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La Liberté - Cours

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La morale

La Liberté

Définition générale :
Pendant longtemps la notion de liberté fut restreinte au domaine
juridique : on parlait de l’homme libre dans le sens ou certains hommes
disposaient de leur propre personne, possédaient certains droits, par
opposition à d’autres dont l’essence même était de ne pas s’appartenir.
L’homme libre était le citoyen par contraste avec l’esclave. C’est
certainement avec les Stoïciens que la problématique philosophique de la
liberté apparaît : la notion de liberté en tant que pouvoir intérieur
s’élabore. Au sens quotidien, la liberté peut être comprise comme
l’absence totale de contraintes extérieures. La liberté de mouvement ou
d’action. Dans cette perspective le chômeur est libre de son temps et de
ses mouvements. Cependant n’est-ce pas dans sa liberté même que réside
son aliénation, sa servitude, par rapport au monde d’abord c’est à dire ses
nécessités naturelles non satisfaites, et par rapport à lui-même et à son
existence ensuite ?
Dans une même perspective on pourrait penser que l’homme qui
échappe à toute loi sociale est parfaitement libre. On peut aussi entendre
par liberté la faculté d’atteindre certaines fins, en particulier sur le plan
politique et social. La liberté pose le problème du rapport de l’individu à
la société, des volontés particulières à la volonté collective ou aux lois et
aux droits (voir le chapitre : Droit)
Au sens métaphysique, la question se pose à propos de la capacité
d’autodétermination. L’affirmation de la liberté humaine pose le
problème du rapport de l’homme avec la nature. Dès que nous essayons
de comprendre la nature, apparaît le déterminisme : tout phénomène est
dépendant de causes. Or l’homme fait partie de la nature. Comment peut-
il concilier sa liberté avec le déterminisme naturel ?

I - Liberté et responsabilité
Etymologiquement la responsabilité vient du Latin « respondure », c’est
l’obligation de répondre devant une autorité. La responsabilité est le
caractère de celui qui doit répondre de ses actions, le père est responsable
de ses enfants, le directeur d’école de ses élèves… Distinguons deux
formes de responsabilités : La responsabilité sociale et la responsabilité
morale.
La responsabilité sociale : c’est quand je suis obligé de répondre devant
un tribunal ou une autorité sociale. Elle se distingue par deux formes
essentielles : La responsabilité pénale et la responsabilité civile… Est
pénalement responsable tout homme qui ayant commis un délit ou un
crime est traduit en justice. Est civilement responsable tout homme tenu
de réparer un dommage causé à autrui. La responsabilité civile porte sur
la réparation d’un dommage c’est à dire sur l’argent d’où les sociétés
d’assurances pour couvrir les risques.
La responsabilité morale : c’est quand on doit répondre de nos actes
devant le tribunal intime de la conscience. Dans ce cadre je me ferais des
reproches en cas de faute ou d’infraction à la loi d’où le sentiment de
remord. Au contraire je ressens de la fierté lors d’une bonne conduite.
Remord et Fierté sont des sanctions morales. Quand nous nous jugeons en
conscience d’un acte accompli, cela implique deux conditions :
D’abord la connaissance des valeurs morales, le discernement du bien
et du mal. Et la liberté à connaître un acte réprouvé par ma conscience.
Contraint par la violence, je ne suis pas moralement responsable. La
responsabilité morale fonde la responsabilité civile. Il ne s’agit certes pas
de sanctionner la gravité d’une faute sans prendre en considération
l’intention de l’auteur du crime. Par exemple un meurtre prémédité est
plus grave qu’un meurtre par imprudence. Pour rapprocher les principes
de la responsabilité civile et de la responsabilité morale, les juristes ont
élaborés certaines théories. D’abord la théorie de la faute par négligence
ou imprudence puis la théorie du risque, dans le sens qu’il est légitime que
l’homme supporte les conséquences de risques de dommage possible.
Les théories de la responsabilité
L’homme est un être responsable en raison de sa nature spirituelle, de
sa permanence dans le temps, du discernement des valeurs et surtout de la
liberté qui définie l’idée de la responsabilité. Pour les traditionalistes
l’homme est libre lorsqu’il commence un acte qu’il pouvait ne pas
commencer. Ainsi la responsabilité absolue est liée à la liberté absolue.
Cette thèse de la liberté absolue a été soutenue par Platon, Kant et Sartre.
L’homme choisit librement son destin, chacun de nous est ce qu’il a juré
d’être. L’homme est son propre serment, notre destinée est l’expression
de nos libres projets. Pour les rationalistes, la liberté n’est pas une illusion.
Etre libre c’est être libéré. L’homme libre est celui qui a cessé d’être
l’esclave des préjugés et des passions. Lucide et réfléchi, éclairé par la
lumière des valeurs, il est pleinement libre donc pleinement responsable.
S’il fait le mal c’est qu’il n’est pas sage, ni réfléchi c’est dans ce sens que
Socrate disait « nul n’est méchant volontairement». A la source de tous
les actes il y a des motifs qui agissent comme des valeurs. Un époux qui
trompe sa femme cède à l’attrait du plaisir, de l’aventure et de la
nouveauté. Au moment de l’infidélité, ces valeurs inférieures marquent la
valeur du devoir de fidélité, du bonheur de sa famille et de l’avenir de ses
enfants. Ses valeurs s’estompent pour lui. Un commerçant qui majore
abusivement ses prix, et un père qui néglige ses enfants, sont-ils libres ?
Les rationalistes maintiennent leur formule, ou bien on est libre ou alors
on n’est pas libre. Mais si le faiseur du mal n’est pas responsable, faisons
alors le mal c’est plus facile. C’est sûrement un faux argument puisque se
détourner des valeurs morales en faisant le mal, c’est s’aliéner et
accomplir les actes qui ne nous ressemble pas or aucun homme ne désir
être esclave et ignorant.
Comment alors expliquer le crime ?
Existe-t-il un déterminisme biologique ? La criminologie est une
science qui cherche à découvrir la causalité des comportements criminels.
Cesare Lombroso médecin du 19e siècle et criminologiste italien semble
croire aux criminels nés et explique les crimes par des tares biologiques
pour lui le criminel est un malade beaucoup plus qu’un coupable. D’autre
part Enrico Ferri (20e siècle), fondateur de la criminologie moderne,
considère la criminalité à partir de l’éducation et de la politique. A la
linière de ces réflexions, l’idée traditionnelle des sanctions doit être
révisée. Au sens Etymologique, le mot sanction vient du latin « Sacere »
dans le sens de sacré. C’est rendre sacré une personne une chose ou une
loi. Dans le cadre de la thèse traditionnelle le libre arbitre du criminel
justifie la punition mais la sanction frappe la sensibilité et laisse intact le
libre arbitre. Le crime blesse la société dans ses valeurs les plus sacrés ce
qui crée une intense émotion collective. La société détruit alors le
symbole du crime et élimine le criminel. Sur le plan rationnel c’est un
échec puisqu’au lieu d’un mort nous avons deux, bien que l’indignation
collective soit apaisée. Les arguments en faveur de la peine de mort sont
nombreux : Défendre l’ordre social, expier la faute commise… Certes il
faut protéger la société mais il ne faut pas oublier que l’erreur judiciaire
est toujours possible et la collectivité n’a pas le droit d’éliminer les
individus. En plus remarquons que dans les nations qui ont supprimé la
peine de mort le nombre de meurtre n’a pas augmenté. L’idéale serait de
soigner le coupable et de prévenir des crimes au lieu de punir. Cela en
luttant contre le chômage, la drogue, l’alcoolisme et toute sorte de
frustration et de Fléaux sociaux. Bien éduquer avant d’avoir à rééduquer.
II – liberté et libre arbitre
Certains philosophes conçoivent la liberté comme absolue. La liberté
serait le pouvoir de choisir et d’agir indépendamment de toutes
contraintes extérieures et de toutes déterminations intérieures.Main de
Biran nous propose une épreuve pour mesurer cette infinie liberté
intérieure dont nous disposons. C’est l’expérience de l’effort musculaire
douloureux qui peut me révéler combien ma liberté n’a pas de limite, je
peux si je le veux, continuer un effort musculaire douloureux : la volonté
est supérieure. La liberté intérieure s’éprouve dans et contre mon propre
corps.
Selon Nietzsche la problématique de la question de la liberté est la
morale : les hommes de religions et les métaphysiciens font de l’homme
un être libre afin qu’il puisse porter la responsabilité du mal existant sur
terre. Dieu garde ainsi les mains propres, demeure irresponsable du mal,
reste l’être parfait et bon. Ainsi l’acte gratuit ne semble pas exister, il est
déterminer par le désir de commettre un acte gratuit afin, peut être, de se
prouver qu’on peut se comporter de façon non ordinaire.
Spinoza dit : « l’illusion du libre-arbitre vient de la conscience de notre
action jointe à l’ignorance des causes qui nous font agir »
Descartes, d’ailleurs, distinguait deux degrés de la liberté : au niveau le
plus bas, la liberté est pouvoir de choisir et de dire oui ou non. Mais cette
liberté est de peu de poids comparée à la véritable liberté qui est
rationnelle. Ainsi Descartes pensait que cette liberté « d’indifférence »
peut s’éprouver dans une expérience telle que le refus des évidences,
l’homme a la liberté de détourner son attention des propositions évidentes.
Descartes disant que nous ne croyons que ce que nous voyons clairement
et distinctement grâce à l’entendement. Mais que nous ne voyons que ce
que nous regardons et que nous regardons ce que nous voulons. Ici la
liberté est inséparable de la volonté. Descartes a posé un dualisme
fondamental entre la matière et l’esprit. La nature, le monde de la matière
est le lieu d’un déterminisme rigoureux, alors que l’esprit, la pensée est le
lieu de la liberté ; En tant que corps, l’homme appartient à la nature et est
soumis à ses lois, mais en tant qu’âme ou pensée, il en échappe. Dans cette
conception ou la liberté est assimilée à un libre-arbitre, la question que
nous devons poser est la suivante : un acte gratuit est-il possible ? Cette
totale contingence a-t-elle place en l’homme ? La liberté d’indifférence a-
t-elle un sens ?
Outre que l’homme en tant que corps, est soumis, comme tout autre
objet naturel, au déterminisme des lois physiques, sa pensée à laquelle se
relie sa volonté, bien qu’il la ressente spontanément comme libre, parait
elle aussi, relever de certains déterminismes :
• Déterminisme biologique : chaque individu possède un
patrimoine génétique responsable de ses caractéristiques
physiques. Le problème est de savoir si les caractéristiques
psychologiques de l’individu dépendent également de ce
patrimoine génétique. Il est très difficile de l’affirmer. Cependant
il est certain qu’il existe une interaction entre la pensée et le
corps. Ainsi la bonne santé ou le délabrement physique qui retenti
sur l’activité psychique. Mais l’inverse est aussi vrai.
• Déterminisme socio-économique : les sciences humaines ont
contribué à dénoncer l’illusion d’un sujet autonome, libre dans sa
pensée et sa volonté en dégageant d’un coté un déterminisme
linguistique d’un autre un déterminisme sociologique et culturel.
A propos du premier, la pensée se forme dans et par le langage.
A travers la langue, le sujet reçoit des catégories de pensée et une
vision spécifique du monde. La langue précède le sujet parlant et
parle avant lui. Quand au second, tout sujet est porteur d’une
culture qui l’a formé.
• Déterminisme psychique : la psychanalyse a tenté de montrer que
le sujet conscient qui affirme sa liberté et sa volonté est déterminé
par les pulsions de l’inconscient. De plus les actes qui semblent
n’avoir aucun motif dépourvu de sens, sont les moins libres car
ils dépendent de mobiles inconscients dont l’individu est d’autant
plus esclave qu’il les ignore. Donc cette liberté et posée comme
spontanéité. En d’autres termes l’homme dispose immédiatement
de ce pouvoir, qu’il est libre alors même que rien dans ses actes
ne vient fonder cette liberté. Il s’agit d’une liberté abstraite,
purement métaphysique. Cette conception de la liberté
s’accompagne d’une certaine conception du comportement de
l’homme. Puisque l’acte libre, la pensée libre ne dépendent
d’aucune cause, cela signifie que le comportement de l’homme
est irrationnel ou peut l’être. A l’opposé on peut penser que le
comportement humain est motive et par conséquent explicable.
Mais dans ce cas en soumettant le comportement humain à la
nécessite, la liberté garde t- elle encore un sens ?

III – liberté et nécessité


Pour les philosophes de la nécessité comme les Stoïciens et Spinoza,
l’homme n’est qu’un fragment du cosmos, une partie de la nature, partie
déterminée par la totalité. C’est un panthéisme selon lequel Dieu est la
nature. Il n’y a pas d’un coté un créateur et de l’autre une créature : Dieu
et la nature font un. Cette conception est renforcée par le principe
scientifique du déterminisme universel.
Cependant, au cœur même de cette nécessité il y a place pour la liberté :
alors même que le déterminisme de la nature est absolu il y a possibilité
pour l’homme d’accéder à la liberté. Bien évidement il ne s’agit pas d’une
liberté spontanée, il s’agit d’une liberté gagnée au prix d’un acte de la
raison. Toute l’originalité de cette conception réside dans le fait que la
nécessite peut être convertie en liberté.
Les stoïciens (Epictète, Marc Aurel et d’autres) considèrent que le
monde est strictement gouverné par les dieux, que tout ce qui arrive est
fatal.
Cependant la volonté humaine n’est déterminée que par elle-même,
c’est à dire que même s’il y a un ordre de la nature, si les événements ne
dépendent pas de l’homme, il reste libre de ses jugements. Il est maître de
ses opinions et ses sentiments. Donc être libre c’est vivre selon la nature,
c’est à dire accepter et vouloir, en un mot se soumettre à l’ordre divin.
L’homme peut ce qu’il veut, pour la sagesse antique il s’agit de vouloir
ce que l’on peut, de vouloir ce que l’on a.
Spinoza
Pour lui la liberté est la cause de nos actes. Les actes humains dépendent
à la fois des désirs des hommes, mais aussi de causes extérieures à lui :
l’homme est un être faible dans la nature, et ses actes, avant de refléter ses
volontés, expriment sa peur face à tout ce qui le menace. L’homme n’est
pas la cause entière de ses actes. Se croire libre c’est être dans l’ignorance
des causes de ses actes. La liberté comme libre-arbitre est une illusion due
à l’exercice de l’imagination. La volonté humaine est elle-même
déterminée. Cependant une libération est possible. Elle exige un
instrument. Cet instrument est la connaissance rationnelle. L’intelligence
a à coïncider, adhérer avec la nécessite. Afin d’être libre dans l’univers il
suffit d’accepter cet univers. Si l’on ne peut avoir tout ce que l’on veut,
on se libère en l’acceptation, en un mot la connaissance de la nécessite
des lois de la nature dont nous faisons partie. La liberté réside dans la
connaissance de nos déterminations par laquelle l’homme devient la cause
de sa volonté. « On se découvre d’abord esclave, on comprend son
esclavage, on se retrouve libre de la nécessite comprise ».

Critique La connaissance, l’activité rationnelle, est nécessaire à la


libération, mais la connaissance ne suffit pas, elle invite l’homme à
devenir esclave volontaire, ainsi toute action concrète est découragée.
Cette conception est un contexte pour les esprits faibles qui courent au
devant de la fatalité.
IV – liberté et raison
Pour le rationalisme moderne, être libre c’est exprimer une pure faculté
de dire oui ou non indifféremment. Pour le rationalisme la liberté est un
pouvoir de l’intelligence et de la raison. La pensée libre est la pensée
fondée sur la raison qui ne subit aucune contrainte extérieure, et l’acte
libre est l’acte motivé, réfléchi. En bref, le contraire de l’acte indifférent
et gratuit.
Descartes : Descartes semble suggérer que la liberté consiste à obéir à
l’idée rationnelle, à se laisser conduire par l’évidence. Devant l’idée claire
et distincte de Dieu par exemple. L’expérience de la liberté trouve une
autre signification que celle donnée par le pouvoir de choisir, de dire oui
ou non. La liberté devient une irrésistible adhésion à l’évidence. Que
pourrait-on faire d’autre que de s’incliner ? La liberté est rationnelle, elle
est liée à la raison, à l’évidence claire et distincte. Si l’homme peut
accéder au savoir c’est par ce qu’il est libre, c'est-à-dire doté d’âme, de
raison, par opposition à l’animal qui n’est pas libre puisque agissant
uniquement d’après ses instincts. Pour l’animal pas de savoir à espérer
mais pas d’erreur non plus. L’erreur est faute de la volonté qui affirme
alors qu’il n’y a ni clarté ni évidence dans l’idée affirmée. La liberté est
donc la marque de l’humain et la possibilité de l’erreur.
Kant : Dans le même sens Kant dans la critique de la raison pratique
montre que liberté et raison sont liées. Chez Kant la problématique de la
liberté est la morale. Dans le domaine moral une volonté libre est celle qui
obéit à une loi morale rationnelle et universelle (voir le chapitre : devoir).
Une volonté qui s’incline devant les désirs sensibles est volonté
pathologique. La liberté morale n’est qu’un pouvoir de la raison. Une
volonté libre et une volonté soumise à la loi rationnelle ne font qu’un. Etre
libre c’est obéir à la raison. La liberté du sage est donc l’obéissance à la
loi morale rationnelle, au devoir. L’homme est libre quand il s’agit de telle
sorte que la maxime de sa volonté devienne une loi universelle de la
nature. Ainsi la morale est condition de la liberté, mais aussi la liberté en
tant qu’autonomie est condition de la morale.
Dans une perspective identique, Saint augustin distinguait entre liberté
et libre-arbitre. Le libre-arbitre est la volonté et la liberté est la possibilité
d’accomplir une volonté adéquate au bien. Si tous les hommes sont dotés
de libre-arbitre, ils ne sont pas tous libres car ils ne veulent pas forcement
tous le bien. Etre libre c’est accomplir le bien après l’avoir voulu.

Critique On ne peut réduire la liberté seulement à un pouvoir de la


raison, une obéissance à l’idée claire et distincte ou à la loi morale
universelle. L’acte libre ne peut pas être défini seulement en fonction de
l’individu. La liberté humaine, au lieu de rester une notion abstraite doit
descendre dans les faits. La liberté n’est pas quelque chose qui est donnée,
mais une œuvre qui est à faire. Elle est le résultat d’une conquête (revoir
la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel). Aussi la liberté apparaît
et s’apparaît dans les relations que l’homme a avec autrui. Et la liberté
apparaît et s’apparaît dans les rapports que l’homme entretient avec la
nature, le monde. Pendant longtemps l’homme fut aliène par cette nature,
il en était l’esclave. Peu à peu, grâce à son intelligence, il s’en est libère,
il en est devenu le maître. Mais ce n’est qu’à la condition d’en apprendre
ses lois c'est-à-dire le déterminisme qui y règne que l’homme pu satisfaire
ses besoins et assurer sa sécurité. La connaissance et l’utilisation de la
nécessité furent les instruments de la libération de l’homme.

V – Le fatalisme et le déterminisme
Bien souvent fatalisme et déterminisme sont invoques pour nier la
liberté humaine. Il est donc nécessaire de distinguer entre les deux. En
effet si le fatalisme effectivement rend l’homme esclave, l’aliène. Bien au
contraire le déterminisme le libère. Sartre disait : « ce n’est pas le
déterminisme, c’est le fatalisme qui est l’envers de la liberté »
• le fatalisme : Le fatalisme exprime l’idée que l’avenir est
irrévocablement inscrit au livre du destin. L’intelligence et la
volonté humaine sont impuissantes à diriger le cours des
événements. Et la destinée humaine, aussi bien collective
qu’individuelle est fixée d’avance quoi que fasse l’homme. Une
puissance mystérieuse a fixé inéluctablement le cours des
événements. La formule du fatalisme est la suivante : ce qui est
donne est le résultat, et non les événements qui précèdent ce résultat,
c'est-à-dire quels que soient les événements qui se déroulent
antérieurement, ce qui doit arriver arrivera. Le résultat perdit se
produira. Pour le fatalisme ce qui suit ne dépend pas de ce qui
précède, le destin trouve sa voie et passe quelles que soient les
circonstances. Le fatalisme est directement la négation du principe
du déterminisme selon lequel les mêmes causes produisent les
mêmes effets. Le fatalisme est en lui-même la négation de l’idée de
cause. Le fatalisme relève du finalisme selon lequel le but ou la fin
attire et choisit ses moyens. Il est vrai que dans le domaine de
l’activité humaine, il est nécessaire que les actes aient un but et c’est
l’idée de ce but qui nous fait choisir les moyens efficaces pour
l’atteindre. Mais applique au monde naturel. L’idée de finalité est
totalement irrationnelle : elle relève de la magie. Le fatalisme est
une superstition qui enchaîne l’homme, le plie à un destin imagine.
Ainsi la belle au bois dormant et Œdipe furent les victimes d’un
destin auquel ils ne purent échapper malgré toutes les sages et
rationnelles précautions prises ! Le destin peut être aussi considère
de manière plus intérieur : la personne va se développer à travers sa
vie, en suivant la logique d’un caractère ou le poids d’une hérédité :
« ne sois pas autre que toi-même, mais deviens ce que tu es »
• le déterminisme : A l’ opposé, le déterminisme n’est pas l’envers
de la liberté, c’est même par le déterminisme qu’est possible la
libération de l’homme par rapport à la nature. Les lois de la nature
sont immuables et leur connaissance donne à l’homme pouvoir sur
elle. Chaque fois que l’homme est en mesure de prévoir il en tire des
raisons positives d’agir. La connaissance des conditions rend
l’homme maître de l’événement, en changeant certains de ces
conditions. Par exemple, chaque maladie étant un système de
conditions, le médecin devrait savoir de quels moyens disposent la
médecine afin de modifier comme il convient ce système. Ainsi la
libération n’est pas la volonté de faire cesser l’action des lois de la
nature mais c’est l’utilisation habile de ces lois par des techniques
appropriées. La raison humaine rejette tout autant la fatalité que le
hasard. Le déterminisme est une foi rationnelle par l’intermédiaire
de laquelle l’homme croit que la constance des lois est quelque
chose sur lequel sa volonté peut et doit se fondre. Cette foi permet à
l’homme de prendre en main son avenir. En exorcisant le fatalisme,
le déterminisme a fondé l’efficacité de la pratique qui témoigne de
la liberté humaine.
Ainsi dans une certaine mesure, Spinoza a posé la condition
première d’une libération « la conscience de la nécessite ».
Cependant, à la différence de Spinoza, le rationalisme contemporain
a tendance à identifier la liberté avec la technique. Or si la technique
libère l’homme de la nature, il semble bien que l’homme devienne
esclave de ses techniques. En outre les techniques sont abondantes
et efficaces dans le domaine de la matière. Elles sont beaucoup plus
rares dans le domaine de l’humain. Le mérite de la philosophie
moderne est d’avoir élargi la notion de la liberté, d’être passe d’une
liberté seulement rationnelle à un pouvoir de dépassement de
l’homme, à sa négativité (action de la liberté humaine comme
pouvoir de refuser le monde réel et d’instaurer un monde idéal). La
philosophie moderne ne considère plus uniquement la liberté du
sage, mais envisage la liberté comme le pouvoir de négation qui est
interne à la conscience humaine. La liberté est cette puissance que
détient la conscience. Si la nature des choses coïncide avec elles-
mêmes, l’homme ne subit pas la loi des choses, il est libre. La liberté
est la négativité que Hegel déjà su mettre à distance ce qui semble
la déterminer : elle peut nier et pulvériser les données immédiates.
• l’existentialisme : Jean- Paul Sartre nous propose une
réflexion sur l’existence humaine. Cette réflexion est la position de
l’homme comme être dépourvu de nature, d’essence. Comme être
condamne à être libre et totalement responsable. En termes
essentialistes, il faudrait dire que la nature de l’homme est la liberté
ou que l’essence de l’homme est l’absence d’essence. L’homme a à
être assimile à son existence c’est à. Dire à cette conscience qui
choisit perpétuellement à ce projet qui s’effectue dans le
dépassement. Contrairement à l’objet, à l’«en-soi », qui a une
essence avant une existence, puisqu’il a été pensé et construit pour
être ceci ou cela par son fabriquant, l’homme existe c'est-à-dire est
jeté dans le monde en l’absence même de toute détermination.
L’homme est l’être «pour-soi » c'est-à-dire celui qui est, qui sait
qu’il est et qui décide de s’engager. L’existence humaine est avant
tout liberté c'est-à-dire absence de modèle auquel il n’aurait qu’à se
conformer : l’homme est ce qu’il se fait lui-même par ses choix. Il
est création et liberté infinie mais liberté qu’il découvre dans
l’angoisse. En effet cette liberté totale est une responsabilité totale.
Responsable de tout devant tous. La liberté est donc un fardeau.
L’homme totalement libre est totalement responsable de tous les
hommes dira Sartre dans l’existence est un humanisme nous sommes
condamnes à être libre déclare Sartre, la liberté est existentielle, elle
se confond avec la conscience, avec l’existence. L’homme est
condamné à être libre parce qu’il est être en situation et que la
situation n’a en elle-même aucun sens. L’homme étant toujours en
situation, il est toujours obligé de faire des choix, d’exercer sa liberté
en donnant sens à ces situations. Ce qui revient à dire que le monde
objectivé, posé, est le miroir de la liberté de cet homme. En d’autres
termes le monde que j’objective, le sens que je lui donne, reflète la
façon dont j’ai utilisé ma liberté, à savoir mon pouvoir de
dépassement, de distanciation, ma transcendance, ma négativité,
mon pouvoir de dire oui ou non. Cette transcendance qu’est
l’homme par rapport aux situations, transcendance de l’homme sur
lui-même : l’homme est projet c’est à dire qu’il peut, s’il veut, à tout
moment changer sa vie : son passe n’engage pas son avenir, c’est
son passé qui trouve sens dans son avenir, dans ses projets. Donc
c’est l’existence qui fait l’essence de l’homme et non l’inverse.
Certaines situations mettent dans l’obligation de façon plus exigeante et
visible les hommes face aux choix qu’ils ont à effectuer. Durant
l’occupation allemande, les français ont agis en fonction de leurs projets
qu’ils ont : soit considère la situation comme tolérable, soit considérer la
même situation comme intolérable. Les uns ont collaboré, les autres ont
résisté. Certains, il est vrai, n’ont pas choisi, mais en fait ils ont choisi de
ne pas choisir. Ils ont choisi de laisser les autres choisir pour eux. Ils ont
choisi de nier leur absolue transcendance, et par là même leur infinie
responsabilité. Les déterministes objectent à Sartre que les projets de
l’homme sont conditionnes par sa nature, par sa personnalité. Sartre
répond que l’homme n’a pas de nature à proprement parler, par
opposition aux objets qui sont ce qu’ils sont, qui sont « en-soi ». Sartre
est un cartésien dans la mesure où il considère que l’homme se définit
par sa conscience, qu’exister pour une conscience c’est avoir conscience
qu’elle existe. L’inconscient n’est que « la mauvaise foi » de la
conscience : je me choisis timide, angoissé, afin de rejeter ma
responsabilité car elle est lourde à assumer. L’homme a conscience
d’exister. Il existe « pour-soi », l’homme ne coïncide jamais avec lui-
même. Etre conscient, être « pour-soi », c’est se voir condamné à n’être
jamais ce qu’on est. La marque de la conscience est ce néant qui sépare
toujours l’homme de lui-même. Conscient d’être, il ne peut que jouer à
être ce qu’il n’est pas : l’homme est en représentation mais aussi l’être
pour-soi ne coïncide jamais avec lui-même car il est cet être jamais
définitivement achevé, il est cet être qui n’est pas, mais qui se fait, qui a
toujours à se nier lui- même en se dépassent : il n’y a aucun destin,
l’homme peut toujours « s’en sortir ». La limite de la liberté est la mort :
avec elle la vie de chaque homme devient être et essence, elle devient
histoire toute faite. On pourrait dire que pour l’homme être c’est avoir
existé.

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