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Manuel de SVT pour 4ème au Tchad

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REPUBLIQUE DU TCHAD

Unité - Travail – Progrès


MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE
ET DE LA PROMOTION CIVIQUE

ITE
RD
NTE
T EI
N
VE

Edition : 2016
Collection : Ecole et savoirs
Avant – Propos

Ce manuel de Sciences de la Vie et de la Terre destiné aux élèves


de la classe de quatrième (4ème) de l’Enseignement Moyen au
Tchad a été publié grâce à l’appui financier du Gouvernement
Tchadien à travers la subvention de l’Etat 2012 accordée au Centre
National des Curricula (CNC).
Equipe éditoriale

Ce manuel des Sciences de la Vie et de la Terre de la classe de quatrième


(4ème) de l’Enseignement Moyen au Tchad a été réalisé par une
Commission Technique Spécialisée composée de l’ensemble des
chercheurs du Centre National des Curricula (CNC) et les personnes
ressources, en particulier :

Conception :

Mme YANGALBE née KALSOBE Martine, Inspecteur Principal de


l’Enseignement Primaire, Chef de Division de la Petite Enfance,
Centre National des Curricula.
MM. MOULKOGUE BOULO Félix, Inspecteur Général de
l’Enseignement Secondaire en Sciences de la Vie et de la Terre,
Doctorant en Didactique des Disciplines et Evaluation des
Apprentissages, Chef de Division Enseignement Secondaire
Scientifique, Centre National des Curricula.
MADJITOLOUM MIANSANA, Titulaire d’un Master en
Didactique des SVT, Chef de Section SVT (Français), Centre
National des Curricula.
MAHAMAT SAMANI ADAM BARKA, professeur certifié,
Chef de Section SVT (Arabe), Centre National des Curricula.
OUMAR MAHAMAT RAHAMA, professeur certifié de SVT
au Lycée Roi Fayçal de N’Djaména.
YERIMA MANGOUSSI, Chef de Section Sciences de la Terre
(Français), Centre National des Curricula.
ALLARANGUE TRASBE, Professeur Certifié des Sciences de
la Vie et de la Terre, Personne ressource, Ministère de l’Education
nationale.

Sous la direction de :

Dr ABOUBAKAR ALI KORE

Directeur Général du Centre National des Curricula.


1

A. GEOLOGIE
2

Leçon 1 : Qu’est-ce que la géologie

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir ce que c’est que la géologie ;
- citer les buts, les objets et les méthodes de la géologie ;
- définir les différentes branches de la géologie ;
- expliquer l’importance de la géologie.

2. J’observe

Le globe terrestre présente des aspects divers, résultats de plusieurs activités externes
et internes. L’homme intervient également dans la modification de l’environnement par
l’exploitation des ressources naturelles.

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment étudier le globe terrestre ?
- Quels sont les objets, les buts et les méthodes de la géologie ?
- Quelles sont les principaux domaines d’application de la géologie ?
3

3. J’expérimente/Je vérifie
- Recherche autour de toi ce qui peut faire l’objet d’études géologiques.

4. J’apprends

4.1 Définition de la Géologie

La surface de la Terre où nous vivons


présente un aspect qui varie suivant
les régions : ici ce sont des plateaux,
là une chaîne de montagne noyée
dans les nuages, un peu plus loin des
déserts, ailleurs des petites collines.
C’est dans ces différents milieux que
l’on trouve des végétaux et des
animaux qui sont étudiés en sciences
de la vie (Biologie). Des questions
subsistent.

❶Un paysage gréseux et érodé dans l’Ennedi


(photo CNC-2012)
Depuis combien de temps, ces plateaux, ces montagnes, ces plaines et les êtres vivants
qu’ils abritent existent-ils ? Comment sont-ils apparus ? Ont-ils toujours gardé le même
aspect ? Que peut-on trouver à l’intérieur de ces montagnes ? Quelle est l’origine des
volcans et des séismes ? Quels rapports y a-t-il entre un paysage et son sous-sol ? Quelles
sont les ressources susceptibles de se trouver dans notre sous-sol ? Voilà autant de
questions que peuvent se poser les élèves de la classe de quatrième. Ces questions
trouvent leurs réponses dans une science appelée Géologie.

La Géologie (du grec geo = Terre, et logos = Science) est l’étude de la planète Terre dans
sa composition, sa structure, son histoire, son évolution. Alors que la Géographie (du
grec geo = Terre, et graphos = qui écrit, décrit) est la description de la Terre.

4.2 Objets, buts et méthodes de la Géologie

4.2.1 Objets de la géologie


La Géologie analyse l’environnement de l’Homme, les objets étudiés appartiennent
essentiellement au monde minéral. Leur taille varie de l’infiniment petit (structure
microscopique), au très grand (plusieurs milliers de kilomètres dans le cas de l’écorce
terrestre).

Les phénomènes étudiés, observés, ont des durées extrêmement variables : de quelques
fractions de secondes à plusieurs dizaines de millions d’années. La Géologie ne se limite
pas à l’étude de la Terre dans sa forme actuelle.
4

4.2.2 Les buts de la géologie


L’un des buts de la géologie est d’étudier la Terre dans sa composition chimique et sa
structure. Pour y parvenir, le géologue recherche la nature, la composition et
l’arrangement des matériaux qui constituent notre planète. La géologie essaie de
retracer le passé de la terre en recherchant et en analysant les phénomènes anciens, les
éléments fossilisés (animaux et végétaux). Leur comparaison avec ceux du monde actuel
conduit à des hypothèses sur l’histoire de la Terre. Par exemple les travaux géologiques
ont permis aux géologues tchadiens de mettre à jour des fossiles d’Abel et de Toumaï,
preuve que le Tchad, jusqu’à l’heure est le berceau de l’humanité.

L’âge de la Terre est estimé à 4,55 milliards d’années depuis la solidification de la croûte
originelle jusqu’à la période actuelle. L’histoire de la Terre a été divisée en ères, elles-
mêmes divisées en systèmes possédant de très nombreuses subdivisions.

Grâce aux méthodes de datations, le géologue, à partir des observations et en supposant


que les phénomènes anciens sont semblables à ceux observés à l’époque actuelle
(principe des causes actuelles), peut reconstituer l’image du monde à une époque
ancienne, ou Paléographie.
L’ensemble du monde minéral s’organise en cycles périodiques provoqués par des
forces qui agissent au niveau de la Terre.

L’étude de ces forces et de leurs effets constitue la Géodynamique. La Géodynamique


externe étudie les transformations (érosion, sédimentation) en surface, dues à l’énergie
solaire, tandis que la Géodynamique interne étudie celles causées en profondeur par
l’évacuation de l’énergie terrestre (volcanisme, séismes, déformations des roches…). Les
transformations de la Terre sont permanentes : on dit que la Terre est une planète
active.

A l’échelle du globe terrestre, la position des continents, la forme des océans n’ont pas
toujours été celles qu’elles sont aujourd’hui. La dérive des continents, c'est-à-dire le
déplacement des continents les uns par rapports aux autres, semble avoir été une
conséquence de l’ouverture des océans qui aujourd’hui les sépare.

La Pétrographie étudie les paysages et la description des roches tandis que la Pétrologie
étudie les mécanismes de formation des roches.

4.2.3 Les méthodes de la géologie


Les géologies utilisent des méthodes variées dont les plus connues sont :

a) Les méthodes cartographiques

Elles servent à préparer les itinéraires, à repérer les points et à s’orienter. Elles utilisent
les cartes topographiques élaborées à partir des photographies aériennes.
5

b) Les méthodes géologiques

C’est la recherche des formations géologiques ou affleurements et leur description. Il


s’agit d’un travail de terrain à la fin duquel le géologue pourra confectionner les cartes
géologiques en reportant, avec précision, les contours des affleurements rencontrés sur
le fond d’une carte topographique. Il peut également élaborer de la même manière les
cartes structurales, en indiquant et en précisant sur le fond topographique, les
déformations découvertes.

c) Les méthodes géophysiques

Elles permettent de mesurer la résistance et certaines propriétés des matériaux du


globe terrestre (magnétisme, force de gravité, propagation des ondes sismiques, etc.).

d) Les méthodes géochimiques

Les méthodes géochimiques consistent à doser dans les matériaux de l’écorce terrestre
quelques caractéristiques chimiques comme le pH, la concentration d’un élément ou
d’un groupe d’éléments, etc.

Si les méthodes cartographiques et les méthodes géologiques sont propres à la géologie,


les méthodes géophysiques et les méthodes géochimiques font appel à d’autres
disciplines comme la physique ou la chimie. Quelle que soit la spécialité, le travail du
géologue se fait en deux phases.

La première phase est un travail de terrain, au cours duquel des échantillons soit de
roches soit de sols ou de fossiles, sont prélevés.

La seconde phase est un travail de maison ou de laboratoire, au cours duquel les divers
échantillons prélevés sont l’objet d’études et d’analyses plus profondes à l’aide
d’appareils appropriés, tel que le microscope. A la fin des travaux, un rapport est rédigé,
différentes cartes géologiques sont élaborées et exploitées dans le but d’améliorer les
conditions de vie de l’homme.

4.3 L’importance de la géologie dans la vie courante

La géologie a toujours été associée au progrès de l’humanité, car il n’existe pas de


frontière entre la géologie fondamentale et la géologie appliquée. Cette dernière utilise
toutes les méthodes de la géologie fondamentale et réciproquement. Il existe plusieurs
domaines d’application de la géologie, parmi lesquels :
- l’hydrologie qui traite des propriétés mécaniques, physiques et chimiques des
eaux marines et continentales. L’eau douce est indispensable à l’homme, non
seulement pour son alimentation et ses besoins domestiques mais aussi pour
l’agriculture, l’industrie, le refroidissement des centrales nucléaires.
6

- l’environnement, considéré comme


l’ensemble, à un moment donné, des
aspects physiques, chimiques et
biologiques et des facteurs sociaux
susceptibles d’avoir un effet direct ou
indirect, immédiat ou à long terme, sur les
êtres vivants et les activités humaines.

Cette sphère d’interaction de l’homme et


de la biosphère est appelée noosphère. La
géologie est partie prenante de ce
concept, en ce qui concerne notamment la ❷ Un pont sur le Barh-Khô, Sarh (photo CNC-2012)
protection des sols. La pollution de l’atmosphère et des nappes, le stockage des
déchets et les problèmes d’aménagement du territoire.

La géologie appliquée permet de connaître les qualités physiques de résistance


des roches avant l’installation des grands ouvrages (ponts, barrages
hydroélectriques, usines, etc.). Elle permet également de rechercher les
structures du sous-sol en vue de connaître les concentrations en substances
essentielles (minerais, pétrole, eau potable, géothermie, etc.).

- le génie rural ou agricole


L’exploitation des cartes
géologiques ou des cartes
pédologiques (cartes des sols)
permet une planification du
développement industriel ou
agricole d’un pays. La géologie
permet de connaître les
propriétés physiques et
chimiques des sols en vue
d’améliorer les rendements
des cultures.
❸Un champ de laitues (photo CNC_2012)
- la télédétection

C’est une technique de repérage des objets éloignés, par l’intermédiaire d’ondes
électromagnétiques réfléchies ou émises par des objets, depuis la lumière solaire
jusqu’au rayonnement radar. La télédétection est mise au point à partir de la
photographie aérienne.

5. Je m’exerce

- Définis ce que c’est que la géologie.


- Cite les buts, les objets et les principales méthodes en géologie.
- Décris en quelques lignes l’importance de la géologie.
7

6. Je retiens

La Géologie (du grec geo = Terre, et logos = Science) est l’étude de la planète Terre dans
sa composition, sa structure, son histoire, son évolution. La Géologie analyse
l’environnement de l’Homme, les objets étudiés appartiennent essentiellement au monde
minéral. Leur taille varie de l’infiniment petit (structure microscopique), au très grand
(plusieurs milliers de kilomètres dans le cas de l’écorce terrestre).

La géodynamique étudie les mouvements de la surface de la Terre causés par des forces
externes ou internes (érosion, séismes, volcanisme, déformations…).

Les géologies utilisent des méthodes variées dont les plus connues sont : les méthodes
cartographiques, les méthodes géologiques, les méthodes géophysiques et les méthodes
géochimiques.

Il existe plusieurs domaines d’application de la géologie : l’hydrologie, l’environnement, le


génie rural ou agricole et la télédétection.

7. Je m’entraîne

Recherche autour de toi les traces d’activités qui caractérisent la géologie.


Montre que la géologie est présente dans l’environnement :
a. en indiquant les roches exploitées ;
b. en établissant la liste des activités humaines qui font intervenir la géologie.

8. Lexique

Ere : espace de temps de longue durée qui commence à un point déterminé. Par exemple
le Quaternaire.
Topographie : discipline qui étudie la représentation graphique des formes de terrains
avec ses détails.
Affleurement : le fait d’apparaître à la surface de la terre ou de la mer.
8

Leçon 2 : Les paysages : cartes topographiques et géologiques

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- observer un paysage ;
- définir ce que c’est qu’un paysage ;
- décrire différents types de paysage ;
- réaliser une carte géologique.
- réaliser un profil topographique ;
- citer les différentes actions de l’homme sur les paysages.

2. J’observe

Autour de chaque localité, il existe un paysage. Chaque paysage présente des


caractéristiques qui sont spécifiques.

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment sont organisés les différents paysages ?
- Quels sont les facteurs qui façonnent un paysage ?
- Comment la nature des roches intervient-elle dans le relief d’un paysage ?
- Comment les informations sur la nature des roches et les reliefs sont-elles recueillies ?
9

3. J’expérimente/je vérifie

Après avoir examiné avec attention les images ci-dessous :

❶ Un payasage de l’Ennedi (photo CNC_2012) ❷ La berge du Chari à Darda (photo CNC_2012)

❸ Une rizière du Foyer d’Animation de Darda (photo CNC_2012)

- recherche les éléments importants caractérisant chacun de ces paysages ;


- recense les facteurs qui influencent la formation de ces paysages ;
- explique les éléments qui interviennent dans le modelé du relief ;
- recherche les impacts de l’activité humaine sur le paysage ;
- identifie les affleurements de roches observables.

A partir de ces observations, définis ce que c’est qu’un paysage au sens géologique du
terme.
10

4. J’apprends

4.1. Les différents éléments d’un paysage

Un paysage est défini par un relief, une végétation, des cours d’eau, des affleurements
de roches et les activités de l’homme (l’habitat, l’agriculture, l’industrie etc.)
Chaque paysage est fonction d’un climat spécifique, ainsi le paysage du désert est
différent du paysage de la forêt équatoriale. Un paysage garde des traces témoins du
climat passé qu’il a traversé.

4.2 Les éléments constitutifs d’un paysage et leur intervention

a) les origines du relief

Le relief est le résultat de nombreux facteurs :


- action des cours d’eau ;
- action de l’homme ;
- diversité de roches ;
- mouvements tectoniques ;
- climat.

 L’action des cours d’eau

Les cours d’eau déterminent à la fois le


climat et le relief. Ils sont soient
permanents, soient saisonniers. L’eau de
surface arrache les débris, les transporte
et les dépose dans des bassins. Les cours
d’eau interviennent efficacement dans la
transformation du paysage.

❹Érosion fluviale à Darda (photo CNC_2012)


 L’action de l’homme
L’intervention de l’homme constitue un élément essentiel dans la constitution des
reliefs. L’homme est capable de précipiter l’action de l’érosion par le déboisement tout
comme il peut freiner cette action par le reboisement.
11

L’un des facteurs intervenant significativement sur la modification du paysage est le


surpâturage dont les conséquences sont, entre autres, la destruction de la couverture
végétale, la formation des cuirasses traduisant la pauvreté des sols.

 Le climat
L’ensemble des circonstances
atmosphériques et météorologiques
(humidité, température,
précipitations) constituent le climat.
Ce climat favorise la destruction de la
roche qui à son tour améliore le
développement de la végétation. Cette
végétation peut arrêter le processus
d’érosion et accélérer ceux de
l’altération. Le sol ainsi constitué est
un équilibre à sauvegarder. ❺Un sol compacté revêtu de cuirasse. (photo CNC 2008)

 Les mouvements tectoniques

Les mouvements convergents de l’écorce terrestre provoquent un raccourcissement de


celle-ci. A la suite de ce raccourcissement surgissent des cassures, des plissements
donnant des reliefs élancés, naissance des jeunes montagnes ; c’est le relief tectonique.

 L’érosion

L’érosion résulte d’un ensemble de processus qui dégradent les reliefs : écroulements,
éboulements, glissements de terrains, qui fragmentent la roche. On note entre autres, la
décomposition chimique, le vent, le gel action des eaux de ruissellement. L’érosion peut
accentuer les reliefs créant des dénivellations. L’érosion est donc le résultat de plusieurs
actions exercées sur le relief en le nivelant.

 La diversité des roches

Toutes les roches de l’écorce terrestre n’ont pas les mêmes caractéristiques bien que
situées au même endroit. Leurs propriétés physiques et chimiques ne sont pas
identiques et par conséquent, ne présentent pas la même résistance face aux agents
d’érosion.

Un rocher granitique peut donner à la fois un relief en creux (nombreuses fractures


ouvertes) et un relief en dôme (granite massif).
12

b) Les facteurs qui déterminent la végétation

 La nature chimique des roches

Les sols sont formés à partir de l’altération des roches en surface et elles contiennent
des substances minérales. Grâce à leurs racines, les plantes puisent dans le sol ces
éléments minéraux dissouts. Ces derniers sont indispensables à la vie de la plante verte
qui les utilise pour sa propre croissance. Ces éléments minéraux sont facteurs de la
répartition des végétaux dans la nature. Certains végétaux prolifèrent sur des sols
riches en silice, d’autres, ont pour prédilection les sols riches en calcaire, etc.

 Le relief

Le relief détermine souvent l’épaisseur des sols. Dans les régions de montagnes à fortes
pentes, les eaux de ruissellement et d’infiltration emportent les éléments minéraux et les
dissolvent dans les bas-fonds. Ainsi donc, certaines plantes adaptées peuvent y pousser.

 L’action de l’homme

A cause de l’élevage et de la culture, l’homme modifie la végétation naturelle, détruit la


forêt. L’homme introduit des nouvelles espèces et change ainsi l’aspect de la végétation
naturelle.

 Le climat

Les variations de températures, de précipitations et d’humidité agissent sur les


végétaux. Les plantes se répartissent dans les zones selon les climats, formant les
bandes de végétation visibles sur les cartes.

c) les facteurs qui déterminent l’allure des cours d’eau

On appelle cours d’eau, les eaux de surface comme les fleuves, les rivières, les torrents
qui peuvent se jeter dans les lacs ou dans les étangs etc.

 La nature d’une roche

Le lit d’un cours d’eau est en partie déterminé par la cohérence des roches rencontrées.
Dans les cours d’une rivière, les sinuosités (méandres) sont provoquées par la présence
de roches très cohérentes qui sont souvent contournées. Les vallées étroites encaissées,
les gorges se situent dans les régions à relief dont les roches qui les constituent sont
solubilisées dans l’eau, les étangs, les rivières, les marécages sont formés grâce à la
présence des couches imperméables dans le sous-sol.

 Le relief
L’importance de la pente d’un relief détermine la vitesse d’écoulement des eaux. Quand
l’eau coule rapidement, elle creuse des ravins au niveau des flancs. Les torrents
entraînent les blocs et les galets qu’ils ont arraché de leur lit. La partie aval du fleuve et
de la rivière située dans les plaines a un courant lent. Seules les petites particules sont
charriées.
13

 Le climat
Le climat détermine la densité des cours d’eau. Dans une région humide les cours d’eau
sont nombreux et leur débit est important. Contrairement aux régions arides, les cours
d’eau sont saisonniers. En saison sèche, le débit est nul mais il est important en saison de
pluies.

 L’intervention de l’homme

L’homme modifie les cours d’eau de deux façons :


- de la source en un point donnée dit amont, l’homme construit les barrages
pouvant fournir de l’électricité ;
- de ce point à la plaine appelé aval, il construit des digues pour canaliser de l’eau
destinée à arroser les cultures.

4.3 Quelques exemples de paysage

a) Les paysages sableux

L’Afrique est le berceau des sables,


ils sont au bord de la mer, dans le
désert ou à l’intérieur des terres. Les
paysages de sable sont secs sans
végétations, avec un relief moins
élevé et comportant des dunes.

❻Un paysage sableux à Faya (photo CNC_2010)


b) Les paysages argileux
En saison sèche, la présence de l’argile est remarquée par des nombreuses fentes. Les
argiles forment rarement des affleurements, cependant leur présence est révélée par des
mares, des étangs et des marécages.

❼Un sol argileux (photo CNC 2011)


14

c) Les paysages latéritiques

Les paysages latéritiques sont


caractérisés par un sol rouge, pauvre
en végétation. La cuirasse rouge
couverte de gravillons ne favorise
pas l’installation et le
développement des plantes. En
période sèche, on y trouve rarement
de l’eau, au passage d’une caravane,
une fine poussière rouge se soulève
et couvre les plantes avoisinantes
❾ Un paysage latéritique à Pala (photo CNC_2012) empêchant leur croissance.

4.4 Compte rendu des résultats d’une étude de paysage


Les différents éléments du relief se lisent directement sur les cartes topographiques. Ces
cartes représentent la projection dans un plan des éléments du relief. Leur élaboration
se fait à partir des photographies aériennes prises à des intervalles réguliers. L’avion
vole à une altitude bien déterminée.

Chaque photographie recouvre la précédente sur la moitié de sa surface. L’observation


stéréoscopique de deux vues révèle les moindres inégalités du relief. Ces reliefs sont
figurés sur les cartes par des courbes de niveau.

4.5 Les cartes topographiques


La topographie (du grec topos : lieu et graphein : décrire) est la figuration ou la
représentation des formes de terrain sur une carte. Une carte topographique est donc la
représentation d’une partie de la surface terrestre sur un plan, à une certaine échelle. Il
s’agit de représenter sur un plan la surface d’une sphère ; il est nécessaire d’utiliser un
système de projection qui déformera le moins possible l’image de la réalité. Les
affleurements des roches sont représentés sur la carte topographique. Les cartes
topographiques et géologiques permettent d’interpréter le paysage. Elles sont élaborées
à différentes échelles. Les plus courantes sont : 1/1.000.000e ; 1/500.000e ; 1/200.000e ;
1/100.000e ; 1/50.000e.

Une carte topographique fournit les informations importantes sur l’orientation et le


positionnement.

 L’orientation

Pour s’orienter, le Nord géographique ou NG est indiqué par une flèche dirigée vers le
haut de la feuille : c’est le Nord vrai. On indique aussi le Nord magnétique ou NM (qu’on
peut déterminer à l’aide d’une boussole). On constate qu’il existe une différence entre
NG et NM appelée déclinaison magnétique, qui varie en fonction du lieu et de l’année.
Elle est exprimée en degrés ou en grades.
15

 Le positionnement

Pour se positionner, c’est-à-dire trouver les coordonnées géographiques d’un point, on


utilise le cadre extérieur de la carte : il comporte des séries de chiffres correspondants
aux références en latitude N ou S et en longitude E ou O.

Un point sur une carte est donc déterminé par ses deux coordonnées : il suffit d’abaisser
une perpendiculaire sur les côtés de la carte à partir d’un point donné.

Exemples

Mongo 13°11’N Golonti 12°02’N


18°42’E 18°50’E

 L’échelle

L’échelle est le rapport distance sur la carte/distance réelle horizontale sur le terrain. Par
exemple sur la carte de Mongo, 1/200.000 signifie que 1 cm sur la carte correspond à
200.000 cm sur le terrain soit 2 km.

Un document cartographique doit toujours comporter l’indication de son échelle.


La planimétrie permet de repérer les éléments de surface : fleuves, rivières, lacs, routes
villes, villages, etc.

 Le relief

Le relief est représenté par deux catégories d’éléments : les point côtés et les courbes de
niveaux.
Les points côtés sont des points dont l’altitude est indiquée.
Les courbes de niveau sont des lignes reliant tous les points de même altitude. La
différence entre deux courbes est appelée équidistance. Les courbes dites maîtresses
sont repérées par des traits épais. L’espacement entre les courbes indique l’inclinaison
des pentes : plus les courbes sont serrées, plus la pente est forte, et inversement.

5. Je m’exerce

- Énumère au moins cinq actions de l’homme qui modifient la végétation naturelle


de ta localité.
- Décris et analyse le paysage de ton village.
- Représente le paysage de ta localité par un dessin simple et interprète-le.

6. Je retiens

Le globe terrestre est recouvert de paysages très diversifiés. Un paysage est


essentiellement caractérisé par le relief, la végétation, les cours d’eau, les affleurements de
roches, les manifestations des activités humaines tels que : l’habitat, l’agriculture, les
industries, le climat.
16

Ainsi un paysage de forêt est différent d’un paysage de savane ou du désert. Le paysage
résulte de l’interaction de tous ces différents facteurs. Tout déséquilibre en faveur de l’un
de ces facteurs entraine l’évolution du paysage dans un aspect contraire.
Pour étudier un paysage, il faut faire recours aux cartes topographiques et géologiques.
Il existe trois grands types de paysage :
- le paysage argileux (assez bonne végétation favorisant le développement de certaines
plantes) ;
- le paysage sableux (sec, sans une végétation) ;
- le paysage latéritique (sol pauvre en végétation, ne favorise pas le développement de
la plante).
Pour réaliser un profil topographie d’une région, on établit d’abord la carte
topographique. Celle-ci fait apparaître les coordonnées et les altitudes. Les courbes de
niveau obtenues permettent ainsi de construire le profil topographique.

7. Je m’entraîne

a) Décris et analyse le paysage qui t’entoure. Représente ce paysage par un dessin


simple puis interprète ses différents éléments.
b) Observe les différents paysages ci-après et décris les facteurs qui les influencent.
17

8. Lexique

Stéréoscopique : vision à trois dimension due au fait que chaque œil perçoit les objets
sous un angle légèrement différents par rapport à l’autre.
Cartes topographiques : papier comportant un plan des formes du terrain avec les détails
naturels ou artificiels qu’il porte.
Tectonique : ensemble des mouvements qui provoquent des déformations des plaques
lithosphériques.
Sinuosité : caractère de ce qui est sinueux c'est-à-dire qui décrit des courbes.
Charrier : déplacer, entraîner
18

Leçon 3 : Les volcans


1. Objectifs
A la fin de cette leçon, je dois être capable de :
- définir ce que c’est qu’un volcan ;
- décrire les différentes phases d’une éruption volcanique ;
- identifier et citer les différents produits rejetés lors d’une éruption volcanique ;
- décrire les différents types de dynamismes éruptifs ;
- réaliser la coupe schématique d’un volcan ;
- localiser sur une carte les volcans actifs ;
- expliquer l’origine du volcanisme ;
- citer les zones où sont situés les principaux volcans actifs ;
- citer les méthodes de prévention du volcanisme.

2. J’observe

Les explosions d’un volcan sont spectaculaires et ont toujours frappé les observateurs.
L’activité d’un volcan se manifeste par l’émission des produits solides, liquides ou
gazeux provenant des zones profondes du globe et s’accompagne d’un formidable
dégagement d’énergie. Les phénomènes volcaniques aériens ou sous- marins, actuels ou
passés expliquent la diversité des éruptions.
19

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment l’activité volcanique se manifeste-t-elle ?
- Quels sont les produits rejetés au cours d’une éruption volcanique ?
- Quels sont les différents types d’activités volcaniques ?
- Comment les volcans sont-ils répartis dans le monde ?

3. J’expérimente/je vérifie

« L’éruption avait éclaté sur une fracture, soudain ouverte le long de la côte orientale de l’île au pied de l’Helgafell, volcan ancien,
en sentinelle là depuis 5000 ans. Cette fissure s’apercevait le premier jour sur un (1) kilomètre et demi de longueur. Ses deux
extrémités disparaissaient sous les eaux de l’océan. Des secousses se succédant sur une trentaine d’heures, la cassure avait
accompagné la genèse, mais une fois ouverte, les séismes s’étaient interrompus cependant que le magma, lui, avait la voie libre
vers la surface. Très liquide parce que très chaude, la lave jaillit alors le long de la faille jusqu’à plus de 100 mètres de hauteur en
un immense rideau incandescent…

Dès lors, l’éruption se développa à la fois par des explosions et des épanchements. Très tôt, la longue et mouvante muraille de
lambeaux de feu se resserra vers le milieu de la fissure jusqu’à n’être plus qu’une colonne de quelques dizaines de mètres de
large -celle-là même qui se dressait toujours et rugissait à quelques centaines de pas de nous à peine. Les millions de mètres
cubes qui étaient continuellement propulsés dans les airs retombaient en majeure partie dans un rayon d’un kilomètre ; seules
les particules les plus fines, portées par les vents, allaient se déposer loin. Cette avalanche ininterrompue s’acculait en un tas
croissant à vue d’œil : le nouveau cône volcanique. Mais ce cône s’était développé essentiellement sur le côté occidental de la
fissure, le côté « terre ferme ». Vers la mer en effet, une colossale courroie transporteuse, la coulée qui débordait par-dessus la
lèvre orientale de la faille, emmenait vers le large les scories et les bombes qui s’abattaient sur elle. (…) en trois semaines les
coulées s’étaient étalées en un vaste demi-cercle, dont le rayon dépassait quinze cent mètres et l’épaisseur par endroit
cinquante. »
Haroun Tazieff, Vingt-cinq ans sur les volcans du globe, Tomme 1, D.R

Description d’une éruption du volcan Helgafell.

Lis attentivement le texte ci-dessus puis :


1. Décris le début de cette éruption volcanique.
2. Décris la mise en place d’une coulée de lave :
a) D’où sort-elle ?
b) Comment s’écoule-t-elle ?
c) Est-elle fluide ou visqueuse ?
3. Quels sont les autres produits rejetés par ce volcan, dans les jours qui suivent ?
4. Quelles peuvent être les différentes phases de cette éruption ?

- Février 1902 : des fumerolles apparaissent au sommet de la montagne. Une odeur de soufre se répand sur Saint-Pierre.
- 22 avril : un séisme est ressenti au Prêcheur.
- 25 avril : à la suite d’une explosion, un énorme nuage de cendres s’échappe par un cratère proche du sommet. Les environs
de Saint-Pierre sont couverts d’une poudre blanche grisâtre. Le même phénomène a lieu les jours suivants.
- 28 avril : il ne pleut pas et pourtant les rivières venant du volcan sont en crue et un lac apparaît dans la caldeira.
- 29-30 avril : les séismes sont ressentis.
- 02 mai : de violentes explosions réveillent la ville. Au-dessus du volcan un énorme nuage de cendres monte à plusieurs
kilomètres.
- 05 mai : plusieurs explosions. Le lac de cratère est éjecté provoquant une collée de boue chaude qui détruit une sucrerie à
proximité de la ville.
- 06 et 07 mai : le tonnerre des détonations s’étend jusqu’à la Guadeloupe, à 160 km. Des blocs incandescents sont projetés
du cratère. Les chutes de cendres s’accroissent.
- 08 mai, à 8h02 : une nuée ardente dévale la pente de la montagne Pelée à la vitesse de 140m/s soit 500km/h et anéantit
Saint-Pierre. Les 26 000 habitants de la ville trouvent une mort instantanée.
- 20 et 26 mai, 06 juin et 09 juillet : des nuées ardentes de moins en moins intenses.
- 30 août : une nuée ardente qui dépasse en intensité celle de 08n mai dévaste une superficie deux fois plus importante, tue
les 2000 habitants de Morne Rouge à 6km de Saint-Pierre.
- D’autres nuées ardentes se produisent pendant le reste de l’année 1902 et en 1903. On en compte au total une soixantaine
d’intensités différentes.
- 21 mai 1903 : on observe au niveau du cratère un cône rocheux clair d’une hauteur d’une centaine de mètres.
- 31 mai : le cône a grandi et sa hauteur est estimée à 400m : c’est une véritable aiguille.
- 09 juillet : une nuée ardente détruit l’aiguille.
- Mi-octobre : une nouvelle aiguille solidifiée, de 100 à 150m de diamètre à la base, se forme dans le cratère. A mesure qu’elle
monte, de gros blocs se détachent de son sommet. Mais sa croissance est si rapide (parfois 20m par jour) qu’elle continue à
grandir. Huit mois plus tard, elle culmine à 310m. aucun géologue n’avait vu pareil phénomène auparavant. L’aiguille finit
par s’écrouler en septembre 1903 lors de l’émission d’une nuée ardente. Sans les écoulements, l’aiguille, qui n’a pas cessé
de croître pendant un an et demi aurait mesuré 850m de haut !

Eruption de la montagne Pelée (Martinique) en 1902.


20

Lis attentivement le texte ci-dessus puis :


1. Décris en combien de phases peut-on regrouper les manifestations de la
montagne Pelée.
2. Relève à partir du texte un mot ou un groupe de mots résumant chaque phase.
3. Compare l’éruption de Pelée à celle de l’Helgafell.
4. Explique la projection, parfois à très grande distance, des produits rejetés par les
volcans.

4. J’apprends

4.1 Volcan et volcanisme

Un volcan est un édifice


construit par l’accumulation
des produits des différentes
éruptions successives (et dont
certains sont solidifiés sous
forme de roches volcaniques).
Il est formé de trois (3) parties
principales : un réservoir de
magma en profondeur, une
(ou plusieurs) cheminée qui
fait communiquer le réservoir
avec la surface et enfin à
l’extérieur tout ce qui
constitue l’appareil volcanique
(projections, coulées,
❶Schéma d’une éruption volcanique.
cendres…).

Le volcanisme est l’ensemble des phénomènes liés à l’émission d’un magma à la surface du
globe. Il constitue une manifestation de l’énergie interne du globe.

4.2 Les manifestations d’une éruption volcanique

4.2.1 Les phases d’une éruption volcanique

Les éruptions volcaniques se décomposent en trois grandes phases.


1. La phase prémonitoire ou annonciatrice de l’éruption (grondements souterrains,
secousse du sol) ;
2. La phase paroxysmale au cours de laquelle le volcan émet des produits
(explosions, écoulements), l’éruption atteint le plus haut degré ;
3. La phase post-éruptive marquant la fin de l’éruption.

4.2.2 Les produits rejetés lors d’une éruption volcanique

Lorsqu’un magma arrive à la surface de la Terre au niveau d’un volcan, il se dissocie en


donnant naissance à divers produits.
21

a. Les produits gazeux

Les gaz proviennent essentiellement du dégazage du magma :


- en profondeur, à des températures et pressions très élevées, les gaz sont
facilement solubles dans le magma ;
- lors de la montée du magma ou de la baisse de la température et de la pression,
les gaz qui forment des bulles tendent
à remonter.

Les gaz sont émis pendant l’activité du volcan


(éruption ou lorsque le volcan est au repos).
Leur nature peut donc être connue en
analysant les flammes produites lors d’une
éruption, ou alors par chauffage de matériel
volcanique. Les gaz entraînent l’ascension du
magma et ils sont les premiers à s’en
échapper plus ou moins facilement. Ils sont
constitués d’un mélange de vapeur d’eau, de
dioxyde de carbone, d’hydrogène et de
dioxyde de soufre. Dans tous les cas, la vapeur
d’eau prédomine, suivie par les gaz
carboniques (dioxyde ou monoxyde de
carbone).

Plus la teneur en gaz du magma est grande,


❷Nuée ardente du Mont St-Hélène
plus l’explosivité des éruptions sera grande.
Les gaz ne sortent pas toujours par le cratère. Pendant la phase de repos, ils peuvent
fuser par des fissures sur les versants du volcan et se dégager des coulées non encore
refroidies. Ils peuvent asphyxier et brûler les humains, les animaux et les plantes.

b. Les produits liquides : les laves

La lave n’est rien d’autre qu’un


épanchement du magma liquide qui
déborde par un orifice et qui s’écoule
sous l’effet de la pesanteur. Le
comportement de ce magma dépend de
sa viscosité, elle-même fonction de deux
facteurs : la température et la teneur en
silice.
Les laves basaltiques, qui sont pauvres ❸Ecoulement de lave à travers une fissure du cône
en silice (45%) et les plus chaudes volcanique
(1100°C à 1300°C), sont les plus fluides. ❹Une coulée de lave à la Réunion
Elles peuvent s’écouler sur des grandes
distances dépassant souvent des dizaines
de kilomètres.

Lorsque ces coulées se refroidissent, les


roches obtenues sont les basaltes.
22

❺Coulée de lave refroidie au Kilauea (Hawaii) ❻Coulée de lave visqueuse en aiguille du mont
Wobu-Urari au Tibesti (Tchad)

Les laves riches en silice (65%)


sont, en général, moins chaudes
(100°C environ) et donnent des
coulées moins longues et plus
épaisses. Elles se refroidissent très
vite, ce qui explique la brièveté de
leurs coulées. Les roches qui en
dérivent sont des dacites, les
phonolithes, les rhyolites.
❼ Cône en dôme du Tibesti (Tchad)

Généralement, les laves qui ont une teneur en silice excessive sont dites « froides »
(900°C environ). Elles ne coulent presque pas et forme un « dôme » ou une « aiguille » à
la sortie de la cheminée. C’est le cas des édifices volcaniques du Tibesti.
Les laves intermédiaires sont moins riches en silice (55%) que les laves visqueuses. Ce
sont des laves andésitiques. En se refroidissant, elles donnent naissance aux andésites.

c. Les produits solides


Les émissions rythmiques de vapeurs d’eau et de gaz sont
souvent accompagnées, dans un même volcan, de projections
de diverses matières solides qui peuvent se poursuivre
pendant des semaines et même des mois. Les produits solides
projetés sont de tailles et d’origines différentes.
❽ Bombe en croûte de pain

❾ Bombe volcanique en fuseau


 Les blocs et pierres sont des débris de roches
anguleuses, atteignant plusieurs mètres, arrachées à la
cheminée ou au soubassement du volcan.
23

 Les bombes volcaniques sont des lambeaux de laves projetés dans l’air et qui,
avant de retomber, subissent un mouvement de rotation, prenant la forme
ovoïdale. La forme de ces bombes est fonction de la viscosité de la lave qui leur a
donné naissance. Une lave fluide donne des bombes en forme de fuseau,
terminées par une ou deux extrémités recourbées. Les magmas très visqueux
donnent des bombes en croûte. La dimension des bombes varie de quelques
centimètres cubes à plusieurs mètres cubes.

 Les scories : la projection de scories ne se produit que dans les volcans à laves
très fluides. Le magma très riche en gaz est monté très haut dans la cheminée. Les
gaz se dégagent rapidement, les bulles viennent crever la surface de la lave et, en
éclatant, arrachent des lambeaux de laves qui sont projetés dans les airs et
retombent à proximité du cratère, participant à la formation du cône volcanique.

 Les ponces sont des fragments solidifiés


du magma vitreux boursouflés et très
poreux projetés par des explosions
violentes. Les ponces ne se forment que
lorsqu’un magma très visqueux vient à
subir une détente brusque lors d’une
explosion. Dans la cheminée, les gaz
contenus dans la lave sont sous une très
forte pression et sont comprimés.
Projetés dans l’air, la pression baisse
brusquement et les gaz se détendent et
donnent naissance à une très grande
❿Des lapillis
quantité de bulles comme celles qu’on
observe à l’ouverture d’une bouteille d’eau gazeuse. Lors de la montée dans l’air,
la lave se refroidit très rapidement, se solidifie, et les gaz restent prisonniers. Les
ponces sont assez légères et peuvent flotter sur l’eau.

 Les lapillis : ce sont des produits solides éjectés par des explosions ayant leur
siège dans le cratère du volcan. Leur diamètre est compris entre 2mm et 2cm. Ils
sont, en général, constitués par des fragments de vieilles laves solidifiées.

 Les cendres volcaniques


Elles proviennent de la pulvérisation des laves très liquides et de matériaux de la
cheminée lors d’explosions très violentes. Leur diamètre est inférieur à 2mm. La
consolidation des cendres volcaniques donne une roche tendre mais compacte
appelée cinérite dans laquelle on pourrait retrouver les empreintes d’animaux et
de plantes ainsi que des moulages en creux d’une extrême finesse.

4.3 Les grands types de dynamismes éruptifs

En observant l’activité de nombreux volcans disséminés sur tous les continents du


monde, on peut constater qu’ils émettent une grande diversité de produits dans des
proportions variées. C’est donc en se basant sur la nature des matériaux rejetés que l’on
peut plus aisément distinguer les différents types d’éruption.
24

4.3.1 Eruption hawaïenne (du type des volcans des Îles Hawaï dans le Pacifique Sud)

Ces éruptions, peu violentes, se


Caractérisent par l’émission de
laves très fluides qui s’écoulent à
partir des fissures en immenses
coulées à surface lisse ou cordée.
En se refroidissant, ces coulées
construisent un cône très aplati
aux pentes douces dont le
sommet est parfois occupé par un
lac de lave. 11. Cône volcanique de type hawaïen

4.3.2 Eruption strombolienne (du nom de Stromboli, volcan de l’archipel des Îles Lipari)

Ces éruptions permanentes ou


irrégulières de type mixte sont
caractérisées par l’alternance du
rejet de laves moins fluides et
d’explosions fréquentes mais de
faible puissance projetant de laves
pulvérisées sous la forme de
scories ou de lapilli, de cendres,
de blocs et de bombes fuselées. La 12. Cône volcanique de type strombolien
pente de ces types de volcan est plus forte que dans le type effusif ou hawaïen. La lave
s’épanche presque toujours du même côté, de sorte que le cratère, aux pentes abruptes
est le plus souvent démantelé en partie, on parle de cratère égueulé. Le cône est presque
entièrement constitué de produits de projection alternant avec des couches de coulées
de laves refroidies.

4.3.3 Eruption vulcanienne (du nom de Vulcano, volcan des Îles Lipari)

Les éruptions du type vulcanien


sont explosives, très violentes et
discontinues. Le magma, très
visqueux, en se solidifiant obture
le cratère ; ainsi lors d’une
nouvelle phase d’éruption, les gaz
prisonniers provoquent une
explosion violente qui projette 13. Cône volcanique de type vulcanien
cendres, scories et bombes à
surface craquelée et même des blocs de plusieurs tonnes. Par contre les coulées de laves
sont rares et courtes. Le cratère d’explosion est largement ouvert.

d) Eruption péléenne (de la Montagne de Pelée, volcan de la Martinique)

Le volcanisme péléen est caractérisé par des explosions d’une extrême violence avec
production d’une nuée ardente. La viscosité très grande du magma empêche celui-ci de
25

s’écouler ; il se fige dans la cheminée en un dôme ou une aiguille à la sortie de la


cheminée volcanique. Soumis à d’énormes pressions, les gaz mêlés à de la vapeur d’eau,
à de cendres et à des blocs de toutes dimensions s’échappent de fissures latérales
donnant naissance à des nuées ardentes dévalant à plus de 100km/h les pentes du
volcan.

14 Cône volcanique de type péléen

Les différents types de volcans décrits correspondent à une classification simple. En


réalité, tous les intermédiaires entre deux catégories peuvent se rencontrer. Les volcans,
à leur formation, peuvent soit entrer dans une classe précise, soit évoluer peu à peu vers
une autre, ou d’une éruption à une autre vers tel ou tel type. Il en découle donc que toute
classification complète des différents types de volcans ou mêmes d’éruptions est
extrêmement complexe. Un volcan après une éruption violente, paroxysmale, qui vide en
partie la chambre magmatique qui l’alimente peut s’effondrer. Le magma qui remplit
cette chambre n’ayant pas été renouvelée à partir de celui du manteau, le toit de la
chambre n’est plus soutenu et s’effondre dans celle-ci, entraînant une partie du cône. Cet
effondrement donne naissance à ce que l’on appelle une caldeira : vaste dépression
circulaire à paroi verticale.
26

15 Caldeira : Le mont Pinatubo est un volcan de type explosif, situé au centre de l'île de Luçon aux
Philippines. Après son éruption de juin 1991, le sommet du volcan a cédé sa place à une caldeira (large
cuvette circulaire d'origine volcanique) d'environ 2 kilomètres de diamètre, occupée par un lac.
4.4 Les phénomènes volcaniques secondaires
L’activité volcanique du globe terrestre ne se manifeste pas seulement par des éruptions
volcaniques. D’autres phénomènes plus discrets, témoignent d’une activité en sommeil
ou ancienne. Quand on s’éloigne d’une éruption volcanique, dans l’espace ou dans le
temps, on remarque des phénomènes volcaniques secondaires : geysers, fumerolles,
sources thermales…

 Les geysers (de l’Irlandais « geyser » qui signifie le « jaillisseur ») sont des sources
d’eau chaude et de vapeur jaillissant à une hauteur de plusieurs mètres au-dessus du
sol. Il s’agit en somme d’une véritable éruption, mais une éruption d’eau atteignant
une centaine de degré Celsius. Les geysers projettent de l’eau phréatique (eau
provenant des précipitations atmosphériques infiltrée dans le sol) lorsque celle-ci
est portée à la température d’ébullition par les vapeurs et les gaz volcaniques,
provenant d’un magma encore chaud.

 Les sources thermales (du grec « thermos »,


chaud) sont caractérisées par leur température
élevée. En dehors de leur température, les
sources thermales se distinguent des sources
ordinaires par leur teneur élevée en sels
minéraux. La plupart d’entre elles sont riches en
dioxyde de carbone dont la montée sous forme de
grosses bulles provoque un véritable
bouillonnement. Les régions volcaniques sont
encore parfois riches en émission de vapeur
d’eau surchauffée.

Cette vapeur est utilisée pour chauffer les maisons,


faire la cuisson, actionner des centrales électriques…
16. Geyser du grand rift africain auprès
du lac Bogoria
 Les fumerolles sont des
dégagements gazeux calmes,
formés de vapeurs d’eau très
chaudes (environ 1000°C) et
de divers gaz (soufre,
chlore…). Elles contiennent
également de dioxyde de
carbone et de dihydrogène
sulfureux.

 Les solfatares sont des 17. Fumeroles du vulcano


activités de fissures caractérisées par l’émission des gaz constitués surtout de vapeur
d’eau , de dioxyde de carbone (CO2) et d’hydrogène sulfureux qui s’échappent de ces
bouches ou solfatares, à des températures de 90 à 300°C.
27

4.5 L’origine du volcanisme

Les observatoires installées à différents points du globe terrestre, les travaux des
géophysiciens, des vulcanologues et des chercheurs, les plongées sous-marines… ont fait
avancer la connaissance sur les éruptions volcaniques. En effet, « lorsque la pression
diminue, la solubilité des gaz présents dans le magma diminue… Si on transforme un
magma épais, homogène, en un mélange magma-bulles, ce dernier mélange, plus léger
que le magma, va avoir tendance à monter. En montant, il va se décomprimer, donc le
nombre de bulles va augmenter, rendant l’émulsion encore plus légère et ainsi de suite…
En fonction de la viscosité du magma, les bulles peuvent être petites ou grosses.

Grosses, elles montent seules, entraînant


lentement le magma, donnant naissance à
des éruptions calmes où le dégazage est
précoce par rapport à l’éruption. C’est un
cas fréquent pour les magmas basaltiques
(très fluides).

Petites, et nombreuses, les bulles forment


une trame (ensemble de fils entremêlés
dans un tissu) qui entraîne le magma. C’est
le cas des magmas visqueux très riches en
gaz des zones de subduction (zone où une
plaque plonge sous une autre). Ces
émulsions gaz-magma sortent tantôt
violemment, à vitesse supersonique, et
tantôt lentement, en donnant naissance aux 18. Le moteur du volcanisme.
nuées ardentes. » (Claude Allègre, Les fureurs de la Terre, Odile Jacob, 1987)

4.6 La répartition des volcans dans le monde

19. La répartition des volcans dans le monde


28

Les 2/3 soit 66% des volcans actifs sont groupés autour de l’océan Pacifique. Dans cette
zone appelée « ceinture de feu », leur répartition est très irrégulière : 45% aux arcs
insulaires du Pacifique occidental et 17% seulement aux marges du Pacifique de
l’Amérique du Nord et du Sud. L’arc indonésien est particulièrement riche en volcans
actifs. De tous les volcans actifs connus, 25% seulement se trouve en dehors du pourtour
de l’océan Pacifique. Les archipels de l’océan Pacifique central représentent 3%, l’océan
indien 1%, les Îles de l’Atlantique et les volcans sous-marins connus 13%. Les 7%
restant se répartissent dans la mer Méditerranée, l’Asie mineure et à l’intérieur des
continents, en particulier dans le grand rift est-africain.

4.7 Les méthodes de prévision des éruptions volcaniques

Théoriquement il est possible de prévoir les éruptions volcaniques, pratiquement la


réalisation est beaucoup plus difficile. Néanmoins, il existe plusieurs méthodes.

a) Les études géologiques

Elles permettent de reconstituer l’histoire du volcan et de caractériser les différents


types d’éruption qui ont contribué à son élaboration. Elles permettent de classer le
volcan dans tel ou tel type et prévoir en partie une zone à haut risque en cas d’éruption.

b) La sismologie : l’étude des tremblements de Terre

La surveillance sismique permet d’annoncer le « réveil » du volcan, mais ne permet pas


de déterminer avec précision le moment de déclenchement du phénomène.

c) La géodésie : la mesure des altitudes


L’étude des variations d’altitude des points sur les pentes du volcan ou même l’étude des
variations de leur pente permet d’avoir une idée sur les déplacements de matière dans
l’édifice volcanique.

d) La thermométrie
La surveillance thermique, mesure des variations de températures des sources et
surtout des fumerolles, montre souvent une élévation de leur température avant les
éruptions.

e) La géochimie des gaz


L’étude de la variation de la composition chimique des gaz permet de déterminer les
nouvelles émanations de celui-ci (gaz) et ainsi de prévoir un réveil possible du volcan.

D’autres méthodes telles que l’étude des comportements des animaux, du magnétisme,
de la photographie spatiale en infrarouge peuvent contribuer à la prévention d’une
éruption volcanique. Toutefois aucune de ces méthodes, prise individuellement, ne
permet une prévision sûre. Seul le recoupement de toutes ces sources d’informations
fournit les résultats nécessaires à une prévision efficace.
29

5. Je m’exerce

- Définis ce que c’est qu’un volcan.


- Cite les principales phases d’une éruption volcanique.
- Cite les principaux produits rejetés lors d’une éruption volcanique.
- En t’aidant de la carte de répartition des volcans, localise les volcans les plus
actifs.
- Dis comment caractérise-t-on les types des volcans.
- Cite quelques méthodes qui permettent de prévenir une éruption volcanique.

6. Je retiens

Un volcan est un édifice construit par l’accumulation des produits des différentes
éruptions successives. Il est formé de trois (3) parties principales : un réservoir de magma
en profondeur, une (ou plusieurs) cheminée qui fait communiquer le réservoir avec la
surface et enfin à l’extérieur tout ce qui constitue l’appareil volcanique.
Le volcanisme est l’ensemble des phénomènes liés à l’émission d’un magma à la surface du
globe. Il constitue une manifestation de l’énergie interne du globe.

Les produits rejetés lors d’une éruption volcanique sont, entre autres, les laves, les gaz, les
bombes, les cendres…
Les éruptions volcaniques se décomposent en trois grandes phases.
1. La phase prémonitoire ou annonciatrice de l’éruption (grondements souterrains,
secousse du sol) ;
2. La phase paroxysmale au cours de laquelle le volcan émet des produits (explosions,
écoulements), l’éruption atteint le plus haut degré ;
3. La phase post-éruptive marquant la fin de l’éruption.

Les appareils volcaniques peuvent se regrouper en quatre types : type hawaïen (effusif),
type strombolien (mixte), type vulcanien (explosif), type peléen (explosif).

L’activité volcanique du globe terrestre se manifeste également par des phénomènes plus
discrets. Dans l’espace ou dans le temps, on remarque des phénomènes volcaniques
secondaires : geysers, fumerolles, sources thermales…

7. Je m’entraîne

a) Complète le tableau selon le modèle ci-dessous où, pour chaque type d’éruption tu
indiqueras :
- l’état de la lave : très fluide, peu fluide, visqueuse, très visqueuse…
- l’importance des coulées : absentes, courtes, longues…
- l’importance et le type des projections : cendres, bombes, blocs…
- l’importance des explosions liées à la pression des gaz : rares, faibles, moyennes,
violentes…
30

Types d’éruptions
Hawaïen Strombolien Vulcanien Péléen
Caractères
Etat de la lave
Coulées
Projections
Explosions

b) Exploite ce tableau en exprimant sous forme de phrases les liens qui existeraient
entre :
- la viscosité du magma et l’importance des coulées ;
- la viscosité du magma et la possibilité d’échappement des gaz ;
- la viscosité du magma et l’importance des explosions.

8. Lexique

Phase paroxysmale : phase d’intensité maximale de l’éruption.


Pesanteur : force qui entraîne les corps vers le centre de la Terre.
Nuée ardente : mélange de gaz et de lave incandescente.
Trame : ensemble de fils entremêlés dans un tissu, ici il s’agit du réseau formés par des
bulles de gaz
31

Leçon 4 : Les séismes

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- décrire les manifestations du séisme ;
- définir ce que c’est qu’un séisme ;
- expliquer l’origine des séismes ;
- nommer les différents types d’ondes sismiques ;
- expliquer comment sont enregistrées les ondes sismiques ;
- expliquer la répartition des séismes sur le globe terrestre ;
- citer les méthodes de prévention des risques liés aux séismes.

2. J’observe

Les séismes ou tremblements de terre sont des phénomènes brusques aux conséquences
très variables.

Problèmes scientifiques à résoudre


- Comment se manifestent les séismes ?
- Comment les séismes sont-ils déclenchés ?
- Comment les ondes sismiques sont-elles enregistrées ?
- Comment les séismes sont-ils répartis à la surface du globe ?
- Comment une meilleure connaissance des séismes permet de les prévoir et de mieux
protéger les populations ?
32

3. J’expérimente/Je vérifie
« A 10h34min très exactement, une
Parmi les manifestations des activités du globe formidable détonation nous atteint. Une
terrestre, les tremblements de terre ou séismes autre suit à quelques secondes. Puis c’est un
sont de toute évidence, celles qui ont le plus immense grondement souterrain qui se fait
entendre. Il dure vingt trois (23) secondes.
marqué la conscience de l’homme, tant leurs Les murs tremblent, tous les meubles sont
aspects destructeurs sont grands. renversés, des fissures apparaissent tout
autour de nous. Un grand immeuble se
Le texte ci-contre décrit le tremblement de terre balance de l’autre côté de la rue et s’effondre
d’un seul coup. En moins d’une minute, tout
du 19 septembre 1985 à Mexico. n’est plus que décombres. Des incendies
éclatent çà et là, des conduits d’eau se
Activité rompent et inondent les rues.
- Lis attentivement les deux textes puis : Une deuxième série de secousses se font
1. identifie les diverses manifestations d’un sentir 20 minutes plus tard. Moins fortes,
elles finissent tout de même par faire tomber
séisme. ce qui est encore debout. »
2. déduis-en une définition du séisme. Témoignage d’un habitant de Mexico,
3. détermine les trois phases d’un séisme et à la suite du séisme du 19 septembre 1985.
(35 000 morts)
donne en un titre.
Le 17 janvier 1995 à Kobe au Japon s’est produit « Il y avait des secousses à la fois
un tremblement de terre d’une magnitude 7,2 verticales et horizontales. Je ne pouvais
sur l’échelle de Richter. Le sol a vibré pendant 40 pas me tenir debout », raconte une
secondes, laissant 5375 victimes, 260 815 habitante de Kobe. « La secousse a été
ressentie jusqu’à Osaka et Kyoto
blessés et 80 000 immeubles détruits.
distantes de 35 et 80 km. Les dégâts y
sont toutefois plus limités qu’à Kobe. »
4. J’apprends
4.1 Les manifestations d’un séisme
Un séisme est un ébranlement, une rupture brutale du sol provoquée, en profondeur,
par un déplacement brusque des compartiments rocheux de part et d’autre d’une faille.
On observe en général trois (3) phases :
- les signes précurseurs : bruits souterrains semblables aux grondements de
tonnerre. Trépidations faibles ressenties par les animaux qui marquent leur
inquiétude et cherchent à fuir ;
- le paroxysme : cette phase est caractérisée par des successions de secousses de 1
à 2 secondes chacune qui détruisent les édifices.
- les répliques : elles sont moins violentes et de plus en plus espacées dans le mois.
Le lieu d’origine d’un séisme est appelé
foyer. Celui-ci peut être situé à des
profondeurs variables jusqu’à 700 km pour
les séismes les plus profonds.
L’épicentre du séisme est le point de la
surface de la Terre qui est situé à la
verticale du foyer ; c’est aussi le point qui
est atteint le premier par les ondes de
vibration issues du foyer. Autour de
l’épicentre, ces vibrations s’amortissent
❶ Propagation des ondes sismiques
progressivement ; les destructions
occasionnées par le séisme diminuent donc quand on s’éloigne de l’épicentre.
33

Les secousses et les fractures observées à la surface du globe sont, en général les
répercussions de phénomènes qui se déroulent en profondeur.

Les effets d'un séisme


Lorsque le foyer est situé sous un continent
Pour un séisme d'une puissance
donnée, l'intensité des dégâts est
d'autant plus importante que :
- le foyer est peu profond
(quelques kilomètres ou
dizaines de kilomètres) ;
- l'épicentre est situé dans
une zone habitée ;
- les roches constituant le
sous-sol sont des sédiments
meubles (des sables, par
exemple).

Séisme en Alaska (la magnitude est de 9,2 sur l'échelle de Richter)

Un séisme de même magnitude mais dont le foyer est situé à une ou plusieurs centaines
de kilomètres de profondeur ne provoque pas autant de dégâts qu'un séisme dont le
foyer est peu profond.

Lorsque le foyer est situé sous un océan

Les ondes sismiques se propagent


dans l'eau et peuvent provoquer,
en surface, des vagues de plusieurs
dizaines de mètres de hauteur ; si
elles atteignent les côtes, leurs
effets peuvent être dévastateurs.
On parle alors de raz-de-marée ou
de tsunamis.

Pour mesurer l'ampleur d'un


séisme, on utilise deux approches
très différentes : l'une prend en
compte les effets (intensité), ❸Ras de marée ou tsunamis.
l'autre, la cause (puissance ou magnitude). Il ne faut donc pas confondre intensité et
puissance d'un séisme.

L'intensité d'un séisme est estimée à partir des effets visibles (dégâts) produits à la
surface (mouvements d'objets suspendus, fissures dans les maisons, etc.). Plusieurs
échelles de mesure existent. La plus connue est l'échelle modifiée de Mercalli (encore
appelée échelle MSK (Medvedev, Sponheuer, Kamik) depuis sa révision en 1964) qui
comprend 12 degrés depuis le I (vibrations ressenties uniquement par les instruments),
jusqu'au XII (dévastation totale).
34

Intensité Phénomènes observés


I Aucun mouvement n’est perçu.
II Quelques personnes au repos peuvent ressentir un mouvement.
III Mouvement ressenti à l’intérieur. A l’extérieur, rien n’est ressenti.
IV A l’intérieur, la plupart des gens ressentent un mouvement. Les objets suspendus bougent.
La plupart des gens ressentent le mouvement, même en plein air. Les objets bougent. Les
V
arbres oscillent.
Le séisme est ressenti par tout le monde. Des dommages peuvent se produire dans des
VI
bâtiments mal construits.
Les gens ont du mal à se tenir debout. Des lézardes peuvent apparaître sur les murs.
VII
Dommages modérés sur les immeubles.
Les chauffeurs ont du mal à conduire leur véhicule. Des grandes cheminées peuvent tomber.
VIII
Dommages sérieux dans les immeubles.
Tous les immeubles subissent de gros dommages. Les maisons sans fondation se déplacent.
IX
Des conduites d’eau ou de gaz peuvent se rompre.
La plupart des bâtiments sont détruits. Les ponts, les barrages sont endommagés, les rails de
X
chemin de fer se tordent.
La plupart des constructions s’effondrent. Les conduits souterrains se rompent, les ponts
XI
sont détruits.
Tout est détruit, le sol bouge en ondulant. De grands pans de roches peuvent se déplacer. Les
XII
paysages sont modifiés.
Doc 1 : Echelle d’intensité MSK (Medvedev, Sponheuer, Kamik)

La puissance d'un séisme correspond à l'énergie libérée pendant ce séisme. La puissance


est exprimée grâce à une échelle des magnitudes créée par le géophysicien américain
Charles Richter en 1935 : l'échelle de Richter.

Magnitude Phénomènes observés


1 Secousse non ressentie par les personnes.
2 Secousse ressentie par quelques personnes au repos.
3 Souvent ressentie, aucun dégât matériel
4 Ressentie par tous, aucun dégât matériel.
Tremblement modéré, bien ressenti, petits dommages dans les habitations près de
5
l’épicentre.
Fort tremblement, les bâtiments peu résistants sont endommagés à plusieurs km de
6
l’épicentre.
7 Violent séisme, dommages importants à une centaine de km de l’épicentre.
Très violent séisme, très gros dégâts matériels. Nombreux morts ou blessés sur des
8
centaines de km.
Séisme d’une violence rare. Il détruit tout ou presque dans la région de l’épicentre et sur
9
plusieurs centaines de km autour.
Doc 2 : Echelle de Richter

Des séismes de magnitude supérieure à 9 peuvent toutefois survenir. L’échelle de


Richter est la plus utilisée par les géologues.
4.2 L’origine des séismes ❹Origine des ondes sismiques.
La rupture apparue au foyer est la
traduction de forces profondes, dues à une
dynamique interne du globe terrestre. Des
mouvements de rapprochement-convergence- ou
d’écartement –divergence- développent, dans les
roches, des tensions qui s’accumulent lentement et
régulièrement. Quand les roches ne peuvent plus
supporter ces tensions, elles cèdent brutalement. Cette rupture brutale déclenche des
vibrations ou ondes sismiques qui se propagent dans toutes les directions.
35

Les géologues, après avoir observé les dégâts et interrogé les témoins, déterminent les
zones où le séisme a été ressenti avec la même intensité de l’échelle MSK. Les valeurs
sont reportées sur une carte et les points de même intensité sont joints par une ligne
appelée isoséiste. Les isoséistes déterminent donc les zones d’égale intensité. L’épicentre
est situé dans la zone de plus forte intensité.

4.3 L’enregistrement des ondes sismiques


L’utilisation de sismographe permet d’enregistrer les ondes d’un séisme à des milliers
de kilomètres de l’épicentre. Les secousses peuvent être enregistrées par les stations
sismiques installées à la surface du globe terrestre.

Après un séisme, différents trains d’ondes


arrivent à chaque station. Les plus rapides
sont les ondes primaires ou ondes P, de faible
amplitude. Les ondes secondaires ou ondes S,
d’amplitude plus importante, sont émises au
même moment, mais se propagent moins vite.
Plus tard arrivent les ondes L, ondes lentes
qui suivent la surface du globe.
La comparaison des sismogrammes permet
de déterminer le lieu du séisme et sa
magnitude à partir de l’amplitude maximale
des ondes sismiques.
❺ Nature des ondes P et S.

L’enregistrement des séismes s’effectue


grâce aux sismographes. Le principe de
l’appareil est le suivant : un pendule très
lourd, ayant une grande inertie, suspendu à
un support solidaire du sol donc de ces
déplacements. Lorsque le sol bouge, le
support le suit dans ses mouvements et
immédiatement, tandis que le pendule ne le
fait qu’avec un certain retard. Le pendule
est alors déséquilibré et il ne retrouve son
équilibre qu’après quelques oscillations. ❻Sismogramme
36

Le pendule est muni d’une pointe


traçante (stylet enregistreur) qui
laisse des empreintes sur le rouleau
enregistreur collé sur un cylindre
mobile.
Plus le déplacement est important,
plus l’amplitude du mouvement du
pendule sera grande et plus
l’amortissement des oscillations sera
long.
Les tracés obtenus sur le rouleau
enregistreur sont appelés des
sismogrammes.

La vitesse de déroulement du
tambour est connue. A chaque tour le
stylet enregistreur se déplace sur son
axe. On obtient des tracés parallèles. ❽Schéma du sismographe.
Lors de l’arrivée d’une secousse sismique, les trois familles d’ondes (ondes P, S et L) sont
enregistrées. Après le passage de ces ondes, le sismographe n’enregistre que des bruits
de fond.

4.4 La répartition des séismes à la surface du globe terrestre

4.4.1 Les séismes des zones de subduction

Tout autour de l'océan Pacifique et à l'est de l'archipel des Antilles, la croûte océanique
s'enfonce lentement sous les continents. Ce phénomène de subduction provoque
d'importants frottements ; le mouvement qui s'effectue par glissements successifs est à
l'origine des séismes.

Dans ces zones, les foyers sismiques se répartissent le long de plans inclinés (ils sont de
plus en plus profonds lorsque l'on va de l'océan vers le continent). Le plan incliné
correspond à l'angle de plongée de la croûte océanique sous la croûte continentale.

4.4.2 Les séismes extensifs

De la pointe nord-ouest de l'Afrique (Maroc) jusqu'au nord de l'Australie, en passant par


la Méditerranée, les Alpes, les Balkans, le Caucase et l'Himalaya, une longue succession
de chaînes de montagnes correspond à la zone de collision entre le continent euro-
asiatique, au nord, et les continents africain et indo-australien, au sud.
Les foyers des séismes situés au niveau de ces chaînes de montagnes sont, en majorité,
de faible et de moyenne profondeur.

Lors de la collision, les roches sont soulevées, plissées, cassées et broyées le long de
failles. Les séismes sont provoqués par les mouvements de ces failles, déplacements qui
eux-mêmes se produisent lorsque la tension accumulée fait céder les roches.
37

4.4.3 Les séismes des dorsales océaniques

Les foyers de ces séismes peu profonds s'alignent le long des dorsales (chaînes
volcaniques) océaniques des océans Atlantique, Indien et Pacifique.

Ces dorsales océaniques présentent ce que l'on appelle un rift océanique. Ce rift
correspond à un fossé d'effondrement dans lequel de la croûte océanique se forme en
continu par ajout de magma. Entre deux points de la dorsale, la vitesse de production de
magma ainsi que sa quantité produite sont différentes. Ces variations entraînent des
tensions et des réajustements de la croûte océanique, à l'origine des séismes.

❾ Répartition des séismes à la surface du globe terrestre.

4.4.4 Les séismes liés à un rift continental

Une zone sismique s'étend le long de l'Afrique de l'Est jusqu'en Syrie (Moyen-Orient), en
passant par la mer Rouge. Elle correspond à une grande cassure continentale, large et
profonde, ou fossé d'effondrement, appelée rift continental. Elle est occupée par de grand
lacs (Nyassa, Tanganyika, etc.) et en son centre, son altitude est inférieure au niveau de
la mer. Les deux côtés d'un fossé d'effondrement s'écartent lentement et entraînent de
brusques affaissements à l'origine de séismes à foyers peu profonds.

4.4.5 Les séismes liés au volcanisme

Les foyers sont regroupés autour d'îles volcaniques dans les océans Indien, Atlantique et
Pacifique (par exemple, Hawaii). Ils correspondent aussi aux diverses zones volcaniques.
38

Les séismes, de faibles et de moyennes profondeurs, précèdent ou accompagnent les


éruptions. Ils correspondent aux fractures et aux mouvements des roches poussées par
le magma qui se fraie un chemin vers la surface.

En conclusion, les zones sismiques correspondent toujours aux frontières de deux


plaques terrestres différentes (subduction, collision, rifts océanique, continental et
volcans associés à ces frontières).

4.5 La prévention des risques liés aux séismes

Les catastrophes sismiques sont plus soudaines et moins prévisibles que les
catastrophes volcaniques. Dans les zones où les séismes sont très réguliers, les habitants
ont opté pour les constructions asismiques dont l’une des extrêmes correspond d’une
part à la maison en carton ou en toile, et d’autre part à la maison en béton armé.
Sur le plan individuel, certaines précautions sont à, prendre avant, pendant et après un
tremblement de terre.

 Avant un séisme dans un logement :


- avoir un poste radio à piles, une torche et un nécessaire de premier secours
(boîte à pharmacie) ;
- connaître les règles élémentaires de secourisme ;
- couper le gaz, l’eau et l’électricité ;
- fixer les appareils lourds de façon sûre au plancher et fixer aux murs les meubles
lourds ;

 Avant un séisme, à l’école :


- insister pour que le personnel administratif et éducatif discutent en classe de la
sécurité en cas de séisme ;

 Pendant le séisme, à l’extérieur du logement :


- rester à l’air libre ;
- ne pas rester sous les fils électriques ;
- s’écarter de ce qui peut tomber ;
- en voiture, s’arrêter, et ne descendre qu’à la fin des secousses.

 Pendant le séisme, à l’intérieur du logement :


- rester calme ;
- se mettre contre un mur près du centre du bâtiment ;
- s’écarter des portes et des fenêtres ;
- ne pas allumer une flamme.

 Pendant le séisme, à l’école :


- se mettre sous la table, tourner le dos aux fenêtres ;
- dans la cour, s’écarter des bâtiments.

 Après le séisme :
- secourir les personnes accidentées ;
- écouter les conseils d’urgence (à l’aide de la radio, auprès des secouristes) ;
- s’éloigner des bâtiments endommagés ;
39

- être chaussé pour se protéger des objets tranchants ou pointus ;


- vérifier le fonctionnement de l’eau, du gaz et de l’électricité.

5. Je m’exerce
- Explique l’origine des ondes sismiques.
- Nomme le point de la surface du globe où l’intensité du séisme est maximale.
Comment le détermine-t-on ?
- Compare les vitesses de propagation des ondes P, L et S.
- Explique comment enregistre-t-on les ondes sismiques.
- Explique comment sont répartis les séismes à la surface du globe terrestre.

6. Je retiens

Un séisme est un ébranlement brutal du sol provoqué, en profondeur, par un déplacement


brusque des compartiments rocheux de part et d’autre d’une faille.
Le lieu d’origine d’un séisme est appelé foyer. Celui-ci peut être situé à des profondeurs
variables, jusqu’à 700 km pour les plus profonds.
L’épicentre du séisme est le point de la surface de la Terre qui est situé à la verticale du
foyer ; c’est aussi le point qui est atteint le premier par les ondes de vibrations issues du
foyer. Autour de l’épicentre ces vibrations s’amortissent progressivement ; les
destructions occasionnées par le séisme diminuent quand on s’éloigne de l’épicentre.
L’utilisation de sismographes permet d’enregistrer les ondes d’un séisme à des milliers de
kilomètres. Sur les sismogrammes, on peut observer trois types d’ondes, en fonction de
leur vitesse de propagation :
- les ondes P, primaires ;
- les ondes S, secondaires ;
- les ondes L, lentes.
Tandis que la vitesse des ondes P et S croît avec la distance à l’épicentre, celle des ondes L
est constante.
Au niveau d’une station d’enregistrement, on dispose en général de trois sismographes.
Deux d’entre eux enregistrent les mouvements horizontaux du sol selon les directions
Nord-Sud et Est-Ouest, le troisième enregistre les mouvements verticaux.
L’interprétation des sismogrammes permet aux spécialistes de localiser les épicentres
ainsi que la profondeur des foyers.

7. Je m’entraîne

1. Le séisme d’el Asnam en Algérie


La carte ci-contre est obtenue en regroupant
les zones où le séisme est ressenti avec la
même intensité. Ces lignes sont dites
isoséistes.
a. Quelle est l’intensité du séisme à
l’épicentre ?
b. Les secousses du séisme sont-elles
ressenties en même temps à Alger et à El
Asnam ? Expliquez pourquoi.
c. Classez les villes portées sur la carte par ordre décroissant.
40

2. Utilise tes connaissances


a. A quoi correspond l’épicentre d’un séisme ?
b. Quels sont les facteurs qui expliquent l’effet destructeur variable des séismes ?
c. Pourquoi obtient-on plusieurs enregistrements d’un même séisme en différents
lieux d’observation ?

8. Lexique

Trépidations : tremblements continus et saccadés, vives agitations.


41

Leçon 5 : La déformation des roches

1. Objectifs
A la fin de cette leçon, je dois être capable de :
- observer les déformations des roches
- décrire les déformations des roches ;
- définir les termes et expressions suivants : faille, pli, rejet, plan de la faille,
grabben, horst ;
- expliquer l’origine d’une faille, d’un pli ;
- expliquer la répartition des déformations sur la surface du globe ;
- réaliser un modèle explicatif d’une déformation.

2. J’observe

L’existence de déformations affectant les roches provoque des plis et des failles qui
modifient les reliefs.
42

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment les différentes déformations se présentent-elles sur le terrain ?
- Comment se produisent les déformations ?
- Comment les déformations sont-elles réparties à l’échelle du globe ?

3. J’expérimente/je vérifie
Les photos ci-dessous montrent une coupe de déformations de roches. Identifie la
déformation correspondant à un pli et la déformation correspondant à une faille. Quelles
hypothèses peux-tu formuler pour expliquer ces déformations ?

❶ Un pli ❷ Une faille


- Prends une baguette en bois tendre, courbe la doucement (contraintes ou pressions
faibles), que constates-tu ? Courbe fortement ta baguette (pressions plus grandes).
Que constates-tu ?
- Exerce une pression sur un bâton de craie. Que constates-tu ?
- Compare les résultats des expériences précédentes à ceux obtenus lorsque les
tensions sont exercées sur des roches de l’écorce terrestre. Dans quel cas la roche a-
t-elle un comportement similaire :
- à celui d’une baguette en bois ?
- à celui d’un bâton de craie ?

4. J’apprends
L’écorce terrestre est constituée de roches de natures différentes. On constate que la
partie superficielle du globe est constituée de reliefs variés : les montagnes, les plaines,
les volcans, les plateaux littoraux, les fonds océaniques, etc. Les roches qui constituent
ces structures ont été plus ou moins déformées au cours des temps géologiques pour
aboutir à des formations géologiques. On distingue des déformations souples ou plis et
des déformations cassantes ou failles.
43

4.1 Les déformations souples : les plis


Un pli est une ondulation des couches de terrains comprenant une partie convexe,
bombée appelée aussi anticlinale, et une partie concave, creuse ou déprimée appelée
synclinale. Les flancs sont les côtés compris entre la charnière anticlinale, partie la plus
élevée, et la charnière synclinale, partie la plus basse. L’axe du pli est la bissectrice de
l’angle formé par les deux flancs. Le pendage est l’angle d’une couche avec l’horizontal
(la pente).

 Les différents types de plis


On distingue plusieurs types de plis : le pli droit (a), le pli déjeté (b), le pli déversé (c), le
pli couché (d), la nappe de charriage (e), le pli-faille (f)…

❸Les différents types de plis

Les plis droits sont symétriques par rapport au plan vertical de l’anticlinal (a). On
observe aussi des plis déjetés (b), déversés (c) ou couchés (d). Si le front d’un pli
couché a glissé sur d’autres terrains, le pli qui chevauche les autres prend le nom de
nappe de charriage (e). Dans un pli déversé ou couché, le flanc renversé, dit flanc
inversé, est souvent étiré. Il peut même avoir disparu. On le nomme pli-faille (f).

 Origines des plis


Les plis naissent des contraintes compressives dans les roches souples. Certains plis ont
même épaisseur des flancs jusqu’à la charnière. Ce sont des plis isopaques. Ceux dont les
épaisseurs sont différentes des flancs à la charnière sont des plis anisopaques. Pour que
des plissements se forment, il faut que des forces convergentes s’appliquent sur les
couches de roches concernées. Sous l’action des contraintes, les couches de roches se
plissent si elles ne sont pas trop rigides. Lorsque le seuil de tolérance est dépassé, elles
peuvent casser et donner naissance à une structure faillée.
44

4.2 Les déformations cassantes : les failles et les diaclases


 Les différents types de failles et leurs origines

❹ Schéma d’une faille.


Lorsqu’un bloc de roches rigides est soumis à des contraintes, convergentes par
exemple, il se casse et donne naissance à une ou plusieurs failles. Dans ce cas, les deux
blocs ainsi formés se sont rapprochés.

Une faille est une cassure de terrain, accompagnée d’un déplacement vertical ou oblique
d’un bloc rocheux par rapport à un autre.

Les bords de l’accident sont appelés lèvres de la


dénivellation ou rejet (r). Lorsque l’érosion modifie la
dénivellation, la faille ne peut pas être visible. Ce plan
de faille est le plan suivant lequel les deux
compartiments ont glissé. S’il est poli, on parle de
miroir de faille.

Dans une faille normale, le plan de la faille est incliné


vers la lèvre inférieure. En d’autres termes, le bloc de
droite s’est affaissé et glisse le long du plan de faille
suivant la direction de la plus grande pente. La faille
normale est due au mouvement de distension. On
l’appelle aussi faille distensive (1).

Lorsque le plan de la faille surplombe la lèvre


affaissée, on parle de faille inverse. Autrement dit, le
bloc de faille est poussé à contre-pente. Il remonte le
plan de faille et chevauche le bloc gauche. On relève
dans ce cas un raccourcissement horizontal due à
l’action de compression. C’est pour cette raison que
les failles inverses sont aussi appelées failles
❺ Différents types de failles compressives ou chevauchantes (2).
45

Dans le cas d’un coulissage horizontal (3), les deux blocs glissent horizontalement l’un
par rapport à l’autre. Le déplacement ne se fait pas dans le sens vertical mais c’est un
coulissage horizontal. La faille est un décrochement. Ce type de mouvement peut se
combiner avec des mouvements de distension et de compression.

❻ Rift du lac Assal dans la région des grands lacs.

Les failles peuvent souvent être groupées en


champ de fractures. Plus ou moins parallèles,
elles peuvent former des escaliers donnant
souvent une physionomie spéciale de la région
qu’elles affectent. C’est le cas du rift Est-Africain
dans la région des Grands Lacs : Rift du lac
Assal. Ces failles font naître dans une région un
fossé d’effondrement ou Grabben, le
a. Formation d’un horst. compartiment surélevé est un Horst. Les failles
profondes sont souvent empruntées par les
eaux minérales ou thermales : les roches
éruptives ou les substances minérales utiles
peuvent aussi les remplir.

 Les diaclases et leur formation

Une diaclase est une fissure à travers une


couche rocheuse sans déplacement relatif des
parties séparées. Ces fissures naissent souvent
de la dégradation de la roche par les facteurs
b. Formation d’un grabben. atmosphériques et sont les lieux d’infiltration
❼ Association de failles d’eaux de pluies qui attaquent les roches et
conduisent à leur altération.
46

4.3 La répartition des


déformations dans le monde

La répartition géographique des


déformations récentes
correspond à celles des séismes
et en partie, à celle du
volcanisme. Le champ de
fractures le plus étonnant du
globe est situé en Afrique
orientale où des fossés
d’effondrement de 30 à 80 kilomètres de large sont occupés par les lacs : Edouard, Kivu,
Tanganyka, Nyassa, etc. ces fossés sont des rifts continentaux. Les fossés et leurs
bordures sont le siège d’activités volcaniques intenses, à l’origine des Monts Kénya et
Kilimandjaro. On distingue le rift Est-africain et le rift d’Assal.

Au Tchad, il existe une ligne de fracture intracontinentale de direction sud-ouest, nord-


est qui prend naissance dans l’Atlantique, passe par le Cameroun et traverse le Tibesti.
La ligne commence dans l’océan Atlantique avec un alignement des îles Fernando Poo,
Sao Tomé, Principe et Annobon. Le long de cette ligne se situent les principaux massifs
volcaniques du Cameroun et du Tibesti (Tchad).

❽ Carte de répartition des déformations

5. Je m’exerce
- Définis les termes et expressions suivants : faille, pli, rejet, plan de la faille,
grabben, horst.
- Explique comment se forment les plis et les failles.
- Dans quelle région du Tchad trouve-t-on des failles ?
47

6. Je retiens

On distingue deux grands types de déformations : les plis et les failles. Les plis se forment
dans les matériaux souples. Les failles sont fréquentes dans des matériaux rigides comme
les basaltes, les granites… Ces accidents sont témoins de l’activité du globe terrestre : ils
traduisent des mouvements de raccourcissement (convergence) ou d’écartement
(divergence) que subit la partie superficielle du globe terrestre.

La répartition géographique des déformations superficielles récentes correspond à celle


des séismes, et en partie à celle du volcanisme.

Les zones superficielles du globe ayant subi des déformations de grande ampleur
correspondent principalement aux chaînes de montagnes sur les continents, et aux zones
dites d’effondrement (rifts continentaux). On en rencontre également de façon alignée au
fond des océans.

7. Je m’entraîne

A. Ci-contre la photographie d’une


déformation superficielle des
roches.
- De quelle déformation s’agit-il ?
- Représente sur un schéma
détaillé les éléments de cette
déformation.
- Définis ce que c’est qu’un
synclinal, un anticlinal.
- Quelles sont les conséquences de
cette déformation sur le relief
d’une région ?

B. Lors d’un séisme, on constate


l’apparition d’une fracture (voir
photo ci-contre).
- Représente le schéma de cette
déformation ?
- De quelle déformation s’agit-il ?
- Donne un exemple de localisation
de ce type de déformation.

8. Lexique
Convexe : qui est courbé, bombé vers l’extérieur.
Concave : qui présente une courbe en creux.
Intracontinental : qui est à l’intérieur d’un même continent.
48

PREMIERE SEMAINE D’INTEGRATION


49

Performance attendue au Palier 1

- maîtriser les connaissances scientifiques sur les principaux domaines


d’application de la géologie, les paysages et les activités du globe terrestre.
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
50

Situation 1

Voici une carte de répartition des principaux séismes.

Reproduis la 1ère carte puis complète-la, à l’aide de la 2ème carte en y indiquant les
différentes zones volcaniques. Formule une hypothèse pour expliquer ta réponse.
51

Situation 2

Les cartes ci-dessous représentent la répartition des volcans et des séismes

Reproduis et superpose ces cartes.


Que constates-tu ?
Formule une hypothèse explicative pour appuyer ta remarque.
52

Leçon 6 : La structure interne du globe terrestre

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- décrire la structure interne du globe terrestre ;
- réaliser un modèle de représentation de la structure verticale du globe.
- analyser un sismogramme ;
- analyser le comportement des ondes sismiques en fonction des milieux
traversés ;
- déterminer la structure concentrique du globe terrestre à partir de la
propagation des ondes sismiques.

2. J’observe

Séismes, volcans, déformations des roches témoignent de l’activité du globe terrestre.


Dans quelle mesure la connaissance de la structure du globe permet-elle de comprendre
cette activité ? Les séismes sont une source d'ondes. Ces ondes (en particulier, les ondes
S et P, ondes de volume) permettent de faire de véritables radiographies/échographies
de la Terre.

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment connaître l’intérieur du globe terrestre ?
- Quelle est la structure interne du globe terrestre ?

3. J’expérimente/Je vérifie

La graphique ci-après représente les temps d’arrivée des ondes en fonction de la


distance épicentrale.
- Dis comment se présente la courbe des ondes L, celles des ondes P et S.
53

- Dis comment peut-on qualifier la vitesse de l’onde L, celle des ondes P et S compte
tenu de l’allure de leurs courbes respectives.
- A l’aide d’une règle graduée, repère le temps d’arrivée de chacune de ces ondes à
5000km, à 10 000 km et à 15 000 km de l’épicentre.
d
- Calcule la vitesse de propagation des ondes en utilisant la formule v  .
t
- Calcule les vitesses respectives des
ondes P et S à 5000 km, à 10 000 km, à
15000 km de l’épicentre.

- La vitesse des ondes P et S varie-t-elle


en fonction de la distance épicentrale ?
Justifie ta réponse.

- Formule une hypothèse pour expliquer


la structure verticale du globe
terrestre.

❶ Les temps d’arrivée des ondes P, S et L.

4. J’apprends

4.1 Les ondes sismiques

Les ondes sismiques se


propagent dans toutes les
directions à partir du foyer. Les
ondes P et S pénètrent dans le
globe terrestre tandis que les
ondes L font le tour de la
planète en suivant sa surface.

Les géologues considèrent que


la vitesse et la direction d’une
onde sont constantes dans un
milieu homogène (de même ❷Vitesses des ondes P et S à l’intérieur du globe terrestre
composition chimique).
Lorsque l’onde pénètre dans un milieu de composition chimique différente, elle change
de vitesse et de direction.

L’étude de la vitesse de propagation des ondes sismiques renseigne sur la nature


chimique des matériaux traversés, sur leur trajet à l’intérieur du globe.
54

Toute variation de vitesse


traduit un changement de
milieu. On sait que les ondes
se propagent plus lentement
dans un milieu visqueux que
dans un milieu rigide.
Seules les ondes P et S
renseignent sur la structure
profonde, les ondes L ne se
propagent qu’en surface.
Les sismographes, situés à
moins de 11 500 km de
l’épicentre, enregistrent des
ondes P et S directes. Pour
des stations situées au-delà
de 11 500 km de l’épicentre, ❸Interprétation de la structure interne du globe terrestre
il existe une zone d’ombre, caractérisée par l’absence totale de réception des ondes
sismiques S directes, cela quelque soit la localisation de l’épicentre.
Les scientifiques en déduisent qu’il existe un obstacle à la propagation des ondes S qui
ne traversent pas les milieux liquides.
L’étude des ondes sismiques traduit un changement de milieu. A la surface du globe, la
vitesse des ondes P et S augmente rapidement dans une couche très superficielle rigide.

Entre 100 et 700 km, les ondes P


et Sralentissent car la matière est
moins rigide. Au-delà, la vitesse
des ondes P et S augmente
jusqu’à 2900 km.

A 2900 km de profondeur, les


ondes sont arrêtées. Les ondes P
ralentissent brusquement. Une
autre modification du milieu
traversé par les ondes P existe à
5000km de profondeur.

❹Diagramme des vitesses des ondes en fonction des profondeurs


55

4.2 Structure interne du globe terrestre

L’analyse du comportement des ondes sismiques dans les milieux traversés montre que
le globe terrestre est constitué de couches concentriques de nature, d’épaisseur et de
densités variables.

L’étude détaillée de la vitesse des ondes


sismiques permet de distinguer :
- la lithosphère, rigide externe, de
0 à 100 km de profondeur, constituée de
la croûte terrestre et de la partie externe
du manteau ;
- l’asthénosphère, moins rigide, de
100 à 700 km de profondeur.
- le manteau interne rigide de 700
à 2900 km ;
- à 2900 km, c’est le noyau dont la
partie externe est liquide. A 5000 km, le
noyau est solide.

❻Coupe du globe terrestre

5. Je m’exerce

- Explique comment on peutdéterminer la structure interne du globe terrestre.


- Compare les vitesses des ondes P et S dans le manteau et dans le noyau.

6. Je retiens

La structure interne du globe est connue à partir de la propagation des ondes sismiques.
Le globe est formé de plusieurs couches concentriques de nature et d’épaisseur
différentes.
De la surface vers le centre, on distingue :
- la lithosphère, rigide externe, de 0 à 100 km de profondeur, constituée de la croûte
terrestre et de la partie externe du manteau ;
- l’asthénosphère, moins rigide, de 100 à 700 km de profondeur ;
- le manteau interne rigide de 700 à 2900 km ;
- à 2900 km, c’est le noyau dont la partie externe est liquide. A 5000 km, le noyau est
solide.
56

7. Je m’entraîne

Vitesse des ondes P et S en fonction de la profondeur


Observe la courbe des ondes L.
Compare le temps mis pour parcourir
les distances d1 et d2 ; celui mis pour
aller de O à B et les temps précédents
(mesure avec une règle graduée).

Etant donné que d1 et d2 sont


mesurées à la surface du globe
terrestre ; que peut-on déduire quant
au trajet des ondes L et à leur
vitesse ?
Compare, pour les ondes P, t’A-t0, t’B-
t’A et t’B-t0.
Sachant que ces données sont
constantes et indépendantes de la
position des points O, A, B,
considérés, quelle conclusion peut-on
tirer sur la structure interne du globe
terrestre ?

8. Lexique

Concentrique : ayant un même centre.


57

Leçon 7 : Les Continents et les océans

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir ce que c’est qu’une plaque, un talus continental, une marge
continentale, dorsale océanique, fosse océanique, plateau continental ;
- distinguer continents et océans ;
- déterminer les caractéristiques d’une plaque ;
- réaliser le modèle représentatif d’une plaque lithosphérique ;
- distinguer les différents types de contact des plaques ;
- expliquer le processus de la formation des océans et chaînes de montagnes.

2. J’observe

La répartition des activités du globe terrestre (volcans, séismes, déformations…) montre


qu’elles sont réparties suivant une ligne régulière.

Problèmes scientifiques
- Comment expliquer la coïncidence des activités du globe terrestre ?
- Quelle est la structure des continents et des océans ?
58

3. J’expérimente/je vérifie

Compare les cartes de répartitions des volcans, des séismes et des déformations. Réalise
un schéma de synthèse avec la carte de répartition des volcans, des séismes et des
déformations. Que peux-tu en déduire ?

4. J’apprends

4.1 Les plaques lithosphériques

La surface du globe terrestre est constituée de zones stables ou plaques, pas ou peu
actives, pouvant être totalement océanique ou comporter à la fois une partie océanique
et une partie continentale. Le domaine continental (continents et plateaux continentaux
littoraux) représente 40% de la surface du globe.
Les plaques, zones apparemment tranquilles, sont limitées par des zones étroites où
volcanisme et séisme sont importants.

4.2 Les caractéristiques des limites des plaques.

 Les frontières de divergence : les dorsales océaniques ou rifts océaniques

Les limites des plaques qui se situent au cœur des océans (océan Atlantique, Pacifique,
Indien…) se présente sous forme de chaînes montagneuses, qu’on appelle dorsales. Elles
se caractérisent par la présence à leur sommet d’un fossé d’effondrement (grabben)
appelé rift, au niveau duquel se manifeste une activité volcanique de type effusif, ainsi
que de nombreux tremblements de terre superficiels.
59

Dans le rift, les basaltes récents ne sont pas recouverts de sédiments. Plus on s’éloigne
de la dorsale, plus la couverture des sédiments est épaisse.

 Les frontières de convergence

a. Zones de subduction

La lithosphère océanique
froide et dense s’enfonce
dans l’asthénosphère
moins dense située sous
lithosphère continentale.

L’inclinaison de la plaque
plongeante. (ou plaque
subductée) définit par un
plan de Wadati-Benioff
marqué par des
tremblements de terre à
foyers de plus en plus
profonds.

Les foyers des séismes ne se manifestent pas au-delà de 700 km de profondeur, ce qui
est expliqué par la fusion totale de la plaque plongeante et son intégration au manteau
supérieur.

Entre 80 et 100 km de profondeur, du magma peut naître de la fusion partielle des


roches de la lithosphère continentale chevauchante due à l’eau libérée des matériaux de
la plaque plongeante. Plus profondément (entre 100 et 300 km), une fusion partielle du
plancher océanique est à l’origine des plutons. Par ailleurs, des sédiments d’origine
continentale, entraînés avec la plaque plongeante dans l’asthénosphère, contribuent
pour un faible pourcentage à la genèse des magmas andésitiques. Le volcanisme des
zones de subduction est de nature explosive et donnent des roches andésitiques.

Les zones de subduction se caractérisent également par une fosse océanique (bordant
les chaînes de montagnes continentales) qui n’est rien d’autre que la matérialisation de
60

la flexion de la plaque plongeante. Les séismes profonds rencontrés dans cette zone sont
les conséquences des forces ou contraintes compressives.

D’autres zones très actives de la


surface du globe, situées souvent en
bordure de continent ou d’océan (la
« ceinture de feu » de l’océan
Pacifique) pourraient être des
bordures de plaques.

b. Zones de collision

La collision est la conséquence de la


subduction entre une plaque
océanique et une plaque
continentale.
Lorsque la croûte océanique séparant
initialement les deux continents est
totalement engloutie, les croûtes
continentales entrent en contact. Il se produit alors une collision au cours de laquelle les
deux continents s’écrasent, se plissent, se fracturent et se chevauchent : une chaîne de
montagne naît.

Les exemples les plus connus sont les Alpes et l’Himalaya. Dans le cas des alpes, la
collision a eu lieu entre l’Afrique et l’Europe ; et dans celui de l’Himalaya, elle a eu lieu
entre l’Inde et l’Asie. Séismes, métamorphismes et magmatisme profond sont liés à ce
mouvement de collision.

4.3 Le moteur de l’expansion océanique

La variation de températures entre le manteau


profond et la surface sont à l’origine de
courants thermiques analogues à ceux que l’on
observe dans un liquide chaud (figure ci-
contre).
En chauffant un liquide dans un cristallisoir, on
peut facilement mettre en évidence les
mouvements de convection. Le liquide chauffé
au centre, moins dense, monte, circule sous la
surface. Il se refroidit au contact des glaçons
placés au-dessus de l’eau, devient plus dense et
redescend le long des parois. L’introduction de
quelques cristaux de permanganate de
potassium permet de visualiser le mouvement
et de matérialiser les cellules de convection.
61

5. Je m’exerce

- Définis ce que c’est qu’une plaque. Comment peut-on caractériser ses limites ?
- Définis ce que c’est qu’une subduction une collision.

6. Je retiens

La surface du globe terrestre est constituée de zones stables ou plaques, pas ou peu
actives, pouvant être totalement océanique ou comporter à la fois une partie océanique et
une partie continentale. Le domaine continental représente 40% de la surface du globe.
Les plaques, zones apparemment tranquilles, sont limitées par des zones étroites où
volcanisme et séismes sont importants.
Dans les zones de subduction, la lithosphère océanique froide et dense s’enfonce dans
l’asthénosphère moins dense située sous la lithosphère continentale.
La collision est la conséquence de la subduction entre une plaque océanique et une plaque
continentale.
Lorsque la croûte océanique séparant initialement les deux continents est totalement
engloutie, les croûtes continentales entrent en contact. Il se produit alors une collision au
cours de laquelle les deux continents s’écrasent, se plissent, se fracturent et se
chevauchent : une chaîne de montagnes naît.

7. Je m’entraîne

Mise en évidence de la subduction

Le tableau ci-dessous récapitule la localisation en profondeur des foyers sismiques au


niveau de l’arc insulaire du Japon. Etant donné un point A du continent asiatique situé à
100 km des côtes chinoises, les distances sont mesurées suivant un profil topographique
de direction AB.

A C D E F G H I J B
Abscisse (km) 0 50 150 250 300 400 450 500 550 700
Ordonnée (km) 1 0 -0,5 -0,5 -0,5 0 0,5 0 -1 -0,5
Trace le profil topographique obtenu à partir de ces données.
(Echelle : en abscisse 1 carreau = 50 km, en ordonnée 1 carreau = 1 km)

AB coupe les courbes isoséistes en un certain nombre de points. Les enregistrements


obtenus permettent d’établir le tableau suivant :

1 2 3 4 5 6 7 8
Distance des épicentres des
50 150 250 300 400 450 500 600
séismes au point A (km)
Profondeur des hypocentres
450 400 350 300 250 200 150 50
des séismes (km)
62

(Echelle : 1 carreau = 50 km)

- Place les foyers de tous les séismes dont la profondeur a pu être déterminée.
- Interprète les données et les représentations graphiques réalisées.

8. Lexique

Courant thermique : la matière chaude véhicule avec elle de l’énergie thermique qui se
dégage sous forme de chaleur.
Cellules de convection : ensemble délimité par des mouvements ascendants et
descendants de matières chaudes.
Plateau continental : partie de la Terre qui prolonge le continent sous la mer jusqu’à une
profondeur de 200m.
63

Leçon 8 : La tectonique des plaques, la dérive des continents

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- expliquer la dérive des continents ;
- calculer les vitesses des mouvements des plaques ;
- expliquer l’origine des mouvements des plaques ;
- analyser des documents relatifs à l’évolution des âges des océans ;
- réaliser les schémas des différents mouvements des plaques.

2. J’observe

Les continents africain et sud-américain présentent une complémentarité remarquable. Dès le


17ème siècle, la concordance de l’Amérique du Sud et de l’Afrique fut remarquée par les
cartographes.

Problèmes scientifiques
- Comment expliquer la similitude et la complémentarité des continents américains et
africains ?
- Quels sont les arguments et les hypothèses qui fondent la dérivent des continents ?
64

3. J’expérimente/je vérifie

Compare les cartes d’Amérique du Sud et de l’Afrique. Que peux-tu en déduire ?

4. J’apprends

4.1 Les mouvements des plaques

Dans le rift, les basaltes récents ne sont


pas recouverts de sédiments (A sur la
figure ci-contre). Plus on s’éloigne de la
dorsale, plus la couverture des
sédiments est épaisse.

Des forages profonds ont traversés les


sédiments jusqu’au basalte : c’est grâce
aux carottages que l’âge des sédiments
du fond océanique a été déterminé.
65

Les sédiments les plus anciens (H) reposent


directement sur le basalte h qui a donc le
même âge qu’eux. Les sédiments E, F sont
plus récents que les sédiments H ; mais les
basaltes e, f sur lesquels ils reposent
directement, ont le même âge qu’eux. Il
apparaît donc que plus on s’éloigne de la
dorsale, plus le basalte est ancien. Les
basaltes rejetés par le volcanisme de la
dorsale s’en écartent progressivement. Le
basalte refroidi est écarté, repoussé par la
montée de nouveau magma dans le rift. La
dorsale produit du basalte, elle crée le
plancher de la lithosphère océanique.

Ainsi, l’expansion de l’océan Atlantique est de


2 à 3 cm par an.

Dans le manteau, les courants de convection


provoquent des déplacements de matière.

Photographie du rift est-africain montrant un début de formation de l’océan

L’axe des dorsales correspond à ces montées de magma. Ces courants de très grande
amplitude sont également très lents.

Au niveau de chaque dorsale, deux plaques s’écartent sous l’action d’intenses forces
divergentes, qui s’appliquent à la croûte océanique. Au niveau des rifts, l’épanchement
du basalte émis contribue à la formation du plancher océanique. En effet, en se
refroidissant, la lave se solidifie en croûte basaltique qui comble les espaces libérés par
l’écartement des deux plaques. C’est le phénomène d’accrétion océanique.
66

Au fur et à mesure de sa mise en place, le plancher océanique est entraîné, par des forces
internes, à la manière d’un double tapis roulant vers la périphérie.

La tectonique des plaques est une théorie selon laquelle la partie superficielle de la terre
ou lithosphère est formée d’éléments rigides ou plaques qui flottent et se déplacent sur
l’asthénosphère moins rigide. Ces plaques sont constituées d’une partie du manteau
supérieur surmontée par de la croûte terrestre de nature continentale ou océanique. Les
limites des plaques sont constituées de trois types de frontières de nature distincte : les
zones d’accrétion ou d’expansion océanique, les zones de subduction et les zones de
collision.

4.2 Les points chauds


La théorie des points chauds propose une explication à la présence des chapelets d’îles
qui parsèment certains océans. Un « point chaud » est une remontée de magma depuis
les profondeurs du manteau, qui vient « crever » la lithosphère pour donner un volcan.
Comme les points chauds sont relativement stables, alors que la croûte océanique se
déplace, cette dernière entraîne avec elle un chapelet de volcans, de plus en plus anciens
à mesure que l’on s’éloigne du point chaud marqué par un volcan actif.

4.3 La dérive des continents


Dès le XVIIème siècle de notre ère, les cartographes ont remarqué une concordance
spectaculaire des côtes de l’Amérique du Sud et de l’Afrique. Plusieurs arguments ont été
proposés afin d’expliquer ces concordances.

 Les arguments cartographiques


En 1912, Wegener, météorologue et géophysicien allemand, est frappé à son tour par la
complémentarité des côtes de part d’autre de l’Atlantique. Il découpe leurs contours sur
une carte en suivant la limite du plateau continental (qui prolonge le continent sous la
mer jusqu’à une profondeur de 200m). En les rassemblant, il obtient une bonne
juxtaposition.

 Les arguments géologiques


En effectuant le rapprochement des cartes géologiques de l’Afrique et de l’Amérique du
Sud, Wegener remarque que des roches anciennes, qui datent de plus de 2 milliards
d’années, se trouvent à la fois en Afrique et en Amérique du Sud dans des positions telles
que si on rapproche les deux continents, ils s’emboîteraient parfaitement.

Parallèlement, un même ensemble de couches géologiques datant de 400 à 200 millions


d’années se retrouve en Amérique du Sud, en Afrique du Sud, en Australie et dans
l’Antarctique.
67

 Les arguments paléontologiques

Certains fossiles de la faune et de la flore ont été retrouvés seulement en des endroits
précis qui semblent avoir été séparés.
Par exemple, en Afrique australe et en Amérique du sud (au Brésil), on a retrouvé le
même fossile d’un reptile de l’ère primaire dénommé Mésausorus. Si cet animal pouvait
franchir une telle distance à la nage, on devrait le retrouver sur d’autres continents. Ce
qui n’est pas le cas.

Ces divers arguments ainsi que d’autres faits amènent Wegener à formuler sa théorie de
la dérive des continents. Pour lui, tous les continents étaient initialement soudés en une
masse unique, la Pangée.
Celle-ci se serait fracturée, et les fragments dériveraient et se serait séparés migrant
vers plusieurs directions.
La théorie de Wegener fut violemment contestée jusqu’à ce que des faits nouveaux
viennent compléter les explications.

En effet, plusieurs apports ont été fournis par l’étude des fonds des océans, les données
du paléomagnétisme, les alignements des volcans, les vitesses et de rapprochement ou
d’éloignement des plaques…
68

5. Je m’exerce

- Décris comment évolue le plancher océanique lors des mouvements des plaques.
- Cite les arguments qui fondent la dérive des continents.

6. Je retiens

Au niveau des rifts, l’épanchement du basalte émis contribue à la formation du plancher


océanique et à l’écartement des continents.
Ainsi, on constate une complémentarité des continents africain et sud-américain.
En s’appuyant sur divers arguments, Wegener formule en 1912 la théorie de la dérive des
continents : les continents seraient les fragments d’un bloc unique qui se serait fracturée.
Ils dérivent en s’éloignant ou en se rapprochant les uns des autres.

7. Je m’entraîne

- La croûte océanique présente des différences très nettes avec la croûte


continentale. Précise trois caractéristiques qui définissent la croûte océanique.
- Dans quels endroits du globe terrestre :
o naît la croûte océanique ;
o disparaît la croûte océanique.
- Quel nom donne-t-on respectivement à la naissance de la croûte océanique et à sa
disparition ?

8. Lexique

Courant thermique : la matière chaude véhicule avec elle de l’énergie thermique qui se
dégage sous forme de chaleur.
Cellules de convection : ensemble délimité par des mouvements ascendants et
descendants de matières chaudes.
Plateau continental : partie de la Terre qui prolonge le continent sous la mer jusqu’à une
profondeur de 200m.
69

Leçon 9 : La circulation de la matière dans le globe terrestre

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir l’origine des différents magmas ;
- mettre en évidence la circulation de la matière au sein du globe terrestre ;
- mettre en relation l’origine du magma et les différents types de volcanismes.

2. J’observe

L’exploration des fonds des océans révèle l’existence des dorsales ou rifs océaniques,
parfois accompagnées de chaînes de montagnes sous-marines. Le plancher océanique
formé au niveau du rift par accrétion s’éloigne progressivement de celui-ci. Au niveau
des frontières de convergence, le plancher peut plonger sous une plaque, la chevauchée
ou l’écraser. La matière subit ainsi un cycle de transformation.

Problèmes scientifiques :
- Comment expliquer la circulation de la matière au sein du globe terrestre ?
- Comment expliquer l’apparition des différents types de magma ?

3. J’expérimente/je vérifie

Compare les cartes de répartitions des volcans, des séismes et des déformations. Réalise
un schéma de synthèse avec la carte de répartition des volcans, des séismes et des
déformations. Que peux-tu en déduire ?
70

4. J’apprends

4.1. L’origine du magma granitique

 Les grands massifs


degranited’anatexie sont en
relation avec les roches de série
métamorphique. Ces massifs sont
les racines de très anciennes
chaines de montagnes, d’autres
massifs de granite intrusif, moins
étendus, recoupent les roches
qu’ils traversent.
- Lesgneiss ou lesmicaschistes
subissent une fusion partielle à
750°C environ vers les 30 km de
profondeur. Ce magma cristallise
sur place et donne un granite d’anatexie.
- Dans le cas où le magma granitique atteint une température supérieure à 800°C
vers 45km de profondeur,il devient léger et commence son ascension tout en
digérant les roches qu’il traverse. Son ascension s’arrête lorsque sa température
diminue à 700°C, il se solidifie et cristallise lentement en une roche granitique.
Les roches qui entourent cette roche granitique sont « cuites » et subissent un
métamorphisme de contact sur quelques mètres.
Les granites sont des roches magmatiques cristallines, leur magma n’apparaîtra
jamais en surface.

4.2 L’origine du magma andésitique

Le magma andésitique se forme dans les zones


de subduction. La plaque plongeante se
réchauffe vers 800°C à 900°C, de la vapeur
d’eau se dégage provoquant la fusion partielle
des péridotites du manteau vers 100km. Ce
magma s’enrichit en silice lorsqu’il remonte en
traversant l’écorce continentale.

Si le magma andésitique refroidit en


profondeur, il donne une roche cristalline, la
granodiorite.
Mais si le magma andésitique est suffisamment chaud, son ascension vers la surface est
plus rapide.

Il alimente les chambres magmatiques des volcans situés au-dessus.Les laves émises
sont visqueuses car elles sont riches en gaz et en silice.Ce volcanisme andésitique est de
type explosif.
71

4.3. L’origine du magma basalte

C’est au milieu de dorsale océanique que les


mouvements de divergence de la
lithosphère se reproduisent.La péridotite
solide, chauffé jusqu’à 1300°C, remonte
grâce aux mouvements de convection du
manteau.
La pression baisse provoquant sa fusion
partielle. Le magma basaltique produit est
fluide et de faible densité. Ce magma
remonte rapidement sans refroidissement
dans une chambre magmatique moins
profonde.

Au niveau de rift, l’émission de laves sous-


marines produit des pillow-lavas. Une
éruption aérienne alimente des coulées de laves fluides. Certains volcans effusifs sont
isolés :lepiton de la fournaise,le mont Cameroun, les îles Hawaii. Il s’agit d’un volcanisme
de point chaud.Le magma est basaltique.

4.4. La circulation de matière dans le globe

Une libération de l’énergie interne du globe se produit dans les dorsales, les zones de
subduction et de collision.C’est aussi le lieu où les pressions, les températures varient et
induisent la fusion partielle d’une matière solide en liquide magmatique.La circulation
d’énergie créée les mouvements de convection dans le manteau. La montée des magmas
et leur émission à la surface du globe se font grâce à l’évacuation de cette énergie.

Dans l’axe des dorsales, la remontée de magma basaltique crée de la lithosphère


océanique. Dans les zones de subduction, la lithosphèreocéanique plonge et disparait
dans le manteau, on appelle magma andésitique. La fusion du manteau en présence
d’eau donne un liquide. C’est le magma qui alimente les volcans explosifs et que des
roches cristallines voisines du granite sont mises en place .dans la racine de chaine de
collision, les conditions de températures et de pression sont telles que les roches sont
soumises au métamorphisme. Le terme ultime de ce métamorphisme est la création de
magma granitique, qui n’atteint jamais la surface du globe.

5. Je m’exerce

- Définis les mots et expressions suivants : magma, magma-basaltique, fusion-


partielle, altération.
- Décris comment se forme le magma.
- Cite les différentes parties du globe où se produisent les fusions des roches.
- Localise les différents types de magma dans la zone convenable.
72

6. Je retiens

A la limite des plaques, dans les dorsales, les zones de subduction et de collision se libère
une énergie interne du globe.Dans ces zones, les pressions et les températures varient,
provoquant la fusion partielle d’une matière solide en un liquide magmatique. Ainsi, la
fusion partielle des roches profondes des chaines de collision produit un magma. La fusion
partielle du manteau au-dessus de la plaque plongeante d’une subduction forme un
magma andésitique.La fusion du manteau sous les dorsales donne naissance à un magma
basaltique.
Enfin l’altération de toutes les roches fournit des minéraux repris dans un cycle de
transformation qui se passe pendant de millions d’années.Le globe terrestre est le siège
d’une circulation de matière sans cesse qui alimente le cycle des roches.

7. Je m’entraîne

1. Dans les limites de la lithosphère, les zones de collision, de subduction et les dorsales
sont chacune caractérisée par un magma qui lui est propre.
a) Indique la nature des roches magmatiques présentes dans chacune des frontières
des plaques lithosphériques.
b) Précise si ces magmas parviennent à la surface du globe.

2. Décris les facteurs principaux qui interviennent dans la formation d’un magma.

3. Reproduis le schéma ci-dessous.

Compléte les légendes


1-2-3 : nature des roches
4-5-6 : les différents types de volcanismes.
Indique par des flèches le transfert de la matière entre l’intérieur de la Terre et la
surface.

8. Lexique

Pillow-lava : laves en oreillers.


Lithosphère : couche superficielle de la terre, rigide d’épaisseur moyenne comprise entre
70km sous les océans à 150Km sous les continents.
73

Magma : liquide ayant une température générale supérieure à 600°c qui en se


refroidissant et en se solidifiant donne naissance à des roches appelées roches
magmatiques.
Subduction : enfoncement d’une lithosphère océanique froide et dense dans une
asthénosphère moins dense située sous une lithosphère continentale.
Fusionpartielle : mécanisme conduisant à l’apparition d’une faible quantité de liquide
dans une roche à l’état solide, en général lors de l’augmentation de la température, de la
diminution de la pression.
74

DEUXIEME SEMAINE D’INTEGRATION


75

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur la structure du globe terrestre, la


tectonique des plaques et la circulation de la matière dans le globe terrestre
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
76

Situations d’intégration

Les ondes sismiques et la structure du globe terrestre

La figure ci-contre montre le trajet suivi


par les ondes sismiques à l’intérieur de la
Terre.
a) Soit F le foyer d’un séisme d’intensité 9
sur l’échelle de Mercalli (MSK) :
- Dis que signifie le chiffre 9.
- Situe l’épicentre E de ce séisme.
- Trace en vert l’onde longue L se
propageant du foyer F à
l’observateur O.
- Trace en bleu la trajet parcouru
par une onde P directe jusqu’à
l’observateur O.
- Trace en rouge une onde P
réfléchie. Expliquez pourquoi on
parle d’onde réfléchie.
b) Au cours de ce séisme, des ondes parviennent à deux autres observateurs A et B. Dis
de quels types d’ondes il s’agit.
c) Cite les ondes qui parviennentaux observateurs C et D situés entre les zones A et B.

Ci-dessous un schéma présentant une coupe de la lithosphère. Reproduis cette coupe


puis :

Complète les légendes manquantes.


Présente sous forme d’un tableau la comparaison entre la lithosphère continentale et la
lithosphère océanique.
77

Palier 2 : Situation 2

Le territoire du Tchad présente une grande diversité d’affleurement de roches. Quelques


échantillons de ces roches prélevés à divers endroits sont présentés ci-dessous et les
lames minces correspondantes.

Roche A lame mince

Roche B lame mince

Donne le nom à chaque échantillon de ces roches.

Décris la structure de chacune des roches.

Explique comment chacune des roches s’est


formée.

L’échantillon de la roche A a été prélevé d’un


gisement ci-contre.
78

Leçon 10 : Les roches magmatiques : le basalte et le granite

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- décrire ce que c’est qu’une roche magmatique ;
- expliquer l’origine de la roche magmatique ;
- expliquer la formation de la roche magmatique.

2. J’observe

Le magma est un mélange formant une masse pâteuse, visqueuse lors d’une éruption
volcanique. Ces mélanges apparaissent à la surface de la terre par fusion partielle du
manteau supérieur et qui en refroidissant forme une roche magmatique selon les
conditions de mise en place. Ils peuvent également se solidifier en profondeur.

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment le magma parvient-il à la surface du globe ?
- Comment se forment les roches intrusives ?
- Comment sont nées les roches effusives ?
- Comment ont été mis en place les différents types de roche ?

3. J’expérimente/je vérifie

Parmi les roches magmatiques les plus fréquentes, plus de 90% des laves sont des
basaltes. Les trachy-andésites, les phonolites, les rhyolites sont moins abondantes, la
reconnaissance précise d’une roche volcanique n’est pas toujours possible sur le terrain.
79

Les schémas ci -dessous présentent deux roches magmatiques.

- identifie les diverses couleurs du basalte.


- déduis en les formes de cristaux qui le composent.
- donne les caractéristiques de la roche magmatique à l’exemple du basalte.

4. J’apprends

4.1 La formation des roches magmatiques


Le magma est une roche fondue composée, en grande partie, d’une base liquide formée
de silicate, contenant des gaz dissous et souvent, de cristaux en suspension. Le magma
peut se cristalliser en profondeur donnant naissance à des roches intrusives ou bien
arriver à la surface en se transformant par dégazage en lave qui donne naissance aux
roches effusives.

Généralement on observe deux magmas :


- un magma primaire : il est de composition basaltique, à partir duquel se
formeraient par différenciation les différents types de roches éruptives. Ces
magmas primaires plus ou moins différenciés peuvent assimiler les roches
avec lesquelles ils sont en contact donnant naissance à des magmas
synthétiques avec une composition chimique diverse ;
- des magmas secondaires ou anatectiques formés pendant une orogénèse à la
suite d’une fusion partielle ou complète donnent un magma hybride.
80

4.2 L’origine des roches magmatiques

Les roches magmatiques proviennent des zones


profondes à partir d’un magma en fusion soumis
à une forte température et à de fortes pressions
font fissurer voire casser l’écorce terrestre
faisant remonter le magma à la surface.

Grâce à la vapeur d’eau et aux gaz, le magma


monte dans la cheminée. Il y a explosion
violente, que si la lave est visqueuse, la cheminée
est obstruée dans des conditions de forte
pression de magma et des gaz.

4.3 La structure de la roche est une conséquence du mode de formation

 Le basalte

a) L’examen macroscopique d’une roche volcanique

Echantillon de basalte observé à l’œil nu Lame mince de basalte observé au microscope

A l’œil nu ou à la loupe, on observe une pâte homogène d’aspect terne contenant des
cristaux brillants. Ces cristaux visibles à l’œil nu sont appelés phénocristaux et les roches
contenant des phénocristaux ont une structure dite porphyrique.

b) L’examen macroscopique d’une roche volcanique

La pâte homogène observée en examen macroscopique représenté ici par de nombreux


petits cristaux (microscopiques) en forme de baguettes appelées microlites.
81

❶ Basalte ❷ Trachy-andésite

❸ Trachyte ❹ Rhyolite

❺Echantillon de basalte Lame mince de basalte

La plupart des roches volcaniques ont une structure microlitique. Lorsque les cristaux
sont bien formés, on dit que les phénocristaux et microlitiques sont des automorphes.
Les microlites et les phénocristaux sont des roches volcaniques séparés par une
substance uniformément noire au microscope polarisant, lorsque le polariseur et
l’analyseur sont « croisés » ; cela explique que le fond homogène de la roche est
amorphe, non cristallisé donc un verre. Ainsi les roches volcaniques formées d’un verre
et des cristaux sont dites roches à structure hétérocristalline. L’obsidienne par exemple
est une roche formée uniquement de verre : elle est appelée roche à structure vitreuse.
82

c) La structure microlitique et la
formation du basalte

Les laves éruptives proviennent


généralement d’un réservoir appelé
chambre situé loin à quelques kilomètres
sous le volcan et chemine à la surface du
globe terrestre. Dans le réservoir, le
magma se refroidit lentement formant
les phénocristaux et les microlites. Lors
de son apparition en surface, le magma
se refroidit rapidement. Seuls les
microlites ont eu le temps de se former
et la partie non cristallisée se forme en
verre. Le magma se refroidit rapidement
en surface qu’en profondeur.

d) La composition minéralogique de la roche et la nature de magma


Toutes les roches volcaniques n’ont pas la même composition chimique. L’« analyse
chimique » se fait de deux façons complémentaires :
- par identification des minéraux cristallisés ;
- par analyse chimique précise après broyage de la roche et fusion du matériau
obtenu.

Cette analyse prend en compte non seulement les cristaux mais également le verre
volcanique, c'est-à-dire l’ensemble de la roche. Cette méthode, très précise, est
également applicable aux roches non cristallisées formées seulement d’un verre.
La composition chimique apporte une information importante :
- les magmas visqueux sont riches en silice,
- les magmas fluides sont pauvres en silice.

Connaissant la composition chimique du magma, on peut donc prévoir la nature de


l’éruption, calme (magma fluide) ou explosive (magma visqueux).
Un minéral cristallisé a une composition bien définie. Exemple le verre est un mélange
homogène. C’est à partir des cristaux que l’analyse des constituants d’une roche a été
menée. Les minéraux des roches volcaniques sont presque tous formés de silice (le
quartz) ou du silicate.

Basalte Trachyandésite
Aspect général Roche sombre Roche claire, blanc L’observation des roches permet
presque noire avec grisâtre avec cristaux aux géologues de :
cristaux - identifier les différents
Cristaux visible à Pyroxène (noir) Feldspath (blanc) minéraux ;
l’œil nu Olivine (verdâtre) Pyroxène (noir) - identifier la roche ;
Cristaux visibles Paillettes de mica, baguettes de feldspath et - connaître la composition
au microscope de pyroxène chimique.
Verre interstitiel Verre amorphe (non cristallisé)
83

 Le Granite

Il existe de nombreux
granites différents : des
granites roses, des
granites gris à patine
blanche, des granites de
teinte claire, des granites
de teinte foncée, des
granites à petits grains,
des granites à gros
cristaux…

Les observations à l’œil nu et au microscope montrent que le granite est une roche
entièrement formée de cristaux : c’est une roche holocristalline. Ces cristaux imbriqués
les uns dans les autres ressemblent à des grains dont la taille est de l’ordre du
millimètre : on dit que le granite a une structure grenue. Cette structure permet de
comprendre l’imperméabilité de la roche à l’échelle de l’échantillon.

Le granite a une composition caractéristique : il est constitué par l’assemblage de trois


« familles » deminéraux : le quartz, les feldspaths et les micas. Seule change la proportion
de chacune des familles ainsi que la nature des feldspaths et des micas.

Du point de vue chimique, le granite est une roche riche en silice : le quartz est de la
silice pure, les feldspaths et les micas sont des silicates (silice associée à de l’aluminium
et à d’autres éléments chimiques).

Le granite affleure largement dans les chaînes de montagnes, jeunes ou anciennes. Il


forme des massifs dont le diamètre varie entre quelques kilomètres et quelques dizaines
de kilomètres. Dans les bassins sédimentaires, le granite est recouvert ainsi que les
roches qui avec lui forment le socle, par une épaisse couche de roches sédimentaires.
84

On ne voit jamais le granite se former à la surface du globe. Il se forme toujours en


profondeur par refroidissement très lent et cristallisation totale d’un pluton magmatique.
D’où le nom de roche plutonique ou intrusive donné au granite et aux autres roches
grenues. Si le granite finit par affleurer dans les montagnes jeunes ou anciennes, c’est
que les terrains qui primitivement le recouvraient ont été dégagés par l’érosion.

5. Je m’exerce

Définis les mots et les expressions suivants : éruption volcanique, lave, phénocristal,
microlite, effusive, éruption explosive.

Sur un échantillon de roche volcanique à l’exemple de basalte :


- observe à l’œil nu et décris les couleurs et la structure ;
- observe au microscope et décris les cristaux et la structure.

6. Je retiens

Les roches magmatiques proviennent des profondeurs du globe, elles sont stationnées
dans un réservoir appelé chambre magmatique située à environ trente kilomètres de
profondeur, puis remonte au cours de l’éruption. Les fortes températures et pressions
font casser l’écorce terrestre faisant remonter le magma à la surface. Dans le réservoir le
magma se refroidit lentement formant les phénocristaux.

Généralement on observe deux magmas : un magma primaire et un magma secondaire.


Un magma primaire de composition basaltique, à partir duquel se forment par
différenciation les différents types de roches éruptives.
Ces magmas primaires différenciés peuvent assimiler les roches avec lesquelles ils sont en
contact pour donner naissance à des magmas synthétiques de composition chimique
diverse.

Les magmas secondaires ou anatectiques formés pendant une orogénèse à la suite d’une
fusion partielle ou complète donnent un magma hybride.

7. Je m’entraîne

a) Définis les termes et expressions suivantes : roche effusive, roche holocristalline,


structure grenue, magma basaltique, magma primaire, magma secondaire.
b) Explique comment se forment le basalte et le granite.
c) Explique comment la composition chimique d’une roche permet de déterminer
l’origine du magma.
d) Regroupe ces mots en deux « familles ».
85

Granite. Structure microlitique. Roche plutonique. Roche volcanique.


Refroidissement très lent. Structure grenue. Basalte. Roche magmatique.
Refroidissement en deux temps.

Un minéral cristallisé a une composition bien définie. Exemple le verre est un mélange
homogène. C’est à partir des cristaux que l’analyse des constituants d’une roche a été
menée. Les minéraux des roches volcaniques sont presque tous formés de silice (le
quartz) ou du silicate.
86

Leçon 11 : Les roches métamorphiques : les gneiss et les micaschistes

1. Objectifs :

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- identifier une roche métamorphique ;
- décrire une roche métamorphique ;
- expliquer le processus de formation des roches métamorphiques ;
- distinguer le métamorphisme de contact et le métamorphisme général ;
- localiser les affleurements des roches métamorphiques sur la carte géologique du
Tchad.

2. J’observe :

On rencontre les roches métamorphiques sur de grandes étendues à l’échelle d’une


région. Elles sont plus ou moins associées au granite. L’observation d’une roche
métamorphique montre un aspect feuilleté, ce qui pourrait laisser supposer qu’il s’agit
d’une roche sédimentaire.

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment se présentent les roches métamorphiques ?
- Comment se forment les roches métamorphiques ?
- Comment sont réparties les roches métamorphiques ?
87

3. J’expérimente/ je vérifie

Dans une enceinte close, on dispose de l’argile humide


que l’on chauffe sous une forte pression. Vers 500°C, on
obtient une cristallisation, avec apparition de quartz,
feldspath, mica. Les roches obtenues ressemblent à
certaines roches dont les cristaux sont disposés en
feuillets.

Les différents types de métamorphismes en fonction de


la température et de la pression.

Transformation progressive de trois roches


sédimentaires, en fonction d’un métamorphisme
croissant.

Suivant l’intensité de l’élévation de la température et de la pression on peut distinguer


différents types de métamorphismes :
- métamorphisme de haute température(HT) et basse pression(BP) ;
- métamorphisme de température et pression moyennes (TM, PM) ;
- métamorphisme de basse température(BT) et de haute pression (HP).

Les roches obtenues ont une schistosité variable et une composition minéralogique qui
dépend de la nature de la roche initiale et son degré de transformation croissant.
88

4. J’apprends

4-1 Etude des roches métamorphiques

 Gisement
L’examen de la carte géologique du Tchad
montre que les roches métamorphiques
affleurent largement dans les massifs de
l’Ennedi et du Guéra.

 Des caractères qui témoignent de leur


origine
a) Les roches métamorphiques sont
plissées. Les plis peuvent être visibles
aussi bien au niveau d’un
affleurement que sur un échantillon.
Dans tous les cas de métamorphisme,
ces plis existent. Si ces plis ne sont pas ❶Gisement de grès au Guéra (photo CNC_2012
visibles au niveau de l’échantillon ou de l’affleurement c’est qu’ils sont d’une
amplitude très grande (des Kilomètres environ). Par ailleurs quand on ne les observe
pas c’est qu’ils sont de taille beaucoup plus petite. Dans ce cas on ne peut que les
observer grâce à une préparation microscopique d’une mince lame de roche.

b) Les roches métamorphiques ont un aspect feuilleté.Une caractéristique principale


des roches métamorphiques est leur aspect feuilleté ou filiation. Cette structure
orientée permet de débiter certaines d’entre elles (schistosité, micaschistes…) en
plaque de faible épaisseur.

On appelle schistosité l’aptitude au clivage d’une roche, c’est ce qui est exploitée par les
ardoisiers pour la confection de dalles plus ou moins épaisses utilisées dans la
construction des toitures, etc.

Granite Micaschiste Gneiss

Les minéraux sont orientés dans les roches métamorphiques. C’est ainsi qu’on observe
différents types de métamorphismes en fonction de la variation de la pression et de la
température.
89

4.2 Origine des roches métamorphiques


Les roches métamorphiques résultent de la transformation de roches préexistantes
variée, sans passage par l’état fluide. Elles peuvent aussi être obtenues par suite d’un
affrontement des plaques de la lithosphère à l’exemple de la formation des chaines de
montagnes. Les roches préexistantes sont des roches sédimentaires et des roches
magmatiques qui vont se « métamorphoser », sous l’influence de deux paramètres dus à
leur enfouissement : la pression et latempérature.

- L’augmentation de la température respecte un gradient géothermique, plus


l’ons’enfonce plus la température s’élève dans l’ordre de 3°C tous les 100 mètres
en moyenne.
- L’augmentation de la pression est due à l’épaisseur de l’écorce terrestre qui pèse
sur la roche qui continue par s’enfouir mais également par les grandes forces qui
sont à l’origine de l’affrontement des plaques.

4.3 Rôle de l’enfouissement.


 Le métamorphisme régional
L’intensité du métamorphisme est fonction de la température et de la pression
auxquelles sont soumises, les couches de roches. En effet la pression est fonction de la
profondeur et la température augmente rapidement avec elle. Des minéraux nouveaux
apparaissent par recristallisation et sont orientés dans les plans de schistosité
perpendiculaires à la pression maximum qui a formé les schistes cristallins.

A une profondeur correspondant à 710°C, la roche va commencer par fondre et il en


résulte une anatexie. On obtient par fusion un liquide qui a la même composition que le
granite. Ce liquide est un magma granitique qui, par refroidissement lent, se cristallisera
en un granite d’anatexie. Dans tous les cas, le granite est le résultat d’un métamorphisme
intense. Pendant cette cristallisation, les gaz qui se dégagent peuvent constituer des
éléments minéralisateurs qui aboutissent à la formation des minerais exploitables. Ces
transformations minéralogiques se font sous l’effet de la variation de pression et de
température. Les roches de composition chimique déterminée sont transformées en de
nouvelles roches de même composition chimique, mais de composition minéralogique
différente.

 Le métamorphisme de contact.
Chauffé à plus de 800°C, le magma granitique fluide monte dans l’écorce terrestre en
digérant les sédiments et schistes cristallins à son contact. Lors du refroidissement lent,
les roches encaissées bénéficient d’apports minéraux. Certaines roches partiellement
digérées restent entourées par le granite. Parfois une augmentation de la température ;
locale provoque une émission interne de fluides minéralisateurs ; l’eau chaude se charge
des éléments solubles au contact du magma (hydrothermalisme).

Après l’érosion des couches de couverture, le granite apparait entouré d’une auréole de
métamorphisme de contact exemple Madagascar et parfois on assiste à des enclaves
profondes.
90

Comme on remonte plutôt dans l’écorce, l’élévation de la température n’est pas très
grande, ce métamorphisme ne fait pas apparaitre de schistosité, les argiles ne
deviennent pas des schistes mais des cornéennes.

4.4 Les roches métamorphiques : schistes cristallins, roches cristallophylliennes

 Schistes cristallins
Le feuilletage des schistes et de l’ardoise résulte de fortes pressions sur des argiles, ceci
peut se faire également au laboratoire sous une presse hydraulique. Il apparait dans ce
cas un « débit » en feuillets parallèles cependant perpendiculaire à la presse exercée :
c’est la schistosité. Dans l’ardoise, le mica blanc en paillettes apparait et prouve le début
de recristallisation, preuve d’une nouvelle association des éléments chimiques de la
roche.

 Roches Cristallophylliennes

Les lits de mica blanc ou noir alternent avec ceux de quartz ; il n’y a pas assez de
feldspath. Ces multitudes lits de mica favorisent le clivage de l’ardoise.

Le gneiss et le granite de même composition sont semblables, la seule différence


observée est l’aspect rubané du gneiss.

Plusieurs roches établissent un passage très gradué entre le granite typique et le gneiss
typique, par perte de la structure feuilletée : ce sont des roches anatexiques. Gneiss et
micaschistes sont des roches cristallines et feuilletées.

Elles sont appelées des roches cristallophylliennes (en grec cristallon, cristal et phyllon,
feuille).
91

 Autres roches métamorphiques.


Les marbres : un calcaire pur, composé uniquement de carbonate de calcium qui subit
une recristallisation métamorphique dévient un marbre blanc, il est très apprécié en
décoration.

Les quartzites : un grès pur ne contient que du quartz qui subit une recristallisation
métamorphique. Il devient du quartzite blanc compact, très dur.Jadis, les hommes les
utilisaient pour faire des outils de chasse.

Le graphite : carbone qui se forme dans les roches métamorphiques par transformations
des restes végétaux enfouis sous l’effet de la température élevée. Le graphite est utilisé
dans la fabrication des mines de crayons de dessins et des piles atomiques (piles radio).

5. Je m’exerce
- Explique comment reconnait-on une roche métamorphique ?
- Expliquez le processus de formation des roches métamorphiques.
- Décris le métamorphisme de contact et le métamorphisme général.
- Mets dans l’ordre la succession des roches suivantes : argile, micaschiste, schiste,
gneiss, granite. Justifie votre réponse.

6. Je retiens.

Les roches métamorphiques (méta : nouvelle, morphos : forme, aspect) proviennent de la


transformation de roches préexistantes, le plus souvent sédimentaires, mais aussi
volcaniques, et même métamorphiques. Le métamorphisme est l’adaptation des roches
solides à des conditions différentes de celles où elles se trouvaient originellement :
température et pression plus élevées, apport chimique d’éléments minéralisateurs
nouveaux.
Ces roches métamorphiques se forment dans les zones d’affrontement des plaques de la
lithosphère, c'est-à-dire les zones où se forment les chaines de montagnes.

Le métamorphisme général à grande profondeur, à pression et à température plus


élevées, a pour finalité la constitution d’un granite d’anatexie. Cependant, le
métamorphisme de contact aboutit à une montée de magma granitique accompagnée de
fluides minéraliseurs ; les auréoles des sédiments digérés et recristallisés en des
minéralisations d’intérêts économiques.

7. Je m’entraîne

1) Compare le métamorphisme de contact et le métamorphisme général.


2) A partir de l’argile, décris comment on peut arriver à la formation des granites
d’anatexie.
92

8. Lexique

Anatexie : processus au cours duquel les roches de la croûte continentale subissent une
fusion partielle ou totale en donnant naissance à un magma.
Débiter : Découper en morceau.
Foliation/feuilleté : ensemble de plans parallèles observés dans les roches
métamorphiques et suivant lesquels cristallisent les minéraux nouveaux.
Clivage : fracture affectant les minéraux selon des plans définis.
Cornéenne : roche compacte, à grains très fins, résultant du métamorphisme de contact.
Hydrothermale : qui se rapporte aux circulations d’eaux souterraines chaudes riches en
fluides minéralisés.
93

Leçon 12 : Les roches sédimentaires (1) : le sable et les grès

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir ce que c’est qu’une roche sédimentaire ;
- analyser les éléments constitutifs du sable et des grès ;
- expliquer le processus de formation de sable et de grès ;
- nommer les principaux agents de transport et d’érosion de sable et de grès ;
- citer les domaines d’utilisation du sable et des grès.

2. J’observe

Le sable se rencontre très souvent en surface : sur les rives des cours d’eau, au bord de la
mer ou parfois recouvrant des régions entières comme dans les déserts du Sahara. Dans
le nord du Tchad, le sable couvre une grande partie du Borkou, de l’Ennedi et du Tibesti.

Problèmes scientifiques à résoudre


- Comment se présentent les sables et les grès ?
- Comment se forment les sables et les grès ?
- Où sont localisés les sables et les grès au Tchad.

3. J’expérimente/je vérifie

Description d’un échantillon de sable observé à l’ œil nu et à la loupe.


Etude de l’action de l’acide chlorhydrique et de la chaleur sur un échantillon de sable.

4. J’apprends

Les roches sédimentaires proviennent du dépôt de matériaux divers, d’origine


différenciée provenant de la désagrégation de roches préexistantes, de précipitation de
sels par évaporation des solvants, d’accumulation de restes animaux et végétaux.
94

4.1 Le sable

 Etude de sables au laboratoire

Etalons quelques grains sur la


platine d’un microscope ou sous une
loupe. Les grains translucides,
incolores anguleux ou émoussés
sont formés de quartz, silice pure
cristallisée. Ils raient le verre et
l’acier, comme nous le vérifions par
frottement sur l’un et l’autre. Le
quartz est un minéral dur.Certains
grains peuvent être colorés par des
oxydes de fer en jaune ou rouge.On
distingue aussi de petites paillettes
noires de mica, des débris de
coquillages, de carapaces d’animaux
et parfois des grains d’argiles
(sables argileux).

Les sables sont des roches constituées de grains bien séparés, mobiles les uns par
rapport aux autres : le sable est une roche meuble. Les grains de sable sont de nature
variable etleur taille varie de 0,02 à 2mm. Ce sont, pour la plupart, des grains de quartz
très dur composé de silice pure : le sable est une roche siliceuse.

La disposition des gisements en strates ou stratification résulte de la superposition des


couches de sable lors de leur dépôt. La stratification traduit la sédimentation c'est-à-dire
le dépôt des couches de sédiments qui se superposent au cours du temps.

Le sable, issu du dépôt d’un sédiment est une roche sédimentaire.

 Les caractéristiques physiques et chimiques des sables

a) La perméabilité

Placez différents échantillonsde sables dans un entonnoir sur lesquels vous versez la
même quantité d’eau, mesurez respectivement les temps d’écoulement.Examinez les
grains au microscope. Quelle est l’influence de la dimension des grains sur la plus ou
moins grande perméabilité du sable ? Comment se comportent les sables ?
Si avec le même dispositif expérimental, on utilise de l’eau boueuse, l’eau recueillie dans
le récipient est plus limpide. Plus les grains de sables sont gros, plus il y a une grande
perméabilité.Le sable se comporte comme un filtre pouvant retenir les débris.

b) L’insolubilité

Dans une éprouvette ou un tube de verre (tube à essai), versons du sable et de l’eau puis
agitons.Après décantation, on se rend compte que ces grains n’ont pas varié. Ceci
explique que le sable est insoluble dans l’eau.
95

c) La pureté

Versons quelques gouttes d’acide chlorhydrique sur un échantillon de sable ; il n’y a


aucun effet : le quartz ne fait pas effervescence avec l’acide chlorhydrique. (Si quelques
bulles apparaissent, elles seraient le fait du contact de l’acide avec des débris calcaires).
Le quartz du sable est composé uniquement de silice.

 L’origine des sables

Dans les régions granitiques, on peut voir la formation de sable à partir du granite. Seul
le quartz, très dur et presque inaltérable, résiste bien à un long transport ; les grains de
quartz sont de formes très irrégulières dans le granite.Lorsqu’ils viennent à se séparer
lors de la destruction du granite, ils s’arrondissent lentement. Le sable, formé de grains
qui sont des débris (détritus) arrachés à une roche plus ancienne, transportés puis
déposés, est une roche d’origine détritique.

L’évolution de la forme des grains au cours de leur transport par les agents naturels (eau
et vent) permet de comparer l’accumulation actuelle et les dépôts anciens.Dans le lit des
fleuves ou des rivières se forment des bancs de sable et graviers. Au niveau de la
granulométrie, les grains sont plus gros dans le cours supérieur et plus fins vers
l’embouchure. Les grains de quartz provenant des roches grenues ou métamorphiques
érodées, se polissent et s’émoussent. Ces grains sont abandonnés tout près dans les
cours d’eau inférieur, Les lacs et cuvettes intérieures,(Tchad, Niger), les estuaires
(Sénégal) ou le delta (Nil).Ces sables fluviatiles, polis dans l’eau, restent brillants.La mer
les étale sur les plages dont ils forment la plus grande partie. La mer érode également les
falaises. Les grains de sables marins sont plus grossiers à cause de leur transport plus
localisé.

Les sables fluviaux et marins sont souvent remaniés par le vent et deviennent des sables
de dunes continentales.Cependant certains sables proviennent directement de l’érosion
des plateaux désertiques et sont appelés sables éoliens.Ces sables s’épaississent
toujours à leur bordure.

Les observationsdes sables anciens ont montré que 90% des sables sahariens sont
éoliens, mais à chaque fois il y a un mélange avec les sables des dépôts fluviatiles,
lacustres et marins (dépression de Kanem au Tchad). Ils sont les témoins d’un climat
antérieur moins aride et d’une période de la mer (Mer paléo Tchadienne). Pour
remédier à cela l’examen des grains et des fossiles est déterminant.

4.2 Le grès

 La formation et les propriétés du grès

Le grès est une roche sédimentaire constituée à 50% de granulés dont les dimensions
vont de 60µm (micromètre) à 21mm et, pour la moitié d’une matrice siliceuse, argileuse
ou calcaire qui constitue le ciment.La cimentation naturelle des grains de sables explique
la formation des grès :l’eau s’infiltre dissolvant une petite quantité de silice ou
calcaire(coquilles enfouies).
96

Un grès est donc un sable cimenté : un ciment siliceux réunit les grains de quartz. On
peut donc déduire que de l’eau a circulé entre les grains, entraînant un peu de leur silice
puis, en la redéposant, forme le ciment.

En saison sèche, la solution (eau+silice ou calcaire)se concentre puis s’évapore en


soudant les grains sous forme de modules ;ceux-ci forment des bancs de plus en plus
importants.

Il existe également des ferrugineux micacés, feldspathiques, quartzeux.Parmi les


différents types de grès, on trouve les quartzites, les grauwackes, les arkoses…

 L’exploitation des sables et des grès

L’homme utilise le sable dans la fabrication du verre (vitres,


bouteilles) par fusion, modelage des moules de fonderie. Il
peut aussi être utilisé dans le sablage des pièces
métalliques avant le revêtement aux peintures (voitures,
coques de châteaux d’eau …).

Les grès sont utilisés dans la constructiondes pavés, des


dallages et des meules à aiguiser les objets tranchants.
Certaines poteries sont moulées avec une pâte de grès par
l’artisan.

4.3 Les autres roches détritiques

Sur certaines terrasses des vallées fluviales, dans les cônes de déjection des torrents et
sur les côtes rocheuses, on trouve les blocs anguleux, des galets plus ou moins arrondis,
des graviers plus petits, des sables grossiers ou plus fins. Tous ces matériaux
proviennent de la destruction des roches compactes et roulés par les eaux ou
conglomérat

5. Je m’exerce

a) Recopie les affirmations exactes et corrige les affirmations inexactes :


- toutes les roches sédimentaires ont une origine marine ;
- tous les grains de sable se ressemblent et sont constitués de quartz ;
- le grès est une roche stratifiée parce qu’il contient des fossiles ;
- toutes les roches qui renferment les fossiles sont des roches sédimentaires.

b) Vérifie quelques échantillons de sables et détermine leur perméabilité, leur


insolubilité et leur pureté.
97

6. Je retiens

Le sable est une roche sédimentaire meuble parceque les grains de sable coulent entre les
doigts.Ces grains sont translucides, incolores anguleux ou émoussés.
Le sable est perméable et insoluble. Ainsi, dans le lit des fleuves et rivières se forment des
bancs de sable et gravier.Leur granulométrie, grossière dans le cours supérieur, elle est de
plus en plus fine vers l’embouchure : roulés par le courant, les grains de quartz issus des
roches grenues ou métamorphiques érodées, se polissent et s’émoussent.Ils sont
abandonnés aux basses eaux dans le cours inférieur, dans les lacs et cuvettes intérieures
(Tchad,Boucle de Niger).Les estuaires (Sénégal)ou Delta (Nil).
Le grès est une roche cohérente solide, il est constitué de grains de quartz soudés entre
eux par un ciment souvent siliceux. Le grès est imperméable car l’eau ne pénètre pas dans
un échantillon.
Le sable et le grès sont utilisés par l’homme dans la fabrication du verre (vitres,,
bouteilles), dans le sablage des pièces métalliques avant peintures (voiture, coque de
navire etc.), confection du mortier de construction et pour les dallages, les pavés, les
meules à aiguiser …

7. Je m’entraîne

Compare un échantillon de sable et un échantillon de grès après observation :


- à l’œil nu ;
- à la loupe ;
- au microscope.

8. Lexique

Emousser :rendremoinstranchant, moins aigu, rendre moins vif.


Granulométrie: mesure des dimensions des grains d’un mélange ; détermination de leur
forme et de leur répartition statistique.
Désagrégation : décomposer en séparant les différentes parties.
Eolien : relatif au vent.
98

Leçon 12 : Les roches sédimentaires : l’argile et les roches argileuses

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir ce que c’est que l’argile ;
- décrire un échantillon d’argile ;
- décrire les propriétés de l’argile ;
- expliquer le processus de formation de l’argile ;
- expliquer l’importance de l’argile ;
- localiser les principaux sols argileux sur la carte pédologique du Tchad.

2. J’observe

L’argile et les roches argileuses se rencontrent très souvent dans les plaines
d’inondation : dans les lits des cours d’eau ou parfois recouvrant des régions entières
comme dans les régions du centre et du sud du Tchad.

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment se présentent l’argile et les roches argileuses ?
- Comment se forment l’argile et les roches argileuses ?
- Où sont localisées l’argile et les roches argileuses ?
99

3. J’expérimente/je vérifie

Modelons une coupe en pâte argileuse plastique dans un entonnoir puis versons de
l’eau. Qu’observons-nous ?

De l’argile cuite au four se colore plus ou moins suivant la teneur en oxydes qu’elle
contient. Ecrasons un fragment de jarre ou de canari et mélangeons les résidus avec de
l’eau. Peut-on obtenir une pâte plastique ? Pourquoi ?

Décris les différentes caractéristiques de l’argile : solidité, dureté, action de l’eau, action
de l’acide chlorhydrique, action de la chaleur.

4. J’apprends

4.1 Présentation de l’argile

L’argile est une roche sédimentaire tendre, plastique, à l’aspect terreux et qui constitue
parfois d’énormes masses qui englobent des roches d’autres origines.
La détermination de la composition de l’argile est très difficile, car elles sont presque
toujours produites par la décomposition des roches silico-alumineuses, mêlées à des
détritus très fins.Les minéraux présents dans les argiles sont également appelés
minéraux argileux ou sialites : les montmorillonites, les lillites, la vermiculite, l’haloysite,
la kaolinite.Les dépôts d’argile riches en kaolinites et pauvres en oxydes de fer sont
exploités pour la fabrication des porcelaines.

On trouve également dans l’argile de


quartz, de micas, de feldspaths, des
carbonates (marnes).Le rapport entre la
partie argileuse et la partie sableuse
(squelette sableux constitué de quartz,
mica, carbonate …) détermine la plasticité
de l’argile qui est d’autant plus grasse et
plus élastique.
Les argiles riches en minéraux argileux
alcalino-terreux sont appelées argiles
réfractaires, car elles sont capables de
supporter de hautes températures.

Activité 1

Quand on casse un fragment d’argile, on


observe à la loupe des petits trous. Lorsque
l’argile est sèche, l’eau y pénètre
immédiatement : l’argile est une roche
poreuse.
Imbibée d’eau, les particules argileuses
gonflent : l’argile devient imperméable et
donc insoluble dans l’eau.
100

Pourquoi la porosité et la perméabilité sont-elles les caractéristiques de la roche


argileuse ?

Activité 2

Quelles sont les propriétés de l’argile qui permettent de l’utiliser pour faire de la
poterie ?
Quand l’argile absorbe de l’eau, elle est facile à modeler donc plastique. Cette plasticité
s’accompagne d’une imperméabilité. Portée à la cuisson, elle devient du ciment donc
permet de faire de la poterie. La porosité de l’argile permet à celle –ci d’absorber de
l’eau.

4.2 Propriétés de l’argile

 Nature chimique

L’argile est une roche sédimentaire la plus abondante dans la surface du globe. Elle est
formée de l’accumulation de particules microscopiques disposées en lamelles. Ces fines
particules sont composées de silice et d’aluminium ; ce sont des silicates d’alumine qui
proviennent de l’altération des roches magmatiques et métamorphiques.

 Propriétés

L’argile sèche et l’argile humide n’ont pas les mêmes propriétés.L’argile sèche, roche
rugueuse qui s’émiette, elle est poreuse et absorbe l’eau. Quand elle est saturée d’eau,
elle devient imperméable.Cette imperméabilité de l’argile permet de distinguer les
terrains argileux de ceux qui sont sablonneux.

L’imperméabilité de l’argile s’explique par la petite taille des espaces qui séparent les
lamelles des minéraux et le gonflement de ces dernières. L’argile mouillée peut se
modeler facilement parce qu’elle est plastique. En séchant l’argile perd de l’eau,
déstabilisant ainsi la cohésion des particules et la roche devient friable. Une fois les
terrains argileux ravinés par les eaux de ruissellement, on assiste à la formation des
coulées boueuses et à des glissements des terrains.

La structure et la composition chimique de


l’argile expliquent ses propriétés particulières
vis-à-vis de l’eau et ont des influences sur le
sol et l’environnement.

4.3 Origine et gisements de l’argile

Les eaux de pluies ou de ruissellement qui


traversent les terrains cristallins, dissolvent
les minéraux silicatés qui les composent.Ces
minéraux vont se recombiner pour donner de
l’argile.Initialement l’argile prend son origine
dans l’altération des roches cristallines ou kaolinisation.
101

Les cours d’eaux boueuses sont composées des particules arrachées des berges, dans les
zones argileuses, par les eaux de pluies. Ces particules sont d’origine détritique. Les
particules très grosses se déposent en vases dans l’embouchure des fleuves ou au fond
des lacs (berbère du Tchad).Les plus fines et plates peuvent flotter dans le sens du
courant d’eau pour se déposer après des centaines d’années au fond des océans.
Certaines argiles renferment les restes végétaux et d’animaux (foraminifères du Sénégal,
de côte d’ivoire, du Togo …) ou Lacustre (planorbe du Congo, Diatomées, limnées et
planorbe du Tchad).L’argile est une roche sédimentaire car elle est formée des dépôts
marins, lacustres, lagunaires.De tout ce qui précède l’argile et le sable alternent
fréquemment avec des couches d’épaisseur variable.

4.4. Utilisation de l’argile

L’argile entre dans la fabrication des poteries, des tuiles, des


briques... Lorsqu’elle est cuite, l’argile perd de l’eau et ses
propriétés initiales. Elle acquiert des nouvelles propriétés.
L’argile cuite est utilisée dans la fabrication du ciment.

5. Je m’exerce

a) Définis ce que c’est que l’argile ;


b) Observe et décris à l’œil nu ou à la loupe binoculaire des échantillons d’argile de
différentes provenances (argile sableuse, kaolin) puis étudie le comportement de ces
différentes roches vis-à-vis de l’eau et de la chaleur.
c) Explique le processus de formation de l’argile ;
d) Cite quelques exemples d’utilisation de l’argile.

6. Je retiens

Les argiles sont des roches sédimentaires, tendres de coloration variable, mais souvent
rouge ou jaune.Elles sont généralement poreuses, elles forment avec l’eau une pâte
plastique, imperméable, à odeur caractéristique de la terre. La forte cuisson durcit les
argiles et permet de les utiliser dans la fabrication de poterie, briques et tuile. L’argile ne
fait pas effervescence à l’acide chlorhydrique. Les dépôts argileux des mares, berges de
rivières, lagunes ou lacs qui se dessèchent, se fendillent parce que l’argile a perdu de l’eau
et la cohésion des particules a disparu faisant place aux fentes. Le kaolin est une argile très
pure servant à la fabrication de la porcelaine. Les argiles sont constituées des silicates
d’alumine et s’obtiennent par cristallisation d’éléments dissous par les eaux ruisselantes
sur le terrain cristallin.Elles sont entraînées par les eaux de ruissellement et peuvent
s’entasser en argiles sédimentaires.
102

7. Je m’entraine

Prélève un échantillon d’argile dans ta localité, décris à l’œil nu les différents aspects de
l’argile, puis les aspects au microscope.
Après avoir verséquelques gouttes d’acide chlorhydrique sur un échantillon d’argile,
décris ce que tu observes.

8. Lexique

Réfractaire : qui résiste, refuse de se soumettre ;


Raviner : creuser le sol de ravines, l’orage a raviné le sol.
103

Leçon 14 : Les roches sédimentaires (3) : Le calcaire et les roches


calcaires

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir les termes et expressions suivants : roches calcaires, stalactites,
stalagmites, oolithes ;
- mettre en évidence les éléments constitutifs des roches calcaires ;
- décrire les propriétés des roches calcaires ;
- expliquer les origines des roches calcaires ;
- expliquer l’importance du calcaire ;
- localiser les gisements de calcaires sur la carte géologique du Tchad.

2. J’observe

Sol calcaire dans les environs de Mao (photo CNC_2012)

Au Tchad, les roches calcaires affleurent dans le Mayo-Kebbi (Bakeu, Baouré, Tagobo-
Foulbé) d’une part, au Kanem et au nord du Tibesti d’autre part. Elles sont parfois
associées à d’autres roches siliceuses.

Problèmes scientifiques à résoudre :


- Comment se présentent les calcaires et les roches calcaires ?
- Comment se forment les calcaires et les roches calcaires ?
- Où sont localisés les calcaires et les roches calcaires au Tchad ?
104

3. J’expérimente/je vérifie

Après avoir chauffé du calcaire ou de la craie dans un tube en verre réfractaire muni
d’un tube à dégagement, explique :
- pourquoi l’eau de chaux se trouble en
présence du dioxyde de carbone.
- pourquoi ce trouble disparaît si on ajoute une
grande quantité de dioxyde de carbone.
- pourquoi dit-on que le calcaire est du
carbonate de chaux ou carbonate de calcium.

4. J’apprends

4.1. Présentation des roches calcaire

Le constituant fondamental des


calcaires est la calcite, forme minérale
du carbonate de calcium. Ce minéral se
trouve en cristaux isolés, dans les
coquilles des fossiles, dans l’enveloppe
des oolithes ou encore dans le ciment
entourant les oolithes et les fossiles.

Les calcaires se forment à la surface du globe terrestre : ce sont des roches exogènes. Ce
milieu de sédimentation correspond au milieu de vie des êtres vivants, les calcaires
contiennent souvent de nombreux fossiles.Un affleurement de calcaire permet
d’observer les couches plus souvent horizontales, superposées parallèlement les unes
sur les autres : ce sont des strates.

Beaucoup de calcaires contiennent des restes ou


des empreintes d’animaux ou de végétaux. Ces
traces sont des fossiles ou quelque fois des fossiles
plus petits : on parle de microfossiles ou
nanofossiles. Vu leur taille, les microfossiles ne
peuvent être observés qu’à la loupe ou au
microscope optique.
La craie par exemple renferme de coccolithes qui
mesurent 6 mm.

Observons un affleurement assez


important de calcaire, on voit la
présence de couches, le plus souvent
horizontales, superposées les unes
sur les autres, ce sont des strates. On
dit que le calcaire est une roche
stratifiée.
105

4.2 Observations

 Sur le terrain

Activité 1 :

Explique pourquoi observe-t-on les strates


dans les gisements de calcaire.

L’examen des strates permet de découvrir


en certains endroits où sont disséminés
dans la roche des restes ou des empreintes
d’êtres vivants : ce sont des fossiles.

 Sur un échantillon

Observation à l’œil nu

Le calcaire a une couleur tantôt blanche, tantôt


grise, tantôt ocre.
Il est le plus souvent constitué d’éléments très
petits soudés ou reliés par un ciment.
Certains calcaires contiennent des fossiles bien
visibles appelésmacrofossiles, d’autres ont
detrès petits fossiles observables à la loupe ou
au microscope, ce sont des microfossiles.

Observation au microscope
Le microscope permet d’observer des éléments constitutifs et la reconnaissance des
microfossiles.

4.3 Nature chimique

Activité 1 : versons une goutte d’acide chlorhydrique


ou de vinaigre sur un échantillon de roche calcaire.
Qu’observe-t-on ?
On observe une effervescence avec un dégagement
gazeux qui éteint une allumette incandescente.

Activité 2 : versons de la poudre de chaux dans de l’eau, agitons, puis filtrons : l’eau de
chaux obtenue est limpide. Mise en présence du gaz dégagé dans le flacon, cette eau
devient laiteuse. Ce gaz est du gaz carbonique.

Calcaire + acide → gaz carbonique

Les roches calcaires sont essentiellement constituées de carbonate de calcium.


Exemple : la craie
Une roche calcaire fait effervescence au contact d’eau contenant de l’acide
chlorhydrique : c’est le moyen de l’identifier.
106

4.4 Les propriétés des calcaires

 La solidité

Certains calcaires sont durs, ils ne peuvent s’effriter avec les doigts, ils sont cohérents,
d’autres par contre sont friables et une pression des doigts permet de séparer les
éléments.

 La dureté

Les calcaires sont des roches homogènes constitués par les éléments de même nature.
Certains calcaires comme la craie se laisse rayer par l’ongle, elle est tendre. La plupart ne
se laisse rayer que par une lame de couteau. Ils sont de dureté moyenne.

 L’action de l’eau

Versons quelques gouttes d’eau sur un échantillon de calcaire, celles-ci pénètrent dans la
roche plus ou moins rapidement : le calcaire est une roche poreuse.
Creusons dans une coupelle sur un bloc de calcaire et versons de l’eau. Au bout de
quelques minutes, nous constatons que des gouttes d’eau suintent sous le calcaire et
tombent dans le bêcher.La craie est traversée par l’eau : elle est perméable.

Versons dans un tube contenant de l’eau


distillée la roche calcaire pulvérisée,
agitons-le. Le calcaire donne d’abord à
l’eau un aspect trouble puis les particules
solides se déposent et l’eau s’éclaircit.Le
calcaire est insoluble dans l’eau pure.

Réalisons cette même expérience en


utilisant de l’eau gazeuse (dioxyde de
carbone) ; nous remarquons à la fin de
l’expérience que le dépôt est moindre.

Une partie du calcaire est dissoute : le calcaire est soluble dans l’eau contenant du
dioxyde de carbone.
En présence de l’eau oxygénée (eau de seltz) ou de l’eau de pluie chargée de dioxyde de
carbone, le calcaire insoluble se dissout et est transformé en hydrogénocarbonate de
calcium soluble, selon la réaction suivante :

Carbonate de calcium +eau + dioxyde de carbone → hydrogénocarbonate de calcium


(Insoluble) (Soluble)
107

 L’action de l’acide chlorhydrique

Déposons une goutte d’acide sur la roche, il


se forme une effervescence. Celle-ci indique
la présence de carbonate de calcium. Les
bulles qui se forment sont constituées par du
dioxyde de carbone que nous pouvons
caractériser à l’aide de l’eau de chaux.

 L’action de la chaleur
Chauffons dans un tube réfractaire muni
d’un tube à dégagement, du calcaire ou de
la craie.Nous constatons au cours du
chauffage le dégagement d’un gaz qui
trouble l’eau de chaux, c’est du dioxyde de
carbone. Le calcaire se transforme en
substance grisâtre plus légère, la chaux
vive.

4.5 Le transport de calcaire

Le calcaire est facilement transporté sous forme dissoute (hydrogénocarbonate) ;


regarder disparaître une rivière dans les fissures formant un cours d’eau souterrain et la
voir réapparaître à la surface de la terre.Ces trajets de rivière constituent le trajet de
calcaire dissous d’environ 20.000tonnes.

 Observations

Dans la nature, on observe que les végétations aquatiques sont recouvertes de carbonate
de calcium au niveau de résurgences.Petit à petit, la croûte devient très importante ;
isolée, la plante meurt en laissant qu’un réseau de cavité.Une réaction inverse se produit
lorsque l’hydrogénocarbonate contenu dans l’eau se transforme en carbonate de
calcium.
Il faut préciser que les plantes vertes en présence de lumière, absorbe du dioxyde de
carbone, ce qui favorise le dépôt du calcaire.

 Expérience

Dans un tube contenant de l’hydrogénocarbonate, laissons dégager le dioxyde de


carbonate contenu dans le tube. Chauffons tout en sachant que les gaz sont moins
solubles à chaud qu’à froid. Nous remarquons que pour une raison ou pour une autre, le
dioxyde de carbone disparaît, le carbonate de calcium réapparaît.Ce dioxyde de
carbonate peut-être éliminé par :
108

- une élévation de température ;


- une diminution de la pression de ce gaz dans l’air ;
- le choc de l’eau contre un obstacle.

4.6 Dépôts de calcaires dans les grottes

Mécanismes de la formation des


stalactites et des stalagmites.

Dans les grottes, on observe souvent une formation de calcaire qui tombe du plafond : ce
sont les stalactites.
En face vers le bas, il apparaît d’autres excroissances : ce sont des stalagmites. Les
stalactites et les stalagmites peuvent se croiser et former des colonnes complexes.

4.7 Gisement, origines et utilisation des calcaires

 Le gisement des calcaires

En zone intertropicale ; le calcaire se présente le plus souvent en plaquettes jaunâtres,


grises ou rouges. Ces plaquettes de calcaire sont séparées par des argiles ou des schistes.
Des couches plus épaisses sont exploitées en carrière.

 Les origines des calcaires

a) Lescalcaires d’origine organique

Les calcaires coralliens se présentent en bancs massifs et constituent d’excellents


matériaux pour la fabrication de la chaux.Les lumachelles se sont formées sur les côtes,
de coquilles de mollusques. Le calcaire grossier renferme souvent des coquilles de
cérithes, de gastéropodes en forme de vis.

b) Lescalcaires d’origine détritique

Le calcaire lithographique provient de la destruction de récifs coralliens. Il fut longtemps


utilisé pour la reproduction des dessins en imprimerie (lithographie=écriture sur
pierre).
Les calcaires marneux et les marnes sont des mélanges d’argiles et de calcaires utilisés
dans la fabrication des ciments.
109

La craie blanche, fine et tendre, renferme de nombreux fossiles qui se déposent dans les
mers. La craie est la matière principale de la fabrication du gaz carbonique utilisé dans
les boissons gazeuses.
Calcinée dans les « fours à chaux », la craie donne la chaux vive.

c) Les calcaires d’origine chimique

Ils résultent de la précipitation du calcaire dissous dans


les eaux carbonatées. Les calcaires oolithiques ont
l’apparence d’œufs de poissons.Le calcaire pisolithique
est de même apparence mais le grain est plus gros. Les
tufs sont des incrustations qui se reproduisent à la
sortie des eaux calcaires, autour des plantes qui
absorbent le gaz carbonique. Ces roches sont
caverneuses et légères.

Les travertins, plus compacts, avec de fines empreintes de feuilles, se sont déposés en
couches stratifiées dans des lacs.

La calcite est cristallisée (stalactites et stalagmites).


On la trouve dans les cavités des basaltes.

Les dolomies, carbone double de calcium et de


magnésium peuvent être polies.

 La formation des calcaires

Le calcaire à gryphées est pétri de coquilles unies entre elles par un ciment .Le calcaire
de coquilles a été fabriqué par les animaux eux-mêmes. La roche a donc une origine
organique.

Il existe aussi des calcaires massifs qui ne contiennent aucune trace de stratification et
contenant de nombreux fossiles : les gastéropodes à coquille épaisse(Nérinées), des
polypiers etc. Le calcaire provient d’un ancien récif, construit petit à petit par les
polypiers.

Le calcaire oolithique est constitué de petits « œufs» collés les uns contre les autres par
un ciment. L’observation au microscope montre que chaque petit «œuf » ou oolithe est
formé de couches de calcaire cristallisé autour d’un noyau (grain de sable ou fragment
de coquille). Les roches formées d’oolithes et du ciment proviennent du calcaire déposé
et cristallisé. Les transformations observées font appel à des phénomènes chimiques.
Ainsi le calcaire oolithique est d’origine chimique.

 Les caractères communs à tous les calcaires

Les calcaires sont différents les uns les autres par leurs couleurs, il est nécessaire de les
caractériser.
110

Quelques gouttes d’acide chlorhydrique déposées sur une roche calcaire ou une roche
contenant un peu de calcaire provoquent une effervescence avec dégagement de
dioxyde de carbone.

 La composition chimique du calcaire

Expérience
Quand on chauffe pendant 20minutes un morceau de calcaire, de la craie par exemple, il
perd son poids initial. Le calcaire chauffé libère un gaz.

Si on recueille ce gaz, et qu’on le fait barboter dans l’eau de chaux ;cette dernière devient
trouble : ce gaz n’est autre que du gaz carbonique.

Quandon chauffe fortement de la craie, elle devient plus blanche que d’habitude et
s’effrite en poudre : c’est de la chaux vive. Quand on y ajoute quelques gouttes d’eau, elle
dégage de la chaleur et forme de la chaux éteinte suivant l’équation chimique :

Calcaire →chaux +dioxyde de carbone.

En chauffant le calcaire, on le dissocie en ses deux constituants, la chaux et le dioxyde de


carbone ;donc le calcaire est du carbonate de chaux ou du carbonate de calcium. La
calcite, calcaire cristallisé est du carbonate de calcium pur.

Les roches calcaires contiennent de l’argile et d’autres substances. Suivant le cas, on


distingue :

Carbonate de calcium argile


Calcaire …………………………………. 95 à 100% 0 à 5%
Calcaire marneux …………………… 65 à 95% 5 à 35%
Marnes ………………………………….. 35 à 65% 35 à 65%

 Exploitation et utilisation des calcaires

Les calcaires sont utilisés comme matériaux de construction. Certains calcaires


permettent de fabriquer des dalles pour les terrasses. La craie naturelle, fine et tendre,
est transformée en craie artificielle sous forme de bâton de craie utilisée dans les écoles.
Elle est aussi utilisée pour la fabrication de plâtre.
111

Cimenterie de Baoré. Ph CNC_2012

Les calcaires marneux sont utilisés dans la fabrication des ciments, c’est le cas du ciment
de Baoré (Pala).

5. Je m’exerce

- Définis les termes et expressions suivants : roche calcaire, stalactites, stalagmites,


oolithes.
- Décris comment on met en évidence les éléments constitutifs des calcaires.
- Décris les propriétés des calcaires.
- Explique comment se forment les roches calcaires.
- Cite quelques domaines d’utilisation des roches calcaires.

6. Je retiens

Les roches calcaires sont constituées essentiellement de carbonate de calcium mélangé à


des impuretés en proportions variables. Elles sont blanches lorsqu’elles sont pures,
colorées quand elles contiennent des impuretés. Les roches calcaires font généralement
effervescence avec l’acide chlorhydrique suivant l’équation : calcaire + acide
chlorhydrique → dioxyde de carbone + eau.Les roches calcaires sont décomposées par la
chaleur en chaux dont l’équation de la réaction est :
Calcaire → chaux + gaz carbonique.
En présence de l’eau oxygénée (eau de seltz) ou de l’eau de pluie chargée de dioxyde de
carbone, le calcaire insoluble se dissout et est transformé en hydrogénocarbonate de
calcium soluble.
L’eau de ruissellement qui pénètre dans le calcaire, renferme le plus souvent des fossiles,
marins ou d’eau douce : le calcaire est une roche sédimentaire. Les calcaires sont utilisés
pour la fabrication des chaux et des ciments. Les phosphates de chaux sont utilisés dans la
fabrication des engrains chimiques.
112

7. Je m’entraîne

1. Traite l’exercice en complétant les affirmations inexactes :


- le calcaire est une roche meuble ;
- le calcaire provoque une effervescence à
l’acide ;
- les affleurements de calcaire présentent de
nombreuses diaclases ;
- le calcaire est une roche soluble dans l’eau.

2. Explique pourquoi le dioxyde de carbone se


dégage dans le tube du schéma ci-contre.

8. Lexique

Résurgence : réapparition à l’air libre d’eau infiltrée dans un massif calcaire.


Oolithe : petite sphère dont le centre ou nucléus est formé par un débris (grains de
quartz, fragment de test) entouré par des couches concentriques.
Diaclase : cassure de roche ou de terrain sans déplacement relatif des parties séparées,
cassures perpendiculaires aux couches sédimentaires.
Excroissance : petite masse en saillie à la surface d’un organe ou d’un tissu.
Coccolithes : ce sont des roches provenant des écailles calcaires des algues unicellulaires
des mers chaudes.
113

Leçon 14 : Le cycle des roches

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- citer les principaux agents d’érosion et de transport des roches ;
- décrire les mécanismes d’altération des roches ;
- expliquer les mécanismes de la diagénèse ;
- réaliser un schéma illustrant le cycle des roches.

2. J’observe

Les roches, matériaux constituant l’écorce terrestre, présentent une grande diversité qui
porte non seulement sur l’origine mais aussi sur la composition minéralogique. Malgré
leurs différences, les grands groupes de roches présentent des relations étroites ; par
des transformations, on passe de l’un à l’autre, définissant ainsi un cycle des roches.

Problème scientifique :
- Comment les matériaux constitutifs du globe terrestres évoluent-ils ?

3. J’expérimente/je vérifie

Réalise une expérience sur l’érosion des roches puis explique comment les produits de
l’érosion peuvent évoluer.
114

4. J’apprends

Actuellement comme il y a 200 Millions d’années (Ma), les matériaux constituant la


croûte terrestre sont des roches sédimentaires, métamorphiques, magmatiques.
Cependant durant ces 200 Ma, les roches ne sont pas restées immuables : certaines ont
été détruites ou ont disparu, d’autres se sont formées. Il y a renouvellement de la croûte.
Ce sont les mécanismes de renouvellement qui sont étudiés.

4.1 Le renouvellement des matériaux de la croûte continentale

Les roches magmatiques, métamorphiques ou sédimentaires affleurent au niveau des


continents. Elles sont soumises aux conditions de surface et notamment l’action de l’eau.
Ces roches subissent une altération chimique associée à une érosion mécanique. Les
matériaux résultant de cette attaque sont transportés à l’état solide (sables, argiles) ou à
l’état dissous, vers les bassins sédimentaires.

Dans un bassin sédimentaire, les sédiments s’accumulent et sont compactés. Ils


deviennent alors des roches sédimentaires. Lorsque la mer abandonne le bassin
sédimentaire, les roches sédimentaires nouvellement formées sont soumises à
l’altération, à l’érosion : le phénomène est cyclique.

Les sédiments qui s’accumulent sur les marges et les fonds des océans impliqués dans la
formation des chaînes de montagnes sont soumis à des pressions et des températures
élevées. Ils se transforment en roches métamorphiques. A des profondeurs suffisantes,
ils peuvent même fondre et engendrer un magma granitique.

4.2 Les moteurs de renouvellement de la croûte

Pour la croûte continentale, c’est plus complexe. Les mouvements de l’eau (évaporation,
précipitations) qui conditionnent son rôle, sont permis grâce à l’énergie solaire. Mais
l’eau n’agit efficacement que sur des reliefs qui résultent de l’activité interne du globle.
Enfin, la transformation des sédiments (diagenèse)en roches métamorphiques et même
en granites lors de la formation des chaînes des montagnes n’est permise que grâce au
dynamisme interne de la Terre.

4.3 Le cycle des roches

Ainsi les roches basaltiques et andésitiques formées à partir des magmas s’unissent aux
continents grâce aux subductions et collisions. Ces roches subissent un cycle dans
l’écorce continentale, dès que ces roches émergent, elles sont altérées ; les produits
d’altération sont érodés puis transportés vers l’océan.

La sédimentation suivie de diagenèse transforment ces produits en roches


sédimentaires à la surface de la lithosphère.
Le métamorphisme et la production des images granitiques ont lieu en profondeur,
cependant le magma andésitique et les magmas basaltiques sont rejetés à la surface du
globe par les océans.Quand ces roches apparaissent à la surface, elles sont attaquées par
115

l’érosion. Les matériaux qui forment les fonds océaniques et les continents se déplacent
latéralement et verticalement et se transforment pendant les moments géologiques.

Formée à partir du manteau, la croûte océanique y retourne. Le renouvellement de cette


croûte fait donc partie d’un cycle.

Cycle de la roche

5. Je m’exerce

- Explique comment s’effectue le renouvellement des matériaux de la croûte


océanique.
- Décris comment s’effectue le renouvellement des matériaux de la croûte
continentale.
- Cite les moteurs de renouvellement des matériaux de la croûte.
- Réalise un schéma illustrant le cycle des roches.

6. Je retiens

Les roches basaltiques et andésitiques, produites à partir des magmas, s’incorporent aux
continents par le phénomène des subductions et collisions. Elles suivent un cycle dans
l’écorce continentale.
Dès que les roches affleurent, elles sont soumises à l’altération. Les produits d’altération
sont repris par l’érosion, transportés par différents agents vers l’océan. La sédimentation
suivie de la diagenèse assure la formation des roches sédimentaires à la surface de la
lithosphère.
116

C’est en profondeur qu’on lieu le métamorphisme et la production des magmas


granitiques. Les magmas andésitiques et les magmas basaltiques sont émis à la surface du
globe par les volcans.
A l’échelle des temps géologiques, les matériaux qui forment les continents et les fonds
des océans se déplacent latéralement, verticalement et se transforment.

7. Je m’entraîne

En partant d’une roche comme le granite, explique comment cette roche peut évoluer
dans le temps.

8. Lexique

Cyclique : qui revient périodiquement, qui se répète.


Immuables : qui ne subit pas de modification.
117

TROISIEME SEMAINE
D’INTEGRATION
118

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur les roches et leur cycle.


- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
119

Situations d’intégration

Situation 1

Le territoire du Tchad présente une grande diversité d’affleurement de roches. Quelques


échantillons de ces roches prélevés à divers endroits sont présentés ci-dessous et les
lames minces correspondantes.

Roche A lame mince

Roche B lame mince

a) Donne le nom à chaque échantillon de ces


roches.
b) Quelle est la structure de chacune des
roches.
c) Explique comment chacune des roches
s’est formée.
d) L’échantillon de la roche A a été prélevé
d’un gisement ci-contre.
e) Décris comment évoluera cette roche dans
un cycle.
120

Leçon 16 : Notions de chronologies

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir ce que c’est que la stratification, fossilisation, paléontologie,
stratigraphie ;
- expliquer les principes de base en stratigraphie ;
- décrire le processus de la fossilisation ;
- distinguer la chronologie relative delachronologie absolue.

2. J’observe

Les sédiments, débris de roches provenant de l’altération, sont transportés et déposés


par les eaux marines ou terrestres en couches parallèles, ou strates.
Les strates renferment les vestiges des êtres vivants dans ces eaux ou dans ces terres.

Problèmes scientifiques :
- Comment s’effectue la disposition des couches des sédiments ?
- Comment la Stratigraphie et la Paléontologie permettent-elles de reconstituer et
d’expliquer l’histoire de la terre en précisant les climats anciens et les milieux dans
lesquels se sont formés les roches et les êtres vivants anciens ?
- Quelles sont les méthodes utilisées pour dater les différentes périodes géologiques ?
121

3. J’expérimente/Je vérifie

Compare les différentes couches de cet affleurement.

4. J’apprends

4.1 La stratigraphie

Pour retracer les grandes lignes de l’histoire de la terre, vieille de cinq milliards
d’années, l’homme ne dispose pas de documents écrits. La source d’informations
disponible et accessible demeure les roches qui, par leur nature, par les fossiles qu’elles
contiennent, lui apportent les moyens de reconstituer ces très longues périodes
géologiques. Les roches sédimentaires se présentent sous forme de couches
superposées ou strates relativement proches de l’horizontale, lorsqu’elles ne sont pas
plissées ou faillées.
La stratigraphie étudie les couches de l’écorce terrestre afin d’en établir la succession
dans le temps (âges relatifs), leurs âges réels (âges absolus), leur répartition à chaque
époque du passé.

Les méthodes d’étude des terrains sédimentaires

La stratigraphie se fonde sur des principes de base.


122

 Etude des terrains suivant la verticale : principe de superposition

Les sédiments s’étant déposés les uns sur les autres, s’il n’y a pas eu des déformations
du milieu, une strate quelconque est plus récente que celle qui est au-dessous et plus
ancienne que celle qui est au-dessus. Il s’agit du principe de superposition.

Si une série de roches sédimentaires a été plissée ou inclinée et repose sur elle une série
de roches horizontales, il y a discordance. On en déduit que les roches initiales ont subi
des contraintes géologiques importantes, qui sont à l’origine des déformations
observées (plis). Puis les sédiments des couches horizontales supérieures se sont
déposés au-dessus.

 Etude des terrains suivant l’horizontale : principe de continuité

La strate d’une couche peut être observée sur des distances importantes. Cela signifie
que les sédiments qui la constituent se sont déposés au cours de la même période
géologique. Tous les points de cette strate sont donc du même âge. C’est le principe de
continuité.

Le principe de continuité s’applique aussi dans des conditions particulières. En effet, une
strate peut présenter sur toute son étendue, les mêmes caractéristiques du point de vue
de la nature des constituants de la roche. Mais elle peut aussi contenir localement des
éléments différents d’un autre endroit de la même couche (par exemple, des fossiles).
Elle peut également avoir été plus ou moins altérée ou érodée à certains endroits. Les
différents « visages » de cette même roche sont appelés ses « faciès ». Les faciès
caractérisent localement la roche et apportent des informations supplémentaires, mais,
dans tous les cas, ce sont toujours les sédiments de la même roche qui se sont déposés
au même moment et qui représentent donc la même période géologique qu’on peut ainsi
étudier.

4.2 La fossilisation

La fossilisation est le processus par lequel les traces ou les restes d’un végétal ou d’un
animal deviennent fossiles. Un fossile est donc un reste d’être vivant (animal, végétal) ou
de son activité (terrier, piste, trace, œuf) conservé dans la roche depuis des périodes
reculées. Lorsque les êtres vivants morts sont abandonnés sur terre à l’air libre, ils sont
rapidement détruits par les agents atmosphériques et ne laissent aucune trace. La
123

condition de fossilisation est l’enfouissement rapide de l’être mort, généralement dans


les sédiments. La conservation d’un cadavre peut être totale ou partielle.

- Les organismes complets peuvent être conservés - Des empreintes conservées

Des parties minérales seules sont conservées

Huître bien conservée dans les terrains sédimentaires Squelette d’un vertébré de la fin de l’ère primaire

Les fossiles, indicateurs des ères géologiques précises

Certains fossiles ressemblent à des êtres vivants qu’on trouve encore de nos jours. Par
contre, la découverte de certains fossiles a permis de montrer que certaines espèces
animales et végétales ont vécu autrefois mais n’existent plus de nos jours car elles ont
disparu. Généralement ces espèces appartiennent à des groupes dont l’évolution très
rapide a produit des espèces successives qui ont une vie relativement brève, mais se
sont largement répandues à la surface du globe à un moment déterminé.

C’est ainsi que certains de ces fossiles caractérisent des périodes géologiques précises,
surtout s’ils ont une grande répartition géographique, une évolution rapide et une
courte durée de vie : on les appelle des fossiles stratigraphiques.
124

Un trilobite Les ammonites

Des fusulines Des nummulites

Les trilobites caractérisent l’ère primaire ; les ammonites caractérisent l’ère secondaire ;
les lamellibranches et les gastéropodes, l’ère tertiaire. Les fossiles précités constituent
les macrofossiles (fossiles visibles à l’œil nu). Leur fossilisation étant difficile, il est rare
d’en trouver dans les roches. On utilise alors les microfossiles (fossiles de très petites
tailles visibles uniquement au microscope) tels que les fusulines et les conodontes
(dents en forme de cône) qui sont les microfossiles caractéristiques de l’ère primaire ;
les protozoaires tels que les calpionelles (protozoaires ciliés caractérisés par de très
petites loges en forme de bouteille à fine paroi calcaire), l’orbitoline, les rosalines
caractérisent l’ère secondaire ; les nummulites, les aléolines les orbitoïdes caractérisent
l’ère tertiaire.

Les fossiles et les reconstitutions paléogéographique et paléoécologique


Dans les roches, on peut trouver des fossiles dont la présence permet de reconstituer
quelques caractéristiques du milieu dans lequel se sont déposés les sédiments
(profondeur, agitation, climat…). On les appelle des fossiles de faciès.

Par exemple, certains poissons ou des foraminifères indiquent que le dépôt des
sédiments s’est effectué en haute mer. Des débris de coquillage et des algues
correspondent à un milieu marin côtier.

La présence d’éléments fossiles de mammouths désigne un climat très froid ; celle de


palmiers, un climat tropical…

Les milieux de vie et les climats anciens peuvent donc être reconstitués à l’aide des
renseignements fournis par les fossiles. Les éléments fossilisés concernent des
organismes n’existant plus de nos jours, mais aussi des organismes proches de ceux
vivant encore. Le géologue s’appuie sur le principe d’actualisme (principe selon lequel
l’étude des phénomènes géologiques nous informe sur les évènements passés car ceux-
ci se sont déroulés en suivant les mêmes lois).

Les fossiles ressemblant beaucoup à certains organismes qui vivent encore de nos jours
permettent d’avoir une idée sur le milieu et le mode de vie de leur époque. C’est le cas,
par exemple, des limnées ou des coraux.

Dans cette méthode de reconstitution, les géologues admettent que les modes de vie et
les exigences des organismes fossiles étaient les mêmes que ceux des organismes
actuels : c’est le principe de l’actualisme.
125

En faisant les comparaisons analogues, on arrive à faire la reconstitution


paléogéographique et paléoécologique d’une région.

Reconstitution des faunes et des flores passées

Les fossiles permettent de prendre connaissance des animaux et des végétaux des
époques passées. Grâce à eux, nous nous rendons compte que beaucoup d’espèces
anciennes n’existent plus aujourd’hui, qu’elles ont apparu, puis disparu, les unes après
les autres à des moments déterminés de l’histoire du globe. Certains ont persisté
pendant de très longues époques géologiques ; d’autres ont eu une durée éphémère.

On nomme évolution, les transformations successives des faunes et des flores passées.
Les fossiles nous donnent une idée de plus en plus exacte de l’évolution.

4.3 Les méthodes de détermination de l’âge des terrains sédimentaires

Le géologue cherche à dater une roche en un lieu donné, mais aussi à établir les relations
qui peuvent exister entre des terrains de régions parfois éloignées l’une de l’autre. Il est
aidé en cela par l’étude des fossiles.

 La chronologie relative

La chronologie relative repose sur le principe d’identité paléontologique : « un ensemble


de couches sédimentaires de même contenu paléontologique est de même âge ». Elle
s’appuie sur l’étude des fossiles stratigraphiques et les fossiles de faciès.

Plusieurs méthodes permettent de déterminer l’âge relatif des terrains sédimentaires :

- la méthode stratigraphique qui utilise l’arrangement des strates entre elles, dans
le sens vertical et le plan horizontal ;
- la méthode paléontologique basée sur le principe que les terrains qui contiennent
les mêmes fossiles stratigraphiques sont de même âge (principe d’identité
paléontologique).
126

 La chronologie absolue

On peut appliquer la méthode de chronologie absolue pour dater les fossiles. On utilise
notamment le carbone 14 (élément radioactif) formé à partir de l’azote dans
l’atmosphère. Le carbone 14 est assimilé par les êtres vivants et la quantité ne diminue
qu’à compter de leur mort. Connaissant sa vitesse de désintégration, on peut évaluer
l’âge des fossiles. Cette méthode est fiable entre 100 et 100.000 ans. Pour les datations
de fossiles plus anciens, on utilise les mêmes méthodes que pour la datation des roches
surtout magmatiques et métamorphiques.

5. Je m’exerce

- Définis ce que c’est que la stratification, fossilisation, paléontologie,


stratigraphie, chronologie relative et chronologie absolue.
- Décris comment de se déroule la fossilisation ;

6. Je retiens

Pour retracer les grandes lignes de l’histoire de la terre, la source d’informations


disponible et accessible demeure les roches qui, par leur nature, par les fossiles qu’elles
contiennent, lui apportent les moyens de reconstituer ces très longues périodes
géologiques.

Les sédiments s’étant déposés les uns sur les autres, s’il n’y a pas eu des déformations du
milieu, une strate quelconque est plus récente que celle qui est au-dessous et plus
ancienne que celle qui est au dessus. Il s’agit du principe de superposition.

La strate d’une couche peut être observée sur des distances importantes. Cela signifie que
les sédiments qui la constituent se sont déposés au cours de la même période géologique.
Tous les points de cette strate sont donc du même âge. C’est le principe de continuité.

La fossilisation est le processus par lequel les traces ou les restes d’un végétal ou d’un
animal deviennent fossiles. Un fossile est donc un reste d’être vivant (animal, végétal) ou
de son activité (terrier, piste, trace, œuf) conservé dans la roche depuis des périodes
reculées. La condition de fossilisation est l’enfouissement rapide de l’être mort,
généralement dans les sédiments. La conservation d’un cadavre peut être totale ou
partielle.
Le géologue cherche à dater une roche en un lieu donné, mais aussi à établir les relations
qui peuvent exister entre des terrains de régions parfois éloignées l’une de l’autre. Il est
aidé en cela par l’étude des fossiles.
La chronologie relative repose sur le principe d’identité paléontologique : « un ensemble
de couches sédimentaires de même contenu paléontologique est de même âge ». Elle
s’appuie sur l’étude des fossiles stratigraphiques et les fossiles de faciès.
On peut appliquer la méthode de chronologie absolue pour dater les fossiles. On utilise
notamment le carbone 14 (élément radioactif) formé à partir de l’azote dans
l’atmosphère. Le carbone 14 est assimilé par les êtres vivants et la quantité ne diminue
qu’à compter de leur mort. Connaissant sa vitesse de désintégration, on peut évaluer l’âge
des fossiles. Cette méthode est fiable entre 100 et 100.000 ans.
127

7. Je m’entraîne

Les continents doivent s’être déplacés l’un


par rapport à l’autre : l’Amérique du Sud doit
avoir été contigüe à l’Afrique, au point de
constituer avec elle un bloc continental
unique.
Ce bloc s’est scindé pendant le Crétacé en
deux parties qui se sont écartées dans le
cours des temps. Les contours des deux
continents s’emboîtent remarquablement.

a) En t’appuyant sur la théorie de Wegener,


explique comment l’Amérique du Sud et
l’Afrique ont été affectées par les
mouvements des plaques.
b) Enumère les arguments qui permettent de vérifier cette hypothèse.

8. Lexique

BP : Before Present : avant nos jours.


Solfatare : lieu où l’on observe des émissions de vapeur d’eau chaude (100 à 300° C)
contenant de l’hydrogène sulfuré (H2S).
Fumerolle : émanation gazeuse, assez calme et régulière, issue de fissures ou de trous
souvent groupés en champs, dans les zones volcaniques.
Dyke: lame épaisse de quelques dizaines ou centaines de mètres de roche magmatique
recoupant les structures de l’encaissant.
Sill : ou filon-couche. Lame de roche magmatique intrusive parallèle aux structures de
l’encaissant (lame concordante).
Dolérite : roche basique intermédiaire entre les gabbros, grenus, et les basaltes,
microlitiques. Ses grains sont visibles à la loupe.
128

Leçon 17 : L’histoire géologique de la Terre

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- décrire les étapes de la formation de la Terre ;
- reconstituer l’évolution morphologique du globe terrestre ;
- décrire l’origine et l’évolution de la vie sur Terre ;
- expliquer le processus de la conquête des différents milieux par les êtres
vivants ;
- citer les grandes coupures de l’histoire géologique de la Terre.

2. J’observe

La lithosphère terrestre est subdivisée en


zones stables, plus ou moins vastes, appelées
plaques. Les frontières des plaques sont
caractérisées par des activités sismiques,
volcaniques et tectoniques.
Les plaques se déplacent lentement les unes
par rapport aux autres, soit en s’écartant, soit
en s’affrontant, soit en coulissant le long de
leurs limites. La stratigraphie et la
paléontologie permettent de reconstituer
l’histoire, le climat et la configuration
ancienne d’un milieu donné.

Problèmes scientifiques :
- Comment s’est formée la planète Terre ?
- Comment s’est déroulée l’évolution morphologique ?
- Quelle est l’origine et l’évolution de la vie sur la planète Terre ?
- Comment établit-on les grandes coupures de l’histoire de la Terre ?
129

3. J’expérimente/je vérifie
Comparez les deux images de la rubrique « j’observe ». Qu’en déduisez-vous ?

4. J’apprends
4.1 L’origine de la planète Terre
Il y a moins de 15 milliards d’années, une
« La Terre a 4600 millions d’années, soit 4,6 milliards
énorme explosion primordiale, le « Big
d’années. La Terre est plus jeune que l’Univers, mais pas
Bang », transforme une énergie colossale
tellement. L’Univers a environ 13 à 15 milliards
en matière.
d’années et la Terre s’est créée aux deux tiers de
l’histoire de l’Univers. C’est un adulte parmi les
Un million d’années plus tard, les galaxies
vieillards vénérables. La Terre s’est constituée en même
(exemple, la voie lactée, notre galaxie) se
temps que toutes les planètes sœurs et que le soleil, qui,
forment à partir des matières stellaires.
ne l’oublions pas, contient 99,8% de la masse du
système solaire. Les planètes sont, autour de ce grand
soleil
Il y a 4,8 milliards d’années, le système
solaire se forme à partir d’un ensemble
de gaz et de poussières (nébuleuse primitive). Le modèle actuel sur la formation des
planètes est représenté ci-dessous.

Formation des planètes

La Terre, troisième planète en orbite à partir du soleil, s’est formée il y a 4,6 milliards
d’années. La Terre primitive est une sphère de magma basaltique sans continents ni
océans. Sa température est supérieure à 2000°C. Elle se refroidit difficilement en raison
d’une forte énergie interne (volcanisme intense) et d’un important bombardement
météoritique.

4.2 L’évolution morphologique de la planète Terre


La croûte basaltique de la Terre primitive se renforce par des plutons granitiques
d’origine plus profonde. Elle se solidifie davantage ce qui la conduit à se fissurer en des
endroits bien précis, délimitant ainsi des plaques lithosphériques plus ou moins vastes.
Les plaques lithosphériques épaisses, rigides, stables et presque indéformables sont
animées par des courants de convection lents et limités au manteau supérieur.
130

L’atmosphère terrestre primitive se forme par dégazage du magma mantellique au cours


de la différenciation du manteau et du noyau (100 premiers millions d’années de
l’existence de la Terre). Elle est constituée de vapeur d’eau (H2O), de dioxyde de carbone
(CO2), d’un peu d’azote (N2) et de traces de monoxyde de carbone (CO), de méthane
(CH4), d’ammoniac (NH3). Elle ne contient pas de dioxygène (O2). Par condensation de la
vapeur d’eau de l’atmosphère primitive, il y a un grand déluge d’eau liquide et les océans
primitifs se forment.
Les informations sur l’évolution morphologique de la Terre nous sont fournies par la
paléontologie et l’étude des fonds océaniques. En raison de la tectonique des plaques
(dérive des continents), l’âge des fonds océaniques ne dépasse pas 200 millions
d’années. A travers les documents ci-dessous on se rend compte que la Terre a subit des
transformations morphologiques depuis 200 millions d’années.
131

Activité :
Analyse minutieusement les documents 1 à 4.
- Explique ce qui caractérise l’évolution morphologique de la planète Terre
pendant la période allant de -200 à -60 millions d’années.
- Indique quelles légendes seraient appropriées pour les doubles traits bleus et le
trait denté rouge.
- A l’aide des arguments tirés des documents 2, 3, 4 et 5 démontre que l’ouverture
de l’Océan Atlantique ne s’est pas faite partout en même temps.
- Relève les arguments pouvant expliquer la formation des premiers océans.
132

4.3 L’origine et l’évolution de la vie sur la planète Terre

 L’origine de la vie sur la Terre

Les conditions sur Terre, il y a 3,8 milliards d’années, sont différentes de celles que nous
connaissons aujourd’hui :
- l’eau de mer a une température de 80°C ;
- il n’y a pas d’oxygène ;
- les gaz sont émis par les éruptions volcaniques (H2O, CO2, CH4, etc.) ;
- le rayonnement ultraviolet intense.

Dans ces conditions se forment dans l’eau de mer, les premières molécules organiques à
partir des molécules minérales. Par un processus mal connu, les premiers êtres vivants,
les bactéries (des organismes très simples), apparaissent à partir des premières
molécules organiques.

Cette proposition d’explication scientifique s’appuie d’une part sur des résultats
d’expériences menées en laboratoires par des chercheurs tels que l’américain Stanley
Miller qui, dans un ballon réunissant toutes les conditions de la Terre primitive
énumérées plus haut, a obtenu des molécules diverses : acides aminés, nucléotides,
sucres et acides gras. D’autre part on sait qu’au fond des océans actuels dans les zones
de rifts océaniques, vivent des bactéries anaérobies à une température supérieure à
80°C. Enfin, les plus anciens fossiles connus sont âgés de 3,5 milliards d’années, ce sont
des bactéries. Plus tard apparaîtront des algues microscopiques, cellules dépourvues
d’un véritable noyau.

a) Au Précambrien

Parmi les bactéries et les algues microscopiques apparues très tôt dans les eaux
terrestres, on distingue les algues bleues. Elles vont jouer un rôle majeur dans
l’évolution de la vie sur Terre. En effet, ces algues sont capables de photosynthèse : grâce
à l’énergie lumineuse, elles synthétisent leurs propres matières organiques à partir des
substances minérales qu’elles puisent dans l’environnement. Par ce phénomène, elles
dégagent du dioxygène. Peu à peu, ce gaz va enrichir l’atmosphère terrestre. Il contribue
à la formation de la couche d’ozone, et permet ainsi de protéger la surface du globe
contre les rayons ultraviolets destructeurs. D’autres forment de vie pourront alors
apparaître et se développer.

Les premiers organismes unicellulaires à vrai noyau (les Eucaryotes) sont apparus entre
-1,8 et -1,2 milliards d’années. Ils respirent.

Les premiers eucaryotes capables de fusionner et de se diviser, c'est-à-dire capables de


se reproduire sexuellement, se manifestent vers 850 millions d’années. Tandis que les
premiers fossiles de Métazoaires sont présents dans les roches d’environ 700 millions
d’années.

Le précambrien, - 4,6 milliards d’années à 570 millions d’années, se caractérisent par la


rareté des fossiles. La vie qui s’y développe est aquatique.
133

b) Après le Précambrien

L’après-précambrien se caractérise par une plus grande profusion de fossiles.

L’ère primaire ou paléozoïque (époque ancienne), de -550 à -245 millions d’années, se


caractérise dans l’ordre chronologique par :
- l’apparition et le développement des animaux à squelette externe (mollusque,
échinodermes, arthropodes) il y a 550 millions d’années. Les trilobites sont des
arthropodes.
- l’apparition des premiers vertébrés (poissons), vers -500 millions d’années, des
premiers amphibiens, vers -400 millions d’années et des reptiles, vers -310
millions d’années.

Pendant cette ère, des formes vivantes sortent du milieu marin et colonisent le milieu
terrestre (plantes et quelques vertébrés).

La conquête du milieu terrestre chez les plantes se traduit par le développement


progressif des vaisseaux conducteurs de sève, des racines aux parties aériennes, afin
d’alimenter toute la plante en eau. Chez les animaux, elle se traduit par l’acquisition d’un
appareil respiratoire pulmonaire et des membres permettant le déplacement hors de
l’eau.

L’ère secondaire ou mésozoïque (époque de vie moyenne). Elle se situe de -245 à - 65


millions d’années. Elle se caractérise par la présence des reptiles dans tous les milieux
(exemple des dinosaures) et des ammonites dans les mers. A cette période, apparaissent
les mammifères (-210 millions d’années), les oiseaux (-150 millions d’années) et les
angiospermes (-120 millions d’années).

Dans l’histoire de la Terre, une coupure est un repère marqué par une crise biologique.
Une crise biologique se caractérise par l’apparition ou la disparition d’espèces animales
ou végétales. Suivant leur importance, les coupures établissent des séparations entre les
ères géologiques.

L’ère secondaire s’achève avec la disparition brutale des ammonites, de grands reptiles
(dinosaures) et d’autres groupes et espèces d’êtres vivants, soit près de 60% d’espèces
terrestres et marines.

L’ère tertiaire, de - 65 millions d’années à -1,8 millions d’années. Elle se caractérise par
le développement remarqué des mammifères dans tous les milieux (terrestre, aérien et
aquatique). Les premiers primates apparaissent il y a 60 millions d’années.

L’ère quaternaire, de -1,8 millions d’années à nos jours. Elle est caractérisée par la
présence de l’Homme

4.4 Les grandes coupures de l’histoire de la Terre

La combinaison des données de la litho-stratigraphie et de la paléontologie permet de


reconstituer l’histoire des dépôts sédimentaires et leur chronologie.
134

En regroupant des observations faites au niveau de la localité, on peut obtenir une


échelle locale. Ces observations peuvent être étendues à la région ou à un continent. On
aboutit ainsi à des échelles régionales. La confrontation des différentes échelles
régionales permet d’établir l’échelle géologique internationale.

Ces échelles comportent tout d’abord des ères géologiques. Le temps géologique est
divisé en cinq principales ères géologiques :
- le précambrien : de l’origine de la Terre, - 4,6 milliards d’années à – 570 millions
d’années ;
- l’ère primaire : de – 570 millions d’années à -222 millions d’années ;
- l’ère secondaire : de -222 millions d’années à -65 millions d’années ;
- l’ère tertiaire : de - 65 millions d’années à - 2 millions d’années ;
- l’ère quaternaire : inférieur à - 2 millions d’années.

Les arguments utilisés


pour cette division
sont d’ordre
paléontologique et
stratigraphique, par
exemple : le
précambrien est
caractérisé du point
de vue
paléontologique par
sa grande pauvreté en
fossile. Les traces de
vie ne sont pas
suffisamment
élaborées pour être
utilisées comme
élément de datation.

- L’ère primaire
est caractérisée par la
présence d’une faune
archaïque représentée
par des genres et des
espèces disparus de
nos jours.
- L’ère
secondaire est
caractérisée par des
faunes présentant un
caractère
intermédiaire.
Certaines d’entre elles
ont pu se maintenir
135

jusqu'à des temps plus récents.


- L’ère tertiaire et le quaternaire sont caractérisées par des faunes à caractères
modernes dont les représentants existent encore actuellement. En outre l’ère
quaternaire peut être définie par l’avènement de l’homme.

Les arguments stratigraphiques sont caractérisés par l’existence de discordances.

Exemple : discordance du cambrien sur le socle antécambrien. Ces discordances


permettent de définir les cycles orogéniques.
La deuxième subdivision du temps est caractérisée par les systèmes. Chaque système
représente un cycle sédimentaire de grande ampleur. L’unité fondamentale de temps est
représentée par l’étage qui correspond généralement à des cycles sédimentaires plus
limités. La définition de l’étage est fondée sur l’étude du stratotype (localité repère),
c'est-à-dire d’une façon complète du point de vue paléontologique et stratigraphique. On
donne généralement à cet étage le nom de la localité.

5. Je m’exerce

- Décris comment s’est formée la Terre.


- Explique le processus de différenciation de la Terre.
- Explique comment la vie est apparue et a évolué sur Terre.
- Cite les différentes coupures de l’histoire de la Terre.

6. Je retiens

Il y a 4,6 milliards d’années, la Terre, comme toutes les autres planètes du système solaire,
s’est formée à partir de l’agglomération de gaz et de poussières.
Les bactéries, êtres vivants unicellulaires sans véritable noyau, sont les premières formes
de vie apparues sur Terre.
Les êtres vivants de notre planète dérivent par leur évolution d’un ancêtre commun formé
d’une seule cellule sans véritable noyau. On part d’une forme simple pour aboutir à des
formes plus complexes. Les êtres vivants sont issus les uns des autres par des
transformations successives. Les changements paléogéographiques, climatiques et
atmosphériques ont contribué à l’évolution de la vie. Des espèces animales et végétales se
sont diversifiées et ont conquis différents milieux. Beaucoup d’entre elles ont disparu.

La naissance des océans et leur expansion d’une part, la formation des chaînes de
montagnes par collision des plaques lithosphériques d’autre part, sont des faits essentiels
de l’évolution morphologique de la planète Terre au cours des derniers 200 millions
d’années.

Une coupure géologique est un repère de l’histoire de la Terre marqué par l’apparition ou
la disparition des espèces animales et végétales. Elle indique souvent la séparation entre
deux ères géologiques.
136

7. Je m’entraîne

Les fossiles retrouvés dans les roches permettent de les dater. Après avoir recopié le
tableau ci-dessous, indique par plus (+) ou moins (-) la présence ou l’absence de ces
êtres vivants aux périodes considérées.

Périodes Dévonien Crétacé


Aujourd’hui
Etres vivants -400 M.A -130 M.A
Bactéries
Arthropodes
Reptiles
Mammifères
Plantes à fleurs
Homme

8. Lexique

Anaérobie : se dit d’un organisme qui vit en l’absence de l’oxygène.


Métazoaire : être vivant pluricellulaire.
Angiosperme : se dit d’une plante dont les graines sont enfermées dans un fruit.
Discordance : disposition d’une série de couches sédimentaires reposant sur des terrains
plus anciens qui ne leurs ont pas concordant.
137

Leçon 18 : Histoire géologique du Tchad et de l’Afrique Centrale

1. Objectifs
A la fin de cette leçon, je dois être capable de :
- décrire le contexte régional géologique de l’Afrique Centrale ;
- citer les grands ensembles du socle africain ;
- citer les différents affleurements du socle tchadien ;
- décrire les couvertures sédimentaires ;
- décrire les principaux affleurements volcaniques du Tchad.

2. J’observe

Carte géologique de l’Afrique


138

Problèmes scientifiques à résoudre :


- comment sont mises en place les roches qui affleurent dans les différentes zones
géologiques du Tchad et de l’Afrique centrale ?
- comment sont réparties les roches dans les grands ensembles géologiques ?

3. J’expérimente/je vérifie

Le Tchad, jadis occupé par la mer est aujourd’hui constitué d’un vaste désert dans sa
partie nord.

4. J’apprends

4.1 Contexte géologique régional de l’Afrique Centrale

Des observations de terrains et des travaux de laboratoire ont permis de comprendre


l’évolution géologique de l’Afrique. Ainsi, l’Afrique présente quatre cratons, c'est-à-dire
quatre zones stables qui sont le craton ouest-africain, le craton soudanais ou craton
nilotique, le craton du Congo et le craton du Kalahari.

Ces cratons sont séparés par des zones


mobiles ou zones instables. La géologie du
continent africain est donc dominée par
les cratons qui datent du précambrien
(3milliards d’années). L’étendue,
l’importance dans son histoire et la durée
du Précambrien nécessitent que les
géologues lui accordent une attention
particulière.

 Le Précambrien

Le Précambrien peut être divisé en quatre


séries plus ou moins bien datées.

a) Le Précambrien inférieur

Il est épais de 2000 mètres, entièrement


plissé, métamorphisé et partiellement
granitisé.
139

b) Le Précambrien moyen
Il est épais de 1500 mètres, il a été daté de -2 à -3 milliards d’années environ. Il est
moins métamorphisé que le Précambrien inférieur. Il est plissé et contient de nombreux
batholites de granite.

c) Le Précambrien supérieur
Daté entre -2 et -1 milliard d’années, il est plus rare, difficile à préciser. Il est bien connu
au Ghana et en Afrique centrale.

d) Le Précambrien terminal
C’est la période intermédiaire entre la fin du Précambrien et le début du Primaire. Il est
plissé ou ondulé en discordance avec tous les terrains antérieurs. L’ensemble des
observations réalisées sur le Précambrien permet d’affirmer que cette longue période a
été marquée par une succession de période de sédimentation (transgressions marines)
et de périodes de plissements.

 De l’ère primaire à l’ère quaternaire

a) L’ère primaire

C’est à cette époque que se développe la surrection des chaînes calédoniennes (silurien),
puis hercyniennes (Carbonifère et Permien). Ces deux orogénèses ont participé à
l’extension du continent :
- chaînes des Mauritanideset les Roquelidesà l’ouest ;
- Anti-Atlas au Nord ;
- Chaîne d’Ougartaau Nord-ouest.
L’absence des sérines marines primaires en Afrique centrale tend à prouver l’absence
d’invasion marine à cette époque.

b) L’ère secondaire

C’est à cette époque que s’est faite la séparation du continent africain et de l’Amérique
du Sud et par conséquent la formation de l’océan Atlantique. La présence de
transgressions marines attestée par l’existence d’épaisses couches de roches datées en
particulier du Jurassique et du Crétacé.

c) L’ère tertiaire

Elle est dominée par l’orogenèse alpine et surtout en Afrique du Nord (Atlas, Rif…). Des
répercussions de cette orogenèse se trouvent au Sahara (Tibesti), mais aussi en Afrique
centrale où s’observent des plissements, des failles et une grande activité volcanique.

Une transgression de faible ampleur est l’origine des dépôts de sédiments en bordure
ouest du continent.
140

d) L’ère quaternaire

Elle est caractérisée par des variations climatiques importantes : glaciations en Europe,
alternance de périodes pluvieuses et de périodes arides en Afrique.
Les variations de climat expliquent la présence de terrasses alluviales ainsi que la
formation de certaines cuirasses latéritiques.

4.2 La structure géologique du Tchad

Le Tchad se situe dans une vaste zone mobile entre le craton ouest-africain à l’Ouest, le
craton congolais au Sud et le craton nilotique au Nord. Le socle de ces cratons date du
Précambrien (- 4750 à - 570 Ma). Il constitue l’essentiel des massifs du pays (Tibesti,
Ouaddaï, Guéra, Mayo-Kébbi et la région de Baïbokoum).

L’orogenèse panafricaine de la fin du Protérozoïque (-700 à -600 Ma) a fortement


marqué le socle et a provoqué la formation, au Nord du pays, d’un grand bassin (Djado-
Erdis) dont le remplissage sédimentaire a commencé au Primaire.

L’accumulation des sédiments dans le Tchad central et méridional a débuté à la fin du


Jurassique-début Crétacé (-150 à -120 Ma), après la création d’une série de rifts et de
grabbens, suite au démembrement du supercontinent du Gondwana et à la séparation de
l’Afrique et de l’Amérique du Sud. La subsidence de cette région et la sédimentation se
sont poursuivies jusqu’au Quaternaire. Les dépôts forment le bassin du Lac Tchad, ou
cuvette tchadienne, qui s’étend également dans des pays voisins.

 Le socle

Le socle est défini comme un vaste ensemble de terrains plissés, en général,


métamorphisés, qui a été pénéplané et sur lequel reposent, en discordance, des terrains
sédimentaires et volcaniques. Les limites du socle sous la couverture sédimentaire et
volcanique peuvent être localisées par des méthodes géophysiques (sismiques et
gravimétrie : mesure de la variation de la pesanteur) ou par des sondages.

Au Tchad, le socle est constitué de roches cristallophylliennes et de granitoïdes datées


du Précambrien. Il affleure dans les vieux massifs qui entourent le bassin du Lac Tchad :
- la partie septentrionale du Tibesti au Nord ;
- les massifs du Ouaddaï à l’Est ;
- le massif du Guéra au centre ;
- le massif de Baïbokoum au Sud-Est ;
- le batholite de Pala dans le Sud-Ouest.

Si l’on compare la carte du relief du Tchad à celle de la géologie, on constate que les
principaux reliefs (Tibesti, Ouaddaï, Guéra, Monts de Pala) correspondent à ces
affleurements du socle et qu’ils sont entourés de dépôts sédimentaires.

L’orogenèse panafricaine a fortement plissé le socle suivant un axe SSW_NNE, surtout


dans la partie nord du pays où elle est à l’origine de la formation d’un vaste bassin
(Djado-Erdis) qui s’étendait à l’emplacement du Tibesti actuel.
141

 La couverture sédimentaire

Les formations sédimentaires couvrent environ 85% de la superficie du territoire


tchadien. Elles forment deux bassins : celui des Erdis au Nord-Est et celui du Lac Tchad
(cuvette tchadienne) dans le centre et le sud du pays. Sur le versant ouest du Tibesti
s’appuie la bordure orientale du bassin de Djado dont la plus grande partie se trouve sur
le territoire du Niger.

Les ergs successifs


142

Carte géologique du Tchad

Les formations sédimentaires proviennent principalement de l’érosion du socle


précambrien après plissement par l’orogenèse panafricaine et donc, dans l’ensemble,
continentales. Les incursions marines sont rares.
143

 Les formations primaires

Les formations primaires couvrent une


vaste superficie dans le nord du pays,
dans l’Ennedi, le Borkou, et le pourtour
du Tibesti. Au sud du Borkou, elles
disparaissent sous les formations
tertiaires de la cuvette tchadienne ; on
en retrouve cependant des témoins
isolés dans le Ouaddaï.

Les formations primaires comportent


deux grands ensembles :

- des formations continentales, essentiellement gréseuses, liées à la destruction


des reliefs précambriens. Elles ont été datées du Cambrien (-570 Ma à 500 Ma)
au Dévonien (-395 Ma à -345 Ma) grâce à la présence de fossiles représentant les
premières traces de vie au Tchad (Bilobites). Ces formations affleurent depuis
l’Ennedi (bassin des Erdis) jusqu’au désert du Tibesti (bord oriental du bassin de
Djado) en couvrant une grande partie du Borkou. Elles constituent des falaises
importantes, de 50 à 200 m de hauteur, présentant un aspect ruiniforme dû à
l’action érosive du vent en zone aride.

- des formations marines représentées par une alternance de grès feuilletés, de


marnes vertes et de calcaires bleutés ou roses. Ces dépôts ont pour origine la
transgression venue du Nord-Est au Carbonifère. Ils affleurent suivant une bande
en arc de cercle dans le Nord-Ouest de l’Ennedi où ils forment la dépression de
Mourdi.

L’orogenèse hercynienne a marqué les formations primaires qui sont généralement


affectées par des plissements à grandes amplitudes. Localement, elles ont subi les effets
d’une tectonique d’effondrement qui se traduit par de grandes failles SSW-NNE et des
plissements plus violents.

La surrection du socle cristallin du Tibesti commence à l’Hercynien et, par contrecoup, le


grand bassin nord du Djado-Erdis se scinde en deux bassins distincts, Djado et Erdis.

 Les formations secondaires

La sédimentation ne recommence au Tchad qu’après la dislocation du Gondwana, suivie


de la séparation de l’Afrique et de l’Amérique du Sud à partir du Crétacé inférieur (vers
140 Ma). En effet, ces évènements provoquent, sur le territoire tchadien, la formation de
grands fossés (Doba, Baké-Birao, Bousso, Lac-Tchad) qui seront ensuite envahis par la
mer crétacée. La transgression se fait d’une part, à partir de l’Atlantique, par le fossé de
la Bénoué (dépôt du Mayo-Kébbi et du Sud-Chad) et, d’autre part, à partir de la Thétys
via l’Algérie et le Niger (dépôt de la région du Lac).
144

Les dépôts secondaires sont essentiellement continentaux (gréseux), les épisodes


marins étant rares et de courte durée. La subsidence relativement forte dans certains
fossés a occasionné l’accumulation de sédiments secondaires d’une épaisseur de 3000 à
6000 mètres (Doba, NE du Lac Tchad). C’est dans ces fossés qu’ont été découverts des
réservoirs d’hydrocarbures et de puissantes formations aquifères.

Le secondaire est représenté par des formations à influence marine dans le Mayo-Kebbi
et par ses formations continentales dans l’Est du Ouaddaï, le Nord de l’Ennedi et les
Erdis et le Nord du Tibesti.

a) Les formations à influence marine

Dans le Mayo-Kebbi, on rencontre deux séries secondaires : la série de Léré et la série de


Lamé.

- La série de Léré : D’une puissance de 150 à 200 mètres, elle forme un synclinal
étroit, orienté est-ouest, qui repose en discordance sur le socle précambrien. Elle
est représentée par des grès, des marnes et de calcaires. Dans cette série, on a
trouvé de nombreux fossiles qui permettent de l’attribuer au Crétacé inférieur.

- La série de Lamé : Elle repose en discordance sur le Précambrien et est masquée


vers l’Est par des formations tertiaires. Epaisse de quelques 200 mètres, elle
comporte des conglomérats, des arkoses (roche gréseuse composée de quartz et
de feldspath), des calcaires marins à lumachelles et enfin de grès de marnes
d’origine lagunaire ou continentale. Elle contient de nombreux gisement de bois
silicifié (arbres fossiles).

Les calcaires marins représenteraient la limite orientale de la transgression du Crétacé


moyen.

b) Les formations continentales

Les formations continentales constituent le très vaste plateau des Erdis (environ
100.000 km2) et on les rencontre également au Tibesti sous forme de lambeaux. Il s’agit
d’une série appelée Grès de Nubie, qui se repose en discordance sur les formations
primaires ou sur le Précambrien.

Le faciès dominant des Grès de Nubie est celui de grès ferrugineux rouges ou bruns, à
dragées de quartz, alternant avec des niveaux peu épais d’argiles ou de marnes rouges
avec des niveaux de silex. D’une puissance de 700 mètres, les Grès de Nubie contiennent
de nombreux bois silicifiés (Dadoxylon) qui ont permis de les dater.

Dans le nord et le nord-est du Tibesti, une tectonique d’effondrement a affecté cette


série.
145

 Les formations tertiaires


Le début du tertiaire au Tchad est marqué par la submersion de l’extrémité nord du
pays. La subsidence de la cuvette tchadienne, commencée au secondaire, se poursuit et
la sédimentation recommence par des dépôts continentaux provenant de l’arasement
des zones sur les pourtours du bassin.

Les formations tertiaires apparaissent au nord du Tibesti et en bordure nord et sud de la


cuvette tchadienne.

a) Les formations marines


Au nord du massif du Tibesti, dans le Ténéré, une série marine d’âge éocène (-54 Ma à -
38 Ma) marque l’avancée d’une mer venue du Nord qui recouvrait une partie de l’Egypte
et de la Lybie. Cette série marine est caractérisée par des calcaires fossilifères, des
marnes gypsifères et des grès.

b) Les formations continentales


Les dépôts continentaux tertiaires ont reçu le nom de Continental terminal. Cette
formation affleure surtout à la bordure sud et à la bordure nord de la cuvette
tchadienne.

A la bordure sud de la cuvette tchadienne, le Continental terminal atteint 300 mètres de


puissance et regroupe des grès ferrugineux (grès de Pala), des sables beiges (sable de
Kélo), des argiles et des cuirasses latéritiques inter-stratifiées. Il s’agit des dépôts fluvio-
lacustres provenant des massifs bordant le bassin soumis à une altération intense sous
146

le climat tropical humide ou équatorial (l’équateur était alors de quelques 1200 km au


Nord de sa position actuelle).

Au nord de la cuvette tchadienne, le Continental terminal recouvre une grande partie du


Borkou. Ce sont des dépôts de grès verdâtres qui alternent avec des grès ferrugineux et
des cuirasses latéritiques.
Le Continental terminal est probablement d’âge oligo-miocène.

Au centre de la cuvette tchadienne, les formations du Continental terminal sont


recouvertes par des couches plus récentes datées de la fin du Tertiaire et du
Quaternaire. Mais de nombreux sondages pour la recherche d’eau ont permis de
constater qu’une grande partie des sédiments qui remplissent la cuvette doit être
attribuée au Continental terminal.

 Les formations quaternaires


Les formations quaternaires occupent au sud du 16ème parallèle environ 78 % de la
surface du Tchad. Elles sont d’origine purement continentale (fluvio-lacustres et
éolienne) et participent à la continuation du remblaiement du bassin tchadien dont la
subsidence continue alors que les massifs du pourtour se surélèvent.

Le début du Quaternaire reste encore complexe mais le Quaternaire récent (depuis


50 000 ans) et l’histoire de la cuvette tchadienne sont bien connus. Cette période est
caractérisée par l’alternance des conditions hydroclimatologiques avec des phases
arides et des phases humides pendant lesquelles la superficie du lac Tchad subit
d’importantes variations.

Dans une période datant d’environ 50 000 ans BP, à la suite d’une importante phase
humide, le lac atteignit son extension maximum (environ 850 000 km2). Un important
delta fossile du Chari (environ 40 000 km2), le premier, situé vers Niellim-Miltou,
marque les conséquences de cette première transgression au cours de laquelle le Lac
Tchad atteignit la côte 400 m.

Une seconde transgression lacustre, séparée de la première par une période sèche et
donc par une régression du lac, se produisit il y a 30 000 à 20 000 ans et fit remonter le
niveau du lac sensiblement au même niveau (400 m). C’est alors que se déposèrent les
diatomites anciennes. Le premier delta du Chari est commun à ces deux transgressions.

Les formations lacustres sont remaniées ensuite au cours de deux phases arides pour
donner deux systèmes dunaires : le premier erg, d’orientation NE-SW, observable au
Cameroun et au Nigéria et le deuxième erg, d’orientation NW-SE, atteignent au sud le
12ème parallèle.

Lors d’une nouvelle période humide, le lac Tchad connaît une troisième transgression,
nettement moins forte : il monte jusqu’au niveau 320 m, couvre 350 000 km2 et atteint
une profondeur moyenne de 40 à 50 m. Pendant cette période (12 000 à 5 400 ans BP)
se déposent les diatomites récentes, se constitue le deuxième delta du Chari, situé plus
au nord que le premier et moins important et le premier cordon sableux bordant le lac.
147

Il y a ensuite une lente régression qui amène le retrait du lac, fait émerger l’actuel
Kanem entre 5 400 et 3 200 ans BP. Un 3ème erg, superposé au 2ème, se forme alors sur les
bordures sud et sud-ouest du lac Fitri et au nord du lac Tchad.

La quatrième transgression (3 200 à 1 800 ans BP) est due à une nouvelle période
pluviale peu importante qui amène le lac au niveau 287-290 m. Il couvre alors 180 000
km2 et dessine sur la carte deux grands lacs, Djourab et Lac Tchad élargi, reliés par un
Barh El Ghazal au lit plus vaste que maintenant. La profondeur du lac est alors de 10 à
15 m. C’est pendant cette période que se forment le 3ème Delta du Chari et le second
cordon sableux sur la côte sud.

L’assèchement qui suit à partir de 1800 ans BP isole les deux lacs lorsque leur niveau
passe au-dessous de 286 m car un seuil émerge au sud de Moussoro et empêche le lac
Tchad de se déverser vers le nord par le Barh El Ghazal. Les conditions climatiques
provoquent alors l’assèchement du Djourab. Le désert de sable s’installe alors sur ces
terres asséchées. C’est ainsi que, de façon paradoxale, le Lac Tchad n’occupe pas le Bas-
Pays, région la plus basse du Tchad.

Le dernier millénaire montre plusieurs phases arides avec régression lacustre. Le Lac
Tchad s’est asséché vers 460-430 BP. La régression actuelle a commencé vers 1 900. Une
phase d’aridification est enregistrée depuis 1965, avec des années particulièrement
sèches : 1973 et 1984.

A l’heure actuelle, le Lac couvre, aux hautes eaux, environ 25.000 km2 et est à peu près à
la côte 280 m. L’erg vif est au nord du 16ème parallèle (fig. 10).

a) Les terrains volcaniques


Les terrains volcaniques sont très répandus dans le Tibesti, mais on en trouve également
dans d’autres régions du Tchad.

Les roches volcaniques tertiaires et quaternaires sont de loin les plus abondantes : elles
constituent l’essentiel du massif du Tibesti. Néanmoins des formations du secondaire
sont connues dans plusieurs régions du Tchad et on a découvert dans l’extrême nord des
formations de l’ère primaire.

b) Le volcanisme tertiaire et quaternaire


Le Tchad septentrional connaît au Tertiaire une intense activité volcanique. Ses produits
sont visibles dans le Ouaddaï septentrional mais l’activité est surtout concentrée dans la
région du Tibesti.

Le volcanisme du Tibesti a probablement commencé à l’Eocène et s’est poursuivi


pendant le Quaternaire jusqu’à l’heure actuelle. Les formations volcaniques occupent
une superficie de près de 30 000 km2. Leur stratigraphie est complexe : elles présentent
une alternance de séries noires basiques (basaltes) et de séries claires acides
(rhyolites), le cycle s’achevant par une série grise à caractères intermédiaires
(trachyandésites).
148

L’activité volcanique du Tibesti se manifeste actuellement par des phénomènes post-


volcaniques : solfatares, fumerolles du Toussidé (60° C), fumerolles et sources thermales
de Soborom (38 à 100° C), source thermale de Yi Yerra au pied de l’Emi-Koussi.

Le volcanisme du Tibesti serait dû à la présence d’un « hot spot » ou point chaud


provoqué par un flux thermique accru au-dessous de la région.

Le volcanisme du Ouaddaï, essentiellement basaltique, apparaît en plusieurs endroits et


sous différentes formes :
- coulées d’où émergent quelques dômes et pitons dans la région d’Iriba ;
- cônes de scories au nord-ouest de Guéréda (Natika, Louné, Absoulout).

c) Les autres formations volcaniques

On trouve les traces d’une activité


volcanique crétacée dans différents
endroits du pays :
- dykes et sills de basaltes et de
dolérite dans le Mayo-Kebbi (Lamé-
Léré)
- pitons rhyolitiques à la bordure sud-
est du lac Tchad : HadjerBigli
(Dandi) et Hadjer El Hamis (-69
Ma).

Le volcanisme antérieur au Crétacé est rare. On a récemment signalé l’existence, dans la


région de Bardaï, d’un basalte carbonifère datant de -325 Ma environ.
149

5. Je m’exerce

- Décris comment se présente la carte géologique de l’Afrique et celle du Tchad.


- Cite les différents affleurements du socle tchadien.
- Cite les différentes formations du primaire, du secondaire et du tertiaire au
Tchad.

6. Je retiens

L’Afrique présente quatre cratons, c'est-à-dire quatre zones stables qui sont le craton
ouest-africain, le craton soudanais ou craton nilotique, le craton du Congo et le craton du
Kalahari.
Ces cratons sont séparés par des zones mobiles ou zones instables. La géologie du
continent africain est donc dominée par les cratons qui datent du précambrien (3milliards
d’années). L’étendue, l’importance dans son histoire et la durée du Précambrien
nécessitent que les géologues lui accordent une attention particulière.
Le Tchad se situe dans une vaste zone mobile entre le craton ouest-africain à l’Ouest, le
craton congolais au Sud et le craton nilotique au Nord. Le socle de ces cratons date du
Précambrien (- 4750 à -570 Ma). Il constitue l’essentiel des massifs du pays (Tibesti,
Ouaddaï, Guéra, Mayo-Kébbi et la région de Baïbokoum).
Au Tchad, le socle est constitué de roches cristallophylliennes et de granitoïdes datées du
Précambrien. Il affleure dans les vieux massifs qui entourent le bassin du Lac Tchad.
Les formations sédimentaires couvrent environ 85% de la superficie du territoire
tchadien. Elles forment deux bassins : celui des Erdis au Nord-Est et celui du Lac Tchad
(cuvette tchadienne) dans le centre et le sud du pays. Sur le versant ouest du Tibesti
s’appuie la bordure orientale du bassin de Djado dont la plus grande partie se trouve sur
le territoire du Niger.
Les terrains volcaniques sont très répandus dans le Tibesti, mais on en trouve également
dans d’autres régions du Tchad.
Les roches volcaniques tertiaires et quaternaires sont de loin les plus abondantes : elles
constituent l’essentiel du massif du Tibesti. Néanmoins des formations du secondaire sont
connues dans plusieurs régions du Tchad

7. Je m’entraîne

Localise sur la carte géologique du Tchad les affleurements de la couverture


sédimentaire.

8. Lexique

Craton : c’est une vaste portion de croûte continentale stable en dehors des zones
orogéniques.
Subsidence : c’est un lent mouvement d’enfoncement que l’on constate dans des zones
déterminées de l’écorce terrestre.
Pénéplaine : c’est une surface caractérisée par des fentes faibles, des vallées évasées et
des dépôts superficiels, stade final du cycle d’érosion d’un relief.
Batholite : est constitué des roches endogènes généralement granitiques.
150

QUATRIEME SEMAINE
D’INTEGRATION
151

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur les notions de chronologie et


l’histoire géologique de la Terre et de l’Afrique ainsi que du Tchad.
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
152

Situation d’intégration 1

Observe ci-dessous la carte géologique de l’Afrique Centrale.

a) Localise les affleurements des roches volcaniques et les failles.


b) Localise les principales cuvettes et sommets.
153

Situation d’intégration 1

Observe la carte géologique du Tchad (ci-dessous).


Localise sur cette carte les formations du primaire, du secondaire, du tertiaire et du
quaternaire.
154

Leçon19 : Les principales sources d’énergie : le pétrole et le gaz

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir les termes et expressions suivants : réservoir, roche mère, roche magasin,
géochimie organique ;
- expliquer le processus de la formation du pétrole et du gaz ;
- identifier les caractères du pétrole brut ;
- citer les différents sous-produits du pétrole brut ;
- décrire l’exploitation du pétrole brut ;
- réalisé un schéma annoté d’une installation de forge de pétrole.

2. J’observe

Le sous-sol contient d’importantes ressources. Elles sont utilisées soit directement, soit
indirectement, soit après transformation. Certaines de ces ressources servent à la
construction, d’autres produisent de l’énergie ou encore servent de matières premières
pour l’industrie ; c’est le cas du pétrole et des gaz.

Problèmes scientifiques :
- comment se forment le pétrole brut et les gaz ?
- comment le pétrole et les gaz se présentent-ils dans le sous-sol ?
- comment exploite-on le pétrole et les gaz ?

3. J’expérimente/je vérifie
Remplis deux bouteilles dont l’une (A) contenant du pétrole lampant ; l’autre (B)
contenant du gaz liquéfié.
Pèse les deux bouteilles au départ, puis recouvrez-les. Quelques instants plus tard, les
peser à nouveau. Que remarques-tu ? Interprète les résultats.
155

4. J’apprends

Le pétrole et le gaz naturel sont des roches qui marquent la vie économique et politique
moderne. Chaque année la découverte et la mise en exploitation de nouveaux gisements
s’accroissent sur le continent.

Les géologues désignent sous le nom de l’hydrocarbure deux roches souvent associés :

- le pétrole brut, huile plus ou moins visqueuse d’où l’on tire par raffinage les
carburants et les matières premières de la pétrochimie ;
- le gaz naturel formé comme le pétrole, de combinaison d’atomes d’hydrogène et
de carbone.

L’économie du XXème siècle est étroitement liée à l’exploitation de « l’or noir », ou pétrole
brut. Avec cette roche liquide, plus facile à exploiter et à transporter.On fabrique non
seulement de carburants (essence, mazout), mais aussi de nombreux produits (les
matières plastiques par exemple).

4.1 L’Origine du pétrole

Le pétrole est un mélange


d’hydrocarbures composés de
carbone et d’hydrogène, d’une
couleur variant du jaune-brun
au brun-noirâtre, présentant
une odeur caractéristique.

L’étude de l’origine du pétrole fait partie de la géochimie organique qui traite des
composés du carbone.Le carbone organique qui est un constituant des organismes
animaux et végétaux, se dépose avec les sédiments dans les bassins sédimentaires. Au
cours des temps géologiques, le carbone organique est soumis à un cycle de
transformations très long, qui, selon son intensité et sa durée produit du charbon, du
kérosène (ancêtre du pétrole).La substance organique source du carbone organique est
produite continuellement à la surface de la terre et dans la mer : en milieu marin,elle est
fournie par le plancton, en milieu terrestre, l’apport de carbone organique dérive au
contraire des plantes. Lorsque dans un bassin sédimentaire le fond s’abaisse par
subsidence et que les roches mères (roches sur lesquelles se sont peu à peu entassées de
grandes épaisseurs de sédiments géologiques successifs) s’enfoncent, la température
s’accroît à diverse transformation. Le processus de formation du pétrole ou maturation
de la roche mère est la fermentation en absence d’oxygène de la matière organique.

4.2 Le Gisement du pétrole

L’existence d’une accumulation de pétrole, suffisante pour construire à l’intérieur d’une


roche réservoir un gisement, requiert l’existence de conditions géologiques,
structurelles ou stratigraphiques, particulières. On donne à ces conditions le nom de
« pièges » à pétrole. Habituellement, le gisement du pétrole se forme en deux temps :
156

- l’enfouissement dans l’écorce terrestre des vases riches en matière organique


permet la transformation de cette dernière en pétrole ;
- le pétrole va quitter, la roche mère et migrer vers la surface du globe terrestre à
cause de sa faible densité.En remontant, le pétrole peut rencontrer une structure
dans la terre formant un piège à pétrole.Le piège à pétrole est une roche poreuse
appelée roche magasin recouverte par une couche de roche imperméable, la
roche couverte empêchant la migration vers la surface du globe.

4.3 La Prospection du pétrole

La prospection du pétrole s’effectue en deux phases :


- la première phase d’exploitation indirecte, qui consiste à s’assurer si, dans un bassin
sédimentaire déterminé, il existe ou non, des conditions stratigraphiques ou
structurelles favorables à une accumulation de pétrole.
- la seconde phase dite directe, est celle pendant laquelle on exécute un premier
sondage au moyen d’un forage à l’endroit qui semble le plus propice.D’après le
relèvement géologique du bassin, on étudie les conditions stratigraphiques visibles
en surface et extrapolables au sous-sol. Cette phase est complétée par l’étude de
photographies aériennes, par des images produites par satellites.

4.4 Le Forage du pétrole

Une installation de forage est constituée par un échafaudage métallique, appelé derrick,
qui soutient une série de tubes en acier vissés l’un sur l’autre, muni d’un trépan à
l’extrémité supérieure. Dans ces tiges de forages creuses, on fait circuler au moyen
d’une pompe, une boue fluide qui remonte à la surface en passant par l’espace situé
entre la paroi du puits de forage, elle lubrifie et refroidit le trépan, et évite la sortie du
pétrole .

Une autre fonction de la boue est de remonter à la surface des détritus du forage, pour
permettre aux géologues d’étudier l’âge et les conditions de dépôt des strates traversées.
157

Il est quelque fois nécessaire d’étudier les


propriétés physiques de roche, dans ce
cas, on utilise un outil appelé carottier
qui permet de prélever un échantillon de
roche non broyé. L’outil découpe un
morceau appelé « carotte »cylindrique
qui remonte en surface. La durée d’un
forage varie de deux à six mois de travail
ininterrompu par équipes de jour et de
nuit.Suivant la dureté des couches des
traversées et la profondeur du puits. A la base du derrick, une vanne bloque la sortie des
gaz ou du pétrole lorsque la roche magasin est atteinte. L’appareillage est alors démonté
et remplacé par un ensemble de tube muni de robinets-vannes qui régularisent le débit
des puits producteurs.

Le pétrole est conduit dans les tubes vers de colonnes métalliques dans lesquelles l’huile
est séparée du gaz qui est recueilli ou brûlé à l’air libre. Exemple : cas d’exploitation du
pétrole de Komé au Tchad.
Des pompes refoulent le liquide vers les réservoirs de stockage et le gaz naturel
exploitable est canalisé et distribué par un réseau gazoducs.

4.5 Caractères et composition du pétrole brut

Des expériences ont montré qu’en mélangeant le pétrole brut et l’eau, il surnage
l’eau.Quand on brûle le pétrole dans une soucoupe, il donne une flamme qui dépose de
carbone sur une plaque ou une assiette. Le pétrole est constitué chimiquement de
carbures d’hydrogènes ou d’hydrocarbures mêlés à des produits végétaux et animaux,
parfois à du soufre et du phosphores.
158

4.6 Distillation du pétrole

Le gaz de pétrole est proche de celui qui est livré en bouteilles d’acier tels que butane et
propane. Son odeur est désagréable, chauffé à des températures allant de 50° à 300°,
après avoir récupéré du soufre, le pétrole donne les sous produits suivants :
- le butane et le propane, gaz combustible vendu dans le commerce ;
- l’éther de pétrole, dissolvant ;
- l’essence, utilisée dans les moteurs ;
- le pétrole lampant ou kérosène, employé dans les lampes, les frigidaires à
absorption, les réchauds, les réacteurs d’avion ;
- les produits lourds ; gasoil des moteurs Diesel et fuel de chauffage, mazout des
chaudières industrielles et huile de graissage.

Raffinerie de pétrole de Djermaya (Photo CNC-2012)

On peut obtenir aussi par extraction de la vaseline et de la paraffine.


Des usines de pétrochimie en obtiennent également de nombreux dérivés qui prennent
de plus en plus d’importance dans la vie moderne.

D’autres produits aussi différents en apparence tels que : le rouge à lèvres, les
pneumatiques, les insecticides, les tissus synthétiques, les explosifs … en dérivent.

4.7. Exploitation, transport et raffinage du pétrole brut

Le gaz sous pression qui surmonte le brut favorise en général la montée du liquide en
début d’exploitation. Cependant une trop forte poussée est parfois la cause de pollutions
et d’incendies catastrophiques.
Le transport du brut vers le port se fait par oléoduc (pipe- line) .Exemple : le brut du
basin de Doba est transporté par pipe- line vers le port de Kribi au Cameroun et est
ensuite transporté par les navires pétrolier (tankers).Le pétrole du Bassin du Mayo-
Kebbi et de Bousso est plutôt transporté par l’oléoduc à la raffinerie de Djarmaya au
Nord de N’Djamena. Le gaz emprunte les mêmes voies : gazoduc et navire méthanier
après liquéfaction à basse température. Le Tchad n’est pas un pays d’exploitation de gaz
à but commercial.
159

5. Je m’exerce

- Explique comment se forme le pétrole.


- Décris comment on exploite le pétrole.
- Enumère les différents dérivés du pétrole brut.

6. Je retiens

Les pétroles sont des roches liquides de couleur noire, brune, verdâtre à odeur
caractéristique. Ils sont un mélange d’hydrocarbures composés de carbone et
d’hydrogène. Ils sont toujours associés aux gaz naturels.

Le pétrole et le gaz sont formés dans les roches –mères par la décomposition bactérienne
du plancton dans le fond des lagunes et par la décomposition des animaux et des végétaux
terrestres enfouis par sédimentation et se sont rassemblés dans les roches –magasins.

La distillation du pétrole fournit du butane, de l’éther, de l’essence, de pétrole lampant,


des huiles lourdes, des huiles de graissages, du mazout, de la vaseline, de la paraffine etc.
Les usines chimiques en extrait une grande variété de produits tels que le vernis, les
plastiques, les tissus synthétiques…

7. Je m’entraîne

Explique pourquoi dit-on que le pétrole est une ressource non renouvelable.

8. Lexique

Roche-mère : ensemble des couches géologiques dans lesquelles se sont formés des
hydrocarbures.
Roche-magasin : ensemble de couches géologiques imprégnées de pétrole ou du gaz
naturel dont elles constituent le gisement. Elle est toujours recouverte par un niveau
imperméable empêchant la migration des hydrocarbures vers le haut.
Roche-réservoir : roche -magasin.
Le trépan : outil qui, dans le sondage, attaque par percussion ou rotation le terrain
surtout le fond du trou.
Carottier : outil placé à l’extrémité d’une tige de forage et destiné à prélever des
échantillons du sous sol appelés « carottes ».
160

Leçon 20 : L’eau et sa répartition

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- citer les différents réservoirs d’eau dans notre environnement ;
- expliquer comment ces réservoirs d’eau sont alimentés ;
- citer les sources d’alimentation en eau au Tchad ;
- décrire les moyens de protection et de gestion rationnelle des eaux ;
- décrire le cycle de l’eau.

2. J’observe

Le Lac Tchad
L’eau est une matière minérale qui, comme l’air, est indispensable à la vie. Elle constitue
les 3/4 du poids des végétaux et les 2/3 du poids de l’Homme et des animaux. Un
homme peut rester pendant plusieurs jours sans manger mais pas plus de trois jours
sans boire de l’eau.
Une grande partie de cette eau est prélevée dans les rivières, les fleuves ou les lacs. Bien
qu’elle soit plus difficile à récupérer que l’eau de surface, l’eau souterraine, c’est-à-dire
celle qui est contenue dans le sous-sol, est recherchée pour sa qualité. L’eau souterraine
est une véritable ressource géologique.

Problèmes scientifiques :
- Comment l’eau se présente-t-elle dans le sous sol ?
- Comment les bassins d’eau sont-ils alimentés ?
- Quels sont les problèmes posés par l’exploitation des eaux ?
- Comment l’homme peut-il préserver la qualité et les réserves d’eaux ?
161

3. J’expérimente/je vérifie

La carte ci-dessus présente le relief et l’hydrographie du Tchad. A partir des légendes,


repère les principaux cours d’eaux, les Lacs et les zones inondables. Explique comment
ces principaux réservoirs d’eau sont alimentés.
162

4. J’apprends

La Terre est souvent appelée la « planète bleue » parce que l’eau recouvre la majorité de
la surface de la Terre (environ 71 % de la surface). Le volume d’eau sur Terre est estimé
à environ 1,4milliard de km3.
L'eau est la seule substance sur Terre qui existe naturellement sous ses trois états :
solide (glace, neige), liquide (océans, rivières) et gaz (nuages, brouillard).
Les eaux de pluies s’infiltrent dans le sol et le sous-sol (jusqu’à ce qu’elles rencontrent
une formation géologique imperméable). Elles remplissent alors les interstices ou les
fissures de la roche perméable située au-dessus : on appelle aquifère une telle roche
réservoir dans laquelle l’eau circule et forme une nappe phréatique.

4.1 Le cycle de l’eau

Chauffée par le rayonnement solaire, l’eau des mers, des lacs, des rivières, etc.,
s’évapore peu à peu. Elle se disperse alors dans l’atmosphère sous la forme de vapeur
d’eau. En rencontrant des zones d’air froid, la vapeur secondense dans les nuages en de
minuscules gouttelettes d’eau qui peuvent sesolidifier sous forme de cristaux de glace
si l’air se refroidit suffisamment à des températures négatives.

Poussés par les vents, les nuages se déplacent dans l’atmosphère avant que l’eau qu’ils
contiennent ne retombe à la surface de la Terre, sous la forme de précipitations de pluie,
de neige ou de grêle. La neige et la grêle subissent alors une fusion, c’est-à-dire une
transformation de l’état solide à l’état liquide.

Quand elle ne tombe pas directement dans les mers et les océans, l’eau liquide due aux
précipitations diverses ruisselle à la surface du sol. Elle s’accumule peu à peu pour
163

former des rivières ou bien s’infiltre dans le sol et rejoint des nappes d’eau souterraines
avant de réapparaître à la surface sous la forme de sources.

Une partie de l’eau liquide tombée sur les terres émergées va rejoindre les mers et les
océans sous la forme de torrents, de rivières puis de fleuves. Au cours de son parcours,
l’eau s’évapore… Le cyclerecommence ainsi indéfiniment. Depuis la formation de la
Terre, il y a environ 4,5 milliards d’années, la quantité d’eau n’a pratiquement pas varié.

En résumé l’eau parcourt un chemin en quatre étapes :


- étape 1 :l’eaus’évapore (transformation de l’eau liquide en vapeur d’eau) de la
surface de la Terre ;
- étape 2 : l’eause condense (passage de l’état de vapeur à l’état liquide ou solide)
sous forme de nuages dans l’atmosphère, ce qui provoque les précipitations
(pluies, neige, grêle) ;
- étape 3 : ces précipitationsruissellent sur la surface terrestre ;
- étape 4 : l’eau des précipitations peut aussi être stockée sur une courte période
avant de s’évaporer de nouveau.

Ce cycle naturel de l’eau se déroule ainsi en


permanence depuis des milliards d’années.

La durée du cycle peut être très variable


d’une région à l’autre : de quelques heures
dans les régions chaudes des tropiques à
plusieurs milliers d’années pour les régions
froides proches des pôles.

Les différents réservoirs d’eau sont :


- les eaux salées (eaux des mers et
océans) et les eaux douces (fleuves,
rivières…),
- les eaux de surface et les eaux souterraines.

4.2 La protection et l a gestion rationnelle de l’eau

Autrefois les besoins en eau étaient faibles, et parfois facilement satisfaits. Ce n’est pas le
cas aujourd’hui. L’augmentation de la population et le développement de l’élevage
transhumant ont accentué la pression sur l’exploitation des eaux de surface et des eaux
souterraines. Ainsi la quantité d’eau n’ayant pas varié, on assiste progressivement à la
raréfaction des ressources en eau. Pour maintenir le niveau d’eau, malgré les besoins
grandissants, il faut protéger et gérer rationnellement les sources d’eau potable.

Alors que les eaux superficielles sont facilement récupérables, les eaux souterraines
exigent une protection préalable. Une surexploitation des eaux souterraines peut
entraîner l’épuisement de la nappe phréatique voire le tassement des terrains.
164

5. Je m’exerce

- Définis ce que c’est qu’une nappe.


- Explique comment se déroule le cycle de l’eau.
- Cite les différents réservoirs d’eau dans notre environnement.
- Explique comment les réservoirs d’eau sont alimentés.
- Cite les sources d’alimentation en eau au Tchad.

6. Je retiens

Prenant leur source en Centrafrique, les fleuves Logone et Chari arrosent la vaste
plaine du sud-ouest, inondable une partie de l’année, avant de se rejoindre à
Ndjamena, la capitale, puis d’alimenter le lac Tchad. La superficie du lac varie
entre 10.000 et26.000 km² (en saison des pluies). Mais les sécheresses des
décennies 1970 et 1980, ainsi que le pompage de ses eaux pour l’irrigation, ont
provoqué une baisse inquiétante de son niveau.

Le Chari se forme, à la frontière du Tchad et de la République centrafricaine, par


la jonction des rivières Bamingui et Gribingui, à une centaine de kilomètres au
sud-est de la ville de Sarh. Le Chari coule alors en direction du nord-ouest sur
environ 800 km. Le Logone le rejoint à N’Djamena. Le Chari est le principal
tributaire du lac Tchad, dans lequel il se jette en formant un large delta. La
navigation y est praticable à certaines périodes de l'année.
L’eau parcourt un cycle en quatre étapes :
- étape 1 : l’eau s’évapore de la surface de la Terre ;
- étape 2 : l’eau se condense sous forme de nuages dans l’atmosphère, ce qui
provoque les précipitations (pluies, neige, grêle) ;
- étape 3 : ces précipitations ruissellent sur la surface terrestre ;
- étape 4 : l’eau des précipitations peut aussi être stockée sur une courte période
avant de s’évaporer de nouveau.
Ce cycle naturel de l’eau se déroule ainsi en permanence depuis des milliards
d’années.

7. Je m’entraîne

Décris comment sont alimentées les nappes phréatiques.


Cite les moyens de protection et de gestion rationnelle des eaux.

8. Lexique

Interstice : petit espace vide entre les parties de quelque chose.


Aquifère : formation géologique où s’écoule une nappe d’eau souterraine.
Fusion : passage d’un corps solide à l’état liquide.
165

Leçon21 : Les minerais, les évaporites du Tchad

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- identifier les roches salines des autres roches ;
- nommer les différents roches salines ;
- expliquer le processus de l’obtention des sels ;
- localiser sur une carte minière du Tchad les principaux gisements de sels.

2. J’observe

3. J’expérimente/je vérifie

Recherche des minerais et roches exploités au Tchad et les produits issus de leurs
transformations. Situe-les dans la carte géologique du Tchad.

4. J’apprends

Les minerais sont des roches dont l’extraction fournit les métaux, des matières
premières de la métallurgie : fer, aluminium, cuivre, or, argent, manganèse, Nikel etc. Au
Tchad, l’extraction réelle n’a pas encore vu le jour. Les roches salines (sel, gypse, sels de
potasse) groupées sous le nom d’évaporites sont plus ou moins exploitées car elles
résultent d’une évaporation des eaux qui les contiennent en solution.

4.1 Les salins


L’eau de mer contient des substances chimiques, ces substances chimiques s’obtiennent
par évaporation de ces eaux mais à des concentrations différentes selon les lieux. La
concentration moyenne est 3,5%.
166

Le desséchement des mers fournirait une


couche de sel de 40 mètres d’épaisseur si
elle était repartie sur la surface de la
terre. Dans les bassins de décantation,
l’eau dépose les argiles et impuretés en
suspension, puis au cours d’une première
évaporation, les produits impropres à la
consommation qui sont calcaires 1kg par
3 m3 d’eau et le gypse, 4 kg par m3 d’eau.

Apres élimination des 4/5 de l’eau sous le


soleil, les écluses sont ouvertes et le reste
s’étale dans les basins plats où elles se concentrent ; sa couleur vire au rouge par
développement d’un plancton spécifique des eaux très salées. Le sel gemme ou sel de
cuisine s’obtient par 30 kg par m3 ; il est mis en tas avant que l’eau-mère ne soit
totalement évaporée. Celle-ci contient encore des sels de potasse et de magnésium
d’environ 0,5 kg par m3 qu’il faut rejeter.

4.2 Gisement de sel gemme

En Afrique, les exploitations des couches profondes du sel sont moins effectuées, mais le
sel est recueilli en surface : lagunes sursalées et croutes continentales à Taoudeni (Mali)
Idjil (Mauritanie) Agadès, Tegguida, Ntessoum (Niger)…
167

Les formations salines : natron, sel gemme.


Le natron existe dans deux régions au Tchad :
- au Nord, dans la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (B.E.T) ;
- au Nord-Est du Lac Tchad.

Au B.E.T, le natron existe dans des marres salées, par exemple à Ounianga-Kebir,
Ounianga-Saghir et Ouadi-Doum, déposé en surface par évaporation au-dessus des
sables, par exemple le dépôt du sel au sud de Faya, et dans les cratères volcaniques du
Tibesti (le trou de natron).

Dans la région du lac Tchad, on trouve du natron, dans des dépressions inter dunaires
du littoral du lac, dans une bande large d’environ vingt-cinq kilomètres, s’étendant de la
frontière du Niger jusqu’à Doum-Doum et dans les marres salées de la région de Nokou.
Il existe une centaine de dépressions où l’on peut rencontrer des dépôts de carbonates
sodiques, surtout la gaylussite et de trôna (ORSTOM, in O, Abdoul et al…. 1970)
précipités à partir de la nappe phréatique alimentée depuis le lac. Ces minéraux appelés
« natrons » forment une croute superficielle de quelques centimètres mais on les trouve
aussi à une profondeur de quelques mètres sous forme de couches centimétriques ou de
petits morceaux.

Si on envisage d’exploiter le sel, il faudrait tenir compte de la nécessité de le traiter c'est-


à-dire d’y ajouter les éléments manquants tels que l’iode, lebrome etc.…

4.3 Origine des sels

Les dépôts salins anciens sont nés dans les mêmes conditions que celles des dépôts
actuels dans les marins salants ou dans les chotts.

- Théorie de la barre : les sels se seraient déposés au fond de lagune où l’eau de


mer s’évaporait. A marée haute, l’eau de mer est constamment renouvelée, la cote
s’affaisse lentement. Les dépôts d’argile et marnes, de gypse et de sel ne sont pas
toujours en gypse comme on pensait. Les épaisseurs des couches de sel et de
gypse sont supérieures à 10 mètres mais sans intermédiaire argileux ou sableux.

- Théorie de chotts : dans les régions désertiques sans écoulement vers la mer, les
eaux lagunaires s’évaporaient exemple les sebkhas au sud de la Tunisie. Des
pluies temporaires font dissoudre à nouveau les sels qui se déposaient dans les
bassins de plus en plus restreints où leur épaisseur augmentait. Les couches de
marnes imperméables provenant des eaux contenant des sédiments transportés,
protègent les dépôts salins contre l’action dissolvante des eaux d’infiltration.

4.4 Quelques gisements de minerais au Tchad

Les minéralisations aurifères dans les ceintures de « roches vertes » au sein de presque
tous les massifs précambriens : Mayo-Kebbi, Sud Ouaddaï, Nord-ouest du Guerra et
168

Tibesti. Signalons que des minéralisations de métaux de base (cuivre, +zinc…) existent
dans le même contexte. Il s’agit de :
- minéralisations du tungstène-étain associées aux granites alcalins limitées au
massif du Tibesti ;
- graphites associés aux schistes noirs dans le Ouaddaï ;
- marbres du Sud-Ouaddaï et du Nord-Ouest du Guéra ;
- minéralisations aurifères au Ouaddaï, au Mayo-Kébbi et dans la Tandjilé ;
- uranium au nord du Tibesti, dans le Mayo-Kébbi et le Moyen-Chari ;
- minéralisations dans la couverture de la plate-forme au Nord du massif cristallin
du Ouaddaï et dans l’enveloppe sédimentaire du Tibesti ;
- calcaires et marbres du crétacé au Mayo-kebbi ;
- diatomites dans les formations quaternaires entre Mao-Faya ;
- évaporites (sel, natron….) au Nord du lac-Tchad ainsi que dans le Borkou et
l’Ennedi, au Nord du pays.

Avec les progrès de l’étude géologique et des recherches minières, d’autres indices
seront découverts et les idées sur la métallogénie du pays évolueront.

5. Je m’exerce

- Loupe à la main, dessine un assemblage de cristaux en pyramide, cette trémie est


elle pleine ? remarque l’assemblage de petits cubes.

6. Je retiens

Le sel gemme, les sels de potasse, le gypse et l’anhydrite sont des roches tendres, plus ou
moins solubles dans l’eau. Généralement, elles ne font pas effervescence avec les acides.
Ces roches sont formées de cristaux dans les lagunes ou les chotts dont l’eau s’est
évaporée sous un climat chaud et sec. Ce sont des évaporites ou roches salines
d’évaporation.
Au Tchad, ces sels existent dans deux régions :
- au Nord, dans la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (B.E.T) ;
- au Nord-Est du Lac-Tchad.

Le sel est un excellent aliment qui intervient dans la régulation du fonctionnement de


l’organisme des êtres vivants. Le gypse intervient dans la fabrication du plâtre, les sels de
potasse constituent d’excellents engrains agricoles. Le natron ou carbonate de soude est
impropre à la cuisine à cause de sels de magnésium qu’il contient mais il est beaucoup
plus utilisé dans l’alimention du bétail.
169

7. Je m’entraîne

Avec tes collègues de classe, recherche les techniques par lesquelles on obtient le sel
traditionnel dans le milieu.

8. Lexique

Plancton : ensemble des êtres de très petite taille en suspension dans la mer ou dans
l’eau douce.
Trémie : réservoir en forme de pyramide quadriangulaire.
Sebka : marécage salée qui occupe le fond d’une dépression dans les régions désertiques
et où se déposent les évaporites.
ORSTOM : Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer.
DRGM : Direction de la Recherche Géologique et Minière.
Chott :Dépression fermée des régions arides, souvent d’origine éolienne et dont le font
est occupé par une sebka.
Barre : Longue et étroite pièce de bois, de métal, rigide et droit.
170

Leçon 22 : Le sol et son organisation

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- décrire le profil d’un sol ;
- réaliser l’étude granulométrique d’un sol ;
- déterminer la texture d’un sol.

2. J’observe

Le sol est la partie superficielle de l’écorce


terrestre résultant de l’altération sur place des
roches par l’eau, l’air et les êtres vivants, et de
leur mélange à de proportion variable de
matière organique. La diversité des sols dans
la nature pose les problèmes scientifiques
suivants :

Problèmes scientifiques :
- Comment se forme un sol ?
- Comment est organisé un sol ?
- Comment distinguer les différents
constituants d’un sol ?

3. J’expérimente/je vérifie

Compare les sols que tu observes autour de toi


puis établis le lien entre ceux-ci et la
végétation qui les recouvre. Que peux-tu en
déduire ?
171

4. J’apprends

4.1 L’organisation des sols

Pour étudier l’organisation d’un


sol du point de vue géologique,
on observe son profil. Le profil
d’un sol est la coupe
transversale verticale d’un sol,
constituée d’une ou de
plusieurs couches de couleurs
différentes appelées
« horizon ». Le nombre
d’horizons varie d’un sol à un
autre. La coupe d’un sol montre
de la surface vers la roche en
profondeur :
- sous les végétaux, des
débris d’êtres vivants
plus ou moins
décomposés forment la
litière à la surface du sol.

- au dessous un horizon brun foncé (horizon humifère) riche en humus (matière


organique décomposée par les micro-organismes du sol), constitue la terre arable
(labourable). L’épaisseur du sol arable varie de quelques centimètres à plusieurs
décimètres suivant la nature de la végétation et le climat de la région. Elle varie
également en fonction de l’exploitation agricole.

- en dessous de l’horizon humifère, on observe parfois une couche brune


d’épaisseur variable, d’aspect uniforme, appelée horizon d’accumulation.

- l’horizon le plus profond, de couleur pâle (sans couleur nette), est constitué de la
roche-mère altérée (roche qui, en s’altérant donne naissance aux minéraux qui
contribuent à la formation du sol), devenu friable (zone d’altération de la roche-
mère). La roche mère peut être des schistes, des granites, etc.

- à la base de la coupe, la roche-mère compacte et saine constitue le sous-sol en


profondeur. La teinte générale du sol, ocre, est due à la présence d’oxydes de fer
libérés lors de la dégradation des minéraux de la roche-mère.
172

4.2 Les constituants du sol

Prélèvement d’un échantillon de sol


Pour connaître la composition du sol à
étudier, il va falloir faire l’analyse. Pour ce
faire, il faut prélever l’échantillon à l’aide
d’une pelle-bêche. Il faut débarrasser le sol
de sa couverture végétale, sans arracher les
plantes, en les coupant à ras. Le bloc de sol
est découpé à la pelle-bêche et placé dans un
récipient puis ramené au laboratoire où
s’effectue le tri des constituants.

Pour déterminer les constituants d’un sol, on


procède d’abord par prélever un échantillon dans
un récipient. L’échantillon est apporté au
laboratoire où s’effectue le tri manuel des
constituants. Ce premier tri permet de séparer la
fraction dite solide en deux catégories : la fraction
organique et la fraction minérale.
La matière organique est constituée de débris
végétaux (feuilles mortes, fruits, bois mort,
racines) et de quelques animaux (vers de terre,
larves d’insectes, termites,…).

On parle de matière organique inerte lorsqu’il s’agit de fragments de branches, de


feuilles, de fleurs, de pollens, de fruits, de racines, de restes d’insectes, de cadavres de
mammifères et de leurs excréments…
La matière organique est dite vivante lorsqu’elle contientdes organismes encore en vie
(racines et radicelles, insectes et leurs larves, vers, micro-organismes divers tels que les
bactéries, moisissures, algues,…).Une microfaune et une microflore abondantes y vivent
aux dépens des débris organiques qu’elles transforemnt en humus de couleur brun-noir.
La fraction liquide se présente sous forme d’eau dont la présence est révélée par l’aspect
humide de certains sols. L’eau contient en solution des sels minéraux et des gaz.

La fraction gazeuse correspond aux différents gaz (CO2, O2,…) présents sous forme de
bulles d’air contenus entre les éléments solides du sol ou dans l’eau du sol.

Fraction solide Fraction liquide Fraction gazeuse


Origine organique Origine Origine minérale et Origine minérale et
(animale ou végétale) minérale organique organique
Matière organique inerte : fragments de
branches, feuilles, fleurs, pollens, fruits,
racines, restes d’insectes, cadavres de Différents gaz (CO2, O2)
mammifères, excréments… Cailloux, Eau qui contient en présents sous forme de
graviers, sables, solution des sels bulles d’air contenues
Matière organique vivante : racines et limons et argiles minéraux et des gaz entre les éléments solides
radicelles, insecte et leurs larves, vers, du sol, ou dans l’eau
micro-organismes divers tels que les
bactéries, moisissures, algues,…
173

4.3 La texture d’un sol

Pour mieux connaître les propriétés physiques d’un sol, il est important d’en déterminer
la texture (disposition des éléments d’une roche ou d’un sol). La technique la plus
utilisée est l’analyse granulométrique. Cette technique consiste à différencier les
constituants minéraux solides d’un sol en fonction de leur taille (diamètre). Pour
effectuer cette opération, il faut isoler chaque
constituant du sol à l’aide d’une colonne de tamis de
mailles différentes.

L’analyse granulométrique et les différentes


proportions de chacun des éléments permettent de
déterminer la texture du sol en question. Mais il est
très difficile de séparer les particules d’argile des
particules de limon. C’est donc l’appréciation de
chacune des catégories de particules qui permet de
définir la texture d’ensemble d’un sol.

Les particules ont été classées en cinq (5) fractions


suivant leur diamètre en millimètres :

Diamètre des particules Dénomination


> 0,2 mm Gravier
0,2 à 2 mm Sable grossier
0,02 à 0,2 mm Sable fin
0,002 à 0,02 mm Limon
Inférieur à 0,002 mm Argile

L’appellation des principales textures indique le ou les éléments minéraux dominants du


sol analysé. On distingue ainsi une texture sableuse, une texture limoneuse, une texture
argileuse, une texture limono-argileuse, une texture limono-sableuse, une texture argilo-
sableuse, une texture limono-argilo-sableuse.

La bonne connaissance de la texture d’un sol permet de prévoir ses propriétés physiques
telles que la porosité, l’aération et la perméabilité. Ce sont ces caractéristiques qui
174

orientent les types de cultures à y pratiquer. Ainsi, un sol sablonneux par exemple
favorise la circulation d’air (aération) et de l’eau (perméabilité). Mais sa grande
perméabilité ne retient que peu d’eau ; tandis qu’un sol limono-argileux offre à la
végétation un volume d’eau plus important mais aussi une aération plus réduite.

5. Je m’exerce

- Définis les termes suivants : profil d’un sol, horizon d’un sol.
- Cite les principaux horizons d’un sol de forêt.
- Cite les principaux constituants d’un sol.
- Explique en quoi consiste l’analyse granulométrique d’un sol.

6. Je retiens

Le sol est la partie superficielle de l’écorce terrestre résultant de l’altération sur place des
roches par l’eau, l’air et les êtres vivants, et de leur mélange à de proportion variable de
matière organique.
Le profil d’un sol est la coupe transversale verticale d’un sol, constituée d’une ou de
plusieurs couches de couleurs différentes appelées « horizons ».

Les constituants d’un sol peuvent être classés selon leur origine minérale ou organique en
trois fractions : solide, liquide et gazeux.

L’analyse granulométrique est une technique qui consiste à différencier les constituants
minéraux solides d’un sol en fonction de leur taille (diamètre). Elle permet de déterminer
la texture (disposition des éléments d’une roche ou d’un sol) d’un sol. La bonne
connaissance de la texture d’un sol permet de prévoir ses propriétés physiques telles que
la porosité, l’aération et la perméabilité.

7. Je m’entraîne

Pour obtenir la composition granulométrique d’un sol, on isole chacune des fractions qui
le constituent. On se sert du tableau ci-contre qui.

8. Lexique
175

Leçon 23 : Les propriétés physico-chimiques d’un sol

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir les termes et expressions suivants : la perméabilité, la porosité, la
capacité de rétention d’eau, la capacité en air ;
- mettre en évidence les constituants du sol ;
- déterminer les propriétés physiques d’un sol ;
- déterminer le rôle du complexe argilo-humique.

2. J’observe

Les types des sols sont très diversifiés dans les régions géologique et géographique qu’ils occupent. Les
végétaux, pour avoir une croissance normale, doivent disposer d’un sol riche en matières nutritives. Le sol
doit avoir des propriétés physicochimiques favorables.

Problèmes scientifiques :
- Quelles sont les propriétés physicochimiques des sols ?

3. J’expérimente/je vérifie
Versements Sol 1 Sol 2
On prélève deux échantillons de roches dont on évalue la 1er 2 min 58 s 2 min 11 s
perméabilité. Pour cela, on se sert de deux cylindres 2ème 4 min 28 s 3 min 52 s
métalliques ou boîtes de conserve ouvertes aux 3ème 4 min 28 s 4 min 45 s
extrémités. 4ème 4 min 16 s 4 min 29 s
- verser 100 cm3 d’eau d’un seul coup sur chaque 5ème 4 min 27 s 5 min 17 s
échantillon ; 6ème 4 min 9 s 5 min 31 s
- mesurer le temps mis par l’eau pour disparaître 7ème 4 min 20 s 6 min 2 s
entièrement dans le sol ; 8ème 4 min 8 s 6 min 8 s
- répéter l’opération plusieurs fois, puis tracer la courbe
9ème 4 min 18 s 6 min 46 s
des temps en fonction des versements.
10ème 4 min 29 s 7 min 11 s
176

Le tableau ci-dessus présente les données obtenues.


- Représente par des courbes les temps mis (en min) et en fonction des versements.
- Analyse les courbes et détermine le sol le plus perméable.

Remarque : sur l’axe des ordonnées, l’ordre de versements et sur l’axe des abscisses le
temps mis par l’eau pour disparaître dans l’échantillon de la roche.

4. J’apprends

4.1 Les propriétés physicochimiques d’un sol

Un sol apparaît comme une formation meuble provenant de la combinaison en


proportion variable d’une fraction minérale et d’une fraction organique, plus ou moins
riche en eau abritant de nombreux organismes vivants. De la teneur plus ou moins
grande en l’un ou l’autre de ces constituants découlent les propriétés du sol. Les
principales propriétés d’un sol sont :
- la perméabilité ;
- la porosité ;
- la capacité à retenir l’eau après la pluie ;
- la granulométrie.

 L’évaluation de la perméabilité

Pour étudier la perméabilité d’un sol, on délimite une surface précise de celle-ci et
prévoir une quantité d’eau donnée à verser dans le sol par cette surface. La perméabilité
est la capacité d’un sol à laisser passer l’eau d’une couche supérieure à une couche
inférieure.

Mode opératoire
- dégager la surface du sol de toute la
végétation, puis enfoncer
profondément la boîte cylindrique en
la vissant ;
- prendre la précaution de ne pas
remuer le sol lorsqu’on enfonce le
cylindre ;
- verser 100 cm3 d’eau d’un seul coup et
mesurer le temps mis par l’eau pour
disparaître entièrement dans le sol ;
- répéter l’opération plusieurs fois, puis
tracer la courbe des temps en fonction des versements.

 L’évaluation de la porosité d’un sol

L’aération du sol dépend des vides existant entre les particules minérales. Ces espaces
sont remplis d’air. La porosité est l’ensemble des petits espaces qui séparent les
particules d’un sol ou d’une roche. Pour évaluer l’aération et donc la porosité d’un sol, il
faut en mesurer le volume.
177

Matériel nécessaire
- Une balance avec des masses marquées ;
- Une boîte de conserve ;
- Un couvercle en plastique s’adaptant parfaitement ;
- Une grille fine.

Mode opératoire

Avant la sortie, au laboratoire si possible :

- mesurer le volume exact de la boîte (V)


par exemple 10 cm de diamètre et 12
cm de haut ;
- peser la boîte vide (on obtient P1) ;
- remplir la boîte de nouveau et peser
(on obtient P2) ;
Sachant que 1g d’eau occupe un volume
de 1cm3, le volume V de la boîte se
calcule de la manière suivante : V = 1
cm3 x (P2 (en grammes)-P1(en grammes)).

Après cette mesure, il faut percer le


fond de la boîte de trous pour que l’air
s’échappe au moment du prélèvement.

Mode opératoire
Sur le terrain, le prélèvement du sol en
place s’effectue à l’aide de la boîte
préparée. On procède de la manière
suivante :
- dégager la surface du sol de toute la
végétation, puis enfoncer
profondément et complètement la boîte
cylindrique en la vissant ;
- dégager tout autour la terre ;
- retirer la boîte pleine puis araser sa
surface et faire sécher pendant
plusieurs jours (on peut procéder de la
même manière avec plusieurs types de
sols) ;
- lorsque le sol est bien sec, peser les
différentes boîtes ; on obtient P1. La
pesée s’effectue à l’aide d’une grille et
le couvercle en plastique.
- immerger totalement la boîte fermée par la grille métallique dans de l’eau
pendant quinze à vingt minutes, jusqu’à ce qu’aucune bulle d’air ne monte plus à
la surface de l’eau. La toile métallique empêche la terre de s’échapper de même
que les bulles d’air.
178

Remarque : En plongeant la boîte dans l’eau, l’air qui est beaucoup plus léger que l’eau
s’échappe du sol et l’eau prend sa place. Par cette opération, on peut mesurer le volume
d’air contenu dans ce sol. Avant de retirer la boîte de l’eau, il faut fermer le fond avec le
couvercle afin d’empêcher l’eau de s’égoutter par le trou percé précédemment.

- retirer la boîte et peser ; on obtient P2. La différence P2 (en grammes)-P1(en grammes)


donne le poids de l’eau qui a pénétré dans le sol en y chassant l’air.
- comparer le volume trouvé (1g d’eau occupe 1cm3) à celui de la boîte vide donc
du sol. Le résultat est exprimé en pourcentage (%). Il représente la porosité
totale du sol étudié.

1 cm3 x (𝐏𝟐 − 𝐏𝟏)


x 100 = ⋯ %
V
- après cette pesée, laisser égoutter le sol par simple gravité pendant vingt à
trente minutes puis peser à nouveau la boîte P2 : on obtient P3.

La comparaison entre P1 et P3 donne la quantité d’eau que le sol est capable de retenir
après la pluie : c’est la capacité en eau du sol.

1 cm3 x (𝐏𝟑 − 𝐏𝟏)


x 100 = ⋯ %
V
La différence (P2 (en grammes)-P3(en grammes)) correspond au volume que l’eau ne peut pas
occuper après la pluie, c'est-à-dire au volume des vides réellement occupés par l’air. Ce
volume rapporté au volume du sol, exprimé en pourcentage, correspond à la capacité en
air du sol.

 Capacité en air ou aération


1 cm3 x (𝐏𝟐 − 𝐏𝟑)
x 100 = ⋯ %
V

Dans le tableau ci-contre, vous avez les Sol A Sol B


mesures effectuées sur deux sols A et B. Poids vide 99,5 g 99,9 g
- calculez la porosité totale de Poids de la boîte pleine d’eau 991,9
chacun des sols, la capacité en eau, 991,5g
g
la capacité en air. Poids de la boîte de sol sec 1490 g 1545 g
- dites quelles sont les données à Poids de la boîte de sol saturé
d’eau
1735 g 1782 g
fournir pour tirer des conclusions
finales. Poids de la boîte de sol égoutté 1657 g 1720 g

Un sol perméable, poreux, a une capacité en eau plus faible qu’un sol imperméable et
moins poreux. En effet, l’air contenu dans le sol ne peut se trouver qu’entre les grains qui
constituent le sol. Plus les grains sont gros, plus l’espace entre les grains est important,
plus le sol est poreux et plus il est perméable. Par contre l’eau ne peut rester dans un sol
que si les pores entre les grains sont très fins (< 8 µm ; 1 µm = 0,000001m). Un sol qui a
donc une grande capacité en eau est un sol fin, ce qui se traduit par une perméabilité
moindre. Les propriétés d’un sol découlent donc de la composition granulométrique des
différentes fractions des éléments minéraux : sable et argile.
179

4.2 La structure d’un sol

a) Sol à structure particulaire b) Sol à structure compacte c) Sol à structure fragmentée

La structure d’un sol est déterminée par les


Une motte de terre sèche est formée de
manières dont les constituants sont assemblés grains plus ou moins gros, soudés entre
entre eux, disposés les uns par rapport aux autres. eux, séparés par des espaces vides de
Cette organisation dépend de la nature des tailles variables.
- Les grains sont appelés des agrégats.
constituants et des interactions qui naissent entre Ils sont formés de particules sableuses
les particules minérales et l’humus. soudées entre elles par le complexe
argilo-humique.
- Les espaces entre les agrégats sont
 Différentes structures d’un sol appelés des lacunes. Ces lacunes sont
remplies d’eau ou d’air selon l’état
En fonction de leur structure, on distingue : d’humidité du sol. Le complexe argilo-
humique recouvre les parois des
- le sol à structure particulaire ou élémentaire lacunes et les empêche de s’effondrer.
(a) : les constituants solides sont entassés sans - Dans un sol tassé, les agrégats sont
aucune liaison ; très proches les uns des autres, la
porosité est faible.
- le sol à structure compacte ou continue (b) : les - Dans un sol meuble, de grandes
particules sableuses sont noyées dans une lacunes existent, la porosité est
masse d’argile l’ensemble ne forme qu’un bloc. grande.
- le sol à structure fragmentée ou grumeleuse (c) :
les constituants assemblés en agrégats par le Structure d’un sol à partir d’une motte de terre
complexe argilo-humique sont groupés en
éléments structuraux plus ou moins gros,
offrant la facilité à la circulation de l’air ;
180

 Le complexe argilo-humique

Selon la structure des sols, certains éléments utiles pour la nutrition des plantes sont
entraînés en profondeur par les eaux d’infiltration : c’est le lessivage. Ces éléments ne
peuvent plus alors être assimilés par les plantes. Toutefois, une grande partie des
éléments assimilables est retenue par le sol qui cède ensuite petit à petit ces éléments
aux plantes.

Au sein du complexe argilo-humique, les sels minéraux conservés dans l’argile et


l’humus ne sont pas lessivés. Ainsi, grâce à son pouvoir fixateur d’ions, le complexe
argilo-humique est responsable de la fertilité du sol, puisqu’il fixe en réserve une grande
partie des éléments assimilables par les plantes et les libère au fur et à mesure de leurs
besoins.

Le complexe argilo-humique a un rôle déterminant dans :


- la fixation des sels minéraux indispensables à un développement efficace des
végétaux ;
- la fertilisation du sol en régulant la libération des sels minéraux utiles pour les
plantes ;
- l’amélioration de la structure du sol par une rétention plus importante d’eau dans les
cavités du sol et une plus grande aération permettant aux racines et aux êtres vivants
décomposeurs de mieux respirer.

Sorgho cultivé sur un sol riche (ph CNC) Sorgho cultivé sur un sol pauvre (ph CNC)

5. Je m’exerce

- Définis les mots et expressions suivants : perméabilité, porosité, capacité de


rétention d’eau, la capacité en air.
- Explique comment sont organisés les constituants d’un sol entre eux.
- Explique le rôle du complexe argilo-humique.
181

6. Je retiens

Un sol est une formation meuble provenant de la combinaison en proportion variable


d’une fraction minérale et d’une fraction organique, plus ou moins riche en eau abritant de
nombreux organismes vivants. Les principales propriétés d’un sol sont :

- la perméabilité c'est-à-dire la capacité d’un sol à laisser passer l’eau d’une couche
supérieure à une couche inférieure ;
- la porosité, c'est-à-dire l’ensemble des petits espaces qui séparent les particules d’un
sol ou d’une roche ;
- la capacité à retenir l’eau après la pluie ;
- la granulométrie, c'est-à-dire la taille des éléments solides (sable, argile) qui
composent le sol.

La structure d’un sol est déterminée par les manières dont les constituants sont assemblés
entre eux, disposés les uns par rapport aux autres. Cette organisation dépend de la nature
des constituants et des interactions qui naissent entre les particules minérales et l’humus.

Le complexe argilo-humique a un rôle déterminant dans :


- la fixation des sels minéraux indispensables à un développement efficace des
végétaux ;
- la fertilisation du sol en régulant la libération des sels minéraux utiles pour les
plantes ;
- l’amélioration de la structure du sol par une rétention plus importante d’eau dans les
cavités du sol et une plus grande aération permettant aux racines et aux êtres vivants
décomposeurs de mieux respirer.

7. Je m’entraîne

Le sol conditionne la croissance des végétaux, ses propriétés sont essentielles ; ce sont la
composition granulométrique, la perméabilité et la porosité qui déterminent la richesse
du sol en air et sa capacité à retenir l’eau après la pluie et la composition
granulométrique.
a. En groupe, effectuez des mesures de
perméabilité sur divers types de sols,
suivant les modalités expérimentales pour
déterminer les propriétés physico-
chimiques du sol.
b. Tracez les courbes de perméabilité, temps
d’infiltration en fonction du volume d’eau
versée ou du nombre de versements.
c. Comparez ensuite les courbes obtenues.
8. Lexique

Lessivage : processus d’entraînement par l’eau à travers les horizons d’un sol des
substances solubles, aboutissant à la formation d’horizons lessivés.
182

Leçon 24 : La formation et l’évolution des sols

1. Objectifs
A la fin de cette leçon, je dois être capable de :
- expliquer le processus de la formation et de l’évolution des sols ;
- déterminer les facteurs d’évolution des sols ;
- décrire les différents types de sol ;
- expliquer l’importance de la protection des sols.

2. J’observe

Profil d’un sol et son schéma d’interprétation Un sol rouge ferralitique forestier

Un sol n’est pas stable, c’est un ensemble naturel évoluant sous l’influence des facteurs
biologiques et climatiques (précipitations et température). Les évolutions du sol et de la
végétation sont étroitement liées et toute modification de l’une modifie l’autre dans le
même sens.
Problèmes scientifiques :
- comment se forme un sol ?
- comment évolue un sol ?
- comment protéger un sol ?

3. J’expérimente/Je vérifie
L’analyse d’un sol et de l’arène granitique révèle que ces deux formations ont en
commun :
- des grains de sable (grains de quartz) ;
- des particules d’argile.
L’humus est une formation spécifique au sol. Il est constitué de matières organiques. On
peut donc supposer qu’il provient de substances végétales et animales présentes sur et
dans le sol.

Après avoir lu attentivement le texte ci-dessus, formule une hypothèse quant à l’origine
d’un sol.
183

4. J’apprends

4.1 Formation d’un sol

a. Affleurement rocheux b. Altération de la roche c. Apparition d’un horizon d. Sol brun organisé e. Sol évolué après de
mère. Installation de la humifère. Début avec apparition d’un l’horizon A2 et
végétation. d’organisation d’un sol. horizon migration des
d’accumulation. colloïdes du fer vers
l’horizon B

Un sol se met en place petit à petit à partir d’une roche dite « roche-mère ». Bien avant la
formation du sol, c’est la roche-mère qui affleure, le sol étant presque inexistant.

a. Affleurement de la roche-mère.
Elle est colonisée par les végétaux pionniers.
b. Altération de la roche-mère et installation de la végétation.
Sous l’action des écarts de température du vent, des racines des végétaux, il y a
fragmentation physique de la roche-mère. Sous l’action des eaux acides, les
fragments obtenus subissent une altération chimique.
c. Apparition d’un horizon humifère. Début de l’organisation d’un sol
Le sol est peu épais et composé de :
- nombreux cailloux, substances minérales diversifiés provenant de
l’altération chimique ;
- matière organique plus ou moins importante et de végétaux.

La décomposition de la roche-mère et de la matière organique aboutissent à la


formation d’éléments solubles. Ces éléments vont donc être plus ou moins
mobiles dans le sol, en fonction de leur plus ou moins grande solubilité dans l’eau
du sol.

d. Un sol brun organisé avec apparition d’un horizon d’accumulation. Le complexe


d’altération chimique formé d’argile et d’oxyde de fer, dont le rôle est de cimenter
les particules du sol est de plus en plus important.

Les substances minérales issues de la dégradation des molécules organiques et


l’humus s’incorporent dans le complexe d’altération (formation du complexe
argilo-humique). Sous l’action des eaux d’infiltration, l’horizon supérieur du sol
s’appauvrit en éléments purs solubles, il est appelé horizon éluvial (l’éluviation
est le phénomène de migration verticale ou oblique de matières en suspension
dans un sol, entraînant la formation d’un horizon appauvri) l’horizon A. L’horizon
inférieur s’enrichit d’éléments venant de la surface et est appelé horizon illuvial
ou horizon B.
184

e. Un sol « évolué » ayant atteint un équilibre. Les pluies abondantes permettent


le développement d’une végétation luxuriante (en abondance). Un sol se forme
par des actions physiques et chimiques sur la roche-mère.

Au début de sa formation, un sol est généralement peu épais, pauvre en matières


organiques, et contient en revanche de nombreux fragments de la roche-mère sous
forme de cailloux peu altérés. Peu à peu, les végétaux colonisent l’endroit et y apportent
des matières organiques (feuilles mortes, fruits tombés, animaux herbivores et
carnivores, leurs déchets, leurs cadavres…).

On dit qu’un jeune sol évolue lorsque la quantité de matières organiques qu’il contient
augmente par rapport aux éléments minéraux présents à l’origine. En effet, les matières
apportées par la présence des êtres vivants subissent des décompositions et sont ainsi
transformées en matières minérales.

Le sol est dit en équilibre lorsque les quantités de matières organiques apportées sont
égales à celles qui sont transformées en sels minéraux lors de la décomposition.
L’évolution du sol se poursuit lorsque des éléments minéraux ou organiques apportés
se déplacent dans la profondeur du sol. Ces substances « migrent » soit vers le bas, soit
vers le haut. Ces déplacements dépendent des facteurs climatiques (pluies, sécheresse)
et aboutissent à l’élaboration de différents horizons du sol.

Attention : il ne faut pas confondre les horizons des sols avec les strates formées par
sédimentation.

Dans un sol encore jeune et en évolution, les mouvements de l’eau vers le bas et le haut
vont faire subir aux éléments minéraux et organiques (dont l’humus) des déplacements
appelés « migrations » :
- sous climat à forte pluviométrie, les déplacements d’eau vers le bas ou migrations
descendantes dominent. Ils constituent le lessivage.
- en revanche, sous climat à forte évaporation (sécheresse, vent…), les
déplacements d’eau vers le haut, ou migrations ascendantes, sont les plus
importants.
L’intensité de ces migrations dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels la
pluviométrie, la teneur du sol en calcium ainsi que la nature de l’humus formé.

Ces déplacements sont à l’origine de la formation :


- d’horizons lessivés, appauvris surtout en matières minérales ;
- d’horizons d’accumulation, enrichis en certaines substances telles que l’argile,
l’humus ou certains minéraux (surtout les oxydes de fer qui donnent une couleur
de rouille).
185

4.2 Evolution des sols.

L’évolution du sol et de la végétation sont étroitement liées et toute cause qui modifie
l’une modifie l’autre dans le même sens. L’homme, par sa pratique du défrichage, du
surpâturage, supprime une grande partie de la végétation et élimine, du même coup,
l’apport de matières organiques du sol. Le surpâturage provoque un tassement de sol
par les sabots des animaux d’élevage.
Il occasionne une forte diminution de la porosité du sol et par conséquent une
diminution de son aération et de sa perméabilité. L’infiltration diminue, entraînant ainsi
une augmentation du ruissellement des eaux.

Les cultures intensives


détruisent les forêts et donc la
fertilité du sol. Ils vont peu à
peu épuiser les réserves qui ne
sont plus renouvelées.
L’humus ne va plus se former
et la composition du sol évolue
dans le sens régressif.

Par contre, après avoir utilisé


le sol pour ses cultures
pendant plusieurs années,
l’agriculteur devrait pratiquer Evolution au cours du temps d’un sol A vers un sol B
la jachère longue, plus de vingt
ans, méthode qui permet au sol d’être de nouveau envahi par la végétation et obtenir
ainsi une certaine régénération de ses réserves. L’apport d’engrais dans les pratiques
culturales modernes ne remplace pas les éléments perdus par l’épuisement du sol mais
apporte seulement ce qui est nécessaire à la culture.
186

4.3 Protection des sols

Pour maintenir le sol en équilibre dans un environnement donné, afin que son
rendement soit toujours satisfaisant, il est fortement recommandé de le protéger. On
distingue plusieurs types de protection :

 Protection physique

Le mulching est une technique qui consiste à recouvrir le sol de feuilles mortes ou de
pailles afin de limiter l’impact de l’eau et le ruissellement sur le sol ;

 Protection biologique
Des cultures différentes ont des besoins nutritifs différents, ce qui ralentit l’épuisement
de terre. Les sols en jachère et les cultures de légumineuses (arachides, haricot, niébé,
etc.) restaurent la fertilité du sol.

Les recherches menées au sahel montrent que la présence des arbres conditionne la
restauration de la fertilité des sols. Les foyers de réactivation biologiques viennent le
plus souvent des ligneux qui arrivent à s’installer ou qui ont survécu à la perturbation.
Les arbres permettent la remontée, à partir de la zone du sous-sol, les éléments nutritifs
favorables aux tapis herbacés (ensemble des herbes qui se trouvent à la surface du sol).
La présence d’arbres et d’herbes contrarient ainsi la tendance au lessivage des éléments
du sol. Leur litière augmente localement la matière organique et favorise
mécaniquement l’infiltration. Leur ombrage abaisse la température et favorise plutôt la
vie végétale et animale en surface.

 Protection chimique

Un sol surexploité s’appauvrit en sels minéraux et son rendement devient faible. Un


apport d’engrais devient indispensable afin d’éviter son épuisement rapide.

5. Je m’exerce

- Décris comment se forme un sol.


- Cite les facteurs qui influencent l’évolution des sols.
- Explique ce que c’est qu’un sol est en équilibre.
- Décris quelques méthodes de protection de sols.

6. Je retiens

Un sol se met en place petit à petit à partir d’une roche dite « roche-mère ». La
décomposition de la roche-mère et de la matière organique aboutissent à la formation
d’éléments solubles. Ces éléments vont donc être plus ou moins mobiles dans le sol, en
fonction de leur plus ou moins grande solubilité dans l’eau du sol.
Au début de sa formation, un sol est généralement peu épais, pauvre en matières
organiques, et contient en revanche de nombreux fragments de la roche-mère sous forme
de cailloux peu altérés. Peu à peu, les végétaux colonisent l’endroit et y apportent des
matières organiques.
187

On dit qu’un jeune sol évolue lorsque la quantité de matières organiques qu’il contient
augmente par rapport aux éléments minéraux présents à l’origine. En effet, les matières
apportées par la présence des êtres vivants subissent des décompositions et sont ainsi
transformées en matières minérales.
Le sol est dit en équilibre lorsque les quantités de matières organiques apportées sont
égales à celles qui sont transformées en sels minéraux lors de la décomposition.
L’évolution du sol se poursuit lorsque des éléments minéraux ou organiques apportées se
déplacent dans la profondeur du sol. Ces substances « migrent » soit vers le bas, soit vers
le haut. Ces déplacements dépendent des facteurs climatiques (pluies, sécheresse) et
aboutissent à l’élaboration de différents horizons du sol.
L’évolution du sol et de la végétation sont étroitement liées et toute cause qui modifie
l’une modifie l’autre dans le même sens.
Les cultures intensives détruisent les forêts, et donc la fertilité du sol et vont peu à peu
épuiser les réserves qui ne sont plus renouvelées.
Pour maintenir le sol en équilibre dans un environnement donné, afin que son rendement
soit toujours satisfaisant, il est fortement recommandé de le protéger. On distingue
plusieurs types de protection : la protection physique, la protection biologique et la
protection chimique.

7. Je m’entraîne

L’épaisse couche de roches altérées,


résultat de l’effet d’un climat passé de
type équatorial humide, est la proie
d’une érosion actuelle sous climat
soudanien. Les eaux de ruissellement
de la saison des pluies érodent
profondément ces terrains et
déposent des sédiments riches en
oxydes de fer dans des cuvettes.
Rapidement envahi par la végétation,
un sol est constitué dans ces
sédiments.

Pendant la saison sèche marquée, l’eau de ce sol s’évapore et des minéraux dissous,
comme le fer et l’alumine, précipitent près de la surface en formant une nouvelle
cuirasse indurée s’opposant à la pénétration des racines des végétaux de grande taille.
a) Relève les éléments de ce paysage.
b) Explique comment se forme la cuirasse latéritique actuelle.
c) Formule une hypothèse quant à l’origine du fer qui précipite pour former cette
cuirasse.
d) Explique pourquoi les arbres ne poussent pas sur une cuirasse.
e) Cite les types de climats qui favorisent la formation de la cuirasse ?
f) Relève les facteurs climatiques qui accélèrent l’altération des roches.

8. Lexique
188

CINQUIEME SEMAINE
D’INTEGRATION
189

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur les principales ressources minières


du Tchad et le sol ainsi que des savoir-faire méthodologiques.
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
190

CB1_P5_Situation d’intégration à caractère évaluatif

Les roches qui affleurent à la surface du sol sont soumises aux différents facteurs
d’érosion. Ainsi les roches granitiques et métamorphiques sont dégradées et les produits
provenant de cette dégradation sont transportés et s’accumulent pour former le sol.

Voici un affleurement granitique dans les environs de Békourou (Kowara).

a) Réalise un croquis de cet


affleurement puis légendez les
parties suivantes : végétation,
diaclase, sol, boule de granite, arène
granitique.
b) Réalise un schéma montrant le cycle
des roches.

CB1_P5_Situation d’intégration 1

Dans la région du Logone Orientale,


on trouve des champs pétroliers de
Miandoum et de Komé.

a) Explique comment s’est formé


le pétrole.
b) Réalise un croquis montrant le
gisement du pétrole de
Miandoum.
c) Explique pourquoi le pétrole
est appelé ressource non
renouvelable.
d) En t’appuyant sur les données
de la carte minière du Tchad,
localise les gisements de
pétrole.
191

CB1_P5_Situation d’intégration 2

Le sous-sol tchadien contient d’importantes ressources naturelles. Certaines de ces


ressources ont fait l’objet de prospections. Observe la carte des ressources minières du
Tchad ci-dessous.

Représente cette carte puis liste les principales ressources et leur gisement.
192

B. BIOLOGIE
193

Leçon 1 : La puberté

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir ce que c’est que la puberté et l’adolescence;
- décrire les modifications morphologiques, physiologiques et psychologiques
qui caractérisent la puberté et l’adolescence.

2. J’observe

La puberté apporte des changements dans l’organisme et le comportement de la fille et


du garçon. Les hormones sont responsables de ces modifications.

Problèmes scientifiques :
- quels sont les changements dans la morphologie, la physiologie et la psychologie chez
la fille et chez le garçon ?
- quels sont les organes qui sécrètent les hormones ?
- comment se manifeste le début de la puberté chez la fille ?

3. J’expérimente/je vérifie

En observant les différentes silhouettes ci-dessous, explique comment se manifeste


l’évolution de la taille chez la fille et chez le garçon.
194

Représente dans un repère l’évolution de la silhouette chez la fille et chez le garçon en


fonction de l’âge. (1 carreau en abscisse représente 10 cm ; un carreau en ordonné est
égale à un an). Utilise deux couleurs pour représenter les courbes.

4. J’apprends

4.1 La puberté

La puberté est une période de la vie de l’homme pendant laquelle le corps subit des
changements très importants et très remarquables. C’est la période de la vie qui marque
le passage de l’enfance à l’adolescence

Les premiers signes de la puberté se produisent entre 9 à 10 ans chez les filles et entre
10 à 18 ans chez les garçons. La puberté se caractérise par des manifestations
morphologiques, physiologiques et psychologiques qui s’étalent sur plusieurs années :
le corps produit de nombreuses hormones (gonadostimulines) à l’origine des
transformations spectaculaires du corps. L’enfant grandit en taille, la silhouette change,
les seins se développent, les poils pubiens apparaissent, les organes génitaux se
développent. Ces signes s’accompagnent d’apparition de boutons sur le visage (acnés)
mais ils sont passagers.

Sur le plan psychologique, on observe une modification de la personnalité, un


changement de caractère, un repli sur soi, des comportements à risques, etc. Le garçon,
particulièrement, cherche à s’affirmer durant cette période ; cela donne lieu à de
nouvelles relations, non seulement avec les parents, mais aussi avec les personnes de
sexe opposé.

Ces transformations se manifestent dans le but de rendre les enfants aptes à la fonction
de reproduction. La puberté est une période difficile à traverser. Le corps change
souvent très rapide et profondément qu’il est difficile de le reconnaitre et de
l’apprivoiser

Un grand changement s’opère d’abord dans l’abdomen : les ovaires commencent à


fonctionner et à fabriquer des substances chimiques (les hormones), qui transforment le
corps. La poitrine se développe ; les seins deviennent plus en plus larges et proéminents.
Les poils apparaissent autour de la vulve(les poils pubiens) puis sous les aisselles. La
taille de la fille s’affine, son basin s’élargit. Elle se féminise. Les premières règles
195

(menstruations) surviennent ; ce sont des manifestations d’écoulement de « sang » qui


sont irrégulières au début puis régulières avec le fonctionnement parfait de l’appareil
génital. Les règles durent 2 à 5 jours et se renouvellent régulièrement chaque mois.

A la puberté, les transformations du corps résultent par l’action des hormones


sécrétées chez le garçon par les testicules. Lessignes visibles sont : élargissement des
épaules, apparition des barbes au menton et sur les joues, ou bien des moustaches sur la
lèvre supérieure, des poils au niveau de la verge (poils pubiens), sous les aisselles. La
verge augmente de volume. Le garçon s’aperçoit que la verge peut émettre un liquide
autre que l’urine (le sperme) lors de l’érection du pénis : c’est l’éjaculation.

En même temps, le larynx se développe, les cordes vocales qu’il contient se modifient, la
voie mue, elle devient plus grave. Les muscles se développent plus que chez la fille : la
silhouette est celle d’un homme.
L’apparition de la première éjaculation chez le garçon et de la périodicité des règles
chez la fille montrent que leurs organismes se sont profondément transformés et que
leurs organes reproducteurs sont fonctionnels.

4.2 L’adolescence

L’adolescence est la période de transformation qui se situe entre 10 à 19 ans du schéma


corporel qui apparaît chez le garçon comme si son corps est modifié. Cette modification
lui paraît étrange ; cela participe aux changements de sa personnalité. Il se sent mal à
l’aise dans ce corps qui se modifie. Sa timidité relève une inquiétude face aux réactions
des autres adolescents, de ses parents ou du groupe. Une jeune fille et un jeune garçon
peuvent être plus particulièrement attirés l’un vers l’autre, un désir sexuel naît
progressivement, des couples se forment.

A cette période, l’adolescent a besoin d’être valorisé et cherche à faire comme les grands.
Il s’oppose parfois aux règles que lui imposent les adultes, le plus souvent à ses parents,
car il se tourne vers l’avenir. Il s’oppose à toute autorité, il acquiert une autonomie par
ses expériences propres. Sa personnalité change et s’affirme.

L’adolescent cherche ses propres limites, il se meten danger ou bien transgresse les
règles de la société. L’adolescence est une période de plus grande fragilité sur le plan
psychologique ; la plupart des adolescents sont anxieux ou même déprimés, les jeunes
filles surtout ont des troubles de l’alimentation comme l’anorexie et la boulimie.

Certains adolescents ont aussi des idées noires et une mauvaise image de soi qui
peuvent les amener à tenter de se suicider. Aussi certaines maladies psychiatriques
comme les troubles obsessionnels ou la schizophrénie sont souvent déclarées chez les
adolescents.

L’adolescence est donc une épreuve difficile pour beaucoup. Il faut aussi bien connaître
les risques auxquels on s’expose par certains comportements(les risques liés à la
toxicomanie, aux infections sexuellement transmissibles, à une grossesse non désirée
pour les filles etc.).
196

5. Je m’exerce

- Etablis un tableau de comparaison entre les changements qui s’opèrent chez une fille
et chez un garçon à la puberté.

6. Je retiens

La puberté est la période qui précède l’adolescence, elle se situe entre 8 à 12 ans chez la
fille et 9 à14 ans chez le garçon. Elle se manifeste par les changements morphologiques,
physiologiques et psychologiques, caractéristiques de la maturation sexuelle annonçant le
passage de l’enfance à l’adolescence et conduisant à la possibilité de procréer. La période
de la puberté varie selon les individus et les types de sociétés. Quant à la période de
l’adolescence, elle se situe entre 10 à 19ans. Elle est marquée par l’apparition de nouveaux
comportements qui peuvent avoir des conséquences sur l’adolescent dans sa vie future en
société et sa santé sexuelle et reproductive de l’individu à court et à long terme. Pour bien
traverser cette période de crise, il faut une bonne hygiène de vie.

7. Je m’entraîne

1) Explique, comment se manifeste le début de la puberté chez la fille.


2) Relève les différences et les ressemblances entre un adolescent et un homme adulte.

8. Lexique

Voie mue : la voie change, elle devient grave.


Poils pubiens : poils qui se trouvent à la partie inférieure du bas ventre.
Proéminents : qui dépasse en relief.
Boulimie : le fait de consommer une grande quantité de nourritures sans avoir faim.
Anorexie : perte d’appétit.
Déprimé : inquiet, abattu, découragé…
197

PREMIERE SEMAINE D’INTEGRATION


198

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur les phénomènes liés à la puberté et à


l’adolescence ainsi que des savoir-faire méthodologiques.
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
199

CB2_Palier 1 : Situation 1

Chronologie des transformations au cours de la puberté

Le tableau ci-dessous représente les


modifications survenues au cours de la
puberté.

a) Dis l’âge moyen de la puberté


chez la fille, chez le garçon.
b) Cite les modifications qui sont
communes aux filles et aux
garçons.
c) Décris, dans chacun des sexes,
l’évènement qui indique que
l’appareil génital est fonctionnel.
200

Palier 1 : Situation 2

Les risques de rapports sexuels précoces

Deux amis, Mboulsou Abakar et Aminé Odette, âgés respectivement de 16 ans et de 15


ans, se fréquentent depuis quelques mois. Ils ont en projet de se marier et Aminé
rappelle souvent cette promesse à Mboulsou. Un compagnon de MBoulsou, Djerkerlo, lui
fait remarquer qu’on ne peut acheter un fusil sans l’avoir essayé. Ngargoss qui les
écoutait attentivement rétorque en ces termes : souvent on n’achète pas un fusil qu’on a
déjà essayé. A partir de ce jour Mboulsou ne cesse de harceler Aminé pour avoir des
relations avec elle. Cette dernière, ayant peur de perdre son ami se demande s’il n’est
pas prudent d’essayer. Aminé a eu un rapport sexuel avec Mboulsou sans avoir noté la
date de sa dernière règle.

Quarante-cinq jours plus tard Aminé qui n’a pas vu ses règles se rend à l’hôpital et ses
soupçons sont confirmés. Elle en parle à Mboulsou qui décline la responsabilité de ce qui
s’est passé. Seule face à cette situation, Aminé se confie à une de ses camarades qui lui
conseille d’interrompre cette grossesse (IVG). Elle céda à cette tentation. Suite aux
complications, elle fut transportée d’urgence à l’hôpital, le gynécologue annonce aux
parents de Aminé que leur fille a de sérieux problèmes car son utérus est en état de
putréfaction avancée. Après cinq mois de soins intensifs, Aminé retrouve la santé mais
restera stérile toute sa vie, annonce le médecin. Humiliée, aminé ne peut plus suivre
correctement les cours et abandonne l’école. Mboulsou est en cavale et toujours
recherché par la Brigade. Aux dernières nouvelles, Mboulsou atteint de Sida se serait
refugié au Nigéria.

a) Explique les modifications qui caractérisent la puberté chez le garçon et chez la fille.
b) Explique les raisons pour lesquelles certains rapports sexuels sont dits précoces.
c) Cite les dangers de rapports sexuels précoces et non protégés.
d) Explique cette phrase : « la gestion de la puberté détermine ce que sera l’adolescent
et l’adulte. »
e) Explique les comportements à risque de Mboulsou et d’Aminé.
f) Donne quelques conseils aux deux amis pour éviter de compromettre leur avenir.
201

Leçon 2 : Les organes génitaux et leur fonctionnement

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir ce que c’est qu’un organe génital ;
- identifier les organes producteurs des cellules sexuelles ;
- réaliserun schéma annoté de l’appareil reproducteur de l’homme et de la
femme ;
- expliquer le fonctionnement des appareils génitaux de l’homme et de la
femme ;
- décrire les modalités du contrôle hormonal dans l’activité reproductrice de la
femme.

2. J’observe

La reproduction des êtres vivants en général passe par la reproduction sexuée. Celle de
l’homme n’est pas du reste.Aussi pour qu’il y ait fécondation, il faut la rencontre des
spermatozoïdes (gamètes mâles) et de l’ovule (gamète femelle).L’œuf qui en résulte est
le début d’un nouvel être vivant.

Problèmes scientifiques :
- quelles sont les diverses transformations qui se produisent à l’âge de la puberté ?
- comment sont produits les ovules et les spermatozoïdes ?
- quelles sont les caractéristiques des cellules reproductrices produites par l’être
humain ?
202

3. J’expérimente/je vérifie

Le maintien de la vie d’une génération à une autre n’est possible que par la reproduction
sexuée.
A partir des images observées ci-dessus, peux-tu affirmer, en expliquant que la fusion
d’un gamète mâle (le spermatozoïde) et d’un gamète femelle (ovule) donne la vie ?

4. J’apprends

A la puberté, les cellules reproductrices commencent déjà à fonctionner ;c’est pourquoi


le garçon émet de sperme (éjaculation) et la fille voit ses règles.Ces transformations qui
se manifestent chez les adolescents attestent du fonctionnement des organes
génitaux.Lorsque les cellules mâles (spermatozoïde) et femelles (ovule) se rencontrent :
il y a fécondation.

4.1 La constitution des organes génitaux de l’homme et de la femme

 L’appareil génital de l’homme

Il est composé des organes externes : les testicules et le pénis, des organes internes
constitués de canaux et de glandes annexes.

Les testicules ou glandes génitales sont des glandes ovoïdes blanchâtres logés dans le
scrotum (bourse). L’étude microscopique montre que le testicule est formé d’un grand
nombre de tubes très fins pelotonnés : les tubes séminifères qui, s’ils sont déroulés, ont
une longueur de 800mètres. Dans ces tubes séminifères se forment constamment à
partir de la puberté, des millions de cellules sexuelles mâles (les spermatozoïdes).
Chaque spermatozoïde est une cellule de 6/100 de mm, avec une tête ovale et une
longue queue lui permettant de se déplacer.
203

Ces tubes se rejoignent en un fin canal : l’épididyme ; il se prolonge par le canal déférent
ou spermiducte. Dans chaque spermiducte débouche une glande : la vésicule séminale.
Une autre glande ; la prostate se trouve au niveau de l’urètre ; l’urètre pénètre alors dans
le pénis, constitué des corpscaverneux et des corps spongieux qui se gorgent de sang lors
de l’érection. L’extrémité du pénis ou gland, renflée, est couverte du prépuce. Lorsque la
verge entre en érection, le gland se découvre. La circoncision permet d’enlever
entièrement le prépuce pour laisser le gland au découvert en permanence, en raison de
santé.

 L’appareil génital de la femme

L’appareil génital chez la femme est presque interne (schéma) : lesovaires ou glandes
ovoïdes sont situés dans l’abdomen ou ils sont maintenus par des ligaments et par les
vaisseaux sanguins qui les nourrissent .Autour de chaque ovaire se trouve un pavillon
au bord dentelé, élargissement d’un conduit : l’oviducte. Le pavillon et le départ de
l’oviducte constituent la trompe, recouverte à l’intérieur de cils vibratiles. Les deux
oviductes débouchent dans l’utérus d’une forme triangulaire.L’utérus se termine par le
col de l’utérus qui débouche dans le vagin : organe d’accouplement. Le vagin s’insère en
haut autour du col utérin et passe à l’extérieur au niveau de la vulve : partie externe de
l’organe génital féminin est limitée par des replis qui, latéralement, donnent des petites
lèvres et des grandes lèvres. En avant de l’orifice urinaire se trouve un autre organe
érectile : le clitoris

Chez la jeune fille, l’entrée du vagin est partiellement fermée par une membrane souple :
l’hymen qui sera déchirée lors du premier rapport sexuel. Chez la femme les voies
génitales sont totalement distinctes des voies urinaires.

4.2 Le fonctionnement des organes génitaux de l’homme et de la femme


 Fonctionnent des organes génitaux chez l’homme
A partir de la puberté ; période à laquelle un individu peut se reproduire et jusqu’à la
fin de la vie, les testicules produisent des spermatozoïdes.Lors d’une éjaculation,
l’homme émet du sperme (liquide visqueux blanchâtre).Chaque éjaculation émet
environ 3 à 4 cm3 de ce produit. Seuls 10% contiennent environ 300 à 400 millions de
gamètes mâles ou spermatozoïdes. Le reste correspond à des substances nourricières
provenant des vésicules séminales et de la prostate.
204

❶ Spermatozoïde de l’homme ❷Schéma d’un spermatozoïde

Le spermatozoïde est une cellule mobile présentant trois parties :


- la tête (5 micromètres de long) qui renferme le noyau et peu de cytoplasme ;
- la pièce intermédiaire (2 micromètres) ;
- le flagelle ou queue (40 micromètres).
Lorsque le sperme est émis, les spermatozoïdes qu’il contient vivent au maximum trois
à quatre jours dans des conditions favorables (37° C à l’intérieur du corps de la femme).

 Fonctionnement des organes génitaux chez la femme

Chez la femme, l’appareil génital est caractérisé par un fonctionnement cyclique qui
commence à la puberté et s’achève à la ménopause vers 45 à 50 ans.Tous les mois le
phénomène cyclique ou périodique se reproduit au niveau de l’appareil génital. Ils sont
marqués extérieurement par le rejet du « sang » appelés règles ou menstruations, d’où
le nom de cycle menstruel.

Le cycle génital commence par un écoulement sanguin qui sort au niveau de la vulve : les
règles. Un follicule se développe dans l’ovaire, il atteint progressivement la taille d’une
noisette et apparait à la surface de l’ovaire. Lorsqu’il est mûr, il éclate et libère l’ovule
qu’il contient : c’est l’ovulation. L’émission, par l’un ou l’autre des ovaires d’un ovule, se
produit en général le 14ème jour du cycle. L’ovulation n’a pas lieu chaque 14ème jour du
cycle. Ainsi, on ne peut connaître à quelques jours près, ni la durée du cycle qui va
suivre ni, dans ce cycle, la date de l’ovulation.

L’ovule libéré par un ovaire est recueilli dans la trompe deux cas se produiront :
- l’ovule n’est pas fécondé, il dégénère en 24heures ;
205

Les modifications de la muqueuse utérine et de l’un des 2 ovaires au cours du cycle sexuel

L’ovule libéré est fécondé par un spermatozoïde ; l’œuf qui en résulte est alors entraîné
le long de l’oviducte. Il arrive dans l’utérus et se fixe dans la muqueuse utérine, 6 jours et
demi après la fécondation, soit le 21e jour du cycle menstruel.
206

a) l’origine des règles

L’écoulement sanguin (les règles) provient d’une destruction de la muqueuse de


l’utérus.
L’utérus est un muscle creux, tapissé intérieurement d’une muqueuse appelée
endomètre qui subit de profondes modifications au cours de chaque cycle menstruel.
Après les règles entre le 5ème et le 14ème jour de cycle, la muqueuse se régénère,
s’épaissit progressivement et ses vaisseaux sanguins se développent considérablement.

Les modifications de la muqueuse au cours de chaque cycle sont une préparation à la


nidation de l’œuf si la femme est fécondée. En l’absence de fécondation, la muqueuse est
détruite et le cycle recommence.

b) Le trajet des spermatozoïdes

L’ovule libéré par les ovaires


est fécondé par les
spermatozoïdes dans la trompe
utérine.

Les spermatozoïdes déposés


dans le fond du vagin pendant
le rapport sexuel, propulsés par
les flagelles, s’engagent dans le
col de l’utérus, remontent le
long de la muqueuse utérine,
rejoignent la trompe ou ils
resteront vivants pendant
plusieurs jours. Durant ce
parcours, l’activité des
spermatozoïdes doit être
intense et soutenue ; beaucoup
d’entre eux meurent en chemin.

Les spermatozoïdes restants cherchent à atteindre l’ovule qui reste toujours proche de
son lieu d’émission parce qu’il ne peut se déplacer seul. Si l’ovule émisn’est pas fécondé
par un spermatozoïde, il meurt au bout d’un ou de deux jours.

4.3 Les modalités du contrôle hormonal dans l’activité reproductrice de la femme


Les ovaires de la femme ont une double fonction :
- ils fabriquent les cellules de la reproduction, c’est-à-dire les ovules (un ovule est
libéré chaque mois lors de l’ovulation),
- ils sécrètent les hormones sexuelles féminines, œstrogènes et progestérone.

Ce sont les variations du taux de sécrétion de ces hormones qui commandent le cycle de
l’utérus. L’ovulation correspond à l’éclatement d’un follicule qui libère l’ovule. On
appelle follicule le « petit sac » qui entoure l’ovule. Ce sont les follicules qui sécrètent les
hormones ovariennes. Les taux d’hormones sécrétés sont différents avant et après
l’ovulation.
207

5. Je m’exerce

- Définis ce que c’est qu’un organe génital, une hormone.


- Décris les organes reproducteurs et les cellules reproductrices chez l’homme.
- Reproduis le schéma de l’appareil reproducteur masculin et féminin et les annoter.
- Explique comment fonctionne les appareils génitaux chez l’homme et chez la femme.

6. Je retiens

L’apparition des premières règles chez la fille ; la première éjaculation (émission de


sperme) chez le garçon, marquent le début de fonctionnement des organes génitaux.
Les organes génitaux de la femme ne fonctionnent pas de la même manière que ceux de
l’homme. Leurs constitutions sont différentes.
L’organe génital de l’homme comprend :
- les testicules (glandes génitales) situés à l’extérieure du corps, dans les bourses, sac de
peau doublé de quelques muscles, divisé en deux loges. Chaque loge contient un
testicule.
Les testicules produisent continuellement des spermatozoïdes contenus dans le sperme ;
liquide visqueux et blanchâtre produit lors de l’éjaculation. L’homme est fécond à partir
de la puberté jusqu’à la fin de sa vie.

L’appareil génital de la femme est caractérisé par un fonctionnement cyclique qui débute
à la puberté entre 10 et 15 ans et s’achève à la ménopause vers 45 et 50 ans. La période de
cycle dure 3 à 4 jours, elle est mensuel d’où le nom de menstruation. L’organe génital de
la femme comprend :
208

- les ovaires, situés dans l’abdomen ou ils sont maintenus par des ligaments et par les
vaisseaux sanguins qui les nourrissent ; l’ovaire contient les cellules sexuelles
appelés ovules. Les ovules sont formés dès la naissance de la fille. A la puberté leur
croissance provoque une augmentation de la taille des ovaires.

7. Je m’entraîne

a) Présente sous forme de tableau de comparaison ; l’appareil génital de l’homme et


celui de la femme.
b) Réalise le schéma d’un appareil génital de la femme et légende chaque partie.
- représente le trajet des spermatozoïdes par une flèche bleue et le trajet de
l’ovule par une flèche rouge ;
- explique ce qui se passera si les deux flèches se rencontrent.

8. Lexique

Follicule : formation anatomique en forme de sac qui entoure un organe et/ou secrète ou
excrète une substance.
Spermicide : substance chimique qui tue les spermatozoïdes.
Flagelle : organe locomoteur du spermatozoïde.
Muqueuse : membrane qui tapisse les cavités de l’organisme et qui est lubrifiée par la
sécrétion de mucus.
209

DEUXIEME SEMAINE D’INTEGRATION


210

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur les organes génitaux et leur


fonctionnement ainsi que les savoir-faire méthodologiques.
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
211

CB2_P2_Situation d’intégration 1

Les organes génitaux et leur fonctionnement

L’appareil génital humain se compose de différents organes eux-mêmes constitués de


tissus. L’organe essentiel est la glande génitale : testicule ou ovaire dont l’activité se
développe beaucoup à la puberté.

Les deux schémas ci-dessous représentent les appareils reproducteurs des deux sexes
chez l’espèce humaine.

1) Nomme les appareils représentés par les schémas A et B.


2) A partir de la liste des organes cités ci-dessous qui constituent l’appareil génital,
attribue un nom d’organe à chaque numéro indiqué en légende.
- Vessie, canal déférent, pénis, vésicule séminale, testicule, prostatite,
urètre ;
- Vulve, ovaire, vagin, utérus, trompe, pavillon.
212

CB2_P2_Situation d’intégration 2

Le trajet des spermatozoïdes et de l’ovule

L’organe essentiel de reproduction humaine est la glande génitale : testicule ou ovaire


dont l’activité se développe beaucoup à la puberté.

Le schéma ci-contre représente l’appareil


génital de la femme.

a) Reproduise le schéma et légende les


organes représentés par les chiffres.
b) Représente en couleur bleue le
trajet des spermatozoïdes et en
rouge le trajet de l’ovule.
c) Qu’est-ce qui pourrait se produire
au point de rencontre des deux
flèches ?
d) Trace une flèche verte pour
représenter le trajet de l’œuf et de l’embryon.

Situation à caractère évaluatif

Une femme a noté sur un calendrier la date d’apparition et la durée moyenne de ses
règles durant cette période.

Mai Juin juillet


L M M J V S D L M M J V S D L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 1 2
8 9 10 11 12 13 14 5 6 7 8 9 10 11 3 4 5 6 7 8 9
15 16 17 18 19 20 21 12 13 14 15 16 17 18 10 11 12 13 14 15 16
22 23 24 25 26 27 28 19 20 21 22 23 24 25 17 18 19 20 21 22 23
29 30 31 26 27 28 29 30 24 25 26 27 28 29 30
31

1) Que représentent les zones colorées en rouge sur le calendrier ?


2) Quelle est la durée de chaque cycle ?
3) Quelle peut être la date probable de l’ovulation ?
4) Quelle peut être la date prévisible de la prochaine règle et la date possible de
l’ovulation ?
213

Leçon 3 : La fécondation et le développement de l’embryon

1. Objectifs

A la fin de la leçon, je dois être capable de :


- définir les termes et expressions suivants : fécondation, fœtus, embryon,
organes annexes, amnios, placenta, nidation ;
- décrire les différentes étapes de la fécondation ;
- expliquer les fonctions des organes annexes ;
- expliquer le processus de la nidation et du développement de l’embryon.

2. J’observe

Lorsque deux êtres vivants (homme et femme) se rencontrent et qu’il y ait eu un


rapport sexuel à une période féconde de la femme, il se produit la fécondation.Les
spermatozoïdes sont déposés dans le vagin et le parcourt commence en suivant le trajet
pour atteindre la trompe puis l’utérus.
214

Problèmes scientifiques :
- comment se déroule la fécondation chez la femme ?
- comment se développe l’embryon humain ?
- comment s’effectue la nidation de l’embryon ?
- comment les organes annexes interviennent-ils dans le développement du fœtus ?

3. J’expérimente/Je vérifie

Le maintien de la vie d’une génération à


une autre n’est possible que par la
reproduction sexuée.
A partir des images observées ci-contre,
peux-tu affirmer, en démontrant que la
fusion d’un gamète mâle (le
spermatozoïde) et d’un gamète femelle
(ovule) donne la vie ?

4. J’apprends

La fécondation est l’union du gamète mâle (spermatozoïde) et du gamète femelle


(ovule) après les rapports sexuels (copulation) et qui conduit à la formation d’un œuf.

4.1. Les étapes de la fécondation

 La copulation

La copulation ou le rapport sexuel


entre un homme et une femme est la
première phase de la reproduction.
La pénétration du pénis dans le
vagin, induit l’orgasme qui aboutit à
l’éjaculation du sperme contenant de
spermatozoïdes ; déposés au fond du
vagin.Ils seront ensuite propulsés
par leurs flagelles dans le col de
l’utérus puis vers la trompe.
Lorsqu’un spermatozoïde féconde un
ovule, l’œuf fécondé descend dans
l’utérus c’est la nidation.L’embryon y
poursuivra son développement
pendant les neuf mois de la
grossesse.
215

 De l’œuf à l’embryon

Quelques heures après la


fécondation, l’œuf (cellule-œuf)
commence à se diviser.Les
cellules se multiplient et se
répartissent en deux groupes :
- les unes portent une
enveloppe protectrice ;
- les autres se groupent en un
disque : le futur embryon. ❶Rencontre des ❷ Pénétration d’un seul
spermatozoïdes avec l’ovule spermatozoïde.
L’œuf fécondé dans la trompe se
divise tout en progressant vers
l’utérus. Pendant sa migration,
l’œuf vit de ses réserves et des
sécrétions des voies génitales.

Sept jours après la fécondation, il


s’implante dans la muqueuse
utérine prête à l’accueillir. C’est
la nidation. A ce stade, la petite
sphère creuse compte une
centaine de cellules
❸ Les deux noyaux sont prêts ❹ Après la fusion des noyaux,
différenciées : à fusionner la cellule-œuf est formée.

- en futur embryon,
- en couches externes qui développent des prolongements : les villosités qui
s’enfoncent dans la muqueuse utérine épaisse, gonflée de sang.

Cette masse de cellules pénètre activement dans la muqueuse où elle y est


complètement enfouie au 10ème jour suivant la fécondation.

 Les organes annexes

En même temps que l’embryon, se développent les organes annexes :


- l’amnios (du grec amnios = membrane) enveloppe qui délimite la cavité pleine de
liquide dans laquelle baigne l’embryon. Le liquide amniotique joue en particulier un
rôle protecteur contre les chocs éventuels ;

- le placenta formé par les villosités qui se ramifient en direction d’espaces remplis de
sang maternel provenant des vaisseaux de l’utérus. Le placenta étroitement lié à la
paroi de l’utérus, est à la fois un organe de fixation et d’échange avec la mère. Mais le
sang du futur bébé et de la mère ne se mélange pas. Le placenta est relié à l’embryon
par le cordon ombilical. Il subsistera durant toute la période de la grossesse et
sécrète des hormones qui maintiennent l’état de la grossesse.

Les échanges entre la mère et le futur bébé sont multiples. Il s’agit de :


216

- échanges respiratoires : l’oxygène du sang de la mère passe vers le sang de


l’embryon, le dioxyde de carbone passe du sang de l’embryon vers celui de la mère ;
- échanges nutritifs : l’embryon reçoit de sa mère les nutriments nécessaires à sa
croissance, il rejette l’eau qu’il n’utilise pas et les déchets.

Le placenta assure l’alimentation, la respiration, l’excrétion de l’embryon ; l’embryon vit


aux dépens de sa mère. Le placenta se laisse franchir par les substances
antimicrobiennes que la mère a fabriquées : le fœtus est ainsi protégé contre certaines
maladies.

4.2 Développement de l’embryon

La croissance de l’embryon En grandissant, le fœtus comprime les organes abdominaux


de sa mère et repousse le diaphragme vers le haut

A partir de la 9ème semaine, l’embryon est devenu un fœtus. Il ne mesure que quatre (4)
centimètre de long, mais tous ses organes sont en place. Le cerveau n’est pas encore
entièrement formé. Les cellules cérébrales établissent de contacts les unes avec les
autres pour former les premières voies nerveuses. Sa sensibilité et sa motricité évoluent,
ses mouvements sont perçus par sa mère à partir de la seizième semaine. Au 5ème mois,
tous les organes sont formés. Il mesure environ 30 cm. A partir du 6ème mois, les
battements cardiaques sont perceptibles au stéthoscope, le rythme est très rapide.

A la fin de la période embryonnaire (fin du 2ème mois), tous les organes sont en place
sous forme d’ébauches. L’embryon ayant acquis l’aspect et les caractéristiques
essentielles de l’espèce humaine prend le nom de fœtus (début du 3ème mois).

Ce sont surtout les phénomènes de croissance qui caractérisent la vie fœtale : croissance
de la taille, (entre le 3ème et le 6ème mois), croissance de la masse (entre le 7ème et le 9ème
mois). Les organes et les appareils poursuivent aussi leur développement.
217

La durée moyenne de la grossesse chez la femme est d’environ 280 jours soit quarante
semaines lorsqu’on prend pour point de départ le premier jour des dernières règles
appelé aussi Date des Dernières Règles (DDR).

4.3 Hygiène et surveillance de la grossesse, la consultation prénatale

 La surveillance de la femme

Une femme enceinte doit se soumettre régulièrement aux consultations prénatales


médicales prévues par les textes en matière de la santé maternelle et infantile.

Une femme enceinte doit observer une certaine hygiène de vie ; elle doit bien se nourrir
c'est-à-dire de façon équilibrée et éviter de consommer certaines substances toxiques
(alcool, cigarettes…) ainsi que la prise des médicaments non ordonnés par le médecin.
Des exercices physiques bien choisis permettent aux muscles abdominaux d’assurer le
maintien de l’utérus.

 La surveillance du fœtus

L’échographie est une méthode d’observation du fœtus absolument inoffensive fondée


sur l’emploi des ultrasons.

5. 5. Je m’exerce

- Définis les termes suivants : la fécondation, fœtus, embryon, organes annexes,


amnios, placenta, nidation.
- Décris les différentes étapes de la fécondation.
- Explique le processus de la nidation et du développement de l’embryon.
- Explique les fonctions des organes annexes.

6. Je retiens

La fécondation est l’union du gamète mâle (spermatozoïde) et du gamète femelle (ovule)


après les rapports sexuels (copulation) et qui conduit à la formation d’un œuf.
L’œuf fécondé dans la trompe se divise tout en progressant vers l’utérus. Pendant sa
migration, l’œuf vit de ses réserves et des sécrétions des voies génitales.
La durée moyenne de la grossesse chez la femme est d’environ 280 jours soit quarante
semaines lorsqu’on prend pour point de départ le premier jour des dernières règles
appelé aussi Date des Dernières Règles (DDR).
Une femme enceinte doit observer une certaine hygiène de vie ; elle doit bien se nourrir
c'est-à-dire de façon équilibrée et éviter de consommer certaines substances toxiques
(alcool, cigarettes…) ainsi que la prise des médicaments non ordonnés par le médecin. Des
exercices physiques bien choisis permettent aux muscles abdominaux d’assurer le
maintien de l’utérus.
218

7. Je m’entraîne

Le schéma ci-contre
présente les étapes de la
fécondation et du
développement de
l’embryon.

Décris les phénomènes qui


caractérisent la fécondation
et le début de la vie.

8. Lexique
219

TROISIEME SEMAINE
D’INTEGRATION
220

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur la fécondation et le développement


de l’embryon chez l’espèce humaine ainsi que les savoir-faire méthodologiques.
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
221

CB2_P3_Situation d’intégration 1

Le cycle sexuel

La prise quotidienne de température chez la


femme montre une variation au cours du cycle
comme indiqué dans la figure ci-contre. Elle
permet de repérer l’ovulation. Celle-ci est
généralement suivie d’une élévation de
température de quelques dixièmes de degré.

a) Décris l’évolution de la température au


cours du cycle.

La muqueuse qui tapisse l’utérus se modifie


au cours du cycle sexuel comme le présente le
schéma ci-contre.

b) Décris les variations de l’épaisseur de la


muqueuse en fonction du temps.
c) Nomme l’évènement qui correspond aux
cinq (5) premiers jours.
d) Explique l’origine du saignement au cours
du cycle.

Situation à caractère évaluatif

Les étapes de la fécondation

Les schémas ci-contre représentent quatre


étapes de la fécondation.

a) Reproduis ces schémas en les classant


dans l’ordre.
b) Explique votre classement.
c) Représente par un schéma ce que sera
l’étape suivante.
d) Explique le processus de la
fécondation.
222

Leçon 4 : Grossesse, accouchement et allaitement

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir les termes et expressions suivants : cordon ombilical, gonadotrope,
progestérone, œstrogènes, grossesse extra-utérine ;
- expliquer le déroulement de la grossesse, de l’accouchement et de
l’allaitement ;
- expliquerle rôle du placenta ;
- citer les différents types d’accouchements ;
- citer les différents types d’allaitements.

2. J’observe
223

La vie d’un individu de l’espèce humaine ne commence pas le jour de sa naissance, mais
neuf mois plus tôt, le jour de la fécondation et donc au début de la grossesse.

Problèmes scientifiques :
- comment se déroule la grossesse ?
- quels sont les principaux évènements qui accompagnent la grossesse ?
- comment se déroulement l’accouchement ?
- comment le nouveau-né est-il nourrit ?

3. J’expérimente/Je vérifie

4. J’apprends

4.1 La grossesse

La grossesse est l’ensemble des phénomènes se déroulant chez la femme entre la


fécondation et l’accouchement. Lorsque les règles qui devraient se produire (15jours
après la montée de la température) ; n’ont pas eu lieu ; on dit que c’est un « retard de
règles ». Les premiers signes qui marquent le début de la grossesse apparaissent. Il ‘agit
de :
- un gonflement des seins avec des mamelons plus foncés ;
- une fatigue générale ;
- des nausées et des vomissements ;
- une température élevée du corps ;
- une sensibilité accrue aux odeurs ;
- une augmentation de la fréquence des mictions et une humeur changeante etc.
224

Au cours de la grossesse, la présence de l’œuf entraine des modifications physiologiques


importantes. L’œuf humain a peu de réserves ; c’est le sang maternel qui apportera
l’oxygène et les aliments nécessaires au développement par l’intermédiaire du placenta,
relié à l’embryon par le cordon ombilical.Pour cela, la femme boit beaucoup d’eau,
l’appétit augmente, le corps produit plusieurs hormones principalement, l’hormone
gonadotrope, la progestérone et des œstrogènes.

Il existe aussi des grossesses anormales par exemple la grossesse extra-utérine. Cette
dernière se caractérise par la fixation de l’œuf dans la trompe.
225

Ainsi l’œuf fécondé n’atteint guère l’utérus et se développe à l’intérieur de la trompe.


Celle-ci, trop étroit se déchire ainsi que les vaisseaux sanguins qui lui sont accolés. La
femme ressent une violente douleur à cause de l’hémorragie interne.Il ya urgence d’’une
intervention chirurgicale.

A travers le placenta se réalise de nombreux échanges entre le sang de la mère et celui


de l’enfant qui ne se mélangent pas.Ces échanges sont entre autres :
- les substances nutritives : dioxygène, nutriments ;
- les déchets : dioxyde de carbone ;
- les substances chimiques (toxines microbiennes, médicaments …).
- les aliments et les déchets sont véhiculés par le cordon ombilical.

En grandissant, le fœtus comprime les organes abdominaux de sa mère et repousse le


diaphragme vers le haut.

Certains couples stériles peuvent procréer grâce à l’insémination artificielle ou à la


fécondation in vitro suivie de l’implantation de l’embryon.

4.2 L’accouchement

La naissance ou l’accouchement s’effectue en


trois grands moments :
- la dilatation : la phase de dilatation
dure 8 heures environ. Le col de l’utérus
s’ouvre peu à peu grâce à des contractions
automatiques, régulières de plus en plus
importantes des parois utérines. L’amnios se
déchire et le liquide amniotique s’écoule,
c’est la rupture de la poche des eaux.
- l’expulsion : l’expulsion de l’enfant
dure 1heure environ. Aux contractions de
l’utérus s’ajoute la poussée des muscles
abdominaux et du diaphragme, l’enfant
traverse le col de l’utérus, le vagin et la vulve, la tête de l’enfant sort la première
dans les 95% des cas.
226

- la délivrance : l’enfant est donc séparé de sa mère, lorsque l’on coupe le


cordonombilical, car il n’a plus besoin. Une demi-heureplus tard, se produit
l’expulsion du placenta : c’est la délivrance totale.

Après 3 à 4 jours qui suit l’accouchement, le reste de cordon ombilical tombe et laisse
une cicatrice sur l’abdomen de l’enfant, c’est le nombril.

 Les premiers instants du nouveau-né

Presque tous les organes d’un être humain fonctionnent déjà dans la vie intra-utérine,
excepté les poumons ; Dès que la tête du bébé apparait hors du vagin, l’enfant fait une
profonde inspiration qui déplisse les alvéoles pulmonaires et expire en poussant son
premier cri. A partir de ce moment, la respiration devient active et ne cessera qu’à la
mort.

 Les différentes sortes d’accouchement

L’accouchement s’opère de plusieurs manières :


- Accouchement normal : La fréquence de contraction est bonne, la rupture de la
poche des eaux est bonne, la position de la tête de l’enfant est bien fléchie, la
progression de la descente est normale ainsi que l’absence d’hémorragie et la
tension artérielle de la mère normale.

- Accouchement par les césariennes : si l’accouchement n’est pas possible par


voies naturelles à cause de l’étroitesse du bassin ou de la mauvaise présentation
du fœtus, le médecin intervient pour inciser la paroi abdominale et l’utérus pour
permettre l’extraction de l’enfant.

- Accouchement prématuré : il arrive que d’autres femmes accouchent avant la date


normale, donnant naissance à un enfant viable, mais prématuré ; c’est-à-dire une
naissance avant la 38ème semaine de la grossesse.

L’accouchement prématuré peut être causé par la malformation de l’utérus, le


fibrome (anomalie acquise de l’utérus) ; l’infection de la mère, le diabète, les
grossesses multiples ….

- Accouchements particuliers : il existe diverses anomalies de présentation,


rendant délicat l’accouchement, nécessitant une césarienne ou pas.

Exemples : la tête de l’enfant est peu fléchie dans la présentation du front, de la


face, dans la présentation du siège (au lieu que la tête se présente, c’est plutôt les
fesses).
227

4.3. L’allaitement

L’allaitement maternel assure la première phase du développement du nouveau-né.


L’enfant a désormais besoin d’être alimenté. La sécrétion du lait ne se produit pas
immédiatement après l’accouchement. Elle est précédée de la sécrétion d’un liquide de
couleur jaune foncé : lecolostrum.

Le lait commence environ 72heures qui précèdent l’accouchement. Les cellules


sécrétrices des glandes mammaires fabriquent le lait à partir des constituants du plasma
sanguin.Ils s’accumulent dans des cavités qui tapissent les cellules glandulaires ; lorsque
le bébé tète, le lait est expulsé dans les mamelons des seins.

Il existe trois sortes d’allaitement :


- allaitement maternel : l’enfant tète exclusivement le lait de sa mère.Le lait
maternel est un aliment complet, riche en protéines et parfaitement adapté à la
croissance du nourrisson. Il contient des substances appelées immunoglobulines
qui protègent l’enfant contre les infections microbiennes. Transmis directement
du sein aux lèvres du bébé, il n’est pas souillé et sa température est idéale.

- allaitement artificiel : Il est assuré par le lait de la vache stérilisé dont la


composition chimique sous forme de poudre à dissoudre dans de l’eau minérale
ou bouillie. La consommation de ce lait n’est pas toujours hygiénique, causant
beaucoup de maladies infectieuses microbiennes. On peut compléter cet
allaitement par le jus des fruits.Le lait artificiel est trop lourd et peut provoquer à
tout moment la constipation chez l’enfant.

- allaitement mixte : il est utilisé dans le cas ou la maman ne satisfait pas la ration
de l’enfant et que ce dernier n’augmente pas de poids. Les tétées doivent être
complétées par le biberon. On note les mêmes inconvénients que l’allaitement
artificiel.

L’alimentation de l’enfant doit se diversifier entre le 4ème et le 5ème mois, car le lait de la
maman s’appauvrit surtout en fer, cependant une alimentation en bouillie de farine, jus
de fruits…, peut compléter la ration alimentaire. C’est le début de sevrage. Une
alimentation exclusive à base de lait entraîne une anémie chez l’enfant et provoquant
chez ce dernier l’affaiblissement de l’organisme.

Le sevrage constitue le passage progressif de l’allaitement maternel à une alimentation


variée. Il doit être progressif. Le contrôle du poids de l’enfant est nécessaire pendant
cette période. Des erreurs peuvent conduire à des maladies de la malnutrition : le
kwashiorkor.

5 Je m’exerce

- Définis ce que c’est que la grossesse, le placenta, l’accouchement, l’allaitement.


- Explique pourquoi le fœtus a-t-il une croissance rapide dès que le placenta est
fonctionnel.
- Relève les inconvénients d’un allaitement artificiel et d’un mauvais sevrageou
d’un sevrage précoce.
228

6 Je retiens

La grossesse est l’ensemble des phénomènes se déroulant chez la femme entre la


fécondation et l’accouchement. La fécondation est la fusion du gamète mâle
(spermatozoïde) et du gamète femelle (ovule) après les rapports sexuels (copulation).
Alors commence la vie d’un nouvel être. Lorsque les règles qui devraient se produire (15
jours après la montée de la température) ; n’ont pas lieu. On dit que c’est un « retard de
règles ». Les premiers signes qui marquent le début de la grossesse apparaissent : le corps
change ainsi que les comportements de la femme. Celle-ci portera la grossesse durant 9
mois, puis s’en suivra l’accouchement ou la mise au monde de l’enfant.
L’accouchement peut être normal, prématuré ou compliqué (nécessité d’une césarienne).
Après l’accouchement, l’enfant a désormais besoin d’être alimenté. La sécrétion du lait ne
se produit pas immédiatement après l’accouchement. Elle est précédée de la sécrétion
d’un liquide de couleur jaune foncé : le colostrum. L’enfant peut être alimenté de plusieurs
moyens : l’allaitement maternel, l’allaitement artificiel, l’allaitement mixte.

7 Je m’entraîne

a) Nomme et définis les différentes étapes de l’accouchement.


b) Compare l’accouchement normal et l’accouchement par les césariennes.

8 Lexique

Anémie : diminution du nombre des globules rouges.


Immunoglobuline : substance fabriquée par l’organisme qui protège contre les microbes.
Embryon : ensemble des cellules provenant de l’œuf avant la formation des organes.
Fœtus : embryon ayant formé ses organes.
Stérile : infécond, improductif.
Miction : action d’uriner ;
Aménorrhée : absence de flux menstruel chez une femme en âge d’être réglée.
229

Leçon 5 : La régulation des naissances

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir les termes et expressions suivants : contraception, contrôle des
naissances ;
- déterminer les modes d’utilisation des différentes méthodes contraceptives ;
- dégager les avantages et les inconvénients de chacun des moyens
contraceptifs.

2. J’observe

Ce graphique présente
le cycle d’une femme
avec différentes
périodes féconde, non
féconde.
Une fécondationne peut
naturellement avoir
lieu qu’à la suite d’un
rapport sexuel ; mais
tous les rapports
sexuels ne conduisent
pas forcément à une
fécondation.
Problèmes scientifiques :
- comment déterminer la période féconde du cycle sexuel de la femme ?
- comment réguler les naissances ?
- comment agissent les contraceptifs ?

3. J’expérimente/Je vérifie

Ci-contre les graphiques


représentant les cycles
normaux et irréguliers de
Madame X et de Madame Y.

L’ovule est généralement


présent quatorze (14) jours
avant la fin prévue du cycle
féminin ; mais cela n’est
valable que si les cycles sont
d’une durée régulière de 28
jours.
230

En réalité, la période féconde d’une femme est difficile à déterminer car les cycles
féminins sont souvent irréguliers et variables d’une femme à une autre et en fonction de
l’âge.

4. J’apprends

La naissance d’un enfant est une joie dans la famille, c’est aussi une lourde
responsabilité pour des raisons professionnelles, familiales ou de santé. Pour éviter des
grossesses non souhaitées, plusieurs méthodes contraceptives sont disponibles eu égard
à la législation, ou en fonction de l’environnement socioculturel. Il existe plusieurs
méthodes contraceptives. L’utilisation des méthodes contraceptives présente aussi bien
des avantages que des inconvénients.

La contraception est l’ensemble des méthodes qui permettent à un couple d’avoir des
relations sexuelles en évitant les risques de grossesse non souhaitée. On distingue deux
types de méthodes : les méthodes naturelles et les méthodes artificielles

4.1 Les méthodes naturelles

- la méthode du retrait (le coït interrompu) : le rapport sexuel est interrompu


avant l’éjaculation. Cette méthode connait de taux d’échecs élevé, une petite
quantité de sperme suffit à la fécondation.
- les méthodes d’abstinence périodique : elles consistent à s’abstenir de relations
sexuelles pendant les périodes de fécondité ; celles-ci sont déterminées par la
méthode Ogino (du nom de Dr Ogino) : c’est une méthode très aléatoire qui
s’appuie sur le calcul de la période de fécondité située, entre les 12ème et 19ème
jours avant les règles. Mais, la date de l’ovulation est toujours imprévisible et la
fécondation est possible depuis le début du cycle.

- la méthode des températures : la température du corps de la femme varie au


cours du cycle ; quelle que soit la durée de celui-ci. Elle est toujours plus basse
avant l’ovulation qu’après. La femme doit prendre sa température rectale chaque
matin au réveil et au coucher.

Inconvénients : la méthode est contraignante, le jour de l’ovulation n’apparait pas


toujours nettement et la température peut varier à tout moment ;

Avantage : la méthode ne coûte rien et ne nécessite aucun moyen mécanique ou


chimique.

4.2 Les méthodes artificielles

 Les moyens chimiques

Les pilules contraceptives sont de plusieurs types : son efficacité est de 100% si la prise
est régulière. Elles sont composées de deux groupes d’hormones (œstrogènes et
progestérone) à des doses variables selon les cas. Ces comprimés contiennent des
hormones de synthèse, comparables aux hormones ovariennes qui freinent la sécrétion
231

des gonadostimulines hypophysaires qui empêchent l’ovulation et rendent impossibles


la fécondation.

Avantages : prise sous contrôle médicale, c’est la meilleure méthode contraceptive.


Inconvénients : il existe cependant un certain nombre de contre-indications.

Types de pilule Substances Effets Utilisation


contenues
pilule Œstrogènes et Bloque l’ovulation 21 jours de prise de
progestatifs Epaissit la glaire cervicale pilule
7 jours d’arrêt
Mini pilule Œstrogènes et Peut bloquer l’ovulation 21 jours de prise de
progestatifs à dose Epaissit la glaire cervicale pilule 7 jours
plus faibles Empêche la nidation d’arrêt
Pilule progestative Progestatifs Epaissit la glaire cervicale prise sans
seuls Empêche la nidation interruption

- la micropilule : elle ne contient qu’une seule hormone ; la progestérone de


synthèse qui est prise à dose faible. Elle n’empêche pas l’ovulation mais rend
imperméable la glaire du col de l’utérus aux spermatozoïdes. Son efficacité est
bonne, mais pas absolue.
- l’injection trimestrielle de progestatifs ; une injection intramusculaire de
progestérone dans une solution retard à une action comparable à la pilule œstro-
progestative et supprime le souci de la prise quotidienne. Son efficacité est
excellente, mais ses inconvénients sont nombreux.
- l’implant : c’est un bâtonnet flexible de la taille d’une allumette. Il est inséré, sous
anesthésie locale au niveau de la face interne du bras, grâce à un petit piston
applicateur. Il peut être retiré à tout moment. L’implant diffuse lentement un
progestatif en continu, et est efficace à 100%, pour une durée de trois ans
minimum. Il est conseillé aux femmes qui ont une contre indication aux
œstrogènes de synthèse et au stérilet. Cette méthode élimine tout risque d’oubli.

La méthode contraceptive empêche l’ovulation rendant inoffensifs les spermatozoïdes,


ou bien elle peut agir sur la muqueuse utérine en la rendant incapable d’accueillir un
embryon ou encore elle agit sur les glandes endocrines qui régule le cycle menstruel.

La température interne varie d’une femme à l’autre. Cependant on observe toujours


après l’ovulation un plateau de températures élevées. Le décalage thermique permet de
repérer la période inféconde (entre le 3ème jour qui suit l’ovulation et le 1er jour des
règles)

 Les méthodes mécaniques de contraception

Ils comprennent les stérilets, les préservatifs, le diaphragme, les spermicides etc. Ces
divers moyens n’ont pas les mêmes mécanismes d’action, ni les mêmes indications.

- le stérilet est un petit appareil en matière plastique de 3 à 4 cm de long, pesant


200 à 300 mg autour duquel s’enroule le plus souvent une fine spirale de cuivre.
Seul un médecin est habileté à le placer à l’intérieur de la cavité utérine, le fil
dépasse de quelque centimètre le col.
232

Le stérilet doit être placé dans l’utérus de la femme pour une période de 2 ans
maximum et renouvelable en cas de besoin. Cette méthode ne s’utilise qu’à une femme
qui a déjà eu au moins un enfant. Les stérilets ne suppriment pas la fécondation, mais
empêchent la nidation de l’œuf.

Un stérilet Position d’un stérilet dans l’utérus

Les stérilets sont déconseillés aux jeunes filles car, ils peuvent provoquer des infections
conduisant à la stérilité.

Avantages : ces contraceptifs permanents sont mis en place pour deux ans renouvelable
en cas de besoin.

Inconvénient : ils ne sont pas efficaces à 100%, ils peuvent être expulsés par l’utérus.
Aussi ils ne sont pas bien supportés par les femmes.

Le médecin ou le personnel d’un centre de santé est le seul interlocuteur privilégié pour
aider la femme à faire le choix de méthode contraceptive adaptée à :
- son âge, son état de santé (maladies, infections gynécologiques, avortements
spontanés etc.) ;
- la proximité d’un centre de santé ou de planification ;
- la possibilité de se procurer régulièrement le contraceptif proposé ;
- la fréquence des relations, les risques d’infections sexuellement transmissibles ;
- les impératifs d’ordre religieux, interdisant
certaines méthodes.

- Les préservatifs

Le préservatif masculin : c’est un étui de caoutchouc


mince qui enveloppe le pénis comme un gant et
empêche le dépôt des spermatozoïdes dans le vagin.
Avantages : l’utilisation est commode, c’est un
moyen de prévention contre les infections sexuellement transmissibles (IST).
233

Inconvénients : risque d’échecs dus à une éventuelle déchirure du préservatif.

Ils doivent être conservés à l’abri de la chaleur, de la lumière directe du soleil et d’une
humidité excessive. Ne pas les ranger à côté d’objets durs qui peuvent les détériorer.
Vérifier la date de péremption sur l’emballage.

Le préservatif féminin ou diaphragme

Le diaphragme ou préservatif féminin (fémidom) Associé à un produit spermicide, le diaphragme arrête les
spermatozoïdes à l’entrée du col de l’utérus.
Avantage : c’est une bonne méthode.

Inconvénients : son utilisation est impossible en cas de malformation du vagin ou du col


de l’utérus ; il doit être mis plusieurs heures avant le rapport sexuel.
Les crèmes et les ovules spermicides : ils sont utilisés avant chaque rapport sexuel, avec
les préservatifs pour les crèmes ou seuls pour les ovules ; sont destinés à tuer les
spermatozoïdes.

Les ovules sont placés dans le vagin de la femme. Il faut toutefois savoir que ces produits
sont irritants pour les muqueuses et peu efficaces du point de vue contraceptif.
Il existe des méthodes chirurgicales conduisant à une stérilité définitive, irréversible,
telle que :
- les castrations ; opération consistant à supprimer les fonctions sexuelles des
testicules ;
- la ligature des trompes ou élimination des ovaires empêchant l’ovule de gagner
la cavité utérine.

5. Je m’exerce

- Enumère les types de pilules et cite leurs constituants.


- Explique la pratique d’utilisation des préservatifs masculin et féminin.
- Cite les avantages et les inconvénients du port du stérilet.
234

6. Je retiens

La contraception est l’ensemble des méthodes qui permettent à un couple d’avoir des
relations sexuelles en évitant les risques de grossesse non souhaitée. Ces méthodes de
contraception sont entre autres :

Les méthodes naturelles telles que la méthode du retrait ou la méthode d’abstinence ;


Les moyens mécaniques de contraception comprennent :
- les stérilets ;
- les préservatifs.
Ces divers moyens n’ont pas les mêmes mécanismes d’action, ni les mêmes indications.

Les moyens chimiques : ce sont les contraceptifs oraux (les pilules, les micropilules), les
produits injectables les spermicides…

Tous ces moyens de contraceptions permettent de réguler les naissances, mais leur
utilisation comporte moins d’avantages que d’inconvénients.

7. Je m’entraîne

1) Décris les différentes méthodes de contrôle de naissance.


2) Décris les avantages et les inconvénients des méthodes naturelles et artificielles de
contraception.

8. Lexique

Contraception : ensemble de méthodes réversibles et temporaires permettant d’éviter


les grossesses non désirées et les accouchements rapprochés.
Hormone : substance chimique sécrétée par un organe, véhiculée par le sang et qui agit
sur d’autres organes.
Spermicide : substance chimique qui tue les spermatozoïdes.
Ovulation : expulsion de l’ovule par l’ovaire.
235

QUATRIEME SEMAINE
D’INTEGRATION
236

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur la grossesse, l’accouchement,


l’allaitement et la régulation des naissances ainsi que les savoir-faire
méthodologiques.
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
237

CB2_P4_Situation d’intégration 1

L’appareil génital de la femme a un fonctionnement qui permet la fixation de l’embryon


si la fécondation a eu lieu.

a) Mets en évidence la coordination des phénomènes au niveau des différents organes,


en te servant du document ci-dessous.
b) Cite les renseignements fournis par la courbe des températures.

c) Au cours du cycle sexuel, on observe une variation de température rectale chez la


femme. Ainsi, une jeune fille réglée le 16 avril a une température matinale qui oscille
autour de 36°C jusqu’au 03 mai. Sa température s’élève ensuite à 37,2°C jusqu’au 17
mai, puis descend à 36,5°C le 18 mai.
- Dis quelle est la durée de son cycle.
- Détermine : (i) la date d’ovulation ; (ii) le jour du cycle auquel cela
correspond ; (iii) la date des prochaines règles dans le cycle sexuel de cette
femme.
d) Explique la signification des règles dans le cycle de la femme.
238

CB2_P4_Situation d’intégration 2

Il arrive parfois que l’ovule fécondé (œuf) s’implante accidentellement dans la trompe.
C’est la grossesse extra-utérine. La trompe se rompt entraînant des hémorragies graves
qui mettent la vie de la femme en danger.

Le rétrécissement des trompes sur une


partie de leur longueur, des contractions
insuffisantes de la paroi des trompes sont
deux des causes des grossesses extra-
utérines.

1. Formule des hypothèses pour


expliquer cette anomalie.
2. Dis quelles sont les précautions à
prendre pour diagnostiquer cette
anomalie.

Les figures ci-dessous représentent les courbes thermiques d’une femme enceinte et
d’une femme dont le cycle ovarien est de 28 jours. Compare les deux courbes.

Courbe de température avec grossesse (n°1)

Courbe des températures, normale (n°2)


239

Leçon 6 : Les principales IST et leurs caractéristiques

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir le sigle IST ;
- identifier et nommer les principales IST ;
- décrire les caractéristiques des principales IST ;
- classer les IST en fonction des agents responsables ;
- expliquer les conséquences des IST sur l’individu et la société ;
- citer les moyens de lutte contre les IST.

2. J’observe

L’organisme humain est exposé en permanence à la pénétration des corps étrangers


parmi lesquels les microbes, occasionnant de multiples infections microbiennes. Les
infections sexuellement transmissibles sont en nette expansion depuis quelques années
surtout chez les jeunes adolescents.
Problèmes scientifiques :
- comment reconnaître les symptômes d’une infection sexuellement transmissible ?
- comment se transmet l’agent responsable d’une IST ?
- comment l’agent responsable d’une IST agit dans l’organisme ?

3. J’expérimente/Je vérifie

Agent Durée Symptômes


L’IST
responsable d’incubation Chez l’homme Chez la femme
Gonococcie Inflammations, brûlures
Bactérie : Peu de symptômes nets.
(blennorragie) 2 à 5 jours intenses en urinant.
Gonocoque Parfois pertes vaginales.
Ecoulement de pus
Syphilis Stades 1 et 2 : chancre d’inoculation sur les organes
génitaux, l’anus ou la bouche. Trois mois plus tard,
Bactérie :
2 à 6 semaines apparition de petites taches roses sur tout le corps.
Tréponème
Stade 3 : plusieurs années après, atteintes nerveuses
graves.
Trichomonase Protozoaires : Plusieurs Pas de symptômes ou Pertes vaginales avec
Trichomonas semaines léger écoulement du pénis brûlures et démangeaisons
240

Lis attentivement le tableau ci-dessus, identifie l’agent responsable de chaque IST puis
indique quels sont les organes qui sont atteints.

4. J’apprends

Les infections sexuellement transmissibles (IST), anciennement appelées maladies


sexuellement transmissibles (MST), sont des maladies infectieuses et contagieuses
contractées principalement lors de contacts sexuels non protégés avec une personne
infectée, bien que certaines puissent également se transmettre par voie non sexuelle
(sanguine notamment).

Les IST peuvent être causées par des micro-organismes pathogènes très divers :
bactéries, champignons microscopiques, protozoaires, ou virus.
Les principales IST d’origine bactérienne sont la blennorragie (due à la bactérie
Neisseria gonorrheae), la syphilis (Treponema pallidum), le chancre mou (Haemophilus
ducrey), et la maladie de Nicolas-Favre (Chlamydia trachomatis).

Les infections à champignons sont principalement représentées par les candidoses


(champignons du genre Candida).Parmi les IST dues à des protozoaires, signalons la
trichomonase (Trichomonas).
Enfin, les principales IST virales sont le sida, l’hépatite B, l’herpès et les infections à
papillomavirus.

4.1 La blennorragie ou Gonococcie

La blennorragie gonococcique, ou gonococcie, ou


chaude pisse, est une infection sexuellement
transmissible (IST), de type infectieux, qui touche
principalement les membranes muqueuses du système
urogénital et peut donner lieu à de graves
complications. Elle est causée par une bactérie appelée
gonocoque ou Neisseriagonorrheae. Le symptômele
plus marquant est l’écoulement de pus au niveau des
organes génitaux. Ce pus apparaît après une période d'incubation de deux à sept jours.

 Chez l’homme
De deux à dix jours après le contact infectant, l’homme présente les symptômes
suivants : sensation de brûlures au moment de la miction (d’où le nom de chaude pisse
aussi donné à cette maladie) ; démangeaison et émission du pus par l’orifice urinaire
(c’est la blennorragie).

La blennorragie est plus apparente chez les hommes, qui présentent un écoulement aigu
de pus au niveau de l'urètre. Abondant au départ, le pus devient plus épais et plus gras.
Le passage de l'urine s'obstrue progressivement au cours de l'inflammation de la
prostate.

Sans traitement, les sécrétions de pus deviennent plus abondantes, les urines
deviennent troubles, la douleur en urinant augmente et tout le canal de l’urètre va être
241

atteint. Un diagnostic rapide et un traitement efficace permettent de bien soigner


l’urétrite gonococcique à son début.

Après un traitement mal conduit les complications apparaissent sous différentes


formes :
- l’urétrite chronique caractérisée par un écoulement persistant avec des
picotements du canal urétral, mais le gonocoque n’est pas retrouvé dans
l’écoulement ;
- l’épididymite (inflammation de l’épididyme, petit organe situé au dessus des
testicules et qui sert de lieu de maturation des spermatozoïdes) et l’orchite
(inflammation des testicules) gonococcique caractérisés par l’atteinte de la
prostate, les glandes de Cowper et séminales.

L’atteinte chronique des vésicules séminales provoque une altération du sperme. Les
épididymites et les orchites gonococciques entraînent des douleurs dans les testicules. Si
les deux côtés sont atteints, le malade peut devenir stérile.
- Le rétrécissement de l’urètre : les
inflammations répétées de l’urètre rendent
ce canal irrégulier. Le conduit se rétrécit
par endroit. Quand le rétrécissement est
important, il faut placer les sondes pour
faire évacuer les urines.
- Les abcès et les fistules (voies anormales
d’écoulement d’un liquide dans ou hors de
l’organisme) : après de nombreuses
infections gonococciques, l’urètre s’ouvre
sur la peau, près de la racine de la verge ou
sur le scrotum provoquant une sortie de
l’urine à travers ces ouvertures.

Si l’homme se contamine de nouveau auprès des partenaires infectées, c’est une


réinfestation. Plus les réinfestations sont nombreuses, plus les risques de chronicité et
de complication sont grands.

 Chez la femme

Chez la femme, les voies génitales étant différentes des voies urinaires, la gonococcie est
muette (indolore), la femme ne se rend pas compte qu’elle est malade. Mais elle est une
source d’infection pour ses partenaires. Cette période initiale est donc sournoise et
particulièrement dangereuse du fait de sa contagiosité. L'infection envahit l'urètre, le
vagin et le col de l'utérus. Le plus souvent, il n'y a pas ou très peu de symptômes
précoces, bien que l'écoulement et l'irritation des membranes muqueuses vaginales
puissent être graves.

La femme commence à s’inquiéter lorsqu’elle note les symptômes suivants : des


douleurs en urinant, des pertes blanches, des douleurs de la vulve, des douleurs de bas-
ventre et du dos, un abcès au niveau des grandes lèvres vulvaires qu’elle découvre en
faisant sa toilette.
242

Mal soignée, la maladie atteint toutes les parties de l’appareil génital féminin et les
complications suivantes apparaissent : la vulvo-vaginite gonococcique est une
infection de la vulve et du vagin. Elle s’accompagne de pertes blanches plus abondantes ;
la cervicite est une inflammation du col et de l’utérus. Elle devient rapidement
chronique. Les petites glandes du col utérin infectées sécrètent une glaire moins
abondante et les possibilités de grossesse sont diminuées.

La pelvipéritonite est une infection gonococcique généralisée du bas-ventre. L’utérus,


les ovaires, les trompes portent de nombreux abcès qui provoquent une très forte fièvre,
des vomissements et de violentes douleurs abdominales.

Si une trompe est infectée par le gonocoque (ou les deux), la paroi fragile qui la tapisse
intérieurement se cicatrise mal et la trompe peut ne plus permettre le passage des
spermatozoïdes. Si les deux trompes sont infectées et bouchées par suite de mauvaise
cicatrisation, c’est la stérilité définitive.

 Traitement

L'infection à gonocoques se diagnostique aisément en colorant un frottis de pus afin de


détecter le germe. À un stade précoce, le traitement est en général efficace. Si la maladie
n'est pas traitée, chez l'homme, les symptômes précoces s'estompent mais l'infection
peut toucher les testicules et provoquer une stérilité. Chez la femme non traitée,
l'infection passe en général du col vers l'utérus et les trompes de Fallope, provoquant
une atteinte inflammatoire pelvienne.

La pénicilline est un antibiotique couramment utilisé pour traiter l'infection à


gonocoques, pourtant il apparaît un nombre croissant de souches résistantes. Parmi
d'autres antibiotiques, on trouve la tétracycline, la spectinomycine et les plus récents,
appelés céphalosporines, dont l'un, la ceftriaxone, peut traiter les blennorragies simples,
y compris les infections résistantes à la pénicilline, en une seule injection.
Un des points les plus délicats dans le contrôle de cette maladie est de localiser tous les
partenaires sexuels récents d'une personne infectée, afin de prévenir une dissémination
ultérieure de la maladie.

4.2 La syphilis
La syphilis est une IST très grave
due à une bactérie, le tréponème
pâle (Treponema pallidum),
microorganisme, très mobile, en
forme d’un tire- bouchon.
La syphilis existe sous deux
formes : une forme de l’adulte et
une forme de l’enfant (syphilis
congénitale), transmise de la mère
au fœtus lors de la grossesse. La bactérie responsable de la syphilis (Tréponème)

Dans la majorité des cas, la contamination se fait par contact sexuel, notamment si la
peau ou les muqueuses présentent des lésions qui permettent à la bactérie de pénétrer
dans l’organisme.
243

Le microbe pénètre dans l’organisme à travers une muqueuse (même dépourvue de


lésion) et gagne le système lymphatique.Sa dissémination dans le corps est très rapide
(quelques heures après la contamination).La maladie est contractée au cours de contacts
ou de rapports sexuels avec une personne contagieuse.Dans des cas rares, elle peut être
transmise par voie sanguine. La transmission peut aussi se faire de la mère à l’enfant à
travers le placenta (syphilis congénital).

 Evolution de la Syphilis chez l’adulte

Quelques aspects de la syphilis.


A. Le chancre d’inoculation, première manifestation de la maladie, est une plaie indolore.
B. Ces petites taches de roséole, qui passent souvent inaperçues, signent la syphilis secondaire.
C. Les syphilides sont surtout abondantes aux plis de flexion des mains et des pieds.

a) Stade primaire

Les premiers signes cliniques apparaissent après une période d’incubation


asymptomatique (sans symptôme visible) d’une durée de deux (2) à six (6) semaines. Il
s’agit tout d’abord d’une petite lésion (de 0,5 à 1 cm de diamètre) indolore de couleur
rose, circulaire ou elliptique, appelée chancre, qui se développe au point d’entrée de la
bactérie, le plus souvent sur les organes génitaux. Il s’en écoule un liquide clair
extrêmement contagieux (car renfermant de très nombreuses bactéries). Le chancre
syphilitique disparaît spontanément au bout de 4 à 6 semaines.

b) Stade secondaire

La période secondaire, qui survient en moyenne 6 semaines plus tard (mais parfois
jusqu’à 4 ans après), est caractérisée par des éruptions cutanées généralisées. La
première floraison consiste en l’apparition de taches roses sur le tronc (roséole) et
d’ulcères non douloureux autour des muqueuses (bouche et régions génitales). La
seconde floraison consiste en l’apparition de taches brun-rouge sombre infiltrées sous la
peau, les syphilides, généralement localisées sur la paume des mains, la plante des pieds,
le visage (sillon nasogénien), autour de la bouche et de l’anus.

Les diverses lésions cutanées associées à la période secondaire, indolores, sont très
contagieuses. Par ailleurs, les phases d’éruption sont accompagnées de maux de tête, de
244

fièvre et d’un gonflement des ganglions lymphatiques. La période secondaire peut durer
de quelques mois à 2 ans.

c) Période de latence

Ce stade est caractérisé par l’absence de signes cliniques, mais par l’atteinte
inflammatoire des organes internes. Il dure de 2 à 30 ans.

d) Stade tertiaire

Dans la plupart des cas, les malades développent, au bout de 10 à 20 ans, une syphilis
tertiaire, ou syphilis symptomatique tardive. Des nodules appelés gommes apparaissent
dans les tissus sous-cutanés, les muqueuses et les organes internes. Ces gommes
peuvent être responsables de lésions osseuses importantes. Le foie et les reins peuvent
également être touchés, ainsi que les autres viscères ; l’atteinte du cœur et des
principaux vaisseaux sanguins est responsable de la plupart des décès. L’infection de
l’utérus peut être à l’origine de fausses couches, de naissances d’enfants mort-nés ou
atteints de syphilis congénitale.

Chez les malades en période tertiaire, la syphilis se complique d’atteintes du système


nerveux central (neurosyphilis)aux manifestations variables : asymptomatique chez
certains patients, elle peut provoquer une confusion mentale, atteinte de la mémoire,
aphasie, démence (dite démence syphilitique), ainsi qu’un syndrome de paralysie
générale affectant à la fois les facultés motrices et intellectuelles. Plus tardivement, chez
certains patients, la neurosyphilis peut provoquer une atteinte de la moelle épinière
appelée tabès dorso-lombaire (ou ataxie locomotrice progressive). Ce tabès se traduit
notamment par une perte de la coordination musculaire, une incontinence et une
diminution des réflexes.

Durée très Contamination


approximative 20 jours 50 jours 2 ans 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans
incubation Syphilis Syphilis
Syphilis tertiaire
Principales primaire secondaire
phases de la
Syphilis récente Syphilis latente Syphilis tardive
maladie
Chancre. Roséole. Autres Graves lésions localisées au niveau :
Signes ou
Aucun Gonflement des lésions Aucun du système nerveux,
symptômes
symptôme ganglions cutanées. symptôme. des vaisseaux sanguins,
apparents
lymphatiques syphilides des os.

Examen du Aucun
Permet de diagnostiquer la maladie de façon certaine.
sang symptôme

Les lésions fourmillent de tréponèmes et sont très Le malade est considéré comme non
Contagiosité
contagieuses contagieux
Le traitement Traitement aux résultats incertains.
Effet du Guérison rapide et totale interrompt la Ne peut pas modifier les lésions
traitement maladie irréversibles
245

 Evolution de la Syphilis congénitale

Le tréponème de la syphilis peut se transmettre de la femme enceinte contaminée au


fœtus. Cette syphilis de l’enfant, appelée syphilis congénitale, peut se manifester de
façon précoce (de la période fœtale jusqu’à l’âge de 2 ans) ou tardive (au-delà de 5 ans).

- La syphilis congénitale précoce apparaît entre la naissance et l’âge de deux


(2) ans, et touche de nombreux tissus et organes (yeux, peau, muqueuses, os,
organes internes comme les reins et les poumons…).
- La syphilis congénitale tardive se développe entre cinq (5) et dix (10) ans.
Entre autres lésions, elle est notamment caractérisée par une atteinte du
système nerveux.

Par ailleurs, il peut exister une syphilis congénitale latente, asymptomatique, qui ne peut
être révélée que par des tests de dépistage.

Lorsque la syphilis congénitale se déclare in utero, elle provoque généralement la mort


du fœtus et un avortement spontané (« fausse couche »). Quant elle apparaît entre la
naissance et l’âge de 2 ans, elle est associée à un taux de mortalité élevée (20 p. 100). De
façon générale, plus la syphilis congénitale se déclare tôt chez l’enfant, plus le pronostic
est sombre.

 Diagnostic, traitement et prévention de la Syphilis

a) Diagnostic

Le diagnostic de la syphilis se fonde tout d’abord sur l’identification des symptômes des
premier et second stades de la maladie. Ceux-ci peuvent néanmoins passer inaperçus,
car négligés par les patients (une fois le chancre disparu, les premières manifestations
cutanées, notamment la roséole, peuvent passer pour des manifestations allergiques) ou
confondus avec les symptômes d’autres maladies. La suspicion de syphilis doit être
ensuite confirmée ou infirmée par des tests : analyse au microscope de prélèvements
(sur le chancre ou sur les lésions cutanées) visant à mettre en évidence la bactérie et/ou
des tests sanguins, généralement basés sur une technique immunologique ; tests
d’immunofluorescence (on utilise des anticorps spécifiques du tréponème, associés à
une substance fluorescente).

b) Traitement

Le médicament choisi en première instance est la pénicilline benzathine. D’autres


antibiotiques (des tétracyclines) peuvent être prescrits en cas d’allergie à cette dernière.
Le traitement est injecté en une seule fois ou administré sur plusieurs semaines, selon le
stade de la maladie et la possibilité de suivi du patient. Il permet la plupart du temps de
guérir définitivement le malade. Chez la femme enceinte, il assure également
l’éradication de la bactérie chez le fœtus, s’il est réalisé avant le cinquième mois de
grossesse. Il s’agit d’un traitement curatif, qui ne prévient en aucune façon contre une
nouvelle contamination.
246

c) Prévention

Enrayer la syphilis implique de traiter toutes les personnes ayant eu des contacts
sexuels avec une personne en période de contagion (c’est-à-dire aux premier et second
stades de la maladie), et de pouvoir effectuer un diagnostic précoce. Il n’existe ni vaccin
ni traitement préventif contre cette maladie. La prévention passe par l’utilisation de
préservatifs, par le dépistage (examens prénuptiaux, dépistage systématique chez les
femmes enceintes…) et, en milieu médical, par l’analyse des échantillons de sang et la
destruction du sang contaminé.

4.3 Autres infections sexuellement transmissibles

 Les Chlamydioses :

❶L’infection à chlamydia peut se localiser au ❷Les chlamydias sont de toutes petites


niveau des yeux (conjonctivite à chlamydia) bactéries parasites obligatoires à l’intérieur des
cellules

Les chlamydioses sont des IST causées par des bactéries appelées chlamydia. Il existe
deux espèces de chlamydiae, Chlamydia trachomatis et C. psittaci ; ce sont des parasites
de petite taille (inférieure à 1 µm), dont le cycle de vie se déroule à l’intérieur de cellules
de l’organisme hôte. Les bactéries déclenchent chez leurs cellules cibles un phénomène
de phagocytose (bien que ces cellules ne soient pas habituellement des phagocytes) et se
retrouvent incluses dans des vacuoles du cytoplasme, où elles se multiplient
rapidement. Quelques heures à peine après son infestation, la cellule hôte éclate sous la
pression des micro-organismes, qui vont alors infecter d’autres cellules.

La Chlamydia trachomatis est un parasite exclusivement de l’espèce humaine. Elle se


propage par voie sexuelle, elle provoque des infections du canal urinaire chez l’homme
et du col de l’utérus et des trompes de Fallope chez la femme. Dans les cas les plus
graves, cette atteinte génitale peut entraîner l’obstruction des trompes et une stérilité ou
une grossesse extra-utérine. Les enfants nés de mères infectées peuvent souffrir de
conjonctivites et de pneumonies.

Chez la femme, les effets de l’infection par C. trachomatis sont fréquemment masqués
par les symptômes (pertes et miction difficile), semblables mais plus apparents, de la
gonorrhée qui survient souvent simultanément. Facilement traitée par des antibiotiques,
l’infection par les chlamydiae peut être grave si elle n’est pas enrayée.
247

Une autre souche de Chlamydia trachomatis, transmise par les mains sales ou les
mouches, provoque le trachome, maladie oculaire pouvant conduire à la cécité.

Très répandue dans le monde animal, Chlamydia psittaci touche particulièrement les
oiseaux, les ovins et les bovins. L’Homme la contracte par inhalation de poussières
contaminées par des oiseaux infectés. Elle provoque l’ornithose et la psittacose, deux
maladies infectieuses de gravité variable.

 Le chancre mou

Le chancre mou est une plaie douloureuse qui apparaît sur les organes génitaux
externes. Le chancre mou est provoqué par une bactérie du genre Haemophilus appelée
bacille de Ducrey. Après une période d’incubation de 2 à 5 jours, une petite papule
(petite inflammation suppurante sur la peau) rouge se développe à la base du gland chez
l’homme, ou au niveau d’une grande lèvre chez la femme. Cette pustule évolue
rapidement et s’ulcère.

Le chancre mou, très fréquent chez l’homme, s’accompagne d’une inflammation


douloureuse des ganglions de l’aine, une dizaine de jours après exposition au germe.
Si le traitement n’intervient pas rapidement, il y a formation d’un bubon (ganglion
inflammé) par un gonflement de plusieurs ganglions. Le bubon s’ulcère rapidement,
évoluant comme un abcès. Cette ulcération peut durer des semaines ou des mois.

 La maladie de Nicolas et Favre

C’est une IST dont l’agent pathogène est un gros virus. Elle se déclare cinq (5) à dix (10)
jours après la contamination. Elle apparait sous forme d’une petite plaie au niveau des
organes génitaux particulièrement au niveau du gland ou le prépuce chez l’homme et de
la vulve chez la femme où il est beaucoup plus rare chez la femme que chez l’homme.

a) Chez l’homme

Une à six semaines après l’inoculation apparaît un gonflement des ganglions de l’aine et
parfois ceux du haut de la cuisse. Si, à ce stade, le traitement n’intervient pas, les
ganglions durcissent. Puis un abcès se développe en profondeur, la peau devient
violacée et se perce en donnant des ulcérations : un bubon (inflammation, adénite) d’un
ganglion lymphatique au cours d’une IST) se forme pouvant persister pendant plusieurs
mois, suivi d’une cicatrisation parfois irrégulière.

b) Chez la femme
Toute la région allant du pubis à l’anus se boursoufle se transformant en masses dures
par endroit, ramollie à d’autres. Ces masses évoluent en ulcérations destructrices et très
douloureuses accompagnées d’un rétrécissement du rectum. A ce stade le traitement est
long et le résultat incertain. Plus le malade est soigné tôt, plus rapide sera la guérison.
248

 Les condylomes génitaux acuminés

Les condylomes génitaux sont de grosses verrues appelées végétations vénériennes ou


crêtes de coq. Ils sont provoqués par des virus transmis par voie sexuelle.Ils se
terminent en une pointe fine et allongée.

Condylome chez un homme Condylome chez une femme

 La candidose
La candidose est une IST provoquée par les candidasalbicans qui sont de petites levures
(champions microscopiques). La candidose provoque chez la femme des vaginites qui se
traduisent par des démangeaisons de la vulve et de l’anus. Les rapports sexuels sont
douloureux. Chez l’homme, la candidose peut se traduire le plus souvent par une
irritation du gland accompagnée de démangeaison.

 Les hépatites virales


Les hépatites sont des maladies provoquées par des virus. Ces derniers sont de cinq
types et désignées par les lettres A, B, C, D et E. Ces virus attaquent surtout le foie.
- les hépatites provoquées par les virus A et E sont moins dangereuses que celles
causées par les autres virus. On les appelle souvent jaunisse.
- les virus des hépatites B, C et D, sont très souvent des hépatites aigües qui
peuvent évoluer en hépatite chronique dont la forme active est caractérisée par
la destruction continue des cellules du foie. On parle de cirrhose du foie(non
alcoolique) qui peut, dans certains cas, évoluer vers un cancer du foie.

L’hépatite chronique présente aussi une forme aigüe persistante où la personne infectée
est considérée comme un réservoir à virus. Cette forme n’a pas de traitement.

La transmission de ces virus se fait par voie sanguine (B, C et D), par voie sexuelle (B et
D), par la salive et les objets de toilettes souillés(B), au moment de l’accouchement,
transmission mère-enfant (B), par selles des sujets contaminés (A).

5. Je m’exerce

a) Définis ce que c’est-ce qu’une IST. Cite quelques exemples d’IST.


b) Cite les microbes qui sont à l’origine des principales IST.
c) Cite les mesures à prendre pour éviter les complications de la blennorragie ainsi
que les moyens de la prévenir.
249

6. Je retiens

Les infections sexuellement transmissibles [IST] sont des maladies infectieuses et


contagieuses contractées principalement lors de contacts sexuels non protégés
avec une personne infectée.
Les IST peuvent être causées par des micro-organismes pathogènes très divers :
bactéries, champignons microscopiques, protozoaires, ou virus.
Les principales IST d’origine bactérienne sont la blennorragie, la syphilis, le
chancre mou et la maladie de Nicolas-Favre (Chlamydia trachomatis).
Les infections à champignons sont principalement représentées par les
candidoses.
Les IST dues à des protozoaires sont la trichomonase (Trichomonas).
Enfin, les principales IST virales sont le sida, l’hépatite B, l’herpès et les infections à
papillomavirus.
Les traitements curatifs des IST sont efficaces et rapides quand les maladies sont
d’origine bactérienne, dépistées très tôt et que le traitement est bien suivi.

7. Je m’entraîne

A l’aide d’un tableau, associe à chaque IST le germe responsable : IST (Blennorragie,
syphilis, chlamydiae, le chancre mou, les condylomes génitaux, trichomonas, hépatites B
et C.

8. Lexique

Contamination : introduction d’un microbe (micro-organisme) dans le corps humain.


Périoded’incubation : période comprise entre la contamination et l’apparition des
symptômes de la maladie.
Congénital : qui est présent à la naissance.
Infections : envahissement d’un organisme par un microbe
Purulente : qui présente du pus.
Méaturétral : canal urinaire
Suppuration : écoulement du pus.
Urétrite : c’est une infection de l’urètre qui se manifeste par des sécrétions urétrales,
purulentes.
Obturées : fermées, bouchées.
Démence : trouble mental grave, caractérisé par un affaiblissement progressif des
fonctions intellectuelles, irréversibles.
Aphasie : affection neurologique caractérisée par une perturbation de l’expression ou de
la compréhension du langage parlé.
Pustule : lésion cutanée élémentaire constituée d’une petite ampoule contenant un
liquide purulent.
Papule : lésion cutanée élémentaire ayant l’aspect d’une petite saillie.
250

Leçon 7 : L’infection à VIH et le Sida

1. Objectifs

A la fin de cette leçon, je dois être capable de :


- définir le sigle SIDA, VIH, PVVIH et les mots : dépistage, séropositif,
vulnérable, comportements à risque ;
- citer les modes de transmission du VIH ;
- identifier et expliquer les moyens de protection contre le VIH/SIDA ;
- décrire les modes de prévention.

2. J’observe

Découverte pour la première fois aux Etats- unis en 1981, le SIDA (Syndrome
d’Immunodéficience Acquise) sévit de façon préoccupante dans le monde entier.
C’est une pandémie qui n’épargne personne et ne fait pas de différence entre les sexes,
entre un enfant et un adulte, ni un jeune et un vieux.

Problèmes scientifiques :
- qu’est-ce que le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) ?
- comment se transmet le VIH ?
- comment évolue l’infection à VIH ?
- comment lutter contre l’infection à VIH ?
251

3. J’expérimente/je vérifie

Le VIH/SIDA est une maladie causée par un virus et qui se transmet d’une personne à
une autre par diverses voies.
Que faire pour connaitre sa sérologie ?
Quelles seront les dispositions à prendre si le test s’avère positif ? Ou négatif ?

4. J’apprends

Le SIDA est une maladie causée par un virus. Cette maladie n’épargne personne. Elle est
souvent liée à la pauvreté et au sous-développement.

4.1 Le VIH

Le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) a été découvert par l’institut Pasteur de


Paris en 1983 par l’équipe du professeur Luc Montagnier. En cette date de découverte,
ce virus s’avère nouveau ; un rétrovirus qui met en échec le système immunitaire. En
1986, la même équipe isolait, en Afrique de l’Ouest, un autre virus de la même famille,
mais génétiquement différent, le VIH 2, dont le premier virus serait le VIH 1.

Le VIH est présent dans le sang, le sperme, les sécrétions vulvo-vaginal, dans les
exsudats des plaies et dans le lait maternel.

4.2 Les principales voies de transmission du VIH

 la voie sexuelle
Elle est la principale voie de transmission. Si une personne est déjà infectée et si elle
n’utilise pas le préservatif, elle peut contaminer plusieurs partenaires sexuels. Tout acte
sexuel avec pénétration présente des risques. On peut prendre en compte aussi certains
pratiques par exemple la transmission bucco-génitale.

 la voie sanguine

L’utilisation des objets piquants ou tranchants souillés du sang infecté, non stérilisés et
la transfusion du sang mal contrôlé.

 de la mère à l’enfant

La transmission est possible pendant la grossesse, à l’accouchement et après


accouchement par le lait maternel.

4.3 Le mode d’action du VIH

Le VIH s’intègre dans une cellule et la tue. Il diminue ainsi les défenses de l’organisme.
Sa dissémination dans tout l’organisme hôte, favorise l’infection et la destruction de
nombreux globules blancs appelés Lymphocytes CD4. Quand un grand nombre de
252

lymphocytes sont détruits, tout le système immunitaire devient fragile.L’organisme est


incapable de se défendre contre les diverses infections qu’il rencontre.

4.4 Le test de dépistage

Pour savoir si une personne est infectée par le VIH, elle doit faire un test de dépistage
c'est-à-dire un examen de sang, dans un centre de santé approprié. Le bulletin d’examen
est anonyme. Si, le résultat est positif, on dit que la personne est séropositive, si la
sérologie est négative, la personne est séronégative.

4.5 L’évolution de l'infection à VIH

On distingue 3 phaseslors d'une infection par le VIH :


- la primo-infection : juste après la contamination par le VIH, le nombre de virus
présents (= charge virale) augmente fortement, puis diminue rapidement, du fait
de la réponse du système immunitaire ;
- la phase asymptomatique : l'individu atteint ne présente aucun symptôme de la
maladie, et le nombre de virus n'augmente que très légèrement; mais le nombre
de variants augmente fortement... Malgré le contrôle de la maladie par le système
immunitaire, les lymphocytes T sont progressivement détruits par le virus ;
- le SIDA : le système immunitaire est débordé; le nombre de virus augmente
fortement (mais le nombre de variants se limite aux plus efficaces); les
symptômes apparaissent.

Evolution de l'infection par le VIH

Des personnes contaminées peuvent vivre plusieurs années entre la contamination et la


survenue du sida (maladie).

4.6 Les moyens de prévention


Il existe trois principaux moyens de prévention de l’infection à VIH. Il s’agit de :
- l’abstinence
- la fidélité ;
- l’utilisation du préservatif (masculin et féminin).
253

En cas d’utilisation des objets tranchants ou piquants, faire bouillir ou stériliser les
objets par l’alcool à 90°. Avant de transfuser le sang, il faut le tester minutieusement.
En cas de grossesse, consulter un médecin pour la prise en charge de la grossesse
jusqu’à l’accouchement.

L’éducation sexuelle et la sensibilisation par les pairs pourront aider la population à


mener une vie avec moins de risques.

4.7 Les comportements à risque et les comportements sans risque

 Les comportements à risque


Les comportements à risque sont :
- les relations sexuelles non protégées ;
- l’homosexualité, l’hétérosexualité, les drogués ;
- l’utilisation des objets tranchants et piquants non stérilisés ;
- l’accouchement à la maison ;
- le pacte de sang ;
- la transfusion du sang non testé ;
- etc.

 Les comportements sans risque


La plupart des gestes de la vie courante ne transmettent pas le VIH. Ce sont, par
exemple :
- se prêter les habits ;
- coucher dans le même lit ;
- se serrer la main, s’embrasser ;
- rendre visite à une personne séropositive ou au stade sida ;
- partager le repas en famille ;
- manger un plat préparer par une personne vivant avec le VIH ;
- jouer avec une personne séropositive ;
- utiliser le même téléphone ;
- les piqures de moustiques et des animaux domestiques ne transmettent pas le
sida.

La transmission du VIH ne se fait pas par simples contact, à la maison, au travail, dans les
toilettes etc.Ces situations précitées signifient que l’on peut s’occuper d’une personne
vivant avec le VIH, sans être infecté, si on observe les règles d’hygiène élémentaires.

4.8 Le traitement

Beaucoup de progrès ont été faits dans la recherche de traitements contre les VIH.
Cependant, il n’existe pas à l’heure de traitement adéquat, qui peut éradiquer le
VIH/SIDA. Les infections opportunistes sont curables si elles sont traitées par un
médecin et si les doses des produits sont respectées par le malade.
254

5. Je m’exerce

- Définis les mots et expressions suivants : SIDA, VIH, état sérologique, virus, une
personne séropositive ;
- Décris les modes de prévention du VIH.
- Enumère certaines situations dans lesquelles le VIH/SIDA ne se transmet pas.

6. Je retiens

Le SIDA est une maladie causée par un virus. Cette maladie n’épargne personne. Elle est
souvent liée à la pauvreté et du sous développement.
Le VIH est présent dans le sang, le sperme, les sécrétions vulvo-vaginal, dans les exsudats
des plaies et dans le lait maternel.
Si, le résultat est positif, on dit que la personne est séropositive, si la sérologie est
négative, la personne est séronégative.
Les principales voies de transmission sont : la voie sexuelle, la voie sanguine, de la mère à
l’enfant.
Les moyens de prévention : fidélité, abstinence, préservatif. Il n’existe pas de traitement
approprié pour éradiquer le VIH/SIDA, ni de vaccin.

7. Je m’entraîne

Répond par vrai (V) ou faux (F) devant chaque phrase et justifie tes réponses :
- le sida est une maladie qu’on peut traiter ;
- le VIH est un microbe ;
- une personne séropositive n’est pas contagieuse ;
- la transmission du VIH peut se faire par le manger ;
- sans préservatif pendant les relations sexuelles, il n’y a pas risque de
contamination ;
- le sida est une maladie imaginaire ;
- les maladies opportunistes annoncent le sida ;
- un enfant ne peut pas contacter le VIH /sida ;
- le sida est une maladie des pauvres ;
- le VIH ne tue pas une personne, mais il peut tuer les animaux.

8. Lexique

Asymptomatique : se dit d’une maladie qui ne manifeste aucun signe.


Séropositif (ve) : une personne qui porte le microbe du sida (VIH)
Exsudats :écoulementd’unliquide provenant des plaies infectées
Immunité : ensemble de mécanismes de défenses de l’organisme contre les agents
infectieux.
255

CINQUIEME SEMAINE
D’INTEGRATION
256

Performance attendue

- maîtriser les connaissances scientifiques sur la régulation des naissances, les


principales infections sexuellement transmissibles et leurs caractéristiques,
l’infection au VIH/SIDA ainsi que les savoir-faire méthodologiques
- pratiquer un raisonnement scientifique :
 Saisir des informations :
 à partir d’observation du réel ou de sa représentation ;
 à partir d’un texte.

 Mettre en relation logique des informations dans un but explicatif


 organiser les données pour prouver une relation ;
 confronter les données nouvelles aux connaissances antérieures ;
 dégager un problème scientifique ;
 formuler une hypothèse explicative.

- Communiquer
 Représenter graphiquement
 par un dessin d’observation ;
 par un schéma, un dessin ou un croquis ou encore des diagrammes
ou courbes…
 S’exprimer dans un langage scientifiquement et grammaticalement
correct
 Présenter son travail avec un souci d’ordre et de soin

- Réaliser techniquement
 Employer des techniques d’observation
257

Situations d’intégration

Situation 1

Ci-dessous une liste des infections sexuellement transmissibles.

Hépatites virales, chancre mou, Sida, syphilis, candidose, blénorragie, trichomonase,


maladie de Nicolas et Favre.

a) Dresse un tableau sur lequel tu préciseras le microbe responsable, deux


caractéristiques plus importantes et les mesures préventives et curatives.

b) Définis les mots et expressions suivantes : sérologie, sida, personne séropositive.

c) Nomme les différents stades de développement de l’infection à VIH.


258

Situation 2

La figure ci-dessous présente les phases de l’infection par le virus du SIDA dans
l’organisme humain et l’évolution de la charge virale.

a) Complète, sur l’axe des abscisses les principales phases de l’évolution de la maladie.
b) Explique comment évolue le VIH dans l’organisme humain.

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