Chapitre 1: Logique et raisonnements
Dr. Mohamed Lemine AHMED OUBEID
Maı̂tre assistant en mathématiques
Institut Supérieur des Métiers de la Statistique
2023-2024
1
1 Logique
Propositions
Connecteurs logiques
Quantificateurs
2 Raisonnements
Raisonnement direct
Raisonnement par disjonction des cas
Raisonnement par contraposée
Raisonnement par l’absurde
Raisonnement par contre exemple
Raisonnement par récurrence
2
1 Logique
Propositions
Connecteurs logiques
Quantificateurs
2 Raisonnements
Raisonnement direct
Raisonnement par disjonction des cas
Raisonnement par contraposée
Raisonnement par l’absurde
Raisonnement par contre exemple
Raisonnement par récurrence
3
Logique
Les scientifiques énoncent des faits (ou propositions) à travers l’étude des
objets. La logique traite de façon structurée les propositions. Ainsi, elle
constitue la base du raisonnement.
4
Propositions
En logique, une proposition (ou assertion) est une phrase soit vraie, soit
fausse, pas les deux en même temps.
On note V le vrai, et F le faux.
5
Propositions
Une proposition est une expression mathhématique à laquelle on peut
attribuer la valeur de vérité vraie ou fausse.
6
Propositions-exemple
”52 = 16.”
”103 = 0.”
”π est un nombre entier.”
”20 est divisible par 5.”
”3 est un chiffre pair.”
”15 est un multiple de 7.”
7
Propositions
Remarque
La phrase ”cette proposition est fausse” n’est ni vraie, ni fausse. Ce n’est
donc pas une proposition logique.
Négation d’une proposition
Soit P une proposition. On définit sa négation, nonP (notée P). La
proposition P est fausse, si P est vraie et P est vraie, si P est fausse.
9
Négation d’une proposition-exemple
P : (7 − 5 = 3), alors P : (7 − 5 ̸= 3).
P : (10 = 0), alors P : (10 ̸= 0).
P : (π est un nombre entier.), alors P : (π n’est pas un nombre entier.).
P : (20 est divisible par 5), alors P : (20 n’est pas divisible par 5 0).
P : (L’application f (x) = x + 5 est continue sur R), alors
nonP : (L’application f (x) = x + 1 n’est pas continue sur R).
10
Connecteurs logiques
Les connecteurs logiques permettent de combiner des propositions données
P, Q, R, ... pour construire de nouvelles propositions, dites composées, dont
on peut déterminer la valeur de vérité à partir des valeurs de vérité de
P, Q, R, ....
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Connecteurs logiques
Soient P et Q deux propositions. Les connecteurs logiques sont :
La conjonction : ”et” ( ∧)
P ∧ Q signifie que P est vraie et Q est vraie.
La disjonction : ”ou” ( ∨)
P ∨ Q signifie que au moins l’une des deux propositions P ou Q est
vraie.
12
Tables de vérité
Pour manipuler une proposition composée, on peut tout simplement
parcourir la liste complète des valeurs de vérité possibles des propositions
ayant servi à sa construction. Une liste qui, en général, n’est pas très longue.
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Table de vérité de P
P P
V F
F V
14
Table de vérité de P ∧ Q
P Q P∧Q
V V V
V F F
F V F
F F F
15
La conjonction-exemple
(16 est le carré de 4) et (5 est un nombre impair) est une proposition
vraie.
(7 > 2) ∧ (3 > 4) est une proposition fausse.
(10 = 4 + 5) ∧ (8 = 2 + 6) est une proposition fausse.
(2 = 10 − 3) ∧ (6 = 7 + 3) est une proposition fausse.
16
La conjonction
Propriété
Deux propositions sont incompatibles si leur conjonction est toujours fausse.
Table de vérité de P ∨ Q
P Q P∨Q
V V V
V F V
F V V
F F F
18
La disjonction-exemple
(4 est un nombre pair) ou (7 est un nombre premier) est une proposition
vraie.
(7 > 4) ∨ (2 > 3) est une proposition vraie.
(7 < 4) ∨ (2 > 3) est une proposition fausse.
(8 = 2 + 6) ∨ (10 = 2 + 1) est une proposition vraie.
(8 = 2 + 6) ∨ (10 = 6 + 4) est une proposition vraie.
19
La disjonction
Remarque
Dans le langage courant, ”ou” a en général un sens exclusif (café ”ou”
thé). En mathématiques, le ”ou” est toujours inclusif : si P et Q sont toutes
les deux vraies, alors P ∨ Q est vraie.
20
Implication logique
La proposition ”P ∨ Q” est notée P ⇒ Q. Elle se lit ”P implique Q”. Elle se
lit également ”si P est vraie alors Q est vraie” ou ”si P alors Q”.
21
Table de vérité de P ⇒ Q
P Q P⇒Q
V V V
V F F
F V V
F F V
22
Implication logique-exemple
√
(7 + 7 = 20) ⇒ ( 7 = 7) est vraie.
(7 + 6 = 13) ⇒ (9 = 15) est fausse.
(3 + 3 = 6) ⇒ (7 = 5 + 4) est fausse.
(6 + 5 = 8) ⇒ (8 = 7 + 1) est vraie.
(9 = 7 + 6) ⇒ (9 = 6 + 6) est vraie.
23
Implication logique
Remarque
Le seul cas où P ⇒ Q est fausse se produit quand P est vraie et Q est
fausse. En mathématiques, un résultat vrai n’implique jamais un
résultat faux.
Si P est fausse, alors P ⇒ Q est toujours vraie, quelle que soit la valeur
de vérité de Q.
24
Transitivité de l’implication
Théorème
Soient P, Q et R trois propositions.
(P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ R) ⇒ (P ⇒ R).
On démontrera ce théorème à l’aide d’une table de vérité.
(On montre que S ⇒ (P ⇒ R) est toujours vraie. Où S = (P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ R).
25
L’équivalence
P ⇔ Q signifie que P et Q ont même valeur de vérité. On dira ”P est
équivalent à Q” ou ”P équivaut à Q” ou ”P si et seulement si Q”.
26
Table de vérité de P ⇔ Q
P Q P⇔Q
V V V
V F F
F V F
F F V
27
L’équivalence-exemple
(7 + 3 = 10) ⇔ (6 − 12 = −6) est vraie.
(3 + 12 = 15) ⇔ (20 − 7 = 1O) est fausse.
(9 + 5 = 17) ⇔ (12 + 8 = 20) est fausse.
(4 + 3 = 10) ⇔ (10 − 4 = 2) est vraie.
28
La réciproque de l’implication
La réciproque d’une implication (P ⇒ Q) est l’implication (Q ⇒ P).
29
La réciproque de l’implication-exemple
√
√ réciproque de (7 + 7 = 17 ⇒
La 10 = 10) est
( 10 = 10 ⇒ 7 + 7 = 17).
La réciproque de (3 + 2 = 9 ⇒ 5 = 11) est (5 = 11 ⇒ 3 + 2 = 9).
La réciproque de (3 + 3 = 6 ⇒ 5 = 3 + 1) est (5 = 3 + 1 ⇒ 3 + 3 = 6).
La réciproque de (4 + 3 = 7 ⇒ 8 = 6 + 2) est (8 = 6 + 2 ⇒ 4 + 3 = 7).
La réciproque de (8 = 3 + 2 ⇒ 9 = 2 + 2) est (9 = 2 + 2 ⇒ 8 = 3 + 2).
30
La contraposée de l’implication
La contraposée de l’implication (P ⇒ Q) est (Q ⇒ P).
31
La contraposée de l’implication-exemple
√
√ contraposée de (7 + 7 = 17 ⇒
La 10 = 10) est
( 10 ̸= 10 ⇒ 7 + 7 ̸= 17).
La contraposée de (3 + 3 = 6 ⇒ 5 = 3 + 1) est (5 ̸= 3 + 1 ⇒ 3 + 3 ̸= 6).
La contraposée de (4 + 3 = 7 ⇒ 8 = 6 + 2) est (8 ̸= 6 + 2 ⇒ 4 + 3 ̸= 7).
La contraposée de (8 = 3 + 2 ⇒ 9 = 2 + 2) est (9 ̸= 2 + 2 ⇒ 8 ̸= 3 + 2).
32
La contraposée de l’implication
Théorème
Soient P et Q deux propositions. Alors,
(P ⇒ Q) ⇔ (Q ⇒ P).
Il s’agit de vérifier que les deux propositions P ⇒ Q et Q ⇒ P ont les mêmes
valeurs de verite.
La négation d’une implication
(P ⇒ Q) ⇔ (P ∧ Q).
34
La négation d’une implication-exemple
√ √
(7 + 7 = 20) ⇒ ( 7 = 7) sa négation : ((7 + 7 = 20) ∧ ( 7 ̸= 7)).
(3 + 3 = 6) ⇒ (7 = 5 + 4) sa négation : (3 + 3 = 6) ∧ ((7 ̸= 5 + 4)).
(7 + 8 = 20) ⇒ (15 = 5 + 10) sa négation :
((7 + 8 = 20) ∧ (15 ̸= 5 + 10)).
(10 − 4 = 6) ⇒ (20 = 5 + 9) sa négation : ((10 − 4 = 6) ∧ (20 ̸= 5 + 9)).
35
Propositions équivalentes
Théorème
Soient P et Q deux propositions. Alors,
(P ⇔ Q) ⇔ ((P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ P)).
Il s’agit de vérifier que les deux propositions P ⇔ Q et (P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ P)
ont les mêmes valeurs de verite.
Règles logiques
Il existe en logique un certain nombre de règles qui établissent un calcul des
propositions, semblable au calcul algébrique. Après application de l’une de
ces règles sur une proposition, on obtient une proposition équivalente,
c’est-à-dire ayant la même valeur de vérité.
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Règles logiques
Propriété
Soient P, Q et R trois propositions. Alors :
1 (P) ⇔ P, (P ∧ P) ⇔ P et (P ∨ P) ⇔ P ;
2 (P ∧ Q) ⇔ (P ∨ Q) ;
3 (P ∨ Q) ⇔ (P ∧ Q) ;
4 (P ∧ Q) ⇔ (Q ∧ P)(commutativité de la conjonction) ;
5 (P ∨ Q) ⇔ (Q ∨ P)(commutativité de la disjonction) ;
6 (P ∧ (Q ∧ R)) ⇔ ((P ∧ Q) ∧ R)(associativité de la conjonction) ;
7 (P ∨ (Q ∨ R)) ⇔ ((P ∨ Q) ∨ R)(associativité de la disjonction) ;
8 P ∧ (Q ∨ R) ⇔ (P ∧ Q) ∨ (P ∧ R) (distributivité de la conjonction par
rapport à la disjonction) ;
9 P ∨ (Q ∧ R) ⇔ (P ∨ Q) ∧ (P ∨ R)(distributivité de la disjonction par
rapport à la conjonction).
38
Règles logiques
Remarque
Les règles 2 et 3 sont appelées lois de De Morgan.
Le quantificateur universel : ∀
La proposition
∀x ∈ E P(x)
est une proposition vraie lorsque les propositions P(x) sont vraies pour tous
les éléments x de l’ensemble E. On lit ”pour tout x appartenant à E, P(x)” ou
bien ”pour tout x appartenant à E, P(x) est vraie”. ∀ se lit aussi ”quel que
soit”.
40
Le quantificateur universel : ∀-exemple
(∀x ∈ R∗ , x2 > 0) est une proposition vraie.
(∀x ∈ R, x2 ≥ 2) est une proposition fausse.
n
(∀n ∈ N, ∈ N) est une proposition fausse.
3
(∀x ∈ R, −1 ≤ sin(x) ≤ 1) est une proposition vraie.
41
Le quantificateur existentiel : ∃
La proposition
∃x ∈ E P(x)
est une proposition vraie lorsque l’on peut trouver au moins un x de E pour
lequel P(x) est vraie. On lit ”il existe x appartenant à E tel que P(x) (soit
vraie)”.
42
Le quantificateur existentiel : ∃-exemple
(∃x ∈ R, x(x − 1) < 0) est une proposition vraie.
(∃x ∈ R, x2 = −1) est une proposition fausse.
(∃x ∈ R, x2 − 1 = 0) est une proposition vraie.
(∃x ∈ R− , x ∈ N) est une proposition fausse.
43
Quantificateurs
Remarque
∃!x ∈ E, P(x) signifie qu’il existe un unique élément x de E tel que P(x) soit
vraie.
44
Quantificateurs-exemple
À l’aide des quantificateurs, on peut écrire les propositions suivantes :
P(x) : ”La fonction f est nulle pour tous x ∈ R” devient
P(x) : ”∀x ∈ R, f (x) = 0.”
P(x) : ”La fonction f s’annule ” devient
P(x) : ”∃x0 ∈ R, f (x0 ) = 0”.
P(x) : ”La fonction f est croissante sur R (où f est une fonction de R
dans R)” devient
P(x) :”∀(a, b) ∈ R2 , (a ≤ b ⇒ f (a) ≤ f (b))”.
P(x) : ”L’équation sin(x) = x a une et une seule solution dans R”
devient
P(x) :”∃!x0 ∈ R, sin(x0 ) = x0 ”.
45
Quantificateurs- Remarque
L’ordre des quantificateurs est très important. Les deux propositions
∀x ∈ E, ∃y ∈ E, P(x, y) et ∃y ∈ E, ∀x ∈ E, P(x, y)
sont différentes.
Quantificateurs- Remarque
”∀x ∈ E, ∃y ∈ E, P(x, y)” se lit ”pour tout réel x, il existe un réel y (qui peut
donc dépendre de x) tel que P(x, y)”.
47
Quantificateurs- Remarque
∃x ∈ E, ∀y ∈ E, P(x, y) se lit ”il existe un réel x, tel que pour tout réel y tel
que P(x, y)”.
48
Quantificateurs- Remarque
On peut permuter entre deux quantificateurs de la même nature :
∀x, ∀y, P(x, y) ⇔ ∀y, ∀x, P(x, y);
∃x, ∃y, P(x, y) ⇔ ∃y, ∃x, P(x, y).
49
La négation des quantificateurs
(∀x ∈ E, P(x)) ⇔ (∃x ∈ E, P(x))
(∃x ∈ E, P(x)) ⇔ (∀x ∈ E, P(x))
50
La négation des quantificateurs-exemple
(∃x ∈ R, x2 = −1) ⇔ (∀x ∈ R, x2 ̸= −1).
(∀x ∈ R ∃y > 0 (x + y > 0)) ⇔ (∃x ∈ R ∀y > 0 (x + y ≤ 0)).
(∀x ∈ R∗ , −x2 < 0) ⇔ (∃x ∈ R∗ , −x2 ≥ 0).
√ √
(∀n ∈ N, n ∈ N) ⇔ (∃n ∈ N, n ̸∈ N).
51
Quantificateurs-exemple
Donner la valeur de vérité des propositions suivantes :
1 ∀x ∈ R, ∃y ∈ R : x + y > 0.
2 ∃x ∈ R, ∀y ∈ R : x + y > 0.
3 ∀x ∈ R, ∀y ∈ R : x + y > 0.
4 ∃x ∈ R, ∃y ∈ R : x + y > 0.
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1 Logique
Propositions
Connecteurs logiques
Quantificateurs
2 Raisonnements
Raisonnement direct
Raisonnement par disjonction des cas
Raisonnement par contraposée
Raisonnement par l’absurde
Raisonnement par contre exemple
Raisonnement par récurrence
53
Raisonnements
En mathématiques, démontrer un résultat c’est prouver sa validité à travers
l’application des règles logiques, en s’appuyant sur les axiomes de la théorie
considérée ainsi que les théorèmes déjà existants.
54
Raisonnement direct
On suppose que P est vraie et on démontre que Q l’est aussi.
55
Raisonnement direct-exemple
Pour tout n ∈ N, si n est pair ⇒ n2 est pair.
On suppose que n est pair, i.e., ∃k ∈ N, n = 2k donc
n.n = (2k)(2k)
n2 = 2(2k2 )
n2 = 2l
avec l = 2k2 ∈ N, n2 est pair, d’où le résultat.
56
Raisonnement par disjonction des cas
Si l’on souhaite vérifier une proposition P(x) pour tous les x dans un
ensemble E, on montre la proposition pour les x dans une partie A de E, puis
pour les x n’appartenant pas à A. C’est la méthode de disjonction ou du cas
par cas.
57
Raisonnement par disjonction des cas-exemple
Pour tout entier naturel n, n3 − n est pair.
On peut toujours écrire :
n3 − n = n(n2 − 1) = n(n + 1)(n − 1)
Si n est pair, alors le produit est pair (car n est facteur). Si n est impair, alors
n + 1 est pair donc le produit est pair. Comme n est forcément pair ou impair
et que la propriété est montrée dans les deux cas, alors elle est montrée pour
tout n.
58
Raisonnement par contraposée
Le raisonnement par contraposition est basé sur l’équivalence suivante :
”P ⇒ Q” ⇔ ”Q ⇒ P”
Donc si l’on souhaite montrer la propositon ”P ⇒ Q”, on montre en fait que
si Q est vraie alors P est vraie.
59
Raisonnement par contraposée-exemple
Soit n ∈ N. Montrer que si n2 est pair alors n est pair.
On suppose que n n’est pas pair. Nous voulons montrer qu’alors n2 n’est pas
pair. Comme n n’est pas pair, il est impair et donc il existe k ∈ N tel que
n = 2k + 1. Alors n2 = (2k + 1)2 = 4k2 + 4k + 1 = 2l + 1 avec
l = 2k2 + 2k ∈ N. Et donc n2 est impair. Conclusion : nous avons montré que
si n est impair alors n2 est impair. Par contraposition ceci est équivalent à : si
n2 est pair alors n est pair.
60
Raisonnement par l’absurde
On souhaite démontrer une certaine proposition P. Pour cela on suppose que
P est vraie, puis on en déduit, par le raisonnement, un résultat faux(souvent
sous forme de contradiction). Ceci montre que l’hypothèse de départ est
fausse, donc que P est vraie.
61
Raisonnement par l’absurde-exemple
Il n’existe pas de solution réelle au système d’équations
(y = x2 + 1 et x + y = 0).
On suppose qu’il existe un couple (x, y) de réels qui soit solution du système.
Alors, en reportant, on voit que x est solution de l’équation x2 + x + 1 = 0.
Donc cette équation a un discriminant positif, c’est-à-dire que l’on a :
−3 ≥ 0, ce qui est faux. Cela montre que le système n’a pas de solution.
62
Raisonnement par contre exemple
Si l’on veut montrer qu’une proposition du type ”∀x ∈ E, P(x)” est vraie
alors pour chaque x de E il faut montrer que P(x) est vraie. Par contre pour
montrer que cette proposition est fausse alors il suffit de trouver x ∈ E tel
que P(x) soit fausse. (Rappelez-vous la négation de ”∀x ∈ E, P(x)” est
”∃x ∈ E, P(x)”.) Trouver un tel x c’est trouver un contre-exemple à la
proposition ”∀x ∈ E, P(x)”.
63
Raisonnement par contre exemple-exemple
∀x ∈ R, x2 = x, est une proposition fausse. car 22 = 4 ̸= 2.
64
Raisonnement par récurrence
Le principe de récurrence permet de montrer qu’une proposition P(n),
dépendant de n, est vraie pour tout n ∈ N. La démonstration par récurrence
se déroule en trois étapes : lors de l’initialisation on prouve P(0). Pour
l’étape d’hérédité, on suppose n ≥ 0 donné avec P(n) vraie, et on démontre
alors que la proposition P(n + 1) au rang suivant est vraie. Enfin dans la
conclusion, on rappelle que par le principe de récurrence P(n) est vraie pour
tout n ∈ N.
Le principe de récurrence-exemple
Montrer que pour tout n ∈ N, 2n > n.
Pour n ≥ 0, notons P(n) la proposition suivante :
2n > n.
Nous allons démontrer par récurrence que P(n) est vraie pour tout n ≥ 0.
Initialisation. Pour n = 0 nous avons 20 = 1 > 0. Donc P(0) est vraie.
Hérédité. Fixons n ≥ 0. Supposons que P(n) soit vraie. Nous allons montrer
que P(n + 1) est vraie.
2n+1 = 2n + 2n > n + 2n ≥ n + 1
Donc P(n + 1) est vraie.
Conclusion. Par le principe de récurrence P(n) est vraie pour tout n ≥ 0,
c’est-à-dire 2n > n pour tout n ≥ 0.