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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

chapitre 1
Ordre, inégalités

I Borne supérieure
Rappel I.1.

Toute partie de R non vide et majorée possède une borne supérieure.

Contre-exemple dans Q : L’ensemble A = {r ∈ Q | r2 < 2} ne possède pas de borne √ supérieure


√ ra-
tionnelle. En effet, supposons qu’il en ait une
√ et posons
√ C = sup A ∈ Q. Alors 0 ≤ C ≤ 2 car 2 est
un majorant de A, et 0 ∈ A. √ Mieux, C2 < 2 car 2 est irrationnel. Par densité de Q dans R, il existe
r ∈ Q tel que 0 ≤ C < r < 2. Donc r < 2, donc C n’est pas le supremum de A.

Proposition I.2.

Soit c ∈ R. Si A est une partie de R non vide et majorée, alors on a l’équivalence :

c = sup A ⇐⇒ ∀x ∈ A, x ≤ c et ∀ε > 0, ∃x ∈ A, c − ε < x ≤ c

Applications
1. Le théorème de la limite monotone pour les suites réelles bornées en est une.
2. Considérons une fonction f : R+ 7−→ R croissante et majorée. Alors f possède une limite finie en
+∞. En effet, posons ℓ = sup f , et fixons ε > 0. Il existe alors xε ∈ R+ tel que ℓ − ε < f (xε ) ≤ ℓ.
La croissance de f assure de plus que pour tout x ≥ xε , ℓ − ε < f (x) ≤ ℓ. Donc, f (x) −−−−→ ℓ.
x→+∞

Proposition I.3.

Soit A une partie de R non vide et majorée.


→ Si λ > 0, alors sup(λA) = λ sup(A).
→ Si a ∈ R, sup(a + A) = a + sup(A).
De même, considérons des fonctions f et g d’un ensemble non vide I et à valeurs dans R.
→ Si λ > 0, alors sup(λf ) = λ sup(f ).
→ Si a ∈ R, sup(a + f ) = a + sup(f ).
→ sup(f + g) ≤ sup(f ) + sup(g).

Preuve de l’inégalité : Pour tout x ∈ I, f (x) + g(x) ≤ sup(f ) + sup(g).


Donc sup(f + g) ≤ sup(f ) + sup(g)

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Corollaire I.4.

Soient a et b ∈ R tels que a ≤ b. Alors l’application

∥ · ∥∞ : C 0 ([a, b], R) −→ R
f 7−→ sup(|f |)

est une norme.

Supremum d’un ensemble paramétré par deux variables


Soient A et B deux ensembles non vides, et f : A × B −→ R une fonction majorée. Montrons que
! !
sup f = sup sup(f (x, y)) = sup sup(f (x, y))
x∈A y∈B y∈B x∈A

Posons M = sup f , et pour tout x ∈ A, posons µx = sup(f (x, y)). Pour tout x ∈ A, et pour tout
y∈B
y ∈ B, f (x, y) ≤ M . Donc, pour tout x ∈ A, µx ≤ M . Donc sup(µx ) ≤ M .
x∈A
Par ailleurs, pour tout (x, y) ∈ A × B, f (x, y) ≤ µx ≤ sup(µx ). Donc M ≤ sup(µx ). Donc
x∈A x∈A

M = sup(µx )
x∈A

et la deuxième égalité se démontre de la même manière en échangeant les rôles de x et y.


Considérons maintenant un ensemble non vide Ω indexant une famille (fλ )λ∈Ω de fonctions d’une partie
non vide I de R à valeurs dans R.
Définition I.5.

On dit que
→ (fλ )λ∈Ω est majorée si pour tout x ∈ I, la famille de réels (fλ (x))λ∈Ω est majorée.
→ (fλ )λ∈Ω est uniformément majorée s’il existe M ∈ R tel que pour tout λ ∈ Ω et pour tout
x ∈ I, fλ (x) ≤ M .
→ (fλ )λ∈Ω est uniformément bornée s’il existe K ∈ R tel que pour tout λ ∈ Ω et pour tout
x ∈ I, |fλ (x)| ≤ M .
Si pour tout x ∈ I, (fλ (x))λ∈Ω est majorée, on appelle enveloppe supérieure de la famille (fλ )λ∈Ω
la fonction

sup(fλ ) : I −→ R
λ∈Ω
x 7−→ sup(fλ (x))
λ∈Ω

Proposition I.6.

Si Ω est fini et si les fλ sont continues, alors sup(fλ ) est continue.


λ∈Ω

Preuve : Soient f1 et f2 deux fonctions continues sur I et à valeurs réelles.


1
Il est aisé de vérifier − donc loisible de retenir − que sup(f1 , f2 ) = (f1 + f2 + |f1 − f2 |), ce qui assure
2
sa continuité.

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Le principe de récurrence finie assure alors que sup(fλ ) est continue.


λ∈Ω

Contre-exemple avec une famille infinie : Pour tout n ∈ N et pour tout x ∈ [0, 1], posons
fn (x) = 1 − xn . La famille de fonctions ainsi définie est uniformément bornée par 1 donc son enveloppe
supérieure est! bien définie. !
Or, sup(fn ) (1) = 0 et pour tout x ∈ [0, 1[, sup(fn ) (x) = 1, donc l’enveloppe supérieure des fn n’est
n∈N n∈N
pas continue.

II Encadrements
Proposition II.1.

Soient a, b ∈ R. On a l’équivalence

a ≤ b ⇐⇒ ∀ε > 0, a ≤ b + ε

Preuve : (⇒) Cette implication est immédiate.


a−b a+b a+b
(⇐) Supposons que a > b et posons ε = . Alors, par hypothèse, a ≤ mais < a car b < a.
2 2 2
Donc a ≤ b.

Encadrements de fractions
a′ a a′′
Si 0 ≤ a′ ≤ a ≤ a′′ et 0 < b′ ≤ b ≤ b′′ alors ′′ ≤ ≤ ′
b b b
Valeurs absolues
→ Si x ∈ R, |x| ≤ M ⇐⇒ −M ≤ x ≤ M .
→ Inégalité triangulaire : Soit n un entier supérieur ou égal à 2. Soit (z1 , . . . , zn ) ∈ (C∗ )n . Alors
n
X n
X
||z1 | − |z2 || ≤ |z1 + z2 | ≤ |z1 | + |z2 | et zk ≤ |zk |
k=1 k=1

Preuve de l’inégalité triangulaire : Avec deux complexes,

|z1 + z2 |2 = |z1 |2 + 2 Re(z1 z2 ) + |z2 |2 ≤ |z1 |2 + 2 |z1 z2 | + |z2 |2 = (|z1 | + |z2 |)2

d’où la majoration. Remarquons qu’en l’appliquant à nouveau, il vient que

|z1 | = |z1 + z2 − z2 | ≤ |z1 + z2 | + |z2 | et |z2 | = |z2 + z1 − z1 | ≤ |z1 + z2 | + |z1 |

d’où la minoration. Une récurrence permet de généraliser la majoration à n complexes.

X X +∞
X X
Extension : Si la série |zn | converge, alors zn converge également et zn ≤ |zn |.
n≥0 n≥0 n=0 n≥0

Application
1 1
Soit (un ) ∈ (C∗ )N telle que un −−−−→ ℓ ̸= 0. Alors −−−−→ .
n→+∞ un n→+∞ ℓ
1 1 |un − ℓ|
En effet, pour tout n ∈ N, − = . Par ailleurs, il existe nℓ ∈ N tel que pour tout entier
un ℓ |ℓun |

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|ℓ|
n ≥ nℓ , |ℓ| − |un | ≤ |un − ℓ| ≤ . Donc
2
1 1 2 |un − ℓ|
0≤ − ≤ −−−−→ 0
un ℓ |ℓ|2 n→+∞

ce qu’il fallait démontrer.


Cas d’égalité de l’inégalité triangulaire
Les points d’affixes z1 , . . . , zn sont sur une même demi-droite d’origine O. En effet, raisonnons par
récurrence en introduisant, pour tout entier n ≥ 2, l’assertion
n n
!
∗ n +
X X
Pn : « ∀(z1 , . . . , zn ) ∈ (C ) , zk = |zk | =⇒ ∀k ∈ J1; nK, ∃λk ∈ R , zk = λk z1 »
k=1 k=1

étant entendu que les implications réciproques sont immédiates.


→ Soient z1 , z2 ∈ C∗ tels que |z1 + z2 | = |z1 | + |z2 |. En élevant l’égalité au carré, il vient que
Re(z1 z2 ) = |z1 z2 |. Donc la partie imaginaire de z1 z2 est nulle. Mieux, il existe k ∈ R+ tel que
k k
z1 z2 = k, donc z2 = 2 z1 donc z2 = z1 . Donc P2 est vraie.
|z1 | |z1 |2
→ Soit n un entier supérieur ou égal à 2 tel que Pn soit vraie.
n+1
X n+1
X
∗ n+1
Soit (z1 , . . . , zn , zn+1 ) ∈ (C ) tel que zk = |zk |. Alors,
k=1 k=1

n+1
X n
X n+1
X
zk ≤ |zn+1 | + zk ≤ |zk |
k=1 k=1 k=1

L’égalité du majorant et du minorant assure que cet encadrement est une égalité, si bien que
n
X n
X
|zn+1
 | + zk =  |zn+1
| + |zk |. Or, Pn est vraie, donc pour tout k ∈ J1; nK, il existe λk ∈ R+
k=1 k=1
tel que zk = λk z1 .
n
X n
X
Par le même raisonnement qu’à l’initialisation, l’égalité zn+1 + zk = |zn+1 | + zk assure
k=1 k=1
l’existence de λn+1 ∈ R+ tel que zn+1 = λn+1 z1 .
Donc Pn+1 est vraie.
→ Finalement, le principe de récurrence assure que le cas d’égalité est vérifié si, et seulement si,
les vecteurs d’affixes z1 , . . . , zn sont colinéaires et de même sens, donc que les points d’affixes
z1 , . . . , zn appartiennent à une même demi-droite d’origine O.
Exercice II.2.

Soit p un entier supérieur ou égal à 3. Soit (un ) ∈ CN telle que pour tout n ∈ N, un+p =
1 n+p−1
X
uk .
p k=n
1. Montrer que toute racine du polynôme caractéristique de (un )n∈N est simple.
2. Montrer que (un )n∈N converge.

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Cas d’égalité de l’inégalité triangulaire avec des sommes de séries


X
Soit (zn ) ∈ (C∗ )N telle qu |zn | converge. Donnons une condition nécessaire et suffisante pour que
n≥0

+∞
X +∞
X
zn = |zn |
n=0 n=0

Montrons qu’il s’agit de la même condition que dans le cas réel i.e. pour tout n ∈ N, il existe
λn ∈ R+ tel que zn = λn z0 .
N
X N
X N
X N
X
C’est une condition suffisante car pour tout N ∈ N, zn = |z0 | λn = |λn z0 | = |zn |.
n=0 n=0 n=0 n=0
N
X N
X
Montrons qu’elle est nécessaire. Supposons qu’il existe N ∈ N∗ tel que zn < |zn |.
n=0 n=0
Alors
+∞
X N
X +∞
X +∞
X
zn ≤ zn + zn < |zn |
n=0 n=0 n=N +1 n=0

N
X N
X
ce qui est faux. Donc pour tout N ∈ N, zn = |zn |. Le cas d’égalité de l’inégalité triangulaire
n=0 n=0
assure alors que tous les termes de (zn )n∈N sont sur une même demi-droite d’origine O.

Exercice II.3.
n−1
X
Soit n un entier supérieur ou égal à 2. Soit (a0 , . . . , an−1 ) ∈ Cn , et posons P = X n + ak X k
k=0
et ρ = max{|z| | P (z) = 0}.

1. Montrer que ρ ≤ 1 + max (|ak |).


k∈J0;n−1K
n−1
!
X
2. Montrer que ρ ≤ max 1, |ak | .
k=0

Application II.4.

Considérons une famille (Pλ )λ∈Ω de polynômes unitaires et de même degré n ≥ 2 définie par
n−1
Pλ = X n + ak,λ X k
X
∀λ ∈ Ω,
k=0

Si la famille de complexes (ak,λ )k∈J0;n−1K,λ∈Ω ainsi définie est bornée, alors les racines des Pλ
forment une partie bornée du plan.

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III Inégalités classiques


Théorème (Inégalité de Cauchy-Schwarz) III.1.

Soit n ∈ N∗ . Soient (x1 , . . . , xn ) et (y1 , . . . , yn ) ∈ Rn . Alors


v v
n
X
u n
uX uX
u n
xi y i ≤ t x2 t y 2
i i
i=1 i=1 i=1

n
!2 n
! n 
X X X
Preuve : Examinons la différence xi y i − x2  y 2  .
i i En développant, les termes x2i yi2
i=1 i=1 j=1
se simplifient.
De la somme au carré il ne reste que les doubles produits 2xi yi xj yj avec i < j, et du produit de sommes
il ne reste que les produits mixtes symétriquement regroupés x2i yj2 + x2j yi2 avec i < j Ainsi,

n
!2 n
! n 
 
x2  y 2  2(xi yj )(xj yi ) − (x2i yj2 + x2j yi2 ) = − (xi yj − xj yi )2 ≤ 0
X X X X X
x i yi − i i =
i=1 i=1 j=1 1≤i<j≤n 1≤i<j≤n

Identité de Lagrange : Pour n = 2, on a l’identité remarquable valable dans tout anneau commutatif

(x1 y1 + x2 y2 )2 + (x1 y2 − x2 y1 )2 = (x21 + x22 )(y12 + y22 )

Inégalité de Cauchy-Schwarz pour les complexes : À l’aide de l’inégalité triangulaire, elle devient
immédiate. Soient (z1 , . . . , zn ) et (ω1 , . . . , ωn ) ∈ Cn . Alors
v v
n n u n u n
|zi | t |ωk |2
2u
X X uX X
zk ωk ≤ |zk | |ωk | ≤ t
k=1 k=1 k=1 k=1

Cas d’égalité de l’inégalité de Cauchy-Schwarz dans Rn


Corollaire III.2.

Les propositions suivantes sont équivalentes :


→ L’inégalité de Cauchy-Schwarz est une égalité.
!
x . . . xn
→ Tous les mineurs d’ordre 2 de la matrice Z := 1 sont nuls.
y1 . . . y n
→ rg(Z) ≤ 1.
→ (x1 , . . . , xn ) et (y1 , . . . , yn ) sont colinéaires.

L’exercice suivant nécessite des notions présentées dans un chapitre ultérieur


Exercice III.3.

Soit n un entier supérieur ou égal à 2. On considère l’espace des colonnes Mn,1 (R) muni du
produit scalaire canonique ⟨ · | · ⟩ et on note ∥ · ∥ sa norme euclidienne.
Soit A ∈ Sn++ . Montrer que pour tout X ∈ Mn,1 (R)
q q
∥X∥2 ≤ ⟨AX|X⟩ ⟨A−1 X|X⟩

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Exercice III.4.

Soit n un entier supérieur ) ou égal à 2. Notons E l’ensemble


n
(
X
X = (x1 , . . . , xn ) ∈ (R+ )n xi = 1 .
 i=1  
X X
Calculer m = min  xi xj  et M = max  xi xj .
X∈E X∈E
1≤i̸=j≤n 1≤i̸=j≤n

Inégalité de Cauchy-Schwarz pour les intégrales


Soient f et g deux fonctions continues par morceaux sur un segment réel [a, b]. Alors,
s s
Z b Z b Z b
2
f (t)g(t)dt ≤ |f (t)| dt |g(t)|2 dt
a a a

b−a
Preuve : Soit n ∈ N∗ . Pour tout k ∈ J1; nK, posons tk = a + k × .
n
Pour tout k ∈ J1; nK, posons xk = f (tk ) et yk = g(tk ). D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
v v
n n n
b − aX ub − a X ub − a X
u u
xk y k ≤ t |xk |2 t |yk |2
n k=1 n k=1 n k=1

En passant à la limite n −→ +∞,


v on obtient cevqu’on voulait
v démontrer.
u u n u n n
uX uX uX
Inégalité de Minkowski : t (xi + yi )2 ≤ t x2 i +t y2. i En effet,
i=1 i=1 i=1

v v v v 2
n n n n n n u n u n u n u n
(xi + yi )2 = x2i + yi2 + 2 x2i + 2
X X X X X X uX uX uX uX
2t
xi y i ≤ y +2
i
t x y2 i i = t x2
i + t y2 i
i=1 i=1 i=1 i=1 ↑ i=1 i=1 i=1 i=1 i=1 i=1
Cauchy-Schwarz

et le cas d’égalité est également réalisé lorsque (x1 , . . . , xn ) et (y1 , . . . , yn ) sont colinéaires.
On a un énoncé analogue avec les intégrales de fonctions continues par morceaux.

Inégalité de réarrangement : Supposons que x1 ≤ · · · ≤ xn et y1 ≤ · · · ≤ yn . Alors, pour toute


σ ∈ Sn ,
n
X n
X
xσ(i) yj ≤ xi y j
i=1 i=1

Preuve : L’ensemble Sn est fini donc il existe une partie P de Sn tel que pour toute σ ∈ P ,
n
X
xσ(i) yj est maximale.
i=1
Si l’identité est dans P , il n’y a rien à démontrer. Supposons le contraire, et introduisons l’application

φ : P −→ J1; nK
σ 7−→ min{j ∈ J1; nK | σ(j) ̸= j}

puis, posons i = max(φ), et notons σ une permutation de P où ce maximum est atteint. Enfin, posons
k = σ −1 (i). Par construction σ(i) > i et k > i. Alors, (xσ(i) − xi )(yk − yi ) ≥ 0, donc, en développant

xi yk + xσ(i) yi ≤ xσ(i) yk + xi yi

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Considérons la permutation σ̃ = τσ(k),σ(i) ◦ σ. L’inégalité se réécrit à l’aide de σ̃ :

xσ(k) yk + xσ(i) yi ≤ xσ̃(k) yk + xσ̃(i) yi

et, étant donné que σ et σ̃ coïncident en tout point de J1; nK distinct de i et de k, alors
n
X n
X
xσ(i) yj ≤ xσ̃(i) yj
i=1 i=1

Donc σ̃ ∈ P . Mais, par construction, φ(σ̃) > i = max(φ) ce qui est faux. Donc l’identité est dans P , ce
qu’il fallait démontrer.

IV Étude de fonctions
1. Fonctions homographiques
a b
Soient c ̸= 0, et a, b, c ∈ R tels que ̸= 0. La fonction f définie par
c d

c ax + b
 
∀x ∈ R \ , f (x) =
d cx + d
est une fonction homographique. Elle est strictement monotone car sa dérivée est de signe constant :
c ad − bc
 
∀x ∈ R \ , f ′ (x) =
d (cx + d)2

2. Accroissements finis
Théorème (Théorème des accroissements finis) IV.1.

Soient a et b ∈ R tels que a < b. Soit f ∈ C ([a, b], C), telle que f soit dérivable sur ]a, b[.
Si f ([a, b]) ⊂ R, alors il existe c ∈]a, b[ tel que f (b) − f (a) = f ′ (c)(b − a).

Contre-exemple dans C : Un tel c n’existe pas si a = 0, b = 2π, et si on choisit f telle que pour
tout x ∈ [0, 2π], f (x) = eix .

Théorème (Inégalité des accroisements finis) IV.2.

Soient a et b ∈ R tels que a < b. Soit f ∈ C ([a, b], C), telle que f soit dérivable sur ]a, b[.
Si |f ′ | est bornée par M ≥ 0, alors

|f (b) − f (a)| ≤ M (b − a)
Z b

Si de plus, f est continue sur [a, b], on a l’égalité f (b) − f (a) = f ′ (t)dt donc
a
Z b
|f (b) − f (a)| ≤ |f ′ (t)| dt ≤ ∥f ′ ∥∞,[a,b] (b − a)
a

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Z b Z b
Remarque : Il est aisé de démontrer que f (t)dt ≤ |f (t)| dt à partir de l’inégalité analogue réelle.
a a
Z b Z b
En effet, il existe θ ∈ R tel que f (t)dt = f (t)dt eiθ .
a a
Z b Z b Z b
Donc e−iθ f (t)dt = f (t)dt = e−iθ f (t)dt . Puis, en introduisant les fonctions réelles u et v telles
a a a
que u + iv = e−iθ f , il vient
Z b Z b Z b
u(t)dt + i v(t)dt = f (t)dt
a a a
Z b
Donc v(t)dt = 0. Ainsi
a

Z b Z b Z b Z b Z b
−iθ
f (t)dt ≤ u(t)dt ≤ |u(t)| dt ≤ e f (t) dt = |f (t)| dt
a a a a a

3. Puissances
Exemple
X X
Soit (an ) ∈ (R+ )N . Soit r ∈]0, 1[ tel que arn converge. Montrons que an converge.
n≥0 n≥0
Il suffit de remarquer qu’il existe n1 ∈ N tel que pour tout entier n ≥ n1 , 0 ≤ an ≤ arn < 1, car
X
arn −−−−→ 0. D’où la convergence de an .
n→+∞
n≥0

Clairement, cet exemple sert à rappeler que q ≤ q r si q ∈ [0, 1].


Lemme IV.3.

Soit r ∈]0, 1[. Alors, pour tous x, y ∈ R+ ,

(x + y)r ≤ xr + y r

Preuve : Sans perte de généralité, soient x > 0 et y > 0. Considérons la fonction φ définie par

∀t > 0, φ(t) = tr + 1 − (1 + t)r

φ est dérivable sur R+∗ et pour tout t > 0, φ′ (t) = r(tr−1 − (1 + t)r−1 ) ≥ 0, donc φ est croissante.
y
Or φ(0) = 0 donc φ ≥ 0, ce qu’il fallait démontrer.
x
Exercice similaire : On montre pareillement que si r ≥ 1, pour tous x, y ≥ 0, (x + y)r ≥ xr + y r .

4. Trigonométrie
Applications
1. Une récurrence et une formule d’addition permettent de montrer que pour tout n ∈ N∗ et pour
tout x ∈ R, |sin(nx)| ≤ n |sin(x)|.
π
 
2. L’exploitation de la concavité de la fonction sinus sur 0, permet de montrer que pour tout
2
π 2
 
x ∈ 0, , sin(x) ≥ x.
2 π

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3. Un calcul aisé permet de montrer que pour tout x ∈ R \ 2πZ, et pour tout n ∈ N∗ ,
n
1
eikx ≤
X
x
 
k=0 sin
2
En effet, si x ∈ R \ 2πZ, et n ∈ N∗
n
ei(n+1)x − 1
eikx =
X
Sn (x) :=
k=0 eix − 1
ei(n+1)x/2 (ei(n+1)x/2 − e−i(n+1)x/2 )
=
eix/2 (eix/2 − e−ix/2 )
!
(n + 1)x
sin
inx/2 2
=e × x
 
sin
2
d’où le résultat. On dit alors que (Sn )n∈N∗ est uniformément bornée en n à x fixé.

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Correction de l’exercice II.2. :


1. Le polynôme caractéristique de (un )n∈N est
noté Q
z }| {
1 p−1 1 Xp − 1 pX p+1 − (p + 1)X p + 1
P = Xp − Xk = Xp −
X
=
p k=0 p X −1 p(X − 1)

et Q′ = p(p + 1)X p−1 (X − 1). 1 est une racine simple de P car c’est une racine double de Q. Par
ailleurs, toute racine de P distincte de 1 est une racine de Q avec la même multiplicité dans les
deux polynômes. Or 0 n’est pas racine de P , donc toute racine de P distincte de 1 est simple.
Donc toute racine de P est simple.
2. Soit z une racine de P . Supposons que |z| > 1. Alors, pour tout entier naturel k < p, |z|p > |z|k ,
p−1 p−1
donc p |z|p > |z|k ≥ z k = p |z|p ce qui est faux.
X X

k=0 ↑ k=0
inégalité triangulaire

p−1
Donc |z| ≤ 1. Si z ∈ U, p |z|p = |z|k . Le cas d’égalité de l’inégalité triangulaire assure alors que
X

k=0
pour tout k ∈ J1; pK, z k appartient à la demi-droite réelle positive. Donc z = 1.
Les p − 1 autres racines de P sont de modules strictement inférieurs à 1. Or, (un )n∈N est une
combinaison linéaire de suites géométriques dont les raisons sont les racines de P , et ces suites sont
convergentes. Donc (un )n∈N converge.

Correction de l’exercice II.3. :


n−1
X
1. Soit z une racine de P tel que ρ = |z|. Alors z n = − ak z k , donc
k=0

n−1 n−1 n−1


ρn = ak z k ≤ |ak | ρk ≤ max (|ak |) ρk
X X X
k∈J0;n−1K
k=0 ↑ k=0 | {z } k=0
inégalité triangulaire noté M

Si ρ ≤ 1 alors, l’inégalité à démontrer est vraie. Sinon,

ρn − 1 M ρn
ρn ≤ M × ≤
ρ−1 ρ−1
donc ρ ≤ 1 + M .
2. D’après le calcul de la question précédente,
n−1
n
|ak | ρk
X
ρ ≤
k=0

→ Si ρ ≤ 1, il n’y a rien à démontrer.


n−1
X |ak | n−1
X
→ Si ρ > 1, alors ρ ≤ n−1−k
≤ |ak |.
k=0 ρ k=0

Correction de l’exercice III.3. :  


d1
Soit X ∈ Mn,1 (R). Pour toute matrice diagonale D = 
 ... 
 ∈ Mn (R+∗ ), et pour tout U =
 
dn

11/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

 
u1
 . 
 .  ∈ Mn,1 (R) on a
 . 
un

⟨DU |U ⟩
zv }| { v
n n u n u n 2
q ui uX ui
∥U ∥2 = u2i =
X X uX
di u i × √ ≤ t d u2 t
i i
i=1 i=1 di i=1 i=1 di

Cauchy-Schwarz √
| {z }
⟨D−1 U |U ⟩


Or A est une matrice symétrique réelle définie positive, donc il existe P ∈ On (R) tel que P
| {zAP} soit une
notée ∆
matrice diagonale à coefficients diagonaux strictement positifs.
Donc
2 q q q q
∥X∥2 = P ⊤ X ≤ ⟨∆P ⊤ X|P ⊤ X⟩ ⟨∆−1 P ⊤ X|P ⊤ X⟩ = ⟨P ∆P ⊤ X|X⟩ ⟨P ∆−1 P ⊤ X|X⟩

ce qu’il fallait démontrer.

Correction de l’exercice
X
III.4. :
Pour tout X ∈ E, xi xj ≥ 0. Or (0, . . . , 0, 1) ∈ E et réalise ce minorant, donc m = 0. Soit X ∈ E.
1≤i̸=j≤n
| {z }
n−1 zéros
n
!2 n n
X X X X
xi x j = xi − x2i = 1 − x2i .
1≤i̸=j≤n i=1 i=1 i=1
n n
!2
X X
Or, par l’inégalité de Cauchy-Schwarz, n x2i ≥ xi = 1.
i=1 i=1
Donc, pour tout X ∈ E,
X 1 n−1
xi xj ≤ 1 − =
1≤i̸=j≤n n n
!
1 1 1 2 n n−1
  X
Ce majorant est atteint en ,..., ∈ E. En effet, 2
= 2 = , donc
n n 1≤i̸=j≤n n n 2 n

n−1
M=
n

Le nombre de couples (i, j) de J1; nK2 tel que i ̸= j est le double du nombre de couples (i, j) de J1; nK2
tel que i < j, qui vaut le nombre d’issues possibles lors du choix ! simultané de 2 éléments distincts d’un
n
ensemble à n éléments, et ce nombre de combinaisons vaut .
2
* * *
Compilé par Mehdi Chouta pour CPGE Paradise le 07 février 2021.
La dernière mise à jour mineure a eu lieu le 09 février 2021.

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