METROLOGIE ET ANALYSE DES DONNEES
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Cours : Master QHSE Rédigé par M. HAPPI Gervais
PROGRAMME
CHAPITRE 1. GENERALITES SUR LA METROLOGIE
I. Contexte et enjeux
II. Vocabulaire spécifique à la métrologie
III. Les normes liées à la métrologie et son organisation
IV. Système international de mesure
V. Analyse dimensionnelle
CHAPITRE 2 : GESTION DES EQUIPEMENTS DE MESURE
I. Actions d’une « Fonction Métrologie »
II. Organisation de la métrologie, chaîne de raccordement
III. Gestion du parc d’instruments et matériels de mesure
CHAPITRE 3 : CARACTERISTIQUES D’UN EQUIPEMENT DE MESURE
CHAPITRE 4 : DETERMINATION DES ERREURS ET INCERTITUDES
1. Erreurs de mesure et incertitudes
1.1. Erreur de mesures
1.2. Définitions d’erreur et d’incertitude en métrologie
2. Analyse statistique des données
3. Calcul des incertitudes
3.1. Mesure directe
3.2. Mesure indirecte
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CHAPITRE 1 : GENERALITE SUR LA METROLOGIE
La métrologie est la science de la mesure. Elle s’intéresse traditionnellement à la
détermination de caractéristiques (appelées grandeurs) qui peuvent être fondamentales
comme par exemple une longueur, une masse, un temps ... ou dérivées des grandeurs
fondamentales comme par exemple une surface, une vitesse ... Mesurer une grandeur
physique consiste à lui attribuer une valeur quantitative en prenant pour référence une
grandeur de même nature appelée unité. Dans le langage courant des « métrologues »,
on entend souvent dire mesurer c’est comparer. La métrologie permet donc de déterminer
la conformité des produits mais elle participe aussi à l’amélioration de la qualité. En effet,
on ne peut valider une action sur un procédé qu’en vérifiant le résultat de cette action par
une mesure.
I. Contexte et enjeux
Fonction Métrologie est une composante de l’assurance qualité (SMQ) car en entreprise
elle permet de garantir la qualité de la mesure. Un organisme tel qu’une entreprise
fabrique, teste, contrôle des produits (ou service) à partir de processus de contrôle,
d’essais, d’analyse, etc
Les produits doivent satisfaire aux attentes exprimées des clients, donc être conformes à
des exigences (normes, spécifications internes). A travers la mesure, on obtient les
résultats de mesure. Les résultats des mesures servent à prendre des décisions :
- Acceptation d’un produit (mesure de caractéristiques, de performances, conformité à
une exigence),
- Réglage d’un instrument de mesure, validation d’un procédé,
- Réglage d’un paramètre dans le cadre d’un contrôle d’un procédé de fabrication,
- Validation d’une hypothèse (R&D),
- Définition des conditions de sécurité d’un produit ou d’un système, …
Au résultat de mesure correspond une incertitude de mesure qui doit être compatible avec
l’exigence spécifiée (tolérances) du produit.
Les étalonnages et vérifications périodiques des instruments permettent de s’assurer et
garantir, par notamment la traçabilité vers les étalons nationaux, que ces instruments
restent conformes (n’ont pas dérivé, erreurs identiques) dans le temps, donc que les
décisions prises s’appuient toujours sur des résultats de mesure que l’on maîtrise, D’où,
dans tout organisme, la nécessité d’une « Fonction Métrologie » qui peut être sous-traiter
car elle implique :
✓ Des ressources humaines compétentes,
✓ Des ressources en matériels, locaux, procédures,
✓ Une organisation avec une gestion, suivi, traçabilité, etc.
Un résultat de mesure ou d’essai est une information technique que l’on communique à
une autre personne. Cette information sert de base pour prendre une décision :
acceptation ou rejet d ’un produit, conformité d ’un environnement.
De meilleures De meilleures De meilleures De meilleurs
mesures informations decisions résultats
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II. VOCABULAIRES METROLOGIQUES
Si la gestion de la fonction métrologique dans les entreprises reste accessible, elle
demande un minimum de connaissances relatives à son vocabulaire, sa terminologie. L’un
des prérequis pour appréhender la métrologie et ses concepts est de se familiariser avec le
vocabulaire. Ce dernier et les notions employées ici suivent les préconisations du BIMP
(Bureau International des Poids et Mesures) précisées dans des documents du VIM
(Vocabulaire International de Métrologie) et GUM (Guide to the expression of Uncertainty
in Measurement).
METROLOGIE : Science de la mesure.
La métrologie embrasse tous les aspects aussi bien théoriques que pratiques se rapportant
aux mesurages quel que soit l’incertitude de celui-ci, dans quelque domaine de la science
et de la technologie.
MESURAGE : Ensemble d’opérations ayant pour but de déterminer la valeur d’une
grandeur.
Un mesurage consiste à déterminer la valeur du mesurande, c’est à dire la valeur de la
grandeur particulière à mesurer. En conséquence, un mesurage commence par une
définition appropriée du mesurande, du processus de mesure.
MESURANDE : Grandeur particulière soumise à mesurage.
La définition de mesurande peut nécessiter des indications relatives à des grandeurs telles
que le temps, la température et la pression. Lorsqu’on réalise un mesurage, la première
étape consiste à spécifier le mesurande, c’est à dire la grandeur à mesurer ; le mesurande
ne peut pas être spécifié par une valeur mais seulement par la description d’une grandeur.
Le résultat de mesure de la grandeur réalisée peut être corrigé de tout (ou partie) de la
différence entre cette grandeur et le mesurande, pour ramener (ou en partie) le résultat
de mesure à ce qu’il aurait été si la grandeur réalisée avait en fait satisfait complètement à
la définition du mesurande.
RESULTAT d’un MESURAGE : Valeur attribuée à un mesurande
Lorsqu’on donne un résultat, on indique clairement si l’on se réfère :
- à l’indication,
- au résultat brut,
- au résultat corrigé,
Et si cela comporte une moyenne obtenue de plusieurs valeurs.
Une expression complète du résultat d’un mesurage comprend des informations sur
l’incertitude de mesure.
Exemple de résultat de mesurage : (51,4 ± 0,5) °C
EXACTITUDE DE MESURE : Étroitesse de l’accord entre le résultat d’un mesurage et une
valeur vraie du mesurande. L’emploi du terme précision au lieu d’exactitude doit être évité.
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VALEUR VRAIE (d’une grandeur) : Valeur compatible avec la définition d’une grandeur
particulière donnée. C’est une valeur que l’on obtiendrait par un mesurage parfait. Toute
valeur vraie est par nature indéterminée
VALEUR CONVENTIONNELLE VRAIE (d’une grandeur) : Valeur attribuée à une
grandeur particulière et reconnue parfois par convention, comme la représentant avec une
incertitude appropriée pour un usage donné.
ERREUR DE MESURE : Résultat d’un mesurage moins valeur vraie du mesurande.
Les imperfections d’un mesurage occasionnent des erreurs pour le résultat de mesure. Une
erreur possède traditionnellement deux composantes :
- Une composante aléatoire,
- Une composante systématique
Composante aléatoire : cause de variations pour les observations répétées du mesurande.
L’écart-type expérimental de la moyenne arithmétique d’une série d’observations n’est pas
l’erreur aléatoire de la moyenne, mais la mesure de l’incertitude de la moyenne due aux
effets aléatoires (la valeur exacte de l’erreur sur la moyenne provenant de ces effets ne
peut pas être connue).
Composante systématique : qui si l’effet peut être quantifié et s’il est significatif, peut faire
l’objet d’une correction du résultat de mesure pour compenser l’effet.
ERREUR ALEATOIRE : Résultat d’un mesurage moins la moyenne d’un nombre infini de
mesurages du même mesurande, effectué dans les conditions de répétabilité.
L’erreur aléatoire est égale à l’erreur moins l’erreur systématique. Comme on ne peut faire
qu’un nombre fini de mesurages, il est seulement possible de déterminer une estimation
de l’erreur aléatoire.
ERREUR SYSTEMATIQUE : Moyenne qui résulterait d’un nombre infini de mesurages du
même mesurande, effectués dans les conditions de répétabilité moins une valeur vraie du
mesurande.
L’erreur systématique est égale à l’erreur moins l’erreur aléatoire. Comme on ne peut faire
qu’un nombre fini de mesurages, il est seulement possible de déterminer une estimation
de l’erreur systématique.
INCERTITUDE DE MESURE : Paramètre, associé au résultat d’un mesurage, qui
caractérise la dispersion des valeurs qui pourraient raisonnablement être attribuées au
mesurande.
Le paramètre peut être, par exemple, un écart-type (ou un multiple de celui-ci) ou la
demi-largeur d’un intervalle de confiance déterminé. L’incertitude de mesure comprend, en
général plusieurs composantes.
Certaines composantes peuvent être évaluées à partir de la distribution statistique des
résultats de séries de mesurages et peuvent être caractérisées par des écarts-types
expérimentaux. Les autres composantes, qui peuvent aussi être caractérisées par des
écarts-types, sont évaluées en admettant des distributions de probabilité, d’après
l’expérience acquise ou d’après d’autres informations. Il est entendu que le résultat du
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mesurage est la meilleure estimation de la valeur du mesurande, et que toutes les
composantes de l’incertitude, y compris celles qui proviennent d’effets systématiques,
telles que les composantes associées aux corrections et aux étalons de référence,
contribuent à la dispersion.
PROCESSUS DE MESURE : Totalité des informations, équipements et opérations relatifs
à un mesurage donné.
Ce concept recouvre tous les aspects relatifs à l’exécution et à la qualité du mesurage ; il
comprend par exemple le principe, la méthode, le mode opératoire, les valeurs des
grandeurs d’influence et les étalons.
REPETABILITE DES MESURAGES : Étroitesse de l’accord entre les résultats des
mesurages successifs du même mesurande effectués dans la totalité des mêmes
conditions de mesure (conditions dites de répétabilité).
ESSAI : Opération technique qui consiste à déterminer une ou plusieurs caractéristiques
ou la performance d’un produit, matériau, équipement, organisme, phénomène physique,
processus ou service donné, selon un mode opératoire spécifié (NF EN 45020).
FIDELITE d’un essai : Étroitesse d’accord entre des résultats d’essai indépendants
obtenus sous des conditions stipulées.
La fidélité dépend uniquement de la distribution des erreurs aléatoires et n’a aucune
relation avec la valeur vraie ou la valeur spécifiée. La mesure de la fidélité est exprimée en
termes « d’infidélité » et est calculée à partir de l’écart-type des résultats d’essais. Une
fidélité faible est reflétée par un grand écart-type.
REPETABILITE d’un essai : Fidélité sous des conditions de répétabilité (NF ISO 3534-1).
CONDITIONS DE REPETABILITE : Conditions où les résultats d’essais sont obtenus par
la même méthode sur des individus d’essai identiques dans le même laboratoire, par le
même opérateur, utilisant le même équipement de mesure et pendant un court intervalle
de temps.
ERREUR DE JUSTESSE d’un IdM : Erreur systématique d’indication d’un IdM.
L’erreur systématique est normalement estimée en prenant la moyenne de l’erreur de
l’indication sur un nombre approprié d’observations répétées.
JUSTESSE d’un IdM : Aptitude d’un IdM à donner des indications exemptes d’erreur
systématiques.
FIDELITE d’un IdM : Aptitude d’un IdM à donner des indications très voisines lors de
l’application répétée du même mesurande dans les mêmes conditions de mesure telles
que :
✓ Réduction au minimum des variations dues à l’observateur,
✓ Même mode opératoire,
✓ Même observateur,
✓ Même équipement de mesure utilisé dans les mêmes conditions,
✓ Même lieu,
✓ Répétition sur courte période de temps.
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ERREUR MAXIMALE TOLEREE (limites d’erreur tolérée) d’un IdM : Valeurs extrêmes
d’une erreur tolérée par les spécifications, règlement … et pour un IdM donné.
EXACTITUDE d’un IdM : Aptitude d’un IdM à donner des réponses proches d’une valeur
vraie. Le concept « d’exactitude » est qualitatif.
CLASSE D’EXACTITUDE d’un IdM : Classe d’IdM qui satisfont à certaines exigences
métrologiques destinées à conserver les erreurs dans les limites spécifiées.
Une classe d’exactitude est habituellement indiquée par un nombre ou symbole adopté par
convention et dénommé indice de classe.
AJUSTAGE d’un IdM : Opération destinée à amener un IdM à un état de fonctionnement
convenant à son utilisation.
ETALONNAGE : C’est l’ensemble des opérations établissant, dans des conditions
spécifiées, la relation entre les valeurs indiquées par un appareil de mesure ou un système
de mesure, ou les valeurs représentées par une mesure matérialisée et les valeurs
connues correspondantes d’une grandeur mesurée.
ETALON : Mesure matérialisée, appareil de mesure ou système de mesure, destinés à
définir, réaliser, conserver ou reproduire une unité ou une ou plusieurs valeurs connues
d’une grandeur pour les transmettre par comparaison à d’autres instruments de mesure.
VERIFICATION : La vérification métrologique consiste à apporter la preuve par des
mesures (Étalonnage) que des exigences spécifiées sont satisfaites.
Le résultat d'une vérification se traduit par une décision de conformité (suivi d'une remise
en service) ou de non-conformité (suivi d'un ajustage, d'une réparation, d’un déclassement
ou d'une réforme de l’appareil).
INCERTITUDE-TYPE : Incertitude du résultat d’un mesurage exprimé sous la forme d’un
écart-type.
EVALUATION DE TYPE A (de l’incertitude) : Méthode d’évaluation de l’incertitude par
analyse statistique de séries d’observations.
EVALUATION DE TYPE B (de l’incertitude) : Méthode d’évaluation de l’incertitude par
des moyens autres que l’analyse statistique de séries d’observations
III. Les normes liées à la métrologie
La métrologie industrielle doit garantir, non pas l’honnêteté et l’égalité de l’échange, mais
la fonctionnalité du produit dans un contexte économique souvent difficile. Pour cela elle
dispose d’un certain nombre de normes qui l’aide dans sa démarche.
Voici quelques exemples d’instituts de métrologie qui régissent, définissent, organisent et
apportent des compétences dans le domaine de la métrologie industrielle :
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a) Organismes internationaux de métrologie
o OIML Organisation Internationale de Métrologie Légale
o BIPM Bureau International des Poids et Mesures
o Metrologia : Revue internationale sur les aspects scientifiques de la métrologie
b) Instituts de normalisation
Les organismes de normalisation qui animent et coordonnent l'ensemble du système
d'élaboration de normes dont les pays ont besoin sont :
- L'ISO au niveau international (International Standard Organisation ou Organisation
Internationale de Normalisation)
- Le CEI (la Commission Electrotechnique Internationale)
- Le CEN au niveau européen (Comité Européen de Normalisation),
- Les organismes nationaux tel que :
❖ ANOR pour le Cameroun (Agence de Normalisation) ;
❖ l'AFNOR pour la France (Association Française de Normalisation) ;
❖ DIN (Deutches Institut für Normung) en Allemagne
❖ NBN (Bureau de Normalisation) - est l'organisme belge responsable de la
réalisation et publication des normes en Belgique
❖ l’ANSI (American National Standards Institute) aux Etats-Unis
c) Organismes d’accréditation
▪ UKAS United Kingdom Accreditation Service
▪ BELAC/BELTEST Organisation Belge d'accréditation
▪ COFRAC Comité français d'accréditation
▪ DKD Deutscher Kalibrierdienst
▪ EA European co-operation for Accreditation
▪ ILAC International Laboratory Accreditation Cooperation
d) Quelques instituts nationaux de métrologie
▪ Allemagne PTB (Physikalisch-Technische Bundesanstalt
▪ France LNE (Laboratoire National d'Essais et de Métrologie
▪ Grande Bretagne NPL (National Physical Laboratory
▪ Cameroun LABOGENIE (laboratoire nationale de génie civil)
e) Les principales normes ISO en métrologie
Science de la mesure, la métrologie repose sur de nombreuses normes qui viennent
standardiser son approche et reconnaître le travail réalisé. Le respect des normes ISO
apporte fiabilité et confiance dans un processus afin de s'assurer de la bonne qualité des
mesures. Pour vous aider à y voir plus clair, nous avons identifié les principales normes
ISO en lien avec la métrologie qui jouent un rôle important.
ISO 5725
C'est une norme qui s'intéresse à la détermination de la répétabilité et de la
reproductibilité d'une méthode de mesure normalisée. Le but est de s'assurer de
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l'exactitude, de la justesse et de la fidélité des résultats et des méthodes de mesure. Elle
concerne notamment les métrologues, ingénieurs produit et test, qualiticiens et
responsables de laboratoire d’essais et de mesures.
ISO 9001
C'est probablement l'une des normes les plus connues, car elle peut s'appliquer à presque
toutes les entreprises. Ainsi, la norme précise notamment qu'on ne peut avoir confiance
dans ses équipements qu'à la condition de les maîtriser, ce qui est précisément le but de
la métrologie pour apporter la preuve de la conformité du produit aux exigences
déterminées.
ISO 10012
La norme ISO 10012 date de 2003 et est destinée à fournir des exigences génériques et
des guides d'application pour le management des processus de mesure et pour la
confirmation des équipements de mesure utilisés pour démontrer la conformité aux
exigences métrologiques. Elle constitue un pilier de référence international adossé à l’ISO
9001 pour permettre à tout type d’organismes effectuant des mesures de démontrer leur
pertinence et notamment la conformité aux exigences métrologiques. La norme ISO 10012
explique comment garantir que les équipements de mesure et les processus de mesure
sont appropriés à l’utilisation qui leur est assignée.
ISO 14253-1
L'ISO 14253-1 date de 2017 et se concentre sur la vérification par la mesure des pièces et
des équipements de mesure. Elle établit les règles permettant de contrôler la conformité
ou la non-conformité à une tolérance donnée pour une caractéristique d'une pièce (ou
d'une population de pièces) ou à des erreurs maximales tolérées données pour une
caractéristique métrologique d'un équipement de mesure, y compris lorsque la valeur
mesurée est proche des limites de spécification, en prenant en compte l'incertitude de
mesure.
ISO 17.020
C'est une norme qui est spécialement faite pour la métrologie et le mesurage des
phénomènes physiques, y compris les instruments de mesure en général, les nombres
normaux, les étalons de mesure et les aspects généraux des matériaux de référence, etc.
Ces textes visent donc les outils et les modalités de mesure dans l’industrie de façon
globale, et concernent tous les sites industriels.
ISO 17025
L'ISO 17025 permet aux laboratoires de démontrer leurs compétences et leur capacité à
produire des résultats valides, renforçant ainsi la confiance qui leur est accordée au niveau
national et partout dans le monde. C'est une norme qui contribue également à faciliter la
coopération entre les laboratoires et d’autres organismes en assurant une meilleure
acceptation des résultats dans différents pays. Grâce à l'ISO 17025, les certificats et
rapports d’essai peuvent être reconnus dans le monde sans qu’il ne soit nécessaire de
procéder à de nouveaux essais, facilitant ainsi le commerce international.
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IV. Système international de mesure SI
Le Système International d'unités (abrégé en SI), inspiré du système métrique,
est le système d'unités le plus largement employé du monde. Il s'agit d'un système
d'unités décimal (on passe d'une unité à ses multiples ou sous-multiples à l'aide de
puissances de 10). C'est la Conférence générale des poids et mesures, rassemblant des
délégués des états membres de la Convention du Mètre, qui décide de son évolution,
tous les quatre ans, à Paris.
L'abréviation de « Système International » est SI, quelle que soit la langue utilisée. Le
système SI est un système cohérent d’unités qui comporte sept unités de base.
1. Unités de bases du SI
Au nombre de sept, elles doivent être considérées comme indépendantes au point de vue
dimensionnelle.
2. Unités dérivées
Elles sont formées de manière cohérente à partir des unités de base. Certaines unités
dérivées ont reçu un nom spécial qui peut à son tour, être utilisé pour former d’autres
noms d’unités.
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3. Unités supplémentaires
A côté de ces unités de base et des unités dérivées, il existe des unités supplémentaires,
au nombre de deux :
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▪ l’unité d’angle plan (le radian - symbole : rad); le radian est l’angle plan
compris entre deux rayons qui, sur la circonférence d’un cercle,
interceptent un arc de longueur égale à celle du rayon ;
▪ l’unité d’angle solide (le stéradian - symbole : sr); le stéradian est l’angle
solide qui, ayant son sommet au centre d’une sphère, découpe sur la
surface de cette sphère une aire égale à celle d’un carré ayant pour côté le
rayon de la sphère.
Les grandeurs angle plan et angle solide doivent être considérées comme des unités
dérivées sans dimension qui peuvent être utilisées ou non dans les expressions des unités
dérivées.
4. Multiples et sous-multiples
Lorsqu’une unité s’avère trop grande ou trop petite, pour l’emploi envisagé, on utilise.
Des multiples ou des sous- multiples exclusivement décimaux. Ils sont obtenus en
joignant un préfixe, choisi au nom de l’unité.
Les noms et les symboles des multiples et sous-multiples décimaux de l'unité de masse
sont formés par l'adjonction de noms de préfixes au mot 'gramme' et de symboles de ces
préfixes au symbole de l'unité 'g'.
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V. Analyse dimensionnelle
Il est possible de décomposer chaque unité dérivée en un produit de puissances des
unités de base car toute unité dérivée s’exprime en fonction d’un produit de puissances
d’unités de base.
Cette méthode peut permettre, dans certains cas, de déterminer l’expression d’une
grandeur physique liée au comportement d’un système en fonction des paramètres connus
de ce système, ceci avec pour seul outil l’analyse dimensionnelle.
NB :
o Tous les termes d’une somme doivent avoir même dimension
o Les arguments des fonctions cos, sin, tan, exp, ln doivent être sans dimension.
a) Equations aux dimensions
En désignant par M, L et T les dimensions des grandeurs fondamentales masse, longueur
et temps, on peut exprimer les dimensions des autres grandeurs dérivées en fonction de
ces trois dernières. Les équations ainsi obtenues sont les équations aux dimensions de ces
grandeurs.
Exemple :
[l] 𝐿
[Vitesse] = [v] = [longueur]/[temps] = = = LT−1 et l’unité est m/s
[t] 𝑇
[v] 𝐿𝑇−1
[Accélération] = [a] = [vitesse]/[temps] = = = LT −2 et l’unité est m/s2
[t] 𝑇
[Force] = [F] = [masse][accélération] = [m][a] = MLT −2 et l’unité est Newton (kgm/s2 )
b) Homogénéité des équations aux dimensions
Les deux membres d’une équation aux dimensions doivent avoir les mêmes dimensions
puisqu’ils représentent des grandeurs de même nature.
Exemple :
On souhaite déterminer la période T0 des oscillations verticales d’une masse accrochée à
un ressort. On choisit comme paramètres susceptibles d’influencer cette période :
o la masse m
o k la constante de raideur du ressort (qui a les dimensions d’une force par unité de
longueur)
o g l’accélération de la pesanteur
On cherche à exprimer T0 sous la forme
T0 = C0 k α .mβ .gγ avec C0 une constante sans dimension.
Déterminer, si cela est possible, les coefficients α, β et γ par analyse dimensionnelle
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EXERCICE 2 :
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CHAPITRE 2 : GESTION DES EQUIPEMENTS DE MESURE
La gestion des moyens de mesure recouvre l’ensemble des actions à engager pour
constituer et entretenir le parc d’instruments de mesure nécessaire à la satisfaction des
besoins de l’entreprise.
Cette gestion nécessite de prendre en compte :
❖ L’analyse du besoin et le choix des moyens de mesure,
❖ La réception, la mise en service et le suivi des moyens,
❖ L’étalonnage ou la vérification des moyens et les décisions qui en découlent.
Cette gestion doit aider l'entreprise à mieux maîtriser la connaissance des performances à
exactes de ses moyens, leur limite d'emploi et leur comportement dans le temps, ceci afin
qu'elle puisse donner l'assurance de la qualité des opérations de mesurage qu'elle
réalise.
I. Actions d’une « Fonction Métrologie »
Le rôle de la Fonction Métrologie consiste à maîtriser l’aptitude à l’emploi de tous les
équipements de mesure et processus de mesure utilisés dans l’entreprise qui peuvent
avoir une influence sur la qualité du produit ou du service, ceci afin de s’assurer avec un
risque minimal que l’ensemble des équipements et des processus de mesure se trouve à
l’intérieur des limites d’erreurs tolérées.
La Fonction Métrologie doit aider l’entreprise à mieux maîtriser la connaissance des
performances exactes de ses équipements et processus de mesure, leurs limites d’emploi
et leur comportement dans le temps, ceci pour que l’entreprise puisse donner l’assurance
de la qualité des opérations de mesure réalisées.
La Fonction Métrologie fait l’interface entre le laboratoire d’étalonnage et l’utilisateur de
l’équipement de mesure. Ses missions sont :
❖ Déterminer les mesurages à effectuer, l’incertitude requise et sélectionner
l’équipement de mesure approprié (processus capable de contrôler que le produit
est acceptable).
❖ Identifier, étalonner et/ou vérifier, régler aux intervalles prescrits, ou avant
utilisation, tous les équipements qui peuvent avoir une influence sur la qualité du
produit. Étalonnages et/ou vérifications par rapport à des équipements certifiés
reliés de façon valable à des étalons reconnus au plan international ou national.
❖ Définir le processus d’étalonnage et/ou de vérification et d’exploitation des
résultats.
❖ Identifier les équipements avec un marquage approprié ou un enregistrement
d’identification approuvé pour indiquer la validité de l’étalonnage et/ou
vérification.
❖ Conserver les enregistrements d’étalonnage et/ou vérification.
❖ Évaluer et consigner par écrit la validité des résultats de contrôle et d’essai
antérieurs lorsque l’équipement s’avère être en dehors des EMT.
❖ Assurer que les conditions d’environnement sont appropriées pour la réalisation
des étalonnages et/ou vérifications, contrôles, mesurages et essais.
❖ Assurer que la manutention, la préservation et le stockage des équipements sont
tels que l’exactitude (EMT) et l’aptitude à l’emploi (capabilité) sont maintenues.
❖ Protéger les équipements (matériels et logiciels d’essai) contre des manipulations
qui invalideraient les résultats d’étalonnage et/ou de vérification.
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Cette fonction métrologique repose sur la boucle d’amélioration continue. Cette boucle
est composée d’une entrée (le processus de mesure), un traitement (la fonction
métrologie), une sortie (la satisfaction client) puis une boucle de « régulation » de la
performance (l’amélioration).
II. Organisation de la métrologie, chaîne de raccordement
Les organismes qui participent à la chaîne d’étalonnage, sont des laboratoires situés à
différents niveaux de précision par rapport aux laboratoires primaires qui constituent le
sommet de la hiérarchie des mesures. Selon les pays, le système des chaînes
d’étalonnage est un système à deux ou trois niveaux, la plupart des pays adoptent le
système à trois niveaux faisant appel à trois types de laboratoires :
✓ Laboratoire primaire (niveau 1),
✓ Laboratoire d’étalonnage secondaire (niveau 2),
✓ Laboratoire de métrologie d’entreprises (niveau 3).
a) Les laboratoires primaires
Ce sont les laboratoires de référence nationaux pour des grandeurs données. Leur
activité s’apparente à une activité de recherche. Leur principal objet est la conservation
des étalons primaires et la réalisation des travaux de recherche permettant l’amélioration
des précisions de mesure et leurs exactitudes.
b) Les laboratoires d’étalonnage secondaires
Ils se placent en second rang après les laboratoires primaires. Ils se définissent comme
étant des organismes chargés d’effectuer des étalonnages de précision à la demande des
laboratoires et des industriels. Ils sont les interlocuteurs directs de l’utilisateur ou du
constructeur d’IdM. Leur mission consiste à assurer le raccordement de tout IdM à leurs
étalons de référence ou secondaires.
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Ils sont appelés à délivrer des documents officiels d’étalonnage (certificats d’étalonnage),
après chaque opération d’étalonnage, sous la responsabilité de l’organe chargé de
superviser le système national des chaînes d’étalonnage.
Pour cela, leurs étalons de référence sont à raccorder périodiquement aux étalons de
référence des laboratoires primaires.
c) Les laboratoires de métrologie d’entreprises
Toute entreprise dont la métrologie tient une place importante et qui dispose des
moyens humains et matériels adéquats, peut se doter de son propre laboratoire pour
réaliser l’étalonnage de son parc d’instruments et aussi effectuer des étalonnages à des
tiers. L’étalon de référence de ce laboratoire doit être raccordé à un laboratoire
d’étalonnage secondaire, ce qui lui confère le niveau de précision tertiaire.
N’oublions pas dans la présentation de cette chaine de mesure, le souci de quantifier la
croissance de l’incertitude de l’étalon primaire à l’étalon de référence de l’entreprise.
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III. Gestion du parc d’instruments et matériels de mesure
Une bonne gestion des équipements de mesure dans une entreprise, nécessite de
prendre en compte :
✓ L’analyse du besoin et le choix des équipements,
✓ La réception, la mise en service et le suivi des moyens,
✓ L’étalonnage, la vérification,
✓ Le raccordement aux étalons nationaux (ou internationaux).
1. Définition des besoins
Avant l’utilisation d’un appareil à des fins de mesure, l’utilisateur doit définir précisément
le besoin pour lequel il va mettre en œuvre l’appareil. Ce besoin est défini par un
domaine d’application (matrice solide ou gazeuse par exemple), une sensibilité attendue
(dosage de traces par exemple) et tout autre critère répondant aux exigences
opérationnelles de l’utilisateur : rapidité, encombrement, automatisation, bruit, respect
de l’environnement de travail, compatibilité avec un outil informatique, etc. Tous ces
critères sont contenus dans un cahier de charge qui précise :
✓ L’objet du marché,
✓ Le contenu de l’offre
✓ Les limites de prestation en termes de travaux
✓ Les contraintes d’implantation de l’équipement. Définir le ou les processus de
mesure pouvant contenir l’équipement.
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❖ Déterminer les conditions d’exploitation des résultats de justesse de
l’équipement : il n’est pas envisagé ou il est envisagé d’effectuer des
corrections.
❖ Il n’est pas envisagé d’effectuer des corrections : détermination des
classes d’exactitude (Vérification).
❖ Il est envisagé d’effectuer des corrections : utilisation des valeurs
conventionnellement vraies (Étalonnage).
❖ Généralement, le moins contraignant pour l’entreprise est de travailler
avec des classes d’exactitude.
❖ Détermination des incertitudes de mesures probables du processus de
mesure.
❖ Détermination des tolérances minimales vérifiables, pour un coefficient
de capabilité donné.
❖ Détermination des Erreurs Maximales Tolérées (EMT), pour un
coefficient de capabilité donné.
✓ Les délais de livraison
✓ Les conditions de garantie des équipements
✓ Les conditions de maintenance
✓ Les conditions de formation des utilisateurs et des techniciens biomédicaux
✓ Les contraintes de consommables
✓ La mise à disposition des schémas, plans et notices
✓ Conformité aux normes et homologation.
✓ Présence d’un service après-vente sur place
2. Choix des fournisseurs
Le choix des fournisseurs se fait en fonction du type de matériel.
a. Dans le cas du matériel important
b. Dans le cas du matériel et des consommables
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3. Réception de l’équipement
La réception se fait en deux phases :
a. La réception administrative
b. La réception technique
4. L’identification
Chaque ECME est identifié par un numéro indélébile (si possible gravé), matricule
individuel et unique destiné à lui associer sans risque de confusion tous les documents
qui lui sont relatifs. Les documents porteront ce numéro d’identification.
5. Dossier matériel
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5.1. Fiche signalétique
5.2. Fiche de vie
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6. Mise en service
Une fois les équipements acquis, la fonction métrologie s’assure de la réalisation de
plusieurs opérations :
❖ Seule une bonne connaissance du parc d’instruments permet un suivi
efficace, ceci est rendu possible par l’établissement de fiches individuels
pour tout matériel (fiche de vie). Ces fiches contiennent l’enregistrement de
toutes les opérations effectuées sur le matériel afin d’en suivre les
performances et d’avoir un historique.
❖ L’établissement d’un inventaire
a) L’affectation
La confirmation métrologique d’un équipement de mesure est faite par rapport à un
besoin ou une gamme de besoins.
❖ Son affectation résultera de son aptitude à satisfaire le ou les besoins, elle
peut figurer dans l’inventaire ou la fiche de vie.
❖ Pour permettre sa gestion pratique, la localisation de l’équipement de
mesure sera indiquée sur la fiche de vie par exemple.
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b) L’étiquetage
Une étiquette, positionnée sur l’IdM pour être immédiatement visible par tous les
utilisateurs potentiels, renseignera sur la période de validité de la conformité
métrologique
❖ Date du dernier étalonnage ou vérification
❖ N° du certificat ou constat de vérification en cours de validité, localisation …
❖ Date du prochain étalonnage ou vérification.
c) Formation des utilisateurs
30 à 70% des pannes sont liés à des fautes d’utilisation, Il est indispensable de former le
personnel à l’utilisation des matériels à la livraison avec l’aide de la société, mais aussi
durant toute la vie des équipements par des recyclages pouvant être effectués par les
techniciens. Les consignes d’utilisation doivent être affichées à proximité des appareils.
7. Etalonnage et vérification.
Les opérations d’étalonnage ou de vérification sont des opérations indispensables qui
rendent significatives les indications fournies par les équipements de mesure. Ces
opérations n’incluent aucune intervention sur l’équipement de mesure. Elles sont fondées
sur la comparaison à un étalon de référence.
a) Périodicité d’étalonnage
Les instruments de contrôle requis pour les mesures doivent être étalonnés à des
intervalles réguliers pour obtenir durablement des mesures correctes et pouvoir se fier à
ces instruments. Ces intervalles entre deux étalonnages sont appelés intervalles
d‘étalonnage ou intervalles de surveillance. La durée de cet intervalle peut être
déterminée de manière individuelle par l’utilisateur et dépend entre autres des :
✓ Recommandations des laboratoires d’étalonnage (généralement une fois par
an)
✓ Indications du fabricant de l’appareil de mesure
✓ Incertitudes de mesure exigées
✓ Définitions des normes et directives
✓ Indications de tiers
✓ Conditions d’utilisation d’un instrument de contrôle
✓ Fréquence d’utilisation
La dérogations traduit l’utilisation si non conforme, si période de vérification non
respectée, si plage de mesure et/ou cible non respectée.
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b) Certificats d’étalonnage
Les certificats d’étalonnage accrédités ne peuvent être délivrés que par des laboratoires
d’étalonnage et de vérification à qui on a accordé la compétence de réaliser des
étalonnages conformément à DIN EN ISO/CEI 17025. Les résultats d’étalonnage obtenus
dans ces laboratoires présentent la plus haute fiabilité et font foi devant les tribunaux,
après ceux obtenus dans les instituts nationaux (en Allemagne la PTB). Suite à des
accords internationaux et dans le cadre de la norme DIN EN ISO/CEI 17025, valide dans
le monde entier et qui forme la base de l'accréditation, ils sont reconnus et valides au
niveau international.
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CHAPITRE 3 : CARACTERISTIQUES D’UN SYSTEME DE MESURE
La mesure est un acte quotidien et des mesures comme celles de la température, de
l’heure ou du poids sont des choses de la vie courante pour lesquelles peu d’attention est
portée sur les instruments de mesure utilisés et sur l’exactitude des résultats obtenus.
Cependant, pour des équipements plus importants comme on peut en trouver dans les
installations industrielles, ces questions deviennent essentielles afin de garantir la qualité
de l’ensemble du processus de mesure.
I. Chaine de mesure
La chaîne de mesure est constituée d’un ensemble de dispositifs (y compris le capteur),
permettant de déterminer, de la manière la plus précise que possible, la valeur du
mesurande considéré.
A l’entrée de la chaîne de mesure, le capteur, soumis à l’action du mesurande, permet
(de manière directe s’il est actif ou par le moyen de son conditionneur s’il est passif),
d’injecter dans la chaîne le signal électrique qui est le support de l’information liée au
mesurande.
A la sortie de la chaîne de mesure, les informations sont délivrées sous une forme
appropriée à leur exploitation.
Sous sa forme la plus simple, la chaîne de mesure peut se réduire au capteur et à son
conditionneur éventuel, associé à un appareil de lecture (par exemple, un thermocouple
et un voltmètre). Mais de nos jours, compte tenu des possibilités importantes offertes
par l’électronique et l’informatique, la quasi-totalité des chaînes de mesure sont des
chaînes électroniques.
Dans sa structure de base, une chaîne de mesure doit pouvoir assurer, au moyen de
dispositifs appropriés, les fonctions suivantes :
Un capteur est un dispositif qui produit, à partir d’une grandeur physique, une grandeur
électrique utilisable à des fins de mesure ou de commande. Cette grandeur électrique
(tension ou courant) doit être une représentation aussi exacte que possible du
mesurande considéré. On distingue les capteurs actifs et les capteurs passifs.
1. Les capteurs actifs
Ils se comportent comme des générateurs. Ils sont basés sur un effet physique qui
permet de transformer l’énergie du mesurande (énergie mécanique, thermique ou de
rayonnement), en énergie électrique. La réponse en sortie d’un capteur actif peut être un
courant, une tension ou une charge. Parmi ces effets, les plus importants sont :
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▪ L’effet thermoélectrique : Un circuit formé de deux conducteurs de nature
chimique différente, dont les jonctions sont à des températures T1 et T2, est le
siège d’une force électromotrice e = f(T1,T2).
Exemple d’application : la mesure de e permet de déterminer une température
inconnue T1, lorsque la température T2 est connue (principe du thermocouple).
▪ L’effet piezo-électrique : L’application d’une contrainte mécanique à certains
matériaux dits piézo-électriques (le quartz par exemple) entraîne une déformation
qui provoque l’apparition de charges électriques égales et de signes contraires sur
les faces opposées du matériau.
Exemple d’application : la mesure de force, de pression ou d’accélération à partir
de la tension que provoquent aux bornes d’un condensateur associé à l’élément
piézo-électrique les variations de sa charge.
▪ L’effet photo-électrique : Un rayonnement lumineux ou plus généralement une
onde électromagnétique dont la longueur d’onde est inférieure à une valeur seuil,
caractéristique du matériau considéré, provoquent la libération de charges
électriques dans la matière.
Exemple d’application : la mesure de la tension de sortie permet de déterminer le
flux par rayonnement.
▪ L’effet pyro-électrique : Les cristaux pyro-électriques (le sulfate de triglycine
par exemple) ont une polarisation électrique spontanée qui dépend de leur
température, ils portent en surface des charges électriques proportionnelles à
cette polarisation et de signes contraires sur leurs faces opposées. Exemple
d’application : la mesure de la charge aux bornes d’un condensateur associé à un
cristal pyro-électrique permet de déterminer le flux lumineux auquel il est soumis.
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▪ L’effet d’induction électromagnétique : Lorsqu’un conducteur se déplace
dans un champ d’induction fixe, il est le siège d’une force électromotrice
proportionnelle à sa vitesse de déplacement. Ainsi, lorsqu’un circuit électrique est
soumis à un flux d’induction variable dû à son déplacement ou à celui de la source
de l’induction (par exemple, un aimant), la f.e.m. dont il est le siège est de valeur
égale et de signe opposé à la vitesse de variation du flux d’induction.
Exemple d’application : la mesure de la f.e.m d’induction permet de connaître la
vitesse du déplacement qui en est l’origine.
▪ L’effet Hall : Lorsqu’un matériau est parcouru par un courant I et soumis à un
champ B formant un angle θ avec le courant, il apparaît une tension de Hall V H
dans une direction qui leur est perpendiculaire (VH = KH.I.B.sinθ, où KH est une
constante qui dépend du matériau considéré).
Exemple d’application : la mesure de la tension VH permet de déterminer la
position d’un objet qui est lié à un aimant.
▪ L’effet photovoltaïque : Un rayonnement lumineux sur l’assemblage de semi-
conducteurs de types opposés P et N provoque la libération d’électrons (charges
négatives) et de trous (charges positives) au voisinage de la jonction illuminée.
Leur déplacement dans le champ électrique de la jonction modifie la tension à ses
bornes.
Exemple d’application : la mesure de la tension de sortie permet de déterminer le
flux par rayonnement.
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Les principes physiques de base et les modes d’application de ces effets sont regroupés
dans le tableau suivant :
2. Les capteurs passifs
Les capteurs passifs sont des impédances intégrées dans un circuit électrique
(conditionneur), dont l’un des paramètres déterminants est sensible au mesurande. La
variation d’impédance résulte de l’effet de la grandeur à mesurer sur :
✓ Soit les caractéristiques géométriques ou dimensionnelles qui peuvent varier si le
capteur comporte un élément mobile ou déformable. Dans le premier cas, à
chaque position de l’élément mobile correspond une valeur de l’impédance dont la
mesure permet de connaître la position (principe des capteurs de déplacement ou
de position tel que le potentiomètre). Dans le second cas, la déformation
appliquée au capteur entraîne une modification de l’impédance (principe des
capteurs de déformation tels que les jauges de contraintes).
✓ Soit les propriétés électriques des matériaux (résistivité ρ, perméabilité
magnétique µ, constante diélectrique ε), qui peuvent être sensibles à différentes
grandeurs physiques (température, humidité, éclairement …). Si on fait varier une
de ces grandeurs en maintenant les autres constantes, il s’établit une relation
entre la valeur de cette grandeur et celle de l’impédance du capteur. La courbe
d’étalonnage traduit cette relation et permet, à partir de la mesure de
l’impédance, de déduire la valeur de la grandeur physique variable, qui est en fait
le mesurande. Le tableau présente un aperçu des principaux mesurandes
permettant de modifier les propriétés électriques des matériaux utilisés pour la
fabrication des capteurs passifs.
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II. Caractéristiques des équipements de mesure
a) Gamme de mesure - étendue de mesure
La gamme de mesure est l’ensemble des valeurs du mesurande pour lesquelles un
instrument de mesure est supposé fournir une mesure correcte.
L’étendue de mesure correspond à la différence entre la valeur maximale et la valeur
minimale de la gamme de mesure.
Pour les appareils à gamme de mesure réglable, la valeur maximale de l’étendue de
mesure est appelée pleine échelle.
b) Sensibilité
C’est le quotient de l’accroissement de la réponse par l’accroissement de signal d’entrée.
Rapport entre l'accroissement de la réponse ( Δd) sur l'accroissement de la grandeur
mesurée ( Δm) : S = Δd /Δm
Dans la pratique, Δd se traduit par le déplacement relatif à la valeur d’un index, et
Δm correspond au déplacement réel nécessaire à provoquer la variation Δd. Un
appareil est d'autant plus sensible qu'une petite variation de la grandeur G à
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mesurer provoquera un changement plus grand de l'indication donnée par l'appareil
de mesure.
c) Justesse
C’est l’aptitude d’un instrument de mesure à donner des indications exemptes d’erreur
systématique. Erreur de justesse de l’instrument : L’erreur de justesse dépend de la
qualité de fabrication de l’instrument : C’est la composante systématique de l’erreur d’un
instrument de mesure (paramètre de position).
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Exemples :
- Erreur de zéro : indication de l’instrument, pour la valeur zéro de la grandeur
mesurée.
- Défauts géométriques (forme, orientation) du palpeur
- Qualité des guidages : écarts géométriques de trajectoire (petites translations et
petites rotations) au cours du déplacement du capteur (élément mobile de
l’instrument).
- Erreur d’amplification de l’instrument (inégalité du pas de vis d’un micromètre, ou
des dentures des roues d’un comparateur...).
- Erreur d’affichage de l’instrument (inégalité entre les graduations...).
La valeur conventionnellement vraie est obtenue par l'épaisseur d'une cale étalon
de 10 mm. Dix mesures de cette cale ont été réalisées après un étalonnage à 0.
La valeur moyenne des 10 valeurs mesurées est de 9.982 mm. L'erreur de
justesse de cet instrument après étalonnage au zéro et pour une mesure de 10
mm peut être estimée à 0.018 mm
d) Fidélité
C’est l’aptitude d’un instrument de mesure à donner des indications très voisines lors de
l’application répétée de la même mesurande dans les mêmes conditions de mesure qui
comprennent :
- Réduction au minimum de variations due à l’observateur
- Même observateur
- Même mode opératoire (Même instrument, même condition de mesure)
- Même lieu
- Répétition durant une constante période de temps
- Jeux (coulissement, articulations)
- Pression de contact plus ou moins grande entraînant des déformations
C’est la composante aléatoire de l’erreur d’un instrument de mesure (paramètre de
dispersion). Elle représente la dispersion des mesures Mi d'une même grandeur et elle
est caractérisée par son écart-type estimé : L'erreur de fidélité est égale à 6 fois la valeur
de l'écart type.
e) Classe de précision
La classe d'un appareil de mesure correspond à la valeur en % du rapport entre la plus
grande erreur possible sur l'étendue de mesure.
𝑃𝑙𝑢𝑠 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑒𝑟𝑟𝑒𝑢𝑟 𝑝𝑜𝑠𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒
Classe = 100 x 𝐸𝑡𝑒𝑛𝑑𝑢𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒
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f) Répétabilité
C’est l’aptitude d’un instrument de mesure à donner des indications très voisines lors de
l’application répétée de la même mesurant dans les mêmes conditions de mesure qui
comprennent :
✓ Réduction en minimum de variation du à l’observateur
✓ Même observateur
✓ Même mode opératoire (Même instrument, même condition de mesure)
✓ Même lieu
✓ Répétition durant une constante période de temps
La dispersion des résultats permet de quantifier la répétabilité
g) Reproductibilité
Ecart observé lors de mesurages successifs d’une même grandeur en faisant varier les
conditions (changement d’opérateur, de lieu, de temps, de méthode).
h) Capabilité d’un équipement de mesure
Aptitude d’un processus de mesure à vérifier la conformité d’une caractéristique à sa
spécification.
Coefficient de capabilité : Rapport entre la tolérance de la caractéristique à vérifier et
l’incertitude de mesure élargie.
𝑇
C= (C le coefficient de capabilité, T la tolérance, U l’incertitude élargie)
𝑈
Le coefficient de capabilité est calculé ou fixé par l’entreprise.
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CHAPITRE 4 : DETERMINATION DES ERREURS ET INCERTITUDES
La question que tout le monde se pose face à un résultat de mesure ou d’essai est la
suivante : quelle confiance puis-je avoir dans ce résultat ?
L’incertitude a donc pour but de « chiffrer cette confiance » ; elle traduit la dispersion des
valeurs associées au mesurande. Elle doit être établie de manière raisonnable et s’exprime
sous forme d’un écart-type. Le but ultime de cette incertitude est de fixer un intervalle que
l’on aimerait le plus étroit possible et dont on espère que la valeur vraie du mesurande y
soit incluse. D'une façon générale la métrologie a pour but de définir la valeur de
grandeurs physiques avec un degré d'incertitude aussi faible que nécessaire.
Un calcul d’incertitude a donné ±0,04 à 95% → Si la mesure est 100,08, il y a 95% de
chance que la pièce ait une dimension comprise entre 100,04 et 100,12. En fonction du
risque choisi, la pièce sera déclarée conforme avec risque ou sera rejetée.
Si l’on considère la mesure d’une grandeur réelle 𝑋, le résultat brut de cette mesure 𝑋𝑖, la
valeur fournie par l’appareillage utilisé, sera toujours entachée d’une erreur 𝑒𝑖. Pour se
convaincre de la validité de cette affirmation, il suffirait de demander à 𝑛 personnes de
mesurer de façon totalement indépendante une grandeur réelle X donnée, on constaterait
alors que l’on obtiendrait 𝑛 résultats de 𝑋𝑖 différents, ce qui signifie qu’aux moins 𝑛−1
personnes ont commis une erreur en effectuant leur mesure. Les raisons de ces erreurs
proviennent essentiellement de l’imperfection des processus mis en œuvre pour réaliser les
mesures.
Pour chaque mesure, on a 𝑋=𝑋𝑖−𝑒𝑖. La valeur de l’erreur étant par définition inconnue,
ceci entraîne que la valeur de la grandeur réelle 𝑋 est rigoureusement inaccessible. Par
contre l’analyse des causes de l’erreur de mesure et des résultats des différentes mesures
réalisées permet d’estimer une valeur d’étendue 2𝑈, l’incertitude de la mesure (on appelle.
Conventionnellement 𝑈 : l’incertitude élargie) telle que nous ayons : (𝑋𝑖−𝑈)≤𝑋≤(𝑋𝑖+𝑈).
Le résultat d’une mesure doit impérativement comprendre les trois composantes suivantes
✓ Une valeur numérique chiffrant le résultat de la mesure ;
✓ L’indication de l’unité dans laquelle est exprimé ce résultat ;
✓ L’étendue 𝑈 de l’incertitude élargie sur le résultat exprimé.
𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒 = 𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑎𝑛𝑛𝑜𝑛𝑐é𝑒 ±𝑖𝑛𝑐𝑒𝑟𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 [𝑢𝑛𝑖𝑡é𝑠]
1. Erreurs de mesure
Il est donc fondamental de savoir d’où provient l’erreur pour pouvoir évaluer l’incertitude
et son étendue.
L’apparition des erreurs dans une mesure peut s’expliquer par une approche de 5M.
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-
1.1. Type d’erreur de mesures
On distingue plusieurs types d’erreur.
a) Erreur de fidélité (répétabilité)
Une mesure est fidèle lorsqu’elle donne toujours le même résultat ou des résultats voisins
si on la répète sur le même échantillon ... Elle caractérise la dispersion des mesures 𝑋𝑖
d'une même grandeur. On en définit l'écart type 𝜎 ou la variance 𝜎2 :
b) Erreur de justesse
Étroitesse d'accord entre le résultat d’une mesure et la valeur attendue (CIBLE ou valeur
réputée vraie). Une mesure est réputée juste quand la moyenne 𝑋̅ d'un grand nombre de
mesures 𝑋𝑖 est confondue avec la valeur 𝑋 du mesurande, quelle que soit la dispersion.
L'erreur de justesse 𝐽 est définie par :
J n’est pas un écart type.
c) Erreur due à l’évolution de la température
Ce type d'erreur est fréquent et il faut y penser constamment. On retiendra la relation qui
lie la variation dimensionnelle à l'élévation de la température
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d) Décomposition de l’erreur
Il est toujours possible de décomposer le terme erreurs en une erreur systématique et une
erreur aléatoire :
d.1) Erreurs systématiques
Cette forme d’erreur se répétera toujours de la même façon et dans le même sens.
L’erreur systématique est la moyenne qui résulterait d’un nombre infini de mesurages du
même mesurande, effectués dans des conditions de répétabilité, moins la valeur vraie du
mesurande. On distingue :
- Erreurs systématiques connues : Les erreurs systématiques connues d'une
mesure sont des grandeurs pouvant être déterminées tant du point de leur intensité
que de leur signe. Les erreurs systématiques connues peuvent être corrigées dans le
résultat. Lorsque la correction a été effectuée, les erreurs systématiques connues ne
font plus partie de l'indication d'incertitude de mesure.
Exemples d'erreurs systématiques connues :
• Les erreurs vérifiées de graduation d'échelle sont manifestement des erreurs
systématiques.
• Une cale-étalon qui est plus longue de 0,7 μm que la valeur nominale indiquée.
• Une mesure de longueur qui est effectuée à la température de 25°C au lieu de
la température de référence de 20°C; cela produit une erreur systématique à
la suite de la dilatation thermique de l'objet.
• Un palmer qui possède des touches de palpage présentant une usure
mesurable.
• Le tachymètre d'une voiture qui présente une indication de 5 km/h trop élevée
dans un certain secteur.
• Un voltmètre dont on a vérifié qu’il possède un facteur d'amplification erroné
ou indique une valeur trop élevée de 0,1V dans toutes ses mesures.
- Erreurs systématiques inconnues : Il existe aussi des erreurs systématiques
inconnues qui sont généralement dues à des imprécisions des instruments : celles-ci
sont normalement définies en termes de valeurs (ou tolérances) maximums, souvent
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avec le signe ±. Il se peut que ces erreurs soient constantes dans une série de
mesures avec un équipement particulier, mais on ne connaît ni leur valeur ni leur
signe. On définit donc souvent les erreurs systématiques inconnues comme erreurs
de tolérance.
d.2. Erreurs aléatoires
Cette forme d’erreur se reproduira d’une façon et dans un sens totalement imprévisible,
elle provient de la multiplicité des paramètres indépendants qui interviennent lors de la
réalisation de la mesure. De par sa nature aléatoire, elle est souvent régie par des lois de
probabilité, dont on peut estimer les paramètres en utilisant des méthodes statistiques
afin de déterminer approximativement son étendue.
L’incertitude de mesure décrit une région autour de la valeur lue ou observée (souvent
elle-même une moyenne de plusieurs mesures individuelles) d’une quantité physique, dans
laquelle on estime que se trouve la vraie valeur.
2. Analyse statistique des données
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Si l'on mesure plusieurs fois le même phénomène avec un appareil suffisamment précis,
on obtiendra chaque fois un résultat différent xi. Ceci est dû à des phénomènes
perturbateurs ou, pour les mesures extrêmement précises, à la nature aléatoire du
phénomène (chaos, incertitude quantique).
Cette dispersion statistique des erreurs aléatoires peut être caractérisée par certaines
paramètres, aussi appelées positions.
En mesure physique et en métrologie, on va en général au minimum calculer deux
valeurs :
- La moyenne, qui représentera la valeur annoncée de la mesure, appelée aussi
espérance en statistique ;
- L’écart type qui (en général multiplié par un facteur approprié) permet d’estimer
l'incertitude de mesure.
a) La moyenne
- La moyenne arithmétique est la moyenne « ordinaire », c'est-à-dire la somme des
valeurs numériques (de la série) divisée par leur nombre.
- La moyenne géométrique est définie de la manière suivante :
- La moyenne harmonique est définie de la manière suivante :
b) La médiane
En supposant que l'on ait, au préalable, rangé les valeurs observées de sorte qu'elles se
trouvent indexées suivant l'ordre des valeurs croissantes, pour un nombre pair N = 2n de
valeurs, la médiane est la moyenne des deux valeurs centrales, soit (xn + xn+1) / 2.
Pour un nombre impair N = 2n+1 de valeurs, la médiane est unique et égale à xn+1.
c) Variance et écart type
- En probabilité, la variance d’une série de données est la moyenne des carrés des
écarts à la moyenne :
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- L'écart type est la racine carrée de la variance et donc mesure également la
dispersion d'une série de valeurs autour de leur moyenne.
- Ecart-type de la valeur moyenne : Considérons une série de n mesures xi, de
moyenne x et écart type σ. La dispersion attendue sur cette moyenne si on mesurait
plusieurs séries de n mesures, donc l’incertitude sur la valeur x peut être caractérisée
par l’écart type de la valeur moyenne, qui peut être estimé à partir de l’écart type
d’une seule série de n mesure par :
d) La loi ou distribution normale ou gaussienne
La distribution de beaucoup de paramètres industriels correspond souvent à une loi
normale, avec son profil « en cloche ».
Typiquement ce sera la première distribution avec laquelle on va comparer des
histogrammes de mesure. Une variable aléatoire suit une loi normale (ou loi normale
gaussienne, loi de Laplace-Gauss) de moyenne μ et d'écart type σ (donc de variance σ2) si
elle admet une densité de probabilité f telle que :
Une telle variable aléatoire est dite variable gaussienne.
Le cas où la moyenne est zéro et l’écart type est l’unité (1) est appelée loi normale centrée
réduite :
En statistiques, et en particulier dans la théorie des sondages, lorsqu'on cherche à estimer
la valeur d'un paramètre, on parle d'intervalle ou niveau de confiance lorsque l'on donne
un intervalle qui contient, avec un certain degré de confiance, la valeur à estimer. Le
niveau de confiance est en principe exprimé sous la forme d'une probabilité.
On désigne le niveau de confiance par (1-α). Le nombre α est le risque que l’on prend de
se tromper en affirmant que toutes les mesures sont bien dans l’intervalle proposé.
Un niveau de confiance de, par exemple, (1-α) = 95.45% signifie qu'une mesure va se
trouver dans le domaine de deux écarts-type de part et d'autre de la valeur moyenne avec
une probabilité de 95.45%.
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Pour une distribution gaussienne :
1. 68% de la population est dans l'intervalle +/- 1 sigma
2. 95% de la population est dans l'intervalle +/- 2 sigma
3. 99,7% de la population est dans l'intervalle +/- 3 sigma
e) Facteur d’élargissement
Si on a un grand nombre de mesures, et on peut considérer qu’on a une distribution
gaussienne avec moyenne x et écart type empirique corrige σ, l'incertitude due à la
dispersion statistique est alors estimée par u = k ·σ
k est appelé facteur d’élargissement et est une constante dépendant du niveau de
confiance, donc de l'erreur admissible.
Dans de nombreux cas en métrologie industrielle, on se contente de prendre k = 2, soit
un niveau de confiance de 95 % (5 mesures hors intervalle pour cent mesures).
3. Détermination des incertitudes
La mesure d’un mesurande consiste à indiquer la valeur de la grandeur mesurée avec son
unité, mais aussi à préciser l’incertitude de la mesure pour informer sur sa précision.
Présentation du résultat d’une mesure : M = (m ± ∆m) unité
✓ M : Mesurande, grandeur mesurée (vitesse, température, masse . . .)
✓ m : mesure (exprimée préférentiellement avec l’écriture scientifique
✓ ∆m : incertitude de la mesure, appelée également incertitude-élargie (arrondie à la
valeur supérieure avec un seul chiffre significatif ou 2 au maximum)
Le dernier chiffre significatif de m est incertain, il doit être situé à la même position
décimale que celui de ∆m
EX : V = (153 ± 2) km.h-1 ; C = (0,15 ± 0,05) mol. L-1 ; m = (25,1 ± 0,8) g
Présentation du résultat à l’aide d’un intervalle de confiance : [m – ∆m ; m + ∆m]
Présentation du résultat à l’aide d’un encadrement : m – ∆m ≤ m ≤ m + ∆m
En général, la largeur de l’intervalle de confiance est choisie pour avoir au moins 95% de
chance de trouver la valeur vraie à l’intérieur.
EX : Le mesurande est une résistance R. La valeur mesurée est 102,50 Ω. L’incertitude
de mesure est de 0,25 Ω et le niveau de confiance est de 95 %.
Le résultat de mesure est noté R95% = (102,50 +/- 0,25) Ω, avec un niveau de confiance
de 95 %.
Cela signifie qu’il y a 95 chances sur 100 pour que la valeur vraie du mesurande
appartienne à l’intervalle [102,25 Ω ; 102,75 Ω]
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Pour évaluer la qualité d’une mesure, on peut également indiquer son incertitude
𝛥𝑚
relative :
𝑚
𝛥𝑉 2
EX : V = (153 ± 2) km.h-1 → la valeur est donnée à = = 0,013 = 1,3 %
𝑉 153
𝛥𝐶 0,05
C = (0,15 ± 0,05) mol. L-1→ la valeur est donnée à = = 0,33 = 33 %
𝐶 0,15
La qualité de la mesure est d’autant meilleure que son incertitude relative est petite.
On distingue en général deux types de mesures :
- Les mesures directes,
- Et les mesures indirectes – qui reposent sur une ou plusieurs mesures directes
3.1. Mesure directe
Lorsqu’on effectue des mesures directes pour obtenir la valeur d’une grandeur physique,
on est soumis à deux types d’incertitude.
- L’incertitude de type A : on réalise plusieurs mesures de la même grandeur qui
permette un traitement statistique ;
- L’incertitude de type B : on réalise une seule mesure et on évalue l’incertitude à partir
des données du constructeur de l’appareil de mesure et hypothèse sur la qualité de la
lecture réalisée sur l’appareil.
3.1.1. L’incertitude de type A
On réalise un nombre limité n de mesures d’une même grandeur physique X : x1, x2,
x3,…..xN .La meilleur estimation de la valeur vraie est la moyenne de ces mesures notée 𝑋̅.
L’incertitude de mesure correspondant à des mesures répétées d’une grandeur est appelée
incertitude de répétabilité. Elle est liée à l’écart type de la série de mesure. L’écart type
expérimentale noté σn-1 sert à mesurer la dispersion d’un ensemble des données. Plus il
est faible plus les valeurs sont regroupées autour de la moyenne.
L’incertitude absolue Δx correspond alors à :
Avec :
✓ K : le coefficient d’élargissement qui dépend du niveau de confiance choisi ;
✓ n : le nombre de mesure ;
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Remarques :
❖ Pour un niveau de confiance de 68%, on prendra K=1, il y a 68% de chance que la
σn−1
mesure soit dans l’intervalle de la population est dans l'intervalle [𝑋̅- ; 𝑋̅+
√𝑛
σn−1
]
√𝑛
❖ Pour un niveau de confiance de 95%, on prendra K=2, il y a 95% de chance que la
2σn−1
mesure soit dans l’intervalle de la population est dans l'intervalle [𝑋̅- ; 𝑋̅+
√𝑛
2σn−1
]
√𝑛
❖ Pour un niveau de confiance de 99%, on prendra K=3, il y a 99% de chance que la
3σn−1
mesure soit dans l’intervalle de la population est dans l'intervalle [𝑋̅- ; 𝑋̅+
√𝑛
3σn−1
]
√𝑛
3.1.2. L’incertitude de type B
Lors d’une mesure unique, la précision de l’appareil de mesure, la façon dont il est utilisé
et la qualité du mesurage sont à prendre en compte : l’erreur correspondante est l’erreur
systématique et l’incertitude associé est dite de type B.
L’évaluation de celle-ci nécessite de rechercher toutes les sources d’erreur et d’évaluer
l’incertitude associée à chaque source.
Pour les incertitudes de type B, on considère que l’incertitude de mesure à prendre en
compte est l’incertitude élargie UB = 2uB, pour un niveau de confiance de 95%.
• Lorsque la mesure est obtenue par lecture sur une échelle, pour un niveau de
confiance de 95%. L’incertitude de la mesure liée à la lecture est estimée au pas de
graduation/√12.
Sur une balance précise au milligramme : u = 1 mg /√12
• Sur certains appareils de mesure le fabricant indique un écart, on prendra comme
incertitude absolue
Exemple :
Sur une balance de 1/100g on peut lire :24,04
Indication du constructeur : ±0,03g
0,03
Δm = = 0,02g
√3
On écrira le résultat sur la forme m = 24,04 ± 0,02g
• Lorsque l’appareil subit une variation de température implique une dilatation
∆𝐿 = 𝛼. ∆𝑇. 𝑋
𝛥𝑇
alors l’incertitude UT =
√3
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3.1.3. Incertitude de type composée
Dans le cas où l’on dispose d’une série de mesures et que chacune d’entre elles est
affectée d’une incertitude de type B, on obtient l’incertitude-type composée :
u = √𝑈𝐴2 + 𝑈𝐵 2 U = 2u ; M = 𝑚
̅ ±U
3.2. Mesure indirecte
Une mesure indirecte est une mesure déterminée à partie des mesures directes effectuée.
Supposons une relation existante entre z = f(x,y). La valeur de z est déterminée à partir
de la mesure directe de x et de y.
Z peut être déterminer de différentes manières :
- Méthode de réduction
- Méthode par propagation des incertitudes
- Méthode utilisant une régression linéaire
3.2.1. Méthode de réduction
On calcul z pour chaque mesure puis on cherche ∆z comme pour une mesure directe
Ex : la mesure de R (Ω) s'obtient par mesure de U (V) et I (A)
Si les incertitudes de type B sont négligeables alors : R = (100,002 ± 0,024) Ω
3.2.2. Méthode par propagation des incertitudes
a) Produit et somme
Les mesures directes de x et y sont indépendantes est donnent les incertitudes absolues
∆x et ∆y qui induisent une incertitude ∆z.
- Cas d'une somme ou différence : z = x + y ou z = x – y ⇒ Δz = √𝛥𝑥 2 + 𝛥𝑦 2
𝑥 𝛥𝑧 𝛥𝑥 𝛥𝑦
- Cas d'un produit ou d'un quotient : z = xy ou z=
𝑦
⇒
𝑧
= √( 𝑥 )2 + ( 𝑦 )2
𝛥𝑥 𝛥𝑦
- Cas X = Yn alors =n
𝑥 𝑦
Exemple 1 : (valeurs précédentes) U = 6,00000 V I = 59,9989 mA R = 100,002 Ω
∆U 0,00115 V ∆I = 0,0118 mA
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𝛥𝑅 𝛥𝑈 𝛥𝐼
= √( )2 + ( )2 = 0,000275 ∆R = 0,027 Ω
𝑅 𝑈 𝐼
Exemple 2: on a mesuré avec une balance m1 = 23,13±0,03g avec le niveau de
confiance de 95% et avec une autre balance m2 = 132,5±0,1g
On aura alors m = m1 + m2 = 23,13 + 132,5 = 155,6g
Δm = √𝛥𝑚12 + 𝛥𝑚22 =0,104 g = 0,1g
On écrira le résultat sous la forme : m = 155,6 ± 0,1g
b) Calcul de l’incertitude par la méthode de dérivée totale
C’est une méthode plus ou moins compliquée que la précédente. On donne, ici,
directement la formule ci-dessous qui permet de calculer l’incertitude composée
Cette formule considère que les paramètres 𝑃𝑖 sont indépendants.
Exemple d’application :
Un volume d’un réservoir prismatique : 𝑉 = 𝐿 × 𝐵 × 𝐻 avec 𝐿 : la longueur, 𝐵: la largeur
et 𝐻 : la hauteur.
Chaque mesure des trois composantes est connue avec son incertitude :
𝑃1 = 𝐿 = 2 ± 0.01𝑚 à 95% (𝑈𝐿 = 2𝑢𝐿 = 0.01)
𝑃2 = 𝐵 = 1 ± 0.01𝑚 à 95% (𝑈𝐵 = 2𝑢𝐵 = 0.01)
𝑃3 = 𝐻 = 1,5 ± 0.01𝑚 à 95% (𝑈𝐻 = 2𝑢𝐻 = 0.01)
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