MK - 2014 - ROUX Angélique
MK - 2014 - ROUX Angélique
fr
http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Université Claude Bernard Lyon 1
Institut des Sciences et Techniques de la Réadaptation
Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie
NOM : ROUX
Prénom : Angélique
Formation : Masso-Kinésithérapie
Année : 3ème
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Université Claude Bernard Lyon 1
Institut des Sciences et Techniques de la Réadaptation
Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie
NOM : ROUX
Prénom : Angélique
Formation : Masso-Kinésithérapie
Année : 3ème
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
RESUME :
Ce mémoire aborde sous la forme d’un cas clinique, dont Mme V. âgée de 71 ans fait
l’objet, une technique de plus en plus prisée par les kinésithérapeutes pour rééduquer des
patients en post-AVC : la tâche orientée. Cette patiente, hémiparétique droite, à la suite
d’un AVC ischémique, dont elle a été victime il y a cinq mois, a été hospitalisée en
gériatrie en raison d’une déshydratation. Afin de réduire ses troubles de la marche nous
dirigeons notre prise en charge vers des exercices orientés vers la tâche préconisés par Carr
et Sheperd. Les données récoltées lors des dernières études scientifiques s’accordent sur les
bénéfices engendrés par cette méthode sur la plasticité cérébrale et les résultats cliniques.
MOTS CLES :
ABSTRACT :
This memoir enters upon, in form of a clinical case about Ms V. aged 71, a technique
popular with physiotherapists to rehabilitate patients after stroke : task oriented. This
patient, right hemiparetic, following an ischemic stroke, which she suffered five months
ago, was hospitalizated in geriatric due to dehydration. To reduce its gait disturbance we
direct our intervention to the task-oriented exercises recommended by Carr and Sheperd.
The data collected during the latest scientific studies agree on the profits generated by this
method on brain plasticity and clinical outcomes.
KEY WORDS :
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
SOMMAIRE
1. INTRODUCTION ................................................................................................... 1 à 4
2.1.Anamnèse .......................................................................................................... 4 à 8
2.1.1. Présentation de la patiente ...................................................................... 4-5
2.1.2. Histoire de la maladie .............................................................................. 5-6
2.1.3. Pathologies associées et antécédents médicaux-chirurgicaux ................. 7
2.1.4. Traitement médicamenteux .................................................................... 7-8
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
2.4.Objectifs de la patiente .................................................................................... 18-19
2.5.Objectifs kinésithérapiques ................................................................................. 19
2.6.Risques ................................................................................................................... 19
2.7. Moyens mis en œuvre .................................................................................. 19 à 27
2.7.1. Principes .................................................................................................... 19
2.7.2. Drainage lymphatique manuel (DLM) ................................................... 19
2.7.3. Renforcement musculaire ................................................................ 20 à 22
2.7.4. Facilitation neuromusculaire proprioceptive (PNF) ............................. 22
2.7.5. Exercices orientés vers la tâche ....................................................... 22 à 26
2.7.6. Perfetti .................................................................................................. 26-27
4. DISCUSSION ...................................................................................................... 27 à 30
5. CONCLUSION ................................................................................................... 30 à 32
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
1. INTRODUCTION :
L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) désigne une lésion cérébrale consécutive à une
diminution ou à une interruption de la circulation sanguine dans un vaisseau cérébral : le
plus souvent une artère. Cette modification du débit sanguin peut avoir deux origines qui
déterminent les deux types d’AVC : dans 20% des cas l’étiologie est hémorragique. Pour
les 80% restant la cause est thrombotique. Il s’agit alors d’un AVC ischémique. Dans ce
cas, si le déficit régresse spontanément en moins de 6 heures l’accident ischémique est dit
transitoire (AIT) et le patient ne souffrira normalement d’aucune séquelle. Sinon,
l’accident ischémique est dit constitué et le patient gardera des déficiences. L’AVC peut se
manifester par différents symptômes qui varient selon le site de la lésion : des maux de
tête, une déviation de la bouche, des troubles de la parole, un engourdissement et une
faiblesse dans un hémicorps, des troubles de l’équilibre… Les principaux facteurs de
risque de cette pathologie sont : le sexe (la fréquence est plus élevée chez les individus de
sexe féminin), l’âge et les facteurs de risque cardio-vasculaires tels que : l’hypertension
artérielle, l’hypercholestérolémie, le tabac, l’alcool, l’obésité abdominale et la sédentarité.
L’AVC est un problème de santé publique majeur. En effet, cette pathologie touche chaque
année 130 000 personnes, c’est la 3ème cause de décès, la 2ème cause de démence et la 1ère
cause de handicap moteur (Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, 2013).
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Au cours d’un stage de cinq semaines effectué dans le service de gériatrie de l’hôpital
Renée Sabran j’ai été amenée à prendre en charge, au cours de séances de 30 minutes deux
fois par jour, sur le plateau technique, Mme V. une patiente hémiparétique droite à la
demande d’un des kinésithérapeutes. Ce plateau technique était équipé de tables de
massage électriques, de chaises avec accoudoirs, de tabourets à roulettes télescopiques, de
deux ateliers de barres parallèles, d’un escalier, d’un ergocycle pour les membres inférieurs
et de divers accessoires : ballons (de différents diamètres), mousses (de hauteurs et de
densités différentes), cerceaux, plots, bâtons, steps et ses rehausseurs, coussins gonflables
pour l’équilibre, plateaux de Freeman, balances, aides de marche (fauteuil roulant manuel,
rollator 4 roues, cadre, cannes anglaises, cannes simples et cannes tripodes). Parmi les
rares patients souffrant de troubles neurologiques, Mme V. était la seule ne présentant pas
une pathologie dégénérative mais des séquelles potentiellement résorbables. Malgré sa
volonté de progresser pour retourner à domicile, elle avait été démotivée par une
rééducation se résumant à de la marche entre les barres parallèles sans correction. Afin
d’assurer la meilleure prise en charge possible à cette patiente j’ai été amenée à me poser
plusieurs questions.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
territoires gâchettes forts vers les territoires musculaires plus faibles. La technique de
Perfetti ne s’intéresse pas uniquement à la réalisation du mouvement. Elle prend en compte
les interactions entre la perception, le cognitif et le moteur. En effet, nous récoltons dans
notre environnement de nombreuses informations sensorielles (tactiles, visuelles…) que
nous ressentons : ce sont les sensations. Lorsque ces dernières ont été interprétées elles
deviennent perceptions. Notre mémoire va ensuite les confronter à des expériences
antérieures afin de les reconnaître les transformant ainsi en gnosie. A partir de là, nous
allons préparer le mouvement : c’est la praxie, et enfin, l’exécuter (Picard Y., 2006).
Perfetti propose donc de travailler d’abord ces fonctions sensorielles puis la fonction
motrice. Cette méthode peut même être utilisée à la phase aiguë avant la récupération
d’une motricité afin de stimuler la sensibilité comme le préconise la HAS (HAS, 2012).
Le début des années 90, grâce aux progrès de l’imagerie cérébrale fonctionnelle, a été
marqué par la publication de nouveaux concepts rééducatifs dans le cadre des atteintes du
système nerveux central comme les travaux de R. Sheperd et J. Carr. Ces deux
australiennes professeurs en kinésithérapie s’appuient sur des résultats cliniques objectifs
et sur les effets sur la plasticité cérébrale (terme qualifiant la capacité d’auto-réorganisation
de notre système nerveux central) pour énoncer les grands principes à mettre en œuvre.
Elles suggèrent de recourir le plus précocement possible à la répétition d’exercices
orientés vers des tâches spécifiques afin d’orienter la plasticité cérébrale positivement vers
un apprentissage moteur normal, de lutter contre la plasticité cérébrale négative comme
« l’apprentissage de non usage du membre atteint » et de prévenir le déconditionnement à
l’effort (Peltier M., 2006). Le patient effectue une séquence ou la totalité de l’acte de la
vie quotidienne (AVQ) à améliorer ou d’une autre tâche qui partage des propriétés
biomécaniques communes (Carr J.H., Sheperd R.B., 2005). Le kinésithérapeute fait
travailler le patient avec des objets réels et les consignes sont des buts concrets à atteindre.
Le patient se concentre d’abord sur des points internes corporels puis sur des points
externes afin de favoriser ses capacités d’adaptation aux contraintes environnementales se
rapprochant au fur et à mesure de celles auxquelles il est confronté dans sa vie quotidienne
(stimuli multisensoriels, obstacles, vitesse de déplacement). Cette technique vise à
améliorer la force motrice mais aussi l’habileté, l’équilibre et les capacités cardio-
vasculaires si la pratique est suffisamment intense (Sheperd R., Carr J., 2005). La méthode
a fait ses preuves puisque sur 31 essais comptant 1078 participants une amélioration de la
fonction motrice du membre supérieur et du membre inférieur est notée (Hubbard I.J.,
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Parsons M.W., Neilson C., et al., 2009). Il est préconisé de la coupler à des exercices de
renforcement musculaire. Ses effets sont également majorés par la «pratique mentale »
c’est-à-dire l’imagination du mouvement à réaliser (Malouin F., Richards C. L., Mc
Fadyen, et al., 2003). La HAS recommande l’utilisation de tâches orientées vers la marche
en phase sub-aiguë (grade B). D’autres méthodes, en s’inspirant des ces principes, ont vu
le jour. Par exemple, pour le membre supérieur en phase chronique, la contrainte induite du
membre supérieur (CIMT) consiste à limiter les mouvements du membre sain avec une
écharpe au profit de la réalisation de gestes fonctionnels avec le membre supérieur
hémiparétique. La stimulation électrique fonctionnelle (SEF) s’appuie aussi sur le principe
de tâche orientée combinée à une stimulation électrique musculaire. Les techniques de
réalité virtuelle et de thérapie miroir reposent sur le principe d’une activation cérébrale
similaire entre l’imagination et l’exécution du mouvement. La HAS insiste sur
l’importance de l’augmentation de la durée des exercices qui permet de lutter contre le
déconditionnement à l’effort (HAS, 2012).
Nous pouvons alors nous demander dans quelle mesure l’utilisation d’exercices
orientés vers la tâche permet d’améliorer la marche chez une patiente hémiparétique
droite de 71 ans ?
2. PRESENTATION DE L’ETUDE :
2.1.Anamnèse :
2.1.1. Présentation de la patiente :
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Mme V., âgée de 71 ans, est une ancienne assistante de production aujourd’hui retraitée.
Elle vit avec son compagnon, qui est souvent en déplacement professionnel, au premier
étage d’une maison dont le rez-de-chaussée est occupé par sa fille. Ses deux autres enfants
sont installés en région parisienne. La patiente aimait s’adonner à la photographie, au
jardinage, au vélo, à la lecture et elle a fondé une association philosophique.
Le 28 février 2013, Mme V., est victime d’un AVC ischémique. Le scanner cérébral révèle
des lacunes thalamiques et capsulo-lenticulaires bilatérales, une leucoaraïose péri-
ventriculaire bilatérale et une absence de prise de contraste après injection d’iode.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ressentait pas le besoin de conduire de nouveau car elle était toujours accompagnée d’une
tierce personne à l’extérieur de son habitation.
Quelles peuvent être les conséquences d’un tel évènement sur l’organisme ?
L’eau, principal constituant de notre organisme, puisqu’elle représente environ 60 % de la
masse corporelle répartie entre les compartiments intracellulaire (aux deux tiers) et
extracellulaire c’est-à-dire plasma sanguin et espace interstitiel, permet le transport de
l’oxygène et des nutriments ainsi que l’élimination des déchets du métabolisme et la
thermorégulation. Une perturbation de cet équilibre peut avoir des répercussions sur le
système nerveux central entraînant des céphalées, des vertiges, un état de somnolence, un
syndrôme confusionnel, des lésions cérébrales. Le système cardio-vasculaire peut lui aussi
être affecté. La diminution du volume sanguin entraîne une diminution du débit cardiaque
ce qui provoque une augmentation du rythme cardiaque. Ces modifications
s’accompagnent d’une diminution de la pression sanguine causée par l’hypovolémie et
d’une augmentation du risque de survenue des troubles thromboemboliques.Une
déshydratation engendre également une faiblesse des muscles, ces derniers étant composés
d’eau à plus de 70 %. D’autres conséquences sont susceptibles d’être observées comme
une altération de la digestion, une constipation, une infection urinaire, une insuffisance
rénale, une aggravation de broncho-pneumopathie mais aussi des escarres (European
Hydration Institute, 2013).
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
2.1.3. Pathologies associées et antécédents médico-chirurgicaux :
Les pathologies associées de Mme V. sont :
-Pradaxa 110 mg 1-0-1 (antithrombotique pour prévenir un AVC chez les patients
présentant une fibrillation auriculaire non valvulaire associée à un ou pusieurs facteurs de
risque),
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
-Seretide Diskus 5000 2-0-1(bronchodilatateur bêta-2 mimétique+corticoïde),
Mme V. occupe le lit côté porte d’une chambre double. Il est équipé d’un matelas anti-
escarre de classe I sur lequel elle est installée en position semi-assise. La patiente dispose
d’un rollator 4 roues et d’un fauteuil roulant manuel type paraplégique.
Cette chambre est mal agencée pour une patiente équipée d’un rollator : lorsque la porte de
la pièce est ouverte elle touche le lit ne laissant pas de place pour manœuvrer avec une aide
de marche volumineuse.
La douleur de Mme V. a été évaluée à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA) la
nuit, au repos et après la séance de kinésithérapie. La patiente cote sa douleur à 0.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Périmétrie (en cm) A droite A Différence
Avant Après Différence gauche droite-
DLM DLM Avant- gauche
après
DLM
Position spontanée
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Aucune rougeur n’est visible sur les points d’appui : talons, sacrum, processus épineux des
vertèbres thoraciques, scapula et coudes.
Taille : 1.72 m et poids : 72 kg donc IMC = 24.98 kg/m2 ce qui équivaut à une corpulence
normale puisque la valeur est comprise entre 18.5 et 25.
- un genu valgum et un genu flexum à droite de 15° totalement réductible qui témoigne
d’une mauvaise mise en charge sur le membre inférieur droit hémiparétique,
- au niveau du bassin : dans le plan frontal, l’épine iliaque antéro-supérieure gauche est
plus haute d’un travers de doigt et dans le plan sagittal, nous ne notons pas de retrait de
l’hémibassin côté hémiparétique,
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Mouvement actif A droite A
gauche
MEMBRE Elévation antérieure 140° 150°
SUPERIEUR Abduction 140° 150°
Main-bouche oui oui
Main-tête oui oui
Extension + RI Pouce sur T10 Pouce
sur T8
Tenue pendant 35
secondes avec le
membre supérieur
plus bas que du
côté gauche
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
-il n’y a pas d’appendement de l’épaule côté hémiparétique ni « d’aile d’ange » et l’épaule
gauche est plus haute d’un travers de doigt.
Les amplitudes articulaires sont d’abord évaluées en passif et à vitesse lente afin d’éviter
de biaiser les résultats par une éventuelle spasticité. La patiente ne présente aucune attitude
vicieuse et les amplitudes articulaires sont fonctionnelles (cf : annexe 1).
▪ Motricité involontaire :
▪ Motricité volontaire :
La force motrice est évaluée fonction par fonction à l’aide de la cotation de Held et Pierrot-
Desseilligny (cf : annexe 4) et par la réalisation de mouvements fonctionnels (tab. 2 et fig.
3 et 4).
10
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Articulation Fonction A droite A
Bilan Bilan gauche
initial final
MEMBRE EPAULE Flexion 3 3 5
SUPERIEUR Extension 3 3 5
Abduction 3 3 5
Adduction 4 4 5
RE 4 4 5
RI 4 4 5
COUDE Flexion 3 3 5
Extension 4 4 5
Pronation 4 4 5
supination 4 4 5
POIGNET Flexion 4 4 5
Extension 4 4 5
MAIN Doigts longs Flexion 4 4 5
Extension 4 4 5
Première Ouverture 3 3 5
commissure Fermeture 3 3 5
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Ce bilan met en évidence une diminution de la force motrice au niveau du tronc et de
l’hémicorps droit (tab.3). Mme V. est donc hémiparétique droite avec une prédominance
au niveau du membre inférieur.
Ce test est effectué dans une pièce calme : la chambre de la patiente, afin d’éviter l’ajout
des afférences auditives de l’ambiance bruyante de la salle de rééducation, qui pourraient
diminuer la concentration de Mme V. et ainsi favoriser des erreurs ou au contraire qui
permettraient de compenser des déficiences. Pour ces mêmes raisons, elle a les yeux
fermés. Le bilan lui est d’abord expliqué en détail les yeux ouverts afin d’éviter de biaiser
les résultats avec des réponses erronées dues à une mauvaise compréhension des
consignes.
La patiente doit signaler, lorsque nous l’interrogeons, si elle sent ou non que nous exerçons
un contact sur sa peau, si oui le localiser et définir le type de sensation provoqué.
▪ Sensibilité superficielle : la sensibilité épicritique ou tact fin est évaluée par simples
contacts avec une mine de crayon et la sensibilité protopathique ou tact grossier par des
touchers avec une gomme de crayon. Nous insistons sur les paumes de mains dont la
sensibilité participe à la préhension et la plante des pieds qui influence l’équilibre et la
marche.
11
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
dans une position et la patiente doit la reproduire en controlatéral. La kinesthésie est testée
par la description du mouvement que nous effectuons et sa localisation. Une altération de
la sensibilité profonde au niveau du membre supérieur provoque des troubles de la
préhension et au niveau du membre inférieur des troubles de l’équilibre et de la marche.
Cet examen a permis de détecter chez Mme V. des hypoesthésies sur l’hémicorps droit du
tact fin et du tact grossier au niveau de :
12
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
associés à des corticoïdes (Seretide Diskus 5000) administrés par voie inhalée grâce à un
nébuliseur pneumatique.
La patiente étant sujette à la constipation, elle prend un laxatif (Lansoyl). Ses dernières
selles datent de la veille.
Elle est continente mais subit un hétéro-sondage deux fois par semaine à cause d’une
rétention urinaire post-mictionnelle de 300-400ml.
▪ Retournements et transferts :
▫ Lors du transfert assis-debout, Mme V. ne met pas les freins au rollator, s’appuie d’une
main au rollator et avec l’autre sur l’accoudoir du siège. Elle se lève seule, ce qui nécessite
parfois plusieurs tentatives, en s’inclinant légèrement sur la gauche pour éviter la mise en
charge côté hémiparétique. La patiente se penche bien en avant et recule les pieds qui sont
écartés de la largeur du bassin.
13
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
▫ Pour le transfert debout-assis Mme V. ne fait pas complètement demi-tour pour
s’asseoir sur le siège, et elle se laisse tomber dans le siège en s’appuyant au rollator sans
les freins.
▪ Equilibre :
▫ Equilibre assis :
Mme V. présente un bon équilibre postural en position assise sans attitude cyphotique ni
aide des membres supérieurs ni appui postérieur. Nous procédons ensuite à des
déstabilisations intrinsèques en demandant à la patiente de venir toucher notre main dans
différentes positions de l’espace de plus en plus éloignées d’elle, d’abord dans
l’hémiespace gauche puis dans le droit. Les mouvements de son membre supérieur droit et
la mise en charge coté droit hémiparétique induits par ses déstabilisations déséquilibrent
Mme V. Son équilibre postural assis est maintenu lors de déstabilisations extrinsèques qui
correspondent à des poussées déséquilibrantes. Nous objectivons son équilibre postural
assis par un indice d’équilibre postural assis (EPA) (cf : annexe 6) de 3 / 4.
▫Equilibre debout :
L’équilibre en station debout est évalué à l’aide des différents tests ci-dessous :
-l’indice d’équilibre postural debout (EPD) (cf : annexe 7) : 2 / 4. En charge sur 2 balances
Mme V. appuie de 35 kg sur le membre inférieur droit et de 42 kg sur le membre inférieur
gauche ce qui atteste d’une mauvaise mise en charge sur le côté hémiparétique.
14
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Fig. 5 : Bilan fonctionnel : marche avec un rollator 4 roues
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
-le Get up and go test (cf : annexe 10) est réalisé sans aide de marche en 39 secondes avec
un score de -9 ce qui signifie que le patient est un danger pour lui-même.
-Le test de Fukuda est irréalisable car la patiente ne parvient pas à marcher sur place les
yeux fermés.
▪Marche :
Mme V. marche à l’aide d’un rollator 4 roues (fig. 5) et doit être accompagnée pour
marcher avec en dehors de sa chambre. A l’extérieur, la patiente se déplace en fauteuil
roulant.
▫Analyse qualitative :
Nous constatons :
-une inégalité de longueur des pas : le pied gauche ne dépasse pas totalement le pied droit
ce qui provoque une boiterie due à l’esquive d’appui du côté droit hémiparétique,
-la hauteur du pas est insuffisante à droite : le pied droit ne quitte pas complètement le sol
ce qui démontre une diminution de la force motrice des releveurs du pied,
-une base de sustentation élargie, malgré des talons proches, par des pieds en abduction,
-une absence de genu recurvatum y compris du côté hémiparétique ce qui atteste d’un bon
verrouillage du genou,
-une diminution du pas postérieur à droite qui s’explique par le défaut de mise en charge
sur le membre inférieur hémiparétique,
15
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
-Lors des passages d’obstacles Mme V. compense les flexions de hanche, genou et
cheville côté hémiparétique par une rotation interne de hanche ou un fauchage du pas grâce
à son muscle carré des lombes.
▫Analyse quantitative :
-Le test des 10m de marche est effectué sans aide de marche en 25.27 s avec 21 pas ce qui
est pathologique (cf : annexe 11). La vitesse de marche est ralentie à environ 0.4 m/s
contre 1m/s physiologiquement.
-Le périmètre de marche avec ou sans rollator s’étend à 27 m. La patiente doit ensuite faire
une pause. Elle est très fatigable.
Mme V. effectue sa toilette assise sur une chaise. Elle demande seulement de l’aide pour
son dos. Pour l’habillement, la patiente ne peut pas enfiler seule ses chaussures et ses
troubles de l’équilibre l’empêchent d’ajuster ses vêtements notamment aux toilettes.
Nous avons évalué son autonomie à l’aide de l’index de Barthel (cf : annexe 12) : 55 / 100.
Depuis son AVC, Mme V. présente des troubles cognitifs : une altération de la mémoire de
travail et de la mémoire épisodique verbale, une diminution de la flexibilité mentale et de
la programmation motrice ainsi qu’une inhibition des processus automatiques. Elle suit un
traitement (Tanakan 40 mg) prescrit pour lutter contre les troubles cognitifs du sujet âgé.
16
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
2.2.14. Bilan psychologique :
▫ une hypertonie spastique du biceps brachial droit qui ne gêne pas la fonctionnalité du
membre supérieur,
▪ une altération de la fonction respiratoire puisque la patiente est une ancienne fumeuse
atteinte d’une BPCO stade 2 traitée par aérosolthérapie et a un antécédent de carcinome
pulmonaire,
17
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
▪ des troubles digestifs : une constipation nécessitant la prise de laxatifs,
▪ un syndrôme dépressif.
▪ Mme V. est gênée lors des retournements et des transferts couché-assis (et inversement)
et assis-debout et inversement par la diminution de force motrice au niveau du tronc et du
membre inférieur droit mais aussi par la perte de certains automatismes.
▪ Elle ne peut pas effectuer les activités supérieures de marche : notamment la montée-
descente des escaliers indispensable pour envisager son retour à domicile.
▪ Le déficit de force motrice au niveau du membre supérieur droit empêche Mme V. d’être
autonome pour sa toilette : elle a besoin d’aide pour se laver le dos. De même, ses troubles
de l’équilibre rendent impossible l’habillage du bas du corps sans une aide supplémentaire.
▪ Mme V. de par son hospitalisation est limitée dans ses intéractions sociales. En effet, elle
ne peut voir ses proches que lors des visites. Si son compagnon et sa fille viennent la voir
quotidiennement elle ne reçoit que très rarement la visite de ses amis et de ses autres
enfants installés dans la région parisienne.
▪ La patiente ne peut plus s’adonner à ses loisirs tels que la photographie, le jardinage et le
vélo et elle se plaint de troubles de la concentration qui rendent la lecture difficile.
18
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Mme V. désire retrouver un maximum d’autonomie et améliorer sa marche afin de pouvoir
retourner à son domicile.
▪ lutter contre les oedèmes bilatéraux des chevilles et faces dorsales des pieds
▪ stimuler la motricité au niveau du membre inférieur droit et du tronc afin d’améliorer les
transferts, la marche et l’équilibre
▪ améliorer l’équilibre
2.6.Risques :
▪ syndrôme épaule-main (Yelnick A.-P., Bonan I.-V., Simon O., et al., 2008)
Les moyens doivent être mis en œuvre à la condition de rester infra-douloureux pour la
patiente et de respecter sa fatigabilité.
Pour lutter contre les oedèmes bilatéraux des chevilles nous installons les membres
inférieurs en déclive et effectuons un drainage lymphatique à l’aide de manœuvres de
chasse lentes et antérogrades (des orteils jusqu’au genou compris) puis nous maintenons le
résultat obtenu (tab. 1) à l’aide de chaussettes de contention, afin que la contention soit
uniforme, que Mme V. portent désormais toute la journée.
19
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
2.7.3. Renforcement musculaire :
Nous avons noté précédemment que la patiente était essentiellement limitée par la
diminution de force motrice au niveau de son membre inférieur droit et du tronc. Nous
allons donc insister sur le renforcement musculaire de ces deux régions. Au niveau des
membres inférieurs les muscles cibles seront : les fléchisseurs plantaires et les fléchisseurs
de hanche pour améliorer la propulsion, les extenseurs de genou pour permettre l’appui et
les extenseurs de hanche afin de retrouver un pas postérieur identique au côté gauche (Carr
J. H., Sheperd R. B., 2005).
Nous proposons à la patiente des exercices de gainage qui renforcent des chaînes
musculaires et contribuent à améliorer l’équilibre :
-Mme V. est installée en décubitus. Elle doit maintenir ses membres inférieurs en crochet
avec une flexion dorsale de cheville. Cet exercice entraîne un renforcement des muscles
releveurs du pied, des quadriceps, des fessiers et des abdominaux.
-La patiente est toujours en décubitus les membres inférieurs en triple flexion. Nous lui
demandons de décoller les fesses. Le maintien de cette position permet d’augmenter la
force musculaire des quadriceps, des fessiers, des abdominaux et des spinaux. Dans le but
de favoriser la mise en charge coté hémiparétique nous demandons ensuite à la patiente
d’avancer puis de soulever le membre inférieur gauche.
20
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Fig. 6 : Renforcement musculaire du membre inférieur et du tronc :
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Afin d’augmenter le travail d’équilibre nous plaçons les deux pieds de Mme V. l’un à côté
de l’autre sur un terrain instable : un ballon de Klein :
-elle doit d’abord maintenir le ballon (fig. 6) or il a tendance à basculer vers la droite,
-des mouvements d’avant en arrière en extension puis en flexion de genoux pour travailler
quadriceps et ischio-jambiers,
-les genoux positionnés à différents degrés de flexion la patiente doit pousser contre nous
pour contracter tous les muscles du membre inférieur et les abdominaux,
-appuyer les talons sur le ballon puis soulever les fesses pour renforcer les fessiers,
-maintenir le ballon malgré les poussées déséquilibrantes que nous réalisons dans
différentes directions.
Pour renforcer la musculature du tronc, la patiente est assise sur un tabouret dos contre le
ballon. Elle doit le plaquer contre le mur et résister à des déstabilisations puis nous
réalisons le même exercice lorsqu’elle est debout.
-la patiente est assise sur une chaise face au mur contre lequel elle plaque un ballon avec
son membre supérieur droit tout en le déplaçant de plus en plus à droite afin de favoriser la
mise en charge sur son côté hémiparétique (fig. 7). Puis elle réalise le même exercice en
position debout. Cet exercice a l’avantage de faire travailler la motricité de la main et son
habileté.
-des montées de genoux face à la barre pour renforcer les fléchisseurs de hanche et ainsi
éviter le fauchage ou la rotation interne de hanche lors d’un passage d’obstacle
21
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
-toujours en tenant la barre la patiente marche sur le côté en poussant puis en tractant un
sac de 2 kg pour renforcer respectivement ses abducteurs et ses adducteurs de hanche qui
participent à la stabilité du bassin
-des demi-squats pour renforcer les extenseurs de genou et ainsi améliorer son contrôle lors
de l’appui,
-des montées et descente sur la pointe des pieds. Lors de la descente, la contraction
excentrique permet ainsi d’étirer le triceps sural et évite ainsi une adaptation délétère des
tissus mous (Carr J. H., Sheperd R. B., 2005),
Pour renforcer les fléchisseurs, les abducteurs et les rotateurs internes de hanche ainsi que
les releveurs du pied nous choisissons le schéma de flexion/abduction/rotation interne
direct, d’abord avec un pivot de hanche puis avec un pivot de pied. Nous appliquons une
résistance à la flexion de hanche tandis que l’abduction et la rotation interne de hanche
sont réalisées en actif aidé et la dorsiflexion du pied en actif. Mme V. ne comprend pas le
mouvement à réaliser qu’il soit décomposé ou exprimé par un ordre simple « touchez mon
nez avec votre pied ». De plus, ces exercices se révèlent très rapidement épuisants pour la
patiente à cause de l’attention et de la force musculaire qu’ils requièrent.
Il s’agit ici de trouver des méthodes qui permettent à Mme V. de pallier à ses déficits
moteurs afin qu’elle réalise de manière autonome et en toute sécurité ses transferts.
22
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Fig. 9 : Transfert couché-assis : lever mono-bloc
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
▫ pour le transfert couché-assis (fig. 9) : apprentissage du lever mono-bloc qui permet à
Mme V. de préserver son rachis et de compenser la faiblesse des fléchisseurs du tronc.
▫ pour le transfert couché-assis du côté gauche : Mme V. soulève son membre inférieur
droit en s’aidant des membres supérieurs puis elle monte son membre inférieur gauche.
▫ pour le transfert assis-debout (fig. 10) : elle doit au préalable vérifier que les freins
soient actionnés puis nous l’encourageons à avancer son membre inférieur gauche avant de
se relever à l’aide des accoudoirs afin de favoriser la mise en charge côté hémiparétique.
La répétition de ce transfert a un impact positif sur la vitesse de marche car il partage avec
elle des caractéristiques biomécaniques communes comme le travail d’équilibre debout et
la montée des escaliers (Carr J. H., Sheperd R. B., 2005).
▫ pour le relevé du sol : Mme V. peut désormais passer du décubitus au procubitus puis à
quatre pattes. Ensuite en s’appuyant sur un support fixe elle se place en position de
chevalier servant et se relève encore difficilement en s’appuyant sur son membre inférieur
gauche.
▪ Travail de l’équilibre :
▫ Equilibre assis :
Mme V. est assise sur une table de massage. Nous lui faisons travailler la marche sur les
ischions puis, nous lui demandons de venir toucher notre main ou attraper des objets qui
sont situés de plus en plus à droite afin de l’obliger à mettre en charge son côté
hémiparétique puis nous cherchons à la déséquilibrer par des poussées
multidirectionnelles. Nous répétons ensuite ces exercices sur un support instable : un bloc
de mousse. Enfin, nous tentons le même exercice lorsque la patiente est assise sur un
ballon de Klein (fig. 11).
23
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Fig. 12 : Equilibre debout sur terrain stable et mise en charge sur le côté hémiparétique à
l’aide de deux balances
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Dans cette situation, son équilibre est trop instable pour que nous rajoutions des
déstabilisations intrinsèques ou extrinsèques. Par conséquent, nous nous contentons de lui
demander de maintenir son équilibre et nous diminuons progressivement sa base de
sustentation en réduisant l’écart séparant ses pieds.
▫ Equilibre debout :
-sur terrain stable, les yeux ouverts et les pieds écartés de la largeur du bassin : la
patiente tient 42 s (avant de devenir très instable) puis, pieds joints : 11 s (avant d’être très
instable et de se rattraper au bout de 18 s) ensuite, les pieds en tandem. Mme V. est obligée
de tenir la barre pour se placer dans cette position et elle est tout de suite déséquilibrée (du
côté qui est situé en avant). Enfin, les pieds écartés elle fait tourner un ballon autour d’elle
ou attrape des objets afin de réaliser des déstabilisations intrinsèques puis elle résiste à des
poussées déséquilibrantes qui constituent les déstabilisations extrinsèques.
Mme V. s’entraîne ensuite à tenir l’appui unipodal en tenant de moins en moins la barre.
Nous réalisons ensuite le même exercice les yeux fermés, d’abord les pieds écartés : elle
tient 7 s puis, pieds joints pendant 3 s et enfin pieds en tandem ce qui déséquilibre
immédiatement la patiente.
-sur terrain instable (un bloc de mousse), les yeux ouverts, les pieds écartés pendant
14 s puis les pieds joints pendant 3 s et enfin les pieds en tandem.
Nous tentons ensuite le même exercice les yeux fermés et les pieds écartés mais la patiente
se rattrape immédiatement.
24
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Fig. 13 : Marche :
Fig. 14 : Marche :
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
• En dynamique, les exercices suivants sont réalisés entre les barres parallèles mais sans
se tenir. Mme V. marche d’abord normalement puis, sur une ligne, ensuite sur les côtés (du
côté droit hémiparétique elle a alors tendance à se tourner face à l’arrivée). Puis, nous
demandons à la patiente de marcher en arrière afin de travailler la pas postérieur. Elle fait
de tout petits pas. En se tenant aux barres, Mme V. marche ensuite sur les talons et sur les
pointes de pieds.
Au cours de ces exercices nous remarquons que la patiente oscille surtout du côté
hémiparétique.
▪ Travail de la marche :
-au préalable, nous travaillons le transfert d’appui sur le membre inférieur hémiparétique
lors du passage du pas. La patiente est debout. Nous sommes assis sur un tabouret en face
d’elle : nos genoux emprisonnent son membre inférieur droit tandis que nos mains placées
de part et d’autre de son bassin miment les transferts de charges lors d’un pas en avant puis
en arrière.
-Mme V. effectue d’abord des traversées des barres en veillant au déroulement du pas et au
balancement des membres supérieurs. Pour retrouver ce dernier, en-dehors des barres nous
nous plaçons derrière la patiente un bâton dans chacune de nos mains et des siennes : elle
marche normalement et nous exagérons le mouvement des membres supérieurs (fig. 13).
Nous veillons au maintien de ces différentes corrections tout au long des exercices de
marche.
-une succession de cerceaux a été disposée entre les barres. La patiente doit poser un pied
dans chaque cerceau afin de travailler la longueur et la hauteur du pas.
-nous ajoutons ensuite des obstacles de plus en plus hauts à l’aide de bâtons glissés dans
des plots puis des surfaces instables (des blocs de mousse) afin de travailler la hauteur du
pas et l’équilibre (fig. 14).
▫ en-dehors des barres, nous emmenons marcher Mme V. avec le rollator dans des couloirs
de l’hôpital isolés et sans obstacles où nous corrigeons sa marche. Puis, nous effectuons le
même exercice dans des couloirs encombrés de matériel et de personnes.
25
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Fig. 15 : Activités supérieures de marche :
Fig. 17 : Perfetti :
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Progressivement nous augmentons le périmètre de marche de la patiente. Nous réalisons
ensuite la même progression avec une canne standard car « c’est l’utilisation d’une canne
simple qui interfère le moins avec l’équilibre et la marche tout en apportant une certaine
assistance » (Carr J. H., Sheperd R. B., 2005) du côté gauche puis sans aucune aide de
marche. Nous accompagnons ensuite Mme V. marcher avec son rollator à l’extérieur afin
qu’elle se déplace sur différents terrains.
▫ Les escaliers sont anxiogènes pour Mme V. il faut donc l’y préparer sans qu’elle en ait
conscience. Nous remplaçons certains obstacles dans le parcours que nous avons décrit
précédemment entre les barres par un step puis par plusieurs que nous espaçons. Ensuite,
nous rehaussons progressivement ces steps et enfin nous les rapprochons de plus en plus de
manière à reconstituer deux marches d’escaliers (fig. 15). Lorsque la patiente réalise
qu’elle peut monter et descendre deux marches d’escaliers, nous effectuons la montée et la
descente des escaliers du plateau technique (fig. 16) qui sont munis de deux rampes. Puis,
nous faisons de même dans les escaliers de l’hôpital avec une rampe et une canne de façon
à ce qu’elle ne soit pas désemparée confrontée aux 14 marches permettant d’accéder à son
domicile.
2.7.6. Perfetti :
Mme V. doit reconnaître des trajectoires, des hauteurs et des densités (fig. 17) différentes
avec le talon puis avec l’avant-pied pour augmenter la sensibilité tout en retrouvant le
déroulement du pas lors de la marche.
26
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Fig. 18 : Perfetti :
Fig. 19 : Perfetti :
Fig. 20 : Perfetti :
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
-des hauteurs, des densités et des textures avec la paume de la main puis avec la pulpe des
doigts
-des contours d’objets avec la pulpe de l’index. Cet exercice s’avère difficile pour la
patiente, elle fait de nombreuses erreurs (fig.18)
Mme V. porte désormais des chaussettes de contention afin de limiter ses oedèmes
bilatéraux des chevilles et faces dorsales des pieds.
Au niveau de son membre inférieur droit hémiparétique, la force motrice des extenseurs,
abducteurs et adducteurs de hanche, des releveurs du pied et des fléchisseurs du tronc a
augmenté d’une cotation 2 à une cotation 3 (tab. 3).
La patiente réalise seule tous ses retournements et ses transferts et peut se relever du sol.
Son équilibre s’est amélioré : l’EPA est passé de 3 à 4(cf : annexe 6), l’EPD de 2 à 3 (cf :
annexe 7), l’échelle de Berg de 21 à 32 (cf : annexe 8), l’épreuve de Tinetti de 13 à 23
(cf : annexe 9)et le Get up and Go Test de -9 à -5 (cf : annexe 10).
Elle marche sans surveillance et sans aide de marche sur 50 m mais avec une canne à
gauche lorsqu’elle est fatiguée et elle peut marcher avec son rollator et sous surveillance à
l’extérieur. Sa vitesse de marche est légèrement plus importante puisqu’elle effectue le test
des 10 m en 23 s mais demeure encore pathologique. Mme V. conserve son fauteuil roulant
pour les longs trajets. La patiente peut monter et descendre un étage avec une rampe et une
canne.
Mme V. est aujourd’hui plus autonome puisque son index de Barthel est passé de 55 à 80 /
100 (cf : annexe 12).
4. DISCUSSION :
27
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Ainsi, je n’ai pas appliqué le concept BBR (Bobath Based Rehabilitation) car il était trop
méconnu par les kinésithérapeutes du service au profit de la version obsolète du concept
Bobath qui n’est validée par aucune preuve scientifique (Sheperd R., Carr J., 2005).
Les exercices orientés vers des tâches spécifiques combinés à des exercices de
renforcement musculaire m’ont alors semblé la meilleure perspective thérapeutique afin
d’améliorer la marche de Mme V. puisque « d’après les recherches les plus récentes, pour
que la rééducation soit un moyen efficace pour optimiser la réorganisation neuronale et la
récupération fonctionnelle, il faut donner plus d’importance à la réalisation de
l’apprentissage moteur en utilisant des exercices répétés et intensifs orientés vers des
tâches spécifiques. » (Sheperd R., Carr J., 2005).
L’efficacité de cette technique a pu être évaluée de manière objective grâce à des échelles
validées par la HAS (HAS, 2006). En effet, l’appui bipodal sur deux balances indique une
mise en charge équivalente sur les deux membres inférieurs et l’échelle d’Held et Pierrot-
Desseilligny témoigne au niveau du membre inférieur hémiparétique d’une augmentation
de la force motrice indispensable aux phases d’appui et de propulsion lors de la marche
(Carr J.H., Sheperd R. B., 2005). En parallèle, les tests de Tinetti et le « Get up and go
test » attestent d’une amélioration de la qualité de la marche et d’une diminution du risque
de chutes. Ces résultats respectent donc les promesses des exercices orientés vers des
tâches spécifiques qui « ont pour but de stimuler l’apprentissage et l’acquisition de
capacités fonctionnelles, d’améliorer la force musculaire, l’endurance, la condition
physique générale et de favoriser le bien-être général. » (Sheperd R., Carr J., 2005).
L’index de Barthel révèle de meilleures capacités fonctionnelles ce qui concorde avec les
résultats de « diverses études sur l’entraînement vers une tâche spécifique et l’entraînement
de la force musculaire qui rapportent des effets positifs de la performance fonctionnelle
chez les sujets ayant des lésions cérébrales » (Sheperd R., Carr J., 2005). Le sevrage du
rollator au profit d’une canne standard à l’intérieur, les possibilités de marche en extérieur
avec son rollator et les activités supérieures de marche soulignent également une
28
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
optimisation des performances motrices de marche. La patiente qui, face à un obstacle,
était auparavant déséquilibrée ou interrompait sa marche poursuit son parcours après
l’avoir évité ou franchi. Ce progrès rejoint l’idée selon laquelle les exercices orientés vers
des tâches spécifiques « favorisent aussi l’adaptation aux exigences environnementales du
milieu de vie » (Malouin F., Richards C. L., Mc Fadyen, et al., 2003).
29
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
lutter contre le déconditionnement à l’effort mais aussi à améliorer la qualité de la marche
et à retrouver des automatismes en permettant un travail à vitesse plus élevée puisque le
patient est maintenu et délesté d’une partie du poids du corps (Peltier M., 2006). Ainsi,
j’aurai pu travailler en parallèle la tâche orientée et le reconditionnement à l’effort.
L’utilisation du travail de tâche orientée a entrainé chez Mme V. un autre bénéfice dont
l’appréciation reste subjective : la motivation.
5. CONCLUSION :
30
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
La rééducation du patient hémiparétique consiste à optimiser ses capacités fonctionnelles.
60 à 80% de ces patients se trouvant privés temporairement de la capacité de marcher, la
récupération de cette fonction constitue l’un des objectifs thérapeutiques majeurs (Malouin
F., Richards C. L., Mc Fadyen, et al., 2003). Les études les plus récentes préconisent de
recourir à de nouvelles pratiques cliniques telle que la répétition des exercices orientés vers
la tâche, sur laquelle j’ai centré la rééducation de Mme V., et qui sont ici à l’origine de ses
progrès notables de marche.
Malgré les améliorations que j’ai pu observées la prise en charge kinésithérapique de Mme
V. ne doit pas s’arrêter là afin de permettre à cette patiente un retour à domicile dans de
bonnes conditions et durable.
De plus, ma prise en charge n’a permis qu’une amélioration limitée de son endurance.
Mme V. souffre toujours d’un déconditionnement à l’effort. Or,, si 60 à 70% des patients
marchent à la sortie des centres de rééducation des études ont établi que seulement « 15%
marchent encore en dehors de la maison deux ans plus tard » (Carr J.H., Sheperd R.B.,
2005). Il serait donc intéressant de recommander à la patiente de suivre un programme de
réentraînement à l’effort dans un service disposant par exemple d’un tapis de marche.
De nombreuses études ont montré qu’il n’existe pas une technique de rééducation type de
l’AVC. Le kinésithérapeute dispose de tout un arsenal thérapeutique dont les bienfaits ont
été démontrés. C’est ensuite à lui de choisir parmi cette large palette les techniques les plus
31
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
adaptées à l’évolution motrice, sensitive, cognitive et psychologique de son patient afin de
les combiner pour composer une programme de rééducation. Ce dernier sera remanié tout
au long de la prise en charge en fonction des évolutions objectivées à l’aide des bilans et
du diagnostique kinésithérapique réalisés régulièrement.
32
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
BIBLIOGRAPHIE
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
SOMMAIRE DE LA BIBLIOGRAPHIE :
• HUBBARD I. J., PARSONS M.W., NEILSON C., et al., juin 2009, « Task-specific
training : evidence for and translation to clinical practice », Wiley interscience [en
ligne] , n°163-164 , pp. 175-189. [visité le 02.03.2013], disponible sur internet :
www.interscience.wiley.com
• MALOUIN F., RICHARDS C. L., Mc FADYEN B., et al. , octobre 2003, « Nouvelles
perspectives en réadaptation motrice après un accident vasculaire cérébral », M/S :
médecine/sciences [en ligne] , vol. 19, n°10 , pp. 994-998. [visité le 06.10.2013],
disponible sur internet : http://id.erudit.org/iderudit/007173ar
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
• SHEPERD R., CARR J., fevrier-mars 2005, « Rééducation neurologique : des
données de la science pour la pratique clinique », Kinésithérapie, les annales , n° 38-
39 , pp. 42-49.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 1 :
CARR J. H., SHEPERD R. B., août-septembre 2005, « Optimisation de la
performance motrice de la marche après un accident vasculaire cérébral :
l’entraînement des membres inférieurs pour l’appui, l’équilibre et la propulsion »,
Kinésithérapie, les annales , n°44-45 , pp. 19-32.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 1 : CARR J. H., SHEPERD R. B., août-septembre 2005, « Optimisation de la
performance motrice de la marche après un accident vasculaire cérébral :
l’entraînement des membres inférieurs pour l’appui, l’équilibre et la propulsion »,
Kinésithérapie, les annales , n°44-45 , pp. 19-32.
Dans cet article, Roberta Sheperd et Janet Carr, deux kinésithérapeutes australiennes,
proposent un programme de rééducation à la locomotion en post-AVC en s’appuyant sur
les connaissances en biomécanique et sur des études scientifiques.
Or, en post-AVC, la marche des patients se caractérise par : une diminution de la vitesse,
de la force motrice des membres inférieurs (notamment des fléchisseurs plantaires, des
extenseurs de genou, des fléchisseurs et des extenseurs de hanche), du pas postérieur côté
hémiparétique et une augmentation de la largeur d’enjambée, de la phase d’appui bipodal
et une dépendance aux appuis manuels.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 2 :
HUBBARD I. J., PARSONS M.W., NEILSON C., et al., juin 2009, « Task-specific
training : evidence for and translation to clinical practice », Wiley interscience [en
ligne] , n°163-164 , pp. 175-189. [visité le 02.03.2013], disponible sur internet :
www.interscience.wiley.com
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 2 : HUBBARD I. J., PARSONS M.W., NEILSON C., et al., juin 2009, « Task-
specific training : evidence for and translation to clinical practice », Wiley
interscience [en ligne] , n°163-164 , pp. 175-189. [visité le 02.03.2013], disponible sur
internet : www.interscience.wiley.com
Cette dernière a fait l’objet de plusieurs études qui, malgré une population encore
restreinte, a démontré son efficacité sur les animaux, sur des volontaires sains et sur des
patients présentant des séquelles d’AVC. En effet, cette méthode aurait un impact positif
sur la plasticité cérébrale. Elle favoriserait également la récupération motrice aussi bien du
membre inférieur que du membre supérieur auquel l’article s’intéresse plus spécifiquement
par l’intermédiaire de la contrainte induite.
Les auteurs proposent ici cinq stratégies d’exécution qui ont fait leurs preuves :
- la tâche spécifique est choisie en fonction de celle que l’on veut améliorer mais
aussi selon les objectifs que le patient souhaite atteindre
- les exercices doivent être exécutés sans suivre d’ordre prédéfini mais de manière
aléatoire
- ils doivent être répétés
- et tendre vers la reconstruction de la tâche dans son ensemble
- il est impératif d’apporter une critique au patient : un biofeedback y compris positif.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 3 :
MALOUIN F., RICHARDS C. L., Mc FADYEN B., et al. , octobre 2003, « Nouvelles
perspectives en réadaptation motrice après un accident vasculaire cérébral », M/S :
médecine/sciences [en ligne] , vol. 19, n°10 , pp. 994-998. [visité le 06.10.2013],
disponible sur internet : http://id.erudit.org/iderudit/007173ar
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 3 : MALOUIN F., RICHARDS C. L., Mc FADYEN B., et al. , octobre 2003, «
Nouvelles perspectives en réadaptation motrice après un accident vasculaire cérébral
», M/S : médecine/sciences [en ligne] , vol. 19, n°10 , pp. 994-998. [visité le 06.10.2013],
disponible sur internet : http://id.erudit.org/iderudit/007173ar
L’AVC, qui touche 50 000 personnes par an au Canada, est une des causes majeures
d’incapacités chez l’adulte. Plus de 60% des personnes affectées sont privées, au moins
temporairement, de la capacité de marcher sans aide. C’est pourquoi, cet article canadien
s’intéresse aux nouvelles pratiques de rééducation de la fonction locomotrice adoubées par
des études scientifiques.
La rééducation doit débuter le plus précocement possible, et ce, qu’elle que soit la gravité
de la lésion, en raison du potentiel de récupération qui est très important durant les
premiers mois post-AVC. Ainsi, il a été démontré que la marche sur tapis roulant dès les
premières semaines améliore la récupération de la fonction locomotrice. Cela a encouragé
la mise en place d’un entraînement composé d’exercices orientés vers la tâche. Ce travail
entraîne une amélioration de la force musculaire, de la coordination, de l’équilibre et des
capacités d’adaptation. Les études les plus récentes se penchent désormais sur la
diminution de l’endurance chez les patients victimes d’un AVC. Il en ressort une
diminution de 50% de la distance moyenne parcourue en 6 minutes par rapport aux sujets
témoins. Afin de combattre ce déconditionnement à l’effort, il est recommandé
d’augmenter l’intensité de la rééducation et, par conséquent, le nombre de répétitions qui
oriente favorablement la plasticité cérébrale. Dans ce but, et pour pallier à la passivité des
patients en dehors des séances de rééducation, une technique largement employée par les
sportifs a été scrutée : la pratique mentale. Cette dernière, si elle est possible chez le sujet,
consiste à imaginer les mouvements dont on veut améliorer l’exécution. Or, les techniques
d’imagerie cérébrale fonctionnelle démontrent que cette pratique provoque une activation
cérébrale similaire à l’exécution du mouvement. Les meilleurs résultats sont obtenus en
couplant la pratique mentale à la pratique physique. Il n’existe cependant aucune étude
s’intéressant à son effet sur la marche. Le développement des capacités d’adaptations de
l’individu nécessite une diversité environnementale difficilement accessible en clinique
mais rendue possible par l’immersion dans une réalité virtuelle. Les résultats suggèrent
l’existence d’un transfert de ces capacités acquises virtuellement à la réalité.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 4 :
PELTIER M., juillet 2006, « Rééducation de l’hémiplégique : Quoi de neuf ? »,
Kinésithérapie scientifique , n°468 , pp. 7-12.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 4 : PELTIER M., juillet 2006, « Rééducation de l’hémiplégique : Quoi de
neuf ? », Kinésithérapie scientifique , n°468 , pp. 7-12.
Cet article s’intéresse aux résultats des études évaluant les techniques rééducatives usitées
en neurologie centrale. Ces recherches, dans le but de juger de l’efficacité des différentes
pratiques, sont réalisées en phase chronique et s’appuient sur les techniques d’imagerie
cérébrale fonctionnelle et sur des outils permettant une appréciation objective des résultats
cliniques.
Les études ont mis en évidence des effets positifs sur la neuroplasticité et sur les capacités
fonctionnelles en recourant à des exercices orientés vers des tâches spécifiques (comme le
préconise Carr et Sheperd), répétés et d’intensité croissante sans que ce dernier paramètre
n’augmente la spasticité.
En s’appuyant sur ces principes plusieurs méthodes ont vu le jour. La contrainte induite du
membre supérieur (CIMT) consiste à immobiliser le membre supérieur sain 90% du temps
de veille pendant deux semaines. La stimulation électrique fonctionnelle (SEF) correspond
à provoquer un mouvement que le patient ne peut réaliser par une stimulation électrique
musculaire pendant une activité de la vie quotidienne. La marche par allègement corporel
associe le principe de tâche orientée à la stimulation d’un possible générateur spinal de
marche. La réalité virtuelle et la thérapie miroir repose sur le principe que le même réseau
neuronal est activé lorsque l’on réalise un geste et qu’on l’observe avec la volonté de
l’imiter.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 5 :
SHEPERD R., CARR J., fevrier-mars 2005, « Rééducation neurologique : des
données de la science pour la pratique clinique », Kinésithérapie, les annales , n° 38-
39 , pp. 42-49.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 5 : SHEPERD R., CARR J., fevrier-mars 2005, « Rééducation neurologique :
des données de la science pour la pratique clinique », Kinésithérapie, les annales , n°
38-39 , pp. 42-49.
Dans cet article, Roberta Sheperd et Janet Carr, deux kinésithérapeutes australiennes,
exposent une nouvelle technique rééducative, dont elles sont à l’origine, usitée dans le cas
de lésions du système nerveux central. Cette méthode, connue sous le nom de « tâche
orientée », est basée sur des études scientifiques menées grâce aux nouvelles techniques
d’imagerie cérébrale fonctionnelle et d’analyse du mouvement qui permettent d’évaluer
l’efficacité des différentes pratiques cliniques.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 6 :
YELNIK A.-P., BONAN I.-V., GELLEZ-LEMAN M.-C., 2008, « Rééducation après
accident vasculaire cérébral », EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Neurologie, 17-
046-U-10.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Article 6 : YELNIK A.-P., BONAN I.-V., GELLEZ-LEMAN M.-C., 2008, «
Rééducation après accident vasculaire cérébral », EMC (Elsevier Masson SAS,
Paris), Neurologie, 17-046-U-10.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ANNEXES
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
SOMMAIRE DES ANNEXES :
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 1 :
Bilan articulaire passif
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 1 : Bilan articulaire passif
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 2 :
Echelle d’Ashworth modifiée
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 2 : Echelle d’Ashwoth modifiée
Réf : Bohannon RW, Smith MB. Interrater reliability of a modified Ashworth scale of
muscle spasticity. Phys Ther 1987 ; 67 (2) : 206-7.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 3 :
Echelle de Held et Tardieu
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 3 : Echelle de Held et Tardieu
L’évaluation est toujours réalisée à la même heure du jour, dans une posture corporelle
constante pour un membre donné. Les autres articulations, en particulier au niveau du cou
doivent rester immobiles durant le test et dans la même position d’un test à l’autre. Pour
chaque groupe musculaire, la réaction à l’étirement est notée pour une vitesse donnée : :
- V1 = aussi lentement que possible
- V2 = vitesse moyenne qui correspond à l’action de la pesanteur sur le segment
- V3 = aussi vite que possible
Deux paramètres X et Y sont pris en compte :
LA QUALITÉ DE LA RÉACTION MUSCULAIRE (X)
0 : pas de résistance tout au long du mouvement passif.
1 : discrète augmentation de la résistance au cours du mouvement passif sans que l’on
puisse distinguer clairement un ressaut à un angle précis.
2 : ressaut franc interrompant le mouvement passif à un angle précis (1 à 3 secondes) suivi
d’un relâchement.
3 : clonus épuisable (moins de 10 secondes lorsqu’on maintient l’étirement) survenant à un
angle précis.
4 : clonus inépuisable (plus de 10 secondes lorsqu’on maintient l’étirement) survenant à un
angle précis.
L’ANGLE DE LA RÉACTION MUSCULAIRE (Y)
La mesure est rapportée à la position d’étirement minimal pour chaque articulation
(correspondant à l’angle 0), à l’exception de la hanche où la mesure est rapportée à la
position de repos anatomique.
Modalités de l’évaluation : On évalue la résistance musculaire à 2 vitesses : la plus lente et
la plus rapide possible. On note l’angle d’apparition de la résistance ainsi que l’intensité de
cette résistance.
Réf : Lacote M, Chevalier AM, Miranda A, Bleton JP. Évaluation Clinique de la fonction
musculaire. 3e édition. Paris : Maloine ; 1996.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 4 :
Cotation de Held et Pierrot-Desseilligny
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 4 : Cotation de Held et Pierrot-Desseiligny
0 Absence de contraction
1 Contraction perceptible sans déplacement du segment
2 Contraction entraînant un déplacement quel que soit l’angle parcouru
3 Le déplacement peut s’effectuer contre une légère résistance
4 Le déplacement s’effectue contre une résistance plus importante
5 Le mouvement est d’une force identique au côté sain
Réf : Lacote M, Chevalier AM, Miranda A, Bleton JP. Évaluation Clinique de la fonction
musculaire. 3e édition. Paris : Maloine ; 1996.
ÉVALUATION DE LA COMMANDE DE L’HÉMIPLÉGIQUE Held et Pierrot-
Desseilligny
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 5 :
Echelle de dyspnée NYHA
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 5 : Echelle de dyspnée NYHA
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 6 :
Indice d’équilibre postural assis (EPA)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 6 : Indice d’équilibre postural assis (EPA)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 7 :
Indice d’équilibre postural debout (EPD)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 7 : Indice d’équilibre postural debout (EPD)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 8 :
Echelle d’équilibre de Berg
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 8 : Echelle d’équilibre de Berg
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Réf : Berg K, Wood-Dauphinee S, Williams JI, Gayton D : Measuring balance in the
elderly. Preliminary development of an instrument. Physiother Can 1989 ; 41 : 304-11.
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 9 :
Epreuve de Tinetti
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 9 : Epreuve de Tinetti
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 10 :
Get up and go test
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 10 : Get up and go test
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 11 :
Test des 10 m de marche
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 11 : Test des 10 m de marche
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 12 :
Index de Barthel
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 12 : Index de Barthel
Réf : Mahoney FI, Barthel DW. Functional evaluation : The Barthel index. Md State Med
J 1965 ; 14 : 61-5.
Réf : Khaoulani N, Calmels P. Evaluation fonctionnelle par l’indice de Barthel. Ann Med
Phys Réadapt 1991 ; 34 : 129-36
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 13 :
Attestation de production d’autorisations écrites du patient et de son médecin en vue de la
rédaction du travail écrit
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
Annexe 13 : Attestation de production d’autorisations écrites du patient et de son médecin
en vue de la rédaction du travail écrit
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)
ROUX
(CC BY-NC-ND 2.0)