UNIVERSITÉ TOULOUSE 1 CAPITOLE Année universitaire 2022-2023
Master 1 DROIT ET SCIENCE POLITIQUE
Mention : DROIT DES AFFAIRES – Tous les parcours
Mention : DROIT FISCAL
Master 1 DROIT ET GESTION
SEMESTRE 1 - SESSION UNIQUE
(uniquement pour les M1 Droit)
DATE EXAMEN : MARDI 13 DECEMBRE 2022
Heure Début d’examen : 13H00
Durée examen : 3H00
Enseignant : G. DEDEURWAERDER
MATIERE : IMPOSITION DU CHIFFRE D’AFFAIRES ET DES
BENEFICES
CONSIGNES : Soignez votre copie (écriture, présentation, orthographe)
et justifiez vos réponses de manière circonstanciée. Le
raisonnement et la justification des réponses valent autant, voire
plus que l’exactitude du résultat.
Seule les calculatrices fournies par l’administration sont autorisées.
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SUJET : Traitez le cas pratique suivant
M. Ékoleau exploite en son nom propre un garage de réparation de voitures, qui génère un chiffre
d’affaires annuel de l’ordre de 500.000 € HT. L’entrepreneur individuel n’a pas opté pour l’impôt
sur les sociétés. Son épouse l’assiste en effectuant diverses tâches de secrétariat.
I. Monsieur Ékoleau vous demande de lui expliquer dans ses grandes lignes (mais en justifiant
vos affirmations) le statut fiscal de son entreprise tant au regard de l’imposition des bénéfices
que de la TVA
II. Monsieur vous interroge maintenant plus spécifiquement sur le traitement fiscal, tant au
regard de l’imposition des bénéfices que de la TVA, des opérations suivantes (étant précisé
que l’exercice coïncide avec l’année civile).
NB : la totalité des dépenses peut être justifiée au moyen de factures.
1°) Le 1er janvier 2015, le garagiste avait acquis son atelier de garage, qui venait d’être construit,
à 180.000 € TTC (TVA comprise), ce prix représentant pour un tiers la valeur du terrain et pour
les deux autres tiers celle des constructions. Ces dernières ont fait l’objet d’un amortissement en
retenant une durée d’utilisation de 20 ans. Monsieur Ékoleau a décidé de vendre cet atelier de
garage pour prendre en location un atelier plus grand et munis d’équipements ultra modernes,
pour un loyer de 600 € par mois. L’acte de vente de l’ancien garage sera signé le 31 décembre
2022 pour un montant de 300 000 € HT, cette valeur représentant pour un tiers celle du terrain
et pour les deux autres tiers celle des constructions :
a) Quel est le traitement fiscal de cette revente au regard de la TVA, étant précisé que
l’acquéreur étant un particulier (il souhaite transformer le garage en maison d’habitation),
il a indiqué qu’il préfèrerait, si c’est possible, que la vente ne soit pas soumise à TVA ?
b) Quel est le traitement fiscal de cette revente au regard de l’imposition des bénéfices ?
c) Quel sera le traitement fiscal de la location ?
2°) Au cours de l’exercice 2022 Le garage a dû payer 10.000 € au titre des contraventions au
Code de la route commises par ses salariés dans l’exercice de leurs fonctions (dépannage des
clients, etc.).
III. Monsieur Ékoleau vous interroge sur un certain nombre de projets :
1°) Il vous indique avoir mis au point une technique permettant de diminuer sensiblement la
consommation des véhicules. Il souhaite déposer un brevet et en concéder son exploitation à
d’autres garages moyennant le paiement de redevances. Il vous demande quel sera le traitement
fiscal de ces redevances.
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2°) Cette année, Monsieur Ékoleau a réussi à revendre une voiture qu’il avait achetée d’occasion,
après réparation et remise en état. Ayant dégagé à cette occasion une marge fort intéressante,
il projette de développer cette activité, qui lui permettrait de générer un chiffre d’affaires
supplémentaire de l’ordre de 100.000 € par an.
a) Quelle serait le traitement fiscal de cette activité au regard de la TVA et de l’imposition
des bénéfices ?
b) Le comptable de M. Ékoleau lui a parlé d’un « montage » qui permettrait d’optimiser sa
situation fiscale : il s’agirait de faire exploiter de manière distincte par son épouse, en son
nom propre, l’activité de ventes des voitures remises en état, tandis que M. Ékoleau
continuerait d’exploiter en son nom le garage de réparation de voitures. Selon le
comptable, le chiffre d’affaires afférents aux voitures revendues devant avoisiner
100.000 €, cela permettrait au garage d’acheter les voitures d’occasion puis de les vendre
une fois réparées à prix coûtant voire à perte à l’entreprise exploitée par son épouse (qui
les revendrait ensuite à des tiers), de façon à minimiser le bénéfice imposable du garage.
i) M. Ékoleau ne comprend pas l'intérêt de ce "montage" dès lors que, objecte-t-il, cela
augmenterait corrélativement le bénéfice imposable de l'entreprise de revente de
voitures exploitée par son épouse. Sauriez-vous lui expliquer quelle idée le comptable
a derrière la tête ?
ii) N’y a-t-il pas un risque de remise en cause par l’Administration fiscale ? Sur quel(s)
fondement(s) ?
iii) Son comptable lui indique que, selon les dires de l’un de ses confrères comptables,
pareil procédé aurait été validé par l’Administration fiscale dans le cadre d’un rescrit
« confidentiel » accordé à une autre entreprise. Qu’en pensez-vous ?
CGI, Annexe II, Art. 22
Les entreprises passibles de l'impôt sur les sociétés ou de l'impôt sur le revenu au titre des bénéfices industriels et
commerciaux peuvent amortir suivant un système dégressif - dans les conditions fixées aux articles 23 à 25 - les
immobilisations acquises ou fabriquées par elles à compter du 1er janvier 1960 et énumérées ci-après :
- Matériels et outillages utilisés pour des opérations industrielles de fabrication, de transformation ou de transport ;
- Matériels de manutention ;
- Installations destinées à l'épuration des eaux et à l'assainissement de l'atmosphère ;
- Installations productrices de vapeur, chaleur ou énergie ;
- Installations de sécurité et installations à caractère médico-social ;
- Machines de bureau, à l'exclusion des machines à écrire ;
- Matériels et outillages utilisés à des opérations de recherche scientifique ou technique ;
- Installations de magasinage et de stockage sans que puissent y être compris les locaux servant à l'exercice de la
profession ;
- Immeubles et matériels des entreprises hôtelières.
Sont exclus du bénéfice de l'amortissement dégressif les biens qui étaient déjà usagés au moment de leur acquisition
par l'entreprise ainsi que ceux dont la durée normale d'utilisation est inférieure à trois ans.
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