0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
76 vues5 pages

Chapitre 4 (Le Protectionnisme)

Transféré par

syllamaelx
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
76 vues5 pages

Chapitre 4 (Le Protectionnisme)

Transféré par

syllamaelx
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 4 : Le protectionnisme et l’organisation des échanges internationaux

La plupart des économistes préconisent le libre-échange. Ils estiment que les décideurs publics
devraient éviter de réduire ou d’augmenter, dans le seul intérêt de leurs pays respectifs, les niveaux
des exportations et des importations, car leurs volumes découlent naturellement des lois du marché.
Il arrive malheureusement souvent que les gouvernements restreignent les échanges internationaux
dans le seul souci de mettre à l’abri leurs industries de la concurrence internationale
Face à ces tentations protectionnistes et aux diverses entraves au libre-échange, le commerce
international a besoin d’être régulé en permanence et se doit d’être supervisé par un certain nombre
d’institutions, voire d’organisations internationales qui auraient pour mission de définir les règles du
jeu en matière des échanges internationaux, à trancher lorsque surviennent les conflits commerciaux
et à assurer la stabilité du système du commerce international.
Section 1 : Les restrictions au commerce international
Les gouvernements peuvent avoir recours à un arsenal d’instruments pour protéger les entreprises
nationales de la concurrence des firmes étrangères. Ces outils du protectionnisme sont regroupés
dans deux grandes catégories : il y a d’un côté les barrières tarifaires et de l’autre les barrières non
tarifaires.
A. Les barrières tarifaires
Il s’agit particulièrement des tarifs douaniers prélevés sur les importations. Un tarif douanier (droit
de douane est une taxe qu’impose un pays importateur sur un bien importé qui traverse sa frontière.
Cela a pour effet de rendre plus cher les biens importés sur le marché domestique par rapport aux
biens similaires produits sur le territoire national. Ainsi, lorsque les autorités imposent un tarif
douanier sur les importations d’un bien quelconque, les producteurs locaux sont les grands gagnants,
les consommateurs sont perdants à cause de l’augmentation du prix du produit concurrent importé
et le gouvernement voit ses recettes douanières augmenter.
En France, les tarifs douaniers concernent tous les types d’importations hors UE et sont quasiment
appliqués sur la plupart des produits importés en dehors du marché unique.
De manière générale, l’imposition des tarifs douaniers réduit les nombreux avantages qui découlent
du libre-échange (la recherche de l’efficacité productive optimale, l’intensité de la concurrence…).
B. Les barrières non tarifaires
A la différence des barrières tarifaires, les barrières non tarifaires reposent sur des aspects qualitatifs
et quantitatifs. Les quatre principales barrières non tarifaires sont :
 Les barrières non tarifaires techniques ou réglementaires (normes sanitaires, mesures
phytosanitaires, normes techniques),
 Les quotas d’importation,
 Les restrictions volontaires d’importation (RVE), le dumping.
1. Les barrières non tarifaires techniques ou réglementaires et autres
Les normes techniques et les dispositions réglementaires sont aussi des moyens indirects pour limiter
ou interdire les importations par des voies autorisées. De nombreux pays réservent en priorité aux
producteurs locaux les marchés publics en imposant aux entreprises étrangères participant aux
appels d’offre des normes très strictes sur la qualité de leurs produits. Ces normes constituent donc

1
un moyen puissant de protection de la production nationale, en raison de leur extrême diversité
(normes techniques, sanitaires, phytosanitaires.
2. Les quotas d’importation
Un quota d’importation d’un type de bien donné et imposé par un pays correspond à la restriction
directe sur la quantité à importer de ce bien. Cette restriction est généralement mise en œuvre par
l’octroi de licences à des entreprises locales importatrices ou encore directement aux
gouvernements des pays importateurs.
Le premier effet d’un quota est d’augmenter le prix intérieur du produit importé à cause de la
restriction quantitative, favorisant ainsi les producteurs locaux. Bien souvent, les effets d’un quota
d’importation sont quasiment similaires à ceux d’un tarif douanier, notamment lorsque les
entreprises locales sont les seules à détenir des licences d’importation.
Enfin certaines restrictions quantitatives sont tolérées dans le cadre des mesures de sauvegarde. Il
s’agit des exceptions et des dérogations à certaines mesures protectionnistes visant à protéger
temporairement l’industrie nationale.
3. Les restrictions volontaires aux exportations (RVE)
Les RVE ou accords d’autolimitation est un quota sur les importations qui émane généralement du
pays exportateur et non du pays importateur. C’est bien souvent sous la pression du pays
importateur que le pays exportateur y consent, afin d’éviter d’autres formes de restrictions pouvant
conduire à une guerre commerciale.
Concrètement, il s’agit d’une entente entre deux pays en vertu de laquelle le pays exportateur
accepte de limiter le volume de ses exportations. Les Etats-Unis et le Japon ont signé par le passé
différents RVE concernant notamment les exportations de voitures japonaises vers le territoire
américain.
4. Le dumping et les autres pratiques déloyales
Cet outil consiste pour une entreprise exportatrice à proposer sur les marchés extérieurs des prix
plus bas que sur son marché national, le but recherché étant l’accroissement des parts les marchés
extérieurs.
Les gouvernements mais aussi certaines entreprises exportatrices peuvent aussi recourir à des
formes d’aides, voire des subventions à l’exportation pour renforcer les parts de marché à l’étranger
(prêts aux clients étrangers, facilité de financement, garanties aux ventes à l’étranger…).
Enfin des manipulations de la valeur de la monnaie nationale en la dépréciant, par exemple. Cette
dépréciation permet d’améliorer la compétitivité-prix des producteurs nationaux relativement aux
producteurs étrangers sur certain marchés ou segments de marché. Elle permet dans ce cadre, tout à
la fois, d’accroître les exportations et de diminuer les importations en favorisant locaux.
Section 2 : L’organisation des échanges internationaux
Face aux tentations protectionnistes de certains gouvernements et aux différentes entraves du libre-
échange, le commerce international est encadré et supervisé par un certain nombre d’institutions et
de règles visant à assurer la stabilité du commerce international.
L’organisation des échanges internationaux est passée par plusieurs étapes de la fin de la seconde
guerre mondiale à nos jours. Le 3 octobre 1947, 23 pays se sont réunis à Genève pour lancer les

2
premières négociations multilatérales censées résoudre tous les problèmes commerciaux
internationaux de l’époque. Ces négociations qui se sont répétées durant plusieurs décennies ont
permis de grandes avancées en matière d’ouverture économique et du commerce international.
L’institution internationale créée dans cette perspective, le GATT, est rebaptisée OMC après les
accords de Marrakech le 14 avril 1944.
L’organisation du commerce mondial, tout au long de son histoire contemporaine, s’est basée sur le
multilatéralisme, c’est-à-dire sur le principe de la non-discrimination. Tout avantage accordé à un
pays est automatiquement étendu à l’ensemble des pays ayant adhéré à l’accord.
I. Le GATT
Les différents accords du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) lancés dès
1947 avaient pour finalité de définir les règles de bonne conduite commerciale entre pays.
A. Les principes fondateurs du GATT et les exceptions éventuelles
Quatre principes fondateurs ont marqué de leurs empreintes les accords commerciaux signés sous
l’égide du GATT.
 La clause de la nation la plus favorisée et le principe de réciprocité.
 La règle suppression de toute limitation des importations.
 La règle de l’égalité des traitements.
 L’interdiction du dumping.
Il existe un certain nombre d’exceptions aux principes du GATT étaient admis, comme par exemple :
 Les zones de libre-échange et les unions douanières dès lors qu’elles ne se traduisaient pas
une protection accrue à l’encontre des pays tiers et si les barrières internes étaient
totalement supprimées.
 Des dérogations étaient accordées à certains pays, notamment les pays en développement
(PED) où une sorte de protectionnisme éducateur était admis. D’autres dérogations étaient
aussi accordées aux pays connaissant de graves déséquilibres de la balance des paiements.
 Certains produits étaient exclus du champ d’application des accords et soumis à des régimes
particuliers (la pêche, l’Agriculture, la culture, le textile…).

B. Les grandes négociations commerciales multilatérales


Avec la suite de la création du GATT, les pays signataires devaient négocier entre eux les barèmes
douaniers à appliquer sur des produits spécifiques au cours des différents cycles de négociation.
 Le cycle de Genève en 1947 : les négociations étaient centrées sur la baisse des droits de
douane sur les produits manufacturés qui s’élevaient à cette époque à 40% en moyenne.

 De 1949 à 1967 : succession de 5 cycles de négociation portant sur la réduction des droits de
douane sur les produits industriels d’un peu plus de 30% et de 20% sur les produits
industriels. C’est durant cette période qu’a été créée la CNUCED ou UNCTAD, Conférence
des Nations-Unies pour le Commerce et le développement, une agence des Nations-Unies
dont la mission originelle consistait à accompagner les pays en développement dans leur
intégration à l’économie mondiale.

 Le cycle de l’Uruguay : 119 pays ont participé à ces négociations. Ce cycle comprenait un
vaste plan de baisse de droits de douane sur les produits industriels et agricoles, mais aussi
l’instauration de nouvelles règles sur la protection intellectuelle, l’investissement et les

3
procédures douanières. Le cycle de l’Uruguay est le cycle de libéralisation le plus audacieux
de toutes les négociations multilatérales du GATT.
Alors que le GATT était un système quasiment informel, peu contraignant et incomplet, puisqu’il ne
couvrait presque pas les services et très mal l’agriculture et le textile, l’accord de Marrakech signé en
1994 fonde l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), une organisation internationale dotée
d’une plus grande capacité de contraintes.

II. L’OMC
Cette nouvelle organisation créée en 1995 s’inscrit dans le prolongement du GATT et apporte une
contribution positiver aux enjeux de l’époque : une croissance économique mondiale à la hausse et
une mondialisation économique en plein essor. L’OMC est une institution internationale permanente
qui se distingue du GATT qui était à des négociations commerciales cycliques et thématiques.

A l’heure actuelle l’OMC compte 192 pays membres ; les trois-quarts étant des PED. Les principaux
contributeurs sont les Etats-Unis et le l’UE. Chaque pays membre dispose d’une voix et l’unanimité
est requise lors des négociations commerciales.

Les principes fondamentaux de l’OMC sont les mêmes que ceux du GATT, évoqués précédemment.
Dans le cadre de sa mission, cette organisation internationale s’appuie sur l’organe de règlement des
différends (ORD). Il s’agit du tribunal de l’OMC chargé d’arbitrer les conflits commerciaux entre les
pays membres. Les pays ne respectant pas les règles d’une concurrence mondiale loyale peuvent
être condamnés, même les Etats-Unis, même l’UE.

 Les mécanismes de fonctionnement de l’ORD


Les règlements de différends entre nations se font en trois étapes :
1ère étape : Les consultations (jusqu’à 60 jours)
Les parties s’engagent à discuter entre elles, sous l’égide de l’OMC. Si elles n’y parviennent pas, les
Etats concernés peuvent demander au Directeur de l’OMC de jouer le rôle de médiateur.
2e étape : Le groupe spécial
Les consultations ont échoué. On procède à la mise en place d’un groupe spécial sous 45 jours. Le
pays incriminé peut empêcher la constitution d’un groupe spécial une fois.
Les experts ont ensuite 6 mois pour produire leurs travaux sous forme de rapport, porté à la
connaissance de toutes les parties au conflit.
3e étape : L’Appel
Chaque partie peut faire l’appel de la décision du groupe spécial. L’organe d’appel est constitué de 7
membres et la durée de la procédure est en principe de 60 jours sauf exceptions (90 jours).
L’OMC est aujourd’hui en mal légitimité. Près d’un quart de siècle après sa création, elle est devenue
le symbole de la mondialisation heureuse avec toutes ses dérives. Elle souffre aussi d’un mode de
fonctionnement trop complexe et qui manque de lisibilité. Pour les altermondialistes, l’OMC est au
service des pays riches qui subventionnent leurs exportations et ne prend pas suffisamment en
compte les intérêts des pays les plus pauvres. Le cycle de Doha lancé par l’OMC en 2001 n’est jamais
parvenu à son terme, les PED ayant bloqué le processus, en partie, à cause des subventions agricoles
des pays riches.
Les difficultés que connait l’OMC actuellement, ajoutées aux blocages des négociations commerciales
internationales justifient, en grande partie, la prolifération d’accords commerciaux régionaux ou
bilatéraux.

4
III. Les unions régionales et les accords commerciaux
Une union régionale regroupe en son sein un ensemble de pays souhaitant créer un espace
économique commun. Dans une telle perspective, certains obstacles aux échanges et les disparités
devraient être atténués, voire disparaitre au fur et à mesure.
Un accord régional (ACR) est un accord passé entre plusieurs pays d’une même région du monde
pour faciliter les échanges, la circulation des biens, des services et des capitaux. L’accord bilatéral, en
revanche, est limité à deux pays ou bloc de pays.
Les accords régionaux qui résultent d’une union régionale présentent un certain nombre
d’avantages :
 la rapidité et la facilité avec lesquelles ils peuvent être conclus,
 ils permettent une augmentation des flux commerciaux entre pays signataires, ce qui leur
permet de réaliser des gains commerciaux importants, ainsi qu’une amélioration du bien-
être des consommateurs,
 avec un nombre d’interlocuteurs limités, il est plus facile de surmonter les obstacles.
Les pays négocient des accords commerciaux pour s’octroyer plus de liberté quant à leurs échanges
commerciaux. Ces accords ne se limitent pas seulement au volet tarifaire, ils s’étendent aussi à de
nombreux domaines tels que la santé ou la réglementation sanitaire, les brevets, la protection
intellectuelle, les investissements, les marchés publics… Une multitude d’accords commerciaux ont
été signés depuis la création de l’OMC en 1995.
Ces accords commerciaux comportent bien souvent des clauses permettant aux multinationales de
trainer les Etats en justice, lorsque ceux-ci prennent des dispositions créant des « obstacles derrières
les frontières ».
A. Les différents types d’unions régionales
On distingue plusieurs types d’unions économiques entre différentes nations :
 La zone de libre-échange : les barrières aux échanges intra-zones sont abaissées, voire
supprimées. Cependant, les pays membres n’imposent pas de tarifs douanes communs sur
les différentes importations de marchandises en provenance des pays tiers.
 L’union douanière : elle va plus loin que la zone de libre-échange à cause de l’existence d’un
tarif extérieur commun (TEC).
 Le marché commun : sorte d’union douanière dans laquelle les facteurs de production
circulent librement entre les pays signataires.
 Le marché unique : il s’agit d’un marché commun marqué par un effort d’harmonisation de
certaines règles ou réglementations internes.
 L’union économique : C’est un marché unique dans lequel est mise en place au moins une
politique monétaire commune.

B. Exemples des principaux accords commerciaux régionaux


Parmi les différents accords régionaux, nous pouvons citer en exemple :
 ALENA
 MERCOSUR
 ASEAN
 CEDEAO
 La ZECLAF
 …

Vous aimerez peut-être aussi