Opérations de dragages maritimes
et modalités de gestion de leurs matériaux
Collection | Références
Opérations de dragages maritimes
et modalités de gestion
de leurs matériaux
Note technique
Collection | Références
Édition Cerema
Cerema Risques, Eaux et mer – 134, rue de Beauvais – CS 60039 – 60280 Margny-lès-Compiègne Tél : +33 (0) 3 44 92 60 00
Siège social : Cité des Mobilités - 25, avenue François Mitterrand - CS 92 803 - F-69674 Bron Cedex - Tél : +33 (0) 4 72 14 30 30
L’ouvrage est une œuvre collective éditée sous la Résumé
direction du Cerema.
Ce document a été élaboré avec les contributions de : Cette note vise à accompagner le maître d’ouvrage et
les services instructeurs dans la conduite d’un projet de
Pierre-Yves Belan, Cerema Risques, Eaux et Mer dragages en milieu marin. Elle précise les investigations
préalables nécessaires à l’instruction et à l’évaluation des
Emmanuelle Thiesse, DGALN dossiers. Elle a pour ambition de couvrir l’ensemble du
projet, du dragage lui-même à l’éventuelle valorisation
La présente note technique rassemble, met à jour et ou au stockage à terre.
synthétise des éléments inclus dans le guide «Planifier
le dragage des ports en Bretagne» (DREAL Bretagne -
DDTM, 29 mai 2013) et dans la circulaire ministérielle
du 4 juillet 2008 relative à la procédure concernant la
gestion des sédiments lors de travaux ou d’opérations
impliquant des dragages ou curages maritimes et
fluviaux.
Le présent ouvrage a été soumis à la relecture :
- du Groupe d’Étude et d’Observation sur le Dragage et
l’Environnement (GEODE) ;
- du réseau des Services Police de l’Eau Littorale (SPEL).
Comment citer cet ouvrage :
Cerema. Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
Cerema, 2021. Collection : Références. ISBN : 978-2-37180-445-6
Toute reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement du Cerema est illicite (loi du 11 mars 1957).
Cette reproduction par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425
et suivants du Code pénal.
2 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
Sommaire
1. Conduite de projet 5 6.4.4 Les filières de valorisation à terre 39
1.1 Concertation, accompagnement du projet 5 6.4.5 Traitement des sédiments sur site
1.2 Un projet fondé sur des données fiables 6 portuaire du dragage 42
1.3 L'étude d'impact, une démarche itérative 6 6.4.6 Cas particulier : entreposage des
sédiments42
1.4 Conduite des études 7
6.4.7 Traitement des sédiments sur site
2. Investigations préalables 9 portuaire du dragage 43
2.1 Investigations techniques à mener 9 6.4.8 Poldérisation / constitution de terre-pleins 44
2.2 Investigations techniques à mener sur le site de 6.4.9 Procédure instruction travaux – code des
dragage. Plan d’échantillonnage 9 ports maritimes 46
2.2.1 Analyse des contaminants présents 6.4.10 Utilisation en remblai, endiguements 46
Niveaux de contaminants à prendre en 6.5 Gestion à terre des sédiments instruite sous
compte11 le régime des ICPE49
2.2.2 Interprétation des seuils 11 6.6 Élimination des sédiments en centre de stockage
2.2.3 Prise en compte des flux de contaminants 12 de déchets 52
2.2.4 Données complémentaires 12 7. Coordination entre procédures
2.2.5 Accréditation et performances des et services instructeurs 55
laboratoires d’analyse 12
7.1 Pour une filière de gestion en eau des sédiments 55
2.3 Investigations techniques à mener en vue
7.2 Pour une filière de gestion à terre relevant
de la gestion à terre des sédiments 13
de la loi sur l'eau 55
2.3.1 Caractère dangereux/non dangereux des
7.3 Pour une filière de gestion incluant une ICPE 55
sédiments14
7.4 Pour une filière de gestion à terre sans création
2.3.2 Sensibilité de la zone destinée à une
d’une ICPE et ne relevant pas de la loi sur l’eau 55
potentielle valorisation. 15
2.3.3 Radioactivité 15 8. Planification et gestion des opérations 56
8.1 Dragage en milieu marin : schémas d’orientation
3. Les procédures applicables aux opérations territorialisés56
de dragage et d’immersion 16
8.2 Gestion à terre des déchets : plans régionaux de
4. Évaluation environnementale - Étude d'impact 16 prévention et de gestion des déchets 56
4.1 Évaluation environnementale 16 9. Glossaire 56
4.2 L’étude d’impact 17
10. Acronymes 57
5. instruction loi sur l'eau : dragage / rejet 18
11. Bibliographie 58
5.1 Composition chimique des matériaux à draguer 18
5.2 Volumes de sédiments à considérer 18
5.3 Proximité des zones conchylicoles ou de cultures
marines18
5.4 Régime administratif 18
5.5 Cas particulier de dragages 21
5.6 Procédures administratives loi sur l'eau – dragage
et rejet y afférent 21
5.7 Procédure d'autorisation au titre de la loi sur l'eau 23
6. Gestion à terre des sédiments 26
6.1 Réglementation applicable
au devenir des sédiments 27
6.2 Définition du statut des sédiments par rapport
à la réglementation sur les déchets 28
6.2.1 Les sédiments sont-ils des déchets ? 29
6.2.2 Les sédiments sont-ils des déchets
dangereux ? 30
6.3 Commercialisation des matériaux dragués
excédentaires, et procédures applicables 31
6.4 Gestion à terre des sédiments instruite sous le
régime de la loi sur l'eau 32
6.4.1 Rechargement de plage / confortement
dunaire34
6.4.2 Procédure d'AOT simple 37
6.4.3 Procédure superposition
d'affectations38
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 3
INTRODUCTION
Puisqu’elles permettent d’entretenir, ou de rétablir, la
circulation et la sécurité des navires mais également
• la coordination entre les services instructeurs en
cas de gestion à terre, avec ou sans ICPE.
d’aménager de nouvelles voies de circulation, de nou-
veaux aménagements, les opérations de dragages sont Cette note suit le processus d’une opération de dragage
des activités portuaires nécessaires. Néanmoins, en et s’articule donc de la manière suivante :
extrayant des sédiments qui peuvent être contaminés,
ces opérations présentent un risque pour l’environne-
ment, elles sont donc fortement réglementées.
• Première partie : conduite de projet.
La présente publication vise à rendre lisible une régle-
• Deuxième partie : investigations préalables.
mentation complexe qui a connu des évolutions
récentes, en particulier en ce qui concerne les installa-
• Troisième partie : évaluation environnementale -
étude d’impact.
tions de stockage et le traitement à terre des sédiments
pollués, avec pour objet premier d’actualiser - pour la
partie marine uniquement - la circulaire du 4 juillet 2008
• Quatrième partie : instruction loi sur l’eau : dragage
et rejets.
relative à la procédure concernant la gestion des sédi-
ments lors de travaux ou d’opérations impliquant des
dragages maritimes.
• Cinquième partie : gestion à terre des sédiments.
La réglementation sur les études d’impact et les
• Sixième partie : gestion en mer des sédiments.
enquêtes publiques ont connu des modifications subs- En complément deux parties supplémentaires abordent
tantielles les années précédentes. respectivement :
D’autres modifications sont également intervenues :
modification de certains seuils, de certaines rubriques
• la coordination entre les procédures et les services ;
d’installations classées pour la protection de l’en-
vironnement (ICPE), introduction de l’autorisation
• la planification et la gestion des opérations de
dragage.
environnementale unique, nouvelle réforme des études
d’impact en 2016…
Il en résulte un document à l’usage de tous, qui pourra
servir de référentiel pour les maîtres d’ouvrages et les
services de l’État, en France métropolitaine ainsi que
dans les départements d’Outre-mer.
Cette publication s’appuie sur un guide édité en mai 2013
par la DREAL Bretagne et la DDTM du Finistère, intitulé
« Planifier le dragage des ports en Bretagne », dont la
structure est largement reprise par le présent travail, en
l’élargissant à la façade méditerranée, qui est soumise à
des conditions hydrologiques qui lui sont propres.
Le lecteur trouvera ci-après des précisions et des actua-
lisations sur les points suivants :
• la caractérisation des sédiments en vue d’une
opération de dragage suivie d’une gestion par
immersion ou remise en suspension et/ou d’une
gestion à terre ;
• les procédures réglementaires applicables ainsi que
la prise en compte et l’encadrement des impacts
environnementaux ;
• le statut réglementaire des sédiments gérés à terre ;
• les filières de gestion à terre relevant de la régle-
mentation des Installations, Ouvrages, Travaux et
Activités (IOTA) ou des Installations Classées pour
la Protection de l’Environnement (ICPE) ;
4 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
1. CONDUITE DE PROJET
En préambule à l'exposé de la réglementation qui D'autres analyses devront être menées, à d'autres
s'applique aux dragages en milieu marin ou estuarien et stades de l'évolution du projet, sur les sédiments bruts
à la gestion, en mer ou à terre, des matériaux extraits, ou traités, pour évaluer la faisabilité des modes de
il paraît utile d'attirer l'attention des porteurs de gestion envisagés.
projet et des services instructeurs sur quelques points
importants pour un bon déroulement du projet : qualité Selon les modes de gestion envisagés pour les matériaux
des études, concertation, coordination des procédures extraits, le service de police de l'eau instructeur pourra
administratives… alerter le maître d'ouvrage sur la sensibilité des solutions
envisagées, ce qui peut contribuer à orienter les choix
en termes de solutions de gestion et de concertations
préalables à mener avec les acteurs concernés.
1.1 Concertation, accompagnement
Le service de police de l'eau instructeur pourra
du projet également informer le porteur de projet sur les
L'échange d'informations et la concertation, avec les différentes législations et procédures administratives
services de l'État et les différents partenaires, ainsi qui s'appliquent à son projet, selon les choix de
que la bonne qualité des études, sont des éléments gestion des matériaux : le projet est-il soumis à étude
essentiels de la réussite d'une opération de dragage. d'impact et enquête publique, relève-t-il d'une double
instruction administrative au titre de la loi sur l'eau et de
Les maîtres d'ouvrage ont intérêt à dialoguer à toutes la législation ICPE ? Est-il soumis à d'autres législations ?
les étapes du projet et en particulier en amont du Quel sera le calendrier prévisionnel des procédures
lancement des études, avec les services de l'État. administratives ? Et ainsi de suite…
Les services de l'État disposent en effet de données sur Il convient notamment d'informer le maître d'ouvrage
la qualité des sédiments dans les ports et les estuaires de l'impossibilité de réaliser des aménagements en
dans le cadre du réseau des ports maritimes (REPOM) espace remarquable sauf à démontrer qu'ils participent
et des réseaux de surveillance au titre de la Directive à la conservation ou la protection de ces espaces
Cadre sur l'Eau (DCE) relatifs aux masses d'eaux côtières et milieux. Le projet est en outre soumis à enquête
et de transition et de la Directive cadre stratégie publique dans ce cas. En site classé, toute modification
pour les milieux marins (DCSMM). Cette information de l'état ou de l'aspect du site est interdite, et seuls
relative à la qualité des matériaux permet au maître les travaux d'entretien, restauration, mise en valeur
d'ouvrage, dès l'amont du projet, de s'orienter vers des compatibles avec le site peuvent être admis, sous
modes de gestion appropriés, qui devront faire l'objet réserve d'obtenir l'autorisation spéciale du ministre
éventuellement d'études plus approfondies, et de chargé des sites.
savoir s'il sera nécessaire d'effectuer des traitements
sur les matériaux avant valorisation ou élimination et, le Si le projet se situe au moins pour partie en site inscrit,
cas échéant, sur les eaux de ressuyage avant rejet. réserve naturelle ou parc marin, l'avis de la commission
départementale de la nature, des paysages et des sites,
Ces informations mises à disposition par les services des instances de gestion de la réserve naturelle ou du
de l’État ne dispenseront pas pour autant le maître parc marin sont respectivement requises.
d’ouvrage de réaliser des analyses détaillées des
sédiments et une estimation des volumes à extraire. Dans le cas où le projet est soumis à étude d'impact puis
À ce titre, la circulaire du 14 juin 2000 prévoit que le enquête publique, le maître d'ouvrage peut décider ou
plan d'échantillonnage des sédiments, en vue de ces non de solliciter, en amont du dépôt du dossier, un avis
analyses détaillées, soit validé par le service de police de l'autorité décisionnaire (préfet du département, en
de l'eau avant la réalisation des prélèvements. général) sur le degré de précision des informations à
fournir dans l'étude d'impact.
La validation du plan d’échantillonnage et l’analyse
des résultats en laboratoire sont indépendantes de la Cette concertation avec le service instructeur, en amont
procédure en phase amont, qui intègre également le de la réalisation des études, et avec les partenaires
certificat de projet des articles L.181-6 et R.181-4 à 11 du concernés, présente un double avantage pour le
code de l’environnement. porteur de projet : aide à la décision en vue du choix de
la filière de gestion des sédiments et critères de qualité
Elles servent en effet à déterminer le régime de l'étude d'impact ou d'incidence à produire dans le
administratif d’une opération de dragage, au moins cadre de la procédure administrative.
sur des critères qualitatifs. Elles sont donc un préalable
indispensable à tout cadrage amont.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 5
Le contenu des études est proportionné à la sensibilité aux déchets. De plus, en cas de valorisation des
environnementale de la zone susceptible d'être matériaux après traitement, des analyses spécifiques
affectée par le projet, à l'importance et la nature des au mode de valorisation choisi seront nécessaires. En
travaux et aménagements projetés et à leurs incidences cas d'élimination des matériaux en centre de stockage
prévisibles sur l'environnement. de déchets après traitement, des analyses spécifiques
devront être réalisées sur les matériaux traités en vue
Il convient de distinguer une opération simple d'une de leur admission.
opération complexe. Les cas simples doivent être gérés
simplement. La nature des investigations à mener sera établie en
concertation avec le (s) service (s) instructeur (s) au fur
Pour les cas plus complexes, il peut être utile de créer et à mesure de l'avancement du projet.
une instance de pilotage du projet et une instance de
concertation lorsqu'elles n'existent pas déjà de façon
permanente.
1.3 L'étude d'impact, une démarche
itérative
1.2 Un projet fondé sur des données Les projets de dragage et les modalités de gestion des
fiables matériaux extraits, qui par leur nature, leurs dimensions
ou leur localisation, sont susceptibles d'avoir des
Les investigations de terrain doivent intervenir le plus en incidences notables sur l'environnement ou la santé
amont possible, car la quantité de matériaux à extraire humaine, sont précédés d'une étude d'impact.
et la qualité de ces déblais sont deux paramètres
essentiels du projet. Il est donc impératif d'établir un Celle-ci ne doit pas être considérée comme une
relevé de la bathymétrie du site et d'effectuer des justification a priori du projet présenté ; elle doit
prélèvements pour caractériser le type et la qualité des démarrer dès le début de l'élaboration du projet et
matériaux. contribuer à le faire évoluer vers un projet de moindre
impact.
Cette caractérisation doit être aussi précise que
possible. À noter que le coût de ces investigations
Dans la plupart des cas, compte tenu des problèmes
est marginal dans une opération de dragage et qu'un
identifiés et des objectifs poursuivis, le maître
investissement supplémentaire dans les études sera
d'ouvrage pourra mettre en évidence plusieurs options
en général largement compensé par des économies au
ou partis de réalisation et d'exploitation de son projet,
niveau des travaux et de la gestion des déblais.
notamment en ce qui concerne les solutions de gestion
des matériaux extraits. L'état initial et l'analyse des
Ainsi, la bathymétrie fera apparaître clairement les
effets du projet doivent être conduits pour chacune
zones et les profondeurs à draguer, déterminantes pour
des filières de gestion envisagées. Par itérations
la définition des prélèvements à effectuer.
successives, le maître d'ouvrage sera ainsi amené
Pour évaluer suffisamment finement la qualité des à retenir la solution offrant le meilleur compromis
matériaux à extraire et les hétérogénéités éventuelles, il entre les différentes contraintes environnementales,
est préférable que le plan d’échantillonnage permette techniques, économiques et sociales.
d'établir une cartographie très précise des sédiments :
le recours à la notion d'échantillon moyen (commun à La construction de ce raisonnement passe donc
plusieurs prélèvements) doit être l'exception et non pas nécessairement par l'examen comparé de plusieurs
la règle. hypothèses. Cette démarche doit être fondée sur la
recherche objective et sincère de solutions alternatives
Il pourra donc être utile d'aller au-delà des crédibles.
recommandations de la circulaire pour définir le
maillage des prélèvements, en concertation avec le Il sera donc demandé aux maîtres d'ouvrage d'étudier
service de police de l'eau. Cette précaution permettra au moins deux solutions pour le devenir des produits de
de réserver aux matériaux le nécessitant réellement un dragage, dont une obligatoirement à terre.
traitement spécifique.
Les solutions envisagées feront l'objet d'une analyse
Des tests de toxicité seront à convenir le cas échéant multicritère détaillée (c'est-à-dire ne se limitant pas à un
entre service instructeur et maître d'ouvrage en cas de simple tableau générique). La nature des critères, leur
dépassement du niveau de contamination N1 pour un pondération, l'analyse qui en est faite, pourront être
ou plusieurs composés si l'immersion des sédiments est débattues avec les services de l'État.
envisagée.
L'étude d'impact doit faire état de l'analyse comparative
Quel que soit leur devenir (gestion à terre ou en mer), des différentes solutions envisagées et argumenter le
il est nécessaire d'établir le caractère dangereux ou choix de la solution finalement retenue en démontrant
non des sédiments, au sens de la législation relative que celle-ci débouche sur le meilleur équilibre.
6 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
1.4 Conduite des études En tout état de cause, la mise au point du contenu des
études d'impact pourra faire l'objet de concertations
Il paraît utile d'attirer l'attention sur quelques points avec les services de l'État et les différents partenaires.
de vigilance concernant la conduite ou le contenu des
études.
L'état initial et l'analyse des effets du projet doivent être
établis en recherchant l’exhaustivité. Les études doivent
s’intéresser aux zones géographiques suivantes :
• la zone portuaire ou estuarienne faisant l'objet
de dragage, en y précisant les caractéristiques
physico-chimiques des sédiments, objets du projet
de dragage, le marnage et la courantologie afin
d’y apprécier la dispersion des matières mises en
suspension au moment du dragage, tant dans le
port que dans son environnement ;
• les sites terrestres vers lesquels les déblais
pourraient être déplacés en vue d'une valorisation
ou d'un stockage ;
• les zones dans lesquelles l’immersion pourrait être
envisagée, le cas échéant. L'état initial de chaque
zone d'immersion doit être étudiée (nature des
fonds, espèces, courantologie, activités…).
Les périodes d’immersion les plus opportunes doivent
être appréciées. Enfin les impacts prévisibles des
immersions prévues doivent être quantifiés dans
l’espace et dans le temps.
Il convient également d'anticiper sur les modalités de
suivi qu'il conviendra de mettre en œuvre quelle que
soit la destination des déblais de dragages. En effet, ces
modalités peuvent entraîner des éléments particuliers
à examiner au cours de l’établissement de l’état initial.
Une attention particulière sera portée sur la
détermination de l’origine des contaminants, en
vue notamment d'accompagner l'opération de
dragages d'éventuelles actions « ports propres », ou
actions préventives, éventuellement en lien avec
l’agence de l’eau, destinées à supprimer les sources
de contamination et à faciliter ainsi les opérations
ultérieures.
Il est parfois nécessaire que des volets particuliers de
l’étude d'impact ou d’incidences (modélisation, étude
courantologique de dispersion, étude bio-sédimentaire,
étude faune/flore en zones protégées…) soient confiés
à différents prestataires, si un seul bureau d’études n’a
pas la capacité technique de traiter l’ensemble des
thématiques.
Il est souhaitable que le maître d’ouvrage prévoie la
possibilité de réaliser des compléments d’études, si
le projet a évolué à l’issue de l’appel d’offres, ou si le
dossier initial doit être complété suite aux avis exprimés
lors de la procédure d’instruction administrative.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 7
CONDUITE DE PROJET
P ILOTAGE É TUDES TECHNIQUES C ONCERTATION / INSTRUCTION
ET ENVIRONNEMENTALES
Maître d'ouvrage + assistant Maître Bureau d'études Services de l'état
d’œuvre environnementale Public
• Bathymétrie précise, volume à • Information sur la qualité Information/asso
extraire des sédiments (réseaux de ciation du comité
Déclaration d'intention et présentation des surveillance DCE, REPOM, de suivi des
• Projet de plan d’échantillon- opérations de
objectifs nage précis des sédiments enquêtes dragages CEREMA
études antérieures) dragage ou
dans la zone de dragage article de presse
• Validation du plan
d'échantillonnage des
sédiments
Prélèvements d'échantillons
conformément au plan validé
et analyses
• Information sur les
procédures administratives,
sur les délais, d'instruction
• Information sur les
investigations à mener sur
Proposition de • Premier niveau d'analyse de les sites de gestion
plusieurs faisabilité des solutions pressentis
solutions pour envisageables : avantages/in- • Identification des enjeux
le dossier des convénients environnementaux
Choix d'un maître d’œuvre et bureau(x)
d'études environnementales sédiments • Coûts, investigations • Attentes relatives au
extraits (mode complémentaires à mener... contenu de l'étude
de gestion • Argumentaire permettant de d'incidence ou d'impact
envisageables proposer au moins deux
localement, filières de gestion dont au
sites moins une à terre
concernés...)
Analyse des solutions proposées, pré-validation
des filières de gestion qui feront l'objet d'une
étude au niveau d'avant-projet
Information/as
sociation du
comité de suivi
des opérations
de dragage ou
presse ou
réunion
publique
Études de • Analyses et tests complémen-
• Pré-instruction : avis sur les
Notification au Maître d’œuvre de solutions à solutions taires sur échantillons pour
premiers éléments d'étude
étudier au niveau d'avant-projet notifiés à un admission dans les filières de
niveau gestion (test de toxicité, • Compléments éventuels à
avant-projet caractère dangereux des apporter à l'étude
matériaux, analyses bactério- d'impact et au dossier
logiques...) d'instruction
• Étude courantologie et • Information sur les
modélisation de la dispersion mesures de suivi à prévoir
sur les sites d’immersion, le pendant et après travaux
• Analyse multicritères cas échéant • Le cas échéant, réponse
• Choix de la solution retenue • Analyse comparative précise sur la demande d'examen
de la faisabilité des solutions au cas par cas
• Le cas échéant, demande d'examen au cas
par cas pour la(es) filière(s) de gestion retenues • Le cas échéant, avis sur le
concernées • Étude d’impact ou degré de précision des
d’incidence informations à fournir dans
• Le cas échéant, demande d'avis sur le degré
l'étude d'impact
de précision des informations à fournir dans • Proposition argumentée de la
l'étude d'impact solution la plus équilibrée
Présentation/a
ssociation du
comité de suivi
des opérations
de dragage ou
Notification du choix de la solution Avant-projet réunion
détaillé publique
Finalisation de l'étude d'impact
Montage
dossier Montage dossier d'instruction
Dépôt dossier d'instruction Instruction dossier
d’instruction
8 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
2. INVESTIGATIONS PRÉALABLES
2.1 Investigations techniques à mener d'échantillonnage en fonction de l'importance du
projet. Il est recommandé de consulter le service de
Avant de procéder à des travaux de dragage de police de l'eau pour valider le plan d'échantillonnage
sédiments portuaires marins ou estuariens, la des sédiments avant de réaliser les prélèvements
réglementation impose de réaliser des investigations qui feront l'objet d'analyses physico-chimiques et
préalables, et notamment des analyses physico- bactériologiques.
chimiques permettant de caractériser la nature et la
qualité des matériaux bruts à extraire. Le plan d’échantillonnage doit permettre de dresser une
cartographie, la plus précise possible, des sédiments à
De plus, quelle que soit la destination des matériaux draguer afin d’anticiper les modalités de gestion « aval »
extraits, gestion à terre ou élimination en mer, d'autres des sédiments.
analyses et/ou études doivent être menées, y compris
sur les matériaux traités le cas échéant. Il en est de même Cette cartographie doit être constituée d’une vue en
sur les eaux d'égouttage ou de ressuyage avant rejet plan présentant les levées bathymétriques les plus
dans le milieu récepteur (mer ou eaux continentales). récents de la zone à draguer, si possible légèrement
élargie, avec une représentation des isobathes. Les
Les investigations et/ou études préalables à mener en points correspondant aux échantillons élémentaires
vue de la gestion à terre sont décrites, dans les fiches doivent figurer sur cette vue en plan, ainsi que les
relatives à chaque mode de gestion, dans la partie 6 du différentes cotes de dragage et la cubature incidente.
présent document.
Si l’échantillon représente une moyenne, il faut
Les conventions régionales OSPAR (Atlantique-Manche- représenter un polygone intégrant les échantillons élé-
Mer du Nord), Barcelone (pour la protection de la mentaires correspondants. Le plan d'échantillonnage
Méditerranée) et la convention de Londres, ratifiées validé par la police de l'eau doit intégrer la profondeur
par la France, autorisent, dans certaines conditions, des sondages correspondant à la hauteur des diffé-
l'immersion des déblais de dragage par dérogation à la rentes couches sédimentaires à extraire (sondages à la
règle générale d'interdiction d'immersion de déchets cote de dragage).
en mer. Si l'immersion est retenue, des investigations
(prélèvements, analyses…) et études complémentaires Dans l’intérêt du maître d’ouvrage, il est préconisé
(hydrodynamique de la zone d'immersion…) sont aussi de soumettre le plus en amont possible le plan
à mener sur le ou les site (s) d'immersion pressentis et d’échantillonnage à la police de l’eau et à l’inspection
les zones potentiellement impactées. des installations classées pour observation.
Dans le cadre de l’autorisation environnementale s’ap-
pliquant à toute opération soumise à l’autorisation loi
2.2 Investigations techniques à sur l’eau ou ICPE, une phase amont facultative est pos-
sible lors de laquelle le pétitionnaire peut présenter son
mener sur le site de dragage. Plan dossier pour solliciter l’avis des services.
d’échantillonnage
La validation du plan d’échantillonnage et l’analyse
Pour déterminer le régime administratif s'appliquant des résultats en laboratoire sont indépendantes de la
à l'opération de dragage envisagée, il faut d'abord procédure en phase amont, qui intègre également le
connaître : certificat de projet des articles L.181-6 et R.181-4 à 11 du
code de l’environnement.
• le volume de sédiments à extraire ;
Elles servent en effet à déterminer le régime
• la qualité de ces sédiments, c'est-à-dire leurs
caractéristiques physico-chimiques et leur
administratif d’une opération de dragage, au moins
sur critères qualitatifs. Elles sont donc un préalable
concentration en métaux lourds et en micro- indispensable à tout cadrage amont.
polluants organiques ;
• la distance à laquelle se trouve la zone de dragage
des plus proches zones de cultures marines.
Les analyses physico-chimiques à mener pour
déterminer la qualité des sédiments sont décrites
en partie 2.1 ; la circulaire du 14 juin 2000 décrit le
nombre d'échantillons à constituer, ainsi que le mode
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 9
INVESTIGATIONS TECHNIQUES À MENER SUR LE SITE DE DRAGAGE
TEXTES DE RÉFÉRENCE CUBAGE-BATHYMÉTRIE
localisation précise des zones et des volumes à draguer
Convention OSPAR (1992) pour la protection du
milieu marin de l'Atlantique Nord–Est et ses
annexes. CARACTÉRISATION PHYSICO-CHIMIQUE
Lignes directrices OSPAR n° 2009-4 sur la gestion
des matériaux de dragage. Échantillonnage
en fonction de la bathymétrie, de la cubature et de la situation des
différentes zones à draguer (cerner précisément localisation et
Convention de Barcelone pour la protection de volumes susceptibles de dépasser le niveau N2 pour un ou plusieurs
la Méditerranée composés)
Analyses physiques
Arrêté du 9 août 2006 modifié, relatif aux • granulométrie (% sable, vase, argile) au moins jusqu'à 63 μ et, si
niveaux à prendre en compte lors d'une analyse possible, fraction inférieure à 2 μ
de rejets dans les eaux de surface ou de • % de matière sèche, densité
sédiments marins, estuariens ou extraits de cours • teneur en Al sur fraction inférieure à 2 mm
d'eau ou canaux relevant respectivement des
rubriques 2.2.3.0, 4.1.3.0 et 3.2.1.0 de la • carbone organique total (COT) sur fraction inférieure à 2 mm
nomenclature annexée au décret n° 93-743 du
Analyses chimiques
29 mars 1993
• micropolluants métalliques: As, Cd, Cr, Cu, Hg, Ni, Pb, Zn
• micropolluants organiques :
Circulaire n° 2000-62 du 14 juin 2000 relative aux
- PCB : totaux, congénères 28, 52, 101, 118, 138, 153, 180
conditions d'utilisation du référentiel de qualité
des sédiments marins ou estuariens présents en - TBT
milieu naturel ou portuaire défini par l'arrêté - HAP : naphtalène, acénaphtylène, acénaphtène, fluorène,
interministériel phénanthrène, anthracène, fluoranthène, pyrène,
+ annexe " Instructions techniques portant sur le benzo(a)anthracène, chrysène, benzo(b)fluoranthène,
prélèvement et l'analyse des déblais de dragage " benzo(k)fluoranthène, benzo(a)pyrène,
dibenzo(ah)anthracène, benzo(ghi)pérylène, indéno(123-cd)
pyrène, Σ 16 HAP
Analyses microbiologiques
si dragage proche zones conchylicoles, cultures marines, baignade
D'autres analyses préalables doivent être réalisées
sur les sédiments en fonction de leur devenir après
extraction : gestion à terre ou immersion.
Elles sont décrites par la suite, dans les fiches La circulaire du 14 juin 2000 précise notamment les conditions
relatives à chaque mode de gestion d'utilisation des seuils N1 et N2 et fournit les instructions générales
d'échantillonnage et d'analyse des sédiments.
La méthode de caractérisation comporte 3 phases:
- phase 1 : propriétés physiques
- phase 2 : propriétés chimiques
- phase 3 : caractérisation biologique en cas d'immersion
Elle fournit également en annexe les instructions techniques relatives
à l'échantillonnage des sédiments (maillage des prélèvements,
Historique des dragages constitution des échantillons à analyser), aux analyses et méthodes
Qualité des sédiments (base de données Quadrige) utilisées.
Rechercher données relatives à la qualité Faire valider le plan d'échantillonnage des
des sédiments auprès du service police de sédiments et les analyses préalables à mener
l'eau de la DDTM par le service de police de l'eau de la DDTM
10 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
2.2.1 Analyse des contaminants présents - 2.2.2 Interprétation des seuils
Niveaux de contaminants à prendre en compte
Conformément à la circulaire n°2000-62 du 14 juin 2000,
Une opération de dragages est soumise à une procédure l’interprétation des seuils N1 et N2 doit être réalisée de
d’autorisation environnementale ou de déclaration la façon suivante :
au titre de la loi sur l'eau selon différents critères. La
procédure dépend notamment de la concentration de
différentes substances dans les sédiments par rapport
• le niveau N1, en-dessous duquel l'impact potentiel
est jugé neutre ou négligeable, les valeurs
à des niveaux de références. Ces niveaux sont des observées se révélant comparables aux « bruits
outils de gestion et de décision. Ils ne caractérisent pas de fond » environnementaux. En général, si tous
directement le potentiel toxique du sédiment. les contaminants se situent à des concentrations
inférieures à N1, il n'est pas nécessaire de réaliser
Pour les sédiments marins et estuariens, les niveaux de d'autres études pour caractériser les potentiels
référence de contamination par des substances sont impacts chimiques de l'opération sur le milieu ;
définis par l’arrêté du 9 août 2006 relatif aux niveaux
à prendre en compte lors d’une analyse de rejets dans
les eaux de surface ou de sédiments marins, estuariens • le niveau N2, au-dessus duquel une investigation
complémentaire est généralement nécessaire, car
ou extraits de cours d’eau ou canaux, et ses arrêtés
des indices notables laissent présager un impact
complémentaires.
potentiel de l'opération. Il faut alors mener une
étude spécifique portant sur la sensibilité du milieu
L'arrêté du 9 août 2006 a été modifié à ce jour par :
aux substances concernées, une évaluation de
• l'arrêté du 23 décembre 2009, fixant des seuils pour
le tributylétain (TBT) ;
l’impact prévisible sur le milieu et, le cas échéant,
affiner le maillage des prélèvements sur la zone
• l'arrêté du 8 février 2013, fixant des seuils pour les
hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ;
concernée par le dragage (afin, par exemple, de
délimiter le secteur plus particulièrement concerné
•
par des dépassements du niveau N2). En fonction
l’arrêté du 17 juillet 2014, révisant les seuils pour les des résultats, le maître d’ouvrage pourra étudier
polychlorobiphényls (PCB).
des solutions alternatives pour réaliser le dragage,
La qualité chimique des sédiments faisant l'objet d'un ou des phasages de réalisation.
dragage est appréciée en comparant leur concentration Une attention particulière doit être portée aux
en éléments-traces métalliques et en composés éléments traces métalliques qui peuvent être
organiques aux concentrations de référence N1 et N2 présents naturellement dans certains territoires.
spécifiés dans l'arrêté du 9 août 2006 modifié. Cette concentration naturelle est nommée bruits
de fonds géochimiques. Il peut arriver, dans
En fonction de ces données, soit l'opération de dragage les territoires volcaniques notamment, que les
ne sera pas soumise à procédure administrative concentrations de certains éléments métalliques
préalable, soit elle sera assujettie au régime de dépassent fortement N2. Il convient alors de
déclaration ou d'autorisation au titre de la loi sur l'eau. prendre en compte ces particularités dans le
traitement des dossiers. Le service en charge
Dans ces deux derniers cas, avant de pouvoir réaliser de la police de l'eau pourra exiger des analyses
les travaux, le maître d'ouvrage devra d'abord réaliser complémentaires pour savoir si le dépassement
une étude d'incidence ou d'impact qui sera intégrée au des seuils est dû à la présence naturelle du métal en
dossier de déclaration ou de demande d'autorisation
question ou aux activités anthropiques (le métal se
adressé au préfet du département pour instruction
trouvant dans des formes différentes) ;
(voir procédures administratives de déclaration et
d'autorisation au titre de la loi sur l'eau).
• entre les niveaux N1 et N2, une investigation
complémentaire peut s'avérer nécessaire (comme
Selon la circulaire du 14 juin 2000, les seuils de
les tests écotoxicologiques) en fonction du projet
référence N1 et N2, qui permettent d'apprécier le
régime administratif (déclaration ou autorisation) considéré et du degré de dépassement du niveau
s'appliquant à l'opération de dragage, constituent des N1.
points de repère permettant d'apprécier l'incidence de
l'opération de dragage, mais ne correspondent pas à Il ne s'agit pas de seuils d’acceptation ou d’interdiction
des objectifs de qualité qui s'appliqueraient au rejet ou en tant que tels mais de seuils d’aide à la décision. Les
à l'immersion des sédiments après dragage. concentrations des contaminants mesurés dans les
échantillons, dont le plan d'échantillonnage a été précisé
Le rejet ou l'immersion des sédiments doivent respecter ci-avant, sont alors comparés aux seuils réglementaires
les normes de qualité environnementale fixées par la en vigueur. Les résultats permettent de statuer, en
réglementation et ne pas compromettre l'atteinte ou combinaison avec d’autres facteurs déterminants
le maintien du bon état des eaux au sens de la directive (volume, localisation), sur le régime de procédure :
cadre sur l'eau et de la directive cadre stratégie pour le déclaration ou autorisation environnementale au titre
milieu marin. de la loi sur l'eau.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 11
Cas particulier : contamination des par l’arrêté préfectoral fixant les conditions de
sédiments répartie de façon hétérogène sur suivi environnemental des opérations de dragage.
un site à draguer La prise en charge, dans ce cadre, de points de
prélèvement nouveaux doit s’accompagner d’une
Il peut arriver que, sur un même site à draguer, des
prélèvements effectués sur des points divers montrent réduction du nombre de prélèvements effectués sur ces
des concentrations en substances hétérogènes. Il est sites présentant de moindres enjeux environnementaux,
alors envisageable d'affiner le maillage au moment ceci afin d’équilibrer les coûts.
de l'échantillonnage, et d'envisager des destinations
différentes pour les « lots » de sédiments homogènes
identifiés (par exemple, élimination à terre des 2.2.5 Accréditation et performances des
sédiments les plus contaminés, et rechargement de laboratoires d’analyse
plage pour les sédiments sableux).
A l'heure actuelle, il n'existe pas d'agrément délivré
Le fait d'affiner le maillage et d'envisager des
par le ministère en charge de l'environnement pour
destinations différentes aux « lots » de sédiments doit
se faire en application de l'alinéa 2 de l'article R. 214- les mesures (prélèvements et analyses) effectuées sur
42 (une seule demande d'autorisation ou déclaration les sédiments. Ainsi, un service ne peut pas faire appel
pour une opération menée par un même opérateur sur à un laboratoire agréé sur la matrice sédiment pour
un même milieu aquatique, même si individuellement, effectuer les prélèvements et analyses.
les « sous -opérations » peuvent être sous les seuils de la
nomenclature loi sur l’eau). En revanche, il existe bien une accréditation délivrée
par le COFRAC sur les analyses de sédiments.
2.2.3 Prise en compte des flux de contaminants Il est demandé, en vertu de l’arrêté du 27 octobre 2011
portant modalités d'agrément des laboratoires
Si les concentrations en substances permettent de effectuant des analyses dans le domaine de l'eau et des
statuer sur le régime administratif d'une opération et de milieux aquatiques au titre du code de l'environnement,
déterminer une filière de gestion, un raisonnement en que les résultats d'analyses soient rendus par des
termes de flux de substances peut également être utile laboratoires qui :
lors de l'étude d'incidences afin de quantifier les effets
sur le milieu d'une opération de dragage, au niveau du
site dragué, d'immersion ou de gestion à terre. • ont la pratique de la matrice sédiment, et plus
précisément sédiment "salé" ;
•
Un raisonnement en termes de flux peut, par exemple,
être particulièrement utile lorsqu'un dragage et/ou sont accrédités sur le maximum de paramètres
rejet/immersion se situe/ent à proximité d'une zone de étudiés pour la matrice sédiment, et a minima sur
culture marine, ou en zone estuarienne où les flux de un paramètre (accréditation COFRAC sur au moins
contaminants pourront être comparés aux courants un couple paramètre/sédiment). Les laboratoires
naturels et aux marées. D’ailleurs la localisation
qui n'auraient aucune accréditation sédiment
d’une zone conchylicole ou de culture marine est un
devraient être écartés ;
critère intervenant pour la détermination du régime
•
administratif du dragage.
participent à des essais inter-laboratoires (EIL).
La prise en compte des flux reste toutefois complexe,
d’autant qu’il n’existe pas de référentiel à l’heure Les méthodes d'analyse utilisées devront être
actuelle. normalisées dans la mesure du possible, et adaptées
aux exigences nationales. Si la méthode n’est pas
2.2.4 Données complémentaires normalisée (méthode interne par exemple), elle doit
faire partie d'un référentiel qualité et avoir fait l'objet
D'autres données peuvent par ailleurs être utilisées d'une validation interne par le laboratoire en suivant
pour affiner l'analyse des substances présentes au notamment les exigences de la norme NF T90-210
sein des sédiments. L’arrêté autorisant le dragage (adaptée aux sédiments).
peut exiger du pétitionnaire la réalisation d’analyses
complémentaires en fonction du contexte local (micro- Le laboratoire d’analyses garantira la validité des
organismes (Germes Témoins de Contamination méthodes employées, l’incertitude de la mesure et la
Fécale), le phytoplancton toxique, les radionucléides…). limite de quantification pour chaque paramètre. La
La mesure de certains points de prélèvements
maîtrise d’ouvrage exigera que le laboratoire d’analyses
visés historiquement par le réseau de suivi des
ports maritimes (REPOM) peut être transférée présente un rapport précisant les méthodes utilisées
sous maîtrise d’ouvrage des ports effectuant des pour chaque paramètre, leur accréditation éventuelle,
dragages réguliers. Cette modalité doit être prévue leurs limites de quantification et incertitude.
12 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
Pour les analyses demandées, hormis l'analyse Quel que soit le cas, selon le mode de gestion à
granulométrique, les analyses devront être réalisées sur terre envisagé, d'autres investigations et/ou études
la fraction dite totale mais limitée à la fraction inférieure préalables à mener peuvent être requises par la (es)
à 2 mm, obtenue par tamisage sur tamis ne présentant réglementation (s) spécifique (s) qui s'applique (nt) à
aucun risque de contamination pour l’échantillon. chaque mode de gestion. Elles sont décrites dans la
suite du document, dans les fiches relatives à chaque
Les analyses de métaux devront être réalisées après mode de gestion. Il peut être intéressant, dans ce cas,
une mise en solution selon les normes suivantes de profiter de la campagne initiale de prélèvement
(cf. Circulaire n°2000-62 / instructions techniques) : d'échantillons, pour prélever plusieurs échantillons
de sédiments bruts qui permettront d'effectuer les
différentes analyses requises.
Éléments traces métalliques à
Mise en solution
analyser
Lorsqu'une gestion à terre est envisagée, il est nécessaire
Cadmium – Chrome – Cuivre – NF X31-147 de réaliser une caractérisation complémentaire des
Nickel - Plomb - Zinc Pr X 33-010 sédiments. Celle-ci permet d'évaluer les impacts, avant
que les sédiments ne soient sortis de l'eau et est un
Pr X 33-010 préalable pour déterminer ensuite la filière de gestion
Arsenic - Mercure
Pr EN 308-003 à terre la plus pertinente. Les différentes filières de
gestion à terre des sédiments sont détaillées dans la
Les principaux critères que les laboratoires doivent présente note.
respecter pour les méthodes d'analyse des différentes
substances sont les suivants :
• travailler sur une fraction <2mm (hormis pour
l'analyse granulométrique) ;
• respecter le type de minéralisation présentée dans
le tableau ci-dessus.
Concernant les performances analytiques, et afin que
les résultats d’analyse puissent être interprétés, il est
indispensable que les limites de quantification (LQ)
proposées par les laboratoires soient inférieures à 1/3
des seuils N1 pour chacune des substances analysées, en
cohérence avec les performances analytiques exigées
dans le cadre de la DCE et de la Directive 2009/90/CE
dite QA/QC.
Des préconisations en termes de LQ à exiger sont
proposées en annexe du cahier des charges pour la mise
en œuvre du programme REPOM intégré à la surveillance
DCSMM depuis 2015. Ces limites de quantification
ont été proposées d’après les recommandations du
consortium Aquaref, et les réflexions menées dans
le cadre du groupe de travail national du REPOM(1).
Suite à ce travail, certaines limites de quantification
évoquées dans la circulaire du 14 juin 2000 doivent être
considérées comme dépassées.
2.3 Investigations techniques à
mener en vue de la gestion à terre des
sédiments
La gestion à terre des sédiments extraits relève, selon
le cas, de la législation des ICPE ou de la législation sur
l'eau.
1 Se référer aux lignes directrices pour la mise en œuvre du programme REPOM dès 2015
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 13
INVESTIGATIONS TECHNIQUES À MENER SUR LE SITE DE DRAGAGE
TEXTES DE RÉFÉRENCE INVESTIGATIONS PRÉALABLES À MENER SUR
LES SÉDIMENTS AYANT UN STATUT DE DÉCHET
Annexe III de la directive 2008/98 CE Caractérisation du caractère dangereux ou non dangereux des
sédiments par réalisation des tests définis dans l'arrêté du
8 juillet 2003, l'art. R541-10 du Code de l'environnement, le
Décision n°2014/955/UE du 18/12/14 modifiant la règlement CE 440/2008, sur l'ensemble des 15 propriétés de dangers
décision 2000/532/CE établissant la liste des énumérées en annexe III de la directive 2008/98 CE :
déchets, conformément à la directive 2008/98/CE
du Parlement européen et du Conseil H1 explosif
H2 comburant
H3-A facilement inflammable
Art. R541-10 du Code de l'environnement
H3-B inflammable
H4 irritant
Art. R4411-2 à 6 du Code du travail H5 nocif
H6 toxique
H7 cancérogène
Arrêté du 8 juillet 2003 relatif aux critères et H8 corrosif
méthodes d'évaluation des propriétés de danger
H9 infectieux
H1 explosif, H2 comburant, H3 inflammable et
facilement inflammable d'un déchet. H10 toxique pour la reproduction
H11 mutagène
H12 substances et préparations qui, au contact de l'eau, de l'air, ou
Arrêté du 20 avril 1994 modifié relatif à la d'un acide, dégagent un gaz toxique ou très toxique
classification, l'emballage et l'étiquetage des H13 sensibilisant
substances, et notamment son annexe VI relative
H14 écotoxique : substances et préparations qui présentent ou
aux critères généraux de classification et
peuvent présenter des risques immédiats ou différés pour une ou
d'étiquetage des substances et préparations
dangereuses. plusieurs composantes de l'environnement
H15 substances et préparations susceptibles, après élimination, de
donner naissance, par quelque moyen que ce soit, à une autre
Règlement CE 1907/2006 du 18 décembre 2006 substance, par exemple un produit de lixiviation, qui possède l'une
concernant l'enregistrement, l'évaluation et
des caractéristiques énumérées ci-avant.
l'autorisation des substances chimiques, ainsi que
les restrictions applicables à ces substances
(REACH)
H 1, H2, H3 ne sont pas pertinents pour les produits de dragages
Règlement CE 440/2008 établissant des méthodes H 12 a fait l’objet de tests spécifiques par l’Ineris.
d'essai conformément au règlement CE 1907/2006 Un groupe de travail, piloté par le MEDDE a établi le 1/10/2009 un
protocole pour la mesure du paramètre H14 sur les sédiments marins
et continentaux.
Un autre groupe Ineris-Cerema piloté par le MEDDE a réalisé un
travail en 2016 spécifique aux sédiments, en examinant les critères
H4, H5, H7, H8, H10, H11, H13
2.3.1 Caractère dangereux/non dangereux des l'annexe III de la directive 2008/98/UE relative aux
sédiments déchets. Parmi ces quinze propriétés de danger :
La caractérisation en vue de la gestion à terre débute • les propriétés de danger HP1 à HP3 (respectivement
déchets explosibles, déchets comburants et
par la détermination de la dangerosité du déchet.
déchets inflammables) ne sont pas pertinentes
L'évaluation de la dangerosité du sédiment permet de
pour les sédiments de dragage ;
caractériser le sédiment au regard de l'annexe de la
décision 2014/955/UE de la Commission européenne
du 18 décembre 2014 établissant une liste de codes
• les propriétés de danger HP4, HP5, HP6, HP8, HP12
et HP13(2) sont à prendre en compte en fonction
déchets dans la rubrique 17 05 05* (dangereux) ou 17 05 des recommandations faites dans le guide Ineris
06 (non dangereux). Cerema publié en 2017(3) ;
Un déchet est considéré comme dangereux s'il présente • aucune méthode n’existe pour évaluer la propriété
HP9 (infectieux) des déchets ;
une des quinze propriétés de danger énumérées à
2 HP4 : irritant ; HP5 : toxicité spécifique pour un organe cible ; HP6 : toxicité aiguë ; HP7 : cancérogène ; HP8 : corrosif ;
HP12 : dégageant des gaz toxiques au contact de l’eau ; HP13 : sensibilisant.
3 Ineris 16-149793-00431B valorisation de sédiments en techniques routières. Évaluation de la dangerosité : proposition de
seuils et confrontation à des données françaises.
14 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
• un groupe de travail piloté par le ministère chargé
de l’écologie et associant le BRGM et l’INERIS a
Attention toutefois à la sensibilité de la zone destinée
à une potentielle valorisation. En effet ce protocole
permis de déterminer et de tester un protocole ne prend en compte pour sa mise en œuvre que les
d’évaluation de la propriété HP14 (écotoxicité) pour paramètres réglementairement recherchés. Or le test
les sédiments(4). Il est souhaitable de s’appuyer sur BRGM s’en affranchit, car son avantage est de disposer
la méthode proposée ; d’un pouvoir intégrateur de la matrice biologique et
• la propriété HP15 qui recouvre l’ensemble des
autres propriétés dans le temps a fait l’objet d’une
apte à réagir à un spectre large de contaminants, dont
beaucoup ne sont pas analysés (pesticides et autres…).
Des exemples de réaction positive au test BRGM
récente redéfinition au niveau communautaire qui
existent en deçà des seuils de déclenchement. Il faut
la rend non applicable aux sédiments.
garder en mémoire que les zones estuariennes sont les
En conclusion, pour déterminer si un sédiment est réceptacles de l’ensemble des écoulements du bassin
dangereux ou non, il faut : versant amont avec son cortège de molécules.
• s’interroger sur les propriétés de HP4 à HP13 au
regard de la connaissance du sédiment, vérifier
Ce qui n’est probablement pas toujours le cas des terres
polluées auxquelles ce test s’adressait initialement.
notamment la présence de substances telles que
les COHV (Composés Organohalogénés Volatils). Il faut donc être pragmatique mais aussi prudent en
Le raisonnement ayant permis d’aboutir à la la matière et garder une porte ouverte pour ce test à
détermination du caractère dangereux ou non du l’initiative des services instructeurs en fonction de la
sédiment au regard de ces propriétés doit figurer destination envisagée. Car au-delà d’un changement de
au sein du dossier de demande d’autorisation ; compétence pour des matériaux qualifiés de dangereux
(H14 +), des produits de ruissellements « écotoxiques »
• la propriété HP14 doit être testée. C'est le critère
jugé a priori le plus pertinent pour caractériser
peuvent apparaître à l’aval des zones de valorisation.
la dangerosité ou non de sédiments marins
ou estuariens. Comme mentionné ci-dessus, il 2.3.3 Radioactivité
convient à cette fin d’encourager l’utilisation du
protocole BRGM/RP-60835-FR de janvier 2012, pour Les sédiments peuvent être naturellement radioactifs
l’évaluation de l’écotoxicité de sédiments destinés ou présenter des relevés de radioactivité après une
à une gestion à terre. Ce protocole se base : exposition à une source artificielle. Ainsi il est conseillé
de suivre les prescriptions de l’arrêté ministériel du
• d’une part sur le seuil S1 et le seuil N1 pour le
TBT, les PCB et les HAP décrits dans l’arrêté
15 février 2016 relatif aux installations de stockage de
déchets non dangereux. Il est possible de se référer à
du 9 août 2006 modifié, reflétant le caractère la circulaire du 30 juillet 2003 relative aux procédures
d’innocuité mentionné à l’article L.215-15 à suivre en cas de déclenchement de portique de
permettant d’envisager le dépôt ou l’épandage détection de radioactivité sur les installations de
de produits de curage ; stockage, les installations d’incinération, les sites de
récupération de ferrailles et les fonderies et au guide
• d’autre part sur des seuils d’écotoxicité aiguë
(Vibrio fisheri et Daphnia magna) ou chronique
d’enlèvement des déchets radioactifs de juin 2009 de
l’ANDRA.
(Brachionus calyciflorus).
Si aucun dépassement n'est observé lors de la première
phase de caractérisation, alors il n'est pas nécessaire de
réaliser les tests d’écotoxicité. En revanche, lorsqu'un
seuil S1 ou N1 pour un paramètre est dépassé, il est
alors nécessaire de réaliser les tests d’écotoxicité.
2.3.2 Sensibilité de la zone destinée à une
potentielle valorisation.
Il conviendra également de tenir compte de la sensibilité
de la zone destinée à une potentielle valorisation.
Aux nombreux contaminants chimiques touchant
les eaux estuariennes peuvent s’ajouter des produits
de ruissellement à l’aval des zones de valorisation.
L’ensemble pouvant se révéler écotoxique.
4
BRGM/RP-60835-FR, Janvier 2012, « Protocole pour l’évaluation de l’écotoxicité de sédiments destinés à une gestion
à terre » et BRGM/RP-61420-FR, Janvier 2013, « Test du protocole d’écotoxicologie (critère H14) pour l’évaluation du
caractère dangereux de sédiments destinés à une gestion à terre ».
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 15
3. LES PROCÉDURES APPLICABLES AUX OPÉRATIONS
DE DRAGAGE ET D’IMMERSION
Un projet de dragage peut faire l’objet de plusieurs Les possibles impacts des filières de gestion à terre et
procédures réglementaires, qu’il convient d’articuler de les éventuelles créations d’installations classées pour
manière optimale, au titre de la loi sur l’eau, des espaces la protection de l’environnement doivent être étudiés
et espèces protégés, de l'archéologie préventive, de dans l’étude d’impact du dragage, si cette opération y
l'étude d'impact et de l'enquête publique, et le cas est soumise.
échéant, la réglementation des installations classées
pour la protection de l'environnement. Même s’il ne s’agit pas d’une procédure en tant que
telle, la séquence « éviter-réduire-compenser » doit
Le devenir des sédiments doit être étudié en amont structurer l’élaboration du projet qui doit être de
de la demande d’autorisation environnementale ou moindre impact. L’intégration de cette séquence
du dépôt du dossier de déclaration. Si une filière de
doit se faire dès la conception du projet et sa logique
gestion à terre est envisagée, il convient d’en informer
respectée pendant tout le déploiement de celui-ci :
les services en charge de l’instruction afin que dans le
priorité à l’évitement puis à la réduction et enfin à la
cas d’une procédure d’autorisation environnementale,
le service instructeur coordonnateur soit déterminé compensation des impacts en derniers recours. Il est
dès la phase amont de l’instruction. d’autant plus conseillé pour les projets impactant le
milieu marin de prioriser des mesures d’évitement
Cela permettra de mieux cerner les enjeux du projet voire de réduction car il est difficile d’appliquer le
et l’ensemble des services instructeurs contributeurs principe de mesures compensatoires en mer. Pour
qui seront impliqués (service des installations classées, plus d’informations, se référer aux lignes directrices
service de la police de l’eau, services en charge de la nationales sur la séquence éviter, réduire et compenser
dérogation espèces protégées, de Natura 2000, du les impacts sur les milieux naturels (CGDD, 2013) et à la
défrichement, de l’évaluation environnementale…). fiche 31 spécifique au milieu marin.
4. ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE - ÉTUDE D'IMPACT
4.1 Évaluation environnementale impacts de l'ensemble du programme de travaux dont
la réalisation est échelonnée dans le temps.
Les projets de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements
sont soumis aux dispositions du décret n°2011-2019 du Une opération de dragage et la destination des sédiments,
29/12/2011 portant réforme de leurs études d'impact, qu'ils soient immergés ou traités à terre, forment une
modifié par le décret 2016-1110 du 11 août 2016. unité fonctionnelle constituant un programme de
travaux dont les impacts environnementaux doivent
Les projets sont soumis à évaluation environnementale être appréhendés et étudiés dans leur ensemble, même
dès lors qu'ils appartiennent à la liste « positive » si plusieurs procédures concernent le programme dans
annexée à l'article R.122-2 du code de l'environnement. ses différentes phases.
Selon leur nature et leur importance, certains projets
peuvent être dispensés d'étude d'impact par l'Autorité
Dans les cas où un des projets du programme, que ce
environnementale. Pour les ICPE, peuvent être
soit le dragage ou la gestion des sédiments, n'est pas
dispensés d'étude d'impact les projets soumis à la
soumis à étude d'impact par lui-même, il doit néanmoins
procédure d'enregistrement.
être appréhendé comme élément d'une opération
Cependant, cette liste « positive » ne permet pas, à plus complexe dont l'étude d'impact comportera
elle seule, de résoudre correctement la question « Mon une évaluation de chacun des projets, proportionnée
projet est-il soumis à étude d'impact ou non ? ». aux enjeux environnementaux. L'étude doit traiter de
l'ensemble des opérations, qu'elles dépendent d'un
L'article L122-1 §II du code de l'environnement dispose seul maître d'ouvrage ou de plusieurs.
que lorsque des projets concourent à la réalisation d'un
même programme de travaux, d'aménagements ou On peut considérer que le dragage d'un port est une
d'ouvrages, l'étude d'impact doit porter sur l'ensemble opération d'entretien du port, mais la réglementation
du programme s'ils sont réalisés de façon simultanée. impose l'étude d'impact des dragages soumis à
Le 12° de l'article R.122-5 du même code prévoit que autorisation au titre de l'article R.214-1 du code de
l'étude d'impact doit contenir une appréciation des l'environnement.
16 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
Le contenu de l'étude d'impact est prévu à l'article Les dossiers qui relèvent d’une procédure de déclaration
R.122-5 du code de l'environnement. En application de au titre de la loi sur l’eau ne sont, ni soumis à la réalisation
l'article R.122-7, la saisine de l'Autorité environnementale d’une étude d’impact systématique, ni à examen au cas
est effectuée par l'Autorité décisionnaire, qui lui par cas. Ce type de dossier peut toutefois être soumis à
transmet pour avis le dossier complet contenant l'étude examen au cas par cas s’il prévoit des travaux tels qu’un
d'impact et le dossier de demande d'autorisation. Le rechargement de plage(5) (rubrique 13) ou des travaux
dossier comprend tous les contenus réglementaires ou aménagements en zone côtière (rubrique 11) pour
prévus et relatifs au projet ou au programme de valoriser les sédiments extraits.
travaux, que ce soit le contenu défini à l'article R.214-6
(demande d'autorisation au titre de la loi sur l'eau), et le Une opération de dragage et le devenir des produits
cas échéant celui défini à l'article R.414-23 (évaluation sédimentaires, qu'ils soient immergés/remis en
des incidences sur les sites Natura 2000), celui défini suspension ou gérés à terre, constituent un seul et même
aux articles R.512-1, R.512-8 et R.512-9 (réglementation projet, dont les impacts environnementaux doivent
relative aux ICPE), et autres. être appréhendés et étudiés dans leur ensemble, même
si plusieurs composantes (travaux marins et gestion à
Depuis 2016, l'autorité compétente pour prendre la terre par exemple) ou phases (temporelles par exemple)
décision d'autorisation du projet transmet pour avis peuvent caractériser le projet.
le dossier comprenant l'étude d'impact et le dossier
de demande d'autorisation à la ou les communes Pour les projets faisant l’objet d’une évaluation
d'implantation du projet, l'autorité compétente peut environnementale, l’article L.122-1 du code de
également consulter les collectivités territoriales et l’environnement précise que « lorsqu'un projet est
leurs groupements intéressés au regard des incidences constitué de plusieurs travaux, installations, ouvrages
environnementales notables du projet sur leur territoire ou autres interventions dans le milieu naturel ou le
paysage, il doit être appréhendé dans son ensemble,
L'étude d'impact, dont le contenu a une portée plus y compris en cas de fractionnement dans le temps
étendue que les incidences sur l'eau et les incidences et dans l'espace et en cas de multiplicité de maîtres
sur les sites Natura 2000, vaut étude de ces incidences d'ouvrage, afin que ses incidences sur l'environnement
si elle contient bien tous les éléments exigés par les soient évaluées dans leur globalité. » C’est également
différents articles réglementaires. L’étude d’impact l’objet de l’autorisation environnementale qui porte
ne remplace pas en matière d’installations classées l’évaluation environnementale de l’opération de
l’étude de dangers exigée par la réglementation et dragage quand l’autorité environnementale l’a requise
dont le contenu peut varier en fonction de la nature de suite à une sollicitation dans le cadre de la procédure
l’installation et des dangers présentés. cas par cas..
L'étude d'impact ne doit pas être considérée comme
une justification a posteriori des options de gestion
4.2 L’étude d’impact retenues, mais bien un moyen de définir un projet ayant
un moindre impact sur l'environnement via notamment
L’article L.122-1 du code de l’environnement précise une technique de dragage pertinente ou dans le choix
que « L'évaluation environnementale est un processus d'une gestion en mer ou à terre des sédiments. Le service
constitué de l'élaboration, par le maître d'ouvrage, instructeur pourra refuser un projet qui ne présente pas
d'un rapport d'évaluation des incidences sur toutes les garanties nécessaires, et exiger notamment
l'environnement, dénommé ci-après "étude d'impact », du pétitionnaire que parmi les différentes solutions
de la réalisation des consultations prévues à la de substitution raisonnables envisagées (7° de l'article
présente section, ainsi que de l'examen, par l'autorité R. 122-5 du code de l'environnement) pour le devenir
compétente pour autoriser le projet, de l'ensemble des sédiments, au moins une concerne la gestion à terre
des informations présentées dans l'étude d'impact et (les sédiments devant être utilisés prioritairement pour
reçues dans le cadre des consultations effectuées et du reconstituer le domaine public maritime).
maître d'ouvrage. »
Le groupe GEODE a produit, en 2014, un « Guide
Les projets soumis à étude d’impact sont spécifiés sur les études d’impact d’opérations de dragage et
dans le tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de d’immersion en milieu estuarien et marin »(6). Ce guide
l’environnement. La rubrique 21° Extraction de minéraux est à considérer comme une référence pratique et
ou sédiments par dragage marin ou retrait de matériaux opérationnelle pour l’élaboration des études d’impact
lié au curage d'un cours d'eau mentionne que les relatives aux opérations de dragage et d’immersion de
dragages et/ou rejets y afférents en milieu marin soumis déblais de dragage en estuaire et en mer.
à autorisation au titre de l'article R. 214-1 du code de
l'environnement sont soumis à étude d’impact. Cette
obligation est valable pour tous les types de dragage
(travaux neufs ou travaux d’entretien).
5 Voir guide à destination des porteurs de projet publié par la CGEDD en août 2019.
6 http://www.eau-mer-fleuves.cerema.fr/etudes-et-documents-a191.html
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 17
5. INSTRUCTION LOI SUR L'EAU : DRAGAGE / REJET
Les activités de dragage et d’immersion en milieu marin
5.2 Volumes de sédiments à considérer
sont visées par la rubrique 4.1.3.0 de la nomenclature
IOTA : « Dragage et / ou rejet y afférent en milieu marin » Le volume à prendre en compte au sens de la rubrique
(article R. 214-1 du code de l'environnement). 4.1.3.0. est défini comme la somme des volumes
des différentes opérations conduites par le même
Le terme « rejet » s’entend ici au sens large à la fois opérateur sur un même milieu aquatique et sur une
période consécutive de 12 mois.
pour les sédiments dragués qui sont immergés mais
également pour les rejets afférents au dragage en tant
que tel.
5.3 Proximité des zones conchylicoles
Les critères associés à cette rubrique et permettant de
déterminer le régime procédural sont : ou de cultures marines
• la composition chimique des rejets et sédiments ; Les activités de production (zones conchylicoles
ou de cultures marines) à considérer au titre de la
• les volumes à draguer ; réglementation sont les activités aquacoles au sens
large (conchyliculture, pisciculture, algoculture, etc.).
• la localisation des rejets par rapport à des zones
conchylicoles ou de cultures marines ;
Les zones de production aquacoles doivent ainsi être
localisées et leur distance évaluée par rapport au
périmètre de la zone d’immersion ou des possibles
• la façade maritime concernée. rejets afférents au dragage. Leur localisation peut être
obtenue, auprès de l’autorité administrative (cadastre
aquacole) ou auprès des organisations professionnelles
Ces critères s'appliquent aussi bien pour le dragage que
concernées : les comités régionaux des pêches
pour l'immersion.
maritimes et des élevages marins (CRPMEM) et les
comités régionaux de la conchyliculture (CRC).
Par ailleurs, l'arrêté du 23 février 2001 fixant les
prescriptions générales applicables aux travaux de Les services police de l’eau peuvent s’appuyer soit
dragage et rejet y afférent soumis à déclaration prévoit uniquement sur le cadastre conchylicole ou alors, sur
notamment que l'implantation et la gestion de la zone les limites des zones de production.
de rejet tiennent compte de la proximité des différents
usages du milieu aquatique, notamment de la baignade, Le seuil fixé est une distance de 1 km par rapport au rejet
des activités conchylicoles, des cultures marines, de (voir définition du rejet). Par ailleurs, outre la distance
la pêche et de la navigation. Le rejet ne doit pas être de 1 km prévue dans la nomenclature loi sur l'eau, les
courants représentent un facteur important à prendre
susceptible d'altérer notablement la qualité des eaux
en compte dans l’étude de l’incidence du projet mais
nécessaires aux usages tels que la baignade, les loisirs
pas dans la détermination de la limite réglementaire du
nautiques, les activités conchylicoles ou de cultures 1 km définissant la procédure administrative.
marines, notamment lors des périodes habituelles
de commercialisation des produits de la mer ou de
baignade.
5.4 Régime administratif
En fonction du volume des prélèvements et de la nature
5.1 Composition chimique des des sédiments, les projets sont soumis à un régime
de déclaration ou d’autorisation. Le schéma suivant
matériaux à draguer précise les critères d’application de ces deux régimes.
Avant de procéder à des travaux de dragage de Il convient pour donner une valeur relative à cette
sédiments portuaires marins ou estuariens, la distinction, basée sur des seuils et des volumes à
draguer, de préciser que l'examen au cas par cas est
réglementation impose de réaliser des investigations
quasiment la règle pour les opérations de dragages et
préalables, et notamment des analyses physico-
qu 'en parallèle cet examen est quasi systématique du
chimiques permettant de caractériser la nature et la fait de l'absence de valeur minimale pour les opérations
qualité des matériaux bruts à extraire. Le niveau de annexes (rechargement, extension en mer…)
contamination permet notamment de définir le régime
de l’opération (déclaration ou autorisation). Comme écrit plus haut, le terme rejet peut qualifier, à
la fois les rejets afférents au dragage et les opérations
d’immersion.
18 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
Pour les opérations d’immersion, le régime de L’instruction des dossiers de déclaration ou
déclaration s'applique dès le premier mètre cube. d’autorisation comporte un examen de la complétude
du dossier et de sa régularité.
Dans le cas d’un dragage donnant lieu à une immersion,
l'avis du préfet maritime est obligatoire lorsque L’examen de la complétude consiste à vérifier que
l’opération est soumise à autorisation (article R. 214- toutes les pièces requises par la réglementation sont
10 du code de l’environnement), mais il est préconisé bien présentes dans le dossier. Le cas échéant, il est
d’y avoir également recours si l’opération est soumise demandé au pétitionnaire de compléter son dossier.
à déclaration.
L’examen de la régularité porte sur le contenu de l’étude
Les dossiers de déclaration au titre de la loi sur l'eau d’incidence ou d’impact et consiste à vérifier que
comportent une étude d'incidence du projet sur celle-ci traite sérieusement de l’ensemble des points
le milieu aquatique, ainsi qu'une évaluation des requis par la réglementation de façon proportionnée
incidences sur les sites Natura 2000 impactés par le à l’importance du projet et/ou de ses impacts
projet. Le contenu de l'étude d'incidence est précisé potentiels. Il peut également donner lieu à demande
par la réglementation. de compléments.
Les dossiers de demande d'autorisation doivent Il est recommandé au maître d’ouvrage de consulter le
comporter une étude d'impact depuis le 1er juin 2012. service instructeur en amont de la réalisation du dossier
Le contenu de l'étude d'impact est précisé par pour préciser les points méritant des développements
la réglementation (article R.122-5 du code de spécifiques dans le contexte particulier du projet.
l'environnement, modifié par l’ordonnance du
11 août 2016). Il convient de souligner que l'étude
d'impact doit traiter de toutes les opérations
constitutives du programme de travaux envisagés, en
mer et à terre, le cas échéant.
Le dossier de déclaration ou de demande d'autorisation
doit viser de façon exhaustive l'ensemble des rubriques
de la nomenclature annexée à l'article R.214-1 du
code de l'environnement auxquelles le projet dans
son ensemble est soumis, tant en ce qui concerne le
dragage que la gestion des sédiments après dragage,
à terre ou en mer. Si l'opération de dragage relève du
régime de la déclaration, mais que la gestion à terre
relève du régime de l'autorisation, c'est un dossier de
demande d'autorisation qui devra être déposé pour
l'ensemble du projet. Ce dernier devra alors comporter
une étude d'impact.
La procédure d'autorisation comprend une enquête
publique.
Après instruction administrative, la demande
d'autorisation fera l'objet d'un arrêté préfectoral
autorisant l'opération et comportant des prescriptions
de réalisation auxquelles le maître d'ouvrage devra se
conformer. Le respect des prescriptions de l'arrêté fait
en effet l'objet de contrôles par le service instructeur.
Les projets soumis au régime de la déclaration doivent
respecter les prescriptions générales s’appliquant à ce
type de projet (elles sont communiquées au pétitionnaire
par le préfet avec le récépissé de déclaration).
Toutefois, ils peuvent également faire l’objet d’un
arrêté préfectoral de prescriptions particulières. À la
différence de la procédure d’autorisation, celui-ci ne
requiert pas l’avis du CODERST (Conseil départemental
de l’environnement et des risques sanitaires et
technologiques).
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 19
RÉGIME ADMINISTRATIF S'APPLIQUANT AU DRAGAGE
ET AU REJET / IMMERSION
TEXTE DE RÉFÉRENCE
rubrique 4.1.3.0 de la nomenclature annexée à l'art. R214-1 du code de l'environnement
Volumes en m3
Seuils Zone d’application
<500≥ <5000≥ <50 000 ≥ <500 000≥
Atlantique Manche Mer du Nord Déclaration Autorisation
<N1
Autres façades ou proche d’une
culture marine (moins de 1km) Déclaration Autorisation
Atlantique Manche Mer du Nord Déclaration Autorisation
N1><N2
Autres façades ou proche d’une
culture marine (moins de 1km) Déclaration Autorisation
Atlantique Manche Mer du Nord Autorisation
≥N2
Autres façades ou proche d’une
culture marine (moins de 1km) Autorisation
QUALITÉ DES SÉDIMENTS N
Niveaux relatifs aux éléments et composés traces. Sédiments secs analysés sur la fraction inférieure à 2 mm
Composé traces N1 N2 Composé traces N1 N2 Composé traces N1 N2 Composé traces N1 N2
Métaux (en mg/kg) HAP (en μg/kg) PCB (en μg/kg) TBT (en μg/kg)
Arsenic 25 50 Naphtalène 160 1130 PCB congénère 28 5 10 TBT 100 400
Cadmium 1,2 2,4 Acénaphtène 15 260 PCB congénère 52 5 10
Chrome 90 180 Acénaphtylène 40 340 PCB congénère 101 10 20
Cuivre 45 90 Fluorène 20 280 PCB congénère 118 10 20
Mercure 0,4 0,8 Anthracène 85 590 PCB congénère 138 20 40
Nickel 37 74 Phénanthrène 240 870 PCB congénère 153 20 40
Plomb 100 200 Fluoranthène 600 2850 PCB congénère 180 10 20
Zinc 276 552 Pyrène 500 1500
Benzo [a]
260 930
antracène CUBAGE-BATHYMÉTRIE
Chrysène 380 1590 localisation précise des zones et des volumes à draguer
Benzo [b]
400 900
Benzo [k]
200 400
Benzo [a] pyrène 430 1015
Di benzo [a,h]
60 160
anthracène
Benzo [g,h,i]
1700 5650 Le volume à draguer V est la somme des
pérylène
différentes opérations conduites par la
Indéno [1,2,3-cd] même personne sur un même milieu et sur
1700 5650
pyrène une période de 12 mois consécutifs.
A UTORISATION
L'arrêté du 9 août 2006 a été récemment complété par
l’arrêté du 8 février 2013 pour prendre en compte les
L'autorisation est valable pour une durée
niveaux N1 et N2 relatifs aux HAP (hydrocarbures
qui ne peut être supérieure à 10 ans. Elle
aromatiques polycycliques)
prend également en compte les éventuels
sous-produits et leur devenir.
(*) procédure de déclaration : voir page 27
procédure d'autorisation : voir page 29
20 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
5.5 Cas particulier de dragages 5.6 Procédures administratives loi sur
l'eau – dragage et rejet y afférent
Dragages par bio-traitement des sédiments La procédure administrative de déclaration est
présentée de manière synthétique sur le schéma
Le biotraitement des sédiments, aussi décrit comme suivant.
le « traitement biologique des vases » ou comme
« opération de biodragage », est présenté comme une
alternative biologique aux opérations classiques de
dragage (hydrauliques, mécaniques, déplacements
hydrodynamiques). Le cadre réglementaire des
opérations de dragage des sédiments contraint les
gestionnaires à des obligations de surveillance et de
suivi environnemental auxquelles le biotraitement
des sédiments peut encore échapper. Ce contexte
est favorable à la multiplication des offres de
« traitement biologique » dont l’efficacité et l’impact
environnemental restent aujourd’hui peu documentés.
Cette méthode émergente nécessite l’introduction,
dans le milieu naturel, de souches bactériennes
(potentiellement exogènes au milieu) en quantité et
des adjuvants chimiques parfois mal identifiés ; elle
ne peut être considérée a priori comme anodine pour
le milieu. Dans l'attente d’un encadrement juridique
de ces pratiques, une approche de grande précaution
est à préconiser, et il est demandé aux services en
charge de la police de l’eau de bien veiller à demander
les informations sur les expérimentations menées
localement lorsque ceux-ci en sont informés. Des
recommandations techniques pour suivre au mieux ces
pratiques sont disponibles dans une note d’information
produite en décembre 2013 par le Groupe d’Études
et d'Observation sur le Dragage et l'Environnement
(GEODE) et l’Ifremer.
Les services sont invités à transmettre à la DEB les
informations dont ils disposent sur le développement
de cette activité et les nouveaux projets envisagés au
niveau de leur département.
Dragages hydrodynamiques
Dans le cadre d'un dragage hydrodynamique, la couche
sédimentaire est remise en suspension dans la colonne
d’eau dans l’objectif d’être évacuée par les courants.
Cette remobilisation peut être effectuée par pression
d'un jet d'eau (Jetsed), d’injection d’air, ou par des
moyens mécaniques (rotodévasage par exemple).
La prise en compte du volume est alors plus difficile
à appréhender, du fait des incertitudes associées
à la mesure des volumes remis en suspension. Des
préconisations pour calculer le volume concerné
sont données dans le guide GEODE « étude d'impact
des opérations de dragage et d'immersion » (voir la
bibliographie). Il s’agit d’une technique complémentaire
de dragage, visée par des arrêtés d’autorisation, qui
entre dans le champ d’un programme de dragage, celui-
ci visé par un arrêté global.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 21
PROCÉDURES ADMINISTRATIVES LOI SUR L'EAU
DRAGAGE ET REJET Y AFFÉRENT
1 - DÉCLARATION
TEXTES DE RÉFÉRENCE
Dispositions générales :
Dispositions applicables aux opérations soumises à déclaration (contenu document d'incidence, déroulement de l'instruction administrative, ...) :
art. R 214 - 32 à - 40 du code de l'environnement
Évaluation d'incidence Natura 2000 : art. R414-19 du Code de l'environnement (mise à jour datant du décret du 25 novembre 2016)
Contenu de l'évaluation d'incidence : art. R414-23 du Code de l'environnement
Arrêté SDAGE local
Dragage et rejet y afférent :
Art. R 214-1 du code de l'environnement, rubrique 4.1.3.0 : régime administratif s'appliquant au dragage et rejet y afférent (voir pages 15, 24)
Arrêté du 23 février 2001 fixant les prescriptions générales applicables aux travaux de dragage et rejet y afférent soumis à déclaration
DOSSIER DE DÉCLARATION
Adressé au préfet du département en 3 exemplaires
1° Nom et adresse demandeur, ainsi que son numéro SIRET ou, à défaut, sa date de naissance ;
2° Emplacement sur lequel les travaux doivent être réalisés (dragage et rejet/immersion) ;
3° Nature, consistance, volume et objet des travaux, rubrique(s) de la nomenclature dans lesquelles ils doivent être rangés ;
4° Un document :
• indiquant les incidences du projet sur le milieu aquatique en fonction des procédés mis en œuvre, des modalités d'exécution des travaux, de la
nature des eaux affectées et compte tenu des variations saisonnières et climatiques ;
• comportant l'évaluation des incidences du projet sur un ou plusieurs sites Natura 2000 au regard des objectifs de conservation de ces sites. (…) ;
• justifiant, le cas échéant, de la compatibilité du projet avec le schéma directeur ou le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (…) et de
sa contribution à la réalisation des objectifs visés à l'art. L211-1 ainsi que des objectifs de qualité des eaux prévus par l'art. D 211-10 ;
• précisant, s'il y a lieu, les mesures correctives ou compensatoires envisagées. Ce document est adapté à l'importance du projet et de ses
Incidences.
5° Les moyens de surveillance ou d'évaluation des prélèvements et des déversements prévus ;
6° Les éléments graphiques, plans ou cartes utiles à la compréhension des pièces du dossier, notamment celles mentionnées aux 3° et 4°.
P ÉTITIONNAIRE PROCÉDURE DE DÉCLARATION
OUI
0 Dépôt du dossier Complet ?
NON
Le délai est interrompu jusqu'à
réception des éléments ; au-delà
Avis de réception avec Récépissé de déclaration avec
de trois mois, opposition tacite demande de compléments acceptation d'emblée* ou indication
sous délai ≤ 3 mois du délai d'opposition
15 jours au-delà de 3 mois, opposition * l'acceptation d'emblée est
tacite examinée par/avec le service
Acceptation en l'état de la
déclaration avec accord tacite à OUI OUI
l'échéance de 2 mois ou avec accord Régularité ?
formel avant cette échéance
NON
2 mois max
incompatibilité avec les avis arrêté de
dispositions du SDAGE ou du prescriptions spécifiques
Opposition à déclaration SAGE ou atteinte irréparable aux sous deux mois maxi
intérêts mentionnés à l'art. L211-1
NON du code de l'environnement
OUI
5 mois max (*) Demande
Demande de précisions,
de précisions, avecavecdélai
délai de
de réponse
réponse< 3 <mois
3 mois
8 mois max (*)
Demande d'observations sur les prescriptions
envisagées, avec délai de réponse < 3 mois
(*) à compter de la réception d'un dossier complet
22 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
5.7 Procédure d'autorisation au titre de L’autorisation initiale accordée reste valable, sous
réserve que les conditions de réalisation des travaux,
la loi sur l'eau les impacts et incidences du projet, pendant cette
durée, ne connaissent pas de changement substantiel
S’il s’agit d’une déclaration, elle est alors instruite dans
ou notable, tant en ce qui concerne les modalités du
un délai de deux mois sauf si des compléments au
dragage que celles concernant la gestion des sédiments,
dossier d’incidence sont demandés. Elle donne lieu à la
à terre ou en mer. Toute modification apportée par le
délivrance d’un récépissé de déclaration mentionnant
bénéficiaire de l’autorisation de nature à entraîner un
l’arrêté de prescriptions générales du 23 février 2001
changement substantiel nécessite la délivrance d'une
fixant les prescriptions générales applicables aux
nouvelle autorisation environnementale soumise aux
travaux de dragage et rejet y afférent soumis à
mêmes formalités que l'autorisation initiale. Toute
déclaration, assorti ou non d’un arrêté de prescriptions
modification de l’autorisation de nature à entraîner
particulières. Des arrêtés complémentaires peuvent un changement substantiel ou notable doit être
ultérieurement être édictés en application de l’article portée à la connaissance du préfet (articles R.181-46 et
R.214-39 pour protéger les intérêts de l’article L.211-1 R.214-40 du code de l'environnement respectivement
visant une gestion équilibrée et durable de la ressource pour un dossier à autorisation environnementale et à
en eau. déclaration « loi sur l’eau ») et peut donner lieu à des
prescriptions complémentaires. Les modifications
S’il s’agit d’un dossier de dragage soumis à autorisation telles que précisées à l’article R.181-46 donnent lieu à
loi sur l’eau au titre des articles L.214-1 à L.214-6, une nouvelle délivrance d’autorisation.
relevant donc d’une étude d’impact (tableau du R.122-
2 du Code de l’Environnement, et sa liste positive des Par ailleurs, dans le cas où une activité soumise
projets ne relevant pas de l’examen au cas par cas) ou à déclaration doit faire l’objet de prescriptions
d’une étude d’incidence (R.181-14), l’instruction est faite particulières, la validité de l’arrêté de prescriptions n’est
dans le cadre de l’autorisation environnementale qui pas limitée dans le temps. Afin d’assurer une cohérence
intègre la plupart des procédures environnementales entre les deux régimes (déclaration et autorisation),
(installations classées, loi sur l’eau, dérogation espèces il conviendrait de limiter la durée de l’arrêté de
protégées, réserve naturelle, site classé, Natura 2000, prescriptions associé au récépissé de déclaration. Il
défrichement évaluation environnementale…). Cette convient également de rappeler que, l’article R.214-
autorisation environnementale intégratrice prévoit 40-3 limite la validité de la déclaration à trois ans, si le
une phase amont qui permet à l’exploitant, s’il le projet n’a pas été mis en œuvre.
souhaite, d’obtenir les informations lui permettant de
préparer son dossier. La procédure intégrale et les délais
d’instruction sont détaillés dans les articles R.181-1 et Mise en conformité des arrêtés
suivant du code de l’Environnement.. d’autorisation en vigueur avec les évolutions
réglementaires
Le service instructeur coordonnateur est le service des
installations classées ou le service de la police de l’eau. La réglementation encadrant les contaminants ou les
D’autres services pourront également être sollicités en niveaux de contaminants à prendre en compte pour
tant que services instructeurs contributeurs. la mesure de la qualité des sédiments extraits est
évolutive (parution d’un nouvel arrêté complémentaire
modifiant l’arrêté du 9 août 2006 en abaissant les seuils
Durée de validité d'une déclaration et d’une de gestion existants pour des substances déjà listées,
ou en ajoutant de nouvelles substances à mesurer par
autorisation au titre de la loi sur l'eau
exemple).
Lorsque l'opération relève d’un régime d'autorisation La question de l’opportunité de réviser les autorisations
au titre de la rubrique 4.1.3.0 « Dragage et/ou rejet y en vigueur aux fins de les conformer aux évolutions
afférent en milieu marin » de la loi sur l’eau, l’autorisation réglementaires se pose alors.
environnementale est valable pour une durée qui ne
peut être supérieure à 10 ans. S’il convient de rappeler que la réglementation
applicable à un dossier "loi sur l'eau" est celle en vigueur
Compte-tenu de toutes les modifications susceptibles au jour de son dépôt, le contentieux de la police de l'eau
d'intervenir sur ce type de projets (meilleure est dit "de pleine juridiction », ce sont donc les seuils
connaissance du gisement de sédiments, changement applicables au jour d'un éventuel examen du dossier
de la destination des sédiments à terre ou en mer…) par le juge administratif qui seront pris en compte par
il peut être opportun, dans certains cas, que cette celui-ci.
autorisation fasse l'objet d'un nouvel examen par le
CODERST (Conseil de l’environnement et des risques Ainsi, et pour garantir une sécurité juridique optimale
sanitaires et technologiques) après une durée de 5 en cas de contentieux, il convient, dès qu'un nouveau
ans. Si cette option est choisie, il est nécessaire de le texte réglementaire est publié, que des analyses
mentionner dans l’arrêté préfectoral. Il faut noter que la complémentaires soient effectuées par les bénéficiaires
consultation du CODERST, qui était obligatoire pour la d'autorisations en cours, de leur propre initiative ou à
procédure autorisation loi sur l’eau, devient facultative la demande des services en charge de la police de l'eau,
pour la procédure d’autorisation environnementale. pour éviter tout blocage en cas de contentieux.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 23
Si la réglementation évolue entre la date du dépôt d'un Cette demande est adressée deux ans au moins avant
dossier d'autorisation par un pétitionnaire et le début la date d'expiration de cette autorisation. Elle présente
de l'enquête publique, il est cohérent de prendre en notamment les analyses, mesures et contrôles effectués,
compte les progrès de la connaissance pour rédiger les effets constatés sur le milieu et les incidents survenus,
les prescriptions. Cela consolidera le dossier en cas de ainsi que les modifications envisagées compte tenu de
contentieux (ex : analyses en application d’un nouvel ces informations ou des difficultés rencontrées dans
arrêté ministériel prenant en compte de nouveaux l'application de l'autorisation.
polluants à surveiller).
La déclaration n’est pas limitée en durée, mais toute
Un arrêté complémentaire à l’arrêté autorisant une modification apportée par le déclarant à l'opération,
activité, ou venant préciser les conditions de mise en à la réalisation des travaux en résultant ou à l'exercice
œuvre d’une déclaration (articles R. 181-45 et R. 214- de l'activité ou à leur voisinage et de nature à entraîner
39 du code de l’environnement respectivement pour un changement notable des éléments du dossier de
l’autorisation environnementale et la déclaration au déclaration initiale, doit être portée avant sa réalisation
titre de la loi sur l’eau) peut, sur initiative du préfet, à la connaissance du préfet, qui peut exiger une
édicter de nouvelles prescriptions pour préserver les nouvelle déclaration (article R.214-39 et R.214-40 du
intérêts énumérés à l'article L. 211-1 visant le bon état code de l'environnement).
des milieux aquatiques (ex : périodes de dragage, la mise
en place de suivis environnementaux complémentaires,
un changement de destination de tout ou partie des Les suivis environnementaux des zones de
sédiments, en cas de dépassement des seuils…). Le dragage et d'immersion
maître d'ouvrage fournira au service de police de l’eau
l’étude précisant les modifications qu’il prévoit au Dans le cas d’une déclaration ou d’une autorisation
regard de l’autorisation initiale. environnementale, une pièce du dossier doit indiquer
entre autres les moyens de surveillance prévus.
Il est préférable que le service de police de l’eau prenne
contact préalablement avec le pétitionnaire pour Pour les projets soumis à autorisation, l’arrêté
l’informer de l’évolution de la réglementation et de d’autorisation, doit mentionner les modalités du suivi
l’évolution nécessaire des termes de l’autorisation. des effets du projet de dragage sur l’environnement
(tant au niveau de la zone de travaux que de la zone
Ce paragraphe nécessaire lors de la période ou a été d’immersion s’il y en a une). Ces suivis doivent faire
rédigé la première version de ce document, peut paraître l’objet d’un ou plusieurs bilans (bilans annuels et bilan
aujourd’hui « daté », En effet, les dernières parutions sur l’ensemble de la période d’autorisation lors de la
d’AP modificatifs datent de 2013 (HAP) et 2014 (PCB demande de renouvellement de l’arrêté par exemple).
et TBT). Par contre dans les prescriptions des AP sur Ce ou ces bilans doivent être transmis pour information
plusieurs années, il convient de faire réaliser de manière à l’autorité administrative compétente.
« régulière » par le bénéficiaire, des prélèvements
destinés à analyses pour vérifier la qualité du stock Pour les projets soumis à la réalisation d’une étude
extrait. En fonction du contexte et des apports, une d’impact, la décision de l’autorité compétente doit
périodicité de trois ans autant pour les autorisations préciser « les modalités du suivi des incidences du projet
que pour les déclarations peut être envisagée. C’est sur l’environnement ou la santé » (article L.122-1-1).
l’occasion alors de coller aux modifications de la
réglementation et donc le cas échéant, des nouveaux Un guide intitulé « suivis environnementaux des
seuils. opérations de dragage et d'immersion » a été réalisé
en 2012 par GEODE et est téléchargeable sur le site du
CEREMA(7) (voir la bibliographie).
Renouvellement d'autorisation
Ce guide propose une référence pratique et
Au-delà de la durée de validité de l'autorisation, opérationnelle pour la mise en œuvre de suivis
nécessairement inférieure à 10 ans, le pétitionnaire environnementaux des opérations de dragage et
peut solliciter le renouvellement de son autorisation d’immersion de sédiments de dragage en estuaire et
dans les formes prévues par l’article R. 181-49 du code en mer. L’élaboration d’un programme de suivi doit
de l'environnement. A cet effet, il devra produire à résulter d’une réflexion approfondie, au cas par cas,
l’appui de sa demande, « la mise à jour des informations sur les enjeux du projet, les objectifs du suivi qui en
prévues à cet article au vu notamment des résultats découlent, les méthodes disponibles et leurs limites.
des analyses, mesures et contrôles effectués, des effets
constatés sur le milieu et des incidences survenues ».
Réglementairement la demande doit être faite dans
les deux ans au moins avant la date d’expiration de
l’autorisation en cours.
7 http://www.eau-mer-fleuves.cerema.fr/etudes-et-documents-a191.html
24 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
DRAGAGE - IMMERSION - REJET
TEXTES DE RÉFÉRENCE INVESTIGATIONS TECHNIQUES
À MENER SUR LES SITES
• Convention de Londres du 29 décembre 1972 D'IMMERSION
sur la prévention de la pollution des mers
résultant de l'immersion des déchets + • Localisation sur carte marine
annexes (publiée par décret n°77-1145 du 28 • Conditions climatiques, direction vents, houles selon
septembre 1977) saison, états de la mer
• Protocole du 7 novembre 1996 à la convention • Diagnostic sur l'hydrodynamisme et l'éventuelle disper-
de Londres + annexes (publié / décret sion des sédiments, modélisation hydrodynamique le
n°2006-401 du 3 avril 2006) cas échéant
• Convention OSPAR (1992) pour la protection • Caractéristiques physiques, chimiques et biologiques
du milieu marin de l'Atlantique Nord – Est et du fond marin sur le site d'immersion et la zone
ses annexes (publiée par décret n°2000-830 du d'impact si dispersion: nature des fonds, granulométrie
24 août 2000) des matériaux constitutifs, topographie, inventaire
• Lignes directrices OSPAR n° 2009-4 sur la faune benthique, algues
gestion des matériaux de dragage • Caractéristiques physiques, chimiques et biologiques
• Convention de Barcelone pour la protection de la colonne d'eau: hydrodynamique, courants de
de la Méditerranée de 1976 marée, oxygène dissous, espèces pélagiques.
• Protocole immersion adopté le 16 février 1976 • Proximité de zones présentant une importance scienti-
fique ou biologique particulière (ex: zones marines
protégées), de zones de pêche commerciale, de zones
• Ordonnance n°2005-805 du 18 juillet 2005 de frai, de repeuplement et de reproduction de
portant simplification, harmonisation et poissons, crustacés, mollusques, de vois de migration
adaptation des polices de l'eau et des milieux d'organismes marins, de couloirs de navigation, de
aquatiques, de la pêche et de l'immersion des zones militaires interdites, d'utilisations techniques des
déchets (art. 12), codifiée aux articles L 218-42 Le logiciel Géodrisk (IFREMER) océans, telles que câbles sous-marin, pipelines parcs
à -47 du Code de l'environnement fournit une aide à la décision d'éoliennes, de zones d'extraction de matériaux, ...
permettant d'évaluer les
risques écologiques liés à
• Art. R 214-1 du code de l'environnement, l'immersion des déblais de
rubrique 4.1.3.0 : régime administratif s'appli- dragage
quant au rejet ou immersion afférents à une
opération de dragage
• catégorie 21 ° de l'annexe à l'art. R 122-2 du
code de l'environnement: étude d'impact
requise pour projet soumis à autorisation au
titre de l'art. R 214-1 Avis à recueillir dans le cadre de l'instruction
administrative, s'il s'agit d'une autorisation au titre de la
loi sur l'eau:
• Arrêté du 23 février 2001 fixant les prescrip-
tions générales applicables aux travaux de • avis de l'autorité environnementale jointe au dossier
dragage et rejet y afférent soumis à déclara- Une seule procédure présenté à l'enquête publique
tion administrative • avis du préfet maritime si immersion
• Évaluation d'incidence Natura 2000 : (déclaration ou
• avis du gestionnaire du DPM s'il y a lieu
art. R 414-19 du Code de l'environnement. autorisation) au titre de la
Contenu de l 'étude d'incidence : art. R 414-23 loi sur l'eau pour le • avis de l'ARS
du Code de l'environnement dragage et le • avis de la commission locale de l'eau le cas échéant
• Objectifs de qualité des eaux conchylicoles : rejet ou l'immersion • avis du préfet coordonnateur de bassin le cas échéant
art. D 211-10 du Code de l'environnement • si immersion en parc marin, avis conforme du Conseil
• Objectifs de qualité des eaux de baignade : de gestion du Parc marin
décret n° 2008-990 du 18/9/2008 relatif à la • si immersion en réserve naturelle, avis du Conseil de
gestion de la qualité des eaux de baignade et gestion de la réserve naturelle
de piscines. • si immersion en site classé, autorisation ministérielle
• Décision de la commission du 1/9/2010
relative aux critères et aux normes méthodo-
logiques concernant le bon état des eaux
marines
• Arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes
et critères d'évaluation de l'état écologique,
de l'état chimique et du potentiel écologique La notification annuelle des opérations d'immersions à la
des eaux de surface pris en application des commission OSPAR fait l'objet d'une synthèse nationale
articles R212-10, R212-11 et R212-18 du code le préparée par le Cerema, biannuelle pour la convention
l'environnement de Barcelone, sur la base d'une enquête menée auprès
des services de police de l'eau
• Arrêté du 8 juillet 2010 modifiant l'arrêté du
20 avril 2005 modifié pris en application du
décret du 20 avril 2005 relatif au programme Les informations à remonter portent sur:
national d'action contre la pollution des • Le type de zone draguée (port, estuaire, mer)
milieux aquatiques par certaines substances • Le type d'opération de dragage (entretien, grands
dangereuses travaux)
• Arrêté du 17 décembre 2012 relatif à la défini- • Quantités immergées
tion du bon état écologique des eaux marines
• Localisation site de dépôt + codification
• Charge totale immergée en métaux lourds, HAP, PCB,
• Accord 2009/3 de la commission OSPAR : TBT, DBT, hydrocarbures, azote, phosphore
formulaire révisé pour la notification annuelle • Méthodes analytiques de dosage utilisés
des opérations d'immersion en mer.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 25
6. GESTION À TERRE DES SÉDIMENTS
La gestion à terre des sédiments suit essentiellement
deux principes : la prévention des déchets doit être
• la gestion à terre des sédiments instruite sous le
régime de la loi sur l'eau ;
privilégiée, leur traçabilité doit être assurée.
La prévention et la réduction des déchets doit être
• la gestion à terre des sédiments instruite sous le
régime des ICPE ;
privilégiée. Dans les cas où la production de déchets ne
peut être évitée la hiérarchie des modes de traitement
énoncée à l’article L541-1 du code de l’environnement
• l’élimination des sédiments en centre de stockage
de déchets.
doit être respectée :
1. La préparation en vue de la réutilisation.
2. Le recyclage.
3. Toute autre valorisation, notamment la valorisation
énergétique.
4. L'élimination.
Suivant leur nature, les sédiments seront valorisés ou
éliminés dans des filières spécifiques.
Assurer la traçabilité
La traçabilité du déchet doit être assurée (article L541-
7, R.541-43, R.541-46 et arrêté du 29 février 2012 fixant
le contenu des registres mentionnés aux articles R.541-
43 et R.541-46) afin de vérifier que le mode de gestion
est conforme au chapitre premier du livre V titre IV du
code de l’environnement. L’obligation de traçabilité se
concrétise par la tenue d’un registre. Dans le cadre des
chantiers de dragage, le gestionnaire devra respecter
l’arrêté du 29 février 2012 fixant le contenu des registres
mentionnés aux articles R. 541-43 et R. 541-46 du code
de l'environnement. Les exploitants d’installations
de transit, de traitement ou de stockage devront
également respecter le dit arrêté. La traçabilité permet,
d’établir les conditions de responsabilité du producteur
du déchet en cas de contentieux. En complément,
pour les sédiments dangereux, un bordereau de suivi
doit être émis par le producteur ou le détenteur du
déchet conformément à l’article R.541-45 du code de
l’environnement.
Dans cette partie seront abordés successivement les
points suivants :
• la réglementation applicable au devenir des
sédiments ;
• le statut des sédiments par rapport à la
réglementation sur les déchets (en distinguant les
déchets dangereux et non dangereux) ;
• Commercialisation des matériaux
excédentaires, et procédures applicables.
dragués
26 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
6.1 Réglementation applicable
au devenir des sédiments
RÉGLEMENTATION APPLICABLE AU DEVENIR DES SÉDIMENTS
sédiments
NON OUI
IMMERSION bruts
dangereux ?
Législation loi sur l'eau
+ conventions internationales NON
nature des
sable, roches sédiments vase
en vue
gestion à
terre
Législation Législation
loi sur l'eau loi sur l'eau Législation ICPE
TRAITEMENT DES Législation TRAITEMENT DES
VALORISATION
SÉDIMENTS SUR SITE loi sur l'eau SÉDIMENTS SUR
PORTUAIRE SITE DISTANT
Rechargement de plage Traitement
Confortement dunaire des eaux de
Stockage/lagunage ressuyage
avant rejet
Valorisation
en mer
Amendement éventuelle du
sols agricoles sable (*)
Séparation sables/vase sédiments
traités OUI
dangereux ?
Utilisation en BTP
Déshydratation
et traitements
complémentaires NON
(*) pour sédiments bruts non donnant un produit Législation
dangereux pelletable loi sur l'eau
et/ou code
de Législation
l'urbanisme ICPE
• Le maître d'ouvrage doit traiter l'ensemble des rubriques VALORISATION A TERRE ÉLIMINATION A TERRE
loi sur l'eau qui s'appliquent au dragage et à la gestion à
terre relevant de cette législation.
Utilisation en polder, Stockage mono-spécifique
• Lorsqu'elle est requise pour tout ou partie du projet, remblai
l'étude d'impact porte sur l'ensemble des opérations de (TP, aménagements
dragage et de gestion des sédiments constituant le paysagers, digues
projet. en terre, …)
Installation de stockage de
• Même si le dragage relève du régime de la déclaration, il déchets non dangereux ou
Matériaux de dangereux
se peut que la gestion à terre relève du régime de construction
l'autorisation. (expérimental)
• Selon la qualité des sédiments et le mode de gestion à
terre envisagé, le projet peut relever d'une double
instruction: au titre de la loi sur l'eau pour le dragage et
au titre des ICPE en ce qui concerne la gestion à terre.
sédiments
Dans le cas de cette double instruction, le dossier peut traités
être unique s'il contient les éléments requis par chaque NON dangereux ? OUI ou NON
réglementation. Le cas échéant, l'enquête publique peut
être conjointe pour l'ensemble des procédures.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 27
La gestion à terre des sédiments (stockage décrites dans le document pour chaque mode de
temporaire, traitement, valorisation, élimination…) gestion.
est principalement encadrée, selon le cas, par la
réglementation issue de la loi sur l'eau ou de la législation En premier lieu, quelle que soit la réglementation qui
des ICPE. s'applique à la gestion à terre des sédiments (loi sur
l'eau ou ICPE, et autres législations le cas échéant), les
De plus, dans l'un ou l'autre cas, le projet peut relever sédiments sont considérés comme des déchets si leur
aussi d'autres législations en fonction du mode de détenteur s'en défait ou a l'intention ou l'obligation
gestion retenu et/ou du site pressenti : autorisation de s'en défaire (définition d'un déchet au sens de
d'occupation temporaire du DPM au titre du code l'article L 541-1-1 du code de l'environnement), ce
général de la propriété des personnes publiques, qui n'exclut pas leur valorisation. La circulaire du
permis d'aménager au titre du code de l'urbanisme, 24/12/2010, relative aux modalités d'application des
autorisation spéciale du préfet ou du ministre chargé décrets 2009-1341, 2010-369 et 2010-875 modifiant la
des sites classés, etc. Celles-ci sont décrites dans la nomenclature des installations classées exerçant une
suite du présent document, dans les fiches relatives à activité de traitement de déchets, précise en outre que
chaque mode de gestion à terre. les sédiments ont un statut de déchets dès lors « qu'ils
ne sont pas uniquement déplacés au sein des eaux de
La législation sur l’eau régit les opérations suivantes : le surface ».
dragage, la valorisation directe des matériaux extraits
lorsqu'il s'agit de sable (par exemple pour l'entretien Dès lors que les sédiments prennent le statut de
du domaine public maritime, en rechargement de déchets, il convient de procéder aux investigations
plages, confortement dunaire, ou pour l'amendement définies pour caractériser leur caractère dangereux ou
des sols agricoles), le traitement des sédiments sur non dangereux.
site portuaire proche du site de dragage lorsque sa
durée n'excède pas celle de l'opération de dragage,
le rejet des effluents issus de ces installations de
traitement, certains modes de valorisation à terre après 6.2 Définition du statut des sédiments
traitement (remblaiement, aménagements paysagers,
par rapport à la réglementation sur les
poldérisation, endiguements…), ainsi que l'immersion
ou le rejet en mer des sédiments. L'instruction déchets
administrative du projet est réalisée par le service de
police de l'eau de la DDTM. La définition du statut des sédiments par rapport à la
réglementation sur les déchets nécessite de répondre
La législation des ICPE régit les opérations suivantes : à deux questions :
le transport, stockage, traitement des sédiments sur
un site distant du port et la création d'un centre de
stockage monospécifique. L'instruction administrative
• le sédiment considéré est-il un déchet ?
du projet de gestion à terre est réalisée par l'unité
territoriale de la DREAL.
• dans l’affirmative, le sédiment considéré est-il un
déchet dangereux ?
Dans le cas d’une opération de dragage avec gestion Les deux schémas suivants apportent les repères
à terre des sédiments, une double instruction utiles pour répondre à ces questions dans un cadre
administrative est nécessaire : par le service de police réglementaire.
de l'eau, pour ce qui concerne le dragage, et par l'unité
territoriale de la DREAL, pour ce qui concerne la gestion
à terre. Ces deux instructions aboutiront à la production
de deux arrêtés préfectoraux d'autorisation, le cas
échéant. Il est alors important que les deux services se
coordonnent pour minimiser les délais d'instruction.
L'élimination des sédiments en centre de stockage de
déchets inertes, non dangereux ou dangereux, après
traitement sur site portuaire ou sur site distant, est
soumis à une procédure d'admission préalable. Le cas
échéant, elle peut aussi être soumise à instruction
administrative, en particulier pour l'admission de
sédiments dans un centre de stockage mono-spécifique
déjà existant.
Des investigations techniques visant à caractériser
la qualité des sédiments et effluents bruts et traités
peuvent être exigées par la réglementation qui encadre
chaque filière de gestion à terre ou en mer ; elles sont
28 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
6.2.1 Les sédiments sont-ils des déchets ?
LES SÉDIMENTS SONT-ILS DES DÉCHETS ?
TEXTES DE RÉFÉRENCE
Non, s'ils sont déplacés au sein des eaux de surface (rejet / immersion) aux fins de
Art L 541-4-1 du code de l'environnement gestion des eaux et des voies d'eau (…) s'il est prouvé que ces sédiments ne sont
pas dangereux
Référence à une liste unique des déchets qui figure à l'annexe de la décision
Art R 541-7 du code de l'environnement
2000/532/CE de la Commission du 3 mai 2000
• Les boues de dragage contenant des substances dangereuses sont listées sous la
rubrique 17 05 05*
• Les boues de dragage autres que celles visées à la rubrique 17 05 05 sont listées
sous la rubrique 17 05 06
Annexe de la décision 2000/532/CE
De plus, l’art. L541-1-1 du Code de l'environnement dispose : on entend par
déchet , toute substance ou tout objet ou, plus généralement, tout bien meuble
dont le détenteur se défait, ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire
" Un déchet cesse d'être un déchet après avoir été traité dans une installation visée
à l'art. L214-1 soumise à autorisation ou à déclaration ou dans une installation visée
à l'art. L511-1 soumise à autorisation, à enregistrement ou à déclaration et avoir
subi une opération de valorisation, notamment de recyclage ou de préparation en
vue de la réutilisation, s'il répond à des critères remplissant l'ensemble des
conditions suivantes:
Art L 541-4-3 du code de l'environnement • La substance ou l'objet est couramment utilisé à des fins spécifiques ;
• Il existe une demande pour une telle substance ou objet, et elle répond à un
marché ;
• La substance ou l'objet remplit les exigences techniques aux fins spécifiques et
respecte la législation et les normes applicables aux produits ;
• Son utilisation n'aura pas d'effets globaux nocifs pour l'environnement et la
santé humaine."
• Art L 541-1-1 du code de l'environne- *DÉFINITIONS
ment
Préparation en vue de la réutilisation : toute opération de contrôle, de nettoyage ou
• Art R 541-46 et -48 du code de l'environ- de réparation en vue de la valorisation par laquelle des substances, matières ou
nement. produits qui sont devenus des déchets sont préparés de manière à être réutilisés
sans autre opération de prétraitement.
• Décret n° 2012/602 du 30 avril 2012 Recyclage : Toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les
relatif à la procédure de sortie du statut déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de
de déchet. leur fonction initiale ou à d'autres fins. Les opérations de remblaiement ne peuvent
pas être qualifiés d'opération de recyclage.
• Arrêté du 29 février 2012 fixant le Valorisation : Toute opération dont le résultat principal est que les déchets servent
contenu des registres mentionnés aux à des fins utiles en substitution à d'autres substances, matières ou produits qui
art. R 541-43 et -46 du code de l'environ- auraient été utilisés à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour
nement. être utilisés à cette fin, y compris par le producteur de déchets.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 29
6.2.2 Les sédiments sont-ils des déchets dangereux ?
LES SÉDIMENTS SONT–ILS DES DÉCHETS DANGEREUX ?
TEXTES DE RÉFÉRENCE
Il est établi une liste unique des déchets qui figure à l'annexe de la décision
Art R 541-7 du Code de l'environnement
2000/532/CE de la Commission du 3 mai 2000
• Les boues de dragage contenant des substances dangereuses sont
listées sous la rubrique 17 05 05*
• Les boues de dragage autres que celles visées à la rubrique 17 05 05
sont listées sous la rubrique 17 05 06
Décision 2000/532/CE de la Commission
du 3 mai 2000
Et article R 541-8 : Déchet dangereux : tout déchet qui présente une ou plusieurs
des propriétés de dangers énumérées à l'annexe III de la directive 2008/98/ CE du
Parlement européen et du Conseil du 19 novembre 2008 relative aux déchets et
abrogeant certaines directives. Ils sont signalés par un astérisque dans la liste des
déchets mentionnée à l'article R. 541-7
Relative aux propriétés qui rendent les déchets dangereux (non reproduit
intégralement ci-après) :
H1 explosif H8 corrosif
H2 comburant H9 infectieux
H3-A facilement inflammable H10 toxique pour la reproduction
H3-B inflammable H11 mutagène
H4 irritant H12 substances et préparations qui, au contact
de l'eau, de l'air, ou d'un acide, dégagent
un gaz toxique ou très toxique
H5 nocif H13 sensibilisant
Annexe III de la directive 2008-98
H6 toxique H14 écotoxique : substances et préparations
qui présentent ou peuvent présenter des
risques immédiats ou différés pour une ou
plusieurs composantes de l'environne-
ment
H7 cancérogène H15 substances et préparations susceptibles,
après élimination, de donner naissance,
par quelque moyen que ce soit, à une
autre substance, par exemple un produit
de lixiviation, qui possède l'une des
caractéristiques énumérées ci-avant
Précise les caractéristiques qui rendent les déchets dangereux en ce qui
Art R541-10 du Code de l'environnement
concerne les propriétés H3 à H8, H10 et H11.
Relatif aux critères et méthodes d'évaluation des propriétés de danger H1
Arrêté du 8 juillet 2003
explosif, H2 comburant, H3 inflammable et facilement inflammable d'un déchet
" Des arrêtés conjoints des ministres chargés du travail, de l'industrie, de
l'environnement, de la santé, de la consommation et de l'agriculture fixent 1° la
Art. 4411-2 du Code du travail classification applicable aux substances ayant fait l'objet au niveau
communautaire d'un classement dans les catégories dangereuses mentionnées à
l'art. R4411-6 ; " (… )
Art. R4411-6 du Code du travail Reprend, en les détaillant, les 15 propriétés listées en annexe III de la directive
2008/98 CE.
Arrêté du 16 janvier 2009
Relatif à la déclaration, la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances
et arrêté du 7 décembre 2009 modifiant
dangereuses.
l'arrêté du 20 avril 1994
Annexe VI de l'arrêté du 20 avril 1994 Critères généraux de classification et d'étiquetage des substances et préparations
dangereuses.
Établit les méthodes d'essai conformément au règlement CE n°1907/2006 (REACH) ;
Règlement CE 440/2008
partie C relative aux méthodes de détermination de l'écotoxicité.
30 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
6.3 Commercialisation des matériaux Exemples de travaux maritimes exemptés
dragués excédentaires, et procédures des procédures minières
applicables
Dans tous les cas, il y a lieu de justifier que les sables,
Dans certains cas, les dragages produisent des matériaux graviers, galets excédentaires, s’ils sont commercialisés,
aisément commercialisables et, généralement, de par proviennent d’extractions strictement limitées aux
leur nature, peu susceptibles d’être contaminés tels que besoins des travaux maritimes.
les sables, graviers, galets et autres produits minéraux
solides. i) Cas de travaux maritimes de conservation du domaine
public maritime naturel
Sous réserve que ces matériaux ne soient effectivement
pas contaminés et qu’ils se limitent aux matériaux • Extractions dans le but de reconstituer un domaine
(rechargement d’une plage qui se dégraisse,
excédentaires provenant d’extractions strictement restauration de transit littoral, by-pass, création ou
limitées aux besoins des travaux maritimes ou fluviaux (y
restauration de cordon dunaire) : les extractions
compris les travaux neufs) ou aux opérations d’entretien,
opérées doivent se limiter au strict besoin
ils peuvent être commercialisés, sans que soit nécessaire
occasionné par le domaine à reconstituer et le
un titre minier (à l’aval de la limite transversale de la mer)
site d’extraction doit appartenir à la même unité
ou une autorisation de carrière (à l’amont de la limite
transversale de la mer pour les cours d’eau). L’arrêté hydrosédimentaire3 que le domaine à reconstituer.
d’autorisation ou arrêté de prescriptions particulières L’élaboration d’un plan de gestion des sédiments
au titre de la loi sur l’eau s’attachera à prescrire une est recommandée afin que les réserves des
traçabilité contrôlable afin d’éviter toute dérive. sédiments, utiles à la reconstitution du domaine,
soient identifiées dans le cadre d’une réflexion
En mer, l’article L.133-5 du code minier dispose « Les globale sur la gestion du stock sédimentaire. Aucun
petites exploitations terrestres, prolongées en mer, des produit excédentaire ne doit être extrait.
substances minérales autres que celles mentionnées à
l'article L. 111-1 et les travaux maritimes conduits à des • Extractions d’entretien et de désenvasement ou de
désensablement des havres ou des baies à des fins
fins non commerciales pour les besoins de gestion
de restauration hydraulique ou de fonctionnement
du domaine public maritime ne sont pas soumis aux
écologique : les travaux d’extraction doivent
dispositions de la présente section. Un décret en Conseil
se limiter aux stricts besoins de l’entretien. Les
d’État définit la nature de ces exploitations et de ces
travaux ». matériaux extraits sont utilisés prioritairement
pour conserver le domaine public maritime
L’article 2 du décret n° 2006-798 du 6 juillet 2006 définit appartenant à la même unité hydrosédimentaire
comme des travaux maritimes « les extractions résultant que le site d’extraction. Le surplus éventuel peut
de travaux soit de conservation du domaine public être commercialisé.
maritime, soit de création ou d’entretien d’un ouvrage ii) Cas de travaux maritimes de création ou d’entretien
public maritime ou d’un chenal d’accès, effectuées à
d’un ouvrage public maritime ou d’un chenal d’accès
des fins non commerciales sur le site même de l’ouvrage
(travaux portuaires)
•
à créer ou à entretenir ».
Extractions pour créer ou agrandir un port ou une
Le Conseil d’État considère que cette définition dépendance portuaire : les matériaux issus des
n’interdit pas que les produits excédentaires résultant travaux d’extraction doivent se limiter au strict
des extractions répondant à ces définitions soient, le besoin de l’ouvrage à réaliser. Ils doivent être utilisés
cas échéant, commercialisés. Sous le contrôle du juge et prioritairement pour reconstituer le domaine
conformément à l’intention du législateur, ces travaux public maritime (rechargement d’une plage qui se
maritimes ne doivent pas entrer en concurrence avec dégraisse, restauration de transit littoral, by-pass,
l’activité des entreprises extractrices soumises aux création ou restauration de cordon dunaire). Le
procédures minières. Par conséquent, il y a lieu de surplus éventuel peut être commercialisé.
•
justifier que les matériaux excédentaires, s’ils sont
commercialisés, proviennent d’extractions strictement Extractions de matériaux pour édifier des ouvrages
limitées aux besoins des travaux maritimes. maritimes et portuaires : les matériaux marins
doivent être extraits à proximité du port concerné,
Enfin, lorsque les matériaux excédentaires sont les extractions opérées doivent se limiter aux seuls
constitués de produits minéraux naturels, acheminés besoins occasionnés par les ouvrages maritimes ou
vers une station de transit et/ou traités, une déclaration portuaires à édifier. Aucun produit excédentaire ne
ou une autorisation au titre des rubriques 2517 et doit être extrait.
2515 de la nomenclature des installations classées
pour la protection de l’environnement (ICPE) reste • Dragages d’approfondissement ou d’entretien :
les matériaux extraits doivent se limiter au seul
naturellement nécessaire, sauf s’ils sont gérés sur le
besoin de maintien du tirant d’eau nécessaire à
domaine portuaire le temps de l’opération de dragage
la navigation. Les matériaux extraits doivent être
et qu’ils sont ensuite valorisés ou transportés dans une
installation de stockage. utilisés prioritairement pour conserver le domaine
public maritime. Le surplus peut être commercialisé.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 31
6.4 Gestion à terre des sédiments
instruite sous le régime de la loi sur l'eau
Le régime de la loi sur l’eau couvre de nombreux modes
de gestion des sédiments :
• rechargement de plage et confortement dunaire ;
• les filières de valorisation à terre :
• épandage / amendement de sols agricoles ;
• remblaiement de carrière ;
• couverture d’installation de stockage de
déchets ;
• valorisation en technique routière ;
• matériaux de construction ;
• réalisation d’exhaussements de sol (merlon
paysagers, mur d’isolation phonique …) ;
• traitement des sédiments sur site portuaire de
dragage ;
• poldérisation / constitution de terre-pleins ;
• utilisation en remblai, endiguements.
Les dispositions réglementaires associées à ces différents
modes de traitement sont abordés successivement
dans la présente section.
32 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
INSTRUCTION AUTORISATION LOI SUR L'EAU ET ICPE
Service instructeur ICPE Service instructeur loi sur
Préfecture Pétitionnaire
(UT DREAL) l'eau (DDTM – police de l'eau)
Réception dossier Dépôt dossier auprès guichet
Saisine préfet de région pour unique loi sur l'eau et auprès
préfecture pour instruction ICPE
15 jours
instruction dossier ICPE
Demande NON Réception
dossier
compléments
Complétude
pétitionnaire
dossier (*) ?
Dossier
NON
conforme sur O
la forme et sur UI
le fond ?
Demande NON Examen
OUI compléments régularité (*)
d'études Recevabilité ?
6 mois maxi (**)
OUI
Enquête administrative • Transmission dossier au T.A. Enquête administrative
(45 jours) (dans les 2 mois) • Demande avis autorité
• Avis des conseils munici- • Désignation du commis- environnementale (délai 2 mois)
paux saire-enquêteur (dans les 15 • Avis des autres services et
• Avis de la CLI sur étude jours) notamment, le cas échéant :
d'impact (activités de Demande avis • A.P. Ouverture d'enquête préfet maritime, président(e)
2 mois
stockage de déchets) autorité commission locale de l'eau,
• Affichage en mairie(s) et
7 à 13,5 mois
• Avis Conseil Général / environnemen- personne publique gestionnaire
tale (2 mois) publicité (15 jours avant du DPM, directeur établisse-
Conseil Régional E.P.) ment public parc national,
préfet coordonnateur de bassin
• Préfet de région (archéologie
préventive) (délai 45 jours)
• Avis conseils municipaux
• Enquête publique (peut-être
conjointe pour l'ensemble des
procédures) (1 à 1,5 mois)
• Exposé observations maître
2 à 2,5 mois
d'ouvrage (8 jours)
• Mémoire en réponse maître
d'ouvrage (15 jours)
• Avis des conseils municipaux
• Rapport commissaire-enquê-
teur (30 jours après fin
enquête)
Rapport de Préparation
synthèse et rapport
propositions CODERST
3 mois prorogeable de 2 mois
inspection IC
maximum arrêté motivé (***)
Projet AP
(projet AP) autorisation
3 à 5 mois (***)
Information Information
pétitionnaire pétitionnaire
(maître (maître
d'ouvrage) d'ouvrage)
Au plus Au plus tard 15
tard 15 Avis CODERST jours après
jours après CODERST
CODERST
AP autorisation AP autorisation
(*) L'accompagnement du projet en ICPE loi sur l'eau
amont et pendant la réalisation des
études, conformément au schéma
relatif à la conduite de projet à pour
objectif de parvenir au dépôt d'un Notification
dossier complet et régulier et d'en pétitionnaire
faciliter l'instruction.
(maître
(**) S'il n'y a pas d'avis d'ouverture d'ouvrage)
d'enquête publique durant plus de 6
mois à compter de la complétude
du dossier, ceci vaut rejet de la Publication
demande d'autorisation.
information Élements communs de
(***) Le délai est en général inférieur de tiers
à 3 mois (≈ 1 mois) procédure loi sur l'eau + ICPE
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 33
6.4.1 Rechargement de plage / confortement de reprofilage, un apport de sable artificiel… Les
dunaire travaux de confortement dunaire sont, quant à eux,
systématiquement soumis à autorisation domaniale
Dans le cadre d’un rechargement de plage, les sédiments (AOT ou convention de superposition d'affectation
peuvent sortir du statut de déchet. En effet, en vertu au titre du code général de la propriété des personnes
de l’article L541-4-2 du code de l’environnement, publiques).
ils peuvent prendre le statut de sous-produit s’ils
remplissent les conditions suivantes : Dans le cas des plages concédées, qui relèvent d'une
concession de plage entre l’État et un concessionnaire,
• l'utilisation ultérieure de la substance ou de l'objet
est certaine ;
lorsque la concession comporte des dispositions
spécifiques sur le rechargement de plage, une AOT
•
n'est pas nécessaire. Le concessionnaire dispose d'une
la substance ou l'objet peut être utilisé directement autorisation domaniale pour effectuer ces opérations
sans traitement supplémentaire autre que les sur la durée de la concession.
pratiques industrielles courantes ;
•
Hors du domaine public maritime naturel, les
la substance ou l'objet est produit en faisant partie opérations de rechargement des hauts de plage et
intégrante d'un processus de production ; de confortement dunaire ne sont pas soumises à
•
autorisation préfectorale et sont réalisées sous l'autorité
la substance ou l'objet répond à toutes du gestionnaire de l'espace concerné.
les prescriptions relatives aux produits, à
l'environnement et à la protection de la santé Dans tous les cas de figure, les opérations de
prévues pour l'utilisation ultérieure ; rechargement de plage sont soumises à la procédure
•
du cas par cas, qui détermine si une étude d'impact
la substance ou l'objet n'aura pas d'incidences est nécessaire ou non. Celle-ci doit alors porter
globales nocives pour l'environnement ou la santé sur l’ensemble du projet (dragage / entretien et
humaine.
rechargement de plage). Plusieurs critères entrent
en jeu, notamment : l'existence ou non d'une étude
Le rechargement de plage fait par ailleurs l'objet
d'impact pour les précédents rechargements, le volume
de plusieurs réglementations : aux dispositions du
du rechargement projeté, les volumes cumulés des
code de l'environnement relatives à la loi sur l'eau, à
rechargements antérieurement effectués, les enjeux
l’étude d’impact et aux autorisations de circulation
écologiques, la localisation, les mesures d’évitement
et de stationnement des véhicules à moteur sur les
et de réduction notamment lors de la phase de
plages, s’ajoutent les dispositions du code général de
travaux, etc.
la propriété des personnes publiques relatives aux
autorisations d’occupation du Domaine Public Maritime
L'instruction est menée par la délégation à la mer et au
(DPM) et les dispositions du code de l’urbanisme
littoral (DML) de la DDTM ou le service police de l’eau si
concernant les exemptions à la déclaration préalable et
au permis d'aménager. une rubrique IOTA est visée. Elle donne lieu à un (ou des)
arrêté (s) préfectoral (ux). Il est recommandé de prendre
L'utilisation de sables issus de dragage en rechargement l'attache de la DDTM pour coordonner les procédures
de plages ou en confortement dunaire peut donner administratives au titre du code de l'environnement
lieu à la circulation et au stationnement d'engins de (loi sur l'eau et circulation des véhicules à moteur) et
travaux sur l'estran (pelles mécaniques, camions) pour au titre du Code général de la propriété des personnes
le transport et le terrassement des matériaux. Une publiques (gestion du DPM).
autorisation par voie d'arrêté préfectoral est alors
nécessaire au titre du code de l'environnement. Dans Selon l'article R.425-28 du code de l'urbanisme, le
d'autres cas, le sable est clapé sur l'estran à marée permis de stationnement ou l'autorisation d'occupation
haute. du domaine public dispense de la déclaration préalable
ou du permis d'aménager auxquels sont, en principe,
Quel que soit le mode opératoire, et en fonction du subordonnés les travaux d'exhaussement du sol, en
coût de ces travaux, ces derniers peuvent être soumis fonction de leur hauteur et de la superficie concernée.
à procédure préalable de déclaration Loi sur l’eau ou
d'autorisation environnementale (rubrique 4.1.2.0 de Si les travaux de remblaiement ou de confortement se
la nomenclature en complément de la rubrique 4.1.3.0 situent en site classé au titre de l'article L 341-2 du code
pour les opérations de dragage). Il prend en compte de l'environnement, ils sont soumis à une autorisation
l'ensemble des sites concernés. spéciale du préfet ou du ministre chargé des sites selon
la nature des travaux. Toutefois, cette autorisation
Sur le domaine public maritime naturel, les opérations spéciale de travaux demeure en principe l'exception,
de rechargement de plage sont soumises par ailleurs quelle que soit l'importance de l'intervention projetée.
à procédure d'autorisation d'occupation temporaire En effet, seuls peuvent y être autorisés les travaux
(AOT) lorsqu'il y a modification du caractère naturel compatibles avec le site (entretien, restauration, mise
de la plage, notamment lorsqu'il est prévu des travaux en valeur…).
34 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
En espace remarquable, l'article L146-6 du code de
l'urbanisme prévoit que la réalisation de travaux ayant
pour objet la conservation ou la protection de ces
espaces et milieux peut être admise après enquête
publique.
Si les travaux de confortement dunaire sont menés
depuis des accès terrestres, sans intervention sur
l'estran, ils ne donnent pas lieu à procédure au titre
de la rubrique 4.1.2.0 de la nomenclature loi sur l'eau,
concernant les « travaux d'aménagement portuaires et
autres ouvrages réalisés en contact avec le milieu marin
et ayant une incidence directe sur ce milieu ». Dans ce
cas, ils s'apparentent à des travaux de remblaiement ou
d'exhaussement du sol, traité ultérieurement dans le
présent document.
Le schéma suivant présente de manière synthétique la
procédure administrative accompagnant une opération
de rechargement de plage ou de confortement dunaire.
En complément, les paragraphes 6.4.2 et 6.4.3 qui
suivent présentent respectivement les procédures de
délivrance :
• d’une autorisation d’occupation du domaine public
maritime naturel ;
• d’une autorisation de superposition d’affectation
sur le domaine public maritime naturel.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 35
GESTION À TERRE : RECHARGEMENT DE PLAGE/CONFORTEMENT
DUNAIRE
TEXTES DE RÉFÉRENCE
• Rubrique 4.1.2.0 de la nomencla- • Étude d'impact : • Gestion du domaine public • Évaluation d'incidence Natura
ture annexée à l'art. R 214-1 du décret n°2011-2019 du maritime : code général de la 2000 : art. R 414-19 du Code de
code de l'environnement 29/12/2011 codifié aux articles propriété des personnes l'environnement
R 122-1 à -15 du code de publiques
• Arrêté du 23 février 2001 fixant l'environnement • Contenu de l'évaluation d'inci-
les prescriptions générales • Circulaire du 20 janvier 2012 dence : art. R 414-23 du Code de
• en site inscrit ou classé, art. relative à la gestion durable et
applicables aux travaux d'aména- L341-1 à -10, R341-9 à -13 du l'environnement
gement portuaires et autres intégrée du domaine public
code de l'environnement
ouvrages réalisés en contact avec maritime naturel
• Art. L146-6 du code de
le milieu aquatique soumis à l'urbanisme en espaces
déclaration remarquables
• Enquête publique :
décret n°2011-2018 du
29/12/2011 codifié aux articles
R123-1 à -27 du code de
l'environnement
• Circulaire du 4/7/2008 relative
à la procédure concernant la
gestion des sédiments lors de
travaux ou d'opérations impli-
quant des dragages ou curages
maritimes et fluviaux
Procédure AOT simple
Délai =
160 000€ 35 jours (*)
OUI
≤ montant travaux ≤
1,9 M€ ?
Procédure superposition d'affectation
NON NON
Déclaration Autorisation de circulation sur le DPMn
rubrique 4.1.2.0
V ≥ 10 000 m³ ?
montant travaux ≥ OUI
1,9 M€ ? OUI
OUI Étude d'impact
au cas par cas ?
NON
Autorisation
rubrique 4.1.2.0
NON Délai =
35 jours (*)
Pas de procédure au
titre de la rubrique
4.1.2.0 • Pas d'étude d'impact Les travaux peuvent
• Pas de consultation de commencer dans un délai
de 2 mois après le dépôt du
l'autorité environnementale
dossier de déclaration loi
• Pas d'enquête publique sur l'eau (dragage)
Délai = 4 à 6 mois (appel
Réalisation d'une étude d'offres, désignation bureau
d'impact d'études, réalisation de
l'étude)
Avis de l'autorité
Délai = 4 à 7 mois
environnementale (*) le délai de 35 jours
court dès que le
formulaire de demande
Enquête publique Délai = 2 mois d'examen est complet
Délai global ≈ 1 an • Le rechargement de plage concerne des
matériaux sableux de bonne qualité, relevant,
en ce qui concerne le dragage, d'une procé-
INVESTIGATIONS PRÉALABLES À MENER En site classé, l'autorisation spéciale ministé- dure de déclaration au titre de la loi sur l'eau
POUR RECHARGEMENT DE PLAGE rielle, si elle est requise, nécessite un certain jusqu'à un volume de 500 000 m³
délai d'instruction, qui peut augmenter le délai • Le délai d'instruction de la procédure de décla-
global d'instruction mentionné ci-contre. ration loi sur l'eau est de 2 mois
• Analyse granulométrique du sable de la plage
à recharger et comparaison avec granulomé- • Mais si le volume de rechargement est supérieur
trie du sable dragué : elles doivent être à 10 000 m³, ou si, le volume étant inférieur à
similaires. 10 000 m³, l'autorité environnementale ne
• Analyse microbiologique du sable dragué : dispense pas le pétitionnaire de la réalisation
consulter l'ARS sur le type d'analyses à mener d'une étude d'impact dans le cadre de la
et sur les prescriptions éventuelles en phase procédure de cas par cas, une étude d'impact
travaux. est requise, ainsi que l'avis de l'autorité
environnementale. Une enquête publique est
alors nécessaire. Le délai d'instruction est de 6
à 9 mois après réalisation de l'étude d'impact.
36 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
6.4.2 Procédure d'AOT simple
PROCÉDURE D'A.O.T. SIMPLE
Le pétitionnaire Service instructeur
établit un dossier :
• Lettre de demande signée du pétitionnaire ou délibération de
l'organe délibérant • Vérifie le contenu du dossier AOT et éventuel-
transmet
• Plans de situation, de masse des installations, ouvrages ou lement demande des pièces complémen-
constructions taires
• Évaluation d'incidences Natura 2000 (le cas échéant)
Services consultés
Instruit la demande
• Le service de France Domaine (fixe le montant de la redevance)
1-Contrôle l'emplacement de l'occupation sur
• Le maire
le site
Avis conforme du : 2-Vérifie la capacité d'acceptation du site
(physique, environnementale)
• Le préfet maritime de l'Atlantique (si pas de délégation de
signature) 3-Vérifie la comptabilité avec les autres
consulte
usages
• Le commandant de la zone maritime de l'Atlantique (il ne peut
y avoir d'avis tacite après 2 mois) 4-Prépare les lettres de consultation pour avis
ainsi que le projet d'arrêté préfectoral joint
éventuellement à la consultation
Le cas échéant :
5-Si délégation de signature du préfet
• Le direction régionale de l'environnement, de l'aménagement
maritime, prépare le projet d'avis conforme
et du logement
(voir modèle) qui sera présenté pour signa-
• Le service territorial d'architecture et du patrimoine – ABF ture en même temps que le projet d'arrêté
• La direction Inter régionale de la mer/Nord Atlantique –
Manche Ouest/Subdivision des Phares et Balises
• L'agence régionale de santé (prise d'eau et rejet en mer)
• La direction départementale de la cohésion sociale (jeunesse
et sports)
• L'agence des aires marines protégées (si activité susceptible
d'affecter notablement le milieu marin)
• La parc naturel marin (si activité susceptible d'affecter nota-
blement le milieu marin)
• Le parc naturel régional
Le cas échéant, au titre de
• Cultures marines
• Natura 2000
Donnent
• Police de l'eau (si travaux) leur avis • Fait la synthèse des avis et complète le projet
• Site naturel inscrit ou classé d'arrêté préfectoral d'accord ou de refus
• Urbanisme (si installations, ouvrages ou constructions)
Délégué à la mer et au littoral ou
le chef ayant délégation de signature
du préfet pour ce type d'acte
• Signe éventuellement l'avis conforme du
préfet maritime
• Signe l'arrêté préfectoral et les plans par
délégation du préfet
Service de France Domaine Transmet Service instructeur
l'arrêté
• Notifie l'arrêté préfectoral avec les plans au pétitionnaire préfectoral • Si AOT délivrée à titre gratuit, notifie l'arrêté
sauf si AOT préfectoral et les plans au pétitionnaire
délivrée à • Diffuse, après notification, l'arrêté préfectoral
titre gratuit et les plans aux services consultés et au service
du siège
Retourne • Contrôle l’exécution des travaux, réalise un
l'original constat ou un PV de récolement
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 37
6.4.3 Procédure superposition
d'affectations
PROCÉDURE SUPERPOSITION D'AFFECTATIONS
PROCÉDURE DOMANIALE PROCÉDURE TRAVAUX
(ÉTAT) (Pétitionnaire)
Le
Le pétitionnaire
pétitionnaire Le pétitionnaire
• Adresse à la DDTM un dossier de demande d'autori- 1-Vérifie si les travaux envisagés relèvent des
sation de superposition d'affectations règlementations :
• Concertation préalable
(articles L300-1 et L300-2 du code de
l'urbanisme
• Déclaration d'intérêt général (DIG) ou
d'urgence
(article L211-7 du code de l'environnement)
D.D.T.M. / DML • Opérations susceptibles d'affecter l'environne-
ment
• Vérifie le dossier (article L123-1 à 16 du code de l'environnement)
• Consulte les services • Incidence sur l'eau
(article L214-1 à 6 du code de l'environnement)
• Changement substantiel d'utilisation du DPM
(article L2124-1 du code général de la propriété
des personnes publiques)
• Déclaration d'utilité publique (DUP)
(article L2124-2 du code général de la propriété
CONSULTATION des personnes publiques)
• Urbanisation du littoral ou constructions ou
Réponse sous deux mois sinon avis tacite
installations nécessaires à des activités écono-
Externe: miques exigeant la proximité immédiate de
l'eau
• Assentiment du Préfet maritime
(articles L146-4, L146-6, L146-8 et R146-2 du
• Avis et décision de France Domaine code de l'urbanisme
• Autres avis suivant projet (voir annexe)
2-Prépare et dépose, auprès des services concernés,
Interne: les dossiers nécessaires à ces instructions.
• Avis au titre des cultures marines (vérification de la
compatibilité avec cultures marines existantes et 3-Intègre pour information le projet d'arrêté et de
projetées sur ce site) convention de superposition d'affectations au(x)
• Avis au titre Natura 2000 en mer ou mixte " terre/mer " dossier(s) d'enquête(s) publique(s) s'il y a lieu
• Avis au titre de l'urbanisme, de la loi littoral...
4-Enquête(s) publique(s) s'il y a lieu
Transmission des avis
5-Consulte si les travaux sont en site protégé (site
inscrit ou classé, périmètre d'un monument histo-
rique) :
• DREAL
• Architecte des bâtiments de France
• N.B. : Ces services demanderont si besoin à la
D.D.T.M. / DML
Préfecture le passage du dossier à la
commission départementale de la nature, des
• Transmet les conclusions de l'instruction de superpo-
paysages et des sites pour avis
sition d'affectations au pétitionnaire ainsi que le
projet d'arrêté préfectoral et de convention de
superpositions d'affectations. 6-Adresse à la DDTM les conclusions des procédures
Ces projets seront soumis, s'il y a lieu, au(x) dossier(s) travaux :
d'enquête(s) publique(s) • Conclusions des enquêtes publiques liées aux
travaux uniques
• Finalise, s'il y a lieu au vu des conclusions de la procé- • Avis des services consultés
dure travaux, la convention de superposition d'affec- • Autorisations ou déclarations loi sur l'eau
tations et l'adresse au pétitionnaire
• Signe la convention de superposition d'affectations, 7-Signe le convention et l'adresse à la DDTM
prépare et signe l'arrêté préfectoral approuvant la
convention susvisée
• Publie l'arrêté préfectoral au recueil des actes admi- L'arrêté préfectoral signé doit être publié dans deux
nistratifs, puis le notifie avec son annexe au pétition- journaux à diffusion locale ou régionale et affiché
naire pendant 15 jours en mairie.
38 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
6.4.4 Les filières de valorisation à terre 6.4.4.1 Épandage / amendement de sols agricoles
En l'absence d'arrêté portant prescriptions générales
La valorisation à terre des sédiments de dragage ne au titre de la rubrique 2.1.4.0., le service instructeur
dispose pas d’un cadre réglementaire spécifique. Ainsi, applique par défaut les dispositions relatives aux
les paragraphes suivants font état des filières envisagées conditions générales d'épandage des boues d'épuration
de gestion et des réglementations applicables pour prévues aux articles R.211-31 à R.211-45 du code de
valoriser les sédiments. l'environnement et l’arrêté du 8 janvier 1998 fixant les
prescriptions techniques applicables aux épandages de
Les obligations de la réglementation déchet sont boues issues du traitement des eaux usées sur les sols
applicables à chaque fois que le sédiment est géré agricoles. En application de ces textes, des analyses
à terre et ne sont donc pas rappelées à chaque préalables des sols agricoles et des sédiments marins
paragraphe. sont requises, ainsi qu'une étude agrobiologique
établissant la valeur agronomique des sédiments
Nous aborderons dans cette section les principales marins et l'aptitude des sols à les recevoir. Les résultats
filières de valorisation à terre : des analyses et l'étude agro-pédologique doivent être
adressés au service instructeur et, le cas échéant,
• épandage / amendement de sols agricoles ; intégrés dans le document d'incidence ou l'étude
d'impact figurant dans le dossier déposé au titre de la loi
• remblaiement de carrière ; sur l'eau pour le dragage et/ou l'épandage. Cependant,
ces référentiels ne sont pas adaptés aux sédiments,
• couverture d’installation de stockage de déchets ; car ce matériau a des propriétés très différentes des
boues issues du traitement des eaux usées. En effet,
• valorisation en technique routière ; le caractère salin des sédiments peut être un frein à
l’amendement, et les ruissellements potentiels doivent
• matériaux de construction ; être appréhendés au regard de l’environnement de
la parcelle réceptrice (cours d’eau, zone humide, plan
• réalisation d’exhaussements de sol
paysagers, mur d’isolation phonique …).
(merlon d’eau, nappe…).
Le schéma suivant présente de manière synthétique la
procédure appliquée pour accompagner un projet de
valorisation agricole de sédiments.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 39
ÉPANDAGE / AMENDEMENT DE SOLS AGRICOLES
TEXTES DE RÉFÉRENCE
Rubrique 2.1.4.0 de la nomencla- Pas de prescriptions spécifiques Application par le service de Application par le service de
ture annexée à l'art. R 214 - 1 du pour l'utilisation de sédiments police de l'eau instructeur des police de l'eau instructeur de
Code de l'environnement. marins pour l'amendement ou la conditions générales d'épandage l'arrêté du 8 janvier 1998 fixant
reconstitution de sols agricoles. des boues d'épuration : art. R 211 les prescriptions techniques
– 31 à 45 du Code de l'environne- applicables aux épandages de
ment. boues sur les sols agricoles.
• L'épandage des boues ne peut
INVESTIGATIONS
être pratiqué que si celles-ci PRÉALABLES À MENER
présentent un intérêt pour les
1 T/an < NT < 10 T/an sols ou la nutrition des cultures • Analyses pour la caractérisation
ou et des plantations. Il est interdit de la valeur agronomique des
50 000 m³/an < V annuel épandage < 500 000 m³/an NON de pratiquer des épandages à boues :
ou titre de simple décharge
- Granulométrie
(art. R 211 – 31 du Code de
500 kg/an < DBO5 < 5 T/an l'environnement) - Matière sèche (en %) ; matière
organique (en %)
• Tout épandage est subordonné
à une étude préalable réalisée à - pH
ses frais par le producteur de - Azote total; azote ammonia-
OUI boues et définissant l'aptitude cal
du sol à le recevoir, son - Rapport C/N
périmètre, les modalités de sa - Phosphore total (en P2O5)
réalisation, y compris les maté-
riels et dispositifs d'entrepo- - Potassium total (en K2O)
sage nécessaire (art. R 211 – 38 - Calcium total (en CaO)
NT > 10 T/an du Code de l'environnement) - Magnésium total (en MgO)
ou - Oligo-éléments : B, Co, Cu, Fe,
V annuel épandage > 500 000 m³/an NON Mn, Mo, Zn
ou
DBO5 > 5 T/an • Analyse pour la caractérisation
de la valeur agronomique des
sols agricoles :
- Mêmes paramètres que
ci-dessus en remplaçant les
OUI éléments concernés par :
P2O5 échangeable, K2O
échangeable, MgO échan-
Déclaration au titre de la Pas de procédure geable et CaO échangeable
Autorisation au titre de la
loi sur l'eau instruite dans loi sur l'eau instruite dans administrative au
le cadre de la procédure le cadre de la procédure titre de la rubrique
applicable à l'opération applicable à l'opération 2.1.4.0.
de dragage de dragage
Étude Étude
agro-pédologique à agro-pédologique à
intégrer dans le intégrer dans l'étude
document
d'impact
d'incidence
Boues Sols
Teneurs limites en éléments-traces dans Teneurs limites en composés-traces Valeurs limites de concentration en
les boues organiques dans les boues éléments-traces dans les sols
Valeurs limite Valeurs limite Valeurs limite
Éléments-traces
Éléments-traces dans les boues Composés-traces dans les boues dans les boues
dans les sols
(mg/kg MS) (mg/kg MS) (mg/kg MS) Produit Filière agricole
Cadmium 10 Total 7 principaux Cadmium 2 Amendement calcique
PCB Sable coquillier,
Chrome 1000 0,8 Chrome 150 Allègement des sols
(28, 52, 101, 118, trez
138, 153, 180) (primeurs)
Cuivre 1000 Cuivre 100
5 Reconstitution de sols
Mercure 10 Mercure 1
Sable vaseux
Benzo (b) Amendement calcique
Nickel 200 2,5 Nickel 50 (+ coquilles broyées)
Plomb 800 Benzo (a) pyrène 2 Plomb 100
Zinc 3000 Zinc 300
Chrome + Cuivre +
4000
Nickel + Zinc
40 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
6.4.4.2 Remblaiement de carrière 6.4.4.4 Valorisation en technique routière
Les carrières ne sont pas des installations d’élimination Pour être valorisables en technique routière, les
de déchets mais, leur remise en état peut nécessiter le sédiments doivent être conformes à des prescriptions
comblement des cavités avec des matériaux ou déchets géotechniques et environnementales. Les maîtres
inertes auxquels certains sédiments peuvent être d’ouvrage sont encouragés à se servir du guide SETRA
assimilés. L'usage de sédiments en remblaiement de « acceptabilité de matériaux alternatifs en technique
carrières n'est envisageable que si l'arrêté d'autorisation routière » comme référence pour les prescriptions
de la carrière le prévoit pour la phase de remise en état environnementales. Pour ce qui concerne les
du site de la carrière après la cessation d’activité, et si le prescriptions géotechniques, elles sont définies dans
sédiment peut être assimilé à un déchet inerte (arrêté des normes relatives aux produits de construction
ministériel du 22 septembre 1994 modifié) suivant routière. Un guide spécifique aux sédiments est en
les conditions d’admission de l'arrêté ministériel du cours de réalisation par le Cerema. Un premier volume
12 décembre 2014 relatif aux installations de stockage est sorti sur l’échantillonnage des sédiments.
de déchets inertes (ISDI). A défaut, tout remblaiement,
non prévu dans l’arrêté d’autorisation d’exploitation de
6.4.4.5 Matériaux de construction
la carrière, doit être considéré comme une ISDI.
Cette option n’est ouverte qu’à des sédiments inertes. La partie sableuse des sédiments peut être intégrée
Les sédiments marins doivent donc faire l’objet d’un dans la fabrication de béton. De nombreuses normes
traitement adapté pour les débarrasser des chlorures existent pour vérifier les caractéristiques techniques
qui les affichent normalement dans la catégorie des matériaux. Cependant, aucune réglementation
« sédiments non inertes ». n’encadre l’intégration de déchets dans ces matériaux
pour vérifier l’impact environnemental et sanitaire
de ces matériaux. Les réglementations relatives
6.4.4.3 Couverture d’installation de stockage de aux produits ne paraissent pas adaptées, car elles
déchets n’exigent aucune vérification de l’absence d’impact
Les déchets sont disposés par couches successives environnemental et sanitaire pour les matériaux de
et compactés dans les Installations de Stockage de construction d’origine naturelle (par exemple les
Déchets non Dangereux. Ils sont recouverts périodi- granulats de carrière sont exemptés d’enregistrement
quement pour limiter les nuisances. Une partie des dans REACH(8)). Les sédiments pourraient être une
sédiments, inertes ou non dangereux non inertes, pour- ressource pour ces filières de valorisation à terre mais
rait être utilisée comme matériau de confinement en des travaux sur la faisabilité technique et l’évaluation
couverture journalière. Une couverture est composée environnementale restent à mener pour ces différents
d’un certain nombre de couches qui se distinguent par usages. Les sédiments font l’objet de nombreux projets
leurs fonctions. Une couche notable est la couche de de recherche et développement.
perméabilité réduite qui favorise l’évacuation latérale
de l’eau par la couche supérieure et limite ainsi l’infiltra-
6.4.4.6 Réalisation d’exhaussements de sol (merlon
tion verticale dans les déchets, pour limiter les pertes
paysagers, mur d’isolation phonique…)
de biogaz à travers la couverture et pour limiter les
entrées d’air dans les déchets. Les matériaux qui consti- L’article R.421-19 du code de l’urbanisme prévoit que
tuent cette couche peuvent être soit des matériaux les exhaussements de sol dont la surface est inférieure
naturels composés de sols fins argileux ou silteux, avec à 2 hectares et dont la hauteur est inférieure à 2 m
ou sans ajout de bentonite, soit des géosynthétiques. doivent faire l’objet d’un permis d’aménager délivré
De par leur nature, les sédiments pourraient être utilisés par le maire de la commune. Lorsque ces dimensions
en couche de perméabilité réduite (argiles, sables argi- sont dépassées, il est prévu au titre du décret n°2011-
leux), en prenant toutefois la précaution d’analyser les 2019 du 29 décembre 2011 qu’ils soient soumis à étude
risques de relargage des métaux lourds. Pour plus d’in- d’impact.
formation, ces dispositions sont définies dans l’arrêté L’article L.541-32 du code de l’environnement prévoit
du 15 février 2016 relatif aux installations de stockage que toute personne valorisant des déchets pour la
de déchets de sédiments. réalisation de travaux d'aménagement, de réhabilitation
ou de construction doit être en mesure de justifier
Le BRGM et l’ADEME ont publié conjointement en auprès des autorités compétentes de la nature des
mars 2001 un guide pour le dimensionnement et la déchets utilisés et de l'utilisation de ces déchets dans
mise en œuvre des couvertures de sites de stockage de un but de valorisation et non pas d'élimination.
déchets ménagers et assimilés (maintenant remplacés
par la notion de déchets non dangereux). Un des objec-
tifs principaux de ce guide est de fournir des éléments
d’aide au dimensionnement des couvertures des sites
de stockage de déchets non dangereux, en intégrant le
caractère évolutif du système de stockage, ainsi que la
notion d’impact potentiel sur le milieu naturel.
8 en anglais : Registration, Evaluation, Authorization and restriction of CHemicals (REACH) — est un règlement du
Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne, adopté le 18 décembre 2006
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 41
6.4.5 Traitement des sédiments sur site 6.4.6 Cas particulier : entreposage des
portuaire du dragage sédiments
Les traitements réalisés sur le site portuaire faisant La note technique du 25 avril 2017(9) qui définit les
l'objet du dragage ou le site portuaire le plus proche modalités d’application de la nomenclature ICPE du
consistent principalement à égoutter ou déshydrater secteur des déchets permet l’encadrement au titre
les matériaux afin d'en limiter le volume pour en faciliter de la loi sur l’eau en cas d’entreposage temporaire des
le transport, à séparer le sable des particules fines, à sédiments en amont d’un processus de valorisation ou
traiter les sédiments avant valorisation ou élimination, d’élimination.
à traiter les eaux de ressuyage avant rejet en mer. Ils
sont encadrés par la loi sur l'eau et la rubrique 2.2.3.0 Cet entreposage peut être encadré par la loi sur l’eau,
de la nomenclature, relative aux rejets dans les eaux de au travers de la rubrique 2.2.3.0 « rejets dans les eaux de
surface, dès lors que la durée du traitement n'excède surfaces » sous réserve que :
pas celle des travaux de dragage.
Le régime administratif (déclaration ou autorisation)
• ne soient pas mises en œuvre au cours de cette
gestion, des activités de traitement (seuls le
auquel est soumis le rejet en mer des eaux de ressuyage ressuyage, la déshydratation des matériaux afin
des sédiments après égouttage ou traitement de d'en limiter le volume pour en faciliter le transport,
déshydratation s'apprécie au regard des flux de et la séparation granulométrique du sédiment
pollution brute de ces effluents, même s'ils font l'objet peuvent être pratiqués) ;
d'un traitement épuratoire avant rejet. Le cas échéant,
la réalisation d'analyses de contrôle de la qualité des
effluents bruts sera prévue au titre des mesures de suivi
• les sédiments soient caractérisés comme non
dangereux ;
dans l'arrêté préfectoral d'autorisation ou dans l'arrêté
de prescriptions spéciales (déclaration). • les sédiments soient entreposés dans un lieu
approprié permettant de récupérer les eaux de
Lorsque la durée du traitement excède celle des ressuyage afin d’en contrôler le rejet.
travaux de dragage ou que les traitements sont réalisés
sur un site distant du port faisant l'objet du dragage,
ils sont encadrés par la réglementation sur les déchets
et la réglementation des ICPE, après instruction
administrative menée par l'unité territoriale de la
DREAL.
9 Ministère de l’environnement, 25 avril 2017, modalités d’application de la nomenclature ICPE du secteur de la gestion des
déchets
42 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
6.4.7 Traitement des sédiments sur site portuaire du dragage
TRAITEMENT DES SÉDIMENTS SUR SITE PORTUAIRE DU DRAGAGE
TEXTES DE RÉFÉRENCE
Rubrique 2.2.3.0 de la nomencla- Arrêté du 27 juillet 2006 fixant les Arrêté du 9 août 2006 relatif aux Art. R213-48-3 du Code de
ture annexée à l'art. R 214-1 du prescriptions générales applicables niveaux à prendre en compte lors l'environnement (définition
Code de l'environnement. aux rejets soumis à déclaration en d'une analyse de rejets dans les METOX)
application des articles L 214-1 à eaux de surface ou de sédiments
L214-3 du Code de l'environne- marins, estuarien ou extraits de
ment et relevant de la rubrique cours d'eau ou canaux relevant
2.2.3.0 (1°b et 2°b) de la nomencla- respectivement des rubriques
ture annexée au décret n° 93-743 2.2.3.0, 4.1.3.0 et 3.2.1.0 de la
du 29 mars 1993 modifié. nomenclature annexée au décret
n° 93-743 du 29 mars 1993.
Le préfet peut imposer des
valeurs limites de rejet
(déclaration ou autorisation).
Le préfet peut demander de
mettre en place un programme
d'autosurveillance de la qualité
des effluents rejetés (déclaration
ou autorisation).
Pas de
procédure
loi sur l'eau
(Concentration Max
flux total de pollution OUI OUI E.Coli)
brute pour un au moins <R1 X < 1010 E.Coli/j
des paramètres (débit moyen
journalier rejet) (*)
NON NON
Déclaration
(Concentration Max
flux total de E.Coli)
pollution brute pour OUI OUI
R1≤ <R2 10 10
E.Coli/j < X < 1011 E.Coli/j
un au moins des
paramètres (débit moyen
journalier rejet) (*)
NON NON
Autorisation
INVESTIGATIONS
PRÉALABLES À MENER METOX = (AS x 10) + (Cd x 50) + (Cr x 1) + (Cu x 5) + (Hg x 50) + (Ni x 5) + (Pb x 10) + (Zn x 1)
détermination des flux de
pollution brute des eaux de Paramètres Niveau R1 Niveau R2
ressuyage, avant traitement
éventuel de ces effluents, sur les MES (kg/j) 9 90
paramètres: MES, COT, MI, NT,
PT, AOX, Metox (As, Cd, Cr, Cu, DBO5 (kg/j) (*) 6 60
Hg, Ni, Pb, Zn), hydrocarbures
totaux, concentration en E.Coli. DCO (kg/j) (*) 12 120
Matières inhibitrices (équitox/jr) 25 100
(*) produit de la concentration Azote total (kg/j) 1,2 12
maximale d'Escherichia coli par
le débit moyen journalier du rejet Phosphore total (kg/j) 0,3 3
(*) dans le cas de rejets salés présentant
situé à moins de 1 km d'une zone Composés organohalogénés absor une teneur en chlorures supérieure à
-
conchylicole ou de culture 7,5 25 2000 mg/l, les paramètres DBO5 et DCO
marine, d'une prise d'eau potable bables sur charbon actif (AOX) (g/j)
et leurs seuils sont remplacés par le
ou d'un zone de baignade, au paramètre COT, avec les seuils suivants :
Métaux et métalloïdes (Metox) (g/j) 30 125
sens des articles D1332-1 et
D1332-16 du Code de la santé concernant a: COT = 80 kg/j (A)
Hydrocarbures (kg/j) 0,1 0,5 concernant b: 8 < COT < 80 kg/j (D)
publique.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 43
6.4.8 Poldérisation / constitution de terre-pleins
Selon le cas, la réalisation de terre-pleins ou de polders
entre dans le champ des rubriques 3.3.1.0 et/ou 4.1.2.0
de la nomenclature des travaux soumis à déclaration
ou à l’autorisation environnementale, au titre de la loi
sur l’eau. Si un réseau de drainage est créé dans le terre-
plein ou le polder, une procédure au titre de la rubrique
3.3.2.0 de la nomenclature IOTA peut également être
requise. Le rejet en mer des eaux de drainage peut,
le cas échéant, être soumis à procédure au titre de la
rubrique 2.2.3.0 de la nomenclature IOTA.
Cela donne lieu à réalisation d’un seul dossier instruit
pour le dragage et la réalisation des travaux de
poldérisation ou de réalisation de terre-pleins, ce
dossier prenant en compte l’ensemble des rubriques
concernées de la nomenclature.
En application de l’article R.122-2 du code de
l’environnement, la récupération de terrains sur le
domaine public maritime d’une emprise totale égale
ou supérieure à 2 000 m² est soumise à étude d’impact
(catégorie 10° f) de l’annexe à l’article R.122-2), même si le
régime administratif qui s’applique aux travaux instruits
au titre de la loi sur l’eau est celui de la déclaration.
Dans ce cas, le projet est soumis à enquête publique,
après consultation de l’autorité environnementale.
Si l’emprise totale des terrains récupérés sur le
DPM est inférieure à 2 000 m², le projet peut être
dispensé d’étude d’impact au cas par cas. L’autorité
environnementale dispose d’un délai de 35 jours après
réception du formulaire complet, pour le faire savoir au
maître d’ouvrage.
En outre, lorsque les travaux envisagés sont menés
dans le cadre de travaux de création ou d’extension
d’un port au sens de l’article R.611-1 du code des ports
maritimes, le dossier de proposition de création ou
d’extension présenté au préfet est accompagné des
résultats de l’instruction prévue par l’article R.611-2.
Celle-ci prévoit que les avant-projets de travaux de
construction, d’extension et de modernisation des
ports départementaux et communaux sont soumis,
avant décision de la collectivité compétente, à une
instruction comportant les mêmes formalités que celles
prévues à l’article R.122-4 du code des ports maritimes.
Cette instruction, consistant essentiellement en une
consultation de différentes instances, est menée
simultanément avec l’instruction au titre de la loi sur
l’eau.
Le schéma suivant présente de manière synthétique la
procédure relative aux opérations de poldérisation.
44 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
POLDÉRISATION / CONSTITUTION DE TERRE - PLEINS
TEXTES DE RÉFÉRENCE
Pas de
• Rubrique 3.3.1.0 de la nomenclature 0,1 ha <
NON NON procédure au
annexée à l'art. R214-1 du Code de Zone asséchée Zone Asséchée titre de la
l'environnement. < 1 ha ≥ 1 ha rubrique
3.3.1.0
Déclaration loi OUI OUI Autorisation
sur l'eau loi sur l'eau
rubrique rubrique
3.3.1.0 3.3.1.0
Pas de
• Rubrique 4.1.2.0 de la nomenclature 160000€ ≤ procédure au
NON NON
annexée à l'art. R214-1 du Code de Montant travaux Montant travaux titre de la
l'environnement. < 1,9 M€ ≥ 1,9 M€ rubrique
4.1.2.0
• Arrêté du 23 février 2001, fixant les Déclaration OUI OUI Autorisation
prescriptions générales applicables loi sur l'eau loi sur l'eau
aux travaux relevant de la rubrique rubrique rubrique
4.1.2.0. 4.1.2.0 4.1.2.0
Le cas échéant, si création d'un réseau Pas de
de drainage : 20 ha < procédure au
NON NON
• Rubrique 3.3.2.0 de la nomenclature Superficie drainée Superficie drainée titre de la
annexée à l'art. R214-1 du Code de < 100 ha ≥ 100 ha rubrique
l'environnement. 3.3.2.0
Déclaration OUI OUI Autorisation
loi sur l'eau loi sur l'eau
rubrique rubrique
3.3.2.0 3.3.2.0
Déclaration
au titre de la
rubrique
2.2.3.0
OUI OUI
Le cas échéant, si rejet des eaux de
drainage : (Concentration
• Rubrique 2.2.3.0 de la nomenclature flux total de ET Max E.Coli)
annexée à l'art. R214-1 du Code de R1 < pollution brute pour < R2 1010 E.Coli/j < X < 1011 E.Coli/j
l'environnement. un au moins des
(débit moyen
paramètres
journalier rejet)
• Arrêté du 27 juillet 2006 fixant les
prescriptions générales applicables
aux rejets relevant de la rubrique NON NON
2.2.3.0
• Étude d'impact: décret n° 2011-2019
du 29 décembre 2011 modifiant (Concentration
notamment les art. R122-1 à -15 du flux total de Autorisation Max E.Coli)
code de l'environnement au titre du : OUI au titre de la OUI
pollution brute ≥ R2 X ≥ 1011 E.Coli/j
• 10°f) du tableau annexé à l'art. pour un au moins rubrique
R122-2 du code de l'environnement des paramètres 2.2.3.0 (débit moyen
• 13°a) et b) , le cas échéant, du journalier rejet)
tableau annexé à l'art. R122-2 du
code de l'environnement.
NON Pas de NON
• Enquête publique: décret procédure au
n°2011-2018 du 29 décembre 2011 titre de la
modifiant notamment les art. R 123-1 rubrique
à -27 du Code de l'environnement. 2.2.3.0
• Évaluation d'incidence Natura 2000 :
art. R414-19 et R414-23 du Code de Emprise des
l'environnement. terrains récupérés NON Consultation AE NON Pas d'étude
sur Étude d'impact d'impact
• Le cas échéant, en site portuaire : DPM ≥ 2000 m² au cas par cas
• Art. R 611-1 et -2 du Code des ports
maritimes.
OUI OUI
• Art. R 613-1 du Code des ports • Étude d'impact
maritimes. • Avis autorité environnementale
• Art. R 122-1 à -6 du Code des ports • Enquête publique
maritimes
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 45
6.4.9 Procédure instruction travaux – code des
ports maritimes
PROCÉDURE INSTRUCTION TRAVAUX
CODE DES PORTS MARITIMES
TEXTES DE RÉFÉRENCE INSTRUCTION MENÉE PAR LE
DIRECTEUR DU PORT
Art. R122-1 à -6 du Code des ports maritimes.
1- Consultation des collectivités et services locaux intéressés.
Décret 84-617 du 17 juillet 1984 relatif à l'applica-
tion de l'art. 14 de la loi 82-1153 du 30 décembre 2- Consultation du concessionnaire, lorsqu'il n'est pas maître
1982 relatif aux grands projets d'infrastructures, d'ouvrage.
aux grands choix technologiques et aux schémas
directeurs d'infrastructures en matière de 3- Consultation de la chambre de commerce et d'industrie
transports intérieurs. territoriale compétente, lorsqu'elle n'est pas le
Délai de réponse = concessionnaire.
2 mois
Art. R611-1 et -2 du Code des ports maritimes. 4- Consultation du conseil portuaire.
(l'absence de
réponse dans ce 5- Consultation, s'il y a lieu, de la commission nautique dont les
délai vaut avis conditions de fonctionnement sont fixées par un arrêté
favorable conjoint du ministre chargé de la marine nationale, du ministre
chargé des ports maritimes et du ministre chargé de la marine
marchande.
La grande commission nautique est consultée sur les
DOSSIER D'INSTRUCTION opérations comportant une modification des ouvrages
extérieurs du port et des chenaux d'accès; la commission
nautique locale est consultée dans les autres cas.
1- Étude d'impact, selon les catégories de projets et
les critères fixés dans le tableau annexé à l'art. 6- Consultation, le cas échéant, de la commission régionale pour
R 122-2 du code de l'environnement, notamment l'amélioration des conditions de débarquement des produits
catégorie 10°c) d) de la pêche (CORECODE)
7- Instruction mixte, conformément à la réglementation en
2- Mentionne la ou les rubriques de la nomenclature vigueur
annexée à l'art. R214-1 du Code de
l'environnement, dont relèvent les travaux. 8- Enquête publique s'il y a lieu.
3- Si l'extension du port maritime a pour objet de
doubler la capacité du port, évaluation du projet,
telle que définie à l'art. 4 du décret 84-617 du 17
juillet 1984:
• Analyse des conditions et des coûts de Dans le cas où les travaux envisagés sont soumis
construction, d'entretien, d'exploitation et de
renouvellement de l'infrastructure. aux procédures prévues par les articles L214-1 à
• Analyse des conditions de financement et si -6 du Code de l'environnement, l'instruction est
possible, estimation du taux de rentabilité menée simultanément avec celle prévue par les
financière. articles R214-6 à -56 du dit code.
• Motifs pour lesquels, parmi les partis envisagés
par le maître d'ouvrage, le projet présenté a
été retenu.
• Analyse des incidences de ce choix sur les
équipements de transport existants ou en
cours de réalisation, ainsi que sur leurs
conditions d'exploitation, et un exposé sur sa
compatibilité avec les schémas directeurs
d'infrastructures applicables.
• Le cas échéant, avis de l'autorité ayant adopté
le ou les schémas d'infrastructures.
• Analyse des données permettant de dégager
un bilan prévisionnel (cf 5° art. 4 du décret
84-617)
6.4.10 Utilisation en remblai, endiguements
et à enquête publique, selon l'article R.123-1 du même
L'édification de remblais est soumise à déclaration de code.
travaux ou à permis d'aménager au titre du code de
l'urbanisme en fonction de la hauteur et de l'emprise Dans les secteurs sauvegardés, sites classés ou réserves
des ouvrages.. naturelles, les affouillements ou exhaussements du sol
dont la hauteur excède deux mètres et qui portent
À moins qu'ils ne soient nécessaires à l'exécution d'un sur une superficie égale ou supérieure à un hectare
permis de construire, les exhaussements du sol dont peuvent être soumis, au cas par cas, à étude d'impact
la hauteur excède deux mètres et qui portent sur une au titre de la catégorie 48° de l'annexe à l'article R.122-
superficie égale ou supérieure à deux hectares, sont 2 du code de l'Environnement et à enquête publique,
soumis à étude d'impact au titre de la catégorie 48° de selon l'article R.123-1 du même code.
l'annexe à l'article R.122-2 du code de l'Environnement
46 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
Les travaux, ouvrages et aménagements dans les espaces espaces et milieux peut être admise après enquête
remarquables du littoral peuvent être soumis, au cas publique.
par cas, à étude d'impact au titre de la catégorie 11° de
l'annexe à l'article R.122-2 du code de l'Environnement. En fonction de la localisation du remblai, sa réalisation
peut être subordonnée à une procédure de déclaration
Ces dispositions, introduites par les décrets n°2011-2018 ou d'autorisation au titre de la loi sur l'eau : rubrique
et n°2011-2019 du 29 décembre 2011 constituent un 3.2.2.0. si le remblaiement est réalisé dans le lit majeur
changement notable dans la procédure d'instruction d'un cours d'eau, rubrique 3.3.1.0. pour le remblaiement
administrative qui s'applique à ces projets. de zones humides ou de marais.
Si les travaux de remblaiement ou d'endiguement Les matériaux issus de dragage peuvent, le cas échéant,
se situent en site inscrit au titre de l'article L 341-1 du être utilisés dans la constitution de digues de protection
code de l'environnement, ils sont soumis à déclaration contre les inondations ou submersions ou de rivières
préalable, adressée au préfet au moins quatre mois canalisées. Ces travaux sont soumis à déclaration
avant le début des travaux. Le préfet recueille l'avis de ou autorisation au titre de la rubrique 3.2.6.0. de la
l'architecte des bâtiments de France. La commission nomenclature « eau ».
départementale de la nature, des paysages et des sites
(CDNPS) peut être consultée. Il convient de signaler toutefois que l'utilisation
de sédiments issus de dragage en remblaiement
Si les travaux de remblaiement ou d'endiguement se ne peut être envisagée que dans le cadre d'un
situent en site classé au titre de l'article L 341-2 du code projet d'aménagement et ne peut pas être justifiée
de l'environnement, ils sont soumis à une autorisation uniquement par la simple élimination des matériaux. Le
spéciale du préfet ou du ministre chargé des sites selon projet d'aménagement doit répondre à un besoin.
la nature des travaux :
•
Il en va de même de projets conduisant à créer des
à autorisation spéciale du préfet pour les remblais en zones humides ou dans les marais. La
exhaussements du sol d'un maximum de 2 m de
préservation des zones humides et de la biodiversité
hauteur et de moins de 100 m² ;
est une orientation fondamentale de certains SDAGE,
• à autorisation spéciale du ministre pour les
exhaussements du sol de plus de 2 m de hauteur
qui peut être déclinée dans les règlements de SAGE.
Certains SDAGE prévoient que les mesures
et portant sur une superficie supérieure ou égale
compensatoires proposées par le maître d'ouvrage
à 100 m².
doivent comporter, dans le même bassin versant,
la re-création ou la restauration de zones humides
La demande d'autorisation spéciale est une obligation.
équivalentes sur le plan fonctionnel et sur le plan de
Elle doit être adressée au préfet quatre mois au moins
la qualité de la biodiversité. À défaut, la compensation
avant le début des travaux. Elle est accompagnée
d'un dossier comprenant toutes les pièces utiles à porte sur une surface au moins égale à 200 % de la
la compréhension du projet et à l'évaluation de son surface supprimée. La gestion et l'entretien de ces
incidence sur le site classé et sur le paysage. zones humides doivent être garantis à long terme. »
Le préfet délivre l'autorisation spéciale après avis de Les communes disposent d'un inventaire des zones
l'architecte des bâtiments de France, et, s'il le juge utile, humides de leur territoire.
de la commission départementale de la nature, des
paysages et des sites. Dans tous les cas, il informe la La compatibilité du projet aux orientations et
CDNPS des décisions qu'il a prises. dispositions du SDAGE et sa conformité au règlement du
SAGE sont des points fondamentaux sur lesquels porte
Le ministre délivre l'autorisation spéciale après avis l'examen de la régularité et de la recevabilité du dossier.
obligatoire de la CDNPS et au vu des avis formulés par L’'incompatibilité avec les dispositions du SDAGE ou du
la DREAL et par l'architecte des bâtiments de France. Le SAGE justifie une opposition à déclaration du préfet
ministre peut consulter la commission supérieure des et la non recevabilité d'une demande d'autorisation
sites, perspectives et paysages. conduisant le maître d'ouvrage à une modification du
projet.
L'article R.425-17 du code de l'urbanisme prévoit que la
décision prise sur la demande de permis d'aménager ou Le cas échéant, le dragage et l'utilisation des sédiments
sur la déclaration préalable ne peut intervenir qu'avec pour la réalisation de remblais ou d'endiguement, s'ils
l'accord exprès prévu par l'article L 341-10 du code de relèvent de la nomenclature « eau », font l'objet d'un
l'environnement (autorisation spéciale du préfet ou du dossier unique de déclaration ou d'autorisation traitant
ministre mentionnée ci-dessus). de l'ensemble des rubriques concernées.
En espace remarquable, l'article L146-6 du code de Le schéma suivant présente de manière synthétique
l'urbanisme prévoit que la réalisation de travaux ayant la procédure relative aux opérations utilisant les
pour objet la conservation ou la protection de ces sédiments en remblai ou en endiguement.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 47
UTILISATION EN REMBLAI, ENDIGUEMENTS
TEXTES DE RÉFÉRENCE
R EMBLAI E NDIGUEMENT LE CAS ÉCHÉANT
• Art. R 421-19, R 421-20, R 421-23 Le cas échéant : • Rubrique 3.2.6.0 de la nomencla- • Évaluation d'incidence Natura
du code de l'urbanisme • Étude d'impact au titre de la ture annexée à l'art. R 214-1 du 2000 : art. R 414-19 du code de
catégorie 48° de l'annexe à l'art. code de l'environnement l'environnement.
R122-2 du code de l'environne- • Décret n°2007-1735 du • Contenu de l'étude d'incidence :
ment 11 décembre 2007 relatif à la art. R 414-23 du code de l'
• rubrique 3.2.2.0 de la nomencla- sécurité des ouvrages hydrau- environnement.
ture annexée à l'art. R 214-1 du liques.
code de l'environnement • Arrêté du 29 février 2008 fixant
• rubrique 3.3.1.0 de la nomencla- les prescriptions relatives à la
ture annexée à l'art. R 214-1 du sécurité et à la sûreté des
code de l'environnement ouvrages hydrauliques.
• arrêté du 13 février 2002 fixant
les prescriptions générales
applicables aux remblais soumis
à déclaration au titre de la
rubrique 3.2.2.0
• Dispositions du SGADE
• art. R 425-17 du code de l'urba-
nisme en site classé ou réserve
naturelle
• art. L 146-6 du code de l'urba-
nisme en espaces remarquables
Digue
H<2m Zone asséchée OUI de protection
et
OUI
Surface soustraite
OUI contre inondations OUI
< 0,1 ha (1000 m²)
S<100m² < 400 m² et submersions
NON NON Pas de NON Pas de NON
Pas de
formalités au formalités au formalités au
titre de la titre de la Autorisation
titre du Code
rubrique 3.2.2.0 rubrique 3.3.1.0 au titre de la
de l'urbanisme
rubrique
3.2.6.0
H>2m
et 400 m² 0,1 ha
NON
100 m² ≤ S ≤ ≤ surface soustraite NON ≤ Zone asséchée NON
20000 m² < 10 000 m² < 10 000 m²
(1 ha) (1 ha)
(2 ha)
OUI OUI OUI
Étude d'impact
+ Digue de
Enquête rivière
publique canalisée
Secteur
sauvegardé dont OUI
le périmètre a été OUI
délimité : Site classé
Réserve
naturelle
NON
Déclaration au Autorisation au Déclaration au Autorisation Déclaration au
Déclaration Permis titre de la titre de la titre de la au titre de la titre de la
de travaux d'aménager rubrique 3.2.2. rubrique rubrique 3.2.2. rubrique rubrique
3.2.2.0 3.2.2.0 3.2.6.0
Durée Durée
d'instruction d'instruction
= 1 mois = 3 mois (*)
(*) si le projet n'est pas soumis à enquête publique
L'utilisation de sédiments marins ou estuariens en remblai ou en endiguement est envisageable après traitement.
Selon leur qualité, leur mise en œuvre doit tenir compte de la politique nationale de gestion des sites et sols pollués présentée dans la circulaire
du 8 février 2007 et ses 3 annexes.
48 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
6.5 Gestion à terre des sédiments En fonction des seuils et des critères définis pour ces
instruite sous le régime des ICPE rubriques, le traitement des sédiments relève d'une
procédure de déclaration ou d'autorisation instruite
Le transport, le stockage et le traitement à terre des par l'unité territoriale de la DREAL.
sédiments marins ou estuariens sur site distant du
port faisant l'objet d'un dragage sont encadrés par la Le cas échéant, le projet de dragage et de gestion à
législation relative aux ICPE. terre des sédiments extraits peut faire l'objet de deux
arrêtés préfectoraux d'autorisation, au titre de la loi sur
Selon les modes de gestion retenus et la nature des l'eau pour le dragage et au titre des ICPE pour la gestion
sédiments, les rubriques de la nomenclature des ICPE à terre.
concernées peuvent être les suivantes :
L'exploitation de certaines ICPE est subordonnée à
• 2517 transit, regroupement ou tri de déchets
inertes.
l'obligation de constitution de garanties financières,
destinées à assurer la dépollution et la remise en état
du site en cas de cessation d'activité ou d'accident.
• 2716 transit, regroupement ou tri de déchets non
dangereux.
Le décret n°2012-633 du 3 mai 2012, codifié à l'article
R.516-1 du code de l'environnement, étend cette
obligation aux installations soumises à autorisation
• 2718 transit, regroupement ou tri de déchets
dangereux.
et aux installations de transit, regroupement, tri
ou traitement des déchets soumises à autorisation
simplifiée (enregistrement) susceptibles d'être à
• 2790 installation de traitement de déchets
dangereux.
l’origine de pollutions importantes des sols ou des eaux.
Les garanties financières peuvent notamment résulter,
au choix de l’exploitant, de l’engagement écrit d’un
• 2791 installation de traitement de déchets non
dangereux.
établissement de crédit, d’une consignation auprès de
la Caisse des dépôts et consignations ou d’un fonds de
garantie privé.
• 2760-1 installation monospécifique de stockage de
sédiments dangereux. Les installations nouvelles mentionnées au 5° de
l’article R. 516-1 sont mises en conformité avec les
• 2760-2 installation monospécifique de stockage de
sédiments non dangereux.
obligations de garanties financières prévues à l’article
L. 516-1 dès le 1er juillet 2012. L'article R.516-5-1 du
code de l'environnement prévoit les délais de mise en
• 2760-3 installation de stockages de déchets inertes. conformité avec les obligations de garanties financières
pour les installations existantes.
Lorsque la durée d'entreposage excède un an pour
une filière d'élimination ou trois ans pour une filière Le tableau suivant présente un récapitulatif des
de valorisation, le stockage temporaire ou transit est procédures qui s’appliquent à la gestion des sédiments
considéré comme définitif et on entre dans le champ selon leur nature (dangereux, non dangereux, inertes)
d'application de la rubrique 2760. et les opérations envisagées (tri, transit, regroupement,
traitement ou stockage).
Déchets dangereux Déchets non dangereux Déchets inertes
Site de tri / transit / regroupement Site de tri / transit / regroupement Site de tri / transit / regroupement
rubrique ICPE: 2718 rubrique ICPE: 2716 rubrique ICPE: 2517
autorisation: ≥ 1 tonne autorisation: ≥ 1 000 m³ autorisation: ≥ 30 000 m³
déclaration: < 1 tonne déclaration: entre 100 et 1 000 m³ enregistrement : entre 10000 et
30000 m2
déclaration: entre 5 000 et 10 000 m2
Site de traitement Site de traitement Site de traitement
rubrique ICPE : 2790 rubrique ICPE : 2791 Rubrique ICPE : 2791
autorisation autorisation : ≥ 10 tonnes/j Autorisation : ≥ 10 tonnes/j
déclaration : < 10 tonnes/j Déclaration : < 10 tonnes/j
Stockage définitif Stockage définitif Stockage définitif
rubrique ICPE: 2760-1 rubrique ICPE: 2760-2 Rubrique ICPE : 2760-3 installation de
autorisation avec possibilité de autorisation avec possibilité de stockages de déchets inertes
stockage " monodéchet " stockage" monodéchet " Arrêté du 12 décembre 2014
+ arrêté du 15 février 2016 relatif aux + arrêté du 15 février 2016 relatif aux Enregistrement
installations de stockage de déchets installations de stockage de déchets
de sédiments (traitement biogaz, de sédiments (traitement biogaz,
distinction eaux de ressuyage et distinction eaux de ressuyage et
lixiviats, possibilité de casiers dédiés) lixiviats, possibilité de casiers dédiés)
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 49
La durée maximale d'entreposage des déchets sur Les procédures administratives ICPE relatives aux
un site de tri / transit / regroupement est de : 1 an si régimes de déclaration et d’autorisation sont présentées
les déchets ont vocation à être éliminés, 3 ans si les respectivement au travers des deux schémas suivants.
déchets ont vocation à être valorisés. Au-delà, l'activité
relève de la rubrique 2760 relative au stockage définitif.
PROCÉDURES ADMINISTRATIVES ICPE
FILIÈRES GESTION À TERRE DES SÉDIMENTS
1 - DÉCLARATION
DOSSIER DE PROCÉDURE DE DÉCLARATION
DÉCLARATION
Adressé au préfet du département Pétitionnaire/déclarant Préfet Maire
en 3 exemplaires avant la mise en
service de l'installation
1- Déclaration mentionnant:
• Si personne physique: nom,
prénom, domicile.
• Si personne morale: dénomina- Installation non comprise
Le préfet en informe le OUI
tion ou raison sociale, forme dans la nomenclature ou relevant
juridique, adresse du siège social, pétitionnaire de l'autorisation ou de
qualité du signataire de la l'enregistrement ?
déclaration.
• Emplacement sur lequel
l'installation doit être réalisée. NON
• Nature et volume des activités,
ainsi que la ou les rubriques de la
nomenclature dont elles
relèvent.
• Si l'installation figure sur les listes
mentionnées au III de l'art.
L414-4, une évaluation des
Le préfet invite le
incidences Natura 2000. NON
déclarant à régulariser Dossier complet et régulier ?
2- Plan du cadastre dans un rayon de ou compléter sa
100 m déclaration
3- Plan d'ensemble à l'échelle de
1/200 au minimum, accompagné
de légendes et, au besoin de OUI
descriptions permettant de se
rendre compte des dispositions
matérielles de l'installation et
indiquant l'affectation, jusqu'à 35
m au moins de celle-ci, des
constructions et terrains
avoisinants, ainsi que les points
d'eau, canaux, cours d'eau et
réseaux enterrés.
4- Le mode et les conditions d’utilisa-
tion, d'épuration et d'évacuation
Récépissé de
des eaux résiduaires et des émana- Copie déclaration et
déclaration avec copie
tions de toute nature ainsi que de textes des
gestion des déchets de l'exploita- des prescriptions
prescriptions
tion sont précisées. générales applicables à
générales
l'installation
5- Dispositions prévues en cas de
sinistre.
le cas
TEXTES DE échéant
Copie du récépissé
affichée pendant une
RÉFÉRENCES Arrêté préfectoral de mesures de durée minimum de
prescriptions publicité 1 mois an mairie avec
particulières sur rapport mention de la
Art. R512-47 à -54 du Code de
inspection ICPE et après possibilité pour les tiers
l'environnement
avis CODERST de consulter sur place
le texte des
Art. L512-8 à -10 du Code de prescriptions générales
l'environnement
Art. R414-19 du Code de
l'environnement : évaluation Observations sur
d'incidences Natura 2000 projet d'arrêté sous Procès-verbal dressé
Projet d'arrêté 8 jours 15 jours par le Maire de
avant CODERST l'accomplissement de
Art. 414-23 du Code de cette formalité
l'environnement : contenu de
l'étude d'incidence Natura 2000
50 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
PROCÉDURES ADMINISTRATIVES ICPE
FILIÈRES GESTION À TERRE DES SÉDIMENTS
2 - AUTORISATION
DOSSIER DE DÉCLARATION PROCÉDURE D’AUTORISATION
Adressé au préfet du département en 7 exemplaires
et mentionnant : L'exploitant dépose le dossier de demande
d'autorisation à la Préfecture du lieu d'implantation
1- Si personne physiqu e: nom, prénom, domicile.
2- Si personne morale: dénomination ou raison sociale,
Le Préfet donne acte du dépôt au demandeur et
forme juridique, adresse du siège social, qualité du
transmet le dossier au service instructeur (DREAL,
signataire. Saisine
STIIC, DDPP...)
3- Emplacement sur lequel l'installation doit être réalisée. (art. R512-11 CE) du Préfet de Région
(art. R512-11 CE)
4- Description, nature et volume des activités, ainsi que la
ou les rubriques de la nomenclature le cas échéant, Le service instructeur formule un avis sur la forme
périmètre et règles souhaités si institution de servitudes et sur le fond
d'utilité publique.
5- Procédés de fabrication, matières utilisées, produits
fabriqués, de manière à apprécier les dangers ou inconvé-
nients de l'installation. Dossier NON Demande de
conforme ? compléments au
6- Capacités techniques et financières de l'exploitant.
demandeur
7- Lorsqu'elle porte sur une installation destinée au
traitement des déchets, origine géographique des OUI
déchets et manière dont le projet est compatible avec les
plans national, régional, départemental de prévention et
de gestion des déchets. Le Préfet transmet dans les 2 mois le dossier au avis de l'autorité
Tribunal Administratif (T.A.) environnementale sur
dossier complet et
A chaque exemplaire de la demande d'autorisation sont régulier
joints les pièces suivantes : Le Président du T.A. Désigne le Commissaire
1- Une carte au 1/25 000 ou au 1/50 000 indiquant l'emplace- Enquêteur dans les 15 jours (art. R123-5 CE)
ment de l'installation.
2- Un plan au 1/2500 minimum, des abords de l'installation
jusqu'à une distance au moins égale à 100 m avec indica- Le Préfet prend un arrêté d'ouverture de
tion de tous les bâtiments et de leur affectation, des voies l'enquête publique (E.P.). Cet arrêté est affiché en
de chemin de fer, des voies publiques, des points d'eau, mairie et dans 2 journaux
canaux et cours d'eau. (15 jours avant l'E.P. - art. R123-11 CE)
3- Plan d'ensemble à l'échelle de 1/200 au minimum,
indiquant les dispositions projetées de l'installation ainsi
que, jusqu'à 35 m au moins de celle-ci, l'affectation des
Enquête publique • Enquête administrative (45 jours max)
constructions et terrains avoisinants, ainsi que le tracé de
(1 mois prolongeable) (art. R512-21 CE)
tous les réseaux enterrés existants.
• Avis des conseillers municipaux (45 jours,
4- Étude d'impact, dont le contenu est défini à l'art. R122-5
dont 15 avant clôture de l'E.P.) (art
et complété par l'art. R512-8 du Code de l'environne- Réunion avec le demandeur sous
R512-20 CE)
ment. 8 jours après la fin de l'E.P.
(art. R123-18 CE) • Avis de la C.L.I. sur l'étude d'impact
5- Étude de dangers définie à l'art. R512-9 du Code de
(activités de stockage de déchets) (art.
l'environnement.
R512-19 CE)
6- Notice portant sur la conformité de l'installation avec les Mémoire en réponse transmis • États voisins et ministre des affaires
prescriptions législatives et réglementaires relatives à par l'exploitant sous 15 jours étrangères (45 jours dont 15 après
l'hygiène et à la sécurité du personnel.
clôture de l'E.P.) (art. R512-22 CE)
7- Dans le cas d'une installation à implanter sur un site
Envoi du rapport et conclusion du • Ministre chargé des hydrocarbures (3
nouveau, la proposition du demandeur sur le type
mois après le début de l'E.P.) (art.
d'usage futur du site lorsque l'installation sera mise à Commissaire Enquêteur au Préfet
R512-23 CE)
l'arrêt définitif, accompagné de l'avis du propriétaire, sous 7 jours (art. R123-19 CE)
lorsqu'il n'est pas demandeur, ainsi que celui du maire ou • Conseil Général / Régional (art. R512-40
du président de l'établissement public de coopération Copie au T.A., au CE)
intercommunale compétent en matière d'urbanisme. demandeur, aux mairies • Institut National de l'Origine et de la
8- Pour les carrières et installations de stockage de déchets, du rayon d'affichage Qualité (3 mois) (L512-6 du Code de
un document attestant que le demandeur est proprié- (art. R123-21 CE) l'environnement)
taire du terrain ou a obtenu de celui-ci le droit de l'exploi-
ter ou de l'utiliser. Rapport de synthèse et propositions de
l'inspection des IC (art. R512-25 CE)
TEXTES DE RÉFÉRENCES
Art. L 512-1 à -6-1, L 512-14 à -20, R 512-2 à -10 du Code de Préfecture (art. R512-25 CE)
l'environnement
Annexe art. R 122-2 du code de l'environnement - cat.1° : *Commission
étude d'impact requise pour les ICPE soumises à autorisa- Information au demandeur des propositions, au
moins 8 jours avant le CODERST* (art. R512-25 CE) Départementale
tion et étude d'impact au cas par cas pour les ICPE de l'Environnement
soumises à enregistrement, dans les conditions et formes et des Risques Sanitaires
prévues à l'art. L512-7-2 du code de l'environnement et Technologiques
Avis du CODERST (art. R512-25 CE)
Art. R 414-19 du Code de l'environnement : évaluation
d'incidences Natura 2000
Art. R 414-23 du Code de l'environnement : contenu de Observations du demandeur sur les
l'étude d'incidence Natura 2000 propositions sous 15 jours (art. R512-26 CE)
Arrêté du 2 février 1998 relatif aux prélèvements et à la
consommation d'eau ainsi qu'aux émissions de toute Le Préfet statut sous 3 mois ou sursis à statuer
nature des ICPE soumises à autorisation. (art. R512-26 CE)
Arrêté du 15 février 2016 relatif aux installations de
stockage de sédiments Information des tiers (art. R512-39 CE)
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 51
6.6 Élimination des sédiments en L'admission des sédiments préalablement traités (au
centre de stockage de déchets moins déshydratés) en centre de stockage de déchets
existant ne fait pas l'objet a priori d'une procédure
Lorsque la réutilisation ou la valorisation des sédiments administrative au titre de la législation des ICPE, mais
n'est pas envisageable dans les conditions techniques d'une procédure d'admission dans l'installation. D'une
et économiques du moment, notamment par façon générale, la siccité des matériaux doit être
extraction de leur part valorisable ou par réduction supérieure à 30 % en masse de déchet sec. Ils doivent
de leur caractère polluant ou dangereux (cf définition donc avoir été préalablement égouttés ou déshydratés.
des déchets ultimes article L 541-2-1 du code de La réalisation d'analyses sur les sédiments issus du
l'environnement), et que leur détenteur a l'intention de traitement est requise pour vérifier qu'ils respectent les
s'en défaire, il peut envisager de les stocker sur un site seuils d'admission dans ces installations sur l'ensemble
spécifique ou de les éliminer en centre de stockage de des paramètres.
déchets inertes, non dangereux ou dangereux.
Par ailleurs, l’arrêté du 15 février 2016 fixe des
En principe, sauf traitement particulier, les sédiments prescriptions techniques applicables aux installations de
issus de dragages marins ou estuariens ne sont pas stockage de sédiments comparables aux installations de
admissibles en centre de stockage de déchets inertes, stockage de déchets non dangereux, mais adaptées aux
car ils dépassent les valeurs limites d'admission au sédiments, du fait de l'importance des eaux présentes
moins sur les paramètres chlorures et fraction soluble. dans les sédiments de dragage. Il fait notamment la
Toutefois, l'article 10 de l'arrêté du 28/10/2010 prévoit distinction entre eaux de ressuyage et lixiviats et définit
que les valeurs limites à respecter peuvent être adaptées les conditions dans lesquelles le captage de biogaz est
par arrêté préfectoral, après justification particulière requis. Cet arrêté ouvre également la possibilité que des
et sur la base d'une étude visant à caractériser le sédiments de dragage dangereux soient stockés dans
comportement d'une quantité précise d'un déchet une même installation que des sédiments de dragage
dans une installation de stockage donnée et son impact non dangereux, dans des casiers dédiés.
potentiel sur l'environnement et la santé.
Les sédiments admis dans une installation de stockage
La création d'un site de stockage mono-spécifique, de déchets sont assujettis à la TGAP (taxe générale sur
c'est-à-dire d'une installation recevant exclusivement les activités polluantes) sur le stockage des déchets
des sédiments issus de dragages et présentant un ménagers et assimilés. Cette taxe est perçue par les
même comportement environnemental, est encadré Douanes sur la base des tonnages reçus annuellement.
par la rubrique 2760 de la nomenclature des ICPE et Le montant de la TGAP est fixé par une circulaire
fait l'objet d'une procédure d'autorisation quel que soit douanière en application de l'article 266 nonies du code
le niveau de danger des matériaux (dangereux ou non des douanes avec des possibilités de modulation. Pour
dangereux). L'autorisation de ce type de stockage ne l'année 2019, le taux de base (sans aucune modulation)
peut être accordée qu'après avis du Conseil supérieur est de 34 €/T.
de la prévention des risques technologiques.
Le schéma suivant rappelle les principes de stockage
L'élimination de sédiments dans un centre de stockage des mono-déchets « sédiments ».
mono-spécifique déjà existant peut être envisagée si
l'arrêté préfectoral autorisant cette installation prévoit
cette possibilité et que les matériaux présentent des
caractéristiques identiques aux sédiments déjà stockés
et un même comportement environnemental. Il
convient donc de solliciter l'avis du service instructeur
(unité territoriale de la DREAL) sur la faisabilité de cette
solution lors de l'élaboration du projet. Ce service
appréciera si l'admission de ces matériaux constitue ou
non une modification notable de l'autorisation initiale
justifiant le cas échéant un arrêté complémentaire
après instruction préalable du dossier. Une demande
d'admission des matériaux devra également être
sollicitée auprès de l'exploitant du site.
52 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
STOCKAGE DE SÉDIMENTS ENVISAGÉ COMME MONO-DÉCHET
TEXTES DE RÉFÉRENCES
Art. R511-9 + annexes du code de l'environnement.
Autorisation au titre de NON Sédiments OUI Autorisation au titre de
la rubrique 2760-2 dangereux ? la rubrique 2760-1
Arrêté du 15 février 2016 relatif aux installations de
stockage de déchets de sédiments
Circulaire du 24 décembre 2010 relative aux INVESTIGATIONS TECHNIQUES À MENER
modalités d'application des décrets n°2009-1341,
2010-369 et 2010-875 modifiant la nomenclature des
Article 2
installations classées exerçant une activité de
traitement de déchets.
Le présent arrêté s'applique aux installations de stockage de déchets de sédiments
que les déchets de sédiments proviennent d'une ou plusieurs opérations de dragage.
Ces installations sont soumises à la réglementation relative aux rubriques
correspondantes de la nomenclature sur les installations classées pour la protection de
l'environnement.
Si, sur la base d'une évaluation des risques pour l'environnement, l'exploitant établit
que l'exploitation des casiers n'entraîne aucun risque potentiel pour le sol, les eaux
souterraines ou les eaux de surface, et l'air ambiant, les prescriptions fixées aux articles
37 et 38 peuvent être adaptées. Les prescriptions techniques alternatives sont prises
dans l'arrêté préfectoral d'autorisation.
Possibilité de stockage monodéchets sédiments : adaptation des exigences en
Définition :
terme de :
Une installation de stockage mono-déchet est une
- traitement des biogaz
installation recevant exclusivement des déchets de
même nature, issus d'une même activité et présentant un - distinction des eaux de ressuyage et les lixiviats
même comportement environnemental. - possibilités de casiers dédiés
Le schéma suivant apporte des précisions quant aux
investigations préalables à mener pour l’admission
des sédiments en centre de stockage et les conditions
et critères d’admission pour les déchets inertes et les
déchets dangereux.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 53
STOCKAGE DE SÉDIMENTS ENVISAGÉ COMME MONO-DÉCHET
INVESTIGATIONS À MENER
POUR LE STOCKAGE DE MONODÉCHETS SÉDIMENTS
TEXTES DE RÉFÉRENCES
Arrêté du 12 décembre 2014 relatif aux prescriptions générales Arrêté du 15 février 2016 relatif aux installations de stockage de déchets de
applicables aux installations du régime de l'enregistrement relevant de sédiments de stockage de déchets non dangereux et notamment sont :
la rubrique n° 2760 de la nomenclature des installations classées pour la • Annexe I : Critères à respecter pour l'acceptation de déchets de
protection de l'environnement sédiments dangereux ;
• Annexe II : Critères minimaux applicables aux rejets d'eaux de ressuyage
et des lixiviats ;
• Annexe III : Dispositions relatives au contrôle des eaux, des lixiviats et des
gaz ;
• Annexe IV : Essais à réaliser dans le cadre de la caractérisation de base
pour les déchets de sédiments.
INVESTIGATION PRÉALABLES A MENER POUR L'ADMISSION
DES SÉDIMENTS EN CENTRE DE STOCKAGE DE DÉCHETS
En installation de stockage de déchets inertes :
• Acceptation préalable par essai de lixiviation (test normalisé NF EN 12457-2) sur As, Ba, Cd,
Cr total, Cu, Hg, Mo, Ni, Pb, Sb, Se, Zn, chlorure, fluorure, sulfate, indice phénols, COT sur
éluat, FS (fraction soluble)
• Et analyse du contenu total sur COT, BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène, et xylènes),
PCB (polychlorobiphényles 7 congénères), Hydrocarbures (C10 à C40), HAP (hydrocarbures
aromatiques polycycliques)
En installation de stockage de déchets non dangereux (y compris stockage mono-déchet) :
• Analyse de concentrations dans le lixiviat sur métaux (As, Ba, Cr total, Cu, Hg, Mo, Ni, Pb,
Sb, Se et Zn), les fluorures, l'indice phénols, le carbone organique total sur éluat
• Siccité du déchet brut et sa fraction solide.
En installation de stockage de déchets dangereux (y compris stockage mono-déchet) :
• Test de lixiviation selon principes norme XP 30-417
• Essai normalisés à réaliser sur le déchet brut, le déchet traité, les éluats et les terres:
siccités, COT, fraction soluble globale, pH, Cr(VI), Cr, Ba, Mo, Pb, Zn, Cd, Ni, Cu, Sb, Se, As,
Hg, indice phénol, CN libres, fluorures, HAP, PCB, BTEX, organochlorés, HCT.
CONDITIONS D'ADMISSION DES CRITÈRE D'ADMISSION EN CENTRE DE
DÉCHETS EN CENTRE DE STOCKAGE DE STOCKAGE DE DÉCHETS DANGEREUX
DÉCHETS INERTES
• 4 < pH éluat < 13
• Fraction soluble globale < 10% en masse de déchet sec
Sont interdits (Art. 2 arrêté du 12 décembre 2014) :
• Siccité > 30% en masse de déchet sec
• des déchets présentant au moins une des propriétés de danger
• Seuils admission sur fraction extraite de l'éluat, exprimée en Mg/kg de
énumérées à l'annexe I de l'article R. 541-8 du code de l'environne-
déchet stabilisé sec :
ment, notamment des déchets contenant de l'amiante comme les
matériaux de construction contenant de l'amiante, relevant du code COT < 1 000 mg/kg Hg < 2 mg/kg
17 06 05* de la liste des déchets, les matériaux géologiques excavés Cr < 70 mg/kg Ba < 300 mg/kg
contenant de l'amiante, relevant du code 17 05 03* de la liste des Pb < 50 mg/kg Cu < 1 000 mg/kg
déchets et les agrégats d'enrobé relevant du code 17 06 05* de la Zn < 200 mg/kg Mo < 30 mg/kg
liste des déchets ;
Cd < 5 mg/kg Sb < 5 mg/kg
• Déchets liquides ou dont la siccité est < 30%
Ni < 40 mg/kg Se < 7 mg/kg
• Déchets dont la température est > 60 °C
As < 25 mg/kg fluorures < 500 mg/kg
• Déchets non pelletables
• Déchets pulvérulents, à l'exception de ceux préalablement condi-
tionnés ou traités en vue de prévenir une dispersion sous l'effet du COT déchet stabilisé ≤ 6% en masse de déchet sec
vent. ou COT éluat < 1 000 mg/kg
• Déchets radioactifs
Valeur limite à respecter sur éluat :
As < 0,5 mg/kg Pb < 0,5 mg/kg
Ba < 20 mg/kg Sb < 0,06 mg/kg
Cd < 0,4 mg/kg Se < 0,1 mg/kg
Cr total < 0,5 mg/kg Zn < 4 mg/kg
Cu < 2 mg/kg chlorure < 800 mg/kg
Hg < 0,01 mg/kg fluorure < 10 mg/kg
Mo < 0,5 mg/kg sulfate < 1 000 mg/kg
Ni < 0,4 mg/kg Indice phénols < 1 mg/kg
COT < 500 mg/kg fraction soluble < 4 000 mg/kg
Valeur limite à respecter sur contenu total (en mg/kg de déchet sec) :
COT < 30 000 mg/kg
Si le déchet ne respecte pas au moins une des valeurs fixées pour le
chlorure, le sulfate ou la fraction soluble, le déchet peut encore être BTEX < 6 mg/kg
jugé conforme aux critères d'admission s'il respecte les valeurs PCB (7 congénères) < 1 mg/kg
associées au chlorure et au sulfate, soit celle associée à la fraction Hydrocarbures (C10 à C40) < 500 mg/kg
soluble. HAP < 50 mg/kg
54 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
7. COORDINATION ENTRE PROCÉDURES
ET SERVICES INSTRUCTEURS
Selon le mode de gestion à terre des sédiments une installation relevant de la nomenclature des ICPE
extraits, les projets de dragage peuvent, dans certains annexée à l’article R.511-9 du code de l’environnement.
cas, relever des deux procédures au titre de la loi sur Les ICPE sont contrôlées par les inspecteurs de
l’eau pour le dragage et certains modes de gestion l’environnement en DREAL/DEAL dont les attributions
à terre ainsi qu’au titre des ICPE lorsque le mode de sont en partie relatives aux installations classées pour la
gestion donne lieu à la création/utilisation d’une ICPE. protection de l'environnement.
Chacune des procédures comporte différents régimes
attachés (autorisation, enregistrement ou déclaration En cas de procédure d'autorisation environnementale
pour les ICPE recensées à l’annexe de l’article R.511-9
sollicitée au titre de la loi sur l'eau et au titre des ICPE,
et autorisation ou déclaration pour les Installations
une procédure unique d’instruction sera menée. Dans
Ouvrages Travaux ou Activités (IOTA) recensés par la
ce cadre, il est demandé aux services de se coordonner
nomenclature IOTA annexée à l’article R.214-1 du code
de l’environnement). étroitement entre service de police de l'eau de la DDTM
et l'unité départementale de la DREAL/DEAL en charge
des ICPE ; les services sont encouragés à désigner un
interlocuteur unique pour le pétitionnaire. En général
7.1 Pour une filière de gestion en eau le service en charge de la police de l'eau coordonnera
l'instruction des dossiers, mais en dernier ressort c’est
des sédiments le préfet qui décide en application de l’article R.181-3
du code de l’environnement. Le service coordonnateur
Si la filière de gestion envisagée pour les sédiments instructeur sollicitera l’avis de la DREAL/DEAL (service
issus d’un dragage est l’immersion ou la remise en instructeur contributeur) sur le dossier de demande
suspension dans la zone des 12 milles nautiques, alors de dragage dès la phase amont et lors de la réception
l’ensemble du programme relève de la loi sur l’eau, et du dossier de demande lorsque la gestion à terre des
le service instructeur est unique : il s'agit du service sédiments est envisagée. L’évaluation d’incidences
en charge de la police des eaux littorales au sein des Natura 2000 insérée dans le dossier portera également
DDTM ou des DREAL/DEAL que ce soit pour un dossier
sur l’ensemble de l’opération et un seul arrêté encadrera
soumis à déclaration loi sur l’eau ou un dossier soumis à
l’ensemble.
autorisation environnementale.
7.2 Pour une filière de gestion à terre 7.4 Pour une filière de gestion à terre
relevant de la loi sur l'eau sans création d’une ICPE et ne relevant
pas de la loi sur l’eau
Si la filière de gestion envisagée pour les sédiments
issus d’un dragage est une filière de gestion à terre La valorisation de déchets dans des travaux d’aménage-
relevant de la nomenclature IOTA, alors l’ensemble ment ou dans des matériaux de construction ne fait pas
du programme relève de la loi sur l’eau, et le service l’objet de procédure de demande d’autorisation spéci-
instructeur est unique : il s'agit du service en charge fique à la réglementation déchet. La valorisation peut
de la police des eaux littorales au sein des DDTM ou alors être soumise à d’autres réglementations. Si les va-
des DREAL/DEAL. Le service police de l’eau vérifiera lorisations à terre prévues dans le dossier loi sur l’eau
par des contrôles ciblés le devenir des sédiments de l’opération de dragage ne relèvent pas de rubrique
conformément aux prescriptions adaptées de l’arrêté IOTA et posent question en termes de justification de
préfectoral. La DREAL/DEAL, compétente en termes la finalité utile, il est recommandé que l’avis du ser-
de réglementation déchet, pourra être sollicitée sur les vice compétent sur les ICPE de la DREAL/DEAL soit
dossiers. consulté sur l'acceptabilité de la valorisation (finalité
utile ou stockage déguisé). Si la DREAL/DEAL confirme
que l’opération visée ne relève pas des rubriques de la
nomenclature des ICPE, alors il est demandé au pétition-
7.3 Pour une filière de gestion incluant naire d’intégrer à son dossier, les justifications associées
une ICPE aux conditions de valorisation (caractérisation, justifica-
tion de la valorisation, acceptabilité environnementale,
Comme dit précédemment, une gestion à terre traçabilité), qui sont à prendre en compte dans le volet
n’engendre pas de manière systématique le « incidences » Cela ne préjuge pas de l’acceptabilité en-
déclenchement d’une procédure ICPE. Le dépôt d'un vironnementale de la valorisation qui sera étudiée lors
dossier ICPE n’est exigé qu’en cas de gestion à terre dans de l’instruction du dossier.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 55
8. PLANIFICATION ET GESTION DES OPÉRATIONS
8.1 Dragage en milieu marin : schémas de cette mesure, a été proposé par le ministère en
d’orientation territorialisés charge de l’environnement, de l’énergie et de la mer.
Il s’agit ensuite d’encourager la mise en œuvre locale.
En application de la directive cadre « stratégie pour le Ces documents ne disposeront d'aucun cadre juridique
milieu marin » (DCSMM), pour le maintien ou l’atteinte particulier, et ne seront en l'occurrence pas soumis à
du bon état écologique du milieu marin, une mesure évaluation environnementale.
pour permettre une gestion anticipée des activités de
dragage et des filières de gestion, par le « déploiement
de schémas d’orientation territorialisés pour ces
activités » a été intégrée aux programmes de mesures 8.2 Gestion à terre des déchets : plans
des plans d'action pour le milieu marin (PAMM). Cette
régionaux de prévention et de gestion
mesure a pour objectif la mise en place de schémas
directeurs actualisés de gestion des dragages à l’échelle des déchets
spatio-temporelle pertinente. Ils devront permettre
d’anticiper les besoins des acteurs, et de leur proposer Les sédiments gérés à terre doivent être intégrés dans
les outils adaptés à l’optimisation environnementale de les plans régionaux de prévention et de gestion des
la gestion des sédiments dragués. Ils aideront également déchets et les schémas régionaux d’aménagement,
à la mise en cohérence des suivis environnementaux. de développement durable, et d’égalité des territoires
Un cadrage méthodologique national, première étape (SRADDET).
9. GLOSSAIRE
Biodragages ou biotraitement
Ré réduction du volume des sédiments accumulés 22 septembre 1992. Elle est issue de la fusion de la
via l'ensemencement de bactéries. Procédés utilisés convention d'Oslo (1972) traitant de la prévention de
aujourd'hui à titre expérimental et devant encore faire la pollution marine par les opérations d'immersion, et
preuve de leur innocuité environnementale et sanitaire, de la convention de Paris, traitant des rejets d'origine
ainsi que de leur incidence sur la teneur (concentration) tellurique.
en polluants des sédiments et de la colonne d’eau. Les
polluants peuvent être remobilisés dans la colonne
d’eau suite à la dégradation de la matière organique par Dragage
les bactéries. opération d'extraction ou de remobilisation de
matériaux présents sur les fonds marins et estuariens,
dans les canaux, bassins ou chenaux d’accès aux ports,
Clapage et destinée à permettre la navigation, la réalisation de
Technique d’ immersion des sédiments par ouverture travaux et aménagements maritimes, mais également
du chaland transportant les sédiments (barge à fond à lutter contre les inondations. Ces travaux couvrent
amovible ou drague fendable) grâce à des clapets des opérations qui peuvent concerner les accès aux
hydrauliques. ports ou des ouvrages portuaires en deçà de la limite
transversale de la mer. Le terme dragage recouvre
Convention de Barcelone pour la protection de la également des opérations de maintien du chenal de
navigation des canaux et cours d’eau. La notion de
Méditerranée
curage peut-être assimilée à celle de dragage.
La convention de Barcelone de 1976, amendée en
1995, et les protocoles élaborés dans le cadre de cette
convention visent à protéger l’environnement marin Drague hydraulique aspiratrice
et côtier de la Méditerranée tout en encourageant navire doté d’une pompe centrifuge aspirant un
des plans régionaux et nationaux contribuant au mélange d’eau et de sédiment au travers d’un tube
développement durable. (élinde) muni d’un embout (bec d’élinde). La mixture
est refoulée, selon les dragues, dans un puits, dans un
chaland ou dans des conduites allant vers une zone
CONVENTION OSPAR de dépôt. L’efficacité du dragage peut être accrue par
convention Oslo-Paris pour la protection du milieu l’adjonction d’un désagrégateur en acier à lames ou à
marin de l'Atlantique du Nord-Est signée à Paris le griffes dans les terrains durs ou compactés au niveau
56 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
du bec d’élinde ; ce dernier système entraîne une et impacts environnementaux peuvent être assez
augmentation des remises en suspension au niveau du fondamentalement différents.
fond lors des opérations de dragage. On trouve deux
types de dragues aspiratrices : les dragues aspiratrices
stationnaires (DAS, utilisées principalement en milieu Dragages à l’américaine
portuaire pour l'excavation et l'élimination des cette technique de dragage hydrodynamique consiste
matériaux non cohésifs et des sables peu compacts, à remplir le puits de l’engin, puis à poursuivre le dragage
dans des zones étroites) et les dragues aspiratrices en en rejetant en continu les sédiments pompés dans
marche (DAM, utilisées dans le monde entier pour les le milieu. On sait que ce type de dragage induit une
dragages d'entretien des ports, des entrées et chenaux remise en suspension des sédiments très importante
d'accès portuaires.). pouvant avoir des incidences négatives fortes sur
l’environnement. Le drague à l’américaine n’est
pratiquement plus utilisée pour draguer les chenaux
Drague mécanique (excepté en Guyane) mais elle peut être parfois utilisée
drague à benne preneuse, à pelle ou à godets. Ces
dans le cadre du rechargement de plage (rejet direct
dragues sont utilisées dans des zones difficiles d’accès
des sédiments sur la plage).
(bordures de quais, bassins étroits) et peuvent travailler
jusqu’à des profondeurs de 25 m environ.
Immersion
Rejet en mer de matières à partir de navires, aéronefs,
Dragages hydrodynamiques
plates-formes ou autres ouvrages artificiels en mer
techniques de dragage ayant pour principe de remettre
en mobilité les sédiments, notamment en utilisant (définition par la Convention et le Protocole de
l’action des courants naturels, soit : Londres). En vertu de ce Protocole, toutes les activités
•
d'immersion sont interdites, sauf dans le cas de certains
le dragage par agitation,
« déchets et autres matières », dont les immersions
• le dragage à injection d’air, peuvent être acceptées sous certaines conditions
• le dragage à charrue,
(délivrance d’un permis, etc.) ; Les « déblais de dragage »,
appelés sédiments de dragage en France, en font partie.
• le rotodévasage,
• le dragage à injection d’eau,
Stockage mono-spécifique
• le dragage à l’américaine. Installation recevant exclusivement des sédiments issus
de dragages et présentant un même comportement
Il convient de bien distinguer ces différentes environnemental, est encadré par la rubrique 2760 de
techniques dont les utilisations, conditions d’emploi la nomenclature des ICPE
10. ACRONYMES
ABF architecte des bâtiments de France HAP hydrocarbures aromatiques polycycliques
ARS agence régionale de santé IFREMER
Institut Français de Recherche pour
l'exploitation de la mer
CLE commission locale de l'eau
ISDI installation de stockage de déchets inertes
CLI commission locale d'information
MES matières en suspension
COT carbone organique total
NQE normes de qualité environnementale
DCE directive cadre sur l'eau
PCB polychlorobiphényles
DDTM direction départementale des territoires et
de la mer SAGE schéma d'aménagement et de gestion des
eaux
DOCOB document d'objectifs
SDAGE
schéma directeur d'aménagement et de
DPM domaine public maritime gestion des eaux
DREAL direction régionale de l'environnement, de TBT Tributylétain, dibutylétain, monobutylé-
l'aménagement et du logement tain
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique 57
11. BIBLIOGRAPHIE
• Dragage : Dragage en milieu marin, immersion et
code de l’environnement : le guide des procédures
• Guide pour l’évaluation des incidences des projets
d’extraction de matériaux en mer sur les sites
préalables (CEREMA, 2008) Natura 2000 (Egis, Astérie, 2010)
• Échantillonnage des sédiments marins et fluviaux
(CEREMA, 2018)
Concernant la valorisation à terre des
sédiments :
Les guides produits par GEODE sont • Guide méthodologique « Acceptabilité de
matériaux alternatifs en techniques routières »
disponibles en téléchargement sur le site (SETRA, 2011)
internet du CEREMA
https://www.cerema.fr/fr/cerema/directions/cerema-
eau-mer-fleuves/club-geode • Échantillonnage des sédiments marins et fluviaux.
Valorisation (Cerema, 2018)
• Guide sur les bonnes pratiques pour la
caractérisation des matériaux en vue d’une • Protocole pour l’évaluation de l’écotoxicologie de
sédiments destinés à une gestion à terre. Rapport
opération de dragage et d’immersion en milieu final. BRGM/RP-60835 FR (Mouvet C., 2013)
marin et estuarien (GEODE, 2017)
• Guide sur les études d’impact d’opérations de
dragage et d’immersion en milieu estuarien et
Concernant la séquence « éviter, réduire,
compenser » :
marin (GEODE, 2014)
• Lignes directrices nationales sur la séquence éviter,
réduire et compenser les impacts sur les milieux
• Guide d’évaluation des risques sanitaires des
opérations de dragage et d’immersion en milieu
naturels (CGDD, 2013) en particulier la fiche 31.
estuarien et marin (GEODE, CEREMA, 2014)
• Évaluation environnementale - Guide d’aide à
la définition des mesures ERC (CGDD/Cerema,
• Guide sur les suivis environnementaux des
opérations de dragage et d’immersion (GEODE,
Théma, janvier 2018)
2012)
• Le principe de proportionnalité dans l’évaluation
environnementale (CGDD, Théma , août 2019)
• Guide méthodologique sur le dragage par injection
d’eau (GEODE, 2012)
• Guide sur les bonnes pratiques environnementales
des dragages et immersions en mer et en estuaire
(GEODE, 2018)
Concernant l'évaluation des incidences sur
les sites Natura 2000 :
• Guide méthodologique sur l'évaluation des
incidences des dragages des chenaux de navigation
et des immersions sur l'état de conservation des
sites Natura 2000 (GEODE, 2008)
• Recommandations pour la détermination
d'objectifs de gestion d'un estuaire au regard des
opérations de dragage et d'immersion (GEODE,
2008)
• Ports de commerce et Natura 2000 en mer - Guide
cadre (CETMEF, 2012)
58 Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de leurs matériaux - Note technique
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Le Cerema, l’expertise publique pour le développement et la cohésion des territoires
Le Cerema est un établissement public qui apporte un appui scientifique et technique renforcé
dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques de l’aménagement et du
développement durables. Centre d’études et d’expertise, il a pour vocation de diffuser des connaissances
et savoirs scientifiques et techniques ainsi que des solutions innovantes au cœur des projets territoriaux
pour améliorer le cadre de vie des citoyens. Alliant à la fois expertise et transversalité, il met à disposition
des méthodologies, outils et retours d’expérience auprès de tous les acteurs des territoires : collectivités
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dans une version stabilisée et validée. Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction
pédagogique et concrète facilite l’appropriation et l’application des recommandations par le professionnel
en situation opérationnelle.
Opérations de dragages maritimes et modalités de gestion de
leurs matériaux
Le transport par voies d’eau est, aujourd’hui comme hier, une solution logistique essentielle et les dragages
sont indispensables pour maintenir l’accès des navires aux infrastructures et adapter les voies navigables
à des formats croissants. Les dragages sont parfois nécessaires pour réaliser des aménagements portuaires
(dragages dits d’« investissement »). Hors de ces applications liées aux transports, ils peuvent être utiles
pour prévenir les inondations ou encore pour isoler certaines pollutions accidentelles ou héritées d’une
activité industrielle passée peu soucieuse du respect de l’environnement.
En effet les sédiments, notamment les plus fins d’entre eux, sont susceptibles de fixer des polluants qu’il
importe de ne pas remobiliser lors des travaux de dragages. Qu’ils soient pollués, ou pas, l’extraction et
le déplacement des sédiments constituent des opérations délicates, puisque cela modifie physiquement
et chimiquement des milieux vivants et perturbe potentiellement des équilibres hydrosédimentaires.
Il arrive que les sédiments doivent être déposés et traités à terre. Mais, sous certaines conditions,
ils peuvent également constituer une ressource utile pour divers secteurs d’activités (construction,
aménagement, agriculture…).
Autant de cas de figure qui sont abordés ici afin de guider les maîtres d’ouvrages dans la réalisation
des études nécessaires, de minimiser les impacts des dragages et d’obtenir les autorisations requises.
Cette publication a pour objectif, en remettant à jour, en synthétisant et en enrichissant des ouvrages
techniques antérieurs, de constituer une référence utile dans un contexte où les connaissances et les
méthodes évoluent et où les ambitions de reconquête de la qualité des milieux s’affirment .
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• Enquête « Dragage 2014 » - Enquête nationale sur le dragage des ports maritimes - Cerema, 2018
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