MPSI 3
DEVOIR EN TEMPS LIBRE N◦ 14
Problème :
A. Valeurs propres et vecteurs propres
Les résultats établis dans les deux premières questions de cette partie seront très utiles dans toute la suite du
problème. Si nécessaire, n’hésitez pas à les admettre pour pouvoir avancer dans le sujet.
Soit E un C-espace vectoriel de dimension finie n.
— Soit f ∈ L(E).
On dit qu’un complexe λ ∈ C est une valeur propre de f s’il existe un vecteur ~x non nul tel que
f (~x) = λ~x. Dans ce cas, tout vecteur ~x non nul vérifiant la relation f (~x) = λ~x est appelé un vecteur
propre de l’endomorphisme f .
— Soit A ∈ Mn (C).
On dit qu’un complexe λ ∈ C est une valeur propre de A s’il existe un vecteur colonne X ∈ Mn,1 (C)
non nul tel que AX = λX. Dans ce cas, tout vecteur colonne X non nul vérifiant la relation AX = λX
est appelé un vecteur propre de la matrice A.
1. Soient f ∈ L(E) un endomorphisme quelconque et λ ∈ C un complexe quelconque.
Montrer l’équivalence entre les 3 propositions :
i) λ est une valeur propre de f .
ii) λ IdE −f est un endomorphisme non bijectif.
iii) det(λ IdE −f ) = 0.
2. Soient A ∈ Mn (C) une matrice quelconque et λ ∈ C un complexe quelconque.
Montrer l’équivalence entre les 3 propositions :
i) λ est une valeur propre de A.
ii) λIn − A est une matrice non inversible.
iii) det(λIn − A) = 0.
2 0 4
3. Soit A = 3 −4 12
.
1 −2 5
a) On note, pour tout λ ∈ C, χ(λ) = det(λI3 − A).
Calculer χ(λ) en donnant le résultat sous forme factorisée.
b) En déduire les valeurs propres de A notées λ1 < λ2 < λ3 .
−4
c) Résoudre l’équation AX = λ1 X d’inconnue X ∈ M3,1 (C). En déduire que 3
est un vecteur
2
propre associé à la valeur propre λ1 .
Déterminer de même un vecteur propre associé aux valeurs propres λ2 et λ3 .
d) Montrer que les trois vecteurs propres trouvés forment une base de M3,1 (C).
e) En déduire le calcul de Ak pour tout k ∈ N. On explicitera les 9 coefficients.
B. Polynômes d’endomorphismes
1. Soit f ∈ L(E). On suppose que f possède n valeurs propres distinctes notées λ1 , λ2 , . . . , λn .
Pour i ∈ [[1, n]], on note e~i un vecteur propre associé à la valeur propre λi .
a) Montrer que la famille B = (e~1 , . . . , e~n ) est une famille libre de E.
b) En déduire que B est une base de E.
c) Comment s’écrit la matrice de f dans la base B ?
p
X
d) Soit P = ak X k un élément de C[X] et g l’endomorphisme de E défini par
k=0
p
X
g = P (f ) = ak f k = a0 IdE + a1 f + . . . + ap f p .
k=0
Déterminer la matrice de g dans la base B.
e) Préciser le déterminant de g en fonction des valeurs propres de f .
2. Une application :
0 0 0 0 1 5 4 3 2 1
1 0 0 0 0 1 5 4 3 2
Soient A = 0 1 0 0 0 et B = 2 1 5 4 3.
0 0 1 0 0 3 2 1 5 4
0 0 0 1 0 4 3 2 1 5
a) Calculer A2 , A3 , A4 et A5 .
(Inutile ici de détailler les calculs. Donner directement le résultat).
b) Déterminer les valeurs propres complexes de A.
c) Montrer qu’il existe cinq nombres complexes a0 , . . . , a4 tels que
B = a0 I5 + a1 A + a2 A2 + a3 A3 + a4 A4 .
d) En déduire une expression du déterminant de B.
e) Soit z ∈ C tel que z 5 = 1 et z 6= 1.
Montrer que (z − 1)(5z 5 + 4z 4 + 3z 3 + 2z 2 + z) = 5z.
f) En déduire det(B) = 3 × 54 .
C. Commutant d’un endomorphisme ayant n valeurs propres distinctes
Soit f ∈ L(E). On suppose que f possède n valeurs propres distinctes notées λ1 , λ2 , . . . , λn . On note e~i un
vecteur propre associé à la valeur propre λi pour tout i ∈ [[1, n]] et B la base (e~1 , . . . , e~n ).
1. Soit g un endomorphisme de E vérifiant f ◦ g = g ◦ f .
a) Montrer que pour tout i ∈ [[1, n]], il existe µi ∈ C tel que g(~
ei ) = µi e~i .
b) On note ϕ l’application de Cn−1 [X] → Cn telle que
ϕ : Q ∈ Cn−1 [X] 7−→ Q(λ1 ), . . . , Q(λn ) ∈ Cn .
Montrer que ϕ est un isomorphisme.
c) En déduire qu’il existe un unique élément P ∈ Cn−1 [X] tel que pour tout i ∈ [[1, n]], P (λi ) = µi .
d) Vérifier que g = P (f ).
2. Soit Cf = g ∈ L(E), f ◦ g = g ◦ f (Cf s’appelle le commutant de f ).
a) Montrer que Cf est un C-espace vectoriel.
b) Montrer que Cf est un sous-anneau de L(E).
c) Soit g ∈ L(E). Montrer que les trois propriétés suivantes sont équivalentes :
i) g ∈ Cf
ii) La matrice de g dans la base B est diagonale.
iii) Il existe P ∈ Cn−1 [X] tel que g = P (f ).
d) En déduire que Cf = Vect(IdE , f, f 2 , . . . , f n−1 ).
e) Quelle est la dimension de Cf ?
3. Application :
2 0 4
On note A =
3 −4 12 (cf partie A)
1 −2 5
On pose CA = M ∈ M3 (C), AM = M A (commutant de la matrice A).
Décrire CA .
- Fin du sujet -