Polynomes de Legandre
Polynomes de Legandre
Polynômes de Legendre
Notations
— Dans tout le problème, E désigne le R-espace vectoriel R[X] des polynômes à coefficients réels.
— Pour tout n ∈ N, on note En le sous-espace de E formé par les polynômes de degré au plus égal à n.
— Selon l’usage, on convient d’identifier un polynôme et la fonction polynomiale associée.
— L’espace En est muni de sa base canonique Bn = 1, X, X 2 , . . ., X n .
n!
— Les coefficients binomiaux sont notés Cnk = (06k6n).
k!(n − k)!
Polynômes de Legendre
Polynômes de Legendre
X 1 + |t| n
n n
25. Déterminer le rayon de convergence de la série entière C2n x .
2
n>0
X
26. En déduire que le rayon de convergence Rt de la série entière Ln (t)xn est strictement positif.
n>0
On donnera une minoration de Rt , mais on ne cherchera pas à le calculer.
+∞
X
On note St la somme de cette série entière : ∀x ∈ ]−Rt , Rt [ , St (x) = Ln (t)xn
n=0
27. En utilisant le résultat de la question (24), montrer que St est solution sur ]−Rt , Rt [ de l’équation différentielle
suivante, d’inconnue y fonction de x :
(Et ) (1 − 2tx + x2 )y 0 (x) + (x − t)y(x) = 0
28. Pour |t| < 1, en déduire l’expression de St (x) en fonction de x.
Polynômes de Legendre
1. P étant un polynôme, P 0 , P 00 le sont et donc φ(P ) est un polynôme. Ainsi φ est bien défini
La dérivation étant linéaire, on montrerait que φ l’est aussi, φ est un endomorphisme de E.
2. Si deg P 6 n, on a deg P 0 6 n − 1 et deg(XP 0 ) 6 n, de même deg(X 2 − 1)P 00 6 2 + n − 2 = n.
Donc deg φ(P ) 6 n. Donc pour tout P ∈ En , φ(P ) ∈ En .
3. Dans cette question, on suppose que n est égal à 3.
(a) 1, X, X 2 , X 3 est la base canonique de E3 . On a ϕ3 (1) = φ(1) = 0, ϕ3 (X) = 2X, ϕ3 (X 2 ) = 2(X 2 − 1) +
4X 2 = 6X 2 − 2 et ϕ3 (X 3 ) = 6X(X 2 − 1) + 6X 3 = 12X 3 − 6X . Donc la matrice de ϕ3 dans la base
canonique de E3 est
0 0 −2 0
0 2 0 −6
M3 = 0 0 6
0
0 0 0 12
(b) M3 est triangulaire, ses valeurs propres sont ses coefficients diagonaux. Il y a quatre valeurs propres distinctes
(0, 2, 6 et 12) et M3 est carrée d’ordre 4 donc M3 est diagonalisable. Par conséquent ϕ3 est diagonalisable
et les quatre sous-espaces propres sont des droites.
(c) On a vu au a) que 1 est vecteur propre associé à λ = 0 et que X est vecteur propre associé à λ = 2.
x
y
On résout (M3 − 6I4 )
z = 0 ce qui conduit à t = 0, y = 0 et −6x = 2z (c’est bien une droite). Avec
t
1
z = 1 on obtient − 3 + X 2 est vecteur propre associé à λ = 6.
1 3
De même on trouve que X 3 − 53 X est vecteur propre associé à λ = 12. Ainsi (1, X, X 2 − , X 3 − X)
3 5
une base de E3 diagonalisant ϕ3 , formée de polynômes de coefficients dominants égaux à 1.
4. On revient au cas général d’un entier naturel n quelconque.
(a) φ(1) = 0 et φ(X) = 2X. Pour k > 2, φ(X k ) = k(k − 1)X k−2 (X 2 − 1) + 2kX k = k(k + 1)X k − k(k − 1)X k−2 .
0 0 −2 . . . ... 0
0 2 ..
0 .
. .. ..
. .
. 0 6 .
Donc Mn = . est triangulaire supérieure et ses coefficients dia-
. .. .. ..
. . . . −n(n − 1)
.. ..
. n(n − 1)
. 0
0 ... ... ... 0 n(n + 1)
gonaux sont 0, 2, ..., k(k + 1), . . . , (n − 1)n et n(n + 1).
(b) Les k(k + 1) pour k = 0 à n sont deux-à-deux distincts donc ϕn admet n + 1 valeurs propres distinctes or
dim En = n + 1 donc ϕn est diagonalisable et les sous-espaces propres sont des droites.
Polynômes de Legendre
n n
1 X k 2 n−k n−k k k n 1
X 2
8. Ln (−X) = C n (−1) (X + 1) (−1) (X − 1) = (−1) Cnk (X + 1)n−k (X − 1)k .
2n 2n
k=0 k=0
Puis en utilisant ` = n − k et Cnk = Cnn−k on a :
n
1 X ` 2
Ln (−X) = (−1)n n Cn (X + 1)` (X − 1)n−` = (−1)n Ln (X).
2
`=0
Ln a la même parité que n.
9. Posons u(X) = (X − 1)n , v(X) = (X + 1)n (pour que u(X)v(X) = (X 2 − 1)n ).
n!
Pour k ∈ [[0, n]], u(k) (X) = n(n − 1) · · · (n − k + 1)(X − 1)n−k = (X − 1)n−k et idem pour v donc
(n − k)!
n!
v (n−k) (X) = (X + 1)k . Donc par la formule de Leibniz :
k!
n n
d X n! n!
[u(X)v(X)] = Cnk (X − 1)n−k (X + 1)k
dX n (n − k)! k!
k=0
n n
d 2 X 2
(X − 1)n = n! Cnk (X − 1)n−k (X + 1)k puis :
D’où
dX n
k=0
dn 2 1n
∀n ∈ N, Ln (X) = X −1 .
dX n 2n n!
n
d (2n)!
10. (X 2 − 1)n = X 2n + Q(X) où deg Q < 2n d’où (X 2 − 1)n = X n + Q(n) (X)
dX n (2n − n)!
1 (2n)! 1 n
Le coefficient dominant de Ln est donc n = n C2n , d’où avec 7) :
2 n! n! 2
n
X 2
∀n ∈ N, Cnk = C2n n
.
k=0
n−k k n−k k
11. (x − 1) (x + 1) |x + 1| 6 (1 + |x|)n−k (1 + |x|)k = (1 + |x|)n .
= |x − 1|
n
1 X 2
D’où (par l’inégalité triangulaire) |Ln (x)| 6 n (1 + |x|)n Cnk puis :
2
k=0 n
1 + |x| n
∀n ∈ N, ∀x ∈ R, |Ln (x)| 6 C2n .
2
n n−1
12. (a) Un (X) = X 2 − 1 donc Un0 (X) = 2X X 2 − 1 (au moins pour n > 1...) puis :
X 2 − 1 Un0 (X) = 2nXUn (X).
Donc
(X 2 − 1)L00n + 2(n + 1)XL0n + n(n + 1)Ln = 2nXL0n + 2n(n + 1)Ln
et :
∀n ∈ N, φ(Ln ) = (X 2 − 1)L00n + 2XL0n = n(n + 1)Ln .
Polynômes de Legendre
Si le sujet n’identifiait pas les polynômes formels et les fonctions polynomiales, j’aurais ajouté :
Si (P |P ) = 0 alors la fonction Pe est nulle sur [−1, 1] donc le polynôme P a une infinité de racines, P est bien le
polynôme nul.
On a ainsi défini un produit scalaire sur E (donc sur les En aussi).
d
14. (a) On remarque que φ(P )(x) = ((x2 − 1)P 0 (x)) et on intègre par parties :
dx
Z 1
< φ (P ) | Q > = [(1 − x2 )P 00 (x) + 2xP 0 (x)] · Q(x) dx
−1
1
Z 1
= (1 − x2 )P 0 (x)Q0 (x) −1 − (x2 − 1)P 0 (x)Q0 (x) dx
−1
Z 1
2
∀(P, Q) ∈ E , (φ(P )|Q) = (1 − x2 )P 0 (x)Q0 (x) dx.
−1
(b) On a donc (φ(P )|Q) = (P |φ(Q)), les endomorphismes ϕn sont donc symétriques
(c) Soit p, q deux naturels distincts. Les polynômes Lp et Lq sont deux vecteurs propres de ϕn (où n = max(p, q))
associés à des valeurs propres distinctes.
Or les sous-espaces propres d’un endomorphisme autoadjoint sont en somme directe orthogonale donc Lp
et Lq sont orthogonaux.
Remarque : On aurait pu reproduire la démonstration du cours à savoir :
De φ(Lp ) = p(p + 1)Lp on a (φ(Lp )|Lq ) = p(p + 1)(Lp |Lq ).
D’autre part p(p + 1)(Lp |Lq ) = (φ(Lp )|Lq ) = (Lp |φ(Lq )) = q(q + 1)(Lp |Lq )
puis de p(p + 1) 6= q(q + 1), on a (Lp |Lq ) = 0.
Les polynômes Lp (p ∈ N) sont deux à deux orthogonaux.
15. Soit n un entier naturel.
(a) Le résultat est vrai pour k = 0 cf. 9). Soit k ∈ [[0, n − 1]]. On suppose que
(−1)k 1 dk dn−k 2
Z
(x − 1)n dx.
(Q|Ln ) = n [Q(x)]
2 n! −1 dxk dxn−k
On a alors en intégrant par parties :
(−1)k dk dn−k−1 2 1 (−1)k 1 dk+1 dn−(k+1) 2
Z
(x − 1)n dx
n
n k
[Q(x)] n−k−1
(x − 1) − n k+1
[Q(x)] n−(k+1)
2 n! dx dx −1 2 n! −1 dx dx
Or 1 et −1 sont des racines d’ordre n de Un . Donc les dérivées successives de Un jusqu’à l’ordre n − 1 sont
nulles en 1 et en −1. Or n − (k + 1) est un entier compris entre 0 et n − 1 donc le crochet est nul et on a la
relation à l’ordre k + 1.
On a prouvé par récurrence que :
(−1)k 1 dk dn−k 2
Z
(x − 1)n dx.
∀k ∈ [[0, n]], (Q|Ln ) = n k
[Q(x)] n−k
2 n! −1 dx dx
nZ 1 n
(−1) d
(b) En particulier pour k = n : (Q|Ln ) = n [Q(x)] (x2 − 1)n dx.
2 n! −1 dxn
Or si Q ∈ En−1 alors Q(n) = 0 donc (Q|Ln ) = 0.
Pour tout n ∈ N∗ , Ln est orthogonal à En−1 .
(c) Si p 6= q. On peut supposer par exemple que p < q.
Alors Lp (qui est de degré p) appartient à Eq−1 donc Lq est orthogonal à Lp .
(−1)n 1 dn
Z
2
16. (a) k Ln k = (Ln |Ln ) = n [Ln (x)] (x2 − 1)n dx.
2 n! −1 dxn
(n)
Or Ln est une constante (deg Ln = n) et d’après le coefficient dominant de Ln trouvé en 10) on a
(n) 1 n
Ln = n! · n C2n
2 Z 1
2 (−1)n 1 n (−1)n n
D’où en posant In = (x2 − 1)n dx : k Ln k = n n! · n C2n In = 2n C2n In
−1 2 n! 2 2
Polynômes de Legendre
Z 1 1
Z 1
(x2 − 1)n+1 dx = (x2 − 1)n+1 · x −1 − 2(n + 1) x(x2 − 1)n · x dx
(b) In+1 =
−1 −1
2 2
Le crochet est nul et x = x −1+1 donc In+1 = −2(n+1)In+1 +2(n+1)In d’où
(c) Classiquement (produit des nombres pairs/impairs)... on trouve avec I0 = 2 :
(n!)2
Pour tout n ∈ N, In = (−1)n 22n+1 .
(2n + 1)!
(−1)n (−1)n n
r
2 1 n 2 2
(d) k Ln k = n n! · n C2n In = 2n C2n In = donc k Ln k = .
2 n! 2 2 2n + 1 2n + 1
r r r r !
1 3 5 2n + 1
17. L0 , L1 , L2 , ..., Ln est une base orthonormée de En .
2 2 2 2
Polynômes de Legendre
+∞
X +∞
X +∞
X
27. St (x) = Ln (t)xn , xSt (x) = Ln (t)xn+1 = St (x) = Ln−1 (t)xn .
n=0 n=0 n=1
+∞
X +∞
X +∞
X
St0 (x) = Ln (t)nxn−1 = Ln+1 (t)(n + 1)xn ; xSt0 (x) = Ln (t)nxn ; et
n=1 n=0 n=0
+∞
X +∞
X
x2 St0 (x) = Ln (t)nxn+1 = Ln−1 (t)(n − 1)xn . D’où
n=0 n=1
+∞
X
(1 − 2tx + x2 )St0 (x) + (x − t)St (x) = L1 (t) − tL0 (t) + [(n + 1)Ln+1 (t) − (2n + 1)tLn (t) + nLn−1 (t)] xn
n=1
Or d’après 23 (n + 1)Ln+1 (t) − (2n + 1)tLn (t) + nLn−1 (t) = 0 et L1 (t) − tL0 (t) = t − t · 1 = 0
donc St est solution sur ]−Rt Rt [ de (Et ) (1 − 2tx + x2 )y 0 (x) + (x − t)y(x) = 0
(x − t) 1 D0 (x)
28. D(x) = 1 − 2tx + x2 = (x − t)2 + 1 − t2 > 0 car |t| < 1, et F (x) = − = − admet donc
(1 − 2tx + x2 ) 2 D(x)
1
comme primitive par exemple x 7→ − ln(D(x)) + 0.
2
1
Les solutions de (Et ) sont de la forme y : x 7→ λ · √ où λ est une constante. Plus précisément
1 − 2tx + x2
λ = y(0). Or St (0) = L0 (t) = 1.
1
Pour x ∈] − Rt , Rt [, St (x) = √ .
1 − 2tx + x2