Document 3
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L’analyse du discours n’est pas une discipline très délimitée comme l’est la phonétique ou
phonologie.
L’analyse du discours est un objet d’étude, cependant il existe différents points de vue.
Langage : Pour Saussure on distingue la langue (un système de signes abstraits communs aux
locuteurs d’une même communauté linguistique = la boite à outils) de la parole (la mise en
acte de la langue = utilisation de la boite à outils).
Les groupes nominaux définis (GN définis). Ils commencent par le, la , les.
Ex : Passe-moi [le cours].
Ouvre [la porte].
Erwan surveille [les enfants] dans [le jardin].
Ils s’appuient sur la situation d’énonciation pour trouver leur interprétation.
Dans la phrase 1, Gaëlle peut demander à Charlotte « quel cours ? Celui du cours d’avant ou
celui du cours qui va commencer ?».
Ces descriptions définies ont comme propriété centrale de désigner un objet unique dans le
monde alors qu’il existe plusieurs objets qui vérifient cette description dans le monde réel.
Une des façons pour l’interlocuteur d’interpréter l’énoncé et de déterminer les références de
description est de choisir l’objet le plus saillant, le plus pertinent.
L’interprétation d’une phrase met en jeu des aspects complexes de la situation d’énonciation
tels que :
- l’identité du locuteur
- le lieu
- le temps
- les hypothèses sur l’état des connaissances du locuteur
Bilan :
Le discours est au-delà de la phrase.
Le discours prend en compte la situation d’énonciation dans laquelle une phrase est
énoncée.
L’analyse du discours s’intéresse donc à des aspects d’interprétation qui s’appuient
sur la situation d’énonciation :
1° Les unités spécialisées comme les déictiques : je, ici, maintenant, ….
2° les connaissances et intention du locuteur pour déterminer l’interprétation globale de la
phrase.
1.3.2) Le discours prend en comte les événements linguistiques plus grands que la phrase
- Connecteurs
Cf exemple 8, p13
Un connecteur est une unité et pourtant il exprime une relation entre le contenu sémantique de
deux phrases. On distingue les conjonctions, les adverbes (pendant, alors, puis, ensuite, …),
des locutions (c’est-à-dire, autrement dit), des présentatifs (c’est, voila). Parmi cela, certains
sont toujours des connecteurs. « pourtant» exprime le fait qu’il est inattendu que la première
phrase soit vraie étant donné que la deuxième l’est également.
- Relations de discours :
Cf exemple 9, p13
Même en l’absence de connecteurs explicites, les phrases du discours ne constituent pas une
suite désorganisée mais elles s’enchaînent entre elles selon des contraintes logico-sémantiques
(relations de succession, de causalité, d’implication). Dans la phrase précédente, nous avons
affaire à une relation de causalité. L’interprétation du discours va mettre en jeu une procédure
de construction de cette structure par l’auditeur. Dans 9. a), ces deux phrases sont dans une
relation de narration. Au contraire, dans 9. b), on comprend que ces deux phrases sont dans
une relation d’explication.
Le discours est ce qui dans le langage est au-delà de la phrase. Le discours est une unité plus
concrète et plus grande que la phrase.
Pour Benvéniste, il faut rajouter à cela la relation partir/tout. Une unité comme le mot
« parapluie » va se décomposer en unités plus petites, morphèmes « para » + « pluie », et fait
partie d’une unité plus grande. Ainsi le mot est intégré dans un groupe syntaxique. Ce groupe
syntaxique est intégré dans la phrase. La phrase est intégrée dans le discours. Ce faisant, on
sort du simple système de signes pour entrer dans un système où des éléments externes à la
langue deviennent prépondérants.
Par conséquent la signification d’une phrase ou d’un discours ne peut être comprise sans
prendre en compte la situation d’énonciation.
Cf p16
La langue se caractérise par le fait que seule sa structure compte et pas son contexte.
Le discours se caractérise par le fait que le contexte a une importance et que le discours n’a
pas de structure ou que du moins, on ne s’y intéresse pas.
Critique sur le raisonnement de Benvéniste :
1) Ce n’est pas parce que la phrase est sensible au contexte d’énonciation qu’elle
doit s’opposer au mot du point du vue de la structure. Pour Benvéniste, le
discours n’ayant pas de structure il ne peut l’étudier que dans la mesure où
certaines unités linguistiques jouent un rôle dans le discours en s’appuyant sur la
situation d’énonciation (= les expressions déictiques).
2) L’analyse des marques formelles des différents types de discours, par exemple
discours direct ou indirect. Ils se différencient par des marques formelles telles
que les verbes, la présence ou non d’une conjonction.
Noann de Chombsky.
Présupposé théorique qui l’oppose au structuralisme : les locuteurs d’une langue ont une
connaissance intuitive qui leur permet de dire quelles sont les séquences de mots qui font une
phrase et celles qui n’en font pas.
Cette connaissance intuitive est la compétence du locuteur (elle s’oppose à la performance).
Le locuteur porte un jugement de grammaticalité. Il possède aussi une compétence syntaxique
et une compétence phonologique.
Ex : /pkrak/ il n’existe pas en français. C’est une suite illégale. Le mot ne pourra jamais
entrer en français. Mais cela peut évoluer (cf le cas de jazz prononcé /zaz/ et aujourd’hui
prononcé /dzaz/
Les langages logiques n’ont pas de pragmatique puisque tout est fait pour que la signification
ne change pas en fonction du contexte d’utilisation.
La langue est d’abord un moyen pour autrui d’agir sur le monde. Cette conception met en
valeur la valeur intrinsèque du langage. Tout locuteur quand il exprime une phrase dans une
situation de communication donnée produit un acte de langage qui instaure un type de relation
avec le locuteur. Comme tout acte, un acte de langage vise à modifier un état de chose
existant.
Théorie des actes de langage d’Austin a été développée par Searle dans le cadre de la
philosophie analytique. Elle prend ses racines chez une philosophie qui pense que le langage
ne sert pas principalement à décrire la réalité (conception vériconditionnaliste). Searle appelle
cela l’illusion descriptive. Il défend une vision plus opérationnaliste du langage. Le langage
sert à accomplir des actes (ex : demande, promesse, …). Il fonde sa théorie sur un énoncé
affirmatif, à la première personne du singulier, à la voix active.
Ex : J’aimerais aller m’allonger sur la plage.
Ces énoncés ne décrivent rien et donc sont ni vrais, ni faux. Ils correspondent à l’exécution
d’une action.
Récapitulatif :
- la théorie des actes de langage se fonde avec la réaction contre l’ « illusion
descriptive »
- selon la théorie des actes de langage, le langage agit sur la réalité, et celui qui
produit une action produit une action.
Les énoncés constatifs comme 1) peuvent recevoir une valeur de vérité puisque 1) est vraie
seulement, et seulement si, si l’enfant est à l’école.
=> Les énoncés performatifs dépendent des conditions de vérité.
Les énoncés performatifs comme 2) n’ont pas de valeur de vérité. Ils peuvent être heureux ou
malheureux dans le sens où l’acte peut réussir ou échouer.
=> La félicité d’un énoncé performatif dépend de ses conditions de félicité.
Les énoncés constatifs, qui correspondent aussi à un acte de langage implicite = acte
d’assertion => donc aussi des actes de langage
Donc ils sont aussi soumis à des conditions de félicité.
Enfin, les énoncés constatifs peuvent aussi être comparés aux énoncés performatifs.
1) J’affirme que l’enfant est à l’école. => performatif explicite
3 types :
- les actes locutionnaires/locutoires
- les actes illocutoires
- les actes perlocutoires
Les actes locutoires = ce que l’on accomplit dès lors que l’on dit quelque chose
indépendamment du sens que l’on communique = le dire, production d’un énoncé.
5) les expositifs
Ex : affirmer, nier, postuler, remarquer
Searle a poursuivi le développement de la théorie des actes de langage.
principe d’exprimabilité
Pour toute signification X et pour tout locuteur L chaque fois que L veut signifier X alors
il est possible qu’existe une expression E telle que E soit l’expression ou la formulation
exacte de X.
Ils ont défendu la thèse comme quoi la fonction de langage = agir sur monde plutôt que de le
décrire. De plus, idée que tout énoncé = 1 acte illocutoire a pour conséquence la nécessité
d’identifier pour chaque énoncé sa force illocutoire.
La pragmatique linguistique a eu une tendance à insister sur l’aspect code du langage. Cette
école a ignoré l’aspect sous déterminé.
La notion de sous détermination concerne articulation entre côté codé du langage = sens de la
phrase et des significations énonciatives qui lui sont associées dans la dimension pragmatique
de la langue.
Codé = 1 élément nécessaire. Construction de la signification d’un énoncé va en dépendre.
Aspect conventionnel et déterminé par notre connaissance de la langue (déterminé par le sens
lexical des mots, des expressions, sens grammatical des morphèmes grammaticaux, sens
structural, construction grammaticale des phrases.
Aspect sous-déterminé du langage et plus précisément de certaines unités linguistiques que
seule l’activité inférentielle du destinataire d’un énoncé est capable de spécifier. (cf exemple
la chambre / la cabine rose)
Saturé = le groupe N a trouvé sa référence
Certaines unités linguistiques doivent s’appuyer soit sur discours, soit sur la SE pour trouver
leur référence.
Ex : Hier est-ce qu’elle a pas déjà vu son copain escalader la façade l’immeuble en face ?
« Son » : ambigu puisque peut référer à « elle » ou une autre personne.
L’interlocuteur va devoir voir ça. « son » est sous-déterminé. Seule connaissance de la SE doit
permettre de lever l’ambigüité. Quand levé alors la référence va être saturée puisqu’elle aura
retrouvée sa référence.
Les implicatives :
Cf p20 doc
Paul Grice 1979
Dans les langues naturelles comme dans langages logiques les phrases ont des implications
(15).
Implication : une phrase A implique une phrase B si dans toutes les circonstances où la phrase
A est vraie la phrase B est également vraie.
Ex : beaucoup de français roulent moins vite = au moins un français roule moins vite.
ex : drap banc = linceul à Mayotte ou demander des nouvelles des parents ou des proches
avant de formuler une question.
L’analyse de conversation : ethno méthodologie pour étudier le discours avec des études
ethnologiques. Elle s’intéresse aux moyens que les membres d’un groupe social mettent en
peuvre pour découvrir la structure sociale. S’intéresse aux règles qui régissent la prise de
parole.
La sociolinguistique variationniste : elle étudie les différences entre les systèmes linguistiques
utilisés par différents groupes sociaux. Variabilité dans l’utilisation des règles syntaxiques +
la structuration des textes ne se fait pas de la même manière.
J. Maingueneau, 1960’s
Il ne connait pas beaucoup de succès en dehors de la France. Il est lié au marxisme et à la
psychologie Lacanienne et aux travaux de Michel Foucault.
Il s’intéresse aux relations entre le discours et l’idéologie. Il vise à dégager dans le discours
des motifs cachés qui mettent à jour des intentions et des croyances de son auteur. Cette école
joue un rôle important en littérature.
Comme l’explique Searle, comprendre comment le langage entre en relation avec le réel.
A chaque fois un texte construit un certain univers : l’histoire racontée renvoie à des
personnages, des objets, des événements. Ce monde peut-être fictif ou réel. La fonction de
référentielle du langage permet d’associer des séquences linguistiques à certains segments de
la réalité ou d’un monde fictif qu’il désigne et qui sont leur référence. Chaque texte peut être
considéré comme un ensemble de renvois vers un univers réel ou fictif ou à un réseau de
relation entre ces renvois et permet de construire une représentation mentale d’ l’histoire
racontée. Les entités que l’on peut appréhender au moyen d’expressions linguistiques
constituent leur référent.
Signes linguistiques :
- biface : signifiant et signifié
- une entité psychique à deux faces :
le contenu sémantique = Sé
l’expression phonique = Sa
Définition : le signe linguistique est l’association d’une image conceptuelle et d’une image
acoustique.
Le Sé et Sa sont inséparables.
Le Sa ne se réduit pas aux sons ni aux lettres mais désigne une représentation acoustique ou
graphique qui se situe sur le plan de l’expression, c’est-à-dire une forme concrète visible ou
perceptible, l’emprunte psychique de ces sons.
Le Sé est aussi psychique. L’image conceptuelle qui se situe sur le plan du contenu c’est le
sens = l’ensemble des propriétés qui sont attribuées à un objet (caractéristiques objectives et
subjectives). Peut varier selon le temps (époques) et l’espace (selon culturel).
Ne pas confondre une réalité extralinguistique et les valeurs qui lui sont attribuées selon
les endroits et les époques.
Le lien Sa/Sé est direct et réciproque. Cette relation est arbitraire (arbitraire du signe).
Convention entre usages de la langue. Fait social.
Le lien Sé/ référent est direct. L’idée qu’on se fait d’une vache résulte de la somme des
représentations et des expériences passées.
Le lien Sa/référent est une relation indirecte. Il n’y a pas de lien naturel entre le signe et la
chose Sé ou le référent. C’est par une convention que [vache] désigne un animal.
Caractéristiques du signe :
- le signe est arbitraire, immotivé et conventionnel
- aucune relation de causalité entre sa forme phonique (Sa) et ce qu’elle dénote (Sé).
- Un lien immotivé, radicalement arbitraire qui n’est ni naturel, ni nécessaire. Pour
pouvoir fonctionner comme langue, avoir un même sens pour tous les locuteurs quelle
que soit leur idée que chacun se fait du référent, le signe doit être débrayé du réel et
totalement abstrait. Il n’y a aucun lien entre [vache] et son concept. Le rapport Sé/Sa
est une convention a posteriori c’est-à-dire qui n’est pas naturel et dont on ne perçoit
pas la raison qui est différent d’une convention a priori (c’est-à-dire une convention
qu’on peut discuter + règles explicitées).
2) La remotivation phonétique
Beaucoup utilisé en publicité. Ex : le thon c’est bon. L’affreux Alfred. Il est fort le
roquefort.
Associer le Sé à un autre Sa. Faire comme si Sa était lié au Sé. Associer deux Sa thon/bon,
laisse entendre que le thon s’appelle ainsi car il est bon.
3) Onomatopées
= une unité lexicale crée par imitation vocale d’un bruit nature. Ex : miaou, cocorico.
La motivation n’est que partielle. Donc partiellement arbitraire. Varie selon les langues
car reproduction d’un bruit naturel passe par le filtre de l’appareil phonologique qui va le
déformer.
Les formes linguistiques peuvent être mises en correspondance avec ce qu’elles servent à
désigner à deux niveaux :
- l’instance du discours où ces formes sont énoncées
ex : « mon cours/ mon groupe de TD »
L’instance désigne un être au référent particulier qui constitue ce qu’on appelle leur
référence actuelle.
- les références opérées d’expressions linguistiques ne sont possibles que parce que ces
expressions sont formées d’unités précodées qui les rend apte à désigner et qui
constituent leur référence virtuelle (ex : dictionnaire).
La référence virtuelle = la référence du mot tel qu’il apparait dans le dictionnaire. Emploi non
référentiel ou non actualisée.
Différence entre non employé (pas de référence actuelle, c’est une expression) (ex : peur dans
« faire peur ») et le syntagme nominal (ex : [la peur]). Le syntagme nominal = le seul cas où il
aura une référence actuelle. Le syntagme nominal est le seul qui est susceptible de référence
actuelle. Le syntagme verbal n’a pas de référence actuelle.
Référence actuelle= celle du mot tel qu’il est actualisé lors de l’acte d’énonciation.
3.2.1) Introduction
La référence nominale est processus par lequel une expression linguistique est utilisée pour
désigner une certaine partie du monde.
Nous nous intéresserons surtout à la référence nominale mais existe d’autres expressions
référentielles.
Ex : Quand je suis arrivée à Rennes 2 -> référence temporelle
A Rennes 2 -> référence à l’espace
Dans cette partie nous allons nous intéresser à la référence d’expressions linguistiques telle
que les pronoms, les Noms Propres (NP), les GN.
Cf poly p 25
Les expressions linguistiques peuvent renvoyer à des individus, des lieux, des entités
abstraites, des individus fictifs.
Ex : Julie est arrivée en retard. Cela m’a beaucoup surpris.
Réfère à un fait ou à une proposition
Si les expressions nominales ne sont pas les seules, il existe aussi les expressions
référentielles. Toutes les expressions nominales ne sont pas des expressions référentielles.
Cf ex 22 p25
Ex : Chaque pays européen a sa place dans la communauté.
Aucun
GN quantificationnel ou un type d’individu. Il ne désigne pas un individu mais
il vérifie une quantité qui vérifie une certaine propriété.
Le pronom personnel il dans a) renvoie à des candidats inexistants.
Le/la/les peuvent être utilisés pour construire des GN référentiels et des GN génériques.
Les langues naturelles permettent d’utiliser un grand nombre d’expressions nominales pour
désigner un même individu/animal/objet. Ces expressions nominales s’établissent suivant le
mode d’assignation (= d’établissement) qu’elles imposent. On ne s’y prend pas de la même
manière pour référer à l’aide d’un pronom ou à l’aide d’un Nom Propre.
Ex : Marie.
Cette jeune femme.
Elle.
La femme.
Les différences entre les modes d’assignation sont de l’ordre du discours (elles ne sont pas en
langue). L’utilisation d’un NP dépend du statut de l’individu dont on parle dans le discours en
cours. Comment est ce que le locuteur s’appuie sur le discours pour construire la relation de
référence ?
Cf poly p28
Il y a beaucoup de Gn indéfinis. Ce sont des unités qui ne s’appuient ni sur le contexte
linguistique ni sur la SE. C’est un objet du monde auquel le locuteur n’a pas eu affaire au
préalable.
L’exemple du gentleman anglais échappe à ça car on ne parle pas d’un gentleman anglais en
particulier.
[Link]) Les expressions linguistiques qui s’appuient sur le discours : les anaphoriques
Le simple fait qu’un énoncé ait un auteur est suffisant pour référer.
3.4) La déixis
Cf p39
3.4.1) Introduction
Le terme déixis désigne le processus par lequel une expression référentielle désigne…
a) Je et tu
je fonctionne comme un pronom déictique et désigne le locuteur.
Tu désigne l’allocutaire. Mais il n’est pas seulement celui qui entend le message. Il faut
prendre en compte les intentions du locuteur et pas seulement la manifestation extérieure de
ces intentions.
b) nous
Cf p40
- Si nous allions au cinéma ? = locuteur + allocutaire => déictique pur
- Noé s’adresse à Kévin en présence de Marie et lui dit « Nous sommes allés au
cinéma ». Nous = Noé et Marie.
= Porte parole d’individus présents dans la SE.
= locuteur + 1 ou plusieurs personnes présentes dans la SE
déictique pur
- même chose qu’au dessus sauf que Marie n’est pas présente dans la SE. « Marie et
moi sommes allés au cinéma hier soir. Nous avons adoré le film.
= Nous = locuteur + 1 ou plusieurs individus qui ne sont pas présents dans la SE mais
qui ont été évoqués dans le discours précédent.
=> Nous = expression anaphorique dont l’antécédent est « Marie et moi »
=> Nous peut aussi être analysé comme un mi déictique (car il y a le locuteur) mi
anaphorique (car quelqu’un n’est pas présent dans la SE).
d) Vous
- Vous avez compris ?
= Vous fonctionne comme un véritable pluriel du pronom tu
= ensemble d’allocutaires présents dans la SE
déictique pur
- Marie est absente et Noé dit à Kévin « Marie et toi, vous avez de la chance ».
= l’allocutaire + les personnes absentes de la SE
mi anaphorique mi déictique
anaphorique dont l’antécédent est « Marie et toi ».
Les deux analyses ne s’excluent pas mutuellement.
Pour les pronoms je et tu, la seule connaissance des données de base de la SE (qui parle à qui)
est suffisante pour identifier les référents de je et tu.
Cf poly p41
Je me marierai avec elle.
Regarde ce type
Ils fonctionnent comme des déictiques car c’est la situation qui va permettre à l’allocutaire de
savoir quel est le référent. Il est essentiel que l’allocutaire voie le geste. Le locuteur doit faire
un geste explicit pour désigner le référent. On parle de déixis par ostension. Pour les GN
démonstratifs comme « ce type » l’ostension est le seul moyen de fonctionner de manière
déictique.
Les GN démonstratifs peuvent aussi fonctionner de manière anaphorique cf « cette carte »
texte de Chatwin.
Les démonstratifs ne sont pas les seuls à permettre la déixis par ostension.
Cf ex 36 p42 Les pronoms il et elle peuvent aussi fonctionner de la même manière ainsi que
les GN définis. (ex 35).
3.5) L’anaphore
3.1.5) Introduction
L’anaphore est le processus par lequel une expression tire sa référence d’une expression du
discours précédent.
Cf p46
a) anaphore et coréférence
Ces expressions soulignées sont coréférentielles. Mais cela ne veut pas dire que chaque
expression est une expression anaphorique.
Laurent = pas une anaphore. Le NP a sa référence fixée une fois pour toute.
Par contre toute relation d’anaphore suppose une relation de coréférencielle.
GN indéfinis = pas anaphorique car ils représentent une première mention. (sauf le cas des
génériques cf un gentleman anglais).
Cf p48
La cataphore tire sa référence du discours suivant.
Ex : Je l’adore Jeanne.
Je peux vous dire ceci : n’y allez pas.
Dans les vestiaires se douchaient plusieurs membres de l’équipe.
La cataphore est plus limitée que l’anaphore car elle a lieu à l’intérieur d’une phrase.
Dans l’anaphore liée : l’antécédent doit se trouver dans la même proposition que l’expression
anaphorique.
= me, te , se, nous, vous + les pronoms relatifs
Ex : l’étudiante qui est arrivée.
Cf p49
Le type d’analyse ne concerne que les cas où une expression anaphorique et son antécédent
sont tous les deux des GN.
Soit deux expressions désignent leur référent avec le même nom (ex 40) et donc c’est une
anaphore fidèle, soit elles ne sont pas basées sur le même nom (41) et donc c’est une
expression infidèle.
Cf p50
Ils => antécédent éparpillé = le peintre + Thérèse
Thérèse => antécédent simple = la jeune femme
P51
C’est un phénomène parallèle au précédent.
Ex 46 L’antécédent est au pluriel.
Dans les enfants de Marie, implicitement on désigne la fille.
L’expression anaphorique peut faire partie d’un groupe qui a été désigné précédemment par
un mot au pluriel. Ça ne marche que quand il s’agit de GN définis.
Cf texte Chatwin
La vitre ne désigne pas un objet déjà évoqué et elle n’est pas une expression coréférentielle.
On trouve un référent pour la vitre en s’appuyant sur l’inférence. A partir du fait qu’il existe
un petit meuble vitré on peut inférer qu’il existe une vitre qui est la vitre de meuble.
Inférence : processus de déduire un fait précédemment inconnu à partir d’un fait déjà connu.
Le référent n’est pas explicitement évoqué mais il est inférable à partir de ce qui a été dit
Ex49 P52
La porte = expression anaphorique
Il doit exister une relation directe entre les deux objets de l’anaphore associative.
4) L’anaphore évolutive
Cf p54
Recette du poulet. Toutes ces expressions linguistiques ne renvoient pas au même référent.
3.1.6) Introduction
Les indéfinis : ils ne s’appuient pas sur le discours pour trouver leur référence mais ils ne sont
pas discursivement neutres car ils ne peuvent être employés que pour désigner des individus
ou des objets qui n’ont pas été évoqués précédemment ou qui ne sont pas présents dans la SE.
Les NP : ils ne s’appuient pas sur le discours. Ils sont discursivement neutres car ils peuvent
être employés pour désigner des individus ou des objets déjà évoqués ou présents dans la SE.
Les expressions déictiques : elles tirent leur référence de la SE. Elles tirent leur référence
directement ou par un acte d’ostension.
Les expressions anaphoriques : elles tirent leur référence plus ou moins du discours.
Dans des cas simples : stricte + explicite
Quel est le lien entre les modes d’établissement de la référence et la catégorie grammaticale ?
Tout discours s’appuie sur un tronc commun de connaissances = un ensemble de faits que les
interlocuteurs considèrent comme vrais.
Ex : Le premier ministre a fait une déclaration sur les résultats des élections.
On connait le nom du Premier ministre, on connait le régime politique de la France, on sait
qu’il y a eu des élections et on connait les résultats.
Les données de la SE font parties du TC.
Au cours de l’échange, de nouveaux faits peuvent être ajoutés au TC.
Faire une anaphore c’est faire référence à une entité qui a été mentionnée dans le TC.
Les faits de la SE font partie du TC donc les déictiques trouvent aussi leur référence du TC.
Cela permet de comprendre pourquoi ce sont les mêmes catégories grammaticales qui peuvent
fonctionner de manière anaphorique et déictique.
Ex : J’ai lu un livre de Chatwin, ce livre est passionnant.
Ce livre est passionnant (en pointant du doigt).
- opposition pronom/GN
Il existe une tension dans le langage : faire court et être explicite.
Les GN contiennent un nom donc ils ont un contenu descriptif.
Les pronoms sont plus courts mais ils n’ont pas de contenu descriptif. Ils peuvent désigner
n’importe quelle entité d’où parfois des ambiguïtés avec l’emploi des pronoms.
Ex : Ce livre, le livre = désigne seulement le livre
Il = peut désigner n’importe quelle entité
- opposition définis/démonstratifs
Opposition déixis simple/déixis par ostension
Ex : Fermez cette porte = l’ostension est quasi obligatoire quand on utilise un démonstratif
comme déictique.
Fermez la porte = si l’ostension est courante, elle peut être omise.
Anaphore explicite/implicite
Cf p51 ex 46
Quand l’antécédent est implicite, l’usage du pronom personnel elle, il ou d’un démonstratif
n’est pas possible.
Les démonstratifs ont une distribution beaucoup plus étroite que les définis :
déictique mais uniquement avec la déixis par ostension
anaphorique mais ils n’admettent que les formes simples d’anaphore (anaphore stricte,
antécédent explicite).
Ils peuvent ne pas être mi anaphorique mi déictique