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Solutions Composites Bio-Sourcés Pour L'aviation Légère: Modélisation Du Module D'élasticité en Traction

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Solutions composites bio-sourcés pour l’aviation légère :

Modélisation du module d’élasticité en traction


Benjamin Masseteau, Annette Roy, Franck Michaud, Marck Irle

To cite this version:


Benjamin Masseteau, Annette Roy, Franck Michaud, Marck Irle. Solutions composites bio-sourcés
pour l’aviation légère : Modélisation du module d’élasticité en traction. 17èmes Journées Nationales
sur les Composites (JNC17), Jun 2011, Poitiers-Futuroscope, France. pp.78. �hal-00598015�

HAL Id: hal-00598015


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Comptes Rendus des JNC 17 – Poitiers 2011

Solutions composites bio-sourcés pour l’aviation légère :


Modélisation du module d’élasticité en traction

Bio-based composites for light aircrafts : modelisation of elastic tensil modulus

Benjamin Masseteau1, Annette Roy1, Franck Michaud2, Marck Irle2

1 : CRITT Materiaux Poitou-Charentes


ZA Beligon, rue Maurice Mallet, 17300 Rochefort
email : [email protected]

2 : Ecole Supérieur du Bois, rue Christian Pauc, 44000 Nantes


email : [email protected]

Résumé

Dans le domaine de l’aviation légère, les composites sont de plus en plus utilisés car ils répondent très bien au
cahier des charges exigeant de ce secteur industriel (propriétés mécaniques spécifiques importantes, très bonne tenue en
fatigue et en vieillissement [1], facilité de mise en œuvre,...). Toutefois, le développement de machines légères et
performantes ne peut désormais plus se faire sans considérer les impacts environnementaux induits par l’ensemble du
cycle de vie de l’aéronef.
Ceci nous a conduit à mener une étude ayant pour objectifs de montrer la possibilité d’utiliser les fibres
naturelles associées à une matrice thermodurcissable et de prévoir le module d’élasticité en traction des composites
obtenus. Par méthode inverse, nous avons évalué le module d’élasticité homogénéisé des éléments de renfort (30 à 45
GPa). L’influence de la discontinuité des fibres (rapport L/D), de l’orientation des fibres, ainsi que de leur « packing »,
n’a pas pu être évaluée, car les écarts type des modules d’élasticités obtenus expérimentalement sur composite sont plus
important que les variations engendrées par ces différents facteurs. Néanmoins, elles paraissent négligeables devant
celles de la porosité et du module des éléments de renfort lorsque les écarts types ne sont pas considérés.

Abstract

In light aircraft industry, composites materials are widely used since it fit well with drastic requirements of this
industry (high specific mechanical properties, good behavior in fatigue and ageing [1], easy to work). However, light
and performant aircraft development can’t be done today without considering environmental impact inferred by the
entire life cycle of the plane.

This leads us to make a study with the aim to demonstrate the possibilities to use natural fibers associated with
a thermoset matrix, and to evaluate the tensil modulus of obtained composites by calcul. By inverse method, we succeed
in evaluate the modulus of renforcement (30-35 GPa). We were not able to judge the influence of discontinuity of fibers
(L/D ratio), orientation parameter, and theoretical packing, because the standard deviation of mechanical tests results
performed on composite were higher than variation due to those parameters. However, this parameters appeared
unimportant compared with porosity and modulus of elasticity of reinforcement when standard deviation is not
considered.

Mots clés : Bio-composites, fibres naturelles, modélisation, module d’élasticité en traction


Keywords : Bio-composites, natural fiber, modélisation, characterization, tensil modulus

1. Introduction

Le domaine de l’aviation légère a profité des avancées réalisées dans le domaine des
matériaux composite, qui aujourd’hui, est un gros consommateur de composites tels que les
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carbone/époxy ou les verre/époxy par exemple. A présent, un des axes de recherche étudié par le
CORAC (COnseil pour la Recherche Aéronautique Civile) pour la réduction globale des impacts
environnementaux, est l’utilisation de matériaux moins impactant durant leur cycle de vie complet
(synthèse, vie et mort du matériau). Dans ce sens, il a été montré que les fibres naturelles possèdent
des propriétés mécaniques [2,3,4,5] intéressantes vis-à-vis du cahier des charges des matériaux
utilisés sur des petits aéronefs. Cependant, il est pour le moment difficile de prévoir les propriétés
mécaniques que présenterons les composites utilisant des fibres naturelles, car leur variabilité
importante [6], leur faible adhésion avec les matrices organiques thermodurcissables, et leur
morphologie elle aussi variable, compliquent la modélisation. Nous ne regardons ici que la
sollicitation en traction unidirectionnelle car elle est très largement rencontrée pour les matériaux
dans les aéronefs légers.

L’estimation du module d’élasticité d’un composite peut s’effectuer par des modélisations
analytiques de type loi des mélanges (loi série). Ce type de modèles semi-empirique se base sur les
propriétés des éléments constitutifs, la composition volumique du mélange et différents paramètres
rendant compte de la morphologie du renfort. L’identification des paramètres les plus influents se
fait par une analyse de sensibilité des différents modèles, couplés aux observations (tomographie
RX) et caractérisations mécaniques (micro-traction, traction). Pour la plupart des modèles prenant
en compte les différents aspects cités ci-dessus, deux hypothèses principales sont prises : adhésion
parfaite entre fibre et matrice et loi de Hooke vérifiée (élasticité linéaire). Mais le module
d’élasticité des éléments de renfort étant très variable, nous allons utiliser les différents modèles
pour évaluer par méthode inverse le module d’élasticité homogénéisé de ce mélange. Nous pourrons
par la suite utiliser ce module d’élasticité moyen pour prévoir celle du composite à dimensionner.

Ainsi, dans un premier temps, nous présenterons les matériaux utilisés pour l’étude, puis
nous détaillerons les mesures des propriétés mécaniques des deux constituants (fibres, faisceaux,
matrice), par la suite, les modèles de renforcement considérés pour l’étude ainsi que les mesures des
paramètres associés seront détaillés. Enfin, les calculs du module d’élasticité des éléments
renforçant suivant les différents modèles seront effectués et comparés aux résultats des essais
mécaniques sur fibres unitaires et sur faisceaux.

2. Matériaux et méthodes

2.1 Matières premières

Nous avons sélectionnés un renfort composés de fibres de lin (majoritairement de la variété


Hermès) présentes sous forme de fibres et de faisceaux (Fig. 1). Les fibres et les faisceaux
(composés eux-mêmes de fibres), sont juxtaposés unidirectionnellement dans le sens de la
sollicitation de traction (0°) et maintenus entre eux par un fil de liage en coton à 45°. Fibres et
faisceaux sont extrêmement variables en longueur, diamètre et nombre de fibre par faisceaux. La
composition exacte du mélange fibre/faisceau est difficile à connaitre car elle est aussi très variable
dans le volume du composite. Le tissu présente un grammage de 125g/m² à une humidité
d’équilibre de 8.5% (23°C, HR50%).

La matrice utilisée pour l’imprégnation des fibres naturelles est une résine de type DGEBA
(DiGlycideEther de Bisphénol A). Elle provient de la société SICOMIN® et est utilisée couramment
comme système de stratification à température ambiante de fibres synthétiques (verre/carbone). La
réticulation est réalisée à l’ambiante, et la poste-cuisson est effectuée en étuve pendant 16h à 70°C
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(suivant fiche technique SICOMIN [7]), ce qui permet d’atteindre un taux de réticulation pour ce
cycle de poste-cuisson supérieur à 99.9%.

Fil de liage en coton

Fig. 1 : renfort unidirectionnel utilisé, fil de liage et angle des fibres au niveau du fil de liage

2.2 Mise en œuvre des composites

Quatre composites ont été réalisés à partir du renfort sélectionné (6 plis de 125g/m² à 8.5%
d’humidité pour chaque composite) par la méthode d’imprégnation voie humide et compression
sous vide avec tissu de drainage. Les fibres n’ont pas été étuvées avant imprégnation et elles ont été
débulées lors de la mise en œuvre.

2.3 Méthodes de caractérisation

2.3.1 Physico-mécaniques

Les caractérisations mécaniques en traction des composites et de la matrice seule, sont


réalisées sur une machine d’essais Zwick 25 KN suivant la norme NF EN ISO 527-4 à une vitesse
de 1mm/min sur laquelle les déformations sont mesurées via un extensomètre à couteaux (Epsilon
technology, model 3542-100M). Les essais (5 éprouvettes par composite et 5 éprouvettes pour la
matrice) ont lieux en salle contrôlée en température et humidité relative (23°C, HR50%).

La mesure du module d’élasticité des fibres et des faisceaux est effectuée à l’aide d’un
micro-banc de traction (Tensiomètre KRUSS K100) en suivant la norme XP T25-501-2 [9]. Les
mesures ont été réalisées sur un lot de 250 fibres unitaires et sur un lot de 30 faisceaux provenant
du même tissu. Les valeurs proviennent d’analyses statistiques via l’identification d’une loi de
distribution à 3 paramètres.

Le module de cisaillement  de la matrice n’est pas mesuré, il est calculé à partir du


coefficient de poisson  (pris à 0.4) et du module d’élasticité  selon l’équation Eq. 1. valable
pour les matériaux homogènes et isotropes [8].

 

(Eq. 1)

Les densités sont mesurées par la méthode de la balance de Mohr (principe d’Archimède) en
utilisant le n-heptane (faible viscosité et composante polaire de l’énergie de surface nulle). Le taux
volumique de renfort  est calculé à partir des masses et des densités de la matrice et du composite
( ,  ,  ,  ) (Eq. 2). Celle-ci a pour avantage de ne pas utiliser la densité des fibres de lin qui
est difficile à mesurer.  représente la portion volumique de chaque constituant i avec f pour les
éléments de renfort, m pour la matrice, et 0 pour la porosité si elle est prise en compte.
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  1    1   1
 
  

(Eq. 2)
  

2.3.2 Morphologiques

caractérise la continuité du renfort. Le ratio  est calculé pour les fibres unitaires (250) et pour
Dans différents modèles, nous aurons besoin du facteur de forme des éléments renforçant. Il

les faisceaux (50) par MEB (Hitachi TM-1000) ou loupe binoculaire (ZEISS Imager A1M).

Le fil de liage (Fig. 1) provoque l’apparition d’un angle sur les fibres qui est responsable
d’une baisse de module d’élasticité axiale du composite lorsqu’il est sollicité en traction (cos "#)
[8]. Il est donc nécessaire de caractériser cet angle des fibres ainsi que la proportion des fibres
présentant cette orientation. Pour se faire, nous avons mesuré à l’aide de clichés macro sur
composite, un angle moyen maximal des fibres/faisceaux au niveau des fils de liage par le logiciel
d’analyse d’image ImageJ®.

La porosité des composites a été évaluée par tomographie RX avec calcul de la porosité 3D
(sur reconstruction). Cette expérimentation a été réalisée au laboratoire GEPEA (ONIRIS, Nantes)
sur un tomographe Skysan® ayant une résolution max de 6.5µm d’arête pour 1 voxel de volume et
nous permettant de visualiser les différences de densités des différents constituants du composite.
Un pas d’angle de 0.5° est pris entre chaque image pour obtenir 400 clichés par échantillon. Le
logiciel CTAn® assemble ensuite toutes les images pour reconstruire les images des tranches de
composite. Après avoir réalisé un seuillage pour les contours de la porosité, la reconstruction en
trois dimensions est réalisée par le même logiciel (Fig. 2) et l’évaluation de la porosité 3D est
directement effectuée sur ce model.

Fig. 2 : reconstruction modèle 3D issue de la tomographie RX

2.4 Modélisation

2.4.1 Hypothèses

Pour l’ensemble des modèles présentés ici et sauf indication contraire, nous considérons que
la porosité est nulle, donc que la composition volumique du mélange s’écrit Eq. 3. Nous allons pour
chaque modèle présenté ici, détailler l’origine des différents paramètres et regarder leur influence
sur le module des éléments de renfort.

1   $  (Eq. 3)

2.4.2 Modèles et paramètres d’intérêt

2.4.2.1 Paramètres communs

L’ensemble des modèles prennent en compte la composition volumique du mélange ainsi


que les modules d’élasticité des éléments de renfort et de la matrice (loi série). Ces modèles sont
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construits sur la base de la loi série en ajoutant un ou plusieurs paramètres, excepté pour les deux
modèles d’Halpin-Tsai, qui se présentent sur une autre architecture.

Modèle série : Le plus connu des modèle est sans doute le modèle série (loi des mélanges) [10] qui
considère que les déformations sont constantes entre le renfort et la matrice i.e %  %  % , on
peut donc écrire l’Eq. 4 via la loi de Hooke.  est le module d’élasticité du composite.

    $  &1   ' (Eq. 4)


2.4.2.2 Les autres paramètres

Modèle d’Halpin-Tsai : Les équations d’Halpin et Tsai (Eq. 5) [11] permettent le calcul simple et

des fibres courtes alignées. Le terme ( prend en compte le rapport  du renfort et le rapport des
de manière semi-empirique des propriétés mécaniques de la plupart des composites renforcés par

modules fibre/matrice est pris en compte par le terme ). Pour des fibres continues, le facteur de
forme tendra vers l’infini. Pour le cas de notre mélange de fibres/faisceaux, on a 186 , 2/ ,
60000. Pour de très haut taux de renfort volumique, Helwitt propose d’ajouter un terme à

composites considérés ici. Ce terme apparait alors très faible devant le rapport  . On choisit
l’expression d’( (Eq. 5), mais ce terme ne dépasse pas la valeur de 0.01 pour l’ensemble des

alors de négliger ce terme dans l’expression d’(.


/
(  2 0 $ 40 2
(Eq. 5)

=
456 7
   3 8 9:;< ) 
=
=
756
(Eq. 6)
4
=

Modèle d’Halpin-Tsai modifié [12] : Ce modèle prend en compte en plus du facteur de forme déjà
utilisé par le modèle précédent, la fraction maximale théorique de « packing » > du renfort selon la
?
nature de l’arrangement des fibres suivant si elles sont de forme cylindrique (>  # (0.785)), de
?
forme hexagonales (> 
√A
(0.907)) ou bien de forme aléatoire (> = 0.82). Pour ce model,
/
(  2 0 varie aussi de 186 à 60000.

=
456 7 7F
   3 8 9:;< )  ;C D  1$E G 
=
=
75B6 F²
(Eq.7)
4
=

Modèle de Cox : A l’origine développé par Cox [13], ce modèle permet de prendre en compte
l’aspect ratio de la fibre (continuité au même titre que les deux modélisations d’Halpin-Tsai), la
compacité théorique du renfort en fonction de sa géométrie (« packing », analogie avec > et le
transfert de contrainte entre le renfort et la matrice via le ratio  /  . Le terme )H est un facteur
appliqué à la contribution du renfort dans la loi des mélanges classiques :

  )H   $   (Eq. 8)

On considère pour ce modèle que   1200 IJ9 et que > prendra les mêmes valeurs que
/
0
pour le modèle d’Halpin-Tsai modifié. On ferra également varier le rapport pour juger de l’effet
/
sur )H . On prend encore une fois 186 , 0 , 60000.
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OP
KLMN R/ / T
)H  1  OP
Q
9:;<  20S U
 HM
(Eq. 9)
Q V

Paramètre d’alignement des fibres selon Krenchel [13] : L’angle maximal " précédemment mesuré,
est utilisé dans l’expression de )2 (Eq. 10). Pour cela, nous considérons le cas suivant qui est très
défavorable : 50% des fibres sont orientées selon l’angle maximal ", et les autres 50% sont
parfaitement alignées par rapport à l’axe de traction (0°).

)2  ∑ 9  <XY # "  (Eq. 10)


Porosité : Il est possible de prendre en compte la porosité du composite en ajoutant un terme 2
dans l’(Eq. 3), ce terme va avoir une influence sur la part de matrice à prendre en compte dans la loi
série. En effet, lorsque l’on fera varier 2dans le calcul de  , on considèrera que  est constant et
donc que  $ 2  1   .

    $  &1    2 ' (Eq. 11)

Porosité selon Mackenzie [13] : Dans bon nombre de travaux sur les composites, il apparait que
l’effet de la porosité de type « bulle sphérique» est bien retranscrit par l’utilisation du terme
1  2 M implémenté dans la loi classique des mélanges assumant  $  $ 2  1. 2 est la
porosité présente dans le composite, et n est un exposant qui exprime l’effet de la porosité sur la
présence ou non de zones de concentration de contraintes. Un n = 0 indique que la porosité
n’implique pas la présence de zones de concentration de contrainte. Dans la plupart des études sur
les composites à fibres synthétiques, le n est pris égal à 1.

  )2 )H   $  1    2  1  2 M (Eq. 12)
3. Résultats et interprétations

3.1 Renfort et matrice

Le module d’élasticité  a été mesuré à 3.5 ± 0.18 GPa. La valeur de  obtenue par calcul
(Eq. 1) est de 1.31 ± 0.06 GPa en considérant =0.4. La densité est évaluée à 1.15 ± 0.01.

Les courbes de traction que l’on obtient pour les fibres présentent deux voir trois zones bien
distinctes : une zone de module « bas » en pied de courbe (36 GPa), et une seconde zone linéaire
pour le reste de la courbe (module haut : 45 GPa). Ce phénomène à déjà été étudié par certains
groupes de chercheurs [6], et est souvent associé au réalignement des mico-fibrilles de cellulose
pour la partie basse de la courbe. Pour les faisceaux, nous n’observons qu’un comportement
élastique pour l’ensemble de la courbe, et la valeur moyenne obtenue après analyse statistique est de
15.9 GPa.

Pour les aspects morphologiques, nous avons mesuré pour les fibres unitaires un diamètre
compris entre 10 et 30 µm, et une longueur comprise entre 10 et 55 mm. Pour les faisceaux (50

600 mm. Le ratio  pourra alors prendre une valeur basse de 93 et une valeur haute de 30000.
faisceaux), nous mesurons un diamètre compris entre 20 et 200 µm, et une longueur variant de 60 à

L’angle moyen maximal des fibres/faisceaux au niveau des fils de liage a été évalué à 6°.

3.2 Composites
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Les modules d’élasticité, les densités et les taux volumiques de renfort des quatre
composites sont présentés dans le Tab. 1. Le même process utilisé pour l’ensemble des composites
se montre variable en terme de taux volumique de renfort obtenu. Il serait nécessaire d’utiliser
d’autres process de mise en œuvre pour avoir une plage de variation de  plus importante.

Composite  (GPa)  
11-0039 15,5 ± 0,9 1,18 0,407
11-0040 15,8 ± 2,1 1,17 0,427
11-0052 12,9 ± 0,6 1,24 0,354
11-0053 13,9 ± 1,4 1,20 0,315
Tab. 1 : caractérisation mécanique en traction, densités, et taux volumiques de renfort des quatre composites
unidirectionnels

La porosité totale des composites mesurée par tomographie RX, est décomposable en
porosité ouverte et fermée (Tab. 2). Elle atteint au maximum une valeur de 19.3%, ce qui est assez
élevé pour un composite. Dans la majeure partie des composites renforcés par fibres de carbone,
cette porosité ne dépasse que très rarement les 6%. La porosité dans les composites est de trois
types : la première est celle présente dans les fibres (lumen, fissures dues à l’étuvage du composite),
la seconde est présente à l’interface fibre/matrice (induite par hétérogénéité physique et chimique et
retrait fibre), et la dernière est celle de la matrice (bulles et autres formes, retrait).

Lors de l’étuvage des composites (poste-cuisson), nous avons pu observer sur de nombreux
clichés MEB (exemple en Fig. 5), l’apparition de fissures pouvant être expliquée par le retrait des
fibres et de la résine. Les fibres naturelles subissent un retrait volumique (tangentiel et radial) assez
important lors de leur passage à l’état anhydre. Le retrait de la résine [14] qui va aussi dans le sens
d’une augmentation de la porosité est causé à la fois par le retrait chimique et le retrait du au
refroidissement de celle-ci après le pic exothermique. Cependant, il n’est pas possible de déterminer
l’appartenance de ces trois porosités aux deux classes « fermée » ou « ouverte » des résultats de la
tomographie.

Porosité
Composites
Ouverte (%) Fermée (%) Totale (%)
11-0039 12,2 5,1 17,3
11-0040 14,7 4,1 18,8
11-0052 13.3 6.0 19.3
11-0053 13,7 4,1 17,8
Tab. 2 : porosité 3D par tomographie

3.3 Modélisation

Dans un premier temps, nous allons regarder l’influence des différents paramètres sur le
module d’élasticité du renfort  calculé par méthode inverse sans prendre en compte les écarts
types induits par les essais mécaniques sur composites. Nous rappelons les résultats des essais de
micro-traction sur fibres et faisceaux : 45 GPa et 15.9 GPa respectivement à comparer avec les
valeurs issues des modélisations qui sont présentées dans le Tab. 3. Les résultats pour la

des fibres (moins de 3% d’écart relatif en passant du ratio  max au ratio min).
modélisation d’halpin-Tsai présentés dans le Tab. 3, montrent une faible influence de la continuité
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Porosité à Mackenzie à 2 loi série avec


Modèles L/D min L/D max
2 tomographie tomographie )2 =0,989
loi série Cox, k=0,82
Composites HT HTM k=0,82 HT HTM k=0,82

33,8 ± 33,0 ±
11-0039 33,0 ± 2,2 33,7 ± 1,5 33,0 ± 2,2 33,5 ± 2,3 34,5 ± 2,2 42,2 ± 2,7 33,4 ± 2,2
2,3 3,1

33,1 ± 32,3 ±
11-0040 32,3 ± 4,9 33,0 ± 4,2 32,3 ± 4,9 32,8 ± 5 33,8 ± 5 42,5 ± 6,1 32,7 ± 4,9
5,1 5,8

30,8 ± 30,1 ±
11-0052 30,1 ± 1,6 30,7 ± 1,1 30,1 ± 1,7 30,5 ± 1,8 32,0 ± 1,7 40,5 ± 2,1 30,4 ± 1,7
1,8 2,4

33,8 ±
11-0053 32,9 ± 3,9 33,7 ± 3,1 32,9 ± 5 32,9 ± 3,9 33,4 ± 4 34,6 ± 4 43,3 ± 4,8 33,2 ± 4
4,2

Tab. 3 : résultats des modélisations pour Ef,(GPa), HT : Halpin-Tsai, HTM : Halpin-Tsai Modifié
 Z2 \ 
à
 # 
Il en est de même si on fait varier le rapport de . Plus le rapport sera
important, plus la rigidité du composite sera importante.

Pour le modèle d’Halpin-Tsai modifié, nous ne donnons ici que les valeurs de Ef pour > =
0.82 car si on fait varier > de 0.785 à 0.907, on a une très faible variation de Ef (< 10 MPa). De la
même manière que pour le modèle d’Halpin-Tsai classique, l’influence du rapport  sur Ef est
limitée.

Pour le modèle proposé par Cox, on obtient des valeurs de )H comprises entre 0.984 et
0.999 et ce pour l’ensemble des différentes valeurs que peut prendre > = 0.785 ; 0.82 ; 0.907 et le
ratio  . Dans le calcul de Ef , nous sommes contraints d’utiliser une valeur de Ef que l’on fait
varier de 20 à 50 GPa. L’influence de la valeur de ηl sur les modules des deux composites est faible
ici (Tab. 3). Il en est de même pour l’influence du module de cisaillement  de la matrice sur ηl et
donc sur Ef. En effet, en faisant varier  de 1.31 à 1.45 GPa, ηl varie dans la plage de valeur de
0.984 à 0.999. Autrement dit,  à moins d’influence que > sur ηl.

Le calcul du paramètre d’alignement )2 des fibres selon Krenchel nous donne une valeur
minimale de 0.989 que l’on vient réinjecter dans la loi série devant la contribution du renfort. On
compare ensuite les valeurs de  obtenues avec la loi série. On observe alors une très faible
influence de ce paramètre d’orientation (Tab. 3).

Lorsque l’on fait varier de 0 à 20% la porosité 2 dans la loi série, on obtient une faible
variation de Ef (30-35 GPa) (Fig. 3), cette variation (±5 Gpa) est au-dessus de l’ordre de grandeur
de celles montrées par les autres modèles (±1 Gpa entre eux).
En revanche, pour la porosité selon Mackenzie (Fig. 4), on obtient des valeurs de Ef
comprises entre 30.1 et 44.7 GPa pour une porosité 2 variant de 0 à 20%. Cette variation (±14
GPa) est la plus grande de tous les modèles présentés ici.

Enfin, en ajoutant les deux paramètres )2  0.989 et )H = 0.984 (pris à leurs valeur
minimale), à la loi de Mackenzie (Eq. 13), on obtient une plage de valeur pour Ef de 30.9 à 45.9
GPa. La porosité selon Mackenzie induit d’avantage de variation que la porosité classique.
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  )2 )H   $  1    2  1  2  (Eq. 13)

11-0039 11-0040 11-0052 11-0053

41,0
Ef (GPa)
36,0

31,0

26,0
Porosité 0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25

Fig. 3 : influence de la porosité classique sur Ef par la loi série

11-0039 11-0040 11-0052 11-0053


55,0
50,0
45,0
Ef (GPa)

40,0
35,0
30,0
25,0
20,0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Porosité

Fig. 4 : influence de la porosité selon Mackenzie

4. Conclusion et perspectives

L’ensemble des modèles ne prenant pas en compte la porosité, (classique et de Mackenzie)


donnent, en faisant varier l’ensemble des paramètres, des valeurs de module d’élasticité du renfort
 comprises entre 30.1 et 33.8 GPa. L’écart type entre tous les modèles pour chaque composite ne
dépasse pas 0.31 GPa (soit 1% environ). Ce faible écart type montre que les modélisations (porosité
exclue) tendent toutes vers une valeur commune, et qui est affinée par la prise en compte des
paramètres morphologiques. En revanche, si l’on prend en compte l’écart type pour chaque modèle
(provenant de l’écart type des essais de traction sur composite), on ne peut tirer de conclusions
quand à l’influence des différents paramètres sur la valeur de Ef. En effet, les écarts type des
modules d’élasticités obtenus expérimentalement sur composite sont plus important que les
variations engendrées par les différents facteurs. Néanmoins, elles paraissent négligeables devant
celles de la porosité et du module des éléments de renfort lorsque les écarts types ne sont pas
considérés.

L’utilisation des valeurs de porosité (entre 17 et 20% pour les quatre composites) fournies
par la tomographie RX, dans la modélisation de Mackenzie, donne un module d’élasticité moyen du
renfort entre 40.5 et 43.3 GPa. Cette modélisation empirique reste à vérifier car elle est à l’origine
utilisée pour de la porosité matricielle sous forme de bulles. Il serait intéressant de calculer un n
pour chaque composite (Eq. 12), pour voir si il y a convergence de cet indice. Il sera nécessaire de
caractériser plus précisément la porosité observée en terme d’origine (renfort, matrice, interface) et
de la relier à celle mesurée par tomographie.

Les valeurs de module d’élasticité du renfort (45 et 15.9 GPa) obtenues par micro-traction
sur élément unitaire (respectivement fibres et faisceaux), nous indique que sans prendre en compte
Comptes Rendus des JNC 17 – Poitiers 2011

la porosité, le mélange est composé selon notre calcul et nos hypothèses à environ 50% en fibres et
le reste de faisceaux. Pour vérifier cette valeur, nous avons mesuré par analyse d’image sur un
cliché (composite 11-0040) (Fig. 5) cette proportion. La première valeur calculée est de 65%, ce qui
se rapproche de la valeur de 50% proposée ici par calcul. Pour valider totalement cette valeur, il
faut augmenter significativement le nombre d’analyse.

Aussi, pour obtenir la valeur maximale de Ef de 45 GPa donné par le modèle de Mackenzie
(porosité entre 17 et 20%), cela induirait que le renfort ne soit composé que de fibres (Ef = 45 GPa).
Or, sur coupe transversale (Fig. 5), on peut voir que ce n’est pas le cas pour ces composites. La
modélisation de la porosité selon Mackenzie semble alors incorrecte par rapport à ce mélange.

Fig. 5 : coupe transversale du composite 11-0040, mélange de fibres/faisceaux, fissuration

5. Remerciements

Merci à Mme Sylvie Chevallier pour les travaux de tomographie RX réalisés à l’ONIRIS
([email protected]).

Références
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Doctorale SIMEN, 2008
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Chemical Engineering at Washington University, 1971
[12] FRANCK MICHAUD, « Rhéologie de panneaux composites bois/thermoplastiques sous chargement thermomécanique :
Aptitude au postformage », faculté de foresterie et de géomatique université laval québec, canada, 2003
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