08/11/2024
Introduction à la langue arabe:
Ci-dessous un bref aperçu des sciences ou savoirs de la langue arabe qui te permettrons:
- de mieux comprendre les difficultés dont tu m'a parlées, à savoir: que tu parles
et comprends le dialecte syrien mais que tu peines à lire un texte en arabe littéral,
qui plus est non-vocalisé, ou à le comprendre (poser et comprendre le problème, c'est
déjà le résoudre à moitié !). En fait, ce problème n'est pas nouveau: on parle de
"diglossie" de l'arabe (attention à ne pas confondre avec "bilinguisme"). On en a parlé
brièvement à l'oral, je t'invite à chercher sur le net ce qu'on entends par "diglossie"
([Link]
- de ne pas te perdre dans les explications que je vais te donner lorsqu'il s'agira de
lire des textes et de les comprendre. L'objectif étant que tu arrive systématiquement à te
situer dans l'univers très vaste, mais très ordonné, de la langue arabe. Tu donnera ainsi
du sens et une trajectoire dans ta progression;
- de te faciliter l'assimilation des compétences linguistiques et la compréhension des règles
théoriques. Tu gagnera ainsi en temps et en énergie lorsque tu aura compris préalablement
la logique de la langue arabe et comment pensent les arabes dans leur langue;
LES PRINCIPALES SCIENCES/SAVOIRS FONDAMENTAUX
DE LA LANGUE ARABE
علوم اللغة العربية األساسية
La syntaxe consiste à étudier et comprendre comment sont construites les phrases en
arabe, c'est-à-dire, comme à partir de mots, l'arabe parvient à produire un discours
(kalâm) cohérent et compréhensible pour son interlocuteur arabe . Ainsi, le mot
"manger" (akala) à du sens en soi, "garçon" (walad) aussi, "pomme" (toufâha) également,
mais quelles sont les règles qui régissent le discours ou la phrase ci-dessous ?
"Le garçon mange une pomme" (akal al-waladou at-toufâhata)
En français, c'est l'ordre des mots ou leur agancement dans la phrase qui produit le
sens voulu par le locteur français. Ainsi, en français, on en déduit que le sujet
commence la phrase, puis vient le verbe et enfin le complément, et il ne peut en être
autrement (à quelques exceptions près). Autrement dit, la phrase "Le garçon mange une
pomme" ne véhicule pas le même sens où n'est pas équivalente à "La pomme mange
le garçon".
En arabe, l'ordre n'a pas cette importance puisque la fonction des mots dans la phrase
n'est pas régit par leur place dans la phrase mais, comme nous le verrons, par leur
terminaison. En arabe, la terminaison des mots dans la phrase détermine leur fonction
dans la phrase et donc le sens de la phrase. Autrement dit, changer la place des mots
dans la phrase arabe n'altère pas le sens premier de la phrase.
On comprends alors que la syntaxe en arabe (An-naHw) s'intéresse, plus qu'à la disposition
des mots dans la phrase, à la terminaison des mots qui peuvent donc variés. Ainsi, comme
nous le verrons, dans une phrase arabe, le mot "al-walad-OU" (l'enfant) sera sujet,
mais "al-walad-A" (l'enfant) sera COD, tandis que "Al-walad-I" (l'enfant) sera complément
de nom. Le sens du mot "al-walad" ne change pas en soi (que l'on traduit d'ailleurs
oujours par "l'enfant") mais sa fonction dans la phrase change et donc le sens de la
phrase/discours change !
C'est dire que chez les arabes, changer la terminaison des mots dans une phrase,
c'est comme changer, chez les française, l'ordre des mots dans la phrase !
D'ailleurs ce phénomène qu'est le changement de terminaison, et plus précisemment le
changement de voyelle de la dernière lettre du mot en arabe, s'appelle al-i`râb.
Ce phénomène (changement de la voyelle de la dernière lettre pour indiquer la fonction
du mot dans la phrase) est appelé en français "flexion désinentielle".
La morphologie, comme l'indique son nom, s'intéresse à la formation des mots en arabe.
L'objet d'étude n'est donc pas la phrase ou le discours comme c'est le cas dans la
syntaxe, mais le mot dans sa forme. A une chose près, c'est qu'on ne s'intéresse pas
à la terminaison des mots dans la phrase (ce qui est le cas de la syntaxe arabe
comme expliqué au point 1).
Concrétement, cette science théorise et explique comme à partir de la racine verbale
arabe k-t-b (par exemple) dont le sens premier est "écrire" ou "il a écrit", l'arabe
parvient de manière systématique à produire les noms tels que "écrivain", "livre",
"bibliothèque", "bureau", "la chose écrite", "scripte", "correspondance", "secrétaire"
et les verbes tels que "correspondre", "souscrire", "écrire longuement", "dicter",...