Nations Unies A/HRC/WG.
6/47/CIV/1
Assemblée générale Distr. générale
21 août 2024
Original : français
Conseil des droits de l’homme
Groupe de travail sur l’Examen périodique universel
Quarante-septième session
Genève, 4-15 novembre 2024
Rapport national soumis en application des résolutions 5/1
et 16/21 du Conseil des droits de l’homme*
Côte d’Ivoire
* Le présent document n’a pas été revu par les services d’édition.
GE.24-14984 (F)
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Résumé exécutif
A l’instar des autres Etats membres de l’Organisation des Nations Unies, la Côte
d’Ivoire soumet périodiquement, au Conseil des Droits de l’Homme, un rapport national sur
l’état de la promotion et de la protection des droits de l’Homme, dans le cadre de l’Examen
Périodique Universel (EPU). A l’issue de son dernier passage à l’EPU, en mai 2019, la Côte
d’Ivoire, qui a reçu 247 recommandations, en a accepté 222 et noté 25.
Le présent rapport national, soumis au titre du quatrième cycle de l’EPU, donne, en
introduction, un aperçu du caractère inclusif de son élaboration et relève les différentes étapes
parcourues dont la soumission d’un rapport à mi-parcours.
La deuxième partie de ce Rapport évoque les différents changements intervenus
depuis l’examen précédent, concernant l’évolution des cadres normatif et institutionnel, et
des politiques publiques. Les principales activités de promotion et de protection des droits de
l’Homme réalisées par les différentes parties prenantes sont également présentées, de même
qu’est fait l’état de mise en œuvre des recommandations acceptées, regroupées par thèmes.
La dernière partie du rapport fait ressortir les difficultés et les contraintes rencontrées
par la Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre de son Plan national d’action des droits de
l’Homme qui inclue les recommandations issues de l’EPU. Il en ressort, notamment que les
Etats ayant formulé des recommandations n’ont pas su apporter, à leur mise en œuvre, l’appui
escompté.
La Côte d’Ivoire a partagé de bonnes pratiques liées à la mise en œuvre des
recommandations acceptées et à l’évolution de la situation des droits de l’Homme, à titre de
contribution à la consolidation des acquis multiformes de ce mécanisme interactif des Nations
Unies unique en son genre qu’est l’EPU.
2
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Introduction
1. Le présent rapport, soumis au titre du quatrième cycle de l’Examen Périodique
Universel (EPU), rend compte de la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire, depuis
son précédent passage au cours duquel l’État avait accepté 222 recommandations sur 247. Ce
rapport est structuré autour des axes suivants :
I. Méthodologie et processus général de consultation ;
II. Changements intervenus depuis l’examen précédent ;
III. Actions de promotion et de protection des droits de l’Homme ;
IV. Mise en œuvre des recommandations acceptées ;
V. Difficultés, contraintes et bonnes pratiques liées à la mise en œuvre des
recommandations acceptées et à l’évolution de la situation des droits de
l’Homme ;
VI. Priorités, initiatives et engagements nationaux essentiels en vue de surmonter
ces difficultés et contraintes, et d’améliorer la situation des droits de
l’homme ;
VII. Besoins en renforcement des capacités et en assistance technique.
I. Méthodologie et processus général de consultation
2. L’élaboration du rapport national a suivi un processus inclusif et continu. En vue de
garantir une bonne préparation des informations à fournir, l’État de Côte d’Ivoire a pris, avec
la participation de toutes les parties prenantes1, les initiatives suivantes :
• L’élaboration d’un plan national d’action des droits de l’Homme ;
• La soumission d’un rapport à mi-parcours ;
• Le renouvellement du Comité interministériel de suivi de l’application des
instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’Homme ;
• L’organisation de consultations avec le Parlement et le Secrétariat Général du
Gouvernement ;
• L’élaboration participative de l’avant-projet de rapport national de l’EPU ;
• Adoption de l’avant-projet de rapport national par le Gouvernement.
II. Changements intervenus depuis l’examen précédent
3. La situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire a connu une évolution
significative de ses cadres normatif et institutionnel, et de ses politiques publiques.
A. Evolution du cadre normatif
4. La Côte d’Ivoire s’est résolument inscrite dans la logique d’amélioration continue de
son cadre normatif depuis son dernier passage devant le Conseil des Droits de l’Homme, dans
le cadre de l’EPU. A cet effet, de nombreux instruments juridiques internationaux pertinents
ont été ratifiés, notamment les protocoles facultatifs se rapportant à la Convention contre la
torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants ainsi qu’au Pacte
international relatif aux droits civils et politiques, sur l’abolition de la peine de mort.
5. Par ailleurs, l’arsenal juridique interne s’est enrichi de nouveaux textes législatifs et
réglementaires relatifs à la protection des biens, des personnes, et surtout des catégories
vulnérables, en conformité avec les engagements pris devant les organes de traités onusiens
mais aussi les mécanismes de l’Union Africaine et de la CEDEAO.
3
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
6. Une liste de ces différents textes conventionnels, législatifs et réglementaires qui
seront évoqués le long de ce rapport, dont neuf traités ratifiés et vingt-quatre lois
promulguées, ainsi que de nombreux décrets, arrêtés et circulaires, sera jointe en annexe de
ce rapport pour un meilleur suivi2.
B. Evolution du cadre institutionnel
7. La Côte d’Ivoire a procédé à la mise en place des institutions suivantes :
• L’Autorité centrale pour l’adoption en Côte d’Ivoire ;
• Le Pôle Pénal Économique et Financier ;
• L’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Criminels ;
• Le Comité de protection des défenseurs des droits de l’Homme ;
• La Commission Technique d’Assistance juridique et de Reclassement Professionnel
des personnes en situation de handicap dans le secteur public, en abrégé COTOREP ;
• La Commission nationale du droit international humanitaire ;
• Le Centre d’observation des mineurs de Bingerville ;
• La Commission nationale d’éligibilité au statut d’apatride ;
• La Commission nationale de recours au statut d’apatride ;
• La Commission nationale de lutte contre les changements climatiques.
C. Evolution des politiques publiques relatives aux droits de l’homme
8. La Côte d’Ivoire a développé et/ou mis en œuvre, en vue du renforcement du plein
exercice des droits de l’Homme, les politiques publiques suivantes :
• Le Programme National de Développement 2021-2025 ;
• Le Programme Social du Gouvernement ( 2020, 2021, 2022, 2023) ;
• Le Plan d’actions de politique sectorielle 2021-2025 du Ministère de la Justice et des
Droits de l’Homme ;
• Le Plan Stratégique de la Santé de la Mère et de l’Enfant 2021-2025 ;
• Le Plan d’Action National Budgétisé de Planification Familiale 2021-2025 ;
• La Politique nationale de protection de l’enfant ;
• La Stratégie nationale de la lutte contre les VBG révisée en 2024 ;
• La Politique nationale de sécurité sociale 2021-2025 ;
• La Politique nationale sur l’égalité, l’équité et le genre révisé en 2024 ;
• Le Plan d’action national pour l’éradication de l’apatridie en Côte d’Ivoire 2021-
2024 ;
• Le Programme National d’Amélioration des Premiers Apprentissages ;
• Le Programme d’Enseignement Ciblé (Zone Sud-Ouest) ;
• Le Programme de système de remontée des incidents environnementaux ;
• Le Plan national d’adaptation au changement climatique ;
• Le Plan stratégique de développement 2024-2026 du Ministère de l’Environnement,
du Développement Durable et de la Transition Ecologique.
4
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
III. Actions de promotion et de protection des droits de l’Homme
A. Respect des engagements internationaux
9. Aux termes de l’article 123 de la Constitution, « les traités ou accords régulièrement
ratifiés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour
chaque traité ou accord, de son application par l’autre partie ».
10. Conformément à ces dispositions constitutionnelles, l’Etat de Côte d’Ivoire a entrepris
un vaste processus de réformes législatives et réglementaires visant la mise en conformité de
son ordre juridique interne avec ses engagements internationaux.
11. Plusieurs Départements ministériels et institutions nationales veillent d’ailleurs au
respect des engagements de l’Etat en matière de droits de l’Homme, notamment à travers une
coopération régulière avec les mécanismes régionaux et internationaux pertinents.
B. Activités de promotion des droits de l’homme
12. Le Gouvernement est engagé dans la mise en œuvre du Programme Mondial en faveur
de l’Education aux Droits de l’Homme, avec la création d’une discipline spécifique
dénommée « Éducation aux Droits de l’Homme et à la Citoyenneté » (EDHC)3.
13. Un « guide de l’éducation aux droits de l’Homme », a été élaboré par le Ministère de
l’Education nationale et de l’Enseignement Technique pour la promotion des droits de
l’Homme et de la Paix en milieu scolaire.
14. Des programmes de formation initiale et continue sont institués à l’intention des
membres des Forces de défense et de sécurité. Ces formations, qui bénéficient aussi au
personnel pénitentiaire, des Eaux et Forêts, et aux magistrats, couvrent divers thèmes des
droits de l’Homme et les règles du droit international humanitaire. Des campagnes de
sensibilisation et de formation, notamment contre les violences conjugales, les violences
sexuelles, la pratique de l’excision, le viol, le harcèlement sexuel, les mariages forcés, les
mariages précoces, la torture et la non-déclaration des naissances, ont également été réalisées
au profit des journalistes, des médecins, des officiers de police judiciaire, des leaders
communautaires et des guides religieux.
15. Par ailleurs, la commémoration des journées internationales des droits de l’Homme
ont permis de mener des campagnes de sensibilisation au profit des populations. La
célébration du 75e anniversaire de la DUDH a, par exemple, été l’occasion d’accentuer ces
actions, et particulièrement pour l’Etat de prendre des engagements, en apportant un appui
ponctuel à la promotion des droits de l’Homme dans le monde.
16. Depuis 2019, le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a organisé 16
Journées Régionales des Droits de l’Homme4.
17. En juillet 2022, lors du Forum Politique de Haut Niveau sur le développement durable
à New-York, la Côte d’Ivoire a présenté son deuxième Rapport National Volontaire.
C. Activités de protection des droits de l’homme
18. Le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a pris une part active à la
protection des droits de l’Homme, notamment par la réalisation d’enquêtes non judiciaires
sur les allégations de violation des droits de l’Homme dont elle a été saisie, et par des visites
régulières des lieux de détention5. A l’occasion de ces visites, des séances de renforcement
des capacités sont réalisées au profit des Directeurs et des autres membres du personnel
pénitentiaire, sur les règles minima en matière de détention6.
19. Le CNDH a, pour sa part, réalisé 6 517 visites de lieux de privation de liberté au cours
de la période en revue.
5
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
20. Les allégations de violation des droits de l’Homme font systématiquement l’objet
d’enquêtes de la part du CNDH, du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme ou
encore des services compétents d’autres Ministères techniques. Certains cas de violation de
droits de l’Homme ont fait directement l’objet de procédures judiciaires devant les
juridictions civiles, sociales et pénales. De nombreux actes administratifs, notamment des
décrets et des arrêtés ministériels ont été soumis à la censure du Conseil d’État.
D. Coopération avec les mécanismes relatifs aux droits de l’Homme
21. La Côte d’Ivoire participe régulièrement aux sessions de la Commission Africaine des
Droits de l’Homme et des Peuples devant laquelle elle a présenté un rapport périodique en
octobre 2022. Elle participe également aux sessions des autres organes des traités des Nations
Unies. C’est le cas, notamment pour le Comité contre la torture devant lequel elle a présenté
son rapport initial en juillet 2024. En juillet 2023, une délégation ivoirienne a rencontré les
différents Secrétariats des organes des traités en vue de nouer des contacts utiles pour se
mettre à jour de ses rapports en retard.
22. La Côte d’Ivoire prend également une part active aux sessions de l’Assemblée
générale des Nations Unies, du Conseil des droits de l’Homme dont elle est membre depuis
2021.
23. L’Etat coopère étroitement avec les procédures spéciales des Nations Unies en
accédant à leurs demandes de visites et en collaborant à la bonne réalisation de ces visites.
IV. Mise en œuvre des recommandations acceptées
A. La protection et le respect des droits civils et politiques
1. Recommandations intégralement mises en œuvre
Indépendance du pouvoir judiciaire, lutte contre la corruption, accès à la justice (140.88,
140.89, 140.95, 140.97, 140.98, 140.103)
24. La mise en œuvre du Plan d’action de politiques sectorielle (PAPS) 2016-2020 du
Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a permis, notamment l’amélioration de
l’accès à l’assistance judiciaire, à travers l’adoption des textes et la mise en place d’une ligne
budgétaire dédiée, la réhabilitation et l’équipement des tribunaux, la construction de
nouvelles infrastructures judiciaires (Cours d’appel de Daloa et de Korhogo, tribunaux
d’Abobo et de Bingerville), l’amélioration des conditions de détention à travers la
réhabilitation des infrastructures existantes et la construction de nouvelles infrastructures
pénitentiaires, et l’amélioration du bien-être des détenus par l’augmentation de la ration
alimentaire quotidienne des détenus qui est passée de 1 185 FCFA en 2021 à 1 525 FCFA en
2022, puis à 1641 FCFA par jour et par détenu en 2023.
25. Dans cette même dynamique, le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme s’est
doté d’un PAPS 2021-2025 qui, tout en renforçant les acquis, vise à :
• Améliorer l’accès à un système judiciaire de qualité ;
• Améliorer les conditions de détention et de réinsertion des détenus ;
• Assurer la promotion, la protection et le respect des engagements internationaux en
matière de droits de l’Homme.
26. Pour le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire, et en accord avec sa
Constitution, la Côte d’Ivoire s’est dotée de :
• La loi organique n°2022-221 du 25 mars 2022 déterminant les attributions, la
composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la
Magistrature ;
• La loi n°2022-194 du 11 mars 2022 portant statut de la Magistrature.
6
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
27. La Côte d’Ivoire s’est également dotée de la loi n°2022-193 du 11 mars 2022 portant
création, compétence, organisation et fonctionnement du Pôle Pénal Economique et
Financier.
Formation professionnelle aux Droits de l’Homme des Magistrats et des avocats (140.63,
140. 99)
28. En vue d’assurer la formation professionnelle des Magistrats, le Ministère de la Justice
a doté l’Institut National de la Formation Judiciaire (INFJ) de locaux plus adaptés à
Yamoussoukro et d’un Centre de formation continue à Abidjan.
29. Dans leur formation initiale, les Magistrats bénéficient de l’enseignement d’un
module intitulé Droit International Humanitaire.
30. Les Magistrats et les Avocats bénéficient également de renforcements des capacités
en matière de droits de l’Homme, notamment en matière de lutte contre les violences basées
sur le genre. Un accord a été conclu entre le Barreau et l’Institut pour la formation des
Avocats stagiaires.
Respect des délais de garde à vue et de détention préventive (140.86, 140.87, 140.91)
31. La loi n°2018-975 du 27 décembre 2018 portant Code de procédure pénale modifiée
par la loi n°2022 -192 du 11 mars 2022 encadre la garde à vue en la subordonnant à des
conditions strictes, conformément aux engagements internationaux de la Côte d’Ivoire.
32. Par ailleurs, les lieux de détention font l’objet de contrôles renforcés de la part des
autorités judiciaires compétentes. Le CNDH et les organisations de la société civile assurent
régulièrement le monitoring des lieux de privation de liberté.
33. Il est également procédé au renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale
en matière de garde à vue et de détention préventive. Un atelier sur l’effectivité des mesures
alternatives à la détention regroupant toutes les parties prenantes s’est tenu en novembre
2023.
34. Le Code de procédure pénale a même été modifié en exécution d’un arrêt de la Cour
de Justice de la CEDEAO7, pour permettre l’exécution de l’ordonnance de mise en liberté de
la Chambre d’instruction, en dépit du pourvoi en cassation du Parquet Général.
Ouverture des bureaux d’assistance judiciaire dans les juridictions d’instance (140.90)
35. L’ouverture des bureaux locaux d’assistance judiciaire est effective dans tous les
Tribunaux de première instance et leurs sections détachées. Ces Bureaux sont entièrement
opérationnels.
Formation des policiers sur l’interdiction de la torture, et des responsables des prisons sur
les règles minima pour le traitement des détenus (140.63)
36. Le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme organise régulièrement des
Campagnes de sensibilisation au respect des droits de l’Homme qui comprennent des sessions
de formation à l’endroit des membres des forces de l’ordre.
37. Le renforcement des capacités des Directeurs et des agents des établissements
pénitentiaires sur les règles relatives au traitement des détenus et la prévention de la torture,
est assuré dans le cadre des visites des lieux de détention, aussi bien par le Ministère des
Droits de l’Homme que par le CNDH et les Organisations de la société civile.
38. Par ailleurs, un module « Droits de l’Homme » est instauré dans la formation initiale
des élèves de l’École Nationale de Police, à Abidjan et à Korhogo, avec des sessions
consacrées à l’interdiction de la torture, au respect des droits de l’Homme au cours de
l’enquête, y compris l’arrestation et la garde à vue.
39. Dans le cadre de la formation continue, les officiers de police judiciaire bénéficient
de renforcement des capacités organisés à leur intention, notamment par le CNDH. Ces
Séminaires ont également profité aux "Points focaux Droits de l’Homme" de la première
Région militaire de l’État-Major des Forces Armées de Côte d’Ivoire.
7
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Protection des défenseurs des droits de l’Homme (140.45, 140.114, 140.117, 140.122)
40. La Côte d’Ivoire s’est dotée d’un mécanisme de protection des défenseurs des droits
de l’Homme entièrement opérationnel qui mène régulièrement ses activités. Il est composé8
d’un représentant du :
• Ministre en charge des Droits de l’Homme ;
• Ministre en charge de la Sécurité ;
• Ministre en charge de la Justice ;
• Ministre en charge de la Défense ;
• CNDH.
Liberté de la presse, liberté d’expression et protection des journalistes, des blogueurs et
des défenseurs des droits de l’Homme (140.116, 140.119, 140.54, 140.75, 140.110,
140.115, 140.118, 140.112, 140.119, 140.123 et 140.125)
41. En vue de renforcer la liberté d’expression des journalistes et de garantir leur
protection la Côte d’Ivoires s’est dotée de :
• L’arrêté interministériel n°972/MJDH/MEMD/MIS du 10 novembre 2021 portant
création du mécanisme de protection des défenseurs des droits de l’Homme ;
• La loi n° 2022-979 du 20 décembre 2022 modifiant la loi numéro 2017-968 du 27
décembre 2017 portant régime juridique de la Communication audiovisuelle. Cette loi
prend en compte la définition des concepts d’activiste, de blogueur, de communication
électronique, de communication publique en ligne, d’hébergeur, d’influenceur et
garantit la liberté de la publication audiovisuelle.
42. La loi n°2022-978 du 20 décembre 2022 modifiant la loi n°2017-867 du 27 décembre
2017 portant régime juridique de la Presse ramène de 10 à 5 ans le nombre d’années
d’expérience pour être Directeur de publication d’un journal, rappelle la liberté dont jouit le
journaliste dans son travail, et encadre la création et la publication d’écrits à travers les
productions d’information numérique appelées sites internet.
43. Par ailleurs, créée en 2021, en remplacement du Fonds de Soutien au Développement
de la Presse, l’Agence de Soutien au Développement des Médias, qui couvre l’ensemble de
l’écosystème de la communication, a octroyé, de sa création jusqu’en 2023, 2 200 000 000
de FCFA au secteur des médias.
Lutte contre la traite de personnes (140.74 et 140.80)
44. En vue de leur implication, les organisations syndicales et patronales ont bénéficié de
formations sur la lutte contre la traite et la loi interdisant les pires formes de travail des
enfants.
45. Créée en juin 2020, la Sous‐Direction de la police criminelle chargée de la Lutte
contre la Traite des enfants et la délinquance juvénile enquête sur tous les cas de travail des
enfants et de traite des personnes en Côte d’Ivoire.
46. La gendarmerie nationale enquête également sur les cas de travail des enfants dans les
zones rurales.
47. Le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des responsables de
l’application des lois, le renforcement du cadre de collaboration entre la population et les
forces de l’ordre dans la lutte contre l’impunité en matière de traite, la mise en place des
relais dans les communautés pour la dénonciation de la violence, des abus et des exploitations
et la mise en place de 2098 Comités de Protection Enfant pour le signalement de tous les cas
de traite et de travail des enfants dans les communautés, sont autant d’initiatives prises pour
renforcer la lutte contre la traite des personnes et la prise en charge holistique des victimes.
8
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Elaboration d’un manuel sur les procédures opérationnelles normalisées concernant la
traite des personnes (140.81)
48. La Côte d’Ivoire est dotée :
• D’un manuel de procédures opérationnelles normalisées pour la répression des auteurs
et la prise en charge intégrée des victimes de traite ;
• De Procédures opérationnelles standardisées de protection de l’enfant visant à
harmoniser les actions de prise en charge des enfants victimes d’abus et de violences.
2. Recommandations partiellement mises en œuvre
Enquêtes sur les allégations d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et de
torture (140.73, 140.92, 140.94, 140.102, 140.105, et 140.107)
49. Les enquêtes judiciaires sur les allégations d’exécutions extrajudiciaires, de
disparitions forcées et de torture commises par les responsables de l’application des lois se
poursuivent. A cet effet, la Côte d’Ivoire a mis en place la Cellule Spéciale d’enquête9, avec
pour mission de mener des enquêtes judiciaires relativement aux faits commis pendant la
période de la crise post-électorale. Des dizaines de responsables civils et militaires ont été
poursuivis par cette cellule spéciale pour des violations graves des droits de l’Homme et du
Droit International Humanitaire commises pendant la crise post-électorale.
Réduction de la surpopulation carcérale (140.92, 140.100, et 140.106)
50. La Côte d’Ivoire a procédé à :
• L’adoption de la stratégie sous-sectorielle de l’Administration Pénitentiaire, y
compris la réinsertion sociale et professionnelle des détenus pour une maîtrise de la
population carcérale ;
• L’élaboration du Plan national d’Amélioration des Conditions de Détention (PACD)
2021-2025 ;
• L’élaboration d’un plan de construction et de rénovation des établissements
pénitentiaires ;
• La mise en place d’un logiciel de gestion des établissements et de l’administration
pénitentiaire « CS-Greffe » ;
• La dépénalisation de certaines infractions mineures telles que le vagabondage ;
• L’adoption des mesures alternatives à l’incarcération.
51. Dans la période en revue, les décrets de grâces collectives ont bénéficié à 11 670
détenus.
Elaboration d’un plan national pour mettre en œuvre des peines de substitution à
l’incarcération (140.101)
52. Le Plan national de mise en œuvre des peines de substitution à l’incarcération est en
cours d’élaboration. Cependant, outre le décret n° 2021-241 du 26 mai 2021 déterminant les
modalités d’exécution du travail d’intérêt général, les capacités des acteurs de la chaîne
pénale ont été renforcées sur la mise en œuvre des mesures alternatives à la détention.
L’amélioration des conditions de vie des détenus (140.93, 140.100, 140.104 et 140.106)
53. L’amélioration des conditions de vie des détenus constitue une priorité pour le
Gouvernement. En témoignent, l’adoption du décret n° 2023-239 du 05 avril 2023 portant
règlementation des établissements pénitentiaires et fixant les modalités d’exécution de la
détention des personnes, la dotation des établissements pénitentiaires en ressources
nécessaires à la prise en charge des médicaments de base, des examens paracliniques et des
hospitalisations, l’organisation d’activités de prévention et de prise en charge des IST, du
VIH-SIDA de la tuberculose et des autres pathologies en milieu carcéral10, l’organisation
d’activités de prévention et de prise en charge des risques associés à la consommation de
9
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
drogues et la construction de sept nouvelles infirmeries. Il convient également de mentionner
l’élaboration du Plan national d’amélioration des conditions de détention 2021-2025.
Interdiction de la torture (140.78)
54. A la suite de l’adhésion de la Côte d’Ivoire à l’OP CAT, le processus de mise en place
du Mécanisme National de Prévention de la torture est en cours, avec l’élaboration d’un
projet de loi en instance de programmation en Conseil des ministres.
55. Le Code pénal, qui incrimine la torture en tant qu’infraction autonome, est en cours
de révision pour assortir cette infraction d’une peine criminelle.
56. Par ailleurs, pour garantir la prévention de la torture, le Ministère de la Justice procède
régulièrement à des visites dans les différents lieux de privation de liberté, et délivre des
autorisations aux organisations de la société civile pour le monitoring des lieux de privation
de liberté, et procède au renforcement des capacités des Officiers de Police Judiciaire. Le
CNDH procède également à un monitoring régulier des lieux de détention.
Lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (140.30, 140.76, 140.84,
140.164, 140.195, 140.197)
57. Le Plan d’action national 2019-2021 de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail
des enfants, prorogé jusqu’en décembre 2023, redéfinit les priorités et recentre les axes
d’interventions, permettant l’amélioration de l’accès des enfants aux services sociaux de
base, la réduction de la vulnérabilité Socio-économique des familles et des communautés, et
le renforcement des cadres institutionnel, juridique et programmatique de lutte contre le
travail des enfants en Côte d’Ivoire.
58. Par ailleurs, des actions de sensibilisation sont menées sur la lutte contre la traite des
enfants et l’importance de la protection et de la prise en charge des mineurs victimes, et sur
l’application de la loi n°2016-1111 du 08 décembre 2016 relative à la traite des personnes.
59. Des centres d’accueil pour enfants en difficulté ont été créés à Bouaké et à
Ferkessédougou, respectivement en décembre 2019 et en octobre 2021, avec la vulgarisation
de l’application web mobile 116 pour les dénonciations des cas de traite et d’exploitation sur
les enfants. L’animation communautaire contribue, en outre, à impliquer les différentes
communautés dans la protection des enfants.
B. La protection et le respect des droits économiques, sociaux et culturels
1. Recommandations intégralement mises en œuvre
L’école gratuite et obligatoire (140.144, 140.151, 141.161, 40.147, 140.148, 140.149,
140.152)
60. La réflexion a été engagée avec toutes les parties prenantes pour une application
efficace de la loi n°2015-635 du 17 septembre 2015 portant modification de la loi n°95-696
du 7 septembre 1995 relative à l’enseignement, et du décret n°2012-488 du 07 juin 2012
portant attributions, organisation et fonctionnement des Comités de Gestion des
Établissements Scolaires publics, en abrégé COGES, modifié par le décret n°2020-997 du 30
décembre 2020.
61. L’arrêté n°0093/MENA/CAB du 12 octobre 2021 a consacré la suppression des
cotisations exceptionnelles prélevées par les COGES. Un cahier des charges impose, par
ailleurs, aux promoteurs d’établissements scolaires privés la réduction des coûts de
l’éducation.
62. Toutes les mesures prises, y compris la campagne de sensibilisation relative à l’école
obligatoire impliquant la presse, ont favorisé l’accroissement du nombre d’écoles, de salles
de classes et d’enseignants. Sur la période en revue, un total de 27 838 salles de classes ont
été construites, avec un accroissement substantiel du nombre d’enseignants, pour faire face
au nombre des élèves et surtout des jeunes filles11.
10
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
63. La Côte d’Ivoire assure activement la promotion et la mise en œuvre de la Politique
de la Scolarisation Obligatoire (PSO) dont elle s’est dotée. Des campagnes de sensibilisation
intensive sont également organisées sur le droit de l’enfant et l’achèvement de la scolarisation
de la jeune fille.
La scolarisation des filles (140.145, 140.150, 140.153, 140.154, 140.165, 140.167,
140.175, 140.193)
64. La mise en œuvre du plan stratégique d’accélération de l’éducation des jeunes filles
et de la politique d’alphabétisation, ainsi que la vulgarisation des mesures en lien avec l’École
Pour Tous ont permis d’améliorer la scolarisation des jeunes filles. Ces initiatives seront
renforcées par la construction de trois lycées d’excellence pour filles dans les Régions de la
Bagoué, de la Mé et du Sud-Comoé.
Augmentation conséquente des ressources affectées à la santé (140.136, 140.137, 140.138,
140.142, 140.143 et 140.185)
65. Entre 2019 et 2024, le budget du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de
la Couverture Maladie Universelle a augmenté, passant de 414 516 036 997 à 694 873
855 639 FCFA12.
L’égalité d’accès à la terre (140.53, 140.194)
66. La Côte d’Ivoire s’est dotée, le 15 juin 2023, d’un Programme national de sécurisation
foncière rurale dont la mise en œuvre garantit, aux hommes et aux femmes, un accès égal au
foncier rural. La loi n° 2019-573 du 26 juin 2019 relative aux successions consacre, en outre,
l’égale vocation successorale des hommes et des femmes. La mise en œuvre des projets de
sécurisation foncière et la réalisation régulière de campagnes de sensibilisation par l’Agence
Foncière Rural, la structure dédiée à la sécurisation des terres rurales, a permis d’obtenir des
résultats probants. Ainsi, 12% des 31 930 certificats fonciers délivrés13 l’ont été à des
femmes.
Mise en œuvre du Plan National de Développement (140.38, 140.39, 140.49, 140.60,
140.61, 140.64, 140.129, 140.133, 140.134)
67. La mise en œuvre du PND s’est poursuivie malgré les difficultés inhérentes au
contexte international et sous-régional. Adossée à une forte demande intérieure et à la
progression des termes de l’échange, cette mise en œuvre a favorisé le secteur économique,
conduisant à un taux de croissance économique estimé à 6,5% contre un objectif PND de
8,2%.
2. Recommandations partiellement mises en œuvre
Développement des services de soins de santé gratuits et accès à la santé (140. 135,
140.141, 140.142)
68. En 2023, le ratio de professionnels de santé prestataires de soins (médecins, infirmiers
et sages-femmes) pour 10 000 habitants a augmenté, passant de 9,04 en 2022 à 9,13 en 2023.
De plus, 348 Établissements Sanitaires de Premier Contact (ESPC) ont été
construits/réhabilités, dont 69 neufs et 279 réhabilités et équipés. De même, 20 hôpitaux
généraux et 16 maternités ont bénéficié de la réhabilitation et de l’équipement de leur bloc
de gynécologie-obstétrique. Parallèlement, un nouveau bloc gynécologie-obstétrique et
pédiatrique a été construit au CHU de Cocody.
69. Toutes ces actions ont été appuyées par des initiatives en faveur de l’amélioration de
l’accès à l’eau potable, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural.
Accès aux méthodes de contraception, éducation sexuelle (140.180)
70. La mise en œuvre du Plan stratégique de la santé de la mère et de l’enfant 2021-2025
a permis d’améliorer l’offre des services et d’assurer la disponibilité permanente des produits
de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile.
11
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
71. La Côte d’Ivoire s’est également dotée du Plan d’action national budgétisé de
planification familiale 2021-2025. Elle a institutionnalisé des semaines nationales de la
planification familiale, renforcé l’offre de service de planification familiale gratuite aux
jeunes à travers la réorganisation de structures de santé adaptées aux adolescents, aux jeunes
et à la population en général, avec l’intégration de l’offre de service de planification familiale
dans 98% des centres de santé publics et privés. De nombreuses autres initiatives sont en
cours de mise en œuvre.
Lutte contre la mortalité maternelle et infantile (140.139,140.140, 140.176)
72. Outre la mise en œuvre du Plan stratégique de la santé de la mère et de l’enfant évoqué
au paragraphe 68, il a été procédé au renforcement des capacités de 84 hôpitaux de référence
et de 1 827 établissements sanitaire de premier contact sur la nutrition, au renforcement de la
prise en charge de la malnutrition aigüe, à la promotion de l’alimentation de la mère, du
nourrisson et du jeune enfant, à la promotion des actions essentielles en nutrition, des actions
essentielles en hygiène et au développement de la petite enfance, et à une couverture optimale
de l’offre promotionnelle, préventive et curatives de la nutrition. De nombreuses autres
actions sont mises en œuvre pour renforcer la lutte contre la mortalité maternelle et infantile.
Lutte contre la pauvreté (140.131, 140.130, 140.38,140.132 et 140.186, 140.209)
73. Le Gouvernement poursuit la mise en œuvre du projet "filets sociaux productifs"
visant à l’autonomisation des personnes assistées. 227 000 ménages bénéficiaires sont
couverts par le programme dont 125 000 dans plus de 1800 villages en zone rurale et 102 000
en zone urbaine. Le Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) a permis de mettre
des crédits de 80 milliards de FCFA à la disposition de 400.000 femmes. Des mesures
complémentaires sont prises par le Gouvernement.
La protection sociale et la protection des travailleurs (CMU) (140.127)
74. La mise en œuvre de la Couverture Maladie Universelle, qui concerne toutes les
personnes vivant en Côte d’Ivoire14, et du régime social des travailleurs indépendants15
permettra de garantir à tous une protection sociale efficace.
75. Concernant le passage de l’économie informelle à l’économie formelle, la Côte
d’Ivoire s’est dotée de la Stratégie nationale intégrée de la transition vers l’économie formelle
2021-2025.
76. Par ailleurs, le projet SWEDD dont la mise en œuvre se poursuit, permettra de lutter
contre la pauvreté et de garantir l’autonomisation des femmes et le dividende démographique.
C. Le respect de l’égalité de genre et l’élimination des violences basées sur
le genre
1. Recommandations intégralement mises en œuvre
L’égalité entre hommes et femmes (140.126, 140.68, 140.70)
77. Les réformes significatives du Code de la famille intègrent des innovations qui
contribuent au renforcement de l’égalité entre hommes et femmes. Il s’agit, notamment de la
loi n°2019-572 du 26 juin 2019 relative à la minorité qui substitue la notion « de puissance
paternelle » à celle « d’autorité parentale » et de la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 relative
au mariage qui a pour but d’améliorer et d’équilibrer les rapports entre conjoints.
Sensibilisation de la population contre les pratiques traditionnelles néfastes (140.128,
140.156, 140.161, 140.181)
78. Des campagnes de sensibilisation au respect des droits de l’Homme et plus
particulièrement contre les pratiques traditionnelles néfastes sont organisées régulièrement
par les services compétents du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, le CNDH
et les Organisations de la Société Civile. Un Plan d’action accélérée pour la lutte contre le
mariage des enfants est également adopté et mis en œuvre.
12
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Accélération de la mise en œuvre de la loi du 24 mars 2014 instituant la Couverture
maladie universelle (140.135, 140.140, 140.142)
79. La couverture maladie universelle garantit à toutes les personnes vivant en Côte
d’Ivoire, une prise en charge des soins par un régime d’assurance maladie. Elle garantit aux
personnes dont les revenus sont les plus faibles le droit à une protection complémentaire et à
la dispense d’avance de frais. A cet effet, le Registre Social Unique est mis en place, et la
liste des ménages vulnérables à la Couverture Maladie Universelle (CMU) est transmise pour
leur enrôlement et leur prise en charge16.
Participation des femmes à la direction des affaires publiques et aux fonctions publiques
(140.162, 140.67, 140.170, 140.172, 140.173, 140.187, 140.162, 140.168, 140.171,
140.190, 140.192)
80. La Côte d’Ivoire s’est dotée de la loi n°2019-870 du 14 octobre 2019 relative à la
représentation de la femme dans les assemblées élues qui prescrit un quota minimum de 30%
de femmes sur la liste des partis et groupements politiques lors des élections législatives,
sénatoriales, régionales et municipales.
81. L’ordonnance n° 2020-356 du 08 avril 2020 portant révision du Code électoral est
intervenue pour mettre le Code électoral en conformité avec les prescriptions de cette loi, en
prescrivant l’irrecevabilité des listes qui ne respectent pas ces dispositions.
82. Ces mesures législatives sont accompagnées de campagnes de sensibilisation relayées
par les médias, et d’autres activités promotionnelles pour l’implication des femmes dans les
affaires publiques et politiques. Ces différentes initiatives ont produit des résultats
appréciables.
Lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes (140.155, 140.71, 140.158,
140.160, 140.163, 140.174, 140.182, 140.184, 140.189, 140.166, 140.169, 140.191,
140.157, 140.82, 140.109, 140.77)
83. La loi n°2019-574 du 26 juin 2019 portant Code pénal, modifiée par la loi n°2021-
893 du 21 décembre 2021 incrimine toutes les formes de violences à l’égard des femmes. Ce
dispositif répressif est complété par la loi n°2021-894 du 21 décembre 2021 relative aux
mesures de protection de victimes de violences domestiques, de viol et de violences sexuelles
autres que domestiques, renforce la protection des victimes de ces actes de violences.
84. Le Code pénal permet de lutter plus efficacement contre les violences basées sur le
genre, notamment les atteintes à l’intégrité physique, les agressions sexuelles et les violences
morales.
85. Le Code pénal comporte également une définition explicite du viol, y compris le viol
conjugal, en son article 403.
86. En outre, même si la production d’un certificat médical n’a jamais été de jure une
condition de recevabilité de la plainte, la loi n°2021-894 du 21 décembre 2021 relative aux
mesures de protection des victimes de violences domestiques, de viol et de violences
sexuelles autres que domestiques, règle cette question, en mettant à la charge de l’Etat, les
frais liés à l’examen de la victime et à la production du certificat médical.
87. Par ailleurs, en vue de faciliter l’accès à la Justice aux femmes, des campagnes de
sensibilisation sur l’accès des femmes à la justice sont régulièrement organisées. Des sessions
de sensibilisation et d’assistance juridique sont également organisées à l’intention des
populations et particulièrement des leaders communautaires, des guides religieux, des
officiers de police judiciaire, des magistrats et des parlementaires.
88. Des dispositions particulières sont prises pour la prise en charge des femmes victimes
de violences.
89. Relativement à l’assistance judiciaire, 782 personnes en ont bénéficié dont 57,41% de
femmes. Un fonds est mis en place conformément à l’article 18 du Règlement n°5 de
l’UEMOA. Elle fait l’objet de campagnes de sensibilisation, particulièrement à l’intention
des femmes.
13
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
90. Des sessions de sensibilisation sont également organisées sur les procédures
judiciaires auprès des femmes et des filles de toutes les couches sociales, particulièrement les
plus vulnérables. Des séances de formation sont organisées pour présenter aux leaders des
associations de femmes, les droits de la femme et les mécanismes de protection de ces droits,
avec un accent particulier sur la loi du 21 décembre 2021 relative aux mesures de protection
des victimes de violences domestiques, qui consacre le fait qu’en la matière, « la victime qui
en fait la demande, bénéficie de droit de l’assistance judiciaire »17.
91. L’Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire contribue à la vulgarisation des
droits des femmes et des jeunes filles à travers des cliniques juridiques, des centres d’écoute,
de référencement et d’orientation des populations sur des questions d’ordre juridique et
judiciaire.
Résultats des cliniques juridiques sur l’assistance juridique en matière de VBG
HOMMES FEMMES FILLES GARCONS TOTAUX
105 795 606 60 1566
Répression des mutilations génitales féminines et des mariages précoces (140.191, 140.
159)
92. Les exciseuses de plusieurs régions du pays sont régulièrement poursuivies, jugées et
condamnées.
93. Une étude socio anthropologique sur les barrières socio culturelles qui impactent la
persistance et la prévalence élevé des mariages des enfants et la perpétuation des Mutilations
Génitales Féminines (MGF) en Côte d’Ivoire a été réalisée en 2021.
94. Des enquêtes nationales récentes sur les MGF ont fait apparaître une régression de la
prévalence de cette pratique qui est passée de 36,7% en 2016 à 21% en 2021.
95. La loi n°2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage en uniformise l’âge, en le fixant
à 18 ans pour l’homme et la femme. En outre, le Code pénal incrimine le mariage précoce et
le mariage forcé18.
Accélération de l’examen législatif en cours en vue de mettre les lois nationales en
conformité avec la Convention (140.160, 140.179)
96. Tous les projets de lois soumis à l’examen du Parlement ont abouti, notamment avec
l’adoption de :
• La loi n° 2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage ;
• La loi n° 2019-573 du 26 juin 2019 relative aux successions ;
• La loi n°2022-793 du 13 octobre 2022 relative au divorce et à la séparation de corps.
2. Recommandations partiellement mises en œuvre
Soutien aux victimes de violences sexistes et aux enfants victimes d’exploitation sexuelle
(140.200, 140.178)
97. La loi du 21 décembre 2021 relative aux mesures de protection de victimes de
violences domestiques, de viol et de violences sexuelles autres que domestiques constitue
une réponse pertinente à cette préoccupation. Elle fait l’objet, de la part du Ministère de la
Justice et des Droits de l’Homme, d’une large diffusion à travers l’organisation d’ateliers de
formation à l’intention des organisations de la société civile (OSC) et des organes de presse,
des officiers de police judiciaires et des médecins. Les autres initiatives en la matière
concernent, notamment :
• L’adoption du Programme National de Lutte contre les VBG ;
• L’élaboration du document de Procédures Opérationnelles Standard Nationales en
matière de lutte contre les VBG ;
• La révision de la Stratégie Nationale de Lutte contre les VBG en cours ;
14
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
• L’élaboration d’un projet de loi sur la Santé de la Reproduction ;
• La construction de centres intégrés de prise en charge des enfants victimes de
violences sexistes et des enfants victimes d’exploitation sexuelle ;
• La création par les OSC de centres d’accueil19 ;
• La mise en place de 12 espaces amis des femmes à Guiglo, Danané, Man, Odienné, et
Bouna ;
• La mise en place des lignes vertes 116 et 1308 ;
• L’installation de 89 plateformes VBG sur toute l’étendue du territoire national20 ;
• La sensibilisation de 117618 femmes et de 91966 hommes sur toute l’étendue du
territoire national ;
• L’engagement de 825 leaders communautaires dans la lutte contre les VBG y compris
les mariages d’enfants, les MGF et les règlements amiables.
Répression des violences sexuelles commises par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire
et d’autres hommes armés, et dans les écoles (140.85)
98. Le Gouvernement a mis en place une cellule spéciale d’enquête, d’instruction et de
lutte contre le terrorisme, chargée de la poursuite des personnes suspectées d’avoir participé
à la commission de ces infractions. Des dizaines de responsables civils et militaires ont été
poursuivis par cette cellule spéciale pour des violations graves des droits de l’Homme et du
Droit International Humanitaire commises pendant la crise de 2010-2011.
99. Les procédures de VBG sont traitées avec célérité, grâce à la mise en place des points
focaux VBG dans les unités de police judiciaire et dans les juridictions. D’autres initiatives
existent également.
D. La protection et le respect des droits de l’enfant
1. Recommandations intégralement mises en œuvre
Adoption de la loi sur le mariage et interdiction de l’exception de l’âge minimum du
mariage (140.70)
100. La loi du 26 juin 2019 relative au mariage prévoit que l’homme et la femme ne
peuvent contracter mariage avant l’âge de dix-huit ans révolus. En outre, la dispense d’âge
qui pouvait, par le passé, être accordée à la jeune fille, pour motifs graves, a été abrogée.
Rôle de la société civile dans l’amélioration de la situation des enfants en conflit avec la loi
(140.202)
101. Le Gouvernement a créé et assure la promotion d’une plateforme d’échange
permanent entre l’Etat et les OSC sur les droits de l’Homme. Il procède également au
renforcement de leurs capacités sur l’amélioration de la situation des enfants en conflit avec
la loi.
Responsabilité des entreprises en rapport avec le respect des droits de l’Homme (140.44,
140.48 et 140.198)
102. Le Code pénal prévoit des dispositions relatives à la responsabilité pénale des
personnes morales21.
103. Une plateforme est créée pour la mise en œuvre de l’Observation Générale 16 des
Nations Unies pour amener le secteur privé à investir dans les droits de l’enfant. Les Principes
directeurs des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l’Homme sont en outre
vulgarisés. Il en va de même pour le Code de l’environnement.
104. Le Gouvernement a entrepris l’élaboration d’un plan national de mise en œuvre de
ces Principes directeurs.
15
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Mise en œuvre du Plan d’action national contre l’apatridie (140.196, 140.204, 140.212,
140.213)
105. La Côte d’Ivoire veille à la vulgarisation et à la mise en œuvre du Plan d’Action
National pour l’Éradication de l’Apatridie en Côte d’Ivoire22. Elle s’est dotée du décret n°
2019-1096 du 18 décembre 2019 instituant un bureau central de la naturalisation qui fait
passer, de 13 à 3 étapes, la procédure d’obtention du décret de naturalisation, dans un délai
de 6 à 24 mois. Une base numérique des naturalisés est disponible.
Protection des enfants atteints d’albinisme (140.69 et 140.72, 140.205)
106. Le Gouvernement, appuyé par les partenaires au développement et les ONG, procède
régulièrement à l’organisation d’ateliers de vulgarisation des dispositions constitutionnelles,
conventionnelles et législatives relatives à l’interdiction de la discrimination. Les « Journées
Régionales des droits de l’Homme » sont un cadre de sensibilisation des populations au
respect des droits des personnes atteintes d’albinisme afin de les prémunir contre les pratiques
discriminatoires.
2. Recommandations partiellement mises en œuvre
Adoption et mise en œuvre de politiques de protection de l’enfant (140. 36, 140.199 et
140.201, 140.206, 140. 203)
107. Un comité interministériel de protection de l’enfant23 est mis en place. Des campagnes
de sensibilisation sur les droits de l’enfant sont organisées par les Ministères techniques
compétents, le CNDH et les OSC. Le budget de l’Etat est élaboré avec une approche axée
sur les droits des enfants.
108. Par ailleurs, une Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant est élaborée, avec la
révision de la Politique Nationale de Protection de l’Enfant. Trente-six Établissements de
Protection de Remplacement sont accrédités.
109. Les mesures législatives spécifiques concernent, notamment la loi n° 2019-571 du
26 juin 2019 relative à la filiation qui lève tous les obstacles à la reconnaissance de l’enfant
adultérin, la loi n°2019-572 du 26 juin 2019 relative à la minorité et la loi n°2019-573 du
26 juin 2019 relative aux successions, qui renforcent la protection des droits de l’enfant.
110. Lorsqu’un mineur est impliqué dans une procédure pénale, il bénéficie de l’assistance
du Service de la Protection Judiciaire de l’Enfance et de la Jeunesse (S.P.J.E.J) placé auprès
de chaque juridiction.
111. Le Code de procédure pénale contient des dispositions applicables au mineur auquel
est imputée une infraction24. Ainsi, les infractions commises par les mineurs font
obligatoirement l’objet d’une information judiciaire confiée à un juge spécial, le juge des
enfants. Ces infractions relèvent également de la compétence de juridictions spécialisées, le
juge des enfants, le tribunal pour enfants et le tribunal criminel pour mineurs. Le Code pénal
met un accent particulier sur les mesures éducatives et de resocialisation pour lesquelles des
structures spécialisées comme le Service de la Protection Judicaire de l’enfance et de la
Jeunesse, le Centre d’observation des mineurs et le Service de la protection judiciaire en
milieu carcéral ont été créées.
Le respect des normes en matière de détention (140.93)
112. Des Centres d’Observation des Mineurs (COM) dont celui de Bingerville qui s’ajoute
à ceux de Bouaké et de Man, sont créés. Des missions d’inspection des établissements
pénitentiaires sont régulièrement organisées par l’Inspection Générale des Services
Judiciaires et Pénitentiaires.
16
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Droits des personnes handicapées et intégration socioprofessionnelle des personnes en
situation de handicap (140.146, 140.152, 140.211, 140.208 et 140.210)
113. Les mesures prises pour donner effet à ces recommandations sont, notamment :
• Le décret n°2023-88 du 15 février 2023 portant création, attributions, organisation et
fonctionnement du Fonds pour l’insertion Professionnelle des personnes en situation
de handicap ;
• Le Projet d’Insertion des Personnes Vulnérables inscrit au Programme social du
Gouvernement25 qui a permis en 2022, à plus de 3 600 personnes vulnérables d’avoir
des activités génératrices de revenus ;
• L’augmentation progressive de l’effectif des personnes handicapées intégrées à la
Fonction Publique grâce aux recrutements dérogatoires26 ;
• L’arrêté interministériel n° 0089 MENETFP/MEPS/MFFE du 25 juin 2019 portant
création, attributions, organisation et fonctionnement de la plateforme de mise en
œuvre de l’éduction inclusive en Côte d’Ivoire ;
• Le décret du 22 septembre 2021 portant création, attributions, organisation et
fonctionnement de la Commission Technique d’Assistance juridique et de
Reclassement Professionnel des personnes en situation de handicap dans les secteurs
public et privé (COTOREP)27 ;
• Le recrutement dérogatoire de 200 personnes en situation de handicap à la fonction
publique en 2021 ;
• Le recrutement de personnel d’assistance pour la prise en charge des personnes en
situation de handicap.
Droit à la santé et à l’éducation des enfants en situation de handicap (140.146, 140.152, et
140.211)
114. La Côte d’Ivoire s’est dotée de la loi n°2019-576 du 26 juin 2019 instituant le Code
de la Construction et de l’Habitat dont le chapitre 3 est consacré à l’accessibilité des
personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite.
115. Des travaux sont entrepris pour améliorer l’accès des personnes en situation de
handicap à tous les services de santé.
116. Par ailleurs, la politique de l’école inclusive28 fait l’objet d’une vulgarisation
nationale.
E. La justice transitionnelle et la transition démocratique
Recommandations intégralement mises en œuvre
Publication du rapport de la Commission Dialogue, vérité et réconciliation (141.2 et
141.13)
117. Le lancement de la publication du rapport a été fait le 25 octobre 2015 à la Primature.
Le rapport est disponible en ligne sur le site du Gouvernement.
Transition démocratique, paix et stabilité dans le pays (140.79)
118. Le Gouvernement maintient des rapports suivis avec l’opposition, dans le cadre du
Dialogue politique qui implique autant les partis politiques que les organisations de la société
civile. Les recommandations issues de ce dialogue, qui en est à sa 5e phase, sont mises en
œuvre au fur et à mesure.
119. Ce dialogue a permis la libération de plusieurs membres de partis politiques
condamnés pour des infractions de droit commun et le retour des exilés, ce qui a
significativement contribué à l’apaisement de la situation sociopolitique.
17
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Lutte contre l’impunité (141.9, 140.120)
120. La Cellule Spéciale d’enquête, d’Instruction et de lutte contre le Terrorisme29 est
chargée des enquêtes et de l’instruction judiciaires relatives aux crimes et délits commis à
l’occasion de la crise consécutive à l’élection présidentielle de 2010 ainsi qu’à toutes les
infractions connexes ou en rapport avec lesdits crimes et délits. Elle est également
compétente pour connaître de tous les faits liés aux actes de terrorisme.
121. Dotée de moyens financiers, humains et techniques adéquats, cette Cellule a déjà
diligenté plusieurs enquêtes qui ont fait l’objet de procès et de condamnations, y compris à
des réparations civiles.
122. Par ailleurs, des actions de réparation communautaire au profit des victimes et une
campagne de sensibilisation des femmes et des filles victimes de violences liées aux conflits
sur l’accès à la justice, aux soins de santé et aux services psychosociaux ont été organisées.
Application des Conventions de l’Union Africaine sur l’assistance aux personnes déplacées
en Afrique et sur l’apatridie (140.22, 140.28 et 140.207)
123. Le Gouvernement a procédé à la construction de 1500 habitations à Notadouo30 et de
1.080 habitations à Niornigué31, pour accueillir les réfugiés venus du Burkina-Faso.
124. Un cadre juridique et institutionnel pertinent existe, ainsi qu’une politique visant à
garantir la coexistence pacifique et à prévenir l’exclusion, la marginalisation politique,
sociale et culturelle susceptible de causer le déplacement de populations ou de personnes en
vertu de leur identité, leur religion ou leur opinion politique.
125. Il convient également de mentionner l’adoption, en juin 2022, d’un avant-projet de loi
sur l’asile et l’assistance juridique et administrative au profit des demandeurs d’asile32.
126. Entre 2019 et 2024, ces différentes initiatives ont produit des résultats significatifs.
Adoption d’une loi sur la protection des victimes et des témoins dans les procédures
judiciaires relatives au conflit (140.54)
127. La Côte d’Ivoire s’est dotée de la loi n°2018-570 du 13 juin 2018 relative à la
protection des témoins, victimes, dénonciateurs, experts et autres personnes concernées et
d’un décret en instituant le Bureau national33.
F. La mise en œuvre des obligations internationales en matière de droits
de l’homme
Ratification des instruments juridiques internationaux (140.8, 140.9, 140.11, 140.16,
140.24 et 140.25, 140.1, 140.3, 140.4, 140.7, 140.10, 140.14, 140.23, 140.27, 140.28 et
140.29, 140.2, 140.12, 140.15, 140.21, 140.32, 140.5, 140.6)
128. La Côte d’Ivoire a « ratifié » :
• Le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits
civils et politiques, visant à abolir la peine de mort34 ;
• Le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines
ou traitements cruels, inhumains ou dégradants35 ;
• La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les
disparitions forcées36 ;
• La Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs
migrants et des membres de leur famille37.
Présentation du rapport initial dû au Comité contre la torture (140.13)
129. L’examen du rapport initial de la Côte d’Ivoire au Comité contre la torture a été
programmé pour les 16 et 17 juillet 2024.
18
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
Coopération avec les mécanismes onusiens et africains de protection des droits de
l’Homme (140.5, 141.9)
130. La Côte d’Ivoire coopère régulièrement avec les titulaires de mandat au titre des
procédures spéciales des Nations Unies, ainsi qu’avec la Cour pénale internationale et la
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Opérationnalisation du Comité interministériel des droits de l’Homme (140.17, 140.18,
140.47,140. 50, 140.65)
131. Le Comité interministériel de suivi de l’application des instruments juridiques
internationaux relatifs aux droits de l’Homme est pleinement opérationnel. Le CNDH et les
OSC participent quasi-systématiquement à ses travaux. Le Comité coopère également avec
le Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat aux Droits de
l’Homme38.
Recommandations en cours de mise en œuvre
Ratification des instruments juridiques internationaux (140.29)
132. Les projets de décret en vue de l’adhésion aux instruments ci-après mentionnés sont
en instance de programmation en Conseil des Ministres :
• La Convention internationale contre le recrutement, l’utilisation, le financement et
l’instruction de mercenaires ;
• Le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits
économiques, sociaux et culturels ;
• Le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant établissant une
procédure de présentation de communication.
133. Le projet de loi autorisant la ratification du Protocole facultatif se rapportant à la
Convention relative aux droits des personnes handicapées est soumis à l’adoption du
Parlement.
134. Un mémorandum élaboré en vue de la ratification de la Convention (n° 189) sur les
travailleuses et travailleurs domestiques de l’Organisation internationale du Travail est
soumis aux observations du Ministère de l’Emploi et de Protection Sociale.
G. Le renforcement des institutions de droits de l’homme et de
gouvernance
Mise en conformité du CNDH avec les exigences des Principes de Paris relatifs aux INDH
(140.35, 140.41, 140.42, 140.43, 140.48, 140.52, 140.55, 140.56, 140.59, 140.62)
135. Le CNDH est passé du statut « B » au statut « A » de l’Alliance Mondiale des
Institutions Nationales pour la promotion et la protection des Droits de l’Homme en
décembre 2020. Cette accréditation a été rendue possible par la mise en conformité du
dispositif institutionnel et législatif du CNDH avec les exigences des principes de Paris.
Réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) (140.37, 140.111, 140.113)
136. Conformément aux dispositions de l’ordonnance n° 2020-306 du 4 mars 2020 portant
modification de la loi portant recomposition de la Commission Électorale Indépendante
(CEI), il a été procédé à la reprise des élections au sein des CEI locales dont les premiers
responsables sont désormais, majoritairement issus de l’opposition. Un remaniement de la
CEI centrale est également intervenu pour assurer la présence de membres issus des partis
politiques de l’opposition qui s’étaient montrés réticents par le passé. La recomposition de la
CEI qui fait suite à une recommandation de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des
Peuples est le fruit de réflexions et d’échanges avec les partis politiques et la société civile.
La CEI recomposée comprend désormais 16 membres au lieu de 15. La nouvelle commission
19
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
est constituée de trois personnalités proposées par la majorité au pouvoir et de quatre
personnalités proposées par les partis et groupements politiques de l’opposition.
137. En outre, les membres des commissions locales passent de 7 à 8, dont une personnalité
proposée par le préfet de région, trois personnalités proposées par la majorité au pouvoir et
quatre personnalités proposées par les partis et groupements politiques de l’opposition. Cette
nouvelle disposition contribue à une inclusivité électorale plus affirmée.
Renforcement de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance et / ou du cadre juridique
de la lutte contre la corruption (140.40 et 140.124)
138. La Côte d’Ivoire s’est dotée d’une Stratégie nationale de la bonne gouvernance et de
la lutte contre la corruption dont elle assure la mise en œuvre, notamment à travers une
sensibilisation de masse sur la corruption.
139. En août 2020, un « Guide pratique de prévention et de règlement des conflits
d’intérêts » a été élaboré par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), avec la
contribution de plusieurs autres Services de l’État, de la société civile et du secteur privé. Son
objectif est de faciliter l’application des textes relatifs à la prévention et à la gestion des
conflits d’intérêts dans les Administrations publiques et parapubliques et d’encourager les
bonnes pratiques.
140. En vue de renforcer la lutte contre la corruption, une juridiction spécialisée a été créée
par la loi n°2022-193 du 11 mars 2022 portant création, compétence, organisation et
fonctionnement du Pôle Pénal Économique et Financier.
141. Le recouvrement et la gestion des avoirs illicites a fait l’objet du décret n° 2022-349
du 1er juin 2022 déterminant les attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’Agence
de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Criminels, modifié par le décret 2022-982 du
décembre 2022 et par un autre décret du 26 juin 202439.
142. Le dispositif de lutte contre la corruption est complété par la mise en place de la
plateforme SPACIA (Système de Prévention et de détection des Actes de Corruption et
Infractions Assimilées) et d’un numéro vert 1345, le 11 juillet 2022, et par la création de la
plateforme Signalis (plateforme anonyme et sécurisée de la Haute Autorité pour Bonne
Gouvernance), d’un numéro vert 800 800 11, le 25 mai 2023.
143. En matière de coopération internationale, un Protocole d’accord a été signé entre la
HABG et l’Office National de lutte contre la fraude et la Corruption du Sénégal, le 17 février
2022.
144. La loi n°2022-190 du 11 mars 2022 a autorisé la ratification du Protocole de la
Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest sur la lutte contre la corruption.
145. Grâce à tous ces efforts, l’indice de perception de la corruption de la Côte d’Ivoire est
passé de 36 à 37 points sur 100 depuis son dernier passage à l’Examen Périodique Universel.
Le pays a ainsi évolué du 105e au 99e rang sur 180 pays.
Formation des acteurs à la promotion et la protection des droits de l’Homme (140.46,
140.58, 140.63, 140.96)
146. La Formation en droits de l’Homme est principalement assurée par les services
compétents du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme et par le CNDH. Le CNDH
a réalisé vingt-huit activités de formation en Droits de l’Homme sur la période allant de 2019
à 2022. Depuis 2018, il a mis en place un cadre de formation aux droits de l’Homme
dénommé "Université des Droits de l’Homme" qui rassemble de nombreux auditeurs
provenant de toutes les couches socio professionnelles de même que les OSC nationales et
internationales40.
Diffusion de la Constitution au sein des institutions nationales et auprès du public en
général (140.66)
147. Au cours des "Journées régionales des Droits de l’Homme" le Ministère de la Justice
et des Droits de l’Homme procède à la vulgarisation de la Constitution.
20
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
V. Difficultés, contraintes et bonnes pratiques liées à la mise en
œuvre des recommandations acceptées et à l’évolution de la
situation des droits de l’homme
A. Difficultés
148. Les difficultés rencontrées sont :
• Les mesures de restriction liées à la pandémie de la COVID-19 ont fortement contrarié
la réalisation de nombreuses activités nécessaires à la mise en œuvre des
recommandations ;
• L’instabilité institutionnelle liée à la trop grande mobilité des membres du Comité
interministériel de suivi de l’application des instruments juridiques relatifs aux droits
de l’Homme, ce qui a entrainé une dispersion des compétences préjudiciable au bon
fonctionnement dudit Comité ;
• L’insuffisance des ressources humaines et budgétaires affectées au suivi de la mise en
œuvre des recommandations ;
• L’insuffisance des ressources financières affectées à la mise en œuvre des activités
identifiées dans le Plan National des Droits de l’Homme ;
• L’indisponibilité de statistiques actualisées et désagrégées.
B. Contraintes
149. La Sous-région Ouest-africaine a été le théâtre de changements anticonstitutionnels
de pouvoir qui ont aggravé une situation sécuritaire déjà en proie au péril terroriste. Ces
facteurs combinés ont entrainé de nouveaux défis liés, notamment à la gestion des flux
migratoires consécutifs aux crises politiques survenues dans les pays frontaliers.
150. Les autres défis auxquels la Côte d’Ivoire reste confrontée sont :
• La préservation des acquis en matière de promotion et de protection des droits de
l’Homme ;
• Le renforcement des mécanismes de promotion et de protection des droits humains ;
• La maîtrise de la population carcérale ;
• La mise en œuvre efficace des alternatives à la détention ;
• La transition écologique.
C. Bonnes pratiques
151. Au titre des bonnes pratiques, peuvent être retenus :
• L’organisation d’ateliers de restitution des recommandations issues de l’EPU ;
• L’adoption du Plan National des Droits de l’Homme ;
• L’élaboration inclusive du rapport à mi-parcours de l’EPU ;
• Le renouvellement de la composition du Comité interministériel de suivi de la mise
en œuvre des instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme ;
• L’implication de toutes les parties prenantes dans le processus de l’EPU ;
• L’élaboration du deuxième rapport national volontaire sur les ODD.
21
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
VI. Priorités, initiatives et engagements nationaux essentiels en
vue de surmonter ces difficultés et contraintes et d’améliorer
la situation des droits de l’homme
A. Priorités
152. Les priorités de la Côte d’Ivoire en matière de droits de l’Homme sont :
• Le renforcement de la promotion des droits de l’Homme ;
• L’amélioration de la protection des droits de l’Homme ;
• Le renforcement du cadre institutionnel des droits de l’Homme ;
• Le renforcement de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption ;
• L’amélioration de l’accès de tous aux services sociaux de base en particulier les
personnes vulnérables ;
• L’amélioration des conditions de détention et le renforcement des mesures prises pour
la réinsertion des détenus ;
• Le renforcement de la promotion et de la protection des droits des femmes, des enfants
et des personnes en situation de handicap.
B. Initiatives
153. En vue de l’amélioration de la situation des droits de l’Homme, diverses initiatives
sont prises. Il s’agit, notamment :
• Du projet d’élaboration du Plan d’action national sur les Entreprises et les Droits de
l’Homme ;
• L’amélioration de la régulation des institutions judiciaires ;
• Le renforcement des capacités opérationnelles du système judiciaire ;
• L’amélioration de la gestion des établissements pénitentiaires ;
• Le renforcement des infrastructures pénitentiaires et l’amélioration du bien-être des
détenus ;
• Le renforcement des programmes de réinsertion des détenus ;
• Des dispositions en cours pour assurer l’effectivité des mesures alternatives à la
détention.
C. Engagements de la Côte d’Ivoire
154. En vue de répondre efficacement aux défis de la promotion et de la protection des
droits de l’Homme, la Côte d’Ivoire prend les engagements suivants :
• Actualiser le Plan national des droits de l’Homme en retirant les recommandations
mises en œuvre et en intégrant les nouvelles recommandations ;
• Mettre en œuvre les recommandations acceptées ;
• Renforcer la coopération avec les instances internationales de droits de l’Homme ;
• Renforcer l’implication des parlementaires, des acteurs judiciaires et des OSC dans la
mise en œuvre du Plan national des droits de l’Homme ;
• Poursuivre la mise en œuvre des ODD ;
• Présenter régulièrement les rapports dus aux organes des Traités ;
22
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
• Assurer la mise en œuvre des recommandations pertinentes formulées par les organes
des traités ;
• Finaliser le processus de ratification des instruments juridiques internationaux
pertinents relatifs aux droits de l’Homme ;
• Mettre en place et rendre rapidement opérationnel le Mécanisme National de
Prévention (MNP) ;
• En tant que pays abolitionniste, s’impliquer davantage dans l’abolition de la peine de
mort ;
• Poursuivre le renforcement du cadre juridique de promotion et de protection des droits
de l’Homme en particulier des femmes et des enfants.
VII. Besoins en renforcement des capacités et en assistance
technique
155. Les besoins de la Côte d’Ivoire en la matière se rapportent :
• Au renforcement des capacités des différentes parties prenantes à la mise en œuvre
des recommandations de l’EPU ;
• À l’assistance au Comité interministériel dans les activités liées à l’élaboration des
rapports dus aux organes des traités ;
• À l’assistance aux Départements ministériels responsables de la réalisation des
activités nécessaires à la mise en œuvre des recommandations ;
• Au renforcement de l’interaction entre les États ayant formulé des recommandations
et l’Etat de Côte d’Ivoire pour la mise en œuvre de ces recommandations.
Notes
1 Il s’agit du Conseil National des Droits de l’Homme, des organisations de la société civile impliquées
dans la promotion et la protection des droits de l’Homme, de certains partenaires techniques et
financiers tels que le PNUD, l’ONUSIDA, l’OIF et l’UNFPA.
2 Cf. Annexe 1).
3 Cf. décret n°2012-884du 12 septembre 2012.
4 Il s’agit de journées promotionnelles de sensibilisation au respect des droits de l’Homme dans
différentes régions du pays.
5 La Direction des Droits de l’Homme du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a procédé à
soixante (60) visites de lieux de détention depuis le dernier passage de la Côte d’Ivoire à l’EPU.
6 909 agents pénitentiaires ont été formés en matière de détention préventive à fin septembre 2023.
7 Arrêt N° ECW/CCJ/JUD du 26 avril 2021, rendu dans l’affaire KODJO ALAIN VICTOR CLAUDE
C/ République de Côte d’Ivoire.
8 Cf. l’arrêté interministériel n°972/MJDH/MEMD/MIS du 10 novembre 2021 portant création du
mécanisme de protection des défenseurs des droits de l’Homme.
9 Cf. l’arrêté n° 020/MEMJ/DSJRH/MEF du 24 juin 2011.
10 Des missions en vue d’apprécier l’accès aux soins de santé sont effectuées conjointement par le
MJDH avec des ONG telles que ENDA Santé et Alliance Côte d’Ivoire dans le cadre du Groupe de
Travail Technique (GTT) VIH SIDA et tuberculose.
11 Cf. graphique indiquant l’évolution des statistiques scolaires de 2019 et 2023 (Annexe 2).
12
Cf. graphique indiquant l’évolution du budget en CFA du Ministère en charge de la santé de 2019 à
2024) (Annexe 2).
13 Ces chiffres datent de fin février 2024.
14 13.000.000 de personnes ont été enrôlées.
15 Il a été procédé à l’enrôlement de plus de 450.000 personnes en fin 2023.
16 Le réseau national de soin est passé de 1 334 établissements de santé en 2022 à 1 699 établissements
de santé en 2023, répartis dans 495 Sous-Préfectures sur 510 et couvrant toutes les 31 régions du
pays.
17 Cf. article 13 de la loi n° 2021-984 du 21 décembre 2021 relative aux mesures de protection des
victimes des violences domestiques, du viol et des violences sexuelles autres que domestiques.
23
A/HRC/WG.6/47/CIV/1
18 Cf. article 439 nouveau du Code pénal.
19 Centre d’Excellence des Femmes de Man, Centre Communautaire d’Accueil et de Réhabilitation pour
les Femmes et les Jeunes Filles de Logoualé, Centre d’Accueil et de Transit BLOOM, le centre
d’accueil et d’écoute de l’ONG femmes en Actions d’Agboville, le centre d’accueil et d’hébergement
de l’ONG AKWABA Mousso d’Abidjan, le centre d’hébergement de l’ONG CAVOEQUIVA et le
centre d’hébergement de l’ONG dignité et droits pour les enfants en Côte d’Ivoire (DDCI).
20 Le district Autonome d’Abidjan comptait à lui seul 12 plates formes à la date du 1er avril 2019.
21 Cf. article 96 du Code pénal.
22 Cf. arrêté interministériel n° 836/MAE/MJDH du 02 septembre 2020 portant création, organisation et
fonctionnement de la Commission nationale d’éligibilité au statut d’apatride et arrêté interministériel
n° 837/MAE/MJDH du 02 septembre 2020 portant création, organisation et fonctionnement de la
Commission nationale de recours au statut d’apatride.
23 Cf. décret n° 2019-779 du 25 septembre 2019 portant création, attributions, organisation et
fonctionnement du comité interministériel de protection de l’enfant.
24 Cf. articles 787 à 848 du Code de procédure pénale.
25 Cf. PS-GOUV 2.
26 Depuis 1997, cet effectif est porté à 2.300.
27 Ce décret vise à garantir le droit à l’emploi des personnes en situation de handicap ainsi que le droit
au reclassement professionnel des travailleurs handicapés de façon à favoriser l’inclusion sociale. La
mise en place de ces différents mécanismes dirigés par les professionnels des différents secteurs
incluant les organisations des personnes en situation de handicap, participe de la politique de
l’inclusion sociale du Gouvernement, découlant du Programme Présidentiel « Une Côte d’Ivoire
meilleure, Une Côte d’Ivoire Solidaire ».
28 Cf. l’arrêté interministériel n° 0089 MENETFP/MEPS/MFFE du 25 juin 2019 portant création,
attribution, organisation et fonctionnement de la plateforme de mise en œuvre de l’éducation inclusive
en Côte d’Ivoire.
29 Cette Cellule a été créée par le décret n°2016-543 du 20 juillet 2016 en remplacement de la Cellule
spéciale d’enquête et d’Instruction créée par le décret n°2013-93 du 30 décembre 2013.
30
Dans la région du Boukani, dans le Nord - Est de la Côte d’Ivoire.
31 Près de Ouangolodougou, dans le Nord de la Côte d’Ivoire.
32 La première forme d’assistance se traduit par le suivi et le règlement des cas de protection auxquels
ils peuvent être confrontés et l’assurance du respect de leurs droits. L’assistance administrative
consiste en la délivrance de documents d’identité et administratifs tels que le casier judiciaire.
33 Décret N° 2020-953 du 09 décembre 2020 déterminant les attributions, la composition, l’organisation
et le fonctionnement du Bureau de national de protection des témoins victimes, dénonciateurs, experts
et autres personnes concernées.
34 Le 03 mai 2024.
35 Le 1er mars 2023.
36 Le 06 juin 2024.
37 Le 26 septembre 2023.
38 Il s’agit, à titre d’exemples, de l’accompagnement pour l’élaboration du rapport dû au Comité contre
la torture, l’organisation conjointe (d’atelier de renforcement des capacités des membres du Comité
interministériel, atelier de sensibilisation sur les principes directeurs des nations unies relatifs aux
droits de l’Homme).
39 Cette Agence est chargée de l’exécution des décisions de gel et de confiscation des avoirs illicites
prononcées dans le cadre des procédures pénales ou administratives. Ses organes ont été installés et
elle est pleinement opérationnelle.
40 Pour le premier semestre de l’année 2022, l’UDDH a organisé deux sessions de formation ordinaire
portant sur le droit international des droits de l’Homme et les droits de l’enfant. Ces deux sessions ont
mobilisé trois cent dix (310) auditeurs et auditrices.
24