groupes
locaux dirigés par un comité bénévole. En 2002, le personnel rémunéré était composé de 41 personnes.

Le FWAG préconise une approche agricole globale. Il offre un conseil basé sur une analyse
détaillée des atouts de la vie sauvage et de l’habitat existant au sein de l’environnement global de
l’exploitation concernée, et donne aussi de l’information concernant les opérations agricoles, comme les
produits chimiques, le maniement de déchets et la pollution. Suite à une visite initiale qui est en général
gratuite, les tarifs dépendent du type de travail/conseil requis. Le fermier peut s’attendre à recevoir un
rapport détaillé avec les recommandations pour une gestion à court et long termes.
(cont.)

56
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Le FWAG reçoit l’essentiel de ses fonds du gouvernement du Royaume-Uni au niveau local et


national mais la majorité de ses revenus (65%) provient des sources non publiques, telles que droits,
cotisations, dons et un parrainage d’entreprises.

Le FWAG tient un site web ([Link]) pour aider à partager et promouvoir les idées et le
meilleur de son expérience. Le Internationational Exchange peut échanger les différentes connaissances
entre différents pays en utilisant des images pour surmonter les barrières linguistiques.

Source: Richard Partington

Les mesures d’incitation financières et fiscales sont des mesures habituellement mises en place par des
organismes publics et destinés à encourager l’agriculture durable. Ces mesures peuvent prendre des
formes différentes, mais toutes impliquent une relation contractuelle (normalement entre le fermier ou
le propriétaire foncier d’un côté, et le bureau de gestion ou autre organisme de conservation, de l’autre
côté). Par exemple:

- allocations de capital pour encourager des actions uniques (plantation d’arbres ou protection
du sol);
- allocations annuelles pour encourager le soin environnemental interannuel (conservation des
marais);
- ‘conditionnalité’, selon laquelle l’octroi des allocations pour la production agricole dépend
du rendement environnemental;
- aides fiscales, selon lesquelles une certaine imposition est éliminée ou réduite en retour de
l’exécution de pratiques de conservation;
- réductions de rente, etc., où le propriétaire foncier (qui peut être un organisme du type
groupe d’administrateurs des terres) désire encourager l’agriculture viable; et
- programmes de crédit.

Dans certains pays, les gouvernements gèrent des programmes de soutien à l’agriculture sensible à
l’environnement, et ces programmes peuvent et doivent être utilisés pour faire avancer les buts des
paysages protégés. Un programme régional de ce type est en place au sein de l’Union européenne –voir
l’Étude de cas 14. Bien que ce programme soit géré dans le cadre de la Politique Agricole Commune
(PAC) de l’UE, ces allocations “proviennent indépendamment” du soutien à la production agricole.
Conçus convenablement, ils peuvent être bénéfiques à l’Europe sans pour autant défavoriser les
agriculteurs des pays plus défavorisés.

La stimulation commerciale ce sont des moyens de créer une demande des produits agricoles provenant
de développement durable et respectant les aires protégées de catégorie V. Ceci apporte une valeur
ajoutée aux processus de la production même, laquelle facilite le maintien du paysage. Habituellement
cela signifie développer des créneaux commerciaux qui peuvent avoir aucun lien avec les besoins de
subsistance de la population locale ni avec la demande de produits alimentaires des marchés urbains
de masse. Dans la promotion du produit, l’accent est mis principalement sur la qualité; et elle cible
les touristes et les détaillants de haute gamme tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’aire protégée. Les
créneaux commerciaux de ce type peuvent être développés de plusieurs manières et peuvent soutenir les
modèles d’agriculture traditionnels et compatibles avec l’environnement, tel que:

- “étiqueter” les produits traditionnels d’une aire spécifique comme des produits du Paysage
protégé, de façon à renforcer le lien dans l’esprit du consommateur entre l’endroit et le produit
(par exemple, des produits commercialisés comme “produit du Paysage protégé xxx”);

57
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 14.


Le programme agro-environnemental de l’Union européenne

La première mesure agri-environnementale au niveau de l’Union européenne fut l’Article 19 du


Règlement du Conseil 797/85. Cet article autorisait les États membres à introduire ‘des programmes
nationaux particuliers dans les aires à environnement sensible’ pour subventionner des pratiques
favorisant l’environnement. Les agriculteurs des aires de l’“Article 19” des 15 États membres pouvaient
volontairement signer un accord de gestion soutenant les pratiques agricoles qui maintenaient ou
amélioraient le paysage, la vie sauvage ou les valeurs historiques des aires. Les accords et les allocations
respectives variaient selon les caractéristiques de l’aire mais ils comprenaient normalement des
restrictions sur l’usage de pesticides, des règlements sur d’autres pratiques de gestion de la terre et sur
les subventions pour la gestion positive de ces éléments du paysage que sont les haies.

Les réformes les plus récentes de Politique agricole commune (PAC) (mars 1999) comprennent un nouveau
Règlement du développement rural (RDR) (Règlement CE 1257/99) qui nomme le développement rural
comme le second ‘pilier’ de la PAC. Le Règlement requiert que tous les États membres conçoivent des
plans uniques et intégrés de développement rural couvrant toutes les zones rurales. Les États membres
s’obligent de mettre en place les mesures agricoles contenues dans le RDR, mais peuvent choisir de
mettre en place d’autres mesures (comme la retraite précoce et les programmes d’entraînement). Environ
10% des sommes de la PAC ont été accordées au RDR pour être investis sur une base commune, bien
que les États membres puissent ajouter leurs propres fonds pour les enrichir au moyen d’un procédé
appelé ‘modulation’.

Les plans d’agro-environnement sont utilisés pour le soutien des aires protégées de catégorie V dans
toute l’Union européenne. Par exemple, en Angleterre –où 100 millions de livres sterling (50% étant
des fonds de l’Union européenne) sont dépensés annuellement- les parcs nationaux (Catégorie V) ont
développé des partenariats avec les fermiers pour la protection et l’amélioration de l’environnement. Les
plans agri-environnementaux augmente la valeur environnementale de l’agriculture grâce au maintien
des pratiques qui génèrent des ‘biens publics’ (par exemple, la vie sauvage, le patrimoine, le décor
naturel) que le ‘marché’ ne peut soutenir. Ils encouragent aussi l’agriculture à devenir plus durable au
niveau environnemental.

Source: Kevin Bishop

- créer des débouchés de vente au détail pour ces produits à l’intérieur et à l’extérieur de l’aire;
- créer un système de certification pour assurer que les produits atteignent vraiment de hauts
standards et qu’ils soient fabriqués grâce aux pratiques environnementales acceptables ou
bienfaisantes; et
- former la population locale à produire et préparer des produits pour des marchés de qualité.

Bien que ces approches soient probablement plus avancées dans les pays les plus riches, il y a un nombre
croissant d’exemples qui s’appliquent également aux pays en développement, tels que le démontrent les
exemples du Tableau 14.

Finalement, il y a la réglementation. Il existe des activités agricoles, y compris l’usage de produits


chimiques et d’autres activités potentiellement polluantes, qui peuvent menacer l’eau, l’air ou le sol, et
où la réglementation doit donc être mise en place pour sauvegarder l’environnement du paysage protégé.
Cela requiert des règles susceptibles d’être respectées et basées sur des critères juridiquement étayées,
des inspections régulières et des contrôles surprises.

58
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Tableau 14. Commercialisation innovatrice de produits agricoles traditionnels

Il y a maintes exemples où la commercialisation innovatrice est utilisée pour créer une demande de
produits provenant de formes traditionnelles d’agriculture et des usages de la terre qui y correspondent,
lesquels formes et usages seraient appropriés dans les aires protégées de catégorie V:

- confitures biologiques et autres produits fruitiers sont élaborés et vendus aux visiteurs de la Réserve
naturelle Dana, en Jordanie, sous un label local (voir le web site [Link] et la photo
10);
- une eau-de-vie de la meilleure qualité est fabriquée à partir du riz local dans les terrasses de riz de
Ifugao, aux Phillipines (voir aussi l’Étude de cas 4);
- le Programme de promotion à l’exportation de produits biologiques africains (EPOPA) a permis de
développer une production de café, de cacao et de coton biologiques et de l’exporter, (des agriculteurs
ougandais participant à ces projets gagnent 25-30% de plus avec leurs produits que d’autres agriculteurs
qui n’ont pas accès au marché biologique);
- de petits propriétaires de l’Amérique Centrale produisent officieusement (et souvent biologiquement)
du café et du cacao commercialisés ensuite comme produits de qualité extra aux États-Unis;
- on vend de la viande de gibier en provenance des terres de pâturage, dans des restaurants touristiques
de qualité dans beaucoup de pays de l’Afrique de l’est et du sud;
- de l’eau de sources naturelles avec une étiquette indiquant qu’elle est embouteillée dans les parcs
nationaux Collines Brecon et Snowdonia (Catégorie V) au Pays de Galles, au Royaume-Uni;
- des produits biologiques sont produits dans le Parc national Hohe Tauern, en Autriche et commercialisés
par cette entité même; et
- une industrie locale de tapis a été mise en oeuvre grâce à l’appui de la Communauté européenne; elle
est basée sur la réintroduction des pâtures traditionnelles pour les moutons en vue de maintenir l’habitat
des prairies riches en espèces dans les Carpates blancs, en République Tchèque.

Si le bureau de catégorie V n’applique pas lui-même le règlement pour l’agriculture, il doit s’assurer que
l’entité compétente travaille étroitement avec lui. Le recours aux règlements sur la gestion de la terre
est, cependant et souvent, un dernier ressort. En général, les contrôles régulateurs sont plus effectifs
comme moyen d’interdiction d’actes indésirables (par exemple, la coupe illégale d’arbres). Si le but de
la gestion est d’encourager des pratiques d’usage de la terre positives (par exemple, l’étêtage des arbres),
les normes ont moins de probabilités d’avoir du succès: il est souvent mieux de se servir d’une des
techniques précédentes. Il y a une exception qui se rapporte aux normes visant à maintenir les niveaux
de production décidés. Ces normes ont été appliquées avec succès à l’agriculture biologique (voir
section suivante), par exemple, les Standards nationaux du Département de l’agriculture des États-Unis,
les Régulations de l’UE sur les comestibles biologiques et les Lignes directrices Codex Alimentarius de
la OMS/FAO sur les produits comestibles biologique.

Les quatre outils décrits dans cette section requièrent un système d’appui effectif et un environnement
socio-économique favorable pour fonctionner avec succès. Par exemple, le succès peut dépendre d’un
certain niveau d’alphabétisme parmi les agriculteurs ou de l’existence d’une station radio locale s’il
s’avère nécessaire de diffuser et de faire comprendre des messages sur l’agriculture durable.

59
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

5.3.4 Agriculture biologique

L’agriculture biologique est basé sur des ressources disponibles localement, dépend du maintien des
équilibres écologiques et développe les processus biologiques de façon optimale. Elle est vue de plus en
plus comme une valeur ajoutée aux produits agricoles, ainsi qu’un moyen de minimiser les dangers de la
pollution et les menaces à la santé humaine provoquée par les pesticides, les fongicides, les fertilisants,
etc. Elle est spécialement pertinente pour les activités agricoles dans les aires qui ne se prêtent pas
facilement à l’agriculture intensive en raison des conditions physiques dominantes –pentes raides, climat
rude, sols minces, faible drainage, etc. Plusieurs de ces régions agricoles sont à repérer dans les aires
protégées de catégorie V (ou dans des aires qui peuvent être ainsi désignées). Les gestionnaires de ces
aires doivent alors considérer des moyens pour encourager l’agriculture biologique et promouvoir des
créneaux commerciaux mettant en valeur les articles produits de façon judicieuse pour la terre et dans
des aires importantes au niveau environnemental. Un exemple de ce qui peut être fait pour promouvoir
la production biologique est illustré par l’Étude de cas 15.

ÉTUDE DE CAS 15.


L’agriculture biologique dans les parcs régionaux de la Toscane en Italie

Ce projet fournit des services supplémentaires aux agriculteurs biologiques dans les parcs et les zones
tampon des trois aires protégées de catégorie V: Parco delle Alpi Apuane, Parco della Maremma, et
Parco di Migliarino-San Rossore-Massaciuccoli. Il cherche à atteindre la cible de 30% de conversion
des fermes sous l’administration du parc, et 20% de toutes les fermes de l’aire en entier. Son budget pour
trois ans dépasse les 340 000 Euros.

L’agriculture biologique permet de maintenir les agro-systèmes des parcs, mais il y a une population
agricole vieillissante et quelque abandon de la terre. Le souci initial du projet portait sur les fermes
établies dans les zones tampon. Pour encourager la conversion, des services supplémentaires ont été
développés qui:

- recueillent de l’information sur les aspects techniques et législatifs;


- visitent les fermes biologiques et s’entretiennent avec les fermiers biologiques;
- organisent des ateliers, etc. pour des entrepreneurs locaux intéressés aux activités biologiques
dans l’enceinte du parc;
- donnent des services vétérinaires homéopathiques au cheptel; et
- développent des terrains de démonstration.

Le support technique se concentre sur la conservation et le maintien de la fertilité du sol, la sélection


d’espèces et de variétés pour la rotation des cultures, l’élevage et les techniques biologiques de production
de bétail. On bénéficie aussi de l’assistance en commercialisation de produits biologiques (y compris un
label de qualité), en installation de points de vente dans les parcs, et en gestion de revenus de ventes.

Après 20 mois, 27% des fermes du Parco della Maremma et de l’aire autour de lui se sont convertis à la
production biologique; 4% au Parco di Migliarino et 8.5% dans l’aire la plus vaste qui est Migliarino.

Source: Sue Stolton, adapté de Migliorini, 2000

60
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

5.3.5 Biodiversité agricole

La biodiversité agricole –qui est une diversité génétique en bétail et cultures- est le résultat de processus
écologiques, conditions topographiques et de la gestion humaine. En général, les systèmes agricoles
dans les régions isolée, et dans les terrains plus accidentés ont fait moins l’objet de ‘l’amélioration’
apportée par l’usage de variétés modernes. Puisque ces caractéristiques physiques sont aussi un trait de
plusieurs paysages protégés, les aires protégées de catégorie V ont tendance à être parmi les derniers
bastions de races domestiquées de bovins, ovins, chèvres, porcs, volaille, etc., rares et en danger, et
de variétés de cultures comme les céréales, les légumes et les fruits. Ces espèces survivent parce que
les méthodes agricoles dans ces endroits ont moins de probabilités de succomber à l’usage de variétés
modernes hautement productives. Il arrive souvent aussi que leur usage soit associé aux traditions
culturelles. Alors, bien que peu de paysages protégés –si ce n’est aucun- aient déjà été créés tout d’abord
pour sauvegarder ces ressources précieuses, de nombreuses aires protégées de catégorie V peuvent
être considérés comme des moyens de protéger ces “endroits recherchés” pour leur agro-biodiversité.
Cela signifie qu’elles peuvent avoir une application potentielle particulière dans les centres d’agro-
biodiversité et des réserves importantes de gènes, par exemple de riz dans certaines parties de sud et de
l’est asiatique, des céréales en Asie de l’ouest, des fruits, etc., en Méditerranée, et plusieurs légumes
aux Andes. L’Étude de cas 16 montre comment l’approche de catégorie V peut être bénéfique pour la
population, la ressource génétique et le paysage du centre péruvien de la pomme de terre.

ÉTUDE DE CAS 16.


Projet ‘Parc de la pomme de terre’ au Pérou: paysage protégé pour sauvegarder les
ressources génétiques des plantes (voir photo 16)

Il existe un besoin urgent de protéger l’agro-biodiversité et la fragilité de l’écologie montagneuse de la


région des Andes, à l’aide des approches innovatrices basées sur la connaissance traditionnelle et les
habiletés des habitants indigènes. Leur gestion basée sur l’écosystème a permis de créer et de maintenir
une large diversité d’espèces de plantes et d’animaux tant sauvages que domestiquées.

À Pisac Cusco, Pérou, sept communautés quechua envisagent de créer un ‘Parc de la pomme de terre’,
c’est-à-dire, une aire de conservation basée sur la communauté et centrée sur l’agro-biodiversité, gérée
par un modèle intégré de conservation de paysage à l’image de l’aire protégée de catégorie V. L’aire est
un micro-centre reconnu de diversité de cultures grâce à la pomme de terre et à d’autres cultures andines
importantes (par exemple, la quinua, la kiwicha, le tarwi, l’olluco, l’oca et la mashwa). Cette aire est
située au coeur de l’ancien empire Inca. Le but est de protéger et de conserver les ressources génétiques
des plantes natives –y compris les types de terrain et les espèces sauvages apparentées aux espèces
domestiquées de plantes et d’animaux- ainsi que les connaissances traditionnelles correspondantes, les
habitats andins importants et le patrimoine culturel local.

L’initiative du Parc de la pomme de terre aborde les soucis locaux sur la sécurité alimentaire, la
conservation, l’économie, l’éducation, l’égalité de genre, la propriété intellectuelle et l’autodétermination
des peuples indigènes. Ses composantes principales sont : (a) développer des activités économiques
alternatives (agro-écotourisme, commercialisation des cultures natives, etc.); (b) renforcer les habiletés
pour l’agriculture durable et la gestion de l’écosystème; et (c) gérer les innovations locales pour maintenir
les moyens de subsistance. On met beaucoup d’emphase sur “apprendre en faisant”. Le programme est
conçu comme un projet pilote pour une initiative plus grande de conservation de paysage dans la région
des Andes.
(cont.)

61
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 16.


Projet ‘Parc de la pomme de terre’ au Pérou: paysage protégé pour sauvegarder les
ressources génétiques des plantes (voir photo 16)

Les autorités et les institutions péruviennes, comme le Centre International de la Pomme de terre (CIP),
reconnaissent la valeur du potentiel innovateur de ce plan. Un comité d’institutions gouvernementales
et non-gouvernementales étudie à présent les options légales pour la reconnaissance formelle du Parc
de la pomme de terre, et le CIP s’est mis d’accord avec les communautés pour rapatrier les variétés de
pomme de terre. Grâce à cette initiative, les peuples indigènes comprennent leurs droits aux ressources
biologiques et aux bénéfices potentiels provenant de leur exploitation. Le Parc de la pomme de terre
peut devenir un abri contre les changements rapides et la dégradation culturelle, et permettre d’atteindre
un développement qui soit compatible avec les valeurs de conservation culturelle native et les objectifs
d’usage durable.

Source: Alejandro Argumedo

5.3.6 Sylviculture

La plupart des types d’aires protégées “forêts” signifient les aires naturelles boisées encore existantes.
Il y a également de telles forêts naturelles (‘anciennes pousses’, anciennes forêts, forêts primitives ou
vierges) dans de nombreuse aires protégées de catégorie V, mais d’autres types de régions boisées ou de
forêts y seront aussi monnaie courante. Quelques exemples: terrain d’arbres, petites plantations, régions
boisées communautaires, haies et taillis, ceintures de protection, oliveraies sacrés et autres régions
boisées protégées par la population, tranches de forêts riveraines ou des forêts en haut des collines,
manteau d’arbres pour la conservation du sol ou la protection des bassins, et ainsi de suite. Donc, dans
les aires protégées de catégorie V, les arbres et les forêts jouent un rôle complexe.

Les Lignes directrices pour la gestion des forêts et des arbres dans les aires protégées de catégorie V sont
exposées au Tableau 15.

Cependant, les politiques pour la sylviculture et les régions boisées des aires protégées dans leur ensemble
auront besoin d’être décomposées afin d’illustrer les différents types de forêts ou régions boisées qu’on
trouve souvent dans l’enceinte d’un paysage protégé et les valeurs que la société leur attribue. Ces
politiques devraient être listées sous plusieurs titres, selon les principales fonctions de l’aire arborisée et
les politiques appropriées, comme par exemple:

- forêts/régions boisées gérées comme des réserves naturelles (souvent appelées ‘micro-réserves’ en
Amérique Latine), où la protection de la nature est priorisée;
- forêts/régions boisées commerciales, qui sont avant tout gérées pour l’approvisionnement renouvelable
en bois;
- forêt/régions boisées a vocation récréative, qui sont avant tout gérées pour leur valeur récréative au
profit de la population locale et des visiteurs;
- forêts/régions boisées communautaires, qui sont avant tout gérées pour pourvoir aux besoins de la
communauté locale en bois, énergie et matériaux;
- forêts/régions boisées gérées comme réserves pour l’extraction durable d’animaux sauvages et d’autres
produits non arboricoles comme le miel;
- les forêts/régions boisées de bassin versant, qui permettent de protéger l’approvisionnement en eau
(qualité et quantité) pour les communautés en aval (à l’intérieur ou à l’extérieur de l’aire protégée);

62
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Tableau 15. Lignes directrices pour les forêts, les régions boisées et les arbres des
aires protégées de catégorie V

Les gestionnaires d’aires protégées de catégorie V doivent considérer le fait d’adopter des politiques
envers les forêts, les régions boisées et les arbres suivant ces lignes :

- identifier et protéger ce qui reste des pousses anciennes, des forêts vierges ou anciennes et des régions
boisées;
- sauvegarder toutes les forêts et régions boisées qui jouent un rôle important dans la protection du
bassin versant;
- encourager la protection et la réintégration d’autres éléments du paysage, comme des haies et des
taillis;
- promouvoir des liens communautaires (économiques, éducatifs, récréatifs, spirituels, etc.) avec les
régions boisés, afin d’augmenter la valeur des aires boisées;
- respecter et soutenir les forêts et les régions boisées qui sont préservée grâce à l’initiative des
communautés locales;
- encourager l’industrie qui utilise des régions boisées de façon durable (par exemple, production de
charbon de bois, production de bois à petite échelle);
- promouvoir des liens entre les aires existantes de régions boisées par le biais de plantations, de façon à
ce que des corridors écologiques et des éléments de paysage soient mis en valeur;
- encourager l’usage multiple des forêts et des régions boisées, y compris les sources d’énergie
durables;
- permettre l’usage traditionnel et durable des herbes médicinales, des champignons, des plantes
aromatiques et des fruits et légumes sauvages;
- ajouter de la valeur aux produits forestiers en les transformant dans les communautés locales;
- utiliser de nouvelles plantations (et encourager la régénération naturelle) pour restaurer les terres
abandonnées ou dégradées, permettre des activités récréatives, améliorer le paysage en général et réduire
l’impact visuel du nouveau développement; et
- utiliser des espèces d’arbres natifs et de provenance locales pour les nouvelles plantations.

- petites régions boisées utilisées dans le système agricole, comme les haies et les taillis, pour des
mesures de contrôle ou pour des propos sportifs; et
- autres régions boisées, comme les plantations ornementales ou arboretum.

L’Étude de cas 17 montre comment la politique forestière concorde avec les objectifs de catégorie V.

La gestion des forêts dans les paysages protégés peut être assistée par le travail du Conseil pour
l’intendance forestière (FSC) , organisation internationale à but non lucratif qui soutient la gestion des
forêts, appropriée au niveau environnemental, socialement bénéfique et économiquement durable. Le
programme de certification internationale du FSC pour les produits forestiers est une garantie crédible
que les produits proviennent d’une forêt correctement gérée. Le FSC soutient aussi la mise en place
de standards locaux et nationaux qui encouragent l’intendance des forêts à l’échelle locale, intendance
étayée par les lignes directrices sur les standards de certification régionale. Les forêts gérées selon les
standards du FSC sont susceptibles de contribuer aux objectifs de catégorie V.

2
Para mayor información sobre el FSC, visite [Link]

63
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 17.


Les anciens territoires Champion au Vermont, États-Unis: encourager la durabilité dans
la gestion des forêts.

Maine, New Hampshire et Vermont sont trois États parmi les plus boisés. Sous propriété privée de
compagnies, beaucoup de forêts de la région ont longtemps été gérées avant tout pour des produits
forestiers, tout en permettant l’accès public. Dans la décennie passée, plusieurs de ces forêts ont été
mises en vente, soulevant des questions sur l’avenir et la gestion de celles-ci. De récentes ventes de
vastes étendues ont inclus des servitudes de conservation marquant un record ayant pour but de limiter
le développement, maintenir une sylviculture productive et assurer un accès récréatif (une servitude est
une restriction à des usages permis de la terre, appliquée avec le consentement du propriétaire foncier,
gravant le titre de propriété, et obligeant légalement tous les futurs propriétaires).

Une de ces transactions a été l’achat, par une coalition d’organisations publiques et non-gouvernementales,
d’environ 132 000 acres (53 000 ha) dans le nord-est du Vermont, à Champion International (papeterie).
Gravée par deux servitudes aux buts de conservation et d’accès public, presque deux tiers furent
revendus à une autre compagnie privé d’exploitation de bois, tandis que le reste a encore été divisé entre
une nouvelle aire de gestion de la vie sauvage propriété de l’État (WMA) et une extension du Refuge
national Conte de vie sauvage et de poissons. La WMA et le refuge protègent et rehaussent les valeurs
naturelles, et en même temps permettent un accès public et récréatif compatible. Plusieurs activités (par
exemple, marche, ski de fond, chasse, trappe, pêche, canotage, motoneige, vélo, cheval et nage), seront
permises dans la WMA selon un plan détaillé de gestion élaboré à travers une procédure publique.
Les droits d’accès à ces activités sont garantis dans les terres privées à l’exception des chantiers de
sylviculture en cours. La sylviculture productive est non seulement permise mais requise dans les terres
privées, mais elle doit être réalisée conformément au plan de gestion de la forêt approuvé par le Groupe
administratif du Vermont, une ONG de conservation.

N’étant pas nommé formellement comme Paysage protégé, le cadre de gestion de l’ancien territoire
Champion représente une approche innovatrice à l’usage durable de l’aire, tout en conservant les valeurs
naturelles clef.

Source: Brent Mitchell

5.3.7 Pêche

Les aires protégées de catégorie V comprennent souvent des communautés humaines dont les moyens
de subsistance sont entièrement ou partiellement dépendants de la pêche en eau douce ou marine. La
coopération avec l’industrie de la pêche est essentielle dans toutes les étapes de la planification et de la
gestion de cette aire. Il importe de savoir si la pêche sera à petite échelle et basée sur la communauté,
à grande échelle et industrialisée, ou sportive pour les touristes. Concernant la pêche dans les paysages
marins protégés, la plupart des conseils généraux sur la gestion de ressources durables dans les aires
marines protégées et près d’elles sont pertinents (par exemple, Kelleher, 1999, et Salm et Clark, 2000)
et ne sont pas répétés dans ce texte. Cependant, une innovation récente à laquelle les gestionnaires
devraient être sensibles c’est le Conseil pour l’intendance marine (MSC) , une organisation indépendante,
mondiale et à but non lucratif cherchant à contrer le déclin de la pêche mondiale et mettant à profit
le pouvoir d’achat du consommateur. Le Conseil a établi un critère environnemental pour la pêche
durable et correctement gérée qui pourrait être promu pour la pêche dans les paysages marins protégés:

3
Para mayor información sobre el MSC, visite [Link]
4
Para mayor información, consulte el sitio Web del Grupo de Tareas sobre los valores inmateriales de las áreas protegidas [Link]
org/theme/values/[Link]

64
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

l’association avec le label des produits MSC récompenserait les pratiques et les gestions de pêche
écologiquement responsables.

5.4 Politiques concernant l’aménagement du territoire

Comme les paysages habités, avec une population humaine résidente et souvent avec des établissements
humains relativement grands, la plupart des aires protégées de catégorie V hébergeront assez
correctement un éventail d’activités économiques et autres. De temps en temps, ces aires auront besoin
de remplacement, construction ou expansion de structures de toute sorte, et de changements significatifs
dans l’utilisation du territoire. Ces formes de développement sont donc, en principe, entièrement
appropriées dans l’enceinte des paysages protégés, même si elles ne seraient normalement permises que
sous des circonstances exceptionnelles en d’autres types d’aires protégées.

Cependant, pas toutes les formes de développement économique ne seront acceptables. En outre, toutes
les structures importantes ou les activités de construction, et tous les changements importants d’utilisation
du territoire devraient être soumis à un contrôle par un système d’aménagement du territoire. Cela est
nécessaire de façon à écarter ce qui n’est pas approprié, et garantir que ce qui est permis soit bien conçu
et géré, et adéquat aux besoins de l’aire.

5.4.1 Plans et contrôles d’utilisation du territoire

La forme que prendront ces plans et contrôles, et la façon dont ils sont appliqués, dépendront en bonne
mesure des dispositions nationales ou sous-nationales d’aménagement du territoire, puisque, comme
d’habitude, elles détermineront comment ces sujets sont traités à l’intérieur des paysages protégés du
pays. Cependant, quelques principes de base peuvent être établis pour l’aménagement du territoire dans
les aires protégées de catégorie V –voir Lignes directrices ci-dessous (Tableau 16).

Tableau 16. Lignes directrices pour la planification de l’utilisation du territoire dans


les aires protégées de catégorie V (adaptées de l’UICN, 1994a)

Principes généraux:

1. Le système de planification de l’utilisation du territoire comprend deux points:


- Plans, qui sont des cadres à long terme pour diriger et stimuler le développement, pour les changements
dans l’utilisation du territoire, pour la provision d’infrastructure, etc. Ils devront s’attaquer aux
besoins économiques et sociaux de ceux vivant dans l’aire et l’utilisant dans le contexte de sa capacité
environnementale.
- Contrôles et mesures d’incitation concernant les changements en utilisation du territoire, en construction,
etc.;
2. Tout système national devra appliquer des procédures et/ou des politiques plus rigoureuses au sein
des paysages protégés pour répondre à leurs besoins spécifiques (par exemple, en comparaison avec les
EIE);
3. La planification de l’utilisation du territoire doit être mené dans l’intérêt public, et on ne doit pas
permettre que les intérêts privés portent préjudice aux intérêts publics généraux concernant l’utilisation
correcte du territoire et la protection des aires protégées de catégorie V;
4. Puisque les représentants élus auront à prendre des décisions, ceux-ci devraient avoir accès au conseil
professionnel; et
5. La planification doit être ouverte aux commentaires et à l’examen public.
(cont.)

65
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 16. Lignes directrices pour la planification de l’utilisation du territoire dans


les aires protégées de catégorie V (adaptées de l’UICN, 1994a)

Les plans d’utilisation du territoire, lorsqu’ils sont appliqués aux paysages protégés, doivent refléter
leurs besoins spécifiques. Ils doivent en particulier:

1. Couvrir toute l’aire protégée de catégorie V en un plan, qui pourrait inclure aussi la zone tampon
autour et embrasser un territoire plus étendu;
2. Chercher à promouvoir les objectifs de l’aire protégée désignée;
3. Pourvoir un cadre solide pour la mise en place des contrôles site par site;
4. Promouvoir l’interdépendance de l’aire protégée avec l’économie et la vie de la population locale au
profit des deux;
5. Encourager les initiatives privées et publiques qui soient en accord avec les politiques d’utilisation
du territoire dans l’aire protégée;
6. Garantir l’existence de politiques fermes d’utilisation du territoire pour tous les secteurs –agriculture,
sylviculture, pêche, tourisme, aménagement urbain, transport, énergie, minerai, gestion des déchets, etc-
et que tous ces secteurs contribuent à sauvegarder les qualités spéciales du paysage protégé;
7. Inclure l’étude de stratégies alternatives de développement et évaluer leur impact environnemental
respectif sur l’aire protégée de catégorie V; et
8. Être eux-mêmes soumis à un système d’estimation de leur impact environnemental, économique et
social.

Les propositions de développement individuel qui pourraient impacter significativement le paysage


protégé (que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de celui-ci) doivent être soumises à un système de
contrôle, avec évaluation environnementale (EE) si nécessaire, qui doit:

1. déterminer les activités qui tombent dans le domaine du contrôle;


2. toujours être appliqué si le premier contrôle indique une menace possible à l’aire protégée;
3. s’occuper des bénéfices et des coûts économiques et sociaux ainsi que des impacts physiques;
4. non seulement considérer les mesures atténuantes mais aussi les moyens alternatifs de pourvoir au
besoin réclamé, y compris l’option d’arrêter, et l’impact environnemental de ces options;
5. être toujours entrepris avant que le projet commence;
6. permettre trois possibilités: permission inconditionnelle, permission conditionnelle et refus;
7. requérir une surveillance si l’approbation est donnée, et une action de correction et d’application des
règles pour s’assurer que les conditions sont toutes observées;
8. permettre la participation du grand public;
9. exiger que toute EE soit entreprise indépendamment de l’intérêt sous-jacent au projet; et
10. être exécuté publiquement, et publier ses conclusions.

66
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

5.4.2 Zonage dans les plans d’utilisation du territoire

Les plans d’utilisation du territoire auront normalement besoin de comporter un ensemble de politiques
basées sur la géographie, pour les différentes parties –ou zones- du paysage protégé. Les politiques de
zonage de ce type indiqueront quelles formes de construction, de changement d’utilisation du territoire,
etc., seront acceptables dans quels endroits de l’aire désignée. Certaines aires peuvent être zonées pour
concentrer le développement du tourisme par exemple, ou pour l’expansion d’un village; dans d’autres
zones les politiques seront beaucoup plus restrictives. On trouvera qu’il est plus facile de faire respecter
ces politiques zonales si les autorités qui appliquent le système de contrôle ne sont pas obligées de
payer une compensation pour un refus ou une permission. D’autre part, les restrictions imposées sans
compensation causeront un ressentiment à moins qu’il y ait un haut niveau de compréhension publique
et d’acceptation des objectifs de l’aire protégée. Comme alternative, ou complément, aux politiques
de zonage, une autre approche est la prise de décisions basée sur des critères, selon lesquels tout le
développement économique est réévalué concernant ses impacts environnementaux et autres. Cela
donne alors la base pour donner un consentement ou pour le refus.

5.4.3 Propositions pour le développement à petite et grande échelle

Étant donné l’éventail très grand de formes possibles d’aménagement du territoire qui pourraient avoir
lieu dans une aire protégée de catégorie V, il est difficile d’établir des politiques générales d’application
universelle. Cependant, on peut fournir quelques orientations générales concernant a) les projets
d’aménagement à petite échelle (tels que maisons individuelles, petits projets à vocation récréative,
infrastructure agricole et forestière, approvisionnement social local), et b) propositions d’aménagement
à grande échelle (telles qu’une nouvelle mine, un grand barrage, une nouvelle autoroute, la construction
d’un établissement de défense).

Concernant les propositions à petite échelle, la question clef est de savoir si le plan contribuera aux
objectifs de l’aire protégée et répondra aux exigences de viabilité –c’est-à-dire si elles “conviennent à
l’endroit et conviennent au propos”. Le Tableau 17 offre quelques orientations de ce type.

Tableau 17. Lignes directrices pour l’évaluation de la pertinence d’un aménagement à


petite échelle dans les aires protégées de catégorie V

La liste de vérification ci-dessous peut aider à déterminer la pertinence des projets à petite échelle en
vue de leur inclusion dans une aire protégée de catégorie V (un petit nombre seulement des facteurs
présentés ci-dessous seront pertinents pour la plupart des projets):

Facteurs environnementaux :

Échelle: le projet se conforme-t-il à l’échelle générale des autres constructions et du paysage


environnant?

Conception: la conception est-elle respectueuse des alentours en termes de son impact


environnemental?

Matériaux: sont-ils d’origine local et sont-ils employés d’une manière qui reflète les techniques
traditionnelles de construction?

Aménagement paysager: a-t-on pensé à planter arbres et arbustes pour adapter la construction au
paysage?
(cont.)

67
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 17. Lignes directrices pour l’évaluation de la pertinence d’un aménagement à


petite échelle dans les aires protégées de catégorie V (cont.)

Bénéfices compensatoires: la possibilité d’avoir des bénéfices compensatoires grâce à l’aménagement,


par exemple un nouvel habitat de vie sauvage, a-t-elle été considérée?
Localisation: l’endroit est-il approprié par rapport à d’autres constructions, services, etc?, n’y a-t-il pas
de meilleurs endroits?
Consommation de technologies et ressources: le plan est-il conçu pour minimiser l’usage des ressources
(eau, énergie, déchets, égouts, effluents, bruit, lumière, etc.), a-t-on pensé à utiliser des technologies à
faible impact (modernes ou traditionnelles)?
Pratiques écologiques: les gestionnaires du plan préconiseront-ils les achats écologiques, utiliseront-ils
des produits biodégradables, chercheront-ils à minimiser l’usage du transport privé, etc.?

Facteurs sociaux:
Rapport avec la communauté: le plan bénéficie-t-il de l’appui de la population locale?
Impact sur la communauté: le plan causera-t-il un niveau inacceptable de changement social, menacera-
t-il la cohésion des communautés locales, ou étouffera-t-il leurs intérêts?
Impact sur les traditions culturelles: le plan soutiendra ou minera-t-il les traditions culturelles qui
caractérisent la communauté, par exemple, l’espace social, les structures de circulation?
Appui à la communauté: le projet étayera-t-il la communauté et répondra-t-il à ses besoins? (par exemple,
habitation, éducation ou commerces économiquement accessibles?)
Diversité: le projet soutiendra-t-il la diversité sociale de la communauté (jeunes et vieux, hommes et
femmes, riches et pauvres, groupes ethniques variés, et les différents métiers et professions)?

Facteurs économiques:
Usagers de ressources: le projet appui-t-il l’usage durable des ressources dans l’aire, par exemple en
agriculture ou sylviculture? Réduira-t-il les ressources non renouvelables?
Emploi: le projet emploiera-t-il la population locale et mettra-t-il en oeuvre les compétences locales?
Produits: le projet créera-t-il une demande de biens et de produits locaux, notamment ceux fabriqués de
façon durable?
Services: la projet créera-t-il des demandes raisonnables de services publics, par exemple eau et
transports, qui doivent être payés localement?

En général, les aménagements à grande échelle ne sont pas appropriés au sein d’un paysage protégé à
cause de l’impact environnemental et de l’incohérence de leur caractère et échelle. Cependant, résister
à de telles propositions peut s’avérer difficile, surtout quand elles répondent à des besoins nationaux.
Ci-dessous (Tableau 18) nous suggérons quelques lignes directrices pour aider à déterminer si un
développement en particulier est acceptable à l’intérieur d’une aire protégée de catégorie V ou s’il doit
être refusé autant que possible.

68
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Tableau 18. Lignes directrices pour évaluer l’acceptabilité d’un aménagement à


grande échelle dans les aires protégées de catégorie V

La liste de vérification suivante –à être appliquée séquentiellement- peut aider à déterminer si un


aménagement à grande échelle doit être accepté à l’intérieur d’une aire protégée de catégorie V:

- Déterminer l’impact environnemental par une EE approfondie et documentée, de préférence suivant


les orientations acceptées avec les parties prenantes. Cela suppose des dispositions pour des sauvegardes
et des travaux de surveillance sur des questions comme (i) la pollution, pour laquelle il devrait y avoir
une surveillance effective et un système d’observance, et (ii) dans le cas d’industries extractives, des
plans crédibles et un fonds garanti pour la restauration et le traitement après usage afin d’écarter la
menace d’eau ou terre polluées. Si enfin il s’avère que la mise en valeur ne répondrait pas ou minerait
même les objectifs de l’aire désignée, opposez-vous;
- Déterminer si le projet sert réellement à satisfaire un besoin national capital et si c’est dans l’intérêt
public –si le projet ne répond pas à ce point, soutenez son refus;
- Déterminer s’il existe un moyen alternatif de répondre au besoin en question, soit par (i) un type
différent de projet (par exemple économiser de l’énergie peut être une solution face à une amplification
de la capacité génératrice), soit (ii) un emplacement différent ou une autre route en dehors de l’aire –si
c’est le cas, soutenez cette solution;
- Si le plan réussit aux questions ci-dessus, des mesures compensatoires ou atténuantes devront être
adoptées comme condition à l’accord.

Il existe une riche expérience dans beaucoup de pays quant à l’application de systèmes d’aménagement
du territoire dans des environnements sensibles. L’étude de cas 18 est tiré de l’expérience des parcs
nationaux du Royaume-Uni: malgré leur nom, ils sont en fait des aires protégées de catégorie V. L’étude
de cas 19 est un exemple d’un site plus spécifique au Brésil et montre comment l’aménagement du
territoire a été utilisé pour des objectifs de conservation.

ÉTUDE DE CAS 18.


Aménagement du territoire dans le système des parcs nationaux au Royaume-Uni

Tout le territoire du Royaume-Uni, y compris les parcs nationaux, est considéré dans une législation globale
datant de 1947 sur l’aménagement du territoire. Tous les aménagements importants en construction, etc.,
ou changements de l’utilisation du territoire, sont contrôlés par l’Autorité d’aménagement local (LPA),
qui doit préparer un plan de développement de son aire. En Angleterre et au Pays de Galles (et jusqu’à
maintenant en Écosse) l’Autorité des parcs nationaux (NPA) est la LPA (voir aussi le Tableau 2).

Au niveau national, les conseils sur la politique d’aménagement du territoire sont donnés par le
gouvernement central sous forme d’orientation formelle, comme quoi... “les aménagements importants
ne doivent pas avoir lieu dans les parcs nationaux ... sauf dans des circonstances spéciales ... les
propositions doivent être soumises à l’examen le plus rigoureux”.

Les Plans d’aménagement sont préparés soit par la NPA toute seule ou ensemble avec l’autorité locale,
et embrassent tous les parcs nationaux du Royaume-Uni. Les plans comprennent tant les politiques
stratégiques pour l’utilisation et l’aménagement du territoire que plusieurs politiques plus détaillées qui
reflètent les besoins et circonstances locales. Les plans d’aménagement, normalement d’un horizon de
15 ans et revus tous les 5 ans, sont habituellement adoptés à la suite d’une enquête publique.
(cont.)

69
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 18.


Aménagement du territoire dans le système des parcs nationaux au Royaume-Uni

Une fois adoptés, les plans guident le caractère et la localisation de l’aménagement qui conviendra
au parc. Leur application est essentiellement exécutée par le “contrôle de l’aménagement”, qui est le
système détaillé par lequel on cherche l’approbation pour les constructions, le changement d’utilisation
du territoire, etc. La permission peut être accordée, refusée ou approuvée conditionnellement. Il y a droit
d’appel contre les décisions de la NPA.

Le Plan de gestion des parcs nationaux ne fait formellement pas partie du système d’utilisation du
territoire mais il fournit par contre un cadre local pour le plan d’aménagement et les politiques de
contrôle.
Source: Mike Beresford

ÉTUDE DE CAS 19.


Ilha Comprida, État de Sao Paulo, Brésil: plan d’utilisation du territoire pour protéger la
biodiversité

Le Complexe lagunaire de l’estuaire Iguape-Cananeia –aire protégée de catégorie V depuis 1987- est
une des pépinières marines naturelles les plus productives du monde, grâce à une île barrière, Ilha
Comprida (longue île) qui mesure 70 km par 3k. L’île est importante aussi pour son matériel génétique
et en tant que point d’arrêt d’oiseaux migratoires. L’aire a une faune riche et diverse et plusieurs types de
végétation (y compris des mangroves). Les écosystèmes, comprennant des aires naturellement inondées,
des bancs de sable et des dunes, sont naturellement dynamiques, mais aussi fragiles et vulnérables
face aux pressions urbaines. Quelques communautés traditionnelles de pêcheurs y subsistent, mais la
majorité de l’aire ne convient pas à une occupation urbaine.

L’urbanisation spéculative a commencé dans les années 50, et a donné comme résultat trois séries
planifiées de terrains à bâtir. Pour les contrôler, l’Aire de protection environnementale Ilha Comprida
(APEIC) fut créée en 1987, dans le contexte d’un plan côtier régional, coordonné par le gouvernement
de l’État. Un plan de zonage fut élaboré en 1989. Après que Ilha Comprida soit devenue une municipalité
en 1992, des actions ont été entreprises pour mettre ce plan en oeuvre. Un groupe de travail fut créé
en 1997 pour présenter une proposition locale, appuyé techniquement par le Secrétariat de l’État pour
l’environnement. Cette proposition limite le développement urbain à 30% de l’APEIC, crée une zone de
vie sauvage et maintient le rôle de conservation régionale que l’aire remplit. Cela a exigé le transfert des
droits de construction et la municipalité a accepté de prendre les terrains à bâtir plutôt que de prélever
des impôts. Cette proposition fut adoptée en 1999, après plusieurs réunions publiques. Le résultat montre
que la viabilité économique de l’île a été maintenue et le patrimoine de l’aire reste protégé –tout cela à
travers un processus participatif.
Source: Marilia Britto de Moraes

5.5 Politiques concernant la protection et la conservation de l’environnement

La plupart des aires protégées de catégorie V sont belles et provoquent des réactions positives parmi les
visiteurs et les résidents même. Plusieurs possèdent des points de vue extraordinaires, une vie sauvage
spectaculaire et des bâtiments historiques. En outre, ces aires contiennent souvent des atouts aux valeurs
intangibles qui s’expriment dans les associations que la population établit avec les aires. Ainsi, les
aires protégées de catégorie V sont importantes en elles-mêmes mais sont aussi d’une grande valeur
économique en tant que base pour une industrie touristique à succès. Soutenir ce patrimoine naturel est
donc vital. Cette section traite des politiques requises pour atteindre ce but.

70
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

5.5.1 Protection de l’environnement

La qualité sous-jacente de l’environnement est vitale pour la survie du paysage. Les ressources d’eau
douce, l’environnement marin, les sols et l’air ont besoin d’être soigneusement gérés, et protégés contre la
surexploitation et la pollution; et les processus écologiques, depuis le recyclage de substances nutritives
aux inondations saisonnières des fleuves, ont besoin d’être sauvegardés. À cet égard, bien entendu,
les paysages protégés ne sont différents d’aucun autre site, mais il y a un point important à traiter
sur la coordination de politiques. Il est probable que plusieurs organismes publics seront concernés
dans les programmes de protection environnementale (les bureaux de gouvernement responsables de
l’approvisionnement de l’eau, de la protection du sol et du contrôle de la pollution, par exemple). Dans
la mesure du possible, le bureau du paysage protégé devrait coordonner les politiques et les programmes
des autres bureaux travaillant dans l’aire: par exemple pour sauvegarder ou réhabiliter les sols des zones
à importance agricole, protéger les bassins ou préserver la qualité des lacs d’eau douce. Bien qu’il soit
difficile de réaliser la coordination lorsque la législation est faible et la coopération institutionnelle
est pauvrement développée, le minimum requis est une bonne communication avec les organismes
responsables. Mieux encore est la présence d’une commission inter-institutionnelle ou un bureau similaire
pour coordonner la gestion environnementale. Cela devrait garantir une compréhension partagée sur les
domaines clef de la planification à long terme, les activités quotidiennes et les actions d’urgence.

5.5.2 Conservation des valeurs paysagères

Bien que le paysage soit beaucoup plus qu’un simple décor, l’aspect visuel est important. En particulier,
la gestion des changements dans une aire protégée de catégorie V devrait permettre d’assurer que le décor
maintienne son intégrité, et que ses composantes culturelles conservent leur authenticité. Ces termes
–intégrité et authenticité- sont employés dans les Lignes directrices opérationnelles de la Convention du
patrimoine mondial. Une version adaptée de ces lignes directrices est pertinente aussi pour le décor des
paysages protégés, voir Tableau 19.

Tableau 19. Intégrité et authenticité appliquées au décor des aires protégées de catégorie
V (adapté de l’UNESCO, 2002)

Le décor d’un paysage protégé possède une intégrité lorsque ses composantes naturelles et culturelles
sont entières et intactes. Cela exige que l’aire:

- Comprenne tous les éléments nécessaires à l’expression de son importance;


- Soit de grandeur appropriée pour assurer la représentation complète des caractéristiques et des processus
qui véhiculent la signification du paysage; et
- ne soit pas touchée nuisiblement par le développement et/ou la négligence.

Les composantes culturelles du décor d’un paysage protégé possèdent une authenticité quand les
valeurs pittoresques et panoramiques sont exprimées véritablement et de manière crédible par le biais
de plusieurs attributs, tels que:

- forme et dessin;
- matériaux et substance;
- usage et fonction;
- traditions; et
- techniques et systèmes de gestion.

71
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Il ne s’agit pas, dans la protection des valeurs pittoresques des paysages protégés, de préserver le décor
‘figé ou gelé’ contre tout changement, mais d’assurer que le changement qui aurait lieu réponde aux tests
généraux d’intégrité et d’authenticité. Les politiques concernant la conservation des valeurs pittoresques
seront donc grosso modo de deux types:

- celles conçues pour exclure un mauvais genre de développement –c’est-à-dire celles qui
compromettraient l’intégrité ou l’authenticité du décor;
- celles conçues pour encourager un bon genre développement –c’est-à-dire celles qui
s’alignent avec l’intégrité ou l’authenticité du décor ou le renforcent.

Dans la pratique, il est normalement préférable de protéger et d’améliorer le décor par le biais de volets
politiques divers, plutôt que de le traiter comme un volet politique à titre individuel. Les politiques les
plus importantes pour la qualité des décors sont celles qui se rapportent:

- aux usagers des ressources telles que l’agriculture et la sylviculture, qui sont celles qui ont le plus
d’impact sur l’apparence du paysage protégé (Section 5.3 supra);
- à l’application des politiques de contrôle d’utilisation du territoire (Section 5.4 supra); et
- à la protection des valeurs historiques et naturelles (voir infra).

5.5.3 La conservation de la nature et de la biodiversité

La plupart des paysages protégés sont importants pour la biodiversité en raison de l’existence continue
de formes traditionnelles d’utilisation du territoire qui maintiennent la diversité biologique. Et ce parce
que les systèmes à faible intensité d’utilisation du territoire très souvent:

- permettent que des zones de vie sauvage (par exemple, des régions boisées naturelles) survivent dans
l’enceinte des aires qui sont utilisées productivement;
- ‘imitent’ les conditions naturelles, et créent ainsi des habitats faits manuellement, riches en biodiversité
(par exemple, animaux domestiques qui paissent afin de faire des pâturages et rizières qui créent des
systèmes marécageux); et
- impliquent une très grande diversité génétique chez les animaux domestiqués et les produits cultivés
(voir 5.3.5 supra).

De plus, de nombreuses aires sont également importantes en raison du rôle qu’elles jouent dans
l’appréciation de l’importance de la nature pour les sociétés du monde entier, par exemple:

- plusieurs paysages sont appréciés comme expression d’une relation spirituelle spécifique entre l’homme
et le reste de la nature;
- elles sont souvent extrêmement belles. Au contraire de ce qui arrive dans la plupart des aires protégées,
les valeurs esthétiques proviennent normalement autant du contraste, et/ou interaction, entre les forces
de la nature et l’action de l’homme, que de la qualité intrinsèque des éléments naturels eux-mêmes; et
- elles parlent aux générations présentes sur les rapports anciens et remarquables entre l’homme et la
nature.

Sur cette toile de fond il est utile d’évaluer les paysages protégés pour leurs valeurs naturelles et leur
biodiversité en particulier, en se servant de la liste de vérification du Tableau 20.

À la lumière de cette analyse, il est clair que les aires protégées de catégorie V demandent une approche
de la conservation de la biodiversité différente de celle appliquée à d’autres types d’aire protégée. La
conservation de la biodiversité dans d’autres types d’aires protégées suppose généralement la protection
de la nature contre les pressions

72
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Tableau 20. Liste de vérification des qualités naturelles et de la biodiversité des aires
protégées de catégorie V (selon Lennon (ed.), publié)

Au moment d’évaluer la signification de l’aire de conservation de la nature et de la biodiversité, les


gestionnaires des paysages protégés devraient considérer ces questions:

Conservation d’écosystèmes naturels et mi-naturels, et conservation d’espèces sauvages de faune et de


flore: Est-ce que le paysage protégé:
- contribue à la protection des écosystèmes naturels (par exemple, en facilitant la protection des forêts
de bassin ou des systèmes d’eau douce ou marine);
- permet de protéger les espèces sauvages de faune ou flore;
- permet de protéger la diversité génétique chez les espèces sauvages; et
- crée des habitats semi-naturels de grande importance pour la biodiversité, c’est-à-dire des écosystèmes
manipulés avec des interactions fonctionnelles et bien structurées entre ses composantes vivantes?

Conservation de la biodiversité au sein des systèmes agricoles: Existe-t-il des systèmes agricoles
traditionnels qui:
- soutiennent une large gamme de variétés de bétail domestiqué; et
- soutiennent une large gamme de variétés de produits cultivés, comme les céréales, les fruits ou les
racines comestibles?

Usage durable de la terre et de l’eau: Est-ce que les pratiques d’utilisation de la terre dans l’enceinte de
l’aire:
- respectent la capacité productive de la terre;
- conservent la qualité et la quantité du sol;
- s’occupent de la qualité de l’eau et la préservent;
- manient les ruisseaux et les rivières de façon à réduire les inondations nuisibles et les pertes ou fuites;
- entretiennent la verdure;
- restaurent la végétation, les sols et les sources d’eau; et
- protègent les environnements marins?

Rehaussement de la beauté pittoresque: Est-ce que l’aire a des qualités pittoresques importantes,
provenant autant du contraste et/ou de l’interaction entre les forces naturelles et humaines que de la
qualité intrinsèque des éléments naturels?
Collections ex situ: Trouve-t-on d’importants herbiers, jardins botaniques et arboretums, ou collections
de faune dans l’aire?
Exemple important d’interdépendance entre l’homme et la nature: L’aire est-elle un bon exemple d’une
interdépendance réussie ou ratée entre une ancienne civilisation et les ressources naturelles?
Importance pour l’histoire de la science: L’aire est-elle le siège de quelque découverte historiquement
importante pour les sciences naturelles?

de la population. Bien que cette politique soit potentiellement applicable dans certaines parties des aires
protégées de catégorie V –telles que les réserves naturelles à l’intérieur des aires, lesquelles peuvent être
classées comme catégorie Ia ou IV (voir Schéma 2)- la protection de la biodiversité dans ces aires mettra
en général un accent tout particulier sur:

- le soutien aux coutumes traditionnelles d’usage de la terre qui soutiennent à leur tour la nature et la vie
sauvage –voir photo 13;

73
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

- la liaison entre la biodiversité et la protection du paysage;


- la réhabilitation des valeurs de biodiversité qui ont été perdues ou dégradées; et
- la réglementation des activités qui dégradent ou qui minent les valeurs naturelles.

Le Tableau 21 aborde ce sujet plus en détail en suggérant des lignes directrices pour la conservation de
la biodiversité dans les aires protégées de catégorie V.

Tableau 21. Lignes directrices pour la conservation de la biodiversité des aires


protégées de catégorie V

Quoique les politiques pour la conservation de la biodiversité puissent varier considérablement suivant
les habitats et les espèces qui existent dans l’aire, voici plusieurs principes généraux:

- identifier toutes les aires clef pour la conservation de la nature, toutes les espèces menacées et les
processus écologiques clef;
- identifier la condition, les tendances et les menaces concernant les aires clef, les espèces en danger et
les processus écologiques clef;
- dresser les Plans d’action pour la biodiversité qui peuvent se centrer sur les priorités et les cibles de
conservation;
- élaborer des programmes pour aborder les menaces et les cibles;
- élaborer des programmes pour la réhabilitation d’habitats et espèces détruits ou dégradés (y compris
les programmes de réintroduction d’espèces importantes);
- élaborer des programmes pour contrôler ou éradiquer les espèces de plantes et animaux envahissants;
- organiser des “kits” de promotion et de soutient de l’intendance sur l’intendance (à l’aide de conseil,
finance, etc.) pour que les propriétaires y contribuent en gérant la biodiversité à leur charge;
- appuyer les pratiques d’utilisation traditionnelle de la terre, surtout les pratiques forestières et agricoles
qui contribuent à la conservation de la biodiversité;
- préparer une approche multidisciplinaire et intégré sur la gestion de la biodiversité;
- encourager tous les habitants, et notamment les principaux usagers de la terre (fermiers, forestiers,
pêcheurs, etc.) à adopter une éthique d’intendance et à éviter des coutumes qui menacent la
biodiversité;
- consolider les traditions et les valeurs de la communauté qui soutiennent la nature;
- mettre en place des programmes d’éducation publique sur la valeur de la biodiversité;
- créer des programmes d’interprétation sur la biodiversité pour les visiteurs;
- impliquer les communautés locales dans les programmes de conservation (y compris les programmes
pour bénévoles, lycées, etc.); et
- se servir des compétences, ou y obtenir l’accès, nécessaires pour diriger l’aire de façon
professionnelle.

Dans plusieurs aires protégées de catégorie V, l’appui aux formes traditionnelles d’agriculture sera une
partie critique de la politique de conservation de la biodiversité. L’Étude de cas 20 est un exemple de
cette approche appliquée au Parc national Hortobágy –voir photos 14 et 15.

74
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

ÉTUDE DE CAS 20.


Le Parc national Hortobágy, en Hongrie: conservation de la biodiversité à travers
l’agriculture traditionnelle (voir photos 14 et 15)

Le Parc national Hortobágy couvre un territoire de 82 000 ha. C’est un Paysage culturel du patrimoine
mondial, une Réserve de biosphère de l’UNESCO, et 30% de sa surface est occupé par le marais Ramsar.
L’aire est particulièrement importante pour ses oiseaux, avec des migrations annuelles spectaculaires de
60 000 grues. Bien que classée aire protégée de catégorie II, Hortobágy a beaucoup de similitudes avec
la catégorie V.

D’immenses surfaces de prairie naturelle/steppe humide ont originellement été des pâturages de bovins/
chevaux sauvages. Après l’occupation humaine ces animaux furent remplacés par des races domestiquées.
Durant la période communiste, la Ferme étatique collective Hortobágy a exploité intensivement un
secteur du territoire, en remplaçant une partie de la prairie naturelle par des cultures, et en régulant les
cours d’eau de façon à drainer l’aire.

Après les réformes politiques, le Ministre de l’environnement a repris ce qui restait de l’ancienne ferme
étatique. Le territoire est maintenant géré par la Compagnie d’intérêt public qui a une responsabilité
limitée sur la conservation de la nature et l’entretien de la banque génétique à Hortobágy. Cette compagnie
privée emploie un personnel local de 125 travailleurs et gère 12 000 ha de prairie tondue et de pâture, et
25 000 ha de cultures dans le parc (les deux activités sont biologiques). La compagnie a réintroduit les
régimes naturels de pâturage en utilisant les races traditionnelles telles que le boeuf gris hongrois et le
mouton racka. 30 exemplaires de chevaux przewalski occupent une zone intérieure sauvage de 2,400 ha.
La propriété est presque autofinancée par la Compagnie.

La gestion de l’usage traditionnel de la terre appliquée à Hortogáby permet aux espèces natives de
s’épanouir. Le patrimoine, les coutumes et les traditions du territoire ont aussi été conservés ou ravivés.
Avec plus de vie sauvage, la compagnie a pu développer des initiatives en écotourisme et fournir
de l’information et des programmes d’interprétation en employant des guides locaux. Elle gère un
musée, garde des bâtiments (csárda –auberges au bord de la route avec nourriture et hébergement), et
fait la démonstration d’habiletés agricoles traditionnelles (garde du troupeau, costumes traditionnels,
méthodes de travail). La gestion de Hortobágy est un exemple remarquable de liaison entre la gestion de
la biodiversité, la protection du paysage et la promotion des pratiques d’usage de la terre à faible impact
et traditionnelles.

Source: Peter Ogden

5.5.4 La conservation du patrimoine historique et architectonique

De nombreux paysages protégés sont riches en éléments historiques et architectoniques: ces éléments
font souvent partie intégrante du paysage. Il peut s’agir de grands monuments, voire des châteaux, des
palais, des temples, des églises, ou bien d’éléments plus humbles, des bâtiments de ferme ou des villages
construits en style vernaculaire. Ou bien encore ces éléments peuvent faire partie d’un paysage actif, tels
que des structures pour garder le bétail ou pour stocker le grain, des formes traditionnelles de pêche, des
limites en murs ou en haies, ou de l’aménagement du territoire sous forme de systèmes d’irrigation et de
terrasses. Certains éléments peuvent être antiques (voir photo 17) -des vestiges d’anciennes civilisations
ou des pratiques anciennes d’usage de la terre actuellement abandonnées; d’autres peuvent être utilisées
de nos jours et traduisent des valeurs sociales, culturelles et économiques qui sont encore importantes
dans la société contemporaine. Quelquefois ce sont les éléments mêmes du paysage qui transmettent
des associations historiques, telles qu’un terrain de bataille (voir Page et autres, 1998). S’il est vrai que

75
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

les éléments historiques sont significatifs dans beaucoup d’autres types d’aires protégées, il n’en est
pas moins qu’ils soient souvent quasiment accessoires. Une caractéristique distinctive du patrimoine
architectonique et historique des aires protégées de catégorie V c’est qu’il fait partie intégrante du
caractère de l’aire et des raisons pour sa protection.

L’orientation sur la gestion de ces ressources dans une aire protégée de catégorie V ne peut être que
générale, mais le Tableau 22 offre un point de départ:

Tableau 22. Lignes directrices pour la conservation du patrimoine architectonique et


historique des aires protégées de catégorie V

Les conseils généraux suivants sont à considérer:

- Tout d’abord, il est essentiel de repérer le patrimoine architectonique le plus important et/ou les
atouts traditionnels dans le paysage protégé –toute l’opération doit se baser sur les connaissances et la
compréhension;
- repérer aussi la contribution que ces atouts donnent à la qualité du paysage;
- déterminer la condition de ces éléments;
- déterminer ce qui les menace;
- dénicher les occasions d’augmenter la protection donnée à ces sites;
- adopter des politiques, basées sur le zonage, pour la protection et/ou restauration du patrimoine
historique et architectonique; adapter et réutiliser les atouts historiques plutôt que de les remplacer,
quand c’est possible;
- pour les sites grands et complexes, élaborer des plans détaillés de conservation et de gestion;
- promouvoir les usages économiques -appropriés et sensibles- des bâtiments historiques;
- appuyer cette action avec des programmes d’éducation publique sur la valeur de l’héritage architectonique
et historique;
- créer des programmes d’interprétation pour les visiteurs;
- préparer des “paquets” promotionnels et d’appui (conseil, financement, etc.) pour que les propriétaires
puissent aider à gérer les éléments du patrimoine dont ils prennent soins;
- s’assurer dans la mesure du possible que les habiletés traditionnelles nécessaires à la protection de
l’héritage historique soient soutenues, appréciées et récompensées convenablement;
- consolider les traditions et les valeurs de la communauté qui soutiennent le patrimoine historique;
- impliquer les communautés locales dans les programmes de conservation de l’héritage architectonique
(y compris les programmes pour bénévoles, collèges, etc.); et
- se servir ou acquérir les compétences nécessaires pour diriger l’aire de façon professionnelle.

Un exemple de conservation d’un élément historique nationalement important est donné dans l’Étude de
cas 21. Il montre aussi le potentiel que possède un élément historique linéaire bien géré pour devenir le
noyau d’une initiative de conservation du paysage.

76
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

ÉTUDE DE CAS 21.


Le Corridor du canal Rideau, au Canada: élément historique comme noyau d’une aire
protégée de catégorie V

Le canal Rideau, à la fois site historique national et rivière du patrimoine canadien, est l’élément central
des 202 km d’un paysage culturel en évolution constante dans l’est de l’Ontario. Construit par la Grande-
Bretagne à travers des régions sauvages reculées comme une partie de la stratégie défensive du Canada
(1826-1832), le canal relie des lacs naturels et des rivières appartenant à deux grands bassins versants avec
un cours d’eau navigable, et ouvre le corridor Rideau à la colonisation et au développement économique.
L’héritage construit du canal -une adaptation sophistiquée de la technologie de construction de canaux
britannique appliquée à des travaux de génie, structures défensives, écluses et maniement de l’eau-
possède un haut degré d’authenticité. Le long du corridor, des modèles d’établissement de villages et
de fermes et d’activités d’usage de la terre depuis l’agriculture jusqu’à l’exploitation forestière, qui ont
façonné le paysage rural du XIXe siècle, ont évolué en réponse aux environnements naturel et culturel.

Aujourd’hui le canal est un cours d’eau dynamique, à vocation récréative, et qui reste intact et
complètement opérationnel le long de sa trajectoire originelle. Le paysage linéaire et stratifié continue
d’évoquer remarquablement l’interaction humaine avec l’environnement naturel. Les régions boisées,
les marécages et les divers habitats de l’écosystème du corridor sont appréciés pour leur connexion
historique ainsi que pour leur importance écologique.

La Déclaration commémorative d’intégrité, qui se centre sur les valeurs historiques mais reconnaît au
canal un important rôle d’intendance environnementale, oriente le Plan de gestion ainsi que les efforts de
Parcs Canada pour promouvoir un tourisme durable et une protection continue dans la région. Les défis
de la protection de l’héritage naturel et culturel dans le corridor du canal sont : influencer les politiques
de planification municipales dans 26 communautés adjacentes et minimiser l’impact des aménagements
sur les terrains riverains extensifs, propriétés de particuliers.
Source: Susan Buggey

5.5.5 Conservation des valeurs contemporaines culturelles et spirituelles

En tant que paysages habités, la plupart des aires protégées de catégorie V possèdent d’importantes
valeurs culturelles vivantes, qui ont une signification contemporaine. De même, les atouts historiques
individuels ont souvent une grande importance contemporaine, comme par exemple un bâtiment religieux
ancien ou un site qui continue toujours à jouer un rôle central dans la société. Ces valeurs actuelles
peuvent sembler apparentes selon comment les personnes considèrent le paysage –pour certaines
communautés, principalement indigènes, leur relation avec le paysage peut comprendre plusieurs de
leurs croyances spirituelles et une grande partie de leur identité culturelle, y compris leur relation avec
le reste du monde naturel et avec leurs ancêtres. Pour plusieurs communautés, les montagnes ont une
signification particulière qu’il serait sage de reconnaître et de consolider dans les politiques de gestion
de développement (Bernbaum, 1997). Les paysages religieux qui sont souvent soigneusement protégés
par les communautés locales, possèdent des valeurs naturelles et culturelles importantes. Même parmi
les communautés qui ne vivent plus aussi prés de la nature, le rôle du paysage pour l’identité culturelle
est souvent très importante et il est présent dans la tradition populaire (chanson, danse, légende) et dans
les arts (peinture, littérature, musique et poésie). Dans plusieurs endroits la communauté tient tellement
à ces valeurs qu’elles constituent une forme efficace de protection de facto.

77
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Dans ce cas-là aussi, le caractère distinctif des aires protégées de catégorie V est évident. Tandis que
plusieurs aires protégées de tous types sont importantes pour la population locale en raison de leurs
associations culturelles, cela est généralement dû à la place qu’occupe le monde naturel dans la vie de la
population. Mais de nombreuses aires protégées de catégorie V comprennent des paysages qui portent
une forte empreinte de nos ancêtres. Nous avons, par exemple, les cultures en terrasses ou les systèmes
d’irrigation représentant plusieurs centaines d’années de persévérance sous des conditions difficiles.
Souvent ces éléments ont une signification accrue quand ils constituent une création des ancêtres des
habitants travaillant la terre aujourd’hui en suivant des critères similaires. Dans tels cas, la génération
présente peut bien avoir un véritable rôle intendant: hériter, prendre soin, et léguer une terre dont les
caractéristiques physiques et les traditions culturelles associées à elle témoignent de cette lutte.

Les lignes directrices pour les politiques de gestion sur ces thèmes culturellement spécifiques doivent
être très généralisées. On peut pourtant proposer quelques règles de base –voir Tableau 23.

Tableau 23. Lignes directrices pour la protection des valeurs contemporaines culturelles
et spirituelles

Les lignes directrices suivantes doivent être prises en considération dans la gestion d’un paysage
protégé:

- Repérer les valeurs culturelles et spirituelles perçues par la population dans le paysage en consultant
a) la population locale (particulièrement les ‘aînés’), b) les groupes locaux et autres groupes intéressés
à ces sujets, et c) les experts, tels que les anthropologues, ethnographes, historiens de la culture et de
l’art;
- Identifier en particulier les croyances, valeurs, etc., qui sont liés à la protection du paysage tel qu’il est
aujourd’hui et qui permettraient ainsi de renforcer sa conservation;
- Identifier en particulier les endroits, etc., qui sont spécialement importants (par exemple, des sites
sacrés, chemins spirituels ou points de vue spectaculaires) et s’assurer qu’ils soient protégés;
- Laisser clairement entendre que les valeurs traditionnelles sont respectées et seront défendues;
- Chercher la reconnaissance de ces valeurs au moyen de politiques de gestion adéquates;
- Impliquer la population locale dans le développement et la mise en place de la gestion (par exemple,
les traditions, associations et conduites particulières peuvent ne pas être officiellement enregistrées et
une relation de travail formelle avec la communauté permettra qu’elles soient identifiées d’une façon
opportune et non conflictuelle);
- Mobiliser les communautés locales vers le travail de protection des sites clef; et
- Considérer la possibilité de programmes d’interprétation pour les visiteurs sur les valeurs culturelles
et spirituelles, et impliquer la population locale dans la diffusion de l’information à ces visiteurs quand
il conviendra.

Deux Études de cas (22 et 23) illustrent comment les peuples de différentes parties du globe considèrent
leur paysage et suggèrent un type de gestion approprié au paysage.

78
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

ÉTUDE DE CAS 22.


Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie

La Sierra Nevada de Santa Marta est une réserve de biosphère. C’est une montagne isolée, atteignant 5
775 m. à seulement 42 km de la côte des Caraïbes. Elle couvre 17 000 km2, possède toutes les zones
climatiques de l’Amérique du sud depuis la côte jusqu’aux champs de neige et représente une aire
clef pour la biodiversité. Elle est la source de 36 rivières et comprend deux parcs nationaux et deux
réserves indigènes. Le bien-être de 1,5 million de personnes qui dépendent de son eau est menacé par
une déforestation extensive.

L’aire a aussi une grande importance archéologique et culturelle. Des milliers d’années de peuplement
ont fini par donner naissance à la civilisation pré-colombienne Tairona. La culture indigène actuelle est
riche: trois groupes, Kogi, Sanka et Ijka (ou Arhuacos), pensent qu’ils doivent protéger leur terroir qui
leur a été confié par la “Mère de l’Univers”. Ils sont malgré tout sous la pression de colons étrangers.

Une ONG, la Fondation pour la Sierra Nevada de Santa Marta (FPSN), travaille pour la conservation de
l’héritage culturel et naturel de l’aire en améliorant les conditions de vie de la population locale. Parmi
les parties prenantes importantes il y a les groupes indigènes. En 1991, la FPSN a conçu une stratégie
de conservation et ensuite un Plan de développement durable pour Sierra Nevada. Les programmes
pilotes mettant en place la stratégie et le plan ont commencé en 1997 et un programme pour l’aire en
entier fut institué pour 1999-2006. Un des thèmes principaux de cette activité est de renforcer l’identité
culturelle et protéger les droits des groupes indigènes et en même temps conserver et restaurer les
ressources naturelles dont dépend l’identité culturelle de ces groupes. Le développement des capacités
pour renforcer le tissu social parmi les communautés indigènes et paysannes est aussi une priorité ainsi
que la valeur des connaissances indigènes.

Source: Guillermo Rodríguez

ÉTUDE DE CAS 23.


Sahyoue/Edacho, paysage sacré au Canada

Deux péninsules dans le Grand lac de l’ours dans les Territoires du nord-ouest au Canada, Sahyoue/
Edacho (la Montagne de l’ours grizzly et les Collines à herbe odorante) sont des sites sacrés qui ont
été utilisés par le peuple Sahtu Dene depuis des temps immémoriaux. La relation entre la culture et le
paysage est une composante clef de l’identité Sahtu Dene en tant que peuple. Donc:

- les mondes cosmologique, géographique, écologique, culturel et spirituel sont intimement liés dans un
univers holistique;
- les ressources naturelles de la forêt boréale ouverte sont soutenues par l’usage traditionnel de la terre
et les styles de vie basés sur la chasse, la trappe, la pêche, le campement, la récolte de plantes et la
connaissance du terrain;
- les narrations traditionnelles parlent de l’usage approprié de la terre, des relations avec les animaux et
des êtres spirituels ancestraux dont les actions héroïques ont rendu la terre plus sécuritaire; elles parlent
aussi de dangers et de conduites correctes;
- les endroits jouent le rôle de dispositif mnémonique pour rappeler les noms et les narrations qui
instruisent le peuple de génération en génération à vivre avec ce paysage complexe;
(cont,.)

79
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 23.


Sahyoue/Edacho, paysage sacré au Canada

- pour assurer une conduite respectueuse envers les esprits, plusieurs endroits ne doivent pas être visités,
et les visiteurs doivent voyager accompagnés d’un guide bien informé.

La protection des sites sacrés et la narration des histoires s’y rapportant sont essentielles à la continuité
de la culture et des moyens de subsistance de Sahtu Dene. La désignation comme site historique national
(1996) reconnaît les valeurs du paysage mais ne comporte pas de protection légale. Le Conseil de
l’union Delina Dele et la communauté de Deline, appuyés par des organisations locales et nationales,
ont cherché un retrait territorial provisoire à l’aide des autorités fédérales. Accordé conformément à la
Stratégie des aires protégées du Territoires du nord-ouest (2001), le retrait de protéger l’aire tandis que
les diverses parties prenantes travaillent vers des sauvegardes à long terme et vers une gestion qui soit
cohérente avec les valeurs écologiques et culturelles.

Source: Susan Buggey

5.6 Politiques concernant le tourisme, la sensibilisation, l’éducation, l’information et


l’interprétation

Les aires protégées de catégorie V doivent être gérées “principalement en vue de la protection et la
récréation dans le paysage terrestre et marin” (UICN, 1994). Les politiques pour la récréation durable,
le tourisme et les distractions publiques sont donc des caractéristiques importantes dans la gestion de la
plupart sinon de tous les paysages protégés (Section 5.6.1). La planification du tourisme est étroitement
liée à la conscientisation, l’éducation, l’information publique et l’interprétation (Section 5.6.2).

5.6.1 Tourisme durable

L’UICN a récemment publié des conseils sur le tourisme dans les aires protégées (Eagles et autres,
2002). Ils contiennent beaucoup d‘orientation détaillée sur la matière. À plusieurs reprises ils repèrent les
besoins particuliers et les caractéristiques du tourisme dans les aires protégées de catégorie V. Le point
le plus important est que dans les aires protégées de catégorie V les moyens de récréation et de tourisme
sont habituellement complètement intégrés dans l’économie locale et dans les conditions sociales au lieu
de n’être qu’un “service de parc”. Voilà pourquoi dans les aires protégées de catégorie V:

- il serait parfois convenable de tenir compte d’un tourisme général soigneusement réglementé, comme
par exemple un aménagement touristique bien dessiné et à une échelle appropriée, tandis que dans la
plupart des aires protégées l’attention serait centrée sur l’écotourisme (ibid p.23);
- il serait souvent convenable de pourvoir de l’hébergement et d’autres formes de services pour les
touristes au sein des aires désignées de façon à apporter des bénéfices économiques aux communautés
locales (ibid p.69), alors que ces formes seraient exclues de la plupart des aires protégées;
- une bonne partie de l’infrastructure qui sert aux besoins locaux dans les aires protégées de catégorie
V –par exemple le réseau routier, les trottoirs, les magasins et les endroits pour manger et boire- seront
partagés avec les visiteurs; il y a donc des possibilités de développer l’infrastructure pour les visiteurs
en contribuant à satisfaire les besoins de la communauté locale; et
- plusieurs partenariats auront besoin d’être créés avec le secteur privé, les bénévoles et la communauté,
dans le but de pourvoir des services aux visiteurs des aires protégées de catégorie V. Ils doivent aussi
être développés équitablement et non suite à des concessions, ce qui serait la norme dans la plupart des
aires protégées de catégorie II.

80
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Mais si la récréation et le tourisme sont des volets importants de l’économie dans beaucoup d’aires
protégées de catégorie V, leur développement devrait cependant suivre les principes de viabilité. Ceci est
en rapport avec le développement du nouveau tourisme et les dispositions établies devant être réalignées
suivant des critères plus viables. Le tourisme qui a lieu dans les aires protégées de catégorie V doit avoir
des buts environnementaux, économiques et sociaux intégrés –voir Tableau 24, qui met en lumière le
rapport de la Fédération EUROPARC en Europe (2001). Ce rapport a aussi été mis à profit lors de la
préparation des lignes directrices du Tableau 25 pour assurer que les projets d’investissement touristique
dans les aires protégées de catégorie V soient durables:

Tableau [Link] buts du tourisme durable dans les aires protégées de catégorie V
(d’après la Fédération EUROPARC, 2001, p. 22).

Buts environnementaux:
- conservation à long terme; et
- meilleure connaissance et conscientisation de la conservation parmi la population locale et les
visiteurs.

Buts sociaux:
- satisfaction et distraction du visiteur;
- niveaux de vie et habiletés améliorés chez la population locale;
- démonstration d’une alternative au tourisme de masse et de forfait touristique, et promotion du tourisme
durable partout;
- faire du tourisme durable une partie de la culture locale et nationale; et
- permettre à tous les secteurs de la société d’avoir la possibilité de jouir de l’aire protégée.

Buts économiques:
- amélioration des économies locale et nationale;
- provision de commerces locaux et opportunités d’emploi; et
- génération d’un revenu accru pour entretenir l’aire.

Tableau [Link] directrices pour un tourisme durable dans les aires protégées de
catégorie V (adaptées de la Fédération EUROPARC, 2001, p. 22)

Les planificateurs et gestionnaires des paysages protégés devraient élaborer des politiques pour le
tourisme et la récréation en passant par les étapes suivantes:
- Déterminer clairement les objectifs de conservation, basés sur la discussion et l’accord, avec d’autres
partenaires clef, concernant la place qui revient au tourisme durable;
- Dresser un inventaire d’éléments naturels et culturels à potentiel et à usage touristiques, et ensuite
analyser cette information;
- Travailler en partenariat avec la population locale, le secteur touristique et autres organisations locales
et régionales;
(cont.)

81
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau [Link] directrices pour un tourisme durable dans les aires protégées de
catégorie V (adaptées de la Fédération EUROPARC, 2001, p. 22)

- Identifier les valeurs et l’image sur lesquels se basera le tourisme durable;


- Évaluer les capacités qu’ont les différentes parties de l’aire et établir des paramètres environnementaux
qui devront être respectés;
- Passez en revue et analyser les marchés touristiques et les besoins et attentes des visiteurs;
- Fournir des orientations sur les activités touristiques compatibles et incompatibles avec l’aire
protégée;
- Proposer le développement de nouveaux “produits” touristiques, y compris les produits de tourisme
éducatif;
- Évaluer l’impact environnemental des propositions;
- Spécifier les mesures de gestion requises, telles que le zonage et la canalisation, liées à l’interprétation
et à l’éducation;
- Proposer une gestion de la circulation et le développement de systèmes de transport durables;
- Concevoir une stratégie promotionnelle et de communication pour diffuser l’image de l’aire protégée,
les “produits” nouveaux et les techniques de gestion;
- Établir un programme de surveillance de l’aire protégée et de son usage par les visiteurs, et de
révision des plans de développement touristique en vue d’assurer que ce tourisme observe les exigences
environnementales;
- Évaluer les besoins en ressources et les sources, y compris le financement pour la formation;
- Réinvestir une portion des revenus générés par le tourisme dans l’entretien de l’environnement;
- Toujours concevoir des politiques et de nouvelles initiatives en consultation avec ceux qui sont les plus
directement touchés; et
- Mettre en place les plans touristiques.

Les gestionnaires d’aires protégées de catégorie V pourraient faire face à des propositions pour un
nouveau développement du tourisme. Si les objectifs du Tableau 24 sont réalisés, ces plans devraient
être évalués selon l’orientation générale présentée dans le Tableau 18 plus haut et selon les conseils
spécifiques du Tableau 26.

Tableau 26. Lignes directrices pour les projets d’investissement touristique dans les
aires protégées de catégorie V

Au sein des paysages protégés, tout projet important d’investissement pour le développement touristique
devra:

- Être entrepris seulement après qu’une Évaluation environnementale ait déterminé l’impact social,
économique et environnemental et que toute mesure d’atténuation nécessaire ait été adoptée;
- être localisé là où l’impact négatif sur le paysage est minimal et que les bénéfices positifs pour la
communauté locale soient maximisés;
- être planifié et conçu en vue d’avoir un impact négatif minimum sur le paysage (y compris le décor,
la biodiversité et le patrimoine architectonique et historique) afin de le mettre en valeur dans la mesure
du possible;
(cont.)

82
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

Tableau 26. Lignes directrices pour les projets d’investissement touristique dans les
aires protégées de catégorie V

- être conçu pour respecter et soutenir les valeurs culturelles locales;


- être construit avec des matériaux indigènes, ou bien des matériaux provenant de systèmes durables;
- Mis en marche en minimisant le gaspillage de ressources naturelles (par exemple, l’eau, l’énergie,
les déchets, les égouts, l’effluent, le bruit, la lumière, etc.), maximiser la réutilisation et le recyclage de
toutes les ressources employées (par exemple, les produits écologiques, l’usage minimale de voitures
privées), et incorporer spécifiquement les technologies à faible impact (par exemple, les systèmes qui
économisent l’énergie, le recyclage des eaux usées);
- être géré de façon à ce que le projet soit soumis à un cadre d’exigence de durabilité, à des révisions
périodiques et à un ajustement opérationnel afin d’assurer que les impacts restent minimum;
- incorporer des programmes pour conscientiser le personnel, les visiteurs et les résidents locaux sur
la durabilité environnementale en général et les valeurs spécifiques du paysage protégé qu’elles soient
pittoresques, écologiques, sociales, culturelles ou historiques;
- être planifié et opéré en étroite liaison avec la communauté locale;
- être géré afin d’assurer que la population locale puisse obtenir des bénéfices réels et durables (emplois,
revenus, éducation) à partir de l’activité économique générée; et
- inclure, si possible, une mesure pour qu’une part des profits de l’opération soit réinvestie dans la
conservation du paysage protégé lequel à son tour soutient l’activité touristique.

Les Études de cas 24 et 25 font part des efforts pour satisfaire les besoins des visiteurs d’aires protégées
de catégorie V et de quelques problèmes potentiels à affronter.

ÉTUDE DE CAS 24.


Le territoire Laikipia/Samburu, au Kenya: développement de la communauté basé sur la
nature et financé par le tourisme

Les paysages étendus du très vaste plateau Laikipia, dans le centre nord du Kenya, contiennent une
grande diversité de vie sauvage qui se développe bien dans des conditions sémi-désertiques. Le peuple
pastoral Samburu fait paître leurs troupeaux de chèvres, moutons, bovins et chameaux à l’ombre du Mont
Kenya, une source d’eau cruciale pour l’homme et pour les animaux. Laikipia-Samburu est le centre
des efforts menés par la Africa Wildlife Foundation (AWF) [Fondation pour la nature en Afrique] pour
développer des activités commerciales en rapport avec la vie sauvage, visant à conserver les ressources
naturelles et à améliorer le bien-être économique des communautés locales.

Le programme de recherche économique sur la vie sauvage de la AWF signale les modalités par lesquelles
les propriétaires fonciers pourraient utiliser leurs terres pour la conservation et la préservation de la vie
sauvage, le tourisme et autres activités. Les communautés et les propriétaires de fermes sont conseillés
sur la gestion des activités pour la vie sauvage. Un programme d’affaires participatives conseille et
travaille étroitement avec les groupes communautaires pour recueillir des idées en vue d’activités
commerciales en lien avec les ressources naturelles. Les apiculteurs de Laikipia sont entraînés et assistés
avec la technologie prévue par les lignes directrices internationales pour la récolte et le traitement du
(cont.)

83
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

ÉTUDE DE CAS 24.


Le territoire Laikipia/Samburu, au Kenya: développement de la communauté basé sur la
nature et financé par le tourisme (cont.)

exportation. L’établissement de colonies culturelles à Samburu est une autre activité en rapport avec la
vie sauvage dont bénéficie la population locale tout en encourageant la conservation. Chose importante,
le nombre d’animaux sauvages tués dans l’aire a baissé significativement depuis que la population
locale a pu développer des activités économiques alternatives à partir du tourisme

Source: Bob Wishitemi

ÉTUDE DE CAS 25.


L’aire historique et pittoresque de la Vallée de Jiuzhaigou: l’impact du tourisme (voir
photo 1)

La Vallée Jiuzhaigou, dans la province de Sichuan en Chine s’étend sur 72 000 ha. et est classée aire
protégée de catégorie V. En 1992, elle a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial comme un site
naturel, remarquable pour son beau décor qui compte les superbes chutes karstiques et les lacs travertins.
Elle est également importante pour la vie ornithologique, l’habitat forestier d’espèces en danger comme
l’ours Panda, et les valeurs culturelles des communautés tibétaines vivant dans la vallée.

L’aire est très attrayante pour les touristes. En 1998, elle a eu 300 000 visiteurs, et les pressions du
tourisme augmenteront à mesure que les connexions de transport s’améliorent avec le reste de la Chine.
Tandis que tout le développement hôtelier de taille a eu lieu à l’extérieur du parc et de la vallée, les
pressions touristiques créent de grands problèmes faute d’une gestion efficace. Les minicars touristiques
et quelques véhicules empruntant de minces routes causent une pollution localisée, des bouleversements
visuels et de l’érosion. La conduite des visiteurs trouble la vie sauvage et détruit le sens de l’esthétique.
Les colonisations tibétaines locales ont bénéficié économiquement du tourisme mais sont vulnérables
face au développement surcommercialisé sans égard pour les valeurs pittoresques ni pour les traditions
culturelles. Plusieurs missions internationales à Jiuzhaigou ont suggéré une stratégie basée sur le
contrôle du nombre de véhicules entrant dans le parc, sur la substitution en faveur d’un stationnement
éloigné connecté avec un service de transport en commun (au moins aux heures pointe), sur la formation
du personnel afin d’interpréter les valeurs naturelles pour les visiteurs, et cherchant à améliorer la
compréhension et la conduite des visiteurs. Des mesures radicales doivent être entreprises pour régler le
problème d’encombrement si on ne veut pas que les bénéfices du tourisme soient supérieurs aux coûts
environnementaux.

Source: Adrian Phillips

5.6.2 La sensibilisation du public, l’éducation, l’information et l’interprétation

Il existe un lien étroit entre, d’une part, tourisme et récréation dans les aires protégées de catégorie V avec,
d’autre part, les problèmes de sensibilisation du public, d’éducation, d’information et d’interprétation
concernant ces aires. En particulier, un des principaux bénéfices du tourisme dans les aires protégées
est qu’il devrait mener à une meilleure connaissance et sensibilisation pour la conservation des valeurs
naturelles et culturelles parmi les visiteurs et la population locale (Tableau 25).

Voilà pourquoi la clientèle visée par l’éducation sont aussi bien ceux qui vivent dans l’aire que ceux qui
la visitent. Mais leurs besoins sont assez différents:

84
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

- Pour ceux qui habitent l’aire, le besoin est de promouvoir la sensibilisation envers leur paysage et leur
culture, et soutenir, réveiller ou développer une fierté de leur importance. Sous l’impact des influences
culturelles étrangères, la population locale peut parfois sous-estimer l’importance de leurs propres
cultures et traditions. Cela peut à son tour miner l’usage ‘culturel’ de la terre et d’autres coutumes
critiques pour la survie de l’héritage paysager. Tout en reconnaissant l’accès de la population aux
bénéfices de la vie moderne, il est désirable d’instituer des programmes d’éducation qui visent à raviver
les traditions culturelles, les arts et l’artisanat. Cela peut aider à renforcer l’orgueil et l’identité, et offrir
une source de revenus supplémentaires. Ces efforts doivent être considérés au niveau scolaire (au moyen
de cours et matériels intégrés si possible dans le programme scolaire national) et aussi au niveau des
adultes au moyen de programmes d’apprentissage et de formation de la communauté.

- Pour les visiteurs, le besoin est de promouvoir une appréciation de l’importance de l’aire, son paysage
et ses hommes, et de développer le respect pour sa signification. Dans ce cas-ci, les conseils déjà
offert par l’UICN en rapport avec le tourisme et les aires protégées (Eagles et autres, 2002) sont très
pertinents. Ces recommandations soulignent le fait que les visiteurs potentiels et réels du parc ont besoin
d’information variée, telle que la localisation de l’aire protégée, les horaires d’ouverture, le prix des
installations, jusqu’à une interprétation beaucoup plus complexe de l’histoire culturelle et de l’écologie
locale. L’information sur l’aire doit être disponible avant, pendant et parfois après leur visite. Plus leur
compréhension de l’aire est grande, plus les visiteurs montreront de la curiosité sur son environnement
naturel et son histoire, sur la culture du peuple y habitant et sur le rôle des visiteurs. Voilà la question à
laquelle l’interprétation doit répondre. Le résultat d’une interprétation bien planifiée doit se traduire en
une expérience de visite encore plus satisfaisante pour des milliers de personnes.

Les agences de paysage protégé doivent développer des politiques de sensibilisation, éducation,
information et interprétation publiques. Les lignes directrices pour le contenu de ces politiques sont
données dans le Tableau 27.

Tableau 27. Lignes directrices quant aux politiques de sensibilisation du public,


d’éducation, d’information et d’interprétation

Les politiques doivent:


- tenir compte des besoins de la population locale, des visiteurs et des gestionnaires;
- se baser d’un côté sur les caractéristiques uniques du paysage, et de l’autre sur les liens entre la nature
et l’homme, le passé et le présent, les valeurs tangibles et intangibles;
- être conçues pour sensibiliser et élever le sens de la responsabilité envers le paysage;
- être diffusées à travers une variété de mécanismes, y compris le contact personnel direct (par exemple
grâce au personnel de l’aire), la technologie et les techniques audio-visuelles (par exemple, l’usage
d’Internet), et des imprimés (par exemple, des brochures);
- utiliser une gamme d’installations ou moyens, allant par exemple des centres des visiteurs jusqu’aux
sentiers auto-guidés;
- être explicites sur les critères concernant la localisation des centres de visiteur et d’interprétation, etc;
- dans la mesure du possible, impliquer la population locale dans les fonctions de guides, interprètes,
etc.; et
- s’intégrer dans un plan d’interprétation /d’éducation.

85
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Un exemple de l’application de ces lignes directrices est donné par l’Étude de cas 26 ci-dessous.

ÉTUDE DE CAS 26.


Le territoire Tarangire/Manyara en Tanzanie: éducation pour la conservation

Le paysage de la région Tarangire/Manyara se compose principalement de savanes, lacs, marais et


plaines inondées. Il comprend le Parc national du lac Manyara, la forêt Marang, une grande partie
de la steppe Maasai et quelques petites zones urbaines. Une bonne partie du territoire en dehors des
parcs nationaux est utilisée pour l’élevage et/ou l’agriculture. C’est dans ce territoire que l’organisme
Parcs nationaux de la Tanzanie et la Fondation pour la nature en Afrique (AWF) ont expérimenté les
premiers la conservation basée sur la communauté, en encourageant les autorités du parc et la population
locale à affronter ensemble les problèmes de la vie sauvage au moyen de programmes d’éducation et
d’extension.

Les communautés ont été formées et habilitées par l’AWF et les autorités du parc à gérer leurs ressources.
Plusieurs activités conjointes ont été mises en place dans le domaine de l’éducation et de la formation,
telles que des cours de formation et des réunions techniques pour les gestionnaires et la population
locale; et des échanges scolaires ont aussi été encouragés. Tous les programmes de formation pour les
intéressés sont de nature participative. L’information a été diffusée et la sensibilisation du public a été
élevée par plusieurs mécanismes de communication: supports audiovisuels, communiqués de presse,
livres, brochures et bulletins, démonstrations sur place et expositions, etc. et des campagnes spécifiques
de sensibilisation ont été réalisées. L’information fût dirigée aux groupes clef de la population locale. Le
but était de développer une compréhension commune parmi les différentes parties prenantes et d’obtenir
un appui pour la conservation de toute l’aire. Cet effort vital et centré localement s’ajoute aux services
d’interprétation offerts aux visiteurs par le personnel du Parc.

Source: Bob Wishitemi

5.7 Politiques supplémentaires pour promouvoir l’usage durable des ressources

Un des principes de gestion des aires protégées de catégorie V c’est qu’elles doivent être des ‘modèles
de durabilité’, tout en tirant des leçons pouvant être appliquées ailleurs (Tableau 11). Cela signifie que
les gouvernements doivent considérer, et les gestionnaires doivent promouvoir, les paysages protégés
comme des exemples de développement durable. Ceci est particulièrement vrai quant à l’usage des
ressources naturelles dans des secteurs comme l’agriculture, la sylviculture et le tourisme (voir plus
haut).

Mais il est possible d’élaborer: les aires protégées de catégorie V peuvent aussi témoigner de hauts
niveaux de durabilité dans les domaines se rapportant à l’usage des ressources plus en général. Une
approche générale qui est souvent prônée c’est de minimiser l’impact environnemental de l’usage de
ressources en réduisant la quantité de ressources utilisées pour un propos particulier en premier lieu, en
réutilisant les ressources autant que possible, et en les recyclant dans le cas contraire. Le Tableau 28
suggère comment ces principes pourraient être appliqués à la production et conservation de l’énergie, aux
infrastructures, au maniement des ordures et à l’approvisionnement en eau. Promouvoir les approches
durables de cette façon améliorerait la qualité environnementale des paysages protégés et la qualité de
vie de ceux qui vivent ou travaillent dans l’aire, ou la visitent à des fins récréatives.

Actuellement, ces idées sont encore à leurs débuts dans la gestion des paysages protégés. Elles demandent
une plus grande influence sur de nombreuses branches de la politique publique et de l’action privée
que celle qui peut normalement être assurée en ce moment. Il est donc prématuré de proposer des
lignes directrices sur ce sujet. Cependant, quelques pays commencent à explorer ces idées (par exemple,

86
[Link] des aires protégeés de catégorie V: politiques

les fonds du gouvernement sont disponibles pour appuyer les plans innovateurs de ce type dans les
parcs nationaux d’Angleterre et le Pays de Galles). En outre, les suggestions du Tableau 28 visent le
développement d’un nouveau rôle important des aires protégées de catégorie V, par lequel ces aires
pourraient devenir des pionniers dans la recherche que fait la société pour un avenir plus durable.

Tableau 28. Les approches durables quant à l’énergie, aux bâtiments, aux déchets et
l’eau dans les aires protégées de catégorie V

Les politiques pour l’usage durable des ressources dans les aires protégées de catégorie V, notamment
l’énergie, les bâtiments, les ordures et l’eau, peuvent couvrir les sujets suivants:

- Énergie: viser un but ‘neutre en carbone’ pour l’aire, du moins à long terme. Cela requiert:
o un changement dans la production de l’énergie passant du combustible fossile à l’énergie renouvelable
(par exemple, l’énergie solaire, éolienne, des vagues, des marées, géothermale, des produits énergétiques
et autres formes d’énergie de biomasse), avec peut-être une certaine capacité de production d’énergie
renouvelable dans l’aire, pourvu que le caractère de l’aire ne soit pas compromis (voir Tableaux 17 et
18);
o la conservation de l’énergie (par exemple encourager les concepteurs et les propriétaires d’immeubles
à prévoir et atteindre de hauts niveaux d’isolation, et en général promouvoir l’efficacité énergétique dans
les bâtiments);
o des mesures d’allègement du changement de climat (par exemple, planter des arbres);
o le découragement de véhicules utilisant du combustible fossile, et l’encouragement de ceux utilisant
les technologies alternatives sans carbone ou avec peu de carbone.

- Bâtiments: viser une stratégie d’usage minimum des ressources: Cela demande de:
o concevoir de nouveaux bâtiments, etc. de sorte que lors de leur construction et de leur fonctionnement
le besoin d’utiliser des ressources soit minimisé;
o réutiliser les bâtiments existants superflus autant que possible;
o recycler les matériaux des bâtiments ou d’autres structures démolis dans la mesure du possible;

- Ordures: viser une minimisation des ordures. Cela requiert:


o un ramassage d’ordures et des méthodes de traitement respectueuses de l’environnement;
o l’adoption de normes de pointe pour minimiser l’usage des ressources et pour la minimisation des
ordures;
o l’encouragement du recyclage des ordures biodégradables et autres chez tous les résidents, marchands,
commerces et entreprises, agriculteurs, constructeurs et autres générateurs potentiels d’ordures dans
l’aire;
o réduire le transport d’ordures vers les dépotoirs, et tenir le créateur d’ordures responsable de son
traitement.

- Eau: viser les plus hautes normes de gestion: cela requiert de:
o gérer de façon intégrée les bassins fluviaux en utilisant des techniques “vertes” de minimisation
d’inondations (par exemple, retirer le drainage artificiel des captages) et de contrôle d’inondations (par
exemple, donner cours aux inondations naturelles plutôt que de les combattre);
o appuyer les techniques domestiques et commerciales pour réduire la consommation d’eau et augmenter
le recyclage; et
o recouvrer un niveau correct de remboursement de la part des villes en aval qui utilisent les ressources
d’eau dont la qualité et la quantité dépendent de la protection des bassins dans les aires protégées.

87
6. Gestion des aires protégeés de catégorie V:
processus et plans

6.1 Introduction

La gestion des aires protégées de catégorie V exige des processus et des plans appropriés. Ces deux
concepts sont si étroitement liés qu’il convient de les traiter ensemble.

Ce chapitre recommande l’adoption de processus de gestion participatifs, itératifs, adaptatifs et flexibles.


Participatif signifie que la communauté concernée doit jouer un rôle dans la planification de la gestion
et sa mise en place (Section 6.2). Itératif signifie que la gestion est conçue non pas comme un exercice
linéaire mais cyclique, avec rétroaction. Adaptatif signifie que l’apprentissage fait partie du processus
même et que la gestion s’adapte aux leçons apprises. Flexible signifie que la planification de la gestion
doit tenir compte de l’immense variété de circonstances locales et nationales –et que tout conseil ici
donné doit donc être considéré non pas comme un précepte mais comme une orientation générale pour
l’adapter aux circonstances particulières.

Ce chapitre place le Plan de gestion au coeur du processus de gestion. Il décrit brièvement le statut,
la portée, la forme et le contenu du plan à la Section 6.3 (renvoi à l’Annexe 2), suggère une méthode
participative pour sa préparation (6.4), et décrit les systèmes de surveillance et d’évaluation nécessaires
qui doivent guider la gestion adaptative (Section 6.5). Enfin il indique les liens entre le Plan de gestion
et d’autres stratégies et plans (Section 6.6).

6.2 Implication et participation de la communauté

Tel que mentionné précédemment (Section 5.1), la population locale doit être le centre principal des
politiques de gestion des aires protégées de catégorie V. Elle fait aussi partie intégrante du processus
de gestion. La gestion des paysages protégés est donc généralement entreprise non seulement pour la
communauté locale à travers ses politiques mais avec sa collaboration par les processus de gestion de
l’aire. La population locale joue un rôle vital dans la formulation du Plan de gestion (Section 6.3 ci-
dessous et Annexe 2).

6.2.1 Un continuum de niveaux d’engagement

Les différentes options pour impliquer la population locale et d’autres parties prenantes peuvent être
placées sur un continuum, depuis l’engagement très limité jusqu’au transfert complet de responsabilités
–voir Schéma 11.

88
[Link] des aires protégeés de catégorie V: processus et plans

Schéma 11 Le continuum participatif (d’après Borrini-Feyerabend G., ed. 1997)

Contrôle total Contrôle partagé entre un Contrôle total par


par un bureau bureau et communauté/ communauté /
parties prenantes parties prenantes

Consultation Quête de Négociations Partage de Transfert de


de active consensus autorité autorité
/responsabilité / responsabilité

Pas d’engagement Pas d’engagement


des parties prenantes de la part du bureau

Il est possible d’évaluer le degré de gestion d’une aire protégée de Catégorie V dans ce continuum, et
bien entendu l’étendue de la participation varie selon la matière traitée. Il n’a pas de point ‘correct’ pour
se placer sur le spectre; diverses approches seront nécessaires dans des situations différentes. Pourtant
l’expérience de beaucoup de pays suggère que les perspectives pour une conservation durable et pour
des partenariats réussis avec les parties prenantes et notamment avec la communauté locale seront
meilleures si le style de gestion tend vers le côté droit de l’échelle ci-dessus. Ceci se présente lorsque
les parties prenantes deviennent des partenaires actifs de la gestion de l’aire sous un cadre appelé ‘co-
gestion’. Mais le fait d’avancer le long du continuum vers la droite –ce qui signifie que pouvoirs et
responsabilités sont de plus en plus données ou partagées- représente une ressource importante et
apporte d’autres effets pour l’autorité gestionnaire. Peu d’autorités sont malgré tout prêtes ou capables
de renoncer complètement à la gestion, comme l’indique l’extrême droite du tableau.

6.2.2 Cogestion

Le terme ‘cogestion’ suppose plusieurs techniques particulières qui ont été développées pour promouvoir
avec succès l’implication des parties prenantes dans la gestion de l’aire protégée. Les lignes directrices
des aires protégées de catégorie V présentées dans ce document ne peuvent pas faire justice à la quantité
de travail minutieux qui a été mis en marche pour développer les principes et la pratique de la cogestion.
Cependant, le Tableau 29 définit le terme et identifie brièvement ses caractéristiques clef.

1
Estas ideas derivan de la ‘escalera’ de participación ciudadana de Sherry Arnstein (1969).

89
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 29. Cogestion des aires protégées (d’après Borrini-Feyerabend et autres,


2000)

Note: La cogestion a aussi été appelée gestion participative, collaboratrice, conjointe, mixte, multipartite
et de table ronde. Il peut y avoir des différences subtiles mais tous ces concepts tomberaient sous la
définition suivante de cogestion:

“Une situation dans laquelle deux ou plus d’acteurs sociaux négocient, définissent et garantissent eux-
mêmes un partage juste des fonctions de gestion, des droits et des responsabilités sur un territoire donné,
une aire ou un ensemble de ressources naturelles”.

Ainsi définie, la cogestion:

- est une approche pluraliste de la gestion des ressources naturelles;


- vise à garantir la protection de l’environnement, l’usage économiquement durable des ressources
naturelles, et le partage équitable des bénéfices et responsabilités en rapport aux ressources;
- est un processus politique et culturel qui promouvoit la “démocratie” dans la gestion des ressources
naturelles;
- exige des conditions fondamentales pour réussir, telles que l’accès complet à l’information, la liberté
et la capacité de s’organiser, la liberté d’exprimer ses besoins et soucis, un environnement social non
discriminatoire, et la reconnaissance comme quoi toutes les opinions ont les mêmes statut et validité;
- est de longue durée, peut être frustrante pour toutes les personnes concernées et elle est ni simple ni
facile; mais
- est une expression d’une société mûre dans laquelle on reconnaît qu’il y a plusieurs sources différentes
de connaissance et de savoir sur la gestion des ressources naturelles (et aussi de nombreuses options
potentiellement négatives pour l’environnement et le développement).

Utiliser ces approches de cogestion comme moyen d’obtenir l’implication complète des parties prenantes
dans les aires protégées est un sujet toujours complexe et délicat; dans les paysages habités et actifs ce
sera un défi encore plus grand. Néanmoins, tandis que l’approche pour chaque site doit s’adapter aux
conditions locales, il y a quelques lignes directrices élémentaires pour l’implication de la partie prenante
dans les aires protégées de catégorie V, voir Tableau 30.

Tableau 30. Lignes directrices pour l’implication des parties prenantes dans la gestion
des aires protégées de catégorie V (d’après Borrini-Feyerabend G., (ed.) 1997)

Au départ, les bureaux des aires protégées devraient toutes clarifier les raisons pour l’implication de
la partie prenante, de manière à guider leurs propres propositions et à informer les autres. Les bureaux
doivent donc:

- D’abord, identifier et informer les parties prenantes en:

o dressant une liste des parties prenantes réelles et potentielles;


o faisant une analyse des parties prenantes et de leurs besoins;
o menant une campagne de diffusion pour informer les parties prenantes;
o établissant un service de relations publiques pour l’interaction avec les parties prenantes; et
o engageant des discussions avec les parties prenantes grâce à un dialogue ouvert.

90
[Link] des aires protégeés de catégorie V: processus et plans

Tableau 30. Lignes directrices pour l’implication des parties prenantes dans la gestion
des aires protégées de catégorie V (d’après Borrini-Feyerabend G., (ed.) 1997)

- Ensuite consolider les capacités des parties prenantes et construire des partenariats à long terme avec
eux en:

o Promouvant la discussion sur l’aire protégée à l’intérieur de chaque groupe;


o Aidant les groupes de parties prenantes à s’organiser;
o Convoquant des réunions, etc., pour relier lesdites parties;
o Échangeant des expériences d’initiatives de conservation réussies basées sur la participation;
o Renforçant les institutions locales dans le but d’une gestion durable des ressources;
o Organisant un Forum consultant, un Conseil de conservation, ou un organe similaire, pour que les
parties prenantes clef conseillent le bureau de gestion et pour la communication entre les parties prenantes
(la portée de cet organe peut s’étendre au-delà des thèmes de conservation);
o Établissant un mécanisme ou institution pour la gestion des conflits, les négociations, les arbitrages,
etc.;
o Formant un personnel pour améliorer ses qualités interpersonnelles; et
o Promouvant un cadre légal qui favorise la collaboration avec les parties prenantes.

- Finalement, envisager d’autres mesures pour engager les parties prenantes dans la gestion, en:

o Appuyant les initiatives de conservation prises par la communauté même;


o Étayant les initiatives basées sur la communauté, telles que les bénévoles locaux pour la conservation,
et les groupes de conservation des collèges et des femmes;
o Entreprenant une quête d’actions participatives dans lesquelles les parties prenantes joueront un rôle
clef en élaborant la politique de conservation de l’aire;
o Rédigeant un accord sur une certaine forme de gestion collaboratrice avec les parties prenantes;
o Créant une institution qui prépare un accord de gestion et un plan de gestion pour l’aire –à la différence
du Forum consultant ou du Conseil (voir plus haut), cette instance aurait le pouvoir de prendre des
décisions;
o Déléguant l’initiative aux institutions locales là où il y a la capacité de gérer l’aire; et
o Établissant des systèmes de surveillance et évaluation participatives, de sorte que les parties prenantes
puissent elles-mêmes évaluer leur efficacité.

91
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

6.3 Le Plan de gestion: statut, portée, forme et contenu

6.3.1 Le statut du plan de gestion

En principe, la gestion de toutes les aires protégées devrait être guidée par un plan; c’est en réalité la clef
d’une gestion réussie. Le Plan de gestion des aires protégées de catégorie V est un document modèle, de
haut profil, qui expose la stratégie totale du paysage protégé. Il représente donc le principal document de
politique et devrait fournir un guide et un cadre pour d’autres plans et programmes concernant l’aire.

Le plan doit chercher à motiver les partenaires et à préconiser le financement à partir d’une vaste
gamme de sources. Il est donc essentiel qu’il attire un large public lecteur, y compris non seulement les
organisations “partenaires”, mais aussi les divers bureaux et groupes ayant un intérêt dans l’aire. Il ne
s’agit pas simplement d’un plan organisationnel interne pour l’autorité gestionnaire, mais un plan pour
l’aire, qui s’attaque à la coordination des efforts de toutes les parties prenantes qui peuvent influencer le
travail de la gestion.

Le Plan de gestion doit donc être un document inclusif, ayant pour but un haut degré de gestion
collaboratrice entre le bureau de gestion, ses partenaires principaux, et les principaux groupes intéressés.
Il doit spécifier clairement et garantir les responsabilités, fonctions et droits correspondants.

6.3.2 Portée, forme et contenu du Plan de gestion

Note: Une plus complète explication de la portée, la forme et le contenu du Plan de gestion est donnée
dans l’Annexe 2.

Le contenu des plans de gestion pour les aires protégés de catégorie V change beaucoup. Les plans pour
une partie d’un petit État insulaire en développement, pour des terrains de culture du riz dans le sud-est
asiatique ou pour un ancien paysage agricole en Europe mettront évidemment l’accent sur des points
très différents. De plus, les contenus des plans reflèteront les différences légales et institutionnelles entre
les pays. Pourtant, à un certain niveau de généralité, il existe des thèmes communs. En particulier, tous
les plans de gestion doivent fournir des visions claires et à long terme qui devront être réalisées par des
programmes d’action de gestion. Une manière de les présenter est suggérée l’Annexe 2.

6.4 Le plan de gestion: préparation

Le processus de préparation du Plan de gestion est aussi important que le plan lui-même. En réalité,
c’est le processus de préparation qui fournira les opportunités de développer et d’entretenir des relations
avec les partenaires clef, les groupes d’intérêt, les individus, les parties prenantes et les autres bureaux
dont le soutien sera requis pour mettre en place les politiques du Plan de gestion final. Il fournit aussi
des opportunités de gérer les conflits entre les groupes d’intérêt. Le processus de préparation du plan
détermine donc largement son succès éventuel.

2
La UICN se propone publicar recomendaciones generales sobre Planes de Gestión para Áreas Protegidas como parte de esta serie de
Directrices durante 2003.

92
[Link] des aires protégeés de catégorie V: processus et plans

6.4.1 Le cycle du Plan de gestion

Le Plan de gestion ne vient pas tout seul. Il y aura d’autres stratégies et plans déjà existants à un niveau
“plus haut” qui devront être considérés dans le processus préparatoire, et d’autres qui découleront du
Plan de gestion. Ceux-ci sont traités dans la Section 6.6.

Normalement la préparation du Plan de gestion viendra après la désignation de l’aire protégée de


catégorie V. Cependant, il est possible d’inverser l’ordre. Dans le cas des parcs naturels régionaux
français, par exemple, le Plan de gestion est établi avant la désignation, ce qui permet à la communauté
locale de prendre conscience de la signification du paysage protégé avant sa création et de pouvoir aider
à tracer les limites acceptables. Quelle que soit la séquence suivie, un cycle itératif est nécessaire–voir
le Schéma 12.

Schéma 12 Le cycle du Plan de gestion (référencé aux sections subséquentes)

Recueil d’information initiale et


rapport sur la situation du Rétroaction
paysage protégé via gestion adaptative
6.4.2 6.5.2

Consultation préliminaire sur


les thèmes relevés
6.4.3

Préparation et publication de l’ébauche


du Plan de gestion
6.4.4

Consultation sur l’ébauche du plan


6.4.5

Publication du plan final


6.4.6

Surveillance et
Mise en place du plan évaluation des
(voir aussi le Plan résultats du plan
d’entreprise et autres 6.5.1
stratégies et plans)
6.6.3 et 6.6.4

93
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

6.4.2 Recueil et préparation de l’information initiale

La base de tous les bons plans de gestion est une bonne information. Donc la première tâche de ceux qui
prépareront le plan est de recueillir et d’étudier les données disponibles sur l’aire pertinentes pour les
buts du plan –c’est-à-dire les ressources naturelles et culturelles de l’aire, la population intéressée (c’est-
à-dire, les parties prenantes), et les tendances, pressions et opportunités que l’aire affronte. Puisque la
population locale est une bonne source d’information de ce type, l’implication publique devrait devrait
commencer par cette première étape. À partir de cette étude, il un rapport initial peut être préparé sur la
‘Situation du paysage protégé’.

Un rapport sur la “Situation du paysage protégé” est un instrument très utile pour la gestion de catégorie
V. Il expose la situation des atouts environnementaux, naturels et culturels de l’aire, et dresse la liste des
facteurs ont une répercussion sur l’aire. Il aborde aussi les facteurs sociaux et économiques pertinents
concernant le bien-être de la communauté locale. Si un tel rapport est préparé, il doit être élaboré comme
faisant partie du processus du Plan de gestion, c’est-à-dire qu’il doit être publié avant le Plan de gestion
et doit servir à formuler le Rapport des thèmes (voir ci-dessous). La préparation de ce rapport peut
révéler des lacunes dans l’information. Un travail supplémentaire devra donc être fait pour combler ces
lacunes.

Les données comparatives dans les rapports sur l’état du paysage protégé sont une source importante dans
l’exercice de planification de la gestion. Par des mises à jour périodiques et la cueillette d’information
sur les tendances, les rapports offrent un moyen objectif d’établir des cibles, de faire le suivi des progrès
accomplis vers l’atteinte de ces cibles et d’évaluer l’efficacité des politiques du Plan de gestion. La mise
à jour se fait plus facilement assistée par ordinateur et peut être étroitement reliée à la surveillance et à
la révision régulières du Plan de gestion lui-même. Il y a des bureaux de gestion de paysages protégés
qui revoient ce rapport annuellement, et l’utilisent pour le suivi des actions (et des inactions!), des
problèmes et des tendances (voir section 6.5 ci-dessous).

6.4.3 Consultation préliminaire

Ce sondage préliminaire est nécessaire pour s’embarquer dans la deuxième étape qui concerne directement
la communauté en question. Dans cette étape, le bureau de l’aire protégée doit:

i) informer les parties prenantes de son intention de préparer un plan de gestion;


ii) expliquer pourquoi un tel plan est nécessaire;
iii) exposer les enjeux du travail, tels que les problèmes auxquels le plan devra faire face;
iv) expliquer comment les parties prenantes peuvent participer dans le processus; et
v) demander des opinions sur le plan et ce qu’il devrait inclure.

La base pour une telle consultation préliminaire est habituellement un document particulier, souvent
appelé “Rapport des thèmes”. La forme du document peut varié en fonction du public cible, mais il
doit toujours être court, concis et facilement lisible, et parvenir aux parties prenantes sous une variété
de moyens socialement appropriés. Les communautés locales ne sont pas généralement consultées et
quelques-unes pourraient avoir de la difficulté à comprendre les documents les plus clairs et faciles à
lire. En fait, dans beaucoup d’endroits du monde, les niveaux très hauts d’analphabétisme et l’usage
très faible des langues indigènes, exigeront d’autres approches de consultation. C’est le bureau qui a
la responsabilité d’aller vers la communauté, tout en discernant comment représentatifs sont vraiment
les groupes de parties prenantes. Le bureau devra convoquer groupes et personnes à des réunions, pour
s’assurer d’une bonne compréhension des problèmes. Des séminaires, des discussions informelles,
des dramatisations, des jeux scolaires et des foires sont tous des moyens qui permettent d’engager la

94
[Link] des aires protégeés de catégorie V: processus et plans

population. Les aînés de la localité, les professeurs et autres leaders de la communauté conseilleront le
bureau sur la meilleure façon d’engager le public. Avoir bonne stratégie et un budget convenable pour
sa mise en oeuvre sont deux choses vitales. Autrement l’exercice participatif en entier risque de devenir
un gaspillage énorme de temps et d’argent, qui fera échouer les objectifs.

En guise de guide, une échéance de trois mois pourrait être envisagée pour cette activité. Bien qu’elle
peut varier selon certaines circonstance (par exemple, il faudrait plus de temps lorsque l’on est contraint
à un processus compliqué de négociation avec les groupes indigènes), il est important de ne pas retarder
le processus de consultations préliminaires car cela peut provoquer beaucoup de scepticisme chez les
groupes concernés.

6.4.4 Préparation et publication de l’ébauche du Plan de gestion

Une rétroaction en cette étape préliminaire permettra au bureau du paysage protégé de préparer l’ébauche
du plan. Le travail peut durer environ neuf mois, ce temps sert à recueillir plus d’information et faire
des consultations afin de clarifier les points douteux. Ce processus aboutira à une publication qui devra
être largement diffusée et consultée. Le contenu suggéré de cette brochure est décrit dans l’Annexe 2,
mais pendant l’étape de l’ébauche il est conseillé d’inclure certains aspects sur lesquels on veut avoir
davantage l’avis du public.

6.4.5 Consultation sur l’ébauche du Plan de gestion

Le but de cette étape est d’assurer que les opinions de toutes les parties prenantes soient écoutées et
considérées pendant que le plan est encore sous forme d’ébauche. Peu importe où le style de gestion est
situé sur l’échelle du Schéma 11, une large consultation publique est toujours fondamentale. Des processus
similaires à ceux employés lors de la phase antérieure de consultation préliminaire peuvent être utilisés
(6.4.3). Il est particulièrement important que la Partie 1 du plan (voir Annexe 2), et notamment la vision,
soit amplement débattue tant qu’elle est sous forme d’ébauche. Le but est d’assurer que le document
final reflète les valeurs et les problèmes apparus lors du programme de participation. L’objectif est de
créer parmi toutes les parties une appartenance au plan. Le Tableau 31 suggère des lignes directrices sur
comment ce processus de consultation doit être conduit:

Tableau 31. Lignes directrices de consultation sur l’ébauche du Plan de gestion

Il est essentiel que le processus de consultation crée une confiance parmi toutes les parties prenantes.
Ceci requiert que le bureau:

- identifie toutes les parties prenantes (voir Tableau 29);


- s’approche d’elles sur la base de l’équité et la transparence;
- produise du matériel informatif, clair et facile à utiliser;
- emploie une variété de moyens culturellement appropriés pour recueillir les opinions;
- souligne la nature d’ébauche des propositions;
- soit prêt à réviser quelque proposition;
- tienne un registre complet et documenté de tous les commentaires, et inscrit dans un registre tous les
contacts;
(cont.)

95
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 31. Lignes directrices de consultation sur l’ébauche du Plan de gestion

- s’occupe promptement de toutes les demandes de réunions, matériel, etc.;


- soit sûr que toute opinion a été considérée, qu’elle ait été adoptée ou pas;
- donne du temps de façon à ce que la population ne se sente pas bousculée par le processus, mais pas
trop non plus pour qu’elle ne perde pas l’intérêt;
- s’engage dans des consultations supplémentaires si les changements du plan toucheront des parties
prenantes autres que celles qui cherchent ces changements;
- fait part des résultats de la consultation à tous ceux qui avaient fait des commentaires; et
- traite avant tout les parties prenantes comme des partenaires essentiels de la conservation du paysage
protégé, non pas comme des obstacles.

6.4.6 Publication du Plan de gestion

À la lumière du résultat de cette action, qui peut prendre jusqu’à six mois, la version finale du plan de
gestion pourra être préparée. Six mois supplémentaires devront normalement être accordés pour cette
dernière tâche, totalisant en tout deux ans environ du début à la fin.

6.5 Surveillance, évaluation et gestion adaptative

6.5.1 Surveillance et évaluation

La surveillance et l’évaluation, et l’incorporation de leurs résultats grâce à une gestion adaptative, sont
des aspects essentiels de la planification de la gestion d’aires protégées –un processus itératif, non pas
linéaire (voir Schéma 12). Il est donc vital que les méthodes proposées pour la surveillance et l’évaluation
de l’efficacité du plan soient ¸inclues. Pour chaque volet de politique, il doit exister des cibles et des
mesures afin de juger la performance pour évaluer le progrès (voir aussi l’Annexe 2).

Plusieurs facteurs doivent être considérés lors de l’application les indicateurs de rendement convenus.
Ainsi, l’information sur la situation de l’environnement doit être recueillie par une mise à jour régulière
du rapport “Situation du paysage protégé” (voir Section 6.4.2): ce qui est une ‘vérification de la réalité’.
Il est important aussi de relever les tendances actuelles qui affectent l’environnement et les communautés
locales, et tout changement pouvant influencer sur la gestion.

Sur cette base il sera possible de développer des indicateurs pour évaluer le progrès dans la mise en place
des politiques stipulées par le plan de gestion et ces impacts ainsi que pour évaluer la performance du
bureau lui-même.

La porté du plan est ce qui distingue le suivi des aires protégées de catégorie V des autres aires
protégées. Tel qu’ expliqué dans le Chapitre 5, les politiques dans ces aires comprennent celles relatives
aux objectifs économiques et sociaux, notamment la relation des communautés locales avec le paysage,
ainsi qu’aux objectifs environnementaux (pour plus de conseil, voir Hockings et autres, 2000).

96
[Link] des aires protégeés de catégorie V: processus et plans

6.5.2 Gestion adaptative

Le but principal de la surveillance et de la révision est de faire un retour sur les leçons apprises lors
de la gestion de l’aire protégée de catégorie V. Ceci exige que la gestion soit adaptative, et que les
gestionnaires “apprennent en faisant”. La gestion adaptative peut être conçue comme un style de gestion
–sensible, soucieux, flexible- et comme une technique exigeant une révision périodique et une politique
de mise à jour à la lumière de l’expérience. Elle est importante pour la gestion de toutes les aires
protégées, mais spécialement pour les aires protégées de catégorie V, parce qu’elle permet de gagner et
de garder la confiance de la communauté locale et des parties prenantes en général.

Les résultats du suivi et de la revue doivent donc se traduire par des ajustements dans les pratiques de
gestion. Il se peut que ces ajustements n’impliquent pas plus qu’une petite modification de la politique
d’un secteur déterminé. Cependant, après une période d’au moins cinq ans, mais pas plus de dix ans,
les résultats doivent être utilisés pour entreprendre une révision d’une portée beaucoup plus large. Cette
révision totale du plan de gestion comprend un nouveau cycle de participation des parties prenantes.

6.6 Programmes, plans, etc., qui soutiennent le Plan de gestion

6.6.1 Un “océan” d’autres plans

Bien que le Plan de gestion soit le document central d’une aire protégée de catégorie V, dans la plupart
des cas il en sera seulement un, parmi une série de plans, programmes, etc., touchant l’aire (voir Schéma
13). Ceux-ci sont de plusieurs types:

- plans sectoriels et de “haut niveau”, par exemple les plans préparés par les organismes nationaux,
régionaux et locaux touchant l’aire (6.6.2);
- plans, etc., pour les thèmes qui ont besoin d’être développés plus en détail que ce qui est possible de
développer dans le Plan de gestion (6.6.3); et
- plans, audits, etc., qui permettent au bureau de gérer efficacement ses propres opérations (6.6.4).

Schéma 13 La relation entre le Plan de gestion et autres plans et stratégies (la


rétroaction a été omise)

Plans sectoriels et de haut niveau Rapport sur la situation du


provenant d’autres organismes paysage protégé
6.6.2 6.4.2

Rapport des thèmes


6.4.2

Plan de gestion

Stratégies et plans de soutien Plan d’entreprise, etc.


6.6.3 6.6.4

97
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

6.6.2 Plans de haut niveau et sectoriels, etc.

Les pouvoirs dont se servent les organismes de gestion des paysages protégés (Section 7.1) varient
largement. Ils comprennent habituellement: quelques responsabilités directes, comme par exemple la
protection du paysage et de la nature et la gestion du visiteur; certains domaines sur lesquels lesdits
organismes ont une influence considérable, comme par exemple l’aménagement du territoire; et d’autres
domaines encore où ils ont peu d’influence ou pas du tout (par exemple, la santé, l’habitation ou
l’éducation de la population locale). Certains organismes de catégorie V ont des pouvoirs pour contrôler
eux-mêmes le développement; d’autres n’ont qu’une faible influence sur ce qui doit être construit et
où. Mais aucun organisme de gestion gère de façon autonome, et tous doivent tenir compte des plans
élaborés au niveau national et régional pouvant toucher l’aire dont ils sont responsables.

Comme règle générale, l’efficacité de la gestion –et en particulier de la conservation- augmente quand
le bureau jouit de grands pouvoirs, notamment ceux de l’aménagement du territoire. Mais quel que soit
le contexte, il est prévisible que le Plan de gestion pour l’aire protégée de catégorie V sera soumis aux
priorités nationales et régionales et se verra complété par d’autres stratégies et plans pour des enjeux
comme:

- Développement régional;
- Usage de la terre;
- Agriculture;
- Tourisme; et
- Transport.

Quand la responsabilité de préparer et de mettre en place ces plans ne repose pas sur le bureau, il
doit faire tout son possible pour chercher la coopération avec l’organisme qui en est responsable. On
voit clairement qu’un cadre légal habilitant aiderait beaucoup (voir Section 3.2). L’idéal c’est que les
organismes responsables reconnaissent et appliquent les principes de planification des paysages protégés
(Chapitre 3) dans leurs propres stratégies et plans. De plus, les objectifs exposés dans un Plan de gestion
particulier devraient être intégrés, autant que possible, dans les limites et les détails de ces autres
documents. Pour le moins, ces plans de haut niveau ou sectoriels doivent reconnaître la signification de
l’aire et la nécessité de politiques spéciales protégeant ses qualités.

6.6.3 Soutenir des stratégies, etc., pour des enjeux traités bien plus en détail que dans
le Plan de gestion.

Il est possible que le Plan de gestion de quelques aires protégées de catégorie V doit être complété par
d’autres stratégies de support concernant les sujets qui ne peuvent pas être traités dans leur intégrité
dans le plan lui-même. Ces sujets traités dans une planification supplémentaire ou documents similaires
seront très différents d’une aire à l’autre, et peuvent:

- traiter un problème quand il faut une action très détaillée et scientifiquement justifiée, comme celle
pour sauver des espèces en voie d’extinction ou un habitat en danger;
- s’occuper d’un sujet en particulier, comme par exemple la commercialisation d’un produit agricole ou
un programme de subventions pour les propriétaires de bâtiments historiques, ce qui est d’intérêt pour
un groupe spécifique de parties prenantes;
- être centrés sur un secteur particulier du territoire de l’aire, par exemple le littoral, qui affronte des
problèmes bien particuliers; ou
- avoir trait à un sujet qui a besoin d’être développé comme document autonome pour capter l’attention

98
[Link] des aires protégeés de catégorie V: processus et plans

du public ou pour des fins de marché, comme par exemple une stratégie pour l’interprétation qui exige
du soutien de la part des secteurs privé, public et bénévole, ou bien un plan pour le développement d’un
réseau de sentiers.

Le genre de ces documents peut varier. Les uns (disons les Guides) sont du type consultatif; d’autres
peuvent enregistrer des accords formels et informels entre certaines parties; et d’autres peuvent être
des déclarations d’engagement aux objectifs de l’aire, faites par des groupes de parties prenantes. Les
points clef dans tous ces plans supplémentaires, etc., sont: qu’ils doivent toujours être basés sur le Plan
de gestion lui-même ou provenir de lui, et que leur élaboration implique le même type de consultation
et de participation des parties prenantes que celui requis pour ledit plan.

6.6.4 Le plan d’entreprise et autres plans, audits, etc., qui permettent au bureau de gérer
ses propres opérations avec efficacité

Comme il a été dit précédemment, le Plan de gestion doit viser à coordonner et influer les activités de
tous les groupes dont les activités ont un impact sur le paysage protégé, et non pas seulement celles du
bureau de l’aire protégée. Cependant, il peut s’avérer nécessaire de développer des plans, etc., qui soient
spécifiques pour les opérations du bureau lui-même et conçus pour assurer que le bureau soit bien géré
et organisé correctement afin d’entreprendre les tâches qu’on attend de lui et qui sont stipulées dans le
Plan de gestion. Comme exemples, un budget annuel et un plan de travail qui autoriseront l’allocation
de fonds et d’heures/homme pour des projets particuliers; ou un ensemble d’indicateurs de performance
interne grâce auxquels on mesurera l’efficience et l’effectivité des opérations du bureau.

Les budgets, les plans de travail et les indicateurs de performance peuvent être incorporés dans un Plan
d’entreprise, qui est un plan d’activités régulièrement mis à jour utilisé par le bureau comme moyen
d’expliquer au public la façon efficace dont l’organisme remplit ses devoirs. Ce plan doit expliquer
comment fonctionne le bureau, exposer ses objectifs et priorités et mesurer sa performance par rapport
à ces objectifs. Pour les partenaires et les parties prenantes, il offrira un cadre pour l’engagement et
l’investissement.

Quand un Plan d’entreprise est préparé, il doit tout naturellement dériver du Plan de gestion. Il établira un
cadre de performance pour le bureau responsable du paysage protégé, et sa préparation en soi supposera
déjà un important défi. Il sera inestimable pour:

- évaluer la performance du bureau lui-même, comparée aux objectifs du Plan de gestion;


- démontrer aux organismes donateurs que le bureau de gestion cherche à tirer le meilleur profit de
l’argent donné et que le paysage protégé est bien géré;
- aider les partenaires du bureau et les parties prenantes clef, les communautés locales et les visiteurs
à comprendre comment travaille le bureau, et pour offrir une occasion de commenter les objectifs
politiques;
- guider le personnel du bureau à mettre en place, réviser et mettre à jour le Plan de gestion.

99
7. Gestion de aires protégées de catégproe V:
moyens

7.1 Bureau administratif/gestion

Tel que stipulé dans le guide de 1994 sur les aires protégées de catégorie V, il n’existe pas de modèle
organisationnel ou bureau ‘correct’ pour toutes ces aires. Par contre, ces aires seront distinctes de pays
en pays, considérant les conditions locales et nationales. Quelques modèles possibles sont donnés au
Tableau 32.

Tableau 32. Quelques structures organisationnelles utilisées pour les aires protégées
de catégorie V

Un large éventail de structures administratives peut servir pour la gestion d’aires protégées de catégorie
V, par exemple:

- gérée comme un service national ou régional – par exemple, le Directoire du Parc national hongrois,
- gérée comme un service spécial du gouvernement central et local –par exemple, les Parcs nationaux du
Royaume-Uni (voir Étude de cas 2);
- gérée comme un service normal du gouvernement local –par exemple, les Aires du Royaume-Uni de
beauté naturelle extraordinaire;
- gérée avant tout comme une alliance d’intérêts locaux et régionaux –par exemple, les Parcs naturels
régionaux de France (voir Étude de cas 10);
- gérée conjointement par le gouvernement central / Autorité des parcs nationaux et organisation de la
communauté locale –par exemple, les Zones tampon du Népal (voir Étude de cas 3);
- gérée par l’intermédiaire d’un groupe de travail ad hoc, etc. –par exemple, les Terrasses de riz aux
Philippines (voir Étude de cas 4);
- gestion assurée par une ONG –par exemple, le Groupe administratif national Santa Lucía (voir Étude
de cas 11);
- gestion assurée par le secteur privé –par exemple, El Páramo de Guerrero (Colombie);
- gestion assurée par une communauté locale –par exemple, les Aires de conservation de la Communauté
du Pacifique sud (voir Étude de cas 7).

Alors, au lieu de recommander un modèle, le Tableau 33 donne des lignes directrices sur les caractéristiques
qui font le succès d’un organisme gestionnaire.

100
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 33. Lignes directrices pour un bureau gestionnaire d’une aire protégée de
catégorie V

Un bureau gestionnaire à succès, pour une aire protégée de catégorie V devra être:

- adéquatement habilité pour réaliser le travail, ce qui nous ramène à la base légale. À moins que cette
base soit solide le bureau gestionnaire créera de fausses attentes et manquera de crédibilité;
- fourni des ressources adéquates en personnel et en finances: voir Sections 7.2 et 7.3 plus bas;
- maintenu correctement informé sur les conditions environnementales, sociales et économiques: le
rapport ‘Situation du paysage protégé’ et sa mise à jour sont prévus à cette fin;
- vu comme bénéficiant du soutien du gouvernement: ceci est nécessaire pour garantir que les pouvoirs
légaux sont là pour aider à obtenir les fonds dont il a besoin et pour assurer que tous les organismes
du gouvernement tiennent compte de l’importance du paysage protégé dans leurs propres plans et
opérations;
- capable de construire des partenariats avec le gouvernement central et local: dans la plupart des aires
protégées de catégorie V les responsabilités importantes sont partagées entre le gouvernement local (par
exemple les services comme le logement ou les routes locales) et le gouvernement central/provincial
(par exemple, la protection environnementale), et le bureau doit donc être capable de travailler avec les
deux;
- capable de travailler avec toutes les parties prenantes: comme il a été dit, plus le degré d’implication de
la partie prenante est élevé, plus il est probable que l’aire protégée bénéficie du soutien de la population
locale;
- engagé à renforcer la capacité de la communauté locale pour gérer le paysage protégé. Au-delà de la
participation de la partie prenante à élaborer des politiques pour l’aire, il y a la récompense que signifie
l’implication de la population locale dans la gestion de l’aire protégée. Tel que mentionné précédemment,
elle est souvent la vraie ‘gestionnaire’ de ces aires, et la gestion officielle doit faire tout en son possible
pour construire cette capacité de la communauté locale à accomplir cette tâche;
- volontiers responsable de ses actions: on peut faire preuve de responsabilité de plusieurs façons.
On peut le faire formellement à travers une élection directe pour l’organisme gestionnaire d’une aire
protégée, votation qui sera faite par les habitants de l’aire, mais aussi –peut-être plus important- à travers
des moyens transparents et équitables de travail, un style consultatif, communicatif et collaborateur, un
sérieux engagement de gestion adaptative, et une véritable participation des parties prenantes;
- soutenu par des institutions crédibles de consultation: les organismes de gestion publique (et des ONG)
doivent développer des moyens formels et informels de consulter la communauté locale et d’autres
parties prenantes. Un Conseil de conservation ou organisme similaire est un moyen d’engager un bon
nombre de parties prenantes à avoir une participation consultative (voir Tableau 30); et
- en contact avec un bon conseil technique et scientifique: ceci peut être assuré à partir du personnel, par
l’intermédiaire d’un organisme expert en consultation, formel ou informel, en se servant des liens avec
les universités locales et/ou par d’autres moyens.

101
[Link] de aires protégées de catégproe V: moyens

7.2 Le personnel

Comme dans toutes les autres aires, le personnel embauché dans le service d’une aire protégée de
catégorie V est crucial pour le succès de l’aire. L’équipe idéale doit:

- Être dirigée par quelqu’un d’expérimenté ayant de grandes aptitudes de leadership, et une vaste
expérience dans la conservation, la gestion des visiteurs ou les problèmes de développement rural;
- Comprendre une gamme d’expériences professionnelles ayant trait à: la protection environnementale
(écologie, biologie, paysage, archéologie, etc.), le développement économique et les questions
sociales;
- Avoir de bonnes aptitudes pour établir des rapports avec les gens, telles que le travail collaborateur, les
négociations, la gestion des conflits et la communication;
- Être très habile dans l’usage des ressources et pour les activités de la terre, comme l’agriculture, la
sylviculture et la pêche;
- Être forte en gestion de la récréation, et travailler avec le secteur touristique;
- Être fortement qualifiée en affaires, surtout en gestion des finances et en financement innovateur;
- Comprendre tant du personnel sur le terrain (par exemple, des gardes forestiers, des assistants sociaux
auprès de la communauté, du personnel de liaison avec l’agriculture et la forêt), que du personnel de
bureau;
- Être soutenue adéquatement par une expertise en ressources humaines;
- Être étayée par une bonne compétence technique dans des domaines tels que l’informatique,
présentations et arts graphiques; et
- Être appuyée par des programmes de formation et de développement professionnel, adaptés à l’ampleur
des responsabilités menées par le bureau. Une priorité devrait un programme de formation pour développer
des capacités multidisciplinaires (par exemple, les écologistes qui connaissent la participation de la
communauté, les forestiers aux bonnes aptitudes de communication, les administrateurs avec habiletés
d’entreprise).

S’il est vrai qu’une équipe multidisciplinaire de ce type représente l’idéal, inévitablement beaucoup de
paysages protégés n’auront pas le personnel nécessaire, surtout là où tout le potentiel que pourraient
apporter ces désignations n’a pas encore été apprécié à sa juste valeur. Pourtant une approche créative
sur les partenariats peut être employée pour renforcer l’efficacité des équipes même les petites. Dans
plusieurs aires protégées de catégorie V on peut obtenir de l’aide supplémentaire de plusieurs manières
–voir Tableau 34.

Tableau 34. Lignes directrices pour l’amélioration de la capacité du personnel des


aires protégées de catégorie V

Les propositions suivantes devraient être considérées comme des moyens d’ajouter une capacité
supplémentaire à un personnel réduit:

- Chercher des volontaires pour travailler sur le terrain (par exemple, des gardes forestiers bénévoles) ou
dans le bureau (par exemple comme réceptionniste bénévole). Désigner un membre du personnel pour
qu’il s’occupe de développer des capacités bénévoles. Les personnes qui sont récemment retraitées sont
souvent une ressource négligée de volontaires potentiels;
- développer des partenariats coopératifs avec des ONG locales ou internationales grâce auxquels l’aire
protégée pourra bénéficier à long terme de spécialistes;
(cont.)

102
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Tableau 34. Lignes directrices pour l’amélioration de la capacité du personnel des


aires protégées de catégorie V

- chercher à établir des parrainages par lesquels des entreprises locales prêteront des professionnels (par
exemple, des comptables) pour des tâches spécifiques;
- passer un accord avec l’industrie touristique locale comme quoi elle fournira aux visiteurs de
l’information sur l’aire protégée;
- inciter les écoles et autres institutions locales à prendre soin de certains secteurs de l’aire protégée avec
lesquels elles ont des liens étroits; et
- développer des partenariats avec des universités locales pour utiliser les paysages protégés comme un
laboratoire en plein air (y compris des dissertations faites par des étudiants en doctorat et autres).

7.3 Finances

Comme pour toutes les aires protégées, le financement des aires protégées de catégorie V représente un
défi continu. Il est certain qu’il n’y aura jamais de fonds suffisants pour toutes les tâches à entreprendre.
Afin de changer cette situation, l’UICN a récemment publié plusieurs articles d’orientation sur le
financement des aires protégées (Groupe de travail de la CMAP sur l’économie, 1998-2000, Athanas
et autres, 2001, et Eagles et autres, 2002). Cet article identifie diverses sources à partir desquelles les
gestionnaires de l’aire protégée peuvent générer des sources supplémentaires de revenus, comme sont
les touristes, l’assistance au développement international et le commerce. Puisque l’article est pertinent
aussi bien pour les paysages protégés que pour les autres aires protégées, il n’est répété ici. Cependant
les paysages protégés présentent quelques défis et opportunités uniques.

Étant donné que les aires protégées de catégorie V ont une population humaine locale substantielle,
il existent des moyens afin que le financement privé et public soit mis à disposition pour soutenir
certains aspects de l’économie locale et/ou utilisé pour atteindre les objectifs du paysage protégé. Cet
investissement a souvent un inconvénient potentiel, puisqu’il peut stimuler une action qui aurait un
impact négatif sur l’aire –mais avec de petits ajustements on peut redresser cette situation et la diriger
vers un résultat positif. Quelques exemples sont donnés dans le Tableau 35.

Tableau 35. Lignes directrices pour l’obtention de financement supplémentaire pour


les aires protégées de catégorie V

En plus de la gamme habituelle de financement qui est disponible pour les aires protégées, il existe
d’autres moyens de financement supplémentaire pour le cas des aires protégées de catégorie V, par
exemple,

- Investissement en infrastructure de tourisme local : il est possible d’avoir accès à des fonds publics
ou privés pour appuyer le tourisme basé sur les villages et la campagne (par exemple, hébergement,
magasins, desserte) qui bénéficiera l’économie locale; soutenir parfois la restauration des bâtiments
traditionnels, et aider les visiteurs à jouir de l’aire mais avec un impact environnemental minimum;
- contributions des visiteurs: puisque les services aux visiteurs, tels que l’hébergement, les magasins, les
traiteurs, etc., seront très probablement situés dans l’enceinte de l’aire protégée, il y aura peut-être une
occasion d’instituer des prélèvements volontaires (appelés programmes de ‘remboursement du visiteur’
ou ‘prime environnementale’), ou bien de mettre en place des impôts au tourisme local, dont les sommes
recueillies pourraient être allouées à la gestion du paysage protégé;
(cont.)

103
[Link] de aires protégées de catégproe V: moyens

Tableau 35. Lignes directrices pour l’obtention de financement supplémentaire pour


les aires protégées de catégorie V (cont.)

- subventions agricoles et forestières: les systèmes de subvention agricole et forestière s’opposent


souvent aux intérêts du paysage et de l’environnement, mais il y a des exemples (voir Étude de cas 11)
où ce soutien est actuellement destiné aux soins environnementaux et il peut donc aider à atteindre les
objectifs de l’aire protégée de catégorie V; et
- “autorisation de construction”: ce terme décrit le processus par lequel on donne la permission à un
constructeur pour qu’il édifie, etc., soumise à la condition qu’il fasse une contribution au profit de
l’environnement, par exemple en plantant des arbres, ou peut-être en approvisionnant un fonds pour
financer et tenir un centre de visiteurs, ou en donnant des terrains pour des buts de conservation. Bien
que ces accords ne soient pas sans danger, s’ils sont utilisés de façon créative ils peuvent apporter de
vrais bénéfices environnementaux.

Cette méthode permettant d’obtenir des fonds supplémentaires pour les aires protégées et d’autres
ressources équivalentes s’ajoute aux fonds disponibles pour accomplir les buts de gestion. C’est aussi
une démonstration concrète de la valeur économique du paysage et de l’aire désignée. On peut espérer
que cela fasse croître le soutien local pour l’aire et ses objectifs.

L’investissement ‘capté’ pour les objectifs de l’aire protégée, en dehors des sources budgétaires normales
peut conduire, ou pas, à des financements supplémentaires qui passent par les mains du bureau de
gestion. Si c’est le cas, alors les fonds doivent être enregistrés de façon transparente. En réalité, tous
les fonds du bureau doivent être clairement attribués conformément aux priorités du Plan de gestion
(par exemple, les programmes et les budgets annuels), et leur utilisation doit être surveillée, justifiée et
communiquée selon de bonnes pratiques.

7.4 Gestion de l’information et informatique

La gestion efficace de toute aire protégée dépend d’une bonne information. Pour le cas des aires
protégées de catégorie V, tel qu’il a déjà été noté, cela demande des bases de données sur la situation
de l’environnement, les conditions socio-économiques de la population locale, et la nature et l’impact
de tout usage touchant ses ressources. L’information de ce type sera utilisée dans le rapport ‘Situation
du paysage protégé’, appuiera le plan de gestion et formera la base de la surveillance et de la révision
(Section 6.5.1).

Conforme aux bons usages, l’information en rapport avec l’environnement, qui est recueillie lors de la
gestion de l’aire protégée de catégorie V, doit:

- autant que possible être gardée et analysée électroniquement;


- être généralement considérée comme étant du domaine public et doit donc être mise à disposition
gratuitement sur demande (soumise seulement à un paiement qui compense le temps investi à satisfaire
la demande);
- être régulièrement mise à jour; et
- offerte aux véritables chercheurs, aux universités, etc. pour des analyses approfondies dans l’intérêt
public, et comme un stimulus qu’on leur offrirait afin qu’ils partagent les résultats de leurs recherches
avec les autres.

104
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Cependant, dans le cas des données socio-économiques, il serait convenable que les parties prenantes
confirment qu’ils acceptent que les données en question soient utilisées de la manière susdite: dans
certains cas il ne serait pas culturellement convenable d’utiliser ces données, c’est-à-dire que leur
diffusion sans accord préalable pourrait vexer les conventions de confidentialité.

L’importance de l’informatique pour les aires protégées de catégorie V va plus loin. Par Internet elle
peut aussi:

- être utilisée pour échanger les bons usages entre plusieurs aires protégées engagées dans un travail
similaire, au niveau national ou international. Le Groupe de travail de la CMAP pour la catégorie V a
développé une base de données à ce propos, qui sera disponible sur le site web de la CMAP:
[Link];
- être utilisée de façon interactive comme une ressource éducative importante;
- fournir une information actualisée et une interprétation à toute personne intéressée par l’aire, y compris
les visiteurs avant qu’ils y viennent, lorsqu’ils y sont et après coup; et
- fournir de l’information à la communauté locale et aux autres parties prenantes concernant l’aire,
les problèmes auxquels elle fait face, et les progrès constatés dans sa gestion. Il est possible aussi de
développer une capacité interactive, de façon à ce que les commentaires des parties prenantes puissent
être recueillis en ligne.

105
Annexes

106
Annexe 1

Lignes directrices pour les aires protégées de catégorie V –


Extrait des Lignes directrices pour les catégories de gestion des aires protégées (UICN,
1994, p. 22)

CATÉGORIE V: Paysage terrestre et marin protégé: aire protégée gérée principalement


pour la conservation du paysage terrestre et marin et pour la détente

Définition
Zone terrestre, comprenant côte et mer le cas échéant, où l’interaction de l’homme et la nature à travers
le temps a produit une aire à caractère distinctif et portant une valeur significative du point de vue
esthétique, écologique, et/ou culturel, et présentant souvent une grande diversité biologique. Préserver
l’intégrité de cette interaction traditionnelle est capital pour la protection, le maintien et l’évolution de
cette aire.

Objectifs de gestion

- préserver l’interaction harmonieuse de la nature et la culture par la protection du paysage terrestre et/ou
marin, et perpétuer les usages traditionnels de la terre, les coutumes de construction et les manifestations
culturelles et sociales;
- soutenir les styles de vie et les activités économiques qui sont en harmonie avec la nature, et la
préservation du tissu social et culturel des communautés concernées;
- maintenir la diversité du paysage et de l’habitat, et des espèces et écosystèmes co-existants ;
- éliminer si nécessaire, et après prévenir, les usages de la terre et les activités qui sont inappropriées en
échelle et/ou en caractère;
- offrir des opportunités de distraction publique par la récréation et le tourisme adéquat en type et en
échelle aux qualités essentielles des aires;
- encourager les activités scientifiques et éducatives qui contribueront à long terme au bien-être des
populations résidentes et au développement du soutien public pour la protection environnementale de
ces aires; et
- apporter des bénéfices à la communauté locale et contribuer à son bien-être grâce à la provision de
produits naturels (produits forestiers et de pêche, etc.) et de services (eau potable ou revenus provenant
des formes durables de tourisme).

Orientation pour la sélection

- L’aire doit compter un paysage terrestre et/ou marin, côtier ou insulaire, de grande qualité pittoresque,
avec divers habitats, flore et faune co-existants et avec des manifestations de systèmes d’usage de la
terre et d’organisations sociales uniques ou traditionnels dont témoignent les établissements humains et
les coutumes locales, les moyens de subsistance et les croyances.
- L’aire doit offrir des opportunités de distraction publique grâce à la récréation et au tourisme dans le
contexte de son style de vie et ses activités économiques habituels.

107
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Responsabilité organisationnelle

L’aire peut appartenir à l’autorité publique, mais il est plus probable qu’il soit formé d’une mosaïque de
propriétaires publics et privés qui appliquent une variété de régimes de gestion. Ces régimes devraient
être soumis à un degré de planification ou d’autre contrôle, et appuyés, le cas échéant, par le financement
public et autres programmes d’encouragement, pour assurer que la qualité du paysage terrestre/marin et
les coutumes et croyances importantes soient préservées à long terme.

Catégorie équivalente dans le Système 1978

Paysage protégé

108
Annexe 2

Portée, forme et contenu suggérés pour les Plans de gestion des aires protégées de
catégorie V

Introduction

Il n’existe pas une manière idéale de rédiger et présenter un Plan de gestion pour une aire protégée.
Cependant il y a certains principes généraux et thèmes communs, et la CMAP prépare à présent un
guide sur la planification en général de la gestion des aires protégées qu’elle espère publier dans cette
série pendant l’année 2003. Entre-temps les conseils dans cette annexe se centrent spécifiquement sur
les aires protégées de catégorie V. Ils se basent sur l’expérience des membres du Groupe de travail de
catégorie V. Il n’est pas destiné à être soit prescriptif soit définitif. Des circonstances locales imposeront
souvent une approche assez différente mais c’est la première fois qu’une expérience internationale en
ce domaine a été transformée dans un ensemble unique de leçons. Le groupe de travail est intéressé à
recevoir des échos sur l’utilité de ces conseils donnés par des gens qui travaillent sur le terrain.

Portée

Le Plan de gestion est le document clef de la gestion pour un Paysage protégé. Il comprend un ensemble
de buts pour le paysage protégé, des objectifs stratégiques et des politiques pour sa gestion. Il guide le
bureau de gestion dans l’accomplissement de ses fonctions et oriente aussi toutes les autres organisations,
groupes et personnes qui feront équipe avec le bureau pour la gestion de l’aire. Il a un rôle interne et un
rôle externe. C’est un plan pour le territoire du paysage protégé, non pas seulement pour le bureau –voir
le tableau ci-dessous.

Lignes directrices sur la portée des Plans de gestion (adaptés de la Commission pour
la campagne 1997)

Le Plan de gestion doit:

- Présenter une vision de l’aire, avec une perspective de long terme;


- développer des stratégies et des politiques pour la gestion durable du paysage protégé;
- adopter la viabilité comme principe recteur;
- tenir compte d’autres politiques pertinentes qui proviennent du niveau régional, national ou
international;
- s’intégrer facilement dans le cadre prédominant institutionnel et organisationnel du pays et de la
région;
- encourager l’innovation et le leadership dans la conservation;
- créer un programme durable de développement social et économique pour les communautés locales et
élargir les opportunités d’assurer des bénéfices locaux;
(cont.)

109
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

Lignes directrices sur la portée des Plans de gestion (adaptés de la Commission pour
la campagne 1997) (cont.)

- fournir un cadre pour la participation et l’investissement, de façon à coordonner et influencer les


activités des organismes publics, privés et autres, qui ont un impact sur le paysage protégé, et non pas
seulement les activités du bureau de l’aire protégée;
- développer et mettre en place des politiques en partenariat avec d’autres entités;
- se concentrer sur les problèmes stratégiques et être concis;
- identifier les priorités pour l’action;
- viser à réconcilier les demandes et intérêts humains conflictuels concernant le respect de la terre et les
ressources naturelles;
- être assez flexible pour s’adapter aux circonstances changeantes;
- être orienté vers le rendement, identifier les objectifs mesurables et définir les cibles pratiques et
réalisables, comme base pour la surveillance, la révision et la mise à jour régulière.

La tâche de préparer le Plan de gestion sera exigeante. Comme il a été souligné dans le corps principal
de ces Lignes directrices, le sens essentiel de la propriété commune requiert un effort substantiel pour
encourager les communautés locales, les autres bureaux publics, les ONG, etc., à soutenir et participer à
la préparation du plan, de manière à construire un consensus autour de ses objectifs et à assurer que ses
politiques soient mises en place.

Forme et contenu

Sur la base de l’expérience, un Plan de gestion en deux parties semble fonctionner le mieux:

- Partie 1: un plan d’ensemble présentant une vision et une stratégie à long terme, et
- Partie 2: une série de Plans d’action centrés sur les atouts distinctifs du Paysage protégé et sur les
thèmes d’opportunité ou d’intérêt.

Forme et contenu de la Partie 1

La Partie 1 ne doit pas excéder les 15-20 pages, doit exposer la vision à long terme et indiquer comment
le paysage protégé devrait être géré pendant les 20-25 prochaines années. Basée sur le Rapport de thèmes,
cette partie devrait établir une image générale de comment l’aire devrait être gérée de façon à sauvegarder
et améliorer les qualités spéciales grâce auxquelles elle fut ainsi désignée. Cette “Déclaration de vision”
devrait être accompagnée par une ample exposition de principes de gestion que le bureau aurait intérêt
à mettre en place. Cette partie du plan vise à fournir un sens clair de propos et de direction –une vision,
ou ‘carte mentale’ pour le futur du paysage protégé. Le défi sera de rendre réelle une telle vision.

Profil de l’aire
Le profil doit être basé sur une description claire et courte des principales caractéristiques du paysage
protégé, doit identifier les qualités particulières qui le rendent spécial et les principaux problèmes

110
Annexe 2

à affronter pendant les 20-25 années suivantes. Il doit placer l’aire dans son contexte international,
national et régional. Il doit comprendre l’information concernant ses valeurs naturelles –vie sauvage,
biodiversité et paysage; et ses valeurs patrimoniales et culturelles -y compris les problèmes sociaux et
économiques.

Ce profil établit les principales ressources naturelles et culturelles et ‘les atouts ou le capital
environnementaux’ clef de l’aire. Il sera étayé par un ‘Rapport sur la situation du paysage protégé’ (voir
Section 6.4.2), qui établira:

- une connaissance du stock environnemental du paysage protégé;


- un système qui fournisse de l’information pour la préparation du Plan de gestion et de sa révision
subséquente;
- une base solide pour le changement de surveillance et pour l’efficacité de la gestion;
- un système de surveillance qui identifie les changements clef dans le stock environnemental; et
- une base de référence pour les décisions de gestion.

La vision
Le Plan de gestion doit présenter une vision claire de l’aire. La déclaration de la vision sera développée à
travers la participation d’autres bureaux, des groupes clef d’intérêt et des parties prenantes, en particulier
les communautés locales. Elle donnera une perspective à long terme et identifiera les objectifs principaux
de la gestion de l’aire pour les 20-25 ans prochains.

La déclaration doit porter sur les questions suivantes:

- quelles sont les qualités spéciales du patrimoine culturel et naturel?


- comment sera l’aire dans 25 ans?
- quelle sera la nature des changements principaux?
- quelles seront les conséquences positives et négatives des changements?
- quels seront les principaux bénéfices du changement?
- quels seront les principaux défis du changement?

L’exposition de la vision ne doit pas être trop longue mais doit:

- créer une image nette dans l’esprit du lecteur;


- s’attaquer aux problèmes sociaux, économiques et environnementaux du point de vue de la promotion
de la durabilité;
- tracer la direction générale du changement; et
- chercher à être imaginative et à inspirer du soutien pour le paysage protégé.

Le Plan de gestion doit adopter une perspective à long terme, avec un horizon de 20-25 ans. Mais il doit
aussi inclure des objectifs à court et à moyen terme, normalement avec 5 ans d’horizon. Le plan même
devrait être révisé tous les cinq ans. Pour réaliser la vision, les liaisons entre l’exposition de la vision et
la stratégie ont besoin d’être claires et sans ambiguïté.

La stratégie
Elle forme la colonne vertébrale du plan et doit présenter une série d’objectifs et de principes pour guider
la gestion dans l’aire protégée de catégorie V sur une direction plus durable dans le futur. La stratégie:

111
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

- identifiera les plus grands changements qui auront lieu probablement dans l’enceinte de l’aire dans les
25 prochaines années;
- établira comment le bureau et ses partenaires envisagent de répondre à ces changements et à les
influencer;
- identifiera les principes clef de gestion (tels que ceux de la section 4.2);
- établira les points d’action prioritaires;
- identifiera les principaux thèmes problématiques; et
- identifiera les principaux secteurs vulnérables dans l’enceinte de l’aire protégée de catégorie V.

La stratégie est une déclaration de principes fondamentaux et de politiques clef. Elle articulera
les principaux objectifs, qui encadreront et guideront les décisions cruciales. La durabilité sera une
considération centrale au niveau stratégique.

Forme et contenu de la Partie 2


La Partie 2 est composée de Plans d’action qui génèrent et guident l’action sur le terrain. Elle doit être
basé sur la Partie 1 et développée en passant en revue les intérêts des parties prenantes et en identifiant
les opportunités qui en découlent. Les plans d’action sont des stratégies de travail et des politiques sur
des thèmes variés qui touchent le paysage protégé, et qui établissent des priorités pour l’action.

Cette partie du plan va du grand plan d’ensemble stratégique aux objectifs spécifiques de politique.
Elle identifie et évalue les problèmes de gestion clef. Elle devra anticiper les changements et les défis et
rechercher et conseiller sur les meilleurs moyens d’y faire face.

Les thèmes du plan d’action comprendraient normalement :

- biodiversité et conservation,
- conservation du paysage,
- conservation du patrimoine culturel,
- projets de sensibilisation communautaire,
- initiatives de développement communautaire
- gestion du tourisme,
- projets d’information, interprétation et éducation,
- gestion forestière et de pêche,
- formation du personnel,
- budget, et
- surveillance et évaluation.

Les plans d’action seront développés indépendamment le long de la période du plan et selon que les
circonstances le permettront. Ceci assurera que le Plan de gestion n’est pas une déclaration définitive
mais quelque chose d’actualisé en permanence, basé sur un processus continu lors duquel tous les
partenaires peuvent devenir concernés.

Politiques et objectifs
Les plans d’action de la Partie 2 du Plan de gestion doivent contenir des politiques clairement établies
avec des objectifs mesurables. Les objectifs se baseront sur l’information factuelle, notamment sur les
tendances actuelles touchant chacun des volets politiques; sur les pressions pour le changement et sur
les leçons tirées des surveillance et évaluation préalables. Ils auront plusieurs rôles: éclairer les buts

112
Annexe 2

généraux au sein des cibles plus spécifiques et clairement définissables; aider à définir des priorités,
identifier les ressources requises pour la mise en place, et fournir l’information de base nécessaire à faire
la surveillance de la progression.

Établir des objectifs politiques clairs sera une tâche stimulante. Il est très utile de commencer par
identifier une liste de principaux problèmes et puis définir comment ils doivent être attaqués. La clef
pour une détermination d’objectifs réussie repose sur l’identification des éléments principaux ou des
caractéristiques spéciales de l’aire et sur les liaisons à définir entre ceux-là.

Les mots utilisés pour exprimer les objectifs politiques doivent être simples, clairs et rigoureusement
structurés. La formulation vague ou excessive provoque des problèmes futurs, quand la surveillance et
les mesures ont lieu. Une formulation serrée donne aussi une meilleure base pour définir les indicateurs
appropriés.

Établir des objectifs et des cibles réalistes représente un effort coordonné avec les bureaux partenaires et
les groupes intéressés, et cela donne une opportunité de partager la propriété et établir un consensus.

Les objectifs doivent être susceptibles de changement et de révision selon que les circonstances
l’imposeraient. Par exemple, les nouvelles données peuvent devenir disponibles avec le temps, ce qui
doit se refléter dans la formulation des objectifs. Les événements internationaux ou les changements
nationaux -politiques ou institutionnels- peuvent avoir lieu dans des laps de temps très courts et exiger
de nouveaux objectifs à être développés pour faire face aux circonstances différentes.

113
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117
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

1. La vallée pittoresque Jiuzhaigou, en Chine. ©Adrian Phillips


Jiuzhaigou est un site du patrimoine mondial. Sa population d’origine tibétaine cultive une partie du
territoire autour des lacs et des chutes d’eau. Des espèces rares, dont l’ours panda, peuvent être trouvées
dans la haute forêt. Le tourisme est le problème de gestion le plus important dans la vallée (voir Étude
de cas 25).

2. Le Parc naturel régional corse, en France. ©Rosie Simpson


Les Parcs naturels régionaux français sont des paysages habités. Leur mission est de soutenir l’économie
locale et protéger les paysages à caractères distinctifs. L’un des plus grands est celui de la Corse qui
comprend des vues splendides et une culture particulière (voir l’Étude de cas 10).

Lamina 1
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

3. Parc historique national Marsh-Billings-Rockefeller, au Vermont, États-Unis. ©Adrian Phillips


Ce parc est le seul du système américain centré sur l’histoire de la conservation et sur l’intendance du
territoire. Il abrite la propriété historique de Marsh-Billings-Rockefeller, où les partisans de la conservation
de l’environnement George Perkins Marsh, Frederick Billings et M. et Mme. Laurance Rockefeller l’ont

4. L’Aire de conservation Annapura,


au Népal. ©Ken Taylor
La culture et la nature en juxtaposition:
l’Annapurna sud et le Nilgiri forment
la superbe toile de fond de ce paysage
culturel. La forêt du centre est
menacée par les pressions en faveur
de terres agricoles et de la coupe des
arbres en vue de bois de chauffage, et
aussi du camping.

Lamina 2
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

5. La Ceinture verte de la capitale nationale à Ottawa, au Canada. ©Guy Swinnerton


La Ceinture verte de la capitale nationale est un espace vert protégé et un paysage rural de 20 000 ha
qui entoure la capitale du Canada, Ottawa, au sud de la rivière des Outaouais (voir Étude de cas 6). Les
paysages protégés près des villes ont beaucoup de valeur du point de vue récréatif, éducationnel et de
l’aménagement du territoire.

6. Le Parc national Gurvan Saikhan de Gobi, en Mongolie. ©Sabine Schmidt


Une jeune fille mène paître le petit bétail dans les Belles montagnes occidentales, qui représentent un
paysage culturel géré par des pâtres nomades depuis des milliers d’années, mais important aussi pour les
espèces rares de la vie sauvage. (voir Étude de cas 9).

Lamina 3
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

7. L’Escarpement du Niagara, en Ontario, Canada. ©Commission pour l’Escarpement du


Niagara
L’Escarpement du Niagara –vue du village Milton depuis le col Rattlesnake. L’escarpement est
un paysage protégé près de Toronto. Il combine forêt et terres agricoles et il est important pour la
biodiversité, l’histoire, les décors naturels, la récréation, les sources d’eau et les carrières exploitées

8. Les Ïles Scilly au Royaume Uni. ©Adrian Phillips


Quelques-unes des aires protégées de la catégorie V sont des paysages marins protégés. Cet archipel
à l’extrémité sud-ouest de l’Angleterre est important pour son décor, sa biodiversité, son archéologie
et son histoire et est protégé comme un Aire de beauté naturelle exceptionnelle. Son économie dépend
largement du tourisme.

Lamina 4
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

9. Les anciennes oliveraies, au nord du Chypre. ©Adrian Phillips


Ces oliviers sont vieux de plusieurs centaines d’années. Actuellement il y en a beaucoup qui sont
abandonnés ou même abattus, bien que l’idée existe qu’ils ne doivent plus être commercialisés pour
leur huile. Le défi est de trouver une nouvelle valeur aux produits de l’olive qui puisse assurer la survie

10. Artisanat dans la Réserve naturelle de Dana, en Jordanie. ©Adrian Phillips


Une initiative de la Société royale de la Jordanie pour la conservation de la nature a favorisé la production
et la commercialisation de produits locaux et de l’artisanat local. Confitures, herbes, bijouterie et autres
produits se vendent aux visiteurs de la réserve naturelle. Cela génère des revenus aux villageois et
contribue à l’entretien du système des vergers et des champs.

Lamina 5
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

11. L’Aire de conservation d’Annapurna, au Népal. ©Ken Taylor


Ce panorama de paysage culturel conçu superbement près de Salligan fait partie d’un sentier de
marche très populaire, employé par la population et les cortèges de mulets. L’abandon des ordures,
principalement par la population locale, consistue un problème. Si la mise en place de poubelles n’est
pas une réponse appropriée dans un tel environnement, l’éducation pourra-t-elle y contribuer?

12. Les Terrasses de riz, aux Philippines.


©Adrian Phillips
Les Ifugao sont les architectes des Terrasses de riz
des Philippines –voir la première de couverture.
Leurs traditions culturelles soutiennent le cycle
annuel des semailles, de la récolte et de la
préparation du riz. Elles appuient également les
tâches régulières de maintenance des canaux
d’irrigation, de réparation des murs des rizières
et de conservation du sol (voir Étude de cas 4)

Lamina 6
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

13. Récolte de roseaux, aux Balkans. ©Martin


Schneider-Jacoby et Fédération EUROPARC
La coupe de roseaux utilisé pour faire de
la chaume ou pour d’autres usages est une
utilisation traditionnelle de la terre dans les aires
marécageuses qui favorisent la biodiversité. Le
lac Prespa, Albanie/Grèce/Macédoine (ancienne
République Yougoslave).

14. Bovin gris hongrois, Parc national


Hortobágy, en Hongrie.

15. Outarde géante, Parc national Hortobágy, en


Hongrie. ©Parc national Hortobágy
La survie des espèces sauvages rares et en danger
dépendent souvent des pratiques agricoles longtemps
établies qui s’adaptent aux conditions locales, telles
que la pâture du bétail gris hongrois –une race
traditionnelle associée aux prairies du Parc national
Hortobágy, en Hongrie (voir Étude de cas 20).

Lamina 7
Lignes directrices pour la gestion des aires protégées de catégorie V de l´UICN

16. Marché de pommes de terre, au Pérou.


©Brent Mitchell
Des variétés nombreuses de pommes de terre
poussent à Pisac au Cusco, au Pérou. Les
paysages protégés peuvent être utilisés pour
assurer la survie de ce patrimoine génétique
(voir Étude de cas 16)

17. Parc national Gurvan Saikhan de Gobi, en Mongolie. ©Sabine Schmidt


Des pétroglyphes à Bichigt Khad témoignent de plus de deux mille ans d’occupation humaine par des
peuples tant sédentaires que nomades (voir Étude de cas 9). De nombreuses aires protégées de catégorie
V sont riches en vestiges archéologiques.

Lamina 8

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