Développement du Droit Constitutionnel
Développement du Droit Constitutionnel
ENTREDROIT ET POLITIQUE
PAR
Michel TROPER
a. que les règles de fond qui possèdent cette forme - et donc cette valeur -
sont désormais plus nombreuses, plus importantes, qu'elles sont plus géné-
rales et qu'elles régissent un plus grand nombre de matières. C,est ainsi qu,on
souiigne que les principes du droit constitutionnel régissent désormais le àroit
pénal, le droit civil ou le droit fiscal et surtout qu'ils encadrent et o'saisissent"
la politique.
Mais d'un autre côté, le droit constitutionnel c'est aussi la discipline qui a
ces normes pour objet. On peut d'ailleurs la concevoir de deux façons diffé-
rentes. On peut d'abord appeler "science du droit constitutionnel" l'activité
par laquelle les juristes, au terme d'opérations d'interprétation et de systéma-
tisation, dégagent des textes les normes constitutionnelles. Mais on peut aussi
considérer qu'elle doit être une simple description des normes posées par des
autorités spécialement habilitées. Selon la première conception, le droit consti-
tutionnel est une partie de la dogmatique juridique et n'est qu'une activité
quasi-cognitivel. La seconde conception se rattache au positivisme juridique et
o'sciencedu droit constitutionnel".
l'on parle alors plus volontiers de
L Aleksander Peczenik, The basis of Legal J ustification, [Link], 1983' p. II8 s'
84 DROTTETPOLTTTQUE
I _ LE PRESUPPOSE THEORIQUE
Ils rejoignent ainsi les théoriciens du droit dits ooréalistes", qui considèrent
eux-aussi que le juge n'est pas lié par une norme préexistante. Selon la thèse
réaliste, le juge prend une décision pour des raisons de pure opportunité et la
justifie après coup en choisissant une norme génêrale, d'où la décision semble-
ra logiquement déduite. En réalité, non seulement ce choix est libre, mais de
plus la norme est toujours prétendument contenue dans un texte ou un
ensemble de précédents, dont elle est la signification et c'est seulement par
l'interprétation que le juge prétend la'odégager''. Or, la signification n'est pas
déjà-là dans les textes. Elle est seulement le produit d'une interprétation,
effectuée librement par le juge. Cette thèse est dite 'oréaliste" parce qu'elle
prétend faire apparaître la rêalité du pouvoir du juge derrière les justifica-
tions, qui ne sont que de façade, des décisions judiciaires. En dernière analy-
se, le contenu de ces décisions résulte non pas d'un droit préedstant, mais,
comme pour les actes ouvertement politiques, de facteurs psychologiques ou
sociologiques,
Autrement dit, pour les sociologues, comme pour les juristes autres que les
réalistes, est juridique la décision qui noest pas l'expression de la volonté de
son auteur, mais qui résulte dtune connaissance ou dtune découverte, dans un
texte ou dans un ensemble de textes, ou dans la totalité d'un système juridique
ou bien dans le droit naturel ou encore toute décision qui peut être inférée de
cette connaissance. Au contraire est [Link] tout ce qui est l'expression de la
volonté, c'est-à-dire des valeurs, des préférences des hommes qui forment une
autorité publique. Ainsi, pour les juristes comme pour les sociologiques, tout
ce qui n'est pas juridique est politique et réciproquement, de sorte que la
controverse parait porter seulement sur la frontière, la plupart des juristes
LE CONSTITUTIONNA]-ISME 85
juri-
estimant que la décision d'une autorité juridictionnelle est seulement
soutiennent que cette décision est maleiré tout
dique, tan^ilis que les sociologues
politique.
le
Le critère de la distinction du politique et du juridique est donc toujours
échap-
même : est juridique ce qui est rppli"utiotr d'une norme préexistante^et
Ce critère
pe à la causalité; àst politique t. âe"[Link] qui relève de Ia causalité'
le pt t. aË clarté par Hans Kelsen' Il est vrai que d'après la
à été avec
""poré du Droit, la distinction se présente au pr€mier abord comme une
Théorie^Pure
la, nature
distinction seulement épistémologique : alors que les sciences-de
leur objei à l'aide Ju-principe de causalité, la science du droit
appréhendent
généralement les sciences normatives appréhendent le leur à l'aide
;;;i",
le principe d'imputation, par- Iequel on exprime une
d'rrn [Link]"ipe différent,
rehtiàn ent're deux faits A B, til" qrr" A, alors B d'oit-ôtre2 '
"i "i
par la
Il faut observer d'abord que cette distinction, acceptée aussi bien
du droit poËH" qrr. par la science politiqug, repose en réali-
doctrine classique
à
tê, chezKelsen^lui-mê-", .i" une ontoiogie à peine cachée. Ce qui contribue
Kelsen admette que "Ic principe de causalité est
la dissirnuler? est le fait que
Paris'
2. Hans Kelsen, Théorie Pure d'u Droit, 2ù'édit' trad' fse par Ch' Eisenmann'
Dalloz ; 1962, p.I04
- -[Link]Â,ulnnt s.
cettethéoric [Link],laThêoric pure [Link] n'inau'
jurid'i^ue. ElIc ne fai't qu'amn-
gure absolitment pos une nou,elln méthodn dc-In connaissance
"ner rendre conPte'
ù In pbine .oÀci"nce .. que tons les juristes font, ln plu souaent sarc s'en
qu" bshonoées qii ont étè [Link]êes ci-d'esllæ ne sont pas des faits
t rrqu;ii, conçoiuent
senssubjectif,
*iiÀi*" p,i, tes toi dc la causalité ,-mais les considèrent conformitmcnt à lnur
pourguoi
* d"r'nor*s objectiuemcnt oolobl"r..." (Théoric Pure, op' cit. p.273)...c'est
"o
NorbertoBobbio(..Sein"und"Sollen"inLegalScience,ARSP,BeiheftNr.6,"SeinundSollzn
de soutenir que la
i^ [Link] ungrUe)ei'ch dcsR"chtts, 1OZO,pl1 s') n'a-pas entièrenent raison
p.".[Link]. É[Link] en efflt prescriptive dans-la-_m",m're où Kelsen
métascience de Kelsen
".t à décrire. Mais elle est descriptive guand elle décrit ce qui est
f.".""i, à Ia science d" ." Ëo.r""
une norme fonda-
au fondement de la démarche de tout juriste, quel qu'il soit : il présuppose
mentale; il décrit son objet à I'aide d'un principe différent du principe de causalité.
86 DROIT ET POLITIQUE
c'est cette dernière conception qui d'ailleurs justifie seule que les proposi-
tions de la science du droit, qui ne sont pas des normes, mais qui décri^vent
des
normes, les propositions de droit dans le vocabulaire kelseniËn, puissent
être
dites vraies ou fausses selon le principe de la vérité correspondanËe.
Elles sont
vraies, si-les-normes qu'elles décrivent existent objectiverient, "varent,,
objec-
tivement", c'est-à-dire si elles "valertt" indépendamment de la volonté
de ceux
qui les ont posées, en d'autres termes, siie Sollen, que la science
du droit
décrit à l'aide du principe d'imputation a une existence objective.
4 . T h é o r i eP u r e " p . I l B .
5. ibid,[Link]
6' "un,telprincipe est présent_dans notre pensée et est appliqué par
lcs sciencesqui ont
pour objet la conduite réciproque des homnes in tont qu" déti.:^iiée
par d,esoor*e",
dire ",ert-à-
termes: qui ont pour objet tes normes-qui règrcmcntint cette cond,uite,,
^nd'autres (ibid,
p. r05.).
LE CONSTITUTIONNA],ISME 87
II - LE PRESUPPOSE METHODOLOGIQUE
ainsi, la méthode juridique permettrait, aux yeux des juristes, non seule-
ment de connaître le droit en vigueur, mais de comprendre la politique, dès lors
qu'il est admis que celle-ci obéit au droit. La méthoàe sociologique, serait, quant
à elle, applicable, selon les sociologues, non seulement au comporte-"ni d",
autorités politiques, mais aussi à celui des autorités juridictionnelles, dès lors
qu'on admet qu'elles prennent des décisions oopoliiiques,,. Elle permettrait
même d'analyser le discours des professeurs de droit, qui ne s'e*priquerait pas
par la rationalité de leur démarche scientifique, rnais par l*s positions que ces
professeurs entendent occuper dans le champ d,, savài., c'est-à-dire, comme
chacun sait, du pouvoir. Aucune des deux métlodes n'aurait donc d'objet spéci-
fique et chacune se prétend apte à comprendre la totalité des objets à [Link]..
c'9st ainsi que, lorsque les juristes examinent par exemple la décision du
_
Président de la République de refuser de signer des ordonnances, ils la décom-
posent implicitement en deux décisions. L'une porte sur I'existence d'une
norme autorisant le Président à refuser sa signature, l'autre sur l'usage de cet
habilitation, c'est-à-dire sur l"octroi ou [Link] de signature. Lu.""orid" dé"i-
sion- est clairement politique et la dogmatique juridique ne prétend pas en
rendre compte. Mais la première est juridique et il en découle deux consé-
qu€nces. Tout d'abord, une explication causale serait ici, [Link]-t-on, tout-
à-fait hors de propos : la décision de se soumettre ou non à une no.-e peut
bien être attribuée à des causes psychologiques ou sociologiques mais la ques-
;
tion de la licéitê de cette décision ne peut certainemeni pas être résolue de
LE CONSTITUTIONNALISME 89
licéité' il n'y a
cette façon. D'autre pârt' on présuppose qu'à la qu-e-stionde la
adÀettre qlr'il une norme habili-
qu'une ."rtl" tépo.t." po..iUt", ort bi"tt "*itt"
Président à reiuse. sa signature; ou bien admettre gu'une telle norme
ànt l"
signerg. Enfin, on suppo-
n,existe pas et que le Président r don" l'obligation de
téporr." est susceptible d'être, sinon vraie ou fausse' du moins
se que
"'"tt"
mâuvaise et qu'il ex-isteune seule bonne réponse' même si l'on ne
bonne ou
du droit capable de fournir cette
prétend pas toujours qu'il existe une science
réponse avec certitudeY.
sou-
Au contraire, la science politique considère tout comportement comme
mis à la causalité et cherche à l'inierpréter en termes de rôles ou de conflits.
Le plus
Cette opposition peut d'ailleurs être comprise de deux manières'
puis-
souvent, ottïitalttg"Ë la dogmatique juridique comme activité pratique'
qui doii avoir lieu, et Ia science politique
qrr'"il" .[Link] i"
"o-poit"-e,tt stric-
à--" activité théorique-. Mais parfàis, au contraire, d'un point de vue
qui
tement positiviste, on envisage uïe [Link] du droit purement descriptive'
politique et de la politique elle-même. Elle
;;;.,Jg"" à la iois de la sàience
une discipline
,'opporJà la science politique put"" qrr" si elle est' elle-aussi'
ittéi'.iq"", il s'agit d'une discipiine dif?érente, qui,--colme on l'[Link]' analyse
la politique'
son obiet â U tu|-ia." du principe d'imputation' Elle s'oppose à
paree qu'elle est théorique et non pratique'u'
- justi-
Cependant cette opposition - ou plutôt ces oppositions. cessed'être
du dioit descripiive et qui, pourtant,. analyse
fiée si I'on conçoit ,.."'r"i"o""
principe de la
son objet t ot pirr. selon le principe d'imputatiàn, mais selon le
causalité. Une telle science est loin d'être une chimère'
II faut rappeler
.;.la avant tout que personne ne prétend que ledroit échappe
entièrement causalité. Kelsen^lui-même to,'ligtt" que si l'on édicte des
[Link],LasignaturedesordonnanceslFonctionsd'unecontroverse;ds'
Pouuoirs, "Le Président de la République" printemps 87'
g. cf. Françoise Michaut, La'boroJrépo^ns".'est-elle qu'une illusion ?, in Droits, n'9, pp.
u'-tTô.
poktiqæ s'il tui
^".r, Kelsen écrit :"La scinnce du [Link] peut et [Link] être séparé[Link]
estpermis, détroirio", de prétendre au statut d'e scinnce' CeIn signific que Ia connaissance
"i d'es concepts qui lc
du'ilroit positif,'sa d,"rcripiioo, I'analyse de sa structure, la dêfinition
- êIéments inhérents à I'essence de chaque
,t'roo iot".piétati'on scieîtifique
"""ç,oi".li, par l'es
science - doiaent être strictement objectiues et, partant, ne peuaent ôtre .irufluen-cées
d,e ualeur iJu thêoriricn di droit qui reDôtent toujours un-caractère subiectif et êmo-
iug"*"ot,
au regard des aalcurs'
tionnel... Ellc n,examine pas ln questinn de'saaoir si ce [Link] positif est,
Par aillnurs' chaque
c'est-à-dire d'un point di a* pitt iarn,bon oumauaais, juste [Link]'
[Link] positif peui êt t jwte il'un certain point d'e aue politiqtæ et' en n'ôÛrc tenPs'
"on"iàérê ne,Pe,utê[Link] cas d'e
d,'un autre point de aue roui àurlÀt polititlue, êtreiuaé injuste' Mais ce
du d,roit qui, commc touti ,"i"i" aérttible, n'éualue pas son objet ne In justifie ni
la scicnce
mais qui, au contrairi' t'erpliqre r-atinnnnlln'rent"
,n d,ô"[Link]. de-maniàre énotionnellc -und
Rechtsstaat, Festschrift fiir Zaccharia
tù". i.i'ai" Reine Rechtslehre ? Demokratie ooQu'est-ce que la théorie pure
èio"o*"tti; 1953, pp. 143-16I; trad. fse, Philippe Coppens,
du droit ?" , in Droit et SociÂté, automne 1992)'
90 DROIT ET POLITIQUE
Mais on peut aller plus loin et considérer qu'au nombre des comporte-
ments_explicablespar les normes, il y a celui quiconsiste à édicter
une norme
nouvelle, par exemple une décision juridictionnelle. La norme apparaît alors
comme le produit d'autres_norme_s. ce type d'explication ne
."'à-èr* pu.,
comme on pourrait le croire, à la vieille analyse de la décision judiciàire
comme produit d'un rarsonnement syllogistique. Elle ne consiste
p"",
elle, à démontrer que le juge n,a.r"r',, pàuooir, qu,il a l,obiigation "o--"
de
prendre une décision ayant un certain contenu et que son comportement
n,est
que la soumission à cette obligation. Bien au contr-aire,
[Link] que Ie
juge dispose d'une marge de pouvoir discrétionnaire "ll"
considé'rable, mais que la
situation dans laquelle il est placé le contraint à faire d" po,,rooi. un certain
usage plutôt qu'un autre. or, cette situation résulte à h"" fàis des
normes qui
déterminent son statut, ses compétences, ra procédure qu'il
doit suivre, les
c_ontrôlesqui s'exercent sur ses décisions, mail aussi des ielations
qu,il a avec
d'autres institutions ou d.u m6ds d'argumentation qu,il emploie
Ët lu,il e.t
d' ailleurs contraint d'employerr2
D'un autre côté, les normes traduisent et expriment des systèmes de va-
leurs. Elles apparaissent elles-mêrnes comme légitimes au regard de ces valeurs.
du
stratégique,Rouen, 199I) est un excellent exemple d'une explication des comportments
Conseif cinstitutionnel et de sesmembres par les stratégies qu'ils sont contraints d'adopter.
..The new InstitutiÀatsm ; conceptual and Methodological challenges",
13. cf. Alec Stone.
communication au congrès de l'association Française de science politique, 23-26 sept.1992 I
i n é di r
o'La doctrine sous Vichy ou les mésaventures du positivisme"' in
14. Danièle Lochak,
CURAPP, Les usages sociaux du droit, Paris, PUF, 1989' p' 252 s'
92 DROIT ET POLITIQUE
15. Alf Ross, Yalidity and the conflict between Legal Positivism and Natural Law. Reoistd
_
Juridica d,eBuenos aires ; 196r; IY(46 s.). Hans Kélsen, Théorie pure du Droit, op. cit.;
p. I45 s.
LE CONSTITUTIONNALISME 93
spé-
Enfin, il est vrai que ce qu'on appelle "la doctrine" constitutionnelle,
cialemeni la branche dite "ihéorie-générale de l'Etat", élabore des théories
1'sêpatati-on des pouvoirs",^^'oreprésenta-
juridiques du type'osouverainet é'",
ooprincipes", c'est-à-dire
iiorr,, il est vrai que ces théories sont àn réalité des
"i
des prescriptions d-,un degré de gênêralitê élevé, qu'ils sont non p-as décrits,
le,tlroit en
mais' constiuits de telle -"attière qu'ils puissent à la fois justifier
vigueur et servir à l'énoncé de normes non expressérnent-posées' Mais cette
u"iiloiré, qui en effet n'est pas descriptive, est en réalité parfaitement étrangère
droit
à la scien^cedu droit, Ce1à-ci n" p"ot que connaître son objet, qui est-le
positif. Elle ne peut donc ni prescrire qu'on respecte la séparation des pou-
du
voirs ou la souveraineté, ni âécri.e ces principes s'ils ne font pas partie
droit positif.
Toute la question est de savoir ce que signifie pour des principes "faire
partie du droit positif' et comment on peut les décrire. A cet égard, deux atti-
iudes s,oppo."rr't. O' peut d'abord que des principes font partie du
"[Link]é."r
les plus aptes à fonder les règles en
droit, dèsio.s qu,ils ipparaissent comme
le
oigo"ot, c'est-àldire à[Link]". leur contenu. Ôn peutdire [Link] que
droit civil français, bien
piio"ip" de l,autonomie de la volonté fait partie du
de
qo'il ,r" soit pas inscrit dans le code, [Link] qu'il permet,de rendre compte
,io-b.",,r". règles inscrites dans ce code. Cette attitude s'inscrit dans une
:
conception anti-positiviste sur un plan à la fois théorique et méthodologique
elle p.ésupp'ose que le droit est composé pour partie de
d'une'part,
"rr'"ff"t, la
,rotto"-. posées et pour [Link]à^a" prittcipes non posés; d'autre part'
reche."h-e des principes les plus aptes à justifier le contenu des normes posi-
tives implique Jes jugements de valeurrT.
-felli"fr"lTroper'Ladoctrineetlepositivisme;Apr1no1d'unarticl-edeDanièle
Lochak. ds. CURAPP, Les usagessocianm âu droit' Paris, PUF, 1989' pp' 286-292;EnÛe
scienceetdogmatique, lavoieZtroitedelaneutralité.àparaî[Link],(sousla
dir. de,Théirin ili droit et science,Paris,PUF, à paraître; 1993'
[Link]'huiprincipalementreprésentéeparRonaldDworkin'
Taking Rights [Link]àon: Duckworth-,3è" édit'; [Link]'s Empire' London:
Fort"iu ; i986. Sur Dworkin, cf. Droit et SociÉté,1985,numérosI et 2'
94 DRorrETpoLrrrQUE
des expre-ssionsayant pour référence des principes tels que "séparation des
pouvoirs" ou "souveraineté". Il incombe alàrs à là science drr droit de décrire
la signification de ces expressions. cette activité n'est pas une entreprise
de
légitimation et présente un caractère strictement sémantiquels
Il n'est donc pas plus juste d'opposer ra démarche, qui viserait à fourni-
^et
rait une légitimité et une sociologie qui serait scientifique neutre, que de dis-
-normative
tinguer création et application du droit, droit et poliiique, science
et science sociale. Toutes les oppositions que r'àn prZsente habituellement
reposent en réalité sur une représentation de la science du droit, assimilée la
à
dogmatique juridique qui, dans une très large mesure et au moins pour ce qui
concerne le droit constitutionnel, ne correspond plus depuis longemps à-la
rêahté.
18. Pour_un exemple d'une telle recherche, cf. Michel Troper, Justice constitutionnelle
,. et
démocratie. ds. Reaue française de droit constitutionneh I99ô; $.1): pp. 29_4g.