Linguistique italienne
I. Des langues indo-Européennes aux langues romanes (Introduction générale)
L’Italien (tout comme le français) appartient à la sous-famille des langues romanes,
dans la grande famille des langues Indo-européennes. L’indo-européen aurait donné
naissance à plus de 1000 langues. Les langues indo-européennes sont actuellement
parlées par au moins 48% de la population mondiale. En Europe il y a que 4
enclaves ou on ne parle pas une langue indo-européenne (la Hongrie, l’Estonie, la
Finlande et une petite partie de la Russie, qui appartiennent à la famille des finno-
ougrien, ou Ouraliennes) Dans le Caucase on parle des langues Caucasiennes (le
tchétchène, le géorgien), et la Turquie, ou l’on parle le Turque, une langue Altaïque,
ainsi que le basque, la plus ancienne langue d’Europe de l’Ouest. Il s’agirait d’une
langue proto-indo-européen (avant l’indo-européen). Son origine est jusqu’à alors
inconnu, mais la théorie la plus répondu dit qu’il s’agirait d’une langue caucasienne.
Le mot ‘mère’ en différentes langues.
Sanskr Latin Grec Vieux Vieil- Arménie Françai Espagn
it ancie -slave irlandai n s ol et
n s Italien
Màta Mater Méter Mati Màthir Mayr Mère Madre
Au XIXº siècle surgit une méthode comparatiste permettant de déceler les racines
communes des langues indo-européennes. Les langues romanes sont regroupées
ensemble après un long procès de différentiation du latin. En 813, lors du conseil de
Tours, Charlemagne invite les évêques à prononcer leurs sermons soit en rusticam
romanam linguam soit en langue tudesque. Ça suppose un coup dur pour le latin
dont la vie s’arrêta à peu près. Les usagers ont commencé à faire la différence
entre le latin et “autre chose” entre le VIIIº et le Xº siècle.
Iranien: avestique†, persan (farsi/dari/tadjik), afghan
Indo-iranien
(pachtou), kurde, baloutchi, hazara, aïmak, ossète,
talysh, tat, etc.
Grec (isolat) grec ancien†, grec moderne
italien, français, espagnol, catalan, portugais, galicien,
Italique mirandais, occitan, franco-provençal, sarde,
(ou langues romanes) roumain/moldave, romanche, ladin, frioulan, sicilien,
dalmate†, etc.
Celtique breton, gallois, cornique†
irlandais, écossais, mannois†
Germanique
danois, suédois, norvégien (bokmål et nynorsk),
islandais, féroïen
anglais, frison, allemand, néerlandais, afrikaans
Balte vieux prussien†, lituanien, letton
Slave serbo-croate, slovène, bulgare, macédonien
russe, biélorusse, ukrainien et ruthène
arménien de l'Ouest, arménien du Nord, arménien de
Arménien (isolat) l'Est
Albanais (isolat) albanais (tosque et guègue)
hittite†, tokharien, lykien†, lydien†, louvite†, phrygien†,
Isolats divers thrace†, etc.
Pour l’Italien le premier usage arrive plus tard. Le premier texte italien serait le
“Placito capuano”, rédigé en Mars 960, dans la ville de Capu. Ce texte se trouve
actuellement dans l’abbaye de Montecassino. L’indovinello veronese, écrit un peu
plus tôt à des traits plus proches du latin, sans être vraiment du latin.
L’appendix probi et un ajouté d’un texte rajouté au VIIIº siècle?? De façon anonyme,
même si il a été attribué (sûrement à tort) à un fameux linguiste latin Aemelius
Probus, en corrigeant des formes de prononciation romanes. Lors qu’on veut
comprendre la formation des langues romanes, on doit comprendre qu’à l’origine il
n’y a pas le latin de la langue classique et écrite, mais un latin “vulgaire”.
Les zones où l’on parle les langues romanes s’appelait en linguistique Romania, et
était divisé en deux:
Le Romania Occidentale: français, occitan, castillan, catalan, portugais, franco-
provençal, italien du nord. Où il n’y a pas des doubles consonnes, un pluriel
consonantique (en –s), et une sonorisation, voire un amuïssement des consonnes
sourdes intervocaliques.
Le Romania Orientale: roumain, corse, parlers du sud et l’est de l’Italie. Présence
de double consonnes prononcé, existence d’un pluriel vocalique et maintien des
consonnes sourdes intervocaliques.
Le Romania Occidentale est plus innovant que le Romania Orientale par rapport au
latin.
En Italie on parle plusieurs dialecte “romans”, comme le provençale, le franco-
provençale, le niçois ou le ladin, une langue “rhéto-romane” connu en Suisse
comme “Romanche”. On parle aussi le Griko et le Grecanico dans le sud de l’Italie.
Dante Alighieri, dans De vulgari eloquentia, trouva 14 dialectes italiens, mais pour
lui aucun des 14 dialectes italiens n’est digne de devenir une langue nationale.
Nécessité d’une langue supra-régionale. Pietro Bembo, dans son Prose della volgar
lingua en 1525 est convaincu que l’unification linguistique doit se faire sur la base
de la tradition littéraire illustre. Il déclare que le Chansonnier de Pétrarque doit être
choisi comme modèle de langue poétique et le Décameron de Boccace comme
modèle de langue en prose.
Sur le plan phonologique il y a une modification de la nature de l’accent, puis une
modification du système vocalique et finalement une évolution des consonnes.
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Évolutions du système phonologique
Phonème: unité distinctive minimale dépourvue de sens qui, en se combinant avec
d’autres phonèmes, vient constituer des morphèmes, puis des mots (caractère
“distinctif”)
Graphème: représentation graphique arbitraire d’un phonème.
Les phonèmes d’une langue forment un système, une organisation de solidarité: si
un élément est modifié, d’autres éléments vont subir des modifications.
1.a. Évolutions générales du système vocalique
Les accents en latin classique: il existait 10 phonèmes vocaliques, 5
voyelles brèves et 5 voyelles longues. À partir du 1er siècle av. J.C.
Jusqu’au IVe siècle après J.C. Les voyelles toniques brèves sont prononcées
de manière ouverte et les voyelles toniques longues sont prononcées de
manière fermée. On passe d’un système latin fondée sur la “quantité” a un
système italien basé sur l’”aperture”.
Évolution des 3 diphtongues latines
Ae monophtongue en e, qui devient è: caelu>celu maestu > mèsto
laetu> leto
Oe monophtongue en e, qui devient é: poena> pena
Au monophtongue en o, qui devient ò: auru > oro laude> lode
thesauru> tesoro
Le système latin basé sur la “quantité” (durée phonologique) passe donc à
un systeme italien basé sur l’”aperture” (intensité)
1.b. Traitement des voyelles toniques
Les voyelles longues échappent à la tendance au relachement
1. Les voyelles brèves toniques
Sagitta > saetta
Siti > sete
Vitiu > vezzo (+vizio)
“doublet”: deux évolutions phonologiques à partir d’un même mot
Ex.: –ismu > –ismo > doublet savant. Mais aussi > –esimo (avec
“épenthèse vocalique”) -> doublet populaire.
“triplet”: trois évolutions phonologiques à partir d’un même mot.
Ex.: fabula -> favola, fiaba, fola.
Diurnu> giorno
Nuce> noce
Gula> gola
Verecundia> vergogna
Le cas du Y bref issu du grec.
A) Évolution populaire:
Y [y] > /u/ > /ó/ ou /ò/
Byrsa> borsa lyncea > lonza crypta > grotta
B) Évolution savante
Y [y] > /i/
Phénomènes empêchant l’ouverture des voyelles toniques:
1. Devant /n/ implosif: lingua, vinco, cinge, punto...
2. Les sonorités /ñ/ et /gl/: pugno
3. Position en hiatus: tuo, via, deu...
Phénomènes déclenchant une ouverture ultérieure des voyelles toniques:
4. Devant /str/: canestro, magistro...
5. Après /pl/ (analogie avec diphtongue dominante /yè/): Piega, pieno...
6. Lectura savante: crudele, fedele, erede, codice, devoto, nozze...
1.b.b. Diphtongaison
Les voyelles brèves toniques /e/ et /o/ dans un mot paroxyton et dans une syllabe
libre.
Diphtongue: Suite de 2 voyelles dans une même syllabe
Diphtongaison: passage de 1 à 2 voyelles.
Monophtongaison: passage de 2 voyelles à une seule.
Exemples de monophtongaison
Breve /bryeve/ -> breve
/bryeve/: suite tri-consonantique /y/ s’amuït
Dissimilation
Lorsque deux phonèmes voisins, indentiques ou similaires, se différencient
(Contraire de l’assimilation)
Peregrinu > pellegrino
Venenu > Veleno
Non diphtongaison dans les textes toscans du Moyen-âge
– Hypohtèse de Gerhard Rohlfs (1892 - 1986): diphtongaison typique de la
Romania Occidentale.
– Autre hypothèse: prédilection de latinismes ou de sicilianismes.
Diphtongaison abusive
– Homine > Uomini (analogie avec homo > uomo) “tendance associative” ou
“force de cohésion du paradigme”.
– Vuotare < Vuoto
– Vietare < vieto
Monophtongaison des diphtonques à aperture décroissante
/aw/ > ò (position tonique) Avica (/awika/) > /awka/ > oca
Fabula > /fawla/ > fola
Parabola > /parawla/ > parola
1. Devant une voyelle tonique vélaire (o, u) : /aw/ > /a/
Augustu /awgustu/ > agosto
Auscultu /awscultu/ > ascolto
2. Devant une voyelle tonique prépalatale (i, e) : /aw/ > /ò/,/u/
Avicellu /awikellu/ > /Awkellu/ > uccello
/ay/ > a
Magida > /mayda/ > /madya/
Aera > /ayra/ > /Arya/
Fragile > /frayle/ > Frale
/ey/ > e
Medietate /medyetate/ > /meyetate/ > /Meytate/ > Metà (Haplologie externe)
Voyelles atones
Voyelles en position inter-tonique -> Voyelles les plus fragiles
1. Syncope ou changement de timbre des voyelles atones
Deretro -> Dretro -> Dietro
Bonitate -> Bontate, bontà
Cerebellu -> Cervello
Humilitate -> Umiltà
Verecundia -> Vergogna
Firmare -> Fermare
Hospitale -> (o)spedale
Ministeriu -> /ministeryo/ -> /ministyeryo/ -> /Ministyero/ -> /mistyero/
-> mestiere
Mirabilia -> Meraviglia, maraviglia
Manuale -> Manoale -> Manovale
Cum flare -> Gonfiare
Ruina -> Roina -> Rovina
Similare -> Simlare -> /semyare/ -> sembiare
Misculare -> mischiare (+mescolare)
Instrumentu -> Strumento (+stromento)