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Les migrations internationales dans le champ des

sciences sociales : tournants épistémologiques et


variations scalaires
Virginie Baby-Collin

To cite this version:


Virginie Baby-Collin. Les migrations internationales dans le champ des sciences sociales : tournants
épistémologiques et variations scalaires. Faire-Savoirs: Sciences de l’Homme et de la Société en
Provence-Alpes-Côte d’Azur, 2017, 13. �halshs-01538146�

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V1- article publié sous la référence suivante :
Baby-Collin V., 2017. "Les migrations internationales dans le champ des sciences sociales, tournants
épistémologiques et variations d'échelles". Faire Savoirs, Sciences humaines et sociales en région
PACA, n°13, p. 7-16.

Les migrations internationales dans le champ des sciences sociales : tournants


épistémologiques et variations scalaires.

Virginie Baby-Collin, IUF, Aix Marseille Univ., CNRS, Telemme, Aix en Provence, France.

Introduction

L'actualité politique est particulièrement marquée par la question migratoire. La recrudescence des
frontières et des politiques de sécurisation des Etats, dans des contextes de crispations nationales
avivés par les crises économiques et de montée du terrorisme international, répond aux flux
croissants de migrants issus de pays en guerre et en crise, à l'augmentation des migrations de
réfugiés, des mobilités devenues irrégulières, et des traversées malheureuses de frontières, la
Méditerranée étant devenue, pour ne citer qu'un exemple, un immense fossoyeur dont les bateaux
échoués font la une des médias : plus de 5 000 décès en 2016.
D'un phénomène relativement marginal dans la littérature scientifique, essentiellement polarisé par
le prisme de l'intégration / assimilation dans les sociétés d'installation jusqu'aux années 1970, la
migration internationale est devenue, depuis une trentaine d'années, un objet de recherches majeur,
envisagé depuis des perspectives disciplinaires diverses, aux dialogues souvent féconds
(principalement sociologie, anthropologie, sciences politiques et juridiques, géographie,
démographie, économie, histoire, mais aussi ethnopsychiatrie ou psychologie interculturelle), et aux
approches méthodologiques plurielles. Cet article met en évidence quelques évolutions majeures de
ces approches scientifiques de la question migratoire depuis les années 19801, moment où la
mondialisation s'affirme comme principale clé de lecture des sociétés contemporaines. Les
tournants du spatial et du global ont rebattu les échelles d'appréhension des phénomènes
migratoires, court-circuitant, au profit des individus acteurs, des systèmes globalisés, et d'un niveau
méso des réseaux transnationaux, l'échelle des Etats-Nations. Celle-ci se réaffirme cependant, au
début du XXIe siècle, dans un contexte nouveau de tensions, qui rend nécessaire des approches plus
politiques et engagées.

Diversification des migrations et tournants épistémologiques

Les flux migratoires contemporains

1
Voir, parmi les textes de synthèse sur les théories des migrations, dont certains ouvrages reprennent et mettent en
perspective des textes fondateurs (Castles & Miller, 2003 ; Hirschman, Kasinitz et DeWind, 1999 ; King, 2012 ;
Martiniello & Rath, 2010 ; Massey et al., 1993 ; Mazzella, 2014 ; Piché, 2013 ; Piché & Samuel, 2013 ; Piguet,
2013 ; Portes & DeWind, 2007 ; Smith & King, 2012).

1
En 2015, le monde compte 244 millions de migrants internationaux (individus résidant
durablement dans un autre pays que celui où ils sont nés), soit 3.3% de la population mondiale. La
croissance des migrations 2 signifie une diversification des flux, dans leurs origines et leurs
destinations, mais aussi dans leurs composantes. Désormais, les migrations Sud/ Sud (36% du total)
sont devenues légèrement supérieures aux migrations Sud / Nord (35%) ; si les migrations Nord /
Nord (23% du total) continuent de croître, les migrations Nord /Sud (6%) se développent, avec, par
exemple, les flux de retraités3. Si la majorité des migrants internationaux continuent à vivre dans les
pays du Nord4, et restent fortement concentrés dans un petit nombre d'entre eux (près de la moitié
des migrants résident dans une dizaine de pays5), le phénomène est visible dans le monde entier, et
de nombreux pays de départ sont aussi devenus des pays de transit ou d'accueil (par exemple le
Mexique, les pays du Maghreb...)6. Avec la multiplication des flux, les profils sociodémographiques
des migrants se sont diversifiés : plus de femmes7, pas seulement via les regroupements familiaux
mais en tant qu'actrices de migrations autonomes de travail ; plus de jeunes, seuls ou au sein de
familles, mais aussi de personnes âgées, notamment au sein des migrations de retraités ; des
migrants qualifiés – dont la part augmente dans les pays de l'OCDE –, comme non qualifiés, etc. Les
motifs des mouvements sont divers et souvent difficilement réductibles à une simple catégorie : les
motifs économiques sont souvent mêlés à des contraintes familiales, des impératifs politiques
(réfugiés), des enjeux environnementaux, dont l'impact sur les flux migratoires est amené à grossir
considérablement à l'avenir en raison du changement climatique global.

La croissance des flux s'inscrit dans une mondialisation migratoire qui se manifeste par une
interconnexion généralisée entre les différents espaces de l'œcumène, alors que les révolutions dans
les domaines des transports et des technologies de la communication ont largement favorisé les
capacités de mise en lien et les mobilités, à tel point que pour certains, la mobilité est devenue la
caractéristique première des sociétés contemporaines (Urry, 2005). La mondialisation est aussi un
processus profondément asymétrique : la globalisation des marchés du travail creuse les inégalités
entre territoires, favorisant la concentration des principaux flux sur des espaces attractifs. Les
grandes villes sont de fait les principales réceptrices des mouvements migratoires internationaux,
comme le souligne le dernier rapport de l'OIM (2015).

Le tournant spatial des recherches sur les migrations


Les recherches sur les migrations ont longtemps été dominées par une vision duale : envisageant,
du point de vue des espaces de départ, les émigrés, et, du point de vue des espaces d'arrivée, les

2
75 millions en 1965 (2.3% de la population), 154 millions e 1990, 175 millions en 2000 (2.8% de la population).
3
Voir les derniers rapports en ligne de l'OCDE, de l'OIM, de la Banque Mondiale (2015-2016), ou encore la dernière
édition de l'Atlas des migrations (OCDE, 2016 ; OIM, 2015 ; Wihtol de Wenden, 2016).
4
Où ils représentent autour de 10% de la population totale, contre moins de 2% dans les pays du sud en général.
5
Etats-Unis, Russie, Allemagne, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Royaume Uni, France, Canada, Australie,
Espagne.
6
C'est l'ambition du Dictionnaire géohistorique des migrations internationales (Simon, 2015) que de rendre compte
de la façon dont les migrations concernent l'ensemble des Etats du monde. La dimension géohistorique de ce travail
collectif met en évidence comment tous les Etats ont pu être concernés, à différents moments de leur histoire, à la
fois par des flux d'immigration et d'émigration.
7
48% des migrants sont des femmes, relativement plus nombreuses en Europe et dans les Amériques qu'en Asie ou
en Afrique où la migration reste plus masculine.

2
immigrés. C'est la question de l'intégration des immigrés dans les sociétés d'arrivée qui domine
largement, au XXe siècle, dans la production scientifique, la recherche étant aussi principalement
produite dans les espaces d'installation. Aux Etats-Unis, les analyses en termes d'assimilation des
immigrés dans la société américaine (auxquelles répondent, en Europe, les travaux sur l'intégration)
intègrent progressivement, à partir des années 1960, un prisme multiculturaliste qui valorise
l'ethnicité et la différence culturelle.
A partir des années 1970, la prise en compte des liens existants entre les sociétés d'installation et
les espaces d'origine renouvelle les travaux. En France, le sociologue Abdelmayek Sayad, par ses
écrits sur les travailleurs algériens (Sayad, 1999), le géographe Gildas Simon, dans sa thèse sur
l'espace des travailleurs tunisiens en France (Simon, 1979), sont des pionniers de ces réflexions,
amorcées au même moment en Afrique subsaharienne par le géographe nigérian Mabogunje
(Mabogunje, 1970), à propos de la circularité de la migration ville / campagne, ou par le sociologue
Michael Burawoy, dans le contexte des migrations internationales de travail dans Afrique du sud de
l’apartheid (Burawoy, 1976). Par l'expression de "double absence", exprimant les souffrances du
travailleur algérien, plus vraiment chez lui ni dans l'espace d'origine, ni dans l'espace d'installation,
Abdelmayek Sayad insiste à la fois sur les troubles des processus d'intégration, et sur la nécessaire
prise en compte du point de vue de « l'émigré-immigré » dans son espace vécu, que Gildas Simon
qualifie d'espace relationnel, articulant lieux de résidence en destination et villages et sociétés
d'origine. Par le terme de champ migratoire, qui désigne « les espaces parcourus et structurés par
l’ensemble des flux relativement stables et réguliers de migrants, quelle que soit leur origine ou leur
destination », Simon (2002) invite à prendre en compte l'espace relationnel qui articule origine,
transit, et destination, et anime la vie de ceux qui le pratiquent. Aux termes d'émigré-immigré se
substitue progressivement, dans le vocabulaire scientifique, celui de migrant, insistant ainsi sur la
perspective de la mobilité du sujet. De nombreux travaux rendent ainsi compte, à partir des années
1980, des formes et des espaces de mobilité des migrants, de leurs logiques, de leurs articulations,
de la circulation des individus et des groupes. Le laboratoire Migrinter, créé à l'université de Poitiers
avec Gildas Simon, devient un des lieux de production de cette recherche en France, dont rend
compte, par exemple, le bilan des travaux sur la circulation migratoire paru à la fin des années 1990
(Ma Mung et al., 1998), comme des travaux plus récents (Arab, 2009 ; Cortes, 2000 ; Cortes & Faret,
2009 ; Faret, 2003 ; Potot, 2003 ; Schmoll, 2003). L'essor des méthodes de recherches multi-situées
(Falzon, 2009 ; Marcus, 1995) favorise aussi la multiplication de travaux dans lesquels la pluralité
des ancrages comme les multi-territorialités, ou territorialités multi-situées des migrants, sont mis
au jour (Baby-Collin, 2014 ; Cortes & Pesche, 2013).

Le tournant transnational
Parallèlement à ces travaux, de l'autre côté de l'Atlantique, les anthropologues proposent le terme
de transnational, pour désigner « les processus par lesquels les immigrés construisent et maintiennent
des relations multiples qui articulent leurs sociétés d’origine et d’installation. Nous appelons ces
processus transnationalisme pour mettre l’accent sur le fait qu’un grand nombre d’immigrants
aujourd’hui développent des champs sociaux qui traversent des frontières géographiques, culturelles et
politiques » (Basch, Glick Schiller et Szanton Blanc, 1994, p. 7-8). L'insistance est pareillement portée
sur les liens qui unissent les espaces vécus des migrants – que les chercheurs appellent alors
transmigrants –, mais la notion a une portée différente, car elle questionne le champ de l'Etat-

3
Nation. Les champs sociaux ou espaces sociaux transnationaux (Faist, 2004 ; Glick Schiller, Basch et
Szanton Blanc, 1992 ; Pries, 1999) contribuent à redéfinir les relations des groupes en mouvement à
l’espace national. Les appartenances ne peuvent en effet se penser dans ce seul cadre, dont les
migrants s'affranchissent par leurs traversées des frontières. La portée de la notion de
transnationalisme est considérable dans le monde scientifique, bien qu'elle soit aussi fortement
débattue, que l'on discute la nouveauté du phénomène, comme Roger Waldinger (Waldinger, 2006 ;
Waldinger & Fitzgerald, 2004), qui montre que les liens entretenus avec les espaces d'origine font
partie des expériences migratoires bien avant l'arrivée massive des nouvelles technologies, ou la
baisse des coûts de transport (comme en attestent les correspondances épistolaires et les allers
retours des migrants entre Europe et Amérique au tournant du XXe siècle), que l'on questionne
l'ampleur du champ des activités transnationales (politiques, économiques, culturelles) ou leur
durabilité (Portes et DeWind, 2007 ; Portes, Guarnizo et Landolt, 1999). Ce nouveau regard porté
sur la migration permet la critique du nationalisme méthodologique, selon lequel l’Etat-Nation
serait l’échelle de régulation de la vie sociale. Se départir du prisme de l'Etat container pour
envisager d'autres modes de relations et d'ancrages par-delà les frontières, où les liens entre
culture, identité, territoire, sont plus complexes, devient un enjeu scientifique majeur (par exemple
Appadurai, 2005 ; Bauman, 2010 ; Glick Schiller & Caglar, 2011 ; Hall, 1993). C'est ainsi par le bas,
par les pratiques de mobilités des migrants dans un espace de circulation qu'ils construisent, que
s'observe une autre mondialisation, dont rendent compte tant les travaux d'Alejandro Portes ou de
Robert Smith, pour ne donner que deux exemples, aux Etats-Unis, que ceux d'Alain Tarrius en
France, l'un des principaux sociologues français à avoir décrit et analysé à partir des individus cette
mondialisation par le bas, portée par des fourmis nomades de l'économie souterraine, commerçants
circulants autour de la Méditerranée ou de la mer Noire, ou encore trafiquants en tous genres
(Portes, 1999 ; Smith & Guarnizo, 1998 ; Smith, 2006 ; Tarrius, 1992, 2001, 2002).

Des échelles de lecture de la migration rebattues

Les décennies 1990-2000 sont ainsi marquées par l'irruption majeure d'échelles et de niveaux de
lecture privilégiés des migrations internationales : l'individu, au niveau micro, et la globalisation, au
niveau macro, qui questionnent et court-circuitent l'échelle auparavant largement dominante de
l'Etat-Nation. L'analyse des réseaux, qui devient centrale dans la compréhension des processus de
mise en mouvement, donne aussi une importance progressive à un niveau méso.

De l'individu à l'acteur migrant


Dans les théories classiques et néo-classiques de la migration, les lois du push / pull articulent
facteurs d’expulsion des espaces d’origine et motifs d'attractivité des espaces d’accueil, dans des
logiques de différenciation d’ordre économique et salarial et de structuration offre / demande de
travail (Harris & Todaro, 1970). Les logiques économiques y ont un poids déterminant : l'individu
effectue des choix rationnels, évaluant les coûts / bénéfices de la migration, en vue d’une
maximisation des profits et d’un retour sur investissement. Face à ces lectures relativement
déterministes, dans les années 1980, la nouvelle économie des migrations déplace l’échelle de
l’individu vers l’unité familiale, considérée comme centrale dans la construction des logiques de
choix, et substitue à la notion de maximisation des profits celle de diversification des risques (Stark

4
& Bloom, 1985). Dans des économies instables, des systèmes de protection sociale insuffisants, des
organisations familiales où la migration joue un rôle assuranciel, le départ n’est pas forcément
motivé par un écart de salaires, mais par une stratégie de diversification / minimisation des risques.
Sortant progressivement des analyses démographiques et économiques, les recherches des années
1990, dans un contexte néo-libéral, promeuvent le migrant acteur, doté de capacité d’action plus
qu'objet déterminé par des facteurs externes. La variété croissante des profils, qui ne sont plus
cantonnés à la figure masculine classique du migrant travailleur, favorise le renouvellement de ces
recherches. Les acteurs sont interrogés à partir de leurs positions dans des rapports de pouvoir
mais aussi dans leur capacité d’émancipation. Les migrants sont envisagés dans des rapports de
domination, qui sont à la fois de pouvoir, de classe, de race, d’ethnie, de citoyenneté, de sexe, dont
on analyse les combinaisons, les logiques d’intersectionnalité, de consubstancialité, ou de
coformation (Crenshaw, 1991). La croissance des migrations féminines et le travail des femmes
migrantes ont multiplié les travaux sur la complexité des formes de domination, le devenir de
femmes “actrices de leur migration” (Catarino & Morokvasic, 2005 ; Oso Casas, 2002), les familles
transnationales dont le quotidien est modifié par la distance (Baby-Collin & Razy, 2011 ; Bryceson &
Vuorela, 2003). La migration est envisagée comme source potentielle d’émancipation, d’agency,
d’empowerment, comme ressource, favorisant l'autonomie des acteurs (Ma Mung, 1999), selon des
logiques de projet (Boyer, 2005). Dans des contextes de politiques d'ajustement structurel et de
désengagement de l'Etat, l'augmentation considérable des remises ou transferts financiers des
migrants dans les pays d'origine (autour de 100 milliards de dollars en 2000, plus de 430 milliards
en 2015), et leur impact sur les économies de certains pays –notamment au Sud – ont conduit à la
promotion, tant par les Etats que les instances internationales, d'un migrant acteur de
développement (Baby-Collin et al., 2009).

Un tournant global
Court-circuitant l'échelle de l'Etat, c'est dans un système globalisé que l'individu migrant est
désormais replacé, ce qui peut s'inscrire dans des lectures structuralistes, d'inspiration marxiste, du
processus migratoire. Dans la théorie historique des systèmes mondes d’Emmanuel Wallerstein,
l’immigration est envisagée comme une conséquence de la mondialisation, dans une société
capitaliste dont les structures du marché du travail, mises en place depuis le XVIe siècle, sont à
l'origine des migrations (Wallerstein, 2004). Comme le montre aussi la théorie du double marché du
travail, les besoins chroniques, structurels, de main d’œuvre bon marché des économies modernes
industrielles (et aujourd'hui post fordistes), suscitent des migrations dans le cadre de marchés du
travail segmentés, dans des activités peu ou pas qualifiées (Piore, 1979), où se constituent des
niches professionnelles racialisées, ethnicisées, et genrées, qui correspondent aux segments les plus
précaires de marchés du travail appelés les 3D (dirty, difficult, dangerous, ou demanding). Dans des
secteurs économiques qui ne peuvent pas se délocaliser (tels que l’agriculture intensive, l’économie
touristique, la construction, les services domestiques et de soin à la personne, aujourd'hui
principales niches d’insertion professionnelle des migrants), c'est bien la main-d’œuvre qui est
"délocalisée sur place" via la migration (Terray, 1999), parfois organisée en systèmes de circulation,
et souvent contrainte à des statuts d’exception autorisant de bas salaires et une flexibilité maximale,
voire à l'irrégularité – le travailleur sans papier, peu cher, flexible, peu revendicatif, cantonné dans

5
une situation d’instabilité et d’insécurité majeure, est en effet un outil de compétitivité économique
(Mésini, 2013 ; Morice & Michalon, 2009 ; Morice & Potot, 2010).
L'analyse en termes de structures de domination, génératrices de fortes inégalités, se retrouve dans
la sociologie de Saskia Sassen : les villes globales y sont les centres de concentration privilégiés de la
main d’œuvre immigrée, mais aussi de polarisation sociale caractéristique des territoires globalisés,
où émergent de nouvelles classes transnationales, celle des élites circulantes dirigeantes, et celle des
migrants travailleurs précaires (Sassen, 1996, 2007).

Avec une vision globalisante mais une entrée plus culturelle, les travaux sur les diasporas (Anteby
Yemini, Berthomière & Scheffer, 2005 ; Audebert, 2012 ; Bruneau, 2004 ; Dufoix, 2003 ; Ma Mung,
2000) insistent sur les modes de construction identitaire des groupes dispersés (l'étymologie -
spirein signifie semer). C'est ce socle identitaire maintenu et reconstruit sur la durée (plusieurs
générations), l'organisation multipolaire productrice d'échanges (matériels et symboliques) à la fois
entre les différents pôles qui la composent (interpolarité), mais aussi avec l'espace d'origine (parfois
marqué par un traumatisme originel – cas emblématique de la diaspora juive), qui définissent la
diaspora : marquée par l'intégration de ses membres dans les sociétés d'accueil, elle maintient une
identification fondamentale à l'origine, comme une forme de résistance à des processus
d'assimilation sur la longue durée. La notion s'est toutefois élargie : Bruneau (2004) distingue les
diasporas entrepreneuriales (chinoises, indiennes, libanaises), de celles fondées sur la langue ou la
religion (juive, arménienne, grecque), sur des enjeux politiques (palestinienne, tibétaine), ou encore
sur la race ou la culture (diasporas noires) ; les connexions multiples et en temps réel favorisées par
les NTIC, qui ont amené à la notion de migrant connecté (Diminescu, 2005), ont porté la réflexion
sur les e-diasporas, parfois issues de minorités (Tamouls, Hmong), c'est-à-dire des groupes
migrants dispersés dont l'identité diasporique se construit, se renforce et s'actualise via les réseaux
tissés sur la toile par leurs membres (Diminescu, 2012, ou le [Link]).

Le niveau méso : chaines, réseaux, capital social


L’analyse des réseaux est en effet devenue une clé dans les études sur la migration, à un niveau
méso qui s’est ainsi imposé comme un maillon indispensable, et un prisme privilégié de la
recherche, permettant l’articulation de l'échelle des individus et de la société dans son approche
globale (Smith & Guarnizo, 1998). Après les apports des équipes états-uniennes d’Alejandro Portes
et Douglas Massey, la théorisation du rôle crucial des réseaux dans l'analyse migratoire doit
beaucoup à Thomas Faist (Faist, 2000, 2010). Il met en évidence le rôle des communautés ou
systèmes relationnels, intermédiaires entre l’individu (libre, autonome) ou les cellules familiales
d’une part, et les déterminants macro-structurels, d’ordre politico-économique d’autre part, pour
cerner les contours d’une des principales ressources des migrants, le capital social, notion reprise
de Pierre Bourdieu8, puis discutée par Alejandro Portes dans son application aux espaces de
l’immigration. La mobilité du capital social depuis l’espace d’origine vers celui de destination est
une dimension sine qua non de la constitution des réseaux migrants transnationaux : la migration en

8
« Le capital social est l’ensemble des ressources actuelles ou potentielles qui sont liées à la possession d’un réseau
durable de relations plus ou moins institutionnalisées d’interconnaissance et d’inter-reconnaissance ; ou en d’autres
termes à l’appartenance à un groupe, comme ensemble d’agents qui ne sont pas seulement dotés de propriétés
communes (susceptibles d’être perçues par l’observateur ; par les autres ou par eux-mêmes) mais sont aussi unis
par des liaisons permanentes et utiles. » (Bourdieu, 1980, p. 2).

6
chaîne se développe en effet à partir du moment où le capital social ne joue pas seulement de façon
localisée, mais comme une courroie de transmission transnationale, vectrice d'informations, de
réseaux de soutien, d'accueil, etc. Le capital social, qui a un effet sélectif sur la migration, favorise à
la fois la diffusion du processus migratoire par la constitution de chaînes et de réseaux, la
construction de liens transnationaux, l'aide à l’insertion dans les espaces d’arrivée (Portes, 1998,
montre qu'il permet aux migrants une ascension socioprofessionnelle plus rapide), mais aussi la
réadaptation dans les espaces d’origine en situation de retour.

Conclusion : le retour de l'Etat et des approches critiques

Le contexte politique du XXIe siècle donne de nouvelles inflexions à ces approches de la question
migratoire. Depuis le 11 septembre, et plus largement dans un contexte de croissance de l'insécurité
comme du terrorisme international, l'échelle de l'Etat est de retour. Les politiques de fermeture des
frontières nationales, d'érection de murs, même au sein d'espaces considérés comme étant de libre
circulation, les investissements croissants dans des technologies de pointe mettant en œuvre des
dispositifs de contrôle et de filtrage des flux toujours plus sophistiqués (smart borders, clôtures
virtuelles, etc.), en sont le témoin, et elles s'inscrivent à l'encontre des intenses mobilités qui
caractérisent le monde contemporain (Bigo, 2011 ; MIGREUROP, 2012)9. C'est ce que certains
appellent le "paradoxe de Stalker" (Terray, 2008) : des migrants internationaux de plus en plus
nombreux, des marchés économiques ouverts, mais des frontières de plus en plus fermées, soit un
système du Open markets, closed borders, qui construit finement le filtrage des personnes aux
frontières, discriminant ceux qui ont le droit de circuler et les autres, et contribuant, comme le
montrent de nombreux travaux de sciences politiques, à la production politique de l’illégalité
migratoire (De Genova, 2010).
La crise des migrations déclenchée par les printemps arabes, puis la guerre en Syrie, témoignent
aujourd'hui de la frilosité des Etats européens en matière de politique d'accueil des réfugiés, comme
elles lézardent les fondements politiques de la construction d'un espace de libre circulation en
Europe, à l'encontre des droits fondamentaux de la personne humaine et au mépris de nombreuses
vies, alors que les frontières deviennent étanches (Schmoll, Thiollet et Wihtol de Wenden, 2015).
Les crises économiques et politiques de nombreux pays encouragent les idéologies de la peur de
l'autre, du repli sur soi, de l'exaltation des identités nationales, à l'encontre des hybridations
permises par les rencontres, des cosmopolitismes entendus comme formes d'ouverture à l'autre
dans des sociétés hospitalières, où l'étranger est aussi citoyen du monde (Agier, 2013, 2014 ;
Harvey, 2009). Dans ces contextes, où la construction d'une gouvernance mondiale des migrations
est à la fois plus que jamais nécessaire, mais aussi menacée, les recherches en sciences sociales sont,
ces dernières années, marquées par un engagement croissant dans des approches critiques,
politiques, et engagées.

9
Les revues Cultures et conflits, L'espace politique, ou plus récemment les travaux du collectif de l'Antiatlas des
frontières ([Link], et [Link]), rendent largement compte de ces débats.

7
Références bibliographiques

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Rennes : Presses Universitaires de Rennes.
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par F. BOUILLOT F. & H. FRAPPAT. Paris : Petite bibliothèque Payot.
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