SÉMINAIRE RÉGIONAL SUR LES LATÉRITES :
Sols, Matériaux, Minerais
SESSIONS 1 ET 3
ACTES DU SÉMINAIRE
21-27 Janvier 1986
DOUALA (CAMEROUN)
Éditions de I’ORSTOM
INSTITUT FRANÇAIS DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT EN COOPÉRATION
Collection COLLOQUES et SÉMINAIRES
PARIS 1987
Organisé par :
Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique du
Cameroun ~IESRES)
L’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en
Coopération (ORSTOM)
L’ International Board For Soil*
Resarch and Management (IBSRAM)
* Avec le concours financier du Bundesministerium für Wirtschafliche
Zusammenarbeit (BMZ), République Fédérale d’ Allemagne
l.a loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alin4as 2 et 3 de l’article 41, d’une part, que les
tcopies ou reproductions strictement r6serv6es B l’usage priv6 du copiste et non destin6es 9 une utilisa-
tion collective l et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illus-
tration, (toute repr6sentation ou reproduction int6grale, ou partielle, faite sans le consentement de
l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite, (alin6a le’ de l’article 40).
Cette reprhentation ou reproduction, par quelque proc6d6 que ce soit, constituerait donc une contrefa-
çon sanctionnbe par les articles 425 et suivants du Code Phal.
ISSN : 0767-2896 (0 ORSTOM 1987
ISBN : 2-7099-0867-o
3
SEMINAIRE REGIONAL SIJR LES LATERITES :
SOLS - MATERIAUX - MINERAIS
GENESE, CARACTEKISATION ET INVENTAIRE DES LATERITES
MATERIAUX ET MINERAIS LATERITIQUES
SESSION 1 : GENESE, CARACTERISATION ET INVENTAIRE DES LATERITES
SESSION 3 : MATERIAUX ET MINERAIS LATERITIQUES
Les actes de la session 2 qui visait la mise en œuvre des réseaux IBSRAM
d’étude de la mise en vuleur des sols acides tropicaux et d’étude des défriche-
ments en vue de l’établissement d’une agriculture continue sont édités par SIBSRAM
dans WI volume séparé.
5
MOTIONDEREMERClENEN?S
AUCHIF DBL'BTATBTAUtXWVBRNEMENT
DBLARBPUBLlQUEDUCAMEROUN
Les participants au Séminaire Régional sur les Latérites
ainsi que les Organismes Organisateurs adressent leurs vifs remer-
ciements au Président Paul BIYA, Chef de 1’Etat ainsi qu’à son
Gouvernement, pour avoir autorisé la tenue de ce Séminaire sur
le territoire camerounais en particulier et dans cette belle cité
qu’ est Douala.
Le caractère intematbnal duSéminaire a permis un échan-
ge dense et fructueux d’expériences scientifiques entre les pays
africains présents. A ce titre cette rélrnion a été un véritable
forum du donner et du recevoir dont le mérite revient au Cameroun
qui montre en la circonstance l’exemple d’encoumgement et de
support matériel que les nations africaines se doivent de damer
à leurs scientifiques afin que ceux-ci puissent mieux contribuer
au dévelo~ement de ce continent.
Fait à Douala, le 27 janvier 1986
LE SEMINAIRE
INTRODUCTION
Les latérites sont les formations superficielles dominantes dans les régions
tropicales humides, forestières et de savane, du Cameroun et de l’Afrique. For-
mées à partir d’altérations intenses, profondes et anciennes de différentes roches,
elles se caractérisent par de puissantes accumulations résiduelles d’argile et de
différents hydroxydes métalliques, notamment sous forme de cuirasses. Ces for-
mations latéritiques sont ainsi à 1’origine aussi bien de la grande variété des ~01s
de ces régions et de certains problèmes rencontrés lors de leur mise en valeur, que
de diverses concentrations minérales pouvant constituer des minerais d’ aluminium,
de fer, de manganèse. Les latérites représentent également des matériaux de plus
en plus utilisés pour la construction de routes ou d’ habitations.
Les travaux de recherches aussi bien fondamentaux qu’appliqués, concernant
les latérites, ont connu ces dernières années un incontestable renouvellement. Au
Cameroun, après les premiers travaux sur les bauxites latéritiques de PAdamaoua,
les sols voclaniques ou 1’inventaire et la cartographie des sols ferrallitiques, se
sont ainsi développées récemment de nouvelles recherches portant par exemple
sur la différenciation des sols dans les paysages, les mécanismes de cuirassement
ferrugineux, 1’utilisation de la télédétection et de traitements informatiques, en
cartographie pédologique, les comportements agronomiques des sols, ou 1’utilisa-
tion de graveleux latéritiques traités au ciment. Dans Crautres pays de la région
se développaient également des études sur 1’évolution des formations latéritiques,
la dynamique actuelle des sols ou la prospection géochimique.
II apparait ainsi opportun et intéressant que ces différentes contributions
récentes à la connaissance et à 1’utilisation des latérites puissent Ctre rassem-
blées et confrontées dans le cadre de ce séminaire régional.
Objectifs du séminaire
Ce séminaire a pour but de réunir différents spécialistes ayant travaillé dans
ces régions sur les formations superficielles latéritiques : géologues, pédologues,
agronomes, ingénieurs des mines ou de génie civil, pour qu’ils presentent et discu-
tent de leurs expériences et de leurs résultats, et tentent ainsi de dégager en
commun des perspectives nouvelles concernant 1’étude et 1’utilisation des sols et
des matériaux latéritiques.
L’ objectif général est d’ examiner quelles sont les bases scientifiques récem-
ment acquises régionalement sur la formation, la distribution et la caractérisation
des latérites, qui permettent le mieux dr assurer les recherches actuelles d’ inven-
taire, d’ expérimentation et dl utilisation, aussi bien agronomiques que minières
ou de génie civil.
8
Plus précisément ce séminaire s’ attache successivement à définir les démar-
ches et les techniques les lus intéressantes dans trois domaines :
1 - Génèse et inventaires Psession no 1)
2 - Mise en place d’expérimentations agronomiques (session no 2)
3 - Recherche et utilisation de matériaux et de minerais (session ne 3)
TABLE DES MATIERES
PREMIERE SESSION
C.E. EKODECK
Caractérisation des produits issus de 1’altération de quelques roches de la
région de Yaoundé par méthode normative 115
P. BILONG
Bilan de 1’altération d’ une syénite alcaline de la zone équatoriale humide
Cameroun. Evolution, géochimique des éléments des terres r%wcs en
milieu ferrallitique 129
C. BOCQUIER
Transferts et transformations de matière lors de la différenciation de
profils latéritiques 131
3.P. MULLER
Analyse de la différenciation d’une couverture latkitique de 1’ Est du
Cameroun 133
R. YONGUE et S.M. EN0 BELINGA
Altération des gneiss migmatitiques de Yaoundé et le problème de la dis-
tribution de fer dans le paysage 147
E. FRITSCH
Les transformations d’un paysage cuirassé du Nord-Ouest de la Côte
d’ Ivoire sur formations gneisso-migmatitiques 159
G. YORO
Cartographie régionale Ti 1/200 OOOe et cartographie d’une paysage cui-
rassé au sommet dans le Centre-Nord de la Côte d’ivoire /77
Y. BOULVERT
Inventaire du cuirassement centrafricain. Extension et importance.
Problèmes posés / 93
S. MORIN
Cuirasses et reliefs de 1’Ouest Cameroun / 107
10
M. KUETE
Les horizons à produits grossiers des profils pédologiques du Sud-
Cameroun forestier/ 12 1
J. HINDZI-TSALA
Evolution des caractères minéralogiques, géochimiques et pédogénétiques
dl une série de sols ferrallitiques rouges profonds de Mbandjock (Centre
Cameroun) / 141
Ph. A. KIPS, A. MOUKAM, E. van RANST
Exchange characteristics, clay-silt rnineralogy and classification of some
yellowish sedimentary soils in the Tiko plain area, South-West Cameroon/ 1%
E.T. AWAH, Ph. A. KIPS, H. Ng MOUKOURI KUOH, F. TCHUENTEU
A clino-sequence of red and brown soils on basalt inthe Nkambe area,
North-west Cameroon : characterization, classification and agricultural
implications / 173
P. FAURE
Utilisation des techniques informatiques dans 1’établissement des docu-
ments thématiques en pédologie. Application au secteur Est de la feuille
Nkambe (Nord-Ouest Cameroun) 1187
B. VOLKOFF, M. GAVAUD et D. DUBROEUCQ
Les radars imageurs et la télédétection aérienne ou spatiale en zones
tropicales forestières ) 199
M. DOSSO
Analyse structurale d’ une unité de modelé latéritique comme référence
pour la recherche dl informations pédologiques d’ordre strutural conte-
nues dans les images de télédétection correspondantes /211
TROISIEME SESSION
D. NJOPWOUO
Caractéristiques minéralogiques et nanomorphologiques de deux argiles
de zone latéritique camerounaise et leur influence sur les propriétés des
mélanges - maîtres caoutchouc - argile / 223
LIBOUM et I.J. HAJAL
Etude cinétique de réactions pouzzolaniques dans les mortiers de latérite
activée thermiquement et de chaux 1235
M. SILVEIRA
Contribution à la valorisation des sols latéritiques : ciment pouzzolanique
de synthèse / 247
G. E. EKODECK
Expression par méthode normative de 1’incidence des phénomènes liés au
processus d’ altération sur les propriétés géotechniques des latérites de la
région de Yaoundé 1261
C. BOCQUIER, C. CENSE, Ph. ILDEFONSE
Analyse pétrologique des mécanismes de la stabilisation par la chaux et
le ciment de différents matériaux lateritiques /275
11
F. SIKALI et DJALAL MIR-EMARATI
Utilsation des latérites en technique routière au Cameroun 1277
A. ZOGNING
Les formations superficielles latéritiques dans la region de Douala. Mor-
phologie générale et sensibilité aux activités humaines 1289
J.M. KOUD
Sur l’altération supergène des gisements cuprifères au Congo : exemple
de Mindouli et de DjenguiIe /305
A. SAINT CAL DE PONS
Méthodologie utilisée pour la recherche minière dans le Sud-Est
Cameroun ! 321
Projet de Recherches Minières Sud-Est Cameroun
Présence de latérites nickelifères sur roches ultrabasiques dans le Sud-
Est Cameroun 1323
P. NGUEYA
Altération et enrichissement des gisements de fer de type itabirites dans
la région de Mbalam (Sud-Est Cameroun) P37
P. LECOMTE et P. MAURIZOT
Synthèse des données géochimiques dans le cadre de la prospection mi-
nière du Sud-Ouest Cameroun / 339
SESSION 1
GENESE, CARACTERISATION
ET
INVENTAIRE DES LATERITES
15
CARACTERISATION DES PRODUITS ISSUS DE L’ALTERATION
DE QUELQUES ROCHES DE LA REGION DE YAOUNDE
PAR METHODE NORMATIVE
G.E. EKODECK
Résumé
L'auteurpar cette note présentela physionaniede la régionde Yaoundésur le plan
de la pétrogaphiedes roches du socle et sur celui de la constitutionet de l'orga-
nisationde leurs produitsd'altération. Des référencesà quelquestravauxantéri-
eurs permettentd'en donner une caractérisation classique.Puis il expose les gran-
des lignes d'un mode de caractérisation,inspiréde la méthodeaméricaineC 1 P W
qu'il a mise au point et qui a deux principauxavantages.Le premieravantagerési:
de dans le fait que ce mode de caractérisationrepose sur les résultatsde la déter-
minationdes él&nentschimiquesmajeurs des produitsdlaltération: il est donc à la
port& de tous les laboratoiressusceptiblesde slintéresseraux altérations.Le deu-
xiàne avantagetient au fait que la recanbinaison de ces élknentschimiquesmajeurs,
qui ne tient canpte d'aucuninvariant,permet,non seulementd'établirune canpcei-
tion minéralogiquevirtuelle,mais aussi de dégagerdes paramètresqui permettentde
quantifierrationnellement des notionsqui jusqu'ici,sont demeuréesessentiellenent
qualitativescamne le degré d'altération, de cuirassementou d'cuverturedu systèae
d'altération.
L'inconvénient majeur de ce mode de caractérisation
tient à la rigiditédu chemine-
ment qui du reste est inhérenteà toute méthodenormativede caractérisation des ro-
ches.
L'applicationde cette méthodeau cas des produitsd'altérationde la régionde Yaou-
nde en révèle l'intéret,notammentlorsqueles résultatsobtenussont canparésà ceux,
issus de quelquesméthodesclassiquesde caractérisation des produitsd'altération
des roches silicatéesen milieu tropical.L'extensiondu danained'applicationd'une
telle méthode est en cours d'élaboration.
Mots clés : Cameroun- migmatites- gneiss - altération- minéralogie- pétrographie-
géochimie- restructuration- lixiviation- cuirassement- confinement.
l Institut de Recherches Géologiques et Minières. BP 4 110 YAOUNDE (CAMEROUN)
16
Throughthis paper, the author shcus the Yaounderegion countenancerelatingto the
baseinentrocks petrographyand to the weatheredmaterialsconstitutionand orgsnisa-
tion. A characterizationof these last materialsis carriedout, based on previous
currentmethods.Then canes the presentationof the main guide lines for a new cha-
racterization method,worked out by the author of this paper,who took inspiration
fran the americanC 1 P W method.This new method has two principaladvantages.The
first advantagecanes fran the fact that this method is based only on the determina-
tion of the chemicalcanpositionon major elementsof the weatheredmaterials: the
method is thereforesuitablefor a11 the laboratories desirousto undertakeinvesti-
gationsand studieson weathering.The secondadvantagederivesfran the fact that
the resettlementof the availablemajor chemicalelements,which does not consider
any of these as invarying,gives the way, not only to establisha virtualmineralcgi-
cal canpcsition,but also to determinesane parametersthroughwhich the nmnerical
expressionof sane alterolcgicalconceptsbecanespossible.The main instancesamong
these concepts,which until then, were only qualitativelyexpressedare : the wea-
theringdegree,the hardeningdegree,the aperturedegree of the weatheringsystem.
The major inconveniencecnecaripoint out fran this peculiarcharacterization
method
is the stiffnessof its procedure,which finallyis inherentto every normativeme-
thod for rocks characterization.
The interestof this normativemethcd has been establishedwhen appliedto weathered
materialsfran the Yaounderegion,and particularly, its resultshave been satisfac-
torily canparedto those issued fran saae currentcharacterizationmethodsfor the
silicatedrocks weatheringproductsof tropicalareas. The extensionof the applica-
tion darain of this normativemethod is on study.
17
INTRODUCTION
Les conditions thermodynamiquesqui règnentà l'interfacecontinentale(Lithosphère-
Atmo.bio.hydrosphère) font évoluerles rochesaluminosilicatéesjusqu'àl'individua-
lisationde matériauxstablesdans le milieu ambiantsuperficiel.L'altération est
l'ensembledes phénanènesrelatifsà cette évolution,l'hydrolyseconstituantla ba-
se de ce que l'on appelle l'altérationnormale.Les produitsqui en résultentont
reçu dans nos régionsle nan de latérite.
De multiplesméthodeset procédésont été élaboresdepuis le début de ce 20e siècle
peur caractkriserces produits.A l'origine,ces méthodesétaientpurementchimiques,
pour devenir,dans la deuxiànemoitié du sikcle,physicochimiques et minéralogiques,
avec des protocolesanalytiquesde plus en plus canplexes.De plus, ces méthodesse
sont diversifiées,pour se fonder,suivantla sensibilitéet les aptitudesde leurs
auteurs,soit sur l'étudethermodynamique des interactionsentre les rocheset les
solutionsinterstitielles(FRITZet TARDY, 1973, 19761,soit sur l'étudede llévolu-
tion minéralogiqueet chimiqueà l'échelledu microsystème(PROUST,1983).Les réfé-
rences citées ne sont que quelquesexemplesparmi tant d'autres.Cependant,la can-
préhensionet l'évaluationquantitativede l'évolutiond'une roche font intervenir
des canparaisonschiffréesentre l'état initialet les diversesétapesde transforma-
tion sous l'actiondes agentsmétéoriques,l'établissement des bilanss'effectuant
par rapportà un invariant.Les principauxinvariantsconsidérésscmt volumétriques
(ex. : MILLOT et RGNIFAS, 19551,chimiques(ex. : HARRISON 1933, LENEUF 19%) ou mi-
néralogiques(ex. : LELONG, 1969).
Ce que l'on peut remarquertoutefois,c'est d'une part qu'aucundes invariantspris
en considération ne l'est en fait rigoureusement,
et d'autrepart, que les notions
camnunémentutilisées,lorsqu'ona affaireaux latérites,carme le degré d'altération
ou le degré de cuirassement,etc...,restentqualitativeset ne sont pas rationnelle-
ment chiffrées.
La méthode normativede caractérisationest un moyen globalisantqui permetde sur-
monter ces écueils,malgré son caractèreartificielqui est d'ailleursinhérentà
toute méthode normative.Après son élaboration,elle a été utilementappliquéeaux
produitsrésultantde l'altérationdes rochesde la région de Yaoundé (EKODEGK,1984):
1 - PHYSION@lIEDE LA REGION DE YAOUNDE
l" Physiographie
générale
La région de Yaoundé,qui peut être artificiellementlimitéepar les parallèles3"
et 5O de latitudeNord, et les méridiensll" et 13" de longitudeEst, est situéesur
la bordureoccidentaledu plateaudu Sud Cameroundont l'altitudemoyenneest de750m
(fig 1). Ce plateauprésenteune surfaceonduléecù on observeune alternancede col-
lines et de valléesgénéralementgorg&?sd~eau. On peut aussi y observerquelquesre-
liefs résiduelsbien marques.
Le passagevers la plaine côtièresituéeà 1'Guests'effectuepar une successionde
gradins.L'examendu profil en long des cours d'eau, canne le Nyong ou la Sanaga il-
lustre très bien cette situation(fig 2).
18
Fig. 1 - Carte géomorphologique genérale du Cameroun (SEGALEN, 1967,
modifide) avec localisation de la région de Yaoundé (extrait
de EKODECK, 1984)
19
20
Le climat Y est de type équatorialà quatre saisons,deux hunideset deux sèches.La
températuremoyenne oscilleauteur de 24" C avec un écart d'environ50 C. Les hau-
teurs de précipitation gravitentautour de 1 600 mm par an, l'écartentre les moyen-
nes mensuellesmaximaleet minimaleétant de l'ordrede 90 w. Il s'agit donc d'une
région chaude et mide dans laquelleles moyennesthermiquesawentent du Sud vers
le Nord, et les moyennespluvianétriques du Nord vers le Sud. Ces caractkes climati-
ques ne sont que la partie actuellementobservabled'une alternancepolycyclique de
périodesarides (camneactuellement), et de périodespluvialesqui a pris place au
Sud de la barrièresaharienneau ccurs des temps tertiaireset quaternaires(PUS,
19701,et qui a favorisél'actiondes phénanénesd'altérationsur les rochesdu socle,
dont l'ampleurpeut être utilementcontatéesur le terrainà la faveurdes tranchées
routièreset ferroviaires.
2O Les roches du socle
Les principauxgroupes lithologiques de la régionde Yaoundéqui présententplusi-
eurs facièspétrographiques sont les mignatiteset les gneiss intrudéspar des ro-
‘ches plutoniquesde nature variée.Ce groupe de rochesauxquellespeuventêtre as-
sociéesdes amphibolitesest attribuableau canplexede base. Cn rencontre aussi des
micaschistes,des quartzitesmica& et des schistesquartzeuxqui font vraisembla-
blementpartie des séries intermédiaires(EESSOLKSet TMMPETTE, 1980).De tous ces
grcupes lithologiques, les plus répandusdans la région demeurentles migmatiteset
les gneiss.La distinctiondes unes par rapportaux autres,qui est essentiellement
fondée sur l'importancerelativedes phénanènesde mobilisationest tellementbazar-
deuse qu'on préfèresouventutiliserle vocablecanpositede "gneissmignatitique".
Na\s avons en effet observé (EKODECK,1984)que les gneiss,tous facièsréunis(gneiss
à biotite,amphiboleet épidote,gneiss à deux micas, grenatset disthène,gneissa
biotiteet grenats,etc...) avaientdes teneursmodaleset normativesen ékents
blancs allant respectivement de 50 à 70% et de 65 à 858, alors que les mignatites
(stranatites a biotiteet épidote,straaatitesà microclineet biotite,nébulitesà
microclineet biotite)avaientdes teneurscorrespondantes égalesou supérieuresres-
pectivementà 70 et 85%. Les minérauxubiquistessont le quartz,les plagicclases
acides et la biotite.
3O Les produitsrésultantde l'altérationdes rochesdu socle
Dans le Sud Cameroun,et en particulierdans la région de Yaoundé,on peut distin-
guer, avec VALLERIE (19731,quatreensemblesde produitsd'altération:
- les sols minérauxbruts,présentantune altérationchimiquenulle,
- les sols peu évolués,qui présententune faiblealtérationchimiquedes minéraux
silicates,
- les sols hydranorphes,dont l'évolutionest dcminéepar un engorgementaqueux tefn-
poraireou permanent,
- les sols ferrallitiquesenfin, peur lesquelsl'altérationchimiquedes minérauxpri-
maires est tres pcusseevoire canplète.Cnnote aussi peur ces sols la possibilité
d'héritagede minérauxet d'élimination de la majeurepartie des bases et de la silice.
Les sols ferrallitiques, qui sont de loin les plus importants,s'ordonnenten séquen-
ces pédolcgiquesliées au modelé et canportantdes unités fortementdésaturéesen ba-
ses sur le plateau,des unités faiblementdésaturéesen bases dans les valléesfluvi-
atiles,et des unitésmoyennementdésaturéesen bases dans les zones de transition.
Les profilsdéveloppesprésententen séquenceverticale,pour les plus canpletsqui
correspondent aux unités fortementdésaturéesen bases, cinq horizonsau dessusde la
roche mère, que l'on pourraitregrouperen trois niveauxprincipaux(fie;3) :
- le niveau inférieur,correspondant
à l'horizonaltéritique,qui présentela texture
de la roche mère,
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Fig. 3 - Un exemple de profil d'altkration différencie de la r6gion
de Yaoundé (sol ferrallitique)
22
-le niveaumédian,canprenantl'horizonà tachesou a vermiculesd'oxyhydroxydeset
l'horizonà élknentsgrossiersconstituéde gravillons,blocs de cuirasse,fmnts
de roches,etc...,
- le niveau superficiel,canportantPhorizcnmeuble argilo-sableux
et l'horizon(CU
pellicule)humifèresuperficiel.
Si les profilsobservablesà la faveur des tranchéesroutièreset ferroviaires cor-
respcndentpour la plupartà ce schéma type, en certainsendroitsde la régiande Ya-
-dé, notatmaent à proximitéde la vallée de la Sanaga au Nord, les profilsne cor-
respondentpas toujoursau type classiqueet, pour certainsd'entreeux, le niveau
superficielest souventlimité à la partie inférieurepar une %tone line" à fragments
de quartzplus CU moins arrondis,et le matériauest de remaniementrécent,diluvio-
colluvialet fluviatile(fig 4).
Les étudesminéralcgiques effectuéespar analysethermiquedifférentielleou par dif-
fractiondes rayons X sur la fractionfine des échantillonsprélevés(fractioninfe-
-rieurea 0,l mn cu a 0,002 mn) présententles résultatssuivantspar ordre de fré-
quencedécroissante(EKODECK,1984, 1985) :
- sur le plateau : kaolinite,halloysite,goethite,magnétite,quartz,gibbsite,
chlorite,amphibole;
- en bordurede la Sanaga : goethite,illite,halloysite,magnétite,mOntmOrilloni-
te, talc, kaolinite.,
quartz,amphibole;ce cortègeest aussi observéà proximité
des inselbergsou près des autres grands ccurs d'eau.
Dans le premiercas les minérauxargileuxne sont représentésdans les profilsque
par des kandites,alors que dans le second cas, ces minérauxse relaientdans les
profils,de bas en haut conformémentà l'ordresuivant : illite - (smectite)- kan-
dite.
11 résultede ces observations, mais aussi d'autresobservationscamne la fréquence
des minérauxprimaires,la gamne des minérauxde nécgenèse,l'importance quantitati-
ve des kanditesdans les différentsniveauxd'altération, que les formationsdu pre-
mier cas sont plus altéréesque celles du deuxièmecas. La quantificationnormative
le montre d'ailleursde façon très éloquente.
II - CARACTERISATION
DES PRODUITSD'ALTERATIONDE LA REGION DE YAOUNDEPAR METHODE
NORMATIVE
l" Les grandes lignesde la méthodenormative
C'est une méthodede restructurationinspiréede la méthode américaineC 1 P W dont
l'usageest devenu classiquepour les roches éruptiveset pourcertainesrochesméta-
morphiques,celles susceptibl~dedériverdes roches éruptives.Elle consisteà cas-
formulede canpositionchimiquerelativementsimple,ou simplifiable,ce qui permet
de constituerune canpositionminéralcgique
virtuellepour chaque produitd'altéra-
tion. Lagarmneminéralcgiquecanplètecanportevingtetun (21)minérauxétalons.
Les grwpes standardsdes minérauxsusceptibles
d'être reconstituéssont dans l'ordre:
- les minérauxpeu ou non altérablesnon siliciques: apatite,ilménite,anatase,ma-
gnétite;
- les aluninosilicates qui représententla phase silicatéerésiduelle:
calccalcalins,
orthose,albite,anorthite;
Fig. 4 - Autre type de profil frequemment rencontré dans la region
de Yaoundé, avec remaniement diluvio-colluvial et fluvia-
tile
24
les silicatesd'altération: skicite, daphnite,berthiérine,
chlorite,stévensite,
kaolihite;
les oxyhydroxydes
d'alwnihim (corindongibbsite),
de fer ferrique(h&natite,goe-
thite),de manganèse(mauganosite,
pyrcohroIte);
la silice : quarts,silice amorphe.
Cette reconstitutionséquentiellepermet de définirdes paramètresd'aJ.tération
qui
rendentpossiblelVétablissement de canparaisonschiffréesentre des formationsdont
la diversitén'est plus à démontrer,et par conséquent,de classerces dernières:
- la tendancealumineuseou ferriquedes oxyhydroxydes
librespermetde définirla
nature du produitd'altération;
- les minérauxde n&genèse, dont l'ordred'apparition, COMU dans le cas d'une alté-
ration prcgressiveet différentielle,est susceptiblede partirde la bisiallitisation
peur abcutirà l'allitisation, permettentde déterminerle degré d'altérationvirtu-
elle;
- l'importancerelativedes oxyhydroxydespar rapporta l'ensembledes minéraux,
permet de déterminerle degré de cuirassementvirtuel;
- l'importancedes smectiteset chloritespar rapportaux silicatesd'altérationet
aux whydroxydes d'aluminium,permet de déterminerle degré dlouvertureVirtuelledu
systèned'altération.
2O Résultatsde l'applicationde la méthodenormativeaux produitsd'altération
de la région de Yacundé.
a) - Canpositionminéralcgiquevirtuelle
La méthode normative,appliquéeà 68 échantillons
de matériauxlatéritiques
a permis
de recaistituerle cortègedes minérauxsignificatifssuivants:
a.1. Ordre de fréquencedécroissante: résultatsglobaux
- sur le plateau (39 échantillons):
quartz(q)-goethite(g)- sericite - gibbsite(g)- kaolihite(k)- chlorite(c)- al-
bita - h&natite(h);
- en bordurede la Sanaga (29 échantillons):
quartz(q)- albite - anorthite(A - chlorite(c)- orthose(o)
(goethite(g) Jkaolinitetk
(gibbsite(G)1
a.2. Teneur pondérale
Les donnéesse rapportantau plateauet à la bordurede la Sanaga figurentaux ta-
bleaux 1 et 2 .
Ces résultatsmontrent,autantpar la fréquenceque par la teneurpondéraledes diffé-
rentes classesminérales,que l'évolutionde l'altération est plus avancéesur le pla-
des paramètresnormatifspermet de
teau qu'en bordurede la Sanaga. La détermination
chiffrerles caractéristiquesde cette évolution.
b) - Valeursdes paramètresnormatifs
b.1. Nature
eu égard à l'importancedes oxyhydroxydeslibres,les latéritesde la régionde Yaou-
ndé sont des roches aluminoferrifères
à holoferrifères.
25
b.2. Altération
L'évaluationde l'importancedes minérauxalmineux et silicatesde néogenèsepar rap-
port à l'ensemblesilicates-oxyhydroxydes
d'a_lUum, a permis de déterminerl'indice
de lixiviationpotentielle(ilp)ou degré d'altérationvirtuelle.Cet indicepeut être
calculéen appliquantla relationsuivante :
ilp _ (gibbs+cor)lOO
+ (kaolx75)+ (phyllitesde Fe et Mg x 25)
- "'~"'-~-g166s+Cor~sIIïc'a~~eS"-'-"
(N.B.:gibbs : gibbsite,cor : corindon,kaol : kaolinite,phyllitesde Fe : daphnite
et/ou berthiérine,phyllitesde Mg : chloriteet/ou stévensite.)
L'indicede lixiviationpotentielleest de 68% en moyennesur le plateauet croft gé-
néralementde la base vers le samaet des profils.En bordurede la Sanaga,il est de
l'ordrede 34% en moyenne et évolue,suivantles profils,de façon désordonnéed'un
niveau à l'autre.
b.3. Cuirassement
En rapportantl'importancedes oxyhydroxydes de fer, d'aluminiumet de manganèseà
l'ensembledes minérauxreconstitués, ncus avons déterminél'indiced'induration po-
tentielle(iip) ou degré de cuirassementvirtuel.La valeur de cet indiceest dcn-
née par la relationsuivante :
On constateque cet indiceest de l'ordrede 25% et de 13% en moyenne,respective-
ment sur le plateauet en bordurede la Sanaga.Dans la plupartdes cas, il est plus
élevé dans le niveau médian des profils,ce qui est fort canpréhensible.
b.4. Confinement
Le degré d'ouverturedu systèmea été déterminépar l'importance que prennentles si-
licatesferreuxet magnésiensde nécgenèse,vis-à-viade l'ensemblesilicatesde néo-
genèse-oxyhydroxydesd'aluminim. ch a défini ainsi l'indicede confinementpotentiel
(icp) ou degré d'hydranorphie
virtuelle,dont la valeurest donnéepar la relation
suivante :
icp = - -. (phyllites
-de Fe et
---- _- Mg) 100____--_
pfiyIXIGS-ZfëFëX Flg+ i(aoI~~Z6s + cor
Cet indice est de l'ordrede 1% sur le plateauet de 16% sur le bord de la Sanaga.Il
est généralementplus faibledans le niveaumédian des profilsque dans les autresni-
veaux.
En résumé,à la lumièrede la restructuration normative,les produitsrésultantde
l'altérationdes roches de la régionde Yaoundésont aluminoferrifères à ferrifères.
Ils sont très altéréssur le plateauet peu altérésen bordurede la Sanaga. le degré
de cuirassementvirtuelmoyen est faible et le milieu est bien drainé.Ces caractères
générauxmontrentque la différenciation des profilstelle qu'ellepeut être traduite
par les donnéesminéralogiques ou paramétriquesest plus grande sur le plateauquesur
le bord de la Sanaga.On retrouveglobalementles caractèresobservablessur le ter-
rain conme en laboratoireet mis en évidencepar de nanbreuxauteurscarme VALLERIE
(1973).
III - COMPARAISONDE LA METHODENORMATIVEA QUELQUESMETHODESCLASSIQUESDE
CARACTERISATIONDES PRODUITSD'ALTERATION
Les méthodesles plus usitéesdans la caractérisationglobaledes produitsd'altéra-
tion dont les résultatspourraientêtre canparésà ceux de la méthodenormativesont :
26
la méthodede D'HOOFIE(1964)et plus près de nous celle de IELONGet SOUCHIEFI (in BON-
NEAU et SOUCHIER,1979)pour ne citer que ces deux là: Ies traitscaununsavec cette
dernièreméthodesont relatifsà l'intervention de calculspétrochimiques, la diffé-
rence essentielleétant que cette méthode de LELONG et SCXJCHIER
se refèreccnstatmwt
au réel pour l'établissementde la canpositionminéralcgique, ce qui impliquel'inter-
ventiond'un protocoleanalytiqueassez canplexe.De plus, pour l'évaluation du bilan,
elle recourtà lWA.lisation d'un invariantchimiqueou minéralogique. Nous ne dispo-
sons pas encore de résultatssusceptiblesde nws permettrede faire des canparaisonS
entre cette méthodeet la nôtre. Mais canpte tenu des travauxen cours,de tellescun-
paraisonsinterviendront certainementdans un avenirrelativementproche.
Quant à la méthodede DIHOOREqui est encore très usitée à l'heureactuelledans la
caractérisationpédcgénétiquedes sols, elle prend en canpte sept caractèresprinci-
paux pour aboutirà une nanenclaturesynthétiqueà savoir : le type de profil,lerap-
port limonArgile, les rapportsSiO2/Al 0 et Si0 /(Al 0 + Fe 0 ), le degré de diffé-
renciationdes horizons,la réserveen ti éraux a!&éra&, la2n&ure des minérauxar-
.gileuxpréduninants,la nature des oxyhydroxydesassociés.De ces sept caractères,la
méthodenormativefait ressortirles quatrederniersqu'ellequantifiepour aboutirà
une nanenclatureanalytiquequi sli.ntéresseaux horizonspris individuellement.
Si nous considéronspar exemple la réserveen minérauxaltérables,suivantla méthode
de D'HGOFIE,elle est appréciabledans les sols ferrugineuxtropicaux,faibledans les
ferrisols,et très faible ou inexistantedans les sols ferrallitiques.De ce point de
vue, les sols de la région de Yaoundésont ferrallitiquessur le plateauet ont une
tendanceferrisoliqueen bordurede la Sanaga où on observeun fort remaniementde
surface.Ces situationssont reproduitespar la méthodenormativequi donne les va-
leurs moyennessuivantespour cette réserve (cf tableaux1 et 2) :
- sur le plateau : niveauxsuperficiel,inférieuret médian,moinsde 1%;
- en bordurede la Sanaga : niveau superficiel:23, niveau médian: 14%,niveau infé-
rieur: 34X.
cONcLrJs1ON
la méthodede restructuration normativedes roches altérées,par les associations mi-
nérales qu'elleétablit,maissurtoutpar les paramètresqu'elledéfinit,permetune
saisieglobaleet rationnelledes mécanismeset phénanènesdécritspar de nanbreux
auteurs,enquantifiantles notionsd'usagecourantdans le danainede l'altération
etc. . . . Ainsi donc, malgré son
cceniele degré d'altération,le degré de cuirassement,
caractèrevirtuelqui est inhérentà toute méthodenormative,la méthodeque nous ve-
nons de présenterdonne des résultatsqui, lorsqu'ilssont ccmparésaux observations
naturellesou aux resultatstirés d'autresméthodesde caractérisation, permettentde
dire qu'ellereflètela réalitéde façon satisfaisante.
Il convientde ne pas perdre de vue qu'il s'agit surtoutde donner,pour les roches
altéréesou supposéestelles,une ccmpositionminéralogique, virtuellecertes,mais
cohérente,dont la manipulationpermet de sérier et de canparertous les cas, des sim-
ples aux canplexes,rencontrésdans l'étudedes altérations,en minimisantla subjec-
tivité.Le méthodeainsi élaborée,qui, peur sa part, ne tient canpted'aucuninvari-
ant a priori,est de ce point de vue un guide de raisonnementefficacepour la ccmprk
hensionet la saisieglobaledes phéncmènesd'altération.
L'applicationde cette méthodeaux produitsd'altérationautres que ceux de la région
de Yaoundeest en cours. Elle permet d'ores et déjà, moyennantquelquesréajustements,
d'envisagerune méthodegénéraliséede restructuration normativealtérolcgique.
Tabl. 1 : Teneurs pondérales en mineraux virtuels significatifs dans les
niveaux des profils d'altération de la région de Yaounde :
zone de plateau
;
a:9
A:I+ f-2
j 5:6 6%7 ; f.. 5
Tti-L 64 A) A2
ln?dia% q:w j a:3 C.. 2 ; s:5 G: 2 j i:8
(S?&dïti) 6: ? i hi: 4 k: %9
A0
6: 3 ; q:3
NJ.: : qcratr; 0: orthaz ; a: &ik.; A: a~+tk&; c:cMo~ite;s:sinüte;
~+,dinib\ &.$bkite; $:+k.-
Tabl. 2 : Teneurs ponderales en mineraux virtuels significatifs dans les
niveaux des profils d'alteration de la région de Yaound6 :
zone bordière de la Sanaga
28
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29
BILANDEL'ALTERATION D'UNESYENITEALCALINE
DELAZONEEQUATORIALEHUMIDEDUCAMEROUN
EVOLUTIONGEOCHIMIQUEDESELEMENTSDESTERRESRARES
EN MILIEUFERRALLITIQUE
P.BILONG+
RESUME
Les sols étudiés se localisent dans la zone forestière humide du Cameroun ;
cette région est constituée d’une juxtaposition de petites collines d’altitude
moyenne, 750 m, séparées par un réseau hydrographique dense occupé par des
raphiales. Le substratum lithologique est formé de gneiss migmatitiques recoupés
par un important alignement NE-SW de syénites alcalines ; ces syénites sont elles-
mêmes traversées de place en place par des filons d amphibolopyroxénites.
Les sols sur syénites alcalines saturées potassiques comportent de bas en haut
une altérite grise puis rouge, une plinthite relayée par une pétroplinthite épaisse.
Au sommet existe un horizon meuble nodulaire à gravillons ferrugineux.
De la roche à la plinthite, l’altération développe des halloysites tubulaires
associés avec moins de 10 % de goethite substituée par 20 % d’ AI. La pétroplin-
thite où se manifeste une destruction importante des microclines, et l’horizon
nodulaire présentent des kaolinites désordonnées.
Un essai de quantification basé sur des bilans géochimiques construits avec
le Titane et le Zirconium comme invariants établit que le pétroplinthite accumule
entre Il et 16 fois plus de fer (geothite essentiellement) que la plinthite SOUS-
jacente ; une accumulation d’argiles s’y manifeste aussi, révélée par la présence
de ferriargillanes. L’horizon nodulaire superficiel moins argileux que la pétro-
plinthite est appauvri en goethite. C’est un horizon résiduel qui representerait ce
qui reste d’un ” homologue altérique ” sept fois plus épais. Dans tous les horizons,
la distribution des terres rares s’avère identique à celle de la syénite sauf dans
1’altérite rouge où s’accumule le cérium (près de 1 000 ppm). Une série de frac-
tionnements physiques et chimiques montre que 1’accumulation n’est pas liée aux
minéraux lourds (magnétite, zircons), mais se forme par piégeage du cérium sur
et dans la goethite.
l Dbartement des Sciencesde la Terre - Universitbde Yaoundb BP 812 - YAOUNDE (CAMEROUN)
31
TRANSFERTS ET TRANSFORMATIONS DE MATIERE
LORS DE LA DIFFERENCIATION DE PROFILS LATERITIQUES
C. BOCQUIER”
Des analyses pétrologiques effectuées sur différents profils latéritiques
du Congo, de Côte #Ivoire et du Cameroun, permettent de distinguer deux
sortes de mécanismes, qui interviennent lors de la différenciation de ces profils,
et sont à l’origine de différentes accumulations doxyhydroxydes de fer et
dl aluminium :
- des mécanismes de transfert et de dépôt, à 1’origine dl accumulations dénom-
mées absolues, car elles correspondent à des gains de matière
- des mécanismes de transformation minéralogique, qui - associés à des pertes de
matière - sont à 1’origine dl accumulations de produits résiduels : ces accumula-
tions sont dénommées relatives.
Pour montrer comment ces deux types de mécanisme interviennent durant la
différenciation des profils latéritiques, on présente des données pétrographiques,
microchimiques et minéralogiques, qui sont localisées successivement dans la
roche mère inaltérée, dans 1’altérite et dans les horizons latéritiques indurés OU
non.
On met ainsi en évidence que :
les accumulations absolues, par transfert, se réalisent soit avant l’altération
- (d ans la roche mère inaltérée), soit après l’altération des minéraux parentaux
(dans 1’altérite) ;
- les accumulations relatives, par transformation minéralogique, concernent soit
les minéraux parentaux (dans 1’altérite), soit les minéraux secondaires (dans les
horizons latéritiques).
Dans le cas d’un profil bauxitique développé sur granite en C&e dIvoire,
BOULANGE (1983) estime ainsi quantitativement la part de ces deux mécanismes
d’ accumulation.
l !àciences Physiques de la Terre - Universitb de Paris VII - 2, place Jussieu
- 75230 PARIS CEDEX 05 (FRANCE)
33
ANALYSEDELADIFFERENCIATIOND'UNECOUVERTURELATERITIQUE
DEL'ESTDUCAMEROUN
J.P.MULLER*
RESUME
La majorité des couvertures latéritiques des régions tropicales humides et
forestières présentent trois grands niveaux Cporganisation. De bas en haut des
profils, on distingue un ensemble meuble d altération à texture et structure de la
roche conservées, surmonté de deux ensembles où ces texture et structure sont -
tout OU partie - effacées : 1’un présente une induration généralement discontinue
sous forme de nodules, 1’autre est meuble;
Les matériaux constituant ces ensembles ont des factès uwfés mais ils sont
toujours caractérisés par un assemblage de kaolfnftes et @oxydes de fer. Notre
objectif est d’ analyser, dans une de ces couvertures situées à 1’est du Cameroun,
les mécanismes qui conduisent à ces différents faciès d’ accumulation et les Ma-
tions dl ordre historique et génétique entre les différentes paragénèses à kaolini-
tes et oxydes qui les constituent.
Une analyse fine menée sur le terrain a d abord permis un inventaire précis
des principaux matériaux définis par leur faciès. On a également précisé leur
distribution relative au sein d organisations tridimensionnelles définies géométri-
quement. Les méthodes développées ultérieurement au laboratoire ont permis
1’ analyse des relations structurales, minéralogiques et géochimiques entre ces
matériaux et entre leurs constituants. II s’ agit des méthodes de la pétrographie
(microscopie, optique, microscopie électronique en balayage, microanalyses chimi-
ques in &u a la microsonde) et de la minéralogie (diffraction des rayons X, SF-
troscopie infra-rouge, résonance paramagnétique électronique, microscopie elec-
tronique en transmission).
Cette démarche sera illustrée par 1’analyse des filiations entre les matériaux
indurés à texture héritée de la roche et les matériaux meubles à ” texture de sol ‘?
Plusieurs paragénèses successives à kaolinites et oxydes de fer seront ainsi défi-
nies. On resituera ensuite ces paragénèses dans leur contexte pétrographique, aux
échelles accessibles sur le terrain. Cela nous permettra de jeter quelques bases
de 1’histoire de ce type de couverture.
l ORSTOM, UR 505 - Pétrologie de la Surface, 70-74, Route d’Aulnay - 93140 BONDY -(FRANCE)
Laboratoire de MinBralogie-Cristallographie, LA CNRS 09
Universitk Paris VI et VII, 2 place Jussieu 75251 PARIS CEDEX 05
35
A. INTRODUCTION
Deux traits majeurs caractFrisent en première analyse ler,couver-
tures latéritiques des régions tropicales humides et forestifires :
(1) Une certaine complexité sur le plan des organisations : des
matrices aux faciès vari& s'ordonnent en trois grands rnsrmbles
contrastés et superposés (BOCQUIER et al., 1984).
(2) Une relative uniformité sur le plan des constitrlatlts miné-
raux : toutes ces matrices sont essentiellement des accumulations ré-
siduelles de kaolinite, d'hématite et de goethite (HERBILLON, 1980).
Notre objectif est de comprendre - en prenant comme modale une
couverture latéritique de l'Est du Cameroun - comment ces trois cons-
titUmts majeurs peUVent réaliser deS teXtUreS et StrlJCtlJreS SUSSi
variées, mais toujours ordonnées verticalement comme latt?ralement.
Pour celb il nous faut préciser la nature des paragen;nns 5 kaolinite
et oxydes de fer qui constituent ces structures et textures, et analy-
ser les relations d'ordre génétique et historique entre ces dernières.
La démarche adoptée est celle du géologue qui apr?s avoir inven-
torié sur le terrain des matrices définies par leur facics, et prkci-
sé leur distribution spatiale, analyse les relations entre ces matri-
ces et entre leurs constituants.
Nous nous proposons ici d'illustrer cette démarche en privilé-
giant l'analyse d'une relation majeure : celle qui associe des maté-
riaux à texture héritée de la roche à des matériaux % "texture de sol".
B. LES PRINCIPAUX FACIES ET LEUR DISTRIBUTION
Une centaine de puits de 6 à 12 m de profondeur ont ét6 foncés
sur une toposéquence de 1 km de long. Cela nous a permis d'cntrepren-
dre une étude détaillée de la couverture, verticalement C*omme latéra-
lement, et de faire apparaître deux grands traits de l'organisation
aux échelles métriques,, particulièrement dans le domaine amont de la
topos6quence.
1. Une organisation verticale en trois ensembles morphologiques
superposés (fig. 2a) (ROSELLO et al., 1987).
Comme dans la majorit& des zones tropicales humidc>s et l’orostic-
res les profils présentent un développement ordonn6 do trois princi-
34
paw ensembles d'horizons. Du bas vers le haut :
a - On ensemble d'altération, meuble, tr?s pnreux, à texture
et structure héritées de la roche (un gneiss). A sa partie orlpérieure
des volumes disjoints d'altérite, qui s'amenuisent vers le haut des
profils, sont isolés dans une matrice meuble, rouge jaunâtre, à tex-
ture de sol.
b - Un ensemble nodulaire. Les nodules, rouge sombre, pré-
sentent deux faciès principaux : des nodules "lithorelictuels", gros-
siers, irréguliers, à texture héritée de la roche, aux limites souvent
diffuses ; et des nodules "argilomorphes", plus petits, arrondis, ù
texture de sol, aux limites plus fréquemment tranchées. Ces nodules
sont emballés dans des matrices-sol non (ou peu) indurées : rouge et
compacte, à la périphérie des nodules, de plus en plus jaune et meuble
quand on s'en éloigne.
c - Un ensemble "sol meuble". Les nodules y deviennent bru-
talement rares. Mais c'est progressivement que la matrice rouge et
compacte précédente disparaît. vers le haut. Corrélativement Sa matrice
jaune se développe puis devient exclusive à la partie supérieure des
profils.
2. Une organisation latérale à structures décamétriques emboitées
en forme d'ensellement (ou de lentilles biconvexes) (fig. 1).
La densité des observations a permis une analyse quasi continue
des variations latérales des faciès des matrices pr&&~ent.es, mais
également de leurs modes d'assemblage au ocin de chaqiic ensemble polir
former des ~mdtériauxw. Une analyse de la distribution latérale de ces
matériaux fait apparaitre : (1) des discontinuités latérales au niveau
des ensembles, (2) des str UC tures décamétriques en forme d'enselle-
ments ou de lentilles emhoftées.
En fait, et le plus généralement, on retrouve à l'échelle de ces
ensellements des distributions similaires à celles observées sur un
profil vertical. Des matériaux encaissants au coeur de ces enselle-
ments on note, comme on l'observe de bas en haut des profils, une di-
minution : des volumes Èi texture héritée de la roche, et/ou de la
taille et du nombre des nodules, et/ou des matrices rouges au profit
des matrices jaunes.
Ces distributions ordonnées verticalement et latéralement, comme
la fréquente progressivité des transitions entre matrires ou entre ma-
tériaux, paraissent traduire des degrés d'évolution ou des transforma-
tions successives. Analysons plus en détail, et par exemple, les
transformations qui s'opèrent au sein de l'ensemble nodulaire lors du
passage graduel des matrices nodulaires lithorelictuelles (NL) aux
matrices nodulaires argilomorphes (NA) puis aux matrices internodu-
laires rouges (MR) et jaunes (MJ). Cet exemple permet en effet d'ana-
lyser simultanément les changements de trois critères déterminants
dans l'inventaire des faciès : texture, teinte, état d'induration.
C. ANALYSE DES RELATIONS ENTRE MATRICES AU SEIN DE L'ENSEMDLE NODULAIRE
Ces relations ont été analysées d'un point de vue structural et
minéralogique.
37
1. Les transformations microstructurales.
Les analyses structurales 2 différentes échelles (macroscopiques,
microscopiques et ultramicroscopiques) nous indiquent que 1:1 tcxtllre
et la structure de la roche sont conservges dans les NL. l'or rxcmple
une observation au microscope électronique à balaysge (MEB) montre :
(1) la préservation de la foliation du gneiss originel (fig. 7),
(2) une pseudomorphose des micas par de larges particules de knolinite
(fig. 8) - parallèles au clivage originel - typique d'une altération
in situ décrite par plusieurs auteurs (BISDCM et al., 1982). les oxy-
des de fer ont essentiellement.cristallisé en bordure dc ces k:ioli-
nites (fig. 9).
Du bas vers le haut de l'ensemble nodulaire et en msme temps
qu'au faciès lithorelictuel des nodules se substitue un fnri;s argilo-
morphe, ces kaolinites macrocristallines font place à des kaolinites
de taille plus réduite. Qn constate d'abord une sorte de microfissura-
tion locale, perpendiculaire aux plans 001, sans modificat.ion de la
texture phylliteuse hérit6e du mica (fig. 10). Puis II~ knolinites de
taille encore plus réduite (@,$ mm) apparaissent, dont l’f~rifmt~tion
est alors plus quelconque (fig. 11).
Le passage sur quelques microns d'un faciès "lithorelictuel" (NL)
à un faciès "argilomorphe" (NA) (fig. 12) montre bien la relation
entre ces kaolinites macrocristallines et plusieurs g&&stions de
kaolinites microcristallines. Ces dernières préservent d'abord la tex-
ture phylliteuse héritée des micas puis graduellement prbsenknt un
orientation quelconque.
La transition vers les matrices internodulaires (MR puis ML) CM-
respond Èila généralisation de ce dernier arrangaent. Cependant 40
nouvelles structures peuvent apparaître dans ces matrices, teIles (9e
les structures "micronodulaires )t (MILLER, 1977 ; CHAUVEL et al., #f)
(fig. 13).
2. Les transformations minéralogiques.
Des microanalyses géochimiqucs ont été réaliséea in situ, sur
lames minces et à la microsonde de Castaing. L'analyse des oxydes de
fer a été réalisée par diffraction des rayons X et celle dcc kaolini-
tes par spectroscopie infra-rouge (IR) et résonance pnrsragnktique
électronique (RPE).
a - Les paragenéses d oxydes de fer. L'h&nntite et la goe-
thite coexistent dans tous les matériaux. Les microanalyses nous in-
diquent que la quantité d'oxydes de fer décroit des WL et NA aux I@
puis aux MJ (fig. 5). Mais alors que l'héraatite domine largement dans
les NL et NA, la goethite qui devient progressivement dominante dans
les !4Elest quasi exclusive dans les MJ.
La position, le rapport des intensités et des largeurs 2 mi-
hauteur des raies (104) et (110) de 1'hématit.e (PBRINET et LAFONT,
1972b ; SCHWER'IMANN et al., 1977) attestent que la cristallinité des
hématites diminue des NL aux NA puis aux Ml? (fig. 3). Cn montre, par
un calcul des paramètres de maille (PBRINET et LAFONT, 1972a) que lc
taux de substitution en Al de ces hkmatites augmente COrrf~ati~enMXt
dans le même sens : 0 à 3 % dans les NL, 6 à 9 $ dans les MR.
38
Une détermination du degré de substitution des goethites d'après
la position relative des raies (110) et/ou (111) (SCHULZE, 1984) nous
indique que ces goethites sont, parallèlement, de plus en plus substi-
tubes en Al : 7-15 % dans les NL, $ 10-20 % dans les NA et MR, puis
15-28 % dans les MJ.
b - Les paragen8ses A kaolinites. L,es variat-inrlr:
*lry
rie~ixpa-
ramètres ont été quantifiées : celles relatives ,G la c~riutnllinité et
aux substitutions en fer.
- La cristallinité : L8 rhgolarit6 du r6sra11 crint?llirt (las kaoli-
nites peut être appréciée en spectroscopie infra-rouge (FARMIW, 196h).
Les intensités relatives des bandes de vibrations des grou1wmrnts OH
varient en effet avec l'état d'ordre ou de rl~sorr1r.e
<Jr>
(‘Y; k:~olinitcs
(BARIOS et al., 1977). On peut quantifier cette cristnllinité par un
indice IC = I (3649)/ I (3669) qui croît avec le désordre cristallin
(CASES et al., 1982). On constate ainsi que la cristnl1init.h des kao-
linites décroît des NL (0.9 - 1.0) aux NA (1.0 - 1.1) puis O.IJX MR
(1.1 - 1.2) et aux MJ ( 1.2 - 1.4) (fig. 6).
- Les substitutions en fer : Il est bien connu maintenant que les
kaolinites naturelles et particulièrement celles des latérites sont
ferrifères (HERBILLON et al., 1980 ; CANTINOLLE et al., 1984). Ce fer,
substitué à l'aluminium dans les feuillets octaédriques, est détecté
en résonance parsmagnétique clectronique (HALL, 1980). Un signal à
deux composantes (fig. 4) témoigne de l'existence de deux sites de
substitution. Plus particulièrement la composante 1 est liée au fer
localisé dans des domaines à organisation cristalline imparfaite
(MESTDAGH et al., 1980).
L'augmentation relative de l'intensité de cette composante des
NL aux NA puis aux MR et aux MJ est significative d'un accroissement
de la substitution en fer des kaolinites dans le même sens.
3. Conclusion : une suite évolutive minérale et structurale.
La SUcCeSSiOn ordonnée des faciès, miSe en i%idenCe sllr le terrain
(NL - NA - MR - MJ) correspond donc à une suite évolutive min&ale et
structurale qui associe :
- des matrices dans lesquelles des macrocristallites de kaolinite
ordonnée et faiblement substituce en fer préservent, 7n textiire origi-
nelle du gneiss. Ces cristallites sont associés iiplus de )10 % d'héma-
tite peu ou non substituée en Al.
- à des matrices dans lesquelles des microcristallites de kaoli-
nite désordonnée et plus fortement substituée en fer ont, une distribu-
tion quelconque en regard de la foliation originelle du gneiss
("pedoplasma", FLACH et a1 ., igh8). Ces cristallites sont associés à
10 % environ de goethite très substituée en Al (30 % d'A1 environ).
D. DIFFERENCIATIONS AUX ECHELLES MACROSCOPIQUES
Les enchainements minéraux et structuraux anal.ysPs ri-rlrsciisaux
Gchelles microscopiques se rPn.lisent en fnit ù tous 1~::ni V(':IIIX
II~
. l'organisation. Des suites 6volutives comparables peuvent Ft.1.r mises
en évidence entre les différentes matrices de chacun des autres ensem-
bles, comme entre ces ensembles 2 1'6chelle d'un profil.
39
A titre d'exemple, nous analyserons les variations dr In cristal-
linité et des substitutions en fer des kaolinites R ces &twllrs ma-
croscopiques. Ces deux caract6ristiques cristallochimiq~~es PclJvent
être quantifiées respectivement par l'indice IC (en 1R) ~>t 17 surf'nce
S (1) du signal 1 (en RPE) (t4WIDACH et al., 1980). Outw C~IK? l'on
constate que cristallinitk et cnbstitutions en frr sont df:irxcaractg-
ristiques étroitement corrÉ_lées, on montre clairement (Via. ?a et 2b)
que la cristallinité des kaolinites diminue en même temps qu'augmente
leur substitution en fer : (1) à l'échelle de chaque ensemble, des ma-
trices lithorelictuelles aux matrices sol et/ou des matrices les plus
indurées (ou compactes) et les plus rouges (à hématite) aux matrices
les plus meubles et jaunes (à goethite). (2) d I'&belle du profil (et
globalement), de l'ensemble d'altération à l'ensemble sol meuble.
Une démonstration similaire pourrait être effectuée en cc qui
concerne les autres caractéristiques de ces matrices, telles que la
minéralogie et la cristallochimie des oxydes de fer.
Enfin, et toujours aux échelles macroscopiques, rc sont ces mêmes
suites minérales et structurales que l'on met en évidence latéralement
des structures encaissantes au coeur des ensellements précédents.
E. LE SENS DES EVOLUTIONS : UNE ALTERNATIVE
La réalité de ces suites minérales et structurales ne nous ins-
truit pas en fait sur le sens d'une évolution. Les données pr&édentes
peuvent être en effet interprétées de manière contradictoire.
En ce qui concerne par exemple les relations entre les matrices
de l'ensemble nodulaire (cf. C et MULLER et BOCQUIER, 1985 b), deux
hypothèses peuvent être avancées :
(1) L'association entre les kaolinites macrocristallines et l'hk-
matite dans les matériaux lithorelictuels constitue un stade initial.
Le passage PrOgreSSif aux matrices.meubles et jaunes tYXTeSpOnd alOIY
à une succession de dissolutions et de reprécipitations in situ de
nouvelles générations de kaolinites et d'oxydes de fer (MULLW et
BOCQUIBR, 1985 a) - aux caractéristiques cristallochimiques différentes
à chaque stade - et à une élimination progressive du fer.
(2) Un changement graduel des conditions géochimiques de l'alté-
ration est intervenu au cours de la progression d'un front de trans-
formation aux dépens des matériaux à texture héritée de la roche (voire
de la roche elle-même). Les minéraux de chaque matrice auraient alors
cristallisé dans des conditions g6ochiDIiqUeB particuli?res ; les filia-
tions génétiques précédentes ne sont plus alors assurées, et les matri-
ces lithorelictuelles (NL) apparaissent comme les plus récentes.
Ce problème de filiations génétiques se pose dans les mêmes ter-
mes aux échelles macroscopiques, verticalement à l'échelle des profils
comme latéralement à l'échelle des ensellements. On peut se demander
notamment si l'ensemble d'altération analysé, oil les kaolinites sont
macrocristallines, évoluera vers un ensemble nodulaire 03 les matrices
à kaolinites macrocristallines (nodules lithorelictuels) sont isolées
au sein de matrices à kaolinites microcristallines ; puis si ce dernier
se transformera en un ensemble "sol meuble" où les kaolinites sont ex-
clusivement microcristallines.
Cette alternative quant au sens de l'évolution des matériaux, qui
se présente donc à tous les niveaux de l'organisationnous oblige alors
à rechercher d'autres caractéristiquescristallochimiqueset gkochimi-
ques, qui :
- dans l'hypothèse (1) seraient susceptibles d'être conservées
("mémoires")tout au long d'une "lignée" génétique.
- dans l'hypothèse (2) seraient significativesde changements
successifs des conditions géochimiques de l'altération.
RÉFÉRENCES
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LEGElNDES FIGURES
Fig. 1 - Représentation schématique d'une partie de la toposéquence.
Noter l'emboîtasentdes structures décamétriques en forme
d'ensellementsou de lentilles biconvexes. Les matrices (1)
à (6) sont définies B la fig. 2.
Fig. 2 - 8. Représentation schématique d'un profil. 1 = ensemble a'al-
tération, II = ensemble nodulaire, III = ensemble "sol meu-
ble". (1) altkrite à texture héritée de la roche, (2) nodu-
les lithorelictuels (NL), (3) nodules argilomorphes (NA),
(4) matrice rouge compacte (MR), (6) matrice jaune compacte,
(7) accumulation organique.
b.'Variations de 1'Indice de cristallinité (IR) des diffé-
rentes matrices en fonction de la profondeur.
6. Variations de la surface de la composante 1 du signal RPE
des dif!%rentesmatrices en fonction de la profondeur.
Fig. 3. - Diagranrme de diffraction X des matrices 2, 3, 6, entre 38 et
44'26. (111) = indices de Miller. K = kaolinite, H = hémati-
te, 0 = goethite, Q = quartz.,M = muscovite 2 M 1.
Fig. 4 - Partie de spectre RPE moatrant la progression de la substitu-
tion en fer des kaolinites (intensitéde 1) des matrices 1 à
6.
Fig. 5- Coznpositionchimique dans le système Si-Al-Fe3+ des matrices
2 a 6. Microanalyses in-situ B la microsonde de Castaing.
6 - Partie de spectre II3montrant une augmentation du désordre
cristallin des kaolinites des matrices 1 à 6.
Fig. 7 - MRB. matrice lithorelictuelle : Préservatiqn de la foliation
& gneiss, pseudomorphose des micas par de larges particules
ck ksalinite.
Fin. 8 - MEB. Détail.Pseudomorphosed'un mica par une kaolinite macro-
cristalline.
Fig. 9 - MEB. Les oxydes de fer cristallisent en bordure des kaolini-
tes.
Fig. 10 - MKB. Détail d'une kaolinite macrocristalline wmicrofissurée)'
perpendiculairementaux plans 001. La texture phylliteuse du
mica originel est conservée.
Fig. 11 - ME!E3.Kaolinites microcristallinesà orientation quelconque au
coeur d'un macrocristallitede kaolinite.
Fig. 12 - MER. Transition entre une matrice "lithorelictnelle"(à
macrokaolinites)et une matrice I1argilomorphew(à microkao-
linites).
Fig. 13 - MKR. Structures micronodulairesconcentriquesau sein d'une
matrice internodulaireà microkaolinites.
Fig.2
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Profil GOY 346
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- MATRICES
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Ai3SORBANCE
.
45
47
ALTERATION DES GNEISS MIGMATITIQUES DE YAOUNDE
ET LE PROBLEME DE LA DISTRIBUTION DE FER DANS LE PAYSAGE
R. YONGUE et S.M. EN0 BELINGA*
Au Cameroun, les formations latéritiques occupent une superficie
importante. Elles sont caractérisées par des accumulations résiduelles d’argile kao-
linique et de différents oxyhydroxydes métalliques.
La Présente étude concerne les cuirasses latéritiques de la région
de Yaoundé, dans le Centre du Cameroun. On les rencontre dans la zone centrale
et sommitale du plateau sud-camerounais, sur la bordure occidentale do celui-ci
dans la dorsale Nyong-Sanaga. La Région de Yaoundé comporte des reliefs résiduels
à allure de collines culminant i 1295 m et des zones tabulaires étagérs de 700 à
850 m. Ces gradins aplanis correspondent à des buttes cuirassées.
Des formations latéritiques s’y sont développées à partir des gneiss
migmatitiques qui forment le soubassement de toute la région. Ces formations laté-
ritiqucs sont différenciées en trois grands ensembles superposés dans les coupes. De
bas en haut on distingue successivement :
- un ensemble altéritique, meuble, au-dessus du gneiss migmatitique sain.
La texture et la structure originelles de fa roche sont conservées a la base (isaltérite)
et disparaissent progressivement au sommet(allotérite) ;
l Servicede Gkologie AppliquC et de Pbdologie - Dhpartement des Sciences de la terre - Université de Yaoundd
BP 812 YAOUNDE (CAMEROUN)
- un ensemble glébulaire, d’accumulatio? résiduelle d’oxydroxydes dz fer
et d’argile kaolinique qui se divise en un sous-ensemble nodulaire à nodules ferru-
gineux lithorelictuels, et, en un sous - ensemble à cuirasses ferrugineuse fragmentée
en blocs ;
- et, enfin, un ensemble meuble supérieur.
Les faciès et les mi>dzs dr gisement permettent d’établir des relations
génGtiqu@s et historiques dans les successions des produits d’altération et de cuirasseme
ferrugineux observés.
49
I.- INTRODUCTIOY
L'altération des gneiss migmatitiques de Yaoundé,
sous climat actuel, chaud et humide, permet de suivre l'itinéraire du fer
à partir des minéraux primaires jusqu'aux mineraux néoformés. Par contre,
le lever cartographique des cuirasses indique une distribution du fer dans
le paysage sous des conditions pédobioclimatiques différentes de celles d'au-
jourd'hui. Des formations sidérolitiques gréseuses des environs de Yaounde
tendent à confirmer ce point de vue.
Cette étude est basée sur la cartographie et sur
l'analyse microscopique d'échantillons non perturbés (analyse de la nature
et de l'organisation des constituants en microscopie a transmission et a ba-
layage, et analyses chimiques ponctuelles à la microsonde de Castaing).
L'analyse microscopique est complétée par des déterminations chimiques
globales et des déterminations minéralogiques par diffraction des rayons X.
II.- L'ALTERATION DES GNEISS MIGMATITIQUES DE
LA REGION DE YAOUNDE SOUS CLIMAT ACTUEL.
l- La constitution du gneiss migmatitique
La roche est généralement claire, hétérogene, constituee
principalement de grenat (almandin), quartz, biotite, feldspaths (andésine -
oligqclase et microcline), disthène, rutile et de minéraux opaques (graphite
et oxydes ferrotitanés), assemblés entre eux par une texture de type grano-
olastique hétérogranulaire.D'apres les sites, elle peut présenter des pyro-
xènes (hypersthène,clinohypersthèneet augite) et des amphiboles (hornblende
verte!. La taille des grains est variable, tant#t grossiére tantot fine.
L'aspect déformé de certains minéraux, et la forte fis-
suration de certains autres, témoignent de différentes contraintes tecto-
niques subies par cet ensemble migmatitique (CHANPETIERde RIBES, 1956 ;
GIZET, 1982 ; NZENTI et al, 1984).
Z- L'altérationdu gneiss migmatitique
La fracturationdu gneiss migmatitique est à l'origine
de certaines alterations,qui se localisentprecisément à la surface des frag-
rents rocheux, où elles constituentde fin)cortex d'alteration.Dans ces
cortex adhérents à la roche saine, se réalisent des transformationsminé-
ralogiques et des transfertsde matiére, qui précèdent l'alterationpropre-
ment dite de la roche. Ce sont :
- l'alterationde certains minéraux opaques et l'accumulationd'un
plasma de transfert ferrugineuxde couleur rouille noir ;
- l'altérationde certains plagioclasesen cristalliplasma kaolinique.
Dans l'isalterite,les alterations sont géneralisées
à tous les minéraux parentaux et on peut suivre celle des minéraux essentiels.
Des transformationsminéralogiqueset les plasmas de transfert du gneiss
migmatitiqueà l'isalteriterouge sombre sont résumés dans le tableau
ci-dessous.
Fond matriciel
d’altération iral-
Plasmas d’altkation Pls~ss de Squelette
tdro-illuvial
Coethite Kaoli- &
bsltc
Al + nite + lo-Ferrugineux Ouartz Rutile Disthbne
Gibbsite Fer
Plasma argilo-
Feruuqineux h
ISAi.TKRITc HEI+4TITC et tra-
\ biotitc ver- ces dc gocthite
micullte +
\ Fer amorphe
gris-olive
Cne1ss Quartz Rutile DisthCnc
mlqmatitiquc
51
L'alteration des minéraux parentaux est différentielle ; elle
s'ophre suivant leur composition chimique et leur degré de fissuration :
d'abord les pyroxènes, puis les feldspaths, les grenats et enfin les bio-
tites.
Cette altération s'effectue avec conservation des textures et
structures du gneiss migmatitique, mais s'accompagne d'importants transferts
de matibres intercristallins et intracristallins.
D'autres minéraux primaires résistent à l'altération,
ce sont les quartz, les rutiles et les disthènes, plus ou moins fissures.
Ils assurent le maintien de la texture originelle et constituent le sque-
lette du Fond matriciel d'alteration.
Dans l'alterite à structure et texture ainsi conservees,
à la porosité Fissurale (due aux contraintes mécaniques) héritée du gneiss
migmatitique, s'ajoute une porosita alvéolaire de dissolution (due à l'al-
tération des minéraux). Ces vides sont le siège d'accumulation de plasmas de
transfert, principalement argilo-ferrugineux hématitique, responsable de la
coloration rouge sombre au sommet de l'isaltérite. Il s'agit donc d'une
isaltérite d'accumulation.
A la partie supérieure de l'ensemble altéritique, l'isal-
térite devient discontinue (allotérite rouge sombre) puis disparait. Elle
se transforme par fragmentation et dispersion des altéroplasmas et des mi-
neraux residuels, aboutissant ainsi à l'effacement des textures originelles,
alors que les compositions minéralogiques globales restent les m@mes.
Ces altérites sont surmontées par des horizons dans lesquels
se sont accumulés des oxyhydroxydes de Fer (cuirassement Ferrugineux),
sous forme de divers Faciès structuraux, au cours des périodes géologiques
plus ou moins anciennes.
III.- LES SUCCESSIONS DANS LES FACIES DE CUIRASSEMENT
FERRUGINEUX.
Au-dessus des altérites lataritiques les accumulations
Ferrugine:ses sont soit fragmentaires et discontinues (nodules), soit
continues et massives (cuirasses). Elles présentent des Faciès de dégra-
dation et de restructuration successives, liees principalement a differen-
52
tes phaseo d'évolution du relief pendant l'ère quaternaire et peut-ktre
bie- avan: (Llio-Plioc&ne).
l- Les nodules ferrugineux relictuels
Un horizon nodulaire, constitué de nodules ferrugineux
qui conservent des caractères structuraux de la roche mère ou de l'elte-
rite (nodules relictuels), surmonte les altbrites. Ce sont principalement
des nodules lithorelictuels rouge sombre, des nodules lithorelictuels 3
pseudomorphose de grenat et des nodules relictuels plus complexes.
Les nodules lithorelictuels à pseudomorphose de grenat,
se forment par individualisation des pseuda-30rphoses de grenat, après
accretion d'un cortex. Dans le nodule lithorolictuel ainsi formé, les oxy-
hydcxydes de fer (goethite alumineuse: se présentent sous forme de globules,
d'oursins, de batonnets, de globules mamelcin& associés en aiguille. On les
observe dans les sites à gneiss nigmatitiques riches en grenat.
Les nodules lithorelictuels rouge sombre sont les plus abon-
dants. Leur fond matriciel rouge noir, riche en fer sous forme d'hematite
alumineuse, peut être recoupé ou borde de façon discontinue par un fond ma-
triciel jaun%tre, plus pauvre en fer, sous forme de goethite alumineuse
dominante. Les limites diffuses entre ces deux fonds matriciels témoignent
des relations de filiation qui existent entre eux. Le fond matriciel rouge
noir serait ainsi recoupé par des déferruginisations localisées qui isolent
des volumes plus fonces hématitiques au sein de volumes plus clairs princi-
pale'yent goethitiques. Ces deferruginisatiors localisées s'accompagneraient
donc d'une transformation minéralogique (de l'hématite alumineuse à la
goethite alumineuse plus substituee). Il S'a<it là de la dégradation interne,
de ces nodules lithorelictuels rouge sombre, par soustraction et redistri-
buticn du fer, et par transformation minkalrgique. Ces transformations ont
probablement pu avoir lieu au cours des phases chaudes et humides du Pua-
terraire, pour se poursuivre sous climat actuel.
2- Les cuirasses ferrugineuses et leur mode de gisement
L’horizon à nodules ferrugineux lithorelictuels est surmon-
té po;' des cuirasses ferrugineuses dont les faciès varient suivant les sites.
k'uat:e coupes ont éte choisies du Sud au Uord :
53
- la coupe d'F_kaumdaum ;
- la coupe de 'Ifandéna ;
- les ccupes c!'Etouci.
a'- La coupe d'Ckoumdsu:,.
-- (fin. la)
La butte d'Ekoumdoum, c'altitude 740 m est parsemee
sur scn sommet et sur les versants nord et cuest par des blocs metriques
d'une cuirasse ferrugineuse rouge sombre, à faciès massif vermiculé à
alveslaire.
Une tranchée routière recoupe ces versants a l'altitude
715-720 découvrant une COUpS d'aiteration épaisse d'une quinzaine de
mètres. Sur cette coupe on distingue de bas en haut :
- un dame de roche dure très diaclasée vers la surface ;
- un ensemble altériti,que coniprenant une isaltérite gris olive a rouge
sombre, puis une allztérite rouge sorbre à rouge ;
- un ensemble glebulai:e d'accumulation d'ox)hydroxydes de fer et
d'argile kaolinique comprenant un sous-ensemble nodulaire à nodules
lithorelictuels, et, un sous ensemble à cuirasse ferrugineuse, frag-
mentée en blocs ;
- et, enfin, un ensemble r7e.ble supérieur.
La présence tic fiions de quartz,de a&me orientation géné-
rale depuis les altérites ;_sr;ue dans l'ense-ule Glébulaire garantit la
continuité structurale entre ces trois ensembles. Cependant l'aspect fau-
ché de certains filons de ;.uartz en-dessous des blocs de cuirasse et les
vgariations d'orientation de certains blocs contigus, ainsi que les irré-
gularités de la limite avec l'ensemble meuble supérieur indiquent l'inter-
vention de phénomènes de re-anieyent.
b)- La coupe de Mfandéna (Fig. lb)
La butte de Nfandéna culmine a environ 780 m. Son sommet
et la partie superieure des iersents sont parsemés de blocs d'une cuirasse
nodulaire. Cette cuirasse nc>ülaire couvre presqu'entièrement l'interflure,
au-dessus de l'altitude 750 _:. tine grande carrière ouverte dans le verssnt
sud permet d'observer au dessus d'un ensemble alteritique, ur enserblc clé-
bulaire et un ensemble meuble s-sérieur.
54
Dans l’ens?Fbie ?lébulaire, au dtssus de 1’Corizcr; nod;-
lai *e, on reconnaft deux fa=iés cuirassbs :
- A la base, une ctlirssse c!émantelée ro_ge sc:,bre, 2 faciès massif
vermiculé, en blocs et en continuité avec le matériau nodulaire
environnant ;
- au dessus, une cuirasse à facitis nodulaire. à aspect conglan8ratique
vers le sommet.
c!- Les coupes d’Etoudi (Fig. 1 c, et C2)
L’interfluve d’Etoudi est allongé Nord-Ouest, Sud-Est
et culmine à enviror: 780 m. Au-dessus de l’altitude 750 m, il est jonche
par des blocs de cuirasse, plus ou moins recouverts par une mince épaisseur
de matériau meuble.
A;i sommet de cette butte, ces blocs de cuirasse sont
jaunes à taches rouqes et présentent un faciès massif alvéolaire.
Cn puits (de 7 m) creusé à cette altitude montre, sous
ces blocs entourés ce mat6riau nodulaire, une cuirasse oemantelée à faciès
massif vermicul6, et de couleur jaune 3 brun jaun%tre foncé.
Cans le versant sud on observe dans le sens de la pente :
- des blocs métriques d’une cuirasse à faciès pisolitique ;
- des blocs (de plusieurs mètres de diamètre) d’une cuirasse à faciés
mixte, alvéolaire et pisolitique ;
- des blocs d’u-e cuirasse franchement hétérogène, conçlomGratique,
présentant 3 :a fois des boules à faciès pisolitique. à faci& al-
véolaire, à faciés mixte alvéolaire et pisolitique.
La coupe de la carrière du versant sud, cécou\re sous ces
différents faciés ct_irassés, une cuirasse rouge sombre à faciès Lermiculé.
IL.- ESSAI DE CORRELATION. PEDOGEVEST
AVCIENNE ET EROSION.
73 point de vue biostasique, le fer redistribué dans
le paysage de la reç:on de Yaound6 est d’une origine plus ancienne, d’age
trrtiaire. Les phéna-+nes de dégradation, de dkuirassement et de redistri-
bution de ce fer appartiennent à des époques diffkrentes du Mio-Plioc@ne et
55
I
1 EKOkOOUM 1 I MFANDENA I Carriare E TOUDI Sommet ’
(a) (b) Cc,) (cl (c2)
R Allirite
-4‘t Filiations
a Matériau nodulaire -
--
-
Concordance
Discontinuité apparente
Lzl Cuirkxse a faciés massif
@Zl Cuirasse a faciès nodulaire
Cuirasse & taciés pisolitique
et congloméralique
Fig. 1 : Les séquences verticales des faci& de cuirassement étudiés :
les filiations et les dis7continuités apparentes de faci&
du Quaternaire ; ces époques peuvent être déterminees à la luminiere
des cor-
relations à l'échelle du territoire camerounais et de 1'Africue Centrale
(ENO RELIVGA, 1966, 1972 ; FRITSCH, 1978 ; HERVIEU, 1967 ; ~I:LL~~, 1964 ;
SEGALEX, 1967 ; IIARTI'.,
1967. )
Au Cameroun, les periodes favorablesau cuirassement sont :
- le Paléocéne (Ilartap; Minim ; Ngaoundal ; Sgaoundourou ; Centre-Sud ?
- le Mio-Pliocene (Ouest du Cameroun ; Adamaoua ; Meiganga ; Centre-Sud
Est).
- le Quaternaire (l'ensemble du territoire camerounais avec la série
de quatre glacis quaternaires étagés et cuirassés par du fer).
Le pliocène de l'Afrique Centrale est caractérisé par un
epandage detritique. C'est, par exemple, le Continental de la série des
cirques au Gabon et, au Cameroun, les grès (sables ferruyinisés)de la région
de Yaoundé (Oveng) et de la rive droite du Uyong, de l'amont à l'aval de ce
collecteur camerounais du Sud.
V .- CO\CLUSION
Le fer de la r6gion de Yaoundé est d'%ge plus ancien, mais
ses multiples redistributionsdans le paysage sont d'eges de plus en plus r6-
cents de l'ère tertiaire et de l'ère quaternaire.En effet, au Cameroun, la
fin du Crétacé et le Paléocene inaugurent les périodes latérisantes
Dans la rbgion de Yaoundé, les faciès pisolitiques,conglomératiques
et pisolito-conglombratiquessont la marque ind61ébile des pédogenéses an-
ciennes plus ou ?Oins oblitérées par les phases rhexistasiquesdu Flio-
Pliocènc et du Quaternaire.
A partir du gneiss migmatitiquequatre processus sont donc
responsablesde la différenciationdes formations latéritiquesétudiées :
l'altkation, la pedogenèse, l'érosion et le recuirassement.
Dans un premier temps, l'altérationinduit des transfor-
mations principalementminéralogiques.Le gneiss mignatitique est profon-
dément transforme : les feldspaths, les pyroxenes, les grenats, les biotites
sont totalement pseudomorphosCspar des altéroplasmas.Cependant les quartz,
les disthènes et le rutile se maintiennent.A cette altération profonde, à
l'origine d'accumulation relatives des phases residuelles,s'ajoutent des
57
accumulations absolues dont les plus inportantes, ferrugineuses s’observent
au sommet de l’isaltérite.
Ensuite, la poursuite de ces accumulations ferrugineuses
dans les alterites conduit A la formation soit de volumes glebulaires dis-
continus, soit de faciès cuirassé massif et continus. Ces accumulations
glébulaires sont le siège d’une succession de transformations mineralo-
giques et structurales, à l’origine d’une succession ordonnée de faciès
structuraux. Ces faciès cuirassés bréchoïde, nodulaire, puis pisolitique
correspondent à des faciès de restructuration, ou de réorganisation ; ils
presentent une paragenése minéralogique de plus en plus simple, la goethite
alumineuse tendant à devenir exclusive.
A c8té de ces faciès de restructuration il existe d’autres
faciès, plus complexes et héterogènes, de cimentation, qui eux aussi peu-
vent &tre restructurés.
Il a été montré que l’ensemble de ces transformations de
dégradation aboutit à la destruction des differents faciès glébulaires :
il se forme ainsi un résidu meuble à quartz et à kaolinite qui se réor-
ganise sous forme d’ensemble meuble superficiel. à facies sableux résiduel
et que les agents dynamiques peuvent déblayer et transporter au loin. Toutes
ces transformations s’accompagnent de perte de volume et conduisent a un
abaissement de la topographie, c’est-à-dire à un aplanissement généralisé
de la région de Yaound6 au cours des temps géologiques.
w
BIBLIOCRdPHIE
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59
LES TRANSFORMATIONS D’UN PAYSAGE CUIRASSE DU NORD-OUb31
DE LA COTE D’IVOIRE SUR FORMATIONS GNEISSO-~lIC;MATITl~U~S
E. I~RITSCII
La caractérisation géochimique minéralogique et structurale d'un bassin
versant de 140 ha au Nord-Ouest de la C&e d*Ivoire est réalisée dans le cadre du
programme "ifydro-Pédologiquede recherche sur bassin versant" (HYPERRAVI. Cette
Unité hydro-pédologigue est représentative d'un paysqecuirassé développé sur
formations gneisso-migmatitigues d'une savane préforestière du domaine subsou-
danais (précipitations annuelles : 1400 nun répartis en une seule saison).
L'analyse structurale a été entreprise d'une façon détail;& au
niveau de neuf toposéquences radiales à l'axe de drainage principal Irarigot) du
bassin versant. Elle a permis de distinguer un domaine de référence r.-groupant
quatre plateaux cuirassés et leurs rebords, soit environ 10 % de la surface du
bassin.et un domaine transformant gui occupe le reste du modelé, soir la majeure
partie des versants et le bas-fond.
Dans le domaine de référence, les accumulations de fer, .ropices à
l'individualisation et au développement des plateaux cuirassés, ont ité influencées
et guidées par les textures et les structures lithologiques. En effet, les forma-
tions cuirassées ont le plus souvent un faciès altéritique. De plus, le-splateaux
çui délimitent la zone d'extension de ces formations sont allongés 1.taiignbs
.sx:vànt deux directions régionales, orthogonales entre elles. La première, parai-
ig-le à l'axe du marigot, correspond à la direrc;on ginirale Oe 12 f~li~t.or.Jet
l ORSTOM BP V-51 ABIDJAN (COTE D’IVOIRE)
60
qneiss et des migmatites. La seconde, qui lui est perpendiculaire, ccïnzide avec
2s d;rr.ctiorl
des plans de diaclase et de fissuration du substratva ggolsqiq-e. ;ir
arlieurs, la faible .s-pcrficiede ces plateaux et le démantèlement, 1 leur péri-
phérie, des formations cuirassées nous amsnent 6 les considérer C~T~E des re'i-_s:
A**
d'une surfece qui prédomine largement dans le Nord de la C6te d'ivoire (Haut gla.-;s
La déqradation de'ces plateaux est favorable, sur leurs rebords, a l'extension
de sols rouges ferrallitiques remaniés.
Dans le domaine transformant, plusieurs séries de nov.~ellesdiffé-
renciations a.cparaissent emboitées latéralement les ur,esdans les autres er e.7,
discordance sur les différenciations bu domaine de référe>:re.Postérieures
à ces dernières, les nouvelles différenciations correspondent aux transforms-
tions les plus récentes. En se développant soit à partir de la surface, soit
en profondeur, elles peuvent être rattachées à deux grands types de système
transformant : l'un supérieur, les autres inférievrs. LE système supérieur
est caractérisé par une succession latérale de fronts de dégradation traduisant
un appauvrissement croissant vers l'aval en fer et en argile (passage du fond
matriciel pédoturbé rouge à Ilocre puis au jaune). Les systèmes inférieurs,
en se développant et en se rapprochant de la surface vers l'aval, recoupent
les différenciations du système supérieur. Ils lui sont doncpostérievrset
correspondent dans un ordre chronologique de formation.
- au sqstèmo de carapacement du versant par accumulation du fer
- au système hydromorphe par seqréqation et exportation partielle
du fer
- au système soutirant qui exporte à la fois le fer et les particules
argileuses. Il aboutit au stade ultime de 1'6volution au dévelop-
pement d'un horizon blanc sableux en forme 50 langue.
Ces systèmes inférieurs présentent une progression latérale remon-
tante dans le versant. Le trcisièmn système est emboité Sans le deuxième, qui
est lui-mime discordant sur le premier. L'extension du troisième système dans
le m.>delé s'acconpaqne d'une érosion chimique plus active et de ce fait d'un
affaissement plus marqué de la surface topographique à l'aplomb de ce systkne.
En conséquence, c'est ce dernier qui créé la ruptvre de pente mi-versant et
les granàes dépressions de l'aval. La rupture de pente ecr elle-m&e -rs&ice
à l'affleurement et av cuirassemsnt de la formation indurée dv versant. L#es
ù'ire?r:onsdcifiniespar les aliqnemsnts des affleurements cuirassés du versant
61
et par i'a>:eprincipal des dgpressions aval se.xT;,ie.?t
êtr? er;cowcrd~~ze ëve:
les directions structurales des form3tiox gP?lo;;qtiez i:=foBYes.
63
INTRODUCTION
L'étude est réalisée dans le cadre du programme 'hydro-pédo-
logique de recherche sur bassin versant' (HYPERBAV) qui regroupe natu-
ralistes (géologues, pédologues, agronomes, botanistes), géostatisti-
tiens et comportementalistes (hydrologues). Elle a pour objet la carac-
térisation géochimique, minéralogique et structurale d'un bassin ver-
sant du Nord-Ouest de la Côte d'ivoire. Cette unité hydro-pédologique
est représentative d'un paysage cuirassé développé sur formations
gneisso-migmatitiques d'une savane préforestière du domaine subsouda-
nais. Seuls, les premiers résultats de l'analyse structurale seront
présentés.
CADRE DE L'ETUDE
Le bassin versant de Booro-Borotou, d'une superficie de
136 ha, est situé au Nord-Ouest de la Côte d'.Ivoire (Latitude : 8"28'N,
Longitude 7'35' W> à 25 km au Nord de la ville de Touba (fig. 1).
La géologie n'est connue que par les affleurements rocheux.
Peu nombreux dans le bassin, ils deviennent beaucoup plus fréquents et
de plus grande dimension (Inselbergs) au Nord-Ouest vers la Guinée.
Dans la frange amont du bassin, les affleurements appartiennent à un
gneiss migmatitique à hypersthène. Le premier faciès présente un Litage
frustrededirection Nord (N 360-370 grd). Le litage du deuxième faciès,
plus affirmé, est parallèle à l'axe du marigot (direction N35 -40 grd).
Un réseau de diaclases et de fissures lui est sensiblement orthogonal.
Des premières données de la prospection géologique effectuée par B.
MOREL, nous déduirons que le premier faciès est probablement en contact
par faille avec le deuxième faciès car franchement différents d'unpoint
de vue minéralogique et structural. Enfin une pyroxéno-amphibolite pla-
gioclasique s'observe soit en lentille dans le gneiss migmatitique à
hypersthène (affleurement en dalle) soit plus fréquemment seule caf-
fleurement en boule). Il semblerait que ces deux derniers faciès, les
plus basiques, soient intimement liés l'un à l'autre dans une série mé-
tamorphique fortement plissée et redressée. Les pyroxéno-amphibolites
seraient présentes sous forme de lentille, comme coeurs d'anticlinaux
ou de synclinaux, dans une série où alternent gneiss-migmatitique et
pyroxéno-amphibolite.
La géomorphologie du bassin est représentée dans la figure 2.
A l'échelle régionale, les plateaux cuirassés (altitude mo-
yenne de 475 m) sont des témoins du niveau Haut Glacis (ESCHENBRENNER,
1969,1978 ; ESCHENBRENNER et GRANDIN, 1970) qui constitue un repère
morphologique majeur. De plus grande dimension au Nord-Ouest, ils sont
parfois raccordés, par une courte pente concave, au relief de commande-
64
COTE D.IVOIRE
Fig. - Localisation de l'étude (programme HYPERBAV)
Fig. 2 - La géomorphologie du bassin versant de Booro
Borotou
65
ment guinéen. Ces témoins sont alignés suivant une direction SUD-EST -
NORD-OUEST, parallèle à l'orientation générale du réseau hydrographique
A l'échelle du bassin, les quatre plateaux cuirassés ont une
extension limitée et sont souvent démantelés à leur périphérie. Ils
sont allongés et alignés suivant deux directions (N360 grd, W60-70 grd)
qui coïncident avec celles définies par les structures lithologiques
profondes. Le haut de versant se présente comme une surface plane à
pente faible. Raccordé au Haut Glacis par un talus concave à pente gé-
néralement forte, il est limité à l'aval par une légère rupture de pen-
te où affleure en discontinuité une cuirasse. Ce haut de versant est
généralement attribué au moyen glacis (ESCHBNBRENNER, 1978). 11 est re-
layé à l'aval soit par un bas de versant convexe-concave (rupture de
pente de mi-versant peu marquée) soit par une grande dépression (rup-
ture de pente souvent marquée par un rebord cuirassé) qui se raccorde
progressivement au bas-fond. Ce bas-fond, d'extension limitée, à nom-
breuses digitations, s'observe en discontinuité à l'amont du bassin. A
ce niveau, il rejoint la rupture de pente de la mi-versant.
La distribution des grands types de couverts végétaux resptctc
grossièrement la topographie du bassin de l'amont vers l'aval, la sava-
ne boisée cede la place à la savane arborée, puis arbustive, herbeuse,
enfin à une forêt galerie discontinue. De nombreuses causes de varia-
tions viennent toutefois modifier ce type de distribution: les affleu-
rements cuirassés et glébulaires sur les plateaux à la mi-versant, les
cultures et les jachères d'âges variés (15 % du bassin) (VALENTIN,
FRITSCH, PLANCHON, ce colloque).
Le climat est de type tropical de transition (1350 mm), à une
saison des pluies (bai à Octobre). Il est cependant influencé par la
présence proche des reliefs guinéens au Nord-Ouest et de ceux de la ré-
gion de Man-Danané au Sud. Les températures sont relativement douces,
les vents modérés (CHEVALLIER, IAPETITE, MAHIEUX, 1985).
METHODE D'ETUDE ET ORGANISATION GENERALE DE LA FORMATION SUPERGENE
DU BASSIN VERSANT DE BOORO-BOROTOU
L'analyse structurale des organisations internes de la forma-
tion supergène a d'abord été entreprise au niveau de neuf toposéquences
radiales au marigot. Par la suite, de nombreuses observations complé-
mentaires ont été réalisées entre ces toposéquences. Celles-ci nous
permettent d'explorer la troisième dimension de l'espace et donc de dé-
limiter en projection verticale (documents cartographiques en cours)
l'extension des différenciations dans la formation supergène. Au total,
350 fosses d'l à 6 m de profondeur, 450 sondages de 2 m de profondeur
et 1700 trous de 60 cm de profondeur (ces derniers nous ayant permis de
délimiter avec précision la profondeur d'apparition des formations glé-
bulaires et cuirassées à deux endroits :Sur le plateau et à la mi-ver-
sant) ont été ouverts et décrits.
Cette analyse nous a permis de différencier deux domaines
(cf. fig. 3). Un domaine ferrallitique qui regroupe les quatre plateaux
cuirassés et leurs rebords, soit environ lO%de la surface du bassin et
un domaine transformant qui occupe le reste du modelé soit la majeure
partie des versants et le bas-fond.
Le domaine ferrallitique est caractérisé par une sequencever-
ticale d'altérites et d'horizons parallèles ou subparallèles a la sur-
face topographique. Les organisations qui leur sont aSSocieeS corres-
pondent aux formations les plus anciennes.
Le domaine ferrallitique
Le domaine transformant
q La système transformant supkrieur
i3 Le système transformant inférieur amont
e système transformant inférieur aval
Fig. 3 - L’extension des sols du domaine de réfknce et des systèmes
transformants dans le versant de la formation superghe
67
Le domaine transformant est discordant sur les organisations
du domaine ferrallitique. Il lui est donc postérieur et comprend trois
systèmes transformants : un système supérieur qui se développe 2 partir
de la surface et deux systèmes inférieurs (amont et aval) qui s'indivi-
dualisent en profondeur. Le systtme inférieur aval est toujours anboTte
dans le système inférieur amont qu'il transforme. Il lui est donc poste-
rieur et correspond aux différenciations les plus récentes. Son dévelop-
pement est lié à l'action de la nappe phréatique et à son écoulement
vers l'axe de drainage principal (marigot).
Chaque système transformant est caractérisé par une succes-
sion ordonnée de différenciations secondaires. Emboîtées les unes dans
les autres, elles se surimposent par transformation entre elles puis
aux organisations périphériques encaissantes. Par leur enveloppe la
plus externe, ces différenciations reproduisent généralement la struc-
ture élémentaire du système auquel elles sont apparentées. L'emboîte-
ment structural permet d'établir la chronologie relative de la forma-
tion de ces différenciations : la différenciation la plus externe est
la plus ancienne, la plus interne la plus récente.
LES DEUX DOMAINES DE LA FORMATION SUPERGENE
1) Le domaine ferrallitique
La distribution des organisations du domaine ferrallitique
est résumé dans la figure 4. Les formations carapatées des plateaux ont
le plus souvent un faciès altéritique. De ce fait, les accumulations de
fer propices à l'individualisation et au développement des plateaux se
seraient faites dans le manteau d'altération. Latéralement, les carapa-
ces sont relayées par des cuirasses affleurantes à subaffleurantes.
Actuellement, ces cuirasses et carapaces sont généralement séparées du
manteau d'altération par un ensemble glébulaire et un ensemble pédotur-
bé rouge A. La tendance actuelle serait donc propice à l'approfondisse-
ment de la zone de différenciation (activité faunique importante) et à
la dégradation des formations indurées.
La dégradation de ces plateaux est favorable, sur leurs re-
bords, à l'extension des sols rouges ferrallitiques remaniés. Des for-
mations indurées, il ne subsiste plus que l'ensemble glébulaire (blocs
de cuirasse, nodules, concrétions).
2) Le domaine transformant
a) le système transformant supérieur
Le système transformant supérieur se développe à partir de la
surface. Il affecte et transforme de ce fait à la fois les horizons hu-
mifères et l'horizon rouge A du domaine ferrallitique. Il présente une
structure en lame discontinue et deux séries de différenciations em-
boîtées l'une dans l'autre (cf. fig. 5).
Ces deux étapes dans la transformation traduisent un appau-
vrissement croissant vers l'aval des teneurs en fer et en argile. Le
système serait de ce fait exclusivement soustractif.
b) le système transformant inférieur amont
Le système transformant inférieur amont se développe en pro-
fondeur. A l'amont des versants, il se forme principalement au-dessus
de la zone d'altération et au détriment de l'horizon rouge A du domaine
Echdh
TOPO
Fig. 4 - Les altbrations et les différenciations des sols du domaine
ferrallitique (plateau, talus)
G q Horizon bum,fi,. brun fonci SA .t da q Horizon humif*,* gris font; S et da
pinitntion humitira OC,. brunitre pinitrrtion humufk brun jaune
S i SA
& q Hôrizô:o.r..
AS 0 liorizon iauna. SA i S
Fig. 5 - Les differenciations du système transformant supérieur
69
ferrallitique. Sa structure élémentaire est en forme de chapeau de gen-
darme ou de coiffe. De l'amont vers l'aval, cinq différenciations ap-
paraissent successivement emboîtées l'une dans l'autre (cf. fig. 6).
Les deux premières différenciations sont le siège d'une rc-
distribution du fer et probablement d'une exportation limitée de cet
élément vers l'aval (système soustractif à l'amont). A l'inverse, les
trois autres différenciations traduisent une imperméabilisation crois-
sante par le fer (système cuirassé additif). Le système cuirassé se
reproduit fréquemment à deux endroits. Le premier endroit coïncide
exactement avec la rupture de pente de la mi-versant. A ce niveau, nous
constatons systématiquement une remontée du manteau d'altération. Le
système cuirassé coiffe ce manteau. La cuirasse en position apicale
est subaffleurante à affleurante. Le deuxième endroit est localisé plus
à l'aval en profondeur.
Enfin, ce système cuirassé se démantèle à la fois à partir de
la surface mais aussi en profondeur sous l'action remontante du système
transformant inférieur aval. Il nourrit sur place de nouvelles séquen-
ces d'évolutions glébulaires (blocs de cuirasse, de carapace, nodules
tortueux. ..).
c) le système transformant inférieur aval
Le système transformant inférieur aval est emboîté dans le
précédent. Il se forme de ce fait au détriment de sa zone de différen-
ciation mais aussi au détriment de la zone d'altération du domaine fer-
rallitique. Il présente une structure en langue dans laquelle quatre
séries de différenciations en horizons et en altérites apparaissent
successivement emboîtées l'une dans l'autre (cf. fig. 7).
Les deux premières séries de différenciations sont caractéri-
sées par une intense redistribution du fer et une exportation par-
tielle de cet élément vers l'aval (système déferruginisant à l'amont).
Dans les deux dernières séries de différenciations, il y a :
- exportation du fer mais aussi de l'argile dans la zone de diffé-
renciation,
- parfois néoformation d'argile gonflante, principalement dans la
partie apicale de la zone d'altération.
Le système devient soutirantpour le fer et l'argile à l'aval.
11 peut être soit exclusivement soustractif soit soustractif puis ad-
ditif (système éluvial-illuvial). La néoformation d'argile gonflante
est propice à une imperméabilisation localisée de la zone d'altération.
L'EXTENSION DES SYSTEMES TRANSFORMANTS DANS LA FORMATION SUPERGRNE
ET LES RELATIONS AVEC LES STRUCTURES GEOLOGIQURS
Les schémas évolutifs présentés sont tirés d'exemples réel-
lement observés en différents lieux du bassin versant (les échelles
sont respectées). Ils retracent dans l'espace mais aussi dans le temps
les différentes étapes de la dégradation interne de la formation super-
gène. Pour chaque système, l'évolution résulte à la fois d'une exten-
sion spatiale du système dans la formation supergène et d'une extension
relative de sa différenciation la plus interne. Tous les systèmes ont
globalement une progression latérale remontante dans le versant. Enfin,
les structures élémentaires des systèmes transformants nous renseignent
indirectement sur le sens et les vitesses de propagation des composan-
tes des fronts de transformation qui leur sont associes.
n Noyaux sltéritiquer
Hor~ron b.ri?li . fond OC~. @ w C.r.p.c.
.-] 0 ~do/ivwntA.&3
’ Hor~ron bwioli . riticulss @ q Cuirassa
liohment induris dirioinlr
püil c0.l.sc.& Y.,. hvrl
( f.ciir p..udonodul.im ) q Blocs d. csrrpic.
ou de cuiras..
Fig. 6 - Les différenciations du système transformant inférieur amont
O-0 norlzon b.,ioli i ,ilisul.r ti.i,.mmt q I~lt.,it. marbrk: riliculn ,oVo.. bordk
indwir i p1.g.s bl.nch.s d. ),un. .u, fond blsnc
@-. q Ho,i,on b.rioli i land bl.nc i grir q Is.lti,it. hydromorph. : veines
subwrticlla
domm.nt (m.,bru,.a i.un...osn.. @un. oc,..i.un. pil.. bl.nc vitnur w,
p.,k.ir ,O”g.. 1. A * AS tond g,,, rwdi,,. i .,ls bl.uti
O-0 “orizon g,i, i m.,b”,.s oc,.r.i.u”.a •, Is.llirit. hydromorph. i C.,.cti,. V.,tlq”. :
i.un. Pil..SA t. p.,tl. ,up.,ku,. d. I’or.ltirit. .tc.rtaieu
v.in.r subr.rtical.s sont n.tt.m.ntargil-.
0-a “orlzon pri. cl.,, i bl.nc ,v.c ou
r.nr m.,b,u,.s I.un. Pil. S.S.nl.nt knl.. d. ,.tr.it.
Fig. 7 - Les différenciations du systhme transformant inférieur aval
71
Le systeme transformant supErieur (structure, en lame discon-
tinue) Prtsente une progression laterale centrifuge dominante par rap-
port à l’axe du marigot, mais aussi verticale descendante. Au lrr stade
de l’évolution (cf. fig. g), son extension spatiale est IimiLCe G
l’aval du versant. Au 2ème stade de l’évolution, le syst&me SC repro-
duit a l’amont de la rupture do pente de la mi-versant (diffërencia-
tion en cuvette puis en lame discontinue). Des reliques du domaine de
référence s’observent alors de part et d’autre de cette rupture de
pente. Au stade ultime de l’évolution et du fait d’une progression la-
térale centrifuge, les systèmes superieurs amont et aval se rejoignent.
Le syst6me transformant infërieur amont (structure en cha-
peau de gendarme ou en coiffe) présente une progression latérale cen-
trifuge dominante par rapport à la zone de remontée du manteau d’alté-
ration (mi-versant), mais aussi verticale ascendante. La dissymétrie
de sa structure résulte d’une double évolution ferruginisante (latera-
lement, deux niveaux cuirassés dans un seul continuum ferrugineux).
Dans le premier stade de cette évolution ferruginisante (cf. fig. 9),
la carapace de la mi-versant coiffe le manteau d’altération. Les sta-
des plus évolués se caractérisent par un développement spatial des
formations carapatées puis cuirassées.
Le stade ultime de la transformation de ce syst@me (la cui-
rasse) étant systématiquement situé à proximité de la surface du sol
(du moins pour la cuirasse de mi-versant), le document cartographique
localisant les zones d’extension des formations cuirassees et carapa-
cées de la mi-versant est susceptible de nous renseigner sur les zones
de remontée du manteau d’altération. Ce document (cf. fig. 10) fait
apparaître des orientations générales très nettes (paralleles ou obli-
ques à l’axe du marigot) et de nombreux décrochements en forme de
baïonnette. L’individualisation et le développement du système trans-
formant inférieur amont sont de ce fait fortement influencés par les
structures géologiques profondes.
Le système transformant inférieur aval (structure en langue)
présente une progression latérale centrifuge par rapport à l’axe du
marigot mais aussi par rapport à l’axe du système (progression verti-
cale ascendante et descendante). Son développement (cf. fig. 11) re-
sulte à la fois d’une extension du système vers l’amont (stades 1 et
II) et d’une extension relative de sa différenciation la plus interne
(Horizon blanc S : stade III). Au stade ultime de l’évolution, les
trois dernières séries de différenciation viennent “butter” à la mi-
versant au niveau de la remontée du manteau d’altération.
Cette évolution s’accompagne d’une modification de la topographie du
bas de versant. D’un versant rectiligne (stade 1), nous constatons
l’apparition d’un bas de versant convexe-concave (stade II), limité à
l’amont par une légère rupture de pente. Cette dernière est plus affir-
mée dans le stade III. Simultanément, le bas de versant devient conca-
ve, il est raccordé progressivement au bas-fond. De ce fait, l’exten-
sion du système inférieur aval serait à l’origine de la rupture de
pente de la mi-versant. Cette rupture de pente résulterait d’une éro-
sion chimique qui est surtout active dans les deux dernières séries de
différenciations du système (partie nettement soutirante). Le stade
ultime de cette évolution correspond aux grandes dépressions de l’aval.
Ces dépressions sont orientées perpendiculairement à l’axe du marigot
(fig. ). Il est probable qu’elles se soient formées a l’aplomb des
zones de plus grande fracturation ou de diaclase du socle. Ces zones
serviraient de drains aux eaux de la nappe qui favoriseraient les
processus d’altération et le développement du systeme soutirant.
12
STADE 1
\
‘.__
--_
-.
‘\\
’ _
L_T-
Fig. 8 - L’extension dans l’espace et d,,~fe~ds,,~e~ad~~~~t~~~a-
tions du système transformant
supergène
iii&_
.----__
s_> ---__
.__--
des différencia-
l’espace et dans le temps
Fig. 9 - L’extensioil dans
transformant infkrieur amont dans la forma-
tiens du système
tion supergene
Fig. 10 - L’extension des formations cuirassées et carapatées dans le
bassin versant de Booro Borotou (Plateaux : Haut glacis,
Haut de versant : Moyen glacis)
Fig. 11 - L’extension dans l’espace et dans le temps des différencia-
tions du système transformant inf6rieur aval dans la forma-
tion supergène
74
CONCLUSION
L’étude tend à relier la distribution des organisations pé-
dologiques internes du bassin versant aux structures lithologiques.
Ces organisations appartiennent soit aux reliques du domaine ferralli-
tique amont, soit aux trois systèmes du domaine transformant aval.
Les gneiss migmatitiques du bassin seraient à la fois plissés
et fissurés. Les accumulations ferrugineuses se seraient produites pré-
férentiellement dans les parties sommitales (les plus proches de la
surface topographique) des dômes convexes du manteau d’altération.
Cette ferruginisation des altérites (MILLOT et BONIFAS, 1955 ; FBANKEL
et BAYLISS, 1966) s’est produite à deux endroits dans le bassin (cui-
rasses des plateaux, cuirasses de la mi-versant). Toutefois, les cui-
rasses les plus anciennes (plateaux) seraient en cours de dégradation,
les plus récentes (mi-versant) en cours de formation à l’amont et de
démantèlement à 1 ‘aval ; chaque système cuirassé étant alimenté par
celui qui le relaye à l’amont (MAIGNIEN, 1958 ; NAHON, 1976). En pro-
fondeur à l’aval des versants, les exportations de fer et d’argile se
feraient à l’inverse dans les parties concaves (les plus profondes) du
toit de l’altérite et/ou au niveau des zones de fissuration et de dia-
clase.
Une campagne géophysique en cours de réalisation devrait con-
firmer, étayer ou modifier les hypothèses formulées.
75
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paraître).
77
CARTOGRAPHIE REGIONALE A 1/2OOOOOeET CARTOGRAPHIE
D’UN PAYSAGE CUIRASSE AU SOMMET DANS LE CENTRIGNORD
Dit LA COTE WlVOIRlr
G. YORO*
RESUME
La méthodologie ” morpho-pédologique ” mise au point par ESCHENBRENNER
(1975) pour les sols ferrallitiques des regions de savane de la C&e d’ Ivoire, nous
a permis de réaliser des cartes régionales à 1’échelle de 1/200.000e.
Cette approche se base essentiellement sur l’étude des toposéquences implan-
tées dans les divers paysages ” morpho-pédologiques ” identifiés au niveau de la
région. Elle a permis de répondre à deux préoccupations, d’ abord agricole ensuite
scientifique.
Du point de vue agricole, les potentialités des divers paysages identifiés dans
la région sont données (affleurement de roche ou de cuirasse pente, texture...).
Sur le plan scientifique, on a essayé dl établir des relations entre les pos)tions
topographiques et le contenu sol et de dégager des filiations entre les differents
materiaux d’ une même toposéquence.
Depuis deux ans, pour mieux saisir les relations et les filiations constatées à
l’échelle régionale (1/200.000e) au niveau d’un type de paysage donné, nous entre-
prenons des études détaillées (analyse structurale) à l’echelle, cette fois, d’un
paysage représentatif de la région (l/lO.OOOe).
En ce qui concerne la région de Mankono (feuille de Mankono à 1/200.000e)
et un de ses paysages cuirasses au sommet, les deux échelles d’ étude semblent se
compléter. La cartographie régionale a, en effet, permis d’avoir des indications
globales et générales sur la pédogenèse. La cartographie paysagique nous a aides,
quant à elle, à expliquer certains des processus importants décrits à l’échelle
régionale.
* ORSTOM BP V-51 ABIDJAN (COTE D’IVOIRE)
79
INTRODUCTION
Depuis 1975, il existe, au Centre ORSTOM d’Adiopodoumé, une
nowelle approche pour la cartographie pédologique régionale à
1/2OO.OGOe. Cette méthodologie dite “morpho-pédologique” a permis d’é-
tablir un inventaire des sols du Nord de la Côte d’ivoire (BEAUDOU et
SAYOL, 1979 ; POSS, 1982 ; YORO, 1982 ; LEVEQUE, 1983).
Les unités cartographiques, contrairement à la méthodologie
traditionnelle (MAIGNIEN, 1969), sont des unités morphologiques qui re-
groupent un ou plusieurs segments pédologiques. Ces derniers se distin-
guent les uns des autres par un type dominant de différenciation pédo-
logique.
Cette cartographie régionale permet d’obtenir des indications
globales et générales sur la pédogenèse sans apporter toutefois des
précisions sur certains processus majeurs. Aussi, avons-nous entrepris
depuis ces deux dernières années, des études cartographiques à 1’échell.a
d’un paysage représentatif du point de vue géologique, pédologique et
morphologique.
L’étude à cette échelle paysagique fournit des éclaircisse-
ments, d’une part, sur les relations entre les positions topographiques
et le contenu sol, et, d’autre part, sur les filiations entre les di-
vers matériaux identifiés dans le paysage.
On peut se demander, quel est l’intérêt d’une étude détaillée
dans le cadre d’une cartographie régionale ? La réponse à cette ques-
tion peut se trower dans l’interprétation de la cartographie régionale
à l/ZOO.OOOe (de la feuille de Katiola : POSS, 1982) et de la carto-
graphie paysagique (Lopkpasso) effectuée par IGUE (1985) lors de sa
deuxième année de formation ORSTOM.
1. CARTOGRAPHIE REGIONALE : EXEMPLE DE LA FEUILLE DE KATIOLA
1.1. Milieu d’étude
L’exemple de cartographie régionale présenté ici concerne la
feuille de Katiola (1/200.000e) qui cowre le Centre Nord de la Côte
d’ivoire considéré comme une zone climatique intermédiaire (ELDIN,
1971).
Le climat se caractérise par deux saisons contrastees. La
plwiométrie moyenne annuelle oscille autour de 1170 mm. La température
moyenne varie entre 24 et 28°C. L’amplitude journalière devient impor-
tante en période d’harmattan où les températures nocturnes sont les
plus basses (20°C). Le substrat géologique est formé par ordre d’impor-
tance décroissante de granites, de schistes et de roches vertes. La vé-
80
gétation appartient à la fois au secteur subsoudanais (GUILLAUMET,
et ADJANOHOUN, 1971) et au domaine guinéen. Elle se compose ainsi de
savanes et de forêts semi-décidue.
Le modelé se caractérise par deux grands ensembles : l’ensem-
ble des interflwes à sommet cuirassé et l’ensemble des interflwes à
affleurements rocheux. Dans le premier ensemble se rangent les plateaux
cuirassés ou partiellement cuirassés reconnaissables par leur zone de
raccord au versant très marquée. Le second ensemble regroupe les in-
selbergs et les collines convexes-concaves à affleurements rocheux au
sommet ou sur les versants.
1.2. Définit ion et méthodologie
Dans la méthodologie morpho-pédologique actuellement utili-
sée en cartographie régionale, au Centre ORSTOM d’Adiopodoumé, on dis-
tingue les cinq ordres de grandeur suivants : la région pédologique,
le paysage pédologique, le segment fonctionnel, le pédon ou le profil
et l’horizon.
La région pédologique est constituée d’un ensemble de pay-
sages pédologiques ou morpho-pédologiques distincts dont 1 ‘ident if ica-
tion de l’un ou de l’autre repose sur : la présence de cuirasse au
sommet d’interflwe, l’état de cette cuirasse : démantelée ou continue,
la présence d’inselberg ou de roche au sommet, la taille, la densité
et la répartition des affleurements rocheux, la forme du relief sormni-
ta1 (convexe, concave..) et l’allure des versants, la nature chimique
de la roche (acide, basique).
Le paysage pédologique ou morpho-pédologique sert à désigner
des volumes constitués par des toposéquences ou par des unités dynami-
ques homogènes (BEAUDOU et CHATELIN, 1976). On peut l’assimiler à un
interflwe. La cartographie morpho-pédologique repose sur l’étude des
toposéquences qui définit les caractéristiques physiques et chimiques
des sols contenus dans un type de paysage. Cette étude des toposéquen-
ces permet d’une part d’établir, des relations entre les positions to-
pographiques (sommet, haut de versant, mi-versant, bas de versant et
bas-fond) et les grands processus pédogénétiques caractérisant plus ou
moins le type de paysage, et d’autre part, de mieux cerner la distribu-
tion des sols de l’amont vers l’aval à partir des fosses successives
creusées sur le demi interfluve. On intrapole entre deux profils.
Le segment fonctionnel ou segment pédologique sert à désigner
un type d’évolution (cuirassement, pédoplasmation.. .). Il peut être
assimilé à une toposéquence monotone (rare dans le milieu ferralliti-
que de savane) ou à des positions topographiques représentant chacun
un complexe de sols.
1.3. Les unités cartographiques
Avec la méthodologie morpho-pédologique, on aboutit à l’éta-
blissement de deux cartes. La première représente la répartition et
l’extension des différents paysages identifiés. La seconde rend compte
des unités géomorphologiques composées d’un ou de plusieurs segments
fonctionnels. Les unités cartographiques ne sont donc pas des unités
pures de sol. Leurs contours sont délimités à partir de la photo-inter-
prétat ion.
Dans la notice explicative, on relève le ou les processus
pédogénétiques dominants et le contenu sol de chaque unité cartographi-
que dont on précise les contraintes et les éléments favorables à l’in-
tention des aménagistes agricoles. On préconise souvent des études de
détail.
I.4. Les paysages morpho-pédologiques identifiés à Katiola
Dans le degré carré de Katiola POSS (1982) a reconnu 10 pay-
sages morpho-pédologiques selon les critères définis plus haut.
Ces paysages peuvent être regroupés en 5 grands ensembles de
paysages morpho-pédologiques qui sont : paysages à sommet cuirassé,
paysage à sommet convexe ou plan convexe, paysage d’inselbergs, paysa-
ges de collines de roches mélanocrates et les paysages de forme à ten-
dance “demi orange” en zone forestière.
Le premier ensemble qui comprend 3 types de paysages (1, 2 et
11 b) représente 47 X du degré carré de Katiola. Le deuxième ensemble
regroupe 4 types de paysages (3, 5, 7 et 11 a) soit également 47 % de
la superficie. Les trois derniers correspondent chacun à un type de
paysage et couvrent au total 6 X du degré carré de Katiola.
1.5. Les processus pédogénétiques identifiés à l’échelle régionale et
leur représentation dans le paysage
La cartographie régionale réalisée selon l’approche morpho-
pédologique a révélé que l’évolution des sols du degré carré de Katiola
dépend des processus pédogénétiques suivants : induration ou cuirasse-
ment, remaniement, pédoplasmation, altération, appauvrissement et hy-
dromorphie.
L’induration apparaît comme le processus le plus important.
Elle affecte les sols des paysages 1, 2 et 11 b qui couvrent, comme
nous l’avons déjà signalé plus haut, 47 % de la superficie du degré
carré. Nous allons donc essayer d’étudier, à l’échelle régionale, les
différents ensembles suivant les positions topographiques des paysages
de plateaux cuirassés sur formations schisteuses. Ces paysages sont en
effet très représentés dans le Nord de la Côte d’ivoire et sont carac-
téristiques par leur modelé.
1.6. Caractérisation des différents ensembles pédologiques à l’échelle
régionale le long des toposéquences des paysages de plateaux
cuirassés sur schiste
A l’échelle régionale, les profils sont implantés soit de
façon systématique à des intervalles réguliers, soit suivant des chan-
gements topographiques. Leur profondeur maximum en cas d’absence de
contraintes est de 150 cm. Les ensembles pédologiques dont il va être
question sont donc contenus dans cette tranche de sol. Ils seront pré-
sentés par position topographique. Notons qu’ils correspondent à la
synthèse de 8 paysages de plateaux cuirassés sur schistes.
L’examen des données consignées dans le tableau 1 montre que:
SOMMET HAUTDE VERSANT MI-VERSANT BAS DE VERSANT BAS-FOND
I I
Ensembles -Horizon glébu- -Horizon glébulai- -Horizon glébu- -Horizon meuble -Horizon meuble
laire humifère re brun rougeâtre laire brun jau- brun grisâtre gris argilo-
pédologiques brun rougeâtre, nâtre, limono- limoneux
limono-argileux sablo-argileux
limono-argileux argileux
de la
-Horizon glébu- -Horizon glébu- -Horizon glébu- -Horizon jaune
surface -Horizon cuirassé
laire rouge laire à fond laire brun jau- pâle, gris clair,
matriciel jaune nât re, mince rouge, roui1 le
vers la
rougeâtre et
-Horizon glébu- graveleux
profondeur laire altériti- -Horizon graveleux -nappe phréatique
que et graveleux, à fond matriciel (quelquefois)
bariolé, compact. -Carapace ocre rouille,
jaune
/
Tabl. 1 - Répartition des ensembles pédologiques le long des toposéquences 3 l’échelle régionale
83
- l’induration se manifeste sur le mi-versant et essentiellement
sur le sournet où elle est très avancée,
- de l’amont vers l’aval des toposéquences et de bas en haut des
profils, les glébules sont progressivement remplacés par des éléments
de quartz,
- la couleur des sols passe du rouge sur le sommet au jaune sur le
mi-versant et le bas de versant avant de devenir bariolée dans le bas-
fond,
- latéralement, la texture commence à changer à partir du bas de
versant où on note quelquefois un léger appawrissement. Elle devient
lourde dans le bas-fond où les sols présentent des traits vertiques
(compacité, fentes de retrait en saison sèche...).
A cette échelle régionale, il est hasardeux de pousser plus
avant les analyses et donc de préciser les transformations des ensem-
bles pédologiques identifiés le long des toposéquences suivant les po-
sitions topographiques.
Ainsi avons-nous confié à IGUE (1985) l’étude détaillée d’un
paysage de plateaux et témoins cuirassés représentatif à la fois par
son extension et par son faciès géologique.
II. CARTOGRAPHIE D’UN PAYSAGE DE PLATEAUX ET DE TEMOINS CUIRASSES
SUR FORMATIONS SCHISTEUSES DANS LA REGION DE KATIOLA CIGUE, 1985)
11.1. Cadre et méthodologie
11.1.1. Cadre
La cartographie paysagique correspond généralement à l’étude
détaillée d’un bassin versant. C’est ainsi que le plateau cuirassé qui
nous intéresse appartient à un bassin de 360 ,hectares situé près du
village de Lopkpasso, au nord de la Sous-Préfecture de Tiéningboué qui
fait partie intégrante du degré carré de Katiola.
Ce bassin est constitué de deux paysages de plateaux cuiras-
sés : un au Nord et un à l’Est. Ils sont caractérisés par un même type
de modelé comprenant : un sommet tabulaire, un haut de versant légère-
ment concave, un mi-versant rectiligne à légers replats et ressauts,
un bas de versant et un bas-fond convexe-concave.
Nous ne retiendrons qu’un seul, celui du nord dont les orga-
nisations générales verticales et latérales ressemblent d’ailleurs à
celles du plateau cuirassé de l’Est.
11.1.2. Méthodologie
L’implantation des profils s’est effectuée selon la méthode
BOULET et aZ. (1982). Quatorze fosses de 3 à 7 mètres de profondeur
ont été ainsi creusées sur un transect long de 490 mètres.
Des observations macroscopiques ont été effectuées et des
échantillons ont été prélevés dans tous les profils pour des analyses
minéralogiques et géochimiques.
84
11.2. Organisation générale de la toposéquence
L’Gtude macroscopique a permis d’identifier verticalement
cinq grands ensembles (fig.11 qui sont, de bas en haut : ensemble d’al-
tération, ensemble pédoturbé, ensemble carapaté et cuirassé, ensemble
glébulaire, ensemble meuble supérieur.
Ces cinq ensembles correspondent, latéralement, à quatre do-
maines d’altération et de pédogenèse qui sont les domaines sommital -
de haut de versant - de mi-versant - de bas de versant et de bas-fond.
Ils s’assimilent donc aux quatre parties du modelé du paysage
cuirassé.
11.3. Les quatre domaines de la toposéquence et leurs ensembles
pédologiques
*Dans le domaine sommital, on observe la succession verticale
(de bas en haut) des cinq ensembles suivants : - l’ensemble d’altéra-
tion (isaltérite), - l’ensemble pédoturbé, - l’ensemble glébulaire,
- l’ensemble cuirassé, - l’ensemble glébulaire.
Il existe une certaine filiation entre ces divers ensembles.
Il a, en effet, été montré que :
- de la roche mère à l’isaltérite, l’altération s’effectue avec con-
servation des textures et des structures lithologiques. Cette altéra-
tion conduit à la néoformation de la kaolinite interstratifiée, à l’ap-
parition de l’hématite et à la dissolution d’une partie de quartz ;
- de l’ensemble d’altération à l’ensemble cuirassé à faciès altéri-
tique, il y a perte de structures lithologiques et maintien localement
des textures par accumulation continue de fer qui entrarne la solubili-
sation de la kaolinite et du quartz ;
- de la cuirasse altéritique à la cuirasse pisolitique, il se pro-
duit la disparition des textures lithologiques, l’individualisation et
le développement sur place des pisolites par concentration de fer ;
- des cuirasses aux ensembles glébulaires, les transformations sont
essentiellement structurales et se manifestent par le démantèlement des
formations indurées soit par dissolution et exportation du fer, soit
par action mécanique ;
- l’ensemble pédoturbé (rouge violacé) se forme soit au détriment de
l’isaltérite (en bas) soit au détriment de l’ensemble glébulaire (en
haut 1.
*Le domaine du haut de versant(Fig.2) se différencie du préce-
dent par la disparition de l’ensemble cuirasse et l’apparition de l’en-
semble meuble superieur limite aux seuls horizons humifères. Ce domaine
est issu du précedent par le demantèlement du niveau cuirassé supérieur
et par la dégradation des formations gldbulaires. Le passage de l’ensem-
ble glébulaire a l’ensemble meuble s’effectue par : - la disparition
presque totale des glebules, - une accumulation relative du quartz et
une diminution concomitante de la teneur en argile.
* Dans le domaine de mi-versant (Fig.31 apparaissent de nouvel les
organisations qui prdsentent un développement lateral croissant vers
l’aval et recoupent en amont les différenciations des sols du haut de
versant. Elles sont donc postérieures à celles-ci.
. . .
ca m 0
:::: z
:::
ii:
u
III
ii”
..
P
86
Toposéquence E
Horizons humifères
Ensemble glébulaire
Ensemble pédoturbé inférieur è reliques altéritiques
Ensemble d’altération
Fig. 2 : Les differents ensembles du domaine haut
de versant de la toposéquence
87
Horizons humifëres limono-sableux Horizon cara acknodulaire,
argilomorp Re
Horizons humiferes limono -argileux Horizon cara acé ,argilomorphe ,
sans glébu Parre
Hodzon rouge clair argile-sableux Horizon cuirassk,nodulaire ,
argilomorphe
Horizon rouge foncé argileux Ensemble glébulaire
Ensemble glébulaire Ensemble pkdoturbé a reliques
isaltéritiques abondants
Ensemble d.altération
Fig. 3 : Les nouvelles organisations dans le domaine du mi-versant
88
E9
E2 1
LE SYSTEME SUPERIEUR
Horizons humiféres limono-argileux
.
El
.._~.~.~.~...’
,. _.
!:;:;:;::;:$:: Horizons humifères appauvris
‘.“>:::,?,‘:
..<; : ,‘. “.
‘. y’. ;.::_, Horizon ocre homogène
i
a :+:v Horizon gris à cernes ocre-rouille
m <‘C;L. Horizon gris à plages ocres
LE SYSTEME INFERIEUR
.*...
ci2
Horizon glébulaire
4”‘
Horizon bariolé
!5zI
Horizon pédottirbé.gris-bleuté
Isaltérite verte
mnm
Fig. 4 : Les nouvelles diff6renciations latérales dans le
domaine de bas de versant et de bas-fond et les
deux systhes de transformations correspondants
89
Ces nouvelles organisations peuvent se distinguer à deux ni-
veaux de profondeur qui sont :
- un système de transformation supérieur qui comprend :
- l’horizon rouge foncé argileux, l’horizon rouge clair
argilo-sableux, et les horizons humifères limoneux sableux.
Ces trois horizons résultent par transformations minéralogiques et
structurales du fond matriciel interglébulaire du haut de versant. Ce
système est soustractif ;
- un système de transformation inférieur constitué de carapace dans
sa partie supérieure et de cuirasse dans sa partie inférieure. Les
transformations sont également minéralogiques et structurales comme
dans le système supérieur. Le système inférieur est cependant additif.
*Dans le domaine de bas de versant et de bas-fond,(Fig.h), on
obsei-vë aussi de nouvelles organisations laterales. Mais celles-ci sont
caractérisées par l’hydromorphie contrairement a celles du mi-versant.
Deux systemes de transformation ont et6 egalement mis en évidence. Ce sont :
- le système de
transformation supérieur qui correspond à l’ensemble
meuble supérieur. Il comprend : - un horizon gris à plages ocre argilo-
sableux ; - deux horizons ocre limono-argilo-sableux ; et un horizon
gris à cernes ocre rouille sableux à sablo-limoneux.
Ce système provoque la dissolution du plasma kaolinitique et
des composés ferrugineux qui sont exportés latéralement ou verticale-
ment en solution. Cette dissolution aboutit à une accumulation relative
du quartz par déferruginisation ;
- le système inférieur regroupe l’ensemble d’altération et l’ensem-
ble pédoturbé. Il se compose : - d’une isaltérite verte à volwaes
blancs farineux, - d’un horizon pédoturbé gris bleuté à plages jaune
olive et reliques isaltéritiques ; - et d’un horizon pédoturbé bariolé.
Ce système de transformation inférieur est également déferru-
ginisant. Mais la déferruginisation s’accompagne d’une. smectisation
(néoformation de montmorillonite).
Ces différenciations du bas de versant et de bas-fond recou-
pent à l’amont le niveau carapaté et cuirassé inférieur qu’elles dé-
mantèlent en partie. Elles sont donc postérieures et correspondent aux
transformations ultimes liées à l’action de la nappe phréatique.
En conclusion, on peut retenir que l’étude toposéquentielle
d’un paysage a permis de mieux préciser les filiations verticales et
latérales entre les ensembles identifiés dans les quatre domaines du
modelé. L’ordre chronologique de formation de ces domaines confirme le
processus de cuirassement qui caractérise le paysage de plateau cui-
rassé. La néoformation de montmorillonite dans le bas-fond fait que le
système soutirant est moins marqué que sur formation granitique.
III. CONCLUSION
La cartographie régionale (1/200.000e) et la cartographie
paysagique présentent à la fois des similitudes et des différences.
X11.1. Similitudes
La méthodologie fondée sur l’étude des toposéquences et la
description des différents ensembles suivant les positions topographi-
ques semblent être les seuls points communs à la cartographie régionale
90
et à la cartographie paysagique. Ces similitudes ne permettent pas de
caractériser les deux échelles d’étude ni de se prononcer sur leur in-
térêt respect if.
X11.2. Différences
La cartographie régionale et la cartographie paysagique se
distinguent par plusieurs points comme l’indique le tableau 2.
ELEHENTS CARTOGRAPHIE CARTOGRAPHIE
I REGIONALE / PAY SAGIQUE
Echelle . . . . . .._........ 1/200.000e 1/5.000 - 1/2.500e
Superficie cartographiée milliers d’ha moins de 500 ha
Temps d’exécution . . . . .. 2 à 3 ans < 1 an
Densité des fosses . .. . . 5 à 7 par toposéquence < 10
Profondeur des fosses . . 0 à 150 cm 300 à 700 cm
Délimitation des U.C. . . photo-interprétation prospection uniquement
Contenu des U.C. . . .. . . . complexe de sols série de sol
Densité des prélèvements 3 profils sur certai- . . tous les profils
nes toposéquences
Nature des analyses .. . . analyses courantes I . . Minéralogie, Géo-
S/T;M.O., pH . . . chimie, Micromor-
1 pho logie . . .
Tableau 2 : Eléments de distinction de la cartographie
régionale et de la cartographie paysagique.
Ces différences confèrent à chacune des deux échelles carto-
graphiques, une spécificité. Ainsi, la cartographie régionale permet
d’établir les cartes de paysages morpho-pédologiques et les cartes de
segments qui sont en fait des unités géomorphologiques. Les contrain-
tes et les éléments favorables de ces unités cartographiques (U.C.)
sont relevés à l’intention des aménagistes agricoles. Elle pennet,en
outre, d’avoir une vue globale sur les problèmes de pédogenèse de la
région (altération, cuirassement, remaniement, soutirage.. .).
La cartographie régionale semble ainsi répondre un peu plus
à un intérêt pratique qu’à une préoccupation scientifique, même si, à
partir des études toposéquentielles, on peut dégager quelques rela-
tions entre les divers ensembles pédologiques.
La cartographie paysagique permet d’approfondir les analyses
et donc d’expliquer les observations faites lors de la cartographie
régionale. Par exemple, la variation de la couleur qui passe du rouge
au jaune, de l’amont vers l’aval, correspond à une disparition pro-
gressive de l’hématite. Les caractères vertiques des sols de bas-fond
s’expliquent par la présence de montmorillonite néoformée par déferru-
ginisation. L’ensemble glébulaire provient du démantèlement du niveau
cuirassé. La dégradation des glébules par dissolution aboutit à la mise
en place d’horizons meubles. Ces informations fournies par la carto-
graphie paysagique n’englobent pas l’ensemble des processus pédogéné-
tiques observés dans la région.
91
Couune on peut le constater, la cartographie paysagique appa-
raît plus servir l'intérêt scientifique que pratique ou agronomique,
bien que la connaissance des divers ensembles et leurs transformations
permette aussi de prévoir le comportement de l'eau dans le sol.
La cartographie régionale et la cartographie paysagique sont
deux échelles d'étude complémentaires pour la compréhension des pro-
cessus pddogénétiques et la mise en valeur rationnelle d'un type de
paysage donné sur un faciès géologique donné.
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93
INVENTAIREDUCUIRASSEMENTCENTRAFRICAIN
EXTENSION ETIMPORTANCE.PROBLEMESPOSl'25
Y.BOULVERT*
RESUME.
Le cuirassement est encore actuel et souvent intense en
Centrafrique. Il est lié au milieu : saisons alternantes, savanes
boisées ou herbeuses (lakéré), aplanissements structuraux et sur-
tout substrat, sans oublier le facteur temps. L’inventaire carto-
graphique des divers types de cuirasses, de leur localisation, de
leur importance s’achève. Pour en comprendre la genèse il faut
désormais passer à des études fines, à partir de sondages profonds.
MOTS CLES.
Centrafrique (RCA). Cuirassement : modelé, niveaux, types.
Facteurs du Milieu.
ABSTRACT.
Duricrusts still continue to develop and this processus
is often intense in Central African Republic. It depends on environ-
ment : alternance of seasons, trees or grass savannahs(lakere1,
structural planation levels and above a11 substratum, with also the
time factor. The cartographical inventory of their various types,
their localisation, their importance is in process of completion.
In order to understand their genesis, it is now necessary to under-
take to do deep borings and their accurate analysis.
l Directeur de Recherches ORSTOM BANGUI BP BS3 (ACA) - Janvier 1986
95
INTRODUCTION.
Les premiers explorateurs de l’Afrique Centrale :
tels C. SCHWEINFURTH (1870) puis JUNKER (1875-86) furent frappés
de la “généralisation de la limonite figeant les paysages au centre
de l’Afrique’. Le premier prélèvement de cuirasses centrafricaines
fut effectué par J. DYBOWSKI en 1891. L’intérêt retomba très vite,
les géologues considérant les latérites comme un simple masque,
suivaient les cours d'eau à la recherche des rares affleurements.
Sn 1964 il n’y avait pas une douzaine d'échantillons de cuirasses
analysées.
1 - Aperçu sur le relief, le climat et la végétation.
Le Centrafrique est connu comme l’interfluve séparant le
bassin du Congo de celui du Tchad mais aussi du Nil. ces interflu-
veS s’appuient sur deux massifs résiduels au nord-ouest : le massif
dit de Yad& (1 410 m), simple Prolongement des plateaux de l’Ada-
maous, au nord-est le massif résiduel du Dar Challa (1 330 ml, le
massif dit des Bongos n’étant qu’en artefact reporté d’atlas en
atlas.
Le climat centrafricain varie de la zone tropicale humide
du sud (P= 1 700 mm à RafaI) vers la zone tropicale sèche au nord-
est (P= 800 mm B Birao), toujours avec alternance de deux saisons
sèche et humide. Le cuirassement est encore actif et actuel là où
la pluviomhtrie moyenne annuelle dépasse 1 200 mm (Fig.l).
La végétation varie parallèlement de la forêt dense humide
sempervirente au sud de Bayanga, vers des savanes soudanaises à
affinités sahéliennes au nord de Birao. Autour de Bangui, en Ombella-
Mpoko, l’apparition des forêts denses semi-caducifoliées marque la
97
disparition du cuirassement vers la cuvette congolaise au sud. A
noter qu'en Haute Sangha, comme au Mbomou, il semble bien que la
forêt dense se soit étendue vers le nord, au cours des derniers
millénaires, aux dépens des plateaux cuirassés (anciens de type in-
termédiaire), en voie de démantèlement aujourd'hui.
2 - Relation avec la géomorphologie.
En dehors du cas exceptionnel de cuirasses de chape moulant
les arêtes d'itabirites (Bakala), les cuirasses ne se développent pas
sur des pentes supérieures à 10 p.100, en général, leur pente est
inférieure à 3-4 p.100. On ne les rencontre donc pas dans les secteurs
à pente marquée et érosion vive : reliefs résiduels ou escarpements.
Au contraire, les cuirasses fossilisent et conservent les surfaces
d'aplanissement.
Le Centrafrique est encadré de grands accidents structuraux,
fossés de la Mbéré, de Golonqosso-Birao, du Bahr-el-Ghazal, failles
de Bozoum, de la Iakélina (Fig.2). Il nous sembleque l'importance de la
tectonique dans l'étagement des surfaces d'aplanissement ne soit Pas
aussi négligeable que ne le pensait P. SEGALEN (19671, reprenant le
schéma de L.C. KING (1962) sur le recul des versants, par érosion,
oarallèlement à eux-mêmes.
Les diverses surfaces d'aplanissement sont le prolongement
de celles décrites au Cameroun par SEGALEN (1967).
Au nord-ouest les surfaces d'aplanissement 1 200 m de la Lim-
Bocaranga, ou 900-l 000 m de Bouar-Baboua se rattachent à 1'Adamaoua.
La surface 6-700 m ou surface centrafricaine constitue l'essentiel de
l'interfluve : Congo-Tchad-Nil, elle se prolonge vers 1'Ouellé au
Zaïre mais non vers le Tchad et le Soudan où un relief de cuesta fron-
talier souligne le passage au Piémont nilotique et au fossé du Bahr-
el-Ghazal. C'équivalent de ce Piémont sur socle précambrien se retrou-
ve au nordrc'est le Piémont tchadien qui s'étend de Bozoum à la Vakaga
et au sud le Piémont oubanguien de Ouango vers MbaIki. Signalons enfin
que des placages gréseux mésozolques recouvrent deux secteurs de la sur-
face centrafricaine, les plateaux gréseux de Gadsi-Carnot et de Mouka-
Ouadda.
Il ne faut pas voir ces surfaces d'aplanissement comme de vé-
ritables marches d'escaliers aplanies. Elles sont souvent déformées,
P
Fig. 2 : Esquisse pédologique de la République Centrafricaine (par Y. BOULVERT)
q0ndolAes. Les dénivelées peuvent atteindre 3 à 450 mètres entre deux
surfaces mais on peut aussi observer des glacis de raccordement, des
solutions de continuité entre elles.
3 - Les lakéré.
Semblables aux bové quinéens, les lakéré ressortent très
clairement sur les photographies aériennes et même sur les images sa-
tellites en dépit de leurs faibles dimensions. Le contraste de réflec-
tance est en effet élevé entre les cuirasses démantelées, discontinues,
recouvertes de végétation arbustive dense et ces clairières dénudées,
sur cuirasse compacte. Sur quelques centimètres de terre meuble, ne
peut se développer qu’un maigre tapis herbacé qui se dessèche et brûle
très rapidement.
D’après leur position dans le paysage, on distingue des lakéré
de ola teau, de versant ou de battement de nappe. En bordure de la plai-
ne tchadienne dans un paysage très aplani, la limite,b peine sensible
entre les secteurs exondés et inondables,est soulignée par tels liserés
en auréoles. Les lakéré de plateau constituent un masque mais aussi le
reflet de la litholoqie et de la structure sous-jacente. On y décèle
facilement les diaclases, les accidents, les structures curvilignes
et même circulaires sur les roches éruptives, par opposition aux struc-
tures en lanières allongées sur roches métamorphiques orientées.
Faute d’affleurements, les géologues avaient délimité sur le
piémont tchadien un vaste espace de “Continental Terminal”. La photo-
interprétation et les prospections pédologiques nous ont amené à rédui-
re ce voile comme une peau de chagrin. Les témoins cuirassés orientés
qui dominent légèrement cette plaine reposent toujours sur les altéii-
tes du socle. On observe un ennoyaqe progressif du socle SOUS les al-
luvions.
Ces observations morphologiques ne doivent pas être générali-
sées hâtivement.Sur la série schisteuse de Kouki, les lakéré de versant
apparaissent comne des cuirasses secondaires sans rapport apparent avec’
le substrat orienté. Par contre, sur le complexe amphibolo-pyroxénique
du Mbomou, les orientations structurales, soulignées par des alignements
de vbqétation, se retrouvent aussi bien sur les lakéré de versant que
sur les lakéré de plateau. On assiste à une fonte et reconstitution sur
olace de ce matériau.
100
4 - Influence du substrat (Tabl. 1)
La nature et l’intensité du cuirassement varie très fortement
en fonction de la nature du substrat. Il est particulièrement intense
avec des cuirasses de chape qui enrobent les arêtes d’itabirites ou
quartzites ferrugineux. Il en est de même sur les intrusions basiques
(qreenstones, dolérites) qui sont ainsi décelées. Un épais manteau
cuirassé recouvre les amphibolites et amphibolo-pyroxénites du Mbomou.
Des lanières soulignent les schistes de Kouki.
Micaschistes, chcrnockites ou granulites et gneiss présentent
un cuirassement assez intense et orienté, déjà moins compact sur quart
xito-schistes et migmatites. L’induration diminuant,les cuirasses font
prog.iessivement place aux carapaces sur roches siliceuses. Le quartz y
est très souvent conservé : quartz clastique, anguleux des granites
svntectoniques et quartzites, quartz émoussé ou arrondi des grès quart
sites de Fouroumbala ou du pourtour des grès de Mouka-Ouadda (que
recouvrent des argilites ferruqineuses terminales). Le cuirassement es
très réduit sur les grès du Continental Terminal, les granites batholi
tiques ou circonscrits qui affleurent en inselbergs, dômes de flanc...
les qrès de Carnot décomposés en sables. Il est pratiquement nul sur
les “Sables rouges” du Continental Terminal,ainsi que sur les formatio
n&o-tchadiennes et les alluvions récentes.
Ces observations très simples avaient été soupçonnées :
En 1960 DELAFOSSE écrit “ces plateaux (du Continental Terminal)
sont généralement recouverts d’une cuirasse latéritique. Ce carac-
tère les différencie des plaines quaternaires qui ne sont pas laté-
ritisées”. Leur utilisation systématique a permis de très largement
corriger et préciser les limites lithologiques de la carte géologi-
que centrafricaine.
5 - Types de cuirasses.
Les géologues et pédologues travaillant en Cate d’Ivoire
(BOULANGE et al., 1973) ont définis des niveaux cuirassés,dénommés
cuirasses bauxitiques, intermédiaires et quatre types de glacis :
très haut, haut, moyen et bas glacis. Ils en ont décrit les aspects
macroscopiques, microscopiques et donné la caractérisation analyti-
que.
En Centrafrique il nous est apparu qu’il vaut mieux parler
de types de cuirasses plut8t que de niveaux. Les cuirasses anciennes,
101
Itabirites et Quartzites ferrugineux
Intrusions basiques ("greenstones": basaltes,dol6rites)
Amphibolites, amphibolo-pyroxénites)
Schistes
Micaschistes
Formations charnockitiques
Gneiss
Migmatites
Quartzito-schistes
Granites syntectoniques ou gneissiques
Quartzites
Gres de Fouroumbala
Gres de Mouka-Ouadda
Gres du Continental Terminal
Granite batholitique ou circonscrit
Gres de Carnot et sables de Bambio
Sables rouges du Continental Terminal
Formations neo-tchadiennes et alluvions récentes
Tableau : Classement des roches de Centrafrique selon le de@ d'induration
102
Tertiaire, pratiquement sans quartz résiduel,s’observent, non sur
les surfaces d’aplanissement 1 000 ou 1 200 m, mais sur des buttes
ou plateaux témoins dominant d’une cinquantaine de mètres seulement
la surface centrafricaine et le Piémont tchadien.
Nous connaissons un seul témoin de cuirasse bauxitique sur
un piton, dominant de 350 m la plaine tchadienne. Dans l’est notam-
ment, certaines cuirasses renferment un peu de boehmite. Dans l’ouest
(sur grès de Carnot) d’autres sont typiquement pisolithi-
ques mais ne contiennent pas d’alumine libre. Les cuirasses ancien-
nes sont essentiellement de types “intermédiaire” ou “mixte” (alu-
mino-ferrugineuses). Elles recouvrent les plateaux du Mbomou, ainsi
que certaines buttes situées en bordure de la surface centrafricaine.
on les retrouve sur le Piémont tchadien notamment sur les plateaux
de Kouki. Chaque fois, les buttes témoins dominent les épandages du
Continental Terminal : elles seraient donc plus anciennes (Eocène--
Oligocène). Il y a une vingtaine d’années étaient décrites ( Rh.
WACRENIER , 1961) au sud-ouest du Tchad des cuirasses bauxitiques
sur les niveaux les plus récents du Continental Terminal. Ne s’agi-
rait-il pas plutat comme en Centrafrique d’ilôts du socle émergeant
des epandages du Continental Terminal ?
En règle générale la surface centrafricaine et les piémonts
qui les bordent sont fossilisés par un cuirassement généralisé du
type “haut glacis”. Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre,
il en est de même sur les surfaces d’aplanissement élevées du nord-
ouest centrafricain, sauf en bordure où l’individualisation de gibbs
te secondaire caractérise le type “très haut glacis”.
Un géologue (G. GERARD, 1959) avait suggéré que “ces lambeal
latéritiques appartenaient à l’origine à la mZ!me surface et qu’ils e’
ont été décrochés par les fractures récentes qui ont mis le massif d
Yadé en relief?” 011 peut aussi supposer que ce rajeunissement tecton
que date de 1’Eocène et qu’un épisode cuirassé fin Tertiaire ait
fossilisé de la même façon divers aplanissements étagés.
En 1977, 420 échantllons représentatifs des divers niveaux,
tY?es et substrats, répartis sur tout le territoire centrafricain
avaient été prélevés. La grande variabilité de ces cuirasses rend mo
deste sur l’interprétation des résultats d’analyse de ces échantil-
lons (Tnbl. 2).
103
Moyenne Maximum Minimum
Perte au feu totale 10,68 26,4 oto
RBsidu total 13,Ol 59,s Otl
sio* "silicates" 15,63 32,4 015
A1203 la,42 60,O 0,1
Fe total en FeZO 39,71 a4,o 680
Ti02 1,27 6,9 0,12
0,22 21,2 0,001
MnO2
Ca0 0,19 9,6 0,03
Mg0 0,lO 0,s 0,Ol
0,19 1,s 0,Ol
K20
Na20 0,16 0.4 0,05
99,sa
Si02/R203 0,64 1,6 0,Ol
Si02/A1203 1,64 72,0 0,07
Tableau 2 : Analyses totales triacides de 419 échantillons de cuirasses
centrafricaines
104
Conclusion.
Le stade d'inventaire du cuirassement centrafricain s'achèvs
il faut désormais aller plus loin. Le secteur oriental du complexe
amphibolo-pyroxénique du Mbomou, un desplus intensément cuirassétau
monde, a été retenu par le réseau EUROLAT à la suite d'une missionde
Y. TARDY, B. VOLKOFF et moi-même en janvier 1985 pour y entreprendre
avec A. BEAUVAIS, D. BACHELARD une étude systématique détaillée du
cuirassement:minéralogie, géochimique, y compris éléments traces,à
Partir de puits en attendant des sondages carottés et une étude géo-
physique systématique. Peut-être comprendrons-nous alors la longue h
taire de ces formationr?
10s
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CUIRASSESETRELIEFSDEL'OUESTCAMEROUN
S.MORIN*
RESUME
Cuirasses et reliefs cuirassés sont ubiquistes sur les Hautes Terres de l’ouest-
Cameroun, mais présentent des faciès et des modelés différents selon les données
de la lithologie et 1’étagement en altitude. On distingue ainsi :
- des hauts bowé bauxitiques (1800-2200 m), dans les Crassfields,
- des bowé bauxitiques adoucis, 1680-1920 m, en Bamiléké,
- des cuirasses ferrallitiques gravillonnaires moulant des modelés polyconvexes
en Bamoun et autour de Mbengwi (1200-1350 m),
- des bauxites de hauts versants sur les Bambouto (2500 m),
- des chapes gravillonnaires sur versants à replats indurés,
- des cuirasses ferrallitiques ou ferritiques sur pédiments et glacis.
Ces formations se développent surtout sur les basaltes et trachytes éocènes,
ainsi que sur les ignimbrites de base. Le socle n’a conservé de véritables cuirasses
que lorsque ses altérites ont été contaminées par des produits et matériaux issus
de celles des vulcanites voisines. Les cuirasses sur alluvions sont nettement plus
ferritiques.
Les plus anciennes de ces formations remontent au Paléocène, mais c’est à
1’Eocène moyen et supérieur que SIélaborent de vraies bauxites, lesquelles, repri-
ses à 1’Oligocène, dégradées et épandues à la surface de glacis et de pédiplaines
tranchant indifféremment socle et basalte, sont ensuite re-indurées au Miocène
inférieur. Ces bauxites arment les hauts bowé. Puis, au Miocène supérieur, le
compartimentage tectonique de la région induit une vigoureuse incision linéaire et
ces cuirasses sont alors démantelées et en partie épandues.
Au Pliocène moyen et supérieur se manifestent deux types divergents d évo-
lution : sur les secteurs portés en altitude se conservent les bowé, dans les régions
déprimées se modèle un paysage de collines convexes à tunique de cuirasse gravil-
lonnaire. Partout, les gradins étagés sur les versants et les vallées suspendues
portent témoignage dl un incision linéaire saccadée incapable de s’ajuster aux
mouvements tectoniques rapides.
l IXpartement de Géographie, Universitb, BP 755 YAOUNDE CAMEROUN
Laboratoire de G4omorphologiedu CEGETKNRS, 33405 TALENCE FRANCE
108
Les formations cuirassées qui se développent ensuite dérivent de ces bauxites
primitives, cuirasses ferralitiques armant pediments et hauts glacis au Pléistocène
inférieur, indurations ferritiques de nappes sur les bas glacis au Pléistocène moyen.
De nos jours, au-dessous de 1300 m, altération kaolinique et cuirassement
semblent persister, alors que plus haut, le socle ne livre que des arènes et que
régressent les bauxites des hauts bowé.
Au total, constatons 1’existence d’ un vieux continuum bauxitique du Pal&-
cène à 1’Holocène.
109
- INTRODUCTION
Organisées en une série de plateaüx étagds, compartimentées et
brisée6 par Une tectonique peut-8tre encore active, et h8riss8es de grands
appareil6 volcaniquee, ou nappdes de coulées et pyroclastites, les Hautes
Terres de l*ouest-CamcPruunn'en oomportant pas moins de nombreuses oui-
rasses bauxitiques ou ferrallitiques. Entre 750 et 2500 m, ces fonna-
tions s'dtagent au gré des divers plateaux, Bamoun BamilékB et Grass-
fields.
La comptihension de leur génèse et de leur &rolution repdsente
le meilleur des guides pour suivre les étapes de la morphog&&se dgio-
nale.
1 - BELIEFS ET MODELES CUIRASSES
1) - Les hauts Bowd
De vrais bo6é se développent sur les Gra66fields orientaux,
mais également, entre Bambili et Fundong, et en Bamildkd, 6ur le pI.a-
teau de Bangsm, le pidmont des Bambouto, autour de Dschang et Fongo
Tongo, ainsi qu'au centre du Pays, vers Bamendjou, ou sur 6e6 marges
orientales, aux alentours de Bangou.
Ces reliefs auira E%tablissent toujours en podtlon faf-
tibre 6ur de6 lignes de partage aes eaux t entre 1923 lt 1800 m B Ban-
gou, 1755 et 1680 B Bangam et Fongo Tongo, 2000 et 2200 Bur le6 GIW~E-
fielas de Ndu et Kumbo. 116 s'organisent en ligne6 de cAte6, 6n Bchines
douces ou en croupe6 molles convergeant vers des butte6 sommitale6, ou,
plus souvent, en des séries de buttes Qtroites à eurface plane ou faible-
ment inclinée, peuplbes d%ne prairie xw6e à Loudetia, voire en simple6
gradins aux versant6 de grands escarpemente, comme & Bsmbili.
Ces bowé affectent deux grands type6 de modeld. En BamilBkd, bu-
tOUr de FOngO TOngO, de6 CrOUpeS CIX~ZY%~S&E Offrent des Versant6 COIXVe-
xes ou aonvexo-concaves et 68 .bordent rarement de corniche6 ; tout au
plu6 observe-t-on quelques renflements vers le6 haut6 de pente. Croupe
et butte6 s'élèvent ici entre vallées à fond plat hydromorphe, et sur
CIWW de deux échines Convergente6 se nichent des dépressions eu6pen-
dues.
Vers Bangam et sur les high Grassfielde, les modelé6 6e font
plus tendus : de véritables buttes à sommet plat ou légèrement incliné,
à dalle6 de cuirasees 6ubaffleurantes que limitent des corniches de 2
à 5 m de puissance. Les versant,s deviennent convexe-concaves à franche-
ment concaves, et conduisent à de larges vallée6 à fond plat hydromo~
phe, certaines d'entre-elles, suspendues ceintes de corniche6 cuiras-
68e6 ne stouvrent vers l'aval que par des chutes ou de petites IWX-
1Bes.
110
Partout ces bowd s'étagent en trois ou quatre niveau ainsi
que le résume le tableau suivant.
..
! ! très ! ! ! !
! Localisation !haut niveau I haut niveau ! bas niveau ! gradins !
!buttes résid.!buttes croupe8 ancien ! !
1 1 bauxite 1 bauxite 1 plancher ! I
1 !autochtone ! remaniée ! Rravillons fgravillona !
INdu-Kakar 1 2080 -2120m !2040-2080 m ! ‘1960 !1880-1800~1!
1Tadu Sanyere ! 2117-2163 m 12040-2076 m ! 1960 I - 1
!Bembili ! 2100 !2000-1920 m ! - 1 - !
IBANGAM fl720 -1755 m 11680-1700 m ! 1660 1 1580 1
!Bamandjou ! 1620 m ! 1580 m 1 1560 m !'I540-1520m!
!Fongo Tongo !1680-1720 m ! 1660 m !164G-1620 m !1600-1620m 1
IBangou 11900-1923 m !I860-1880 m 11800-1820 m 1 1760 ? !
. . . . *
!,-
Tebl. 1 : Etagement des bowd dane l'Ouest-Cameroun
Maia des bowé existent dgalem,nt en dehors de ces secteurs de
relief dtagd, CO- B Asong, au sud de Dsohang, ou sur le Piémont des
Bambouto.
L'ensemble de oea reliefs s'arme d'une cuirasse bauxitique
parfois très épaisse (p&s de 10 m), rose & muge en profondeur, grise
ou brune sur les corniches et dalles subffleurantes, plus OU moins
dmantelde et souvent nappde d'une oouverture gravillonnaire de m8me
composition 8 plus de 505 d'Alumine; 6 à 20$ de fer, et seulement 1 à
5$ de silice combinée.
Des formations indudes des plus hauts niveaux offrent des
struotures massives riches on gibbsite, les autres prdsentent toujours
des oaraotéres remaniés.
2) - Les demi-o-8 cuirassées
En Bamoun et Bamildkd, ainsi que sur les Grassfields de Bamen-
da, se ddroule un monde de croupes polyconvexes surbaissées, et de demi-
oiunges sdpardes par de larges valides hydromorphes peu encaissdes. Ces
oroupee et aolllnes se dmppent de formations gravillonnaires bauxiti-
ques à ferrallitiques, emballant des rdsidus de vieilles cuilasses dd-
manteldea, mais peu dérangdes sur les pentes, ou masquant des horizons
indudu autochtones, comme à Mbengwy. Leur teneur en alumine varie de
30 à 50%.
A l'ouest et au sud de Foumban le modelé cuirassé se distribue
en niveaux étagés :
- des collines culminantes (1240 m) à corniche limitrophe et
cuirasse bauxitique ensevelie sous des gravillons,
- des croupes allongdes entre II80 et 1200 m, à corniches et
chape gravillonnaire,
- un gradin à vallons secs vers 1160 m,
- un bas niveau B gravillons, vers 1120 m.
A Mbengwi, au nord de Bamenda les cuirasses en place et les
horizons gravillonnaires moulent littéralement l'ensemble des demi-oran-
ges.
111
3) - Les cuirasses de versant.
Les versants des bowé, des croupes ou des demi-oranges portent
presque partout une livrée gravlllonnaire plus ou moins indude qui en-
robe en général des blocs d'une vieille bauxite épandus à courte distan-
ce. L'épaisseur de ces chapes varie beaucoup mais peut atteindre plus de
10 m à Fongo Tongo. Colluviales mais à forte teneur en alumine (42-47!;),
elles s'enrichissent en argiles vers leur base, et recèlent des passées
indurées, des ferruginisations en bandes dérangées par tassement et rep-
tation.
Remanides et affectées de mouvements de masse, ces chapes sont
tronqudes, parfois jusqu'à la lithomarge et affectent alors un caractè-
re discontinu. Autour de Tatum dans les GFassfields de Kumbo elles s'in-
terrompent ainsi le long des versants au grè d'affleurements de basaltes
frais, étagds en gradins sur la pente.
Ailleurs, les versants s'accidentent également de marches d*es-
calier qu'induisent des corniches ou des dalles bauxitiques. A Tadu San-
gere, de tels gradins se succèdent entre 2040 et 1960 m. Ces affleure-
ments cuirassés marquent la plupart des flancs et croupes à chape grcL-
villonnaire, et certains d'entre eux semblent correspondre à des rell-
ques d'anciens planchers de valide, ou de glacis ddmantelés.
Enfin, si les hautes pentes des Bambouto portent une telle li-
v&e gravillonnaire très remanide, une cuirasse bauxitlque, vers 25OOm
couronne l'escarpement caldeil-ique,et s'achève en biseau sur son revers.
Elle semble avoir tapé la majeure partie des plats sommltaux.
4) - Glacis et cuirasses Btegds
Des cuirasses bauxitiques arment dgalement les pddiments qui
cernent les massifs deu Ekogsm et du Mabn, en Bamoun. Seoondaire, mals
riches en alumine, elles enrobent des blocs sooriaods hdrltds dans une
matrice gravillonnaire.
De vdritables oui~sses de glacis apparsisrrentdans le Bamoun
cristallin; en particulier au pied des monts Mbarpara.A tendance ferral-
litique, discontinues ou démantelées, elles 88 rdsolvent souvent & une
mince couverture de gravillons.
Dans la plaine Tlkar, au-dessous d'un vieux pddiwnt modelé
en collines arrondies portant une livide d'altdrites kaoliniques rouges
à rdsidus de cuirasse ddmantelée, se ddroule un glacis alluvial, sur
lequel, en bordure des petites vqes qui l~inolsent, affleurent des
carapaces de nappe, jaunltres et quartzeuses, mais pauvres en hydroxy-
des t 14,4$ de fer, 17,83 d'alumine.
Dans la valide de la Donga, de petites cuirasses de nappe cl-
mentent par endroits les arènes des glacis, occupent le fond des snari-
gots saleonniers ou le sommet dtinterfluves surbaissés, voire se déve-
loppent de manière discontinue dans les basses ternassss.
Au sud des Hautes Terres, autour de Tonga, des cuirasses arment
également un glacis entre 900 et 850 m. Fenallitiques et tr&s resbanîdes,
elles contiennent tessons de poteries et artefacts lithiques.
En résumé on observe les formations indudes suivantes ;
- une très vieille bauxite autochtone, tapant les hauts bond,
- une cuirasse secondaire, bauxitique mais allochtone, armant une ancien-
ne topographie de glacis (bowd des Grassfields et de Fongo Tongo-
BangamI,
112
une formation bauxitique à ferrallitique, cohérente à gravillonnaire
et franchement colluviale qui moule les croupes polyoonvexes,
des chapes de versant,
des Indurations localisées sur glacis et terrasses, ferrallitiques
ou ferritiques.
Dès lors se pose le problbme du rapport de ces cuirasses avec
leur substratum, celui de leur gge et des modalités de leur élaboration.
II - LA DEPENDANCE LITHOLQCIQUE
Les formations cuirassées des Hautes Terres se localisent de
pdférenoe sur des Epanchements volcaniques fissuraux éocènes, basal-
tes et traohytes.
1) - Les cuirasses sur basaltes
Sur les basaltes, les auirrsses qui arment les bon8s pz$sen-
tent une grande homogdnéitd. Il s'agit toujours de bauxites a 40-50%
d'alumine, contenant moins as 20% de fer, 1 à 6% de titane et moins
de 5$ de silice combinde. Alcalins et aloalino-terreux n'y figursnt
la plupart du temps qu*B l'État de traces. La gibbsite en constitue
la p-e majeure, parfois exclusive comme sur les cuirasses blanches
do Bongo Tongo, mais le plus souvent associde à un pou de kaolinite,
d'anatase, de goethite, voizw & de l*hématite, de la maghemlte ou du
rutile. La boehmite fait ddfaut.
Leur faci prbssnte dgalement uns forte homogdnéité qui
tient à la couleur, mais surtout B la struoture, souvent massive B
finemant poreuse, voire alvéolaire et percde de tubules emplis de lcao-
1Fnito et de goethite.
En profondeur, on mmtarque souvent des organisations lamel-
lairsa B feuilletdes qui semblent calquer la fluidallté originelle des
basalte& Vers le sommet la caractère alvdolaire s'accroit et on passe
m&ns & des faciès scoriao8s ou b&&iques. Mais, à la différence des
bauxites de l'bdamaoua; la struotun, pisolithlque est absente de aes
ouirosses. A l'affleurement, dalles et corniches présentent seulement
un aspect nodulaire de surface et portent une patine noire en voie de
&gression ou des colonies de liahens gris qui activent les processus
de"pitting".
Les analyses en lame mince montrent que la nodulation8 partir
dtn plasma gibbsitique asépique imprégné de goethite reste incipiente
et n'affecte que les horirons sup8rieurs. En profondeur, la texture
basaltique reste reoonnaissable g&ce aux miorolites de plagioclases
dpigénisds par la gibbsite, aux fantames d*olivines et aux amas de
grains opaques caract8rlstiques.
Les faci restent plus homogènes sur les buttes dsiduelles
des t&shauts bomé, alors que le niveau inférieur affiohe une struo-
turc remani8e emballant des galets de bauxite, des plaquettes de lltho-
marge, d'anciens oonduits de dégasage eto...
Ces traces de ramaniements subaériens s'affirment sur les oui-
rasses des croupes et oollines polyconvexes caractérisées par une gxan-
de hétérogeneité. Une masse de gravillons ferrallitiques à paasdes plus
cohérentes y enrobe en effet des éléments hérités, blocs alvéolaires,
caverneux voire pseudo-pisolithiques ou brèchiques. Tubules et vacuoles
s'y développent et parallèlement les cutanes de kaolinite ou goethite.
L'alumine reptisente en genéral 20 à 50::de ces foneations, le fer 15
113
à 20::.mais ce Jen-ier peut atteindre 66; dans les horizons lame!J_nires
ferritisés. La silice combinée vati.e de 1,3:
; &ns les cuirasses les plus
consolidées à 30,.1dans les plus grc-fillonnaires.Le quartz toujours rare
(moins de 1;; ) peut cependant atteindre 1i.Idu poids de certains gravil-
lons. Les cuirasses sur les pediments basaltiques du :Zbamet du Wkogam
restent plus bauxitiques que celles-ci quoique tou,ioursnettement secon-
daires.
Au total, les cuirasses sur basaltes relèvent d'un long conti-
nuum bauxitique.
2) Les cuirasses sUr laves différenciées
Les ignimbrites, trachytes, rhyolites et phonolites portent
des cuirasses dont les caractères varient plus en fonction de 1'8Ce de
ces épanchements que de leur composition chimique.
Les ignimbrites infra-basaltiquesemballent parfois des élé-
ments d'une vieille bauxite, mais surtout, en Bamoun, se tapent d'une
cuirasse ferrallitique rose à violette à faciès vacuolaire à lobé qui
détermine au pied des croupes, un replat vers 1150-60 m. Très homogè-
ne, elle agglomère des oolithes d'hématite dans un plasma kaolinique
asépique. Son analyse chimique révèle 1% de quartz, 39,9% de silice
combinée, 35,7$ d'alumine, et seulement 6 et 4% de fer et titane. Dans
les faciès cavernaw s'accro?t la teneur en fer (45,5 4) connues'affir-
me la kaolinite.
- Les traohyte éooènes de Fongo Tongo, oontemporains des pre-
miers épanchements basaltiques, portent de vraies bauxites que seule
l'étude des éléments traces ou l*observation en lame minoe permettent
de distinguer de celles des basaltes voisins, tant les faoibs et la
morphologie externe diffèrent peu. En profondeur on remarque la m8me
épigénisation des baguettes de sanidine et des pyroxènes par la gib-
bsite, mais les grains opaques conservds dans le plasma lattisépique
sont plus fins. La m&ne tendance à la nodulisation apparsft vers la
surface aocompagnant l'aocroissement de la teneur en goethite, hémati-
te et maghemite. Les corniches se composent eesentielle&t de gibbsi-
te (jusqu'à 82,5%) alors qu'à l'inverse à la base des profils abonde la
kaolinite.
On distingue ici aussi des cuirasses primaires et secondaires,
l'évolution des profils et la composition avoisinent ceux des basaltes:
42 à 555 d'alumine, 13,S à 30% de fer, moins de 2% de silice combinée,
et peu de quartz, mais quelques traces de cristobalite - pas de boebmi-
te.
- Les trschytes à sanidine des Bambouto et de Santa, les cin8-
rites et phonolites des sommets, plus récents ne portent que des indu-
rations en dalles, peu épaisses, discontinues voire dkmurtelées et &-
duites à des éléments éolisés épars sur les croupes, au-dessus de 1700%
Il s'agit de phénomènes banals cl'épigénisationde lithomarges.
3) Les cuirasses sur socle.
Les cuirasses se font beaucoup plus rares sur le socle, grani-
tes et gneiss ne portent qu des reliques de formations indurées, très
souvent Be simples éléments de lithomaxe à +exture conservde, mais
épigénisés par le fer et l'alumine, Ces tissidusjonchent, la plupart du
temps, des pentes à allure de glacis.
114
Et encore s'agit-il le plus souvent de formations induites ou
contaminées par la pdsence de la couverture volcanique qui incluent
des microreliques à texture basaltique ou trachytique. Sur les marges
des épanchements flssuraux, cette couverture trks altén?e a disparu,
mais à induit le cuirassement du socle sous-jacent en foumfssant les
hydroxydes nécessaires. S'élabors ainsi une oarapace ou cuirasse peu
bpaisse, claire à plasma gibbsitique constellée de grains de quartz. Et
marnelorsque, comme à l*ouest de Foumban, l'nnfonoement du front d'alté-
ration a profonaément entame'le socle, se rencontrent encore, au-dessus,
des reliques basaltiques. On observe ainsi des profils in&&9 héri-
tés, à texture basaltique conservée reposant directement sur des fi-
lons a0 quartz ~OUJT~S.
Ailleurs, près de Wum, des pyroolastites altédes fossili-
sent 10 socle et jouant le Ale de compresse ont entrainé la fonna-
tion d'horizons inauds B 40% d'alumine et 6% de fer.
La plupart de ces formations sur socle sont ferrallitiques
plus riche en kaolinite et en quartz que celles développées sur vuloa-
nites.
Il est inutile d'insister sur leur caractke polyphad et
polyg6nique.
4) les t3uiraaseasur alluvions
Les cuirasses. caraDaces ou inductions looales décrites
dans les vallées alluviales OÙ les rdgione basses, sont avant tout
des formations ferrallitiques B.ferritiques, riches en quartz. Dans
la plaine Tikar, celui-ci représente jusqu'8 475 de la carapace et
jamais moins de 26% la silioe combinée 23 B 2748,l*alumine 14 B 19
et 10 fer 7.5 h 25. Kaolinite et goethite en sont le8 composants es-
sentiels. Il s'agit de cuirasses de nappe n'appartenant plus au conti-
-nuum bauxitique évoqué ci-dessus.
III - ~'ELABCRATION DES CUIRASS?3SET DES RELIEFS CUIRASSES
Les formations cuirassées bauxitiques relèvent d'un long
passd.
1) - --Y
Les cuirasses Daldocènes
Les premiers indices de cuirassement nous sont fournis par
les galets bauxitiques contenus dans les rhdo-ignimbrites anté-basal-
tiques de Fongo Tongo. Il s'agirait donc de résidus d'une formation
fini-cr&acée.
Au Paléocène, le "relief infra-basaltique'*(MORIN 1985) con-
naft avant son dcursge une intense altération qui affecte le socle et
les ignimbrites des éruptions initiales. Des cuirasses se développent
dont on ne rencontre des témoins que sur les ignimbrites du Bamoun et
sur les tufs de base du volcan de Bangou. Très vite, cuirasses et alté-
rites furent en effet démanteldes et exportées vers le bassin de Doua-
la où elles constituent une bonne partie de la sdrie de Diaangué.
2) - Les bauxites autochtones des très hauts bowd
Des bauxites se sont ensuite élabo&es sur la couverture de
basaltes et traohytes éocènes, par épigénisation directe par de la gibb-
site. L'altération allitique et l'accumulation de l'alusinium se sont
effectuées dans les points bas d'un modelé doucement valloné en milieu
115
forestier chaud et humide (C. GRANDIN, 1875- M. SALARD-CH:~:BOLDAEFF,
1572). Cette phase biostasique pourrait intervenir à 1'Kocène moyen,
et l'induration des altérites se placerait de ce fait h la charniore
Eo~ligocène, bénéficiant de climats plus secs.De ces formations origi-
nelles, Il ne subsiste que peu de tjmoins, bauxites blanches de Fonond-
ji'i, de Tsenkeng en Bamildké, trés hauts bowé dea Grassfields.
3) Les bauxites remaniées
L'essentiel des bowé se cape en effet d'une cuirasse bauxiti-
que secondai- à éléments allochtones dont la surface Bvcque celle de
reliques de glacis.
C'est à l@Oligccène, pAriode d'érosion intense sous un climat
à saisons tz+s contrastées, que sont &mantelées les bauxites p&céden-
tes, puis Bpandues sur des glacis qui tranchent socle et vulcanites et
s'appuient sur des reliefs aujourd'hui diapa~s OU sur des appareils
volcaniques en cours d@édification. Puis, au Miocène inférieur, sous
une forbt dense ayant recolonisé la région, se parachève une surface
bauxitisde qui tient autant de la pénéplaine que de la pédlplaine. Cet-
te surface fondamen%le se rencontre actuellemnt entre 2040 et 2080 m
sur les Grassfields, 1680-1700 autour de Bangam et Fongo Tongo, 1800-
1820 vers Bangou, et 1240 m en Bamoun.
4) - Les cuirasses moulantes aravillonnairss
Au Piocène supérieur comme s'acoroft l'instabilité tectoni-
que, cette surface se b-tisealors en une s&ie de bloos qui pdiigu-
rent l'étagement actuel. S'ouvre ainsi une périofied'intense Broslon
qui autorise la mise en inversion de relief des auirmsses, l'inolsion
saccadée des cours d'eau et les grsdins concommittents aux flancs des
versants, les valldes suspendues etc... 1'6rosion lindaira se nbv6lsmt
incapable de s'adapter B la rapiditd des mouvements tectoniques. Les
cuirasses se d&aantèlent, recurage et épandage dominent, le socle est
décapé jusqu'à sa lithomarge, et ce d'autant plus, que la grande &gmm-
sion au Pliocène inférieur exaspère ces processus. La surface bauxltique
se r&uit des lors B des échines dsiduelles au fafte des lignes ti pap
tage des eaux, ourési&e dans des secteurs prctdgés de l'érosion (Bengam,
Fongo Tongo).
C'est alors, et surtout au Pliocène moyen que divergent les évo-
lutions des secteurs portés en altitude et celles des plateaux moins sou-
levés.
Les premiers, high Grassfields par exemple, bénéficient de con-
ditions climatiques plus frafcheset jouissent d'une sorte d'immUnit8 Vis
à vis de l'altération, et donc de l'érosion f les résidus de bauxites an-
ciennes s'y conservent. Les seconds, Bamoun, Bamenda, au-dessous de 16OOm,
subissent au contraire une reprise de l'altération sous couvert forestier
qui aboutit au modelé polyconvexe que nous leur connaissons. Les Cui13SmS
résiduelles y subissent le contre-coup de l'enfoncement des profils d'alté-
ration et en moulent les pentes. On peut rattacher ces formes au *relief
intermédiaire" décrit en Afrique occidentale par P. MICHEL. Cette évclu-
tion persiste probablement jusq'au Pliocène supérieur.
5) - Les cuirasses de glacis et des régions déorimées
Au Pléistocène, l'altitude ne permet plus aux phénomènes de
bauxitisation de se développer, sauf conditions particulières comme au
116
sommet des Bambouto. Le Pléistocène inférieur à tendance sèche, p&side
à l'élaboration de glacis et versants-glacis que nappe une mince pellicu-
le de gravillons ferrallitiques lorsqu'ils sont modelks sur le socle, ou
qu'arme une cuirasse ferrallitique à bauxitique sur les basaltes du pied
du Nkongam et du blabm.
Les indurations ferritiques plus localisées des tigions basses
et des plaines alluviales semblent relever du Pléistocène moyen voire su-
pdrieur. Des ferruginisations locales actuelles sont connues.
On constate donc que, jusqu'au Pléistocène moyen, le vieux stock
oauxltlque eocene est repris dans de nouvelles cuirasses ou dans des
chapes de versant, remaniées à chaque oscillation climatique et lors
de chaque pulsation tectonique. Se pose alors la question de l~bvolu-
tlon actuelle,ae oet héritage.
Iv - LES PRCCESSCS ACTUELS
1) - La &aression des cuirasses
La plupart dme ouirasses portées en altitude subit des pro-
cessus de régraasion physioo-chimiques décrits ailleurs par divers
auteurs, et sur lesquels nous ne reviendrons que bri&vement. C'est
ainsi que la surface bowd, souvent hydromorphe en saison des pluies,
se kv&le de cuvettes ciroulaires de dissolution, que la suffosion
s'exeroo sur les corniches par des tubulures et cavitda. Lixiviation,
lessivage et suffosion préparent le recul des corniches par désagré-
gation, (boulemente et glissemente de matériaux qui engraissent les
chapes do versants de blooe et gravillonrr,mais dgalement de solutions
qui autorisent des re-indurations looales.
Sur les versanta dea demi-oranges, la cuirasse moulante, les
gravillons et les altdrltes sont animés d'un lent mouvement de repta-
tion qui entrmine le fauchage de la Lithomargebasaltique (YORIN, 1982).
ParrllBlement les struotures des vieilles bauxites dvoluent
ver6 un mi&8 nodulaire, prblude à leur ddmantèlenmnt. Des *ensembles
glkbulaires" (G.DOCQUTER et al. 1984) nappent un peu partout la surfa-
ce des dalles indurdes. Maie en l'absenae de boehmite, nous n'observons
pas de vdritable facibs pisolithique.
Actuellement les prooeseus de nodulation semblent se mani-
fester selon les modalitda suivantes :
- au ddpart, bauxite.gibbsitique massive à texture npoivrde* et litho-
reliques à microlithes identifiables,
- bvolution vers un faciés peeudo-btichique par cldpartde gibbsiste et
ti tir, juxtapostion de plsgee B plarrmaasdpique, lithorelique, 816-
ments originels gibbsitiques ~oivr6s",
- ddveloppement de tubules et imprdgnation de goethtite, films et glé-
bules de goethite et kaolinite, cristallites dans tubules et fissu-
res,
- développement de grandes fissures où oristallieent kaolinite et goe-
thite, parfois de la gibbsite, pate de kaolinite ferrifbre dans les
CFUlFbUX, abondance des glébules sans struc&res concentriques.
La cuirasse est alors prète au démantèleamnt.
Ces cuirasses semblent donc dvoluer par débauxitisation et
substitution de la goethite à la gibbsite. Hydroxydes de fer et kaolini-
te apparaissent donc secondaires, mais la kaolipite abondante de la ba-
117
se des profils est un produit de néogénèse zubactuel développé au
front d'altération sans rapport avec les bauxites supfirîeures.11 faut
donc distinguer ces héritages et leur évolution, des processus et des
produite de l'altération actuelle,
2) - L'altération actuelle
Dans les conditions climatiques actuelles, l'altération des
roches se poursuit, mais le compartimentage topographique et l'altitu-
de introduisent de fortes différences voires des limites, entre les
diverses Agiona.
- L'altération des vulcanites anciennes est isovolwnétrique
et kaolinique. Au front d'altération basaltes et trachytes se débitent
en plaquettes enroties dans une gangue kaolinique à GO$, issue surtout
des néogénèses corr6'lativesde l'hydrolyse. Les bases sont exportées
ainsi que de la silice. Au front des basaltes de Foumban apparaft
de la montmorillonite qu'accompagne une goethite désordon&e. La
kaolinite ne se manifeste que plus haut, au niveau des plaquettes
jaunies.
Sur le socle les altérites sont ferrallitiques et rouges
clansles rt5gionsbasses et passent à des atines plus ou moine oUla-
_vées en altitude. L'altération des granites de Dschang débute par
l'apparition de chlorite, puis devient kaolinique, les niveaux supé-
rieurs pouvant compter, en outre un peu de gibbsite dans un squelet-
te quartzeux. Les profile d'altération sont classiques lorsquliIe
ne sont pas tronqués, écailles, boules, argiles bariolées etc...,
mais mieux développés sur les gneiss sombres que sur les granites pop
phyro'ldesleucocrates.
3) - Les limites de l'altération aotuelle
Les processus de l'altération fonctionnent sur le Bamoun
comme le montrent de nombreux profils étud!Lds,et aboutissent 81nap-
per le modelé d'une compresse kaolinique et ferrallitique, argileuse
sur basalte, quartzo-argileuse sur socle. Sur les Grassfields, et les
secteurs élevés du Bamilkké, on ne rencontre plus sur les granitoldes,
que des arènes claires très quartzeuses. Ces différences s'expliquent
par le jeu de certains facteurs :
- la topographie t La vigueur de la dissection commande le
drainage hypodermique, et donc la vitesse de l'altération et l'expor-
tation-des-phases en solution ou pseudo-solution. Cette vitesse eËt
minimum dans le monde des demi-oranges : Bamoun, Bamiléké central, Ba-
menda
- les climats : l'altitude induit un net rafrafchissement cll-
matique, et ralentit les processus dans les r6gions hautes, l'exposition
favorise les versants au vent de mousson.
- la tectoniaue z des mouvements récents ont pu stopper l'évo-
lution des processus ferralitisants, comme sur les monts Oshie.
- Les formations superficielles t des hcritages jouent souvent
le r8le de compresse qui auto-entretiennent l'altération sous-jacente.
Ces conditions rdunies, l'analyse de nombreux profils, la
reconnaissance de certains seuils écologiques comme celui que souligne
la limite supérieure de 1'Elaeis au sud des Hautes Terres, permettent
d'avancer que l'hydrolyse totale fonctionne actuellement en deça de
1300 m, alors qu'elle est incomplEte au-delà et subord0nnée.à des pro-
cessus de délavage d(altérites hérit8es. Cependant, SOUS les bauxites
héritées, elles s'entretient par titroaction positive B partir des vieux
profils, m8me au-dessus de cette altitude.
118
- CONCLUSION
Il existe ainsi un vieux continuum bauxitiaue particulier aux
Hautes Terres de l~ouestdameroun (on ne le rdrouvo~pas~sur les bordu-
~OS>, qui tdmoigne de l'évolution morphologique et tectonique de la r6-
&On,
Mais,l~altituae rtteinte pa2 ces plateaux, leur compartlmenta-
ge, ne lui permettent plus de se maintenir. Les bauxites se adgraaent, et
sl l*altBntion aotaelle est kaolinique, elle ne fonctionne bien qu'au-
a0080tt8 a0 1300 a
Reste le potentiel dconomique que zwprdsentent les bauxites
Q6 @~eaflelda orientaux et du Bdléké.
119
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121
LES HORIZONS A PRODUITS GROSSIERS DES PROFILS PEDOLOGIQUES
DU SUD-CAMEROUN FORESTIER
M. KUETE*
RESUME
L’horizon d’accumulation de produits grossiers ui s’intercale entrq la
formation fine de surface (niveau meuble argileux rouge 1 et le niveau tachete OU
vermiculé constitue l’originalité du profil pedologique en milieu équatorial. Les
pédologues l’appellent horizon à éléments grossiers ou ensemble nodulaire. Les
géologues (E.M. BELINGA et al, 1982) l’appellent niveau détritique, présageant
ainsi de son origine allochtone. Son épaisseur varie de 0,5 à 1 m. L’horizon peut
d’ailleurs se réduire à une rangée de galets de quartz ou de débris de cuirasse.
On 1’appelle alors stone-line ou ligne de gravats. P. GEORGES (1) définit la
stoneline (2) comme étant “les lits de cailloux quartzeux plus ou moins émoussés
disposés à quelques décimètres de profondeur dans la couverture meuble des
versants des pays tropicaux humides”. En effet, il n’est pas une seule étude de
géomorphologie de la zone tropicale humide qui n’en parle, et très souvent, le
sens du mot s.l. a été abusivement élargi pour qualifier 1’H.g. dans son ensemble.
La s.l. ou 1’h.g. peuvent être subaffleurants ou ensevelis sous quatre à cinq
mètres de produits meubles. Le problème qui s’est alors posé est celui de son
origine : allochtonie ou autochtonie ? Les defenseurs de l’allochtonie se fondent
surtout sur les observations macroscopiques (état de surface des produits et la
composition de l’horizon). Les chercheurs qui militent pour l’autochtonie
raisonnent à partir des résultats fournis par les analyses chimiques et
1’observation des composantes au microscope électronique à balayage et
1’absence des structures sédimentaires dans cet horizon.
Cette étude complète 1’approche verticale usuelle par une étude
“horizontale”. Elle procède donc par une bonne intégration du phénomène dans le
paysage à deux échelles : celle de l’interfluve d’abord, celle du bassin-versant
ensuite. L’ allochtonie de la s.l. et 1’h.g. est mise en évidence. L’ abondant
outillage paléolithique associé à 1’accumulation grossière conforte 1’idée de
produits detritiques.
(1) Dictionnaire de Géographie
(2) Nous 1’abrégerons dans le texte (s.l.) et 1’horizon grossier (h.g.1
l Dkpartement de Recherches Géographiques
Centre G@raphique National
BP 157 YAOUNDE (CAMEROUN)
122
SUMMARY
The large products horizon which accumulate between a formation of fine
surface material (soft red clayish layer) and the spotted or verniculated level
constitute the originality of the pedologic milieux of equatorial zone.
Pedologist term this horizon elements mostly large particfes or nodular
mass. Geologist (E.M. BELINGA et 1987) term this a detritic level based
consequently from its allochtonic origin. Its depths varies from 0.5 to 1 m thick.
The horizon could be reduced to a mere quartz pebbles or cuirass debris or chips.
This is then called stone line or grave1 1ine.P. Georges (1) defines the stone
line (2) as being “beds of stones, quartzites more less skewed disposed over a few
decimetres deep in a loose layer of the slope in the humid tropics”.
As a matter of fact, there is no single geomorphological study in the humid
tropical zone which does not make mention of it but, in most cases the word S.L.
is often misuded extended to mean (LPH) as a hote.
The S.L. or LHP may emerge or burried under four or five meters of soft
materials. The problem posed here is that of the origin : allochtony or
autochtony.
Those who click to allochtonic base their argument on macroscopic
observation (superficial nature of product and composition of horizon).
Researchers who melitate for autochtonic reasoniny base their arguments
from results produced by chemical analysis observation of components under an
electronic microscopie and the absence of sedimentary structure in this horizon.
Researchers who melitate for autochtonic reasoniny base their arguments
from results produced by chemical analysis observation of components under an
electronic microscopie and the absence of sedimentary structure in this horizon.
This study completes the usual vertical approach by a “horizontal” out look.
This proceeds then by a firm integration of the phenomena in the landscape at
two levels. Firstly that of the interfluvial and finally that of the basin slopes.
Allochtony of S.L. and LPH is there by brought to light.
The association of accumulated products with numerous paleolithic
implements favours the idea of detritic materials.
(1) Dictionnaire de Géographie
(2) The shall abbreviation (SL) and large perticle horizon (LPH in the text).
123
INTRODUCTION
La rbgion étudiée s'étend au sud du 5ON qui
correspond grossièrement au contact foret savane jusqu'a la
frontière du pays (%ON) et de l'Atlantique (lOOE) à la limite
orientale du Cameroun. Elle couvre ainsi toute la zone de for8t
du sud en marne temps qu'elle déborde sur la zone de mosaXque
forét savane du nord de la Sanaga.
H.g et s.1 y sont fréquents mais conditionnés soit
par la lithologie, soit par l'existence d'une source en produits
grossiers qui se trouve en position culminante ou en amont. Ils
s'organisent sur les versants d'interfluves, les glacis et vieux
glacis d'épandage démanteles, aux abord des collecteurs princi-
paux et en bordure de la mer.
1 - LES CONDITIONS D'OCCURENCE DES S.L. ET H.G
1 - Les conditions lithologiques sont parmi celles
qui président à la formation des s.1 et de h.g. Le socle pré-
cambien couvre la totalité de la région. Il se singularise par
sa diversité pétrographique, des granites du Ntem aux schistes
de Mbalmayo. Entre ces deux extremes on rencontre les gneiss
migmatitiques les gneiss et les micaschistes très souvent trans-
formés en quartzites micaa6s. La diversité des roches présage
de la diversité texturale des sols qai en dérivent. Ainsi les
micaschistes et les quartzites micacés de Sala, de Ngambe-Ndiki-
nimeki, de Mbandjock-Nanga-Eboko libèrent un important stock
de cailloux de quartz qui seront ensuite modelés en horizon
grossier. Les gneiss, 10s migmatitos et les granites très riches
en biotite et en feldspaths s'altèrent entièrement libérant
124
dii quartz fin. Seuls quelques rares filons alimentent le
profil en debris de quartz. Les h.g quartzeux sont alors rares
et très localisés. Ils se résolvent en s.l. discontinues, de
faible extension. Souvent il apparart i la base de l'horizon
meuble un abondant stock d'&lats de quartz qui ne dérive pas
d'un filon de quartz voisin, on y recense de l'industrie t du
microlithique ou du mégalithique grossi8rement travaillé suivant
les lieux. Sur ce aubstratum à altération totale, les h.g sont
d'un autre type en relation avec le démantèlement d'une vieille
cuirnsse.
Les cuirasses peuvent Btre considérées comme
une roche mère des h.g et s.1 du plateau de Yaound6 (autour
de la capitale par exemple). Les produits de la cuirasse
constituent les seuls éloments de h.g (granules ferrugineux
et blocks de cuirasses arrondis lors d'un transport ou de
.
granules patines à la suite d'une longue Bvolution à
l'air libre). Ces produits hsultent du démantèlement d'une
vieille cuirasse dont la position topographique est aujour-
d'hui difficile voire ddlicate 3 préciser : E. BELINGA et
a1 (1982) situent cette cuirasse au-dessus des mornes qui
dominent la capitale de plus de 300 m de hauteur.
Sans monter si haut, nous pensons que cette
formation détritique dérive d'une topographie plus haute de
quelques dizaines de mètres que l'actuelle, dégradée par
soustraction des produits fins et les débris qui en émanent
ont éto redistribués sur les versants actuels. Des observa-
tions sur des espaces plus vastes permettent de conforter
l'idée de l'allochtonie des h.g à débris de cuirasse. Sur
les hautes terres de l'Ouest, aux environs de Bangangté-
Baaou !l:JOO - lj&OO m), nos investigations n'ont pas décélé
d'nncjons niveaux cu.irassés et correlativement
10s <mais profils d'altération sur basalte ne comporte ni h.g quar
zeux :i risbris do cuirasse. L*h.<g h débris de cuirasse n'est
donc p:w p3dologique. S'il en est ainsi c'est dans ce profil
riche PII fer que les h.? 11 nodules et ,:rnnules seraient les
plus d?w?loppes.
125
2 - Les conditions topo::raphiqucs : l',>tn~~cmrnt
des plateaux permet de faire une typologie des h.g et des
s.l. Ainsi d'après la composition de l'horizon détritique
on distingue : 10s h.,g à elements de cuirassa dominants. Ils
sont caractéristiques des niveaux supérieurs du plateau de
Yaoundé (700 - 800 m et 630 - 680 m). Ailleurs ils sont
frustes et se réduisont à dos granules ferrugineux mal con-
solidés qui marquont le contact entre l'horizon meuble
et l'horizon vermlculé. DC nombreuses études s'y sont inté-
ressées. &4 partir de 1959 ce sont d'abord les pedologues
de 1'ORSTOM : G. BACHELIER, D. MARTIN, Il. VALLERIE, P. SEG>lLEN
et plus récemment M. KUETE (1974 et 1977) P. BILONG et a1
(1982) BELINGA et a1 (1982). La coupe type montre de haut
en bas :
-l- 1,5 m argile rouge meuble superficielle
- O,% - 0,5 m argile tachetGe pouvant dtre indurée
en une cuirasse peu resistante. Elle
est parfois absente.
- 0,5 - 1 m niveau grossier détritique. Horizon vermiculé
ou bariolé d'épaisseur très rariahle. A la
hase apparast l'horizon à structure de la
roche conservée (Fig. 1A - a)
La composition de l'horizon est hetérogène. On y recense
des blocks de cuirasse decimétriques à metriques selon la pente,
des granules. Leur cassure montre qu'il s'agit de l'argile agglomhr8
par du fer et ils comportent très souvent une patine ferrugineuse.
Certains sont par contre des fragments de roche pourrio et con-
solidée par le fer. Ils sont de deux générations au moins puisque
à ces deux types sont associés soit de la "ferraille" pure à
cassure esquilleuse, soit des granules en cours de dégradation.
Les éclats et les cailloux de quartz sont inclus dans la for-
mation ou soulignent le contact avec la formation meuble de
surface.
Entre Ngomodzap et Riwong Bané, las produits de la
cuirasse ferrugineuse sont injectés de galets de hauxite (55 à
60 $ d'alumine) coupe 1.4 -b. Entre Ngoumou et Otélé, 1'h.r:
se réduit localoment à unc 5.1 de galets de cuirasse fcrriiqi-
126
a b
0 Horizon humifère Horizon meuble
Horizon meuble Horizon détritique a
galets de bauxite
2
Horizon détritique
~5 Horizon vermicul6 Horizon vermiculé
Roche d6compos6e
c d
S.I. de galets
de cuirasse
S.l. et poches de
produits roules
Fig. 1A : Typologie des horizons détritiques du plateau de Yaoundb
127
neuso et quelques galets de quartz aux angles rabattus (Fig.,
1n - c).
L'horizon baigne dans une matrice argileuse peu
abondante a quarts plus grossier que celui do la formation de
surface. A la base, le passage a l'horizon bariolé n'est pas
toujours franc et l'impression de continuitcs renforcée par
la présence de fines concrétions ferrugineuses qui assurent
la transition. La partie supérieure porte par contra des i.rnces
de remaniement : les granules sont: enveloppés d'un épais
cortex brun, patine ferruginouse qui traduit une évolution
à l'air libre. Localement des dragées de quartz a usure flu-
viatile sont associées au macrolithique daté de 9000 .a
8500 BP (N. HORI, 1976).
Les horizons à produits quartzeux forment le second
type d'horizon d'accumulation de produits grossiers. On les
retrouve dans deux sites différents : sur les plateaux à subs-
tratum mioaschisteux ( Fig. 1B) et sur les bas niveaux diss8qués
dont on ne peut reconstituer l'ancienne topographie en glacis
(plateaux d'Obala et de Sala-Sanaga). Les s.1 des produits
quartzeux se développent, constitu8es de produits filoniens
d'abord, puis de produits mixtes parce qu'au cours du transit
les angles s'émoussent tandis que les s.1 s'engraissent de
fragments d'origine filonienne.
Entre EdBa et Mbengué sur les bas plateaux c6tiers
sur une vieille topographie se raccordant à la tallde de la
Sanaga, les coupes montrent :
3 - 4,5 m : colluvion fin brun jaune
0‘4 - 1,2 m : horizon d'accumulation. Il renferme du
quartz filonien, dragées et galets de quartz, granules ferrugi-
neux patinés, blocs de cuirasse ferrugineuse. L'h.g repose sur
l'horizon vermiculé. L'horizon meuble de surface le ravino. Au
nord de Sa'a 1'h.g s'bpaissit jusqu'à 2 m par endroits parce
que engraissé par des blocs et débris de quartz arrachés au
substratum altéré. Les épaisseurs maximales sont atteintes
dans des dépressions pièges (2 à L,5 m) ( Fig. - ) . L'omniprB-
sente dans ces formations des gravillons dont le deGré d'usure
rappelle celui des constituants de la terrasse alluviale de la
128
Cailloux de quartz
Micachistes décompos6s
Micaschistes
Horizon meuble
Horizon detritique anguleux
ru--
113 superieur du versant
Horizon meuble
.,..... . ‘<; .’
Horizon dbtritique ?i produits 6moussés
Mi-versant
Fig. 18 : Evolution de 1'h.g. sur micachistes de Sa'a
(Nationale Yaound+Bafia)
129
sm
4
’ E-
2
Fig. 2a : Quelques aspects de la stone-line du glacis de Saa
Sol humifere
Niveau limoneux
3,5 Industrie grossiere
Stone-line
.
;o
:;.k&ipLg&?-&.g:
.‘_ 0. 0 . D
Limon a galets de quartz
Lentilles de galets
_e.a .o:--.,‘O’, ,. ._c
I 0
-- C’ _ d
- - - - --_-
- c - - _A^ -cc--c-_-
-- __ - _----- Limon bariolé
-- -
5,t
Nappe de galets
6,7
Roche alterée
Filon de quartz
Fig. 2b : Haute terrasse de la Sanaga A Mbandjock
WR0 -
.“.:: .’
-11,
--u.Qg
Fig. 3 : Formations superficielles des abords du Nyong
131
Sanaga plaide pour l'allochtonie d'une bonne partie dos cons-
tituants de 1'h.g. Un cortège de miner-aux lourds accompagne
le sable du colluvium matriciel et de celui de surface. Il
s'agit notamment du disthhne, feldspaths, grenat, mirn , stau-
rotide, hornblende brune, rutile et quolquos minéraux noirs
opaques (ilménite 7). La présence dans le profil de ces
minéraux dont la plupart sont sensibles au transport, plaidc?nt
pour une origine non lointaine de 1'h.g. Nous considérons les
dragées de quartz soit comme les Qléments d'anciennes terrassas
alluviales détruites et redistribuées sur les versants, soit
dérivant d'une vieille formation détritique de type rana
qui aurait participé à plusieurs phases d'érosion et dont
les composantes se seraient usées au cours du temps.
Les interfluves qui dominent les basses terrasses
de la Sanaga et du Nyong portent une s.l. constitude unique-
ment de dragées et de galets de quartz. Elle ondule, dessinant
des trains d'onde sans rapport ni avec la topographie de sur-
face ni avec la topographie cryptolée composée ( Fig. 3). Ce com-
portementdela s.1 n'a pas encore trouvé une explication satis-
faisante. Nous pensons au soutirage par lessivage des produits
minéraux et aux tassements dans le profil. A Mbandjock, un
terrassement profond a montré en dessous de la 8.1 la haute
terrasse de la Sanaga. ( Fig. 3b).
-0 - 0,5 m horizon humifère sombre
- 0,5 - 3,5 m horizon limoneux avec localement concen-
tration de petits quartz.
Ceux-ci deviennent dominants à la base de l'horizon quelques
dragées de quartz et granules ferrugineuses s'y ajoutent.
- 3r5 - 5,5 m horizon tripartite : au sommet : 8.1
de galets de quartz et industrie macrolithique. Elle dérive
du ruissellement superficiel ou de la déflation éolienne du
niveau limoneux à dominante rouge. Celui-ci cnnstitue la
partie médiane de l'horizon indiqué plus haut. 11 s'agit d'une
formation rouge à graviers et galets de quartz lités. Elle
contient aussi des lontilles de galets de quartz. La troisième
partie est un niveau bariolé jaune. La pédogénèse postérieure
i l'alluvionnement a estompé le litage et il est affecté par
un début de cuirassement.
132
- 5,5 m et plus : nappe de graviers et galets de quart
dans une matrice sablokaolinique. Elle est discordante sur une
arone du socle riche en filons de quartz.
La formation limoneuso rouge et jaune à lentilles de
Galets do quartz est en continuitb avec la nappe de base. On pour-
rait penser & une decharge initiale sous un climat fortement
contrast.6. Les matériaux grossiers supportent les produits
fins. Ceux-c? ne se déposent qu'en fin de crues. Les lentilles
bourrent des chenaux à écoulement assez puissant pour trainer
les galets. La concentration des galets et graviers de quartz
h la surface de cette formation est la conséquence d'une
evolution 0. l'air libre. Deux phénomènes peuvent y avoir con-
tribué : le ruissellement ou la déflation éolienne qui exporte
les particules fines et les élements grossiers se concentrent.
La dernière étape d'évolution est la mise en place
du limon supérieur. A l'industrie grossière de base succède
du microlithique et surtout du charbon de bois, des tessons
de poteries, les pierres à écraser etc... datant du néolithique.
Des hauts niveaux vers les collecteurs principaux
les différentes coupes mettent en Evidence le caractère détri-
tique des horizons grossiers. Leur nature est fonction du
matériau disponible. L'état de surface des constituants, ang_+
leux à subanguleux sur les hauts niveaux traduit des déplace-
ments par solifluxion sur les versants. Sur les niveaux inter-
mcdiaires le melange de stocks d'émouss6s et d'anguleux s'ex-
plique par un long déplacement sur d'anciennes topographies en
glacis avant le remodelage. L'agent principal de transport
‘aurait Yté le ruissellement. Dans les anciennes aires d'influece
de grands cours d'eau les h.g dérivent de la destruction de
vieilles terrasses alluviales ou en sont des restes partiel-
lement pédogénisés.
11 - ROLE DU VERSZ?JT
Le ri3lc du versant parart fondnmcntal dans la for-
mation des h.g et s.l. C'est sur le versant que cc;derniers
s'organisent : versants d'interfluves, topographie actuelle
133
en glacis, versant-glacis. Ils sont rares en position sommitale
Quand ils ne moulent pas le versant, ils sont hérites d'une
paléotopographie déclive, d'une zone d'épandage etc... Les
interfluves de la région de Yaoundé montrent plusieurs types
d'organisation des h.g. (fig. 1A)
1,orsque l'interfluve dépasse 850 m d'nltitudc,
il ccrrespond à un noyau de résistance que coiffe une dalle
rocheuse. Sur les versants on retrouve soit une s.1 de quartz
qui se raccorde aux produits détritiques qui bourrent le bns-
fonds, soit une cuil=sse de haut de versant dont d6rivcnt les
éléments de 1'h.r: (fig. 4a). Lorsque l'interfluve culmine
à moins de 850 m, le noyau cryptodecomposé s'enveloppe d'un
épais manteau d'alteration. Les h.g et s.1 sont alors de
plusieurs types :
- sur le plateau de Yaoundrj, les cuirasses de ver-
sants alimentent les h.g en granules et en blocs de cuirasse.
Cet h.g est peu distinct sur le sommet. Il y est épais de 20
a 30 cm, constitué de granules ferrugineux et se termine fie-
quemment en coin. Sur le bas-plateaux aux interfluves surbais-
sés les cuirasses dont des coins démanteles dont les d6bris
entretiennent 1'h.g.
- Dans un second cas, 1'h.g moule l'interfluve
et n'est pas associé k une cuirasse. Sa aomposition est plus
hetkogène : blocs et galets de cuirasse ferrugineuse, granules
quartz, industrie lithique etc... L'horizon moule l'interfluve,
mais s'épaissit sur les versants. Dans ce cas l'interfluve se
trouve en contrebas d'un niveau cuirassé fortement dégradé.
La coupe type a été observée à Etowdi (fig. 4 b).
- D'énormes filons de quartz alimentent le versant
en débris. Quelque soit leur orientation les filons s'incurvent
dans le sens de la pente au voisinage de la formation meuble
de surface (fig. >b) traduisant un mouvement lent de haut en
bas du versant. C;tte solifluxion est responsable de l'usure
croissante des constituants du versant vers le piemont. Ce
mouvement doit atteindre sa vitesse maximale pendant les
périodes de crise morphologique lorsque le creusament ou lo
déblaiement des vallées crée un vide déclanchant un mouvo-
ment généralisé sur les versants. Le phonomène s'active aussi
Cuirassede versantet h.g
Fig. 4a : Interfluve de MBALA II (Yaoundé)
Fig. 4b : Interfluve à h.g. moulant en contrebas d'un niveau
cuirassé 3 Etoudi (Yaoundé)
Horizon meuble et industrie de base
l .. .
._..
..:.
. :.. _._.*
.:
cl Granules ferrugineux
Cuirasse ferrugineuse
Horizon d'altération
Horizon pain d'épices
Gneiss migmatitique
Fig. 4 : Coupes d'interfluves
Fig. Sa : Horizon grossier a granules ferrugineux
horizon meuble
.. .,r.-..’
:: .
:: .
.:: -
Fig. 5b : Horizon & produits quartzeux
Fig. 5 : Mise en place de h.g. B 1'6chelle du versant
136
pendant les périodes de pluies exceptionnelles. L'horizon
meuble, C;or& d'eau decolle et glisse sur un horizon ver-
miculé 18gCrement induré ou incomplètement ameubli.
- Lorsquo la roche mère est riche en veinules et
lits de quartz, on remarque quo sur le sommet d'interfluve ,
dans la roche altér6e et ameublie, les débris ne constituent
pas un horizon distinct, ils forment un pavage à la surface,
ou bien ils s'ordonnant en s.1 superposées, discontinues plus
ou moins perturbées. Sur les versants, 1'h.g. détritique
s'organise et s'epaisait vers le bas du versant, les cons-
tituants y ont des angles rabattus et les lits de quartz
sont retrousses vers Le bas du versant (fig. 1B)
Les horizons grossiers et surtout les stones-lines
sont encore mieux realisés sur les topographies en glacis
et versants glacis des piémonts de la dorsale de Ntui, Nfiki
chafnons de Bafia, collines de Yaoundé et de la bordure
occidentale du plateau de YaoundB.
.
T>a piemont
I
occidental de la dorsale de Ntui est
façon& en glacis. Un haut glacis à cuirasse congloméra-
tique, ?I 1' Otat résiduel, aux dépens d'un épandage de galets
de quartz. Elle ontretient sous 0 à 0,5 m d'argile rouge,
un h.g. Un glacis de substitution s'est façonné aux dépens
du ler et 1 à 1.5 m d'argile rouge ennoie une s.1 à frag-
ments de cuirasse conglomeratique et à galets de quartz. En
contrebas la haute terrasse du Djim se résoud en croupes
et lanièros. 1.5 - 2 m de sol rouge recouvre une nappe de
galets de quartz epaisse de 0,8 a 1 m reprise dans une cuiras-
se faiblement indurée. La matrice est rouge tachetée de blanc.
Dos ,glacis d'dpandage CI niveau détritique composé de débris
de cuirasse à galets et dragées de quartz s'abaissent du
Piémont du Nfiki à la vallée de la sanaga et se raccordent
aux terrasses nlluviûlas.
Très souvent les h.,y et s.J n'épousent le ver-
sant *actuel que de façon imparfaite. LJysont alors conformes
& <L'anciennes topographies en glacis ou des basfond d'ennovage
ultérieurornent disséqués. Au sud de Yaoundé, dos paquets de
gnlcts do quartz bien tisés forment de petits gisements enfouis
137
SOUS 3 à 4 m de colJuvium rouge. 11s soulignant une paleoto-
pographie inclin&NS : c'est la pente genéralc dl1 plateau do
Yaoundé. De Bafia à J3olcit0, lc piemont oriental du charnon de
Rape comporte des témoins de niveaux anciens. I,es co~~oes
présentent fréquemment :
l- 1.45 m, colluvium fin ocre
1,45 - 1,65 m : h.g composé de dra:yées de quartz,
rondes en amande ou légbrement aplatis à la suite d'une
longue usure. Des galets de quartz (1,5 S 3 X '3 cm), ~II q~~artz
filonien, des granules ferrugineux. La formation meuble de
surface ravine 1'h.g. Localement des poches atteignent 0,5
à 0,7 m d'épaisseur. L'h. g repose sur l'altérjtr? vermiculec.
A l'entree de Yangben, 1'h.g est indurée en une
cuirasse conglomératique. Le golfe de Bafia s'incline NE-S\/
de 460 à 380 m. La topographie primitive a été dissequhe
et de lourdes croupes à altitudes décroissantes vers la
Sanaga dominent dc vastes plaines. Les croupes culminantes,
qui se situent entre Yambassa et Goufan portent une altorite
iocalement traversée par d'énormes filons de quartz. Elles
alimentent une nappe grossière qui moule l'horizon vcrmicule
( Fig. ?b). En remontant vers Bafia, les s.1 de quartz sont
peu nettes, subaffeurantes et les produits subanguleux. En
descendant vers le fleuve par contre, les différentes coupes
montrent d'abord un mélange de stocks d'anguleux et d'émousses
grossiers, puis les produits s'affinent pour devenir ronds,
ovales ou légèrement aplatis ;i Dotatango au-dessus de la plaine
de la Sanaga. La nappe a pris un aspect alluvial et se raccorde
à la formation gravillonnaire de base de la terrasse de la
Sanaga.
La mise en place de 1'h.g. 011 de la 9.1 nécessite
en fin de compte l'existence d'une source d'approvisionnement
qui peut Otre une cuirasse étale (fig. 5ô) ou à 1'Xtat rési-
duel, un filon ou des bancs de quartz interstratifiés) situéc
en amont. Elle nécessite aussi une pente suffisante pour
faciliter le déplacement sur lin paysage h couvert végétal tres
peu f.wrni. L'évolution est donc aérienne. Le versant est l'é-
lément topographique fondamental. Ces ensembles dc critères
138
font des h.{:. et S.l des hérita::cs. L'ensevelissement des
prodliits ,yrossi.ers sous un rolliivium fin est d'abord concom-
mittant puis celui-ci s'47,aissit par apport par solifluxion
et creoping. Les tcrmitcs peuvent localement et périodiquement
faciliter la remontoe de la terre que les eaux de ruissellement
rédistribucnt. Fntre Sidongui 1 (3°591?J - 10°38't*:) et Dibang
(‘iO59E - 10°~4'JK) l'enfouissement rapide d'une nappe de gra-
vats artificiellement dkapée est en cours. Les graminés
fixent le sol fin d'apport. Il est clair que le colluvionnn-
ment s'est fait sous un climat de plus en plus humide. N. HORT
(1976, 1978, 1982, 1984) estime à 4500 - 8500 BP l'ace de
l'outillage collecte surtout dans le premier motre supérieur,
ce qui correspond R l'holocene.
L'h. g à granules est dans le paysage, solidaire,
d'une cuirasse dégradée et no peut pas &tre intégré à un
continuum d'altération. Les s.1 quant a eux ne sont pas,
dans le paysage toujours lithodépendantes, la résistance
des produits quartzeux permettant de longs transports, au-
delà des sources de production. L'usure des calets est fonc-
tion de la distance parcourue. Ainsi on les retrouve dans le
profil au-dessus des roches pauvres en quartz. A Bafang sur
les hautes terres de J'Ouest nous en avons vus surmontant
des basaltes, libérés par le socle voisin en position plus
haute. C'est 1% l'une des preuves de l'allochtonie des
h.g et s.l.
139
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141
EVOLUTION DESCARACTERESMINERALOGIQUES,GEOCHIMlQuEs
ETPED~GENET~QUE~ DwNEsERlE DE sons FERRALLITIQUES
ROUGESPROFONDS DEMBANDJOCK (CentreCAMEROUN)
J. BINDZI-TSALA*
RESUME
d&vebpp@h AWL qua.&ztiiten d m&Ouwx, micaAchiteA ii deux micab eR
gntiA emba&tied Dane la Mgion de MGANVA?CK,Cent&e Camekoun, con-
duit ii La mibe en evidence de deux &miLtW de 6o.f~. C’e~t ainbi QU'OII
mwontm ii KANVANG, en moyenne a&i&de, deb no& aougeb ~~JwJX&~-
pen, peu pto6onds &ibLement dCbaXu&b dOriv6b de mica.bchLteb d deux
micab. En Irevanche, huh & p.kWeau de MBANUJOCK, be dCv&oppent ded
bob ko0uge.A~WQUU moyennement d6A&&A d&ivlb de gneiAA. Au
point de vue minCh&ogi.que, &?b A0.h &ougeA lrepoban.2 huh micabchiLteb
ii deux m&an hen6ehmen.t de kL’i,UiXe et de La kao.Lintie en mUange avec
den oxyded de tje~~ AOU~ 6ohme de goettkilte eA ticeh d'h&naLi.tealohn
que &A no.0 d&.iwZh de gntiA embt&hLteA cornpatient tineti~emeti
de la kao.l?in.Lte
eX deb oxydes de (UL hOUh 6ome d’h&maLLte et d’un peu
de goeXhite -
* Centre National des Sols de NKOLBISSON - lnstitut de la Recherche Agronomique
Ministbre de I’Enseignement Sup&ieur et de la Recherche Scientifique - YAOUNDE (CAMEROUN)
143
INTRUDUCTZON
le choix de Mbandjock comme ca&e de noA rrechc?hche.A Ae
juda.X@e p”r l’exi&ence d’un impohtant domaine de Lz Société Suchiè-
hQ du Cameroun (SOSUCAM) où A’étendent de vante, zoneb de AO& hougeA
oui n’avaient par hait L’objet d’une ttude p6dologique AyAtémaLLque
p4ëa,t!abee - le 6auf ëga.fkment ajouteh &A COUP~A @akhe6 u66etien
&!O~S pan te Chemin de Fti Th~_~~Acame~~unai~ de YAOUNDE à MBANVJUCK
-
Ce .&a~&.? vient A'ajoute4 à de nomb&e.ux akavaux 46a&AéA
au Camehoun AWr .&?A AO.& ,$eJUu&%%tipueA ti dont &A 4fAlLetatb ont 6ti
phogaeAAe4 noXhe conn&AAance A~L cti A0.t.A - Peuh Ae .Gm.ite>r aux é.tu-
&A tti p&~ carLaotë~.QueA, Lt? yaLLe.u dec.iXtiheen autewtA Ati-
vana2 :
Laptante (19541, Bachetieh (1955, 19573 MahXin V. et
Siedd@matut (19661, Ma&& V, e.t Sega&n P. (19671,
Bindzi-TA& (19711, Sie6@mann (19731, G. BUC~UlER et
J. MILLER (1973).
L’apptroche condLte dans cette Ctide A’appuie 6u4 &A
techniqueA anatyt.iqueA wueX&~ en maa%%e de p&tioghaphie, minéhaeo-
gie, chimie e,t gëochimie. L ’ étide de t-n a penmis en m&ne tempA
La ca4act&..ihation mo4photogQue du AotA 4ouge.A 6eYw&t%%queA conAi-
d&ëA -
1 - LE MILIEU NATUREL
La 4égion de Mbandjock eAt ALtuëe au Celte CAMERUUN, à
100 k.iLomè&u de YAOUNDE, à 400 fzilomètiti du L.iaXohae etie 4’18
et 4OZb de khthtude Noad, 1l”5U’ e.t 12’10 de longitude EAt. (E'ig.II
144
l”l’!J. 1 : Situation & La zmc ~tu&ée Iéchell<z : l/SOOO 000)
D’une bupe.h,@ie de 10.000 hetiti enviton, le beoteuh
Jtudié concehne. ptincipak?ement le domaine de la SocCété Suc~~&%e du
CAMEROUNiSU.SU.CAMl. it appatient à .t’awwncL&ement de Mbandjock
oui cvmp.te 1272 k,ilowèXJwh cahhéa eA f$& pa&Le intéghatie du IMpah-
aVmertR de 4a ffaute Sanaga, Pkovince du Cett&e - L’arLhonaoeme& de
Mbarrdjock e.ht conbti6 ebbenLie&meti pak LQb viL.lagQb indépendants
de Ndô et Mfbomba.
145
A. GéoLogie. 1~ 6o/unaLi.oti koug~ de Mbandjock ont
cane abb.ibe métconohphi.que. On &!&i.ngue deux phincipalti phouinces pé-
Owghapkueb compobee4 den coLLine hautes et de La pénPpLa.ine (l~‘t$. t>l
Van6 len cokY!ine~ hautes de KANVANG ( 1U23 m1, du oommti
à Jk bade, b’obbfwJet%t bucce,5bivemenX :
- des quahrtzctes à minéhaux ~ohmant des bancb J%?b pui_b-
banz2 ; de b’agit de tochti compatieb, micacéti (mubcov.Lte) eX ChiA-
2atTGneb avec deb &L&?b 5 g&LiNb $&Ut ti 6 gR&Ib gmbbktb (fiacitib
bacchahoide] ;
- dti m.kZAC&btU à deux mirab bOUV’ZYLt aetéhéb et &a-
%ti avec, comme minéhaux p&~ipu.ux, de la bi.oLLte eX de I?A mwcovtie.
il e6t à notw que Les mica.&iMes &Wwtent avec deb
(Ineibb dont on tre&ouve de6 b-toc6 buh &A penteb de Kandang -
La p&t@plaine de Mbandjock, d’al.titude moyenne de 600 mi?-
tAeh, g&%%.ak?emeti ondu&e phebente QU~QUPA a~&&wU?mentb de cjtizi-
a2.h m.i.bWb à @cièb bouvent bacchaholde (P&~&AU C SOSUCAMI. On
obb&we éga-temen.2, à La 6ave.wt d’une coupe ou d’un fit de mahigot, des
gne,iAb embhéchiatti du botte ancien UkIbi que des amphiboLL.tti @%~XI-
.thi.quti. Un note e& ouOte l?~ pdbence de c(Lulabbeb 6eMtugineubeb bou-
vent dibpe&téeA çà e.X Là buh d’anciennes bWt6aceb d’&obion. le @.ui
ajotieh en 6in de compte &A a.&hIiOnb Li_moneu.6~ de ~!II teWuIbbe de
la Sanaga.
B - GéomotryJhotogie. V’aphèb i!eb tivaux dw auteuh~
zomme Segalen (1956, 19671 eX Mm (1967, 19791, on doiX hegahdeh
ce Cetie Cameroun comme 6o&mé de deux buhdacti d’apLaniAbement pti-
cipal% à OUvOih k?.abutdace de L’Adamaoua et bu bwrbace du Centne Ca-
mehowz phophement oUe.
La p&?miE~e dti butdaceb occupe La pLub ghande ptie de
I’Aalamaoua à patLtih du Sème degwf Nohd - Son aLtLtude wa.tie gént%&e-
ment etihe 850 mètieb et 1200 mètittren. EUe a éRé datée de La &Ln CM-
tacé. Qu_ant à ta beconde bUdace, elle b’étend au bud de la ptécéden-
te à deb a.ULtudeb comptie, enOte 600 eX SO0 mèzkti. EUe a été da-
.tée du début Te,ta%ihe e,t dotune ta butrbace dite AQ.icaine 1. C’ebnR
146
147
e&Te qui Cntt%e~be & kégion de Mbandjock comptie ent&e PUA co4ti-
neA huu&34 M@i 1983 ml, Kandang Il023 ml, Angouma /9U3 m) otientéti
S-W N-E d’une paht, le &~~ve Sanaga otientP N S-W ti bu tw6Q
~‘aut4e pwt.
c - Chat
d La rrégion de Mbandjock cnt cahactétiée
:XWLune tempéhattie moyenne annutie de iZ’oJ&e de 24OC va&xnt en-
.tie 23-25°C et pah une p&v.iom&ttie moyenne annue.&Te de 1400 mm va-
tint enthe 1350 et 1600 mm. L’évapohation “Piche” moyenne annuelle
n'évahe à 772 mm. Le chainage cl.imatiyue annu& ca&& beIon Hénin
JX Aubeht (19451 e~.t wtimé à 5Uù mm. le ceimogwnme de titiben inc&-
S:ue une naibon &che unique de lU9 joua b’étendati de .k mi-novennl-
L&e à .&x mi-ma. Un compte en moyenne l TU jouhd de béchehe4be eépah-
ti en f3U jow de novembhe à rnti e,t 41) en jui.&Zet e,t aoûL Le nom-
b4e moyen annu& de jow de pluie eût égaI à 9U avec comme 4éLépahti-
fion, 50 jouhb de mum à juin et 40 de bepkmbhe à nowmbhe. L’hunti-
dité w?,&tiue uahie me fù ti 85 %. le nombhe annue_kZd’heures d’en-
bo&.iXIement e~bt compti enthe 1700 et 1800.
V. Véq~tion. La végétin na.ttieZe e.bt conbZ.itu&e
piz4 % d0tê.X du,f~XoLLf 4ep4éaentée pa4 LeA galeLeS 604eAti~4w te long
de.4 COU~~ d’eau ct pah la aavane à base d’ar&zopogonéed.
77 - LES SULS ROUGESVE MBANVJUCK
A - Méthodes d’&tide. lti méthodti d’éahdc uaZiLi&ed
pou4 t.î&ttia &A cahacXè4ti minétiogiqu~, c~ue6, géochhi-
?MA e.t pfidogéné,t.i+ti den AO.& hougeb de Mbandjock comp4ennenC l’é-
tude de &!hhain, &?A an&yAti phydico-chimiqueA, pétig4apkiqueA et
.xinéhdeogiqued au f.abotio&e eX l’étude de.A ~&O@TA hytiquti.
POUR.k?‘éXude de tW, &A AO& du ba4hi.n de la Mokona
ont @iX i?‘objet d’une phabpQGi%M de déti - Ainbi a été étudiée
une toposéquence Kandang - Sanaga tangue de 22 km. [Fig. 1). Le X&I-
vade a conbibinté à ebbectu&& du bondageA à f.a .tahiè4e pouh déLimcteh
&A zoneb homogènti eX de cheu4ti du puitb ph.odond6 de 4 à 6 mltieh
cah ti d’agti de ~O~TA
trougeh p&ot(ondo.
Au eabowtotie, eed dé&,+cminutioti phynico-chimiques ont
é;té @LQA AeXon &A méthodti habitue&% à iT’1.R. A.T. à Nogent-Sufi-
k4nQ en Fmnce. le a été déte,w&é &nbi pa4 &&ion a&a&ne ti mé-
148
thode .Oktide &A Wimeti taXataux ~uivti : hlke totale, @L to-
&z.t, aeumine, ,ti.tane, manganè~e,pho~pho/re, cakium, ~O&W&IV, magnt-
bium, bodium et eau fustenue d lOSoC/ en OUOLCT, i..l a &bé détenminé t’a-
ktnk.um hchangeable, .k bilice combin@e et le 6a fibtre - La Plé-
me&4 Cchangeab& cakiwn, magnésium, poak.&~ium et bodium ont é.t& ex-
thai~% pah kle&ivage à fl’acti&Xe d’arnnonium neuthe - L’azote tofal a
ht& dét&knC pah la méthode Kj’eldahl? et le carbone toi& par la méthode
Anne. Les rnatiè~eb humiqued (acides hwniquti et @kkiqu~~ ont
éti dob@eA A&on &a mtihode de Ch.am&xde - L~A &ybeA mécaniqueA
ont &3! JUWSA~~A belon la m&%ode Mehnatio~e (tipehsion à l’he-
xamétiphobptie et pké&veme.vU à lu Pip&e Robinbon). Le pH a @it
k?‘objti d’un ~~QV~ au pH-mc?ahe.
L’Ctie pé&wghaphique et min&haeogi.que ded moche.b-miVw
de kk &g.i.on de Ubandjoch a &t& titice au kkboh.a.toihe de GWogie
et des Mines à Yaoundti et au l.abohato&e des bol2 à Vdchang - L’ana-
Lybe minéhaeogique 6ommaiJ~e des bables a con6ib.M ~II une &Qwu&ion
denGm&W.que des m.i.n&~x .Mgehs ti des min&ua.ux lowuih A&n la m6-
thode p&2coniAepa& Lenhem et mod.i&i.6e pah Vuchau6owr (P&c& de
P&io&gie, 19651. Une bépahation magktique deb minéwx a étt ebdec-
tige au moyen du 6~ à cheval, de l’aimant-ve&ou.be ti de ~‘U~M?W-
aima& - L~A @cX.ionb magnéZ.i.qu~ ti non magn@@ue6 oni 6x6 étudieti
à kk Loupe binocueaihe POUILd’%Wmineh kW typez de m.i.n&~~~xalluvion-
naihes le.6 p.& Qu?quen& ei d’étudier la cowwdion pédochim.@ue éven-
.tueXtZe dti quatiz. Qu&quti .&@A minces de hoche ont é.G ph+WLé-eb
be!on ik mtithode habtie&!e et Ctud.i&eh au m&w~cope po&v&ant. On
a h@ak!d ci Bondy à ~‘ORSTUM, l’anal?yAe des cokYoIdti minéhaux pah d4-
@.ac~omUkie de Rayons X.
La mo4phobcopie dti quatiz a @A e’objti d’une étude à kkz
Ooupe binoculaine eR on a kepti pou& ca~~~t&.i~eh .&a dohme des quahtz,
&A &JUWA u,tili~@d pa& CaiUeux en phoc@dant au compakge deA qua/Ltz
hondb ma&, 6mouAAéb kkiMv&A et non uAé.5.
Pou/~ L’Oude deb pho@b hydziquti, les humid.iXén pondéhaees
des pho&i& ont ~9% dé&uninéed à C’iRAT USCHANGtitandis que l’humitié
équiva&nXe eX P’hwnidiAé au poil de @ShA6ement ont 6.G détehninées
2 k?‘lRAT Nogent-nu&-Mane.
149
8. Lb.3 JLéALktUtA. 1’1 LeA p4oceAAuA d’aete~tion.
L’ohigine et L’évo.etion de.A A& obAe4uéA e/t déctis danA
fa 4égion de Mbandjock Aon2 fi6e.A à &LO~A ptincipcdti &mt~e~ de ~PWCU,-
AuA d’aetétion. lk.nA LeA co.t%neA hau&.A, au Aomme& e’aftétiion dcA
4ochti ent phynico-chimique à ptlédominance mécanique : k?cb bancA de
qua&z.iXen Ae ~4agmetieti e2 Ae décompoAeti. En aUi,tude moyenne, YlaI-
R.etion phynico-chimique e~nt à p4édominance chimique eA cunduit ii e’é-
didication de phyUoAiXica&A 2/1 [i&%e en L’occu4cncc) eL 111 [kao-
&niXeI. DanA R_u pénéptine de Mbandjock i!‘aiXétiion phynico-chimique
phoduit ~AenX&&went de La kao.GniXe - Dann toun &A caA, UM n’ob-
Ae4ve pas d’hy&oxydti d’a&m&ium (abbence de gibbdite) maiA en heua).-
che A’individuaG5ent ded oxydeA de A~IL (ptlénence de gotihcte eUou
rl'hématite).
2’1 Mo4phoeogie. L~A Aob &ougcb de ntcywne a.&Uude
de Kandang (ent/re 700 eX &VO mètie_A) p46AenXent un phodti de Type ABC,
neu développé, d’éptiAeu4 moyenne égoJe à 2 mètien - L’hotizon B eût
coto4é en 4ouge (IOR 416, humide) eR mon&e une textu4e ahgieo-Aab&.&
Ae. le eût ~&LA dévdoppé que &A hotizonb A ot C. L’hotizon C eût 46-
dti, beige ti ptictiè4ement pauv4e en a>rg.iXe. Le p40@~’ h~udi& e&
en ptice, &?A cou4be.A 4ep4éAentiti L~A éUme& de 0 ii SOOU mic4onA
vnt une même aUu4e pou4 -&A RILO~A hotizo~~n. (Fig. Sa).
Leh ho.& 4ougeA de p&&?.au ont une gode extension pa4
happoti à ceux de moyenne altitude. Le p4oQX eût toujoti de type
ABC m& ex&&nemeti épai_A, d’une ptinance moyenne de 10 mhakti. 11
e&t Le p.eUn Aouvent meuble eR indi~@4encié Au4 p.&Aieuhn m&%?A pou-
vant p4éAetien ~a.4 er&oi..tb, de_b niveaux de cuihahhe b.tétique. la
texttie ut cvrgtio-Aabeetie au Aomtnti, a4gdeuAe en phobondeW1 - L’ho-
4,i_zon B e,st colo46 en bouge ; iI ent épti (4 à 6 rnètiti 1 - L’hotizon
C ut aLLAAi tièn d6vUoppé ; c’est le niveau d’a)rèwA pJ%.tiqueA Aou-
vent panaché. (Fig. 3bl
3” / Minétiogie. Vu point de vue tninéhaeogique, on a.-
Ahte &~LA la @action in&%&?u4e à 2 tnichon~ dti Ao& 4ougeA de mo-
yenne a&i.Xude, à L’édQiction deh 4éAeaux de type phyUUeux avec
des phyUoA.i&ca&.A 21 I (Ue) ci I/l (kaotinde) . L&b oxyda de
de4 doun aohme de goeftie accompagneti &A phyUoAZcaten. La phane
150
a -SOLS DE KANOANG
PROfIL AIEA I
b -SOLS DE PLATEAU
Composition minrralopipur
S.S. s.f. L Arg.l(l 10YL
7.
A2
---
Cl Limite suwieute de l’horizon d‘aIleration
Fig. .5 : Vnrintion & 7.acomposition granuZom&trique et minéralogique
151
TABLEAU 1
EVOLUTION DE LA CUMPUS7TiON CHIMIQUE
DES ZONES SUPERIEURE ET PROFONDE VU
PROFTL MBA 1.
: si02 : Fe203 : TiO2 : Al203 : Cd
----~__~____~______-_-~_----____-_ ~____~______~-__-___--__~---_-----__
: :
Lihomahge : ?5,71 % : 6,lO % : 0,07 % : 13,33 % : O,b? s
: :
Niveau : :
75U cm * :
Sol i 62,42 % : 14,bO % 1 u,25 % : 16,ZU "a : 2.24 %
: :
GwLlu : :
O-6Ocm : :
__________-~____-____:-_____-____:----__----~~~---~~-----~----------.
: :
: Mg0 : KpO : Na20 : H20 1 P205
: : : :
----_-----_:-_--____-:____-___---:__---_~---~~~---~~~---~~----~~~---~
:
LCthomatge i 1,66 % : 3,26 % i 1,47 % : 0,54 % i 458 p.p.m.
: :
Sol : 2,OO $ : 1,6U % : 1,50 % : 1,80 % : 676 p.p.m.
: : : :
__~________~_________~___________~______~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
: :
:Fe tibtre &203 ech. : .s.q SO&: si#2/ : SiU2l
: : :
:FepO3 % : p.p.m. : b& : Ae2O3
R2U3 :
: :
___________:__-______:__-__-_____:______~~~~~~~~~~~~~---~~-----------.
: : :
lithomcqe : 2.37 % : 1,5 : lU,UU % : 1,26 : U,4b
: : :
SOL : 6,iZ % : U,7 : 14,Zb % : 1,49 : u,94
: : : : :
: :
152
TABLEAU 2
CUMPWJTIUN CHIMIQUE DE LA FRACTlUN
INFERlEURE A DEUX MICRONS UES SOLS ROUGES
VE MBANUJUCK
-.
:
?m @cd : Si02 % : Fe2U3 % J JiU2 % : At2U3 % : Caù + &.JU
: : m.e. 5
-------_---__-_:________-:---_------- :------_-_:______--- :---__----_-
MBA II 40 cm : 65,34 : 11,UU : 0.15 : 24,15 : u,13
100 cm : 61,?4 : 9,bU : cl,13 : 19,97 : u, Ib
hiBA 711 IUU cm : 64,12 : b,3U : U,ll : 18,49 : u,u4
U-15 cm : 77,63 : 5,4u : U,lU : lu,95 : u,13
M~A IV 4UU cm : 66,27 : b,5U : u,15 : lb,37 : 0, 10
45-130 cm : 69,Ub : ?,5U : u,12 : 15,tiU : u, lu
ZU-45 cm : 79,Ub : 6,lU : U,12 : 11,3b : U,ll
U-2u cm : 76,66 : 5,7u : u,12 : 9,93 : 0, lb
‘&A 7X 35U-400 cm : 52,65 : 13,3U : U,15 : 24,97 : u,u9
3UU-350 cm : 63,UU : 11,6U : 0.12 : lti,9b : u, 11
2UU-300 cm : 62,32 : 13,3U : U,16 : 23,99 : 0.12
TU-2UU cm : 61,9b : lU,UU : U,14 : 19,51 : u, 14
U-70 cm : ?5,6U : a,zu : u,15 : lti,55 : u,12
:
: K2U % : Na2U % : ff20 2 :Fe .tibm :At Echang.
: : p.p.m.
._________--___---:_________:_______-_:_~--___~~~~-___-~~_:~_~--_~~-_-
MBA 77 4UU cm : U.12 : U,24 : 1,23 : 7,92 : 49
1uo cm : u,17 : U,27 : 1,29 : 5,49 : ?
M6A 771 100 cm : u,12 : U,16 : 1,27 : 4,su : 18
U-15 cm : CI,14 : u.27 : 1,19 : 3,37 : 30
M6A IV 400 cm : u,12 : U,24 : 1.24 : 5,49 : lu
45-13u cm : u,uti : U,37 : CI,96 : 5,2U : b
2U-45 cm : u,12 : U,16 : U,9? : 3.54 : lU9
U-20 cm : u,12 : U,24 : 1,12 : 3,3 : 30
MEA 'IX 35U-4UU cm : U,lU : U,l6 : 1,37 : 6,63 : 94
3UU-35U cm : 0,12 : u,3u : 1.28 : 6,lU : 75
ZOU-3UU cm : U,12 : U,3U : 1.56 : f,?b : 4
70-200 cm : U,14 : U,23 : 1,25 : 5,95 : 9
U-TU cm : U,lU : U.16 : 1,27 : 4,55 : 6
:
153
h&AtiU&e de la @a&on AabkuAe tint CompoA~e eAAenti.ef&meti de
quahtz (dominant), d’wz peu de micas ~mudcouCte ALchtotij, d’un peu de
&&i~pa..th~ et de quati& apphétib&A de m.in@haux louhdA (le htie
e,t J?e tithène AOV& &?A pF.u~ dhfqueti) -
Reeativemd aux AOLA hougeA de p&kzu, 42.6 téA&.tatA
d’an&yAeA deA arrgi&.~ (@action in@iewie à 2 m&wn~l ne révèlent
que .kx p&Aence de Lotivite, d’héma.tLte eA d’un peu de goeXhi_Xe. La
gibbbdte e~dt abbente. VanA k?a @.a&n sableuse, on @_nneovuke du qua&z
dominant (60 % du AOL dan6 bu p&zmmiem ~&P&U 1, den quantitéA nt-
nP,igabk~ de micaA, @MA~~J%A et minékaux a&M.abteA.
4’1 G~ochimie. Vu point de vue g6ochk_que, on obdeh-
ve dans kk~ AO& houge_A de moyenne a&iXude de Kandang une &èfie peh--
te de ame parr tappoti au maXéhi.au ohiginetl. On anA&te à un phtino-
mène généU& de didaX.bution du 6~% et de C’alumine du Aot. CU
cWZmen& ~ont maintenuA en pkkce. Le happoht Ailicelakunine est in@-
h.iew à 2 - La compoktion chimique de C~A 6042 est donnfe daMd le ti-
blenu 1 -
Les AO& de pkZa&au en revanche, AO& le Ai$ge d’une d.4-
@wGa,Con pou~b&e avec une pehXe ma.AAive de ta A.&ke du Aoe w
mppoti au nm2tiu OC&~& La mobil&&n et kk hediAtibuti.on de
.t’a&mi.ne et du ~QIL bont g&&&i.&2eA. Le Jtappoht Ai.&celalumine ebt
égal à 2 révdlant ainsi la pmhence de la kaotinite come minhai! des
akg.&b. La compobition chimique de ceA A0t.A houged de plateau eAt
donn6e dans le tabikuu 2.
Y/ Chimie des AOLA. Pour Ces bol2 mugeA de moyenne
at.t&&z, le complexe abAoJr.bant ehdt aobez @i.b&ment déAatwt.& cah Aon
degm- de A-n 76 % ehnt élevé dan.~ la paM.ie &pQieuhe du pt06i.t
(60 pwn.im centimèR;rreAl. La capa&é AaMe d’Cchange 7,65 m.é.llOO
g et la Aornne deb ba6e6 5,39 m.é./iOO g bont d’un niveau moyen. LU
bases, danh .&A 60 phemim Centimètiu, AOd e.AAe.d=i&em& COnAti-
tuéeh pah 46 % de cakium (dominant), 26,3 % de magnéAium, 3 % de po-
ta.AAium e.t 0, jr 8 de sodium. Vati ta zone d’aLt@tion (150 cm), ce.ttt
r.OmpOA.&kn devient : 30 % de ca.&i.um, 23 % de magnéAium, 3,3 % de po-
154
ta.bbium et 1,s p0 de nodium. kb happOh,tb t?i&iéqtiv&~tio.ihU dont, WI
gen@M, bien c!qu&ibhéb. A Gthe d’exempte, on tiouve : Mg/Ca = U,57
0.t MgIK = b,5.
LU bOk!b ROUge6 de pkkte.au motient, en généhae, danb te
pJ~emieh mètte du bol, une débatuhation du complexe ab6otian.t moyenne
de 40 à 60 %. En hwanche, en pho,jondeU, La détatwration eh.t
t(otie, de 1b à 40 $ - La nomme de6 bana vtie de 1 à 3 m.é. 1100 g ac-
cubant un niveau bas - la capaciZé toXa& d’échange varUe de 3 à 6 m.
é. 100 g - Dan~ te pheJnkYL mhtie du OoL, Lti basti bont conbtiuées
en moyenne pub 30 8 de ca&ium, 7 % de magv&ium, 3,6 % de po.tahbi.um
eA 2,1 % de bodium - les happohtn m~équiva.k?tieb bont tièb va&&-
b.tes ; ih indiquent PO#L ce.Mains niveaux un débéq&i.Libhe enthe magné-
bi~m et pOikbb.iM.
fT”/ Economie de 1 ‘eau (Fig.4) Les sols rouges de moyenne al-
titude ont une bonne Économie de L’eau - En pW.ode dèche, le bol pobbe-
de ucohe 62 nm de h&bmvc d’eau &iLhable but une tinche de 60 cm
Oh. ce6 hoeS dont expobéb d des ptiti d’eau conLdéhab&tt de parr te.~
pob.Ltion en pente -
L~A bath muged de pkhhau poUdent des hLéb&hvU d’humi-
dité moqenneb, jr % env&n d’humid.Lt~ pondétie. le6 peuvent con~e~vti
pendant abbez tongtempb &LUL humidité - A&&i, au p.h ,joti de la hoi-
bon b@che, buh une 0.anche de 10 cm, on D~ouve encoke des héne&ves
d’eau uLitUab&4 de ~‘ohdke de 4 nun -
CUNCLUSZUNS
L ’ Ctude d’une b&tiQ de AotA touges 6wuu dan0 ta
h6giOfl de Mbandjock (Cetie Cumehoun) pehn& de meZ&e en évidence
kT’etitence de deux cJ.imax, L’un crue cowttipond aux 6o.f~ hougrn
pho60nd6 moqe.nnement à ,jotiement d&&utbb de p.hteau dév&oppéh bah
gn&bb embtichiien, .t’auXhe btationnti, peuh &A boeb hougti peu pho-
fion& @.Lb.tement d6batuh&b de moyenne uLt.Ltude dPhiv&b de ncic~chibt~
à deux mica. L’anaLq~e du ptw&LL~ hévèle une dive,tgwce d’@vo&t.ion
evu?~e Len deux @niUed de bok2 hougen.
Le0 donnéen m.in&tiog.@uti .indi+~ent e.bbwU%Y%nXti La
phlbence de Z’Ue, de la kaoLinLte et ded oxyde6 de 5eh doud 6ohme
de goeXhiXe dan6 La 6hacXion in&%ieuhe à 2 michon4 du ooh h0uge.h
a - Sol ronpp de moyenne altitude b-SOI rouge de plateau
Profil MBA I Profil MBA II
hnnldité # humiditi X
r
1 20 30 40 10 70 10 20 10 40 50 60 70 10 lu 100
01 I --
0
10
20
30
40.
SO
82
70.
80 0 . ..<...... ..23 -11-t:
e_ II- II- 6: E
20. m______ Zl- t - 61
ma
110
j
1201
profa;dcur
proffodeur
Fig. 4 : EvoZ:ction de l’hwrridité du sol en fonction de la profondeur
1%
de moyenne altitude. On note de mfme une tichabe appeéciable en m&é-
4aux aLtP4abteo clati ceA f(o4maXions. Le6 no& fiougti phodondb de peu-
teau ne trenrjment guè&e, dann leti phtie tr&idueUe, que de la haoti-
ntie et dco vxyden de des C)OLLA
(ohme d’hémakte ti d’un peu de goethi-
te. C~A boJ2 4ont dépowwti de minétaux a.&étib.ten - Leh hochu-rnèkeb
dc?o deux JotiaaXov~~ Aont di~&kenten : 4ochen acidti dati te CM den
00-k de pkkau mais de ntie 6ehho-magnéb&nne powt .&A ho& de MO-
yenne a&Ztude. On doLt 4eggandeJt kk hoche-mè4e comme 4tiponsabLe de
!.a divehgence d’évokt5on conoXatée enOte &A deux @~z.&A de bo&
trougeh.
L~A données géochimigu~ con{.i&ment Leh ahgumeti minéhalo-
~icjuti dan6 ta rntiuhe où l’on obnehve un phénomène de di~&Ztenc.i&ion
(pe&e de tAlice du no1 pcvl trappoti au matétiu otiginel) &Cbk?e dati
te. C~A du bo& 40~9~ de moyenne aLtitude, d@veloppé pou4 .&A bol2
hougen phodonch de pikZeau -
157
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159
EXCHANGECHARACTERISTlCS,CLAY-SlLTMlNKRALOGY
ANDCLASSIFICATION OF SOMEYELLOWISHSEDIMENTARY SOILS
INTHE TIKOPLAIN AREA,SOUTH-WESTCAMEROON
Ph. A. KIPS: A. MOUKAM:* E. van RANST***
ABSTRACT
The rather flat and monotonous landscape of the Tiko plain area in South-West
Province, Cameroon, suggests an equally uniform soi1 pattern at first sight, but a
recent detailed soi1 survey in the area revealed a wide variety in soils. Though
most of the soils have pale yellowish brown colours, they differ in texture, effec-
tive depth to laterite trust, grave1 content, drainage and mineralogical and che-
mica1 properties. We discuss the soi1 conditions in Tiko plain on the basis of seven
profiles. Emphasis is put on the exchange characteristics of the soils and the
mineralogy of their silt and clay fractions. Based on these data the soils are clas-
sified in three classification systems ; the US Soi1 Taxonomy, the FAO World Soi1
Map Legend System and the French CPCS System.
RESUME
A première vue le paysage assez plat et monotone de l’aio de la plaine de
Tiko dans la province du Sud-Ouest, Cameroun, suggère une repartition de sols
assez uniforme. Cependant une prospection détaillée dans la &gion a révC1é une
grande variété de sols. Bien que la plupart des sols sont de couleur brun jaunatre
pâle, ils montrent une diversité en texture, profondeur effective jusqu’à la cuiras-
se, teneur en gravillons, drainage et propriétés minéralogiques et chimiques. On
discute des conditions pédologiques dans la plaine de Tiko a partir de sept profils.
L’ accent est mis sur les caractéristiques d’ échange des sols et sur la minéralogie
des limons et des argiles. Ensuite les sols sont classés, par référence à la Soi1
Taxonomy, à la Carte Mondiale FAO et à la Classification Française CPCS.
* FAO/UNDP Soi1 Resources Project IRA-Ekona CAMEROON
** National Soit Centre IRA-Ekona CAMEROON
*** Dschang University Centre CAMEROON
161
INTRODUCTION
Tiko plain is an old, slightly uplifted, tilted and dissected coastal
plain of low relief stretching out at the southeastern foot of the Cameroon
volcan0 (407Om). The plain is built up of thick layers of marine and deltaic
deposits. According to Dumort (1968) these were laid down during the Tcrtiary
(Mio-Pliocene), thus having about the same age as the early eruptiva in the
Mount Cameroon area. When looking in detail Tiko plain consists of a scrics
of fluvio-marine terraces at successive lower levels (Hasselo 1961) and at
least part of the sediments are thought to have a younger, Quaternary age.
The Mondoni area for instance (figure 1) should be regarded as a subrecent
alluvial basin with deposits showing fresh stratification of sands and clays
(Kips and others 1984). A low, abrupt terrain step, roughly coinciding with
the 5m contour line forms the limit of the plain with the mangrove swamps to
the SE. The 8Om contour is the approximate limit with the Mount Cameroon
slope to the NW.
Lithologically Tiko plain caribe divided into two parts (Hasselo 1961):
the so-called volcanic part with finely layered tuffites in the SW and the
non-volcanic part in the NE (Fig.1). In this pnper we concentrate on the
non-volcanic part, which consists of unconsolidated sediments with fair amounts
of quartz in the Sand and silt fractions.
Typical for the non-volcanic part of Tiko plain are the large sheets of
outcropping laterite duricrust ('ironcrust'). These occupy somewhat higher
positions in the landscape, more resistant as they are to erosion. Residual
soi1 covers on the trusts are rather shallow and contain high amounts of
ironstone grave1 (laterite rubble).
Temperature being fairly constant over the year (26"C), the seasons
are distinguished by the rainfall pattern with one rainy season from June
through September (500 to 600 mm in August) and one very distinct dry
season from December to mid-March (10 to 15 mm in December). April-May
and October-November are interprediateperiods with about 100 to 200 mm a
month. Rainfall decreases from about 2700 mm (yearly total of Tiko
airport)in the S to about 1680 mm in the N (Mondoni oilpalm estate) and
this trend is caused by the increasing rain-shadow influence of Mount
Cameroon in this direction.
The studied part of Tiko plain is under rubber (Hevea brasiliensis).
Small areas are in use for subsistence farming with rn= yams, cassava
and plantains as main crops.
L
4-06 ‘t-
Fig. 1 : Physiography and major soils of Tiko plain
163
MATERIALS AND METHODS
Seven profiles were selected. Thesr are coded L 10, L 14, L 16, L 22,
M 3, S 3 and S 17. These profiles practically caver the full range <If
soils on the plain. Each of the profiles is itself the typifying pedon of
a soi1 series or soi1 variant distinguished during soi1 mapping. Detailcd
profile descriptions are given in the survey report (Kips and others 1984).
sites are indicated in figure 1.
In the laboratory the following analyses were carried out :
- organic carbon
- texture; 3 fractions, Sand, silt and clay
- pH in water and 1N KCI, using a 1:l soil-reagent ratio
- exchange characteristics by leaching with different salts (table 1)
- 'free' iron, by citrate-dithionite extraction
- mineralogical composition of the silt and clay fractions (B horizons)
by X-ray diffraction with different pretreatments.
Cation Exchange Capacity And Base Saturation
For classification purposes CEC is determined at pH7 with NH40Ac
(CEC7), or at pH 8.2 with BaC12-triethanolamine (CECS). For acid soils like
those on Tiko plain this has the disadvantage that values obtained are
higher than those at the actual soi1 pH. More realistic measures are the
effective CEC (ECEC) and CEC-NH4C1, since these involve leaching with
unbuffered salts, i.e. KCl and NH4C1, determined at the ambient pH of the
soil.
As to base saturation the situation is reverse. Base saturation
calculated from CECS (BS8.2) or from CEC7 (BS71 is underestimated, making
the soi1 more acid than it is. When calculated from ECEC (BS-ECEC) it
more accurately reflects field conditions.
Aluminium Saturation (Al-sat)
High Al saturation strongly inhibits root growth and the uptake of
calcium and phosphorus by the plant. If Al-saturation is above 60% a trop
like maize is seriously affected. Cassava and certain fruittrees cari
withstand Al-saturation up to about 75% (Sanchez 1976). Rubber on Tiko
plain seems unaffected even at very high Al-saturation, i.e. more than 90%.
RESULTS
Mot-DhOlOQv Of The Soils
On the basis of their morphological field characteristics the soils
caribe combined into three groups (figure 1) :
1 Moderately deep sedimentary soils over ironcrust These are the Tiko
series and the Tiko deep variant. Tiko soils are weakly structured
moderately well drained, (yellowish) brown (10YR 5/3, 5/4) very gravelly clays.
They contain about 80% densely packed ironstone grave1 in the B horizon.
In many places their surface is paved with iron grave1 nnd bestrewn with
large ironcrust fragments. Noteworthy are also the scattered basalt houlders
and blocs on the surface. The undcrlying rigid ironcrust is at depths
between 50 and 100 cm. The trust cannot be tut with a spade and is
practically impenetrable to roots. It has a vcsiculnr appcarancr with many
irregular pores filled by the fine earth. Tiko deep variant soils arc likc
Tiko soils but here only the lower part of thc B horizon is ,qravellywhilr
the ironcrust beneath is at depths betwecn 100 and 150 cm.
164
acronym definition unit
AC8.2 Extractable acidity. Substance content in dry meql 0%
soi1 of acidity extracted with BaC12-triae-
thanolamine at pH 8.2
Al Substance content in dry soi1 of aluminium meql 0%
exchanged in 1N KCl
Al-sat Al at the adsorption complex at pH-KCl of the %
soi1 divided by bases plus Al
Bases Exchangeable bases (sum of K, Na, Ca and Mg). meq/lOOg
Substance content in dry soi1 of bases
exchanged in 1N NH40Ac at pH7
BS7 Base saturation. Bases divided by CEC7 %
BS8.2 Base saturation on CECS. Bases divided by CECS %
BS-ECEC Base saturation on ECEC. Bases divided by ECEC %
CEC7 Cation exchange capacity in dry soi1 at pH7 meq/lm
OOR
with 1N NH40Ac.
CEC-clay Cation exchange capacity of the clay fraction meq/l 0%
luncorrected for organrc matter ) . CEC divided
by mass fraction of clay
CEC-NH4Cl Cation exchange capacity in dry soi1 with meq11OOg
unbuffered NH4Cl
CECS Cation exchange capacity by sum of cations. meq/lOOg
Sum of AC8.2 and bases
ECEC Effective cation exchange capacity. Sum of meq/lOOg
bases, Al and H
H Exhangeable hydrogen. Substance content in dry meq/lOOg
soi1 of acidity exchanged in 1N KCl minus Al
Table 1 : Exchange characteristics, definitions and acronyms
165
II Deep sedimentary soils These surround the soils over ironcrust of
group I and occupy somewhat lower positions in the Iandscnpe. TO this group
belong the Mafanja series, the Sonne series andthe Camp 7 Likomba series.
Mafanja soils are moderately well drained moderately structured yellowish
brown (IOYR 516) sandy clay loams. Sonne soils are moderately well drained,
well-structured light olive brown (2.5Y 5/4) clays that have prominent
motlling with plinthite in the lower subsoil. Camp 7 Likomba soils arc
like Sonne soils but have a gravelly stoneline (ironstone grave11 in thc BC
or lower B horizon and do not have plinthite.
III Young alluvial soils on river plains These are the Mondoni series and
the Essoasso series. They occupy the lowest positions in the landscape.
Mondoni soils are along Mondoni river. They are poorly drained, weakly
structured mottled clays over sandy clay loams and sandy loams and these again
over clays. Typically they are layered with abrupt boundaries and have
intercalated sand lenses in the topsoil. Essoasso soils are mainly on low
terraces along the Essoasso river. Typical for this series is the rather
dark colour (IOYR 4/4) of the AB and Upper B horizons, reflecting a compnra-
tively high content of organic matter. Texture is heavy clay. Essonsso
soils are somewhat poorly or moderately well drained.
Mineralogy
The most common minerals present in B horizons of a11 soils are quartz,
feldspars, kaolinite, goethite and anatase. B horizons of soils around the
lateritic trusts and on river plains (group II and III soils) contain,
besides the above minerals, mica and smectite. In these latter samples
features indicating mixed layers are present. On the X-ray patterns the
mixed layers are shown by first order reflections (around 2.4 nm), but in
most cases, a first order ray cannot be noticed, and the mixed layers cari bc
recognized only by broad second order reflections situated between 1.0 and
1.4 nm.
The irregular broad reflections between 1.0 and 1.4 nm, followed by a
gradua1 collapse on proceeded heating, may be due to the presence of
irregular mica-vermiculite and/ormica-smectitemixed layers. These mixed
layers are composed of an irregular succession of mica layers of 1.0 nm,
and open layers, the basa1 spacing of which varies according to the
saturating cation. Replacing Mg by K and subsequent heating make the open
layers collapse gradually down to 1.0 nm. In some soils a clear reflection
at 0,485 nm is noticed, probably due to the presence of gibbsite.
Mineralogy of the silt fraction (table 2) The silt fraction of the soils
over the laterite trusts (group 1 soils) is characterized by a rather high
amount of quartz, some kaolinite, anatase, a reflection at 0.485 nm which
is probably due to gibbsite, and traces of feldspar. The silt fraction of
the soils around the laterite trusts (group II soils) contains more
kaolinite and more weatherable minerals : feldspar and micaceous layers of
which part has swelling properties. This last feature is best expressed in
the soils on the lowest parts of the plain (group III soils). The presence
of smectite layers in the silt fraction cari be an indication of pseudo-
particles, possibly due to an incomplete separation.
Mineralogy of the clay fraction (table 2) The clay fraction of thc soils
over the laterite trusts only contains an important amount of kaolinite,
some goethite and traces of quartz. The soils around the trusts have,
besides these minerals, an important amount of 211 minerals with variable
basa1 spacing, smectites, as well as micaceous layers, pnrtly swelling.
A striking observation in this sequence is the gradua1 inrreasc, of smectitc
silt fraction clay fraction
2
al
Soi1
in L:
.rl
c
Y
.rl
d
n u
.d
s E
Tiko deep variant ++++ (+) - _ - + - - - - ++(+) + -
Mafanja series ++(+) +++ (+) - - ++ (+) + +(+) + + +++ + -
Sonne series +++ +++ (+) - - ++ (+) + + + + ++ +++ (+) -
Camp 7 Likomba series +++ +++ (+) - - ++ (+) + + + + ++ +++ (+) -
Mondoni series ++ ++ + + + +++ (+) + + + ++ +++ +++ + -
Essoasso series ++ ++ ++ (+) (+) +++ (+) + + + ++ ++++ ++++ (+) (+)
relative amounts: ++++ predominant +++ high amount ++ moderate + very small (+) trace - absent
N.B. Tiko series not analysed
Table 2 : Silt and clay mineralogy of B horizons (control sections)
167
in the soils in lateral direction from the laterite trusts towards thc
lowest parts of the plain.
Chemical And Physical Propertics (table 3)
Organic carbon In a11 soils, except Mondoni series, organic carbon
decreases regularly with depth. In general orgnnic carbon contents arc low,
(lowest values in group 1 soils) but in the A and AB horizons of Mondoni serics
and Essoasso series (group III soils) the levels are markedly highcr. This
is thought to be related to the poorer drainage of these soils causing a
less Perfect mineralisation of organic matter.
e Most soils are very strongly acid with pH water values between 4.5 nnd
5.0.Tiko deep variant and Sonne series are extremely acid with pH between
4.0 and 4.5 in the B horizon. Al1 soils have negative apH (pH-KCl minus
pH water) indicating net negative charge and thus capacity to exchange
cations (Mekaru and Uehara 1972).
Cation exchange capacity The trend in the majority of the soils is :
CECS > CEC7 > CEC-NH4Cl > ECEC. This is in conformity with tbc theorctical
consideration that CEC depends on the acidity of the snturating solution and
strongly increases with pH and electrolyte concentration (Parfitt, 1980).
In Tiko series CEC-NH4Cl is higher than CEC7. This discrepancy was
observed earlier in certain Inceptisols and Ultisols from Southeast Asia
(Subagyo and Buurman 1980) and is as yet unexplained. ECEC values (topsoils)
increase from group 1 to group III soils. In most soils ECEC and CEC7
values differ by a factor 1.5 to 3. In Mafanja soils this factor is much
higher and this deviation is not understood.
Aluminium saturation Tiko series, Tiko deep variant and Sonne series have
high aluminium saturation (> 80% in AB or Upper B horizons). Aluminium
saturation is very low in Mafanja series and Mondoni series (< 35%), corres-
ponding to high base saturations over ECEC. Camp 7 Likomba series has an
intermediate value (45%).
Classification
In table 4 the soils are classified in the US Soi1 Taxonomy (USDA
19751, the FAO-Unesco World Soi1 Map Legend System (1974) and the French
CPCS System (1967). Some data, notably those on the weatherable minera&
of the sand fractions and micromorphological data, are not available and
therefore some ascriptions are tentative. The calculated soi1 moisture
regime is ustic according to Van Wambeke (19821, using a hypothetic freely
drained profile. In our opinion Tiko plain soils are border cases between
udic and ustic. Until decisive data are available we have adopted a udic
aoisture regime for the soils, since a11 soils have more or less impeded
drainage and we suppose that these remain moist long enough in most years
to classify as such.
Al1 soils have ochric epipedons (Kips and others 1984). Tiko series
and Tiko deep variant have oxic horizons with CEC7-clay of 16 meq or less
and CEC NH4Cl-clay of 10 meq or less and/or bases plus Al of 10 meq per
100 g clay or less. Tiko series has a petroferric contact within a depth
of 100 cm. Sonne series, Camp 7 Likomba series and Essoasso scries havc
argillic horizons with shiny faces of peds that were interpreted as
illuvial clay skins. In the first two of these soils thc clay ratio of B
horizons and AB horizon is more than 1.2 (1.4, 1.9). Essoasso serics has
an absolute clay increase of more than 8% from the A horizon to thc A8
horizon. Mafanja series and Mondoni scries havc cambic horizons. Mondoni
soils have low chroma mottles due to wetness, within a depth of 100 cm.
Essoasso soils have low chroma mottles within a depth of 75 cm.
Soi1 Horizon Depth pH Texture Org c Exchangeable CEC-soi1 CEC-clay Base saturation Al-sat Fe203
gtoup n20 KCl clay Sand bases AL H CEC? NU&L ECEC CECS CECS NHLCL CEC7 BS7 BM.2 BS-
ECEC
(cm) (Xl (meq/lOOg mil) (meq/lOOg soi11 (meq11oog clay) (‘) (2) (2)
1 Tiko series (profile X3)
AP o- 5 4.3 3.8 46.8 36.9 0.88 0.1 1.98 0.46 5.6 4.6 2.6 13.1 28 10 12 3 1 6 93 0.6
BO - 25 4.7 3.8 65.6 33.6 0.73 0.0 2.21 0.56 5.3 - 2.8 a 0 - 0 99 0.6
Lloc - 75 4.7 3.7 73.2 25.5 0.62 0.0 1.91 0.32 6.0 7.1 2;; 14.5 20 10 a 0 0 0 100 0.2
BPSrn -100 4.6 6.0 37.8 61.9 0.59 0.3 1.40 0.05 5.1 6.4 1.7 13.7 36 17 14 6 0 la 83 0.6
Tiko deep variant (profile S3)
A? o- 10 4.2 3.9 26.5 64.4 0.81 1.0 1.51 0.00 4.7 3.3 2.5 a.9 34 12 18 21 11 39 61 2.3
Bol - 40 4.4 3.9 35.9 52.4 0.68 0.5 2.07 0.64 6.0 6.3 3.0 a.5 26 12 17 9 6 17 a0 2.7
B02 - 90 4.2 3.8 69.0 45.3 0.71 0.5 2.07 0,OO 6.4 5.5 2.6 a.3 17 11 13 a 7 21 79 2.9
BOC -120 6.2 3.8 50.6 43.8 0.66 0.9 2.07 0.72 6.9 5.8 3.7 7.7 15 12 14 13 11 24 70 3.7
BCsm -150 5.2 3.9 25.7 49.3 0.51 13.2 0.98 0.10 20.0 14.6 16.3 22.6 aa 57 78 66 58 92 7 6.6
II Elafanja series (profile LIO)
AP o-5 a.8 0.4 16.7 78.7 1.10 3.9 0.63 0.07 21.6 4.6 6.6 27 129 18 - a5 13 3.5
AB - 20 6.8 4.2 la.1 75.1 0.52 2.0 0.44 0.08 19.2 3.0 2.5 17 106 10 - a0 la 3.5
Bol - 60 5.1 4.0 21.5 70.1 0.38 1.6 0.87 0.03 18.5 3.3 2.5 15 86 9 - 64 35 6.5
Bw2 -105 4.9 3.8 32.9 62.6 0.26 2.6 1.82 0.94 20.7 7.2 5.2 22 63 12 - 66 42 5.7
BCw -165 5.2 3.8 31.3 63.4 0.15 4.2 2.12 1.63 14.6 6.0 7.8 19 66 29 - 54 34 1.6
BCg -175 4.2 3.9 11.6 77.7 - 0.8 0.66 0.17 16.1 1.5 1.6 13 122 5 - 50 46 5.5 E
Sonne series (profile L16)
Aa o- 5 4.7 4.6 24.8 41.8 1.34 3.5 2.18 0.00 12.5 6.4 5.6 16.9 60 26 50 28 23 61 39 5.7
ii3 - 15 4.1 3.7 29.5 35.3 0.93 0.7 1.86 0.66 11.5 6.0 6.0 12.9 46 20 39 6 5 la a1 4.4
Bt -105 4.2 3.5 44.7 26.3 0.33 1.0 - 2.53 13.9 12.3 16.6 37 28 31 7 6 6.3
BQ -145 4.7 3.5 58.7 19.6 0.29 1.2 __ 17.9 15.6 19.3 33 26 31 7 6 6.4
BCcgv -190 4.6 3.5 58.9 21.7 0.13 1.2 1.64 - 22.5 la.2 27.6 47 31 38 5 4 58 12.5
Camp 7 Likomba series (profile Ll6)
AP o- 10 4.9 4.3 29.0 52.7 0.87 3.4 0.82 o.cd 10.5 5.5 4.3 19 36 33 - 79 19 4.0
AÉ - 35 4.7 3.8 34.6 34.7 0.51 2.1 1.69 1.57 10.9 5.7 4.4 17 31 20 - 48 45 5.9
Btl - a5 6.6 3.7 49.6 28.2 0.63 1.6 __ 13.4 a.3 17 27 12 - 8.4
Bt2 -110 4.1 3.7 53.6 21.8 - 2.0 _- 17.9 11.6 21 33 11 - 9.2
BCC -135 6.8 3.8 36.9 45.5 0.15 1.9 - _ 16.6 11.0 30 45 11 - 12.4
BCg -la5 4.6 3.6 55.5 13.2 0.17 2.0 _ _ 19.8 14.7 26 36 10 - 8.4
* results based on aven-dry veight
Table 3 : Physical and chemical properties of yellowish soils in the tiko plain area*
Soi1 Horizon Depth PH Texture Org c Exchangeable CEC-soi1 CEC-c 1 ay Base saturation Al-sat Fe203
SrouP HZ0 KCl clay sond bases Al H CEC7 SH4Cl ECEC CECS CECS NH4Cl CEC7 BS7 BM.2 BS
ECEC
(cd 2 (meq/lOOa soil) (meq/lOOg soil) (meq/lOOg soil) (.v (7.) (XI
III Mondoni series (profile L22)
AP 0- 6 9.5 2.52 22.1 0.08 0.59 33.8 24.4 22.8 38.4 708 68 95 65 58 97 0 5.8
Ai - 20 x 3.6
3.0 35.7
77.2 11.9 1.74 20.6 0.14 0.69 30.0 19.9 21.4 33.1 43 26 39 69 62 96 1 1.8
BWl - 32 417 3.6 55.1 27.5 0.94 14.8 0.50 2.22 22.5 20.2 17.5 23.9 43 37 i; 65 62 SS 3 6.8
3Bw3** 40-65 4.8 3.6 50.7 35.3 0.76 11.2 0.46 1.83 18.0 16.5 13.5 25.4 50 33 36 62 44 83 4 8.9
3BCg -120 4.8 3.8 53.3 31.4 0.60 14.0 0.23 1.25 21.9 18.8 15.5 29.7 56 35 41 65 47 90 2 2.3
4Cgl -140 4.8 3.9 31.6 62.2 0.57 9.1 0.09 0.50 10.4 a.9 9.7 15.9 50 28 33 87 57 94 1 2.6
4cg2 -175 4.8 3.9 18.0 79.0 0.41 6.0 0.07 0.53 7.2 6.9 6.6 11.1 62 39 40 84 54 91 1 1.4
5Cg3 -200 5.1 3.6 59.8 20.8 0.76 8.0 -_ 17.7 - - _ - 30 45 - - - -
Essoasso series ( profile 517)
AP o- 25 5.0 3.7 55.8 14.0 2.10 10.7 _ - 17.4 16.2 13.7 25.5 - 29 31 62 42 - - 2.0
ABi - 60 5.0 3.5 69.7 4.7 1.38 7.0 _- 26.5 20.2 17.4 31.4 - 29 38 30 25 - - 6.2
Fit - 80 4.9 3.4 79.8 4.3 1.02 6.2 _- 26.5 19.6 18.2 29.3 - 25 33 24 21 - - 3.1
Btg -105 4.9 3.4 23.6 6.8 0.8; 5.1 -_ 24.2 '19.8 17.3 27.7 - 27 33 2! 19 - - 6.3
BCgl -145 5.0 3.6 63.4 22.7 0.65 2.2 -_ 11.1 9.7 7.5 13.8 - 15 18 20 16 - - 0.7
BCg2 -180 4.9 3.6 57.6 19.0 0.68 1.2 - - 9.9 10.3 6.8 14.2 - 10 17 12 9 - - 0.8
* resulcs based on aven-dry weight
** intercalated Sand lens 32 to 40 cm not sampled
Table 3 (continued)
Soi1 Soi1 Taxonomy FAO-Unesco CPCS
Tiko series Typic Haplorthox, clayey-skeletal, Orthic Ferralsols Sols Ferrallitiques fortement désaturés,
kaolinitic, isohyperthermic. shallow remaniés, indurés
Tiko deep variant Tropeptic Haplorthox, clayey over Orthic Ferralsols Sols Ferrallitiques fortement désaturés,
clayey-skeletal 11, oxidic, remaniés , indurés
isohyperthermic
Mafanja series Typic Dystropepts, fine-loamy, oxidic, Ferralic Cambisols Sols Ferrallitiques moyennement
isohyperthermic désaturés, typiques, jaunes
Sonne series Plinthic Tropudults, clayey, oxidic/ Ferric Acrisols Sols Ferrallitiques fortement désaturés.
kaolinitic Z)/mixed 3),isohyper- lessivés, modaux 5
0
thermie
Camp 7 Likomba Typic Tropudults, clayey, kaoliniticl Ferric Acrisols Sols Ferrallitiques moyennement
series mixed 3), isohyperthermic désaturés, remaniés, jaunes
Mondoni series Fluvaquentic Eutropepts, fine, mixed, Gleyic Cambisols Sols Hydromorphes peu humifères, à gley
isohyperthermic peu profond
Essoasso series Aquic Tropohumults, clayey, mixed, Humic Acrisols Sols Hydromorphes peu humifères, i
isohyperthermic pseudogley
1) contrasting particle sise class created
2) if smectite < 10% and extractable Fe203 (X) plus gibbsite (Z) divided by clay < 0.2
3) if smectite > 10%
Table 4 : Classification of the soils
171
CONCLUSION
Soi16 on Tiko plain have a wide variety in properties. They diffcr
in texture, effective depth, grave1 content, drainage and mineralogical
and exchange characteristics. A striking phenomenon is the increase in
smectite levels in the soils from the highest to the lowest parts of
the plain. This could be related to its geomorphic history being built
up of (fluvio-)marine terraces at successive lower levels (Ilasselo,
1961). The residual soils on the laterite trusts are the oldest and
most weathered ones in which a11 smectites were transformed to kaolinitc
and oxides of iron and aluminium, while the stratified river basin soils
are Young and still contain high amounts of "transformable" smectite.
However drainage may play a role as well. With drainage becoming more
impeded at lower levels more smectities may have been formed by neo-
formation and/or preserved.
Soils on the laterite trusts classify as Typic ans Tropeptic
Haplorthox. Those around the trusts classify as Typic Distropepts and
Plinthic and Typic Tropudults. Soils of the river plains classify as
Fluvaquentic Eutropepts and Aquic Tropohumults.
172
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173
ACLINO-SEQUENCEOFREDANDBROWNSOILSON BASALT
INTHENKAMBEAREA,NORTH-WESTCAMEROON:
CHARACTERIZATION,CLASSIFICATIONANDAGRICULTURALIMPLICATIONS
E.T.AWAH: Ph.A.KIPS:*H.NgMOUKOURIKUOH:** F.TCHUENTEU****
ABSTRACT
Soi1 patterns in the Nkambe area are complicated due to the variety of rock
types present and the overall mountainous, relief-rich nature of the terrain. Geo-
morphologically the area has a staircase configuration consisting of a number of
superimposed basalt and trachyte plateaus, surrounded by lower denudation sur-
faces on basement rock, dissected to various degrees of steepness.
We describe a sequence of seven soils on basalt along a transect stepwise in
profile, going from the high plateau of Nkambe down to the lower levels. After
describing the morphology of the soils, their physico-chemical properties are dis-
cussed. Based on these data the soils are classified in the US Soi1 Taxonomy and
the French CPCS System. In this way an area-specific correlation is established
between these two systems. Finally the agricultural use and potential of the soils
are briefly discussed.
RESUME
La répartition des sols dans la zone de Nkambe est compliquée par la variété
lithologique et la nature globale accidentée et montagneuse du terrain. La géo-
morphologhie de la zone consiste en plusieurs plateaux basaltiques et trachytiques
entourés de niveaux de dénudation plus bas sur socle, tous disséqués à divers
degrés. On décrit une séquence de sept sols sur basalte le long d’une coupe trans-
versale, descendant du haut plateau de Nkambe jusqu’aux niveaux inférieurs.
Leurs caractéristiques physico-chimiques sont discutées. A partir de ces données,
les sols sont classés dans la ” Soi1 Taxonomy I’et la Classification CPCS Française.
Une tentative de corrélation, valable pour cette zone, est établie entre ces deux
systèmes. Enfin le potentiel agronomique des sols et leur mise en valeur sont briè-
vement discutés.
* National Soi1Centre IRA-Ekona CAMEROON
l * FAO/UNDP Soi1 Resources Project IRA-Ekona CAMEROON
l ** National Soil Centre IRA-Nkolbisson CAMEROON
**** National !Soi1Centre IRA-Ekona CAMEROON
175
INTRODUCTION
The Nkambe area in NW Cameroon lies between Latitude 6" and 7" N and
Longitude 10' and 11' E in the lower Savannah belt of Cameroon. The area is
part of the SW-NE stretching Western Highland Range with general minimum
altitudes of 1OOOm. The highest peak is Mount Oku (3011m) in the centre of
the area (figure 1).
Geomorphologically the area has a staircase configuration made up of a
number of superimposed trachyte and basalt plateaus surrounded by lower
planation surfaces on basement rock, dissected to various degrees of steep-
ness. In the western part of the area recent volcanic ash sheets are present
locally, blanketing the residual weathering mantle.
Average rainfall is between 2000 and 3400 mm per annum mostly falling
from June to October. The area experiences a marked dry season from
December to mid-March. November, April and May are intermediate months
(figure 2). Large differences in temperature exist that are related to
altitude (Hawkins and Brunt 1965). For every 100 m rise in elevation tempera-
ture decreases by about 0.5 to 0.6"C. Nkambe town is at 1650 m altitude and
has an average yearly temperature of 20°C. Temperatures are fairly constant
over the year.
Soi1 patterns in the area are complicated due to the variety of rock
types present and the overall mountainous, relief-rich nature of the terrain.
Even over short distances soils may differ considerably in such characteris-
tics as texture, effective depth and grave1 content.
Agriculturally the Nkambe area is very powerful. The lands are used
intensively for subsistence farming with maize as major trop, apart from
groundnuts, yams, beans. irish potatoes, carrots, plantains etc. The major
cash trop is coffee, grown by smallholders. In Savannah areas extensive
cattle rearing is important. Burning of grasses takes place every year in
January and February to promote vigorous regrowth when the rains start in
March.
The National Soi1 Centre of Cameroon is at this time carrying out a
reconnaissance soi1 survey and land evaluation of the area at the 1:200 000
scale. The data presented in this paper are drawn from this survey.
MATERIALS AND METHODS
We describe a sequence of seven soils on basalt along the
so-called ring-road from Nkambe in western direction to Misaje and Tricorncr
Ketambo (figure 1). The transect is stepwise in profile from thc high
plateau to the lower levels. The soils were described mncroscopicnlly in the
176
m
8
c
177
acronym definition unit
AC8.2 Extractable acidity. Substance content in dry meq/lOOg
soi1 of acidity extracted with BaC12-triaethanolamine
at pH 8.2
Al Substance content in dry soi1 of aluminium exchanged mcq/lWg
in 1N KCl
Al-sat Al at the adsorption complex at pH-KCl of the soi1 %
divided by bases plus Al
Bases Exchangeablebases. Substance content in dry soi1 meq/lOOg
of bases exchanged in 1N NH4OAc at pH7
BS7 Base saturation. Bases dividcd by CEC7 %
BS8.2 Base saturation on CECS. Bases divided by CECS %
BS-ECEC Base saturation on ECEC. Bases divided by ECEC %
CEC7 Cation exchange capacity in dry soi1 at pH7 with meqll oog
1N NH40Ac
CEC-clay Cation exchange capacity of the clay fraction, meqll0%
uncorrected for organic matter. CEC divided by mass
fraction of clay
CECS Cation exchange capacity by sum of cations. Sun1 meq/lO%
of AC8.2 and bases
ECEC Effective cation exchange capacity. Sum of bases, mcq/lOOg
Al and H
H Exchangeable hydrogen. Substance content in dry meq/lOOg
soi1 of acidity exchanged in 1N KCl minus Al
Table 1 : Definitions of exchange characteristics and acronyms uscd
NKAMRE
P: 2503mm
300
200
100
Fir. 2 : Kainfall histogram of Nkambr
178
field nnd five soils were sampled. In the laboratory following analyses were
done :
- orgonic carbon (C) by Walkley-Black wet combustion method
- total nitrogen (N) by Kjeldahl digestion method
- texture; 3 fractions, Sand, silt, clay (USDA standard technique)
- pH in water nnd 1N KCl using a 1:2.5 and 1:l soil-reagent ratio
respectively
- exchangeable bases K+, Na+, Ca ++, Mg++ in NH40Ac at pH7
- cation exchange c?vacity in NH40Ac, pH7
- exchangeable Al+++and H+ in 1N KCl
- extractable acidity (Al+++ and H+) in BaC12, pH 8.2
Exchange Characteristics
From the above basic exchange properties we calculated a number of
derived parameters that further characterize the soils (table 1).
Cation Exchange Capacity (CEC)
CEC is a measure of the ability of the soi1 to retain and supply plant
nutrirnts. For classification (Soi1 Taxonomy) CEC is determined at pH 7
with NH40Ac (CEC7), or at pH 8.2 with EaC12 triethanolamine (CECS). For
acid soils like those in the Nkambe area this leads to an overestimation of
the exchange capacity under field conditions. A more realistic measure is
the effective CEC (ECEC) since this involves leaching with unbuffered KCl,
hence determination is at the ambient pH of the soil.
Base Saturation (BS)
For base saturation the situation is reverse. When calculated from
CECS (858.2) or from CEC7 (BS7) it is undercstimated making the soi1 more
leached than it actually is. This in turn may lead to mis-interpretations
as to the use and management of the soils. Base saturation calculated from
ECEC (BS-ECEC) more accurately reflects true field circumstances.
Aluminium saturation (Al-sat)
The amount of adsorbed aluminium relative to the amount of other cations
is an indication of possible toxicity of aluminium for plant growth. High
aluminium saturation strongly inhibits root growth and the uptake of calcium
and phosphorus by the plant. Crops have varying tolerancies to aluminium
(Sanchez 1976). Liming strongly reduces Al-saturation.
RESULTS
Morphology of the soils (figure 3)
The rolling Nkambe plateau (+1650m) is characterized by three soils with
similar physiogrnphic positions; one is a deep, red very gravelly clay (TBA16);
the other is a deep dark red silty clay over very gravelly clay (TBA2) and
the last one is moderately deep very gravelly and stony reddish brown clay
over a frnctured laterite trust (TBAl). Grave1 and stones are mostly reddish
ironsrrust fragments and yellowish brown ferruginous basalt gragments. The
grnvclly horizons in these profiles make part of one'stoneline', varying in
thirkness and depth from place to place. Leaving the plateau the first steep
cscarpment slope has a moIeiately deep strong brown clay soi1 over soft
dark-multicoloured bssalt saprolite with silt loam texture (MSAZ). On the
179
180
first lower level, a sloping shoulder at 14001saltitude with distinct slope
breaks at both ends, the soi1 is again deep. It is a dark red clay with some
basalt fragments in the deeper subsoil (MSA3). Going down further, the
second steep escarpment slope has soils like MSA2, but also towards to foot
of the escarpmcnt, soils built up of slope materials: large mostly unweather-
ed basalt stones and boulders embedded in a reddish brown and yellowish red
clay matrix (MSAS). Finally, on the rolling lcwest level (+ 1OOOm) an indurated
soi1 is present. It is a moderately deep very gravelly (ironcrust fragments)
clay over a fractured, slightly dislocated laterite trust with deep fingery
interpenetrations of fine earth (VEAl). This soi1 is not extensive and. is
completely surrounded by soils on basement rock.
Al1 soils of the sequence have moderate subangular blocky structure
in the B horizon. Except for profile MSAZ the soils have good porosity
with many fine tubular pores within the peds. Permeability is estimated
moderate in topsoils and moderately slow in subsoils. In profile MSA2
porosity is distinctly less and permeability is estimated slow.
Physico-chemical Properties (table 2)
Profiles TBAl and MSA3 were not sampled. Consequently they Will not
be considered in the following discussion.
e Most soils are strongly acid with pH water between 5 and 5.5 in B
horizons. Profile VEAI is very strongly acid with pH between 4.5
and 5. In profile TBAl6 pH decreases slightly with depth. In profiles
TBA2 and MSA5 pH increases distinctly with depth. The escarpment soils
MSA2 and MSA5 have negative A pH (pH-KCl minus pH water) in a11 horizons,
pointing to net negative charge (cation exchange capacity, Mekaru and
Uehara 1972). The red soils (TBA16, TBA2 and VEAl), have positive A pH in
lower B horizons and BC horizons, thus indicating a change to net positive
charge (anion exchange capacity) with depth. Net negative charge points to
the presence of oxides of iron and aluminium (Uehara and Gillman 1981).
Organic carbon and organic carhon/nitrogen ratio Organic carbon is high, above
5%, in a11 topsoils; with depth it decreases regularly to values of 0.5 to 1%.
C/N values are in the range of 10 to 15 in a11 topsoils except in profile
VEAl. Here C/N is very high, pointing to an extremely poor mineralisation
of organic matter and strong nitrogen deficiency.
Texture Topsoils of the red soils on thc Nkambe plateau (TBAl6, TBA2) are
---
rother silty. In profiles TBA16, TBA2 and MSA5 there is a distinct clay
increase with depth followed by a decrease. In profile MSA2 and VEAl clay
is more or less constant with depth. The basaltic saprolite substratum of
profile MSA2 is low in clay and high in silt.
Cation exchange capacity In a11 soils CECS is higher than CEC7 and CEC7 is
higher than ECEC. This is in conformity with theoretical considerations that
CEC depends on the acidity of the saturating solution and strongly increases
with pH and electrolyte concentration (Parfilt 1980, Uehara and Gillman 1981).
In the red soils CECs are low and decrease regularly with depth. In the
brown and reddish brown escarpment soils they are higher and show a more
erratic bchaviour. CEC7 and CECS differ by a factor 3 to 8 in the red soils;
for the escarpment soils this factor is 2 or less. ECEC and CEC7 differ with
a factor of generally more than 10 in the red profiles of the Nkambe plateau
(TBA16, TBA2),in the other profiles this factor is about 5.
Horirm Deyth pH Texture ors C C/N Exchangeable CEC-soi1 CEC-clay Base saturation Al-sst
ii20 KCl clay silt sand bases Al Ii CEC CEC7 ECEC CECS CECI CECF’) BS8.2 BS7 BS-ECEC
(cd
(Xl CI) (meq/iOOg soil) heq/loOg soi11 (meq/lOOg CL: f+ (X1 (X)
Profile TSAl6
Ac 0- 14 5.3 4.3 37.9 51.5 10.6 5.3 11 1.4 1.20 0.00 67.5 27.9 2.6 178 74 18
BAC
utoc
- 55
-135
5.5 4.4 47.4 21.7 30.9 4.0 15
13
0.7
0.2
0.66
0.06 0.28
0.00 43.8 16.2 1.3 92 34 17 :B :A
5.2 4.7 61.1 18.5 20.8 2.0 34.4 10.1 0.6 56 17 3 40 21
Bto -175 5.2 5.3 69.7 20.6 9.7 0.7 9 0.2 0.00 0.06 20.3 5.3 0.3 29 a 4 80 0
BCtr -200 4.9 5.0 65.0 20.4 14.7 0.6 10 0.2 0.00 0.10 20.8 5.2 0.3 .32 0 4 81 0
Profila TBAZ
A O- 10 5.5 4.4 39.2 56.7 4.0 5.5 12 4.3 0.68 0.00 70.4 23.5 5.0 180 60 4 6 18 86 14
AB - 32 5.4 4.5 43.2 52.4 4.4 4.2 16 1.3 0.52 0.00 57.4 17.1 1.9 133 40 1 2 a 72 28
BAo - 76 5.4 4.5 51.8 45.1 3.2 2.6 15 2.2 0.38 0.00 43.3 10.6 2.5 84 20 0 5 20 a5 15
Bto -125 5.6 5.3 62.4 30.5 7.1 1.2 12 0.3 , 0.00 0.02 21.5 4.0 0.3 34 b nei3 1 7 93 0
BCo -190 5.6 5.7 45.3 36.4 18.4 0.6 10 0.3 0.M) 0.00 19.4 2.5 0.3 42 6 0 1 12 100 0
Profile NSAZ
A 0- 15 5.2 3.8 57.i 35.4 6.9 5.4 11 5.5 - 1.38 f32.1 42.0 - 142 72 35 7 13
AB - 35 5.0 3.7 57.7 31.9 10.4 3.7 13 1.0 - 0.00 60.1 30.3 - 104 53 27 î 3
BW - 65 5.1 3.6 58.9 32.7 0.4 1.9 11 2.5 - 0.00 53.3 29.8 90 51 38 5 8
Cr/R - 160 5.1 3.4 12.4 60.7 26.9 0.5 17 0.7 - O.OO 52.8 40.1 - 426 323 307 1 2
0
Profile MA5
AD1 0- 14 5.5 4.6 36.4 39.4 24.2 5.8 10 12.0 o.oo 0.20 73.1 38.7 12.2 201 106 43 lé 31 98 0
A;2 - 33 5.6 4.5 35.4 40.8 25.2 5.8 12 7.5 0.17 0.23 73.6 39.3 7.9 208 111 46 10 19 95 2
Bu1 - 54 5.4 3.9 58.3 20.9 20.7 3.2 14 1.4 1.92 0.10 52.2 23.2 3.4 90 40 18 3 6 41 58
Bw2 - 94 5.4 4.5 58.7 22.2 19.0 1.8 11 1.1 1.96 0.06 38.9 16.7 3.1 66 28 16 3 6 35 65
Bw3 -163 5.6 3.9 62.4 15.1 22.4 0.8 9 3.8 0.00 0.16 29.1 14.4 3.9 47 23 10 13 26 96 0
BC -200 5.7, 4.5 47.6 34.8 17.7 0.9 a 6.2 0.00 0.10 34.0 17.1 6.3 71 36 28 18 36 98 0
Profile VEAl
Ac o-15 4.8 4.0 37.9 39.5 23.0 6.3 158 1.4 2.06 0.00 75.0 15.5 3.5 19.9 41 neg 2 9 41 59
ABC -35 4.6 4.2 41.8 18.7 39.6 4.8 119 1.1 1.20 0.00 33.9 10.5 2.3 123 25 ne8 3 11 49 52
BOC -90 4.8 5.0 43.9 27.4 28.9 2.0 101 0.8 0.14 0.00 21.6 5.1 0.9 49 12 n=g 4 16 85 15
Bsm -200 5.0 5.6 43.5 33.5 21.9 1.0 49 0.7 0.06 0.00 16.4 2.3 0.7 38 5 neg 4 29 92 .9
1) results based on aven-dry weight; profiles TBAl and FIS.A3 net sampled
2, calculacion unreliable (sec text)
1)
Table 2 : Physico-chemical properties of the soils
182
CEC-clay values are invariably high in topsoils. In the red soils CEC-clay
decreases with depth to values below 10 meq. In the escarpment soils CEC-cla_
increases again in the lowest horizon due to the influence of freshly
weathcred material containing minerals with high CEC.
The influence of organic matter on CEC caribe assessed roughly by
applying a correction factor (Buurman 1980). Before dividing by the mass
fraction of clay 4 meq/g organic carbon is substracted from CEC7-soil. This
correction brings down the CEC-clay values dramatically in topsoils of the
red soils. Of course using the same correction for a11 horizons is not
realistic, since the type of organic matter probably changes with depth
(humic acid in topsoils, fulvic acid in subsoils). Where CEC-clay-corrected
is negative the method is obviously wrong. Nevertheless it serves to
illustrate the considerable influence of organic matter on the CEC of these
soils.
Aluminium saturation High in profiles TBA16 and VEA (topsoils). On these
soils the chaise of crops in restricted if no amenaing fertilizer is
applied.
Classification
In table 3 the soils are classified in the US Soi1 Taxonomy (USDA, 1975)
nnd in the French CPCS System (1967). In both systems classification is at
the subgroup level with a phase c.q. 'facies' addition on particle size class
(Soi1 Taxonomy) and effective depth and grave1 content (CPCS). Some data,
notably those on weatherable minerals and micromorphological data (clay skins)
are not available and therefore some ascriptions are tentative. Al1 soils
have udic moisture regimes. The temperature regime is isothermic for a11 soils
except profile VEAl that has an isohyperthermic temperature regime (Van
Wambeke 1982).
Profile Soi1 Taxonomy CPCS
'I'BA16 Orthoxic Tropohumults Sols Ferrallitiques fortement désaturés
(clayey-skeletal) remaniés faiblement rajeunis (peu profonds,
graveleux)
TBA2 Orthoxic Tropohumults Sols Ferrallitiques fortement désaturés
(clayey) remaniés modaux
(profonds, non graveleux)
MSA2 Typic Humitropepts Sols Bruns 'eutrophes' tropicaux peu
(clayey) evolués
(peu profonds, regosoliques)
MSA5 Oxic Humitropepts Sols Bruns 'eutrophes' tropicaux ferruginisé
(clayey-skcletal) (profonds, caillouteux)
VI:A1 Tropeptic Umbriorthox Sols Ferrallitiques fortement désaturés
(clayey-skeletal) remaniés indurés
(graveleux)
Table 3 : Classification of the soils
183
Profiles MSA5 and VEAl have umbric epipedons, the other soils have ochric
epipedons. Profile VEAl has an oxic horizon with CEC7-clay of 16 meq or less
Y
and 10 meq or less of bases plus Al per 1OOg clay. Profiles TBA 16 and TBA2
have an argillic horizon with shiny faces of peds that were interpreted as
clay skins. In both soils this is accompanied by an absolute clay increase of
more than 8% (within 30cm) from the BA horizon to the B horizon. Profiles
MSA2 and MSA5 have cambic horizons. Although there is a considerable clay
increase in profile MSA5 from the A horizon to the B horizon, we did not
detect clay skins in the B horizon. It is thought that the topsoil of this
profile has lost clay downslope through the combined effect of farming and
erosion. The A horizon is thoroughly worked, the soi1 surface has plow ridges
and the slope is rather steep (25%).
DISCUSSION
When strictly applying the French classification to our soils, a11 red
ones would classify as Sols Ferrallitiques fortement désaturés humifères,
since these have a content of organic matter above 1% to a depth of 1 meter.
In the Nkambe area nearly a11 red soils are sufficiently high in organic
matter to classify as Sols Humifères, leading to an oversimplified soi1 map,
limited in use. However the CPCS system is flexible and, given the kind and
distribution of soils in a particular survey area and the scale of mapping,
it is left to the surveyor to choose categories that Will best set apart
different soils. The objective is to produce soi1 maps that caribe used as a
basis for interpretations as to the use and management of the soils. In
doing SO the CPCS system serves as a general frame of reference, not as a
strict key.
Although this approach may be acceptable within a given area to be
surveyed, it creates enormous problems when correlating soils of different
areas. It is clear that a correlation as the one in table 3 between CPCS and
Soi1 Taxonomy is inevitably area-specific and cannot be applied outside the
Nkambe area.
The application of Soi1 Taxonomy in naming the Nkambe soils also poses
a problem. This concerns the concept of the argillic horizon. Placed at
the highest corder) level of classification the presence or absence of the
arzillic horizon has a big impact on the naming of the soils. The argillic
horizon is defined on the basis of a distinct increase in clay content within
a depth of 30 cm, accompanied by clay skins formed by the accumulation of
translocated clay from higher borizons. The identification of clay skins is
subjective, both in the field and in the laboratory from thin-sections
(McKeague and others 1980). Originally, one of the reasons for the distinction
of the argillic horizon was its unfavourable physical properties. The argillic
horizon would impede root growth and drainage because of the accumulation of
translocated clay in pores (Buurman 1980). In the soils on the Nkambe plateau
classified as Ultisols (TBAl6 and TBAL) this is clearly not the case and the
presence of clay skins is irrelevant to trop performance on these soils. In
fact profiles TBA16 and TBA2 have exactly the same characteristics and horizon
sequences as other soils on basalt in the Nkambe region that are classfied as
Oxisols simply because they do not have clay skins. The depth and thickness
of gravelly stonelines in these soils is of much greater agronomie significance
than the presence of an argillic horizon. Mapping these soils as an Ultisols-
Oxisols complex is not satisfactory.
184
PRESENT AND POTENTIAL LAND USE
Except for profiles TBAl and MSA5, which are farmed, the soils are in use
for extensive cattle rearing. This does not mean that these soils are unsuitabl
for other agricultural uses; the reason for thi; is that the population is not
dense and most of the arable farming is done near the villages. The following
crans are grown; maize, irish potatoes, beans, carrots, plantains, yams.
Coffee is a major cash trop.
When we consider the requirements of various crops and the quality of the
lands we Bec that the rather shallow and fragile soils on steep slopes like
MSA2 (MSA5) should best be put under forest, the rather shallow and gravelly
plateau soils like VEAl and TBAl should be restricted to grass for cattle.
The other soils are surtable for the crops grown in the area. Their major
constraints to agriculture are low fertility, high Al-saturation, high
grave1 content (to be mapped out in detail) and poor communication. One
industrial trop that caribe considered on the Nkambe plateau is tea.
CONCLUSIONS
The stepwise sequence of soils on basalt from the high Nkambe plateau
down to the lower levels shows that a strong relation exists between soi1
and slope. It is this characteristic that should be exploited when mapping
the soils in the area. Where slopes are gentle (plateaus and shoulders)
the soils are red and partly indurated and/or gravelly. Where slopes are
steep (escarpment slopes) the soils are brown or reddish brown, shallow to
parent rock or stony, formed in slope materials. Red soils have positive
A pH in subsoils pointing to the presence of oxides of iron and
aluminium and to an advanced stage of weathering. They have low CECs. The
escarpment soils have largely opposite characteristics. The red plateau
soils classify as Tropohumults and Umbriorthox, the escarpment soils as
Humitropepts. Soils of the high Nkambe plateau are underexploited and have
a potential for tea cultivation.
ACKNOWLEDGEMENT
Mr. P. Faure, ORSTOM-France, has visited most of the pits with us and
helped with classifying the soils in the French System.
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No. 4. Westview Press Boulder Colorado 80301, USA, 170 p.
USDA 1975. Soi1 taxonomy. Agr. Handbook 436, US Govornment Print. Office,
Washington, 754 p.
Van Wambeke A. 1982. Africa soi1 moisture and temperature regimes. ses -
Soi1 Management Support Serv. Ithaca, New York.
187
UTILISATIONDESTECHNIQUESINFORMATIQUES
DANS L'ETABLISSEMENTDES DOCUMENTS THEMATIQUES EN PEDOLOGIE
Application au Secteur Est de la Feuille NKAMBE (Nord Ouest Cameroun)
P. FAURE*
RESUME
Dans le cadre du programme d’inventaire et de cartographie pédologiques
réguliers à 1/200 000 de 1’Ouest-Cameroun, les travaux de levé de terrain du
secteur est de la feuille NKAMBE ont été réalisés entre 1982 et 1984. Puis a été
dressée consécutivement la carte pédologique de ce secteur à forte hétérogénéité
due aux particularités du milieu :
- matériaux parèntaux très diversifiés : volcaniques et socle
- modelé très disséqué et relief accidenté
- climat tropical dl altitude, variable à courte distance.
Près de 700 profils étudiés ont permis une définition détaillée et un inventaire
précis de 29 unités taxonomiques (CPCS), de sols essentiellement ferralli-
tiques, au niveau du sous-groupe, avec caractérisation complémentaire de fa-
milles (matériaux parentaux) et de faciès, selon des critères particulièrement
utiles pour 1’établissement de documents thématiques : profondeur du sol jusqu’ a
1’horizon d’altération, présence et position des éléments grossiers, appauvris-
sement en éléments fins, accumulation humifère.
De nombreux itinéraires parcourus et une photointerprétation détaillée à
1/50 000 ont permis de délimiter près de 450 zones sur la carte, caractérisées
par une unité cartographique, le plus, souvent complexe, constituée d’une unité
taxonomique principale et d’une unite taxonomique associée. 80 unités cartogra-
phiques ont ainsi eté définies et localisees au sein des zones de la carte, avec
toute leur information de faciès et de famille directement exploitable pour l’éta-
blissement de documents thématiques.
La récente mise au point par F. PELLETIER et M. SOURIS à 1’ORSTOM d’ un
logiciel de traitement de données géographiquement localisées (Infographie) a
permis de stocker et de traiter la totalité de 1’information contenue au niveau de
la carte pédologique Est-NKAMBE et de dresser de façon automatique assistee
par ordinateur des documents thématiques, définissables à la demande, à partir
de cette information, recueillie dès le terrain.
l ORSTOM.70-74, Route d’Aulnay 93140 BONDY. FRANCE
188
Les différentes étapes de la saisie par l’ordinateur de l’information de base
sont détaillées. Des exemples sont ensuite donnés de documents thématiques
réalisables.
En conclusion sont énumérées les possibilités de nature graphique qui sont en
outre offertes par la restitution assistée par ordinateur : changement d’échelle,
extraction de fenêtres, calculs de superficie, expression graphique des figurés...
et sont évoqués les avantages matériels : gain de temps, flexibilité... qu’apporte
1’infographie dans la fourniture de documents thématiques à la demande spécifi-
que des divers utilisateurs.
189
INl’RODUCTION
J.a pmrsuite de l’inventaire et de la cartographie ri%ul jet-s des
sols de la partie occidentale du Territoire Camrcunais a arrrri- en 1982 des pédo-
logues de l’lRA, de la FAO et de 1’CRSlWl. en service à l’lRA, ;i eutmrr. apris
la feuille E4tW3#, le levé systémtique à l/XXl Ooo de la feuille NKAMBJZ. Les
travaux de terrain, réalisés entre 1982 et 1% sur la partie est de cette feuil-
le, ont été conskutivenmt exploités pour dresser la carte pkdologique de ce pi-
rimètre.Led ocuwmt établi fait ressortir la canplexité de son contenu pkdol*
@que, due aux particularités et à l’hétérogénéité du milieu naturel de la région
ccnrmte : formticms géologiques très diversifiées, volcaniques et socle, modelé
très disséqué et relief très accidenté, climt d’altitude variable, à courte dis-
tance. kis ce docmmt fait état égalermt de la richesse de l’infonmt ion, tant
de nature typologique que thkatique, qu’il a été possible de prkciser eL de ha-
liser g&graphiquern?nt du fait de l’atmdance des okrvations de terrain.
L’établi sszmnt de docmts thhtiques par exploitation de l’in-
fomtim contenue dam le documt pédologique de base a ensuite été abordée.
Il a été grandmmt facilité par le détail du contenu et de la localisation de
cette infoxmticn et par l’utilisation d’un logiciel infographique de traitment
de donn&es gkgraphiquenmt kcali&s par ordinateur, en cours de développmmt
à 1’CRSlQl par F. PELLEIIERet M. SXR.IS (logiciel TIGER).
Ja présente camuni cation retrace les différentes étapes de la col-
lecte et de l’exploitaticm de l’infonmticm $ologique, recueil lir dk le ter-
rain, jwqu’à l’édition de divers docunents thémtiques, en trois parties :
- les caxiitions de réalisation de la carte pkdologique de
base
- la saisie informatique des cmtenus géografltique et péde
logique du docurent de tase
- le traitemnt de l’infornation stockée et l’édition des di-
vers docmts thémtiques.
1 - REALISATION ET STRUCTURE DE LA CARTE PEDOLOGIQUE DE NKAMBE
La carte pédologique doit transcrire de façon la plus exhaustive
possible, pour le pértitre ccmert, l’informtion régionale sur 1es sols, qui
se présente scus un double aspect :
- une caractérisation et une définition des irxlividus-sols dif-
férenciables pour obtenir un inventaire du contenu pédologique qui permet d’éla-
borer une légende
- une délimitation des unités identifiables et tli ffi~re~nriables
de ce centenu-sol qui a pour rkul tat un 7hge de la répion couvrrtc ct ‘lui rrr-
mzt de dresser le documentcartographique.
Ces deux types d’infomution doivent être cohérents, sur Ir plan
du détail et de la précision de leur définition, en fonction des tlrux imphatjfs
mjeurs : l’échelle utilisée et l’hétérogénéité-variabilité du milieu naturel
couvert, en particulier sur le plan pédolcgique.
Carsctèrcr des Définltxon des
unités uroncaquas unxtis cartographlqucs
humus texwre drainaqe profondeur plerroslté princxpales sssociier
1 .
Fig. 1 : Protocole de r6alisation et structure de la carte pédologique
191
La figure 1 illustre les différents moyenset étapes uti liks pxr
obtenir, dans le cadre de la Carte Pédologique du secteur est de NKAMIEà
l/XJ3 CJLD,l’infonmtim pédologique et la transcr ire sous les deux aslrcts de
l’inventaire typologique (légende) et de la localisation géographique (carte).
Les moyens utilisés sont, sur le terrain, classiqtmrnt la dwxri~
tim de profils pédologiques, mis aussi le levé de profils en long des itiué-
mires parcourus. Vient s’y adjoindre une photointerprétation détaill& sur do-
cumnts aériens à 1/50 Ooo.
La description et l’étude de nunbreux profils p6dol~~iqucs (près
de Mo), répartis sur tout le périm&re couvert, a permis l’élaboration d’un
inventaire typologique des sols rencontrés, suffisornEnt exhaustif et d&aillé.
La caractérisation des unités taxonaniques (m), selon le syst&nc CKS, a p!
être ensuite rklisé, grâce à une définition précise des critères de différew
ciation, à un niveau relativemt tas de ce référentiel : le sms-groupe et le
faciès. Elles sont à ce niveau au mnhre de 29. Ainsi, au sein des quat-re clas-
ses de sols reconnus sur le périmkre : sols peu évolués, sols brunifiis. sols
ferrallitiques, sols hydram@es, les critks de différenciation au niveau du
sxmgm~~ faisant état, entre autres, de l’hums, de la texture superficielle,
du dminage . . . et au niveau du faciès, faisant état de la profondeur du sol jus-
qu’à l’horizon d’altkatim, de la présence et de la position des éléments gros-
siers, sont autant d’éGnmts de caractérisation et de diffkenciation des sols,
de nature thkmtique, qui intéressen t tout particuli&mt les utilisateurs,
et peuvent servir de base à l’établi ssmmt de docunznts thémtiques dérivés de
l’infonmtim pÉdologique sensu-stricto.
Le levé des profils em long des rmbreux itinéraires parcourus a
foutni sinultan&nt l’infcmmtion de nature spatiale indispensable : rél>arti-
tion et variabilité des types de sols, modelé, nature du substrat gr%lcgique,
relew5 de différentes limites. Du fait de la très grande hétéro@Gi 16 du milieu
naturel de la région cartcgra#iée, c’est ce second type d’informticm qui
pennet :
- de définir les unités cartographiques (LE) : leur contenu ty-
pologique puis taxomnique (qui dans la mjorité des cas n’est pûs simple). par
réfknce à l’inventaire précédent ; de préciser spatialement la rature des
rcKheMkes.
- de préciser dès le terrain l’extension lin&ire des 7mes
ayant pour ca~tenu une unité cartographique donnée.
La photointerprétation intervient alors pour achevrr de pr&&er
latéral~nt la délimitation des 7mes cartographiques caract6ri.sks Pr un
contenu-sol prékdemmt bien défini et pour effectuer les extrapolations né-
cessaires.
A la suite de ces différentes étapes, l’infomation piulologique
est alors caractérisée et stnrturi~. Elle peut être transcri tr sur les deux
docuwnts qui constituent la Carte Pédolcgique :
- la léfyxle qui regroupe les unités cartographiques. (fllea-
ci, le plus smvent canplexes, .sont constituées d’une mité taxmmiq~xl prin-
cipale (la plus reprksentée) et d’une unit6 taxoomique assxiC;r, ZWM pm- dw
cune de ces unités taxonmCques leur infonmtion thémtiqw au ni veau tlu ~OIE~-
groupe et du faciès. 81 unités cartographiques ont pu ainsi %x-e dislin&m.
Caractérisées canplénentairanent au niveau de la fmille par la naturr des m-
tériaux originels ou ra+es-&res sur lestluelles on les rencontre, un toLa1 de
121 unités constituent ainsi la légende définitive.
- la carte proprewnt dite qui fait apparaitre Fr ses contours
le découpage des zones correspontkmtrs aux unit& de la Cgendc. lr srutcur est
de la feuille NKM?E canporte ainsi plus de 450 de ces 7mes.
Fig. 2 : Protocole de saisie de l’information contenue dans la carte et la Mgende p6dologiques
193
Ce sent ainsi deux élénents indissociables et cmplimer~tlires dans
leur réelisation et leur exploitation, légende avec scm contenu tvpologique re-
flétant l’infonmticn de nature tnxonaniqur et th&mtique, et tl~x~r~~rwl (‘ilrI(arn-
phique avec son ccntenu de locatisntion géographique, qui cmsLiLun~t la (Lute
Pédologique, support de la totalité de l’infonmtion pklologique definissable,
recueillie au eau-s de la prospection du secteur est-NIMBE.
2 - SAISIE INPQRMATIQUE DE LA CARTE PElXXQCIQUE DE NKAMDE
Le traitement d’une infonmtion géographiquewnt Iocali.s& (info-
graphie) nécessite la saisie de la totalité de cette infomstion, celle contenue
sur le docurwt cartographique, l’infonmtion gkographique, et celle contenue
sur la légende, l’inforrmtion ttintique. Ces opérations de snisir se diwulent
en plusieurs étapes et à l’aide de deux outils principaux, l’ordinateur et la
table à digitaliser, came le mntre le diagramw de la figure 2.
2-I -La saisie de l’information géographique
Cette infonmtion se présente sur le docurent cartographique sous
forme de zones délimitées par des contours. Le contour de chaque ul~re est cons-
titué d’un, ou le plus souvent, de plusieurs arcs, délimités par les points de
rencontre des différents arcs : les noeuds. Le principe de la saisie consiste
à relever, point par point, les coordonnks des arcs, à stocker ces donnks sous
forma de fichier et à les attribuer aux différentes zones dont ils constituent
les conteurs. Le plus scuvent un arc nerque la linrke entre deux zones.
lJne nuakrotation des zanes est effectuée, enregistrée sur l’ordi-
nateur pour constituer un catalogue des zones. La totalité des arcs est &gale-
sent m.a&-otée, tandis que les coordonnks des points qui les constituent sont
levés arc par arc sur une table à digitaliser. Cette infonmti.on est transnise
à l’ordinateur où est ainsi créé le fichier arc, contenant l’inventaire des arcs
et des coordcxnxks de leurs points respectifs. Le croiscaent de ce fichier arc
avec le catalcgue des wnea permet enfin de créer un fichier zones qui, en at-
tribuant à chaque zone le nuréro de ses arcsenveloppe, en définit également
ainsi le pasitiamerent.
A l’issue de ces opérations se trawent ainsi intégr&as dans la
tase de données de l’ordinateur deux fichiers : le fichier-arc et le fichier-
zonea qui représentent la totalité de l’infonmtion géographique contenue sur
le docurexrtcartographique original.
2-2 - Lasaisie de l’information thématique
Cette infonmtion est présente sur la légende qui contient, coine
il a été précis6 pr&dement, l’infonration p&_lologique structurée en diffé-
rents él&ts : les unités taxonardques princiçales et unités taxonaniques <asso-
cikçs, avec leur inforn~~tion thkrtique au niveau du sou+gmupe et du faciès,
les fatdlles : roche4nÈres et nstériaux originels des sols, enfin les unités
cartographiques, qui déf inissent lea différents ccntenus des différentes zones
de la carte et sont ccnstituks pour la plupart d’une unité taxonunirpreprinci-
pale et d’une unité taxrmanique associée.
le principe de la saisie de cette infonmtion consiste n créer un
fichier, inventaire des valeurs, pour chscun des éléments précédents. puis à dé-
finir pour draque m de la carte la valeur de chaque élénent, qui est alors
qualifiée d’attribut de la zone.
ks fichiers unités taxonnniques principales (27 wlrurs), unités
taxrncmriquesassociées (18 valeurs). fanilles (7 valeurs), sont saisis au cla-
vier de l’ordinsteur. ta canbiraism de cea fichiers selon la légende établit
le fichier unités cartographiques (121 valeurs).
194
L’intkgraticm dans la tmse de donnÉes se fait par croisenmt de
chmm des quatre fichiers prkcédents avec le catalogue des zones dressé lors
de la saisie de l’infonmtim géographique. On obtient alors les fichiers at-
tributs qui constituent la forma de stockage em nkdre de l’information thÉes-
tique : attribut unités taxonomques principales par zone, attribut unités taxo-
runiques assccikes par une, attribut familles par zone, chacun avec son contenu
taxonaniqw et/a_r thktique. L’attribut identifiants est obtenu de la rri%e fa-
çon : c’est la combinaison unités cartograpbique+falelles par zone qui ainsi
renferme l’infonmtion synth%sée de la légende d’où son appellation.
A la fin de ces deux skies d’opérations de saisie est stwkée en
m?muire, sur support msgnétique, la totalité de l’infonmtion de la carte et de
la légaule pédol@ques, sous forme de 6 fichiers, arcs. 7mes et 4 nr.trihks,
dispcmibles pan- le traiterrant ultérieur par le logiciel d’extraction et de créa-
tion d’.Gmges tGmtiques.
Dn mer traitxmmt est auparavant effectué pour contrôler la
saisie : le croiserrent des fichiers zones et identifiants permet d’obtenir imm&-
diaterent, sur traceur, la restitution autamtique de la carte pklologique de
base : contours et contenu unités cartographiques des zones, pour en contrôler
la ccnfonmité avec le docuaant originel.
3-TRAITRMENT INFOGRAPHIQDl? RT CONSTITDTION DE EQCDMFNTS THIDIATI-
!J!E%
le logiciel TICER pemret de traiter l’infonmtion stockée lors
des op&ations de saisie pax en extraire, à la dem&, une ou plusieurs des
cayceantes, en cr&r et en restituer une kge scus forraz d’un nouveau document
cartographique, à contenu géographique (carte) et thématique (légende). Trois
outils sont utilises peur cela : l’ordinateur, un écran de visualisation et une
table traçante.
La figure 3 retrace synthkiqwmmt les trois étapes du protocole
d’établ’ i.ssewnt d’un docurent tb&mtique : la req&e,qui consiste à interroger
labasededumées sur l’ordinateur et en prélever les élérmts désirés, la
fxmstitutiar de l’*, qui fait intervenir le logiciel pour les opérations de
tri et de classermt de l’infonmtiar sélectionnée, enfin la vislalisaticn qui
permet de définir les modalités de restitution graphique du dccunent final.
3-l-Ialequête
Il s’agit au cours de cette opération de &lexzticnner et d’extrai-
re l’infonmtirm que l’on désire voir figurer sur le dccuaent titique. le
Mœ étant choisi par l’utilisateur (profardeur, él&ts grossiers, rccbes-
\
Ileres... 1, cm détemdne l’attribut à partir duquel ce tbÈne doit être prélevé
(unités tax&qws principales ou associées, identifiants...), et cet attri-
but est sutdivisé en fonction de la variabilité ou de la nature du tb&e, ce qui
permet la constitution de deux ou plusieurs classes. Les valeurs de l’attribut
correspondant à ces claaws sent regroupées et saisies au clavier de l’ordina-
teur pour ccnstituer la requête.
3-2 - La constitution de l’image
C’est à ce niveau que le logiciel infograpbique effectue les opéra-
tions les plus importantes : tris et regrcupewnts, qui sont à l’origine de son
developpawnt. Ayant interrogé les valeurs de l’attribut sélectionné préckk-
ment, qui correspondent aux classes définies, et le fichier 7~nes, il détenmine
autamtiqwnent les zones concernées, pour chaque classe; puis il regroupe ou
rmintient dissociées les ZXES adjacentes salon leur appartenance ou non à une
195
rr,rrerpnlldnllt
aux classes
Peramétres de restitution
échelle - figurés
Fig. 3 : Protocole d'établissement d'une carte thematique
1%
II&IEclasse. L’interrogation du fichier arcs Anne ensuite la rex-intion auto-
Ratique d’un naweau ~&BU de contours des ~MI~S regrOI+S PI. I’at~ rihtion
d’w nouwm~ code-l&gende, par classe, à ce réseau caractérisant le tlirn, choi-
si. Une nawelle hge et sa légende propre sont ainsi cr&?es, acc~~~~x&es de
différents renseignewnts autaretiquenent calculés concernant la sulrrficje et
les proportions relatives des nouvelles zowa appartewwt à C~EI~Wclasse du
thh.
%3-La visualisation de l’image
Les nouvelles irragrs et légendes créées au cours de la pr&-iulente
étape sont stodcées en hiire et disponibles à tout nmrznt pour la visualisa-
tion. Celle-ci peut être effectuée, pour observer une première représentation
du découpage zcnal et faciliter le choix des &tres de restitution. .sur un
h-an vidéo graphique à haute résolution. La sélection des figyr6s (couleurs. ..>
peut y être réalisée et modifiée en fonction de la ré~tition des zones du nou-
veau découpage thémtique.
Ia restitution du docurrnt cartographique sur papier est obtenue
sur un traceur à plusieurs plunzs de différentes couleurs sélectionnables. Frhel-
le, choix des figurés et de l’habillage de la carte sont égalewnt sélectionnés
au mment de cette restitution graphique. Ils sont modulables et adaptables à
la demnde. La carte et la légende thhtiques mt alors dressk directement
SO~LSleur forne définitive : habillage, lettres, contours, à-plats, acccmpa-
@es des par&tres de restitution et des calculs de superfici.e occupée par les
différentea zones des classes sélectionnées selon le t_tGmzchoisi.
Les trois étapes ci-dessus de réalisation d’un dccuwnt thématique
à mtir de la baae de dcnnée issue de la carte pédologique ini.tiale sont ainsi
réalis& par simples ~pulations infonmtiques, eans aucune intervention
nanuelle de tracé.
4- EXEMPLJZS
DE DOCIJMFATS
THEMATIQUESREALISES FOUR NKAMBE
De nahreux types d’inrages thémtiques pewent être créées à l’ai-
de du logiciel TIGEXpar extraction et/ou regroumt de tel ou tel type d’in-
formation ca&nue dana le docwmt pédologique de tese et intégrée dans la base
dedamées.
Dea cartes de syntlhe établissant des docunents pédologiquea à
plus petite kch2ll.e (1/5CO KO) :
-Ch-te des unit& hxonaniques principalea réduites et regrou-
p&sauniveaudugroupeCKX
-Carte des unités taxonaniques principales, réduites au niveau
du groupe GCS et regroupées par faciès d’utilisation, faisant apparaître les
caractères thhttiques spécifiques des unités.
Ce type de doctnw&s est obtenu par traitmt du fichier attri-
buts unités taxonarriques principales et regraqzanznt des valeurs en classes se-
lon les critkes s5lectionnés.
Des cartes th+tiqws monofactorielles faisant apparaître un thè-
me avec deux ou plusieurs classes de valeurs :
-Carte de profondeur et carte de pierrosité des sols des uni-
tés taxonckques principales pur lesquel.les ces thènes extraits un Ier un du
fichier attributs unités taxonaxiques principales sont divisés en deux classes.
Xàrte de profondeur et carte de pierrosité des sols des zones
cartog-aphiques, pour lesquelles ces thhs, extraits un Pr un du fichier at-
trihts identifiants, sont subtlivisés en quatre classes selon les ctmbinaisxs
des deux valeurs de chaque tt&~ prises par les unités taxontiques principales
et asscciées.
197
-Carte des faciès pétrographiques pour laquelle sont extraites
en 7 classes et représentées sous form d’imge, les valeurs du fichier attri-
lmts fimilles.
Des carte3 tthmtiqvzs pl~tœielles faisant apparaître plu-
sieurs thènes et leurs canbiwksuns :
-Carte des contraintes d’utilisation des sols des unités taxo-
nmiqms princi@es pour laquelle les thhs priruzipaux : profondeur, gravel*
sité, éluviation superficielle, caractère hmique, drainage.. . , sont extni ts
du fichier attributs unités taxonaniques principales et synthétisk pour créer
11 classes de valeurs.
-Carte des contraintes pédolcgiques mnales pour laquelle les
th&res profondeur, gravehité, drainage... smt extraits du fichier attributs
identiftits et canbinés peur créer 6 classes de valeurs.
Ces exmples, non exhaustifs, montrent les très vastes pcssibi-
lités de traitmmt par l’infographie de l’infomtion pédologique de base pour
l’établi ssemnt de docunents thhtiques. Il a été procédé aussi au cours de ces
traitcmnts à des réductions d’échelle et à de-s superpositions d’inuges : cas
en particulier de la superposition de l’imge “faciès pétrographiques”, qui ap-
porte une infonmticm sur les réserves nhérales des sols, avec d’autres inages
thhtiques créées. De nanbreuses autres applications, agrandjssmmt, fenes-
trage..., smt égalenmt pcssibles à réali~r sur les dccmts thhtiqws et
sur la restitution du docmmt pédologique de base, grâce au logiciel TIGER
UtïLiSé.
CONCLUSION
La mise au point de sysths de traitment d’informations géogra-
phiquanent localisées, tel le logiciel TIGIZ à l’a, mrque un grarid pro-
grès dans l’élaboration de dccmts thkmtiques, en particulier en nutiére de
pédologie, où ce type de dccunmts est très frkqumm t demndé en cunplknent
de la Ch-te Pédologique de base. Ce procédé infographique permet le txaitemnt
cmplet et autamtique de l’infomtim saisie, tant sur le plan géographique
(tracé), que thémtique (extraction, regroupmmt-croist, cunbir~ison. super-
pceitim de thhs). Il procure ainsi un gain de temps et une flexibilité ccmi-
dérables qui pezmttent en outre de répmdre au cas par cas à la demnde des uti-
lisateurs, em attribuant au dccmt de base le rôle d’une banque de données.
Ce procédé fkcessite cependant une rigueur et une strwturation suffisantes dans
la collecte de l’infonmtim de tase qui est ensuite saisie pour créer la base
de données. Il ne peut en effet restituer, sous une fom plus CU mins ékh-
rée (cartes thhtiques monofactorielles ou plurifactorielles), qu’un mmnble
d’infonmtims qui font partie de celle figurant sur le dccuwnt pkiologique de
base (carte et légende), et qui a donc dû être, en toute rigueur, collectée dès
la phase initiale de terrain. L’utilisation de cette technique de pointe ne peut
donc que faire progresser les méhdes d’inventaire des sols et de réalisation
de la Càrtogra&ie Pédolcgique.
199
LES RADARS IMAGEURS ET LA TELEDETECTION AERIENNE OU SPATIALE
EN ZONES TROPICALES FORESTIERES
B. VOLKOFF: M. GAVAUD* et D. DUBROEUCQ*
RESUME
En télédétection les micro-ondes tiennent une place spéciale car dans
cette fenêtre du spectre électromagnétique les observations ne sont
pas gênbes par l’atmosphère ; elles peuvent être faites à travers les
nuages, à travers les pluies, de jour comme de nuit. Dans la pratique
on met en oeuvre des systèmes à illumination active qui émett.ent un
signal connu et reçoivent la fraction rétrodiffusée par les ob.jets du
sol. Les paramètres liés au terrain intervenant dans In rbflrxion des
micro-ondes sont la topographie, la rugosité du sol, la giwm6trie du
couvert végétal, les propriétés diélectriques de l’ensemble vhgé-
tation-air-sol. Sous certaines conditions (longueur d’onde, angle
d’incidence, état d’humidité) une pénétration métrique est possi-
ble ; la forêt peut alors laisser deviner son support, des structures
sub-superficielles du sol peuvent être révélées. Les radars en usage
sont des radars imageurs à visée latérale embarqués dans des véhi-
cules aériens (Side-looking airborne radar, abv. SLAR) ou spatiaux ;
ils sont actuellement tous du type à synthèse d’ouverture (Synthétic
aperture radar, abv. SAR). Ils fournissent une image ombr-i>e pourvue
d’une sorte de perspective latérale qui révèle ln topographie avec
une grande finesse et permet de discerner des zones tir tcxl (Ire 1 i6rs
à des types de relief et de végétation différents. 11 s’agit d’un
outil de cartographie extrêmement précieux que de nombreux pays ont
utilisé pour l’inventaire de leurs ressources naturel les. Faute
d’études suffisantes on ne peut cependant,pas encore identifier les
objets par leurs signatures comme cela est déjà possible dnns le do-
maine des courtes longueurs d’ondes.
* ORSTOM, UR104, BONDY (FRANCE)
201
1. INTRODUCTION
La cartographie, l'inventaire et l'évaluation des ressources
naturelles, en sols notamment, s'appuient généralement sur des vues
de la surface terrestre réalisées à partir d'avions ou de satellites
artificiels. Pour les obtenir on dispose aujourd'hui de procédés photo-
graphiques dont la sensibilité s'étend du spectre visible au domaine
de l'infrarouge.
La mise en oeuvre de ces procédés photographiques se heurte
toujours à de grandes difficultés dans les régions forestières
tropicales à forte nébulosité atmosphérique. Dans ces régions
1e.s contraintes liées à une couverture nuageuse quasi permanente sont
souvent si importantes qu'aucune cartographie ne peut être entreprise.
Les progrès réalisés ces dernières années dans les techniques
de télédétection aérienne et spatiale ont cependant profondément modi-
fié les données du problème. Il est devenu possible de photographier
la surface terrestre à l'aide de dispositifs radar. Dans le domaine
des micro-ondes. entre 1 et 30 cm de longueur d'onde, on a un double
avantage : l") le rayonnement n'est plus affecté par les nuages et la
vapeur d'eau : 2’) les dispositifs radar émettent eux-mêmes les pro-
pres ondes électromagnétiques qui sont réfléchies par les objets au
sol ; ils ne dépendent donc pas de la lumière solaire.
Ces nouvelles techniques de télédétection pnr radar, indé-
pendantes de la luminosité et des conditions atmospheriques, appa-
raissent donc aujourd'hui comme particulièrement int6ressantes pour
la cartographie et l'inventaire des ressources naturelles des régions
tropicales forestières. Elles sont déjà utilisées sur une grande
échelle en Amérique du Sud. Le Brésil, le Vénézuela, la Colombie notam-
ment, viennent d'achever la cartographie de leurs territoires
amazoniens respectifs. Quelq ues pays d'Afrique ont également expéri-
menté ces techniques ou envisagent de le faire prochainement.
202
2 - LES SYSTEMES NAGEURS RADAR
2.1. Principes généraux
Il existe deux grands tvpes de radars imageurs : les radars
à antenne rotative et les radars a antenne immobile.
Dans les radars à antenne rotative l’antenne effectue une
rotation de 360” (ou moins de 360”). Les signaux sonl visualisés sur
un écran à cathode circulaire. Le balayage du tube est synchronisé
avec la rotation de l’antenne, l’image de chaque balayage restant sur
le tube cathodique entre 2 tours, la visualisation est permanente. Ce
type de radar est surtout utilisé par l’armée.
Pour les applications civiles et la cartographie, les radars
les plus intéressants sont les radars à antenne immobile qui photo-
graphient le terrain par balayage latéral. L’antenne est montée sur
le côté d’un avion ou d’un satellite artificiel. Le dispositif com-
porte un émetteur de forte puissance qui envoie de courtes impulsions
d’énergie à une fréquence donnée. Le faisceau micro-onde est oblique:
l’angle d’incidence varie de 20 à 80”. L’énergie rétrodiffusée est
convertie en une tache de lumière sur un écran cathodique puis enre-
gistrée sur un film sensible noir et blanc. La luminositla d’un point
donné dépend de l’intensité de l’énergie micro-onde rétrodiffusée vers
le récepteur radar par le point correspondant de la surface terrestre.
L’intensité rétrodiffusée dépend des propriétés physiques et élec-
triques de la surface.
Le déplacement du vecteur permet d’obtenir un balayage et une
visualisation des échos reçus sur une très grande surface.
Les dispositifs à visée latérale embarqués dans des véhi-
cules aériens sont connus sous le nom de “Side-looking Airbone radar”,
SLAR en abrégé.
2.2. Formation de l’image
Sur l’axe perpendiculaire au déplacement du vecteur on mesure
le temps mis par l’impulsion radar pour atteindre l’obstacle, être
réfléchie et revenir sur l’antenne. Le dispositif radar range donc les
points observés suivant la variation de leur distance au capteur.
La position des points sur l’autre axe est déterminée par le
déplacement de l’avion parallèlement à la route suivie.
203
L'intensité du signal retour commande l'intrnsiti~ d'un spot
lumineux sur l'écran d'un oscilloscope, l'intensité de chaque point
dépend de la nature et de la position des éléments du relief du sol.
Le spot se déplace sur une li.gne de l’écran ?I une vi 1ww proportion-
nelle au balayage du faisceau micro-onde dans la tlirw.1. ion perpcn-
diculaire à la route de l'avion. L'écran de l'oscilloscope est
balayé par des lignes successives qui s'inscrivent sur un film se
déplaçant perpendiculairement aux lignes à une vitesse proportion-
nelle à celle de l'avion. Ainsi se crée une image continue du terrain.
2.3. Résolution de l'image.
Dans la direction perpendiculaire à la liane tle vol, la
finesse de l'image dépend de la durée de l'impulsion micro-onde. On
ne peut, en effet, séparer des échos renvoyés par 2 obstacles dis-
tincts que si la différence de leur éloignement est égalr d la 1/2 lon-
gueur d'impulsion micro-onde. Plus la durée de pulsation est courte
meilleure est la résolution. Comme l'énergie transmise est propor-
tionnelle à la durée de la pulsation, on ne peut, pour des raisons de
détection, utiliser des pulsations trop brèves. Dans la pratique les
impulsions ont de 0,055 à 0,l micro-secondes.
La résolution de l'image dans la direction de La ligne de vol
est proportionnelle à la largeur du faisceau micro-o~~tieomis par
l'antenne. On peut séparer 2 objets situés à la même distance de
l'avion si leur éloignement dans la direction longitudinale est supé-
rieur à la largeur du faisceau à cette distance. Comme le faisceau
devient plus large avec la distance la résolution diminue avec
l'éloignement.
L'ouverture angulaire du faisceau radar btnnt inversement
proportionnelle à la longueur de l'antenne, il faut, po"r am6liorer
la résolution longitudinale utiliser une antenne aussi longucx que pos-
sible. La résolution géométrique d'un radar comportant Ilne :lutenne de
5m et fonctionnant sur 3cm de longueur d'onde est de ‘IOm à 5km,
60m à 10km. Avec une telle antenne de 5m la résolution u'est donc
satisfaisante que si le radar est utilisé à faible altitude.
Pour des satellites qui gravitent autour de la terre à plu-
sieurs centaines de km d'altitude on remplace l'antenne réelle par
une antenne dite synthétique qui est une antenne virtuelle engendrée
par l'avancement propre à l'avion ou au satellite. On prend en compte
l'amplitude des échos reçus en fonction du temps et leur di>calage en
fréquence par rapport à une onde de référence. Le svsii>me (SAR,
synthetic aperture radar) SC? comporte comme si L'anLerinc avait
plusieurs dizaines de mètres de longueur.
Le traitement des échos reçus nécessite un tres grand nombre
de calculs d'ordinateur. On utilise en fait des méthodes de traitement
optique. Les radiations radar étant cohérentes les signaux retour
204
réfléchis par le sol peuvent interférer avec une onde de référence.
Les franges d'interférences sont enregistrées sur un film. L'image
obtenue éclairée par un faisceau laser produit une image normale.
2.4. Les caractéristiques des images.
Le radar latéral peut couvrir des bandes de terrain avec des
angles d'incidence compris entre 5" et 75". Avec les systèmes opéra-
tionnels classiques on couvre une bande d'environ 20km de large à
partir d'une distance d'environ lkm de la ligne de vol à basse
altitude (1500m) et une bande de 40km de large à une distance comprise
entre 20 et 80km de la ligne de vol à haute altitude (1500m). Les
bandes sont assemblées en mosayques présentées généralement à l'é-
chelle 1/250 000. Des agrandissements au l/lOO 000 sont aussi uti-
lisables.
Si deux lignes de vol se chevauchent une vision sté-
réoscopique des images radar est possible. Celle-ci est très précieuse
pour la photo-interprétation.
La résolution spatiale est différente dans le sens de la
trace et le sens perpendiculaire à la trace. Avec une antenne synthé-
tique l'échelle est constante dans le sens de la trace mais elle varie
de façon continue dans le sens perpendiculaire du fait de la visée
latérale. Des rectifications géométriques sont donc nécessaires avant
toute exploitation.
La résolution moyenne des radars en usage est de lO-15m.
3 - PARAMETRES INPLUJWCANT L'INTENSITE DES ECHOS RADAR.
L'énergie rétrodiffusée mesurée dépend de caractéristiques
qui sont liées à la géométrie de l'ensemble radar-objet et à d'autres
caractéristiques qui sont propres à l'objet lui-même.
3.1. Paramètres liés à la géométrie radar-objet.
Les ondes radar se propagent en ligne droite : les régions
cachées par le relief ne reçoivent pas d'impulsions micro-ondes et ne
sont pas vues. Elles apparaissent noires sur les images.
Sur l'image radar le détail des réflexions dépend d'une part
de la longueur d'onde et de la polarisation du rayon incident, d'autre
part des caractéristiques géométriques et réfléchissantes de chaque
surface du terrain.
205
- La fréquence et la polarisation : la bande K;I (0.8 ii 1,2rm
de longueur d’onde) correspond à la plus haute fréqurncc possible sans
avoir à subir les effets de l’atmosphère. Avec les hnntlw Ka. les
bandes X (2,4 à 3,8cm de longueur d’onde) sont les plus ut i lisbes. I,rs
radars météorologiques, basés au sol, fonctionnent avrc tl~s longueurs
d’ondes plus courtes, celles qui provoquent le maximum d’nhsorption
par les nuages et la pluie. Avec les bandes correspondnnt à des
longueurs d’ondes plus longues, la résolution diminue mnis la pbné-
tration augmente, ce qui, dans certains cas est i ntkessant
(exemple des radars de SEASAT et SIR-A qui ont fonctionnb ;i 23,5cm de
longueur d’onde). La polarisation normalement utilisée est HII (horizon-
tale émise et reçue).
- Angle d’incidence du faisceau : pour les radars ,7 ouverture
réelle on évite les incidences trop rasantes, l’angle variie de 70”
à 20”. Pour le SAR où la distance importe peu l’angle d’incidence va-
rie de 60” à 85’. Dans certains cas on recherche des visions presque
verticales (pour SEASAT, par exemple, l’angle était de 23”, +/-3”).
- Orientation du terrain par rapport au faisceau. La ré-
flexion dépend de l’orientation du terrain face au faiscenu radar et
de son incidence. Les variations de réflexion sont toujours beaucoup
plus marquées pour les angles d’incidence faibles.
3.2. Paramètres propres à l'objet
- Rugosité de la surface. Elle est contrôlée pnr le micro-
relief ou la géométrie du couvert végétal. On distingue Ics surfaces
lisses qui ont une réflexion spéculaire : les images apparaissent
noires et les surfaces rugueuses qui diffusent l’énergie dans toutes
les directions ; une partie seulement de cette énergie est recue par
l’antenne ; ces surfaces apparaissent avec des tonalités plus claires.
La limite entre les surfaces spéculaires et les surfaces rugueuses
dépend de la longueur d’onde et de la hauteur de l’irrégularité ;
elle est déterminée par ta loi de Raleigh : h = longrrer~r d’onde /
8.~0~ I (h étant la hauteur de l’irrégularité et 1 l’nngle d’inci-
dence). Pour 45” une surface est théoriquement lisse dans la bande X
(longueur d’onde de 3cm) si h < 0.53cm. On considère souvent un état
de rugosité intermédiaire entre l’état lisse et l’état tri>s rugueux;
il correspond, pour la bande X et une incidence de 45’, aux irrégu-
larités comprises entre 0.17 et 0.69cm de hauteur.
- Propriétés diélectriques. Les propriétés blectriques, prin-
cipalement la conductivité, sont liées à la porosité et surtout à l’hu-
midité. Elles influencent fortement l’intensité du signal micro-onde
mesuré. Pour une même longueur d'onde l'intensité est d'autant plus
forte que la teneur en eau est élevée mais la pénétration devient
alors faible. La pénétration est maximum pour les sols secs.
206
4 - APPLICATIONS
La méthodologie pour interpréter les images radar est très
proche de celle qui est utilisée pour la photo-interprétation. Mais
il faut toujours avoir présent à l’esprit que les images radar et les
photographies aériennes sont deux systèmes totalement différents en
ce qui concerne la formation et la géométrie de l’image et que l’inten-
site de réflexion micro-onde des objets dépend de parambtres dif-
férents de ceux qui interviennent pour le visible et J’inJrarouge
proche utilisés pour les photo-aériennes.
4.1. Vision du modelé.
Le modelé est très aisément perçu du fait de l’existence, sur
l’image, de zones d’Ombre totale sur les faces orientées sous le rayon-
nement et de zones d’éclairement blanches sur les faces orientées
directement au rayonnement. La grandeur de la projection des ombres
des reliefs permet une estimation relative des dénivelées de ces
reliefs. L’illumination oblique donne des images ombrées homogènes
pourvues d’une sorte de perspective latérale très expressive pour les
reliefs moyens.
Mais il y a de fortes distorsions topographiques. Jl y a
exacerbation du relief réel avec un déport du sommet des reliefs sail-
lants vers la zone d’émission du rayonnement. Les déformations et les
longueurs d’Ombre varient avec l’éloignement. Dans les regions monta-
gneuses la proportion de surface couverte par les ombres portées
peut i?tre importante et gêner l’interprétation, les ombres radar cor-
respondant à une absence totale d’information sur le secteur consi-
déré.
4.2. Exploitation topographiqueet géomorphologique.
Des changements de pente de quelques degrés peuvent doubler
ou tripler la retrodiffusion radar. Les images radar sont donc parti-
culièrement bien adaptées pour détecter des particularites topo-
graphiques qui sont révélées avec une grande finesse. L’organisation
du réseau de drainage est aussi facilement reconnue grâce au renfor-
cement des ombres.
Les caractéristiques du modelé et le détail du rel irJ condui-
sent donc à une vision très concrète de la topographie, de la géo-
morphologie et des structures géologiques au sens large.
207
4.3. Etats de surface et végétation.
On s’appuie sur la tonalité et la texture de l’imagr. Ln tona-
lité est surtout contrôlée par l’orientation des versants p;lr rapport
au faisceau radar mais elle est aussi influencée par des paramètres
dépendants du sol, de la végétation, de l’humidité qui sont tous
interdépendants. Les différences de végétation et de petites varia-
tions de relief sont en général facilement reconnues par l’analyse
combinée de la tonalité et la texture de l’image.
Pour les angles d’incidence proches de la verticale il est
possible de détecter des différences dans l’humidité du sol et dis-
tinguer différents types de sols sur la base de leur rugositi!.
5- RESULTATS ET PERSPECTIVES
La vision synoptique offerte par les images radar permet une
interprétation visuelle et stéréoscopique de grands ensembles géo-
graphiques.
L’analyse des caractéristiques du drainage et du relief
fournit les bases de l’interprétation pour la cartographie géo-
logique. De telles cartographies ont été entreprises avec de bons
résultats dans de nombreux pays tropicaux forestiers (exemple la
cartographie géologique du Gabon).
Des ensembles pédo-paysagiques sont généralement associés à
des secteurs d’images homogènes caractérisés par un maillage régu-
lier, expression de la répétitivité spatiale de mêmes formes de
relief. La signature radar des mailles élémentaires est elle-même en
très bonne corrélation avec un contenu morpho-pédologique défini.
Pour ces raisons les images radars apportent une aide très précieuse
à la prospection pédologique en zones tropicales forestières (exemple
du levé morpho-pédologique de l’Amazonie vénézuelienne).
On cherche aujourd’hui à améliorer l’interprétation des
images en utilisant un code de couleur pour représenter toutes les
gammes d’énergie des. échos (gamme qui dépasse les possibilités des
films noir et blanc), en mettant au point des techniques sti-réosco-
piques qui font apparaître les altitudes des divers points de
1’ image, en combinant les images Landsat et radar, en utilisant des
images faites avec des polarisations différentes et différentes
longueurs d’ondes.
L’étude des ‘propriétés réfléchissantes des matériaux en fonc-
tion de la longueur d’onde et de la polarisation devrait Egalement
conduire à l’identification des surfaces réfléchissantes (sols, types
de végétations, types de cultures).
Etant donné les relations étroites entre réflexion et humi-
dité du sol, il est déjà possible d’accéder à une connaissance de
l’humidité des sols au niveau d’une région et de suivre son évolution
dans le temps.
La télédétection radar apporte donc une information synop-
tique indépendante des conditions atmosphériques (applications géo-
logiques et topographiques). Elle donne les moyens de passer aisément
des études ponctuelles réalisées sur le terrain à des surfares (appli-
cations pédologiques). Dans 1 ‘avenir rlle devrait permet trc* ~II> p;,sscr
des éléments paysagiques aujourd’hui seuls perçus à une connaissance
directe de la nature des objets (inventaires botaniques). Cette
technique doit permettre aussi d’accéder à des informations volu-
miques et de prendre en compte des évolutions temporel Irs (appli-
cations agronomiques et écologiques).
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sais-je ? P.U.F.,, Paris, 127 p.
211
ANALYSESTRLJCTURALED'UNEUN~TEDEMODELELATERITIQUE
COMMEREFERENCEPOURLARECHERCHED'INFORMATIONSPEDOLOGlQUES
D'ORDRESTRUCTURALCONTENUES
DANSLESIMAGESDETELEDETECTIONCORRESPONDANTES
M.DOSSO*
RESUME
En Cuyane Francaise, la for& tropicale recouvre 1’ ensemble des ” Terres
Hautes ‘I (90 % de la superficie du departementl 0; la couverture ferrallitique est
developpee a partir du manteau d’alteration du socle (granites et schistes). Depuis
1976, I’itude de Porganisation de cette couverture i I’kchelle de Pinterfluve Cl&
mentaire (BOULET et al.) montre qu’ elle est actuellement en deskquilibre, c’est-
i-dire que les transformations en tours tendent i la detruire. L’exemple present&
ici concerne l’analyse structurale d’ un interfluve de 20 hectares sit& dans un
paysage forestier de petites collines sur schistes de la partie septentrionale des
” Terres Hautes I’ (FRITSCH, BOULET, BOCQUIER & DOSSO, 1985).
Les nombreuses etudes me&es dans le secteur ont permis i BOULET (1981)
de reconnaitre dans I’espace plusieurs stades de transformations de la couverture
initiale, stades qui auraient pu egalement se succeder dans le temps. L’ interfluve
etudie correspondrait i un stade ultime dans cette sequence de transformations.
II montre un double systeme de transformation par hydromorphie : systeme amont
descendant vertical et centrifuge, et systeme aval remontant lateral et centri-
pkte ; ce double systeme ne laisse subsister le ‘I domaine initial ‘I que par flats, en
aureole autour du plateau sommital.
L’analyse, la comprehension et la cartographic de la couverture pedologique
de cet interfluve ont et& rendus possibles grdce aux travaux anterieurs de
FRITSCH (19771 et (1984) portant sur l’analyse miniralogique et structurale d’une
toposkquence. La carte structurale obtenue sur l’ensemble de Pinterfluve presen-
te les differentes courbes limitant dans I’espace les differents domaines (initial,
systemes de transformation amont et aval) et leurs organisations.
* Centre Scientifique IBM - FRANCE. 36, Avenue Poincard -- 75116 PARIS FRANCE
212
Dans une perspective d’utilisation de la télédétection pour l’extension des
connaissances structurales acquises localement sur la couverture pédologique, on
a étudié 1’ image aérienne panchromatique noir et blanc au I/l0 000 ème disponi-
ble sur ce secteur. La carte pédologique, la carte du modelé et l’image aérienne
ont été numérisées et recadrées. Grâce au langage commun traduisant ces trois
types de données on a pu ainsi définir directement le conteu des domaines pédo-
logiques en termes de couvert forestier et de même? étudier leur corrélation avec
la topographie. Pour la bande spectrale etudree, et a l’échelle de l’étude, il appa-
raît que le couvert forestier ne traduit que la partie la plus dégradée du systeme
pédologique.
213
Commentons tout d’abord le titre de cette présentation:
. Les deux expressions les plus importantes en sont Analvse structurale et lma~s de
téltdézection ; nous y reviendrons: c’est le thème de la prkentation.
. Il y a un adjectif rassurant: latéritique ; rassuant en a sensque la pkentation est bien
prévuepource séminak là, mais en fait cet adjectif n’est pas primordiak il aurait pu s’apir
d’une toute autre unité de modelé, sur sols calcaires par exemple, la démarche suivie aurait
été la même.
. Le texme réfërence a lui aussi son importance, car déjà il indique le sens de la démarche: c’est
le terrain qui de; la compréhension que l’on en acquiert se traduit au niveau d’une
Me -structurale- et c’est cette carte que I’on compare aux documents de télédktection dis-
ponibles.
L’iiustration de cet exposé se fera essentiellement non à partir de diapositives, mais d’iis pa
pier sous forme d’une skance d’affichage, apk+ l’exposé. En fait, les résultats de trois exemples
serunt prkntés; il s’agit de trois terrains, tous situés sous couverture forestière, qui donc a priori
masque les sols.
Je vais donc maintenant présenter le POURQUOI de la démarche utilisée et introduire les trois
exemples qui seront présentés ensuite.
Prknta le pourquoi de cette démarche revient à exprimer comment je conçois les rapports entre
PEDOLOGIE et TELEDETECTION
C’est à dire PEDOLOGIE d’abord et TELEDETECTION ensuite. La télédétection est
peut-être un vaste mon& en lui-même, mais pour moi, c’est la pédologie qui prime; et la
télédétection n’est qu’un outil pour l’étude de at objet SOL qui est l’objet de notre attention à
tous ici; objet SOL; ou mieux COLWERTURE PEDOLOGIQUE, ou mieux encore ensemble
des FOR.M.ATIOSS SUPERFICIELLES.
Lorsoue l’on fait de la oédoloaie. il existe je crois deux attitudes possibles.
La &mière. qui est ia plus &sUque, c&ste à répondre à la question:
,MAIS OU’EST-CE QUI SOCS INTERESSE DANS LE SOL?
La deüxième, qui së situe plus en amont, consiste à ripondre à la question:
MAIS QU’EST-CE QUE LE SOL?
Commentons ces deux attitudes.
Première attitude:
. Selon le but poursuivi, l’application de l’étude à des problèmes de drainage,
d’aménagement, etc... on privilégiera des caractères particuliers: capacité d’échange, teneur
m matière organique, m argile.,hydromorphie, pierrosité. etc..
214
. S’il n’y a pas de but spécial alors on rkoltcta le maximum de données. Puisqu’on est à
l’ère dc l’informatique, on utilisera les facilités offertes: les méthodes et traitements statistiques
muhivariables entre autres, permettront ensuite de réduire le nombre des données prises en
compte et peut-étre. d’en extraire la structure.
Cette prernikre voie est donc essentiellement celle de la CARACTERISATION DU SOL.
Deuxiéme attitude:
Ici, on cherche à d&nir le sol en vue de sa compréhension.
Qu’est-œ qui fait la spécificité du milieu sol?...:c’est d’abord son organisation dans les trois di-
mensions de I’espace; c’est à dire sa structure. L’objet de l’étude sera donc cette analyse làz
I’AKALYSE STRUCTURALE DU SOL.
Remarquons tout de suite, que si l’on a un cadre, une structure, rien n’empêche qu’on en
caractérise l’intérieur: les observations se trouvent de œ fait situées. Les deux voies de recherches
citées sont donc complémentaires, mais il semble qu’il y ait un ordre.
La première voie , je la qualifierai d’AVEUGLE car l’effort de caractérisation n’est pas situe dans
l’espace, d’où le recours aux statistiques ensuite pour retrouver dans les données la structure
prkexistante.
La seconde voie suppose simplement d’OBSERVER CE QUI EST: c’est alors l’analyse MOR-
PHOLOGIQUE qui prime.
Voyons quelles sont les conséquences de œs deux attitudes au niveau de l’analyse d’une mégion
don& par exemple.
Premiére attitude
analyse AVEUGLE, STATISTIQUE.
Cette attitude conduit à
un travail de caractérisation SYSTEMATIQUE: un rkeau d’observations ponctuelles et
verticales.
la précision du travail devient fonction du nombre de sondages à l’hectare. (au niveau de
projets 5nana+s de manière internationale, il existe des normes à respecter.)
il apparait la néassité d’une classification extérieure à laquelle référer les observations.
Grâce à œt outil qu’est la classikation on peut faire un classement des observations, œ afin
de pouvoir découper la mgion étudiée en classes homogènes.
Les
.~ limites ainsi obtenues entre les classes sont donc subordonnées au contenu de œs classes
dites homogknes. Si le contenu a été défini d’aprts des observations, œ n’est pas le cas des
limites: celles-ci sont déduites; elles sont conceptuelles et n’ont pas été suivies dans la kalité.
Cette analyse est de type descendant: le rkeau d’observations sera d’autant plus set-6 que
l’on voudra accéder à plus de dktails.
215
Ikuxième attitude
analyse MORPHOLOGIQUE. STRKTCRALE.
Le principe de cette analyse s’applique quelque soit l’échelle de l’étude, depuis la lame mina
jusqu’au paysage.
Pour la région étudiée, on détïnira une ou plusieurs unités naturelles dont on faa l’étude
détaillée. Les limites des unit& ainsi dé6nies sont des limites rielles , fonctionnelles; m
ginéral il s’agit d’unités de modelé: interfluve ou bassin versant.
A l’intérieur de ces unités on s’attache à l’étude des relations mtre domaines, c’est à dirt à
l’étude des transitions. On étudie des gradimts de différenciation.
Les rtsultats, présentés gmphiquemmt 30~s forme de coupes et plans, montrent I’organi-
sation de la couvertu~c pédologique étudiée dans les trois dimensions de l’espace; pour ala
on aura essentiellemmt retmu des caractères stmcturaux dont on suit l’apparition ou la dis-
parition: ce sont les lignes dites d’isodifférenciation.
Lc plan de prospections ultérieures est fonction des ECHELLES DE VARIATION
trouvées.
pi?bt;f
C’est donc à partir d’études locales dktaillées que l’on remonte à une compréhmsion plus
régionale; la démarche est ici ascendante. Toute l’iiormation néusti à la compkhcnsion
de l’organisation de la couverture pkdologique étudiée est P&ente au départ: il s’agit ensuite
d’extrapolation.
0
Que retenir de cette comparaison?
d OWÙ~C l
On retimt ces deux notions de (contour&ion) ou (limite, domaine). La limite c’est la Aation
mt.re deux domaines.
Limite et domaine sont deux notions duales: c’est à dixe qu’elles ne sont pas opposées mais
c&ÏÏ&nm~ m est donc de mime pour les deux approches qui m découlent: soit com-
mmcer par déterminer des domaines (contenus) dont les frontiéxs seront les limites (contenants),
soit commencer par détecter les limites pour m déduire les domaines.
Or ce qui vimt d’être formulé là, devient vraimmt tris intéressant.
Pourquoi?
Parce qu’en traitemmt d’images. on retrouve exartemmt la mkne chose.
216
Qu’est-ce qu’une image?
Les images dont je parlerai sont des images numériques
OBJET
Ici se trouvent illustris à la fois le pmblkmc du pas de numkisation et celui du codage
numérique. Pour passer de l’objet à sa représentation image numérique on doit opérer une double
disc&isation: échantillonnage dans l’espace et échantillonnage d’une gamme de valeurs continues.
A l’heure actuelle, la majorité des applications m traitement d’images portent sur des images du
premier type: a sont des ixuages binaires.
Les images sur lesquelles on travaille m télédétection sont codées sur une plus grande gamme (en
général 256 valeurs). On remarquera l’effet de ~OU introduit par la numérisation au niveau des li-
mites de l’objet.
En tisumé. l’image numéxique est une grille de points, appelés ‘pixels’ (Picturc Elemmt); à cha-
que pixel, rep& par ses coordonntes géographiques, est associée une (ou plusieurs) valeur(s)
numérique(s). Ce sont ces matrices numkiques qui sont l’objet du traitemmt d’images.
En txaitemmt d’imagc. il existe deux grandes familles de traitements: les traitements classiques et
a que je regrouperai sous le terme de ‘recherches actuelles’.
Les traitements classiques.
Ce sont tous les traitements STATISTIQUES portant sur les signatures *es des
pi%&
Ix but de as traitements est de réduin le nombre & données disponibles; et de baliser
ensuite un classement ou une classification de l’image. Là aussi on déterminera des classes
homogènes dont les limites scmnt subordonntCs au contenu.
Ce type de travail conduit à une identifxation de l’image et convient très bien aux descrip-
tions et invmtaires d’états de surface.
Les recherches actuelles.
Cc sont toutes les études de RELATIOSS SPATIALES entre pixels.
217
Gs relations s’étudimt au niveau de Ia texture ( arrangement local au voisinage d’un Point)
et au niveau de la struct~~ (qu’on pourrait défmir comme étant une macro texture).
Pour l’étude de la structure de l’iiagc. on peut soit chercher à définir des domaines (trai-
temmts statistiques, analyse des données...) soit rechercher des discontinuités dans l’image
(études de gadimts). G travail est celui de I’ANALYSE STRKTCRALE de l’image et
doit conduire à sa COMPREHENSION.
Gs deux termes: analyse structurale et compkhmsion, que nous avons déjà employés à propos
de pédologie, font pariie du vocabulaire spécifique au traitement d’image m général. On rcmar-
qucra m passant, 1’ opposition qui existe entre les termes ‘traitemmt’ et ‘analyse’ : quand on n’a
pas de but pré&, on fait du ‘traitement d’image, quand on fait dc l’kalyse d’iige c’est pour
aller vers sa ‘comptihension’.
Revmons donc aux rapports entrepédologie et télédétection:
Si I’on ne fait que camctkiser les sols, et ce par rapport à une classification, il y a peu de chanœs
pour qu’on retrouve jamais les limites de sol ainsi obtenues, sur l’image. Pour la bonne mison que
ce ne sont pas des limites réelles.
Si au contraire, pour l’analyse de terrain, on s’inténsse aux transitions mtre domaines, aux rela-
ti& qu’ils ont mtre eux, alors il y a plus de chances que la cartographie de ces limites là, ai=
rapport avec I’image.
Or jusqu’à prkent. PEDOLOGIE ET TELEDETECTION ccla voulait dire comparer des
cartographies du premier type à des images. Donc cela ne marchait pas ou peu- du moins pas dans
tous les cas.
La concltion était alon:
- ou les sols sont nus -ce qui est rare-
et c’est la porte grande ouverte à toutes les études de réflectance des sols à des fms de
caractérisation (rugosité, humidité, teneur m eau, m Fer, etc...); c’est une grande voie de
recherches actuelles.
- ou les sols sont wuwts de végétation -œ qui est le pluJ kéquent-
Alors là, puisque les sols sont masqués par la végétation, que pouvez-vous attendre de leurs
images de télédétection? Gs images là ne foumiro nt jamais d’informations utiles sur les sols;
par contre ces images peuvmt très bien servir à étudier les états de surface: cette dernière
remarque est juste et conduit actucllemmt à de nombreuses applications.
Mais, pcrsonnellemmt, je crois et je cherche à montrer que si l’on part de ce qui définit le sol, c’est
à dire son organisation, I’image & sa surf=, qu’elle soit ou non couverte de végétation, devrait
realer des informations sur cette organisation.
Autrement dit, m lisant la surface des sols, même à travers une couverture forestière, on peut avoir
une infonnation liée à la profondeur; surface et profondeur ne sont pas indépmdantes.
Quelle information: combien et sous quelle forme? voici un vaste programme de recherches à ve-
nir, que pour ma part je ne fais qu’entamer.
Des exemples qui sont présentés en annexe, il faut retenir les points suivants ,
. L’information structurale est présente dans les images.
. Do traitements portant sur la texture et la radiométrie la mettent m valeur.
. Les domaines mis m ividmce ont des formes comparables à celles données par la
cartographie structurale, mais les limites sont discordantes.
l G sont les parties les plus d&adées du système qui apparaissent.
218
ANNEXES
I - TERRAINDESAINTELIE(GUYANEFRANCAISE)CP
Ci-dessus, l5i akienne (700mx 6OOm surle tenain), numérisée à partir d’une couverture
aériemx panchromatique noir d blanc au l/lO 000 ème. Sur ce document ont été &s les
limites des di%entes unités topogaphiques et les di5ëëtes limites pkdologiques. d’après les
cattes correspondantes&lisécs au 1/2000 ème. On a porté ci-dessus les limites de I’interfluve
ktudi&
Ci-dessous.
A &awchc:informations extraitesdes tisultats de l’anslyse structurale,xlatives à l’unité de plateau
sommitsl. En trait fort: la limite du système transformantsupérieuramont. En noir: la partie la
plus dégrada de I’mtelfhlve (quatre systèmesde tlan!xformatiolls’y superposent).
A droite: zone wrrespondautc de l’ii aérienne, seuilléeet présentéeen négatif, montrant la
relation existanteentre la phénologie du couvert fores& et l’organisationdu sol sous-jacent.
1 N .Y
,Y--
400 m-
E.FRITSCH. G.BOCQUIER, R.BOUL.ET, MDOSSO, F.X.HUMBEL 1985. Les sy&mes
tnndonnants d’une formation supergk de Guyane knçaiac et lews modes de fepksentation.
Fubliation ORSTOM à paraîtz.
219
11- TERRAIND'ORGANABO(CWANEFRANCAISE) Cf*
Image aérienne numérisée (101Sm x 996m sur le
terrai@, extraite d’une photo IGN
panchromatique noir et blanc au 1/20 000 ème.
L’analyse structurale de l’mt&uve de 60 hectares
a été faite et sa cartographie réaliste à l’échelle du
l/lOOO ème. On a recadr6 sur I’i aérienne la
courbe limitant le p6le podzol du système de
transformation sol ferrallitique - podzol étudié. Le
domaine ainsi défi se tivéle hétérogène en tons
degris.
Après seuil& de l’ii sur les ombres, trois zo-
nes de densités d’Ombre différentes apparaissent.
Les limites sont le résultat d’une interprétation vi-
suelle.
Un simple comptage de I’i seuil&, ici par une
fenêtredetaille21x21permetdevisualiserlazone
de denxité moyenne correspondant au pôle podzol.
l L.VEILLON 1984. Etude tridimensionnelle d’un système de transformation de la couverture
fenallitique sur SDB en podzol dans la région d’ORGAKAB0. Rapport ORSTOM Septembre
1984.
220
III - TERRAIN DE PAIMPONT (BRETAGNE) Cf*
250 m-
Ci-dessus, la cartographie structurale kaliséc au 1/2000 èmc; on y a souligné par un trait fort la
limite du p6le podzol du système étudié.
Ci-dessous, les w numériques de cette même zone (environ 614m x 614m sur le tenain).
A gauche,imagepanchromatique noir et blanc, extraite de la photogmphie IGN correspondante.
A dsoitc, le rtsultat d’une combinaison numérique mtre l’image visible et l’image infra-rouge,
f-t msortir le pôle podzol; par comparaison, l’image visible indique un état de surface
hétérogène constitué de landes et de résineux dans un contexte de feuillus.
Sur l’une et l’au& image, on notera comme repère la présence de l’étang des Forges à la bordure
infééricure (en blanc sur l’image de droite).
l P.BOIVIS, L.VEILLOS 1983. Etude du plateau des Forges en Basse For+t de Paimpont.
Rapport DEA de Pcdologie 0RSTO.M 1983.
221
SESSION 3
MATERIAUX
ET
MINERAIS LATERITIQUES
223
CARACTl'.RISTIQUESMINl%ALOGIQUESETNANOMORPHOLOGIQUES
DEDEUXARGILES DEZONELATERITIQUECAMEROUNAISEETLEURINFLUENCE
SURLESPROPRIETES DESMBLANGES-MAITRESCAOUTCHOUC-ARGILE
D.NJOPWOUO"
BESUUE
L'étude porte sur deux échantillons d'argiles, représentatifs
des formations superficielles de deux gisements camerounais situés l'un
B Bc&oul (Littoral) et l'autre B Bslengou (Ouest).
L'exploitation des résultats d'analyses chimiques, radiocristallo-
graphiques et thermiques différentielles montre que le materiau de Bom-
koul est B base de kaolinite (65 %) alors que celui de Balengou est es-
sentiellement constitué d'halloysite (70 X). Un enrichissement par clas-
sification granulométrique porte ces teneurs respectivement B 62 % et
90 % dans la fraction granulométrique inférieure à 2pm.
Au W.E.B.. l'argile de Bomkoul présente un aspect feuilleté alors
que celle de Balengou se présente soit sous forme de bâtonnets trapus
.iuxtaposés, soit sous forme "d'oursins BSde bâtonnets plus ou moins en-
chevêtrés. Au M.E.T.. les particules d'argiles de Bomkoul sont sous for-
me de plaquettes hexagonales alors que celles du matériau de Balengou
sont essentiellement tubulaires.
Cette différence de morphologie des particules argileuses se ressent
aux essais de renforcement par voie humide du caoutchouc naturel par
l'argile où le mélange-martre caoutchouc-halloysite donne une rbsistsnce
au déchirement supérieure A celle du mélange-ma~tre caoutchouc-kaolinite.
* Laboratoirede ChimieMinkale AppliquCe
Facultédes SciencesBS. 812 Yaoundk(Cameroun)
224
SLJMMARY
Two representative clays samples of upper formations of two came-
roonian clay deposits, one from Bomkoul (Littoral) and the other from
Balengou (West), are studied.
The exploitation of the results of chemical, X-rays and differen-
tial thermal analyses shows that the Bomkoul material is essentially
formed with kaolinite (65 X) whilst the Balengou material contains
mainly halloysite (70 X). Enrichment by granulometric classification
brings these clay contents respectively up to 82 and 90 % in the gra-
nulometric fraction less than 2 um.
Examined with S.E.M., the Bomkoul clay appears as leaflets, whe-
reas the Balengou clay presents either short rods compacted together or
elongated rods disposed in form of sea-urchin. Viewed under T.E.M., the
Bomkoul clay particles have the for-mof the small hexagonal plates while
the Balengou clay particles are essentially tubular.
This difference in the morphology of clay particles is apparent in
the tests of wet strengthening of natural rubber with clay in which the
rubber-halloysite masterbatch exhibits a tearing-resistance higher than
that of the rubber-kaolinite masterbatch.
225
INTRODUCTION
Les applications scientifiques et technologiques des argiles sont
très nombreuses et dépendent pour la plupart non seulement de In struc-
ture et des propriétés spécifiques de l'espèce argileuse considérée mais
aussi et souvent de sa minéralogie locale c'est-à-dire des minéraux ou
impuretés qui lui sont associées, et susceptibles de modifier certaines
de ses propriétés. Or pour un même type d'argile, les impuretés varient
d'une région du globe à l'autre ; il s'en suit que les traitements que
doit subir le matériau argileux pour la même application varieront éga-
lement.
Ces observations nous ont amené à entreprendre une étude globale
des matériaux argileux camerounais, en vue de leur éventuelle utilisa-
tion scientifique ou technologique.
L'exposé que nous présentons ici est relatif aux résultats d'une
étude menée sur deux échantillons d'argiles provenant de deux gise-
ments situés en zone d'altération latéritique camerounaise. Il s'agit
d'une part du gisement de Bomkoul, situé aux coordonnées géographiques
4"06'N et 9"48'E, à 17 km au Nord-Est de la ville de Douala (Province
du Littoral) et d'autre part du gisement de Balengou situé aux coor-
données géographiques 4O06'N et 10°06'E, à 6 km au Nord-Ouest de la
ville de Bazou (Province de l'Ouest). La description de ces gisements
a été réalisée dans une précédente étude (Njopwouo, 1984). Pour des
raisons d'accessibilité et de facilité d'exploitation, notre étude a
porté sur les formations ou couches argileuses superficielles à bario-
lage rouge-gris-jaune dans le gisement de Bomkoul et à bariolage brun-
clair, rose-rougeâtre dans celui de Balengou. Les échantillons de ma-
tériaux correspondants à ces formations sont respectivement désignés
par BO, et Ba,.
Les résultats décrits ici concernent les caractéristiques minéra-
logiques des matériaux, les caractéristiques nanomorphologiques des
phases argileuses et les essais d'utilisation de ces phases comme
charge de renforcement dans le caoutchouc naturel.
ETUDE MINERALOGIQUE
Les diverses phases minérales présentes dans nos échantillons ont
été identifiées sur matériau séché à l'air et broyé, par :
a) l'analyse des diffractogrammes X réalisés sur un appareil opérant
par réflexion ou des spectres X Seeman-Bohlin sur film, obtenus par
transmission dans une chambre de Guinier de Wolf IV (Njopwouo et Wandji,
1982).
226
b) l'exploitation des thetmogrammes d'analyse thermique différentielle,
réalisés dans l'atmosphère ambiante sur un analyseur thermique à compo-
sants indépendants (Njopwouo, 1984).
Les minéraux identifiés sont, compte non tenu de leurs teneurs,
rassemblés dans le tableau 1.
Pour quantifier ces minéraux, nous avons pris en considération :
- les données d'analyses chimiques faites par fluorescence X qui per-
mettent d'avoir les teneurs en éléments majeurs sous forme d'oxydes
(Gowindaraju et Montanari, 1978),
- les données d'analyses thermogravimétriques qui donnent les teneurs
en divers types d'eau (hydratation ou H20h, constitution ou H20c) des
minéraux argileux,
- les données relatives aux dosages du soufre et du fer ferreux dans
le matériau de Bomkoul qui contient des minéraux renfermant ces élé-
ments.
Toutes ces analyses ont été réalisées sur les matériaux bruts,
séchés et broyés à 100 pm et sur la fraction granulométrique infé-
rieure à 2 pm, obtenue par sédimentation suivant la loi de Stokes en
solution aqueuse dispersante à 1 X d'ammgniaque. Cette fract$n, ca-
ractérisée de fine. est symbolisée par BO, pour Bomkoul et Ba, pour
Balengou.
Une fois toutes les données analytiques acquises (tableau 2) et
connaissant les formules des minéraux présents (tableau l), les calculs
et bilans minéralogiques sont effectués sur la base de l'équation
(Njopwouo, 1984) :
n
Ta = C Mi.Pi
i=l
où Ta = teneur en % de l'élément a dans le matériau
Mi = teneur en % du minéral i dans le matériau
Pi(a) = proportion de l'élément a dans le minéral i.
Les résultats obtenus et consignés dans le tableau 3 montrent que
la kaolinite est le minéral de base du matériau de Bomkoul avec une te-
neur de 65,32 % tandis que l'halloysite constitue le minéral essentiel
du matériau de Balengou (70,41 X).
*
Les fractions fines BE et Ba se sont enrichies en minéral argi-
leux de base (82,09 % de ka:linite'pour BO et 89,71 % d'halloysite
pour B$) avec un taux d'enrichissement resPectif de 25,7 % et 27,4 %.
Cet enr!chissement semble dû principalement à une élimination impor-
tante du quartz. Les indéterminés correspondent aux substances non fa-
cilement caractérisables par les techniques mises en oeuvre dans notre
étude.
Tableau 2 : Composition chimique des matériaux
(tr = traces ; - = néant ; nd = non déterminé).
Al20, Fe203 TiO2 Un0 Ca” NgO K20 Na20 S P.F. Total H2c$ H20c FF0
48.01 27.41 7.34 2.14 0.12 0.06 0.31 0.41 0.02 0.03 13.86 99.89 2.19 9.82 0.21
Y
____________ -_-__ ____-. _____.
____-..____.
>___-.._
-__.>____.
.-b__<.____<
.__--.- -___..-_
-_. ..-___<._--_-
,.--__
RR 4R.34 28.63 3.19 0.41 tr 0.03 0.03 0.02 0.03 nd 18.95 99.63 6,“2 8.911 nd
______‘__-____ .-----.._ --_. ____- .____.. - -_._--_..__ -. ----..__ -.._- _..--_ - .._---- ...-___.__---..--__
39.70 35.8” 4.45 0.3” tr 0.02 -
Tableau 3 : Composition minéralogique des matériaux étudiés (- = néant).
--
I
I
65.32 14,011 7.9” 2.m
65
_____________ _________. __-__. .________ ._____.
t
Y
R2 .w t .“3 0.3” 2.20
228
Tableau 4 : Propriétés mécaniques des vulcanisats.
lhrtitï ul"du1L.S
(Wa) r&.iscaxc j allongrrwnr ‘“d:??~?,~:
1, ruprure à la rupture
,IwrL. JVCC rncaillr - 1 II~
W.l) (%)
100 z 300 z (drN/c.)
J 3r) s
..~_
“Z, ‘> _.‘J 7.37 25.1 550 31.2
n:, 62 L.II 7.39 23.0 580 72.5
.____________-__~._________~________~~~_~~~~-..~~~~~~~~~---..-~~~--------.____________.._____~~~~~~~~~~~~~~-
I.C>u? oll L.“Y tJ,xl ?4.? 600 94.2
.___ - __________._<.______ - _____..____________..----------- -.._- ---- ------..------------ .------------------
LCHSX 67 L.7’1 à,w 25.1 560 90.3
.________________..____________<._-___________.__-_________<.____________.------------..--------------------
tiiir SKF (1” ?.SlJ n.40 2b.7 650 95 .o
1
229
ETUDE NANOMORPHOLOGIQUE
Les examens nanomorphologiques des phases argileuses ont été réali-
sés au microscope électronique à balayage (M.E.B) sur matériau sec en
morceau massif et au microscope électronique à transmission (M.E.T) sur
matériau sec broyé mis en suspension et déposé sur lame de cuivre puis
séché.
Au M.E.B., le matériau de Bomkoul présente généralement un paysage
argileux à aspect feuilleté (fig.l,a) alors que le matériau de Balengou
présente à faible grandissement un paysage alvéolaire (fig.l,b) qui à
fort grandissement est constitué de bâtonnets d'halloysite plus ou moins
enchevêtrés disposés sous forme "d'oursins" et tapissant les parois des
alvéoles (fig.l,c) ; aux endroits plus gibbsitiques, on observe à faible
grandissement un aspect cotonneux qui à fort grandissement est constitué
de bâtonnets d'halloysite trapus juxtaposés (fig.l,d) ; le paysage argi-
leux est parfois dans ce cas jonché de particules de gibbsite qui sem-
blent alors agir comme un inhibiteur de croissance des particules argi-
leuses.
Au M.E.T., le matériau de Bomkoul est essentiellement constitué de
plaquettes hexagonales de kaolinite avec un diamètre du cercle circons-
crit à l'hexagone variant de 0,05 à 0,40 vrn (fig.l,e) ; quant à l'argile
de Balengou, elle est constituée d'un mélange de particules tubulaires
de longueur variant de 0,lO à 0,?5 pm et de diamètre variant de 0,02 à
0,14 prn et de particules plus ou moins nuciformes de 0,20 pm de diamètre
en moyenne, avec toutefois une prédominance des particules tubulaires
(fig.l,f).
ETUDE DES MELANGES-MAITRES CAOUTCHOUC-ARGILE
A la suite des travaux de Giger et Liponski (1957), Giger et Four-
nier, tous, réalisés au Vietnam et de ceux de Loyen et Joret (1975)
effectués en Côte d'ivoire, nous nous sommes demandés s'il n'était pas
également possible de rechercher parmi les argiles camerounaises celles
susceptibles de remplacer le.noir de carbone jusqu'ici utilisé dans le
renforcement du caoutchouc naturel. Ainsi nous avons entrepris, entre
autres essais de valorisation des argiles que nous étudions, ceux rela-
tifs à leur utilisation par voie humide comme charge renforçatrice dans
le caoutchouc naturel.
Les mélanges caoutchouc-argile ou mélanges-maîtres sont réalisés
par cofloculation d'une suspension d'argile dans l'eau et du latex li-
quide, en milieu acide et en présence d'un antioxydant, suivie du cré-
page et du séchage du coagulum obtenu (Njopwouo, 1984). Nos mélanges ont
été préparés avec la suspension de la fraction argileuse de granulométrie
inférieure à 2 pm et à 65 % en poids de charge par rapport au caoutchouc
sec. Aux fins de comparaison, des essais ont également été réalisés avec
une argile halloysique de Mussaka, LCME* (Sud-Ouest du Cameroun) et une
argile kaolinique de Missellelé, LCMS* (Sud-Ouest du Cameroun). Enfin,
afin de situer les performances des mélanges-maîtres obtenus par rapport
à celles du caoutchouc chargé au noir de carbone, un matériau chargé au
noir SRF (basse structure) a été confectionné dans les mêmes conditions
de prévulcanisation que les mélanges à l'argile. Pour chaque mélange,
l'optimum sur plaque à 160°C pour Ti90 a été réalisé.
230
Les résultats des essais mécaniques effectués sur les vulcanisats et
consignés dans le tableau 4 montrent que les valeurs de dureté, des modu-
les, de la résistance et de l'allongement à la rupture sont dans l'ensem-
ble acceptables avec des valeurs de dureté assez élevées pour les mélanges
à l'argile de Mussaka et à l'argile de Missellelé.
Les résultats relatifs aux essais de résistance au déchirement
méritent plus d'attention car si cette propriété entre autres a été
bonne pour les mélanges à l'argile rouge du Vietnam avec 85 et 105
daN/cm respectivement pour 50 et 100 % de charge (Giger et Fournier,
1957), elle constitue le principal facteur négatif pour l'utilisation
de l'argile ivoirienne expérimentée par Loyen et Joret (1975) et qui
donne 55 daN/cm pour 62,s % de charge. Pour nos matériaux la résistan-
ce au déchirement est faible pour le mélange avec l'argile de Bomkoul
(31,2 daN/cm), moyenne et acceptable pour le mélange avec l'argile de
Balengou (72,s daN/cm), bonne avec l'argile de Missellelé (90,3 daN/cm)
et excellente pour le mélange à l'argile de Mussaka (94,2 daN/cm).
L'examen des nanographies des argiles de Mussaka et de Missellelé
montre que la première est constituée de tubes d'halloysite comme l'ar-
gile de Balengou et la seconde de plaquettes hexagonales de kaolinite
connne l'argile de Bomkoul (Njopwouo, 1984). Cependant les tubes d'hal-
loysite de Mussaka ont des dimensions plus petites (longueur de 0,04 à
0,30 pm et diamètre de 0,02 à 0,12 prn)par rapport à celles de l'hal-
loysite de Balengou (longueur de 0,lO à 0,75 urn et diamètre de 0,02 à
0,14 pm) ; de même les plaquettes hexagonales de kaolinite de Missellé-
lé sont plus petites (diamètre du cercle circonscrit variant de 0,04 à
0,20 prn) que celles de la kaolinite de Bomkoul (diamètre du cercle cir-
conscrit variant de 0,05 à 0,40 pm). Lorsqu'on prend en considération
cette étude comparée des nanographies et les valeurs de la résistance
au déchirement, deux facteurs semblent prévaioir dans le procédé de
renforcement utilisé : la morphologie des particules de charge (les
particules tubulaires sont plus renforçatrices que les particules pla-
tes hexagonales) et les dimensions des particules de charge (à morpho-
logie identique, les particules de dimensions plus petites sont plus
renforçatrices).
Si le facteur dimensionne1 est une évidence puisqu'il a été à
l'origine même de l'utilisation du noir de carbone comme charge ren-
forçatrice dans le caoutchouc,et reste le facteur principal à la base
du pouvoir renforçateur remarquable de l'argile kaolinique rouge du
Vietnam (Giger et Liponski, 1957), le facteur morphologique a rarement
été évoqué, pourtant on voit bien ici qu'à longueurs des tubes d'hal-
loysite et diamètres des plaquettes de kaolinite commensurables (hal-
loysite de Balengou et kaolinite de Bomkoul d'une part, halloysite de
Mussaka et kaolinite de Missellelé d'autre part), l'halloysite est
plus renforçatrice que la kaolinite.
Ce remarquable pouvoir renforçateur de l'halloysite tubulaire
peut s'expliquer par des considérations structurales et orientation-
nelles.
Structuralement la formation des tubes d'halloysite se fait par
enroulement des feuillets le long de l'axe b du cristal (Kulbicki,
1954) si bien que la face présentée à l'extérieur, probablement la
231
face hydroxylée, serait plus réactive et permettrait aux particules
de mieux adhérer au caoutchouc. Par ailleurs les tubes d'halloysite
sont creux (Bates et autres, 1950) et peuvent pendant la coflocula-
tion engloutir de très fines particules de caoutchouc, qui les ren-
draient plus résistants. Enfin l'absence d'arêtes vives sur les par-
ticules d'halloysite améliorerait également leur adhérence au caou-
tchouc.
L'orientation des tubes est à prendre également en considération
et permettrait en particulier d'expliquer la variabilité des résultats
de certains essais mécaniques. En effet, si les tubes sont disposés
parallèlement dans le matériau, sa résistance au déchirement par exem-
ple, avec entaille parallèle à la direction d'allongement des tubes,
sera faible ; par contre lorsque les tubes sont enchevêtrés, le maté-
riau résistera mieux au déchirement.
CONCLUSION
Du point de vue minéralogie et nanomorphologie, les matériaux con-
sidérés sont à base de kaolinite à particules en plaquettes hexagonales
pour l'argile de Bomkoul et à base d'halloysite à particules tubulaires
pour l'argile de Balengou. Une classification granulométrique porte les
teneurs de ces argiles respectivement de 65 a 82% et de 70 à 90% dans
la fraction fine, de granulometrie inferieure a 2um
Utilisées par voie humide pour le renforcement du caoutchouc natu-
rel, les fractions fines de ces argiles donnent des mélanges-maîtres
dont la résistance au déchirement semble dépendre non seulement des di-
mensions mais aussi de la nanomorphologie des particules de charge, les
particules tubulaires d'halloysite étant plus renforçantes que les pla-
quettes hexagonales de kaolinite.
Les résultats obtenus dans ce travail montrent qu'il existe bien au
Cameroun des argiles susceptibles d'être utilisées comme charge semi-
renforçatrice dans le caoutchouc; cependant une étude statistique, menée
sur un grand nombre d'échantillons d'argiles de nature et origines diver-
ses, devrait permettre de tirer une conclusion définitive sur les fac-
teurs de renforcement par voie humide du caoutchouc naturel par ces ar-
giles.
232
REFERENCES
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structure of endellite and halloysite. Amer. Min., 2, 463-484.
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a. Aspect feuilleté de l'argile de b. "Alvéoles oursineux" de
Bomkoul Bol (M.E.B.) l'argile de Banlengou bal (M.E.B)
c. "Oursins" d'halloysite de Banlengou (M.E.B.) d. Batonnets trapus
d'halloysite de Balengou
(M.E.B.)
e. Plaquettes hexagonales de la f. Particules tubulaires de l'halloysite
de Belengou Bal (F.E.T.)
kaolinite de Bomkoul Bol (P!.E.T.)
Planche 1 : Nanographie des phases argileuses des materiaux étudiés
235
ETUDECINETIQUEDEREACTIONSPOU~Z~LANIQUESDANSLESMORTIERS
DELATERITEACTIVEETHERMIQUEMENTET DECHAUX
LIBOUM* et I.J. HAJAL*
L'anèlysedela~itesdela1-égiandeY~aétefaiteet
mxkre qu'ellessakessentiellsmntc&iix&s dequartz,Qkaollnite,
d'aqdes et d'hybxydes de feretd'alminiun.Undeœs khant.i.llms a
eteséchd,hroyé,tanrFsealoami~etactivéa700~.Iks~ettes de
Itlarllersdecette~~rite~6e,dechaweteinte~dd'eaplenpPropoetiais
d4finiesont&pr+ar&set ccnsembena~resa~*vapeur
d'eauà6093clh80~.QIcanstatequecesepnxvettesfcntpriseet~
cissentsuiteaLafanaaticnderrwellesplases(~~ et silicates
&calciunhydrat&) . Nousamnsnmu&laquantitid'aluainatetrica.l-
ciquehexahydrati(3CaO,Al203,6I50)
fanaéen fa%kimdutemps,enutil.k
santl'analysethemiqusdiffbrmtielleet lalzkumgrw~e.~*a
&msur&lavitesmde cansamaticndelachauxdansœlmrtier.
* Laboratoire de Chimie Physique de la Faculté des Sciences
de l’Université de Yaoundé B.P. 812 Yaoundé (Cameroun)
236
ABSTRACT
The analysis of laterites from the Yacunde region was
done and shows they are essentially made up of quartz,kaollnite,
oxides and hydroxides of iron and aluminium. One of the samples
was dried, ground sieved at 100 microns and activated at 700°C.
Mortar cylindres made up of this activated laterite, of calcium
hydroxide and of water in definite proportions were prepared.
Sont of them were conoerved in watér saturated atmosphere at
60°C and others, at 8O'C. It is f&nd that these cylindres
take hold and harden. This hold and hardening are due to the
formation of ncw phases (hydrated aluminates and silicates
of calcium). l'hequantitics of hexahydrated calcium'aluminate
( BCaO, A120j,6H20 ) formed as a function of time,'were mea-
sured using ESA and GTJi. In the same way, the rate of consom-
mation of calcium hydroxide in tfieraw material was measured.
237
DhrerS traraW effe&lJ& psI BEAUCARNOT (1951), MEASSON U981),
MURAT U982)rcmtraontrk qw? h l.at&ite a~ la kdinite cuites pnhew
tent des proprias pcu?zolaniqlKs qu'elles sait
c'est- a- dire
capables Q se caIbiIEr avec la &aux et l'eau pw former
des composés solides peu solubles, donnant lieu a prise hydrau-
lique. Ces propriétes r&sultent de reactions chimiques entre les
produits du traitement thermique de la laterite ou de la kaoli-
nite, la chaux eteinte et l'eau, pour donner des phases telles
que la gehlenite hydratée 2Ca0,A1203 Si02,8H20(C2ASH8), la to-
bermorite Ca0,Si02,H20(CSHX), l'aluminate tricalcique hexahy-
dratd 3Ca0,A1203, 6H20( C3AH6) ou l'aluminate tbtracalcique
hydrate 4 CaO, A1203, X H20 (TURRIZIANI, 1954 , TAYLOR, 1964). Ces
prdlits évolu&enfcncticmduteops.
L'étude de la vitesse de ces réactions chimiques dans les
mortiers en cours d'dvolution et de l'influence des-parametres
tels que la temperature, la composition et la texture initiale
peuvent conduire à la comprdhension du mécanisme de formation
de ces liants et h l'explication de leurs performances mhcani-
ques.
Dans l'exposé qui suit, nous pr&entons d'abord la mati&-
re Premiere latéritique, sa composition chimique et ses phases
constitutives. Dans une deuxieme partie, un mortier prgparé b
partir d'une lat&ite activde thermiquement, de chaux et d'eau
est soumis à 1'A.T.D. et h 1'A.T.G. Enfin dans une troisi&me
partie nous utilisons 1'A.T.G pour suivre quantitativement la
formation de C3AH6 et la consommation de la chaux qui ont lieu
dans ce mortier.
238
Tableau 1 : Composition chimique exprimde en pourcentage massique de
la fraction fine des échantillons prélevés aux sites
suivants : Mont Febe (WFBE) , Aéroport de Yaoundé (AVT),
Cité Universitaire (CU) Colline de Mvog Beti (El) Ecole
Publique d'ESSOS 1 (ESSOS)
Nom de l'é- _
Kaolinite Quartz Gibbsite Anatase Bases O&rs et hydroxyde de
chantiilon
fer
MFBE 51,6 17.7 1,9 3.1 0.12 25,6
CU '54.6 11,o 5.4 3.3 0.12 25.6
ESSOS 55,0 16.3 4.3 2,3 0,19 21,9
AVT 50.9 26,4 2,6 1,O 0,23 18,9
ELFA 53.6 30.6 193 1.7 0.36 12.4
El 63.5 25,7 - 1.5 0,73 6,5
_._.-
Tableau II : Composition minéralogique exprimée en % massique
CARACTERISATION DE LA RATIERE
PREMIERE LATRRITIQUE
Goaration de la fraction fine
Les latérites utilisées proviennent de l'horizon B des sols
ferrallitiques de la rdgion de Yaound6. Les prél&vements sont
constitués de concr6tions et de particules fines que nous sbpa-
rons a sec par tamisage a Zmm. La fraction fine ainsi recueillie
est broyée jusqu'à passage à travers le tamis de 100 micronset la
poudre est employde pour les analyses chimiques et min6ralogi-
ques, ainsi que pour la suite du travail.
Composition chimique
Nous avons emprunté le mode opératoire classique de la
méthode triacide couramment Utilis&e pour doser les oxydes de
fer et de titane, l'alumine, le quartz et la silice des sili-
cates. Les oxydes basiques ont étd déterminés par spectropho-
tometrie de flamme sur la solution exempte de sesquioxydes.
Le tableau 1 presente les rdsultats d'analyse chimique pour
quelques pr4l&vements effectu4s dans YaoundC.
Le rapport molaire (Si02 silicates/A1202) proche de 2 pour
tous les Cchantillons permet de d6duire que l'argile qu'ils con-
tiennent est de type l-l , caractdristique de la kaolinite, l'ex-
ces d'alumine pouvant i5treattribue a l'existence de la gibbsite
en faible proportion.
Phases min6rales constitutives
L'identification des phases s'opere sur les diffracto-
grammesx,chacune d'elle 6tant caractéris6e par quelques raies.
Ainsi ont pu &tre decelbs dans ces echantillons la kaolinite,
le quartz, la goethite, l'hématite, la gibbsite. L'analyse
thermique diffbrentielle a confirme ces r&ultats.
240
A partir des rbsultats de l'analyse chimique et compte
tenu de l'identification des phases &nnndrdes ci-dessus, nous
diduisons la composition mineralogique massique du tableau II
de la facon suivante :
- tout le rdsidu de l'attaque triacide est &.simil6
B du quartz.
- A partir de la teneur en "silice des silicates", nous
deduisons le % de kaolinite. Nous utilisonsaussi
1'A.T.G. pour confirmer ce resultat,en mesurant la
perte d'eau du sol entre 350°C et 800°C qu'on attri-
bue h l'eau de constitution de la kaolinite.
- En faisant la diffdrence entre l'alumine totale et
celle contenue dans la kaolinite, nous ddduisons le
% de gibbsite.
- La teneur en oxydes et hydroxydes de fer est le com-
pldment à 100% du total kaolinite + quartz + gibbsite
+ anatase + bases.
MORTIER DE LATERITE ACTIVEE ET DE CHAUX
Activation Thermique
Dans la suite de ce travail, nous avons utilise le sol
ferrallitique El. L'activation de cet dchantillon a 6té faite
par chauffage en lit fixe dans un vase place au centre d'un
four. La temperature du four dvolue de 25'C a 7OVC en 90 mi-
nutes puis elle est maintenue une heure a cette tempdrature
finale. Dans ces conditions, les hydroxydes de fer et d'alumi-
nium ainsi que la kaolinite perdent leur eau de constitution
et d'adsorption et se transforment respectivement en hématite,
alumine et mdtakaolin.
241
a (3) mClangè initial
de El activé et de chaux
Q-Quartz
Cp6-3Ca0,A120j,6H20
s
H= H*O 95%
0"
X= CaC03 7SO'C
:
CSH - Ca0,Si02,H20 120% 3
+
CpHS = 2CaOA1203Si02 8H20 180~~ 1m
Fig. 1 : Diagrammes A.T.D. du mortier conservé Ci 80°C et analyse après
2,7,14,21 jours ; les enregistrements n'ont pas la même
sensibilité
242
Preparation et conservation du Mortier
On prdpare un melange de sol active - chaux éteinte dans
un rapport massique 3/1 qu'on homogénéise dans un malaxeur. La
chaux éteinte utilisee est de fabrication RIEDEL DE HAVEN ti-
tree à 93,5%. Le g8chage du melange se fait ensuite avec de
l'eau dans un rapport E/L = 0,80 , L et E designant res-
pectivement la masse du liant et la masse de l'eau. La pâte
est homogénéisée durant 4 minutes et introduite dans des mou-
les cylindriques en plastique'de 2cm de diametre et 4cm de
hauteur. Ces moules contenant la pdte sont places dans une
&uve thermostable a 60°C ou b 80°C dans laquelle règne une
atmosph&re'saturee en vapeur d'eau. La pbte durcit progressi-
vement,et aprés démoulage , les dprouvettes sont remises dans
la m&me enceinte de conservation.
Analyse Thermique Differentielle du Mortier.
L'analyse thermique differentielle de ces mortiers a été
effectuee avec une vitesse de chauffe de lO'/minute aprb 2,
7,14,21, 28
jours de conservation a 8O'C. La figure 1 repro-
duit les thermogrammes obtenus. Les travaux anterieurs sur les
reactions poursolaniques (PEASSON), (MURAT), (RING.C~IOLT)
permettent
d'attribuerles différentspics absexx&s.
CnccnstatequeC3AH6 eStlepri%i~produitqui Se fOZlE&qUe Son
pic~~ristiqueestnettanent~~&Ecewdesautres~~ts:il
en est de II&E du pic de caKxi)2.Par axkre ce33xsitU& entre loo"cet
qui cOrres~alentacsHIetC~8nepe~aFparaîtredis-
2009.J
tbCt6Kb C&E Si 013 élimine d'abord~‘c?Jcc&S dkU dC! gi#SgE!.
Dansleurs&udessuraes lF&cams pcuzzolaniqw?s à lzenpbture or-
--, -, WRATetSIK)n'akpascbeerv&la formati~deC3AH6
durantles 28 preniers jours. MUSSCN signale ceperdant qu’il y a me &c~
luticntr&slentedusortierquifaitapparaUzrececanposé.
243
pertes*- significativesentre 25Y et 600°C.
-Fertedemasseentre~1809-dueprincipalewt~ l'eaude gachage
et a 1'eaudecsH IouC2AsH8.
- Pertedel'eaud%ydrataticndeC3AH6qui suit le u&ne sens de
vari.aticnquel'in~it~Sdupic coeten A.T.D.entre
2ooocet 37OY.
-Ferteentre450~- 550F cornaspondant
a l'em~de constitutionde
la &~IDI rkiduelle.
L'analysetkrmogrwimkriqued%nmortier fraîchenent
pr&=rene=
~a~pèrtedenFasseentre200~et3700C.Cequipraarequedurantle
tanpsde l'analyse la formationde+H6 estdgligeable.
EIUDECJNETIQJE
Des&rowettesontetec~ectiaIn&set ansen7eesdanslescarli~
tienssignal&asc+dessus.Unede celles- ci a servfa suivrel'&oluti~
de lamasse,dûe al'&aporaticndel'eaulors de la ccmservatia.La figure
II representeleraFportdelamassedel'eau restant dans l'eprowettea
celledu liant(chaux+lateriteactivke1. Ce rapport tendvers Eh= 0,45 .
Des prelévements effectues sur les autres dprouvettes Ont
6th soumis h l'analyse thermogravim&trique. La perte de masse
en thermogravimetrie entre 200 "C et 370°C, dQe au ddpart de
l'eau de constitution de C3AH6, permet de deduire la quantitd
de ce compose. Celle mesuree entre 400 et 550°C conduit B
la quantite de Ca(OH)2non COmbinde.La mesurede E/L a tit instant
permetd'aFporter ia correctiondûe a l'&aporationde l'eaude l'&
pïowette.
La figure III represente les resultats obtenus, 4 desi-
gnant le rapport entre la quantite de produit considere & un
instant t donn6 et sa quantite maximale. On constate qu'aprh
tu
(jours)
Of 1lJ I ib
Fig. II : Variation de E/L en fonction du temps de conservation du
mortier
0 1 2 3 4 (jours)
Fig. III : Variation du taux de transformation de Ca(OH12 et de
C3AH6 en fonction du temps
245
3 jours la chaux a reagi totalement a 8O*C, mais seulement
partiellement h 6O'C.
CONCLUSION
Dans les recherches anterieures sur les réactions pouzzo-
laniques, l'analyse thermique a été utilisde surtout sous l'an-
gle qualitatif. Cette étude montre qu'elle peut servir 2+ la db
termination'quantitative de C3AH6 et de la chaux rt$siduelledans
les mélanges lat6rite activ6e-chaux-eau. En combinant ces de-
terminations, on peut deduire aussi la fraction de la chaux ini-
tiale qui a r&agi pour former d'autres compos&s que C3AH6.
Cette étude montre aussi que la temperature de conserva-
tion des eprouvettes a une influence notable sur la composition
du matkiau obtenu et donc tr&s probablement sur ses autres pro-
prietes.
246
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247
CONTRIBUTIONALAVALORISATIONDESSOLS LAT&ITIQUES:
CIMENTPOUZZOLANIQUEDESYNTHESE
M.SILVEIRA*
RESUME
Le ciment constitue au même titre que l'eau et l'bnergie un 6lement
indispensable dans le d6veloppement d'un pays, du fait qu'il contribue
a la r6solution des problèmes de logement et & la realisation des
infrastructures.
Au Cameroun, le ciment obtenu par broyage de clinker importe, peut Etre
remplacl,dons les constructions modér&wnt sollicitees,par un liant
pouzzolanique produit a partir de materiaux locaux lateritiques.
En effet, la décomposition thermique de la latérite a 75O'C conduit a
l'obtention d'une phase desorganis&e presentant des propri&t+s pouzzo-
laniques.
Le pr6sent travail a permis d'optimiser la proportion de chaux a incor-
porer ?I la lat6rite calcinee, et a conduit aux resultats suivants :
- A tout âge, la proportion de chaux qui donne les r&sistances
maximales est 6gales B 33% du m6lange total :
- A tout âge, quel que soit le pourcentage de chaux incorpore, en
fonction de la teneur en eau de moulage, 1'6tude de la résistance
en compression montre que celle-ci est maximale pour le rapport
Eau
= 0,55
Solide
- Pour le melange optimum, la resistance à la compression simple
atteint 29 MF'Aa 28 jours
* LaboratoiredeGéotechnique
l?coleNationale
SupérieurePolytechniqueB.P.8390Yaoundé(Cameroun)
Des essais sur mortier normalise ont permi de montrer que les résistances
atteintes a 28 jours avec le liant pouzzolanique représentent 60% des
résistances obtenues avec le ciment Portland usuel (CIMENTCAM 325).
Donc, bien que la prise du liant pouzzolanique soit lente, ont peut
envisager l'utilisation du liant pouzzolanique à la place du CIMENTCAM
dans les structures modérement sollicit6es.
249
A - INTRODUCTION
La recherche développée au Laboratoire de Géo-
technique et Matériaux de L’ENSP a pour but de mettre en
valeur Les matériaux Locaux, par Leur emploi dans le do-
maine des constructions de façon à conduire à un habitat
Economique. Les axes actuellement investis sont (fig.11 :
- Bétons légers à partir de granulats de pouzeola-
nes naturelles.
- Matériaux composites à base de Latérite calcinée
renf,orcée par des fibres végéta, les.
- Ciment pouzzolanique de synthèse.
Le présent travail qui constitue l’amorce de ce
dernier axe a pour objectif de montrer que L’on peut rem-
placer Le ciment Portland produit au CAMEROUN,utilisant
du clinker importé,par un ciment pouzzolanique élaboré B
partir de sols Latéritiques Locaux, dans le cas des cons-
tructions modérement sollicitées.
B - POUZZOLANICITE DES ARGILES CALCINEES
En 1956, après avoir travaillé sur les latérites
et autres sols rouges indiens, SRINIVASAN a proposé pour
les pouzzolanes la définition suivante en généralisant
celle préalablement donnée par LEA :
uUne pouzzolane est un matériau siliceux, alumi-
neux ou f érrugineux, n’ayant aucune propriété liante en
Lui même, mais qui, sous certains états de cristallini-
té et de structure peut réagir en présence de chaux et
d’eau à température et pression normales pour donner
un ciment”.
On distingue deux types de pouzzolanes :
- les pouzzolanes naturellos qui proviennent
pour La plus grande partie des roches vo1ca-
niques dans lesquelles Lr constituant amorphe
est le verre produit lors de La fusion.
250
- les pouzzolanes artificielles : les plus cou-
ramment employées sont les cendres volantes des
centrales thermiques, les laitiers de haut four-
neau, les bauxites et les argiles calcinées.
D(us ctudes (1) (2) ont montre que la réactivité
hydraulique (OU pouzzolanicité) des produits de déshy-
dratation des argiles est liée à leur caractère de “phase
cristallographiquement désorganisée” qui reste tributaire
des cnracti’ristiqucs cristallochimiqucs et dc l’état de
cristallinité du minéral de départ. L’état d’amorphisa-
tion pouvant Etre mis en évidence par diffractométrie de
rayons X et analyse thermique différentielle.
Des travaux récents menés à l’INSA de LYON (2)(3)
(4) ont montré :
- que l’ordre de réactivité hydraulique est le
suivant kaolinite > montmorillonite > mica mal
cristallisé (illite) > mica bien cristallisé
(muscovite)
- que pour la kaolinite le mode de cuisson qui
conduit à la meilleure réactivité est la cuis-
son en lit fixe, à 750°C. pendant cinq heures.
- que pour la kaolinite, la résistance maximale
en compression est obtenue pour un rapport mas-
sique métakaolin/chaux égal à trois, quelle que
soit la teneur en eau. Ainsi une valeur de
35 MPa est obtenue à 28 jours pour un rapport
massique Eau/Solide = 0.55. Les hydrates res-
ponsables de la résistance sont le silicate
de calcium hydraté (CSH de Taylor) et la geh-
lénite hydratée.
c - CIMENT POUZZOLANIQUE A PARTIR DES LATERITES (5) (6)
Les latérites et sols tropicaux renfermant des
composants argileux, principalement de la kaolinite,
il nous est apparu intéressant compte tenu des résultats
précédents de réaliser une étude de la pouzzolanicité
des produïts de cuisson des sols latéritiques de Yaoundé.
c. 7. CARACTERISTIQUES PHYSIQUES DES LATERITES
UTILISEES
LCS courbes granulamétriques des matériaux uti-
lisés apparaissent aux figures 2 et 3. L’analyse granu-
lométrique a été effectuée sous l’eau par tamisage pour
les élcmcnts supérieurs à lOOu, puis par sédimentsmétrie
pour la fraction de sol passant au tamis de 100~.
Fig. 1 : Axes de recherche d6velopp6.s au Laboratoire de Geotechnique et
Matkriaux de 1'ENSP de Yaoundé
d , ‘- *. . . . ... . ...
* . .
l+Cc
-a.
Mb8lm*W
*-..
--..
\, -.
.
1.. Clli Unlv*r*ll~ln
\
\.
. Irlc
a
20mm 2mm 02 mm 200 2Y OLY
Fig. 2: Courbes granulométriques
252
C.2. CARACTERISTIQUES CHIMIQUES DES LATERITES
UTILISEES
Ne disposant pas de broyeur, nous avons décidé
d’effectuer l’étude de la réactivité sur la partie de
sol passant au tamis de 1oon. Les résultats d’analyse
chimique sur les éléments de sol <lOOn pour chacun
des sols étudiés apparait au tableau 1. Le pourcentage
de kaolinite dans la fraction de sol <lOOn a été cal-
culé en supposant que l’alumine contenue est entièrement
sous formr de kaolinite. Ce qui constitue une valeur par
défaut, car une partie du fer contenu, se substitue par-
tiel lemrnt :I l’aluminium de la couche octaedrique.
c-3. PREPARATION DU LIANT. FABRICATION ET CONSER-
VATION DES EPROUVETTES
Le protocole retenu est le suivant :
- tamisage, au tamis de lOOn, du matériau de
départ
- calcination du passant à lOOu, à 750’~ pendant
6 heures
- renlisation du liant
. mélange latérite calcinée-chaux à l’aide
du malaxeur RILEM type 32
. ajout de l’eau de moulage. Mélange de I’en-
semble au malaxeur RILEM type 32
- fabrication des éprouvettes 4x4x16cm à l’aide
de l’appareil à ,chocs, eu deux couches compac-
tdcn par 60 chocs cha.cune.
- conservation des moules pendant 7 jours sous
ambiance humide
- démoulage à 7 jours et conservation des éQtOU-
vettes dans l‘eau jusqu’au jour de l’essai mé-
canique
- essai mécanique à L’échéance désirée.
C.4. OPTIMISATION DU LIANT OBTENU A PARTIR DE LA
LATERITE DE L’ IRIC
L’efficacité! du traitement thermique se traduit
sur la figure 4 par la disparition des raies caractéris-
tiques de la kaolinite sur Ie diffractogramme du maté-
riau calciné.
253
Fig. 3 : Courbes granulometriques
!-
ii-
‘- K
i-
- THETA / D - SPACING
_
Fig. 4 : Diagramme de diffraction de la latérite de 1'Iric et de son
produit de cuisson
254
I.‘eLu<l~* 3 c”nc“rnl~ 5 valaturs du rapport laterice
calcinec/Ctiaux éteinte (%C = 1, 2, 3, 4, 51 et 3 valeurs
,: 1t
d II r:1pporL I:.ru/Solid~~ (i = 0,45 ; 0.55 ; 0.75). Les ré-
sistances mécaniques en compression ont été mesurées à
échGanc~ de 7, 14, 28, 60 et Y0 jours.
a) Influence du dosage en chaux : Les résultats
ont montrt que qurllc* qu<’ soit la teneur en eau et l’âge
à la rupture, la rtsistance maximale est obtenue pour
LC
un rapport CH = 2, soit 33 9. de chaux dans le ciment
final. La figure 5 montre la variation de RC, résis-
E
tance en compression pour le rapport - = 0,55 et à
s
diverses c*c Il ti il n ‘: e s .
b) Influence de la teneur en eau : Quelle que soit
l’âge et la quantité de chaux, les résistances maximales
sont obtenues pour le rapport p = 0.55. pour l’énergie
de mise en place adoptée, C savoir : réalisation d’une
éprouvette en deux couches compactées à 60 coups chacune.
Cette faible onergic cl rendu difficile et délicate la
confection des éprouvettes pour les mélanges à teneur
en eau réduite ($ = 0,451 (figure 6)
c) Evolution des resistances avec le temps : La
figure 7 montre pour différents rapports $$ la variation
des résistances mécaniques avec le temps, pour le rapport
E
- = 0,55. On constate que la résistance croît rapidement
S
entre zéro et sept jours. En effet la résistance en com-
pression à. sept jours représente 70 % de la résistance à
soixante jours. (Rc7 = 0,i Rc60). Pour g * 2, on atteint
la valeur de 29 Mpa à 28 jours.
d) Comparaison avec le ciment Portland CIMENCAM 325
Nous avons réalisé des essais comparatifs sur pâte pure et
sur mortier normalisé entre le mélange qui conduit aux
meilleures résistances (K = 2) et le ciment Portland qui
CH
Fig. 5 : Variation des rhsistances en Fig. 6 : Variation des rbistances en fonction
fonction de la teneur en chaux de la teneur en eau pour le rapport
LC
-=2
pour E = 0 55 CH
s ’
est Le plus utilisé dans les constructions courantes au
Cameroun, le ciment CIMENCAM 325. Les résultats qui appa-
raissent au tableau 2 montrent que le ciment poutzolanique
(ouslitue un liant honorable puisqu’il conduit à des ré-
sistances en compression égales a 60 % de celles obtenues
~“CC le CIMENCAM 325. II faut cependant noter la prise
lente du ciment pouzzolanique qui cependant ne constitue
pas un handicap, car la mise en charge se fait de manière
tres progressive dans les constructions courantes.
C. 5. RESULTATS OBTENUS AVEC LES AUTRES LATERITES
Les essais réalisés sur les autres latérites con-
duisent à des résultats et conclusions analogues à ceux
établis pow la latérite de 1’IRIC. Ainsi la figure 8 mon-
tre la variation de la résistance à la compression en fonc-
tion du dosage en chaux du liant pouzzolanique. On peut
constater que les résistances maximales sont atteintes
pour des rapports massiques Latérittt calcinée/Chaux com-
pris entre 2 et 3. Ce qui permet d’envisager un ciment
pouzzolanique ne contenant que 25 7 dr, chaux.
D - CONCLUSIONS
Le présent travail a permis de montrer qu’il est
possible de produire à partir des matériaux locaux (laté-
rites) un liant qui présente des résistances mécaniques
suffisantes pour son emploi dans la construction. L’utili-
sation peut aller des parpaings à l’élaboration d’éléments
porteurs et de couvertures en les renforçant avec des fibres
végétales ou minérales. La fabrication de ce liant,par
cuisson à température moyenne (700-800”~) des matières pre-
mières pour la plus grande partie locales est intéressante
pour le pays, comparativement à la production du ciment
portland qui nécessite une’cuisson à 1450”~. suivie du
broyage du clinker, opération qui est particulièrement
fnergétivore. Il reste maintenant à développer, ces résul-
tats partiels, par l’étude d’autres activateurs chimiques,
la détermination de l’influence de la composition minéra-
logique (rôle des constituants secondaires) sur la pouz-
zolanicité et la recherche des applications du liant de
synthèse dans l’habitat de facon . prouver
a son intérêt
économique.
257
258
BIBLIOGRAPHIE
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cité des produits de cuisson de me-
langes latéritiques. Laboratoire de
Géotechnique et Matériaux, Ecole
Nationale Supérieure Polytechnique
Yaoundé.
259
ANNEXES
Xohantillon IHIC Cité U. Mbalmayo iisineyong Yabogénie
100 u 100 u < 100 u < 1oou <lOOu
Perte au feu 14.07 13.82 14 14.08 14,54
si02 38,38 37,59 42,07 36,60 37,07
28.02 28,lJ 26.46 26,>5 27.64
A12c3
Ti02 1.87 1,68 1.38 1.36 1,28
Fe203 11.56 13.61 13.32 15.91 12.53
Ca0 0.39 1.47 0.48 2.09 0.39
MS0 0,17 0.17 0.50 0,17 0.25
N 0,14 0,27 0.14 0;42 O,l4
a20
0.18 0,12 0.36 0,60 0.60
K2°
C.Organique 0.59 0.59 0.19 1,18 0.96
$ Kaolinite
calculée 7% :71% ~67% ~67% i 70%
Tableau 1 : Caractéristiques chimiques des sols etudies
Réeistance
en Compression Temps de prise
Ciments en YPa
2j. 75. 14j. Début Hn
Ciment pouzzola-
lique 790 11,5 14.0 7h30' 24h
Clmencam 325 10,6 20,2 24,5 2h40' 4h50'
Ciment pouzzolanioue
CIMRiCAM 325 0.66 I 0.57 0.57 /////// ////////
Tableau 2 : Resistances sur mortier normalise. Temps de prise sur
pâte pure
261
EXPRESSION PAR METHODE NORMATIVE DE L’INCIDENCE DES PHENOMENES
LIl3SAU PROCESSUS D’ALTERATION SUR LES PROPRIETES GEOTECHNIQUES
DES LATERITES DE LA RECION DE YAOUNDE
C.E. EKODECK*
Résumé
L’auteur par cette note présente les résultats d’un
test suppléme,ltaire de validation de la méthode normative de
caractérisation des produits d’altération.
En dépit du grand nombre de travaux effectués à travers
le monde dans les domaines de la Géologie et de la Géotechnique
des latérites, les liens préssentis n’ont JFparemment jamais pu
être rationnellement établis e,ltre les caractères génétiques et
les propriétés géotechniques de ces materiaux.
Après avoir sblectionné les phZnomènes qui doivent
être prioritairement pris en considé,,ation dans l’interprétation
de la composition et du comportement des latérites, et en I’occu-
rente la lixiviation et le cuirassement, l’auteur présente les
résulats de quelques essais de corrélations qui permettent d’en-
trevoir,malgré le caractère parfois limité sur le plan numérique
des essais effet-tués, les possibilités d’une quantification
normat i ve (!ti l’évolution physique et mécanique des latérites.
Mots clés : Cameroun ‘- latérites - minéralogie - géochimir -
restructuration - lixiviation - cuirassement - propriétés phy-
siques -propriétés mécaniques - corrélations.
* Chef du Service Recherche IRGM B.F’. 4110 Yaoundé (Cameroun)
263
INTRODUCTION
ILcq méthode de restructurat ion normat i ve des produits
d’a Itérat ion a été conçue et é I aborée (EK?DECK, 1984) à la sui te
de la lecture des &crits de nombreux auteurs parmi IesqJels deux
principsux,à savoir : MAIGNICN i1966) et surtout K,lHL (1976).
Pour le premier, après un tuur d’horizon des principaux
systèmas d, classification des latérites en usage dans les années
1960, le constat est que malgré la grande diversité des facteurs
pris en considération et des objectifs poursuivis, ,beaucoup de
travai I reste à faire car i I faudrait “définir des crithres sim-
ples, fac i lement observables sur le terrain, correspondant a des
propriétés et pédogenèses bien définies qui permettent une discl.i-
mination objective des I atér i tes”.
Pour le second dont les travaux étaient axés vers la
richerche des rapports entre les caractères génétiques et Les
propriétés géotechniques des latérites, “les termes essentiel-
lement descriptifs c!e sol ferrugineux, sol ferrallitique et
ferrisol ne revêtent aucune signifjcation en géotechnique... De
CI
memt-. I e rapport silrce - sesquioxydes qui servait de base P;ur la
classification des sols résiduels, en mesurant à quel point un
sol avait été latéritisé (rapport inférieur à 1,33 : latérites
vraies 5 C:ompris entre 1,33 et 2 : sols lateritiques, et supé-
rieur à’2,O : sols tropicaux altérés r:on latéritiques) ne con-
vient pas en géotechnique. Pour la même raison, aucun des mul-
tiples -ystèmes de classification indiqués ;:u symposium de I’U’
NESCO (MAIGNIEN 19661, où i Is sont décrit:: -omme le système
anglais, le système australien, le système des USA, le systeme
belge, le système SPI (Service Pédologique Interafricain) et le
système de la F~i0 n’est convenable”.
Partant de ces constats et en admettant à priori, avec
de nombreux auteurs du reste comme DAVLES (1959), LUMB (19621,
WILLIAMS i1967), DUNCAN (19671, CiDlCASU (1974) etc... que le
comportement des latérites est lié à l’ampleur de l’action des
phénomènes intervenant au cours du processus d’altération, la
recherche d’un mode de caractérisation globale, relativement
simple, moins subjective et pius adaptée s’est révélé nécessai-
re. C’est cette recherche qui a conduit àl’élaboration de la
méthode normative de caractérisation des produits d’altération
(EKODECK1984) qui a i:té présentée anté1.i eurement de façon sommai -
re (cf. thème 1.). Une application corrélative dans le domaine
de la g&otechnique a été tentée dans la même fouIce, avec comme
substrat les laterites de la région de Yaoundé?. C’est cette
application que nous présentons bricvement ici. Les premiers
264
resultùts auxquels nous sommes parvenus, malgré Le caractere très
I imit6, des moyens mi s c; notre disposition et qui en restreignent
I CI portCe peuvent être considérés comme prometteurs.
Dans la suite de cet article, nous ne reviendrons plus
sur certains fùits et notions présentées antérieurement (cf.
thi\mc: I 1.
I - CARACTERES GEO-+ ECHN IQUES DES RI?CHES DE LA REGI ON DE
YAOUNDE ET DE LEURS FRODU ITS D’ALTERATION
1” Cas de roches du soc le
Les principales roches aqui forment le socle de la
rdgion de Yaoundé sont les migmtitites et les gneiss. Elles ont
un poids volumique apparent qui est de l’ordre de 2,65 gf/cm ;
il est en gcnéral plus faible pour les migmatites que pour
les gneiss. Leur porosité varie rentre 0,9 et8% et augmente avec
l’importance de la fissuration.
SUI- le plan mécanique, I ’ e:<amen de I eur comportement
à l’essai de compression simple par la méthode de DAYRE et al.
(197h), q UI. est fondée sur l’analyse comparée des phases de la
courbe contrainte-déformation (serrage - élasticitti - plastici-
té) (! ig. 1) montre qpj’i I s’agit de roc!les élastiques à élasto-
p 1astique , incompressibles (fig 3)* Leur rupture, essentiel lement
fragi I<., s’effectue en général parallèlement aux plans de folio-
tion lorsque ces I!erniers sont parallèles à la direction de la
compress ion, ou obliques par rapport à cette direction ; et
dans ces diffr:rents cas, le plan de rupture se situe dans un des
lits phylliteux.Les caractéris? iques mécaniques, qui peuvent
être dGduites de ces ess,:is sont la résistatice à la compression
:Simple qui est comprise entre 45 et 9.5 MPa, et le Module d’YOlJNG,
compris entre 75. 103 et 130. 1c13 MPa, Les différences de compo--
sition minéralogique ne semblent pas induire nécessairement des
différences notoires de comportement ou de p-rformance.
2O Cas des produits d’altération
a) T’ropr i 6tés phys 1ques
. Granulonétrie
En t.aison de l’intervention parfois importante de la
fraction graveleuse dans !a composition des produits d’altéra-
tion, et notamlllent ceux des niveaux médian et parfois inférieur
des profi Is d’altfration, et compte tenu des phénomènes généra-
teu1.s de ces mater iaux (fragmentation et désagrégation de la
r>che m&re, hydrolyse des si I icates, néogcnèse minérale, cuiras-
sement, ) , I ‘1 confection d’un msdèle de diagramme triangulaire
de c!assification nominale nous a parue Iiécessaire (EKoDECK. 1984,
19S5). L’uLilisation de ce diagramme fait ressortir les faits
suivants à partir d’une centaine d’échantillons analysés :
- Sur Ie plateau du Sud Camaroun, le niveau inférieur
est constitué tle sables arqi 10-l imoneux, te niveau médian, de
gi*aviers argileux, et te niveau superficiel d’argiles sableuses.
265
- En bordure de la Sanaga, les produits d’alteration
sont essentiellement sableux, q:lel que soit le niveau considéré
(sables pour le niveau inférieur, sable graveleux pour le niveau médian, sables
argile-limoneux pour le niveau superficiel).
Ces indications sont moyennes et, comme on peut le
voir sur les diagrammes (fig. 31, I es niveaux des profils d’alté-
ration comportent des matériaux bien différenciés sur le plateau,
et assez peu différenciés en bordure de la Sanaga. I ces c!onnees
moyennes pst-mettent de bien marquer la différence entre le pla-
teau et la bordure de la Sanaga, i I reste <.oncevabSe compte
tenu de la dispersion des points sur les diagrammes Lt de la
situation géograpllique des matériaux testés, qu’une évolution
progressive existe qui rend les deux sites complémentaires.
Ceci pst-met par la suite de considérer les matcriaux prélevés
dans ces sites, non plus séparément, mais globalement, si naus
voulons tirer des enseignements utiles; les seules discriminations
concernent les niveaux des profils.
. CI*-belques autres propriétés physiques
L’examen des valeurs moyennes des poids volumiques et de
la compacite I;ontre que celles c?es matériaux du niveau médian
sont plus élevées que celles desmatériaux du niveau superficiel,
qui à leur tour le sont plus que celles des matériaux du niveau
i nfér i eur .
. Poids volumique des grains-poids volumique sec - compacité
niveau superficiel 2,65 gf/cm’ . 1‘54 gf/cm+ . 0,58
-------__---------
------___-----____
niveau médian 2,78 gf/cm? . 1,76 gf;cm.+ . 0,63
----___---_-_
-------------
niveau inférieur 2,61 gf/cm’ . 1,45 gf/cn$ . 0,56
=================
Les faits ainsi observés sent vraisemblablement dus
à l’intervention du fer dans le niveau médian et à la soustrac-
tion généralisée, sans remaniement de texture qui prend place
dans le niveau inférieur.
S i 0 r, considère les limites d’ATTEKBEKG ainsi que I’in-
dite de plasticité, leurs valeurs sont plus élevées pour des
matériaux du niveau médian, moins sensible à l’eau, et plu: faible
pour ceux du niveau de surface plus sensible à i’eau.
. Limite de plasticité - limite de Iiquidite - Indice de
plasticite
niveau superficiel 25,0 % 49,4 % 24,4 %
___-----___-_----_==
niveau médian 32,3 % 64,4 % 32,l %
----------_---
--------___-__
niveau inferieur 30,o % 58,7 % 2x,7 %
---------------
----____-----__
Enfin, l’évaluation de l’indice c!e groupe (5 pour le
niveau inférieur, 1 pour le kdian et 11 pour celui de surface)
266
montre que dans les constructions routières, seules les perfor-
mances des produits du niveau médian sont bonnes, tel les des
produ i ts des ni veaux inférieur et superficiel étant i.espective-
ment mduvaiscs et très mauvaises.
To;!tos ces propriétés physiques, plus différenciées
sur le plateau qu’en bordure de la Sanaga suivant les nivoauxdes
profils d’altération sont à des c!egrés divers, de bons indicateurs
directs ou indirects, c!u degré d’évolution texturale des matériaux,
qui est en rapport avec Ie processus d’alteration des roches.
b ) Comportement mécanique
Nous nous limiterons à l’examen du comportement d’une
centaine d’éprouvettes, soumi ses à l’essai de cisai I lement recti-.
I igne,par la méthode de DAYRE et al. (1973) (f ig.2). D’autres
types d’essais ont cependant été effectués mais de façon moins
extensive (essais triaxiaux et essais oedométriques).
- Les matériaux du niveau sup,erficiel sont élasto-
compressibles c!onc fragiles lorsqu’ils sont secs. A m,ssure que
la teneur 13n eau augmente, i Is deviennent success i \,ement é I asto-
plasto-compressibles, purement plastiques, plasto-compressibles
puis purement compressibles Lorsaire La saturation est atteinte, voire dépassée :
ils sont extrëmem2nt sensibles b L’eau et leur comportement est celui d’une argile.
- Les matériaux du niveau médian sont élastoplastiques
non compressibles lorsqu’ils sont secs. Ce comportement se rappro-
che de celui de certaines roches saines. I Is dev i ennen’. purement
plastiques lorsqu’ils sont lubrifiés par l’eau, et la saturation
modifie peu leur q:omportement.
- Los i::atér iaux du ni veau inférieur sont essentielle-
ment plastiques quelle que soit leur teneur en eau, certains
échantillons secs présentant un comportement élastique fragile :
c’est un comportement de sable argileux.
c) Propriétés mécaniques
II résu Ite de I ‘ana I yoe du comportement mkan ique des
latérites que I ‘influence de t’eau est déterminante dans le cas
des matériaux du niveau superficiel, et moins importante dans
le cas de ceux des autres i:iveaux et en particulier ceux du
niveau médian. En essayant de tenir compte des conditions hydri-
ques malgré le nombre limité des essais effectués, oo a pu remar-
quer quelques faits saillants.
- La cohésion 4apparente diminue, dans les profi Is,dd n:-
veau de surface vers le niveau i nfér ieur. sur le plateau où elle
semble dépendre de la teneur I>n eau. On y observe d’ailleurs
gonoralement une destruct ion des talus des tranchées qui commeil-
C(3 par la formation de sortes de hors.-profils, ou d’ah.-is sous
cuirasse qui affectent le niveau inférieur. En bL)rdure de la
Sanaga par contre, la cohésion apparente diminue du niveau infé-
rieur vers le niveau de surface, et les talus des tranchées rou-
tières et ferroviaires ont u6?e meilleure tenue. Cette cohésion
diminue aussi lorsqu’augmsnte la teneur en eau.
267
- L’angle de frottement interne est fortement i nf luen-
cé par l’eau *tutant sur le plateau qu’en bordure dc lu Sanaga.
On remarqae par ai I leurs, en considérant les profi Is individuel-
lement que cet angle est plus élevé pour les matGriaux du niveau
médian, plus fùible.pour ceux du nivaau superficiel sur le
plateau et pour ceux du niveau inférieur en bordure de Ia Sanayù.
On peut dire e.3 gui se de rbsumé sur les caractères
géotcchniques des produits d’altération de la région de Yaoundé,
que les diffCrenciations texturales telles qu’elles sont expri-
mées par l’analyse grùnulométrique, ont des repercuss ions mari i fes-
tes sur le plan du comportement mécanique qui, sableux au départ
(niveau inférieur), dev ient de plus en plur at.gileux à mesure que
s’hydrolysent ies silicates. Le 1) i veau médian présente un carac-
tère particulier car il a tendance à devenir, plus élastique
eh raison de son enrichissement en fer. Ces différences de com-
portement sont encore plus Gloquentes que les propriétés mécani-
ques qui peuvent en être déduites, et pour la plupart dc cas
particularités y;otechniques, des essais de corrélation ont 8té
effectués avec la quantification normative.
II - ESSAIS CE QUANTIFICATION NORMATIVE DE L’EVOLUTION PHYSIQUE
ET MIICANIQUE DES LATERITES DE LA REGION CE YAOUNDE
1’ Altération et propriétés physiques *
Parmi les paramètres définis à la saite des restructu-
rations normatives (cf. thème I), ceux susceptibles de mieux
traduire l’évolution des propriétés physiques des produits d’al-
tér*tion de la région de Yaoundé où le drainage est bon sont :
l’indice de Iixiviation potentielle (ilp) ou degré d’altération
virtuelle pour les niveaux Inférieur et superFiciel, et l’indice
d’induration potentielle (iip) ou degré de cuirassement virtuel
pour I e niveau médian. De ce point de vue, et eu égard aux données
dont nous disposons, nous avons pu établir quelques relations
plausibles en considérant globalement tous les produits d’alté-
ration de la région de Yaoundé.
- Pour le nivaau inférieur, lorsque l’indice de
lixiviation potentielle augmente, la compacité diminue et
l’indice des vides augmente.
c= - O,I +.’ + 0,6
e = o,.i ;- + 0,6
Ces relations viennent appuyer Ia méthode i sovo I umétr i que (le
MILLOT et BONIFAS (1955).
-Pour le niveau superficiel, lorsque l’indice dc Iixi-
viat ion potentiel le augmente, IJ teneur en argiIe,Ia limite de
liquiditi: et l’indice de plasticité augmentent aussi.
a% = 0,S ilp % + 21,2
WL % = 0,4 i Ip % + 28,7
IP% = 0,2 ilp% + 13,2
L’absence de corrélation entre cet indice normatif et
les propriétés comme la compacité ou l’indice des vides montre
que le niveau superficiel est le siège de nombreux remaniements
mécaniques.
- Pour le niveau médian, lorsque l’indice d’induration
poteBIt 1e I I e augmente, le pods volumique sec at la compacité
augmente, alors que diminue l’indice des vides.
Yd = 0,5 w + 1,6 (gf/cm 1
_;
+ 0,6
o,2 iip %
C
100
e :r -C,5 +$z + 0,7
Cc; relations montrent que la trame fet.rugineuse qui se forme
dans le niveau m>?dian rend le milieu plus dense tout en Ytabili-
sant le volume. II en résulte d’ailleurs que le bilan du cuiras-
sement du niveau médian des profils pour,-ait être effectué par
méthode isovolumétrique.
2’ Altération et carùc-tères mécaniques
Sur le plan général du comportement mécanique, nous pou-
:‘ons signaler, en plus de ce qui a été dit ‘antérieurement csncer-
nant l’analyse par la méthode de D4YFE et al. (1978) des courbes
contrainte-déformation,que pour le niveau inférieur, I ‘ampleur
du serI.age est directem*::nt I ié à I ’ importance des soustract ions
de matiGres, cependant que le comportement, et le mode de rup-
ture (ductile) caractérisent autant pour ce niveau que pour le
superficiel la présence des argiles, l’absence de gonflement
à I’oedon~ètre confirmant la nature kaolinique de ces argiles.
P~Wl~ le niveau médian, la granularité et Ici rigidité acquise
,‘r la faveur de I ‘enr ic!h issement en fer se rr.an i feste par une
pliase de serrage réduite et une phase d’é!asticité linéaire
relativement importante.
La quantification normative vient à l’appui de certaines
considcrations mécaniques. Ainsi donc :
- pour le niveau superficiel, aucune corrélation
significative n’a pu être é+ablie entre l’indice de Iixivia-
tion potentielle et Ics propriétés mécaniques. Cela es+. vraisem-
blablemellt dû au fait que ce niveau, comme nous l’avons dit plus
haut, est le si+ge de nombreux remaniements, naturels et arti-
ficiels ;
269
- pour le niveau inférieur, I orsque l’indice Ja I ixivia-
tion potentielle augmente, la cohksion apparente! diminue et
l’angle de frottement interne augmente.
2,7 ilp %
CU = - + 2,4 (bars)
100
ru :: ilp% + 18,4 (degrés)
O,??
Ces deux relations rendent compte: du caractère sableux des math-
riaux de ce niveau.;
- pour le niveau médian, lorsque l’indice d’induration
potentiel le alJgirente, I ‘angle de fr.ottement interne diminue. La
réduction de ce frottement interne est vraisemblablement induite
par la si-héricité qu’acqtrièl.ent les concrétions :
#,u = -0,3 iipf % f 6Y,4 (degré)
(iipc indice d’induration potentielle due au fer).
CONCLUS I ON
La quanti f i cat ion riormat ive dont la méthode a été
élaborée pour les pror’uits d’altération, elr wstant en harmonie
avec I es donntjes géotechn i ques, traduit donc bien l’action des
phénomènes d’altération. Les relations C-tablies entre les para-
mètres géokhlmiques et les propriétés géotechniques l’attestent.
SI nous consid8rons “indice
. de Iixiviation potentielle par
e:<emp I e, il est possible de tirer des e,Iseignements utiles sur la
texture des r;:atér i aux, la différenciation des niveaux des profils,
la nature des minér,dux zrgi leux prédominants, le comportement
prédominant sous charge et la nature des matériaux utilisables
dans le Génie civil. le tableau 1 en donne un aperçu synoptique.
Nos résultats reposent cependant sur un nombre assez
I imité de données. Les relat ions qui sont présentées ici sont
easentiellement indicatives. C’est pour ces raisons qu’à i ’ heure
actuel le, des t.ravaux sont amorcés dans le cadre des Programmes
de rec!lerche de I ’ IRGM ( I nstitut de Recherches Géologiques et
Minières) c;frn que les tendances que nous avons mises en éviden-
ce passent dans le domaine des certitudes, ce qui contribuerait
à renforcer la collaboration entre les géologues et les séotech-
niciens.
270
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271
8’ strrage; e: élasticiti. 9,: 9Iasticitd; R: rupturr.
ialrathnlr demain@ de strra9i Celasticitd et de ~lasticite’rr font.
tien dr la ddftrmath(a)dr Ias~llicitatl~~(b]~t II travail (C)
8 P
Trian91r*s.e.iYde OAYRE et al.(1979) modifié.
(‘jj srrralr ~com9restibiliti),s @ Ilasto_cam~rrssibilite’
@ Jlasticit~, 1 0 ilasttrompressibiliti
@ Plasticiti, P @ jlastc_llasticit;
@ ilasto_9lasto_c~mpressibilité
Fig. 1 : Sch6matisation des courbes reprbsentatives du comportement et
diagramme de classification des eprouvettes suivant leur mode
de comportement sous sollicitation mécanique
272
111 du niveau mddian
‘ofils d.altCration
matiriarr du rircru rrrrrficitl
des ~rofllr d’altdration
I:L~~S; C: hnnldrr
c: s~trrés
mat4rirrr du nircau inferieur
des prefils d’altc’ratioa
Fig. 2 : Comportement mécanique des roches de la région de Yaound6 et
de leurs produits d'alt6ration d'après la m4thode de DAYRE
et al. (1978)
273
ble
Fig. 3 Les produits d'althtation de la rbgion de Yaound6 dans le
diagramme triangulaire de classification granulombtrique
. : é:hantillons lu nirear su~erfici,l .-leur cireinscription
x : itlaatill~ns Ir nlrear miliai ’ Iwr clrccnscriptitn
i .-.-.-
+ : ~~bantillsns du nirrar inftrltrr ; ... . . . .. . ..leur circonscription
274
indicede liaitv;,ation potentielle .
c * *: * . I
5o * 4”. .
- Bordure de la rrnrfa-
cc--_-~ ylatear l
orillne des matdriae: *
tcxtorr Ier matiriaux ,OCktiSS I sa blcuse I argilcusc 1
[niveau: iaferieur et superficiel) pravcleuse
I I
akamdcs profils peu dhftireocids . bfen diffe’reaciiS 1
I
I I
I
minirari ar(ileax prédominants illlte ! tanditer 1
I I
~~~ortcment~ridtninant SOUS ilastigue fraIil plast/goe cohpressible
charle I I I
phasede Ilasticité inexistante avec ! existarte avec I . ~~~néraliséejrsans
rupture brutale I rupture fraoCbe rupture franche
natdriaur utlllsables tout venant ! tamisd ! niveau medlan I.
mie Civil . aous niveaux) t(tous niveaux) j seul I
Tableau 1 : Indice de lixiviation potentielle des produits d'alteration
de la r6gion de Yaound6 et les correspondances associ6es.
275
ANALYSEPETROLOGIQUEDESMECANISMESDELASTABILISATION
PARLACHAUXETLECIMENT
DEDIFFERENTSMATERIAUX LATERITIQUES
G.BOCQUIER*,C.GENSE"',Ph.ILDEFONSE'
RESUME
Les traitements par la chaux ou le ciment de différents matériaux latéritiques
leur confèrent des stabilisations qui sont dues à la néoformation de phases cristal-
lines par réaction ou non avec les constituants du matériau naturel. Ces transfor-
mations minéralogiques et microgéochimiques permettent de comparer les consti-
tutions des matériaux naturels et des materiaux traités.
Pour des matériaux argileux latéritiques du Brésil, traités à la chaux (5 %) puis
compactés (Proctor normal), les travaux de ROSSI, ILDEFONSE, DE NOBRECA,
CHAUVEL (1983) mettent en évidence une succession de transformations minéra-
logiques qui concourrent à conserver puis à renforcer la microstructure du matériau
naturel. Les néoformations cristallines se localisent d’ abord (en moins d’une heure)
dans les seuls micropores intraagrégats et se développent ensuite dans la porosité
interagrégats. Parmi les huit phases néoformées déterminées à la microsonde,
plusieurs aluminates et silicates calciques hydratés résultent dl une destruction
partielle des constituants gibbsitique puis kaolinitique du matériau naturel.
Pour des matériaux graveleux latéritiques du Cameroun, traités avec 3 à 6 %
de ciment Portland, CENSE (1985) montre que seule la matrice argileuse qui entoure
les concrétions ferrugineuses, est le siège de néoformations cristallines qui la
stabilise. Parmi les quatre phases néoformées déterminées à la microsonde et
présentant des nanomorphologies particulières, trois de ces phases correspondent
à des produits normaux de l’hydratation du ciment (Portlandite, CSH et Sulfo-
aluminates calciques hydratés), alors qu’ une autre phase composée d’ aluminates
calciques hydratés peut être produite par la réaction entre les constituants kaoli-
nitiques de la matrice et le ciment.
l SciencesPhysiquesde la Terre - Universitdde Paris VII
2 PlaceJussleu 75230 Parisddex 05 France
l * ORSTOM- 70 -74 Route d’Aulnay 93140 Bondy France
277
UTILISATION DES LATERITES
EN TECHNIQUE ROUTIERE AU CAMEROUN
F. SIKALf et DJALAL MIR-EMARATI**
Résumé
L'utilisation en construction rou-
tière des graveleux latéritiques présente
un intérêt évident dans les Pays Tropicaux
et tout particulièrement au Cameroun, cn
raison de leur abondance. Celle-ci les rend
économiquement intéressants même si leurs
performances mécaniques s'avèrent parfois
médiocres et surtout variables.
On estime que 70 % environ de la
superficie du Pays est couverte de sols
latéritiques. En fonction de leurs pro-
priétés, liées étroitement à leurs origi-
nes (roches-mères), à l'altitude, à la
végétation et au climat, on peut les répar-
tir selon les différentes et principales
sous-régions suivantes (Fig. 1) :
- la sous-région forestière
- la sous-région de la savane
- la sous-région montagneuse de
l'Ouest et Nord-Ouest.
Cependant, à l'intérieur de chaque,
sous-région, l'h6térogen6ite des proprietes
géotechniques des graveleux latéritiqucs
est notable.
* ChefduService RechercheetFormation
duLaboratoire NationaldeGénie Civil (LABOGÊNIE)
**Conseiller technique du Directeurdu LABOGENIEB.P. 349Yaoundé (Cameroun)
279
1. CONSIDERATIONS GENERALES SUR LES
GRAVELEUX LATERITIQUES
L'utilisateur routier doit savoir cc qui dis-
tingue les graveleux latéritiques des autres
sols. De même, le prospecteur d'emprunts recé-
lant ces matériaux doit bien maîtriser les
différents facteurs qui caractérisent leur for-
mation ; il peut alors localiser plus aisément
les zones où les indices peuvent retenir son
attention.
1.1. Définition des qraveleux latéritiques
Les sols latéritiques utilisables en Technique
routière sont les graveleux latéritiques conte-
nant une proportion suffisante d'élements
supérieurs à 2 mm. Au Cameroun, on observe es-
sentiellement les concrétions ferrallitiques
(Sud) et ferrugineuses (Nord). Les matériaux
contenant un pourcentage de fines supérieur à
35 % ne sont pas considérés comme étant des gra-
veleux latéritiques.
1.2. Facteurs de formation des latérites
Certains facteurs ont une influence prépondé-
rante sur l'altération des roches et la for-
mation de sols latéritiques qui en découlent ;
ce sont respectivement :
- le climat (pluviométrie, température,
bilan hydraulique)
- la topographie du site (érosion, drai-
nage)
- la végétation (matières organiques, bac-
téries, acides humiques)
- la roche-mère
- et le temps
Les conditions nécessaires à la formation
des latérites sont :
- un climat tropical sujet éventuel-
lement aux alternances de saisons
sèches et humides,
280
- un plateau ou une surface topogra-
phique faiblement inclinée, non
soumise à une érosion mécanique
importante
- une composition chimique et miné-
ralogique de la roche exposée
pouvant fournir les constituants
latéritiques (fer et alumine),
- une texture poreuse permettant
l'entrée des eaux en percolation,
de telle sorte que les conditions
de l'action des agents chimiques
soient les meilleures,
- un bon drainage favorisant le lessi-
vage chimique des formations, ce
processus doit se continuer pendant
une durée géologique, suffisante
(au moins un million d'années).
Il s'ensuit que les sols latéritiques se retrou-
vent essentiellement dans l'horizon B des
coupes pédologiques(Fig.21. Mais très sou-
vent l'horizon A, constitué essentiellement
de terre végétale dite "découverte" a été enlevé
par l'érosion ce qui laisse ainsi apparents
les graveleux ou même des cuirasses latéritiques
facilitant ainsi la prospection.
1.3. Prospection des Graveleux latéritiques
Les indices qui peuvent retenir l'attention du
prospecteur de graveleux latéritiques sont les
suivants :
- affleurement de cuirasse,
- présence de gravillons latéritiques
en surface,
- ancienne exploitation de matériaux,
- morphologie : les graveleux latéri-
tiques sont recherchés à mi-pente
ou aux ruptures de pente des inter-
fluves
- présence de certains arbres que les
prospecteurs avertis identifient.
Les couches de graveleux latéritiques sont sou-
vent discontinues et d'épaisseur faible (0,2 à
1 m. en général), elles peuvent être masquées
par une couverture ou découverte, souvent plus
épaisse que le niveau utile.
La méthodologie de recherche consiste dans une
première phase, à repérer les zones à priori
favorables en exploitant les cartes pédologiques
et les informations existantes, et ensuite à
préparer un programme d'investigation par sonda-
281
ges systematiques dans lesquels des préli,vements
d'échantillons permettront de détcrminel- les
puissances exploitables et la qualité dc materi-
aux de l'emprunt.
1.4. Exploitation des Emprunts de Graveleux
-~~
lùtéritiques
L'exploitation des graveleux latéritiques
débute par le déboisage du site et par lc
décapage de la découverte lorsqu'elle existe.
On procède ensuite au buttage du graveleux
au bull-dozer par légères passes, en vue de
ne pas mélanger les différentes couches dans
le cas d'une hétérogénéité verticale où les
différents matériaux sont utilisés séparément.
L'habileté et le coup d'oeil des conducteurs
d'engins sont déterminants et il faut veiller
à CP que l'exploitation ne touche pas la couche
argileuse.
Un soin particulier sera apporté, en cours
d'exploitation, au drainage des emprunts. On se
souviendra, dans l'estimation des quantités,
qu'un m2 de matériau à l'emprunt correspond à
environ 0,75 m3 compacté dans la chaussée.
1.5. Classification des graveleux-latéritiques
-Classification H.R.B.
Les graveleux latéritiques couvrent plusieurs
classes. Les plus graveleux sont des A.2.7.,
tandis que les argileux sont des A-7.5., des
A.2.6 et A.7.6 - On note quelques A.5 et
A.6.
Les indices de groupe sont un moyen complémen-
taire de caractériser ces matériaux
Enfin, le produit f x IP constitue également
une caractéristique importante du comporte-
ment des graveleux latéritiques.
Ainsi on trouve en général les correspondances
suivantes :
Produit f x IP Caractéristiques
~- mé -
caniques
<250 : CBR = 20 à 80, Yd CPM =
2.1 à 2.5 Wopm = 5 à Ii
250-600 : CBR = 15 à 40, vd OF'M =
2 à 2.25 Wopm = 7 a 10
600-1600 : CBR <30, Yd CPM =
1.9 à 2.2 Wopm = 8 a 12
2a2
2 - GRAVELEUX LATERITIQUES DU CAMEROUN
ET
Environ 70 % de la superficie du Pays est
couverte de sols latéritiques. En fonction
de leurs propriétés, liées étroitement à
leurs origines (roches-mères), à l'altitude,
à la végétation et au climat, on peut les
répartir selon les différentes sous-régions
dont les principales sont les suivantes :
- La sous-région forestière : Edéa, Eséka,
Yaoundé, Kribi, Douala, Sanqmélima, Ebolowa,
Akonolinga, Bertoua, Batouri et Yokadouma
(correspondant aux Provinces du Centre, Sud, la
partie du Sud, de l'Est et la partie est du
Littoral et certaines parties du Sud-Ouest).
- La sous-région de la Savane : tjbam,
Yoko, Garoua-Boulai, Tibati, Mayo Darlé, Banyo,
Tignère, Ngaoundéré, Meiganga (d'une manière
générale, le plateau d'Adamaoua, partie Nord de
la Province du Centre, partie Nord de la Province
de l'Est).
- La sous-réqion montagneuse de l'Ouest
et Nord-Ouest : Bafoussam, Foumban, tout
le nord-ouest, Akwaya et certaines parties de
Mamfé.
Les figures 1 et 4
indiquent les différentes régions de ressources
en graveleux latéritiques ainsi que leurs
caractéristiques géotechniques.
Symboles géotechniques
Limites de liquidité, plasti-
cité
. w : Teneur en eau
. yd Poids spécifique apparent
sec Opt
. CBli Portante du sol obtenue à
l'essai de CBR
.f Pourcentage de fines du matériaux
élément < 0,08 mm
. IP indice de plasticité.
REPUBUOUE DU CAMEROUN COUPES TYPES DE FORMATION DES
GRAVELEUX LATERITIOUES
*O”c U,O.“..lmoI,‘“.vcu”I IUWI<“I *oc * -,~y..- w..AuYImY‘~
,>Av..LI
Fiqure 2 : Coupes pédologiques types
- selon Remillon
w
‘7
FczjiT&EF I
B-I -..a* IL. .._.,. ‘.y ;
,.*z__< ..,,-*
Figure 1 : Carte de reperage
des régions recélant au
.li___
graveleux latéritique Figure 3 : Exemples de localisation
topographique degraveleux latéritiques
en savane
-
iri
I
r
285
2
286
3
c
i
3 - DOMAINE D'UTILISATION DES GRAVELEUX
LATERITIQUES EN TECHNIQUE ROUTIERS
Les graveleux latéritiques naturels peuvent
etre utilisés à différente niveau du corps
d'une chaussée :
. en couche de forme : pour toutes les
classes de trafic
en couche de fondation : pour un trafic
faible de classe (*) Tl. T2 ou T3.
Pour T4 et TS il peut s'avérer néces-
saire de le stabiliser mécaniquement
en corrigeant sa granulométrie et sa
plasticité.
en couche de base : pour Tl, T2. Dans
ces cas, une sélection rigoureuse
s'avèrera nécessaire.
3.1. Couche de forme
Une couche de forme est nécessaire dès que
les sols de plateforme d'une route ne présen-
tent pas des caractéristiques suffisantes de
portante (CBR 10). Il s'agit généralement
des 30 cm supérieurs des remblais ou des fonds
de déblais.
La portante reste le principal critère de
choix d'une latérite pour la couche de forme.
Les classes suivantes de portante peuvent
dans la plupart des cas être envisaqées, selon
les maté;ia;x utilisés :
. 15 < CBR < 30
CBR > 30
7
(*) Tl< 5.105< T2 < 1,5.105 CT3 < 4.106 < T4 cl0
7
<T5 < 2.10 en essieux équivalents de 13T.
Dans la pratique, on recherchera de préfé-
rence, la classe CBR de 15 à 30. En effet,
la plupart des graveleux rencontrés au Cameroun
présentent un CBR sensiblement supérieur à
15 à 95 % de 1'OPM et après 4 jours d'imbi-
bition. Par ailleurs, les graveleux CDR> 30
doivent être plutôt réservés aux couches de
fondation (économie de matériaux).
3.2. Couche de fondation
Compte tenu des caractéristiques qéotechniques
des-graveleux latéritiques naturels, leur em-
ploi privilégié se situe au niveau des couches
de fondation des chaussées revetues (Trafic
Tl à T3).
288
Pour les trafics T4 et T5, il est généralement
nécessaire d'envisager une amélioration (mécani-
que ou chimique) lorsque les caractéristiques
du matériau le permettent.
La portante requise pour les graveleux latéri-
tiques est celle habituellement retenue pour les
couches de fondation, à savoir un CBR d'au moins
30 ; on peut néanmoins tolérer un CBR de 25 pour
les trafics faibles (Tl). Dans plus de 80 %
des cas, on peut s'attendre, dans les memes con-
ditions que précédemment aux résultats du tableau 1;
Forestière Savane
Fbrestière Adamaoua
Forestière du Sud
32 - 60 35 - 60 35 - 65
Moyenne 48 47 50
Tableau 1 : Portante des graveleux latkritiques
3.3. Couche de base
Les graveleux latéritiques naturels utilisables
en couche de base. oour les trafics Tl. T2 sont
rares. Ils doivent pour ce faire, satisfaire
aux exigences suivantes :
- CBR à 95 % OPM et après 4 jOUrS d'imbibition :
supérieure à 80 (on peut admettre une valeur
minimale de 60 pour le trafic Tl)
- Gonflement linéaire : inférieur àl%
(éprouvettes CBR)
289
LES FORMATIONS SUPERFICIELLES LATERITIQUES
DANS LA REGION DE DOUALA
MORPHOLOGIE GENERALE ET SENSIBILITE AUX ACTIVITES HUMAINES
A. ZOGNING”
RESUME
Les formations superficielles latkritiques de Douala sont d&elopp&es
sur des roches sbdimentaires essentiellement sableuses & sablo-argileuses.
Avec un climat très humide et chaud, l’altération y est profonde et les
différenciations morphologiques sont assez semblables d’un secteur à
1’ autre : trois ensembles d’horizons disposés en auréoles concentriques
correspondant au mode16 convexe de la surface du sol se succedent g6n6-
ralement de haut en bas :
- un ensemble meuble sablo-argileux,
- un ensemble grossier riche en nodules et concr6tions ferrugineuses,
- un ensemble d’altérations, pouvant affecter plusieurs niveaux
sédimentaires superpos6s.
Ces formations sont très sensibles aux activites humaines, notamment
aux activites agricoles et aux grands travaux : elles &Pondent aux
activites agricoles par l’brosion en nappe, et aux grands travaux
(routiers, ferroviaires et immobiliers) par le ravinement, les éboulements
et les glissements de terrain. Des 6tudes de stabilisation sont donc
necessaires pour éviter des catastrophes.
* Centre Géographique National
BP 157 Yaoundd (Cameroun)
291
JNTRODUCTION
Ville industrielle et commerciale, principale porte d'entree et de
sortie du Cameroun, Douala est une métropole de prEs d'un million deux
cents mille âmes. Elle connaît de ce fait avec sa region, une pression
humaine considbrable qui se traduit dans les paysages par une croissance
urbaine rapide et assez mal maîtrisee, un développement constant des
voies de communication, une extension toujours plus grande des surfaces
de culture, tant vivrieres que commerciales...
Développées sur des s6diments sableux et sablo-argileux, les forma-
tions superficielles de cette zone sont tres sensihles aux activités
humaines : l'érosion, les glissements de terrain et les éboulements sont
les principales formes de dégradations qui résultent des différents
types d'interventions.
Après avoir présenté les formations sédimentaires du bassin nous
décrirons les formations superficielles latéritiques qui s'y développent
et terminerons par leur sensibilité aux activités humaines, à la lumiere
de quelques faits d'observation.
1 - LES FORMATIONS SEDIMEXL'AIRZS
Disposées en demi-croissant autour de Douala, les différentes séries
présentent une forte composante sableuse et argileuse.
Les affleurements du Cretacé, assez fréquents dans la vallée du
Mungo présentent :
- des formations gréseuses et argileuses a caractère continental
(grès de base),
- des grès et argiles sableuses avec intercalations calcaires,
- des argiles à intercalations sableuses,
- des calcaires gréseux, des argiles schisteuses à intercalation de
grès et de sables grossiers, etc...
Les affleurements du Tertiaire offrent également des roches sableuses
notamment :
- les grès friables, fins à grossiers avec intercalations des grès
kaolinitiques, d'argiles et de grès ferrugineux de la région de
DIZANGIJS,
- les grès marneux, les marnes noires et grises et les gres ferru-
gineux grossiers qui affleurent à PLONGE,
292
- les grès calcaires ou marneux, les marnes et les calcaires plus
ou moins ferrugineux de la vallée du WOURI,
- et enfin les sables jaunes et les argiles bariolées du r~iopliocène
du Site de Douala et ses environs immédiats.
Le Quaternaire est représenté par 60 à 70 m de dépbts d'estuaire,
formes d'une alternance de sables fluviatiles souvent grossiers, des
vases et des limons, pour l'essentiel recouvert par la mangrove.
Au total donc, on a affaire a des roches dont l'altération donnent
comme résultat des formations superficielles sableuses, sabla-argileuses
ou argilo-sableuses.
II - LES FORMATIONS SUPERFICIELLES LATERITIQUES (Fig.11
Du fait des pluies abondantes (3 à 5 mètres par an) et des tem-
pératures élevées et constantes (25" en moyenne), les formations sédi-
mentaires que nous venons de decrire sont affectées par une altération
profonde. Les différenciations morphologiques sont assez semblables
d'un point à l'autre ; on distingue nettement trois ensembles d'horizons
qui se succèdent de haut en bas :
un ensemble meuble, sabla-argileux,
un ensemble grossier, riche en matériaux ferrugineux,
un ensemble d'alteration.
A - L'ensemble meuble
Il est forme de deux horizons :
- un horizon humifère argilo-sableux, de couleur brun foncé à
noirâtre. Il est relativenrsntpeu épais (20-50 cm) et passe très
progressivement, par une limite diffuse, à l'horizon inférieur.
- un horizon jaune-brun ou roux généralement très épais (peut
atteindre 4 à 5 mètres). Il est constitué de sables argileux (plus de
60% de sable dans la gravière de MAKEPE (S. PORIN, G. MAINET, 1984).
Ce sont des sables moyens, dans l'ensemble argileux. Cependant sur
certaines coupes on note des concentrations de sables grossiers et
argileux en poches ou en horizons discontinus. On y rencontre parfois
comme à KASSOUMBOU de gros blocs de cuirasse isolés et bien individua-
lisés de l'horizon gravillonnaire sous-jacent. La limite avec cet ensemble
est brutale et souvent sinueuse.
B - L'ensemble grossier
Il est mis en place par plusieurs types de différenciations :
a) Une différenciation simple, en un seul horizon gravillonnaire
forme d'éléments grossiers de tailles hétérometriques. Les élements
grossiers sont constitues par des nodules et concrétions ferrugineuses,
des blocs et des plaquettes de cuirasses anguleuses, des boules reliques
d'une cuirasse dégradée, etc... Tous ces matériaux sont enveloppés
dans une matrice sablo-argileuse qui s'apparente aux produits de l'ho-
rizon meuble supérieur. Tous ces éléments sont répartis sans classement
293
quelconque apparent ; on peut tout simplement remarquer une conccntra-
tion relative des Eléments grossiers à la limite supérieure de l'horizon,
et un appauvrissement en éléments fins de la matrice.
L'épaisseur est variable ; elle est irrégulière dans certaines
coupes, comme dans celle du carrefour Douala-Bafoussam-Limbbd. Ailleurs,
comme à Miang par exemple, elle est quasi régulière tout au long de la
tranchée.
b) La différenciation se fait aussi souvent en une ou plusieurs
dallettes de cuirasse. C'est le cas dans les coupes des gravières de
MNCEPE 1 et d'AIWA NORD. Les niveau indurés peuvent se ddvclopper indif-
féremment à l'intérieur d'une même couche sedimentaire (ex. : profils
S. MORIN p. 62 et 67), ou de façon préférentielle à la limite entre
deux niveaux : un argileux à la base, l'autre sableux au dessus. Cette
limite peut être sédimentaire ou d'horizon hydromorphe. L'épaisseur
faible, varie de 1 à 12 cm. La dallette peut être bien conservée ou
brisée en morceaux anguleux plus ou moins redressés et disjoints.
c) On rencontre enfin une différenciation complexe, associant les
deux types ci-dessus décrits. Celle-ci prdsente un horizon grossier
comparable aux précédents, et une ou plusieurs dallettes, grossièrement
parallèles à l'horizon gravillonnaire comme à MASSOUMBOU 1 ; il est à
noter ici que toutes les dallettes de cuirasses n'existent que sous
l'horizon grossier. Dans bien des cas, certaines dalles sont recoupées
par l'horizon gravillonnaire qu'elles accroissent par la base (ex. :
Km 25 de l'axe lourd Douala-Yaoundé). A certains endroits, des plaquettes
anguleuses qui résultent de leur fragmentation sont basculées et dispo-
sées suivant des orientations diverses plus ou moins distantes les unes
des autres, au coeur de l'horizon grossier.
Ces petites dalles de cuirasse se développent dans un horizon meu-
ble inferieur qui s'apparente au premier. Il est sablo-argileux, avec
assez souvent des concentrations de sables grossiers au contact de
l'horizon gravillonnaire. Si la limite avec cet horizon supérieur est
nette, on passe par contre très progressivement des sables argileux
jaunes aux argiles sableuses grises et bariolees de l'horizon d'alté-
ration. Quelquefois cependant une dalette de cuirasse plus ou moins
épaisse sert de limite entre les deux horizons. A Miang, des argiles
sédimentaires, à structure feuilletde conservee sont indurées juste au
niveau supérieur de l'horizon d'alteration. Il en est de même de la
coupe du Km 25 de l'axe lourd.
C -.Les horizons d'alteration
A la différence des horizons superieurs, on reconnaft ici les
structures de la roche mère plus ou moins bien conservées. Les diffé-
rentes séries sédimentaires apparaissent, certes de façon diffuse, du
fait des caractères nouveaux rdsultant de l'alteration : argilisation,
bariolage, etc... Dans les détails cependant les différences litholo-
giques persistent. Dans les couches de sable, certains grains de quarts
profondément altérés s'écrasent entre les doigts et donnent une poudre
fine. Mais d'autres, plus nombreux sans doute, résistent à l'altération.
Les argiles apparaissent , massives ou feuilletées. Ces différentes
structures sédimentaires à pendage monoclinal sont en discordance avec les
formations latéritiques supérieures, disposees en auréoles concentriques
correspondant au modelé en demi-orange de la surface du sol, auréole à
294
l'intérieur desquels la redistribution dc matdriaux constitutifs a Cté
totale : il n'est point possible d'y rctrouvcr les traces du prolonqc-
ment dc la roche-mère sous-jaccntc.
En depit de cette caractérisation des profils d'altération dans les
roches sédimcntaircs, les données ne nous semblent pas encore suffisantes
pour tenter une interprétation de leur genèse et de leur évolution. Car
s'il existe des analogies avec les formations sur socles (dejà bien étu-
diées) les différences restent encore nombreuses. Elles sont vraiscmbla-
blcmcnt fondces sur les disparités lithologiques et pourraient fournir,
avec des études morphologiques fines et des analyses en laboratoire, des
compléments d'information sur les connaissances acquises sur socle. On
pourrait bien y trouver des éléments de rcponse à l'épineux problème de
la formation in situ ou par remaniement de l'horizon gravillonnairc
ainsi que de l'épais ensemble mcublc supérieur. DC même, de cette réponse
dépend l'interprctation qu'on en fait sur les variations paléoenviron-
ncmcntales survenues dans la vaste région couverte par ces formations
au cours du quaternaire.
De toutes façons, ces formations sont fragiles et très sensibles
aux activités humaines ; elles risquent de l'être davantage si la tcn-
dancc à la soudanisation du climat ne s'inversait pas.
III - ACTIVITES HUMAINES ET DEGRADATION DES FO?#ATIONS SUPERFICIELLES
LATE!'.ITIQUES
Après 75 ans de colonisation allemande et de protectorat franco-
britanique, l'économie camerounaise, dès le départ tournec vers l'exté-
rieur, s'est surtout développée dans les rcgions côtières. Aussi lc lit-
toral en général, le secteur de Douala en particulier est-il aujourd'hui
une zone de grande concentration d'activités humaines dont la pression
se traduit ici par :
- l'extension des surfaces cultivées en milieu rural,
- l'extension et la densification de l'habitat du fait de l'ac-
croissement rapide de la population urbaine,
- le développement des grands travaux routiers et ferroviaires
du fait de la diversification et de l'intensification de leurs
trafics,
- l'ouverture de carrière de sable, etc...
Ces activités exigent des travaux de terrassement plus ou moins
profonds qui mettent à nu des horizons plus ou moins instables et les
exposent à des risques divers : érosion, éboulements, glissements de
terrain, etc...
A - Les activités agriCOkS
Elles sont responsables du décapage de l'horizon superficiel huni-
fère, réservoir de notre alimentation. On peut les classer en deux ca-
tégories :
1" - LCS plantations agro-industrielles qui s'étendent Cn ceinture
discontinue sur plusieurs milliers d'ha dans le bassin sédimcntairc de
Douala. On y cultive surtout le palmier h huile et l'hévéa.
295
L'érosion y est importante au départ, notamment au noment de la
préparation du sol et pendant les premières années de la croissance des
plantes. Puis elle est ralentie ; elle peut néanmoins se poursuivre là
où la pente est favorable, en dépit parfois des dispositions prises pour
protéger les sols. Dans la plantation d'hévéa dc Kompina les arbustes
sont plantés sur des paliers successifs aménagés suivant les courbes de
niveau. Mais cela n'empêche pas qu'on rencontre de nombreux hévbas
"dechaussés" avec des racines aériennes.
2” - Les champs vivriers
Ils sont pour l'essentiel itincrants. Le labour en buttes isolées
ou plus ou moins coalescentes, de tailles variées (40-80 cm de diamètre),
se fait deux fois l'an : le premier en février-mars (début de la saison
des pluies), le deuxième en août, après les premières récoltes.
Quand on s'y prend mal, ces types de labours constituent de grands
facteurs de l'érosion sur les pentes des collines convexes du bas pla-
teau côtier : il ameublit le sol en détruisant la cohésion entre les
differentes constituants, le prédisposant ainsi au transport torrentiel.
La disposition des buttes et leur taille, qui varient suivant les
cultures et les associations de cultures, est déterminante pour la
conservation des sols : plus les buttes sont petites et disjointes les
unes par rapport aux autres, plus elles sont exposées à l'érosion : car
au cours des différentes averses, les espaces entre les buttes communi-
quent et deviennent des chenaux pour l'écoulement du torrent, agent
principal de l'érosion. Les buttes sont alors délavées de la fraction
fine, mise en solution ou en supension et transportée par les eaux de
ruissellement. Reste sur place, du sable lessivé et appauvri qui lui
aussi migre par reptation jusque dans les bas fonds.
Par contre quant les buttes sont grandes et coalescentes elles
peuvent devenir un moyen efficace de lutte contre l'érosion. Dans ce
cas, les espaces entre elles deviennent de petites cuvettes fermées qui
recueillent et emprisonnent les eaux de pluie et piègent en même temps
la fraction fine ; celle-ci se sédimente au fond de la cuvette et peut
être redistribuée lors des prochains labours ! Ceci permettrait de main-
tenir les rendements à un niveau satisfaisant et à l'avenir d'intensifier
et de sédentariser les champs vivriers.
B - Extension et densification de l'habitat
Conséquemment à la forte poussde démographique, la superficie de
l'espace bâti ne cesse de s'dtendre et de se densifier, particulikcment
en milieu urbain et suburbain, mais aussi le long des nombreux axes rou-
tiers qui trouent la forêt. Les différentes unités de l'espace bâti :
maisons de toua genres, routes bitu&es, esplanades diverses entre autres
surfaces imperméabilisées, constituent quand elles ne sont pas prémunies,
des milliers de points de reprise de l'érosion.
Ainsi, d'innombrables concessions dans les nombreux quartiers po-
pulaires non amenagés et dans les campagnes sont déchaussées par l'abais-
sement constant du niveau de leur cour. L'érosion qui s'exerce ici
résulte :
2%
- d'une part du piétinement incessant des habitants qui triturent
sous leurs pieds les grains de sable qui émergent, les delogent
de leur matrice argileuse, en même temps qu'ils ameublissent
cette dernière, et les prédisposent au transport ;
- d'autre part des eaux de pluies particulierement agressives, ici
du fait de leur concentration sur les toits des maisons, à quel-
ques mètres au-dessus du sol. Leur 'impact est abrasif et, leur
ruissellement, autant que le nettoyage quotidien à coups de balai,
transporte au loin toutes ou partie de particules arrachées la
veille à la surface du sol.
La vitesse moyenne de déchaussement des habitations non protégées
est évalue à 30 mm en moyenne par an.
En l'absence de tout système de voirie, comme c'est malheureusement
bien souvent lc cas, toutes les eaux de ruissellement qui Emanent des
multiples points de départ convergent et se confondent dans les ruelles
et les pistes à l'aval. Celles-ci sont transformées en véritables lits
de torrent qui s'encaissent de plusieurs mètres sous forme de gorges
étroites, mais s'élargissent ensuite progressivement par éboulements
successifs des parois. Aussi peut-on observer une nette reprise de
l'érosion à l'embouchure des nombreux lits de torrents surcreusés, dans
les grands axes de drainage à fond plat et à parois subverticales.
Il est à noter que cette insouciance devant ces formes de degra-
dation n'est pas seulement les fait des citoyens peu avisés, déshérités
ou égoïstes, mais aussi de nombreuses entreprises des grands travaux
routiers et immobiliers, qui se contentent d'aménager et de construire
l'espace pour lequel elles ont gagné le marché ; elles canalisent ensuite
les eaux superficielles, parfois même les eaux usees jusqu'à la limite
de leur parcelle et les abandonnent à la nature. Autour du Centre
Universitaire de Douala, de nombreuses têtes de vallées ont progressé,
et aujourd'hui coupent pratiquement en deux, les rues qui jadis contour-
naient loin a l'amont !
Les différentes entreprises devraient et doivent inclure dans les
devis de leurs travaux, l'aménagement de ces lits de torrent (qui ne
sont guère très longs) jusqu'au fond de la grande vallée voisine. Là
où les grandes entreprises n'interviennent pas, les pouvoirs publics
devraient et doivent aménager pour les stabiliser, tous les axes du
réseau de drainage de la ville, car au bout de l'érosion attendent des
drames lorsqu'on observe les profils d'altération comme celui de Wang
ou les dizaines d'autres le long de l'axe lourd Douala-Yaoundé, et logi-
quement sous toutes les collines de la région de Douala, on constate
que l'échelle de résistance à l'érosion décrit un "S", soulignant :
- la fragilité de l'horizon superficiel humifère de faible épais-
seur,
- la résistance relative de l'horizon meuble sabla-argileux que
nous connaissons dejà comme fragile et de l'horizon gravillon-
naire ou à niveaux cuirassés,
- la très faible résistance de l'horizon d'altération,
- la résistance de la roche-mère plus ou moins grande selon sa
naturc.
297
Zone de destruction et de départ de nombreux minéraux, les roches
de l'horizon d'altération se destabilisent mécaniquement, s'ameublissent
et perdent leur consistance d'origine. Dans ce stade intermédiaire de
leur transformation, les differents constituants se désolidarisent, et
sont facilement pris en solution ou en suspension dans les eaux d'infil-
tration. L'édifice qui reste est donc tres instable quand il est exposé
aux agents extérieurs de l'érosion et à la force de gravité.
Leur mise à nu par les tranchées ou par un ravinement profond les
exposent à un départ massif des matériaux, particulièrement dans les
couches sableuses. Cet horizon évolue alors presque independemment des
horizons supérieurs, par soutirage. Il va sans dire que le sapement qui
en résulte sous les horizons supérieurs plus résistants doit les amener
inévitablement à des éboulements ou à des glissements.
La necessité de stabiliser l'évolution des lits de torrent apparait
donc impérieuse, car le recul plus ou moins rapide des têtes de vallée,
tend a raccorder le profil de ces lits au niveau de base de la vallée
principale. Il ne tardera pas à découvrir l'horizon d'altération qui ne
se trouve qu'à quelques mètres en dessous. Une rois ce seuil critique
franchi, il deviendra sinon impossible du moins très onéreux de contrôler
les phenomènes ainsi déclenchés. Il faut donc savoir quel avenir est
réservé aux dizaines de milliers d'habitants et aux investissements réa-
lisés dans ces milieux fragiles.
Ce souci doit également habiter les entreprises qui exécutent les
grands travaux routiers et ferroviaires. Le seuil de la déstabilisation
du profil est franchi dès qu'on atteint l'horizon d'altération ; les
risques augmentent ensuite, à mesure qu'on appronfondit la tranchée. Les
principales questions qu'elles devraient donc se poser sont les suivantes :
- Quel est le degré de necessité de faire une tranchée en un endroit
donné ?
- Quelle est la nature et la morphologie du manteau d'altération à
trancher ?
- Comment s'établit l'échelle de résistance des differents horizons ?
- Jusqu'à quelle profondeur la tranchée est-elle nécessaire ?
- Comment et à quel coût aménager et stabiliser les profils ?
- Est-il possible de contourner le probleme ? etc...
Lorsqu'on observe la construction des routes , on constate que la plu-
part de ces questions n'ont pas souvent et6 posées. Par consequent de nom-
breuses tranchées profondes qui nécessitent d'être stabilisées ne le
sont pas et commencent à se degrader, non sans présenter des risques
de catastrophe, des l'ouvrage terminé. S'il est vrai que les exigences
d'une pente régulière sont impératives pour le chemin de fer, il n'en
est pas tout à fait de même pour ce qui est des routes ; et quand la
nécessité est impérieuse on peut contourner le problème en déblayant
jusqu'à un niveau stabilisable à moindre coût et relever sensiblement
le niveau de base des zones basses voisines.
Certes, il se pose le problème du gisement et du transport des
matériaux à utiliser pour le remblai. Dans ce cas, il faut étudier le
coût et choisir : soit de déblayer et de stabiliser les murs, soit de
298
prelever ailleurs là où il y a un excédent de matériaux, soit enfin de
ménager une pente acceptable tel qu'on en tolkre volontiers sur les
seuils rocheux à l'intérieur du socle.
De nombreux travaux de stabilisation des parois et des gradins de
tranchee ont été réalises tout au long de l'axe lourd Douala-Yaoundé.
Sans que ce soit systématique, des murs de soutènement ont été construits
jusqu'à la hauteur de l'horizon d'altération ; des rigoles ont été amé-
nagees pour éviter le surcreusement des gradins ; ch gazon a éte semé,
mais on peut constater qu'il est sans effet et, à la limite, ne pousse
même pas sur les altérites. Il va donc sans dire que la stabilisation
des murs des tranchees routières et ferroviaires est bien faisable, il
suffit qu'on en prenne conscience et qu'on en tienne compte au moment
de l'Établissement du devis des travaux.
En conclusion, nous pouvons relever tout simplement que les for-
mations superficielles latdritiques du bassin sedimentaire de Douala
sont très fragiles et que leur @nagement pour des fins diverses doit
&re le plus rationnel possible afin d'éviter que ce support de la vie
ne se dégrade non sans risque de catastrophe, de façon irreversible
face à une pression economique et démographique sans cesse croissante.
299
BIBLIOGRAPHIE
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DUMORT J.C. Notice explicative sur la feuille Douala-Ouest. Carte Géo-
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nais : Données géographiques du problème comm. Xe colloque SEPANRIT
sur "des élements écologiques des regions littoralles et sub-
littorales".
300
Fin. 1 - Quelques types de sols latéritiques de la région de Douala
301
PLANCHES PHOTOS
l- Tranchée de Miang avec gradin. 0n distingue clairement l'ensemble
meuble supérieur, l'horizon gravillonnaire (gris sombre), les hori-
zons d'altération que soulignent les griffures et coups de cuillers
de l'érosion. Apparaît aussi la discordance entre les couches sddi-
mentaires monoclinales à la base, et les horizons latéritiques supé-
rieurs.
2- Abaissement du niveau de la cour et déchaussement d'une maison près
de Dibombari ; il peut se mesurer au "rejet" de la fondation ou à
la hauteur de la butte-témoin située derrière le piquet qui tend
la corde à sécher. Cette butte a évolué en cheminée de fée sous une
dalle formée par le reste du béton qui servit à construire la maison.
En 16 ans environ le déchaussement atteint 55 cm.
3- Déchaussement des hévéas à Kompina. Les racines se trouvent du côte
aval. La pente varie entre 6 et 12", l'épaisseur du sol décapé est
d'environ 8 à 10 cm en 6 ans.
4- A 250 mètres de la grande tranchée de Miang, celle-ci connait une
autre forme de dégradation : le glissement de terrain. Il s'est
produit en dépit du mur de soutenement qui, du reste, a eté mal
conçu. Fait de matériaux solidaires, celui-ci doit être bien enterré,
s'elever à une hauteur convenable et être suffisamment incline pour
contenir l'enorme pression exercée par les matériaux en glissement.
s- Evolution pseudo-karstique des profils d'altération mis à découvert
par une tranchee à Massoumbou 1. Sur le revers des gradins, des
micropseudo-dolines collectent les eaux de ruissellement qui s'y
engouffrent (a), elargissent les fissures en véritables grottes
avant de resurgir au pied du mur (b).
5a
5b
305
SURL'ALT~RATIONSUPERGENED~SGISEMENTSCUPRIFERESAUCONGO:
EXEMPLEDEMINDOULIE:TDEDJENGlJILE
J.M.KOUD
RESUME
L'etude pétrologique des gisements de MINDOULI et de DJENGUILE a permis
de caractériser differentes associations minerales liées à l'altération
météorique des sulfures et de suivre l'évolution de ces differentes
phases minérales le long des profils.
Le développement de ces différentes phases d'altération est étroitement
contrôlé par le contenu sulfuré originel de chaque gisement.
Ainsi, dans le gisement de MINDOULI, où le stock sulfuré est assuré
essentiellement par les sulfures de cuivre (bornite, digénite, chalco-
cite et covellite) et accessoirement de plomb et zinc, l'altération
supergène qui s'attaque au matériau parental se traduit par une prédo-
minance de minéraux de cuivre, caractérisés par des carbonates, des
silicates et des oxydes.
En revanche, dans le gisement de DJENGUlLE, en raison de la présence
des sulfures de cuivre, de plomb, de zinc et de fer, dans le matériau
originel, les phases d'alteration sont représentees aussi bien par les
minéraux de cuivre que par les minéraux de plomb, de zinc et de fer.
Dans les deux exemples étudiés, l'altération du matériau parental se
fait souvent avec conservation des structures originelles.
Les evolutions min6ralogiques mises en évidence dans les deux gisements
traduisent pour chaque espèce minérale, une zonalité supergène carac-
térisée par des sulfures 21 la base et des oxydes au sommet des profils.
l Laboratoire
deGbologie et Géochimie
Sédimentaire
UniversitéMarienNGOUABI(INSSED)BP.237
Brazzaville(Congo)
306
Deux groupes minéralogiques distinguent le gisement de DJENCUILE du
gîte de MINDOULI :
1. La présence A DJENGUILE de sulfates de cuivre, de plomb et de
zinc absents de MINDOULI ;
2. L'absence de silicates de cuivre et de zinc à DJENGLJILE,
prhsents à MINDOULI.
L'accumulation des produits d'altération dans les deux gîtes peut être
soit relative, soit absolue. Mais le deuxième mécanisme est prédominant.
307
INTRODUCTION
Les mimkalisations du bassin du Niari font partie de la vaste province
mStallogéaique de l'Afrique centrale (BIGOTTE, 1959 ; SCOLARI, 1965), caracté-
risée par l'association Cu-Pb-In (Ge,V). Elles ont fait, depuis le début du sigclé,
l'objet de nombreux travaux, justifiaa par des raisons konomiques (BIGGRE, 1959 ;
NICOLINI, 1959 ; SCOLARI, 1965 ; BAU, 1975 et HOUZITA, 1979).
Certains gîtes sulfurés primaires de ce bassin sont, aujourd'hui,tramsformgs
par des phénomènes superg&nes, en gîtes oxydés. 11 nous a paru, de ce fait, intéres-
sant de mettre d'abord en évidence la succession des différentes pheses d'altgration,
d'établir leurs relations spatio-temporelles, puis de chercher à comprendre les
mkanismes de mise en place de ces diffgrentes phases reconnues.
Pour mener cette étude, nous avons choisi deux gites ; le gisement de MINDOU-
LB, avec sa minkalisation particuligrement localisée dans les terres noires, et le
gisement de DJENGUILE, surmonté d'un chapeau de fer silice-ferrugineux.
r - GEOLOGIE CES OEUX GISEMNTS
Stratigraphiquement, les gisements de MINWULI et de DJEIGUUE prennent place
dans les formations du schiste-calcaire, datée Précsmbrien supérieur.
- Le gisement de MINDOULI se situe entre la base desformations du Schisto-
gréseux et le soimnet des formations du Scbisto-calcaire,représentées respecti-
vement par des qusrttites et des argilites et par des dolmies siliceuses (SCV.
- le gîtedeDJENGUILE est encaissé dans les carbonates du Schiste-calcaire
(SC III), constitués essentiellement de dolomies massives ou en plaquettes et
de calcaires dolomitiques.
II - PETROLOGIE, MINERALOGIE ET GEOCHIMIE DES DEUX GISEMENTS
A - METHODES D‘ETUDE
Outre les descriptions détaillées de terrain, les échantillons prélevés
308
I’
I l
I
I
I ’ 1 1 6
I I 1
I
I 1’1 6
1
I I
I ’ I 1 ! I ’ 10
Fig. 1 : Carri&re de DjenguiM : coupe sur le minerai Pb-Zn ; ensembles
"lithologiques" et évolutions minkalogiques
I_L II llm
ont Sté soumis au laboratoire à diffïzrentesinvestigations.
- L'analyse petrographique a 6té réalisse en lumigre réflgchie et en lumiè-
re transmise sur des lames minces et des sections polies. Elle a permis:de dgter-
miner la texture des roches, les associations mingrales et aussi de diffgrencier
les minéraux opaques des minkaux transparents.
- La diffraction des rayons X rdalisée, soit sur poudre totale, soit sur
la fraction argileuse, a compl6t6 cette Ltude pétrographique.
- L'analyse morphologique a petite gchelle, a gtg effectuge grâce au micros-
cope électronique à balayage (M.E.B.).
- La microsonde électronique a permis de rgaliser une analyse chimique quan-
titative.
- Le prograuxnede Calcul "UNIT CELL" a 6t.érgalisé pour calculer les param%
tres cristallographiques et les volumes de la maille de certains mineraux.
6 - LE GISEMENT DE DJENGUILE
La pgtrologie du gisement de DJENGUILE a gtg rgaliage grâce à deux coupes :
- l'une sur le minerai plomb-zinc (cuivre),
- l'autre sur le minerai cuivre-plomb.
1. Coupe sur le minerai Pb - Zn (Cu)(Fig.l)
L'analyse pétrographique de cette coupe a permis de differencier deux groupes
de minéraux :
- les minéraux parentaux ;
- les minéraux secondaires, qui proviennent de l'gvolution des premiers.
Les mindraux parentaux sont constitués de sulfures de Cu-Pb-Zn et Fe, caracté-
riSéS par l'association blende - pyrite -galgne et chalcopyrite (B.P.G.C.). On
obtient, pour chaque sulfure parental, une séquence minérale d'altlration, dite
séquence minérale évolutive.
- La galène (PbS), se transforme in situ d'abord en au@site (PbSOb), puis
en cérusite (PbCOB). La cérusite peut B son tour 6voluer vers la pyromorphite
(pb,(POs)zC1) et le massicot (PbO,'jaune), aoit vers le litharge (PbO, rouge)
ou le plattnérite (PbO$. Ces différentes transformations se font sou-
vent avec conservation de la structure originelle du minéral parental. De même,
la composition chimique des minéraux secondaires reflgte nettement la composition
des minéraux parentaux.
310
Mineralogie
khantil- Colonne Ensembles d’horizons
ms ’ ithologiie’
Horizon superieur VI
Om
Fig. 2 : CarriSre de Djenguil6 : coupe sur le minerai Cu-Pb ; ensembles
"lithologiques et 4volutions min6ralogiques"
311
- L’altkation de la blende (ZnS), elle, conduit dans un premier temps P
un sulfate, le zinkosite (ZnSOb), puis a un carbonate, la smithsonite (ZnCO$.
Elle peut conduire aussi a une autre génération de blende . On retrouve, la aussi,
une certaine mémorisation chimique et structurale du minera1 parental dans le
minkal secondaire formé.
- La pyrite (FeS2) se transforme, soit en marcaaite (FeS2). soit en pyrrhotite
@es). Elle s’altère aussi en goethite et en hématite. La pyrite peut elle-même
provenir de la transformation de la chalcopyrite (CuFeSz).
- La chalcopyrite (CuFeS2) subit, le long de ce profil, des modifications
variables et parfois très complexes, dont l’évolution peut se traduire de la ma-
nière suivante :
bornite _di:Enice + oxydes de Fer
/T (c"9i5) 1% co"cllire_n*lacUre
chalcopyritc
KuFeS~) / (q703(oY)2:
\A I-7
chalcocite K"s)
t6ncrita4cuprite
sa?&te KU2S)
(CU01 Ku20)
2. Coupe sur le minerai CU - Pb (Fig.2)
A l’inverse du premier profil, celui-ci est caractérisé par :
.l*) une absence de sulfures de CU et Pb ;
2’) une faible quantité de pyrite ;
3”) une grande représentativité des minéraux secondaires, easentielle-
ment carbonatés.
L’absence des sulfures parentaux Cu- ?b et la faible quantité de pyrite pewent
s’expliquer, soit par l’enfoncement de la zone a sulfures, soit par leur pauvreté
dans le matériau originel. Cette absence peut aussi traduire un stade d’altéra-
tion très avancé.
3. Conclusions sur le gisement de DJENGUILE
Les principaux résultats sont les suivants :
1”) la minéralisation de DJENGCILEest caractgrisée par l’association blende -
pyrite - galane - chalcopyrite (B.P.G.C.) i(Fig.3)
2”) ces différents sulfures parentaux subissent une altération différentielle,
conduisant à l’individualisation de nombreuses pIeses minérales différentes ;
3”) l’accumulation de tous les produits secondaires se fait par altération
météorique ;
312
OXYDES+DEPtl cuPRIl-E
T
PYROMORPHITE TEN&TE
>
MALACHIE
GOETHITE
AZlJ*RlTE I
CHALCANTITE
‘PYRITE
1 MARCASITE 1
GALENE
l
BI-ENDE 1
I
CHALCOfYRITE
” I
PYRITE 1
Fig. 3 : Evolutions minéralogiques dans le gisement de Djenguilé
313
4O) il apparaît , pour chaque espèce minérale, une zonalits supergène, carac-
téristique de l'évolution géochimique de la zone d'oxydation. Cette zonalit& est,
allant de la base au sommet des profils, la suivante :
oxydes 6sommet
carbonates + silicates
sulfates
sulfures secondaires
sulfures primaires base
5') il existe, le long des profils, une suite répétitive des produits secon-
daires.
C - LE GISEMENT DE MINDOULI
L'échantillonnage qui a permis l'étude de cette minéralisation a été réalisée
dans deux galeries ; la galerie LAGOTALA et la galerie MINDOULI.
1. La galerie LAGOTALA
Dans cette galerie,la minéralisation sulfurée originelle est représentée prin-
cipalement par les sulfures de cuivre (chalcocite et covellite), qui montrent ici
une très grande altération. Cette altération conduit FI l'individualisation de
différentes phases minérales, essentiellement carbonatées et silicatées.
- Les carbonates sont représentés par la malachite et accessoirement par
l'azurite. La malachite provient, dans la plupart des cas, de la transformation
de la chalcocite et de la covellite. Elle peut aussi provenir des cristallisations
tardives. La malachite peut évoluer à son tour vers la ténorite et la cuprite.
- Au contact des solutions siliceuses,les sulfures et les carbonates sont rem-
placés par les phases silicatées, notamment le dioptase, la planchéite et le chry-
Eocolle.
Ainsi, le dioptase (CuSiO3-HZO), résulte dans cette galerie d'une part,
de la malachite et d'autre part, de la chalcocite. Mais le dioptase provient
aussi de phénomènes de dissolutions et reprécipitations.
La planchéite (Cu7Si8022(0H)2), elle, provient soit de l'évolution du
dioptase dont elle conserve la structure, soit des cristallisations tardives.
Dans ce dernier cas, la planchéite apparaft en petites fibres ou en grains
fibro-radiés, remplissant les vides de dissolution. La planchéite peut, dans
certains cas, évoluer vers le chrysocolle (Cu8Si802O(OH)8.8H20), qui 3 Son
tour se transforme en ténorite (CuO) etfou en cuprite (CuqO).
314
2 - Dans la galerie de Nindouli, la minéralisation sulfurée est mixte :
cuprifsre, plombifere et zincifère. Les principaux minéraux observés sont :
la chalcocite, la bornite, la digénite, la pyrite, la covellite et la blende.
Ces différents sulfures représentant la minéralisation "primaire" subissent
des transformations profondes et très complexes, qui donnent naissance à de
nombreux minéraux secondaires.
a) Qrydation des sulfures
- La bornite (Cu3FeSq) se transforme en digénite (Cu3S5), qui va à son
tour se transformer en chalcocite (~LI~S).
- La chalcocite, elle, s'altere en covellite (CuS) et en malachite.
On retrouve ainsi, une association minérale bornite-digénite-chalcocite-
covellite, caractéristique de la zone de cimentation (PICOT et JOHAN, 1977
et lWlDGHR, 1980).
- La pyrite, mieux représentée que dans la galerie LAGOTALA. s'oxyde
en goethite et h&satite. La pyrite est aussi pseudasorphosée par la lépido-
crocite.
- La blende (~US), dont l'existence a été révélée par la diffraction des
rayons X, n'a pas été observée au microscope.
b) Le8 m+mux secondaires et teur ivotution (Fig.4)
Nous appelons ici minéraux secondaires, toutes les phases d'altération
non Sulfur&es. Cossse dans la galerie précédente, les phases d'altération sont
exprimees ici, essentiellement sous forme de carbonates, de silicates et aussi
sous forme d'oxydes. La représentativité de ces produits secondaires estpro-
portionnellement lise à la quantité du métal correspondant dans le matériau
originel. Ainsi les composés de cuivre, plus abondants dans la minéralisation
"primaire" par leurs sulfures, représentent plus de la moitié des minéraux
secondaires. Le reste est partagé entre les composés de plomb, de zinc et de
fer.
- Pour les minéraux de cuivre, les carbonates, les silicates et les
oxydes sont représentés par les mêmes associations que celles qui ont été
rencontrées dans la galerie UGOTALA, notarusent : malachite - dioptase -
planchéite - chrysocolle - ténorite et cuprite.
- Les minéraux de plomb sont représentés , principalanent,par la cérusite
(PbCO$ et par la pyromorphite [Pb3(P04)2Cll
315
Bomite- Digénite
cu5=34 02u.Fd&
Fig. 4 : Evolution min6ralogique des composés de cuivre dans le gisement
de Mindouli
316
Le carbonate de plomb provient ici de la pseudomorphose de la galène
dont elle a conservé la structure. La cérusite provient aussi des cristallisatior
tardives. Elle est,dans la plupart des cas,pseudomorphosée par les silicates de
cuivre, notamment la planch8ite et le chrysocolle.
La pyromorphite, elle apparaît comme produit de cristallisations dans
les vides.
- Les composés de zinc, en faible quantité,sont représentés par la
willcmite (Zn2SiO4). Ce silicate de zinc apparaît sous plusieurs formes :
. en cristaux massifs, qui traduisent la pseudomorphose de la blende ;
. en prismes hexagonaux ;
. en lamelles, cristallisant dans les vides.
La willémite, comme les autres minéraux de ce faciès, subit une altération
très intense. Cette altération s'accompagne :
. d'une perte en Zn, atteignant parfois plus de la moitié de la teneur
initiale ;
. d'un enrichissement relatif en silice ;
. d'un gain en Fe, K et Mg ;
. d'un enrichissement considérable en alumine.
Ces modifications chimiques sont régies par des phénomènes de micro-
transferts et, conduisent à l'individualisation de la sauconite :
(zn, M)g (Si, A~)I, 01o(OH)2.
- Les composés de fer sont représentés dans la galerie MINDOULI par,
l'hématite, la goethite et aussi la lépidocrocite. Ces oxyhydroxydes de fer
correspondent à trois types distincts :
. le premier type,en cristaux automorphes, est issu de la pseudasorphose
de la pyrite ;
. le deuxième type,en masse plus ou moins compacte, correspond au
remplissage des différents vides ;
. enfin, le troisieme type qui traduit des recristallisations tardives
est représenté par la goethite en aiguilles.
1x1 -CONCLUSIONS GENERALES
1 - L'étude pccrologique des gisements de MINDOCLI et de DJENGCTLE a permis
de caractériser diffarentes associations minérales 1166s à l'altération suoer-
gène et de suivre l'évolution de ces phases minerales le long des profils.
2- Le développement de ces différentes phases d'altcration est étroitement
lis au contenu sulfurs originel de chaque gisement.lFig.5)
317
I I 1
GALENE . RLENDE CovELLITE tus PYRITE w
I
PbS tas
CMLcoC1TE cups Te12
1 3
Fig. 5 : Sequence ghnhrale d'alteration des gîtes de Mindouli et de
Djenguilh
318
Ainsi, dans le gisement de MINDOULI,où le stock sulfuré est assuré essen-
tiellement par les sulfurfs de cuivre (bornite, digénite, chalcocite et ccvellite
et accessoirement de plomb et zinc, l'altération supergène qui s'attaque au maté-
riau parental se traduit par une prédominance de minéraux de cuivre, caractérisés
par des carbonates, des silicates et des oxydes.
En revanche, dans le gisement de DJENGUILE, en raison de la présence des
sulfures de CU, de Pb, de Zn et de Fe, dans le matériau originel, les phases
d'altération sont reprgsentées aussi bien par les minéraux de cuivre et par
les qinSraux de plomb, de zinc et de fer.
3 - Dans les deux cas, l'altération du matériau parental se fait souvent ave(
conservation des structures originelles.
4- Les évolutions minéralogiques dans les gisements de MINDOULI et de
DJENGUILE traduisent, pour chaque espèce minérale, une zonalité supergène
caractérisée par des sulfures a la base et des oxydes au sommet des profils.
5- Deux groupes minï2ralogiques distinguent le gisement du gîte de DJEXGUILE
du gîte de MINDOULI :
1') la présence a DJENGUILE de sulfates de CU, de Pb et Zn, absents à
MINDOULI ;
Z") l'absence à DJENGUILE de silicates de CU, de Pb et de Zn, présents
à MINDOIJLI.
6- L'accumulation des produits d'altération dans les deux gîtes peut être SO
relative, soit absolue. Mais le deuxième mécanisme est prédominant.
7- L'étude thermodynamique menée sur ces minéralisations a Permis d'esti-
mer les données thermodynamiques de la planchéite, jusqu'ici inconnues.
319
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321
METHODOLOGIE UTILISEE POUR LA RECHERCHE MINIERE
DANS LE SUD-EST CAMEROUN
A. SAINT GAL DE PONS +
RESUME
Le Sud-Est Cameroun est une region couverte B 100% par la forêt bquato-
riale. La penétration y est difficile. Sur une superficie de 70.000 km2
(2 fois la superficie de la Belgique) il n'existe que 2 pistes Nord Sud
impraticables en saisons des pluies et deux voies d'eau (Dja-Boumba)
navigables par tronçons.
La végetation et l'altération superficielle masquent les formations g60-
logiques. Donc, dans le cadre de la prospection, les observations directes
sont tr& difficiles et aleatoires. Apres 6tudes des documents géologiques
existants on est donc amen6 B utiliser des m6thodes indirectes qui, dans
notre cadre, peuvent se resumer ainsi :
- a&-omagnetisme
- radiombtrie aeroportée
- géochimie systbmatique sur alluvions accompagn&e d'etudes des
minéraux lourds et de profils scintillon&triques
- traitement des données, déterminations et superpositions de zones
anomales
- géochimie détaillee en sol ou latérites et géologie de d6tail sur
les zones sélectionn6e.7
- g6ophysique au sol
- sondages m6caniques.
Au cours de chacune de ces operations les observations geologiques avec
etablissement de cartes d'affleurement, d'btudes pbtrographiques et
mineralogiques ont un interêt et un rôle primordial pour l'interpretation
de toutes ces donnees.
Cette succession de méthodes et leurs superpositions nous ont conduit B
améliorer trb nettement les connaissances g6ologiques de la région
(stratigraphie, petrographie, structures) et à mettre en bvidence de
nouvelles unités geologiques et des min6ralisations insoupçonn6es.
*Projet de RecherchesMinièresSud-Est Cameroun
BP836Yaound6(Cameroun)
323
PRESENCE DE LATERITES NICKELIFERES
SUR ROCHES ULTRABASIQUES DANS LE SUD-EST CAMEROUN l
Le présent expose donne un aperçu prbliminaire de mise en 6vidence des
principaux massifs de roches ultrabasiques dans la zone du Projet et
des travaux de prospection effectues dans le secteur. L-es travaux
d'analyse mineralogique et pbtrographique sont en cours ainsi que les
travaux d'élaboration des &Serves.
La découverte des 4 massifs ultrabasiques dans la r6gion pr&s de LOMIE
a 6té faite en 1980-81 par le Projet appliquant les resultats des
methodes aérogéophysiques, reconnaissance géologique et geochimique.
Ces 4 massifs - Kongo, Kondong, Massea, Mang - cachés en majorite sous
une epaisse couverture lateritique et située dans les conditions géo-
morphologiques favorables, ont permis d'envisager l'existence de gise-
ments latéritiques de nickel.
Pour des raisons logistiques le Projet a choisi une partie du massif
serpentinique prSs du village Mongo (plateau NKAMOUNA) pour des etudes
plus detaillees. Ces travaux consistaient en géochimie des sols
- magnétombtrie - sondages blectriques et cartographie g&ologique plus
detaillée, suivie par l'exécution de 11 sondages mecaniques. Ces travaux
ont abouti a la découverte des laterites enrichies en cobalt et nickel.
lRojetdeRecherchesMiniéresSud-JSstCamerounBP836Yaound~(Cameroun)
325
1. - INTRODUCTION
La pr6aencs de rochee ultrabaaiquea au Cameroun Btait inconnuo
avant 180 travaux du Projet, a l’exception de quelquee petitmm lentille8
entre EaBke et Pouma dana la Province du Littoral. Le8 formationm ultra-
baaiquea da la r6gion de LomiB ont 6t4 mi888 mn 6vidmno8, pour le prm-
mi8re Poim en 198041 tout d’abord grlom g l’otude dma anomalie8 a6roma-
gnbtiquma (qui ne couvrant qua la quart dm 18 zone), et surtout par le
proepection g6ologiqum et g6ochimique ltratdgique an *atream 84dimmnt~.
Actuellement quatre maaaifa ont 4t6 invontori08 (Kongo, Mang, Mmaada
lt Kondong). Quelquem anomalie8 g4ochimiquea vara Mmdoum mt dma mno-
maliasmagn~6tiquaa (Ekok) non encorm expliqu4ea pourraiant indiquar
la pr6emnce d’autre8 maaaita.
Cea quatre maeaita na montrant qua da rarma attlaurmmenta
mt mont rmcouverte par un8 Bpaiaaa couverturm latdritiqum. Lma condi-
tions g6omorphologiquea tavorablea ont permis d’mnviaagar l’mxia-
tance de giaemanta latdritiquea nickelit&ree.
Pour dea raiaona logiatiquee la Projet a choisi unm partim
du marrait aerpmntinitiqua pr88 du village Kongo au lieu dit platemu
Nkamouna (tig. 1) pour le8 Btudma plua d6taill6ea. Ce8 travmux ont
abouti è une Evaluation pr4lininaire dma raaaourcma de la couvarturm
lat6ritique nickelitBre et cobaltitBr8 du plateau de Nkamouna.
(1) Projet tinanc6 conjointement par la Programma dms Netionm Uniae pour
le DBveloppammnt mt la Gouvmrnemant de le ROpubliqua du Cameroun.
326
2. - GENERALITES
La zone comprenant les massifs ultrebaeiquee ee eitue dana
le Sud-Eet du Cameroun aux alentoure de la ville Lomia B quelques
250 km a vol d'oieeau de Yaounda. LomiB chef lieu d*arrondiaaement
fait partie du dlpartement Haut-Nyong, Prorimco de l*fot. Le AMieon
YaoundO-Abong-Mbang sot aeaur6e par une piete rdguli&rement entrete-
nue (236 ka), carrosable mn toutes eaieona. Abong-Mbang eet relia
avac Lomi6 par une piete atroite en terra (127 km) et gan6ralement en
mauvaia Qtat.
La rdgfon de LomfB eat aitu dane lee baaeine hydrographiquem
da le Dje et da 16 Boumba. Elle occupa un pays de hauts plateaux, cul-
minant a 840 m d'altitude. La partie maridionale du aacteur descend
en pente douce vara la Dja. On remarque doux aapecta morphologique6
diffaranta, raflltant le constitution lithologique t
a) plateaux a raaaau hydrographique lacha correspondant
aux ultrabaaitea at quarttitea,
b1 Faciès morphologiques à fiseau hydrographique plus
dan66 montrant dem orientation8 mejeura6, 666oci4e a de6 formationa
do fonda de vallon. Cea facile corraapondent aux achiataa et mica-
lchiataa.
Le climat mat de typa Guinaan avec dea pracipitationa
moyannaa annuallea 1500-2000 mm melon lae observations faites a
LotnU. La6 prgcipitationa pour le6 moi8 de septembre et d’octobre
d0paaaant mensuellement 200 mm. La temp6ratura moyenne annuelle emt
da 25O. La zone BtudiBe est recouverts par la Por@t Bquatorfale tr&.e
danae lt riche en Spinaux, accompagn6 de zone6 de mar6cage6 et aillon-
nae par de nombreux marigots. Faute d'infrastructures routibree, il
n'existe paa d'exploitation forestiare aux environs des ultrabasites.
Le population a6 groupa esaantiellament le long dee rares
pietaa carrosaablee. Lae principales ethniea sont les Maka et les
Djam dem Drimou. Des groupement.8de Pygmoea aituos en pleine foret
me rapprochent de plu6 en plue des pistes. L'activit6 agricole de
cette r4gion mat axae mur la production du cacao et du caf6. Ces
cultures se pratiquent a 1'Bchelon familial.
327
KONG0 ---;
S= 80.8 Km2
f
PLATEAU - -
NKAMOUNA
S=8,5Km2
ECHELLE:
Oanm
LEGENDE
- uLTR*B*SITES
PROJET DE RECHERCHES MINIERES
m_
GABBRO SUO+ST CAMEROUN
1D
PNUO
p&j
-AMPlitBOLITES
‘O* 0 Kl&s
PUARTZITES
ULTRABASITES
POSITION
328
3. - GEOLOGIE
Lm gmologim du Cmmeroun appartient solm 8. Bmssolss et
H. Lamaerrm (1977), m daux zones structurale8 distinctes marqumes par
dmm ivmnmmmntm d'mgmm difP6rcints :
- mu Sud, le craton dm Congo , rmpr~mmntm Su Cameroun, Pmr
1s comvlmxm calco-raan6mimn du Stern
- 1s rmmtm du territoire couvrm la zone mobile.
Cm8 deux unit68 ltructurmles mont bien diatinctmm dans cotte r6gion.
La partim Ouest mat fora48 de roches du complexm calco-magnasien. La
rlgfon de Lomia, Yokadouma st Moloundou Pait partis de la zone mobile.
8) Con~~tmxm calco-maan6mien Ntmm
Lm complmxm de Itmm contient dea roches cristallophylliSnnmm
(gnmimm & biotitm mt pyroxanm, amphibolmm) et grenues (dol6rites grano-
diorftmm, mylnitmm) qui pomm$dmnt mn commun las caractmrem suivants t
l11mm mont compmctmm, de tmintmm mn majorita sombras surtout le facimm
ohmrnokitiqum. Lmm rochmm mont lagmrmment cataclasmes. Elles ont subi
un mmtamorphimam dm haute intmnmita correspondant au faci granulitm
lt prlmmntmnt dem tracas de ratromorphosm.
b) Jonm mobile
La zone mobile d'Afrique centrale couvre la plus grande
partie du Cameroun. La r6gion de LomiB sn fait partie. La majoritm des
rochmm dans cette zone mppartimnnmnt aux skies intsrmmdiairss postm-
rimurmm au complexm du Ntmm mt antmrieures a la saris du Dja. Nous les
appelons ~intmrm6diairmmn par leur position gmologiqus, ignorant leur
mg8 absolu. Toutes ces roches y compris les tamoins de rochas archaennsm
ont subi un rajmunimmmmmnt tectonique lors de l*orogmnmse panafricains.
Les formations de Mbalmayo-Bengbim largement repr6smntAms
dans 18 r4gion de Lomim mont a rattacher aux s4rias intsrmmdiairms.
El180 conmtitumnt la dmuxi8mm couvmrture du craton congolais, la
prmmisrm Otant la mmria de Mbalam qui supports les gisements de fer
dm typa itabiritm.
Cette smris en bandes Ouest-Est (Mbalmayo-Eisngbim-Lomis
Yokadouma) est conmtitum de roches montrant, en gmndral, un 16gmr
m6tamorphiama Bpizonal dont l’intenait atteint le Caciaa lchiatms
verte. Ella rapoaa directement sur le socle du Ntem. Cet ensemble
eat compoa6 de roches essentiellement d’origine d6tritiqua d6poa6ea
dans un bassin 8llongP NW vera S.E. Cas a6dimants, aitu dans la
zona mobile d’Afrique centrale, ont 6t6 probsblemeat affect68 par la
tectonique panafricaine et granitia6s vers 600-500 MA.
Actuellaaent l~enaemble de 1s aBrie Mbalmayo-Bengbia est
conatitu6a par une alternance de achiatea chloriteux et 86riciteux
et de quartzitee plus ou moine micass6s. Dans les niveaux lchiataux
on observa du quartz dlaxaudation, des pointa ou plSg88 d*hbmstita
et de calcite. Les lchiataa sont d’aspect luatr6’ B 6clata gras, de
teintas g6n6ralemant gris a verdâtre. Leur surface est ondul6e. Les
aaaiaes quartzitiquaa ont des directions et pendagaa identiques aux
lchiataa. Ile contiennent souvent des lits pbyllitaux et quelques
faldapatha. L’Btude daa miniraux lourda de cette r6gion montra la
prbaanca de grenat, rutila et diathane. Soua la aBrie Mbalmayo-gengbia
on rencontra des roches de Paciaa identiques contenant des quantit68
de grenat beaucoup plus importantes.
Apargu
_- atruotural.
La trait tectonique majeur de cette r6gion est caract6ria6
par l’avanc6e ver8 la Nord Est du m8le cratonia6 du complexe calco-
alcalin du Ntam. Cet Bvanament marqu6 par la aubduction de la plaqua
du craton congolais SOUS la plaque de 1’Adamaoua. Cette hypothaaa
semble coni’irmla par la position an Qcaillaa (charriagae) de.8 forma-
tions interm6diairea g6n6ralament aubhoritontala an bordure du con-
tact Nord du complexe de Ntam. L’hypothbae de aubduction de la
plaqua m6ridionale (du complexe de Ntam) noua amene à penser qua ca
mouvement a provoqu6 des fracturas profondes dans les couvartwraa. Il
est traa probable qua las roches ultrabaaiquaa diapoa6aa la long du
contact, entra le craton et lea formations intarm6diairaa sont an
liaison avec la aubduction et las fracturationa aaaoci6aa.
4. - MASSIFS ULTRABASIDUES
Le contexte g6ologique du secteur de Lomi6 tel qu’il est
d6crit par V.D. Hende (1969) a 6t6 aenaibloment modifi6 et amOlior6
par 188 travaux du Projet notamment par 18 nia8 en 6vldmncm de Por-
Ration8 ultraba8iqu88. Noua pmn8on8 que ce8 m888iP8 ainmi que 188
gmbbro et le8 dioritem 888oci688 8ont da8 intru8ions le long des
Pei1188 proPond d8 direction8 N-S dans le8 Pormationa n6t.a86dinen-
taira8 de 18 prenik8 et de la deuxUm8 couvarture du craton congo-
lai8. Le8 contacta 88rp8ntinltm8 - rOch88 lncai88antmo (8chiotem chlo-
ritmux et 86riciteux , quartzitem, paragnoias), sont 8oulign68 par dem
phinom&nme de ailification, talciPlcation, ain6rmli8ation (rulPure8,
or, tourmallne). La po8ftion dm8 mae8iPm ultrab88iqu88 8at li6 aux
mouvmmmnt8 d88 plaquao. Dan8 cette zone c'88t 18 craton congolai ou
plutet eon extr6mit6 Nord, 10 m888iP Ntem, qui 8’8bRi888 ver8 1s NE
(8uMoatton).
Loa 4 m888iP8 ultraba8iquss ds la r6gfon d8 Loai6 8ont
conetitu68 dea roch88 Port8a8nt 8erpentini86es ayant 8ubi un 16ger
a6taaorphi8ma r6gion81. Le8 88rpentinitee sont Pin8ment gr8nu88 8t
tr8o honogbn88. El180 contimnn8nt plu8 de 90% dm eorp8ntino (anti-
gorltm) 8ccoapagn688 de carbonate magn6sium, magnbtlque. chromique.
talc lt chlorita. L8 8tructurm o8t rgticulaira, montrant de rare8
rbliquats d'olivinm ou d’orthopyroxsne noy dan8 un8 matrice Pine-
mmnt grmnuo d~antigorft.8. L’analy8e chimique de8 serpentinite8
(pr68anee d’A1, inauPPi88nce d8 Ca) Pait penser que cettm roche
d6rivar8it d’une harrburgits. La d6couverte d’une roche moina 88r-
p8ntini868, plus h 1’E.t ver8 Yokadouma, contenant de8 orthopyroxb-
n@at de8 olivlnee (50$), aomble conPirmer cottm hypoth888.
331
Dans le tableau 1 ci-après on trouvera les résultats d’analyse
completma des aerpmntinitmm de 18 r6gion de LomiB (lmm valmurs mont
mn 7:) 3
KONDONG MESSEA MANG KONG0
Si 02 41.20 39.18 42.78 39.64 I
fiO1 0.05 I 0.09 I 0.06 0.06
Pt os I 0.08 I 0.04 I 0.03 I 0.03 I
AbOa 1.12 I 2.40 I 2.45 I 2.30 I
Fez03 5.44 6.19 1.02 5.71
Fe D 2.68 1.31 1.55 1.59 ’
Mn0 0.09 I 0.os I 0.04 0,00
Mg0 38.60 34.29 39.19 30,37
Ca0 0.07 0,76
Na10 0.03
KI 0 0,05
RF. 1100 O#S4 0,56 0,49 0,71
PF.900° 11.38 12,ss 11.91 11.10
TOTAL 101,90 98.00 100.32 99.61
Tableau 1 : Analyses complètes des serpentinites de Lomié
Les analyses des BlBmentcimineurs (ci-dessous) con?irmmnt l'appartm-
nance de cea roches $Ila famille des ultraba8itea (lme valmura mont
an ppm) g
Cr = 1400-4200 CO i 30-150 CU - 5-20
Mn = 300- 700 Ni I 1000-3000 Zn ~20-40
Ni fl = 2500 Pb = l-10
Les 4 maasife ultraba8iquma de la r6gion dm Lomi6 occupent
une surface conaid6rablm do 240 km2. Leur position g6ologiquo est
à peu prbs identique maia, leurs aepmcts g6omorphologique8 sont
diffgrmnts. Tandis que le maaaif de Kongo 88 eituo sur la ligne dm
partage dea eaux mntrm les deux grande bassine hydrographiquea dm la
332
Dje lt Boumba, le maavif de Mang, traversé par la Soumba, ma distingua
par pluaiaura aurFacaa d~aplaniaramant aaparaaa par la vallaaa profondea.
Las aarpantinitaa de Maaa6a et de Kondong ont un relief applani. En con-
s6quences a Maaaaa et h Kondong lea chances de trouver des lataritaa plua
riches an nickel mont minimea.
D’une maniera g6n4rala, mur la plan minaralogiqua las alentoura
dam maaaiPa de rochaa ultrabaaiquaa du Sud-Est Cameroun mont caractariaaa
par dam aaaociationa minaralaa claaaiquas des roches ultrabaaiquaa auxqual-
laa a’aat aurimpoad un cortaga do min8raux hydrotharmaux (sulfura, tour-
malin., or). Ca dernier aspect de la dispersion physique des min6raux
dana la zona de contact de caa masaiPa tanoigne d’un hydrotharmaliama
d’une cartaina ampleur a la bordure dam maaaifa notamment autour de Mang.
Laa tanaura an chromitaa raatant Paiblaa et na permettant paa dlaaparar
trouver una accumulation notable de chrome.
Une autre roche appartenant aussi au complexe ultrabaaiqua
ma d6valoppa uniquement mur la contact aerpantinita-schiste chlori-
taux. Cette roche Fortement d6Pormaa mat compoaaa de talc (60%) et
da carbonata. D’apraa ma oompoaition #ochimique, la roche originelle.
riche an pyroxsna pourrait atra une oahrlite ou une pyrox6nita. Laa
diPFBranta maaaiFa de aarpantinita de la r6gion de Lomia ont une
composition chimique trea voiaina. Il aambla donc qua cae roches pro-
viennent d’une marna source magmatique, ca qui est conforme a la th6orie
de la aubduction des plaquas.
5. - LATERITE NICKELIFERE
Latarita nickelifera mat la terme utilia& pour designer la
giaamant de nickel Forma par concentration aupargane des minaraux
nickaliFaraa a la suite de la latariaation des roches ultrabasiquaa.
Noua utiliaarona aussi ca terme pour designer les lataritaa cobalti-
ferma an notant qua ca minerai ma trouva la plua souvent dana la
zona dlaabolita du profil lat4ritique.
La Formation lataritique couvrant le plateau Nkamouna du
maaaif UltrabaEique de Kongo varia de Om (partie Brodaa mur les
marges du maaaiF et eoua la couverture dam schistes Ferrugineux)
a SO metras environ. La ronalit4 de la Formation latdritique, bien
333
marquae dans la partie aupariaure, eet moina natta dans le profil
infariaur (base des tonea a Carralita, aaprolita et protore). La
limite ferralita - aaprolite est en ganarala difficile a Etablir
aane analyses chimiques. N’ayant pas de saprolites suffisamment
enrichies en nickel nous avons négligé les analyses systématiques de
silicates. Les analyses (Tableau III ont été réalisées uniquement
pour les roches-typas des 4 massifs ultrabasiques de la ragion de
Lomia ainsi qua sur 11 achantillons de forage sur le plateau de
Nkamouna reprasentant iles typea patrographiques divers. La zoneli-
t4 de la formation lataritique sur le plateau Nkamouna est de haut
an bas la suivants :
a) farralita terreuse
b) cuirasse la tari tique farreli te aenau la to.
c) as boli te 1
d) zone intermadiaire ferraiita - saprolita
a) aaprolita
f) protora
a) farralite terreuse - d’origine toute racente elle provient de la
daaagragation de la cuirasse lataritiqua sous- jacenta. Elle couvre
souvent les flancs du plateau. sa couleur est rouge violacae, son
apaisasur maximum est de 7,60 matree & l’aplomb du sondage 59.
b) cuirassa lataritiqua, daaigne la partie indurae de la zone ferra-
litique, ayant une structure vacuolaire vers le haut du profil a
piaolitiqua ver8 le bas. L’Bpaiesaur de la cuirasse lat6ritiqua
travera6e par les sondages varie de 5 à 10 matras. L’atuda aux rayona
X montra qu’elle est constituas en grande partie de goethite, puis
de kaolinite, la gibbaite est aubordonnae.
c) l’asboUte correspond a la partie infarieurede la cuirassa laUri-
tique. C’est une zona de 10 mbtree environ d’épaisseur, permaable, de
couleur brun noird tre. Les constituants min6ralogiquae principaux sont
des oxydes et hydroxydes de mangenase. On trouve de gros grains de
+2
cryptomélene K (Mn , Mn +4)8 ‘16 et de lithiomorphfte (Al, Li)
Mn 2. (OH)2 recouvrant les graine de magnatite d’une part et las nodules
de cryptomélane d’autre part. Parmi les autres composants minaralogiquea
on peut noter la magnatita et la geothite en ralativa abondance. C’est
à ce niveau que sont liaea les concentrations cobaltif8ree.
334
COMPOSITION CHIMIQUE DE LATERITE DE NKAMOUNA
( valeur en % 1
N.B. LOI = perle au feu, 95O*C/ 20 minutes.
MINERAUX PRINCIPAUX DE LATERITE DE NKAMOUNA
MAGNETITE M t
NONTRONITE M
ANTIGORITE M
M> 25% m -z 25% t <lO%
Tableau II : Composition chimique et minéralogique de la latérite de
Nkamouna
335
d) la zone intermddiaire se situe entre la Persalite et la saprolite.
Dans certaines conditions climatiques et pdtrologiquee cette zone peut
Btre absente. Par contre elle est bien marqude dans les r8gions inauf-
fiaamment draindes ce qui est le ma du plateau de Nkamouna. Elle eat
caractdrisde par la prdeence de reliquats de structures et de textures
de la roche-m8re. Elle eat g8n6ralement compos8s de nontronite et de
quartz.
saprolite - c'est une formation de consistance argileuse brun ver-
0) --
datre montrant parfoia la structure et la texture de la serpentinito
aoue-jacente. Elle eat conatitu8e principalement de nontronite
(emectite) et d*hydroailicatoa nickelifbres. La couleur vert foncé
obaerv8e dans les aaprolitea peut Btre attrlbude B une nontronite
riche en chrome. La zone aaprolitiqua passe graduellement, en profon-
deur, B des serpsntinitee, ep8cialement dans les secteurs affect88
par le tectonique. Cette tons constitue, en r8gla g6nGrale, le meil-
leur magasin pour les hydrosilicatea nickelif&res, ce qui n'aet pas le
cas du plateau Nkamouna.
f) le protore est une serpentinite aaina à l'exception des zonea de
fiasurea.
6. - CONCLUSIONS
En conclusion, la couverture lat8ritique du plateau de
Nkamouna sot caract6rieGe par trois phdnom8aom8nsa distincts x
1) les valeurs anomales d'A1. Ti. V et P dans les Bchantillone de
cuira8ee t8moigrmnt d'une origine autre qu'ultrabasique. Il est
trb8 probable que le massif de Kongo a Bt4 recouvert par des l6-
dimenta dont les veetiges gdochfmiqusa apparalrsent aujourd'hui danm
la partie eup6risure de la tons lat6ritie4a. En effet dans la partie
aeptentrionale du plateau Nkamouna affleurent des quartzitee à hdma-
tite et des schiste8 reposant directement sur les eerpentinitse. Cette
couverture eBdimentai.reatest d8poedeavant le processus de latdriti-
eation et.a jou6 un rble ndgatif dans le ddveloppement des lat8ritea
apr8s son démantèlement. . L*Brosion entamait d'abord les parties
schisteuses, peu r4riatantee de cette couvmrture et ce n'est que 1s
que siset d6velopp6e tout rdcemment, une couche Bpaiese de lat&rite.
336
2) llenrichiaaamant 8888~ maroua an CO. Mn. et BS dans la zona de
ferralits - aabolita. Par rapport au protore l'onrichissemsnt an
cobalt est de plus de 20 Poia. Les meilleures zones pour cet snrichia-
ramant sont aitusas a proximits des ruptures de pente, lb 00 10
drainage est aise et où la nappe d'eau souterraine s'abaissa au
niveau des sources. C*aat 1s que l'on trouve 188 mailleurea condi-
tions pour l'oxydation des ions manganses et leurs prscipitationa
sou8 forma de minsraux ascondaires dans 1s zone d'sSbolite8.
3) l*anrichiasomant non significatif an nickel dans la zone saprolitipus.
L*~nrichiaaamant an nickel dans les latsritea de Nkamouna n'est que de
3 A 5 fois celle des serpentinites. alors que la moyenne pour les gisements
mondiaux en exploitation atteint 10 B 15 foie. Ce faible snrichia-
semant, pourrait avoir plusieurs causas t d'une part la drainage
insuffisant des eaux mstaoriquea vers la aaprolfta, d'autre part
la composition mindralogiqus de la roche-msra moins favorable B
la latdritisation. Le niveau d'une nappe d'eau rslativsmant moine
profonds (9 m environ sur la plateau Nkamouna) set un signe de
drainage insuffisant. La roche à graine fins fortement aarpenti-
niada, compoada aasentisllsment d'sntigorite, n’est pas non plus
un facteur favorable B la latdritisation. La prdaence de la cou-
verture poat intruaivs n'a aussi, trss certainement, entrain6 qu*-
uns aroaion partielle du massif de ssrpentinite.
337
ALTERATION ET ENRICHISSEMENT DES GISEMENTS DE FER.
DE TYPE ITABIRITES DANS LA REGION DE MBALAM
(SUD-EST CAMEROUN)
P. NGUEYA l
Dans la region de Mbalam, pr8s de la frontière congolaise, existe des
formations ferrifères de type itabirite qui s'inscrivent dans une
Province métallog&tique qui s'étend outre le Cameroun, au Gabon et au
Congo.
Les itabirites sont essentiellement composees d'une alternance de
niveau de silice et de fer. Le fer se trouve sous forme d'hematite et
de magnbtite. Ces formations ont et6 mises en evidence par un levé
aeromagnetique qui a permis de localiser les zones & fortes anomalies
magn&iques.
Les itabirites proprement dites ne presentent pas dans les conditions
actuelles un inter& économique immédiat (30-35% Fe). En revanche les
zones d'alteration qui, elles, sont peu magnetiques, concentrent le fer
sous forme d'hematite et donnent naissance B des masses de minerai tr&s
riche (> 60% Fe) qui peuvent avoir un interêt economique.
Ces amas d'h6matites se sont formés in situ par altlration des itabirites.
Les itabirites se libèrent des mineraux siliceux et donnent des plaquet-
tes d'hematite qui, a leur tour , peuvent subir de nouvelles altérations
pour former des encroutements, amas ou "canga".
Ces alterations ont probablement plusieurs origines, profondes et &teo-
riques. Elles se developpent en surface et peuvent atteindre des puis-
sances depassant 100 mètres A la faveur des zones de plissements ou de
fractures permettant la propagation des altérations.
En conclusion pour etudier ce genre de gisement il faut porter une
attention toute particulike A la lithographie, la pbtrographie, la
morphologie et aux structures des formations, le magnbtisme n'ktant
qu'une methode indirecte permettant de localiser la région ferrifere.
CamerounBP836 Yaound~(Csmeroun)
*RojetdeRecherchesMni&esSud-Est
SYNTHESE DES DONNEES GEOCHIMIQUES DANS LE CADRE
DE LA PROSPECTION MINIERE DU SUD-OUEST CAMEROUN
P. LECOMTE et P. MAURIZO;
RESUME
Depuis 1978, la Direction des Mines et de la Géologie du Ministere des
Mines et de 1'Energie du Cameroun et le Bureau de Recherches Geologiques
et Ministère français ont entrepris une prospection minier-e systdmatique
du Sud-Ouest Cameroun sur une surface d'environ 70 000 km2. A l'dchelle
stratégique, la géochimie est l'outil principalement utilisé: L'échan-
tillonnage est effectue en "stream sediments" ou en sols et l'analyse
chimique multi-elémentaire est r6alis6e par spectrographie d'r5mission
(quantomètre) ou par spectromktrie d'dmission SI plasma (1.C.P.). Au
total, plus de 16 000 échantillons ont ainsi 6th prelevds et analyses
pour 34 cléments.
Cette note présente les principaux résultats obtenus lors du traitement
synthetique de l'ensemble de ces donnees ; elle fait État également des
problèmes specifiques rencontres et des solutions dlabordes pour la
realisation d'une telle synthese.
Deux themes sont développés :
1. Aide a la cartographie géologique dans des r6gions a couvert
forestier, peu propice a l'observation geologique directe.
Certains él&wnts (Cr, V, Ba, K20, Ti, B et La), B "vocation
lithologique" sont utilises au niveau de la cartographie rdgio-
nale pour preciser l'extension de certaines entites g@ologiques
possedant des caractéristiques gdochimiques particulieres.
2. Individualisation et caracterisation de l'ensemble des anomalies
recensées, sur toute la région prospectde. Un fichier general
informatisé a dté constitue regroupant plus de 110 anomalies a
des fins de gestion, comparaison et hierarchisation et permettant
ainsi de faire ressortir les cibles les plus prometteuses.
* BRGMB.P.l741Yaound6(Cameroun)
341
Depuis 1978, la Direction des Mines et de la Géologie du Ministère
des Mines et de 1'Energie du CAMEROUN et le Bureau de Recherches Géologiques
et Minières français ont entrepris une prospection minière systématique du
Sud-Ouest CAMEROUN sur une surface d'environ 70 000 km'. A l'échelle
stratégique, la géochimie est l'outil principalement utilisé.
L'échantillonnageest effectué en "stream sediments" ou en sols et l'analyse
chimique multi-élémentaire est réalisée par spectrographie d'émission
(quantométre) ou par spectrométrie d'émission à plasma (I.C.P.). Au total,
plus de 16 000 échantillons ont ainsi été prélevés et analysés pour 34
éléments.
Les travaux de la synthèse géochimiqueont eu deux objectifs :
- d'une part, une meilleure connaissance de la répartition des
grands ensembles lithostratigraphiques,
- d'autre part, la hiérarchisation de l'ensemble des anomalies
métalliques répertoriéessur ce territoire.
Deux démarches bien distinctes ont été suivies :
- une cartographie géochimique régionale de tout le secteur à
1/500 000 concernant une suite d'élements à vocation
"lithologique",
- une compilationet une comparaison,au sein d'un fichier général
informatisé, de l'ensemble des anomalies mises en évidence (et
éventuellementétudiées) entre 1978 et 1984.
CARTOGRAPHIEREGIONALE
Le processus méthodologiqueutilisé pour l'élaborationdes cartes
géochimiques synthétiques est schematisé sous forme du "flow-chart" de le
figure 1. La succession des opérations qui y sont mentionnees est détaillge
dans les paragraphesqui suivent.
Le choix des données est basé sur les différents rapports des prospections
stratégiqueset semi-tactiques.On peut distinguer trois types de travaux :
- itinérairesà trés grande échelle ou à échelle moyenne,
- prospectionsstratégiquesreguliéresen stream-sediments,
- contrôle semi-tactique en stream-sediments et/ou sols sur
anomalie géochimiqueou objectif géologique.
342
Mise sur grille
Tri sur stream-sédiment
Elimination
on identitk
1 Identitk
Translation
des coordonnées
Etablissement des cartes d’isovaleurs
Fig. 1 - Etablissement des cartes géochimiques de synth&se. Enchaînement
des operations
343
Toutes ces prospectionsdiffèrent entre elles par :
- le type d'échantillon(stream ou sol),
- la maille de prélèvement (de 0,s à 1,6 éch./km', en réseau
régulier ou en itinéraire le long des pistes),
- la fraction granulométriqueutilisée (inférieure à 160, 125 ou
63 microns),
- la méthode analytique (spectrométried'émission ou quantomètre
entre 1978 et 1981 et spectrophotométriepar plasma inductif ou
ICP en 1983 et 1984).
A partir de l'interprétationprésentée dans les divers rapports
consultés, le choix se porte sur les éléments chimiques faisant le mieux
ressortir les variations lithostratigraphiques.
Certains de ces éléments font double emploi pour caractériserdes
unités géologiquesparticulières: ainsi Cr et Ni, ou Ba et K20,...
En fonction de la variabilité des réponses analytiques et de la
comparaison entre rbsultats obtenus par ICP et au quantomètre (CUPER et
LECUYER, 1983), la préférence est donnée aux élements montrant une
variabilitéminimale.
A partir de ces deux critères, 6 éléments sont retenus : K20, Cr,
V, Ti02, B et La.
En fonction des caractères de chaque prospection, le choix des
échantillons est effectué. Dans le cas des prospections "mixtes" (sol +
stream) : seuls les échantillons de stream sont retenus. Il existe en effet
des differences systématiquesliées au type d'échantillon; ces différencesse
surimposentet masquent en partie les variations liées au contexte gbologique.
Dans le cas des prospections réguliéres en stream-sCdiments :
étant donné la densité relative plus importante des échantillons sur ces
zones, on construit une grille fictive régulière reprenant la valeur moyenne
des points contenus dans une cellule unitaire. Ce procédé permet de diminuer
par 4 ou 5 le nombre d'échantillons tout en maintenant intacte l'image des
distributionsgéochimiques.
La figure 2 donne un exemple de mise sur grille des échantillons,
dans la zone du Oja. On note la similitudede la distributiondu bore sur les
deux images.
Enfin, les prospections tactiques ou semi-tactiques sur
itinérairessont éliminées.
Ainsi, B 000 valeurs sur 16 000 au départ sont retenues.
Bien qu'étant choisis pour leur relativement faible variabilité
suivant les méthodes, certains élements peuvent présenter une variation
systematiqueICP-quantomètreempêchant toute comparaisonrégionale.
On a donc procédé à certains réajustementsdes niveaux de teneurs
de la façon suivante :
344
Sol Stream
Augmentation pour Fe, Cr, V, Al Augmentation pour Mn, Zr, Ti
et Si (+ Ba et Sr)
Diminution pour Ba, K, Sr et Na
Tableau 1 : Différences entre échantillons de sol et stream. tendances
qénérales
--
836.00 943.00
836.00 941.00
3 . . .. . Y
.
990 0.. 090 8
s
.O.. . . ..O . . .
-90 2
.O....
B mi
.‘q ...
.‘\ ‘...
. .. . . .
: :Y: ;:.o;;;O
l o=ooo
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3 \ 00~~0 000
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. . 000
x) . . .O m
C”;h\
S.d. - oo.oo.*t~
n s4.i.. ’
q o==o=a
836.00 \ 941.00
Fig. 2 - Exemple de mise sur grille (secteur du Dja)
A : échantillonnage réel
10020830@4OQ B : mise sur grille
(échelle : 1Cm _ 8 km)
34s
- comparaison des moyennes entre les échantillons des dernières
prospections et ceux provenant de la phase préliminaire et
localisés à l'intérieur du cadre de ces prospections,
- calcul des rapports de ces moyennes,
- si la différence excède 30 70, pondération des teneurs ICP par le
rapport des moyennes correspondant.
La figure 3 reprend l'exemple du Dja : la première carte donne les
valeurs de la grille réajustées (40 à 160 ppm au lieu de 100 à 400 en valeurs
brutes) ; la répartition relative est évidemment identique à celle de la
figure 28 ; la seconde présente les valeurs brutes des points de la phase
préliminaire. Toutes deux offrent la même différenciation lithogéochimique
(avec les mêmes niveaux de teneurs).
Puis, chaque prospection est reportee dans un système unique de
coordonnées couvrant l'ensemble du secteur et, dans chaque fichier, les
coordonnées initiales de chaque point sont translatées par rapport à ce
système unique.
A ce stade, chaque fichier de données a subi les transformations
suivantes :
- sélection d'un certain nombre d'échantillons (parfois tous) ou
élaboration d'une grille de valeurs remplaçant les données
brutes,
- dans le cas d'analyses par ICP, pondération eventuelle des
teneurs,
- translation des coordonnees de chaque point dans un système
unique général.
Tous les fichiers sont alors fusionnés en un seul, rassemblant la
totalité des points utilisés pour la synthèse (7 935).
Les cartes de distribution des 6 éléments choisis sont alors
dessinées par le logiciel UNIR% (Package Geopack, oct. 82). Les zones vides
d'échantillons sont représentées par des polygones blancs bordés de noir. Lors
de la restitution, deux fichiers de type "dessin" sont superposés à la
géochimie : le fond géologique et le réseau sommaire des pistes et des cours
d'eau. Les 6 cartes sont présentées sur les planches 1 à VI.
- Le bore Pl. 1
Cet élément permet de distinguer les séries de Yaoundé et le socle
du Ntem. La concordance entre l'isovaleur à 15 ppm et la limite socle-séries
est parfaite. A l'Ouest, la formation de Nissus, équivalente des micaschistes
de Yaoundé, montre un caractére bore identique.
A l'intérieur des séries de Yaoundé, le bore souligne le caractere
"para" de l'ensemble schiste-gréseux et des micaschistes ; inversement,
l'absence de bore dans les migmatites leur conférerait plutôt un type "ortho".
Au sein des micaschistes, dans la région de Bengbis, Endom, des
"trous" en bore reflètent de petites récurrences du socle, formant des
pointements subaffleurants.
836.00 941.00
... .. .. 8
. .a-- . ..O .. . 000
p .. ... :::;
n 9smn.m L%a" A ii
.a.. -mO
10.' .=n
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. . . . .
. . . . 00
h&tk
SI.&. ‘\ .o.oo.. FG
Sid.. . . . . ..a
\
836.00 941.00
836.00 941.00
D. 0m
h
a E
GROUPE.
AOr80012~16~
Fig. 3 - Exemple de réajustement ICP-Quanto
A : ICP réajusté (voir mise sur grille Fig.ZB)
B: Quanto. Phase préliminaire
Noter les niveaux de teneurs équivalents
(echelle : 1 cm= 8 km)
- Le potassium Pl. II
Régionalement,le caract&re potassique (à raison de 2 % environ au
minimum) est, d'une façon générale, lié à des occurrences syénitiques.Ceci
est particulièrementbien illustre pour l'ensemble syénitique de Lolodorf à
l'Ouest d'Eseka, ou encore au S-W de Ma'an (secteur de Nsengou).
Ce caractère est moins marqué au Mont des Eléphants et au Rocher
du Loup (Sud de Kribi) où les syénites sont néphéliniques.
Les autres "tops" en K20, non expliqués, pourraient également
indiquer la présence de syénites insoupçonnées. La liaison de la potasse avec
certains granites a caractère plus alcalin n'est cependant pas à exclure.
Ainsi en est-il au Sud de Djoum, ou à l'Ouest de Mvangan (alaskite
d'Etelernengoun).
Rappelons que la distribution régionale de Ba correspond
exactement à celle de K,O.
L
- Le titane Pl. III
Cet élément montre deux types de distribution:
- au Nord, il marque bien l'ensemble migmatites-micaschistes
des
séries de Yaoundé (> 2 %) et, au sein de ces derniers, les
formationsà rutile .(>3 76) : secteur d'Akonolinga-Ayos. Le
Schiste-gréseux,par contre, est pauvre en cet élement ;
- au Sud, dans le socle, apparaissentune série de petites zones
très localisées,situées surtout à l’Ouest et au Sud, le long de
la frontiere. Ces tops semblent plutôt se concentrer dans les
formations de type sillon ferrifère (autour d'Akom II et de
Ma'an B Oveng). Ils pourraient indiquer un caractère particulier
des quartzites ferrugineux.
Inversement, les zones de sillons de l'Est (de Ngoulemakong à
Djoum) sont pauvres en Ti (< 1,8 %).
- Le chrome Pl. IV
Localisé surtout dans le socle, il marquerait les faciès basiques
des formationsde type sillon, sous forme d'une série de tops anomaux (> 250 ppm)
Ces basites (ou même ultrabasites)étant souvent d'extension limitée, il est
difficile d'établir une relation ponctuelle au niveau d'un fond géologique
très général, et donc très peu détaillé.
Dans le Nord, on note le caractère plus chromifèredes migmatites
par rapport au reste de la série de Yaoundé.
- Le vanadium Pl. V
Sur l'ensemble de la carte, les zones enrichies en vanadium sont
peu importantes. Cet élément se manifeste surtout dans les migmatites de
Yaoundé (> 180 ppm). La relation est très nette au niveau cartographique.
350
!CI .“O
L
planche 4: distribution du chrome (en D~E).
352
353
Dans le socle, différents petits secteurs sont mis en évidence,
surtout à l’ouest : ils correspondent aux formations basiques intrusives de
type amphibolite, gabbro, pyroxénite telles que décrites par exemple a 1’Ile
Oipikar.
L’etude du rapport V/Cr montre que les anomalies de la region de
Bengbis sont associées au caractère plus latéritique du milieu de surface, et
donc des échantillons prélevés , plutôt qu’au contexte géologique (micaschites
de Yaoundé).
- Le lanthane Pl. VI
Choisi pour représenter les terres rares, cet élément, maigre une
sensibilité analytique peu performante, présente cependant une distribution
aux caractères particuliers.
D’une façon générale, il se répartit de façon homogbne sur
l’ensemble de la région, à l’exception de quelques petites zones qui peuvent
être interprétées comme suit :
- La est associé à K20 et Ba ; il marque alors certaines syénites.
Cette relation n’est pas systematique et les teneurs en La sont
plutôt moyennes dans ce contexte ;
- La est associé à K 0, mais aussi à Cr, à l’Ouest d’0veng. Le
caractère à la fois Q rès basique et très alcalin de ce secteur a
été interprété comme pouvant refléter un environnement de type
kimberlitique trés localisé. A l’échelle de la synthése, cette
anomalie serait la manifestation régionale d’observations
ponctuelles ;
- La est isolé par rapport aux éléments precédents (zones C sur la
planche VI) et forme des anomalies bien marquées et situees en
contexte de sillon ferrifère. Ces zones offrent les teneurs les
plus élevées ; leur interprétation reste en suspens
actuellement.
La figure 4 reprend les principales caracteristiques géochimiques
des planches 1 à VI, superposées au fond géologique. Cette figure résume les
traits géochimiques principaux mis en évidence au niveau régional par la
synthèse avec, en particulier, pour chaque élément :
-0: les séries “para l1 de Yaounde et de Nissus (Schiste-gréseux
et micaschistes),
- K20 ,(associé à Sa) : la tendance alcaline des intrusions
syénitiques et de certains granites,
- TIOZ : les formations à rutile dans les micaschistes de Yaoundé,
-v : les migmatites de Yaoundé d’une part et, dans le socle, les
intrusions basiques liées au sillon ferrifère de l’Ouest d’autre
part,
- Cr (associé à Ni) : les occurrences basiques dispersees dans
l’ensemble des formations de type sillon,
-La : la présence des terres rares dans certaines syenites ou
associées à certains sillons ferriféres.
354
0 z J x x .? ”
9 t s
Fimre 4: Synthèse de la cartonraohie uBochimfoue
Cr: basites; B: limite Para-Ortho; V: migmatltes; KIO: syénites;
TU&: formations à rutile; La: potentiel Terres Rares.
C&h.: lcm = 15kmm)
356
FICHIER D’ANOMALIES
Pour des raisons évidentes de confidentialité, nous ne présentons
pas ICI les résultats obtenus mais insistons plutôt sur la méthode adoptée qui
peut être utilisée dans d’autres domaines.
La figure 5 présente le “flow chart” des opérations aboutissant à
la constitution et à l’utilisation d’un fichier informatisé de l’ensemble des
anomalies mises en évidence entre 1978 et 1984 sur tout le secteur sud-ouest
CAMEROUN.
Le but poursuivi est double :
- hiérarchiser un ensemble d’objets (anomalies dans le cas
présent) en fonction d’une série de critères géologiques,
géochimiques, minéralogiques ;
- sélectionner ensuite, de façon précoce, les objets d’intérêt
prioritaire (et méritant un complément de travaux à un niveau
tactique).
Chaque anomalie (ou objet) est cataloguée sous forme d’une fiche
descriptive informatisée et l’ensemble de ces fiches constitue le fichier
général. Celui-ci est piloté par une procédure d’utilisation simple,
permettant d’accéder à n’importe quelle fiche, par des “mots clés” résumant,
pour chaque anomalie, ses caractères principaux.
En plus des mots clés, une série de rubriques décrit, en clair,
les caractéristiques de chaque fiche : contexte géologique, repérage
topographique, données chimiques et minéralogiques, niveaux de teneurs,...
La procédure d’accès aux fiches utilise les opérateurs logiques
“et” et Uou”pour les recherches sélectives et permet ainsi le regroupement et
la comparaison par thèmes de n’importe quel type ou famille d’objets.
Les résultats de ces sélections peuvent être exprimés sous trois
formes différentes :
- la liste des objets avec leurs mots clés,
- l’ensemble des fiches concernées,
- la répartition spatiale de ces objets dans un cadre et à une
échelle choisis par l’utilisateur, avec en surimposition
n’ importe quelle donnée provenant d’une autre source
informatique (compatibilité avec d’autres types de fichiers).
Chaque anomalie décrite au niveau d’un rapport fait l’objet d’une
fiche Informatisée comportant deux parties :
- une série de mots-clés qui permettent d’extraire la fiche de
l’ensemble du firhier en fonction d’un sujet ou d’un thème ; par
exemple, l’extraction des anomalies en Pb des micaschistes de
Yaoundé grâce aux mots “Pb”, “micaschistes” et “Yaoundé” ;
- une série de rubriques définies à l’avance qui permettent de
décrire en clair l’ensemble des caractères de l’anomalie
nécessaires à sa compréhension.
357
Rapports des
prospections 1978 ?I 1984
k-- /--
_..._
-_.-
! Une fiche par anomali
[,Doitaliszion <d _ =lés
\ _-.- rubriques
\
\
\
\
\
\ r
\
Fichier général
multi-entrees
1
- Comparaison
- Hiérarchisation
-
i:*1
Fig. 5 - Elaboration du fichier d'anomalies Flow-chart des opérations
L'utilisation du ligiciel "Fichier d'anomalies" est simple,
conversationnelle, et ne nécessite aucune connaissance informatique de la part
de celui qui l'emploie.
Chaque anomalie est saisie sous forme d'un petit fichier contenant
actuellement les rubriques suivantes :
-nom ;
- année de la mise en évidence de l'anomalie ;
- jour de création du fichier et jour de la dernière correction ;
- coordonnées valorisées sous forme d'une surface et d'un
barycentre ;
- éléments concernes avec le nombre d'échantillons anomaux et les
niveaux de teneurs atteints ;
- description succincte du contexte géologique ;
- type de minéralisation escompté ou environnement gitologique
présumé ;
- contrdles anakytiqcies(ré-analyses ou échantillons supplementai-
res) ;
- coefficient d'intérêt ;
- proposition de travaux en suivi tactique ;
- travaux effectivement réalisés sur le terrain ;
- résultats obtenus ;
- decision prise.
Ces différentes rubriques peuvent être modifiées en fonction de
certaines caractéristiques propres à chaque utilisateur ; ce type de fichier
n’est donc pas figé dans son état actuel. De plus, les contenus des rubriques
peuvent &tre mis à jour au fur et à mesure de l'avancement des travaux et de
l'interprétation des données.
Dans ce cas, les différents avantages liés à son utilisation
sont :
- la connaissance globale et synthétique d'un grand nombre
d'anomalies. On a, en effet, accès rapidement a n'importe quelle
information les concernant ;
- le suivi prdcis de chaque anomalie au fur et à mesure de
l'avancement des travaux et des connaissances. On peut en effet,
effectuer une série de mises à jour successives et suivre ainsi
l'évolution d'un sujet ou d'un thème de recherche pour une
région donnée ;
- la recherche sélective par caractéristiques, sujets ou intérêts
de prospection. De tels regroupements permettent de comparer et
de hiérarchiser rapidement les anomalies les unes par rapport
aux autres ;
- les sorties graphiques en fonction de ces regroupements visent
l'intéoration
> de ces anomalies à d'autres données géologiques,
chimiques... afin de faire ressortir les relations existant
entre elles ; ces sorties graphiques sont directement
compatibles avec des fichiers de type "Fiesta" (données
chimiques, minéralogiques...) ou de type "Traitement croisé"
(données géophysiques, de telédetection,...).
359
L’utilisation et l’efficacité d’un tel outil ne sont pas
restreintes au seul domaine de la prospection minière stratégique ; on peut,
par exemple, l’envisager dans une optique de synthése gitologique,
pédologique, etc...
Enfin, cet outil constituera l’une des options d’entrée directe
pour “syst&me expert” en prospection géochimique.
BIBLIOGRAPHIE
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au moyen de l'outil informatique. Possibilité d'adaptation à d'autres
domaines. Rapp. EIRGM 85 SGN 023 GMX.
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du 28 février 1983.
BONNEFOY D., GUILLEN A. (1985) - Le traitement multiaourcëa: Le logiciel
synergie. Rapp. BRGM 85 DAM 040 GMX-DT/GPH
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BRGM 85 CMR 066.