0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
248 vues13 pages

Sans Titre 14

Sans Titre 14

Transféré par

MohaElFahim
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
248 vues13 pages

Sans Titre 14

Sans Titre 14

Transféré par

MohaElFahim
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Affaire Barid Al-Maghrib :

tueurs à gages et fraudeurs


derrière le casse de Chronopost
Edition 2608
Soufiane Sbiti

Grand angle

Crédit: Le Desk

08.11.2024 à 14 H 54 • Mis à jour le 08.11.2024 à 17 H 20 • 2608 • Temps


de lecture : 17 minutes
Par

ENQUÊTE EXCLUSIVE (1/2)

La joint-venture entre Barid Al-Maghrib et la Poste française a été le


théâtre d’une très sombre affaire faite de chantage, de tentatives
d’assassinat et de menace d’attentat par un réseau criminel. Objectif
atteint par les truands : détourner de Chronopost des dizaines de millions
de dirhams principalement en cash, avant de disparaître dans la nature.
Ou presque. Premier épisode de nos révélations sur une affaire aux relents
de thriller et qui suit son cours en justice

Tout commence en août 2019, par un pneu crevé. Mohamed Kerdoudi, à


l’époque directeur administratif et financier (DAF) de EMS Chronopost,
joint-venture au Maroc entre Barid Al-Maghrib (Poste Maroc) et La Poste
française, sort de son domicile. Celui qui gérait les finances du spécialiste
de la messagerie internationale entre janvier 2019 et février 2020 croit à
la mauvaise chance, en découvrant une des roues de son véhicule à plat.
Un homme de passage feint de l’aider, avant qu’un second ne vienne
brutalement lui subtiliser ses affaires, dont son ordinateur portable.

C’est à partir de cette date que l’enfer commence pour le cadre financier de
Chronopost, précisent nos sources. Des semaines d’agressions, de
menaces d’assassinat et d’attentat ayant visé autant Kerdoudi, ses
collègues de bureau que le siège de l’entreprise publique basée à
Casablanca, qui au final, révéleront les dessous du plus gros scandale
jamais vécu par Barid Al-Maghrib : une filiale prise en otage et mise à sac
par un réseau criminel, composé à la fois de tueurs à gages comme de
fraudeurs en série. Certains ont été condamnés à des peines allant jusqu’à
15 ans de prison ferme, tandis que d’autres sont toujours en cavale ou
n’ont tout simplement pas été inquiétés.

Des hitmen aux portes de Chronopost

Quelques semaines après le vol à l’arraché de l’ordinateur de Kerdoudi, les


appels menaçants s’enchaînent. Au téléphone, on lui ordonne de verser
pas moins de 400 000 dirhams en échange d’une prétendue livraison de
cocaïne que le DAF devait écouler. Le comptable de formation ne
comprend rien, pense à un hoax ou encore à une méprise sur la personne.
Il est perdu et va déposer plainte à la police.

Les menaces ne cessent pas pour autant, elles s’intensifient même. En


décembre 2019, il est encerclé et agressé dans la rue par des inconnus
armés de couteaux. Balafré, Kerdoudi finira avec 15 points de suture au
visage. Une seconde plainte est déposée, cette fois devant le parquet.

Mohamed Kerdoudi réduira ses déplacements. Il changera de domicile et


se réfugiera chez un membre de sa famille. On le filera fréquemment, la
même voiture blanche de marque Docker le suit un peu partout…
En janvier 2020, un voisin toque à sa porte. Un mystérieux colis lui est
adressé. La police, au courant de la situation, est immédiatement alertée.
Les équipes scientifiques de la Direction générale de la sûreté nationale
(DGSN) sont dépêchées. La découverte est lugubre : un linceul
soigneusement déposé au fond d’une boite, avec tout ce qu'il faut pour un
enterrement. Le message pour le financier est on ne peut plus clair. C’est
la mort qui l’attend.

Kerdoudi ne fait pas que réduire ses déplacements, il finit par disparaître
de la circulation, par crainte pour sa vie. Personne ne saura où il se terre
pour échapper à ses poursuivants. Ses agresseurs tentent de le retrouver.
En vain. Ils se tournent alors vers le siège de Chronopost. Son centre
d’appels est inondé d’appels menaçants, et chaque employé est harcelé sur
son téléphone personnel. On leur demande de dénoncer le DAF, de révéler
sa localisation, sinon ce sont leurs familles qui vont périr. On n’hésite pas
à leur sortir les prénoms de leurs proches. La panique gagne l’entreprise.

Pendant de longues semaines, le staff de Chronopost au Maroc sera


quotidiennement harcelé et menacé. Tous les coups sont permis, même les
familles qui ne sont pas épargnées. Crédit : Mustapha Razi / Le Desk
C’est alors au tour du directeur général de Chronopost au Maroc d’être
dans le collimateur des truands : Abderrahim El Idrissi fait lui aussi objet
de menaces. « On le traquait même », assure une source au fait du
dossier. Et puis on ira jusqu’à l’atteindre physiquement. Au volant de sa
voiture, il est un jour agressé par un homme qui jette une boule de
pétanque sur son véhicule. Equipé d’une caméra embarquée, El Idrissi le
poursuivra et arrivera à identifier la voiture dans laquelle son agresseur
s’est enfui.

Une violente attaque et des détails qui permettront à la police d’interpeller


trois individus. Le quatrième, l’agresseur, est demeuré introuvable. Le trio
est arrêté dans un studio situé rue Washington, non loin du siège
casablancais de Chronopost. La cache servait à la bande criminelle,
comme « repaire » pour surveiller les faits et gestes des employés comme
des dirigeants de Chronopost. « Ils louaient l’appartement pour les
traquer », racontent nos sources.

Les trois individus impliqués dans l’agression à la boule de pétanque


finiront par passer aux aveux. A la tête du gang de tueurs à gages, un
certain Kamal Atrachi, chargé de coordonner la mission qui leur a été
confiée : assassiner le DAF et le DG.

La descente de la police permettra aussi de saisir un élément crucial pour


la suite de l’enquête : le téléphone portable de Kamal Atrachi. Le procès-
verbal dressé à l’époque par la police indiquait qu’une expertise
supplémentaire devait être effectuée sur l’appareil, histoire de débusquer
des éléments supplémentaires quant aux motivations du réseau. Rien ne
sera fait dans ce sens à ce moment.

« L’image qu’on avait alors est que c’était une affaire privée de l’ancien
DAF. On pensait qu’il avait eu un souci avec quelqu’un qui voulait sa
revanche, et que ça relevait de sa vie privée. Il lui a été signifié que ses
problèmes ont impacté la société et il a démissionné. La séparation s’est
faite à l’amiable, on était loin de soupçonner que le pire n’allait que
commencer », raconte notre source.
Automatiquement, c’est un certain Abdelilah Guigui qui vient remplacer
au poste Mohamed Kerdoudi. Guigui était précédemment responsable de
la comptabilité. Il assure désormais les fonctions de nouveau DAF par
intérim.

Tout semblait donc se tasser, mais derrière se profilait un subterfuge qui


n’éclatera au grand jour que plus tard…

Un casse bien ficelé

Nous sommes en octobre 2021. Assez commun dans la vie d’une


entreprise privée, mais intriguant pour une filiale de société publique : des
fournisseurs s’en remettent au directeur général, pestant contre des
impayés. L’un d’eux prend contact avec Abderrahim El Idrissi et lui
explique au téléphone que ce sont toutes ses factures de l’année 2021 qui
n’ont pas été payées. Au total, 300 000 dirhams (DH). Un second se
manifeste aussi, à quelques jours d’intervalle. Il est question cette fois-ci
de 700 000 DH.

Le DG s’en remet immédiatement au DAF par intérim et demande des


explications. Abdelilah Guigui lui ment. Il dira que tout a été payé et ira
jusqu’à envoyer, en capture d’écran, la preuve du montant débité des
comptes de l’entreprise.

Abderrahim El Idrissi décide d’aller plus loin. Il demande à la banque de


lui fournir des relevés bancaires, lui qui ne le faisait presque jamais,
devant s’occuper plutôt de superviser et exécuter la stratégie voulue pour
Chronopost, laissant le rapprochement bancaire et autres opérations
similaires à toute une équipe qui y est dédiée.

En consultant les relevés, aucune trace de l’opération bancaire dont le


DAF a produit une capture d’écran. Puce à l’oreille, le DG mène alors un
audit préliminaire des comptes de la société. Il y découvre des montants
régulièrement mis à disposition en cash auprès d’une agence bancaire de
Bank of Africa et au profit de trois employés de Chronopost : le nouveau
DAF Abdelilah Guigui, le trésorier Mohammed Lakhal, et enfin un agent
de distribution, Khalid Erramzy.

Le DG demande à la banque de lui fournir les traces de ces opérations


dont les ordres sont co-signés par lui-même et le directeur Activité Points
Relais de Chronopost, Fethi Doumar. Les faits se déroulent le 8 novembre
2021.

« Tout le monde est surpris et choqué. Barid Al-Maghrib a mandaté une


inspection qui a audité les comptes. Au total, ce sont 55 millions de
dirhams qui sont soupçonnés d’avoir été volés à travers des mises à
disposition comme des virements », se rappelle une source interne
présente à l’époque. Des éléments recueillis par nos soins auprès de
sources diverses et qui sont confirmés par le rapport officiel de
l’inspection mandatée par Barid Al-Maghrib.

Consulté par Le Desk, le rapport long d’une vingtaine de pages a été rédigé
suite à un mandat adressé par le DG de Barid Al-Maghrib, au sujet
d’opérations « d’encaissements et de décaissements ».

Les constats y sont limpides : « la détection de la fraude n’est survenue


que suite à la multiplication des réclamations fournisseurs. Le premier
examen des relevés bancaires de la BMCE a permis de détecter des
opérations de mise à disposition payées au profit des personnes :
Abdelilah Guigui, Mohammed Lakhal, et le livreur Khalid Erramzy ». On
ajoute : « les fonctions de responsable comptabilité et DAF par intérim
assurées simultanément par Abdelilah Guigui depuis février 2020 ont
contribué largement à créer les conditions favorables à l’amplification de
fraudes et malversations commises ». On conclut aussi à : « la défaillance
de contrôle au niveau de EMS Chronopost International Maroc ».

Des millions de dirhams ont été sortis de Chronopost, à travers le même


mode opératoire : des mises à disposition en cash et des virements
adressés à Erramzy Poly Services ainsi qu’à EPR Maroc, comme l’indique
le rapport d’inspection de Barid Al-Maghrib. Ces deux sociétés
appartiennent à l’agent de distribution, qualifié par le rapport de
« livreur », Khalid Erramzy.
Le 9 novembre, le DG demande à l’avocat de Chronopost de se mobiliser
et une plainte est déposée devant le procureur général. La maison-mère,
Barid Al-Maghrib, est prévenue, au même titre que le conseil
d’administration qui dirige Chronopost.

Le procureur général renverra le dossier au procureur du roi près du


tribunal pénal de première instance de Ain Sebaa à Casablanca. Des
instructions seront données par la suite à la police judicaire de
Casablanca : alors que les plaignants réclamaient l’arrestation du trio, on
choisit plutôt de les convoquer pour une audition.

Entretemps, une autre mise à disposition est effectuée : elle est de l’ordre
de 190 000 DH…

Du côté de Chronopost, on presse la police de s’exécuter. Elle le fera le 13


novembre, en déposant les convocations au siège de la société de
messagerie internationale. Alertés, les trois employés de Chronopost
prendront la poudre d’escampette. Abdelilah Guigui quittera
précipitamment le territoire, résident aujourd’hui en Espagne, selon nos
sources. Mohammed Lakhal entré en cavale tout comme le livreur Khalid
Erramzy.

Tout était faux, sauf l'argent dérobé

Des questions se posent alors : comment les fraudeurs fugitifs ont-ils pu


détourner autant d’argent via de simples mises à disposition à leur
bénéfice et des virements adressés à une coquille vide sans attirer
l’attention ?

Les éléments à notre disposition expliquent leur procédé comme suit : ce


sont deux personnes qui étaient dédiées au rapprochement bancaire au
sein de l’entreprise. Le DAF et le trésorier qui ont eux-mêmes bénéficié
des mises à disposition et autres virements. « Ils falsifiaient la situation
qu’on soumettait au DG mais aussi au commissaire aux comptes », nous
explique-t-on.

Les faux documents soumis au commissaire aux comptes devaient être


parallèlement vérifiés par la banque. Un procédé qui souffrait selon nos
sources de plusieurs manquements voire de laxisme, qu’on expliquait par
le retard de la banque à interagir. Des retards qui pousseront à chaque fois
le commissaire aux comptes à se tourner vers le DAF et le trésorier, leur
demandant d’assainir la situation. « Les relevés bancaires étaient donc
tout simplement faux. Il leur arrivait de changer le nom des personnes
bénéficiaires de la mise à disposition ou de tout simplement minorer les
montants afin qu’on ne remarque rien », étaye notre source. Une
situation alarmante lorsqu’on sait que le commissaire aux comptes fait
partie des Big Four. Il s’agissait ici en l’occurrence de Pricewaterhouse
Coopers (PwC). « Autrement dit, PwC a négligé cette procédure »,
conclut-on.

Ce qui a permis au DAF et au trésorier de régulièrement mentir sur la


situation réelle, et même de photoshopper des fois de faux mails envoyés à
la banque, qu’on transmettait ensuite à PwC. A travers le détournement
via les mises à disposition, ce sont, selon Barid Al-Maghrib pas moins de
20 MDH qui ont été subtilisés, entre 2017 et 2021.

C'est depuis ses locaux à CFC que le cabinet PwC était chargé du
commissariat aux comptes de la filiale de Barid Al-Maghrib, Chronopost
Maroc. Crédit: Mustapha Razi / Le Desk

6,5 MDH pour Abdelilah Guigui, 7,5 MDH pour Mohamed Lakhal et 5,9
MDH pour Khalid Erramzy. Ce dernier, livreur, verra ses versements
reçus indument monter en flèche : de 4 000 DH et 3 800 DH récupérés en
2017 et 2018, à 4,2 MDH en 2020 et 1,5 MDH en 2021…

La masse de cashs dérobés par le trio de Chronopost. Création : Le Desk

Afin de combler le trou béant dans les comptes, le trio imaginera une
parade : des demandes de prêt et d’augmentation de découverts auprès
des banques, au nom de Chronopost, seront aussi falsifiées. Un prêt de 5
MDH sera accordé à Chronopost par Bank Of Africa, alors qu’Attijariwafa
bank fera passer le découvert de 3 MDH à 5 MDH…

Les inspecteurs de la maison-mère dressent par ailleurs un autre constat


important : pas moins de 121 mises à disposition comportent la signature
du DG, Abderrahim El Idrissi, et le directeur Activité Points Relais, Fethi
Doumar. 14 autres sont co-signés par El Idrissi et le directeur commercial
Abdelhak Ouahibi.

S’agissant de l’authenticité de ces signatures, le rapport de Barid Al-


Maghrib indique ce qui suit : « l’établissement de certaines mises à
disposition lors des congés administratifs des deux responsables en
question, conjugué à l’absence d’apposition des cachets nominateurs des
directeurs et le caractère facilement reproductible des émargements des
deux responsables concernés, rend l’éventualité de falsification de leurs
signatures très probable », peut-on lire. On signale aussi « malgré cette
éventualité, le fait que ces documents soient servis sur du papier libre et
sans cachets nominatifs n’écarte pas la possibilité de leur établissement
même hors des locaux de l’entreprise ».

Des dirigeants sacrifiés pour clore le dossier ?

La procédure enclenchée par Chronopost au Maroc, mais aussi la Poste


française, à travers sa filiale Géopost, débouchera sur l’ouverture d’une
enquête judiciaire, confiée plus tard au juge d’instruction.

En attendant, Abderrahim El Idrissi qui affirmait avoir la confiance des


actionnaires, quittera son poste. Barid Al-Maghrib lui opposera une
« responsabilité morale ». Alors qu’il était détaché de l’institution postale,
El Idrissi y retourne d’ailleurs. Jusqu’en février 2022, où il est convoqué
par la police judicaire qui le placera en détention. Devant les enquêteurs,
l’intéressé, comme l’indiquent les éléments consultés par Le Desk, réfutera
toute implication. « J’ai un commissaire aux comptes qui validait sans
réserve les comptes annuels », glissera-t-il. « C’est le dernier bastion de
contrôle », assure-t-il. Un bastion qui a failli.

A la même période, la police judicaire de Casablanca arrête Khalid


Erramzy. Aux interrogateurs, celui-ci dira que le chef du réseau n’est autre
que le DG. Un témoignage suffisant pour poursuivre Abderrahim El Idrissi
qui sera placé en détention préventive, dans l’attente de son procès.

« Il se perdait dans les détails et se contredisait entre la PJ, le juge


d’instruction et le tribunal », arguera la défense d’El Idrissi. En vain.

On demande alors la poursuite en état de liberté. On tente de démonter


l’accusation de malversations, en soulignant que la signature apposée sur
les mises à disposition est une forgerie. Un rapport de la police statuera
comme suit : « certaines caractéristiques entre les deux signatures sont
identiques », sans pour autant affirmer s’il s’agit de la même main qui a pu
signer.

Côté défense d’El Idrissi, ce sont plusieurs rapports contradictoires qui


sont présentés pour tenter de démonter la principale pièce à conviction,
outre les déclarations farfelues de Khalid Erramzy. Un cabinet parisien,
ayant pignon sur rue, est même mobilisé pour évaluer la graphie. Rien n’y
fait.

Le juge d’instruction n’entendra rien et maintiendra la détention


préventive. Le procès ouvert en cours, il faudra à Abderrahim El Idrissi
deux ans pour connaître le verdict en première instance : il est condamné
pour « négligence grave », au même titre que son directeur Activité
Points relais, suivant les dispositions de l’article 242 du code pénal. La
sentence : un an de prison ferme et une amende de 40 000 DH pour
chacun, alors que les deux ont passé deux ans derrière les barreaux…

Quant à Khalid Erramzy, il écope de 12 ans de prison ferme et une amende


de 100 000 DH. Constituées parties civiles, Chronopost, ainsi que Geopost
réclament la colossale somme de 55 MDH aux accusés.

Condamnés en première instance en avril 2024, Abderrahim El Idrissi et


Fethi Doumar seront surpris par une autre condamnation, par contumace,
survenue deux mois plus tôt : celle pour « blanchiment de l’argent récolté
par des faits illégaux », en l’occurrence la supposée malversation. Une
situation paradoxale lorsqu’on sait que le duo n’a pas été reconnu
coupable pour avoir dilapidé de l’argent public. Ce que, le jugement à
notre disposition daté de février 2024, semblait oublier, affirmant que les
deux dirigeants de Chronopost ont été reconnus coupable de
malversations.

Une poursuite pour blanchiment assez coutumière de ce genre d’affaires,


comme cela a pu être le cas pour celle de Karim Zaz révélée par Le Desk.
Mais dans cette situation, la chronologie était cohérente. Une poursuite
pour blanchiment d’argent obtenu de manière illégale survient après avoir
été reconnu coupable d’un crime en lien avec le gain récolté. Ce qui n’est
pas le cas ici.

Libérés en avril 2024, le duo El Idrissi-Doumar, ayant vu leurs biens


confisqués, tentent de recouvrer leur droit et de se reconstruire. Depuis
juillet dernier, l’affaire est en appel, à l’initiative de toutes les parties,
surtout celles constituées parties civiles, et représentées par Chronopost
au Maroc, ainsi que le Français Géopost.

Libres mais toujours sous la menace d’une nouvelle condamnation, les


dirigeants de Chronopost demeurent toujours dans l’expectative. Un
premier recours, en se tournant vers « les institutions de Rabat » comme
avancent leurs proches, finira par payer. En adressant au Conseil
supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), l’ex-DG arrive à faire bouger la
puissante Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ) qui était restée
jusqu’à présent à l’écart du dossier, alors que tout montre qu’il devait lui
revenir.

Principale demande des victimes devenus accusés : réunir deux affaires en


une seule. Car selon les preuves qui seront fournies plus tard, et
authentifiées par Le Desk, les tueurs à gages ont agi de pair avec les
fraudeurs en série. Un élément crucial viendra valider cette fusion des
dossiers : le téléphone portable de Kamal Atrachi saisi par la police dès
2020, et dont les éléments exploités, que Le Desk a pu consulter, confirme
le lien entre les tueurs à gages et leurs commanditaires.
Création : Le Desk

Il fallait faire sauter l’ex-DAF, qu’il démissionne ou qu’il soit éliminé pour
que ne soit pas découvert le pot aux roses. Les hommes de main de Kamal
Atrachi devaient accomplir la sale besogne. Une fois la mission accomplie,
il ne restait plus alors qu’à puiser dans la caisse pour empocher les 55
MDH, en cash…

Comment la BNPJ mène l’enquête et où est parti tout cet argent ?


Réponses lors de notre prochain épisode…

Lire notre second épisode : Affaire Barid Al-Maghrib : à la


recherche des truands et de l'argent sale

Copyright Pulse Media. Tous droits réservés. 2608.


Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web,
messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Vous aimerez peut-être aussi