Sources de production centralisées et décentralisées
Sources de production centralisées
et décentralisées
Objectif du cours : identifier les moyens de production d’électricité et les différentes catégo-
ries de centrales ; étudier l’impact environnemental de chacune des sources d’énergie.
I. Sources de production Pour une installation électrique, on parle plutôt de
d’électricité centralisées kilowattheure (kWh).
A. Les différents types de centrales Exemple :
Un four électrique d’une puissance de 1 000 W, fonc-
Tableau n°1 Les différents types de centrales tionnant pendant 1 heure, consomme 1 000 Wh ou
1 kWh.
CENTRALES ÉNERGIE PRIMAIRE
Hydrauliques Chute d’eau Rappel
Combustion charbon - L’énergie possède deux unités de mesures, le
Thermiques
pétrole Joule et le Wattheure. Le Joule est l’unité du Système
Nucléaires Uranium internationale alors que le Wattheure est utilisé pour
mesurer la consommation électrique.
B. Unité de mesure de la quantité L’énergie est le produit de la puissance absorbée ou
d’énergie électrique fournie par un système par le temps d’utilisation, c’est-
à-dire que l’énergie est égale à la puissance multiplié par
L’unité de mesure de la quantité d’énergie électrique le temps d’utilisation.
est le wattheure (Wh). E=Pxt
Joules = Watts x seconde = Ws
Wh = 3 600 Joules car une heure = 3 600 secondes
C. Centrales hydroélectriques
Fig. 1 Mécanisme centrale hydroélectrique © Skill and You
Il existe trois types de centrales hydroélectriques :
Tableau n°2 Les types de centrales hydroélectriques
SITUATION
CENTRALE HAUTEUR DE CHUTE TURBINE
DE LA CENTRALE
À quelques km de la
Haute chute h > 200 m Pelton
retenue d’eau
Moyenne chute 20 m < h < 350 m Francis Implantée dans le barrage
Basse chute ou fil de l’eau h < 30m Kaplan Implantée au fil de l’eau
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Centrale de haute chute
Fig. 2 Centrale hydroélectrique de haute chute © EDF
Exemple :
La centrale hydroélectrique de Villarodin.
Cette centrale est située à la frontière entre la France et
l’Italie, le long de la route nationale 6. Elle est conçue
pour fournir de la puissance aux heures de pointe.
D’une puissance de 364 000 kW, elle est alimen-
tée par une chute d’eau de 882 m ayant un débit de
51 m3/s.
Fig. 3 Turbine Pelton © hajes - stock.adobe.com - (C) hajes.org
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Sources de production centralisées et décentralisées
Centrale de moyenne chute
Le bâtiment de l’usine est soit distinct du barrage, soit dans le barrage.
Fig. 4 Centrale hydroélectrique de moyenne chute © EDF
Fig. 5 Turbine Francis © ©Dejan - stock.adobe.com Fig. 6 Centrale hydroélectrique de Serre–Ponçon © Etienne Baudon
Exemple : Le barrage de cette centrale culmine à 123 mètres
La centrale hydroélectrique de Serre – Ponçon, située et est long de 790 m pour une largeur de 650 m. La
au confluent de l’Ubaye et de la Durance. hauteur de chute d’eau est de 128 m et la hauteur
minimale de 65 m. Il y a deux galeries d’arrivée d’eau
d’une contenance de 1 200 m3/s. Il y a 4 alternateurs
d’une puissance de 90 MVA chacune tournant à
214 tr/min couplés à 4 turbines Francis à axe vertical
de 4,4 m de diamètre, de débit 75 m3/s. L’usine est
équipée de 4 transformateurs élévateurs de 90 MVA
convertissant 10,3 kV en 225 kV.
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Centrale hydroélectrique de basse chute
Elle est caractérisée par un débit très important mais avec une faible hauteur de chute.
Fig. 7 Centrale hydroélectrique de basse chute © EDF
Fig. 8 Turbine Kaplan © ©Tunatura - stock.adobe.com Fig. 9 Centrale hydroélectrique de basse chute de Rhinau sur le Rhin ©
Volatus
Exemple L’usine fait 170 m de longueur, 70 m de largeur et
Centrale hydroélectrique de basse chute de Rhinau 50 m de hauteur. Sur l’image ci-contre on peut voir
sur le Rhin. 7 passes d’une longueur de 20 m dans le barrage
d’usine pouvant évacuer 5 000 m3/s d’eau en cas
de crues sur le Rhin. Il y a un canal de dérivation et
2 écluses. L’usine comporte 4 groupes d’alternateurs
de 42 MVA tournant à 75 tr/min couplés aux turbines
Kaplan à axe vertical d’un débit nominal chacune de
350 m3/s.
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Sources de production centralisées et décentralisées
Usine marémotrice Vue aérienne du barrage sur l’usine marémotrice de
la Rance en France.
Fig. 11 Vue aérienne du barrage sur l’usine marémotrice de la Rance en
France © Francois - stock.adobe.com
Cette usine utilise l’énergie cinétique des marées. Un
barrage situé à l’entrée d’un estuaire d’un fleuve laisse
passer l’eau à marée montante qui se ferme ensuite à
marée basse.
Le groupe bulbe immergé comporte l’alternateur et
la turbine tournant dans les deux sens de rotation
suivant le sens d’écoulement de l’eau.
Exemple :
L’Usine de la Rance.
L’usine marémotrice de la Rance a un barrage de
750 m, une retenue utile de 184 × 106 m3, 24 groupes
bulbes d’une puissance de 10 MW délivrant 3 500 V
chacune. Les turbines Kaplan ont 4 pales tournant à
93,75 tr/min d’un débit nominal de 275 m3/s.
Fig. 10 Usine marémotrice © Der Unfassbare Fig. 12 Coupe d’une maquette de l’usine marémotrice de la Rance
© Clipper
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D. Centrales thermiques à flamme
Fig. 13 Mécanisme centrale thermique à flamme © Skill and You
Une centrale thermique à flamme produit de l’électricité en brûlant un combustible (charbon, gaz ou fioul) dans
une chaudière qui produit de la vapeur. Celle-ci actionne une turbine qui entraine un alternateur.
Fig. 14 Centrale Thermique de Bouchain - principe de fonctionnement © Serge Ottaviani
E. Centrales thermiques nucléaires La pression de cette vapeur d’eau fait tourner à grande
vitesse une turbine qui entraine elle-même un alterna-
Une centrale nucléaire est une centrale thermique teur qui produit une tension alternative sinusoïdale.
qui utilise l’énergie fournie par un réacteur nucléaire
(réaction de l’uranium 235). Celui-ci produit une Le refroidissement de la vapeur issue de la turbine est
grande quantité de chaleur qui est captée par de l’eau confiné dans un four de refroidissement ou un cours
sous pression circulant dans le circuit primaire. d’eau important.
Par l’intermédiaire du générateur de vapeur, l’eau
sous pression du circuit primaire communique sa
chaleur au circuit secondaire. Il est ainsi possible
d’obtenir de la vapeur à haute pression dans ce circuit
secondaire.
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Sources de production centralisées et décentralisées
Fig. 15 Centrale nucléaire © Steffen Kuntoff
En France, le nucléaire est la première source de
production et de consommation d’électricité.
L’Hexagone compte 19 sites de centrales nucléaires.
II. Sources de production
d’électricité décentralisées
Les sources de production d’électricité décentralisées
s’insèrent dans un projet de développement durable.
Développement durable
Le développement durable est la volonté de
pouvoir répondre à nos besoins sans compromettre les
chances des générations futures de répondre aux leurs.
A. Énergie éolienne Fig. 16 Coupe d’une éolienne © Mathieu Clabaut
Elle est constituée de plusieurs générateurs éoliens La puissance active fournie par une éolienne est
situés sur des terrains de fort vent. Un générateur proportionnelle au cube de la vitesse du vent. Une
éolien produit de l’électricité à partir de pales orien- éolienne fonctionne à partir de vent atteignant les
tables. Ces « hélices » vont entrainer à leur tour la 5 m/s. Les pales sont orientables afin de réguler la
rotation d’une génératrice synchrone qui fournit une puissance en fonction de la vitesse du vent.
puissance électrique liée à la force du vent.
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Remarque : La tension fournie par les panneaux photovoltaïques
L’éolien off-shore est un marché en forte croissance est continue. Il faut donc transformer cette tension
pour les années à venir. continue en une tension alternative grâce à un ondu-
leur pour qu’elle puisse être exploitable.
B. Énergie solaire
L’inconvénient de cette technologie réside dans le
L’énergie solaire est transmise à la Terre à travers l’es- faible rendement des cellules photovoltaïques. En
pace sous forme de particules d’énergie : les photons. effet, elle ne dépasse pas, dans le meilleur des cas,
20 % pour des applications terrestres.
L’énergie solaire peut être captée et transformée en
chaleur ou en électricité grâce à des capteurs adaptés
appelés : cellules photovoltaïques.
Fig. 17 Principe de fonctionnement d’un panneau photovoltaïque © Skill and You
Remarque :
L’évolution du photovoltaïque est impactée par de
fortes variations des tarifs de rachats. L’évolution
future du développement de ces énergies est marquée
par une forte incertitude liée aux conditions de finan-
cement difficiles dans un contexte de crise écono-
mique et d’incertitudes réglementaires.
C. Énergie hydrolienne
Une hydrolienne est une turbine hydraulique qui
permet la transformation de l’énergie cinétique
de l’eau en mouvement en énergie mécanique qui
peut alors être convertie en énergie électrique par un
alternateur.
Fig. 18 Hydrolienne Sabella D03 sur le quai à Port-Navalo à Arzon dans le
Morbihan © Rundvald
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Sources de production centralisées et décentralisées
Les machines peuvent prendre les formes les plus On retrouve ensuite l’éolien et le nucléaire, avec des
variées allant du gros générateur de plusieurs valeurs oscillant entre 8 et 27 g de CO2/kWh.
mégawatts immergé en profondeur dans des spots à
très forts courants de marée au microgénérateur flot- Le photovoltaïque, quant à lui, est tributaire de la
tant équipant des petits courants de rivière (hydro- technologie qui le constitue. Selon, sa production
lienne à axe vertical). peut être plus ou moins intéressante (entre 10 à 120
CO2/kWh).
Cette technologie n’est pas encore mature en France
pour développer des parcs hydroliens au large des Enfin, dans les mauvais élèves, on retrouve les
côtes Bretonne et Normande. Ceci est dû à des centrales à biogaz agricoles, les centrales de gaz (de
contraintes politico-économiques, d’entretien et de 350 à 750 g de CO2/KWh) et enfin les centrales à
maintenance des turbines. charbon, interdites depuis longtemps en France mais
qui existent toujours dans des pays à grande consom-
mation comme la Chine ou les États-Unis. Pour ces
dernières, la pollution est estimée entre 823 et 1 022 g
III. Bilan environnemental de CO2 par kWh créé.
des moyens de production On peut donc constater que, selon la production utili-
Pour connaître l’impact environnemental d’un moyen sée, la production de CO2 diffère énormément.
de production électrique, il faut prendre en compte
l’ensemble du fonctionnement (création du matériel, Disponibilités et contraintes
utilisation, etc.), et se baser sur les émissions de gaz à Pour avoir un œil complet sur la pollution
effet de serre qui en découlent (GES). Ce sont les prin- produite, il faut prendre en compte la disponibili-
cipaux responsables des changements climatiques té locale de chaque élément (présence d’un lac par
et des problématiques terrestres. On parle alors de exemple), mais aussi les contraintes de traitement de
production de CO2 (le dioxyde de carbone) par kWh fin de vie des moyens de production, un débat qui est
créé. très présent pour les centrales de production nucléaires
ou le traitement du matériel photovoltaïque.
La production hydraulique se trouve en tête de liste
des moyens de production les moins polluants, avec
une production oscillant entre 5 et 15 g de CO2/kWh.