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Défis et tensions au sein de l'UE

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TRANSITION : L’élargissement progressif de l’Europe s’est prolongé malgré les difficultés que connait

l’Union Européenne :

III. Les difficultés de l’UE et les défis auxquels elle est confrontée :

L’UE connait depuis quelques années un reflux nationaliste qui remet en cause les fondements de son unité.

1. Montée de l’euroscepticisme :
 Un gouvernement jugé peu démocratique :
L’UE est souvent qualifiée d’organisation « technocratique » aux institutions relativement opaques.
Le manque de démocratie a plusieurs fois été souligné : le traité de Maastricht a été ratifié à un faible
pourcentage en 1992, et lors de la crise constitutionnelle de 2005 (rejet par referendum du principe de
constitution) des mesures de contournement ont finalement été prises : le traité de Lisbonne est finalement
adopté par le Parlement en 2007 en France (moins démocratique que le referendum).
-Au sein des membres de l’UE, les disparités économiques et sociales sont importantes, et la crise
économique de 2008 a été un marqueur de désunion très important, relevant la domination des économies
les plus puissantes sur les autres. Des pays d’Europe du Sud se sont retrouvés dans une situation délicate,
avec un dette publique énorme : Grèce, Italie, Espagne. L’Allemagne a refusé de payer pour ces pays en
2009, et Bruxelles a imposé des règles très strictes d’austérité. Cela a été particulièrement visible en Grèce
où la crise a été très profonde (fonctionnaires non payés, grande difficulté à retirer de l’argent dans les
banques, l’État au bord de la faillite). Les populations et les gouvernements nationaux ont mal vécu ces
mesures édictées de Bruxelles.
Pour la première fois en octobre 2018, le parlement européen a refusé le budget italien pour l’année
2019 estimant qu’il ne respectait pas assez les règles budgétaires européennes (L’Italie dépenserait trop, et
creuserait son déficit public). L’Italie estime que la France et l’Allemagne arrive à s’arranger avec ces règles
et ne comprennent pas la sévérité avec laquelle ils sont traités. Cet épisode a alimenté une flambée
nationaliste en Italie, symbolisé par la montée de Mateo Salvini.
Face à la rigidité des règles budgétaires perçues comme imposés par des dirigeants européens peu légitimes
et déconnectés des réalités locales, un certain nombre de mouvement politiques eurosceptiques ne veulent
plus respecter ces règles.

 Un sentiment d’appartenance européenne de moins en moins fort


Cela se traduit par une participation de plus en en plus faible aux élections européennes : alors qu’aux
premières élections de 1979, le taux de participation est de plus de 60%, il est seulement de 42% aux
élections de 2014. Plus encore, c’est le succès des députés eurosceptiques aux élections européennes qui
pose problème : sur les 751 députés du Parlement de 2014, ils sont 23% à appartenir à des partis
eurosceptiques. Et dans 9 pays d’Europe, ces partis récoltent + de 10% des suffrages. (Le
Rassemblement national en France, Ukeep au Royaume Uni… etc.)
Par ailleurs, il semble y avoir un décrochage également au niveau du système de valeurs européennes
démocratiques : la Pologne en décembre 2017 et la Hongrie en septembre 2018 subissent une procédure
du Parlement européen. A l’origine de cette procédure : des réformes engagées dans ces pays jugées
contraires aux principes de libertés de la presse, et d’indépendance de la justice. Si les procédures
aboutissent, les voix de la Pologne et de la Hongrie pourrait être suspendues et mise au ban dans les
procédures de vote européen. Un autre coup dur après le départ du Royaume Uni …

A l’inverse des eurosceptiques, les européistes militent pour plus d’intégration. Ils plaident pour un État
européen : en plus d’un marché unique et d’une monnaie, il faudrait un État fédéral sur lequel pourrait se
construire une protection sociale des citoyens européens, de sorte qu’il soit protégé à l’intérieur du marché
intérieur commun. Il serait nécessaire d’avoir un gouvernement politique européen qui engagerait sa
responsabilité.

Ce qui se dégage de ce premier point c’est une remise en cause des règles, et une volonté de retrouver plus
de souveraineté pour les États et une défiance envers les institutions européennes. L’enjeu majeur de
l’approfondissement politique reste à faire et se porte sur une meilleure coordination des États en ce qui
relève des migrations et de la défense.
2. La difficile coordination des États de l’Union Européenne

--> La remise en cause de l’espace Schengen


-Depuis l’élargissement de 2007, et 2013 et l’inclusion dans l’UE de l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la
Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie, la Roumanie, la Bulgarie, et la
Croatie, l’Union Européenne connait des déséquilibres de développement assez importants.
Des pays plus pauvres comme la Pologne et la Roumanie exporte leur main d’œuvre vers les pays de
l’Ouest, ce qui crée des mécontentements du fait des tarifs bas qu’ils proposent dans les pays d’accueil, à
cause du différentiel de protection sociale et de salaire. C’est un des facteur d’explication qui a été avancé
par les partisans du Brexit, entamé depuis 2016.

-Les accords de Schengen garantissent la libre circulation des personnes au sein de cet espace, or ils sont
remis en cause ces dernières années. Les frontières ont été rétablies, et des contrôles y ont été effectués à
plusieurs reprises : notamment à cause de la menace terroriste et des attentats, et surtout après les flux de
migrants qui sont arrivés en Europe après 2015. Ce flux de réfugiés a été un point de discorde très
important : Grèce et Italie et les pays des Balkans ont été les premiers concernés dans l’accueil des migrants,
du fait de leur position géographique. Or ces pays qui se retrouvent en première ligne ont été très affaibli par
la crise de 2008/2009. Les mesures d’austérité importantes qui leur ont été demandé d’appliquer ont réduit le
champ d’action de l’État ce qui rend l’accueil compliqué pour ces pays. Un certain nombre de pays
frontaliers de l’espace Schengen ont rétabli leur contrôle eux frontières, allant même pour la Hongrie à
construire un mur. Un certain nombre de pays, au premier rang desquels la Hongrie, sont sortis de l’État de
droit concernant le sort réservé aux migrants sur leurs territoires. L’UE a engagé une procédure d’infraction
contre la Hongrie à ce propos : [Link]
[Link]

 Une voix internationale morcelée, hésitante

Même si l’UE n’a pas connu de conflits ouverts entre ces membres depuis sa création, ses membres sont
engagés dans les conflits en Afrique et au Moyen Orient qui bordent les frontières de l’Europe, et d’où
proviennent les flux de migrants : Syrie, Lybie, Afghanistan.
Seuls le Royaume Uni et la Pologne s’étaient engagés en 2003 aux côtés des États-Unis dans le conflit
irakien. En Syrie, 18 pays de l’UE sont intervenus dans la coalition. L’UE peine à trouver une voix
commune. Sa protection dépend d’ailleurs en grande partie de l’OTAN, organisation de l’Atlantique Nord
créée en 1949, en contexte de guerre froide. L’UE est donc très dépendante des États Unis, qui financent en
grande majorité cette organisation. Trump a néanmoins demandé une plus grande participation des pays de
l’UE. Dans le démantèlement de l’ex-Yougoslavie à partir de 1992 ou plus récemment lors de l’annexion de
la Crimée par le Russie en 2014, l’OTAN reste un acteur majeur dans la défense de l’UE.
Des programmes communs de défense existent cependant : Politique de Sécurité et de Défense Commune,
d’autres sont en cours de construction, mais ce qui semble vraiment fonctionner pour l’instant c’est la
politique de sécurité commune avec les dispositifs Frontex et Europole (coopération policière à l’échelle de
l’UE, et surveillance des frontières extérieures de l’UE).

Conclusion :
L’Europe est considéré comme un « géant économique, un nain politique et ver de terre militaire ».
Avec ses 450 millions habitants, l’Union Européenne représente 40% du commerce mondial, et c’est la 1ere
puissance économique devant les États-Unis, la Chine et le Japon, mais à condition de rester uni. Face à la
Russie et la Chine qui entendent bien s’imposer dans les relations internationales, l’Union Européenne doit
arriver en interne à ajuster sa gouvernance. Pour l’instant, pour beaucoup d’observateurs,
l’approfondissement politique de l’UE est inachevé et son élargissement n’a pas arrangé les choses.
L’UE doit ajuster ses structures de gouvernance pour arriver à unifier ses prises de position à l’échelle
mondiale, et à maintenir un cap à l’échelle européenne en matière de politique économique, sociale, et des
politiques de sécurité et de défense, tout en garantissant le maintien des États de droit (respect des droits et
libertés individuelles).

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